Synthèses


Événements historiques

  • Les Iroquoiens du Saint-Laurent accueillent Jacques Cartier à Hochelaga
  • Fondation de Charlesbourg-Royal
  • Établissement d’un poste de traite à Tadoussac
  • Fondation de Québec
  • Arrivée des Récollets en Nouvelle-France
  • Présentation d’un projet de colonie permanente à Louis XIII par Champlain
  • Prise de Québec par les frères Kirke
  • Fondation de Trois-Rivières
  • Arrivée des Augustines en Nouvelle-France
  • Fondation de Montréal
  • Inauguration de l’Hôtel-Dieu de Montréal par Jeanne Mance
  • Le Séminaire de Saint-Sulpice devient seigneur de l’île de Montréal
  • Première séance du Conseil souverain de la Nouvelle-France
  • Arrivée des Filles du roi en Nouvelle-France
  • Fondation de la paroisse de Notre-Dame-de-Québec
  • Arrivée du régiment de Carignan-Salières en Nouvelle-France
  • Fondation de la Brasserie du Roy en 1668
  • Construction du premier palais de l’Intendant (1692)
  • Siège de Québec par Phips
  • Batailles de Laprairie
  • Querelle du Tartuffe
  • Grande Paix de Montréal
  • Expédition et naufrage de la flotte Walker
  • Construction du deuxième palais de l’Intendant
  • Construction du troisième palais de l’Intendant
  • Guerre de la Conquête
  • Déportation des Acadiens
  • Siège de Québec par Wolfe
  • Bataille de Montmorency
  • Bataille des Plaines d'Abraham
  • Bataille de Sainte-Foy
  • Bataille de la Ristigouche
  • Signature du traité de Paris
  • Voyage du Columbo, premier train de bois de Philemon Wright
  • Mise en service de l'« Accommodation ».
  • Fondation de la Banque de Montréal
  • Fondation de la Banque de Québec
  • Inauguration du canal de Lachine
  • Adoption du drapeau des patriotes en 1832
  • Première séance du Conseil municipal de Montréal
  • Banquet de la fête de la Saint-Jean-Baptiste de 1834
  • Rébellions des patriotes du Bas-Canada
  • Bataille de Saint-Denis
  • Bataille de Saint-Eustache
  • Bataille d'Odelltown
  • Incendie du faubourg Saint-Roch de Québec
  • Émeutes de Montréal
  • Sanction de la loi révoquant le droit de vote des femmes dans la province
  • Inauguration du pont Victoria
  • Entrée en vigueur de l’Acte de l’Amérique du Nord britannique
  • Inauguration du parc du Mont-Royal
  • Funérailles du curé Antoine Labelle
  • Inauguration du Monument-National
  • Carnaval d’hiver de Québec de 1894
  • Fondation de la Caisse populaire de Lévis
  • Émeutes de la conscription à Québec
  • Fondation du Comité provincial pour le suffrage féminin
  • Entrée en vigueur de la Loi relative à la conservation des monuments et des objets d’art ayant un intérêt historique ou artistique
  • Réalisation de travaux publics pendant la Grande dépression
  • Fondation du Jardin botanique de Montréal
  • Grève des midinettes de 1937
  • Obtention du droit de vote et d'éligibilité pour les femmes québécoises
  • Première conférence de Québec
  • Création d'Hydro-Québec
  • Parution du roman Bonheur d’occasion de Gabrielle Roy
  • Adoption du fleurdelisé comme drapeau officiel du Québec
  • Lancement du manifeste Refus global
  • Grève de l’amiante
  • Deuxième phase de nationalisation de l'électricité au Québec
  • Inauguration du métro de Montréal
  • Tenue de l'Exposition universelle de Montréal de 1967
  • Dépôt du rapport Rioux
  • Premier match à domicile des Expos de Montréal
  • Création du Conseil du statut de la femme
  • Superfrancofête
  • Adoption de la Charte des droits et libertés de la personne


Lieux historiques

  • Ancienne prison de Trois-Rivières
  • Canal de Lachine
  • Château Ramezay (Montréal)
  • Cimetière Notre-Dame-des-Neiges
  • Édifice de l'Ancienne-école-Notre-Dame-de-Québec
  • Édifice Pamphile-Le May
  • Hôtel du Parlement
  • Le Monument-National
  • Maison Alphonse-Desjardins
  • Monastère des Ursulines-de-Québec
  • Nouvelle-France
  • Pavillon Charles-Baillairgé
  • Pont des Pionniers
  • Site archéologique Cartier-Roberval
  • Site du patrimoine de La Poudrière
  • Site patrimonial d'Arvida
  • Site patrimonial de Beauport
  • Site patrimonial de Charlesbourg
  • Site patrimonial de l'Archipel-de-Mingan
  • Site patrimonial de l'Habitation-Samuel-De Champlain
  • Site patrimonial de l'Île-d'Orléans
  • Site patrimonial de La Prairie
  • Site patrimonial de Montréal
  • Site patrimonial de Percé
  • Site patrimonial de Sillery
  • Site patrimonial de Trois-Rivières
  • Site patrimonial du Banc-de-Pêche-de-Paspébiac
  • Site patrimonial du Bois-de-Saraguay
  • Site patrimonial du Mont-Royal
  • Site patrimonial du Vieux-Québec
  • Village historique de Val-Jalbert


Collectivités historiques

  • Abénaquis
  • Algonquins (Anishinabe)
  • Anglo Canadian Pulp and Paper Mills
  • Association des Fils de la Liberté
  • Association des frères-chasseurs
  • Attikameks
  • Augustines de la Miséricorde de Jésus de l'Hôtel-Dieu de Québec
  • Banque de Montréal
  • Capucins
  • Communauté des Habitants
  • Compagnie de Jésus
  • Compagnie des Cent-Associés
  • Congrégation de Notre-Dame
  • Congrégation de Sainte-Croix
  • Cris (Eeyou)
  • Doric Club
  • Frères des écoles chrétiennes
  • Hurons-Wendats
  • Hydro-Québec
  • Innus
  • Inuit
  • Journal Le Canadien
  • La Minerve
  • La Patrie
  • Les Automatistes
  • Micmacs
  • Mohawks (Kanien'kehà:ka)
  • Mouvement des caisses Desjardins
  • Naskapis
  • Oblats de Marie-Immaculée
  • Parti Patriote
  • Petites Sœurs de la Sainte-Famille
  • Récollets
  • Régiment de Carignan-Salières
  • Société Notre-Dame de Montréal
  • Société Saint-Jean-Baptiste
  • Sœurs de la Charité de Québec
  • Sœurs du Bon-Pasteur
  • Ursulines de Québec
  • Wolastoqiyik (Malécites)


Événements historiques
  • Les Iroquoiens du Saint-Laurent accueillent Jacques Cartier à Hochelaga
  • Fondation de Charlesbourg-Royal
  • Établissement d’un poste de traite à Tadoussac
  • Fondation de Québec
  • Arrivée des Récollets en Nouvelle-France
  • Présentation d’un projet de colonie permanente à Louis XIII par Champlain
  • Prise de Québec par les frères Kirke
  • Fondation de Trois-Rivières
  • Arrivée des Augustines en Nouvelle-France
  • Fondation de Montréal
  • Inauguration de l’Hôtel-Dieu de Montréal par Jeanne Mance
  • Le Séminaire de Saint-Sulpice devient seigneur de l’île de Montréal
  • Première séance du Conseil souverain de la Nouvelle-France
  • Arrivée des Filles du roi en Nouvelle-France
  • Fondation de la paroisse de Notre-Dame-de-Québec
  • Arrivée du régiment de Carignan-Salières en Nouvelle-France
  • Fondation de la Brasserie du Roy en 1668
  • Construction du premier palais de l’Intendant (1692)
  • Siège de Québec par Phips
  • Batailles de Laprairie
  • Querelle du Tartuffe
  • Grande Paix de Montréal
  • Expédition et naufrage de la flotte Walker
  • Construction du deuxième palais de l’Intendant
  • Construction du troisième palais de l’Intendant
  • Guerre de la Conquête
  • Déportation des Acadiens
  • Siège de Québec par Wolfe
  • Bataille de Montmorency
  • Bataille des Plaines d'Abraham
  • Bataille de Sainte-Foy
  • Bataille de la Ristigouche
  • Signature du traité de Paris
  • Voyage du Columbo, premier train de bois de Philemon Wright
  • Mise en service de l'« Accommodation ».
  • Fondation de la Banque de Montréal
  • Fondation de la Banque de Québec
  • Inauguration du canal de Lachine
  • Adoption du drapeau des patriotes en 1832
  • Première séance du Conseil municipal de Montréal
  • Banquet de la fête de la Saint-Jean-Baptiste de 1834
  • Rébellions des patriotes du Bas-Canada
  • Bataille de Saint-Denis
  • Bataille de Saint-Eustache
  • Bataille d'Odelltown
  • Incendie du faubourg Saint-Roch de Québec
  • Émeutes de Montréal
  • Sanction de la loi révoquant le droit de vote des femmes dans la province
  • Inauguration du pont Victoria
  • Entrée en vigueur de l’Acte de l’Amérique du Nord britannique
  • Inauguration du parc du Mont-Royal
  • Funérailles du curé Antoine Labelle
  • Inauguration du Monument-National
  • Carnaval d’hiver de Québec de 1894
  • Fondation de la Caisse populaire de Lévis
  • Émeutes de la conscription à Québec
  • Fondation du Comité provincial pour le suffrage féminin
  • Entrée en vigueur de la Loi relative à la conservation des monuments et des objets d’art ayant un intérêt historique ou artistique
  • Réalisation de travaux publics pendant la Grande dépression
  • Fondation du Jardin botanique de Montréal
  • Grève des midinettes de 1937
  • Obtention du droit de vote et d'éligibilité pour les femmes québécoises
  • Première conférence de Québec
  • Création d'Hydro-Québec
  • Parution du roman Bonheur d’occasion de Gabrielle Roy
  • Adoption du fleurdelisé comme drapeau officiel du Québec
  • Lancement du manifeste Refus global
  • Grève de l’amiante
  • Deuxième phase de nationalisation de l'électricité au Québec
  • Inauguration du métro de Montréal
  • Tenue de l'Exposition universelle de Montréal de 1967
  • Dépôt du rapport Rioux
  • Premier match à domicile des Expos de Montréal
  • Création du Conseil du statut de la femme
  • Superfrancofête
  • Adoption de la Charte des droits et libertés de la personne
  • Ancienne prison de Trois-Rivières
  • Canal de Lachine
  • Château Ramezay (Montréal)
  • Cimetière Notre-Dame-des-Neiges
  • Édifice de l'Ancienne-école-Notre-Dame-de-Québec
  • Édifice Pamphile-Le May
  • Hôtel du Parlement
  • Le Monument-National
  • Maison Alphonse-Desjardins
  • Monastère des Ursulines-de-Québec
  • Nouvelle-France
  • Pavillon Charles-Baillairgé
  • Pont des Pionniers
  • Site archéologique Cartier-Roberval
  • Site du patrimoine de La Poudrière
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  • Site patrimonial de Beauport
  • Site patrimonial de Charlesbourg
  • Site patrimonial de l'Archipel-de-Mingan
  • Site patrimonial de l'Habitation-Samuel-De Champlain
  • Site patrimonial de l'Île-d'Orléans
  • Site patrimonial de La Prairie
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  • Site patrimonial de Percé
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  • Site patrimonial du Vieux-Québec
  • Village historique de Val-Jalbert
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  • Anglo Canadian Pulp and Paper Mills
  • Association des Fils de la Liberté
  • Association des frères-chasseurs
  • Attikameks
  • Augustines de la Miséricorde de Jésus de l'Hôtel-Dieu de Québec
  • Banque de Montréal
  • Capucins
  • Communauté des Habitants
  • Compagnie de Jésus
  • Compagnie des Cent-Associés
  • Congrégation de Notre-Dame
  • Congrégation de Sainte-Croix
  • Cris (Eeyou)
  • Doric Club
  • Frères des écoles chrétiennes
  • Hurons-Wendats
  • Hydro-Québec
  • Innus
  • Inuit
  • Journal Le Canadien
  • La Minerve
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  • Micmacs
  • Mohawks (Kanien'kehà:ka)
  • Mouvement des caisses Desjardins
  • Naskapis
  • Oblats de Marie-Immaculée
  • Parti Patriote
  • Petites Sœurs de la Sainte-Famille
  • Récollets
  • Régiment de Carignan-Salières
  • Société Notre-Dame de Montréal
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  • Sœurs de la Charité de Québec
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  • Ursulines de Québec
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Les Iroquoiens du Saint-Laurent accueillent Jacques Cartier à Hochelaga



Rencontre de Jacques Cartier avec Donacona

Le 2 octobre 1535, les Iroquoiens d'Hochelaga, dans l'île de Montréal, accueillent le navigateur français Jacques Cartier et son équipage à proximité de leur village.

En mai 1535, Jacques Cartier quitte la France pour rejoindre le Nouveau Monde. Le but de son deuxième voyage est de pénétrer à l'intérieur du continent pour découvrir le royaume mythique identifié sous le nom de Saguenay où se trouverait de l'or, richesse convoitée par les puissances européennes. Cartier arrive à Terre-Neuve après une traversée de 50 jours, puis remonte le Saint-Laurent jusqu'à Stadaconé (Québec). Sans guide ni interprète, il quitte ce village iroquoien le 19 septembre à bord de l'Émérillon pour poursuivre la remontée du fleuve et atteindre le royaume de Saguenay. Neuf jours plus tard, il doit jeter l'ancre aux battures du lac Saint-Pierre et continuer en barque.

Le 2 octobre 1535, Cartier débarque dans l'île de Montréal. Son point d'arrivée est probablement situé au pied du courant Sainte-Marie, bien que certains historiens le placent plutôt au Sault-au-Récollet. C'est la première fois que des Européens s'aventurent aussi loin dans l'axe du Saint-Laurent. Les Iroquoiens avaient entendu parler de la venue imminente d'étrangers et ont organisé une fête pour accueillir les Français avec des offrandes de toutes sortes. Cartier offre à son tour des articles ménagers aux femmes et des couteaux aux hommes. Les Autochtones lui présentent du même coup des cristaux de quartz et des pièces de cuivre. Sans valeur en Europe, ces métaux ont en revanche une grande signification dans la culture iroquoienne puisqu'ils confèreraient des pouvoirs de guérison à ceux qui les détiennent. Avant de se rendre à Hochelaga, les Français optent pour une nuit de repos à leur point d'accostage. Le lendemain 3 octobre, Cartier s'aventure dans une forêt de chênes sur quelques kilomètres. À mi-chemin, il rencontre un chef iroquoien qui l'invite à suspendre son excursion le temps de livrer un discours. Les Français se font ensuite guider à travers des champs de maïs et arrivent aux portes du village.

Situé au pied de la montagne, cet établissement est entouré d'une palissade en bois d'une hauteur de dix mètres. Selon le récit de voyage de Cartier, on y retrouve une cinquantaine de maisons dont les dimensions atteignent jusqu'à 35 mètres de long et 7 mètres de large. Chaque maison longue héberge plusieurs familles d'une même lignée matriarcale. On estime que la population d'Hochelaga était d'environ 1500 personnes. Lors de sa visite, Cartier fait la connaissance du grand chef (agouhanna) qui lui organise un banquet.

Le court passage de Jacques Cartier au village d'Hochelaga se termine par l'ascension de la montagne qu'il nomme mont Royal. Une fois au sommet, il constate la présence des rapides de Lachine. Cet obstacle naturel freine abruptement ses ambitions initiales. Cartier et son équipage rebroussent chemin le 5 octobre 1535. Ils passent l'hiver à Stadaconé et regagnent la France en 1536.

Cette expédition n'est que la première d'une longue histoire qui mènera les Français loin à l'intérieur du continent nord-américain. Le voyage de Jacques Cartier à Hochelaga est le premier contact connu entre les Français et les Iroquoiens de la région de Montréal. Nonobstant le choc culturel et la barrière linguistique, la rencontre des deux communautés est cordiale. C'est le début de relations en dents de scie dont les enjeux ont encore un écho dans la société québécoise.
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Notices bibliographiques :
TREMBLAY, Roland et al. Les Iroquoiens du Saint-Laurent : peuple du maïs. Montréal, Les Éditions de l'Homme / Pointe-à-Callière, Musée d'archéologie et d'histoire de Montréal, 2006. 139 p.
ALLAIRE, Bernard. « Jacques Cartier ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.encyclopediecanadienne.ca/fr/article/jacques-cartier
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
GAGNÉ, Michel. « Hochelaga ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.encyclopediecanadienne.ca/fr/article/hochelaga
MALCHELOSSE, Gérard. « Jacques Cartier va à Hochelaga ». Le cahier des Dix. Vol. 21 (1956), p. 31-53.
PENDERGAST, J.F. et Bruce G. TRIGGER. Cartier's Hochelaga and the Dawson Site. Montréal et Londres, McGill-Queen's University Press, 1972. 388 p.
PENDERGAST, J.F. « The Confusing Identities Attributed to Stadacona and Hochelaga ». Revue d'études canadiennes. Vol. 32 (1997), p. 149-167.
PERRAULT, Claude. « La découverte de Montréal par Jacques Cartier ». Revue d'histoire de l'Amérique française. Vol. 20, no 2 (1966), p. 236-261.
TREMBLAY, Roland. « Regards sur le passé : réflexions sur l’identité des habitants de la vallée du Saint-Laurent au XVIe siècle ». Recherches amérindiennes au Québec. Vol. 29, no 1 (1999), p. 41-52.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Fondation de Charlesbourg-Royal



Charlebourg-Royal

La fondation de Charlesbourg-Royal, la première colonie française en Amérique, est un événement majeur de l'histoire du Québec, qui s'inscrit dans le contexte d'expansion des royaumes européens en Amérique pendant le XVIe siècle.

Après les expéditions de Giovanni da Verrazzano en 1524 et de Jacques Cartier en 1534 et en 1535-1536, le roi François Ier décide en 1538 de fonder un établissement français en Amérique afin d'exploiter les ressources du continent et de découvrir un passage maritime vers l'Asie.

Le 15 janvier 1541, François Ier confie cette tâche à Jean-François de La Rocque de Roberval, lieutenant-général du Canada. Le navigateur Jacques Cartier, qui a déjà remonté le fleuve Saint-Laurent et hiverné près de Stadaconé (Québec), est fait maître-pilote de l'expédition. Cette entreprise de grande envergure est financée en partie par des capitaux privés.

Au cours de l'hiver 1541, La Rocque de Roberval et Cartier assemblent leurs flottes respectives, règlent les détails logistiques de l'opération et recrutent les membres de l'expédition. Parmi ces derniers se trouvent des artisans, des militaires, des paysans et des prisonniers, notamment pour réaliser les travaux les plus difficiles. En mai, les navires de Cartier sont prêts à appareiller. Retardé dans ses préparatifs, La Rocque de Roberval lui donne la permission de partir vers l'Amérique avec cinq vaisseaux et plus de 300 personnes.

Le 23 août 1541, Jacques Cartier arrive à Stadaconé et fixe l'établissement français le long du fleuve Saint-Laurent, à l'embouchure de la rivière du Cap Rouge. Il le nomme Charlesbourg-Royal. Il fait construire deux forts, un en haut du cap et l'autre en bas. Au début du mois de septembre, il dirige une expédition jusqu'aux rapides de Lachine, à la recherche du passage convoité. Durant ce temps, les relations entre les nouveaux arrivants et les Autochtones de Stadaconé semblent s'envenimer. Au printemps 1542, après un dur hiver pendant lequel plusieurs colons décèdent, Cartier décide de regagner la France.

Le 16 avril 1542, La Rocque de Roberval part enfin pour l'Amérique avec trois navires et un contingent de quelque 200 personnes comprenant une centaine de soldats, des artisans, des paysans et une dizaine de femmes. À la mi-juin, il croise Cartier dans le havre de Saint Jean, à Terre-Neuve, qui lui annonce qu'il a achevé les forts, planté du blé et trouvé des métaux précieux. La Rocque de Roberval demande à Cartier de retourner avec lui à Charlesbourg-Royal, mais Cartier préfère reprendre la direction de la métropole.

La Rocque de Roberval arrive à Charlesbourg-Royal à la fin du mois de juillet 1542. Il améliore les installations laissées par Cartier et renomme le lieu France-Roy. Il remonte le fleuve Saint-Laurent jusqu'aux rapides de Lachine, à la recherche de pierres et de métaux précieux. Au cours de l'hiver, il doit faire face à la famine, au froid, à la maladie. Il met fin à son projet de colonisation en 1543, après que le roi lui donne l'ordre de rentrer en France, alors menacée par la coalition anglo-espagnole.

L'établissement de Charlesbourg-Royal, renommé France-Roy, a eu une brève existence et n'a pas donné lieu aux découvertes anticipées. Le projet a également constitué un revers financier pour ses protagonistes. Néanmoins, cet événement a démontré que l'implantation d'une colonie permanente le long du fleuve Saint-Laurent était possible, ce que Samuel de Champlain a réalisé en fondant Québec en 1608. Pour les peuples autochtones de la vallée du Saint-Laurent, la fondation de Charlesbourg-Royal a plutôt été annonciatrice de nombreux bouleversements.



INTÉRÊT PATRIMONIAL


Cet événement historique est désigné pour les motifs suivants:

La fondation de Charlesbourg-Royal est un événement majeur de l'histoire du Québec, qui s'inscrit dans le contexte d'expansion des royaumes européens en Amérique au cours du XVIe siècle. C'est le 15 janvier 1541 que François Ier confie à Jean-François de La Rocque de Roberval, lieutenant-général du Canada, la mission de fonder un établissement français en Amérique du Nord pour tirer profit des ressources du continent et découvrir un passage maritime vers l'Asie.

Le 23 août 1541, Jacques Cartier, maître-pilote de l'expédition, et son groupe composé d'environ 300 personnes, fondent l'établissement de Charlesbourg-Royal, à proximité du village autochtone de Stadaconé. Le navigateur et son groupe regagnent toutefois la France dès l'année suivante.

Retardé dans ses préparatifs, La Rocque de Roberval arrive à Charlesbourg-Royal avec quelque 200 personnes à la fin du mois de juillet 1542. Il renomme le lieu France-Roy. En juillet 1543, en raison de la reprise des guerres en Europe, La Rocque de Roberval et son contingent doivent retourner en France, ce qui met fin à la première tentative de colonisation française en Amérique du Nord.

L'établissement français de Charlesbourg-Royal, renommé France-Roy, a eu une brève existence et n'a pas donné lieu aux découvertes espérées. Le projet a également constitué un revers financier pour ses protagonistes. Néanmoins, cet événement a démontré la faisabilité d'implanter une colonie permanente le long du fleuve du Saint-Laurent, ce que Samuel de Champlain a réalisé en fondant Québec en 1608. Pour les peuples autochtones de la vallée du Saint-Laurent, la fondation de Charlesbourg-Royal a plutôt été annonciatrice de nombreux bouleversements.
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Notices bibliographiques :
ALLAIRE, Bernard. La rumeur dorée : Roberval et l'Amérique. Montréal, Les Éditions La Presse, 2013. 159 p.
Assemblée nationale du Québec. Par ici la démocratie. Ligne du temps [En Ligne]. http://paricilademocratie.com/
BRAUDEL, Fernand, dir. Le monde de Jacques Cartier. Montréal, Libre-expression, 1984. 316 p.
CARTIER, Jacques. Voyages de découvertes entre les années 1534 et 1542. Textes et documents retrouvés. Paris, Antropos, 1968. 206 p.
HAVARD, Gilles et Cécile VIDAL. Histoire de l'Amérique française. Paris, Flammarion, 2005. 863 p.
LAVERDIÈRE, Camille. Le Sieur de Roberval. Chicoutimi, Les Éditions JCL inc, 2005. 158 p.
LITALIEN, Raymonde. Les explorateurs de l'Amérique du Nord, 1492-1795. Québec, Septentrion, 1993. 261 p.
TRUDEL, Marcel. Histoire de la Nouvelle-France. Tome 1 : Les vaines tentatives 1524-1603. Montréal, Fides, 1963. 307 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Établissement d’un poste de traite à Tadoussac



Poste de traite de Tadoussac

En 1600, Pierre Chauvin de Tonnetuit, capitaine dans la marine et l’armée françaises, établit un poste de traite à l’emplacement actuel de Tadoussac. Il est accompagné, entre autres, de François Gravé du Pont et de Pierre Dugua de Monts. Le mot « Tadoussac » provient de l’innu-aimun, mais son origine et sa signification ont fait l’objet de diverses interprétations au fil du temps. En 1600, l’emplacement est déjà un lieu de commerce important pour les Autochtones, particulièrement les Innus. Le réseau de Tadoussac s’étend vers le nord-ouest le long de la rivière Saguenay et jusqu’à la baie James, à travers la forêt boréale.

Au XVIe siècle, des pêcheurs portugais, espagnols et français fréquentent les côtes de Terre-Neuve et l’embouchure du Saint-Laurent, établissant des contacts avec les Autochtones. Après les voyages de Jacques Cartier, qui explore le fleuve Saint-Laurent entre 1534 et 1541, les Français développent un intérêt croissant pour le commerce des fourrures. Les Hollandais implantent des comptoirs de commerce des fourrures en Amérique du Nord, notamment à Albany et sur l’île de Manhattan. L’emplacement de ces établissements reflète les stratégies d’accès aux réseaux commerciaux s’étendant à l’intérieur du continent.

C’est dans ce contexte qu’en 1599, Pierre Chauvin de Tonnetuit, ayant gagné la faveur du roi Henri IV pour son soutien contre la Ligue catholique durant les guerres de religion, obtient le monopole de la traite des fourrures en Nouvelle-France. Ce privilège suscite des tensions avec le vice-roi et lieutenant général de la Nouvelle-France, Troilus de La Roche de Mesgouez, qui avait reçu en 1598 une commission similaire lui accordant le monopole de la traite. À la suite des protestations de La Roche, en janvier 1600, le roi limite le monopole de Chauvin à l’embouchure du Saint-Laurent et en fait un lieutenant du vice-roi, ce qui n’empêche pas Chauvin d’organiser rapidement un voyage au Canada.

Durant l’été 1600, Chauvin fait construire à Tadoussac une maison (« habitation ») entourée d’une palissade et d’un petit fossé. Cette installation est acceptée par les Innus établis à cet endroit, ceux-ci souhaitant obtenir l’aide des Français pour lutter contre leurs ennemis. En plus de contrôler les principaux postes de traite des pelleteries, le monopole de Chauvin prévoit l’établissement d’une colonie. Tadoussac est cependant peu propice au peuplement en raison de son terrain accidenté, de la pauvreté de son sol et de ses hivers rigoureux. À l’automne, Chauvin retourne en France et 16 hommes demeurent sur place. Durant l’hiver 1600-1601, la plupart meurent en raison du froid, du manque de vivres et du scorbut. Seulement cinq d’entre eux survivent grâce aux Autochtones qui les ont accueillis et nourris. En 1601, les survivants regagnent la France sur un navire envoyé par Chauvin et l’habitation est abandonnée.

Chauvin ne réussit pas à établir de colonie et les protestations des marchands rivaux continuent de se faire entendre. En conséquence, le monopole du commerce est étendu à d’autres commerçants de Rouen et de Saint-Malo. Chauvin meurt en 1603 avant le voyage suivant.

Malgré l’échec de la colonisation, la création du poste de traite de Tadoussac en 1600 marque le début de la présence hivernale française dans la région et l’amorce des alliances entre les Français et les Innus. En 1603, c’est à Tadoussac, lors d’une « tabagie » organisée par le chef innu Anadabijou que les Français nouent une alliance durable avec les Innus et leurs alliés, les Algonquins et les Etchemins. La « Grande alliance de 1603 » permet aux Français de s’intégrer à un vaste réseau d’échanges qui s’étend jusqu’aux Grands Lacs, pavant la voie à la création d’établissements permanents sur le continent.
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Notices bibliographiques :
Assemblée nationale du Québec. Par ici la démocratie. Ligne du temps [En Ligne]. http://paricilademocratie.com/
MATHIEU, Jacques. La Nouvelle-France: les Français en Amérique du Nord, XVIe-XVIIIe siècle. Québec, Presses de l’Université Laval, 2001. 271 p.
MORLEY, William F. E. « Chauvin de Tonnetuit, Pierre de ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/009004-119.01-f.php?&id_nbr=125&interval=15&&PHPSESSID=6j2l49f22u73kdbapdcv3morr0
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.
ST-HILAIRE, Marc. « Tadoussac ». Historica Canada. L’encyclopédie canadienne [En ligne]. https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/tadoussac
THIERRY, Éric. Samuel de Champlain. Aux origines de l’Amérique française. Québec, Septentrion, 2024. 774 p.
TRUDEL, Marcel. « Gravé Du Pont, François ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Fondation de Québec



Fondation de Québec (1608)

Le 3 juillet 1608, l'explorateur Samuel de Champlain débarque à Québec en compagnie d'une trentaine d'ouvriers et y fonde le premier établissement français permanent en Amérique. D'abord un comptoir de commerce, Québec est appelée à devenir le centre administratif et politique de la Nouvelle-France.

En 1535, lors de son deuxième voyage, Jacques Cartier est le premier Européen à passer l'hiver sur le site de Québec. Fréquenté depuis près de 10 000 ans par des peuples autochtones, l'endroit est occupé par le village iroquoien de Stadaconé. Six ans plus tard, Cartier est de retour à titre de guide de Jean-François de La Rocque de Roberval. Mandatés par le roi François 1er, les deux hommes tentent d'établir une colonie permanente à l'embouchure de la rivière du Cap Rouge. Ce projet colonial, baptisé d'abord Charlesbourg-Royal, puis France-Roy, est définitivement abandonné en 1543 après que la guerre franco-espagnole force Roberval à rentrer en France.

L'idée d'implanter une colonie permanente sur le site de Québec refait surface au début du XVIIe siècle. Le commerce des fourrures ayant pris de l'importance, il devient de plus en plus intéressant d'installer un poste de traite au bord du fleuve Saint-Laurent, loin de la concurrence et près de zones riches en fourrures. En 1608, Pierre Du Gua de Monts, détenteur du monopole de la traite en Nouvelle-France, commandite l'expédition de Champlain et le charge de fonder un comptoir permanent à Québec.

Le choix de s'établir à Québec n'est pas un hasard. De 1603 à 1608, Champlain est à la recherche du lieu idéal pour fonder un établissement le long de la côte atlantique et autour du Saint-Laurent. Au terme de cette prospection, après qu'il ait considéré plusieurs sites, notamment celui de Trois-Rivières, Champlain conclut que Québec est le meilleur endroit. Il le choisit en raison de son emplacement stratégique à proximité des voies commerciales de la traite des fourrures, de son climat relativement tempéré, de la fertilité de ses sols et de l'avantage militaire que confère le promontoire constitué par le Cap Diamant.

Durant les années qui suivent la construction de la première habitation, Québec n'est guère davantage qu'un comptoir de commerce fortifié dépendant de l'approvisionnement transatlantique. Douze ans après sa fondation, seulement une soixantaine de colons y vivent. En 1629, lorsque les frères Kirke amènent leur flotte devant Québec pour l'assiéger, ils n'éprouvent aucune difficulté à obtenir sa reddition.

En 1632, au moment où la colonie est restituée à la France, un travail de reconstruction et d'édification est entrepris sous l'égide de la Compagnie des Cent Associés et, à compter de 1636, du gouverneur Charles Huault de Montmagny. Ce dernier planifie le développement de Québec, notamment par l'ouverture des premières rues et l'alignement des bâtiments. Pendant cette période, au moins 600 immigrants s'installent en Nouvelle-France, dont des jésuites qui fondent un collège dans la haute ville de Québec. Des difficultés minent toutefois les efforts de colonisation. La compagnie éprouve des problèmes financiers intermittents attribuables, entre autres, à l'inconstance et à l'incertitude de l'approvisionnement en pelleteries. À partir de 1642, la colonie est fréquemment confrontée à l'hostilité des Iroquois, dont les incursions menacent la survie de l'établissement.

La prise en main de la colonie par le roi en 1663, qui en fait une province de son royaume, établit Québec comme siège de son pouvoir en Nouvelle-France. Aux yeux de Marie Guyart, c'est à compter de cette date que le comptoir de commerce fondé par Champlain devient véritablement une ville. Toutefois, la petite bourgade de 550 habitants prendra son véritable essor au cours des décennies suivantes, pour enfin devenir la clef de voûte du système colonial français en Amérique du Nord.

Cet événement historique a été désigné par le ministre de la Culture et des Communications le 27 juin 2013.



Intérêt patrimonial


Cet événement historique est désigné pour les motifs suivants:

La fondation de Québec est l'acte de naissance de la ville de Québec, de la Nouvelle-France et du peuplement français en Amérique. Le 3 juillet 1608, Samuel de Champlain et son groupe, commandités par Pierre Du Gua de Monts, détenteur du monopole de la traite des fourrures, fondent le comptoir de Québec, où ils construisent une habitation fortifiée. Champlain était à la recherche du lieu idéal pour fonder un établissement le long de la côte atlantique et autour du Saint-Laurent depuis 1603. Il choisit Québec en raison notamment de son emplacement stratégique à proximité des voies commerciales de la traite des fourrures et de l'avantage militaire que confère le promontoire constitué par le Cap Diamant. Ce premier établissement français permanent en Amérique, œuvre de Champlain, deviendra la capitale de la Nouvelle-France et, plus tard, celle du Québec.
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Notices bibliographiques :
Assemblée nationale du Québec. Par ici la démocratie. Ligne du temps [En Ligne]. http://paricilademocratie.com/
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
BLAIS, Christian, Gilles GALLICHAN, Frédéric LEMIEUX et Jocelyn SAINT-PIERRE. Québec: quatre siècles d'une capitale. Québec, Assemblée nationale du Québec - Les Publications du Québec, 2008. 692 p.
CHOUINARD, François-Xavier. La ville de Québec. Histoire municipale. Vol. I. Cahiers d'histoire, 15. Québec, La Société historique de Québec, 1963. 116 p.
GOUVERNEMENT DU QUÉBEC, Secrétariat aux relations canadiennes. Le Québec au fil du temps [En Ligne]. https://www.sqrc.gouv.qc.ca/relations-canadiennes/federalisme/quebec-fil-du-temps.asp
GRENON, Jean-Yves. Pierre Dugua de Mons, cofondateur de Québec (1608) et fondateur de l'Acadie (1604-1605). Québec, Société historique de Québec, 1999. 31 p.
HARE, John, Marc LAFRANCE et David-Thiery RUDDEL. Histoire de la ville de Québec, 1608-1871. Montréal, Boréal, 1987. 399 p.
MACBEATH, George. « Du Gua de Monts, Pierre ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.
TRUDEL, Marcel. « Champlain, Samuel de ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Arrivée des Récollets en Nouvelle-France



Arrivée des Récollets en Nouvelle-France (1615)

Constitués en ordre à la fin du XVIe siècle, les Récollets proviennent d'une branche réformée de l'ordre des Franciscains se réclamant de saint François d'Assise. En 1615, les premiers missionnaires récollets arrivent en Nouvelle-France. Les Récollets constituent ainsi la toute première communauté religieuse à s'installer sur le territoire québécois.

L'histoire des Récollets en Nouvelle-France débute avec le passage de Samuel de Champlain en France, de 1613 à 1615. Champlain est alors en quête de religieux pour l'accompagner à Québec. Suivant la recommandation de Louis Houël, sieur du Petit-Pré, secrétaire du roi et contrôleur général des salines de Brouage, il porte son attention sur les Récollets. Les pères de Brouage sont les premiers à être approchés, mais ce sont finalement les Récollets de la province de Saint-Denis, à Paris, qui font la traversée de l'Atlantique.

En compagnie de Champlain, les pères Denis Jamet (commissaire provincial), Jean Dolbeau et Joseph Le Caron, ainsi que le frère Pacifique Duplessis, quittent Honfleur le 24 avril 1615 et débarquent à Tadoussac le 25 mai. Arrivés à Québec le 8 juin, ils entreprennent la construction d'une première chapelle près de l'Habitation. Après avoir remonté le fleuve Saint-Laurent, les pères Jamet et Le Caron célèbrent la première messe sur l'île de Montréal, le 24 juin 1615. Le lendemain, le père Jean Dolbeau effectue la même célébration à Québec.

À compter de 1615, les Récollets assurent les soins spirituels de la population de Québec et se consacrent à l'instruction et à l'évangélisation des Autochtones. Ils partent notamment à la rencontre des Montagnais de la rive nord du Saint-Laurent et des Hurons de la région des Grands Lacs. Ils établissent leur couvent en 1620 au bord de la rivière Sainte-Croix, à laquelle ils donnent le nom de Saint-Charles, probablement en l'honneur de Charles Borromée. Le couvent doit notamment servir de séminaire pour l'éducation de jeunes autochtones. En 1625, l'arrivée des Jésuites à Québec met fin à dix années d'exclusivité missionnaire pour les Récollets. Quatre ans plus tard, à la suite de la prise de Québec par les frères Kirke, les Récollets retournent en France avec Champlain et la majorité des colons.

Les Récollets reviennent en Nouvelle-France en 1670. Ils érigent un monastère à Montréal et reprennent également possession de leur domaine à Québec, où ils font construire une église et un nouveau monastère. Ils fondent également une mission au poste de pêche de Percé en 1673. En 1692, les Récollets sont nommés aumôniers du gouverneur et des soldats en Nouvelle-France. La même année, Mgr de Saint-Vallier, évêque de Québec, fait l'acquisition du couvent Saint-Charles pour y établir l'hôpital général de Québec. Les Récollets s'installent alors à la haute ville. Ils prennent aussi la charge de certaines paroisses.

En 1763, la Nouvelle-France est cédée à l'Angleterre. À ce moment, la majorité des Récollets sont d'origine canadienne. Les autorités britanniques interdisent alors à certaines communautés religieuses, dont les Récollets, de recruter des novices. Faute de relève, la communauté disparaît progressivement de la colonie avec la mort du père Louis Demers en 1813. Dès lors, les seuls récollets encore vivants au Canada sont sécularisés. Le dernier d'entre eux, Marc Coutant, meurt en 1849.

Il faut attendre la fin du XIXe siècle pour que d'autres religieux de la famille franciscaine reviennent s'installer sur le territoire québécois. Les Franciscains s'établissent à Trois-Rivières en 1888, à Montréal vers 1890, puis à Québec en 1900. Ils sont toujours présents sur le territoire québécois.

En 2015, l'arrivée des Récollets en Nouvelle-France est désignée en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel.



INTÉRÊT PATRIMONIAL


Cet événement historique est désigné pour les motifs suivants:

Les Récollets font partie des communautés religieuses fondatrices de la Nouvelle-France. Constitués en ordre à la fin du XVIe siècle, les Récollets proviennent d'une branche réformée de l'ordre des Franciscains. Recrutés en France par Samuel de Champlain, ils constituent la première communauté religieuse à s'établir en Nouvelle-France, au printemps 1615. Ils vont assurer le ministère spirituel et se consacrer à l'instruction et à l'évangélisation des Autochtones. Absents de la colonie à compter de 1629, ils reviennent en 1670. À la suite de la Conquête britannique, les Récollets sont privés de recrutement et la communauté disparaît en 1813. Les religieux de la famille franciscaine, qui ont été les premiers missionnaires et les premiers instituteurs en Nouvelle-France, sont de retour sur le territoire québécois à la fin du XIXe siècle.
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Notices bibliographiques :
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
GALLAND, Caroline. Pour la gloire de Dieu et du roi : les récollets en Nouvelle-France aux XVIIe et XVIIIe siècles. Paris, Cerf, 2012. 528 p.
HAMELIN, Jean, dir. Les franciscains au Canada: 1890-1990. Sillery, Septentrion, 1990. 438 p.
JOUVE, Odoric. Dictionnaire biographique des Récollets - missionnaires en Nouvelle-France. Montréal, Bellarmin, 1996. 903 p.
KAUPP, Dorothée. « Nos premiers missionnaires. L'histoire des récollets dans les ouvrages franciscains au Canada, XIXe-XXe siècles ». Études d'histoire religieuse. Vol. 75 (2009), p. 25-38.
LAPERRIÈRE, Guy. Histoire des communautés religieuses au Québec. Montréal, Vlb éditeur, 2013. 329 p.
LAVALLÉE, Madeleine et Pierre VALCOUR. Les communautés religieuses au Québec. Québec, Septentrion, 2009. 390 p.
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.
TRUDEL, Marcel. Le comptoir 1604-1627. Montréal, Fides, 1966. 554 p.
TRUDEL, Marcel. « Les Récollets sous le régime militaire ». Revue d'histoire de l'Amérique française. Vol. 10, no 2 (1956), p. 191-221.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Présentation d’un projet de colonie permanente à Louis XIII par Champlain



Projet Ludovica

En 1618, Samuel de Champlain formule un ambitieux projet pour faire du comptoir qu’est alors Québec une colonie prospère, nommée Ludovica en l’honneur du roi de France Louis XIII.
C’est dans deux mémoires que les ambitions de Champlain sont présentées; le premier à la Chambre de commerce de Paris, orienté vers les perspectives commerciales, et le second au roi. Ces documents s’inscrivent dans un contexte de ralentissement du développement de la colonie. Malgré l’arrivée récente de récollets en 1615 et de la famille Hébert en 1617, les activités du comptoir et de sa population sont entièrement orientées vers le commerce. La prédominance de cette activité s’explique par le fait que la colonie est administrée par une compagnie commerciale, la Compagnie de Rouen et de Saint-Malo, qui poursuit un objectif de rentabilité.

Le mémoire présenté au roi expose les premières étapes d’un projet d’occupation du territoire qui doit, à terme, s’étendre à l’ensemble de la vallée du Saint-Laurent et assurer l’autonomie de l’entreprise. Des forts sont prévus à Pointe-Lévy, Tadoussac et sur le Cap-Diamant afin de contrer les ambitions territoriales des Anglais et Néerlandais dans la région. Il prévoit aussi convertir les comptoirs de Québec et de Tadoussac en ville, en plus d’évoquer le peuplement des territoires des villes de Trois-Rivières et Montréal. Pour y arriver, il demande le passage de 300 familles en Nouvelle-France. Peuplée et bien défendue, la colonie projetée serait aussi prospère puisque Champlain prévoit des activités commerciales variées et fructueuses pour complémenter le commerce des fourrures, presque unique source de revenus au moment où il élabore le mémoire. Enfin, tout cela offrirait des ressources suffisantes aux ¿uvres missionnaires afin d’appuyer leur entreprise de conversion des peuples autochtones. Enfin, la colonie serait un passage obligé du commerce avec l’Asie puisque Champlain compte toujours trouver une voie vers ce continent très convoité. Ce projet ambitieux a comme principal objectif d’augmenter la participation du pouvoir royal et des marchands dans l’entreprise menée par Champlain.

Intrigués, le roi et la Chambre de commerce donnent à Champlain et son projet leur approbation. Néanmoins, peu de mesures concrètes accompagnent l’assentiment de ce programme qui reste dans l’essentiel lettre morte. Il faut attendre jusqu’en 1663, avec l’intégration de la colonie dans le gouvernement royal, pour voir se concrétiser les orientations élaborées par Champlain.
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Notices bibliographiques :
D’AVIGNON, Mathieu. Champlain et les fondateurs oubliés: les figures du père et le mythe de la fondation. Québec, Les Presses de l’Université Laval, 2008. 540 p.
DROUIN, Sophie. « Le poste et la forteresse ». COURVILLE, Serge et Robert GARON. Québec, ville et capitale. Sainte-Foy, Les Presses de l’Université Laval, 2001, p. 46-49.
FISCHER, David Hackett. Le rêve de Champlain. Montréal, Boréal, 2011. 998 p.
HAVARD, Gilles et Cécile VIDAL. Histoire de l’Amérique française. Paris, Flammarion, 2005. 863 p.
LITALIEN, Raymonde et Denis VAUGEOIS. Champlain : la naissance de l’Amérique française. Québec/Paris, Les éditions du Septentrion/Nouveau Monde éditions, 2004. 397 p.
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.
SÉGUIN, Maurice K. Samuel de Champlain : l’entrepreneur et le rêveur. Québec, Septentrion, 2008. 380 p.
TRUDEL, Marcel. « Champlain, Samuel de ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Prise de Québec par les frères Kirke



Cardinal de Richelieu au siège de La Rochelle

La prise de Québec par les frères Kirke est un épisode important des débuts de la colonie de la Nouvelle-France. Il s'agit du premier siège dirigé contre la capitale de la Nouvelle-France, précédant ceux de William Phips (1690), la tentative de Hovenden Walker (1711) et celui de James Wolfe (1759).

En 1627, alors que l'Angleterre s'allie avec les protestants de La Rochelle dans une guerre contre la France, des marchands anglais et calvinistes de Dieppe forment une compagnie afin de commercer et d'établir des colons en Nouvelle-France. Du nombre se trouvent les frères David, Lewis, Thomas, John et James Kirke. Corsaires, ils sont munis de lettres de marque du roi anglais Charles 1er pour s'emparer du Canada et de l'Acadie. Partis en mars 1628 à bord de trois navires, ils prennent possession de l'établissement de pêche de Miscou (Miscou-Centre, Nouveau-Brunswick) et du poste de traite de Tadoussac, avant d'incendier des bâtiments à Cap-Tourmente. Le 10 juillet, des émissaires livrent un message à Samuel de Champlain le sommant de rendre l'habitation de Québec. Champlain refuse et les frères Kirke entreprennent un blocus du Saint-Laurent. Le 18 juillet, quatre vaisseaux chargés de ravitaillement et de colons affrétés par la Compagnie des Cent Associés sont pris par les corsaires à la suite d'un affrontement.

Les vainqueurs repartent en Angleterre en 1628. Leur société fusionne avec celle de William Alexander pour fonder la Company of Adventurers to Canada. C'est au nom de cette entreprise que les frères Kirke font voile vers Tadoussac en avril 1629 avec une flotte de six navires. David y établit une base d'opérations, puis envoie à Québec trois vaisseaux et 150 hommes guidés par un déserteur français, Jacques Michel. Le 19 juillet, faute de vivres et de munitions, Champlain livre la colonie à Thomas et Lewis Kirke. Il obtient toutefois que les colons conservent leurs possessions et leurs armes. Vingt et un d'entre eux demeurent à Québec alors que les autres s'embarquent sur des navires anglais avant d'être éventuellement ramenés en France.

En route vers Tadoussac, Champlain et Thomas Kirke croisent les navires de la Compagnie des Cent Associés, commandée par Émery de Caën, venus approvisionner la colonie. Ce dernier est défait après un court engagement. À Tadoussac, Champlain rencontre David Kirke puis, le 14 septembre, les deux hommes voguent vers l'Angleterre. Une fois arrivée, Champlain s'entretient avec l'ambassadeur de France à Londres et cherche à récupérer la colonie. La signature du traité de Suse le 24 avril 1629, qui met un terme aux hostilités franco-anglaises, rend légitimes ses revendications.

De 1629 à 1632, des négociations entre la France et l'Angleterre ont lieu au sujet de la rétrocession du Canada et de l'Acadie. Charles 1er retarde les pourparlers notamment parce que Louis XIII, roi de France et également son beau-frère, ne s'est pas acquitté de la dot de sa femme. La question de la souveraineté sur l'Acadie est très litigieuse et fait trainer le règlement de la paix. Avec la signature du traité de Saint-Germain-en-Laye le 29 mars 1632 le cardinal de Richelieu obtient la restitution des colonies françaises d'Amérique du Nord.

Pendant trois ans, Thomas et Lewis Kirke demeurent à Québec avec environ 90 autres Anglais. Lors du premier hiver, 14 d'entre eux meurent, victimes d'épidémies et de la disette. Le 29 juin 1632, Caën arrive à Québec et obtient la rétrocession de la colonie. Il constate que plusieurs bâtiments sont endommagés, dont l'Habitation. Les Kirke remettent le fort le 13 juillet et repartent à bord de leurs navires. Champlain est quant à lui de retour le 22 mai 1633 avec trois vaisseaux et 200 colons.

La prise de Québec par les frères Kirke accule la jeune Compagnie des Cent Associées au bord de la faillite et ralentit le peuplement de la Nouvelle-France. Cet événement conscientise les Français de la nécessité d'assurer une présence accrue sur ce territoire.
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Notices bibliographiques :
ALLAIRE, Bernard. « L'occupation de Québec par les frères Kirke ». LITALIEN, Raymonde et Denis VAUGEOIS. Champlain : la naissance de l'Amérique française. Québec/Paris, Les éditions du Septentrion/Nouveau Monde éditions, 2004, p. 245-257.
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
BLAIS, Christian, Gilles GALLICHAN, Frédéric LEMIEUX et Jocelyn SAINT-PIERRE. Québec: quatre siècles d'une capitale. Québec, Assemblée nationale du Québec - Les Publications du Québec, 2008. 692 p.
DE WAELE, Michel. « Honneur national et destin colonial: le sort de l'Amérique française, 1627-1632 ». Histoire, économie et société. Vol. 35, no 49 (2016), p. 68-84.
HARE, John, Marc LAFRANCE et David-Thiery RUDDEL. Histoire de la ville de Québec, 1608-1871. Montréal, Boréal, 1987. 399 p.
HAVARD, Gilles et Cécile VIDAL. Histoire de l'Amérique française. Paris, Flammarion, 2005. 863 p.
LACOURSIÈRE, Jacques, Jean PROVENCHER et Denis VAUGEOIS. Canada-Québec: synthèse historique, 1534-2000. Québec, Éditions du Septentrion, 2001. 591 p.
LACOURSIÈRE, Jacques. Histoire populaire du Québec. Vol. 1: Des origines à 1791. Québec, Septentrion, 1995. 480 p.
LAHAISE, Robert. Nouvelle-France English Colonies : l'impossible coexistence, 1606-1713. Québec, Septentrion, 2006. 295 p.
MOIR, John S. « Kirke, sir David ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
MOIR, John S. « Kirke, sir Lewis ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
MOIR, John S. « Kirke, Thomas ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Fondation de Trois-Rivières



Trois-Rivières en 1881

En 1634, Samuel de Champlain commande la construction d'un poste de traite fortifié à Trois-Rivières. Le 4 juillet de cette année, un dénommé Laviolette y débarque et fonde la première habitation française en ce lieu.

Bien avant l'arrivée des Européens, le site de Trois-Rivières est déjà fréquenté par divers peuples amérindiens qui y convergent pour y effectuer des échanges commerciaux. Jacques Cartier s'y rend lors de son deuxième voyage, le 7 octobre 1535, et plante une croix sur l'île Saint-Quentin, à l'embouchure de la rivière Saint-Maurice. La configuration des îles à cet endroit inspire le toponyme évoqué pour la première fois en 1599 par François Gravé du Pont, un officier de la marine française à la recherche d'un lieu pour installer un poste de traite. Ce nom se retrouve ensuite sur la carte de la Nouvelle-France dessinée par Guillaume Levasseur en 1601.

En 1603, avant la fondation de Québec, Samuel de Champlain est en quête d'un emplacement où établir une colonie. Il note que Trois-Rivières est un endroit idéal d'implantation, notamment en raison de son importance dans la traite des fourrures. Au début du XVIIe siècle, les Algonquins y érigent un village palissadé, mais celui-ci est vraisemblablement rasé par des attaques iroquoises. Les Français fréquentent le lieu annuellement à partir de 1610, pour prendre part au trafic estival des fourrures. Sept ans plus tard, le frère récollet Pacifique Duplessis y fixe une mission et enseigne aux Amérindiens dans une cabane.

En 1633, le chef montagnais Capitanal invite Champlain à s'établir de façon permanente à Trois-Rivières afin de renforcer leur alliance et pour sécuriser le site, menacé par les Iroquois. Champlain consent et lui répond : « Quand cette grande maison sera faite, alors nos garçons se marieront à vos filles, et nous ne serons plus qu'un peuple ». Cette même année, la Compagnie des Cent-Associés concède deux terres en seigneurie à Trois-Rivières, l'une à Jacques Hertel de La Fresnière et l'autre à Jean Godefroy de Lintot. Les Jésuites obtiennent quant à eux 600 arpents en février 1634.

Pour mettre sur pied et commander le nouveau poste, Champlain mandate Laviolette, probablement un capitaine de navire. Parti le 1er juillet 1634 de Québec avec un groupe d'artisans, de soldats, de colons et des pères jésuites Jean de Brébeuf et Antoine Daniel, Laviolette arrive à Trois-Rivières le 4 juillet. Commence alors l'érection d'une habitation sur un plateau surélevé, le Platon, qui offre une protection naturelle contre les ennemis provenant du fleuve. Cette première habitation comprend une maison et un magasin. Elle est entourée d'une palissade munie d'un ou deux bastions. Le 8 septembre, les jésuites Paul Le Jeune et Jacques Buteux se joignent au groupe. Ils fondent une mission permanente à Trois-Rivières, puis y font élever une chapelle. L'année suivante, un incendie détruit l'habitation qui est aussitôt reconstruite et agrandie.

À la suite de sa fondation, Trois-Rivières prospère d'année en année, surtout grâce aux rendez-vous annuels que se donnent les Amérindiens et les trafiquants de fourrures. La fondation de Montréal en 1642 et le déplacement du réseau d'échange des fourrures vers le sud, plus près du l'Iroquoisie et de l'Huronie, donnent cependant un dur coup au développement du poste. Jusqu'à la fin du Régime français, la population trifluvienne stagne malgré les efforts déployés au XVIIIe siècle pour y développer l'industrie sidérurgique avec l'implantation des Forges du Saint-Maurice.

Motivée par la volonté d'occuper stratégiquement le territoire en amont de Québec après la prise de la colonie par les frères Kirke (1629-1632), la fondation de Trois-Rivières permet d'étendre l'influence de la France en Amérique et de consolider la principale activité économique de la Nouvelle-France.
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Notices bibliographiques :
Assemblée nationale du Québec. Par ici la démocratie. Ligne du temps [En Ligne]. http://paricilademocratie.com/
BEAUDOIN, René. Rencontrer Trois-Rivières : 375 ans d'histoire et de culture. Trois-Rivières, Éditions d'art Le Sabord, 2009. 225 p.
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
DUGUAY, Françoise. « Chronique trifluvienne. L'histoire oubliée : les Trois-Rivières avant le bourg (1535-1635) ». Patrimoine trifluvien. No 20 (2013), p. 16-29.
FOURNIER, Rodolphe. Lieux et monuments historiques des Trois-Rivières et environs. Trois-Rivières, Éditions du Bien Public, 1978. s.p.
GENDRON, Yannick. L'énigme de Trois-Rivières. s.l. PERRO éditeur, 2019. 450 p.
HAMEL, Nathalie. Étude de caractérisation de l'arrondissement historique de Trois-Rivières. Québec, Commission des biens culturel, 2005. 73 p.
HARDY, René et Normand SÉGUIN. Histoire de la Mauricie. Les Régions du Québec, 17. Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 2004. 1137 p.
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.
ROBERT, Daniel et Normand SÉGUIN. « Trois-Rivières, 1634-2009 : chronologie essentielle du patrimoine bâti ». Patrimoine trifluvien. No 19 (2009), p. 1-51.
SULTE, Benjamin. Histoire de la ville des Trois-Rivières et de ses environs. Montréal, Eusèbe Sénécal, 1870. 126 p.
TESSIER, Albert. Trois-Rivières, 1535-1935. Trois-Rivières, Éditeurs Le Nouvelliste Imprimeurs, 1935. 199 p.
VACHON, André. « Laviolette, M. ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Arrivée des Augustines en Nouvelle-France



Sœurs Augustines

Les Augustines de la Miséricorde de Jésus arrivent en Nouvelle-France en 1639. Débarquées à Québec, elles y fondent le premier hôpital de la colonie. Au fil des siècles, leur présence s’étend dans une dizaine de villes, où elles prodiguent activement des soins de santé et des soins spirituels à la population jusque dans les années 1960.

En 1637, conseillée par le père Paul Le Jeune, supérieur des missions des Jésuites en Nouvelle-France, Marie de Vignerot, duchesse d’Aiguillon et nièce du cardinal Richelieu, projette de fonder un hôpital à Québec. Les Augustines de Dieppe, communauté hospitalière cloîtrée fondée au Moyen Âge et responsable de l’Hôtel-Dieu de cette ville, acceptent de prendre en charge le futur établissement. C’est ainsi que le 1er août 1639, les trois premières Augustines de la Miséricorde de Jésus, soit Marie Guenet de Saint-Ignace, première supérieure de la communauté, Anne Le Cointre de Saint-Bernard et Marie Forestier de Saint-Bonaventure, arrivent à Québec, en même temps que les Ursulines. Les Augustines constituent ainsi l’une des deux premières communautés religieuses féminines à s’être établies en Nouvelle-France.

Après un bref séjour à Québec, les Augustines déménagent à Sillery, en 1640, où elles fondent le premier hôpital en Amérique, au nord du Mexique. Situé près de la maison des Jésuites, cet établissement est destiné à l’évangélisation des Autochtones, que les hospitalières espèrent convertir par leur charité et leurs soins. Les guerres franco-iroquoises forcent toutefois les religieuses à retourner à l’intérieur des remparts de Québec en 1644. Deux ans plus tard, elles ouvrent l’Hôtel-Dieu. Recevant de moins en moins d’Autochtones, les Augustines soignent surtout des colons, des soldats et des matelots qui débarquent à Québec. La communauté se « canadianise » rapidement après 1650, date à laquelle la première postulante née au pays prononce ses vœux.

Les Augustines de la Miséricorde de Jésus commencent à essaimer sur de nouveaux territoires au tournant du XVIIe siècle. En 1692, Mgr Jean-Baptiste de La Croix de Chevrières de Saint-Vallier, évêque de Québec, fonde l’Hôpital général de Québec. L’année suivante, les Augustines prennent en charge cette institution dédiée au soin des pauvres, des personnes âgées et des invalides. Les Augustines de l’Hôpital général de Québec seront autonomes de celles de l’Hôtel-Dieu à partir de 1701. Avec le temps, d’autres monastères et hôpitaux sont fondés dans diverses régions, notamment à Chicoutimi (Saguenay) (1884), à Lévis (1892), à Gaspé (1926) et à Dolbeau (Dolbeau-Mistassini) (1955). Ces établissements favorisent le développement de plusieurs municipalités du Québec. Les Augustines mettent aussi en place des écoles d’infirmières.

L’arrivée des Augustines en Nouvelle-France est un moment décisif dans l’amélioration des conditions de vie des habitants de la colonie. C’est le point de départ de l’œuvre hospitalière et spirituelle de ces religieuses, au cours de laquelle elles ont jeté les bases de la dispensation et de l’administration des soins de santé au Québec, et joué un rôle important dans le développement de la pharmacologie.

Cet événement historique a été désigné en 2014.


INTÉRÊT PATRIMONIAL


Cet événement historique est désigné pour les motifs suivants:

Arrivées en Nouvelle-France le 1er août 1639, les Augustines de la Miséricorde de Jésus constituent l’une des deux premières communautés religieuses féminines à s’être établies dans la colonie. Elles fondent le premier hôpital en Amérique, au nord du Mexique, en 1640. Au fil des siècles, elles établissent, dans diverses régions, de nouveaux monastères et hôpitaux où elles prodiguent des soins de santé et des soins spirituels à la population. Elles mettent aussi en place des écoles d’infirmières et font progresser la pharmacologie. L’arrivée des Augustines constitue donc un moment décisif dans l’amélioration des conditions de vie des habitants de la Nouvelle France. C’est le point de départ de l’œuvre de cette communauté qui a contribué à la dispense et à l’administration des soins de santé au Québec.
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Notices bibliographiques :
BATES, Christina, Diane DODD et Nicole ROUSSEAU. Sans frontières: quatre siècles de soins infirmiers canadiens. Ottawa, Presses de l’Université d’Ottawa / Musée canadien des civilisations, 2005. 248 p.
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Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Fondation de Montréal



Fondation de Montréal

Le 17 mai 1642, un groupe dirigé par Paul de Chomedey de Maisonneuve et Jeanne Mance fonde l'établissement de Ville-Marie sur l'île de Montréal.

L'île de Montréal est connue des Européens depuis la première visite de Jacques Cartier en 1535. L'île est alors habitée par des Iroquoiens du Saint-Laurent, regroupés dans un établissement nommé Hochelaga. En 1603, Samuel de Champlain se rend à sur l'île de Montréal, désormais inhabitée. Il est le premier Européen à apprécier la position stratégique que l'île occupe au confluent du fleuve Saint-Laurent et de la rivière des Outaouais. En 1611, Champlain évalue la possibilité d'établir un poste de traite sur le site qui sera plus tard connu sous le nom de Pointe-à-Callières, mais le deuxième poste de la Nouvelle-France sera plutôt fondé à Trois-Rivières en 1634.

En 1639, Jérôme Le Royer de La Dauversière, un percepteur d'impôts engagé dans plusieurs oeuvres religieuses, l'abbé Jean-Jacques Olier, fondateur de la Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice, et Pierre Chevrier, baron de Fancamp, créent à Paris la Société de Notre-Dame de Montréal. Cette organisation à vocation pieuse a comme objectif de fonder un établissement missionnaire sur l'île de Montréal où pourraient cohabiter des Français et des Amérindiens convertis au christianisme. Le 17 décembre 1640, la Société acquiert la seigneurie de l'Île-de-Montréal de la Compagnie des Cent-Associés. La Société choisit le jeune officier Paul de Chomedey de Maisonneuve pour gouverner l'établissement et recrute des engagés pour participer à l'expédition. Jeanne Mance se joint à l'équipée avec l'intention de fonder un hôpital à Montréal, projet pour lequel elle bénéficie du soutien financier d'Angélique Faure de Bullion, veuve du surintendant des Finances de France.

Le 9 mai 1641, environ 40 colons partent de La Rochelle, en France, à bord de trois navires pour fonder un nouvel établissement sur l'île de Montréal. Les premiers navires atteignent Québec au mois d'août, mais le dernier tarde à arriver. La fondation du nouvel établissement est ainsi reportée au printemps suivant. Maisonneuve doit faire face à l'opposition du gouverneur Charles Huault de Montmagny qui tente, sans succès, de le convaincre d'installer son groupe sur l'île d'Orléans.

Le 8 mai 1642, les Montréalistes quittent Québec et atteignent leur destination le 17 mai. Maisonneuve prend officiellement possession de l'île au nom de la Société de Notre-Dame de Montréal. C'est la fondation de Montréal. Le lendemain, une messe est célébrée et le nouvel établissement est dédié à la Vierge Marie et nommé Ville-Marie. Rapidement, les colons se consacrent à la construction d'un fort et d'une habitation à l'emplacement identifié par Champlain en 1611.

Au cours de la première décennie de son histoire, l'existence de Ville-Marie demeure précaire. La population de la colonie stagne, Maisonneuve ne réussissant pas à convaincre les Amérindiens alliés aux Français à s'établir à Ville-Marie. La colonie est aussi la cible d'attaques fréquentes par les Iroquois. Les Montréalistes vivent donc à proximité du fort et dépendent du ravitaillement annuel de la Société de Notre-Dame de Montréal.

La situation s'améliore au cours de la décennie de 1650. En 1663, la Nouvelle-France est intégrée dans le domaine royal et la seigneurie de l'Île-de-Montréal est remise par la Société de Notre-Dame de Montréal aux Sulpiciens. Ce changement de propriétaire met un terme à la période de la fondation de Montréal au cours de laquelle la société aura réussi établir, à ses frais, une colonie durable sur l'île de Montréal.

Pendant ces années, Maisonneuve et Jeanne Mance auront effectué quelques voyages en France pour rencontrer les membres de la société, recruter des colons et trouver de nouveaux appuis financiers. En 1665, Maisonneuve quitte Montréal définitivement pour rentrer à Paris où il décède en 1676. Quant à Jeanne Mance, elle décède à Montréal en 1673.



Intérêt patrimonial


Cet événement historique est désigné pour les motifs suivants:

Le 17 mai 1642, un groupe dirigé par Paul de Chomedey de Maisonneuve et Jeanne Mance fonde l'établissement de Ville-Marie sur l'île de Montréal. Malgré l'opposition du gouverneur Charles Huault de Montmagny, ce groupe prend possession de l'île au nom de la Société de Notre-Dame de Montréal. Cette organisation à vocation pieuse est créée en 1639 par Jérôme Le Royer de La Dauversière, l'abbé Jean-Jacques Olier et Pierre Chevrier, baron de Fancamp. Elle a comme objectif de fonder un établissement missionnaire sur l'île de Montréal, où pourraient cohabiter des Français et des Amérindiens convertis au christianisme. Les colons s'installent sur la pointe à Callière, à la rencontre de la rivière Saint-Pierre et du fleuve Saint-Laurent, un emplacement identifié par Samuel de Champlain en 1611 et permettant l'échouage des embarcations avant le sault Saint-Louis. En raison de sa position stratégique, Ville-Marie, déjà fréquentée par les Amérindiens, devient rapidement la tête de pont du commerce des fourrures en Nouvelle-France. Au cours des siècles suivants, la colonie fondée par Paul de Chomedey de Maisonneuve et Jeanne Mance accédera au rang de ville cosmopolite et de métropole économique et culturelle du Québec et du Canada.
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Notices bibliographiques :
Assemblée nationale du Québec. Par ici la démocratie. Ligne du temps [En Ligne]. http://paricilademocratie.com/
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
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PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Inauguration de l’Hôtel-Dieu de Montréal par Jeanne Mance



Hôtel-Dieu de Montréal

Le 18 mai 1642, Jeanne Mance, cofondatrice de Montréal et première infirmière laïque au Canada, fonde un dispensaire qui deviendra l'Hôtel-Dieu.

La construction d'un hôpital à Montréal est l'objectif principal de Jeanne Mance quand elle se dirige vers la Nouvelle-France. Pour le réaliser, elle a obtenu l'appui financier d'une riche bienfaitrice, Angélique Faure de Bullion, veuve du surintendant des Finances de France.

L'établissement est logé temporairement dans l'enceinte fortifiée de Ville-Marie. En 1644, le gouverneur Paul Chomedey de Maisonneuve fait mettre en chantier un immeuble distinct à l'extérieur du fort, à l'angle des actuelles rues Saint-Paul et Saint-Sulpice. Les premières hospitalisations se font le 10 août 1645. L'hôpital ne dispose alors que de huit lits, six pour les hommes et deux pour les femmes. Très vite, il se retrouve saturé et une annexe est construite en 1653.

Jeanne Mance retourne en France en 1658 pour obtenir de l'aide. Elle réussit à recruter trois religieuses hospitalières de Saint-Joseph de La Flèche, une communauté fondée en 1636 par Jérôme Le Royer de La Dauversière, le principal promoteur du projet de Montréal. Judith Moreau de Brésoles, Catherine Macé et Marie Maillet arrivent à l'Hôtel-Dieu le 20 octobre 1659. Jeanne Mance meurt en 1673 et, cinq ans plus tard, les Sœurs hospitalières deviennent propriétaires et gestionnaires de l'hôpital.

L'immeuble de la rue Saint-Paul est détruit par le feu à trois reprises. Il est réduit à néant pour la première fois en février 1695, mais reconstruit avant la fin de l'année sur une plus grande superficie. En 1721 survient un autre incendie aussi violent. Le nouveau bâtiment n'est inauguré que le 11 novembre 1724. Enfin, la troisième conflagration éclate en octobre 1734. Le brasier décime les archives de l'hôpital dont les écrits de Jeanne Mance. Cette fois-ci, la reconstruction prend une décennie.

L'Hôtel-Dieu est le seul établissement de santé de l'île jusqu'à la fondation du Montreal General Hospital en 1820. Les besoins en soins changent au XIXe siècle en raison de la croissance démographique et des transformations du milieu urbain. De 1801 à 1861, la population montréalaise décuple et quitte le secteur du Vieux-Montréal pour les faubourgs. Cette nouvelle réalité entraîne le déménagement de l'hôpital à l'angle des actuelles avenues du Parc et des Pins, sur un terrain appartenant déjà aux Sœurs hospitalières. Les travaux du nouvel édifice débutent en 1859 et les premiers patients sont admis le 8 mai 1860. La direction médicale est confiée à l'École de médecine et de chirurgie de Montréal, ce qui fait de l'Hôtel-Dieu le premier hôpital francophone de recherche en Amérique du Nord.

Le rôle de l'Hôtel-Dieu comme pôle de recherche est confirmé au XXe siècle. Pour suivre la croissance démographique, l'hôpital est agrandi en deux phases. Des ailes sont ajoutées au bâtiment central entre 1885 et 1928 pour loger le personnel soignant, augmenter le nombre de lits et aménager des salles chirurgicales. La seconde étape, de 1942 à 1952, triple la superficie totale de l'hôpital par la construction des pavillons Le Royer, Jeanne-Mance et De Bullion. En 1973, une société publique créée par le gouvernement du Québec prend le relais des Sœurs hospitalières à la direction de l'Hôtel-Dieu. Les religieuses conservent tout de même un certain rôle dans la prestation des soins de santé.

Le 1er octobre 1996, l'Hôtel-Dieu est intégré, avec les hôpitaux Notre-Dame et Saint-Luc, dans le Centre hospitalier de l'Université de Montréal. En 2017, les patients déménagent dans un bâtiment tout neuf, rue Saint-Denis.

La fondation de l'Hôtel-Dieu est un événement important dans l'histoire de Montréal. Sa construction donne naissance à une institution emblématique de la métropole.
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Notices bibliographiques :
Assemblée nationale du Québec. Par ici la démocratie. Ligne du temps [En Ligne]. http://paricilademocratie.com/
BERNIER, Jeanne. L’Hôpital de Jeanne-Mance à Ville-Marie : son évolution à travers les siècles. Montréal, Thérien Frères Limitée, 1958. 119 p.
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PLOUFFE, Manon. Jeanne-Mance, infirmière et cofondatrice de Montréal. Montréal, Éditions de l'Isatis, 2014. 79 p.
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Le Séminaire de Saint-Sulpice devient seigneur de l’île de Montréal



Le séminaire de Saint-Sulpice (1820)

Le 9 mars 1663, la Société Notre-Dame de Montréal cède à la Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice la seigneurie de l'île de Montréal. Cette compagnie, créée à Paris par Jean-Jacques Olier de Verneuil en 1641, avait établi une succursale à Montréal en 1657.

La Société Notre-Dame de Montréal est fondée officiellement en 1642, mais active depuis 1639. Dirigée par Jérôme Le Royer de la Dauversière, elle veut créer une nouvelle cité de Dieu à Montréal dans laquelle cohabiteraient Français pieux et Amérindiens convertis. À cette fin, elle se fait concéder la seigneurie de l'île par la Compagnie de la Nouvelle-France (Cent-Associés). En 1650, Jean-Jacques Olier de Verneuil devient l'un des directeurs de la Société. Il recrute ensuite des collègues sulpiciens pour fonder un séminaire à Montréal et assurer le service spirituel d'une future paroisse. Quatre prêtres viennent ainsi s'établir le 12 avril 1657 : Gabriel Thubières de Lévy de Queylus, Gabriel Souart, Dominique Galinier et Antoine d'Allet.

La Société Notre-Dame de Montréal n'a jamais eu toutes les ressources nécessaires à son projet et se trouve à court de donateurs. Conséquemment, elle se tourne vers les Sulpiciens pour prendre le relais. Le supérieur de Saint-Sulpice, Alexandre Le Ragois de Bretonvilliers, possède une richesse suffisante pour absorber les dettes accumulées. Le contrat de cession est signé le 9 mars 1663 et la prise de possession de la seigneurie survient le 18 avril. Ainsi, les Sulpiciens élargissent le spectre de leurs activités dans la colonie en devenant des gestionnaires fonciers et des bâtisseurs.

De 1663 à 1740, les Sulpiciens mettent au point des outils de gestion du territoire. Le premier inventaire des terres est réalisé en 1667 et l'île de Montréal est organisée sur deux fronts. En 1672, un premier plan des rues de la ville est tracé par le supérieur montréalais, François Dollier de Casson. L'espace rural en périphérie est progressivement découpé selon des éléments de la topographie. Les premières côtes et les montées sont balisées et des chemins sont aménagés. Des paroisses qui regroupent des côtes voisines sont graduellement érigées. Les seigneurs complètent l'attribution des censives de l'île en 1834.

Après la Conquête, les autorités britanniques interdisent les congrégations religieuses masculines. Le supérieur montréalais des Sulpiciens, Étienne Montgolfier, se rend à Londres en 1763 pour démontrer que sa compagnie n'est pas une congrégation, mais bien une association de prêtres assurant le ministère paroissial. Le gouvernement britannique accepte les arguments des Sulpiciens, pourvu qu'ils rompent tout lien avec la France. L'année suivante, Montgolfier va à Paris afin que la seigneurie soit cédée au Séminaire montréalais. Toutefois, cette cession crée des problèmes, car celui-ci n'a pas d'existence légale et les arrangements de 1764 sont postérieurs à la Conquête. Les droits des Sulpiciens restent donc fragiles jusqu'à l'adoption d'une nouvelle charte en 1840 qui les reconnaît et confirme leurs titres seigneuriaux.

En 1854, le régime seigneurial est aboli, mais les Sulpiciens continuent à percevoir des rentes jusqu'au XXe siècle. Les ressources que leur procure la seigneurie au fil des siècles leur permettent de contribuer financièrement à de nombreuses initiatives religieuses, éducatives, sociales et culturelles.

L'acquisition de la seigneurie de Montréal par les Sulpiciens marque un tournant dans l'histoire de la gestion de l'espace montréalais. Elle permet d'accélérer le peuplement et structure le territoire.
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Notices bibliographiques :
DESLANDRES, Dominique, John Alexander DICKINSON et Ollivier HUBERT. Les Sulpiciens de Montréal: une histoire de pouvoir et de discrétion, 1657-2007. Montréal, Fides, 2007. 670 p.
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VIAU, Roland. « L’archipel du négoce, 1650-1701 ». FOUGÈRES, Dany, dir. Histoire de Montréal et de sa région. 2 Tomes. Québec, Les Presses de l'Université Laval, 2012, p. 150-164.
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Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Première séance du Conseil souverain de la Nouvelle-France



Première séance du Conseil souverain de la Nouvelle-France (1663)

Le 18 septembre 1663, le Conseil souverain de la Nouvelle-France tient sa première séance à Québec. Cette institution demeure en fonction jusqu’à la Conquête.

Au milieu du XVIIe siècle, la Nouvelle-France est aux prises avec des problèmes politiques importants. La Compagnie des Cent-Associés, qui administre la colonie depuis 1627, n’a pas fourni les efforts escomptés pour peupler le territoire. Elle s’est en outre montrée incapable d’assurer la sécurité des colons devant la menace iroquoise. Afin de remédier à la situation, le Conseil du roi Louis XIV décide de faire passer la Nouvelle-France sous son autorité directe en la dotant d’un gouvernement royal.

Par un édit daté d’avril 1663, le roi de France crée le Conseil souverain de la Nouvelle-France. Modelé selon les institutions provinciales françaises, ce nouvel organe judiciaire jouit d’attributions politiques très larges à l’origine. Il doit d’abord chapeauter les affaires judiciaires de la colonie. À titre de plus haut tribunal colonial, ses jugements ne peuvent être infirmés que par le Conseil du roi. Il a aussi l’autorité nécessaire pour examiner la législation, rédiger les règlements de police, transmettre des remontrances au monarque et enregistrer les actes royaux. Au plan administratif, le Conseil souverain dispose du pouvoir de gérer les finances publiques ainsi que de taxer et d’imposer des droits douaniers.

La composition originale du Conseil souverain de la Nouvelle-France prévoit, en ordre de préséance, un siège pour le gouverneur, Augustin de Saffray de Mézy, et un autre pour le vicaire apostolique, Mgr François de Laval, futur évêque de Québec. Le Conseil est complété par cinq conseillers dotés d’un mandat renouvelable d’un an, ainsi que par un procureur et un greffier. Le choix des conseillers doit être fait conjointement par l’évêque et le gouverneur, l’objectif étant de circonscrire l’autorité de ce dernier.

Le 18 septembre 1663, la première séance du Conseil se tient dans la maison d’un de ses huissiers, Jean Levasseur, dit Lavigne. C’est à ce moment que sont enregistrés l’édit de création du Conseil et l’acte officialisant le transfert de la colonie de la Compagnie des Cent-Associés au roi. C’est aussi ce jour que sont homologuées les nominations des conseillers Louis Rouer de Villeray, Jean Juchereau de la Ferté, Denis-Joseph Ruette d’Auteuil, Charles Legardeur de Tilly et Mathieu Damours de Chauffours. En plus du gouverneur et du vicaire apostolique, le commissaire royal Louis Gaudais-Dupont, le procureur général Jean Bourdon et le greffier Jean-Baptiste Peuvret de Mesnu assistent également à la réunion.

Au fil des ans, le Conseil souverain subit de nombreux changements. Lors de l’arrivée de l’intendant Jean Talon, en 1665, celui-ci y siège en vertu de sa commission. En 1675, une déclaration royale confie à l’intendant la présidence du Conseil. Par cette déclaration, deux nouveaux conseillers s’ajoutent aux cinq existants. À partir de 1702, l’institution est désignée sous le nom de Conseil supérieur. En 1703, à la suite d’un nouvel ordre royal, le nombre de conseillers passe à douze. En 1742, une dernière réforme accorde au gouverneur et à l’intendant la prérogative de nommer jusqu’à quatre conseillers-assesseurs supplémentaires.

Dès 1665, le rôle du Conseil dans l’administration coloniale diminue au profit de l’intendant. En vertu des pouvoirs que lui donne sa commission, celui-ci concentre de plus en plus de pouvoirs entre ses mains. Responsable de l’administration civile, l’intendant est le pilier sur lequel repose la justice, les finances et la police. Quant au Conseil, il devient essentiellement ce pour quoi il a été créé, c’est-à-dire une cour de justice.

Le Conseil supérieur tient sa dernière réunion à Montréal le 28 avril 1760, jour de la bataille de Sainte-Foy.

Cet événement historique a été désigné par le ministre de la Culture et des Communications le 12 septembre 2013.



INTÉRÊT PATRIMONIAL

Cet événement historique est désigné pour les motifs suivants:

Le 18 septembre 1663, le Conseil souverain de la Nouvelle-France tient sa première séance à Québec. En place jusqu’à la Conquête britannique de 1760, cette institution témoigne de la volonté du roi de France d’intégrer la colonie à son royaume en tant que province royale. À l’origine, les membres du Conseil disposent d’attributions très larges. Ils sont notamment habiletés à chapeauter les affaires judiciaires, à rédiger les règlements de police, à gérer les finances publiques et à enregistrer les ordonnances, les édits et les déclarations royales. Au fil des ans, le rôle du Conseil souverain dans l’administration coloniale diminue au profit de l’intendant et du gouverneur. Cette institution n’en demeure pas moins le principal organe judiciaire de la Nouvelle-France. En raison de sa présence à l’intérieur des murs de la ville, le Conseil souverain a contribué à confirmer la vocation de Québec comme capitale.
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Notices bibliographiques :
Assemblée nationale du Québec. La procédure parlementaire du Québec. Québec, Assemblée nationale, 2012. 1018 p.
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
BLAIS, Christian, Gilles GALLICHAN, Frédéric LEMIEUX et Jocelyn SAINT-PIERRE. Québec: quatre siècles d’une capitale. Québec, Assemblée nationale du Québec - Les Publications du Québec, 2008. 692 p.
CAMPEAU, Lucien. « Mgr de Laval et le Conseil souverain ». Revue d’histoire de l’Amérique française. Vol. 27, no 3 (1973), p. 323-359.
DELALANDE, J. Le Conseil souverain de la Nouvelle-France. Québec, LS-A. Proulx, 1927. 358 p.
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MATHIEU, Jacques. « Conseil souverain ». Historica Canada. L’encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
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Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Arrivée des Filles du roi en Nouvelle-France



L'arrivée des filles du roi (1663)

L’année 1663 marque un changement majeur dans l’histoire de la Nouvelle-France. Devant les difficultés vécues par la colonie depuis sa fondation, le roi Louis XIV décide de reprendre en main l’administration et le développement de ses territoires en Amérique du Nord. Parmi les nombreux problèmes qui attirent l’attention du souverain, la question du peuplement et celle de la disproportion entre les sexes dans la colonie sont particulièrement importantes. Il n’y a pas assez de femmes en Nouvelle-France pour assurer son peuplement.

Pour répondre à cette impasse démographique, Louis XIV décide de favoriser le passage de femmes célibataires ou veuves, appelées les Filles du roi, depuis la France jusqu’à la colonie, en vue de les marier aux colons et d’encourager la formation de familles. Cette immigration féminine, amorcée en 1663, est dirigée par l’intendant des finances du royaume, Jean-Baptiste Colbert, appuyé à partir de 1665 par le premier intendant de la Nouvelle-France, Jean Talon. Entre 1663 et 1673, des centaines de femmes acceptent ainsi de migrer vers la colonie en échange d’avantages consentis par le roi. Ce dernier assure non seulement leur traversée à ses frais, mais s’engage de plus à les vêtir et, pour certaines, les munir d’une dot d’au moins 50 livres afin de faciliter leur union. Il s’agit pour la plupart d’entre elles d’une occasion de s’extirper de leur condition et de commencer une nouvelle existence. Si quelques femmes issues de la bourgeoisie et de la petite noblesse comptent parmi les Filles du roi, la grande majorité de celles-ci sont tirées de milieux défavorisés ; environ le tiers sont choisies parmi les orphelines de la Salpêtrière, à Paris. D’autres proviennent des orphelinats, couvents et institutions de charité du nord-ouest de la France.

En 1663, 38 Filles du roi viennent s’établir en Nouvelle-France ; 36 d’entre elles font partie du premier contingent arrivé le 22 septembre 1663. Des femmes assurent la direction des cohortes qui suivent, dont Anne Gasnier, épouse de Jean Bourdon, procureur général au Conseil souverain, qui traverse l’Atlantique à plusieurs reprises pour recruter des immigrantes auxquelles elle offre l’hébergement dans sa maison de Québec. La capitale de la colonie dispose d’ailleurs d’un bâtiment érigé par Talon où logent temporairement les Filles du roi avant qu’elles ne se dispersent majoritairement dans le gouvernement de Québec, mais aussi dans ceux de Montréal et de Trois-Rivières. À Montréal, les Filles du roi sont notamment accueillies par Marguerite Bourgeoys. Supervisées, elles choisissent elles-mêmes leur mari. Dans un milieu où les hommes prêts au mariage sont au moins six fois plus nombreux que les femmes dans la même situation, les Filles du roi n’ont généralement pas tardé à trouver un époux. Elles prennent parti généralement dans les semaines qui suivent leur arrivée.

Pendant dix ans, elles sont entre 764 et 1000 à profiter de cette initiative royale et à s’installer dans la colonie. Le taux de natalité en Nouvelle-France atteint alors les 63 naissances par 1000 habitants. Conséquemment, les Filles du roi ont largement contribué à faire doubler la population coloniale de 1666 à 1672.

En raison de leurs origines modestes, les Filles du roi ont souvent été représentées à tort comme des femmes de mauvaise vie. Par contre, les recherches les plus récentes démontrent que les femmes choisies pour être envoyées en Nouvelle-France sont sélectionnées selon des critères assez stricts. Pour les premières cohortes, on exige même des certificats de bonne conduite témoignant de la rigueur morale des femmes tirant parti des générosités royales pour passer dans la colonie.

Cet événement historique a été désigné le 11 juillet 2013.


INTÉRÊT PATRIMONIAL


Cet événement historique est désigné pour les motifs suivants:

L’envoi des Filles du roi en Nouvelle-France découle de la volonté de Louis XIV de reprendre en main l’administration et le développement de ses territoires en Amérique du Nord. Sélectionnées selon des critères assez stricts, les Filles du roi sont de jeunes femmes célibataires qui acceptent d’immigrer en Nouvelle-France pour prendre époux et favoriser la formation de familles. Elles sont transportées aux frais du roi, qui les pourvoit pour la plupart d’une dot. Le premier contingent des Filles du roi arrive en Nouvelle-France le 22 septembre 1663. Jusqu’en 1673, elles sont entre 770 et 1 000 à tirer parti de cette initiative royale et à s’établir dans les régions de Québec, Montréal et Trois-Rivières. L’arrivée des Filles du roi en Nouvelle-France a contribué d’une manière importante à l’augmentation de la population et au développement de la colonie.
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Notices bibliographiques :
Assemblée nationale du Québec. Par ici la démocratie. Ligne du temps [En Ligne]. http://paricilademocratie.com/
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
Conseil du statut de la femme et Réseau québécois en études féministes. Ligne du temps de l’histoire des femmes au Québec [En Ligne]. http://www.histoiredesfemmes.quebec/
DUMAS, Silvio. Les filles du roi en Nouvelle-France : étude historique avec répertoire biographique. Cahiers d’histoire, 24. Québec, Société historique de Québec, 1972. 382 p.
GINGRAS, Marie-Ève. « Les Filles du roi : mythes, réalités et représentations ». Cap-aux-Diamants. No 114 (2013), p. 19-22.
HAMELIN, Jean. « Bourdon, Jean ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
LANCTÔT, Gustave. Filles de joie ou filles du roi : étude sur l’émigration féminine en Nouvelle-France. Montréal, Les éditions du jour, 1964. 156 p.
LANDRY, Yves. Les Filles du roi au XVIIe siècle : orphelines en France, pionnières au Canada ; suivi d’un Répertoire biographique des Filles du roi. Montréal, Bibliothèque québécoise, 2013. 276 p.
LANDRY, Yves. « Les Filles du roi et les soldats du régiment de Carignan-Salières ». Cap-aux-Diamants : la revue d’histoire du Québec (1993), p. 24-27.
LECLERC, Paul-André. « Le mariage sous le régime français (suite) ». Revue d’histoire de l’Amérique française. Vol. 14, no 1 (1960), p. 34-60.
LEDUC, Adrienne. « La destinée d’une Fille du roi ». Cap-aux-diamants. No 91 (2007), p. 14-17.
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.
s.a. La société d’histoire des Filles du Roy [En Ligne]. www.histoirefillesroy.ca

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Fondation de la paroisse de Notre-Dame-de-Québec



Basilique-cathédrale de Notre-Dame-de-Québec (1841)

Le 15 septembre 1664, Mgr François de Laval, vicaire apostolique de Nouvelle-France et évêque de Pétrée, fonde la paroisse de Notre-Dame-de-Québec, première paroisse catholique érigée canoniquement dans la colonie.

À la suite de l’établissement d’un comptoir à Québec, un zèle missionnaire est déployé sur le territoire de la Nouvelle-France. Dès 1615, des congrégations régulières, les Récollets d’abord, puis la Compagnie de Jésus en 1625, s’installent à Québec. Leurs actions visent l’évangélisation des Autochtones, l’administration des sacrements et l’ouverture de registres d’état civil. Quittant la colonie en 1629, la Compagnie de Jésus revient s’y établir en 1632 avec Paul Le Jeune comme supérieur, alors que des démarches sont entreprises par la Sacrée Congrégation de la Propagande de Rome en vue d’y ériger un diocèse. En 1639, les Ursulines et les Augustines de la Miséricorde de Jésus s’établissent à Québec et se chargent d’y tenir des écoles et des hôpitaux. Six ans plus tard, la fabrique de Québec est créée et les premiers marguillers sont élus. La mise sur pied de la paroisse de Notre-Dame-de-Québec quelques années plus tard s’inscrit ainsi dans une vision de consolidation de l’Église canadienne en Nouvelle-France, entamée au début du XVIIe siècle.

L’arrivée de Mgr de Laval en 1659 dans la colonie est déterminante pour la fondation de la paroisse de Notre-Dame-de-Québec. Le prélat assoit rapidement son autorité en Nouvelle-France et obtient plusieurs engagements du souverain. Parmi ceux-ci, l’établissement du Séminaire de Québec en 1663 lui fournit la pierre d’assise du système paroissial qu’il cherche à implanter, alors que les cures et les dîmes y sont rattachées. Lors de son érection en 1664, la paroisse de Notre-Dame-de-Québec est desservie par le supérieur du Séminaire, Henri de Bernières, arrivé de Caen avec Mgr de Laval. L’église de Notre-Dame-de-la-Paix est à ce moment choisie comme lieu de culte paroissial et prend le nom de Notre-Dame-de-l’Immaculée-Conception. Cette église devient cathédrale en 1674 lorsque l’évêché de Québec est créé.

La fondation de la paroisse de Notre-Dame-de-Québec marque le début du découpage de la Nouvelle-France en paroisses. Alors que Notre-Dame-de-Québec est la seule paroisse de 1664 à 1678, on en compte 25 en 1684. Progressivement, les cures deviennent fixes et inamovibles et le curé titulaire de la paroisse est responsable de la dîme qui y est perçue. Ce nouveau mode d’organisation du territoire favorise non seulement la propagation de l’œuvre du clergé, mais entraine également l’éclosion d’un cadre administratif dans lequel la fabrique dispose d’un important pouvoir local en matière civile et religieuse. La paroisse constitue dès lors la principale structure d’encadrement de la population, l’espace où se développe la communauté et où l’on recense ceux qui y vivent. L’influence grandissante du curé de paroisse sur les habitants de la colonie s’ajoute aux répercussions qu’occasionne la création de la première paroisse d’Amérique du Nord.

Événement majeur, la fondation de la paroisse de Notre-Dame-de-Québec et son intégration dans le nouvel évêché de Québec ont pour effet de transformer un territoire de mission en une Église organisée. Au milieu du XIXe siècle, les paroisses de la vallée du Saint-Laurent serviront à la mise en place du système municipal.

Cet événement historique a été désigné par le ministre de la Culture et des Communications le 5 décembre 2013.



INTÉRÊT PATRIMONIAL

Cet événement historique est désigné pour les motifs suivants:

Le 15 septembre 1664, Mgr François de Laval, vicaire apostolique de Nouvelle-France et évêque de Pétrée en Arabie, fonde la paroisse Notre-Dame-de-Québec, qui est alors desservie par le supérieur du Séminaire de Québec, Henri de Bernières. La paroisse Notre-Dame-de-Québec est la première paroisse catholique en Amérique du Nord et l’ancêtre de toutes celles qui ont été créées dans les siècles suivants au Canada et aux États-Unis. Cet événement témoigne de la volonté de Mgr de Laval, futur évêque de Québec, d’organiser l’Église canadienne en Nouvelle-France. Par cette fondation, Mgr de Laval met en place une institution déterminante de l’histoire du Québec, la paroisse, qui servira de cadre administratif à la vie civile et religieuse à l’échelle locale.
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Notices bibliographiques :
BAILLARGEON, Noël. « 325 ans d’histoire : le Séminaire de Québec (1663-1988) ». Cap-aux-Diamants. Vol. 4, no 1 (1988), p. 13-16.
CAMPEAU, Lucien. L’évêché de Québec (1674) : aux origines du premier diocèse érigé en Amérique française. Québec, La Société historique de Québec, 1974. 142 p.
COURVILLE, Serge, dir. et Normand SÉGUIN, dir. Atlas historique du Québec : la paroisse. Québec, Les Presses de l’Université Laval, 2001. 296 p.
FALARDEAU, Jean-Charles. « La paroisse canadienne-française au XVIIe siècle ». MARTIN, Yves, dir. et Marcel RIOUX, dir. La société canadienne-française. Montréal, Les Éditions Hurtubise HMH ltée, 1971, p. 33-43.
HARE, John, Marc LAFRANCE et David-Thiery RUDDEL. Histoire de la ville de Québec, 1608-1871. Montréal, Boréal, 1987. 399 p.
LEMIEUX, Lucien. Une histoire religieuse du Québec. Montréal, Novalis, 2010. 191 p.
VALLIÈRES, Marc, dir. Histoire de Québec et de sa région. Les régions du Québec, 18. Québec, Presses de l’Université Laval, 2008. 2523 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Arrivée du régiment de Carignan-Salières en Nouvelle-France



L'arrivée du régiment Carignan-Salières (1665)

Le régiment de Carignan-Salières arrive en Nouvelle-France en 1665. La venue de ces hommes en armes permet de sécuriser les possessions françaises en Amérique du Nord et favorisera ultérieurement le peuplement de la colonie.

Au milieu du XVIIe siècle, les relations entre les Français et les Iroquois sont tendues. Les raids de ces derniers, particulièrement sur Ville-Marie (Montréal), compromettent le développement de la colonie. Pour défendre le territoire, la Compagnie des Cent-Associés entretient une petite troupe constituée en camp volant qui se déplace en fonction des nécessités. Cette force est toutefois insuffisante pour enrayer complètement la menace iroquoise.

En 1663, Louis XIV fait passer la Nouvelle-France sous son autorité directe en la dotant d'un gouvernement royal. Ayant été précédemment informé par les administrateurs coloniaux de la nécessité de pacifier les Iroquois pour stabiliser la colonie, il ordonne en 1664 l'envoi du régiment de Carignan-Salières en Nouvelle-France.

Le régiment de Carignan-Salières, commandé par le marquis Henri de Chastelard de Salières, est le résultat de la fusion, cinq ans plus tôt, du régiment de Salières avec le régiment d'Emmanuel-Philibert de Savoie, prince de Carignan. Parti de Marsal, en Lorraine, en janvier 1665, le régiment de Carignan-Salières, composé alors d'environ 1100 hommes, traverse la France à pied pour se rendre à La Rochelle. Peu avant l'embarquement, les compagnies sont réparties sur l'île d'Oléron et l'île de Ré. D'avril à mai 1665, les soldats sont embarqués sur sept navires et traversent l'Atlantique. Le premier contingent arrive à Québec le 19 juin et le dernier, le 14 septembre. Les soldats sont placés sous le commandement d'Alexandre de Prouville de Tracy, lieutenant-général des Antilles et de la Nouvelle-France, qui arrive des Antilles avec quatre de ses propres compagnies (environ 200 hommes), le 30 juin.

La première mission du régiment de Carignan-Salières en Nouvelle-France est de construire une série de forts le long de la rivière Richelieu pour verrouiller la route d'invasion des Iroquois. Les forts Saint-Louis, Richelieu et Sainte-Thérèse sont ainsi érigés à l'automne 1665 et les soldats sont répartis dans ces forts et à Québec, Montréal et Trois-Rivières.

En 1666, le régiment mène deux offensives contre les Iroquois. Au cours de l'hiver, 500 à 600 soldats, volontaires et alliés autochtones se rendent dans le territoire iroquois, sans toutefois causer de dégâts importants. Les pertes de l'expédition sont non négligeables : une soixantaine d'hommes périssent du froid et du manque de vivres. Cette démonstration de force amène toutefois quelques nations iroquoises à conclure une paix. À l'automne, une seconde expédition permet à 600 soldats du régiment, accompagnés de volontaires et d'Autochtones, d'atteindre les villages des Agniers. Avertis de l'arrivée des troupes françaises, ceux-ci désertent leurs villages, que les soldats incendient. Sans remporter une victoire décisive sur les Iroquois, Tracy arrive toutefois à démontrer la supériorité militaire française. Cette attaque, combinée aux épidémies de petite vérole et de scarlatine conduisent les Agniers à une paix avec les Français en 1667.

Le régiment de Carignan-Salières est rappelé en France en 1668. Désireux de promouvoir le peuplement de la colonie, le roi offre des terres aux soldats et officiers qui souhaitent s'y établir. Ils sont près de 400 à être démobilisés et à profiter de cette opportunité. De ce nombre, 283 se marient dans les années subséquentes, notamment avec des Filles du roi.

En s'établissant au pays, les soldats du régiment de Carignan-Salières ont contribué de manière importante au développement de la Nouvelle-France. Ils comptent de nos jours de nombreux descendants au Québec et en Amérique du Nord et ont laissé une marque durable dans la toponymie.

Cet événement a été désigné par la ministre de la Culture et des Communications le 19 juin 2015.



INTÉRÊT PATRIMONIAL

Cet événement historique est désigné pour les motifs suivants:

Le régiment de Carignan-Salières arrive en Nouvelle-France en 1665 sur l'ordre de Louis XIV. Placé sous le commandement d'Alexandre de Prouville de Tracy, le régiment sécurise les possessions françaises en Amérique du Nord en construisant des fortifications et en menant deux expéditions militaires contre les Iroquois. En 1667, une paix est signée et le régiment est rappelé en France. Environ 400 soldats choisissent toutefois de s'établir dans la colonie en échange de terres et de nourriture. Plus de la moitié de ces hommes se marient, notamment à des Filles du roi, et comptent de nos jours de nombreux descendants au Québec et en Amérique du Nord. Devenus seigneurs et habitants, ces soldats ont ainsi contribué de manière importante au développement de la Nouvelle-France.
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Notices bibliographiques :
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
BLAIS, Christian, Gilles GALLICHAN, Frédéric LEMIEUX et Jocelyn SAINT-PIERRE. Québec: quatre siècles d'une capitale. Québec, Assemblée nationale du Québec - Les Publications du Québec, 2008. 692 p.
DESROSIERS, Léo-Paul. Iroquoisie. Vol. 2. Sillery, Septentrion, 1998. 341 p.
DESROSIERS, Léo-Paul. Iroquoisie. Vol. 3. Sillery, Septentrion, 1999. 347 p.
DICKINSON, John Alexander et Brian YOUNG. Brève histoire socio-économique du Québec. Sillery, Septentrion, 2003. 452 p.
Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En Ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
LACOURSIÈRE, Jacques, Jean PROVENCHER et Denis VAUGEOIS. Canada-Québec: synthèse historique, 1534-2000. Québec, Éditions du Septentrion, 2001. 591 p.
LAMONTAGNE, Léopold. « Prouville de Tracy, Alexandre de ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
LANGLOIS, Michel. « Le régiment de Carignan-Salières : des forces pour la paix, des bras pour la colonisation ». Cap-aux-Diamants. No 23 (1990), p. 62-65.
MORTON, Desmond. Une histoire militaire du Canada, 1608-1991. Sillery, Les Éditions du Septentrion, 1992. 414 p.
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.
TRUDEL, Marcel. Initiation à la Nouvelle-France. Montréal, Holt Rinehart and Winston, 1968. 323 p.
VERNEY, Jack. The good regiment : the Carignan-Salières Regiment in Canada, 1665-1668. Montréal, McGill-Queen's University Press, 1991. 222 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Fondation de la Brasserie du Roy en 1668



Reconstitution de la brasserie de Jean Talon

En 1663, l’intendant Jean Talon arrive en Nouvelle-France avec la mission de développer la colonie d’un point de vue économique. Pour ce faire, il établit sur les rives de la rivière Saint-Charles ce qui peut être considéré comme le premier « parc industriel » du Canada. On y retrouve un chantier naval, une tannerie, un moulin à scie, deux briqueteries, trois moulins à farine ainsi qu’une brasserie. Cette dernière, en plus de rapporter des profits à la colonie et de diversifier les cultures, doit encourager les colons à consommer de la bière, une boisson abordable et moins forte en alcool que le vin ou les eaux-de-vie.

La brasserie est érigée entre 1668 et 1669 au pied de la falaise adjacente à l’Hôtel-Dieu de Québec. Au printemps 1670, la production peut commencer. L’édifice principal, constitué de blocs de schiste et de calcaire montés sur une fondation de bois et de pierre, fait 45 mètres de long et s’élève sur quatre niveaux. Un dallage de calcaire recouvre les planchers intérieurs du sous-sol – le germoir – et du rez-de-chaussée de la brasserie. Des cocons de vers tubifex prospérant facilement en milieu humide trouvés par les archéologues dans les vestiges du sous-sol confirment d’ailleurs la présence d’un germoir sur place. L’orge préalablement germée est ensuite torréfiée dans la touraille, une structure dans laquelle le grain est étendu et asséché sur de grandes toiles au-dessus d’un four. Ce malt est alors concassé, puis trempé dans de grandes cuves de bois munies de faux-fonds dont aucun vestige n’ont été retrouvés à la Brasserie du Roy. Le moût est ensuite transvidé à l’intérieur de deux grandes chaudières de cuivre pour y être bouilli avec du houblon. Ces chaudières se retrouvent dans la portion ouest de la brasserie et reposent sur un massif de maçonnerie construit au-dessus de grands foyers. Elles peuvent contenir environ 10.000 litres de moût chacune et valent alors plusieurs centaines de livres françaises. Le moût cuit est enfin fermenté une première fois dans la « cuve guilloire », puis une seconde fois à l’intérieur de tonneaux. La bonne facture des équipements de la Brasserie du Roy, des installations grandement similaires à ce que Diderot et D’Alembert recommandent dans leur encyclopédie pourtant publiée près de cent ans plus tard, contribue probablement à la qualité de la bière produite sur place. Quant à la qualification ou la provenance des employés de la brasserie, un autre facteur influençant la qualité de la bière, les historiens ne peuvent qu’émettre des hypothèses. On sait par exemple qu’au 17e siècle, plusieurs colons arrivent en Nouvelle-France de Picardie et de Normandie, deux régions où on retrouve une vive tradition brassicole. De plus, un certain sieur de Battanville, identifié comme étant un brasseur de profession, habite à proximité de la Brasserie du Roy, mais rien n’indique qu’il n’y travaille.

En effet, le savoir-faire brassicole est largement répandu dans la colonie et plusieurs s’adonnent à cette activité dans l’environnement domestique. Les différentes communautés religieuses ainsi que les colons brassent ainsi de manière autonome différents styles de bière dont le « bouillon », une bière primitive fabriquée à partir d’une boule de pâte au levain laissée à tremper dans une quantité d’eau. Ainsi, malgré ses qualités, la bière de Jean Talon peine à se vendre dans la colonie. De plus, se conservant plutôt mal et ne tolérant pas les longs voyages, cette dernière ne trouve pas preneur dans les Antilles où l’Intendant prévoit écouler la moitié des 20.000 litres brassés annuellement.
Jean Talon met donc fin aux opérations en 1675. Malgré sa volonté affirmée de dynamiser l’économie coloniale, il est possible que Jean Talon ait moins décidé d’établir la Brasserie du Roy « pour la production de bière que pour le prestige que lui apportait la magnificence de ce bâtiment et surtout les profits que sa vente pourrait lui rapporter. »
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Notices bibliographiques :
FERLAND, Catherine. « De la bière et des hommes : Culture matérielle et aspects socioculturels de la brasserie au Canada (17e-18e siècles) ». Terrains et travaux. No 9 (2005), p. 32-50.
FISET, Richard. Brasseries et distilleries à Québec (1620-1900) : Profil d’archéologie industrielle. Université Laval, 2001. 538 p.
MOUSSETTE, Marcel. « La bière à l’époque de Jean-Talon ». Cap-aux-Diamants. No 28 (1992), p. 18-20.
MOUSSETTE, Marcel. Le site du Palais de l’Intendant à Québec : Genèse et structuration d’un lieu urbain. Nouveaux cahiers du CÉLAT, 10. Québec, Septentrion, 1994. 229 p.
SIMONEAU, Daniel. « The Intendant’s Palace site : new insight into its physical evolution and initial occupation ». Post-Medieval Archaeology. Vol. 43, no 1 (2009), p. 171-182.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Construction du premier palais de l’Intendant (1692)



Détail d’un plan de Québec, secteur du palais de l’Intendant

Après la fermeture de la Brasserie du Roy en 1675, l’imposant bâtiment n’est jamais complètement désaffecté. Le roi de France le loue, par exemple, à partir de 1677 pour y entreposer diverses marchandises et biens utilitaires comme de la poudre à canon. De plus, les administrateurs de la colonie suggèrent en 1679 de convertir l’édifice en hôpital ou en manufacture de textiles. L’intendant Jacques de Meulles scelle néanmoins le sort de l’ancienne brasserie en y installant en 1684 ses logements et l’intendance de la colonie. En effet, avant l’arrivée de ce dernier, les intendants habitent une luxueuse résidence dans la côte de la Montagne située entre la basse et la haute-ville de Québec. Au moment où il met les pieds en Nouvelle-France, de Meulles apprend néanmoins la vente de cette dernière à un dénommé Provost. Chassé par un incendie de son logis temporaire de Québec, de Meulles doit exercer ses fonctions à partir d’une résidence de campagne. Percevant le potentiel de l’ancienne brasserie, il s’y installe en 1684 avant d’en obtenir le rachat par le roi en juin 1686. Si le gouverneur trouve la nouvelle intendance trop éloignée de la haute-ville, la proximité de la rivière Saint-Charles et les possibilités de développement des terres environnantes convainquent du bien-fondé de la décision de l’intendant.

Suivant son achat, le roi y ordonne une série de rénovations consacrant ses nouvelles fonctions. Au terme des travaux effectués par l’intendant Jean Bochart de Champigny, « […] l’ancienne brasserie maintenant transformée en un palais pour l’intendant loge ses appartements, une salle de rassemblement pour le Conseil souverain, les magasins du roi, une prison et des ateliers. Un jardin à la française est également aménagé à l’ouest du palais et une enceinte de pieux est érigée, prolongeant le rempart de la haute-ville. » On ajoute notamment un nouveau pavillon à l’est du bâtiment portant sa longueur à environ 67 mètres ainsi qu’un clocheton sur son toit. L’aspect monumental et symétrique apporté au palais par les rénovations de Champigny exprime d’ailleurs la noblesse de son occupant principal, l’intendant de la Nouvelle-France. Enfin, un bassin à bateaux aurait été aménagé dans l’enceinte du palais comme on peut le voir sur un plan de Québec dessiné en 1692 par l’ingénieur Robert de Villeneuve. Des navires de marchandises y auraient été accueillis et un chantier naval aurait pu y être aménagé. Les archéologues, n’ayant jamais pu prouver ses dimensions et son emplacement exact, suggèrent toutefois qu’il pourrait être situé sous ou au nord-ouest du second palais de l’Intendant.

En Nouvelle-France, le palais de l’intendant occupe plusieurs rôles. Il héberge tout d’abord jusqu’en 1759 onze des quinze intendants de la colonie et leur famille. L’intendant, troisième figure en importance dans la colonie après le gouverneur et l’évêque, s’y occupe de la justice, de l’ordre public et des finances. Le palais accueille ensuite les réunions du Conseil souverain, organe de l’administration coloniale créée en 1663 jouant principalement un rôle de tribunal d’appel civil et criminel. Les audiences de la Prévôté de Québec, premier palier de justice dans la colonie, sont aussi tenues au palais par son responsable, le lieutenant-général. Enfin, plusieurs cachots où sont détenus les prisonniers en attente de leur sentence ou purgeant ces dernières, sont aménagés dans la portion est de l’édifice. La justice coloniale est pour ainsi dire centralisée au palais de l’intendant. En y ajoutant les magasins du roi et toute l’activité économique impliquée, le site du palais dépasse largement sa fonction résidentielle et devient « […] l’outil par lequel l’intendant exerce son pouvoir et réalise les dessins qu’il a pour la colonie. » Particulièrement vulnérable au feu, le palais de l’intendant est presque complètement détruit par un incendie le 5 janvier 1713. On ordonne aussitôt la construction d’un nouveau palais au nord-ouest des ruines.
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Notices bibliographiques :
MOUSSETTE, Marcel. Le site du Palais de l’Intendant à Québec : Genèse et structuration d’un lieu urbain. Nouveaux cahiers du CÉLAT, 10. Québec, Septentrion, 1994. 229 p.
MOUSSETTE, Marcel. « Québec 1713 : Le palais de l’intendant brûle ». Les Cahiers des dix. No 63 (2009), p. 69-100.
OUELLET, Marie-Eve. « Le Conseil souverain : l’écho de la justice royale ». Cap-aux-Diamants. No 114 (2013), p. 10-14.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Siège de Québec par Phips



Siège de Québec par Phips

En Europe, au printemps 1689, la guerre éclate entre la France et la Ligue d'Augsbourg, une coalition de pays que l'Angleterre rejoint l'année suivante. Le conflit se transporte rapidement en Amérique où la France lance une attaque contre les colonies de la Nouvelle-Angleterre. Les troupes de Frontenac (Louis de Buade) incendient plusieurs villages et sèment la terreur dans les régions de Boston et d'Albany. Sans tarder, les Anglais réclament la destruction de Québec et les habitants des différentes colonies font front commun contre la Nouvelle-France.

Au Massachusetts, les autorités coloniales envoient le major général William Phips pour s'emparer de l'Acadie. Ce dernier prend possession de Port-Royal en mai 1690 et rentre à Boston où une autre expédition est aussitôt mise en branle. Il est prévu que Phips se rende à Québec par la voie des eaux pendant qu'un autre détachement de l'armée se dirige vers Montréal. Cette manœuvre terrestre est abandonnée en raison du manque de vivres et de la présence de maladie.

À la mi-août, Phips entre dans le fleuve Saint-Laurent avec 34 navires partis de Boston ayant à leur bord plus de 2 000 hommes. Le 16 octobre, il mouille devant Québec et envoie un émissaire à Frontenac lui demandant de lui rendre la ville. C'est alors que le gouverneur rétorque: « Je n'ai point de réponse à faire à votre général que par la bouche de mes canons ». Le siège de Québec débute le 18 octobre.

À cette époque, les fortifications de Québec s'étendent depuis la rivière Saint-Charles jusque sur le cap aux Diamants. La Haute-Ville est bien protégée par un mur entrecoupé de batteries d'artillerie tandis que la Basse-Ville est défendue par deux batteries riveraines équipées de canons lourds. Ajoutée à cela, une ligne de remblais ponctués de 11 redoutes couvre le côté ouest de la ville. En matière d'effectifs, Frontenac a sous ses ordres une armée de 3 000 hommes.

Une partie des troupes anglaises débarquent à Beauport (Québec) et sont repoussées par les soldats français. Dans le port, les vaisseaux anglais bombardent la ville de 1 500 coups de canon, mais ceux-ci font peu de dommages. Les batteries françaises ripostent notamment en réutilisant les boulets anglais. Après quatre jours de combat, les navires anglais ont épuisé leurs munitions. Les nouvelles tentatives de débarquement du côté de Beauport ont échoué et de nombreux miliciens sont malades. Le bilan du siège fait état de centaines de victimes du côté des Anglais contre une demi-douzaine du côté des Français. Phips abandonne l'idée d'une conquête et, après un échange de prisonniers, repart vers la Nouvelle-Angleterre le 24 octobre. Pendant le voyage de retour, quatre de ses navires font naufrage.
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Notices bibliographiques :
BERNIER, Serge. Québec, ville militaire, 1608-2008. Montréal, Art Global, 2008. 347 p.
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
BLAIS, Christian, Gilles GALLICHAN, Frédéric LEMIEUX et Jocelyn SAINT-PIERRE. Québec: quatre siècles d'une capitale. Québec, Assemblée nationale du Québec - Les Publications du Québec, 2008. 692 p.
ECCLES, William John. « Buade, Louis de, comte de Frontenac et de Palluau ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
MATHIEU, Jacques. La Nouvelle-France: les Français en Amérique du Nord, XVIe-XVIIIe siècle. Québec, Presses de l'Université Laval, 2001. 271 p.
Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine. Le sauvetage archéologique de l'épave d'un vaisseau de la flotte de Phips (1690) [En Ligne]. http://www.mcccf.gouv.qc.ca/phips/phips1.htm
MYRAND, Ernest. Sir William Phips devant Québec : histoire d'un siège. Quebec, L.-J. Demers, 1893. 428 p.
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.
STANLEY, George Francis Gilman. Nos soldats: l'histoire militaire du Canada de 1604 à nos jours. Montréal, Éditions de l'Homme, 1980. 620 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Batailles de Laprairie



Reconstitution de la bataille de Laprairie (1691)

Les batailles de Laprairie sont des événements de la guerre entre les Français et les Anglais se déroulant en Amérique du Nord à la fin du XVIIe siècle. Ces deux affrontements ont lieu en 1691 à Laprairie, au sud de Montréal. Le premier oppose un détachement de l’armée française, dirigé par Louis-Hector de Callière, à une compagnie de milice menée par Peter Schuyler et secondée par un groupe d’Autochtones. Le second met en présence la même troupe de Schuyler et un groupe de miliciens, de soldats et d’Autochtones, sous le commandement de Philippe Clément du Vuault de Valrennes.

Au début des années 1690, les Français mènent une série de raids en Nouvelle-Angleterre. Pour mettre un terme à ces incursions, l’Angleterre projette d’envahir la Nouvelle-France. Parti d’Albany à l’été 1691 pour se diriger vers Ville-Marie, le colonel Schuyler commande un groupe de 400 miliciens composé d’Anglais et d’Autochtones.

À la tête d’un détachement de l’armée française, Callière se trouve au fort Laprairie, un avant-poste qui sert de refuge aux colons au cours des attaques provenant des colonies anglaises. Il projette de mener un raid contre les Anglais, mais il n’en a pas l’occasion.

Le matin du 11 août 1691, les miliciens dirigés par Schuyler attaquent le fort Laprairie, alors très mal gardé. Cette attaque surprend l’armée française, qui perd au moins 18 hommes. Lorsque les troupes anglaises se retirent et prennent le chemin menant à la rivière Richelieu, elles rencontrent à mi-chemin les renforts dirigés par Clément du Vuault de Valrennes, qui leur infligent de lourdes pertes dans une bataille qui dure plus d’une heure. À partir de ce moment, la milice d’Albany ne fit plus de tentatives pour envahir la Nouvelle-France, laissant aux Iroquois le fardeau de la guerre.
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Notices bibliographiques :
BOURDAGES, Gaétan, Jean JOLY et Stéphane TREMBLAY. 1691 : la bataille de Laprairie. Montréal, Éditions Histoire Québec, 2009. 149 p.
s.a. Patrimoine militaire canadien [En Ligne]. http://www.cmhg.gc.ca/cmh/fr/page_1.asp

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Querelle du Tartuffe



La querelle du Tartuffe (1694)

La querelle du Tartuffe survient au début de l’année 1694 à Québec. Elle met en cause la représentation de la pièce Le Tartuffe ou l’Imposteur, du dramaturge français Jean-Baptiste Poquelin, mieux connu sous le nom de Molière.

En 1693, le gouverneur Louis de Buade de Frontenac et de Palluau encourage la présentation de pièces de théâtre au château Saint-Louis pour divertir la société mondaine de Québec pendant la période du Carnaval. L’évêque Jean-Baptiste de La Croix de Chevrières de Saint-Vallier avait pourtant obtenu des deux gouverneurs précédents l’interdiction de la comédie, pratique qu’il jugeait immorale.

Les deux premières pièces montées par une troupe de comédiens amateurs sont Nicomède de Pierre Corneille et Mithridate de Jean Racine. Par la suite, les comédiens répètent Le Tartuffe ou l’Imposteur, de Molière. Trente ans plus tôt, la présentation de cette pièce avait provoqué un scandale en France, ce qui avait amené en 1667 l’archevêque de Paris, Paul Philippe Hardouin de Beaumont de Péréfixe, à menacer d’excommunication toute personne susceptible de lire, de réciter ou de présenter la pièce. Deux ans plus tard, après plusieurs modifications apportées par Molière au texte, l’interdiction avait été levée.

Quand Mgr de Saint-Vallier est informé que Le Tartuffe est en voie d’être présenté sous les auspices du gouverneur au château Saint-Louis, l’évêque ordonne aux curés de Québec de se prononcer pendant les messes du 10 janvier contre le théâtre et de dénoncer nommément le lieutenant des troupes de la Marine Jacques de Mareuil, qui tient le rôle principal. Le 16 janvier, l’évêque poursuit son offensive en publiant deux mandements. Le premier interdit aux paroissiens d’assister à la représentation et à toute forme d’activité théâtrale, tandis que le second condamne directement le lieutenant Mareuil. L’évêque obtient finalement gain de cause et Frontenac annule la représentation du Tartuffe en échange de 100 pistoles.

Le 15 mars suivant, le lieutenant Mareuil, qui ne peut se rendre à l’église ni obtenir les sacrements, demande au Conseil souverain d’annuler le mandement prononcé contre lui. Après délibérations, le Conseil ordonne l’arrestation de Mareuil le 14 octobre. Le gouverneur libère toutefois le lieutenant le 29 novembre et le fait monter discrètement sur le dernier navire en partance vers la métropole.

La querelle du Tartuffe a des échos jusqu’à Versailles. Le lieutenant et acteur, tout comme l’évêque, essuient des remontrances. Le premier se voit interdire un retour dans la colonie et le second est prié de faire preuve de moins de zèle. Le mandement du 16 janvier de Mgr de Saint-Vallier scelle néanmoins le sort du théâtre public en Nouvelle-France jusqu’à la fin du régime français.
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Notices bibliographiques :
HÉBERT, Pierre. « La croix et l’ordre : le clergé et la censure de l’imprimé au Québec ». Documentation et bibliothèques. Vol. 41, no 1 (1995), p. 21-29.
LAFLAMME, Jean et Rémi TOURANGEAU. l’Église et le théâtre au Québec. Montréal, Fides, 1979. 355 p.
LAMONTAGNE, Léopold. « MAREUIL, JACQUES DE ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/fr/bio/mareuil_jacques_de_1F.html
MARION, Séraphin. Les lettres canadiennes d’autrefois. Vol. VIII. Ottawa et Hull, Les éditions l’Éclair & Éditions de l’Université d’Ottawa, 1954. 190 p.
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.
ROQUEBRUNE, Robert De. « Le théâtre au Canada en 1694. L’affaire du « Tartuffe » ». Revue de l’histoire des colonies françaises. Vol. 19, no 80 (1931), p. 181-194.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Grande Paix de Montréal



Grande Paix de Montréal (1701)

La Grande Paix est un événement diplomatique qui s'est déroulé à Montréal à l'été 1701. Les alliés amérindiens des Français et les Iroquois s'y sont assemblés afin de signer un traité de paix pour mettre un terme à la guerre franco-iroquoise.

Ce conflit commence au début du XVIIe siècle lorsque Samuel de Champlain consolide des alliances avec certaines tribus amérindiennes. Le contrôle des réseaux de la traite des fourrures devient un enjeu de rivalité entre les différentes nations amérindiennes, chacune souhaitant apparaître en interlocuteur privilégié auprès des Européens. La guerre pour le contrôle des fourrures oppose bientôt les Hurons, les Montagnais et les Algonquins, alliés des Français, aux nations iroquoises de la puissante Ligue des cinq nations, soutenues par les Hollandais, puis par les colons anglais. Les Montagnais, les Hurons et les Algonquins demandent à Champlain de les assister dans leurs guerres contre les Iroquois. Celui-ci accepte de fournir son appui militaire et attaque les Iroquois sur leur territoire. Ces derniers répliquent en dirigeant leurs assauts contre les établissements français de la vallée du Saint-Laurent. Ils deviennent rapidement une menace importante tant pour les habitants de la colonie que pour leurs alliés amérindiens. En 1649, les Iroquois réussissent à disperser les Hurons.

Cette guerre se poursuit tout au long du XVIIe siècle hormis durant les périodes de trêve. Une paix temporaire est signée en 1667, ce qui permet aux Français de circuler sans risque sur le territoire. Ils fondent alors une série de forts dans la région des Grands Lacs où ils rencontrent une multitude de nations amérindiennes avec qui ils nouent des alliances. Lorsque la guerre avec les Iroquois reprend en 1681, ces nations appuient les Français.

À la fin du XVIIe siècle, les Iroquois sont de plus en plus affaiblis, les Français n'ayant cessé de les attaquer sur leur propre territoire. Avec le traité de Ryswick de 1697 qui met un terme aux affrontements entre Anglais et Français, les Iroquois se retrouvent seuls à faire la guerre à ces derniers et à leurs alliés amérindiens. Lorsque Louis Hector de Callière envoie une députation en Iroquoisie pour leur proposer une paix à l'été 1700, ils prennent cette proposition très au sérieux.

En juillet 1701, quatre des cinq nations iroquoises et les alliés amérindiens des Français, venant principalement de la région des Grands Lacs, se rendent à Montréal pour discuter d'une paix. Le traité est signé le 4 août 1701 après deux semaines de pourparlers. Plus d'une trentaine de nations apposent leurs signatures. En appuyant ce traité, elles renoncent à se faire la guerre et se considèrent comme des alliés. Elles reconnaissent le gouverneur de la Nouvelle-France comme médiateur dans l'éventualité où un conflit les opposerait de nouveau. La Ligue iroquoise s'engage, quant à elle, à rester neutre dans l'éventualité d'une guerre opposant les Anglais aux Français. L'accord de paix de Montréal assure à la France la supériorité dans les questions autochtones et la liberté d'étendre sa présence militaire sur le continent au cours du demi-siècle qui suit. Le commerce et les expéditions de découverte peuvent reprendre en toute quiétude.

Ce traité met définitivement fin au conflit franco-iroquois.
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Notices bibliographiques :
Assemblée nationale du Québec. Par ici la démocratie. Ligne du temps [En Ligne]. http://paricilademocratie.com/
BEAULIEU, Alain et Roland VIAU. La Grande Paix : chronique d'une saga diplomatique. Montréal, Corporation des fêtes de la Grande Paix de Montréal/Éditions Libre Expression ltée, 2001. 127 p.
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
HAVARD, Gilles. La Grande Paix de Montréal de 1701 : les voies de la diplomatie franco-amérindienne. Montréal, Recherches amérindiennes au Québec, 1992. 222 p.
JAENEN, Cornelius J. « Grande Paix de Montréal (1701) ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Expédition et naufrage de la flotte Walker



Expédition et naufrage de la flotte Walker (1711)

L'expédition menée par l'amiral Hovenden Walker en 1711 s'inscrit dans le contexte de la guerre de Succession d'Espagne (1701-1713) et de la lutte impériale qui oppose la France et l'Angleterre en Amérique depuis le 17e siècle. Après la conquête de l'Acadie au printemps 1710, l'Angleterre cherche à conquérir le Canada pour neutraliser la Nouvelle-France et ainsi s'approprier le commerce des fourrures et des pêches. L'attaque planifiée par la Grande-Bretagne prévoit un siège naval contre Québec ainsi qu'une expédition terrestre pour attaquer Montréal. La flotte de Walker compte entre 75 et 90 navires comprenant environ 6000 marins et 5300 soldats. Les troupes terrestres, sous le commandement de Francis Nicholson, comprennent environ 1500 soldats et miliciens de la Nouvelle-Angleterre et 800 alliés haudenosaunees (Iroquois).

Walker organise l'expédition à partir de Boston, mais il doit composer avec des problèmes de logistique et la pénurie de main-d'oeuvre, de munitions et de pilotes qui connaissent bien le fleuve Saint-Laurent. Le 11 août 1711, la flotte quitte Boston en direction de Québec. Dans la nuit du 2 au 3 septembre, en raison des vents, de la brume et de l'inexpérience des pilotes, elle dérive vers la côte nord du fleuve Saint-Laurent. Croyant s'approcher de la rive sud, Walker ordonne de mettre le cap vers le nord. Cette manoeuvre s'avère désastreuse, car au lieu de retourner dans le chenal, la flotte se dirige vers la côte et les récifs entourant l'île aux Oeufs. Plusieurs bateaux font naufrage en frappant ces récifs. L'évaluation des pertes humaines et matérielles varie selon les récits. La majorité des sources anglaises mentionnent 9 ou 10 navires perdus et entre 900 et 1400 morts. Ce chiffre comprend des marins et des soldats, mais aussi des femmes et des enfants. Plusieurs navires perdus transportaient des vivres et du matériel nécessaires à l'expédition.

Le 5 septembre, Walker et son conseil de guerre décident d'annuler l'invasion du Canada. Ayant appris l'échec de la flotte, l'expédition de Nicholson doit rebrousser chemin avant d'avoir atteint le lac Champlain. Ce qui reste de la flotte se sépare et les bateaux retournent dans leur port d'origine.

La nouvelle du naufrage parvient à Québec en octobre. L'échec de la flotte anglaise est interprété comme un miracle et le fruit de l'intervention divine, ce qui donne lieu à des célébrations exceptionnelles à Québec. Le 25 octobre 1711, la cérémonie du Te Deum Laudamus se tient à la cathédrale, suivie d'une procession solennelle. Le Te Deum est un chant de louanges entonné lors d'événements importants comme des victoires militaires ou des moments marquants de l'histoire de la famille royale. L'église Notre-Dame-de-la-Victoire, nommée ainsi en 1690 après l'échec du siège de William Phips, est renommée Notre-Dame-des-Victoires.

À la suite du changement de gouvernement à Londres, l'amiral Walker est sommé de fournir un récit complet de l'expédition. En 1720, afin de sauver sa réputation, il publie à Londres, A Journal: Or the Full Account of the Late Expedition to Canada.
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Notices bibliographiques :
BLAIS, Christian, Gilles GALLICHAN, Frédéric LEMIEUX et Jocelyn SAINT-PIERRE. Québec: quatre siècles d'une capitale. Québec, Assemblée nationale du Québec - Les Publications du Québec, 2008. 692 p.
CROFT, Marie-Ange et Jean-René THUOT. « Expédition et naufrage de la flotte Walker (1711). Récits d'une tentative avortée de conquête de la Nouvelle-France ». Revue d'histoire de la Nouvelle-France. No 5 (2024), p. 22-31.
CROFT, Marie-Ange, Dany DUMONT, Maxime GOHIER et Sylvain LUMBROSO. « L'expédition Walker. Entretien avec Marie-Ange Croft, Dany Dumont et Maxime Gohier ». Revue d'histoire de la Nouvelle-France. No 5 (2024), p. 14-21.
CROFT, Marie-Ange et Marie-Hélène NADEAU. « Le naufrage de la flotte Walker (1711): genèse et trajectoire d’un récit nord-côtier ». L'Estuaire. Vol. 81 (2023), p. 53-66.
DOUTRELEPONT, Charles. « Les chants de la victoire du 25 octobre 1711 ». Revue d'histoire de la Nouvelle-France. No 5 (2024), p. 50-56.
GRAHAM, Gerald S. « Walker, sir Hovenden ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Construction du deuxième palais de l’Intendant



Plans, profils et élévation du deuxième palais de l’Intendant (1718)

Dans la nuit du 5 janvier 1713, un incendie ravage le palais de l’Intendant installé à Québec sur les berges de la rivière Saint-Charles. L’intendant Bégon y perd une grande partie de ses avoirs et son secrétaire ainsi que trois domestiques y laissent leur vie. Des récits écrits par des contemporains de l’événement, dont l’intendant Bégon lui-même ainsi que la Mère Marie-Andrée Duplessis, alors soigneuse à l’Hôtel-Dieu de Québec, nous informent sur une certaine désuétude de l’édifice au moment de sa destruction. Le gouverneur Pierre de Rigaud de Vaudreuil le décrit par exemple comme une « maison qui ne valoit pas grande chose et qui estoit un vrai brulot n’estant remplie que de vieux lambris et de cloisons partout. » Les travaux pour construire un nouveau palais commencent quelques mois plus tard. En 1716, un majestueux édifice de deux étages en pierres surmonté d’un comble mansardé en bois et d’une toiture d’ardoises peut ainsi accueillir à nouveau l’Intendance de la colonie.

De manière générale, le second palais de l’Intendant est comparable d’un point de vue architectural à un hôtel particulier français. Situé plus au nord que le premier, il présente une façade symétrique avec trois avant-corps et une entrée monumentale en son centre. L’édifice est surmonté d’une toiture à la Mansart, c’est-à-dire comportant deux versants chacun séparé en deux pentes d’inclinaison différente, ainsi que d’un lanternon central. Le toit, l’entrée principale, son grandiose escalier en pierres, les éléments décoratifs extérieurs comme les moulures en pierre de taille ainsi que la cour et les jardins symétriques munis d’une fontaine aménagés à l’ouest affirment tous la puissance de l’Intendant en Nouvelle-France. À l’intérieur, un vestibule central sépare le palais en deux sections aux fonctions différentes. À l’est se trouvent les pièces destinées aux réunions du Conseil supérieur – le Conseil souverain renommé ainsi en 1717 – et de la Prévôté. Les appartements de l’Intendant, de sa famille et de ses domestiques sont quant à eux aménagés à l’ouest. Ces derniers habitent plus précisément le dernier étage du palais situé dans les combles, l’Intendant s’étant réservé le « bel-étage » et ayant aménagé les cuisines au rez-de-chaussée. La « hiérarchie » selon laquelle sont réparties les pièces dans le palais est d’ailleurs attestée par la concentration de décorations et de matériaux prestigieux au bel-étage. On y retrouve des planchers carrelés, des plafonds hauts et des menuiseries plus luxueuses qu’ailleurs dans l’édifice. Édifice majestueux témoignant de la stature de l’Intendant en Nouvelle-France, le palais n’en demeure pas moins un lieu fourmillant d’activités abritant quotidiennement de nombreux individus.

Les fouilles archéologiques effectuées par l’Université Laval du côté des latrines ouest du second palais ont permis d’en savoir plus sur le quotidien de ses habitants. Construites entre 1719 et 1722, les latrines prennent la forme de deux tours de trois étages réparties de part et d’autre du palais. On y accède via un passage couvert ou, au rez-de-chaussée, directement à partir de l’extérieur. À l’intérieur, des conduits sont aménagés de manière à former des colonnes d’évacuation des déjections dans la fosse située sous les latrines. Le tout est drainé vers la rivière Saint-Charles par l’inclinaison naturelle du site. Les fouilles révèlent une utilisation variée des latrines. On leur attribue bien entendu des fonctions de lieu d’aisance, mais les domestiques y jettent aussi les restes de tables comme en témoignent les graines de fruits et légumes enfouis sur place. La découverte de perles et de boutons suggère enfin la perte involontaire de petits objets du genre dans les conduites des latrines.

En 1725, un nouvel incendie détruit partiellement l’édifice. Disposant encore de fondations solides, on y reconstruit aussitôt un troisième palais, cette fois plus sécuritaire que ses prédécesseurs.
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Notices bibliographiques :
MERCIER-MÉTHÉ, Rosalie. L’intendant de la Nouvelle-France et l’architecture : La convenance dans un contexte colonial. Cahiers d’archéologie du CELAT, 35. Québec, CELAT, 2012. 87 p.
MOUSSETTE, Marcel. « Québec 1713 : Le palais de l’intendant brûle ». Les Cahiers des dix. No 63 (2009), p. 69-100.
PARENT, Caroline. Les modes d’hygiène au Palais au 18e siècle : une mise en scène de la société française. Université Laval, 2018. 204 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Construction du troisième palais de l’Intendant



Croquis du troisième palais de l’Intendant (1761)

Pour la deuxième fois durant son mandat d’intendant, Michel Bégon subit la perte de son logis et de ses biens par le feu alors qu’un nouvel incendie se déclare au palais dans la nuit du 28 décembre 1725. Les dégâts sont toutefois moins importants que lors du premier incendie, les murs, les voûtes et les cheminées demeurant en relative bonne condition. La reconstruction peut ainsi commencer dès le lendemain matin sous les ordres de l’ingénieur militaire Gaspard-Joseph Chaussegros de Léry. En apportant plusieurs modifications dans l’architecture et le choix des matériaux de ce qui allait être le troisième palais de l’Intendant, l’ingénieur s’assure de construire un édifice plus sécuritaire tout en conservant son éclat et son prestige.

Les efforts de Chaussegros de Léry sont d’abord dirigés vers le toit désormais à deux versants et munis de murs coupe-feu dépassant de deux pieds le sommet de l’édifice, mais tout de même recouvert d’ardoise, un matériau des plus prestigieux pour couvrir une toiture. Les éléments ornementaux en pierre de la façade sont pour leur part restaurés et améliorés. Le palais, avec ses grands jardins et sa cour intérieure munie d’un dallage de grès vert équarri, témoigne ainsi toujours aussi bien de la stature de son occupant principal. Notons aussi qu’en plus d’embellir la cour, le dallage permet aux marchandises d’être acheminées sur le site du palais en y conservant une certaine propreté. Aussi l’aménagement intérieur du nouveau palais est-il similaire à celui du précédent. Les pièces sont toujours aménagées à l’enfilade, c’est-à-dire qu’aucun corridor ne les relie entre elles, l’aile ouest est toujours réservée aux appartements de l’Intendant et l’aile est aux fonctions administratives de l’édifice. Le rehaussement du toit sur un étage de maçonnerie permet néanmoins la construction d’un « vrai » troisième étage, auparavant aménagé dans les combles de la toiture. Celui-ci, appelé « l’étage quarré », contient notamment une grande bibliothèque ainsi qu’une chapelle du côté est. Le reste de sa superficie est surtout constitué de chambres pour les visiteurs et domestiques. Enfin, le bel-étage est toujours muni des matériaux les plus luxueux afin de souligner l’importance des activités quotidiennes s’y déroulant.

Le premier intendant occupant le troisième palais, Claude-Thomas Dupuy, manifeste toutefois une certaine réserve quant à son aspect général. Aussi entreprend-il lui-même de le rendre « plus représentatif d’une demeure aristocratique » sans se soucier des recommandations de Chaussegros de Léry. Il ordonne par exemple l’ajout de parquets, de corniches et de lambris de bois et le remplacement de cheminées de plâtres par d’autres en bois massif. À l’extérieur, Dupuy entreprend l’ajout de fontaines et de canaux pour embellir les jardins, des projets interrompus par son rappel soudain à la métropole suite à ses agissements jugés indécents par le gouverneur. Son successeur, Gilles Hocquart, est quant à lui beaucoup plus favorable à la vision utilitaire du palais entretenue par l’ingénieur. En 1749, le voyageur suédois Pehr Kalm qualifie le troisième palais de l’Intendant d’un édifice « qu’on pourrait prendre pour un château » en plus de souligner la présence d’un « grand et beau jardin ». Les rénovations de Chaussegros de Léry parviennent ainsi sans contredit à conserver le prestige du palais de l’Intendant tout en le sécurisant face à la menace d’un nouvel incendie ravageur.

En 1745, par crainte d’une attaque anglaise, une nouvelle enceinte est élevée autour du palais selon les plans de Chaussegros de Léry. Après plusieurs années de guerre, la Nouvelle-France passe aux mains des Anglais en 1759 suite à la perte de Québec. Ces derniers reconnaissent néanmoins le caractère prestigieux du palais qui, situé en basse-ville, est épargné des bombardements. Les autorités britanniques, préférant occuper le château Saint-Louis en haute-ville, y installent alors des casernes et y entreposent leur matériel.
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Notices bibliographiques :
MERCIER-MÉTHÉ, Rosalie. L’intendant de la Nouvelle-France et l’architecture : La convenance dans un contexte colonial. Cahiers d’archéologie du CELAT, 35. Québec, CELAT, 2012. 87 p.
MOUSSETTE, Marcel. Le site du Palais de l’Intendant à Québec : Genèse et structuration d’un lieu urbain. Nouveaux cahiers du CÉLAT, 10. Québec, Septentrion, 1994. 229 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Guerre de la Conquête



Vue de Québec (1776)

La guerre de la Conquête est un conflit qui oppose, de 1754 à 1760, les puissances coloniales britanniques et françaises en Amérique du Nord. Elle s’inscrit dans le contexte plus large de la guerre de Sept Ans, qui se déroule de 1756 à 1763, au cours de laquelle le royaume de France et le royaume de Grande-Bretagne s’affrontent, ainsi que leurs alliés, non seulement en Europe, mais sur l’océan Atlantique, en Afrique occidentale et aux Indes.

Avant cette guerre, l’Empire français d’Amérique du Nord, peu peuplé mais très vaste, s’étend jusqu’au lac Manitoba à l’ouest et jusqu’à la Louisiane au sud. À l’inverse, les colonies britanniques de la Nouvelle-Angleterre sont densément peuplées et leurs habitants font pression sur la Grande-Bretagne pour qu’elle permette l’expansion vers l’ouest. Le contrôle de cette région est devenu un enjeu important pour les deux camps, surtout depuis la création par les Britanniques en 1747 de la Compagnie de l’Ohio, qui a le mandat de coloniser ce territoire. Répondant à l’appel de ses colonies, la Couronne britannique décide de chasser les Français du continent.

La guerre de la Conquête s’amorce en juillet 1754 au moment où les Français repoussent une attaque britannique menée par George Washington et prennent possession du fort Nécessité, dans la vallée de l’Ohio. L’année suivante, la Grande-Bretagne s’empare du fort Beauséjour en Acadie et déporte les Acadiens de la Nouvelle-Écosse. Après une série de victoires des troupes françaises autour des forts Duquesne (1755), Bull (1756), Oswego (1756), William Henry (1757) et Carillon (1758), les Britanniques reprennent le contrôle de la situation. Rapidement, ils ravissent plusieurs possessions aux Français et les encerclent dans la vallée du Saint-Laurent. En 1758, ils s’emparent de la forteresse de Louisbourg, du fort Frontenac et du fort Duquesne. En juillet 1759, c’est au tour du fort Niagara de tomber aux mains de la Grande-Bretagne.

Durant ce temps, au nord-est, la ville de Québec subit le siège des troupes du major-général James Wolfe. Le 13 septembre, après deux mois à essuyer les bombardements des Britanniques, le lieutenant-général Louis-Joseph de Montcalm leur livre combat sur les plaines d’Abraham, après que ces derniers aient effectué un débarquement surprise à l’Anse-au-Foulon. Vaincus, les Français signent la reddition de la ville cinq jours plus tard. L’année suivante, les Britanniques encaissent un revers lors de la bataille de Sainte-Foy, avant d’emporter la bataille navale de la Ristigouche et de s’emparer des derniers forts de la vallée du Richelieu.

Le 8 septembre 1760, le gouverneur de la Nouvelle-France, Pierre de Rigault de Vaudreuil de Cavagnial, négocie la reddition de Montréal avec le major-général Jeffrey Amherst, entraînant la capitulation de la colonie. La Nouvelle-France passe sous contrôle britannique, hormis la Louisiane qui reste temporairement française. Les vainqueurs garantissent les droits civils et religieux aux Canadiens en plus de reconnaître leurs propriétés. La guerre a toutefois causé son lot de souffrances: 10 000 personnes meurent en raison des maladies et de la famine occasionnées par la guerre.

Durant les trois années qui suivent, le sort de la Nouvelle-France est en suspens puisque le conflit perdure en Europe. En 1763, la signature du traité de Paris confirme que la colonie est désormais une possession britannique. Les Français cèdent définitivement leur territoire en Amérique du Nord, à l’exception des îles Saint-Pierre et Miquelon.
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Notices bibliographiques :
ECCLES, William John. « Guerre de Sept Ans ». Historica Canada. L’encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
FRÉGAULT, Guy. La Guerre de la Conquête. Montréal, Fides, 2009. 514 p.
MORTON, Desmond. Une histoire militaire du Canada, 1608-1991. Sillery, Les Éditions du Septentrion, 1992. 414 p.
Parcs Canada. « Lieu historique national du Canada du Fort-Chambly ». Parcs Canada. Parcs Canada [En ligne]. http://www.pc.gc.ca/lhn-nhs/qc/fortchambly/
s.a. Patrimoine militaire canadien [En Ligne]. http://www.cmhg.gc.ca/cmh/fr/page_1.asp

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Déportation des Acadiens



Détail de la fresque du Mémorial des Acadiens réalisée par Robert Dafford (1755)

La déportation des Acadiens est un événement de la guerre de Sept Ans. Elle se déroule en 1755 et elle précède la chute de la Nouvelle-France. Elle affecte la population francophone de l’Acadie qui est déplacée principalement sur le territoire nord-américain et en Grande-Bretagne par l’armée britannique.

Dans le cadre du traité d’Utrecht qui met fin à la guerre de la Succession d’Espagne en 1713, la France cède le territoire de l’Acadie à la Grande-Bretagne, mais conserve l’île Royale (île du Cap-Breton). Privilège des vainqueurs, le territoire annexé est dorénavant désigné sous le nom de Nouvelle-Écosse. Les Acadiens, assujettis aux Britanniques, refusent de prêter serment d’allégeance au roi de la Grande-Bretagne. Tout au plus acceptent-ils de prononcer un serment de neutralité dans l’éventualité où les Britanniques entreraient à nouveau en conflit avec les Français. Alors que la tension monte entre les deux royaumes rivaux, la France fait construire la forteresse de Louisbourg sur l’île du Cap-Breton ainsi que le fort Beauséjour. Les Britanniques ripostent en établissant une base navale à Halifax et le fort Lawrence.

Entre 1713 et 1755, la démographie de la région change radicalement avec le décuplement de la population acadienne et l’arrivée de nombreux colons britanniques. Ces derniers convoitent les terres occupées par les Acadiens.

Au début de la guerre de Sept Ans, les autorités coloniales britanniques songent à déplacer la population acadienne. En 1755, un regroupement de provinciaux en armes et de soldats britanniques prennent plusieurs forts français de la péninsule, dont le fort Beauséjour et le fort Gaspareaux. Le gouverneur de la Nouvelle-Écosse, Charles Lawrence, confisque les armes des Acadiens et exige d’eux qu’ils prêtent serment d’allégeance à la couronne britannique. Devant leur refus, Lawrence donne l’ordre aux commandants des districts de Beaubassin, de Pisiquid et d’Annapolis Royal d’attirer et de capturer les hommes acadiens. Près de 10 000 Acadiens, répartis selon leur âge et leur sexe, sont ensuite déportés à différents endroits sur la côte atlantique. Certains sont envoyés en Grande-Bretagne où ils sont emprisonnés. D’autres se retrouvent en France ou dans les Caraïbes. Des milliers meurent de maladie ou de faim à bord des navires insalubres.

Après la signature du traité de Paris en 1763, les terres des Acadiens sont occupées par des colons venus de la Nouvelle-Angleterre. La Grande-Bretagne autorise les anciens occupants à s’installer dans les colonies britanniques. Ceux-ci sont pour la plupart disséminés sur le territoire et doivent trouver de nouvelles terres à cultiver.
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Notices bibliographiques :
Assemblée nationale du Québec. Par ici la démocratie. Ligne du temps [En Ligne]. http://paricilademocratie.com/
CHIASSON, père Anselme et Nicolas LANDRY. « Histoire de l’Acadie ». Historica Canada. L’encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
FRÉGAULT, Guy. « La déportation des Acadiens ». Revue d’histoire de l’Amérique française. Vol. 8, no 3 (1954), p. 309-358.
MARSH, James. « La déportation des Acadiens ». Historica Canada. L’encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
s.a. Patrimoine militaire canadien [En Ligne]. http://www.cmhg.gc.ca/cmh/fr/page_1.asp

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Siège de Québec par Wolfe



Siège de Québec par Wolfe

Le siège de Québec est un épisode de la guerre de la Conquête et se déroule entre les mois de juin et de septembre 1759. Il oppose les troupes britanniques du major-général James Wolfe au contingent de l'armée française du lieutenant-général Louis-Joseph de Montcalm de même qu'aux habitants de la ville de Québec et des environs.

Le conflit entre la France et l'Empire britannique, amorcé depuis 1754 en Amérique, se propage à l'Europe en 1756, marquant le début de la guerre de Sept Ans. En 1757, William Pitt, ministre de la Guerre de Grande-Bretagne, élabore un plan d'invasion de la Nouvelle-France, qui doit culminer par la prise de Montréal. La chute de la ville de Québec, capitale de la colonie, est essentielle à cette opération, car elle permet d'isoler le Canada de la France. Le plan de Pitt est en voie de se concrétiser en 1758, alors que le fort Duquesne et la forteresse de Louisbourg tombent aux mains des Britanniques.

En janvier 1759, le commandement de l'expédition contre Québec est confié au major-général James Wolfe. Au mois de juin, la flotte dirigée par le vice-amiral Charles Saunders remonte le fleuve Saint-Laurent vers la capitale. Les 186 vaisseaux, dont 49 navires de guerre, transportent 15 600 officiers et marins, et plus de 9 000 combattants. Le blocus naval tarde cependant à se mettre en place et des renforts français atteignent Québec le 10 mai. Douze jours plus tard, Montcalm arrive de Montréal. Chargé de la défense de la ville, ce dernier fortifie la rive de Beauport. Il peut compter sur une armée d'environ 16 000 hommes, constituée de miliciens, de soldats et d'Amérindiens.

Le siège débute à la fin du mois de juin, alors que la flotte britannique se regroupe au large de l'île d'Orléans et permet aux troupes de Wolfe d'y débarquer. Les Français répliquent en tentant de mettre le feu à l'escadre au moyen de brûlots, mais l'opération est un échec. Wolfe et ses hommes effectuent deux nouveaux débarquements, l'un à l'est de la rivière Montmorency et l'autre à la Pointe-De-Lévy où, légèrement à l'ouest, ils érigent leurs batteries et commencent les bombardements sur Québec dans la nuit du 12 juillet. La canonnade dure deux mois et entraîne la destruction de la cathédrale, du collège des Jésuites, de l'église de Notre-Dame-des-Victoires et des trois quarts de la basse ville de Québec. Ayant trop peu de poudre pour répliquer, les batteries françaises demeurent muettes.

Le 25 juillet, Wolfe donne l'ordre de mener des expéditions punitives sur les deux rives du fleuve entre Lauzon et Kamouraska. Ces raids visent à forcer Montcalm à l'affrontement et à châtier les Canadiens pour ne pas être restés neutres durant le conflit. Sous les ordres de George Scott et de Joseph Goreham, des rangers américains incendient 1 400 maisons et fermes, en plus d'anéantir les récoltes.

Le dernier jour du mois de juillet, les Britanniques subissent un revers en essayant de s'emparer de la ligne de Beauport au cours de la bataille de Montmorency. Après cette défaite, Wolfe et ses brigadiers cherchent un autre lieu de débarquement pour prendre Québec. Le choix du major-général se porte sur l'Anse-au-Foulon, à l'est de la batterie française de Samos. Dans la nuit du 12 au 13 septembre, les soldats britanniques font l'ascension de la falaise qui les sépare des plaines d'Abraham. En matinée, les troupes de Wolfe sont positionnées sur les plaines en préparation de la bataille. Montcalm, surpris, engage le combat.

La bataille des Plaines d'Abraham se termine par la défaite des forces françaises et par la mort des généraux Wolfe et Montcalm. Jean-Baptiste-Nicolas-Roch de Ramezay, lieutenant du roi, signe la reddition de la ville, qui est livrée aux Britanniques le 18 septembre 1759, mettant ainsi un terme au siège de Québec. L'année suivante, Montréal capitule et la Nouvelle-France est officiellement cédée à la Grande-Bretagne en 1763.
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Notices bibliographiques :
BLAIS, Christian, Gilles GALLICHAN, Frédéric LEMIEUX et Jocelyn SAINT-PIERRE. Québec: quatre siècles d'une capitale. Québec, Assemblée nationale du Québec - Les Publications du Québec, 2008. 692 p.
DESCHÊNES, Gaston. L'année des Anglais : la Côte-du-Sud à l'heure de la Conquête, Québec. Québec, Septentrion, 2009. 158 p.
DROUIN, Daniel et Hélène QUIMPER. La prise de Québec, 1759-1760. Québec, Commission des champs de bataille nationaux, 2009. 133 p.
LACOURSIÈRE, Jacques et Hélène QUIMPER. Québec, ville assiégée, 1759-1760, d'après les acteurs et les témoins. Sillery, Septentrion, 2009. 270 p.
MACLEOD, Peter D. La vérité sur la bataille des plaines d'Abraham. Montréal, Les Éditions de l'Homme, 2008. 491 p.
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.
STACEY, C. P. Québec, 1759 : le siège et la bataille. Québec, Presse de l'Université Laval, 2009. 329 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Bataille de Montmorency



Bataille de Montmorency (1759)

La bataille de Montmorency est un événement de la guerre de la Conquête, qui précède la bataille des Plaines d'Abraham. Elle se déroule le 31 juillet 1759 et oppose les troupes britanniques, dirigées par le général James Wolfe, à un contingent de l'armée française, commandé par Louis-Joseph de Montcalm et secondé par des miliciens et des Amérindiens.

Tant en Europe qu'en Amérique du Nord, la guerre de Sept Ans oppose alors l'Empire britannique à la France. Les Britanniques souhaitent conquérir la Nouvelle-France en s'attaquant d'abord à la ville de Québec. Ils mettent en place, dès le mois de juin 1759, le siège de Québec en installant leur flotte sur le fleuve Saint-Laurent en face de Beauport (Québec). Au début du mois de juillet, les forces britanniques débarquent près du pied de la chute Montmorency et établissent un camp fortifié à l'est, sur les hauteurs. Le 31 juillet, les commandants George Townshend, James Murray et Robert Monckton rejoignent les troupes militaires britanniques à proximité de la chute et Wolfe ordonne une attaque immédiate des retranchements français.

L'armée française, campée dans le haut de la falaise, attend l'ennemi de pied ferme. L'indiscipline des premières compagnies de l'armée britannique qui attaquent avant l'arrivée de tous les soldats des autres régiments et un orage qui se déclenche durant les hostilités font des Britanniques, en pleine ascension de la falaise, une cible facile. Plus de 400 d'entre eux sont tués ou blessés avant que Wolfe n'ordonne la retraite de ses troupes. Du côté français, on enregistre une soixantaine de morts et de blessés.

Malgré cette défaite, la marine britannique poursuit le siège de Québec après la bataille de Montmorency. La campagne de peur dans les villages côtiers de la vallée du Saint-Laurent prend de l'ampleur et les bombardements sur Québec se multiplient.
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Notices bibliographiques :
EVANS, David. « Montmorency, chute ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
STACEY, C. P. Québec, 1759 : le siège et la bataille. Québec, Presse de l'Université Laval, 2009. 329 p.
s.a. Patrimoine militaire canadien [En Ligne]. http://www.cmhg.gc.ca/cmh/fr/page_1.asp

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Bataille des Plaines d'Abraham



Bataille des Plaines d'Abraham (1759)

La bataille des Plaines d'Abraham est un événement majeur de la guerre de la Conquête. Elle se déroule le 13 septembre 1759 et oppose les troupes britanniques du major-général James Wolfe au contingent de l'armée française du lieutenant-général Louis-Joseph de Montcalm, composé de soldats réguliers, de miliciens canadiens et d'Amérindiens.

Depuis la fin du mois de février 1759, les Britanniques assiègent la ville de Québec, capitale de la Nouvelle-France. Après une tentative infructueuse de débarquement sur la rive de Beauport, Wolfe, conseillé par ses brigadiers, opte pour le site de l'Anse-au-Foulon.

Dans la nuit du 12 au 13 septembre, un premier détachement de soldats britanniques atteint le rivage de l'Anse-au-Foulon. L'endroit est peu défendu et les vigiles prennent les barques britanniques pour un convoi de ravitaillement devant arriver sous peu. Un groupe d'infanterie légère gravit, sans résistance, l'escarpement qui le sépare des plaines d'Abraham. L'arrivée d'un deuxième détachement de soldats entraîne une riposte des défenseurs situés sur les hauteurs.

Au matin, environ 4 500 soldats britanniques sont alignés à l'ouest des fortifications de Québec. Les bataillons de Wolfe sont toutefois harcelés par des francs-tireurs canadiens et amérindiens. Montcalm, surpris par la présence des Britanniques de ce côté de la ville, fait appel aux soldats stationnés dans la baie de Beauport. À leur arrivée, le contingent de réguliers, de miliciens et d'Amérindiens compte approximativement 3 500 hommes. N'attendant pas l'arrivée de Louis-Antoine de Bougainville et de son armée de plus de 2 000 soldats professionnels, Montcalm donne l'ordre de livrer bataille. Il préfère attaquer l'ennemi avant que celui-ci renforce ses positions et amène de nouvelles pièces d'artillerie pour canonner Québec sur son flanc le moins fortifié.

Vers 10 heures, les troupes de Montcalm s'engagent dans une bataille à l'européenne. Alignées sur trois rangs, elles chargent au pas rapide, de façon désordonnée, avant de faire feu sur l'ennemi à peine en vue. En face, les Britanniques attendent que les Français soient à portée de mousquet avant de riposter. Deux salves finement coordonnées suffisent à semer la pagaille au sein de l'armée française, qui rompt les rangs et prend la fuite. Cet engagement décisif dure moins d'une demi-heure. Montcalm est touché durant la retraite tout comme Wolfe, qui meurt non loin du champ de bataille. Une grande part des troupes françaises sont refoulées vers la rivière Saint-Charles, tandis que des miliciens et des Amérindiens embusqués protègent leur repli.

Le gouverneur de la Nouvelle-France, Pierre de Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial, arrivé de Beauport avec deux bataillons de miliciens, rassemble ce qu'il reste de l'armée en fuite. Vers midi, les troupes françaises se réfugient au camp de Beauport. À l'ouest de Québec, Bougainville arrive avec des renforts après avoir tenté de s'emparer de la batterie de Samos. Assailli par les bataillons de George Townshend, qui est désormais à la tête de l'armée britannique, il se replie. Dans les heures qui suivent, Vaudreuil, sur l'avis de ses officiers, fuit avec ses hommes au site du fort Jacques-Cartier pendant que Bougainville couvre ses arrières.

Alors que l'armée française est en déroute, les forces présentes dans la ville sont désorganisées. Montcalm meurt de ses blessures le 14 septembre, les provisions suffisent à peine à nourrir la population et plusieurs soldats désertent. Durant ce temps, Townshend rassemble son artillerie. Jean-Baptiste-Nicolas-Roch de Ramezay, commandant de la garnison de la ville, se plie aux conseils de ses officiers et des notables de Québec et livre la cité aux Britanniques le 18 septembre.

Pour la colonie française et ses habitants, la bataille des Plaines d'Abraham est une défaite militaire qui entraîne la perte de la capitale de la Nouvelle-France et annonce le changement de régime qui sera entériné par le traité de Paris de 1763.
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Notices bibliographiques :
Assemblée nationale du Québec. Par ici la démocratie. Ligne du temps [En Ligne]. http://paricilademocratie.com/
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
COURTOIS, Charles-Philippe. La conquête : une anthologie. Montréal, Typo, 2009. 485 p.
DROUIN, Daniel et Hélène QUIMPER. La prise de Québec, 1759-1760. Québec, Commission des champs de bataille nationaux, 2009. 133 p.
FRANCIS, R. Douglas, Richard JONES et Donald B. SMITH. Origins: Canadian History to Confederation. Toronto, Nelson Education, 2004. 493 p.
FRÉGAULT, Guy. La Guerre de la Conquête. Montréal, Fides, 2009. 514 p.
LAPIERRE, Laurier. 1759 : la bataille du Canada. Montréal, Le Jour, 1992. 301 p.
MACLEOD, Peter D. La vérité sur la bataille des plaines d'Abraham. Montréal, Les Éditions de l'Homme, 2008. 491 p.
MORTON, Desmond. Une histoire militaire du Canada, 1608-1991. Sillery, Les Éditions du Septentrion, 1992. 414 p.
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.
STACEY, C. P. Québec, 1759 : le siège et la bataille. Québec, Presse de l'Université Laval, 2009. 329 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Bataille de Sainte-Foy



Bataille de Sainte-Foy (1760)

La bataille de Sainte-Foy est un événement de la guerre de la Conquête. Elle se déroule le 28 avril 1760 sur le chemin Sainte-Foy, près de Québec, et oppose l’armée française, dirigée par François de Lévis, à l’armée britannique, dirigée par le colonel James Murray.

À la fin de 1759, la ville de Québec est contrôlée par l’armée britannique. À Montréal, Lévis, de concert avec Pierre de Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial, lance l’idée de reprendre la ville. Il dresse les plans et rassemble l’équipement nécessaire à l’opération. Dans le but d’aller en France demander du renfort pour l’année suivante, des bateaux réussissent à passer devant Québec. Les demandes sont fixées à l’envoi de 7 000 soldats, de provisions, de munitions et de pièces d’artillerie.

Menée par Lévis, une armée de 7 000 hommes se dirige vers Québec via Sainte-Foy. Lorsque le colonel Murray est informé de la situation, il fait évacuer la population de Québec, de Sainte-Foy et de l’Ancienne-Lorette. Il fait raser les quartiers Saint-Roch et Sainte-Famille et ordonne à la garnison de Québec de mettre en place des retranchements à Sainte-Foy.

L’armée française arrive à proximité de Québec le 27 avril 1760. Des escarmouches éclatent entre les soldats britanniques et français. Murray ordonne l’assaut de l’armée française le lendemain. Son armée compte près de 3 400 soldats. L’affrontement entre les deux armées se déroule sur la largeur du promontoire de Québec, particulièrement sur le chemin Sainte-Foy. Le régiment de La Sarre affronte les 40e et 60e régiments britanniques au moulin Dumont. Peu à peu, les Français gagnent du terrain et, après trois heures de combat, Murray ordonne finalement la retraite de ses troupes. Le bilan des pertes est plus important que celui de la bataille des Plaines d’Abraham: 1 104 victimes pour les Britanniques contre 833 pour les Français.

À la suite de la bataille de Sainte-Foy, Lévis met en place le siège de la ville de Québec, mais les renforts en provenance de la France tardent à arriver. Ce sont finalement les bateaux britanniques qui arrivent en premier. Les bateaux français, n’amenant que 400 soldats au lieu des 7 000 demandés, n’atteindront jamais Québec. Lévis lève le siège et retraite vers Montréal, qui capitule un peu plus tard, marquant ainsi la chute définitive de la Nouvelle-France.
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Notices bibliographiques :
Assemblée nationale du Québec. Par ici la démocratie. Ligne du temps [En Ligne]. http://paricilademocratie.com/
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
ECCLES, William John. Bataille de Sainte-Foy [En Ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com
s.a. Patrimoine militaire canadien [En Ligne]. http://www.cmhg.gc.ca/cmh/fr/page_1.asp

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Bataille de la Ristigouche



Bataille de la Ristigouche (1760)

La bataille de la Ristigouche est un événement de la guerre de la Conquête. Elle se déroule le 8 juillet 1760 et a lieu à l’embouchure de la rivière Ristigouche, dans la baie des Chaleurs. Cette bataille oppose la marine française, dirigée par le commandant François Chenard de La Giraudais, à la marine britannique, dirigée par le capitaine John Byron.

Après la chute de Québec en septembre 1759, les Français tentent de reprendre le contrôle de la Nouvelle-France. Au printemps 1760, la France envoie cinq navires marchands qui transportent 400 hommes de troupe et 2 000 tonneaux de vivres et de munitions pour ravitailler la colonie. Ces navires, escortés par la frégate Le Machault, doivent franchir le blocus mis en place par la marine britannique près des côtes françaises. Trois des bateaux ne réussiront pas à compléter la traversée.

Le 15 mai 1760, les bateaux français pénètrent dans le golfe du Saint-Laurent et La Giraudais, apprenant qu’une flotte britannique a déjà remonté le fleuve, choisit de se réfugier dans la baie des Chaleurs. Les Français jettent l’ancre à l’embouchure de la rivière Ristigouche et ravitaillent la population, composée en majeure partie de déportés acadiens et de Micmacs.

Le capitaine Byron quitte Louisbourg avec cinq vaisseaux de guerre au mois de juin suivant. La flotte française est alors bloquée. La Giraudais ordonne à ses bateaux de se réfugier dans l’estuaire de la rivière Ristigouche. Il croit que les bateaux britanniques sont trop gros pour y pénétrer. Les deux flottes campent sur leurs positions pendant quelques jours.

Le 3 juillet 1760, les bateaux britanniques pénètrent dans l’estuaire de la Ristigouche et la bataille s’engage. Pendant cinq jours, de furieux combats ont lieu et La Giraudais parvient à tenir tête à Byron. Le 8 juillet, voyant la défaite imminente de ses troupes, le commandant français ordonne de couler les bateaux Le Machault et Le Bienfaisant. Il veut ainsi éviter que les Britanniques prennent possession des vivres et des munitions qui se trouvent dans les cales de ces bateaux. Une fois sur la terre ferme, les Français établissent un fort et y prennent garnison.

La bataille de la Ristigouche est le dernier affrontement naval nord-américain entre la France et la Grande-Bretagne. Elle est suivie de la capitulation de la Nouvelle-France, privée des secours nécessaires, le 8 septembre 1760 à Montréal. Le 29 octobre, apprenant la nouvelle, la petite garnison française à Ristigouche se rend aux Britanniques.
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Notices bibliographiques :
BEATTIE, Judith et Bernard POTHIER. La bataille de la Ristigouche. Ottawa, Parcs Canada, 1996. 48 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Signature du traité de Paris



Vue de la ville de Montréal (1784)

Le 10 février 1763, la signature du traité de Paris met fin à la guerre de Sept Ans, un conflit qui oppose depuis 1756 les royaumes de France et de Grande-Bretagne, ainsi que leurs alliés, non seulement en Europe, mais en Amérique du Nord, sur l’océan Atlantique, en Afrique occidentale et aux Indes. Fruit de longues négociations, ce document engendre d’importantes transformations politiques, économiques et sociales à travers le monde, particulièrement en Amérique du Nord.

Les négociations de paix s’amorcent au printemps 1761, alors que le roi de Grande-Bretagne George III, monté sur le trône l’année précédente, envisage de mettre un terme à la guerre. Victorieux sur le plan militaire, les Britanniques n’ont ni les moyens, ni la volonté de réclamer la cession de tous les territoires qu’ils occupent. Dans ce contexte, le gouvernement du premier ministre John Stuart recherche l’atteinte d’un compromis basé sur un meilleur équilibre entre les puissances européennes. Du côté de la France, le secrétaire d’État à la Guerre Étienne François de Choiseul considère, compte tenu des dernières défaites militaires subies par les troupes de Louis XIV, céder le Canada si la Guadeloupe et les pêcheries de Terre-Neuve sont conservées. L’entrée dans le conflit de l’Espagne au côté de la France en janvier 1762 a pour effet de remanier les enjeux territoriaux. Lors des négociations préliminaires tenues à Fontainebleau le 3 novembre 1762, le royaume de Charles III obtient de son allié français la Louisiane, en compensation des pertes subies durant le conflit.

Le traité de Paris est signé à l’hôtel du diplomate britannique John Russell en 1763. L’entente, rédigée en français entre la France, la Grande-Bretagne et l’Espagne, comprend 30 articles qui consacrent d’importants gains britanniques. Toutes les possessions françaises en Inde, sauf quelques comptoirs, sont abandonnées au profit de la Grande-Bretagne. La France donne à cette dernière tous ses territoires américains à l’est du Mississippi, mais conserve les îles Saint-Pierre et Miquelon ainsi qu’un droit limité de pêche dans le golfe du Saint-Laurent. Elle garde aussi ses lucratives possessions antillaises. L’Espagne cède quant à elle la Floride aux Britanniques pour récupérer La Havane.

Pour les Canadiens, la ratification du traité de Paris confirme le changement de régime. Le traité offre toutefois des garanties aux habitants, telles que la liberté de professer la religion catholique dans le respect des lois britanniques et le droit de jouir et de disposer de leurs biens. Ceux qui désirent rentrer en France auront 18 mois pour le faire. Le 7 octobre 1763 est déclarée la Proclamation royale qui définit les structures administratives de la colonie britannique, désormais désignée sous le nom de Province de Québec. Un nouveau découpage territorial circonscrit les Canadiens autour de la vallée du Saint-Laurent.

La signature du traité de Paris a aussi des répercussions ailleurs en Amérique du Nord. Une coalition de peuples autochtones menés par le chef outaouais Pontiac se rebelle contre la Grande-Bretagne en mai 1763, pour récupérer leurs territoires cédés à cette dernière. Cette révolte se solde par la défaite de Pontiac en 1766. La fin des hostilités amène également la Grande-Bretagne à imposer diverses taxes aux Treize colonies afin de recouvrer une partie des sommes investies dans l’effort de guerre. Ces taxes provoquent le mécontentement des colons américains, alimentant leur désir d’être représentés politiquement, et conduisent ultimement à la Déclaration d’indépendance des États-Unis.

Le traité de Paris de 1763 sème les germes de profondes transformations. La confirmation de la conquête de la Nouvelle-France, plus particulièrement du Canada, bouleverse les institutions et la structure sociale de l’ancienne colonie française. Les nouveaux administrateurs britanniques devront toutefois composer avec une population francophone majoritaire qui n’entend pas renier ses origines.
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Notices bibliographiques :
Assemblée nationale du Québec. Par ici la démocratie. Ligne du temps [En Ligne]. http://paricilademocratie.com/
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
CALLOWAY, Colin. The scratch of a pen : 1763 and the transformation of North America. New York, Oxford University Press, 2005. 219 p.
DE WAELE, Michel. « Guerre et paix en Europe, conquête et cession en Nouvelle-France ». Cap-aux-Diamants. No 115 (2013), p. 11-14.
FRÉGAULT, Guy. La Guerre de la Conquête. Montréal, Fides, 2009. 514 p.
GOUGH, Barry. British Mercantile Interests in the Making of the Peace of Paris - 1763. Lewinston (NY), E. Mellen Press, 1992. 156 p.
IMBEAULT, Sophie, dir., Denis VAUGEOIS, dir. et Laurent VEYSSIÈRE, dir. 1763 : la traité de Paris bouleverse l’Amérique. Québec, Septentrion, 2013. 420 p.
JENNINGS, Francis, dir. The History and culture of Iroquois diplomacy : an interdisciplinary guide to the treaties of the Six Nations and their league. Syracuse (NY), Syracuse University Press, 1985. 278 p.
SAWAYA, Jean-Pierre. « Les Amérindiens et le traité de Paris ». Cap-aux-Diamants. No 115 (2013), p. 27-29.
VAUGEOIS, Denis. « Un traité aux répercussions continentales ». Cap-aux-Diamants. No 115 (2013), p. 4-7.
s.a. Le traité de Paris de 1763 en bref. Québec, Septentrion, 2014. 157 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Voyage du Columbo, premier train de bois de Philemon Wright



Cage en bois équarri vers 1900 sur la rivière des Outaouais

Le voyage de Philemon Wright (1760-1839) à bord du Columbo, premier train de bois à descendre la rivière des Outaouais et le Saint-Laurent jusqu'à Québec, symbolise le début de l'industrie forestière au Québec. Celui-ci arrive au Canada en 1800 et s'établit sur le site actuel de Hull avec l'intention de fonder une communauté de fermiers indépendants. Le manque de capitaux l'amène toutefois à développer le commerce du bois en 1806 pour financer la colonie. La coupe de bois est également motivée par la nécessité de retenir la main-d'œuvre pendant les mois d'hiver jusqu'aux travaux d'été.

Pour acheminer son bois jusqu'au port de Québec afin de l'exporter vers le marché de la Grande-Bretagne, Philemon Wright assemble des pièces de bois équarri, des planches et des madriers sous forme de radeau, appelé train de bois. Un premier radeau de bois équarri part le 11 juin 1806 de l'embouchure de la rivière Gatineau pour descendre la rivière des Outaouais, puis le fleuve Saint Laurent jusqu'à Québec. Nommé le Columbo, ce train de bois constitué de plusieurs cages est composé de 700 plançons de pin et de chêne et de milliers de planches, qui portent environ 900 madriers. Le voyage effectué par Wright et quatre autres cageux est pénible en raison des obstacles, dont les rapides du Long-Sault. La difficulté du voyage est accentuée par la nouveauté de l'entreprise. Wright estime qu'il peut passer par le nord de l'île de Montréal pour atteindre Québec, ce qui, d'après lui, est réputé impossible et n'a jamais été tenté. Il atteint cependant Québec le 12 août par cette voie, non sans difficultés, et doit attendre jusqu'en novembre pour vendre sa cargaison. Il récidive l'année suivante et rencontre de meilleurs résultats. Wright parvient rapidement à la tête d'une industrie naissante. En 1814, il fonde avec ses fils la compagnie Philemon Wright and Sons pour accroitre l'efficacité de cette activité naissante.

L'expérience de Wright permet à la fois de lier l'important potentiel forestier de la vallée de l'Outaouais au marché britannique et d'ouvrir une voie de navigation pour les cages entre Hull et Québec. Seulement en 1823, l'entreprise P. Wright and Sons achemine vers Québec plus de 300 trains de bois provenant de la vallée de l'Outaouais. Le paysage de cette rivière en est profondément marqué: des travaux de dragage sont effectués et en 1829, un glissoir – le premier du genre au Canada – est construit par la compagnie P. Wright and Sons en bordure de la rive nord de la rivière des Outaouais pour que les trains de bois puissent contourner la chute des Chaudières sans dommages ou pertes. D'autres installations de ce type ne tardent pas à apparaitre, de même que des scieries et quais autour de la rivière.

Le voyage du Columbo en 1806 contribue à l'essor de l'industrie forestière de l'Outaouais, qui joue un rôle structurant dans l'histoire de cette région. En effet, le succès de l'entreprise de Wright encourage d'autres entrepreneurs à l'imiter et entraine un accroissement du trafic de bois vers Québec.

Le développement du marché américain pour le bois de charpente avec la signature du traité de réciprocité avec les États-Unis en 1854 ouvre le commerce au sud et amène la diversification de l'industrie. Le voyage de Wright symbolise en quelque sorte le début de l'exploitation forestière orientée vers le marché extérieur, qui demeure une activité économique importante au Québec jusqu'à la Seconde Guerre mondiale.

Le voyage du Columbo, premier train de bois de Philemon Wright a été désigné événement historique le 26 octobre 2023.



INTÉRÊT PATRIMONIAL


Cet événement historique est désigné pour les motifs suivants:

« Le voyage du premier train de bois, le Columbo, en 1806, s'inscrit dans le contexte de l'essor du commerce du bois dans le Bas-Canada au début du XIXe siècle, alors favorisé par la forte demande de la Grande-Bretagne en bois équarri. Pour atteindre le marché britannique, l'homme d'affaires Philemon Wright, établit dans le canton de Hull, met au point un système d'assemblage des radeaux de bois pour les faire flotter jusqu'au port de Québec, d'où les pièces pourront être chargées dans les cales des navires en partance pour la métropole. Le 11 juin 1806, le Columbo entreprend son périple. Constitué de plusieurs cages, ce premier train de bois est composé de 700 plançons de pin et de chêne ainsi que de milliers de planches, le tout permettant de transporter environ 900 madriers. Le périple effectué par Wright et quatre autres cageux était jusqu'alors considéré comme impossible en raison des nombreux obstacles se dressant sur le parcours, notamment les rapides du Long-Sault. Le Columbo atteint néanmoins Québec le 12 août, et Wright écoule sa cargaison en novembre. Fort de son expérience, il récidive l'année suivante et obtient de meilleurs résultats. Les trains de bois en provenance de l'Outaouais seront par la suite très nombreux à rejoindre Québec, pour ensuite transiter outre-Atlantique. Le voyage du Columbo en 1806 a ainsi contribué au développement de l'exploitation forestière dans l'Outaouais, qui sera le moteur économique de cette région durant la majeure partie du XIXe siècle. »
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Notices bibliographiques :
Commission régionale sur les ressources naturelles et le territoire public de l’Outaouais et Société d'histoire forestière du Québec. Histoire forestière de l'Outaouais [En Ligne]. http://www.histoireforestiereoutaouais.ca/bienvenue/
CURTIS, Christopher G. « Wright, Philemon ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
DIONNE, Lynda et Georges PELLETIER. Des forêts et des hommes 1880-1982. Sainte-Foy, Les Publications du Québec, 1997. 189 p.
ELLIOTT, Bruce S. « "The Famous Township of Hull": Image and Aspirations of a Pioneer Quebec Community ». Histoire sociale/ Social History. Vol. 12, no 24 (1979), p. 339-367.
GAUDREAU, Guy. Les récoltes des forêts publiques au Québec et en Ontario, 1840-1900. Montréal/Kingston, McGill-Queen’s University Press, 1999. 178 p.
POMERLEAU, Jeanne. Bûcherons, raftmens et draveurs, 1850-1960. Sainte-Foy, Éditions J.-C. Dupont, 1997. 143 p.
QUENNEVILLE, Raymond. « Pin blanc d’Amérique : exploitation des peuplements ». s.a. Encyclopédie du patrimoine culturel de l'Amérique française [En ligne]. http://www.ameriquefrancaise.org/fr/article-54/Pin_blanc_d'Am%C3%A9rique:_exploitation_des_peuplements_.html#.Xn0GvW5CdE5

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Mise en service de l'« Accommodation ».




Dessin de l’Accommodation réalisé à partir d’une description d’époque.
Le 19 août 1809, le bateau à vapeur Accommodation est lancé du chantier d'Hart Logan juste à côté de la brasserie de John Molson (1763-1836). L'Accommodation devient le premier bateau à propulsion mécanique à naviguer sur le fleuve Saint-Laurent.

Sa construction commence en janvier 1809. John Bruce, constructeur de bateau, John Jackson, ingénieur, ainsi que l'ébéniste John Kay s'associent pour construire ce bateau à vapeur. Des coûts élevés forcent John Kay à se retirer de l'aventure dès le 22 mars 1809. Le brasseur John Molson le remplace le 6 juin 1809. Les composantes de la machine à vapeur de six chevaux-vapeur, coulées aux Forges du Saint-Maurice ont été usinées par George Platt à son atelier montréalais. Plusieurs Montréalais participent à sa construction: François Corbeil, William Boyce, Robert Pollock, William Griffin, Louis Tavernier pour n'en mentionner que quelques-uns et même un Québécois, John Goudie (1775-1824).

Le lancement de l'Accommodation, contrairement aux traditions maritimes, a été très discret. Les journaux n'en ont pas parlé. On ne sait pas quelles personnalités étaient présentes. Il faut dire que le navire n'était pas très long, seulement 25,9 mètres pour une largeur d'au plus 4,5 mètres. Il pouvait recevoir près de vingt passagers en cabine et probablement une petite cargaison.

Le voyage inaugural vers Québec s'effectue sur quatre jours entre le 1er et le 4 novembre 1809. Ainsi, en 66 heures, l'Accommodation rallia Québec. Ce premier voyage demeure lent même en tenant compte du fait que le vapeur est resté ancré plus de 30 heures après son escale à Trois-Rivières. Quoi qu'il en soit, ce premier voyage marque le début d'une nouvelle ère pour le transport maritime au Canada.

La première saison de navigation a été très courte, car, dès la fin novembre, il a fallu penser à mettre le navire en hivernage. Rapidement, Molson prend le contrôle de l'aventure. Jackson est alors remplacé comme ingénieur-mécanicien par James Clark. De plus, en novembre 1810, John Bruce, employé par les Molson comme capitaine, se décide à céder ses parts dans l'entreprise Molson pour près de 28 livres.

L'Accommodation subit une importante refonte au cours de l'année 1810 dans le but d'améliorer ses performances. Malheureusement, tous ces travaux ne régleront rien: l'Accommodation reste un navire poussif. Le 5 juin 1810, le navire entreprend sa seconde saison, qui se termine au début d'octobre. À la même époque, John Molson comprend les défauts de son navire et commence à penser à le remplacer. Il rencontre l'inventeur et promoteur Robert Fulton à New York à cet effet à la fin de l'été 1810. Puis, il se rend en Angleterre afin de rencontrer James Watt, l'inventeur du moteur à double action, pour acquérir un moteur vraiment performant pour son nouveau navire, le Swiftsure.

L'Accommodation effectue, en 1810, huit ou neuf aller-retour Montréal-Québec. Les départs sont si aléatoires que Molson craint d'annoncer les départs dans les journaux. Il a recours aux services du crieur public A. Kollmyer pour annoncer les départs à la dernière minute. Les avis sont partagés quant à la qualité du service; tous déplorent le manque de puissance du moteur. Lors de son passage sur l'Accomodation en octobre 1810, Samuel Bridge constate que la fumée dégagée par le moteur est intolérable. Par contre, messieurs les voyageurs Tudor Hall, Pilgrim et Tuzo sont enchantés par la qualité de l'hébergement et des divertissements offerts à bord. De son côté, William Riddell ne se gêne pas pour dénoncer un certain manque de classe et la mauvaise construction du vapeur.

À la fin de la saison 1810, l'Accommodation est conduit à ses quartiers d'hiver dans les îles de Boucherville. Le bateau disparaît des livres de compte de la compagnie en janvier 1811. Malgré les pertes encourues par Molson, l'expérience acquise avec l'Accommodation se révèle capitale pour la mécanisation de l'industrie canadienne.
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Notices bibliographiques :
BELISLE, Jean. À propos d'un bateau à vapeur. Montréal, Hurtubise HMH, 1994. 93 p.
BELISLE, Jean et André LÉPINE. « La salle des machines du vapeur P.S. Lady Sherbrooke ». Archéologiques. Vol. Collection hors-séries 1 (2003), p. 104-121.
CROIL, James. Steam Navigation, its Relation to the Commerce of Canada and the United States. Toronto, William Briggs, 1898. 381 p.
DENISON, Merrill. The Barley and the Stream, The Molson Story. Toronto, McClelland & Stewart, 1955. 398 p.
DOWNS-ROSE, G. et W.S. HARVEY. William Symington Inventor and Engine Builder. London, Northgate Publishing Co. Ltd., 1980. 203 p.
MACKEY, Frank. Steamboat Connections : Montreal to Upper Canada, 1816-1843. Montréal, McGill-Queen's University Press, 2000. 383 p.
MARESTIER, Jean-Baptiste. Mémoire sur les bateaux à vapeur des États-Unis d'Amérique. Paris, Imprimerie royale, 1824. 290 p.
MCNALLY, Larry S. Montreal Engine Foundries and Their Contribution to Central Canadian Technological Development, 1820-1870. Université Carleton, Ottawa, 1991. 163 p.
MOLLAT, Michel. Les origines de la navigation à vapeur. Paris, Presses universitaires de France, 1970. 206 p.
WILSON, George H. The application of steam navigation to the St. Lawrence 1809-1840. Montréal, Université McGill, 1961. 287 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Fondation de la Banque de Montréal



Siège social de la place d'Armes

La Banque de Montréal est créée le 3 novembre 1817. Sa première succursale se trouve sur la rue Saint-Paul à Montréal. Société par actions à responsabilité limitée, la Banque de Montréal compte 289 associés au moment de sa fondation. Austin Cuvillier, George Moffatt, John Richardson et James Leslie font, notamment, partie des premiers fondateurs. La Banque obtient une charte émise par la province du Bas-Canada en 1822.

Dès sa fondation, la Banque de Montréal se positionne comme un acteur économique important dans la colonie. En plus d'être un lieu sûr pour entreposer des fonds, elle consent des prêts commerciaux et finance le commerce outre-mer. La Banque favorise aussi le développement commercial et industriel ainsi que la colonisation avec le financement de grands projets, telles l'ouverture des canaux pour la navigation et la construction du chemin de fer transcontinental. Plus grande institution financière du pays, la Banque de Montréal fait office de banque centrale à partir de 1863, et ce, jusqu'à la fondation de la Banque du Canada en 1935. Depuis 1893, elle est également l'agent financier du gouvernement canadien en Angleterre.

La croissance de la Banque de Montréal est, entre autres, liée aux nombreuses fusions avec d'autres banques, comme celles avec la Banque d'Échange de Yarmouth (1903), avec la Banque du Peuple d'Halifax (1905), avec la Banque de l'Amérique Britannique du Nord (1918), avec la Banque des Marchands du Canada (1922) et avec la Harris Bankcorp aux États-Unis (1984). Plusieurs hommes d'affaires occupent le poste de président de la Banque, comme Peter McGill, de 1834 à 1860, George Alexander Drummond, de 1905 à 1910, et Richard B. Angus, de 1910 à 1913.

Dans les années 1990, l'assouplissement de la réglementation concernant les banques permet à la Banque de Montréal de diversifier ses activités. Elle offre ainsi de nouveaux services, dont ceux des valeurs mobilières et de l'assurance. Elle est aussi la première banque canadienne à s'inscrire à la cote officielle à la bourse de New York en 1994. En 2007, la Banque de Montréal compte 1300 succursales au Canada et à l'étranger, fournit à sa clientèle un service bancaire électronique et déclare des actifs de 367 milliards de dollars. La Banque de Montréal possède plusieurs sociétés, regroupées sous l'appellation BMO Groupe financier.
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Notices bibliographiques :
Banque de Montréal. À propos de nous. [En Ligne]. http://www2.bmo.com/
DENISON, Merrill. La première banque au Canada. Histoire de la Banque de Montréal. Toronto / Montréal, MSRC / McClelland and Stewart Limited, 1967. 453 p.
NOLIN-RAYNAULD, Michelle. L'édifice de la Banque de Montréal à la Place d'Armes 1845-1901. Montréal, Les Éditions Varia, 1997. 157 p.
PARÉ, Jean-Pierre. « La doyenne des banques québécoises: la Banque de Montréal ». Cap-aux-Diamants. No 29 (s.d.), p. 36-39.
PARÉ, Jean-Pierre. Les banques au Québec. Québec, Éditions GID, 2008. 413 p.
Société de développement de Montréal. Vieux-Montréal [En Ligne]. http://www.vieux.montreal.qc.ca

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Fondation de la Banque de Québec




Banque de Québec, rue Saint-Pierre
La Banque de Québec est fondée à Québec, en 1818. Quatre ans plus tard, elle devient la seconde banque de la province à obtenir une charte du gouvernement britannique. La banque est créée pour financer le commerce du bois, alors le secteur économique le mieux développé au Bas-Canada, particulièrement le long de la rivière Outaouais et du fleuve Saint-Laurent. Ses bureaux se situent sur la rue Saint-Pierre, à Québec.

La diminution du commerce du bois à la fin du XXe siècle, et la lenteur des administrateurs de la Banque de Québec à exploiter d'autres sources de capitaux, font prendre beaucoup de retard à l'institution financière par rapport aux autres banques canadiennes. Les dirigeants de la Banque de Québec décident tardivement d'exploiter le marché national. Ils se butent alors à une zone saturée et n'arrivent pas à trouver suffisamment de nouveaux épargnants. La baisse importante du commerce dans la région de Québec durant la Première Guerre mondiale porte un coup fatal à la banque, qui doit trouver un moyen de sauver ses capitaux. En 1917, elle fusionne avec la Banque Royale du Canada. Cette institution renforce ainsi sa présence dans la région de Québec.
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Notices bibliographiques :
Banque Royale du Canada. À propos de RBC, Histoire [En Ligne]. http://www.rbc.com/
PARÉ, Jean-Pierre. Les banques au Québec. Québec, Éditions GID, 2008. 413 p.
RUDIN, Ronald. Banking en français: les banques canadiennes-françaises de 1835 à 1925. Montréal, Boréal, 1988. 244 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Inauguration du canal de Lachine



L'éclusier tourne la manivelle du système d'engrenage

Le canal de Lachine est inauguré le 24 août 1824 et ouvert à la navigation l'année suivante. Traversant le sud-ouest de Montréal, du lac Saint-Louis jusqu'au Vieux-Port, il permet de contourner les rapides de Lachine.

Depuis les premiers efforts de peuplement européen dans la vallée du Saint-Laurent, ces rapides constituent une barrière naturelle à la navigation. Ils sont considérés comme un obstacle au développement économique et à la pénétration au cœur du continent nord-américain. Seul un long portage permet de les contourner.
En 1819, des hommes d'affaires anglophones de Montréal se regroupent pour former la Compagnie des propriétaires du canal de Lachine. Dirigée par John Richardson, la société embauche l'ingénieur britannique Thomas Burnett. En 1821, l'entreprise est contrainte de céder la responsabilité des travaux au gouvernement bas-canadien puisqu'elle n'a pas été capable de lever les fonds nécessaires. Le gouvernement forme alors un organisme pour mener à bien le projet. La construction du canal de Lachine est financée en grande partie par une subvention impériale. Les travaux sont inaugurés le 17 juillet 1821 et se terminent en 1826. Le canal est néanmoins ouvert au trafic maritime dès 1825.

Parcourant une distance de 13,4 kilomètres, le canal a une largeur de 14,6 mètres et une profondeur de 1,4 mètre. À l'époque, seuls les voiliers de petites dimensions peuvent s'y aventurer et franchir les sept écluses sur son trajet étroit. L'ouverture du canal de Lachine accentue le rôle de Montréal comme plaque tournante des échanges en Amérique du Nord et lieu de rencontre du commerce transatlantique et de la navigation intérieure. Pour répondre à la croissance du trafic, le canal est rénové à deux reprises. De 1843 à 1848, son gabarit est doublé à 37 mètres de largeur et 2,8 mètres de profondeur pour rendre l'accès possible aux navires à vapeur. Ce chantier donne lieu à un conflit ouvrier important. L'agrandissement permet de capter de l'énergie hydraulique pouvant faire tourner la machinerie des usines à proximité des écluses. Beaucoup plus ambitieuse, la seconde phase de réfection se tient de 1874 à 1885 et porte les dimensions de la voie navigable à leurs niveaux actuels, soit une largeur 45 mètres et une profondeur moyenne de 4,3 mètres.

Plus qu'une simple voie navigable, le canal de Lachine crée un corridor industriel et contribue à l'urbanisation du sud-ouest de Montréal. Le canal attire des sociétés d'envergure dans la manutention des matières premières (blé, charbon, bois), la fabrication, l'entreposage et la navigation. Son rôle stratégique est renforcé par les liens étroits avec le transport ferroviaire dans la deuxième moitié du XIXe siècle.
Dans les années 1950 et 1960, le canal est de moins en moins utilisé. La taille des navires augmente alors que le gabarit du canal ne peut être élargi. Les manufacturiers, attirés par les opportunités du camionnage, vont progressivement s'établir en bordure des axes autoroutiers. À partir de 1959, la Voie maritime, avec ses écluses de 223 mètres et sa profondeur de 9,1 mètres, permet le contournement des rapides de Lachine par un lien fluvial plus moderne sur la rive sud. Le canal demeure d'abord ouvert pour une poignée entreprises, mais le secteur se désindustrialise. La navigation y cesse le 30 novembre 1970. Dans les décennies suivantes, les établissements industriels sont démolis ou convertis en résidences et bureaux. Depuis 1978, le canal de Lachine est géré par Parcs Canada et transformé en parc linéaire. Le 18 mai 2002, il est rouvert à la navigation récréotouristique.

La construction du canal de Lachine permet de développer la navigation du Saint-Laurent en amont de Montréal. Elle contribue par la suite à l'industrialisation de la métropole.
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Notices bibliographiques :
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
BLIEK, Desmond et Pierre GAUTHIER. « Understanding the Built Form of Industrialization along the Lachine Canal in Montreal ». Urban History Review / Revue d'histoire urbaine. Vol. 35, no 1 (2006), p. 3-17.
DESJARDINS, Pauline. L'organisation spatiale du corridor du canal de Lachine au 19e siècle. Thèse présentée à la Faculté des études supérieures en vue de l'obtention du grade de Philosophiae Doctor en anthropologie. s.l., Université de Montréal, 1999. 391 p.
DESLOGES, Yvon et Alain GELLY. Le canal de Lachine: du tumulte des flots à l'essor industriel et urbain, 1860-1950. Sillery, Septentrion, 2002. 216 p.
GELLY, Alain. Vapeur, thermoélectricité et hydroélectricité comme force motrice le long du corridor industriel du canal de Lachine, des années 1850 à la Seconde Guerre mondiale. Université Laval, 2010. 331 p.
MCNALLY, Larry. « The Relationship between Transportation and Water Power on the Lachine Canal in the Nineteenth Century ». JARRELL, Richard A., dir. et Arnold E. ROOS, dir. Critical Issues in the History of Canadian Science, Technology and Medicine. Thornhill, HSTC Publications, 1983, p. 76-88.
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.
STEVENS, George Roy. Ogilvie, pionniers de la meunerie au Canada, 1801-1951. Montréal, 1951. 72 p.
WILLIS, John. « Le Canal de Lachine jusqu'en 1870: origine et fonction d'un canal hydraulique ». s.a. Traditions maritimes au Québec. Québec, Commission des biens culturels du Québec, 1985, p. 471-492.
WILLIS, John. The Lachine Canal, 1840-1900 : preliminary report. Ottawa, Parcs Canada, 1983. 191 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Adoption du drapeau des patriotes en 1832



Drapeau patriote (1832)

Les patriotes sont les héritiers idéologiques du Parti canadien, créé vers 1806. Le groupe se désigne sous le nom de Parti patriote à compter de 1826 pour afficher son ouverture aux partisans de langue anglaise. Majoritaires en Chambre à partir des élections de 1827, les patriotes sont dirigés principalement par des membres provenant de la petite bourgeoisie professionnelle, dont les principaux porte-paroles sont Louis-Joseph Papineau, Wolfred Nelson, Denis-Benjamin Viger et Elzéar Bédard. En 1834, les patriotes se dotent d’un Comité central permanent, qui structure leur mouvement et permet de coordonner l’action parlementaire des élus et celle extraparlementaire des comités de paroisses et de comtés. L’organisation patriote comprend également des associations de dames patriotiques, notamment dans Deux-Montagnes, Verchères et Richelieu. Afin de diffuser leurs idées, les patriotes bénéficient du soutien de journaux, au nombre desquels figurent La Minerve, The Vindicator, Le Canadien et L’Écho du pays. Les adhérents aux idées du Parti sont des membres de professions libérales, de petits marchands francophones et de simples habitants.

À partir de 1832, les comités deviennent des comités patriotes, les assemblées des assemblées patriotes, les députés des députés patriotes. On adopte des signes de ralliement et un drapeau. Historiquement, le drapeau dit « de Saint-Charles » serait la première bannière patriote et aurait été brandi à de nombreux rassemblements, dont l’Assemblé des Six-Comtés.

On reconnaît trois étendards qui furent brandis lors de manifestations patriotes. Le premier, dit drapeau de Saint-Charles, consiste en trois bandes horizontales de couleurs verte, blanche et rouge, rappelant probablement la contribution des Irlandais, français et anglais à l’avancement de la démocratie au Bas-Canada. Le deuxième, dit « drapeau de Saint-Eustache », parce qu’il avait été brandi par les patriotes lors de la bataille du 14 décembre 1837, représente une branche d’érable surmontée d’un brochet maskinongé serti de cônes de sapin et des lettres C et JB (jean Baptiste). Le dernier est dit « drapeau des Frères chasseurs ». Il s’inspire du drapeau américain. Deux étoiles bleues sur fond argenté y représentent les Haut et Bas Canada unis au sein d’une république confédérée.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Première séance du Conseil municipal de Montréal



Ancien Palais de Justice (1800)

La première séance du Conseil municipal de la Ville de Montréal a lieu le 5 juin 1833 dans le Palais de justice.

Des pressions sont exercées concurremment par le Parti patriote et les Tories pour doter Montréal d'institutions politiques électives qui mettraient fin au régime des juges de paix, en place depuis 1764. L'Acte pour incorporer la Cité de Montréal est sanctionné le 5 juin 1832 et entre en vigueur le 1er mai 1833. La charte est valable pour une durée de trois ans.

Le territoire de la municipalité est divisé en huit quartiers, deux pour la vieille ville (Est, Ouest) et six pour les faubourgs (Sainte-Anne, Saint-Joseph, Saint-Antoine, Saint-Laurent, Saint-Louis et Sainte-Marie). Chacun de ces quartiers est représenté par deux conseillers ayant un mandat de deux ans. La moitié du Conseil est renouvelée chaque année. Les élections municipales sont fixées le premier lundi de juin. Quant au maire, il est choisi par et parmi les conseillers élus, lors de la première séance du Conseil municipal.
De premières élections sont organisées le 3 juin 1833. Le droit de vote est réservé aux propriétaires masculins de plus de 21 ans qui résident à Montréal depuis au moins un an avant la tenue des élections. Le nombre d'électeurs ne correspond donc qu'au cinquième de la population masculine recensée dans la ville. Tous les conseillers sont élus sans opposition, sauf dans le quartier Sainte-Anne où quatre candidats s'affrontent.

Les seize élus, neuf anglophones et sept francophones, ont un profil socioéconomique commun. Ils émanent en grande partie du milieu des affaires et des professions libérales. À la première séance du Conseil municipal, le 5 juin 1833, les conseillers s'entendent à l'unanimité pour nommer Jacques Viger maire de Montréal. Inspecteur des chemins depuis 1813, Viger à une connaissance inégalée de la situation de la ville. En 1825, c'est d'ailleurs lui qui a fait le recensement des habitants de l'île de Montréal avec Louis Guy.

Le Conseil municipal est responsable de la gestion quotidienne de la ville et peut adopter des règlements à cet effet. Comme les juges de paix le faisaient auparavant, il gère le budget, planifie et fait réaliser des travaux de voirie, contrôle les marchés publics, dirige les services de sécurité et règlemente l'hygiène publique. Il peut exproprier et emprunter pour mener à bien des projets d'infrastructures.

La charte n'est pas renouvelée en 1836 parce que, à cause des troubles politiques au Bas-Canada, le Parlement ne siège pas. Le gouvernement britannique rend donc le pouvoir aux juges de paix. L'autonomie de la Ville de Montréal est acquise seulement en 1840 quand une nouvelle charte municipale est octroyée. Sous le régime de la première charte, les conseillers se concentrent surtout sur la mise en place des structures de fonctionnement de la municipalité. On leur doit également deux réalisations : la création des armoiries de la Ville et le début du drainage des faubourgs pour y faire du lotissement.

La première séance du Conseil municipal de Montréal s'inscrit dans le processus de naissance de la démocratie municipale au Québec.
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Notices bibliographiques :
BOURASSA, Guy, dir. et Jacques LÉVEILLÉ, dir. Le système politique de Montréal. Montréal, ACFAS, 1986. s.p.
BOURASSA, Guy. « Les élites politiques de Montréal: de l'aristocratie à la démocratie ». LEMIEUX, Vincent, dir. Personnel et partis politiques au Québec - aspects historiques. Montréal, Boréal Express, 1982, p. 255-276.
DAGENAIS, Michèle. La démocratie à Montréal de 1830 à nos jours. Montréal, Ville de Montréal, 1992. 52 p.
FYSON, Donald. « La gouvernance municipale avant la municipalité : Montréal, 1760-1840 ». ROBICHAUD, Léon, dir. La gouvernance montréalaise : de la ville-frontière à la métropole. Montréal, Éditions Multimondes, 2014, p. 25-42.
PERRAULT, Claude. « La première élection municipale de Montréal ». Cahiers gen-histo. Vol. II (s.d.), p. 54-57.
ROBERT, Jean-Claude. « Viger, Jacques ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
STE CROIX, Lorne. The first incorporation of the City of Montreal, 1826-1836. Mémoire de M.A. (histoire), Université McGill, 1971. 256 p.
Ville de Montréal. L’incorporation de Montréal [En Ligne]. http://www2.ville.montreal.qc.ca/archives/democratie/democratie_fr/expo/incorporation/premiere-charte/index.shtm.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Banquet de la fête de la Saint-Jean-Baptiste de 1834



Premier banquet de la Saint-Jean-Baptiste (1834)

Le 24 juin 1834, près de 60 personnes se réunissent sur la propriété de l'avocat Jean-François-Marie-Joseph MacDonell pour célébrer le premier banquet de la fête nationale de la Saint-Jean-Baptiste. Cet événement est considéré comme l'acte de fondation de la fête nationale du Québec.

La Saint-Jean-Baptiste était déjà célébrée dans la vallée du Saint-Laurent pendant la période de la Nouvelle-France. Elle ponctuait généralement le début des travaux agricoles de l'été. C'est au XIXe siècle que la fête de la Saint-Jean-Baptiste prend une dimension nationale et identitaire. L'un des protagonistes de cette première manifestation patriotique et des suivantes est Ludger Duvernay, propriétaire de La Minerve et figure importante du mouvement patriote au Bas-Canada.

Duvernay participe à la fondation en mars 1834 de la société patriotique « Aide toi, le Ciel t'aidera ». Elle se donne le mandat de consacrer saint Jean Baptiste comme le saint patron des Canadiens français et de faire de sa fête patronale une fête nationale. Cette initiative prend forme quelques semaines après l'étude des 92 résolutions à la Chambre d'assemblée du Bas-Canada, soit au début de la radicalisation politique du mouvement patriote. Il est mené par un groupe de personnes relativement unies sur la question des réformes parlementaires, constitutionnelles et démocratiques.

Le 24 juin 1834, des notables proches du Parti patriote se réunissent pour participer au premier banquet de la fête de la Saint-Jean-Baptiste. En plus de Duvernay, Thomas Storrow Brown, Clément-Charles Sabrevois de Bleury, Louis Hippolyte LaFontaine, Edmund Bailey O'Callaghan, George-Étienne Cartier et le maire Jacques Viger sont présents parmi les convives. Des discours sont prononcés et des hommages sont portés au peuple, aux 92 résolutions et aux réformistes de différentes nations. La soirée se déroule dans un décor orné des symboles de la feuille d'érable et du castor, respectivement choisis pour leur puissance d'évocation du territoire et de l'importance de la traite des fourrures dans l'édification nationale. Un compte rendu de la soirée est publié dans le journal La Minerve le surlendemain. Cet événement consacre une importante association : saint Jean Baptiste est déclaré le saint patron des Canadiens français, et sa fête patronale, celle de la collectivité.

L'initiative est reconduite le 24 juin des années suivantes et s'étend à d'autres localités. L'idée d'instituer une fête nationale pour les Canadiens français gagne en popularité jusqu'en 1837, alors qu'éclatent les rébellions patriotes. Les festivités reprennent pour de bon à Québec en 1842 et à Montréal en 1843, sous la gouverne cette fois de leur Société Saint-Jean-Baptiste respective. Ces organismes bénéficient du soutien du clergé catholique qui accroît l'envergure et la charge spirituelle de la fête. Il est dès lors bien établi que la Saint-Jean-Baptiste est la fête nationale des Canadiens français.

Au fil du temps, la fête gagne en ampleur et en popularité. Elle évolue avec la société qu'elle célèbre, tant en regard de ses référents que dans ses conceptions nationales. Elle subsiste à la mutation identitaire qui s'effectue dans les années 1960, alors que l'identité canadienne-française est progressivement remplacée par l'identité québécoise, plus étroitement liée au territoire du Québec, et dans laquelle la religion catholique est de moins en moins présente.

En 1977, l'Assemblée nationale adopte une loi qui prévoit que le 24 juin, jour de la Saint-Jean-Baptiste, est le jour de la fête nationale du Québec, et que cette journée est dorénavant fériée et chômée.

Le banquet de la fête de la Saint-Jean-Baptiste de 1834 a été désigné événement historique le 26 octobre 2023


INTÉRÊT PATRIMONIAL


Cet événement historique est désigné pour les motifs suivants:

« Le premier banquet de la fête de la Saint-Jean-Baptiste est tenu à Montréal, le 24 juin 1834, dans le jardin de la propriété de l'avocat Jean-François-Marie-Joseph MacDonell. La Saint-Jean-Baptiste était déjà célébrée dans la vallée du Saint-Laurent pendant la période de la Nouvelle-France, mais c'est seulement avec le banquet de 1834 qu'elle prend une dimension identitaire. C'est Ludger Duvernay, propriétaire de La Minerve et président de la société « Aide-toi, le Ciel t'aidera », l'ancêtre de la Société Saint-Jean-Baptiste, qui souhaite rassembler les Canadiens de l'époque autour d'une fête nationale annuelle à l'occasion de la Saint-Jean-Baptiste. Le 24 juin 1834, environ 60 notables se réunissent ainsi pour participer au premier banquet de la fête de la Saint-Jean-Baptiste. En plus de Duvernay, Thomas Storrow Brown, Clément-Charles Sabrevois de Bleury, Louis-Hippolyte LaFontaine, Edmund Bailey O'Callaghan, George-Étienne Cartier et le maire Jacques Viger sont présents parmi les convives. Dans un décor orné des symboles de la feuille d'érable et du castor, les invités entonnent des chants patriotiques, prononcent des discours et rendent des hommages au peuple, aux 92 résolutions et aux réformistes de différentes nations. La manifestation est reconduite au cours des années suivantes, et s'étend à d'autres localités. Interrompues pendant les rébellions du Bas-Canada de 1837 et de 1838, les festivités reprennent pour de bon à Québec en 1842 et à Montréal en 1843. Au fil des décennies, la fête de la Saint-Jean-Baptiste gagne en popularité et son sens évolue avec les mutations identitaires de la collectivité qu'elle célèbre. La fête des personnes de nationalité canadienne-française devient ainsi la fête nationale du Québec et de l'ensemble de ses citoyens, tel que reconnu en 1977 par l'Assemblée nationale. Le banquet de la fête de la Saint-Jean-Baptiste de 1834 organisé par Ludger Duvernay et la société « Aide-toi, le Ciel t'aidera » s'impose désormais comme l'acte de fondation de la fête nationale du Québec. »
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Notices bibliographiques :
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
LAMONDE, Yvan. Histoire sociale des idées au Québec 1760-1896. Montréal, Fides, 2000. 572 p.
LEBEL, Jean-Marie. « Duvernay, Ludger ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
OUIMET, Marc. Le lys en fête, le lys en feu : la Saint-Jean-Baptiste au Québec de 1960 à 1990. Université du Québec à Montréal, 2011. 192 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Rébellions des patriotes du Bas-Canada



Bivouac du colonel Wetherall à Saint-Hilaire de Rouville (1840)

Les rébellions de 1837-1838 au Bas-Canada sont des soulèvements armés qui opposent les patriotes à l'armée britannique, renforcée de volontaires loyaux. Cet événement constitue l'aboutissement de la crise politique née du désir du Parti patriote, dirigé par Louis-Joseph Papineau, de réformer le système de gouvernement du Bas-Canada.

Au printemps 1837, à la suite de l'adoption par le Parlement britannique des résolutions Russell, qui rejettent définitivement les réformes proposées par la Chambre d'assemblée du Bas-Canada, les moyens constitutionnels de réformer les institutions politiques de la colonie semblent épuisés. Pour tenter de dénouer l'impasse et se protéger les uns des autres, les patriotes et les bureaucrates font provision d'armes. Le pouvoir colonial, fort de l'appui de l'évêque de Montréal, mobilise l'armée et interdit les assemblées dites séditieuses, mais plusieurs auront lieu pendant l'été et l'automne. Dans un climat de violence croissant, le premier affrontement d'importance éclate à Montréal le 6 novembre 1837 entre les Fils de la liberté, une association politique et paramilitaire regroupant de jeunes patriotes, et le Doric Club, une association de loyaux radicaux.

Afin de prévenir l'insurrection appréhendée, le gouvernement colonial lance des mandats d'arrestation contre 26 dirigeants patriotes, accusés de haute trahison. Pour faciliter leur capture et écraser un éventuel soulèvement armé, le commandant britannique, John Colborne, dépêche ses troupes dans les comtés de Richelieu et de Deux-Montagnes. Les patriotes affrontent les troupes coloniales et remportent la bataille de Saint-Denis, mais sont défaits à Saint-Charles, à Saint-Eustache et à Moore's Corner. Entre-temps, la loi martiale est proclamée dans le district de Montréal. Des centaines de patriotes sont emprisonnés, tandis que d'autres se réfugient aux États-Unis. En guise de représailles, les volontaires loyaux exercent une importante répression dans les villages qui se sont soulevés.

Pour faire le point, les chefs patriotes exilés aux États-Unis se réunissent à Middlebury, dans l'État du Vermont, le 2 janvier 1838. Sous la direction de Robert Nelson, ils conviennent de s'emparer du Bas-Canada par les armes. Louis-Joseph Papineau, qui prône la modération, est écarté de la chefferie du groupe. Le 28 février, les patriotes exilés proclament la république du Bas-Canada à Caldwell's Manor. Au cours des mois qui suivent, Nelson fonde une association militaire secrète, les Frères chasseurs, et recrute des combattants.

En mai 1838, John George Lambton (lord Durham), nommé gouverneur en chef des colonies de l'Amérique du Nord britannique, arrive à Québec pour enquêter sur les rébellions et proposer des solutions à la crise politique des Canadas. Il fait déporter 8 chefs patriotes aux Bermudes et interdit le retour au pays de 16 autres exilés aux États-Unis, dont Papineau.

Au mois de novembre 1838, les Frères chasseurs lancent leur offensive, qui est coordonnée avec celle des rebelles du Haut-Canada. Le plan d'attaque s'avère toutefois trop ambitieux pour être réalisé. Désorganisés et mal approvisionnés, les Frères chasseurs dirigés par Nelson sont mis en déroute par les volontaires loyaux pendant les batailles de Lacolle et d'Odelltown. La répression qui suit l'épisode insurrectionnel de 1838 est tout aussi sévère que celle de 1837. Des maisons et des fermes sont pillées et incendiées, des centaines de patriotes sont emprisonnés, 58 sont déportés en Australie et 12 sont exécutés.

Lord Durham dépose son rapport à Londres en 1839. Il propose l'union législative du Haut et du Bas-Canada en une seule province, l'assimilation des Canadiens et l'octroi de la responsabilité ministérielle. L'Acte d'union, qui est inspiré du Rapport Durham, est adopté par le Parlement britannique en 1840 et est mis en vigueur l'année suivante.
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Notices bibliographiques :
Assemblée nationale du Québec. Par ici la démocratie. Ligne du temps [En Ligne]. http://paricilademocratie.com/
BLAIS, Christian, Gilles GALLICHAN, Frédéric LEMIEUX et Jocelyn SAINT-PIERRE. Québec: quatre siècles d'une capitale. Québec, Assemblée nationale du Québec - Les Publications du Québec, 2008. 692 p.
BUCKNER, P.A. « Rébellions de 1837 ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://canadianencyclopedia.com/
DAVID, Laurent-Olivier. Les Patriotes de 1837-1838. Montréal, E. Sénécal, 1884. 299 p.
LACOURSIÈRE, Jacques. Histoire populaire du Québec. Vol. 2: De 1791 à 1841. Québec, Septentrion, 1996. 446 p.
LAPORTE, Gilles. Patriotes et loyaux : leadership régional et mobilisation politique de 1837 et 1838. Sillery, Septentrion, 2004. 414 p.
SENIOR, Elinor Kyte. Les habits rouges et les patriotes. Montréal, VLB, 1997. 310 p.
SIMARD, Marc. Papineau et les Patriotes de 1837. Agincourt, La Société Canadienne du Livre Limitée, 1983. 71 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Bataille de Saint-Denis



Bataille de Saint-Denis (1837)

La bataille de Saint-Denis est un événement des rébellions de 1837-1838. Elle a lieu le 23 novembre 1837 à Saint-Denis (Saint-Denis-sur-Richelieu), un village situé sur la rive sud de la rivière Richelieu. Elle oppose un groupe composé de 200 miliciens patriotes et de 600 civils sans armes, dirigé par le docteur Wolfred Nelson, à un contingent de 300 soldats de l'armée britannique, dirigé par le lieutenant-colonel Charles Stephen Gore.

Au mois de novembre 1837, la crise amorcée par la réponse négative de la Grande-Bretagne aux revendications patriotes atteint un point culminant. Le 6 novembre 1837, une bagarre éclate dans les rues de Montréal entre les Fils de la liberté et le Doric Club. Dix jours plus tard, le gouvernement lance des mandats d'arrestation contre 26 chefs patriotes. Plusieurs d'entre eux choisissent alors de quitter Montréal pour se réfugier dans les campagnes. Louis-Joseph Papineau et Edmund Bailey O'Callaghan, après un arrêt à Varennes, se rendent à Saint-Denis.

Sir John Colborne, le commandant en chef des forces armées dans les deux Canadas, décide d'envoyer deux détachements de l'armée pour arrêter les chefs patriotes visés par les mandats d'arrestation. Croyant que la plupart des chefs se trouvent à Saint-Charles (Saint-Charles-sur-Richelieu), un premier détachement, mené par le commandant George A. Wetherall, prend la route du sud par Chambly. Un second, dirigé par Charles Stephen Gore, prend la route du nord en direction de Sorel (Sorel-Tracy).

Papineau et O'Callaghan, qui ont rejoint Nelson à Saint-Denis, organisent alors la résistance aux arrestations prévues dans ce village et celui de Saint-Charles. Ils mettent en place des camps et ils réquisitionnent des armes. Au matin du 23 novembre, alors que le détachement de Gore se trouve à proximité de Saint-Denis, Papineau et O'Callaghan quittent le village en direction de Saint-Hyacinthe.

Lorsque l'armée de Gore arrive à proximité de Saint-Denis, les soldats sont épuisés par une marche qui a duré toute la nuit, le froid et la pluie. De leur côté, les patriotes ont vu venir les troupes et plusieurs sont barricadés dans des bâtiments de pierre à l'entrée du village. La bataille tourne à l'avantage des patriotes, qui bénéficient de l'effet de surprise et d'un meilleur positionnement stratégique. Après environ six heures de combat, Gore sonne la retraite. Les pertes des patriotes s'élèvent à douze morts et sept blessés, tandis que les Britanniques comptent six morts, dix blessés et six disparus.

La bataille de Saint-Denis est la seule victoire des patriotes durant les rébellions de 1837-1838. Elle est suivie par leurs défaites lors des batailles de Saint-Charles (25 novembre) et de Saint-Eustache (14 décembre). Par la suite, plusieurs patriotes se réfugient aux États-Unis où ils s'organisent autour du docteur Robert Nelson.
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Notices bibliographiques :
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
FILTEAU, Gérard. Histoire des Patriotes. Sillery, Septentrion, 2003. 628 p.
LAPORTE, Gilles. Patriotes et loyaux : leadership régional et mobilisation politique de 1837 et 1838. Sillery, Septentrion, 2004. 414 p.
SENIOR, Elinor Kyte. Les habits rouges et les patriotes. Montréal, VLB, 1997. 310 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Bataille de Saint-Eustache



Bataille de Saint-Eustache (1837)

La bataille de Saint-Eustache est un événement des rébellions de 1837-1838. Elle a lieu le 14 décembre 1837 à Saint-Eustache, un village situé au nord-ouest de Montréal. Elle oppose des patriotes à l'armée britannique, aidée de volontaires loyaux.

Après avoir pacifié le sud de Montréal, le commandant en chef des forces armées pour le Haut et le Bas-Canada, sir John Colborne, décide d'attaquer la région des Deux-Montagnes. Selon ses informateurs, les patriotes y seraient très bien organisés. Il prépare donc son offensive en conséquence. Il recrute des volontaires de Montréal et de la région de Deux-Montagnes. Il mobilise aussi plusieurs régiments de l'armée en vue de l'attaque. Au matin du 13 décembre 1837, c'est près de 1500 soldats et volontaires qui convergent vers le village de Saint-Eustache.

Les patriotes du comté des Deux-Montagnes sont organisés en deux camps. À Saint-Eustache, ils sont dirigés par le suisse Amury Girod et le docteur Jean-Olivier Chénier. Des villageois et des patriotes venus de Montréal sont regroupés dans des camps aux abords du noyau institutionnel du village. Les effectifs varient de jour en jour.

Colborne envoie un groupe de volontaires, dirigés par le capitaine Maximilien Globensky, passer par le village de Sainte-Dorothée. Le reste de l'armée traverse la rivière des Mille-Îles en aval de Saint-Eustache. Lorsqu'il aperçoit le groupe de volontaires dirigé par Globensky, Chénier se lance à leur poursuite sur la rivière gelée. Colborne profite du fait qu'ils sont à découvert pour tirer des coups de canon dans leur direction. Chénier et son groupe se replient alors au centre du village. Dès lors, c'est la débandade chez les patriotes. Plusieurs prennent la fuite tandis que d'autres se réfugient dans l'église et des bâtiments institutionnels à proximité. L'armée et les volontaires loyaux encerclent le village et arrêtent de nombreux fuyards. À un moment, des militaires ou des volontaires allument des foyers d'incendie dans le presbytère, le couvent puis l'église. Les patriotes sont alors pris au piège dans l'église en flamme. Plusieurs s'enfuient et sont aussitôt arrêtés par l'armée. L'un des derniers à sortir de l'église est le chef Jean-Olivier Chénier, qui est aussitôt abattu.

Au cours des heures qui suivent, le village de Saint-Eustache est pillé et incendié. La bataille a fait près de 70 morts et plus d'une centaine de prisonniers patriotes. Dès le lendemain, l'armée dirigée par sir John Colborne se dirige vers le village de Saint-Benoît pour y arrêter les principaux chefs du comté des Deux-Montagnes.
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Notices bibliographiques :
BERNARD, Jean-Paul. « Bataille de Saint-Eustache ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
SENIOR, Elinor Kyte. Les habits rouges et les patriotes. Montréal, VLB, 1997. 310 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Bataille d'Odelltown



Bataille d'Odelltown (1838)

La bataille d'Odelltown est un événement des rébellions de 1837-1838. Elle se déroule le 9 novembre 1838 à Odelltown (Lacolle), situé au sud-est de Montréal. Elle oppose un groupe de frères chasseurs, mené par Robert Nelson, Médard Hébert et Charles Hindenlang, à des volontaires loyaux, dirigés par le lieutenant-colonel Charles Cyril Taylor et le lieutenant Lewis Odell.

Après les batailles de 1837, des chefs patriotes s'exilent aux États-Unis. Un groupe de patriotes radicaux s'organise autour du docteur Robert Nelson. Pour obvier au manque d'organisation qui a mené à l'échec de l'incursion des patriotes au Bas-Canada au mois de février, l'Association des frères chasseurs est créée en mars 1838. Elle projette d'envahir le Bas-Canada par les armes et d'en proclamer l'indépendance. Elle passe à l'offensive au début du mois de novembre 1838. Après avoir pris la seigneurie de Beauharnois, certains membres de l'association retournent aux États-Unis pour se procurer des armes.

Dans les villages avoisinant la frontière américaine, des volontaires loyaux se sont organisés en milice pour contrer la menace insurrectionnelle. Le 9 novembre 1838, environ 700 frères chasseurs se dirigent vers Odelltown, où quelque 200 volontaires loyaux se réfugient dans l'église méthodiste. Les frères chasseurs assiègent l'église mais, après quelques heures, des volontaires loyaux en provenance d'Hemmingford et de L'Île-aux-Noix viennent en renfort et les obligent à se disperser. Les pertes sont relativement faibles d'un côté comme de l'autre.

La bataille d'Odelltown est la dernière bataille des rébellions de 1837-1838. De nombreux frères chasseurs sont emprisonnés à la suite de l'insurrection. Plusieurs participants à la bataille sont ensuite condamnés à mort par un tribunal militaire.
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Notices bibliographiques :
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
COURNOYER, Jean. La mémoire du Québec: de 1534 à nos jours: répertoire de noms propres. Montréal, Stanké, 2001. 1861 p.
SENIOR, Elinor Kyte. Les habits rouges et les patriotes. Montréal, VLB, 1997. 310 p.
s.a. Patrimoine militaire canadien [En Ligne]. http://www.cmhg.gc.ca/cmh/fr/page_1.asp

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Incendie du faubourg Saint-Roch de Québec



Incendie du faubourg Saint-Jean, 28 juin 1845

Le 28 mai 1845, vers 11 heures du matin, un feu se déclare à la tannerie d’Osborne L. Richardson, sur la rue Arago, près de l’intersection de la rue Saint-Vallier. Le vent se lève et transporte rapidement les tisons sur les toits des édifices environnants. Malgré l’effort des pompiers et des soldats, l’incendie se propage un peu partout dans le faubourg. À l’est, les flammes longent la falaise et s’attaquent à la rue Saint-George (côte d’Abraham) et à une partie du faubourg Saint-Jean avant de s’arrêter rue des Glacis. En Basse-Ville, le feu anéantit tout ce qui se trouve au nord et au sud des rues Saint-François, de la Couronne et côte de la Canoterie, et entre la rue Craig (du Pont) et la rivière Saint-Charles. L’incendie n’est maîtrisé qu’à 18 heures. Seuls deux édifices restent debout: le couvent Saint-Roch, rue de la Couronne, et la chapelle des Morts, rue Anne (de la Chapelle).

Le bilan est dévastateur pour le faubourg et pour la ville: l’incendie a fait 50 victimes et a réduit en cendres plus de 1 630 résidences ainsi que 3 000 boutiques et hangars. Les pertes sont estimées à 2 millions de dollars et 12 000 personnes se retrouvent sans logis. À la suite de cet incendie, les autorités municipales réglementeront de manière plus stricte le choix des matériaux pour la construction domiciliaire dans les faubourgs de Québec.
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Notices bibliographiques :
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
DROLET, Antonio. La ville de Québec : histoire municipale. Vol. III. Cahiers d’histoire, 19. Québec, La Société historique de Québec, 1967. 144 p.
LECLERC, Eugène. Statistiques rouges. Québec, 1932. 206 p.
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.
VALLIÈRES, Marc, dir. Histoire de Québec et de sa région. Les régions du Québec, 18. Québec, Presses de l’Université Laval, 2008. 2523 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Émeutes de Montréal



Le parlement brûle (1849)

Depuis les années 1820, la Grande-Bretagne accorde des taux préférentiels aux importations coloniales par rapport à ceux des autres pays. Cette politique a pour effet de créer un important marché d'exportation céréalière en Amérique du Nord britannique. Les marchands canadiens profitent de ces dispositions législatives pour s'enrichir. En 1846, la Grande-Bretagne abroge les lois sur les céréales (Corn Laws) pour favoriser le libre-échange. Le commerce céréalier encaisse un dur coup et les profits des marchands diminuent considérablement. La grogne se fait sentir parmi la communauté marchande de Montréal, ville mi-anglophone, mi-francophone, où siège le gouvernement depuis 1845.

En 1848, l'abandon des politiques mercantilistes, conjugué au retour d'une majorité réformiste à la Chambre d'assemblée, amène la Grande-Bretagne à consentir à l'avènement du gouvernement responsable dans la colonie. Les Tories, relégués dans l'opposition et dépossédés de leur influence politique, se sentent menacés par l'influence grandissante des Canadiens français au gouvernement.

La tension monte à l'occasion de la lecture en français du discours du trône par le gouverneur général du Canada, Lord Elgin (James Bruce), à l'ouverture de la session en janvier 1849. Elle atteint son paroxysme le 25 avril lorsqu'il sanctionne le projet de loi parrainé par les réformistes sur l'indemnisation des victimes des rébellions de 1837-1838 dans le Bas-Canada. Vivement dénoncée par les Tories, cette loi, quoiqu'elle dédommage ceux qui ont souffert des rébellions et non ceux qui y ont participé, est vue comme une prime à la révolte et comme la confirmation de la domination politique des Canadiens français. Dans la capitale, des assemblées de protestation sont aussitôt organisées. Le gouverneur est accueilli par des oeufs pourris et des pierres lancés par les protestataires. La manifestation tourne à l'émeute dans la soirée lorsqu'une partie de la foule évaluée à plus de 1 500 personnes envahit le parlement et met le feu à l'édifice qui est réduit en cendres, de même que 22 000 volumes et la totalité des archives parlementaires.

Les troubles durent encore quelques mois. Le 15 août, les autorités procèdent à l'arrestation de cinq individus responsables de l'incendie du parlement. Malgré la libération de quatre d'entre eux, 200 émeutiers se rassemblent dans la soirée. Ils décident d'attaquer la résidence du ministre réformiste Louis-Hippolyte La Fontaine où un échange de coups de feu fait une victime du côté des rebelles. Lors de l'enquête du coroner, au moment où La Fontaine s'apprête à témoigner devant jurés à l'hôtel Cyrus, sur la place Jacques-Cartier, des individus mettent le feu à l'édifice.

Conséquemment aux émeutes de Montréal, la capitale du Canada-Uni alternera entre Toronto et Québec. Les marchands anglophones montréalais se sentent quant à eux abandonnés par l'Angleterre à la suite du refus de réprouver la loi d'indemnisation. Comme solution aux problèmes politiques et économiques de la colonie, ils se font les promoteurs de l'annexion aux États-Unis.
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Notices bibliographiques :
Assemblée nationale du Québec. Par ici la démocratie. Ligne du temps [En Ligne]. http://paricilademocratie.com/
BERNARD, Jean-Paul. « Émeutes de Montréal ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
BLAIS, Christian, Gilles GALLICHAN, Frédéric LEMIEUX et Jocelyn SAINT-PIERRE. Québec: quatre siècles d'une capitale. Québec, Assemblée nationale du Québec - Les Publications du Québec, 2008. 692 p.
LAPORTE, Gilles. Les Patriotes de 1837@1838 : les rébellions du Bas-Canada [En Ligne]. http://cgi2.cvm.qc.ca/glaporte/1837.pl?out=menu
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.
Ville de Montréal. Centre d'histoire de Montréal. "Le Parlement brûle!". Montréal Clic [En Ligne]. http://ville.montreal.qc.ca/portal/page?_pageid=2497,3090359&_dad=portal&_schema=PORTAL

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Sanction de la loi révoquant le droit de vote des femmes dans la province



La lutte pour le droit de vote des femmes

Durant la session parlementaire de 1849, le Parlement de la province du Canada apporte plusieurs amendements à la loi électorale, notamment l’interdiction du suffrage féminin dans tous les types d’élections. Cette loi est sanctionnée le 30 mai de la même année. Peu importe leur statut, toutes les femmes de la colonie perdent formellement le droit de voter. Depuis l’Acte constitutionnel de 1791, les candidats et les électeurs devaient être âgés de 21 ans ou plus, être sujets britanniques et propriétaires ou locataires payants, et ce, sans distinction de sexe. C’est donc par omission que certaines femmes pouvaient voter au Bas-Canada alors qu’elles ne pouvaient pas exercer ce droit ni en Angleterre ni dans le Haut-Canada. Après des décennies de luttes de la part des suffragettes, ce n’est qu’en 1940 que le droit de vote et d’éligibilité est accordé aux femmes de la province de Québec par le Parlement, sous l’impulsion du gouvernement libéral d’Adélard Godbout.
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Notices bibliographiques :
Assemblée nationale du Québec. Chronologie parlementaire depuis 1764 [En Ligne]. https://www.assnat.qc.ca/fr/patrimoine/chronologie/index.html
Assemblée nationale du Québec. Par ici la démocratie. Ligne du temps [En Ligne]. http://paricilademocratie.com/
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
Conseil du statut de la femme et Réseau québécois en études féministes. Ligne du temps de l’histoire des femmes au Québec [En Ligne]. http://www.histoiredesfemmes.quebec/

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Inauguration du pont Victoria



Finale des feux d’artifice pour l’inauguration du pont Victoria (1860)

Construit par la Compagnie du Grand Tronc de chemin de fer du Canada, le pont Victoria traverse le fleuve Saint-Laurent entre le secteur montréalais de Pointe-Saint-Charles et la municipalité de la paroisse de Saint-Lambert. Il est inauguré le 25 août 1860 par le Prince de Galles, futur roi Édouard VII.

L'idée de relier Montréal à la rive sud émerge dans le cadre du développement ferroviaire. Les traversiers ne suffisent plus pour que Montréal conserve son rôle de plaque tournante des échanges, d'autant plus qu'ils ne fonctionnent pas en hiver.

Le projet de construction du pont Victoria est lancé en 1851 et on confie la réalisation des plans à l'ingénieur Thomas Keefer. Ce dernier remet une étude préliminaire au printemps 1852 et soulève des contraintes techniques, dont la force des eaux, le mouvement des glaces et les crues printanières. En 1853, le Grand Tronc reprend le projet avec le soutien financier du gouvernement. Les plans sont peaufinés par les ingénieurs Robert Stephenson, James Hodges et Alexander Ross. Les travaux, réalisés par la firme britannique Peto, Brassey & Betts, sont inaugurés le 24 mai 1854. On choisit l'option d'un pont tubulaire plutôt qu'à treillis pour ses gains en matériaux. Les ingénieurs se prononcent en faveur du tracé de Pointe-Saint-Charles à Saint-Lambert en raison de ses avantages topographiques et du raccordement prévu avec les installations de la compagnie ferroviaire.

Au moment de sa construction, le pont Victoria est le plus long pont tubulaire d'une seule voie au monde. Un système d'alternance permet aux trains de circuler à tour de rôle. Il s'étend sur 2,7 kilomètres et possède une hauteur de 18,3 mètres au maximum. Érigés en premier dans des caissons étanches, les piliers sont formés de blocs de calcaire. Ils adoptent une forme pointue pour briser les glaces. Le tube de circulation en fer, préfabriqué en Angleterre et assemblé sur le chantier, se divise en 25 travées pour diminuer la force exercée par le courant sur les piliers. Les approches sont érigées en remblai. Plus de 3000 ouvriers, surtout des immigrants irlandais et des Mohawks de Kahnawake, travaillent sur le chantier. Le pont est achevé le 24 novembre 1859 et testé une première fois le 12 décembre.

En 1860, le prince de Galles vient en Amérique du Nord britannique. C'est la première visite royale officielle. Le 25 août 1860, il inaugure le pont Victoria à Montréal, considéré alors comme la 8e merveille du monde. Sa venue donne lieu à des célébrations grandioses. Les bâtiments sont illuminés et de nombreux touristes se déplacent pour l'occasion. Une fois les cérémonies protocolaires achevées, le prince se rend sur le pont pour y déposer symboliquement une pierre de calcaire et enfoncer le dernier rivet du tube ferroviaire. L'inauguration a un écho sur la scène internationale en raison de la taille et du design de l'ouvrage.

Depuis son ouverture, le pont Victoria a été modifié pour s'ajuster aux réalités changeantes des transports. En 1898, la structure tubulaire est remplacée par un tablier à poutres en treillis. Cela permet l'ajout d'une seconde voie ferroviaire et de deux voies latérales. Une ligne de tramways est installée en 1901 sur le côté nord. En 1927, les sections latérales sont élargies pour permettre la circulation des automobiles. Lors de la construction de la Voie maritime du Saint-Laurent en 1958, une voie de contournement est aménagée du côté sud pour laisser passer les paquebots sans compromettre la circulation des voitures.

Le pont Victoria est le premier à franchir le Saint-Laurent. Sa construction renforce l'inscription de la métropole au cœur d'un vaste réseau de transport international.
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Notices bibliographiques :
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
LESSER, Gloria. « En 1860, le Prince de Galles inaugure le pont Victoria ». Vie des arts. Vol. 26, no 105 (1981), p. 38-40.
PASSFIELD, Robert W. « Construction of the Victoria Tubular Bridge ». Canal History and Technology Proceedings. No 20 (2001), p. 5-52.
POUSSART, Annick et Pierre WILSON. Montréal, par ponts et traverses. Montréal, Pointe-à-Callière, musée d'archéologie et d'histoire de Montréal, 1999. 94 p.
PRATT, Michel. « Le pont tubulaire et ferroviaire Victoria ». Histoire Québec. Vol. 16, no 1 (2010), p. 39-41.
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.
RADFORTH, Ian. Royal Spectacle: The 1860 Visit of the Prince of Wales to Canada and the United States. Toronto, University of Toronto Press, 2004. 469 p.
Société historique et culturelle du Marigot. Le pont Victoria et la municipalité de Saint-Lambert [En Ligne]. http://marigot.ca/mobile/Petite-histoire-illustree-de-Longueuil/1845-1874/le-pont-victoria-et-la-municipalite-de-saint-lambert.html
Ville de Montréal. « L'histoire ». Ville de Montréal. L'histoire [En ligne]. http://ville.montreal.qc.ca/siteofficieldumontroyal/histoire
YOUNG, John. The Origin of the Victoria Bridge. Montréal, D. Bentley and Co., 1876. 30 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Entrée en vigueur de l’Acte de l’Amérique du Nord britannique



Délégués à la Conférence de Charlottetown (1864)

Les premières discussions visant à rassembler dans une nouvelle entité politique les provinces de l’Amérique du Nord britannique remontent 1806. En 1839, John George Lambton (Lord Durham), commissaire enquêteur et gouverneur en chef de l’Amérique du Nord britannique, propose l’union législative des colonies et l’octroi du gouvernement responsable, mais cette partie de son rapport n’est pas retenue par Londres. En 1858, un nouveau projet de fédération est présenté au ministère des Colonies par Alexander Tilloch Galt, George-Étienne Cartier et John Ross, sans succès.

Le déclenchement de la Guerre de Sécession américaine en 1861 et la tenue d’une conférence à Québec sur le chemin de fer Intercolonial en septembre 1862 contribuent toutefois à changer la donne. Les représentants des possessions britanniques en Amérique du Nord repartent de cette rencontre convaincus qu’un lien ferroviaire avantagerait le développement économique et la défense des colonies.

La formation de la Grande Coalition, le 16 juin 1864, pour sortir de l’impasse politique dans laquelle est coincée la province du Canada débouche sur la création d’un comité devant étudier la mise en place d’un système fédéral dans la province du Canada ou d’une union fédérale des colonies de l’Amérique du Nord britannique. Cette coalition est formée par les libéraux-conservateurs de John A. Macdonald, les bleus de George-Étienne Cartier et les réformistes du Canada-Ouest de George Brown.

En 1864, la province du Canada délègue neuf représentants, dont Cartier, D’Arcy McGee, Galt et Langevin, à la conférence de Charlottetown qui est organisée par le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse et l’Île-du-Prince-Édouard. La conférence se tient du 1er au 9 septembre. Les discussions portent rapidement sur la possibilité d’une union fédérale des provinces du Canada et des maritimes. Cartier convainc ses collègues de la nécessité de privilégier la forme fédérale de gouvernement. Les délégués conviennent de se réunir de nouveau à Québec, au cours du mois suivant.

À Québec, sous la présidence d’Étienne-Paschal Taché, les délégués discutent du 10 au 27 octobre de la structure de la nouvelle entité politique. Macdonald se charge de l’organisation constitutionnelle de l’État à naître, alors que Galt s’occupe des aspects financiers. Les représentants du Canada-Est que sont Cartier, Chapais, D’Arcy McGee, Galt, Langevin et Taché, conviennent que les principaux leviers politiques et économiques soient attribués au gouvernement fédéral, mais s’assurent que la nationalité, les institutions et les droits des Canadiens français soient sauvegardés. Brown et les réformistes du Canada-Ouest obtiennent le principe de la représentation par la population et la séparation du Québec et de l’Ontario. Les délégués du Canada, du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse s’entendent finalement sur 72 résolutions. Au cours de l’hiver de 1865, ces résolutions sont adoptées par le Parlement de la province du Canada. En 1866, les parlementaires approuvent les constitutions de l’Ontario et du Québec.

En décembre 1866, 16 délégués de la province du Canada, du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse se rendent à Londres. La conférence se déroule du 4 au 24 décembre et est dirigée par Macdonald. Les représentants du Canada-Est sont Cartier, Galt, Langevin. Les résolutions de Québec deviennent les résolutions de Londres et Macdonald tente d’affaiblir la forme fédérale de l’union, ce à quoi Cartier et Langevin s’opposent. En janvier et en février 1867, le projet de loi est rédigé. Le 29 mars suivant, l’Acte de l’Amérique du Nord britannique est adopté par le Parlement britannique et sanctionné par la reine Victoria.

Le 1er juillet 1867, l’Acte de l’Amérique du Nord britannique entre en vigueur. Au cours des mois d’août et de septembre, des élections générales sont organisées pour doter les sièges de la chambre des Communes et de l’Assemblée législative de la province de Québec.
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Notices bibliographiques :
Assemblée nationale du Québec. Par ici la démocratie. Ligne du temps [En Ligne]. http://paricilademocratie.com/
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
BROUILLET, Eugénie. « 1er juillet 1867. L’Acte de l’Amérique du Nord britannique ». GRAVELINE, Pierre, dir. Dix journées qui ont fait le Québec. Montréal, VLB, 2013, p. 113-136.
BROUILLET, Eugénie, Alain-G. GAGNON et Guy LAFOREST. La Conférence de Québec de 1864, 150 ans plus tard : comprendre l’émergence de la fédération canadienne. Prisme. Québec, Presses de l’Université Laval, 2016. 374 p.
GOUVERNEMENT DU QUÉBEC, Secrétariat aux relations canadiennes. Le Québec au fil du temps [En Ligne]. https://www.sqrc.gouv.qc.ca/relations-canadiennes/federalisme/quebec-fil-du-temps.asp
GROULX, Lionel. La Confédération canadienne. Montréal, Éditions internationales A. Stanké, 1978. 264 p.
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.
WAITE, P. B. « Confédération ». Historica Canada. L’encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.encyclopediecanadienne.ca/

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Inauguration du parc du Mont-Royal



Le belvédère du parc du Mont-Royal

Le parc du Mont-Royal est inauguré le 24 mai 1876. Situé à Montréal sur le sommet le plus élevé de la montagne du même nom, il a une superficie de 2,14 kilomètres carrés.

L'idée d'aménager un espace vert sur le mont Royal émerge dans les années 1860. Parmi ses promoteurs, on retrouve des politiciens et des hommes d'affaires. Ce parc est vu comme un moyen de s'évader de la ville insalubre et de conserver intact un lieu de prestige. En 1867, un comité échevinal spécial est formé à cette fin. Le financement proviendra de trois sources. Le Conseil municipal obtient en 1869 un amendement à sa charte lui permettant d'emprunter une partie de la somme requise pour l'achat des terrains. Le gouvernement du Québec octroie aussi à la Ville un prêt de 350 000 dollars. Enfin, des fonds privés complètent l'équation grâce au mécénat d'hommes d'affaires anglophones.

À l'hiver 1871-1872, le propriétaire d'un terrain du versant sud y abat tous les arbres. Cette coupe à blanc pousse le Conseil municipal à enclencher sans tarder le processus d'expropriation. Toutefois, les fonds s'épuisent rapidement. Au terme de l'année 1872, les coûts atteignent déjà 550 000 dollars pour l'acquisition de 1,5 kilomètre carré. La Ville demande au gouvernement du Québec un prêt d'un million de dollars pour finaliser les expropriations. C'est une somme colossale à l'époque.

Pour concevoir le parc, le Conseil municipal fait appel aux services de l'architecte-paysagiste Frederick Law Olmsted. En 1854, il réalise l'Elm Park à Worchester au Massachusetts, reconnu comme étant le premier parc municipal en Amérique du Nord. Trois ans plus tard, il accepte de dessiner les plans de Central Park à New York. Olmsted est embauché par la Ville de Montréal en 1874. Son design valorise l'équilibre entre les fonctions récréatives du parc et la nature sauvage qui le compose.

L'inauguration est faite par le maire William H. Hingston le 24 mai 1876, jour de la fête de la Reine Victoria. Elle est précédée par un défilé militaire au centre-ville de Montréal. Les travaux d'aménagement se poursuivent jusqu'en 1881. Le parc devient rapidement un lieu de rencontre pour l'élite montréalaise qui habite à proximité.

Pour faciliter l'accès au sommet, la Ville de Montréal autorise en 1885 une société privée à construire un funiculaire. Le tarif est en revanche onéreux pour les familles ouvrières. Sa démolition en 1918 est une occasion pour la Ville de négocier avec la compagnie de tramways un accès en transport collectif. En 1924, une première ligne fait le lien entre le chemin de la Côte-des-Neiges et le sommet. À partir de 1930, la ligne est prolongée selon un tracé sinueux jusqu'au versant est. Après la disparition des tramways, en 1958, la Ville aménage la voie Camillien Houde, qui devient le chemin Remembrance sur le versant ouest.

Depuis son ouverture en 1876, le parc du Mont-Royal a connu des changements. En 1906, la Ville fait construire un belvédère en hémicycle sur le versant sud. La croix du Mont-Royal, érigée en 1924, devient un attrait incontournable du parc. D'autres installations emblématiques sont construites pour fournir du travail aux chômeurs durant la Grande dépression. C'est le cas du chalet du Mont-Royal et du lac aux Castors, conçus respectivement en 1932 et 1938. À partir de 1980, plusieurs travaux de restauration et d'aménagement sont réalisés. Le parc est un pôle touristique majeur à Montréal et un lieu apprécié des Montréalais pour ses fonctions récréatives, culturelles et commémoratives.

La création du parc du Mont-Royal est la première initiative publique au Québec visant à protéger un espace naturel pour le rendre accessible à la population. En 2005, le gouvernement du Québec l'inclut dans la déclaration du site patrimonial du Mont-Royal.
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Notices bibliographiques :
DEBARBIEUX, Bernard. « Le Mont Royal, court essai de géographie historique et culturelle ». BRYANT, Christopher R., dir. et Claude MANZAGOL, dir. Montréal 2001: visages et défis d'une métropole. Montréal, Presses de l'Université de Montréal, 1998, p. 295-301.
DEBARBIEUX, Bernard et Claude MAROIS. « Le mont Royal. Forme naturelle, paysages et territorialités urbaines ». Cahiers de géographie du Québec. Vol. 41, no 113 (1997), p. 171-197.
DROUIN, Martin. « L’appropriation d’un espace urbain : le mont Royal ». Cap-aux-diamants. Vol. 110 (2012), p. 54-55.
KREDL, Lawrence Peter. The Origin and Development of Mount Royal Park, Montreal 1874-1900: Ideal vs Reality. York University, 1983. 189 p.
Les amis de la montagne. Le Mont-Royal [En Ligne]. https://www.lemontroyal.qc.ca/fr
MARCHAND, Denys. « Une petite chronique aléatoire du mont Royal ». Trames. Vol. 2, no 1 (1989), p. 36-49.
MURRAY, A. L. « Frederick Law Olmsted and the Design of Mount Royal Park, Montreal (1874) ». Journal of the Society of Architectural Historians. Vol. 26, no 3 (1967), p. 163-171.
Musée McCord; Bellman, David, Éd. Mont-Royal : Montréal = Mount Royal : Montreal. Ottawa, Racar, 1977. 48 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Funérailles du curé Antoine Labelle



Chapelle du Cimetière-de-Saint-Jérôme. Vue intérieure de la crypte

Le curé Antoine Labelle est le personnage le plus emblématique de la ville de Saint-Jérôme. Son décès et ses funérailles ont fait l’objet d’une impressionnante couverture médiatique de la presse canadienne et de la presse européenne. Près de 10 000 personnes ont assisté aux funérailles et pour témoigner leur attachement envers leur curé décédé, de nombreux citoyens de la ville et du village de Saint-Jérôme ont porté un crêpe noir durant un mois en signe de deuil.
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Source: Ville de Saint-Jérôme, 2023.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Inauguration du Monument-National



Monument national, estampe parue dans Montreal illustrated 1894

Le Monument-National est inauguré au cours des festivités de la Saint-Jean-Baptiste de 1893. L'Association Saint-Jean-Baptiste de Montréal, instigatrice du projet de construction de cet immeuble et responsable de l'organisation de cette fête, lui dédie cette édition de la Saint Jean-Baptiste. Amorcée en 1891, la construction de l'édifice ne sera terminée qu'en 1894. Des centaines de sociétés Saint-Jean-Baptiste, réparties en divers endroits au Canada et aux États Unis, sont conviées à Montréal pour souligner l'inauguration du Monument. Cette convergence se veut représentative du rôle névralgique et rassembleur attribué à l'édifice par ses artisans, selon eux la maison mère de la culture francophone d'Amérique du Nord. Le Monument doit abriter le siège social de l'Association Saint-Jean-Baptiste de Montréal, mais aussi un théâtre, des bureaux, une bibliothèque et des salles de cours, entre autres.

D'abord, une traditionnelle cérémonie d'ouverture de la Saint-Jean-Baptiste a lieu samedi 24 juin dans le parc Sohmer, à Montréal, lieu privilégié des fêtes de la Saint-Jean-Baptiste de 1889 à 1897. Plusieurs dignitaires s'y trouvent et prennent la parole, notamment Laurent-Olivier David, président de l'Association Saint-Jean-Baptiste de Montréal, Alphonse Desjardins, maire de Montréal et Honoré Mercier, ancien premier ministre du Québec, accompagné d'autres personnalités et de délégués du gouvernement français.

Le 25 juin en soirée est organisé un banquet entièrement dédié à l'inauguration du Monument-National, dont la finition est loin d'être complétée. La célébration se déroule dans la grande salle du Monument, terminée in extremis et richement décorée pour l'occasion. Les référents à la papauté, à la royauté britannique ainsi qu'à la France fusent dans la décoration et les discours pour cet événement résolument patriotiques. Ces trois éléments sont perçus par plusieurs nationalistes de l'époque comme les fondements de l'identité canadienne-française : la fidélité à la couronne britannique, l'attachement à la culture et à l'héritage français ainsi que l'observation de la religion catholique dans plusieurs sphères de la vie publique et domestique. Comme la cérémonie du parc Sohmer, le banquet réunit le président de l'Association, le maire de Montréal et les délégués du gouvernement français. S'ajoutent à eux, notamment, Wilfrid Laurier ainsi que des juges, des personnalités influentes ainsi que des représentants de communautés francophones des États-Unis et de l'Ouest canadien.

Un grand congrès a lieu, le lendemain 26 juin, au Monument-National. Il rassemble diverses sociétés et associations Saint-Jean-Baptiste d'Amérique du Nord afin d'accroitre leur cohésion sur diverses questions concernant la situation des francophones. Les discussions portent notamment sur la situation des communautés canadiennes-françaises dans le nord-est des États Unis ainsi que sur la question des écoles du Manitoba.
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Notices bibliographiques :
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
LACHAPELLE, Jacques. « Monument National ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 84-86.
LAMONDE, Yvan. Histoire sociale des idées au Québec 1760-1896. Montréal, Fides, 2000. 572 p.
LAMONDE, Yvan et Raymond MONPETIT. Le parc Sohmer de Montréal 1889-1919 : un lieu populaire de culture urbaine. Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1986. 231 p.
LARRUE, Jean-Marc. Le monument inattendu : Le Monument National, 1893-1993. Cahiers du Québec : Histoire, 106. LaSalle, Éditions Hurtubise HMH, 1993. 322 p.
RUMILLY, Robert. Histoire de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal : des Patriotes au Fleurdelisé 1834-1948. Montréal, Les éditions de l'Aurore, 1975. 564 p.
RUMILLY, Robert. Histoire de Montréal. Vol. 3. Montréal, Fides, 1972. 524 p.
s.a. « La fête Saint-Jean-Baptiste ». La Minerve, 26 juin 1893, p. 2.
s.a. « La St-Jean-Baptiste à Montréal ». Le Courrier du Canada, 27 juin 1893, p. 3.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Carnaval d’hiver de Québec de 1894



Palais de glace lors du carnaval de Québec (1894)

Le carnaval de Québec de 1894 est considéré comme la première édition d’envergure de cet événement hivernal, qui est récurrent depuis 1955.

À l’automne 1893, Frank Carrel, propriétaire du Quebec Daily Telegraph, lance un appel dans son journal pour qu’un carnaval soit tenu à l’hiver suivant. Il espère ainsi ragaillardir la ville durement touchée par le déclin de ses activités portuaires. Carrel s’inspire du succès rencontré par le carnaval tenu à Montréal l’hiver précédent. Les retombées financières escomptées rallient facilement le milieu des affaires. En peu de temps, un comité organisateur se forme, dans lequel figurent des commerçants en vue comme Zéphirin Paquet et Jean-Baptiste Laliberté. Henri-Gustave Joly de Lotbinière est choisi pour en être le président, et le gouverneur général et son épouse, respectivement lord et lady Aberdeen, se voient décerner la présidence d’honneur.

L’organisation se fait promptement. Le carnaval est inauguré le 29 janvier 1894 et doit se conclure le 3 février. Pour l’occasion, les citoyens embellissent leurs quartiers avec des arches, des sculptures, des statues de glace ainsi que diverses autres structures en neige. Les cérémonies d’ouvertures se tiennent au Palais de glace, conçu selon les plans de l’architecte François-Xavier Berlinguet et situé en face du parlement.

Les loisirs hivernaux sont à l’honneur dans le calendrier des activités. Le carnaval donne lieu à des courses de canots à glace, de raquettes et de chevaux, à des spectacles de patinage artistique, à des parties de hockey, de curling et de souque à la corde. Une mascarade a lieu au Québec Skating Rink, près de la porte Saint-Louis, ainsi qu’un bal du gouverneur au parlement. Une attaque pyrotechnique sur le palais de glace est simulée, dont la défense est assurée par la garnison de Québec. Enfin, un long défilé de chars allégoriques sillonne plusieurs quartiers de la ville.

Le carnaval survient quelques semaines après l’inauguration du Château Frontenac, renforçant ainsi la vocation touristique de Québec. En effet, environ 25 000 visiteurs provenant de l’étranger assistent aux festivités et contribuent à la notoriété de la ville.

Faute de structure organisationnelle permanente, les carnavals subséquents varient en ampleur et en qualité. Pour cette même raison, la régularité annuelle de l’événement n’est pas assurée. Ce n’est qu’en 1955 que la tradition hivernale moderne fait un retour en force et est pérennisée.
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Notices bibliographiques :
JEAN, Michèle et Alyne LEBEL. « Carnaval: la cuvée 1894 ». Cap-aux-diamants. Vol. 1, no 4 (1986), p. 24-29.
LACROIX, Georgette. Le Carnaval de Québec: Une histoire d’amour. Montréal, Les éditions Quebecor, 1984. 199 p.
PROVENCHER, Jean. Le Carnaval de Québec : la grande fête de l’hiver. Sainte-Foy, Québec, Éditions MultiMondes, 2003. 127 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Fondation de la Caisse populaire de Lévis



À gauche: Albertine, Alphonse et Dorimène Desjardins (vers 1915). À droite: Site de la fondation de la première caisse (1900)

La première caisse Desjardins est fondée à Lévis le 6 décembre 1900 par Alphonse Desjardins.

En 1897, alors que Desjardins est sténographe à la Chambre des communes à Ottawa, il assiste à un débat qui lui fait prendre conscience des conséquences de l'usure, soit le fait de prendre un haut taux d'intérêt sur un prêt d'argent. Intéressé par ce sujet, il se documente sur les pratiques usuraires. Alphonse Desjardins lie ce phénomène aux questions sociales qui agitent son époque. Selon lui, l'association et le développement local permettraient de répondre aux maux sociaux, de contribuer à l'amélioration des conditions de vie des classes populaires et à la libération économique des Canadiens français, en plus de freiner leur exode vers les États-Unis. Il puise ses idées dans les écrits du Britannique William Wolff (People's Banks), des caisses d'épargne et de crédit populaire en Europe et aux États-Unis. Enfin, Desjardins entretient également des relations épistolaires avec des acteurs des mouvements coopératifs et mutualistes. En plus des idées du mouvement coopératif, Alphonse Desjardins s'inspire aussi de la doctrine sociale de l'Église catholique. Ses projets s'inscrivent dans la lignée de l'encyclique papale Rerum novarum sur la condition des ouvriers, publiée en 1891.

Entre 1897 et 1900, il prépare son projet de coopérative de crédit et d'épargne à capital variable et à responsabilité limitée.

Son modèle de caisse populaire s'appuie sur le cadre de la paroisse. Il vise à encourager la pratique et l'attrait de l'épargne, à permettre aux classes populaires d'administrer indépendamment leur propre capital sans l'intervention de l'État et à rendre le crédit plus facilement accessible.

Le 6 décembre 1900, plus de 130 citoyens assistent à l'assemblée de fondation de la Caisse populaire de Lévis, première coopérative d'épargne et de crédit en Amérique du Nord. Celle-ci entre en activité le 23 janvier 1901.

Dorimène Roy-Desjardins, l'épouse d'Alphonse Desjardins, joue un rôle important dans les activités de l'institution. Jusqu'en 1906, Alphonse Desjardins est souvent absent. Il travaille alors à Ottawa comme sténographe français au Parlement et se déplace fréquemment pour donner des conférences. Dorimène Roy-Desjardins s'occupe de la comptabilité de la caisse et partage la fonction de gérant suppléant avec Théophile Carrier. Au cours de ces années, elle participe aussi à la préparation des statuts et des règlements régissant les caisses populaires.

Trois autres caisses sont créées entre 1900 et 1905: Saint-Joseph de Lévis (1902), Hull (1903) et Saint-Malo à Québec (1905). Le soutien du clergé local favorise le développement rapide du réseau des caisses populaires.

Malgré ce développement rapide, l'absence de reconnaissance juridique crée une situation d'incertitude pour les caisses. Pour y remédier, Alphonse Desjardins entreprend plusieurs démarches auprès des gouvernements provincial et fédéral. La situation est finalement régularisée en 1906 avec l'adoption de la Loi concernant les syndicats coopératifs par l'Assemblée législative du Québec. Un an plus tard, un projet de loi sur la coopération est également adopté à la Chambre des communes d'Ottawa, mais il n'est pas entériné par le Sénat, qui estime qu'une telle loi empiéterait sur les juridictions des provinces.

Cette reconnaissance juridique lance l'expansion du réseau des caisses populaires au Québec et en Ontario, ainsi que dans les paroisses franco-américaines de la Nouvelle-Angleterre, aux États-Unis, où elles prennent le nom de Credit Unions. Le mouvement des caisses prend de l'expansion au fil du 20e siècle, se constitue en fédération en 1932 et diversifie ses activités économiques. Toujours en activité, la caisse Desjardins de Lévis célèbre ses 125 ans en 2025.
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Notices bibliographiques :
Conseil du statut de la femme et Réseau québécois en études féministes. Ligne du temps de l'histoire des femmes au Québec [En Ligne]. http://www.histoiredesfemmes.quebec/
LAMBERT, Maude-Emmanuelle et Yves ROBY. « Alphonse Desjardins ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/alphonse-desjardins
LÉVESQUE, Benoît et Martin PETITCLERC. « L’économie sociale au Québec à travers les crises structurelles et les grandes transformations (1850-2008) ». Économie et Solidarités. Vol. 39, no 2 (2008), p. 14-37.
POULIN, Pierre. Histoire du Mouvement Desjardins: La percée des caisses populaires, 1920-1944. Vol. 2. Montréal, Québec/Amérique, 1994. 449 p.
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.
s.a. Desjardins, À propos de Desjardins [En Ligne]. http://www.desjardins.com

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Émeutes de la conscription à Québec



Émeutes de la conscription à Québec (1918)

Les émeutes de la conscription à Québec s'inscrivent dans le contexte de la participation du Canada à la Première Guerre mondiale. En 1914, la déclaration de guerre de la Grande-Bretagne à l'Allemagne engage le Canada dans le conflit. Durant les premières années de la guerre, les effectifs réguliers de l'armée canadienne et l'enrôlement volontaire suffisent à combler les besoins en hommes. Toutefois, avec le prolongement des affrontements, la nécessité de recruter de nouvelles troupes se fait plus pressante. Le gouvernement fédéral, dirigé par Robert Borden, décide d'enrôler des combattants auprès de la population et adopte, en 1917, la loi sur la conscription rendant le service militaire obligatoire. La mesure est impopulaire dans la province de Québec, où l'armée est vue comme une institution entièrement anglophone. En réaction, de nombreuses manifestations éclatent dans les grandes villes. Le taux élevé de demandes d'exemption et la faiblesse du nombre de conscrits ayant répondu à l'appel résultent en l'envoi de forces policières fédérales au Québec afin de retrouver les hommes qui tardent à se présenter aux bureaux d'enregistrement de l'armée.

À Québec, les manifestations atteignent leur paroxysme au cours de la fin de semaine de Pâques, soit du 28 mars au 1er avril 1918. Le 28 mars, l'arrestation d'un homme n'ayant pas avec lui ses papiers pour prouver son exemption du service militaire provoque une émeute dans le quartier Saint-Roch. Une foule de près de 2 000 personnes attroupée à la place Jacques-Cartier attaque le poste de police où sont réfugiés les agents fédéraux. Le lendemain, le bureau d'enregistrement de l'armée, logé dans l'édifice de l'Auditorium (Capitole), est saccagé et incendié par les émeutiers encouragés par une foule de 20 000 personnes réunie au carré d'Youville (place d'Youville). La population proteste contre le zèle exprimé par les policiers dans la recherche des conscrits récalcitrants. Le 30 mars, devant le manège militaire, les manifestants sont dispersés par la cavalerie. Le lendemain, un contingent de 2 000 soldats en provenance de l'Ontario et de la Nouvelle-Écosse arrive dans la capitale pour prêter main-forte aux autorités municipales et à l'armée locale. Le 1er avril, une confrontation éclate dans le quartier Saint-Roch entre les troupes fédérales et les contestataires. Repoussée à la limite du quartier Saint-Sauveur, la foule refuse de se disperser malgré les ordres des militaires. Les soldats n'hésitent pas à tirer en direction de celle-ci. Bilan de l'altercation: quatre morts, des dizaines de blessés et plus d'une soixantaine de personnes sont arrêtées.

Le 4 avril, la loi martiale, qui suspend les droits civils, est instaurée pour la ville de Québec. Les militaires contrôlent les allées et venues de la population et surveillent tous les endroits stratégiques. Le calme revient progressivement, mais la crise accentue les divisions entre les communautés francophone et anglophone.

L'enquête du coroner, en plus de révéler que les victimes n'étaient pas des manifestants, blâme les autorités et exige des compensations pour les familles des victimes. Ces indemnisations ne viendront jamais.
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Notices bibliographiques :
Assemblée nationale du Québec. Par ici la démocratie. Ligne du temps [En Ligne]. http://paricilademocratie.com/
BLAIS, Christian, Gilles GALLICHAN, Frédéric LEMIEUX et Jocelyn SAINT-PIERRE. Québec: quatre siècles d'une capitale. Québec, Assemblée nationale du Québec - Les Publications du Québec, 2008. 692 p.
LEBEL, Jean-Marie. Québec 1608-2008 : les chroniques de la capitale. Québec, Les Presses de l'Université Laval, 2008. 760 p.
LEBEL, Jean-Marie et Alain ROY. Québec, 1900-2000 : le siècle d'une capitale. Sainte-Foy, Éditions MultiMondes, 2000. 157 p.
VALLIÈRES, Marc, dir. Histoire de Québec et de sa région. Les régions du Québec, 18. Québec, Presses de l'Université Laval, 2008. 2523 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Fondation du Comité provincial pour le suffrage féminin



Ligue des droits de la femme (1935)

Le Comité provincial pour le suffrage féminin est une association militante mise sur pied en janvier 1922 pour l'obtention du suffrage féminin aux élections provinciales québécoises. Sa fondation constitue un jalon important dans l'histoire de la lutte pour l'égalité politique des femmes au Québec.

Au lendemain de la Première Guerre mondiale, la lutte pour le droit de vote des femmes s'intensifie au Québec et au Canada. Depuis 1913, la Montreal Suffrage Association, premier mouvement québécois militant exclusivement pour le suffrage féminin, limite son action au droit de vote des femmes au palier fédéral. Certaines associations féminines, comme la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste, réclament ce droit, mais aucune organisation ne se consacre exclusivement à cette cause.

En 1918, les femmes du Québec et du Canada obtiennent le droit de voter aux élections fédérales et, en 1919, de se porter candidate. De 1916 à 1922, les femmes obtiennent le droit de vote dans toutes les provinces canadiennes, sauf au Québec.

La Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste évoque en mars 1920 la fondation d'un « comité de la femme » et d'un « programme civique » pour encourager les Québécoises à participer à la vie citoyenne. L'importante participation des femmes lors du scrutin fédéral du 6 décembre 1921 raffermit l'idée de fédérer les Québécoises autour de la cause du suffrage féminin.

Le 14 janvier 1922, des membres de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste et du Montreal Council of Women tiennent une réunion conjointe au cours de laquelle elles fondent le Comité provincial pour le suffrage féminin. Coprésidé par Marie Lacoste Gérin-Lajoie et Anna Marks Lyman, le Comité transcende les divisions linguistiques et confessionnelles et regroupe plusieurs figures marquantes de l'époque, notamment Carrie Derick, Grace Julia Parker Drummond, Octavia Grace Ritchie England, Idola Saint-Jean et Thérèse Casgrain. Cette rencontre a lieu à la résidence de Mme Gérin-Lajoie, à Montréal.

Le 9 février 1922, une délégation de plus de 400 femmes du Comité se rend au Parlement de Québec pour revendiquer l'obtention du suffrage féminin. À leur demande, le député libéral Henry Miles dépose un premier projet de loi à l'Assemblée législative de la province de Québec pour accorder le droit de vote aux femmes. La députation étant plutôt opposée à cette idée, le projet de loi n'est pas présenté. Cet événement inspire néanmoins une tradition, celle du « Pèlerinage au Parlement », que les militantes vont effectuer annuellement à compter de 1926 jusqu'à ce qu'elles aient gain de cause en 1940.

En mai 1922, le Comité est constitué en corporation et Marie Lacoste Gérin-Lajoie se rend à Rome à l'occasion du congrès de l'Union internationale des ligues catholiques féminines. Elle souhaite obtenir un appui des autorités catholiques en faveur du suffrage féminin en vue de sensibiliser l'épiscopat du Québec. Ses démarches n'ont toutefois pas les effets escomptés. Considérant qu'elle ne peut faire davantage tant que les évêques québécois ne changeront pas d'avis, elle démissionne de la présidence du Comité en novembre 1922.

En 1927, une scission s'opère au sein du Comité. Idola Saint-Jean fonde l'Alliance canadienne pour le vote des femmes du Québec. Le Comité se réorganise l'année suivante sous la houlette de Thérèse Casgrain, et devient la Ligue des droits de la femme.

La fondation du Comité provincial pour le suffrage féminin représente un moment charnière dans l'histoire des droits des femmes au Québec. Le Comité a fait œuvre pionnière en pavant la voie aux organisations qui lui succède dans la lutte pour l'obtention du droit de vote des Québécoises.



Intérêt patrimonial

Cet événement historique est désigné pour les motifs suivants:

La fondation du Comité provincial pour le suffrage féminin, le 14 janvier 1922, est un jalon important de l'histoire de la lutte pour l'égalité politique des femmes au Québec. Coprésidé par Marie Lacoste Gérin-Lajoie, présidente de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste, et Anna Marks Lyman, présidente du Montreal Council of Women, le Comité est la première association militante ayant comme principale revendication le droit de vote des femmes aux élections provinciales québécoises. Transcendant les divisions linguistiques et confessionnelles, le Comité regroupe plusieurs figures marquantes de l'époque, notamment Carrie Derick, Grace Julia Parker Drummond, Octavia Grace Ritchie England, Idola Saint-Jean et Thérèse Casgrain. Malgré l'opposition de la hiérarchie du clergé catholique et de la grande majorité des députés, les militantes font valoir leur cause de différentes manières, dont la plus connue est le « pèlerinage au Parlement ». Cette manifestation est organisée pour la première fois le 9 février 1922 alors qu'une délégation de plus de 400 femmes se rend à l'hôtel du Parlement pour présenter ses revendications. Cette manifestation est répétée annuellement à partir de 1926 jusqu'à ce que les femmes obtiennent le droit de vote et d'éligibilité aux élections québécoises, le 18 avril 1940.
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Notices bibliographiques :
Assemblée nationale du Québec. « Journal des débats de l'Assemblée (Débats reconstitués), 15e législature, 3e session - 9 février 1922 ». Assemblée nationale du Québec. Assemblée nationale du Québec [En ligne]. http://www.assnat.qc.ca/fr/travaux-parlementaires/assemblee-nationale/13-3/journal-debats/19150209/87245.html
Assemblée nationale du Québec. Par ici la démocratie. Ligne du temps [En Ligne]. http://paricilademocratie.com/
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Collectif CLIO (Le). L’histoire des femmes au Québec depuis quatre siècles. Montréal, Éditions Quinze, 1982. 521 p.
Conseil du statut de la femme et Réseau québécois en études féministes. Ligne du temps de l'histoire des femmes au Québec [En Ligne]. http://www.histoiredesfemmes.quebec/
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DUPIRE, Louis. « La session provinciale : M. Taschereau et le suffrage féminin ». Le Devoir, 10 février 1922, p. 1.
Élections Québec. « Droit de vote et d'éligibilité des Québécoises ». Élections Québec. Élections Québec [En ligne]. https://www.electionsquebec.qc.ca/francais/provincial/vote/droit-de-vote-des-quebecoises.php
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SICOTTE, Anne-Marie. Marie Gérin-Lajoie : conquérante de la liberté. Montréal, Éditions du Remue-Ménage, 2005. 503 p.
TRIFIRO, Luigi. « Une intervention à Rome dans la lutte pour le suffrage féminin au Québec (1922) ». Revue d'histoire de l'Amérique française. Vol. 32, no 1 (1978), p. 3-18.
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s.a. « Le vote des femmes, au provincial ». La Presse, 30 janvier 1922, p. 2.
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Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Entrée en vigueur de la Loi relative à la conservation des monuments et des objets d’art ayant un intérêt historique ou artistique



Patrimoine culturel

Le 21 mars 1922, la Loi relative à la conservation des monuments et des objets d’art ayant un intérêt historique ou artistique, aussi connue sous le nom de Loi des monuments historiques ou artistiques, est sanctionnée.

L’adoption de cette loi s’inscrit dans le contexte des bouleversements engendrés par l’urbanisation et l’industrialisation qui font surgir des craintes chez une partie de l’élite canadienne-française pour la pérennité des témoins matériels de l’histoire. Quelques voix s’élèvent pour réclamer des actions du gouvernement afin d’empêcher la disparition de ce qu’on nomme alors les « reliques du passé ». Par exemple, le juge Arthur Aimé Bruneau s’insurge dans les journaux contre la destruction de bâtiments anciens et Marie-Louise Marmette Brodeur interpelle le premier ministre du Québec, Louis-Alexandre Taschereau, pour qu’il empêche la vente du manoir Louis Joseph Papineau, à Montebello, et la dilapidation de sa bibliothèque. Ces interventions contribuent à l’émergence de cette question d’intérêt public.

Le 27 février 1922, le secrétaire de la province, Athanase David, dépose à l’Assemblée législative le projet de loi 170 relatif à la conservation des monuments et des objets d’art ayant un intérêt historique ou artistique. Il appert que ce serait Adélard Turgeon, président du Conseil législatif, qui aurait convaincu le premier ministre Taschereau de l’importance de poser un tel geste législatif. Le projet de loi est fortement inspiré de la Loi relative aux monuments historiques qui a été promulguée par le gouvernement français en 1913, et qui est la synthèse des lois antérieures. Il s’agit de la première loi de sauvegarde du patrimoine au Québec et au Canada.

La Loi des monuments historiques ou artistiques est adoptée par l’Assemblée législative le 7 mars 1922 et entre en vigueur dès sa sanction. Elle a comme principal objectif de permettre le classement de monuments et d’objets à caractère possédant un intérêt à l’échelle nationale au niveau de l’histoire ou de l’art. Pour ce faire, la Loi crée la Commission des monuments historiques qui est composée de cinq membres bénévoles. Le 12 avril 1922, le gouvernement annonce la nomination d’Adélard Turgeon, de Pierre Georges Roy, d’Édouard-Zotique Massicotte, de William Douw Lighthall et de Victor Morin comme membres de cette Commission. Le 14 juin suivant, Adélard Turgeon est choisi comme président.

En 1929, les trois premiers monuments historiques sont classés par la Commission. Ces classements sont par la suite entérinés par le gouvernement, comme le prévoit la loi. Il s’agit de la maison des Jésuites-de-Sillery, du château De Ramezay, à Montréal, et de l’église de Notre-Dame-des-Victoires, à Québec. La Commission dresse aussi un premier inventaire des monuments historiques. Trois ouvrages publiés entre 1922 et 1927 témoignent de ces efforts: Les monuments commémoratifs de la province de Québec (1923), Les vieilles églises de la province de Québec (1925) ainsi que Vieux manoirs, vieilles maisons (1927). La Commission favorise aussi la commémoration de différents monuments, personnages, événements et lieux historiques par l’installation de plaques commémoratives le long des routes, encourageant par le fait même le tourisme.

Somme toute, la Loi des monuments historiques ou artistiques a contribué à introduire les premières mesures de valorisation et de protection du patrimoine culturel dans la législation québécoise. En 1952, cette loi a été refondue dans la Loi des monuments et sites historiques ou artistiques. Elle constitue l’ancêtre de la Loi sur le patrimoine culturel, qui a été adoptée en 2011 et qui a été modifiée en 2021.
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Notices bibliographiques :
BRUNELLE-LAVOIE, Louise, Alain GELLY et Corneliu KIRJAN. La passion du patrimoine. La Commission des biens culturels du Québec 1922-1994. Sillery, Septentrion, 1995. 300 p.
HARVEY, Fernand. La vision culturelle d’Athanase David. Montréal, Delbusso, 2012. 265 p.
MORISSET, Lucie K. « Un ailleurs pour l’Amérique : « Notre » patrimoine et l’invention du monument historique au Québec ». Globe. Vol. 10, no 1 (2007), p. 73-105.
OUELLET, Pierre-Olivier. « « Nos routes se couvrent de touristes à la recherche de nos reliques du passé » Les débuts de la Commission des monuments historiques (1922-1928) ». Revue d’histoire de l’Amérique française. Vol. 61, no 2 (2007), p. 235-251.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Réalisation de travaux publics pendant la Grande dépression



Chômeurs se faisant couper les cheveux, Montréal, QC (vers 1935)

Le 29 octobre 1929, les cours de la bourse de New York s'effondrent. Le krach se répercute sur d'autres bourses, dont celle de Montréal. L'événement marque le début d'une profonde dépression économique, l'une des plus importantes de l'histoire moderne, qui affectera durablement la décennie 1930 en occident. Cette période est connue comme étant la « Grande dépression ».

Le krach provoque une hausse importante du chômage au Québec, alors que les mesures d'aide sociale sont très peu nombreuses. Plusieurs personnes et familles sont réduites à la misère. Pour remédier à la situation, les gouvernements mettent rapidement en place des mesures d'aide. L'intervention gouvernementale prend différentes formes, comme le secours direct, le soutien à la colonisation ainsi que l'aide financière pour la réalisation de travaux publics.

La Loi pour remédier au chômage est adoptée par le gouvernement fédéral dès 1930. Elle est assortie d'un budget de 20 millions de dollars, notamment pour la réalisation de travaux publics. Par la suite, le gouvernement du Québec sanctionne la Loi de l'aide aux chômeurs, le 11 décembre 1930. Cette loi permet à la province d'accepter l'aide financière du gouvernement fédéral, en plus de baliser la contribution provinciale et d'établir le processus de distribution de l'argent. Le Canada paie 25 % des travaux publics, la province l'équivalent. Le montant restant est assumé par les municipalités. Cette loi est la première, mais elle ne sera pas la dernière en matière de travaux publics. Des lois similaires sont sanctionnées d'année en année.

Les municipalités répondent rapidement à l'appel du gouvernement en matière de travaux publics puisque leur population est durement frappée par la Grande dépression. Elles proposent des projets au gouvernement, et les travaux réalisés sont très variés d'un endroit à l'autre. La loi du 11 décembre permet même aux municipalités de subventionner des travaux sur des églises. Les travaux publics visent d'abord à se doter d'équipements modernes comme des égouts et des aqueducs (Hull, Québec) ainsi que des installations portuaires (Chicoutimi). Ils comprennent ensuite plusieurs projets d'aménagements urbains comme des parcs et des promenades (Montréal, Salaberry-de-Valleyfield, Shawinigan). Ils permettent aussi la construction d'équipements sportifs, comme des piscines (Montréal) et des amphithéâtres (Saint-Hyacinthe), culturels, comme des salles de spectacle (Québec), et civiques comme des hôtels de ville (Chicoutimi).

Plusieurs municipalités québécoises réalisent des travaux publics dans le cadre des mesures d'aides gouvernementales. Elles y voient un moyen de soulager leurs citoyens, mais également de se doter d'infrastructures modernes. Nous pensons d'abord à la capitale qui se dote du palais Montcalm et d'un réservoir sous les plaines d'Abraham ainsi qu'à la métropole qui se dote notamment de bains publics et aménage l'île Sainte-Hélène. Plusieurs autres villes moins grandes réalisent aussi des travaux publics comme Shawinigan (promenade Saint-Maurice), Grand-Mère [maintenant Shawinigan] (parc de la Rivière-Grand-Mère), Drummondville, Saint-Hyacinthe (stade L.-P.-Gaucher), Salaberry-de-Valleyfield (parc Delpha-Sauvé), Trois-Rivières (parc de l'Exposition), Chicoutimi [maintenant Saguenay] (hôtel de ville) et Hull (aqueduc et égout).

Les travaux publics réalisés pendant la Grande dépression marquent le paysage urbain de plusieurs villes québécoises. Ils ont, en effet, laissé des infrastructures de qualité destinées aux citoyens. Parmi les réalisations les plus connues, citons notamment le palais Montcalm à Québec, le Jardin botanique ainsi que le chalet et le lac aux Castors dans le parc du Mont-Royal à Montréal.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Fondation du Jardin botanique de Montréal



Jardin chinois au Jardin botanique de Montréal

Le Jardin botanique de Montréal est fondé le 9 juin 1931. Situé dans l'est de Montréal, il renferme plus de 22 000 espèces de plantes, exposées dans 10 serres, un arboretum et une trentaine de jardins thématiques.

Le Jardin botanique est l'œuvre du frère Marie-Victorin, Conrad Kirouac (1885-1944), un religieux des Frères des Écoles chrétiennes. Il est spécialiste de la flore québécoise et professeur à l'Institut de botanique de l'Université de Montréal. La création du Jardin répond à trois objectifs: conserver le patrimoine floral du Québec, populariser la botanique et enrichir la culture scientifique francophone en plein développement durant l'entre-deux-guerres. Après avoir lancé l'idée en 1925, le frère Marie-Victorin met sur pied en 1930 l'Association du jardin botanique de Montréal afin de faire cheminer le projet auprès de l'administration municipale. Il connaît bien le maire Camillien Houde, élu en 1928, car il fut son enseignant au Collège LaSalle à Longueuil.

Le 9 juin 1931, Marie-Victorin parvient à convaincre le Conseil municipal de la faisabilité et de l'intérêt pour la Ville d'une telle institution. Il faut toutefois attendre le mois de décembre 1931 pour que les travaux puissent débuter. L'aménagement du Jardin botanique fait partie de la stratégie de Montréal pour atténuer le chômage en période de crise économique. L'architecte municipal, Lucien Kérouak, est responsable de la construction des bâtiments. Les travaux paysagistes sont confiés à l'horticulteur allemand Henry Teuscher, recommandé par le Jardin botanique de New York. L'architecte-paysagiste Frederick Gage Todd collabore également au projet.

Le site retenu se trouve dans l'immense parc Maisonneuve, créé par la municipalité du même nom avant la Première Guerre mondiale. Amorcés en 1931, les travaux sont suspendus en 1933, car la Ville n'a plus d'argent pour financer son programme de travaux publics.

Le 24 avril 1936, la Ville de Montréal crée un conseil d'administration conjoint avec le frère Marie-Victorin et libère des sommes suffisantes pour achever les travaux. En outre, le gouvernement du Québec, dirigé par Maurice Duplessis, contribue financièrement au projet. Le chantier, relancé en 1936, devient l'un des plus imposants à Montréal. Plus de 700 ouvriers y travaillent et onze millions de dollars sont investis. Le Jardin botanique ouvre ses portes en 1939. La même année, le frère Marie-Victorin y déménage son laboratoire et l'Institut de botanique de l'Université de Montréal, ce qui permet de solidifier les liens entre le Jardin et le milieu universitaire. L'institution est à la fois un espace récréatif, un centre de formation et un pôle de recherche scientifique.

En 1956, la Ville retire au directeur scientifique sa place au conseil d'administration et l'accorde à un fonctionnaire municipal. L'établissement, jadis géré en collaboration avec le milieu scientifique, est désormais un service public sous la seule responsabilité du Conseil municipal. Le directeur scientifique poursuit néanmoins la coordination des affaires universitaires.

Le Jardin connaît un essor important à partir des années 1980 sous l'effet conjugué des préoccupations environnementales, de l'augmentation de son budget et de l'intérêt croissant pour la flore internationale. De nouvelles installations accentuent sa vocation touristique, dont les jardins du Japon, de Chine et des Premières Nations, ainsi que l'Insectarium.

La fondation du Jardin botanique en 1931 est une étape importante dans l'avancement de la culture scientifique québécoise. Il est reconnu comme l'un des plus importants au monde.
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Notices bibliographiques :
AUDET, René. « Frère Marie-Victorin, environnementaliste ». Bulletin d'histoire politique. Vol. 23, no 2 (2015), p. 48-65.
BOUCHARD, André et Francine HOFFMAN. Le Jardin botanique de Montréal: esquisse d'une histoire. Saint-Laurent, Fides, 1998. 111 p.
CAILLOUX, Marcel. « Souvenirs du frère Marie-Victorin, de son Institut et de son Jardin botanique ». Liberté. Vol. 39, no 6 (1997), p. 68-84.
CLERK, Nathalie. « Le Jardin Botanique de Montréal ». Journal of the Society for the Study of Architecture in Canada/Journal de la société pour l'étude de l'architecture au Canada. Vol. 34, no 2 (2009), p. 113-139.
DAGENAIS, Michèle. « Le Jardin botanique de Montréal: une responsabilité municipale? ». Revue d'histoire de l'Amérique française. Vol. 52, no 1 (1998), p. 3-22.
Espace pour la vie. « 80 ans d’histoire et d’Archives au Jardin botanique de Montréal ». Ville de Montréal. Ville de Montréal - Portail officiel [En ligne]. http://montrealweb.ville.montreal.qc.ca/jardin/archives/histoire/histoire_accueil.php.
GINGRAS, Yves. « Le frère Marie-Victorin, l’âme du Jardin botanique ». Quatre-temps. Vol. 30, no 2-3 (2006), p. 16-19.
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Grève des midinettes de 1937



Grève des midinettes (1937)

Le 15 avril 1937, 5000 couturières membres de l'Union internationale des ouvriers du vêtement pour dames (UIOVD) déclenchent une grève générale de trois semaines dans plusieurs usines de Montréal.

L'industrie québécoise de la confection s'est installée principalement à Montréal à la fin du XIXe siècle. Cela s'explique par la position stratégique de l'île. Les coûts de production sont plus bas qu'ailleurs, car la main-d'œuvre est multiculturelle et composée en majorité de femmes sous-payées. Elles travaillent dans les ateliers et les usines situées le long secteur des rues Saint-Laurent, Sainte-Catherine et De Bleury. On les surnommera les midinettes.

Les traditions syndicales du secteur de la confection vestimentaire proviennent des ouvriers masculins qualifiés (tailleurs, coupeurs) au XIXe siècle. À partir des années 1930, les militants syndicaux tentent de rejoindre les travailleuses non qualifiées selon une approche industrielle. La Dépression des années 1930 précarise davantage les emplois et accentue le rapport de force des employeurs. En 1937, la semaine de travail dans la confection est évaluée à 55 heures et le salaire hebdomadaire est nettement inférieur à la moyenne du secteur manufacturier.

En réponse à ces dures conditions, les syndicats intensifient leurs activités de recrutement. En septembre 1936, la centrale new-yorkaise de l'UIOVD envoie deux organisateurs, Bernard Shane et Rose Pesotta, pour syndiquer les midinettes montréalaises. Ils s'adjoignent une militante juive native de la région de Québec, Léa Roback, comme liaison dans les usines. Claude Jodoin est assigné comme négociateur auprès des employeurs. Une unité locale représentant les ouvrières est fondée à Montréal le 15 janvier 1937.

À la fin de mars 1937, le syndicat s'estime assez fort pour négocier un contrat de travail avec les 80 employeurs regroupés dans la Guilde des manufacturiers du vêtement pour dames. Les midinettes ont un cahier de revendications étoffé: reconnaissance syndicale, semaine de 44 heures, hausse salariale générale de 50%, interdiction du travail à domicile, fin du favoritisme, heures supplémentaires payées à temps et demi. En l'absence de réponse de la Guilde, les syndiquées votent la grève le 7 avril et la déclenchent le 15 du même mois.

Les grévistes reçoivent l'appui du Conseil des métiers et du travail de Montréal, porte-parole des syndicats internationaux de métier sur le territoire montréalais. Claude Jodoin agit comme négociateur de l'UIOVD. La centrale new-yorkaise, membre de la Fédération américaine du travail, y investit des ressources importantes et met sur pied un fonds de grève. Le contexte politique n'aide pas les midinettes. Le premier ministre du Québec, Maurice Duplessis, brandit sans succès la Loi du cadenas, adoptée en mars 1937, pour casser la grève. Quelques escarmouches surviennent avec les briseurs de grève: 13 femmes et 8 hommes sont incarcérés pendant le conflit.

L'enlisement du conflit divise le patronat. Deux groupes d'employeurs se forment pour dénouer l'impasse. Le premier tente sans succès de s'entendre avec les travailleuses, moins nombreuses, affiliées à la Confédération des travailleurs catholiques du Canada. L'autre groupe négocie avec l'UIOVD et signe un contrat de travail à la hâte le 10 mai 1937. La grève s'achève la même journée et les midinettes obtiennent la majorité de leurs revendications. La fin de la grève a un écho à l'Assemblée législative du Québec. En septembre 1937, le gouvernement instaure un salaire minimum légal et crée un tribunal d'arbitrage pour les conflits de travail.

La grève d'avril 1937 permet aux travailleuses de la confection d'avoir une visibilité militante dans l'espace public et de s'initier aux activités politiques et syndicales. Elle frappe l'imaginaire et met en lumière la contribution de communauté juive au progrès des conditions de travail au Québec.
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Notices bibliographiques :
BAILLARGEON, Denyse. Brève histoire des femmes au Québec. Montréal, Boréal, 2012. 281 p.
BANTEY, Edward. Les/The Midinettes, 1937-1962. Montréal, Montréal, International Ladies' Garment Workers' Union, 1962. 123 p.
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Conseil du statut de la femme et Réseau québécois en études féministes. Ligne du temps de l'histoire des femmes au Québec [En Ligne]. http://www.histoiredesfemmes.quebec/
GAGNON, Gemma. La syndicalisation des femmes dans l'industrie montréalaise du vêtement, 1936-1937. Université du Québec à Montréal, 1990. 256 p.
GANNAGE, Charlene. Double Day, Double Bind : Women Garment Workers. Toronto, Women's Press, 1986. 235 p.
LÉVESQUE, Andrée. « Les Midinettes de 1937: culture ouvrière, culture de genre, culture ethnique ». LAMONDE, Yvan, dir. et Denis SAINT-JACQUES, dir. 1937: un tournant culturel. Québec, Les Presses de l'Université Laval, 2009, p. 71-88.
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.
ROUILLARD, Jacques. Le syndicalisme québécois: deux siècles d'histoire. Montréal, Boréal, 2004. 335 p.
s.a. « La grève des midinettes – Conseil conjoint montréalais de la ILGWU ». s.a. Le musée interactif du Montréal juif [En ligne]. http://mimj.ca/location/1913

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Obtention du droit de vote et d'éligibilité pour les femmes québécoises



Thérèse Casgrain, au centre, a mené le combat pour le droit de vote des femmes au Québec (1940)

Le 18 avril 1940, l'Assemblée législative du Québec adopte la Loi accordant aux femmes le droit de vote et d'éligibilité. Cet événement est un jalon important de la lutte pour l'égalité politique des femmes au Québec.

Les mouvements en faveur du droit de vote pour les femmes au Québec et au Canada naissent à la fin du XIXe siècle. La première organisation à réclamer le droit de vote pour les femmes est la Women's Christian Temperance Union, un organisme qui combat essentiellement l'alcoolisme et qui a une succursale à Montréal à compter de 1887. La lutte pour l'obtention du droit de vote pour les femmes se concrétise en 1913 par la fondation de la Montreal Suffrage Association, un organisme présidé par Carrie Derrick. Le mandat de l'association est de promouvoir le suffrage féminin au fédéral. En 1918, les femmes du Québec et du Canada obtiennent le droit de voter aux élections fédérales et, en 1919, de se faire élire à la Chambre des communes. De 1916 à 1922, les femmes obtiennent le droit de vote dans toutes les provinces canadiennes, sauf au Québec.

La lutte des femmes pour l'obtention du droit de vote aux élections québécoises commence véritablement en 1921 avec la fondation du Comité provincial pour le suffrage féminin par Marie Lacoste Gérin-Lajoie, présidente de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste, et Anna Marks Lyman, présidente du Montreal Council of Women. Carrie Derick, Grace Julia Parker Drummond, Octavia Grace Ritchie England, Idola Saint-Jean et Thérèse Casgrain font aussi partie du comité. L'objectif de ce comité est de forcer l'Assemblée législative à débattre de la question du suffrage féminin. Des obstacles se dressent toutefois sur la voie des militantes: le clergé catholique et la grande majorité des journalistes et des parlementaires, de même que plusieurs femmes, s'y opposent vigoureusement. Le Comité se présente une première fois au Parlement de Québec le 9 février 1922 pour réclamer le suffrage féminin. En mars de la même année, le député libéral Henry Miles dépose un projet de loi sur le suffrage féminin, qui est rejeté.

Par la suite, la revendication est reprise par l'Alliance canadienne pour le vote des femmes du Québec, créée en 1927 par Idola Saint-Jean, et la Ligue des droits de la femme, créée en 1929 par Thérèse Casgrain, à partir du Comité provincial pour le suffrage féminin. En travaillant de pair, ces deux groupes réclament le droit de vote pour les femmes aux élections provinciales en organisant des manifestations et des campagnes médiatiques. À leur demande, un député favorable à leur cause dépose chaque année un projet de loi à l'Assemblée législative. Ces projets sont continuellement rejetés.

Défait aux urnes en 1936, le Parti libéral du Québec organise un congrès en mai 1938 afin de préparer son programme électoral. Thérèse Casgrain, alors vice-présidente du Club des femmes libérales du Canada, participe au congrès avec une délégation féminine. Ces femmes parviennent à faire ajouter le suffrage féminin au programme du parti. Élus en 1939, les libéraux d'Adélard Godbout remplissent leur promesse dans la première année de leur mandat.

Le projet de loi accordant aux femmes le droit de vote et d'éligibilité est présenté en Chambre le 9 avril 1940. Deux jours plus tard, en deuxième lecture, 67 députés votent en faveur du projet et 9 contre. Le 18 avril, le projet est adopté sur division en troisième lecture. Le 25 avril, le Conseil législatif adopte la loi, qui reçoit la sanction royale du lieutenant-gouverneur le jour même.

En 1944, les femmes votent pour la première fois dans le cadre d'une élection générale québécoise. Il faut toutefois attendre en 1961 pour voir une première femme, Marie-Claire Kirkland-Casgrain, être élue à titre de députée. L'année suivante, elle devient la première femme à être assermentée comme ministre. En 2012, Pauline Marois est la première femme élue première ministre du Québec.
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Notices bibliographiques :
Assemblée nationale du Québec. Par ici la démocratie. Ligne du temps [En Ligne]. http://paricilademocratie.com/
BAILLARGEON, Denyse. Brève histoire des femmes au Québec. Montréal, Boréal, 2012. 281 p.
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
BOILEAU, Gilles. « C'est Adélard Godbout qui a donné le droit de vote des femmes ». Histoire du Québec. Vol. 10, no 2 (2004), p. 11-14.
Collectif Clio. L'histoire des femmes au Québec depuis quatre siècles. Montréal, Le Jour, 1992. 646 p.
Conseil du statut de la femme et Réseau québécois en études féministes. Ligne du temps de l'histoire des femmes au Québec [En Ligne]. http://www.histoiredesfemmes.quebec/
DARSIGNY, Maryse. « Les femmes à l'isoloir : la lutte pour le droit de vote ». Cap-aux-Diamants. No 21 (1990), p. 19-21.
LAPLANTE, Laurent. « Les femmes et le droit de vote : l'épiscopat rend les armes ». Cap-aux-Diamants. No 21 (1990), p. 23-25.
LAVIGNE, Marie. « 18 avril 1940 - L'adoption du droit de vote des femmes : le résultat d'un long combat ». GRAVELINE, Pierre, dir. Dix journées qui ont fait le Québec. Montréal, VLB, 2013, p. 161-186.
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.
Bulletin / Bibliothèque de l'Assemblée nationale. Vol. 39, no 1 (2010), 47 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Première conférence de Québec



Le président Roosevelt et les premiers ministres Mackenzie King et Churchill à la Citadelle de Québec (1943)

La première conférence de Québec, aussi connue sous le nom de code Quadrant, se déroule du 11 au 24 août 1943 dans la citadelle de Québec ainsi que dans le château Frontenac. Cette conférence bilatérale survient dans un contexte d'accroissement des rencontres stratégiques des forces alliées pendant la Seconde Guerre mondiale, après celles de Casablanca et de Washington. Elle rassemble le président américain Franklin D. Roosevelt, le premier ministre britannique Winston Churchill, leurs états majors respectifs ainsi que des délégués militaires de plusieurs pays alliés. Le gouverneur général du Canada, le comte d'Athlone, et le premier ministre, William Lyon Mackenzie King, sont présents en qualité d'hôte, mais ne prennent pas part aux discussions.

La tenue de la conférence a des répercussions sur la ville de Québec. Les médias sont tenus au secret et les communications sont étroitement surveillées et contrôlées. Des batteries antiaériennes et des patrouilles assurent la sécurité des airs tandis que les lieux de rencontre sont ceinturés par d'imposants périmètres de sécurité. Pour sa part, le château Frontenac est complètement vidé de ses hôtes et toutes les réservations sont annulées afin de pouvoir accueillir les participants de la conférence.

Le premier chef d'État qui arrive à Québec est Winston Churchill, le 10 août 1943. Il est accompagné de son épouse Clementine et de leur fille Mary. Le lendemain, Churchill et King sont reçus dans la salle du Conseil exécutif de l'Assemblée législative par le premier ministre Adélard Godbout et son cabinet. Les premières séances de la conférence s'amorcent le même jour entre les chefs d'états-majors combinés, qui sont responsables de la préparation de la stratégie militaire conjointe de la Grande Bretagne et des États-Unis. Le 17 août, en fin de journée, le président Roosevelt arrive dans la ville. Le jour suivant, les photos officielles de la conférence sont prises à la citadelle. Plusieurs de ces clichés passent à la postérité.

Ce n'est qu'une fois Churchill et Roosevelt réunis que se prennent des décisions à partir du travail effectué par les chefs d'états-majors combinés. Parmi les sujets abordés, il y a l'imminente capitulation de l'Italie qui soulève la question de l'ouverture d'un nouveau front en Europe. Conséquemment, et malgré les nombreux points abordés, les efforts sont concentrés sur la planification d'un débarquement en Normandie, nommé opération Overlord. Prévue pour le mois de mai 1944, son organisation est placée sous le commandement du général américain Dwight D. Eisenhower. Le projet Manhattan est également évoqué et il est décidé que l'Union des républiques socialistes soviétiques ne pourra pas être informée des développements du projet. Enfin, on s'entend pour intensifier la lutte contre le Japon.

Le 23 août, King participe avec Churchill à un défilé motorisé dans les rues de Québec. La rencontre se termine le 24 août avec une conférence de presse couverte par de nombreux journalistes. Ces derniers, ne pouvant avoir accès à ce qui s'est discuté derrière les portes closes, se rabattent sur la couverture des manifestations mondaines en marge des discussions. À la suite de la conférence, Roosevelt quitte pour Ottawa tandis que Churchill reste quelques jours supplémentaires à Québec.

La conférence de Québec de 1943 lance la préparation de l'opération Overlord et marque l'implication grandissante des États-Unis dans la poursuite de la guerre. La tenue de cette conférence, et celle de 1944, permettent à Québec de figurer parmi les villes qui ont eu le privilège d'accueillir une conférence interalliée au cours de la Deuxième Guerre mondiale.
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Notices bibliographiques :
Assemblée nationale du Québec. Par ici la démocratie. Ligne du temps [En Ligne]. http://paricilademocratie.com/
BLAIS, Christian, Gilles GALLICHAN, Frédéric LEMIEUX et Jocelyn SAINT-PIERRE. Québec: quatre siècles d'une capitale. Québec, Assemblée nationale du Québec - Les Publications du Québec, 2008. 692 p.
LEBEL, Jean-Marie. Québec 1608-2008 : les chroniques de la capitale. Québec, Les Presses de l'Université Laval, 2008. 760 p.
MARSH, James. « Conférences de Québec (1943 et 1944) ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com
Office of the Combined Chiefs of Staff. Quadrant Conference (Quebec), Papers and Minutes of Meetings, August 1943. s.l. Office of the Combined Chiefs of Staff, 1943. 520 p.
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.
RICARD-CHÂTELAIN, Baptiste. « Quand l'histoire s'est écrite à Québec ». Le Soleil, 17 août 2013, s.p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Création d'Hydro-Québec



L’aménagement de Carillon sur la rivière des Outaouais (1960)

Le 14 avril 1944, l'Assemblée législative de la province de Québec adopte la Loi établissant la Commission hydroélectrique de Québec, créant ainsi l'entreprise publique connue sous le nom d'Hydro-Québec, responsable de la production, du transport et de la distribution de l'électricité sur tout le territoire québécois.

Antérieurement à la création d'Hydro-Québec, les ressources énergétiques du Québec sont exploitées en majeure partie par des entreprises privées. La Montreal Light, Heat and Power Consolidated, l'une de ces puissantes compagnies, exerce un monopole sur l'île de Montréal et engrange des profits considérables, tout en offrant des services plus ou moins adéquats.

La lutte contre le trust de l'électricité prend son essor au début des années 1930. Télesphore-Damien Bouchard, député libéral et maire de Saint-Hyacinthe, qui prône la municipalisation des services d'électricité, et le dentiste Philippe Hamel, qui milite pour la nationalisation des compagnies, figurent parmi les chefs de file du mouvement. En 1933, l'École sociale populaire prend position en faveur de la création d'une hydro provinciale. Face aux pressions populaires croissantes, le gouvernement de Louis-Alexandre Taschereau crée en 1934 la Commission de l'électricité (Commission Lapointe), qui dénoncera dans son rapport les pratiques des compagnies, sans pour autant recommander la nationalisation.

La nationalisation de l'électricité devient un enjeu électoral en 1936, alors que l'Union nationale s'engage dans cette voie. Une fois élue, l'Union nationale crée plutôt le Syndicat national de l'électricité, une entreprise publique chargée de construire des centrales hydroélectriques dans certaines régions du Québec. En 1939, le Parti libéral est reporté au pouvoir au terme d'une campagne pendant laquelle son chef Adélard Godbout promet l'étatisation de la Montreal Light Heat and Power Consolidated.

Malgré la campagne d'opposition de la compagnie et de la presse d'affaires, le projet de loi visant la création d'une hydro québécoise, l'étatisation de la Montreal Light, Heat and Power Consolidated et l'électrification rurale est déposé le 23 mars 1944. Adoptée et sanctionnée le 14 avril 1944, la loi donne le mandat à Hydro-Québec « de fournir l'énergie aux municipalités, aux entreprises industrielles ou commerciales et aux citoyens de cette province aux taux les plus bas compatibles avec une saine administration financière ».

Le lendemain de l'adoption de la loi, les commissaires d'Hydro-Québec prennent possession des actifs électriques et gaziers de la Montreal Light, Heat and Power Consolidated et de ses deux filiales. La nouvelle société d'État acquiert ainsi quatre centrales hydroélectriques en activité et le monopole du transport et de la distribution de l'électricité et du gaz sur l'île de Montréal. Le processus de compensation des expropriés prendra fin en 1953.

La création d'Hydro-Québec a des retombées économiques majeures. Par cette expropriation, l'État québécois prend possession du marché montréalais de l'électricité. À court terme, cette prise de contrôle entraine la réduction des tarifs, ce qui favorise le développement du marché domestique et l'extension du réseau de distribution. À plus long terme, la création d'Hydro-Québec contribue à l'électrification des régions du Québec et au développement d'une expertise québécoise en production et en transport d'énergie hydroélectrique.

En 1963, le gouvernement de Jean Lesage complète la nationalisation de l'électricité en permettant à Hydro-Québec d'acquérir et d'intégrer à son réseau les actifs de onze autres compagnies privées d'électricité. Hydro-Québec devient alors un véritable levier économique. Elle contribue à l'autonomie de l'État québécois et à nourrir la fierté de sa population.

De nos jours, Hydro-Québec est l'un des plus importants producteurs d'hydroélectricité au monde et continue de jouer un rôle déterminant dans le développement économique du Québec.



Intérêt patrimonial

Cette désignation repose sur les motifs suivants:

Le 14 avril 1944, le gouvernement d'Adélard Godbout fait adopter par l'Assemblée législative de la province de Québec une loi donnant naissance à Hydro-Québec et étatisant les actifs de la Montreal Light, Heat and Power Consolidated. La nouvelle entreprise publique acquiert ainsi quatre centrales en activité et le monopole du transport et de la distribution de l'électricité et du gaz sur l'île de Montréal.

La création d'Hydro-Québec a des retombées économiques majeures. À court terme, la prise de possession du marché montréalais de l'énergie entraine la réduction des tarifs des consommateurs, ce qui favorise l'expansion du marché domestique et l'extension du réseau de distribution. À plus long terme, la création d'Hydro-Québec contribue à l'électrification des campagnes et au développement d'une expertise québécoise dans le secteur de l'énergie hydroélectrique.

La création d'Hydro-Québec constitue la première phase du processus de nationalisation de l'électricité au Québec. Ce processus est complété en 1963 par le gouvernement de Jean Lesage qui permet à Hydro-Québec d'acquérir et d'intégrer à son réseau les actifs de onze autres compagnies privées d'électricité. Hydro-Québec devient un véritable levier économique qui contribuera dès lors à l'autonomie de l'État québécois.

De nos jours, Hydro-Québec est responsable de la production, du transport et de la distribution de l'électricité sur tout le territoire québécois. L'entreprise continue de jouer un rôle déterminant dans le développement économique du Québec et est l'un des plus importants producteurs d'hydroélectricité au monde.
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Notices bibliographiques :
Archemi inc. Aménagement des Cèdres, Inventaire du patrimoine bâti et technologique, vol. 1 - Rapport principal. Montréal, 2004. 161 p.
GALLICHAN, Gilles, dir. et Assemblée nationale du Québec. Hydro-Québec : débats parlementaires, Loi 17 - 1944. Québec, econstitution des débats, Bibliothèque de l'Assemblée nationale, 1994. 156 p.
BELLAVANCE, Claude, Roger LEVASSEUR et Yvon ROUSSEAU. « De la lutte antimonopoliste à la promotion de la grande entreprise. L'essor de deux institutions: Hydro-Québec et Desjardins, 1920-1965 ». Recherches sociographiques. Vol. XL, no 3 (1999), p. 551-578.
BELLAVANCE, Claude. « Les origines économiques et techniques de la nationalisation de l'électricité au Québec : l'expérience du régime mixte, de 1944 à 1963 ». Annales historiques de l'électricité. Vol. 1, no 1 (2003), p. 37-52.
BELLAVANCE, Claude. Shawinigan Water and Power (1898-1963). Formation et déclin d'un groupe industriel au Québec. Montréal, Boréal, 1994. 448 p.
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
BLAIS, Christian. Histoire parlementaire du Québec, 1928-1962 : la crise, la guerre, le duplessisme, l'État providence : introduction. Québec, Septentrion, 2015. s.p.
BOLDUC, André. « L'histoire de l'électricité au Québec ». Hydro-Québec. Hydro-Québec [En ligne]. http://www.hydroquebec.com/comprendre/histoire/index.html
BOLDUC, André, Clarence HOGUE et Daniel LAROUCHE. Québec : un siècle d'électricité. Montréal, Libre expression, 1984. 430 p.
BROUILLETTE, Benoît. « Notre Milieu. Combustible et force motrice ». Le Devoir, 4 mars 1941, p. p.2.
DORION, Marie-Josée. Les coopératives et l'électrification rurale du Québec, 1945-1964. Université du Québec à Trois-Rivières, 2008. 628 p.
FAUCHER, Albert. « La question de l'électricité au Québec durant les années trente ». L'Actualité économique. Vol. 68, no 3 (1992), p. 415-432.
GALLICHAN, Gilles. « De la Montreal Light, Heat and Power à Hydro-Québec ». BÉLANGER, Yves et Robert COMEAU. Hydro-Québec : autres temps, autres défis. Les leaders du Québec contemporain. Québec, Université du Québec, 1995, p. 63-70.
LEROUX, Carole. « La passionnante histoire de la nationalisation de l'électricité au Québec ». L'Écho. Journal du Syndicat professionnel des ingénieurs d'Hydro-Québec. Vol. 49, no 6 (2013), p. p.7.
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.
SAVARD, Stéphane. Hydro-Québec et l'État québécois, 1944-2005. Québec, Septentrion, 2013. 435 p.
Société d'aménagement technologique Inc. (SOTAR). Inventaire du patrimoine bâti et technologique d'Hydro-Québec : évaluation comparative des installations hydroélectriques. Vol. 1. s.l. 1995. s.p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Parution du roman Bonheur d’occasion de Gabrielle Roy



Gabrielle Roy et les enfants de Saint-Henri (1945)

Gabrielle Roy est une des auteures les plus importantes du Québec et du Canada. La parution de son premier roman, Bonheur d’occasion, à la Société des éditions Pascal en 1945, est un événement déterminant dans l’histoire de la littérature québécoise.

Née au Manitoba en 1909, Gabrielle Roy s’établit à Montréal en 1939, à son retour d’Europe. Journaliste à la pige et artiste dramatique, elle entreprend la rédaction de l’œuvre de fiction qui deviendra le roman Bonheur d’occasion au printemps de 1941 ou de 1942. Elle découvre la matière de ce roman au cours des promenades qu’elle effectue dans le quartier Saint-Henri. À mesure que ces randonnées se multiplient, elles deviennent de véritables enquêtes. À partir de ses observations, Gabrielle Roy rédige vraisemblablement deux ou trois versions de son roman. Elle soumet son manuscrit au début de l’été de 1944 à la Société des éditions Pascal dirigé par Gérard Dagenais, qui lui est présenté par Henri Girard, son conseiller littéraire. L’auteure signe son contrat le 28 août 1944.

Le roman Bonheur d’occasion de Gabrielle Roy paraît le 28 juin 1945. Le roman est publié en deux volumes et compte 532 pages. Le récit présente la quête de mieux-être de résidants du quartier populaire et défavorisé de Saint-Henri, à Montréal, notamment les membres de la famille Lacasse, pour qui la guerre apparaît, à l’hiver et au printemps de 1940, comme un moyen de sortir de la misère.

Le roman reçoit dès sa parution un accueil enthousiaste de la critique et connaît un succès commercial et médiatique sans précédent au Québec, ce qui confère à Gabrielle Roy une célébrité instantanée. Il s’agirait du premier succès « à l’américaine » d’un roman québécois. Le premier tirage est épuisé à la fin de l’été 1945. Au 31 janvier 1946, 6 326 exemplaires du roman ont été vendus. Malgré ces chiffres, l’éditeur est incapable de verser les redevances à l’auteure. Représentée par l’avocat Jean-Marie Nadeau, qui devient son agent littéraire, Gabrielle Roy reprend les droits sur son roman et dirige les éditions subséquentes. À la suite de la faillite de la Société des éditions Pascal, Gabrielle Roy confie la distribution de son roman au Québec à la Librairie Beauchemin.

Le roman reçoit plusieurs distinctions, notamment en 1947. Le livre obtient, entre autres, le prix du Gouverneur général du Canada dans la catégorie fiction. La version anglaise du roman, publiée aux États-Unis par la maison Reynal and Hitchcock sous le titre The Tin Flute, est désignée par la Literary Guild of America (club du livre américain) comme étant le livre du mois de mai 1947. Le roman est alors tiré à 700 000 exemplaires et devient un succès de librairie aux États-Unis et au Canada anglais. Plus encore, les droits visant l’adaptation du récit pour le cinéma sont achetés en 1947 par Universal Pictures, qui ne tournera toutefois jamais le film. En France, le roman paraît aux Éditions Flammarion et devient en 1947 le premier roman québécois et canadien à recevoir le prestigieux prix Femina. Le livre est par la suite traduit dans une douzaine de langues et distribué dans plusieurs pays.

Classique de la littérature québécoise, la parution de Bonheur d’occasion constitue un jalon déterminant dans l’histoire de la littérature québécoise. En portant un regard réaliste sur la ville et en plaçant le narrateur au cœur de celle-ci, l’auteure contribue en effet à renouveler le genre romanesque québécois, jusqu’alors d’inspiration plutôt rurale et idéaliste. La parution de ce grand roman urbain où l’on décrit les conditions de vie difficiles des classes populaires des quartiers défavorisés de Montréal apparaît aussi comme l’élément déclencheur de la littérature de contestation qui dominera la production romanesque des décennies suivantes. Ce roman permet ainsi à la littérature québécoise de faire un pas de plus dans la modernité.


INTÉRÊT PATRIMONIAL

Cet événement historique est désigné pour les motifs suivants:

Le premier roman de Gabrielle Roy, Bonheur d’occasion, est un classique de la littérature québécoise. Le récit présente la quête de mieux-être de résidants du quartier populaire et défavorisé de Saint Henri, à Montréal, notamment les membres de la famille Lacasse, pour qui la guerre apparaît, à l’hiver et au printemps de 1940, comme un moyen de sortir de la misère.

Gabrielle Roy s’établit à Montréal en 1939 et y travaille comme journaliste à la pige. Elle découvre la matière de ce roman au cours des promenades qu’elle effectue dans le quartier Saint-Henri. À mesure que ces randonnées se multiplient, elles deviennent de véritables enquêtes. C’est à partir de ses observations qu’au printemps de 1941 ou de 1942, Gabrielle Roy entreprendra la rédaction d’une oeuvre de fiction dont le titre sera Bonheur d’occasion.

Le roman Bonheur d’occasion est publié le 28 juin 1945 à la Société des éditions Pascal, à Montréal. Reçu de manière enthousiaste par la critique, il connaît un succès commercial et médiatique sans précédent au Québec, conférant à son auteure une célébrité instantanée. Le roman obtient, entre autres, le prix du Gouverneur général du Canada dans la catégorie fiction, en 1947, et devient, au cours de la même année, le premier roman québécois et canadien à recevoir le prestigieux prix Femina. Bonheur d’occasion est traduit dans plusieurs langues, et sa version anglaise, The Tin Flute, est nommée le livre du mois de mai de 1947 par la Literary Guild of America (club du livre américain). Le roman devient aussi un succès de librairie aux États-Unis et au Canada anglais.

La parution de Bonheur d’occasion constitue un jalon déterminant dans l’histoire de la littérature québécoise. En portant un regard réaliste sur la ville et en plaçant le narrateur au coeur de celle-ci, l’auteure contribue en effet à renouveler le genre romanesque québécois, jusqu’alors d’inspiration plutôt rurale et idéaliste. La parution de ce grand roman urbain où l’on décrit les conditions de vie difficiles des classes populaires des quartiers défavorisés de Montréal apparaît aussi comme l’élément déclencheur de la littérature de contestation qui dominera la production romanesque des décennies suivantes. Ce roman permet ainsi à la littérature québécoise de faire un pas de plus dans la modernité.
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Notices bibliographiques :
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
Conseil du statut de la femme et Réseau québécois en études féministes. Ligne du temps de l’histoire des femmes au Québec [En Ligne]. http://www.histoiredesfemmes.quebec/
FAUCHON, André, dir. Colloque international Gabrielle Roy : actes du colloque soulignant le cinquantième anniversaire de Bonheur d’occasion, 27 au 30 septembre 1995. Winnipeg, Presses universitaires de Saint-Boniface, 1996. 756 p.
MAILHOT, Laurent. La littérature québécoise depuis ses origines : essai. Montreal, Typo, 1996. 445 p.
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.
RICARD, François. Album Gabrielle Roy. Montréal, Boréal, 2014. 151 p.
RICARD, François. Gabrielle Roy : une vie : biographie. Montréal, Boréal, 1996. 646 p.
RICARD, François. « Roy, Gabrielle ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
SIROIS, Antoine. « Bonheur d’occasion, roman de Gabrielle Roy ». LEMIRE, Maurice. Dictionnaire des oeuvres littéraires du Québec - 1940 à 1959. Montréal, Fides, 1995, p. 127-133.
VANASSE, André. Gabrielle Roy: Écrire, une vocation. Montréal, XYZ, 2004. 164 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Adoption du fleurdelisé comme drapeau officiel du Québec



Le premier ministre Maurice Duplessis devant un grand drapeau du Québec (1948)

Le 21 janvier est le jour du Drapeau du Québec en vertu de la Loi sur le drapeau et les emblèmes du Québec. Ce jour commémore la première levée du fleurdelisé sur le mât de la tour centrale de l’hôtel du Parlement du Québec, le 21 janvier 1948. Le matin même, le gouvernement du Québec lui avait accordé par décret le statut de drapeau officiel.

Sur ce premier drapeau, quatre fleurs de lys blanches pointées vers le centre rappellent l’écu de France sur champ azur, symbole de la monarchie française, tandis que la croix blanche évoque celle plantée par Jacques Cartier à Gaspé, en 1534. Dès le lendemain, il est remplacé par un drapeau sur lequel les fleurs de lys sont redressées, comme c’est le cas aujourd’hui sur le drapeau officiel du Québec.
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Notices bibliographiques :
Assemblée nationale du Québec. Par ici la démocratie. Ligne du temps [En Ligne]. http://paricilademocratie.com/
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Lancement du manifeste Refus global



De gauche à droite: Claude Gauvreau, Julienne Gauvreau, Pierre Gauvreau, Marcel Barbeau, Madeleine Arbour, Paul-Émile Borduas, Madeleine Lalonde, Bruno Cormier et JeanPaul Mousseau (1947)

Considéré comme un moment charnière de l'histoire culturelle du Québec, le lancement du manifeste collectif intitulé Refus global s'inscrit dans le mouvement d'affirmation de la modernité dans le domaine des arts québécois. Ce mouvement s'est amorcé au cours des années 1930 et a culminé avec la Révolution tranquille.

Le manifeste Refus global est un condensé des réflexions des automatistes, un groupe de jeunes artistes d'avant-garde formé à Montréal à compter de 1941 autour de Paul-Émile Borduas, peintre et professeur à l'École du meuble. Inspirés par le surréalisme français et plus particulièrement par l'écrivain André Breton, les membres de ce groupe rejettent toute forme d'académisme et conçoivent plutôt l'art comme l'expression du subconscient, libre des limites imposées par les règles disciplinaires, laissant toute la place à la spontanéité et à l'expérimentation. À partir de 1944, leurs oeuvres sont montrées au public lors d'expositions collectives à Montréal, mais aussi à Toronto, New York et Paris.

À la suite de la publication à Paris en 1947 du manifeste Ruptures inaugurales par des artistes surréalistes, le groupe des automatistes sent le besoin de faire connaître ses positions par une manifestation écrite. Entre décembre 1947 et février 1948, les premières versions de Refus global sont rédigées par Borduas. Le manifeste en préparation circule chez les avant-gardes montréalaises et déclenche la parution du manifeste Prisme d'yeux signé par un groupe réuni autour d'Alfred Pellan. Pour financer la publication de Refus global, le photographe Maurice Perron fonde la maison d'édition Mithra-Mythe et organise une souscription auprès d'amis. Les textes du recueil sont dactylographiés par Pierre Gauvreau et sont imprimés sur une machine Gestetner. Ils sont par la suite assemblés de manière artisanale.

Le 9 août 1948, les automatistes lancent leur manifeste à la librairie d'Henri Tranquille, à Montréal. À cette occasion, les 400 exemplaires numérotés du tirage original sont mis en vente au coût d'un dollar chacun. Le recueil présente neuf textes différents, dont l'essai principal écrit par Paul-Émile Borduas qui donne son titre au collectif. Cet essai est cosigné par Madeleine Arbour, Marcel Barbeau, Muriel Guilbault, Pierre Gauvreau, Claude Gauvreau, Louise Renaud, Fernand Leduc, Thérèse Renaud-Leduc, Jean-Paul Riopelle, Françoise Riopelle, Jean-Paul Mousseau, Marcelle Ferron, Françoise Sullivan, Bruno Cormier et Maurice Perron. Il est accompagné de deux autres textes de Borduas, de trois « objets dramatiques » de Claude Gauvreau et de courts essais de Cormier et de Sullivan, de même que d'un texte pamphlétaire de Leduc. Douze planches d'illustrations et de photos complètent le document. La couverture est l'oeuvre de Riopelle et de Claude Gauvreau.

Par le manifeste Refus global, Borduas et les automatistes revendiquent une plus grande liberté dans l'acte de création, mais aussi dans la manière d'exister. Le manifeste critique de manière virulente la société dominante et son conservatisme, de même que le contrôle exercé sur les esprits par les pouvoirs religieux et politique. Plus qu'un manifeste d'artistes, Refus global est un projet de société porté par des citoyens en quête d'un monde plus libre et ouvert aux manifestations des avant-gardes internationales.

Le manifeste n'obtient pas de succès en librairie, mais sa parution provoque une controverse. Le gouvernement, l'Église et plusieurs journaux condamnent le texte jugé scandaleux et subversif. Le prix à payer par certains signataires du manifeste est plutôt lourd. Borduas perd son poste de professeur à l'École du meuble et s'exile à New York, puis à Paris, où se retrouveront également les Riopelle, Leduc et Ferron.

Le manifeste est laissé dans l'oubli durant les années suivant sa publication. Il est redécouvert dans les années 1960 et 1970 et consacré parmi les œuvres marquantes du Québec.

Le lancement du manifeste Refus global a été désigné événement historique le 9 août 2023.


INTÉRÊT PATRIMONIAL


Cet événement historique a été désigné pour les motifs suivants:

« Le lancement du manifeste Refus global est considéré comme un moment charnière de l'histoire culturelle du Québec. Ce manifeste est l'œuvre d'un groupe de jeunes artistes d'avant-garde, les Automatistes, formés à Montréal à compter de 1941 autour de Paul-Émile Borduas, peintre et professeur à l'École du meuble. En 1947, à la suite de la publication à Paris de Rupture inaugurale par les artistes surréalistes français, les Automatistes souhaitent faire connaître leur pensée par une manifestation écrite du même ordre. L'ébauche de ce texte est rédigée par Borduas pendant les vacances de Noël. En janvier 1948, au cours de rencontres, les Automatistes discutent autour de ce premier jet. En février, la parution de Prisme d'yeux, un manifeste signé par un groupe d'artistes québécois réunis autour de Jacques de Tonnancour et d'Alfred Pellan, force toutefois les Automatistes à revoir le contenu de leur document au cours de l'hiver et du printemps, ce qui entrainera des dissidences au sein de leur groupe. Le 9 août 1948, les Automatistes lancent, à la librairie Tranquille à Montréal, un recueil intitulé Refus global, qui comprend le manifeste écrit par Borduas et qui donne son titre au collectif. Le manifeste est contresigné par quinze artistes du mouvement automatiste, soit : Madeleine Arbour, Marcel Barbeau, Bruno Cormier, Marcelle Ferron, Muriel Guilbault, Claude Gauvreau, Pierre Gauvreau, Fernand Leduc, Jean-Paul Mousseau, Thérèse Renaud-Leduc, Louise Renaud, Maurice Perron, Françoise Riopelle, Jean Paul Riopelle et Françoise Sullivan. Dans ce texte, les cosignataires revendiquent une plus grande liberté, non seulement dans l'acte de création, mais aussi dans la manière d'exister, et critiquent sévèrement les cadres de la société de l'époque. La parution du manifeste provoque une vive controverse, qui a de lourdes conséquences pour certains signataires. C'est le cas pour Paul Émile Borduas, qui perdra son poste à l'École du meuble et s'exilera à New York, puis à Paris, où se retrouvent certains automatistes. Le lancement du manifeste Refus global s'inscrit néanmoins dans le mouvement d'affirmation de la modernité dans le domaine des arts québécois et sert de prélude à la Révolution tranquille. »
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Notices bibliographiques :
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
Conseil du statut de la femme et Réseau québécois en études féministes. Ligne du temps de l'histoire des femmes au Québec [En Ligne]. http://www.histoiredesfemmes.quebec/
DESCHAMPS, Brigitte. « Refus global: de la contestation à la commémoration ». L'automatisme en mouvement. Vol. 34, no 2-3 (1998), p. 175-190.
DUBOIS, Sophie. Refus global : histoire d'une réception partielle. Nouvelles études québécoises, 16. Montréal, Les Presses de l'Université de Montréal, 2017. 429 p.
GAGNON, François-Marc. « Borduas, Paul-Émile ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
GAGNON, François-Marc. « Refus Global ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
MAYER, Jonathan. Les échos du refus global. Montréal, Michel Brulé, 2008. 240 p.
Musée des beaux-arts de Mont-Saint-Hilaire. Musée des beaux-arts de Mont-Saint-Hilaire [En Ligne]. https://mbamsh.com/
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.
Vie des arts. Vol. 42, no 170 (1998).

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Grève de l’amiante



Grève de l'amiante (1949)

Le 14 février 1949 commence l’un des conflits de travail les plus longs et les plus violents de l’histoire du Québec: la grève de l’amiante. Celle-ci paralyse les principales mines d’amiante du Québec pendant près de 5 mois, à une époque où 85 % de l’amiante dans le monde provient du Québec et que ce minerai est utilisé dans la construction et la fabrication de nombreux produits. Les travailleurs revendiquent notamment un meilleur salaire, des jours fériés payés, une pension ainsi que des mesures pour limiter la poussière d’amiante qui est à l’origine de plusieurs maladies. La grève est marquée par la répression policière et le conflit entre le premier ministre Maurice Duplessis et l’archevêque de Montréal, monseigneur Joseph Charbonneau, qui soutient les grévistes. Si elle se solde par peu de gains pour les travailleurs, la grève de l’amiante a d’importantes répercussions sociales et politiques qui contribuent à ouvrir la voie à la Révolution tranquille.
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Notices bibliographiques :
Assemblée nationale du Québec. Par ici la démocratie. Ligne du temps [En Ligne]. http://paricilademocratie.com/
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
DAVID, Hélène et Danny KUCHARSKY. « Grève de l’amiante de 1949 ». Historica Canada. L’encyclopédie canadienne [En ligne]. https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/greve-de-lamiante
MARSH, James H. « La grève de l’amiante : moment charnière de l’histoire du Québec ». Historica Canada. L’encyclopédie canadienne [En ligne]. https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/la-greve-de-lamiante-editorial
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Deuxième phase de nationalisation de l'électricité au Québec



René Lévesque, ministre des Ressources naturelles, explique la situation qui a mené à la nationalisation (1962)

Le 30 avril 1963 marque le début de la deuxième phase de nationalisation de l'électricité au Québec alors que la société d'État Hydro-Québec amorce l'achat des actions de onze compagnies privées. Hydro-Québec devient ainsi la plus importante entreprise publique du Québec.

La première phase de nationalisation de l'électricité, réalisée en 1944, a permis à Hydro-Québec de devenir propriétaire de la compagnie privée Montreal Light Heat and Power Consolidated et de ses filiales. La société d'État fait alors partie de plus de 40 compagnies d'électricité cohabitant au Québec. Des entreprises privées telles que la Shawinigan Water and Power Company (SWPC), la Gatineau Power Company et la Southern Canada Power Ltd. détiennent les monopoles de l'électricité dans les différentes régions du Québec. N'étant pas soumises à la concurrence du marché, ces compagnies peuvent se permettre de faire payer des tarifs d'électricité exorbitants aux consommateurs, spécialement dans le cas où ceux-ci vivent dans des régions à faible taux de population, situées loin des sources de production. La coexistence de plusieurs entreprises d'électricité mène à une multiplication des coûts de transport, de production et d'administration, alors que le service offert demeure insatisfaisant.

En 1962, René Lévesque (1922-1987), ministre des Richesses naturelles sous le gouvernement libéral de Jean Lesage (1912-1980), amène l'idée d'intégrer sous une même gestion la production hydroélectrique et la distribution de l'électricité. Un des arguments est que les différents réseaux de transport devraient être unifiés de manière à servir équitablement et à juste prix l'ensemble des citoyens québécois. Selon René Lévesque, ces changements doivent être réalisés par le biais de l'État, et plus précisément par Hydro-Québec. Plutôt que de viser uniquement l'accumulation de bénéfices, une entreprise publique utiliserait les richesses naturelles du Québec pour le bien de la collectivité. Le gouvernement du Québec tout comme les Québécois bénéficieraient des retombées économiques de la société d'État.

Une lutte de relations publiques acharnée s'amorce alors entre le gouvernement, avec René Lévesque comme porte-parole, et les compagnies privées d'électricité, en particulier la SWPC. L'affrontement est également politique, puisque la question de la nationalisation de l'électricité devient l'enjeu principal de la campagne électorale provinciale de 1962. En plus de revêtir un caractère social important, le projet d'étatisation de l'électricité est intimement lié au développement économique du Québec. Avec le slogan « Maîtres chez nous », l'administration Lesage souhaite briser les obstacles qui se dressent devant l'essor économique des Canadiens français.

C'est en votant que les citoyens décident de la nationalisation. Le 14 novembre 1962, le gouvernement libéral de Jean Lesage est réélu. Après maintes négociations concernant le prix d'achat des actions des compagnies privées, le projet de nationalisation de l'électricité est mené à terme le 30 avril 1963 alors qu'Hydro-Québec amorce l'achat de onze compagnies d'électricité. En décembre de la même année, la société d'État achète 45 coopératives d'électricité. Entre 1963 et 1977, Hydro-Québec acquiert 27 réseaux privés ou municipaux et les intègre à son propre réseau. La deuxième phase de la nationalisation de l'électricité se fait donc sous la forme d'achats graduels d'actions de gré à gré.

À l'issue de cette deuxième phase de nationalisation de l'électricité en 1963, Hydro-Québec favorise le français comme langue de travail, emploie une dizaine de milliers de personnes, dessert plus de 1 350 000 clients et détient des actifs de plus de deux milliards de dollars. En quelques années, Hydro-Québec réduit les tarifs d'électricité pour la clientèle résidentielle et uniformise aussi bien sa gestion administrative que le service d'électricité offert dans toute la province.
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Notices bibliographiques :
Archemi inc. Aménagement des Cèdres, Inventaire du patrimoine bâti et technologique, vol. 1 - Rapport principal. Montréal, 2004. 161 p.
BELLAVANCE, Claude. « Un long mouvement d'appropriation de la première à la deuxième nationalisation ». BÉLANGER, Yves et Robert COMEAU. Hydro-Québec : autres temps, autres défis. Les leaders du Québec contemporain. Québec, Université du Québec, 1995, p. 71-78.
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
BOLDUC, André, Alain CHANLAT et Daniel LAROUCHE. Gestion et culture d'entreprise : le cheminement d'Hydro-Québec. Montréal, Québec Amérique, 1984. 250 p.
BOLDUC, André, Clarence HOGUE et Daniel LAROUCHE. Québec : un siècle d'électricité. Montréal, Libre expression, 1984. 430 p.
GOUVERNEMENT DU QUÉBEC, Secrétariat aux relations canadiennes. Le Québec au fil du temps [En Ligne]. https://www.sqrc.gouv.qc.ca/relations-canadiennes/federalisme/quebec-fil-du-temps.asp
JOBIN, Carol. Les enjeux économiques de la nationalisation de l'électricité (1962-1963). Montréal, Éditions Coopératives Albert Saint-Martin, 1978. 206 p.
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.
SAVARD, Stéphane. Hydro-Québec et l'État québécois, 1944-2005. Québec, Septentrion, 2013. 435 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Inauguration du métro de Montréal



Inauguration du métro de Montréal (1966)

Le métro de Montréal est inauguré le 14 octobre 1966 et comprend initialement 20 stations réparties sur deux lignes.

L'idée de creuser un réseau de transport souterrain à Montréal remonte à la fin du XIXe siècle, mais elle n'a pas été concrétisée avant les années 1960. Le projet de métro revient à l'ordre du jour après la Seconde Guerre mondiale pour décongestionner le centre-ville et encourager la croissance urbaine à plus long terme. La disparition des tramways, complétée en 1959, accélère la recherche d'une solution complémentaire aux autobus pour le transport des travailleurs aux heures de pointe. Jean Drapeau gagne l'élection d'octobre 1960 en promettant notamment un métro.

Le projet est porté principalement par Jean Drapeau et par le président du Comité exécutif, Lucien Saulnier. Pour accélérer le processus décisionnel, la Ville de Montréal décide en janvier 1961 de construire le métro à ses frais, sans le concours des autres municipalités de l'île. Trois mois plus tard, en avril, un comité spécial formé d'élus, de fonctionnaires municipaux et de membres de la Commission des Transports est créé pour en étudier la faisabilité. Quant aux aspects techniques, ils relèvent de l'ingénieur et directeur du Service des travaux publics de la Ville, Lucien L'Allier, qui sera surnommé le « père du métro ».

Drapeau et Saulnier soumettent le projet de métro le 20 octobre 1961. Le tracé initial prévoit deux lignes souterraines longeant les deux principales artères commerciales de la ville, soit les rues Sainte-Catherine (est-ouest) et Saint-Denis (nord-sud). Pour y éviter les perturbations, il est construit sous les rues adjacentes.

La Ville fait appel aux ingénieurs George Derou et Jacques Gaston, tous deux à l'emploi de la Régie autonome des transports parisiens, pour étudier l'option de wagons sur pneumatiques. Conçue par la société Michelin et implantée depuis 1956 sur une ligne du métro de Paris, cette technologie novatrice a des avantages que les rails n'offrent pas: modernité, confort, meilleurs accélérations et freinages, électrification complète.

Les travaux débutent le 23 mai 1962. La conception des stations, dont chacune a ses particularités, est confiée à des architectes québécois et leur ornementation, à des artistes émergents. En novembre 1962, Montréal obtient l'Exposition universelle de 1967. Le choix audacieux des îles Sainte-Hélène et Notre-Dame entraîne la mise en chantier de la ligne jaune vers Longueuil.

Le 14 octobre 1966, la cérémonie d'inauguration du métro se déroule à la station Berri-de-Montigny (Berri-UQAM). Plus de 5000 personnes sont présentes, dont l'archevêque de Montréal, le cardinal Paul-Émile Léger, et des dignitaires venus de France. Le maire Drapeau tient à ce que l'ouverture du métro se fasse moins de deux semaines avant les élections municipales, même si six stations ne sont toujours pas complétées. Elles le seront juste à temps pour l'ouverture de l'Exposition universelle le 28 avril 1967. Le métro aura coûté 213 millions aux contribuables montréalais.

Depuis son inauguration, le métro a connu trois phases d'expansion. En prévision des Jeux olympiques de 1976, la ligne verte est prolongée vers les quartiers de l'est et du sud-ouest. Dans les années 1980, le nombre de stations est porté à 65 grâce à la construction d'un quatrième axe (ligne bleue) et au prolongement de la ligne orange vers le nord-ouest de l'île. Trois autres stations sont ajoutées en 2007 sur le territoire de Laval. De nos jours, le métro en dessert 68 sur quatre lignes pour un total de 71 km de voies.

Construit en moins de quatre ans, le métro de Montréal est un exploit du génie québécois et une étape charnière de l'histoire des transports et de l'aménagement urbain au Québec. Au-delà de son activité première, le métro tient une place particulière comme lieu d'expression artistique dans la culture montréalaise.
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Notices bibliographiques :
ATTAL, Philippe-Enrico. « 1966 : Montréal inaugure le métro le plus moderne au monde ». Revue Historail. Vol. 32 (2015), p. 60-75.
CANTIENI, Graham. The Montreal Metro: Integration of Art and Architecture. Université Concordia, 1987. 92 p.
CLAIROUX, Benoit. Le Métro de Montréal : 35 ans déjà. Montréal, Hurtubise HMH, 2001. 159 p.
GIGNAC, Benoit. Le maire qui rêvait sa ville: Jean Drapeau. Montréal, Éditions La Presse, 2009. 296 p.
GILBERT, Dale. « Métro de Montréal ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.encyclopediecanadienne.ca/fr/article/metro-de-montreal/
GILBERT, Dale. « Penser la mobilité, penser Montréal. La planification du tracé du réseau initial de métro, 1960-1966 ». Revue d'histoire de l'Amérique française. Vol. 68, no 1-2 (2014), p. 57-83.
PRÉVOST, Robert. Cent ans de transport en commun motorisé. Montréal, Proteau, 1993. 318 p.
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.
Société de transport de Montréal. Histoire du métro [En Ligne]. http://www.stm.info/fr/a-propos/decouvrez-la-STM-et-son-histoire/histoire/50-ans-dhistoire-du-metro

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Tenue de l'Exposition universelle de Montréal de 1967



Le dôme géodésique, maintenant devenu la Biosphère (1967)

L'Exposition universelle de Montréal est un temps fort de l'histoire contemporaine de la ville de Montréal et du Québec. Cette exposition de première catégorie, reconnue comme la mieux réussie du XXe siècle, se déroule sur les îles de Montréal, au centre du fleuve Saint-Laurent, du 27 avril au 29 octobre 1967.

L'idée d'accueillir l'Exposition universelle à Montréal, à l'occasion du centième anniversaire de la Confédération canadienne, est suggérée en 1957 ou en 1958 par le publiciste Louis-Alphonse Barthe à Pierre Sévigny, ministre fédéral, qui soumet l'idée au premier ministre du Canada, John G. Diefenbaker. En 1958, le président du Sénat canadien, Mark Drouin, déclare à Bruxelles que le Canada devrait être l'hôte de l'Exposition de 1967. L'annonce fait les manchettes et le projet reçoit l'appui des gouvernements du Québec et du Canada, et du maire de Montréal, Sarto Fournier.

La candidature du Canada et de Montréal est soumise au Bureau international des expositions, qui confie toutefois en 1960 l'Exposition universelle de 1967 à l'Union des républiques socialistes soviétiques et à Moscou. L'URSS abandonne cependant l'organisation de l'exposition en avril 1962. Le maire de Montréal, Jean Drapeau, réactive alors la candidature de Montréal. Le 13 novembre 1962, l'organisation de l'Exposition est finalement octroyée au Canada et à Montréal.

Pour organiser l'événement, le Parlement du Canada adopte, le 20 décembre 1962, la loi créant la Compagnie canadienne de l'Exposition universelle de 1967. La Compagnie est financée en vertu d'une entente tripartite signée le 18 janvier 1963 par les gouvernements du Québec et du Canada, et la Ville de Montréal. La Compagnie est dirigée par un commissaire général, Paul Bienvenu, qui démissionne en 1964 et qui est remplacé par Pierre Dupuy. Robert Shaw est nommé commissaire adjoint et Andrew G. Kniewasser, directeur général. L'équipe de direction comprend également Pierre de Bellefeuille au service des exposants, le colonel Edward Churchill à l'aménagement, Philippe II de Gaspé-Beaubien à l'exploitation et Yves Jasmin aux relations publiques.

Pour accueillir l'Exposition de 1967, la Ville de Montréal aménage les îles situées au milieu du fleuve Saint-Laurent, ce qui nécessite des travaux d'envergure, notamment la prolongation du métro. Le plan d'ensemble du site est préparé par Édouard Fiset, architecte et urbaniste. Le thème principal choisi pour l'Exposition est « Terre des Hommes », titre d'un recueil d'essais autobiographiques d'Antoine de Saint-Exupéry, qui invite à la fraternité entre les peuples et au partage d'une conception optimiste de l'humanité et de son devenir.

Le 27 avril 1967, le gouverneur général du Canada, Roland Michener, proclame l'ouverture de l'Exposition universelle de Montréal, en présence du commissaire général Pierre Dupuy, du maire Jean Drapeau, du premier ministre du Québec Daniel Johnson, et du premier ministre du Canada Lester B. Pearson. Le lendemain, l'Expo 67 est ouverte au public. Pendant les 183 jours que dure l'événement, 50 306 648 visiteurs découvrent avec émerveillement les pavillons des 62 pays et des 120 gouvernements participants, les pavillons thématiques et privés, ainsi que le parc d'attractions. L'Expo 67 offre en effet une vitrine exceptionnelle aux idées novatrices. Plusieurs personnalités d'État, dignitaires, journalistes et vedettes internationales se joignent à la fête. L'Expo 67 donne aussi lieu à de nombreuses manifestations artistiques et sportives.

Les retombées économiques et culturelles de l'Exposition universelle de Montréal sont immenses. L'événement permet la réalisation de projets d'infrastructures d'envergure et donne l'occasion à la métropole québécoise de se hisser parmi les grandes villes du monde. Dans le contexte bouillonnant de la Révolution tranquille, l'Expo 67 permet aussi aux Montréalais et aux Québécois de renouveler leur regard sur le monde, et au monde de découvrir le Québec moderne.



Intérêt patrimonial


Cet événement historique a été désigné pour les motifs suivants:

L'Exposition universelle de Montréal, aussi connue sous le nom d'Expo 67, est un temps fort de l'histoire contemporaine de la ville de Montréal et du Québec. Cette exposition de première catégorie, reconnue comme la mieux réussie du XXe siècle, se déroule sur les îles de Montréal, au centre du fleuve Saint-Laurent, du 27 avril au 29 octobre 1967, à l'occasion du centième anniversaire de la Confédération canadienne. L'événement est organisé par la Compagnie canadienne de l'Exposition universelle, une société de la Couronne fédérale financée par les gouvernements du Québec et du Canada, et par la Ville de Montréal. Ayant pour thème « Terre des Hommes », l'événement invite à la fraternité entre les peuples et au partage d'une conception optimiste de l'humanité et de son devenir. Pendant les 183 jours que dure l'Exposition, 50 306 648 visiteurs découvrent avec émerveillement les pavillons des 62 pays et des 120 gouvernements participants, les pavillons thématiques et privés, ainsi que le parc d'attractions. L'aménagement du site et des pavillons offre une vitrine exceptionnelle aux idées novatrices, notamment en matière d'urbanisme, d'architecture, d'architecture du paysage et de design. Plusieurs personnalités d'État, dignitaires, journalistes et vedettes internationales prennent part à la fête et attirent l'attention sur Montréal. L'Exposition donne aussi lieu à de nombreuses manifestations artistiques et sportives. Les retombées économiques et culturelles de l'Exposition pour la ville de Montréal et le Québec sont immenses. L'événement permet la réalisation de projets d'infrastructures d'envergure et donne l'occasion à la métropole québécoise de se hisser parmi les grandes villes du monde. Dans le contexte bouillonnant de la Révolution tranquille, l'Expo 67 permet aussi aux Montréalais et aux Québécois de renouveler leur regard sur le monde, et au monde de découvrir le Québec moderne.
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Notices bibliographiques :
Compagnie canadienne de l'Exposition universelle de 1967. Expo 67, guide officiel, suivi d'un chapitre spécial sur les fêtes du centenaire. Toronto, Maclean-Hunter, 1967. 352 p.
Compagnie canadienne de l'Exposition universelle de 1967. Rapport général sur l'exposition universelle de 1967. Ottawa, Imprimeur de la Reine, 1969. s.p.
DESILETS, Luc. Expo67 : 50 ans, 50 souvenirs marquants et autres secrets bien gardés. Laval, Guy Saint-Jean éditeur, 2017. 255 p.
DUPUY, Pierre. Expo 67, ou, La découverte de la fierté. Montréal, Éditions La Presse, 1972. 237 p.
JASMIN, Yves. La petite histoire d'Expo 67 : l'Expo 67 comme vous ne l'avez jamais vue. Québec, Québec/Amérique, 1997. 461 p.
LAMBERT, Maude-Emmanuelle. « Expo 67 ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.encyclopediecanadienne.ca/

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Dépôt du rapport Rioux



Marcel Rioux (1919-1992)

Le 25 février 1969, la Commission d’enquête sur l’enseignement des arts au Québec (Commission Rioux) dépose son rapport au gouvernement unioniste dirigé par Jean-Jacques Bertrand.

Cette Commission d’enquête est créée le 31 mars 1966 par la prise d’un décret du gouvernement libéral de Jean Lesage, selon une proposition conjointe du ministre de l’Éducation, Paul Gérin-Lajoie, et du ministre des Affaires culturelles, Pierre Laporte. La Commission a pour mandat « d’étudier toutes les questions relatives à l’enseignement des arts, y compris les structures administratives, l’organisation matérielle des institutions affectées à cet enseignement et la coordination de ces institutions avec les écoles de formation générale ». La formation de cette Commission s’inscrit dans la mouvance de la Commission royale d’enquête sur l’enseignement dans la province de Québec (Commission Parent). Elle donne également suite aux grèves étudiantes qui ponctuent l’année scolaire 1965-1966 de l’École des Beaux-Arts de Montréal.

Le sociologue Marcel Rioux assure la présidence de la Commission d’enquête et Jean Ouellet, la vice-présidence. Ils sont assistés de Réal Gauthier, étudiant aux Beaux-Arts de Montréal, de l’auteur et réalisateur Fernand Ouellette, de Jean Deslauriers et d’Andrée Paradis. Les commissaires mènent une réflexion en profondeur. Ils analysent 118 mémoires et étendent leur étude au reste du Canada, aux États-Unis et à l’Europe.

Déposé en 1969, le rapport final de la Commission est publié au mois d’avril suivant. Il est composé de quatre tomes, totalisant 881 pages. Il contient 368 recommandations. En plus de proposer une refonte de l’enseignement des arts, le rapport met de l’avant un véritable projet de société dans lequel les arts et leur enseignement sont appelés à jouer un rôle prépondérant et nécessaire.

Le dépôt du rapport Rioux est réputé pour avoir bousculé le secteur de l’éducation. Il constitue néanmoins une réflexion québécoise de premier ordre sur la place des arts dans le monde contemporain et permet, plus concrètement, de légitimer l’enseignement des arts dans les différents niveaux du système d’éducation issu de la Révolution tranquille.
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Notices bibliographiques :
CORBO, Claude. Art, éducation et société postindustrielle : Le rapport Rioux et l’enseignement des arts au Québec (1966-1968). Sillery, Septentrion, 2006. 363 p.
COUTURE, Francine et Suzanne LEMERISE. « Le Rapport Rioux et les pratiques innovatrices en arts plastiques ». HAMEL, Jacques et Louis MAHEU. Hommage à Marcel Rioux. Sociologie critique, création artistique et société contemporaine. Montréal, Les Éditions Albert Saint-Martin, 1992, p. 77-94.
HAROUN, Thierry. « 42 ans plus tard - Le rapport Rioux suscite toujours le débat ». Le Devoir, 8 janvier 2011, s.p.
RIOUX, Marcel, dir. Rapport de la Commission d’enquête sur l’enseignement des arts au Québec. Québec, Éditeur officiel du Québec, 1969. s.p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Premier match à domicile des Expos de Montréal



Premier match à domicile des Expos de Montréal. Les Expos de Montréal (1969)

Le 14 avril 1969, les Expos de Montréal jouent la première partie à domicile de leur histoire. Il s’agit alors du premier match régulier du baseball majeur disputé à l’extérieur des États-Unis.

C’est à la fin de l’année 1967 que la Ville de Montréal, portée par le succès récent de l’exposition universelle, présente sa candidature pour l’obtention d’une franchise dans la Ligue nationale de baseball. Le maire Jean Drapeau et le vice-président du comité exécutif, Gerry Snyder, sont les promoteurs du dossier.

Le 27 mai 1968, à Chicago, le président de la Ligue nationale de baseball, Warren Giles, annonce que le comité de sélection responsable de l’expansion a retenu les candidatures de San Diego et Montréal. À moins d’un an du match inaugural, la nouvelle franchise n’a toutefois ni propriétaire, ni stade. Certains médias se demandent même si Montréal sera en mesure de remplir ses obligations. Le 8 août, le maire Jean Drapeau annonce que le stade du parc Jarry sera le domicile temporaire de l’équipe et qu’il sera agrandi au coût de 3 millions $. Le 14 août, les membres du consortium ayant finalement acquis la franchise pour la somme de 10 millions $ sont présentés au public. L’homme d’affaires montréalais, Charles Bronfman, en est l’actionnaire principal.

Lors du match inaugural du 14 avril 1969, grâce à une performance éclatante du voltigeur, Mack Jones, qui devient instantanément le héros des partisans, les Expos vainquent les Cardinals de Saint-Louis par la marque de 8 à 7, devant une foule de plus de 29 000 spectateurs et d’environ 200 représentants des médias. Pour ajouter à la solennité de l’événement, le président de la Ligue nationale de baseball, Warren Giles, et le commissaire du baseball, Bowie Kuhn, assistent à la partie en compagnie du maire de Montréal et du premier ministre du Québec, Jean-Jacques Bertrand. C’est d’ailleurs le premier ministre qui eut l’honneur de faire le premier lancer protocolaire.
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Notices bibliographiques :
DOUCET, Jacques et Marc ROBITAILLE. Il était une fois les Expos. Tome 1 : Les années 1969-1984. Montréal, Hurtubise, 2009. 647 p.
HUMBERT, William. « Expos de Montréal ». Historica Canada. L’encyclopédie canadienne [En ligne]. https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/expos-de-montreal
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.
ROBERT, Mario. « Chronique Montréalité no 33 : Nos Expos, nos amours 1969-2004 ». Archives de Montréal. Archives de la ville de Montréal [En ligne]. http://archivesdemontreal.com/2015/03/30/chronique-montrealite-no-33-nos-expos/

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Création du Conseil du statut de la femme



Réunions, discussions et activités d'un groupe du Conseil du statut de la femme

La création du Conseil du statut de la femme, le 6 juillet 1973, représente un événement important dans l’histoire des femmes au Québec. Après avoir lutté pour la reconnaissance de leurs droits civiques et juridiques, les femmes se mobilisent pour améliorer également leur condition sociale. La Fédération des femmes du Québec, mise sur pied en 1966, porte le message des militantes et des associations de femmes. Elle appuie notamment l’une des principales recommandations de la Commission royale d’enquête sur la situation de la femme au Canada, instituée en 1967, soit de constituer un Office de la femme. Le gouvernement québécois accueille favorablement cette proposition. Le 12 décembre 1972, le projet de loi no 63 visant à créer le Conseil du statut de la femme est déposé à l’Assemblée nationale par Claire Kirkland-Casgrain, première députée au Québec. Il sera adopté à l’unanimité le 5 juillet 1973 et obtiendra la sanction royale le lendemain.

Le nouvel organisme a le mandat de conseiller le ou la ministre, de mener des études, d’entendre les requêtes citoyennes et d’informer la population sur toute question relative à l’égalité des femmes et au respect de leurs droits. Durant les années suivantes, le Conseil entretient des relations suivies avec les groupes qui défendent les droits des femmes, tout en conservant une neutralité de principe, et fait valoir leurs revendications auprès du gouvernement. Son influence sur l’État et la société se manifeste aussi par les études menées sous son égide et diffusées sous forme de rapports ou dans sa revue mensuelle, La Gazette des femmes, lancée en 1979. L’action des groupes de femmes et du Conseil du statut de la femme contribue à l’adoption de mesures législatives, de politiques, de stratégies gouvernementales, de programmes pour lutter contre les inégalités entre les sexes. En faisant la promotion de l’égalité des femmes et du respect de leurs droits, le Conseil participe à l’évolution de la société.

La création du Conseil du statut de la femme a été désignée événement historique le 10 mai 2023.


INTÉRÊT PATRIMONIAL


Cet événement historique est désigné pour les motifs suivants:

La création du Conseil du statut de la femme représente un moment charnière pour l'avancement des droits des femmes au Québec. L'instauration de cet organisme est proposée au gouvernement en décembre 1971 par la Fédération des femmes du Québec, qui avait précédemment participé aux travaux de la Commission royale d'enquête sur la situation de la femme au Canada. Le Conseil voit le jour le 6 juillet 1973 lors de la sanction du projet de loi présenté à l'Assemblée nationale par Claire Kirkland-Casgrain, le 12 décembre 1972. Il est appelé à jouer un rôle d'intermédiaire entre l'État, les associations féministes et la population en général. Il fait notamment valoir les revendications des femmes auprès du gouvernement, œuvre à éduquer la société sur les enjeux de la condition féminine et intervient dans les débats publics. En collaboration avec d'autres groupes de femmes, le Conseil a été en première ligne dans la promotion du principe de l'égalité entre les femmes et les hommes et dans la mise en place de plusieurs mesures sociales. Le Conseil poursuit de nos jours son œuvre en contribuant au changement social et à la progression constante des droits des femmes.
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Notices bibliographiques :
Assemblée nationale du Québec. Par ici la démocratie. Ligne du temps [En Ligne]. http://paricilademocratie.com/
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
Conseil du statut de la femme et Réseau québécois en études féministes. Ligne du temps de l'histoire des femmes au Québec [En Ligne]. http://www.histoiredesfemmes.quebec/

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Superfrancofête



Superfrancofête (1974)

Reconnue comme le premier grand événement international accueilli à Québec, la Superfrancofête est un rassemblement culturel et sportif qui réunit des artistes et des athlètes provenant de quatre continents. Lancé par l’Agence de coopération culturelle et technique (devenue l’Organisation internationale de la francophonie), l’événement attire plus d’un million de festivalières et festivaliers réunis sous le signe de la jeunesse et de l’ouverture sur le monde. Souvent considéré comme le premier spectacle extérieur d’envergure au Québec, le spectacle d’ouverture J’ai vu le loup, le renard, le lion réunit sur une même scène Félix Leclerc, Gilles Vigneault et Robert Charlebois et attire plus de 100 000 personnes sur les plaines d’Abraham. Du 13 au 24 août 1974, la Superfrancofête fait rayonner la ville de Québec et célèbre la vitalité de la langue française qui vient alors d’être déclarée langue officielle du Québec.
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Notices bibliographiques :
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
LABERGE, Yves. « La Superfrancofête à Québec, de 1974 ». Cap-aux-Diamants. No 160 (2025), p. 60-61.
PORTER, Isabelle. « Superfrancofête de 1974: y étiez-vous? ». Le Devoir, 15 août 2014, s.p.
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.
TURMEL, Julie. « Superfrancofête de 1974, la fête s’empare de Québec ». Ville de Québec. Site officiel de la Ville de Québec [En ligne]. https://www.ville.quebec.qc.ca/citoyens/patrimoine/espace/2017/billet-superfrancofete.aspx
Université de Sherbrooke. Bilan du siècle. Site encyclopédique sur l’histoire du Québec depuis 1900 [En Ligne]. http://bilan.usherbrooke.ca
s.a. « Commémorations. Se souvenir de 1974 ». Commission de la Capitale Nationale du Québec. Commission de la capitale nationale du Québec [En ligne]. https://www.capitale.gouv.qc.ca/histoire-et-patrimoine/commemorations/se-souvenir-de-1974/

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Adoption de la Charte des droits et libertés de la personne



Jérôme Choquette, ministre de la Justice, en compagnie d'hôtesses (1975)

Le 27 juin 1975, la Charte québécoise des droits et libertés de la personne est adoptée par l’Assemblée nationale du Québec.

L’adoption de cette loi répond à de nombreuses pressions issues de la société civile au fil des ans. En 1963, le professeur de droit Jacques-Yvan Morin réclame dans la Revue de droit de McGill l’adoption d’une charte des droits de l’homme pour le Québec, dont il présente une ébauche. Le Québec fait alors figure de retardataire dans ce domaine au Canada. Au début des années 1970, il est la dernière province sans législation sur les droits de l’homme.

Peu après sa publication, l’article de Jacques-Yvan Morin est republié par la Ligue des droits de l’homme (devenue la Ligue des droits et libertés en 1978), une association de défense des droits fondée en 1963 et qui compte alors parmi ses sympathisants Pierre Elliott Trudeau, Jacques Hébert, Frank Scott et Thérèse Casgrain. Depuis sa création, elle milite elle aussi pour l’adoption d’une charte des droits par le Québec. En se basant sur l’ébauche produite par Jacques-Yvan Morin, elle entame une campagne de lobbying auprès du gouvernement québécois, multipliant les conférences et les interventions publiques.

Les pressions qu’exerce la Ligue des droits de l’homme poussent le gouvernement unioniste de Daniel Johnson à mettre sur pied en 1967 la Commission Prévost sur l’administration de la justice en matière criminelle et pénale au Québec. Le rapport qu’elle soumet en 1968 préconise l’adoption d’une Charte des droits.

Au début des années 1970, tous les partis politiques représentés à l’Assemblée nationale expriment leur soutien à l’adoption d’un pareil texte législatif. Au printemps 1971, le premier ministre Robert Bourassa mandate Frank Scott, de la Ligue des droits de l’homme, et le juriste Paul Crépeau pour rédiger une ébauche de charte des droits. Le rapport qu’ils remettent en juillet 1971 recommande l’affirmation des droits civils, politiques, judiciaires, culturels et sociaux des personnes sous la juridiction québécoise.

Le gouvernement tarde à donner suite au travail de Scott et Crépeau. En 1973, la Ligue des droits de l’homme publie un nouveau projet de charte des droits, relayé par de nombreux journaux. Le 29 octobre 1974, le ministre de la Justice Jérôme Choquette dépose finalement à l’Assemblée nationale le projet de loi no 50 — Charte des droits et libertés de la personne. Son texte est largement inspiré du document produit par Scott et Crépeau. Il affirme de nombreux droits fondamentaux et prévoit la création d’une commission pour en assurer l’exercice. Il se démarque des législations adoptées par les autres provinces canadiennes sur les droits de l’homme qui se limitent à interdire la discrimination. Le projet de loi est étudié en commission parlementaire de novembre à mars 1975 et suscite de nombreux débats, notamment sur sa préséance sur les autres législations.

Le 27 juin 1975, l’Assemblée nationale adopte à l’unanimité le projet de loi no 50, qui est sanctionné le même jour. La Charte des droits et libertés de la personne a un statut de loi fondamentale, c’est-à-dire qu’elle prime les autres législations, bien qu’il soit possible d’y déroger. Elle interdit notamment les discriminations fondées sur l’origine ethnique, la religion et le sexe. Elle protège également certains droits sociaux et économiques, dont le droit à l’instruction gratuite, le droit à un niveau de vie décent et le droit à l’information. Enfin, la Charte des droits et libertés de la personne crée la Commission des droits de la personne, chargée de la promotion et du respect de la Charte.

La Charte des droits et libertés de la personne entre pleinement en vigueur le 28 juin 1976. Le Québec est depuis la seule province canadienne à avoir adopté sa propre loi fondamentale qui protège les droits et libertés de ses citoyens.
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Notices bibliographiques :
Assemblée nationale du Québec. Par ici la démocratie. Ligne du temps [En Ligne]. http://paricilademocratie.com/
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
CLÉMENT, Dominique. Canada’s Rights Revolution. Social Movements and Social Change, 1937-82. Vancouver, UBC Press, 2008. 281 p.
Collectif. De la Charte québécoise des droits et libertés : origine, nature et défis. Montréal, Éditions Thémis, 1989. 339 p.
Conseil du statut de la femme et Réseau québécois en études féministes. Ligne du temps de l’histoire des femmes au Québec [En Ligne]. http://www.histoiredesfemmes.quebec/
LEMONDE, Lucie. « Charte des droits et libertés de la personne du Québec ». Historica Canada. L’encyclopédie canadienne [En ligne]. https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/charte-des-droits-et-libertes-de-la-personne-du-quebec
MORIN, Jacques-Yvan. « Une charte des droits de l’homme pour le Québec ». McGill Law Journal Revue de droit de McGill. Vol. 9, no 4 (1963), p. 273-316.
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Ancienne prison de Trois-Rivières



Ancienne prison de Trois-Rivières

L’ancienne prison de Trois-Rivières est une construction en pierre de plan rectangulaire, de trois étages, coiffée d’un toit à croupes. Construite au début du XIXe siècle, elle s’inspire de l’architecture palladienne anglaise. Elle se situe dans un environnement institutionnel urbain, dans la ville de Trois-Rivières.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. La protection s’applique à l’extérieur et à l’intérieur de l’immeuble, et pas au terrain. L’ancienne prison de Trois-Rivières est classée en 1978.


Valeur patrimoniale

L’ancienne prison de Trois-Rivières présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Le bâtiment traduit en termes architecturaux la réforme prônée par John Howard (1726-1790), qui préconisait, entre autres, l’implantation de la prison à l’écart de la ville, la classification des détenus selon leur âge, leur sexe et l’importance du délit, et l’amélioration des conditions d’hygiène. La prison de Trois-Rivières constitue donc un témoignage rarissime de l’architecture carcérale québécoise, reflétant les valeurs humanistes du début du XIXe siècle et s’accordant aux théories les plus novatrices en cette matière. Construit entre 1816 et 1822, l’établissement carcéral constitue la deuxième plus ancienne prison au Québec et l’une des plus vieilles au Canada. Sa construction témoigne de l’institutionnalisation du système carcéral au début du XIXe siècle, époque où les prisons sont spécifiquement conçues pour remplir leur fonction. Le site archéologique témoigne de cette occupation aux XIXe et XXe siècles. Par ailleurs, la valeur historique du bâtiment repose sur la pérennité de sa fonction. Des prisonniers y ont été incarcérés de 1819 jusqu’en 1986, ce qui en fait l’établissement de détention le plus longtemps utilisé au Canada. Aujourd’hui intégrée au Musée québécois de culture populaire, on y fait l’interprétation de l’univers carcéral.

L’ancienne prison de Trois-Rivières présente aussi un intérêt patrimoniale pour sa valeur architecturale. Celle valeur repose notamment sur la notoriété de son concepteur, François Baillairgé (1759-1830), qui en a réalisé les plans et devis en 1815. Peintre, sculpteur et architecte, Baillairgé est un érudit et sa bibliothèque comprend de nombreux traités d’architectes célèbres. Pour la prison de Trois-Rivières, il s’inspire d’un ouvrage de James Gibbs, architecte anglais du XVIIIe siècle, et des principes de composition de Philibert de l’Orme, architecte français du XVIe siècle. Influencé par les deux années de formation passées à l’école de l’Académie royale de peinture et de sculpture de Paris, l’esthétique de l’architecte se démarque des formules traditionnelles et standardisées. Il renouvelle les pratiques alors associées à la construction et à l’architecture au Bas-Canada. Par ailleurs, la prison témoigne de l’influence du style palladien anglais, qui constitue la première incursion du néoclassicisme au Québec. Cette influence se matérialise dans la simplicité du plan et du volume, le toit à croupes, l’avant-corps central supportant un fronton triangulaire percé d’un oculus (petite ouverture circulaire), la symétrie de la composition tripartite, la disposition régulière des ouvertures et la sobriété du décor, dont les éléments sont empruntés au vocabulaire classique, notamment en façade.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2004.


Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de l’ancienne prison de Trois-Rivières liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment:
- la relation avec les bâtiments institutionnels avoisinants, dont le palais de justice;
- le caractère imposant du bâtiment de trois étages;
-son volume, dont le plan simple de forme rectangulaire, le toit à croupes, l’avant-corps central de la façade couronné d’un fronton triangulaire percé d’un oculus;
- sa composition symétrique, dont la division de la façade en trois sections verticales et trois registres horizontaux de dimensions égales, le portail monumental accessible par un perron, avec des pilastres, un large entablement et une corniche, la disposition régulière des ouvertures;
- sa toiture, dont la lourde charpente avec un important contreventement faîtier, les huit supports du clocheton disparu et les quatre lucarnes;
- ses matériaux, dont les moellons pour le mur de façade, la pierre de taille pour les chaînages d’angles, les bandeaux horizontaux délimitant les étages et les encadrements des fenêtres, la tôle à la canadienne couvrant le toit;
- les neuf grandes cheminées de brique, dont huit servaient autrefois au chauffage;
- les barreaux aux fenêtres;
- son aménagement intérieur, dont le plan divisé en trois sections égales, la section du centre comprenant les grandes pièces communes et les sections latérales renfermant les blocs cellulaires, les cellules disposées le long d’un couloir, les murs coupe-feu, le soubassement voûté, les tourelles à l’arrière qui abritaient autrefois les latrines.


Informations historiques

En 1804, le Parlement du Bas-Canada vote une loi visant la construction de prisons communes à Québec et à Montréal. Cette loi découle d’une polémique engagée à propos des bâtiments utilisés comme prisons. Anciens bâtiments conventuels, ils sont considérés comme incompatibles avec les nouvelles théories carcérales. À Trois-Rivières, les citoyens font des pressions auprès de la Chambre d’Assemblée du Bas-Canada, qui vote une loi autorisant la construction de la prison en 1811. En 1815, huit ans après son contrat pour la prison de Québec - devenue par la suite le Morrin College -, à une période de sa carrière où il s’associe son fils Thomas et entreprend des décors d’églises magistraux (pour lesquels il est surtout renommé), François Baillairgé est sollicité pour concevoir les plans et devis de la prison de Trois-Rivières. L’année suivante, la construction commence. À cette époque, elle était située à l’écart du centre-ville, mais à partir de 1850, l’expansion de l’espace urbain réduit cet isolement.

Bien que la prison ait subi de nombreuses modifications depuis son entrée en fonction officielle en 1822 (ajout des grilles de fer aux fenêtres en 1835, grands travaux de modernisation touchant entre autres les latrines en 1887, éclairage électrique en 1898-1899, chauffage à eau chaude en 1901, disparition du clocheton et agrandissement des fenêtres étroites du rez-de-chaussée au début du XXe siècle), toutes ses divisions sont d’origine. La lourdeur de la construction, caractérisée par des murs de maçonnerie et de nombreux murs porteurs, empêche le remaniement de l’aménagement intérieur.

Elle est aujourd’hui intégrée au Musée québécois de culture populaire et propose une interprétation de l’univers carcéral.
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Notices bibliographiques :
Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
KAREL, David, Luc NOPPEN et Magella PARADIS. « Baillairgé, François ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
LAROSE, Danielle. « Prison ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, p. 33-34.
NOPPEN, Luc, dir. et Groupe de recherche en art du Québec. Dossier d’inventaire architectural de la Prison de Trois-Rivières, 842, rue des Prisons, Trois-Rivières. Québec, Ministère des Affaires culturelles, 1977. s.p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Canal de Lachine



Canal de Lachine

Autrefois voie maritime du Saint-Laurent et corridor industriel clé au pays, le canal de Lachine est aujourd’hui (lire 2013) un lieu historique national du Canada. Son entrée aval est située dans le secteur du Vieux-Port de Montréal tandis qu’en amont, le canal prend sa source au lac Saint-Louis. Désigné par le gouvernement canadien lieu historique national en 1929, ce site est administré depuis 1978 par Parcs Canada. Au plan structural, la profondeur du canal est aujourd’hui de 4,27 mètres alors que sa largeur varie, quant à elle, de moins de 30 mètres à plus de 80 mètres. Ses cinq écluses permettent aux navires de plaisance de franchir une dénivellation d’environ 14 mètres et ainsi de contourner les rapides de Lachine.

Outre sa voie navigable, ce lieu inclut les murs du canal (d’une longueur totale de 28,2 kilomètres), les 5 écluses, les logettes d’éclusiers, des déversoirs, des canaux d’amenée, d’alimentation (coursier) et de fuite ainsi qu’une bande de terrain limitrophe. Cette bande, dont la largeur varie de 3 à 35 mètres, accueille une piste multifonctionnelle, des installations liées à la navigation de plaisance, des haltes et des bâtiments de services, des vestiges archéologiques ainsi que des outils d’interprétation commémorant le passé de ce site. Par ailleurs, des traces du chemin de halage situé sur la rive nord du canal y sont toujours perceptibles.

Sur le plan des autres ouvrages de génie, le site comprend 5 ponts ferroviaires, 3 viaducs autoroutiers, 2 tunnels routiers, 10 ponts routiers et 10 passerelles. À ce nombre, il faut ajouter deux ouvrages aujourd’hui désaffectés, soit un pont ferroviaire et un tunnel routier. Par ailleurs, la grue de LaSalle Coke, une tour de chargement du charbon, se profile toujours à l’horizon dans le secteur de l’arrondissement LaSalle. Fait à noter, il y a encore en 2013 des bassins latéraux le long des berges du canal, quoique la plupart d’entre eux soient aujourd’hui remblayés ou partiellement comblés, ainsi que seize quais publics et 6 autres gérés par des tiers.

Voie maritime du Saint-Laurent, terminus maritime, complexe hydraulique majeur et haut lieu de l’industrie manufacturière, le canal de Lachine a structuré l’occupation humaine du sud-ouest de l’île de Montréal. Aujourd’hui, quelques-uns des quartiers les plus densément peuplés de l’île longent les quelque 14 kilomètres de longueur de son parcours. De même, plusieurs complexes industriels toujours en activité ainsi que nombre de bâtiments industriels qui ont été convertis à des fins résidentielles ou commerciales y sont toujours établis. En fait, le canal de Lachine et ses abords constituent toujours en 2013 un endroit convoité pour y demeurer, pour y travailler, pour s’y recréer, mais également pour se souvenir.



Informations historiques

Conçu à l’origine pour contourner les rapides de Lachine, le canal de Lachine est de 1825 à 1959, selon l’orientation du trafic, le premier ou le dernier maillon du système de canaux du Saint-Laurent. Précédé par deux projets entrepris sous le Régime français, le premier canal de Lachine est creusé entre 1821 et 1825. Bien que son tracé demeure sensiblement le même, le canal est transformé et considérablement élargi entre 1843 et 1848, puis entre 1874 et 1884. Outre l’abandon d’une section d’un kilomètre à Lachine et le dédoublement des écluses, ces élargissements font du canal non seulement une voie navigable, un terminus maritime, mais également un canal industriel alimentant en eau et en énergie (trois sites hydrauliques) les entreprises de ce corridor industriel.

Une fois ces grands travaux achevés, le canal de Lachine fera l’objet de maintes améliorations jusqu’en 1959. Qu’on pense à l’électrification des écluses (1909), au remplacement des murs de pierre par du béton dans certains tronçons, au couronnement en béton pour d’autres ou encore l’élargissement du canal à sa largeur actuelle, à même le roc, dans le secteur de Rockfield (arrondissements de LaSalle et de Lachine). En 1970, par décret, la navigation commerciale (de transit) cesse officiellement. Toutefois, avant même ce décret, des écluses et des bassins du canal sont comblés durant les années 1960.

Voie maritime du Saint-Laurent jusqu’en 1959, le canal de Lachine a aussi été un terminus maritime, puisqu’il a servi à la fois de port de mer pour les transocéaniques et de port intérieur pour la batellerie des Grands Lacs.

Par son activité économique, le canal a aussi contribué à l’urbanisation du sud-ouest de l’île de Montréal. Site du principal complexe manufacturier de la métropole industrielle du pays, cette zone a été unique en son genre au Canada tant par son historicité que par son importance dans l’histoire industrielle. Corridor industriel, le canal de Lachine a été qualifié de lieu de naissance de l’industrie canadienne moderne et de berceau de la fabrication montréalaise. Sur ce plan, l’industrialisation hydraulique n’est pas étrangère aux premières implantations d’établissements industriels. Entre les années 1850 et 1970, le nombre d’établissements industriels en activité le long des berges de ce pôle industriel majeur du pays oscillera entre 50 et 100, voire plus, selon l’année retenue. En matière d’activités, les entreprises bordant alors les 14 kilomètres de cette voie d’eau ont appartenu autant à l’industrie lourde que légère et, fait rare au Québec, les fabricants de produits textiles y ont côtoyé ceux des produits chimiques, du matériel de transport ou encore des aliments et boissons, pour n’en nommer que quelques-uns.

Lieu historique national depuis 1929, le canal est transféré, en 1978, du ministère des Travaux publics à Parcs Canada. En 1981, la Commission des lieux et monuments historiques en précise l’importance nationale à titre de précurseur de la révolution des transports, puis en 1986, elle souligne l’importance de l’énergie hydraulique dans l’essor industriel de Montréal. En 1996, la Commission juge que la qualité et la diversité des ressources industrielles in situ au canal de Lachine justifient qu’on y commémore l’industrialisation du pays. Entre 1997 et 2002, le gouvernement fédéral et la Ville de Montréal investissent conjointement près de 110 millions de dollars dans les infrastructures du canal et les secteurs environnant afin, notamment, de rouvrir le canal à la navigation de plaisance. Pour ce faire, le gouvernement canadien restaurent plusieurs éléments structuraux (bassins latéraux, section du canal proprement dite, écluses, murs, etc.). En 2009, les écluses (1 et 2) de Montréal, restaurées entre 1990 et 1992 par la Société immobilière du Canada, avec leurs bassins et déversoirs adjacents sont cédées à l’Agence Parcs Canada par la Société du Vieux-Port de Montréal.
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Notices bibliographiques :
Archemi inc. Inventaire et évaluation des ressources culturelles, Canal de Lachine. Vol. 3. Québec, Parcs Canada, 1995. s.p.
DESJARDINS, Pauline et Christian POULIN. Écluses de Montréal : Canal de Lachine.. Montréal, Société du Vieux-Port, 1993. 90 p.
DESJARDINS, Pauline. L’organisation spatiale du corridor du canal de Lachine au XIXe siècle. Collection Archéologiques, 3. Québec, Association des archéologues du Québec, 2006. 235 p.
DESLOGES, Yvon et Alain GELLY. Le canal de Lachine : du tumulte des flots à l’essor industriel et urbain, 1860-1950. Québec, Septentrion, 2002. 214 p.
DUNTON, Nancy et Helen MALKIN. Guide de l’architecture contemporaine de Montréal. Montréal, Les Presses de l’Université de Montréal, 2008. 191 p.
KILBOURN, William. The Elements combined: A history of The Steel Company of Canada. Toronto, Clarke Irwin & Co., 1960. 335 p.
LINTEAU, Paul-André. « Les facteurs de développement de Montréal ». GOURNAY, Isabelle, dir. et France VANLAETHEM, dir. Montréal métropole, 1880-1930. Montréal, Boréal, 1998, p. 27-37.
Parcs Canada. Énoncé d’intégrité commémorative. Lieu historique national du Canal-de-Lachine. Québec, Parcs Canada, 1997. 69 p.
Parcs Canada. « Lieu historique national du Canal-de-Lachine ». Parcs Canada. Parcs Canada [En ligne]. http://www.pc.gc.ca
Parcs Canada. Rapport sur l’état du lieu, Lieu historique national du Canada du Canal de Lachine, Version février 2010. Montréal, Parcs Canada, 2010. 49 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Château Ramezay (Montréal)



Château Ramezay (Montréal)

Le château De Ramezay est un hôtel particulier érigé en 1705 et 1706 et reconstruit en 1756. Une annexe est ajoutée en 1903. L’édifice en pierre, de plan en « L » et à un étage et demi, est coiffé d’un toit à deux versants droits percé de lucarnes à pignon. La façade principale est flanquée de murs coupe-feu. L’annexe érigée à l’extrémité présente en façade une tour à toit conique. Le château De Ramezay est situé sur un terrain accusant une légère pente, comportant des aménagements paysagers et délimité par un muret en pierre surmonté d’une clôture en fer. Il borde l’une des plus anciennes rues de Montréal, la rue Notre-Dame, dans l’arrondissement municipal de Ville-Marie de la ville de Montréal.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. La protection s’applique à l’extérieur et à l’intérieur de l’immeuble, ainsi qu’au terrain. Un site archéologique inscrit à l’Inventaire des sites archéologiques du Québec est associé à ce lieu. Le château De Ramezay est compris dans le site patrimonial de Montréal.


Valeur patrimoniale

Le château De Ramezay présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Il s’agit d’abord d’un témoin important de la Nouvelle-France. Au Régime français, aucune résidence officielle n’est prévue pour les gouverneurs de Montréal. Claude de Ramezay (1659-1724), qui est nommé à cette fonction en 1704, se fait donc ériger dès l’année suivante un hôtel particulier, rue Notre-Dame. À l’origine, le domaine comprend un verger, un potager et un jardin d’agrément. La veuve de Ramezay, Charlotte Denys de la Ronde (1668-1742), loue la demeure en 1727 au roi Louis XV (1710-1774). Jusqu’en 1745, le château sert de résidence à l’intendant, lorsqu’il séjourne à Montréal, de bureau d’administration ainsi que de magasin du roi. En 1745, la vaste propriété est acquise par la Compagnie des Indes. Fondée en 1719 en vertu d’une charte royale, cette compagnie d’État bénéficie d’un monopole sur les exportations de peaux de castor et du droit exclusif d’importer certains textiles de Grande-Bretagne indispensables à la traite avec les Amérindiens. À la suite de la Conquête anglaise et du traité de Paris (1763), la Compagnie des Indes perd tous ses privilèges et liquide ses biens. L’ancienne propriété de Ramezay est cédée en 1764 à William Grant (1744-1805), un marchand de fourrures établi à Montréal. Celui-ci l’occupe pendant quelques années, puis la loue à partir de 1773 au gouvernement britannique qui en fait la résidence du gouverneur du Bas-Canada à Montréal. Lors de l’invasion américaine (1775-1776), le bâtiment sert de quartier général aux militaires américains. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, le château De Ramezay perd sa fonction de résidence officielle et abrite diverses fonctions institutionnelles et publiques. La Société d’archéologie et de numismatique de Montréal s’y installe en 1895 et y établit son musée, l’une des plus anciennes institutions montréalaises à œuvrer à la protection et à la mise en valeur du patrimoine. Par ailleurs, le château De Ramezay présente un intérêt pour l’histoire de la conservation du patrimoine québécois. Il s’agit de l’un des premiers immeubles protégés au Québec. En 1922, le gouvernement du Québec adopte la « Loi relative à la conservation des monuments et des objets d’art ayant un intérêt historique ou artistique », ancêtre de l’actuelle Loi sur le patrimoine culturel. Au cours de l’année 1929, trois premiers bâtiments sont protégés en vertu de cette loi, soit le château De Ramezay, la maison des Jésuites-de-Sillery et l’église Notre-Dame-des-Victoires à Québec. Ainsi, le château De Ramezay évoque les premières mesures concrètes pour la conservation du patrimoine bâti au Québec.


Le château De Ramezay présente également un intérêt pour sa valeur architecturale. L’édifice est en effet l’un des rares témoins de l’architecture domestique du Régime français au Québec. Érigé en 1705 et 1706 par le maître maçon et architecte Pierre Couturier dit Le Bourguignon (vers 1665-1715), il est détruit par un incendie en 1754. Sa reconstruction, qui intègre possiblement des vestiges du bâtiment original, est réalisée en 1756 par l’entrepreneur et maître maçon Paul Tessier dit Lavigne (1701-1773) et les menuisiers Antoine Cirier (1718-1798) et Charles Regnaud. La nouvelle résidence occupe le double de la superficie au sol du bâtiment d’origine. En 1903, une annexe dotée d’une tourelle est construite à l’extrémité est de la résidence. L’architecture du château De Ramezay est caractérisée par ses murs en pierre à moellons, son toit à deux versants droits flanqué de murs coupe-feu, ses hautes cheminées en pierre, son asymétrie, ses chambranles et ses chaînes d’angle harpées en pierre de taille ainsi que ses esses en fer forgé. Le château De Ramezay, par ses dimensions et ses éléments architecturaux, témoigne du statut social de ses occupants.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2007.



Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du château De Ramezay liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :
- son implantation rue Notre-Dame, l’une des plus anciennes rues de Montréal, dans l’arrondissement municipal de Ville-Marie de la ville de Montréal;
- sa situation dans le site patrimonial de Montréal;
- la présence d’un site archéologique;
- le volume du bâtiment, dont le plan rectangulaire, l’élévation d’un étage et demi et le toit à deux versants droits;
- ses matériaux, dont la pierre à moellons des murs, la pierre de taille des ornements ainsi que la tôle à la canadienne et l’ardoise de la couverture;
- la disposition asymétrique des ouvertures, dont les lucarnes à pignon, les fenêtres rectangulaires en bois à petits carreaux ainsi que la porte d’entrée rectangulaire en bois et à imposte;
- les murs coupe-feu et les hautes cheminées en pierre;
- les ornements, dont les chambranles et les chaînes d’angle harpées en pierre de taille ainsi que la corniche moulurée en bois;
- les esses;
- les éléments de l’intérieur, dont les caves voûtées, les éléments menuisés (les chambranles, les plinthes, les corniches de plafond, les portes à panneaux ainsi que les boiseries sculptées en acajou du rez-de-chaussée), les manteaux de cheminée et le four à pain.



Informations historiques

Le château De Ramezay est érigé en 1705 et 1706 à l’initiative du gouverneur de Montréal, Claude de Ramezay (1659-1724). Puisqu’aucune résidence officielle n’est prévue pour les gouverneurs de Montréal, Ramezay se fait bâtir un hôtel particulier dont l’architecture et l’emplacement dans la ville reflètent son statut social. La vaste résidence est située sur un petit coteau de la rue Notre-Dame, acquis de Nicolas d’Ailleboust de Manthet (vers 1663-1709), offrant une vue panoramique des environs. Les travaux sont confiés au maître maçon et architecte Pierre Couturier dit Le Bourguignon (vers 1665-1715). Le domaine comprend un verger, un potager et un jardin d’agrément. Ramezay occupe sa résidence jusqu’à sa mort, survenue en 1724. Sa veuve, Charlotte Denys de la Ronde (1668-1742), loue la demeure en 1727 au roi Louis XV (1710-1774). Jusqu’en 1745, le château De Ramezay sert de résidence à l’intendant, lorsqu’il séjourne à Montréal, de bureau d’administration ainsi que de magasin du roi.

En 1745, la vaste propriété est cédée à la Compagnie des Indes par les héritiers Ramezay. Fondée en 1719 en vertu d’une charte royale, cette compagnie d’État bénéficie d’un monopole sur les exportations de peaux de castor et du droit exclusif d’importer certains textiles de Grande-Bretagne indispensables à la traite avec les Amérindiens. À la suite de l’acquisition de la résidence, la Compagnie y effectue des réparations et érige, à l’ouest de celle-ci, un hangar doté d’une cave voûtée. En 1754, un incendie détruit l’ancienne demeure de Ramezay. Elle est reconstruite en 1756 par l’entrepreneur et maître maçon Paul Tessier dit Lavigne (1701-1773) et intègre possiblement des vestiges de la structure incendiée. Les travaux de menuiserie sont réalisés par Antoine Cirier (1718-1798) et Charles Regnaud. La nouvelle résidence en pierre crépie se distingue par ses dimensions et occupe le double de la superficie au sol du bâtiment d’origine.

À la suite de la Conquête anglaise et du traité de Paris (1763), la Compagnie des Indes perd tous ses privilèges et liquide ses biens. L’ancienne propriété de Ramezay est cédée en 1764 à William Grant (1744-1805), un marchand de fourrures établi à Montréal. Celui-ci l’occupe pendant quelques années, puis la loue à partir de 1773 au gouvernement britannique qui en fait la résidence du gouverneur du Bas-Canada à Montréal. Lors de l’invasion américaine (1775-1776), le bâtiment sert de quartier général aux militaires américains. La résidence, endommagée, nécessite d’importants travaux par la suite. En 1778, le gouvernement s’en porte acquéreur.

À partir de la seconde moitié du XIXe siècle, le château De Ramezay perd sa fonction de résidence officielle et abrite diverses fonctions institutionnelles et publiques. Elle abrite notamment le ministère de l’Instruction publique, l’École normale Jacques-Cartier, les facultés de médecine et de droit de l’Université Laval à Montréal, les quotidiens La Presse et La Minerve, le palais de justice, la Cour du recorder et la Cour des magistrats. En 1895, la Ville de Montréal acquiert l’édifice et le loue à la Société d’archéologie et de numismatique de Montréal, qui y établit un musée.

Durant le XIXe siècle, la résidence subit des transformations. Une aile en brique de quatre étages est érigée du côté est en 1848 et 1849. À la fin du siècle, la forme du toit est modifiée à la suite d’un incendie. En 1903, l’aile en brique est démolie et remplacée par une annexe dotée d’une tourelle.

Le château De Ramezay est classé le 29 mars 1929. Il figure, avec la maison des Jésuites-de-Sillery et l’église Notre-Dame-des-Victoires à Québec, parmi les trois premiers bâtiments classés au Québec.

La même année, la Société d’archéologie et de numismatique de Montréal en devient propriétaire. Le château De Ramezay est restauré entre 1997 et 2002. Il abrite encore aujourd’hui le Musée du Château Ramezay.
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Notices bibliographiques :
AUGERON, Mickaël, dir., Dominique GUILLEMET, dir., Alain ROY, dir. et Marc ST-HILAIRE, dir. Les traces de la Nouvelle-France au Québec et en Poitou-Charentes. Québec, Les Presses de l’Université Laval, 2008. 308 p.
CLOUTIER, Nicole. « Château de Ramezay ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 38-40.
Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
FORGET, Madeleine, dir. et Gilles LAUZON, dir. L’histoire du Vieux-Montréal à travers son patrimoine. Montréal / Québec, Publications du Québec / Société de développement de Montréal / Ville de Montréal; Min. de la Culture et des Comm. du Québec, 2004. 292 p.
HISTART. Château de Ramezay. Rapport historique. Montréal, Histart inc., 1972. s.p.
LAGRAVE, Jean-Paul De. « Un livre d’histoire: le château Ramezay ». Cap-aux-Diamants. No 30 (1992), p. 59.
MORIN, Victor. Château de Ramezay Montréal, Canada 1705-1955. Montréal, 1957. 132 p.
MORIN, Victor. Les Ramesay et leur château / The Ramesay family and château. Montréal, Société d’archéologie et de numismatique, 1955. 127 p.
PINARD, Guy. Montréal, son histoire, son architecture. Vol. 1. Montréal, Les Éditions La Presse, 1987. 346 p.
ZOLTVANY, Yves F. « Ramezay, Claude de ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Cimetière Notre-Dame-des-Neiges



Cimetière Notre-Dame-des-Neiges

Le cimetière de Notre-Dame-des-Neiges est un vaste lieu d'inhumation s'inspirant des grands cimetières français, dont celui du Père-Lachaise. Il se caractérise par une harmonie naturelle et architecturale, révélée par sa végétation diversifiée et ses monuments, parfois imposants et prestigieux. En plus des grands espaces gazonnés, la nécropole comprend trois bois, soit le bois Saint-Jean-Baptiste, le bois central et le bois de l'Est, qui sont composés de milliers d'arbres. Des alignements d'arbres bordant les chemins et les îlots, des plantes arborescentes et arbustives ainsi que des plantes horticoles au pourtour des monuments, édifices et entrées complètent l'ensemble de la végétation du cimetière.

Situé dans un vallon, entre les trois sommets du mont Royal, le cimetière résulte d'agrandissements successifs et est constitué d'une topographie en paliers. Du nord-ouest au sud-ouest, trois zones topographiques, la plaine, le plateau et le sommet, ont ainsi influencé l'aménagement des chemins et des allées du site.
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Notices bibliographiques :
PINARD, Guy. Montréal, son histoire, son architecture. Vol. 4. Montréal, Éditions du Méridien, 1991. 504 p.
s.a. L'Architecture de Montréal. s.l. Éditions Libre Expression / Ordre des architectes du Québec, 1990. 181 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Édifice de l'Ancienne-école-Notre-Dame-de-Québec



Ancienne-école-Notre-Dame-de-Québec

L'ancienne École Notre-Dame est un bâtiment scolaire bâti entre 1911 et 1912. Son plan rectangulaire s'élève sur deux étages et est terminé par un toit plat. Les façades sont érigées en brique sur un haut soubassement en béton percé d'ouvertures. La façade principale est soulignée par une avancée centrale où se trouve l'entrée qui est accessible par un escalier et une rampe d'accès. La porte à double vantail entièrement vitrée possède une grande imposte à arc surbaissé. Les fenêtres à guillotine à arc surbaissé surmontées de platebandes en brique sont disposées avec régularité. Le programme décoratif comprend plusieurs éléments qui se concentrent majoritairement dans le couronnement du bâtiment. Le sommet de l'avancée porte l'inscription « École Notre-Dame 1912 » ainsi qu'un jeu de corniches agrémenté d'une insertion de pierre, d'un petit fronton et d'un mât. Une corniche à consoles superposée d'un parapet muni d'amortissements aux angles ceint le bâtiment. L'ancienne institution scolaire est située sur la rue Sainte-Julie dans un quartier résidentiel de Trois-Rivières.



Informations historiques

Les Ursulines, d'abord établies à Québec, arrivent à Trois-Rivières en 1697. Vers 1700-1701, elles s'installent à l'extérieur des fortifications de la ville où elles sont responsables de l'érection d'un complexe de bâtiments important. En 1886, leur hôpital ferme après avoir été en service près de deux siècles. Dès lors, cette communauté religieuse peut se vouer exclusivement à l'éducation des jeunes filles. En 1891, les Ursulines fondent l'École Saint-Louis-de-Gonzague, une école publique qu'elles dirigent à la demande de Monseigneur François Laflèche (1818-1898) et de la Commission scolaire de Trois-Rivières. Dans les années suivantes, elles prennent la direction de plusieurs écoles.

En 1910, la Commission scolaire achète un bâtiment dans le quartier Notre-Dame où, dès la même année, trois Ursulines y prennent en charge une centaine d'élèves. De nouveaux locaux deviennent rapidement nécessaires, car, en 1911, les Franciscains qui sont responsables de la nouvelle paroisse de Notre-Dame-des-Sept-Allégresses désirent le terrain de l'école pour y construire l'église. Un échange a lieu entre la fabrique et la Commission scolaire et l'École Notre-Dame est construite entre 1911 et 1912 à l'angle des rues Sainte-Julie et Cooke sur l'ancien terrain de la fabrique. Les Ursulines quittent l'édifice en 1921 et l'enseignement primaire cesse en 1960. Après cette date, le bâtiment a accueilli une école spécialisée.

Aujourd'hui, l'établissement conserve sa vocation communautaire en hébergeant les locaux de plusieurs organismes.



Valeur patrimoniale

La valeur patrimoniale de l'ancienne École Notre-Dame repose notamment sur son intérêt historique. Elle témoigne du développement des institutions scolaires et du territoire de Trois-Rivières. Les Ursulines, d'abord établies à Québec, arrivent à Trois-Rivières en 1697. En 1886, leur hôpital ferme après avoir été en service près de deux siècles et la communauté religieuse peut dès lors se vouer exclusivement à l'éducation des jeunes filles. Dans les années suivantes, elles prennent la direction de plusieurs écoles. En 1910, la Commission scolaire achète un bâtiment dans le quartier Notre-Dame où, dès la même année, trois Ursulines y prennent en charge une centaine d'élèves. De nouveaux locaux deviennent nécessaires en 1911, car les Franciscains qui sont responsables de la nouvelle paroisse de Notre-Dame-des-Sept-Allégresses désirent obtenir le terrain de l'école pour y construire l'église. Un échange a lieu entre la fabrique et la Commission scolaire et l'École Notre-Dame est construite entre 1911 et 1912 à l'angle des rues Sainte-Julie et Cooke sur l'ancien terrain de la fabrique. Elle constitue un témoin de l'explosion démographique et territoriale suivant l'industrialisation du début du XXe siècle.

La valeur patrimoniale de l'ancienne École Notre-Dame tient également à son architecture. Elle témoigne des tendances de l'architecture scolaire dans les premières décennies du XXe siècle. Ces bâtiments sont généralement de grandes dimensions, comportent deux ou trois étages et sont appuyés sur un plan rectangulaire. Leur composition d'ensemble est régulière et repose sur des volumes bien articulés. L'ancienne École Notre-Dame est un exemple particulièrement réussi de ce type d'édifice par la composition symétrique de sa façade, qui est marquée par une avancée centrale bien soulignée abritant une entrée monumentale. La fenestration importante assure l'éclairage naturel requis par la fonction du bâtiment alors que la corniche importante et les amortissements rehaussent la qualité de l'ensemble. Ainsi, par son plan et ses matériaux cette école se rattache à la production architecturale institutionnelle du début du XXe siècle.
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Notices bibliographiques :
PANNETON, Jean. Le diocèse de Trois-Rivières, 1852-2002 : 150 ans d'espérance. Sillery, Septentrion, 2002. 256 p.
Patrimoine trifluvien. No 5 (1995).

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Édifice Pamphile-Le May



Édifice Pamphile-Le May

L'édifice Pamphile-Le May est un bâtiment institutionnel d'architecture Beaux-Arts construit de 1910 à 1915. De plan rectangulaire, l'immeuble en pierre de quatre étages est coiffé d'un toit mansardé. Il présente un avant-corps en façade principale. Le rez-de-chaussée est séparé du premier étage par un bandeau continu et un entablement souligne le couronnement. L'édifice Pamphile-Le May voisine l'Hôtel du Parlement, auquel il est relié par une passerelle. Il est situé sur la colline Parlementaire, dans l'arrondissement municipal de La Cité-Limoilou, de la ville de Québec.

Ce bien fait partie de l'Assemblée nationale du Québec, déclarée site patrimonial national. L'édifice Pamphile-Le May est le lieu de conservation de la collection Pierre-Joseph-Olivier-Chauveau, classée document patrimonial.


Valeur patrimoniale

L'édifice Pamphile-Le May présente un intérêt pour sa valeur historique. Ce bâtiment est le siège de la bibliothèque de l'Assemblée nationale du Québec depuis 1915. L'histoire de cette institution débute en 1802, alors qu'est créée la bibliothèque de la Chambre d'assemblée du Bas-Canada. Plusieurs pertes sont reliées à des incendies (1849, 1854 et 1883) et au déménagement de la majeure partie des collections au parlement d'Ottawa en 1865. La bibliothèque de l'Assemblée législative de la province de Québec est mise sur pied par le bibliothécaire Pamphile Le May (1837-1918), à la suite de la signature de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique en 1867. En 1884, l'Assemblée législative ratifie la Loi relative à la bibliothèque de la Législature. En 1890, la collection d'imprimés du premier ministre Pierre-Joseph-Olivier Chauveau (1820-1890), constituée de plus de 3 000 titres, est achetée. C'est de 1952 à 1969, sous la direction du bibliothécaire Jean-Charles Bonenfant (1912-1977), que l'institution gagne en prestige et devient aussi publique. Elle possède une collection exceptionnelle de publications parlementaires et gouvernementales, un grand nombre de périodiques et de journaux, ainsi que plusieurs imprimés rares et anciens. L'édifice Pamphile-Le May est ainsi étroitement lié à l'histoire de la bibliothèque de l'Assemblée nationale.

L'édifice Pamphile-Le May présente aussi un intérêt pour sa valeur architecturale. Construit de 1910 à 1915, ce bâtiment s'inscrit dans la tradition Beaux-Arts, dérivée de l'enseignement de l'École des beaux-arts de Paris. Ce courant est privilégié pendant les décennies 1910 et 1920 par l'homme politique Louis-Alexandre Taschereau (1867-1952) afin d'affirmer le rôle de capitale de la ville de Québec et de conférer à la province une architecture institutionnelle portant le sceau de l'État. L'esthétique Beaux-Arts a été fréquemment utilisée pour les bâtiments publics au Québec et en Amérique du Nord dans le premier quart du XXe siècle. Elle emploie le vocabulaire classique, mais affirme un intérêt particulier pour la modernité, qui se traduit notamment dans les matériaux et le mode de construction. Ses principes de base sont la clarté du plan, l'équilibre des proportions ainsi que la représentation de la fonction et de l'importance du bâtiment dans son environnement. L'édifice Pamphile-Le May en est une illustration par ses élévations symétriques, le bandeau séparant le rez-de-chaussée du premier étage, l'entablement soulignant le couronnement et ses éléments décoratifs empruntés au répertoire classique. Par leurs références stylistiques à connotation française, les édifices de l'Assemblée nationale, siège du seul parlement et gouvernement francophone d'Amérique du Nord, forment un ensemble architectural harmonieux et imposent l'image de l'État.

L'édifice Pamphile-Le May présente en outre un intérêt pour sa valeur historique découlant de son association avec des architectes connus. Les plans sont conçus en collaboration par Jean-Omer Marchand (1873-1936) de Montréal et Georges-Émile Tanguay (1858-1923) de Québec. Marchand est l'un des architectes québécois les plus réputés du premier quart du XXe siècle. Il a été le premier architecte canadien à obtenir un diplôme de l'École des beaux-arts de Paris, en 1903. Tanguay, architecte prolifique et aussi très renommé, a réalisé près de 300 bâtiments au Québec. Tous deux ont construit d'importants immeubles institutionnels dans leur ville respective, dont la maison mère de la Congrégation-de-Notre-Dame pour Marchand et l'hôtel de ville de Québec pour Tanguay. Outre l'édifice Pamphile-Le May, le duo a également dessiné les plans de l'édifice du restaurant Le Parlementaire (1912-1917), situé dans la cour intérieure de l'Hôtel du Parlement (1877-1886).


Éléments caractéristiques

Les éléments clés de l'édifice Pamphile-Le May liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment:
- son inclusion dans le site patrimonial national de l'Assemblée nationale du Québec, dans la ville de Québec;
- sa situation entre l'édifice Honoré-Mercier et l'Hôtel du Parlement et les passerelles couvertes le reliant à ces bâtiments;
- son volume, dont le plan rectangulaire, l'avant-corps servant d'amorce à la passerelle le reliant à l'Hôtel du Parlement et l'élévation de quatre étages (rez-de-chaussée, deux étages et toit mansardé);
- les matériaux, dont l'ossature d'acier enveloppée de brique, les élévations revêtues de pierre de taille en calcaire de Saint-Marc-des-Carrières et de granit de Rivière-à-Pierre ainsi que la couverture en cuivre sur baguettes;
- les caractéristiques Beaux-Arts, dont la composition symétrique des élévations, les trois registres, le bandeau séparant le rez-de-chaussée des étages supérieurs et l'entablement soulignant le couronnement;
- l'entrée principale du côté de l'Hôtel du Parlement, les deux derniers étages traités en attique et les fausses façades latérales;
- les ouvertures à ordonnance symétrique, dont les fenêtres à carreaux, celles du rez-de-chaussée cintrées et celles des étages rectangulaires, ainsi que les lucarnes;
- l'ornementation classique, dont la pierre à bossage continu du rez-de-chaussée, les chaînes d'angle, les balcons peu profonds supportés par des consoles et décorés d'une balustrade en pierre, les portes vitrées en bois à double vantail surmontées d'une imposte vitrée cintrée, les appuis et les chambranles ornés, les frontons à consoles et les colonnes engagées des ouvertures du premier étage ainsi que le bandeau continu les reliant, les frontons des lucarnes, l'entablement à modillons, l'arche à clef de voûte et le couronnement de la passerelle orné d'une armoirie.


Informations historiques

L'édifice Pamphile-Le May est construit de 1910 à 1915. Il est érigé notamment pour abriter la bibliothèque de l'Assemblée législative de la province de Québec, aussi appelée « bibliothèque de la Législature » ou « bibliothèque du Parlement ».

L'histoire de l'institution débute en 1802, alors qu'est créée la bibliothèque de la Chambre d'assemblée du Bas-Canada. Elle loge dans les édifices parlementaires de Québec jusqu'en 1838. Entre 1840 et 1865, elle suit la capitale itinérante à Kingston, Montréal, Toronto et Québec (de 1852 à 1855 et de 1859 à 1865). Plusieurs pertes sont reliées à des incendies (1849, 1854) et au déménagement de la majeure partie des collections au parlement d'Ottawa en 1865.

En 1867, à la suite de la signature de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique, la « bibliothèque de l'Assemblée législative de la province de Québec » est mise sur pied par le bibliothécaire Pamphile Le May (1837-1918). Toutefois, la plus grande partie des collections est détruite dans l'incendie des édifices parlementaires du parc Montmorency en 1883. L'année suivante, l'Assemblée législative ratifie la Loi relative à la bibliothèque de la Législature. Les volumes sauvés sont déménagés en 1885 dans l'aile Saint-Louis du nouvel Hôtel du Parlement. En 1890, la collection d'imprimés du premier ministre Pierre-Joseph-Olivier Chauveau (1820-1890), constituée de plus de 3 000 titres, est achetée.

À la fin du XIXe siècle, l'espace occupé par la bibliothèque est réclamé pour les fonctionnaires. Vers 1900, on envisage la construction d'un édifice pour l'accueillir. Eugène-Étienne Taché (1836-1912), qui avait prévu une bibliothèque dans la cour intérieure de l'Hôtel du Parlement dans son projet initial de 1875, en dessine les esquisses. C'est toutefois la « bâtisse des pouvoirs », qui doit loger les systèmes de chauffage et d'électricité de l'Hôtel du Parlement, qui est implantée dans la cour. Taché proposera finalement l'emplacement actuel.

En 1910, le ministre des Travaux publics Louis-Alexandre Taschereau (1867-1952) autorise la construction du bâtiment. Il s'inscrit dans la tradition Beaux-Arts, privilégiée par l'homme politique afin d'affirmer le rôle de capitale de la ville de Québec et de conférer à la province une architecture institutionnelle portant le sceau de l'État. Les travaux sont exécutés par l'entrepreneur Joseph Gosselin de Lévis, selon les plans des architectes Jean-Omer Marchand (1873-1936) de Montréal et Georges-Émile Tanguay (1857-1923) de Québec. La réalisation de l'édifice, relié à l'Hôtel du Parlement par une passerelle, marque la naissance de la cité administrative que l'on nommera « colline Parlementaire ».

La bibliothèque occupe le rez-de-chaussée. Les étages supérieurs accueillent les bureaux du Conseil exécutif et du Conseil de l'Instruction publique. En 1916, la verrière est installée. Elle est exécutée par Guido Nincheri (1885-1973), d'après un dessin de Charles Huot (1855-1930). La décoration intérieure est achevée en 1921.

De 1952 à 1969, sous la direction du bibliothécaire Jean-Charles Bonenfant (1912-1977), l'institution gagne en prestige et devient aussi publique. En 1965, le sous-sol est creusé pour y entreposer les journaux et les périodiques ainsi que pour aménager une salle de lecture.

En 1980, l'immeuble, connu sous le nom d'édifice « B » depuis 1938, est renommé édifice Pamphile-Le May, en l'honneur de son premier directeur. Il est restauré au cours de cette décennie.

En 1985, le quadrilatère formé par le boulevard René-Lévesque, l'avenue Honoré-Mercier, la Grande Allée et la rue des Parlementaires, incluant l'Hôtel du Parlement et les édifices du restaurant Le Parlementaire, Pamphile-Le May et Honoré-Mercier, est déclaré site historique national. Ce bien est devenu un site patrimonial national à l'entrée en vigueur de la Loi sur le patrimoine culturel en 2012. Au même moment, le périmètre du site est agrandi afin d'inclure les édifices Jean-Antoine-Panet et André-Laurendeau.
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Notices bibliographiques :
BEAULIEU, André. L'Assemblée nationale du Québec. Québec, Éditeur officiel du Québec, 1973. 69 p.
BÉLANGER, Réal. « L'Hôtel du Parlement, symbole de l'État du Québec en devenir (1867-1982) ». COURVILLE, Serge et Robert GARON. Atlas historique du Québec. Québec, ville et capitale. Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 2001, p. 412-438.
COSSETTE, Jean-François et Guy HUOT. « La conservation du patrimoine immobilier à l'Assemblée nationale du Québec ». Bulletin de la bibliothèque de l'Assemblée nationale. Vol. 34, no 3-4 (2005), p. 5-10.
DESCHÊNES, Gaston et Luc NOPPEN. L'Hôtel du Parlement, témoin de notre histoire. Sainte-Foy, Les Publications du Québec, 1996. 204 p.
DESCHÊNES, Gaston et Maurice PELLERIN. Le Parlement du Québec: deux siècles d'histoire. Québec, Publications du Québec, 1991. 123 p.
DESCHÊNES, Gaston et Michel DESGAGNÉS. « L'identification des édifices parlementaires ». Bulletin de la Bibliothèque de l'Assemblée nationale. Vol. 10, no 1 (1980), p. 33-46.
DESCHÊNES, Gaston. Entretiens sur l'histoire de l'Hôtel du Parlement, des anciens édifices parlementaires et du Salon bleu. Québec, Bibliothèque de l'Assemblée nationale, 1982. 38 p.
DESCHÊNES, Gaston. Le Parlement de Québec. Histoire, anecdotes et légendes. s.l. Éditions MultiMondes, 2005. 323 p.
DESGAGNÉS, Michel. Les édifices parlementaires depuis 1792. Québec, Assemblée nationale, 1979. 84 p.
GALLICHAN, Gilles. Au fil des pages et du temps : la Bibliothèque de l'Assemblée nationale, deux siècles d'histoire. Québec, Bibliothèque de l'Assemblée nationale, 2002. 122 p.
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HUDON, Francine. Les édifices parlementaires. Québec, Assemblée nationale, 1980. 264 p.
MORISSET, Lucie K. et Luc NOPPEN. Québec de roc et de pierres : la capitale en architecture. Sainte-Foy, Éditions MultiMondes, 1998. 150 p.
NOPPEN, Luc. « Hôtel du Parlement ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, p. 196-201.
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POTVIN, Damase. Aux fenêtres du Parlement de Québec : histoire, traditions, coutumes, usages, procédures, souvenirs, anecdotes, commissions et autres organismes. Québec, Éditions de la Tour de pierre, 1972. 337 p.
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Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Hôtel du Parlement



Hôtel du Parlement

L'Hôtel du Parlement est un édifice institutionnel de style Second Empire érigé en deux phases entre 1877 et 1886. Il comprend quatre corps de bâtiment (le Palais législatif et les trois ailes) disposés autour d'une cour intérieure carrée. Des toits mansardés coiffent l'immeuble de quatre étages. La façade principale est dominée par une tour centrale de huit étages et cantonnée de deux pavillons d'angle. La tour centrale est dotée d'une horloge et couronnée par un mât où flotte le drapeau fleurdelisé. Une fontaine monumentale entourée par un escalier d'apparat semi-circulaire rehausse l'entrée d'honneur, qui donne sur la place de l'Assemblée-Nationale. L'édifice est richement décoré de statues de bronze et d'ornements en pierre. L'Hôtel du Parlement est la principale composante architecturale de l'Assemblée nationale du Québec. L'édifice est situé sur la colline Parlementaire, dans l'arrondissement municipal de La Cité-Limoilou, de la ville de Québec.

Ce bien fait partie de l'Assemblée nationale du Québec, déclarée site patrimonial national.



Valeur patrimoniale

L'Hôtel du Parlement présente un intérêt pour ses valeurs historique et emblématique. Cet édifice est le lieu suprême et légitime d'expression et de mise en oeuvre des principes démocratiques de gouvernement du Québec. C'est dans ses murs qu'ont lieu depuis 1885 les délibérations des représentants du peuple, chargés de faire les lois et de contrôler l'action gouvernementale. L'origine des institutions parlementaires québécoises remonte à 1791, alors que l'Acte constitutionnel instaure le régime parlementaire britannique dans le Bas-Canada. Le Parlement du Bas-Canada est alors composé de la Chambre d'Assemblée, du Conseil législatif et du gouverneur. En 1968, le Conseil législatif est aboli et l'Assemblée législative devient l'Assemblée nationale du Québec. L'Hôtel du Parlement, qui est le siège du seul parlement et gouvernement francophone d'Amérique du Nord, constitue ainsi le symbole de l'État du Québec et de ses institutions démocratiques.

L'Hôtel du Parlement présente aussi un intérêt pour sa valeur architecturale. Construit entre 1877 et 1886, cet édifice est l'exemple par excellence du style Second Empire au Québec. D'origine française, ce style apparaît sous le règne de l'empereur Napoléon III (1808-1873), notamment avec la construction du Nouveau Louvre (1852 à 1857). Il est présent dans l'architecture canadienne à la fin des années 1860 et préconisé par le département des Travaux publics de la province de Québec à cette époque. À la suite de la construction de l'Hôtel du Parlement, il connaîtra une grande vogue au Québec. Oeuvre d'Eugène-Étienne Taché (1836-1912), l'édifice en est une illustration par ses quatre corps de bâtiment (le Palais législatif et les trois ailes) disposés autour d'une cour intérieure carrée, ses toits mansardés, ses pavillons centraux, ses pavillons d'angle ainsi que sa riche ornementation. Pour agrémenter l'Hôtel du Parlement, Taché a aussi composé un « ordre québécois », formé d'un pilastre au chapiteau orné d'une fleur de lis. L'Hôtel du Parlement recourt au style Second Empire pour souligner les origines françaises de la capitale ainsi que pour asseoir le prestige et la respectabilité de l'institution, alors que l'ornementation héraldique affirme son appartenance québécoise et canadienne.

L'Hôtel du Parlement présente également un intérêt pour sa valeur historique liée à son programme commémoratif. Haut lieu de la mémoire collective, l'Hôtel du Parlement est un monument consacré à l'histoire nationale du Québec, fondée sur la devise « Je me souviens », inscrite dans la pierre de l'édifice. Le programme commémoratif, exécuté entre 1890 et 1969, comprend 26 bronzes et de nombreuses armoiries sculptées qui rendent hommage aux découvreurs et aux grandes figures militaires, religieuses et politiques du passé. Par exemple, la tour centrale et les pavillons d'angle de la façade principale sont dédiés à Jacques Cartier (1491-1557), Samuel de Champlain (vers 1570-1635) et Paul de Chomedey de Maisonneuve (1612-1676), tandis que l'entrée d'honneur rend hommage aux Amérindiens. On trouve aussi sur les élévations les armes des principaux gouverneurs français et britanniques, ceux des huit premiers lieutenants-gouverneurs, de même que les noms de certains héros de la Nouvelle-France. L'Hôtel du Parlement est ainsi le principal lieu de commémoration de l'histoire du Québec.

L'Hôtel du Parlement présente en outre un intérêt pour sa valeur historique découlant de son association avec un architecte connu. Passionné d'art et d'histoire, Eugène-Étienne Taché va marquer l'architecture de la capitale en participant à la conception de plusieurs autres édifices institutionnels, dont l'ancien palais de justice (1883-1887) et le manège militaire (1885).



Éléments caractéristiques

Les éléments clés de l'Hôtel du Parlement liés à ses valeurs historique, emblématique et architecturale comprennent, notamment :
- son inclusion dans le site patrimonial national de l'Assemblée nationale du Québec, dans la ville de Québec;
- l'orientation de sa façade vers le Vieux-Québec;
- son volume, dont le plan carré formé de quatre corps de bâtiment rectangulaires disposés autour d'une cour intérieure, l'élévation de quatre étages, les toits mansardés, la tour centrale demi-hors-œuvre de huit étages de la façade principale coiffée d'un toit en pavillon à terrasse faîtière orné d'une crête en fer, les pavillons centraux en saillie coiffés de dômes carrés à terrasse faîtière, les pavillons d'angle en saillie coiffés de toits en pavillon à terrasse faîtière ainsi que les hautes souches de cheminée très ornementées;
- ses matériaux, dont les fondations constituées de pierre de démolition de l'ancien collège des Jésuites et de pierre calcaire de Château-Richer, le soubassement en grès vert et en granite Calédonia, le rez-de-chaussée recouvert de pierre de taille aux joints profonds, les étages revêtus de pierre de taille calcaire de Saint-Marc-des-Carrières à fini bouchardé, la couverture en tôle galvanisée avec ornements en zinc ainsi que les ouvertures en bois;
- les ouvertures, dont les portes surmontées d'une imposte vitrée en plein cintre, les fenêtres à carreaux (celles du rez-de-chaussée cintrées, celles du deuxième étage à arc surbaissé, celles du troisième étage rectangulaires) et les lucarnes à fronton en hémicycle;
- la riche ornementation puisée dans le répertoire classique, dont les divers appareillages, les bandeaux, les colonnes, les pilastres, les entablements, les frontons, les niches cintrées, les consoles, les acrotères ainsi que les motifs sculptés (cartouches, festons, arabesques, fleurs de lis, feuilles d'érable et de laurier);
- l'horloge de la tour et celle de l'aile Saint-Louis;
- la fontaine monumentale entourée par un escalier d'apparat semi-circulaire conduisant à l'entrée d'honneur;
- les passerelles couvertes le reliant à l'édifice du restaurant Le Parlementaire et à l'édifice Honoré-Mercier;
- les statues « La Halte dans la forêt » et « Le Pêcheur à la nigog » de l'entrée d'honneur;
- les bronzes de la façade principale, soit ceux de Louis de Buade de Frontenac, James Bruce Elgin, Louis-Joseph de Montcalm, James Wolfe, Charles-Michel de Salaberry, François-Gaston Lévis, Jean Talon, Jean de Brébeuf, Lord Dorchester, Jacques Marquette, Robert Baldwin, Pierre Boucher, Pierre Le Moyne d'Iberville, Pierre Gauthier de La Vérendrye, Louis Jolliet, François de Montmorency de Laval, Marie de l'Incarnation, Marguerite Bourgeoys, Jean-Jacques Olier, Samuel de Champlain, Paul Chomedey de Maisonneuve, Nicolas Viel ainsi que les allégories « La Poésie et l'Histoire » et « La Religion et la Patrie » couronnant les ressauts de part et d'autre de la tour centrale;
- l'inscription du nom de Jacques Cartier sur la tour centrale et des noms de Samuel de Champlain et de Paul de Chomedey de Maisonneuve sur les pavillons d'angle de la façade principale;
- les armes des principaux gouverneurs français et britanniques, des huit premiers lieutenants-gouverneurs de la province et de certains héros de la Nouvelle-France;
- les armoiries du Québec et la devise « Je me souviens » au-dessus de l'entrée d'honneur.



Informations historiques

L'Hôtel du Parlement est le symbole de l'État du Québec et de ses institutions démocratiques. L'origine de ces institutions remonte à 1791, alors que l'Acte constitutionnel instaure le régime parlementaire britannique au Bas-Canada. Composé alors de la Chambre d'Assemblée, du Conseil législatif et du gouverneur, le Parlement du Bas-Canada siège dans la ville de Québec jusqu'en 1838. À la suite de l'Acte d'Union en 1841, la capitale devient itinérante. Québec accueille les parlementaires de 1852 à 1855 et de 1860 à 1865.

En 1867, l'Acte de l'Amérique du Nord britannique est sanctionné. La ville de Québec devient la capitale de la province qui porte son nom. Le Parlement et les départements (ministères) s'installent dans l'ancien édifice parlementaire situé côte de la Montagne, à l'endroit de l'actuel parc Montmorency. Dès 1869, on songe à la construction d'un nouveau bâtiment. L'ancien parlement est détruit dans un incendie en 1883.

Le gouvernement choisit d'abord l'emplacement de l'actuel hôtel de ville. Eugène-Étienne Taché (1836-1912), commissaire adjoint du département des Terres de la Couronne, présente ses plans en 1875. L'année suivante, le Cricket Field, situé à l'extérieur des fortifications, est acquis. Taché adapte son projet au nouveau site avec l'aide des ingénieurs et architectes Pierre Gauvreau (1813-1884) et Jean-Baptiste Derome (1837-1910); il dépose les plans définitifs en 1877 et en 1883.

L'Hôtel du Parlement est construit en deux temps, entre 1877 et 1886. Les trois ailes destinées à accueillir les bureaux de l'exécutif, qui regroupe les organes chargés de la mise en œuvre des lois, du lieutenant-gouverneur et des départements sont érigées entre 1877 et 1880 par les entrepreneurs Nicholas Piton et Simon-Xavier Cimon (1829-1887) de Québec. Le Palais législatif, qui doit loger l'Assemblée législative et le Conseil législatif, est élevé de 1883 à 1886. Le contrat est accordé à William John Piton de Québec et Alphonse Charlebois de Montréal. En 1885, les parlementaires siègent dans l'édifice. Trois ans plus tard, l'horloge de la tour est fabriquée et installée par Cyrille Duquet (1841-1922), un horloger-bijoutier de Québec.

Le « chantier du siècle » emploie jusqu'à 400 ouvriers, dont une soixantaine de tailleurs de pierre et de maîtres sculpteurs, et connaît notamment quatre grèves, un attentat à la dynamite et un scandale financier. Néanmoins, l'Hôtel du Parlement rehausse le prestige de la ville et stimule le développement de la Grande Allée. Son style Second Empire connaîtra une grande vogue au Québec et sera employé dans l'architecture publique, institutionnelle et résidentielle.

Pour Taché, l'Hôtel du Parlement est un monument consacré à l'histoire nationale du Québec. Le vaste programme commémoratif comprend un nouvel emblème national, approuvé le 9 février 1883, auquel il ajoute « Je me souviens », qui deviendra la devise du Québec en 1939. Taché prévoit aussi des statues et des armoiries sculptées. La réalisation de ce programme va s'étendre jusqu'en 1969. Elle fera appel à des sculpteurs de renom, dont Louis-Philippe Hébert (1850-1917) et Alfred Laliberté (1878-1953).

Le 21 janvier 1948, le fleurdelisé devient le drapeau du Québec et est hissé pour la première fois sur le mât de l'Hôtel du Parlement. Vingt ans plus tard, le Conseil législatif est aboli et l'Assemblée législative devient l'Assemblée nationale du Québec.

En 1985, le quadrilatère formé par le boulevard René-Lévesque, l'avenue Honoré-Mercier, la Grande Allée et la rue des Parlementaires, incluant l'Hôtel du Parlement et les édifices du Parlementaire, Pamphile-Le May et Honoré-Mercier, est déclaré site historique national. Ce bien est devenu un site patrimonial national à l'entrée en vigueur de la Loi sur le patrimoine culturel en 2012. Au même moment, le périmètre du site est agrandi afin d'inclure les édifices Jean-Antoine-Panet et André-Laurendeau.
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Notices bibliographiques :
Assemblée nationale du Québec. Mémoire de bronze: Les statues de la façade de l'hôtel du Parlement. Québec, Assemblée Nationale du Québec, s.d. 20 p.
BEAULIEU, André. L'hôtel du Parlement. Québec, L'Assemblée nationale du Québec, 1981. 96 p.
DESCHÊNES, Gaston et Luc NOPPEN. L'Hôtel du Parlement, témoin de notre histoire. Sainte-Foy, Les Publications du Québec, 1996. 204 p.
MORISSET, Lucie K. et Luc NOPPEN. Québec de roc et de pierres : la capitale en architecture. Sainte-Foy, Éditions MultiMondes, 1998. 150 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Le Monument-National



Le Monument-National

Le Monument-National est un édifice à vocation socioculturelle de style néo-Renaissance construit de 1891 à 1894. L'imposant bâtiment rectangulaire haut de quatre étages à l'avant et de cinq à l'arrière est surmonté d'un toit plat divisé en deux paliers. Le Monument est contigu aux bâtiments voisins et sa longue façade en pierre grise, alignée à celle des autres bâtiments de la rue, comporte une abondance d'ouvertures et d'éléments décoratifs disposés symétriquement. Implanté en bordure du boulevard Saint-Laurent, une artère achalandée, l'immeuble s'élève devant un parc urbain créé récemment, dans un secteur d'intérêt patrimonial de l'arrondissement municipal de Ville-Marie de la ville de Montréal.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. La protection s'applique à l'extérieur et à l'intérieur de l'immeuble, et pas au terrain. Le Monument-National bénéficie d'une aire de protection.



Valeur patrimoniale

Le Monument-National présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique comme lieu clé de la sociabilité canadienne-française à Montréal.. Sa construction est proposée officiellement en 1884 par le futur sénateur Laurent-Olivier David (1840-1926), journaliste et homme de lettres, pour souligner le cinquantième anniversaire de l'Association Saint-Jean-Baptiste de Montréal (plus tard, la Société Saint-Jean-Baptiste). Inauguré en 1893, l'édifice se veut le symbole de la survivance et des aspirations des Canadiens français dans la métropole. Jusque dans les années 1960, il abrite les services administratifs de la Société Saint-Jean-Baptiste ainsi que ses diverses filiales, dont la Caisse nationale d'économie, la Société nationale de fiducie et le Prêt d'honneur. C'est aussi le lieu de rassemblement des Dames patronnesses de l'Association Saint-Jean-Baptiste (plus tard, Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste), groupe marquant des débuts du féminisme québécois.

Le Monument-National présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur historique liée à son caractère multifonctionnel. Ce bâtiment a regroupé à la fois un théâtre recevant autrefois 1400 spectateurs, des commerces, des bureaux, des salles polyvalentes, des salles de cours, une bibliothèque et un musée. Édifice à vocation socioculturelle, il a logé des organismes tels que l'École des arts et métiers ainsi que des associations ouvrières et nationalistes. Hôte de nombreuses productions scéniques, il a lancé la carrière d'artistes renommés comme La Bolduc (Mary Travers, 1894-1941), Gratien Gélinas (1909-1999) ou encore Olivier Guimond, père (1893-1954) et fils (1914-1971). Transcendant son rôle premier de centre de rayonnement pour la société canadienne-française, il a diffusé les œuvres d'artistes des communautés chinoise et juive. L'École nationale de théâtre du Canada, propriétaire depuis 1971, y dispense des cours et présente des pièces, perpétuant ainsi sa fonction culturelle et éducative.

Le Monument-National présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Il est conçu par les architectes Maurice Perrault (1857-1909), Albert Mesnard (1847-1909) et Joseph Venne (1858-1925), réputés pour les bâtiments institutionnels et religieux qu'ils ont produits à Montréal et dans la région. La structure en acier constitue une technologie innovatrice à la fin du XIXe siècle. La façade en pierre grise d'inspiration néo-Renaissance témoigne de l'influence étasunienne sur l'architecture montréalaise à cette époque. Le style néo-Renaissance se reflète dans la composition régulière et symétrique, les grandes baies vitrées, notamment celles terminées par un arc en plein cintre, les bandeaux, les pilastres, les frontons et les entablements. Le toit plat est, quant à lui, typique des théâtres et des cinémas créés au tournant du XXe siècle et d'un bon nombre d'immeubles résidentiels. Le toit est divisé en deux paliers, et sa partie la plus élevée couvre la grande salle de spectacle. De plus, l'intérieur comprend des éléments remarquables, dont le balcon en fer à cheval du théâtre, l'un des derniers à subsister au Canada, et un escalier élaboré. L'ensemble de ces caractéristiques fait du Monument-National un bâtiment exceptionnel.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2004.


Éléments caractéristiques

Les caractéristiques du Monument-National liées à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment:
- sa situation le long du boulevard Saint-Laurent, la contiguïté avec les bâtiments voisins et l'alignement de la façade avant avec les autres bâtiments de la rue;
- les éléments témoignant des activités scéniques, dont le théâtre occupant le tiers du bâtiment, le portail à trois travées comprenant des portes en bois à deux vantaux et la marquise;
- les éléments témoignant de la fonction commerciale, dont les six ouvertures du rez-de-chaussée en façade destinées à servir de vitrines;
- les éléments témoignant des fonctions sociale et éducative, dont les pièces des étages en façade accueillant autrefois des bureaux, des salles polyvalentes et des salles de cours;
- ses matériaux, dont la structure en acier et le recouvrement en pierre grise;
- les éléments d'inspiration Renaissance de la façade composée de façon régulière et symétrique, dont les grandes baies vitrées, notamment celles terminées par un arc en plein cintre, les bandeaux, les pilastres, les frontons et les entablements;
- le toit plat divisé en deux paliers;
- les éléments de la salle de spectacle, dont le balcon en fer à cheval et sa balustrade en fer forgé, les corbeilles ornées de motifs végétaux et le plafond en plâtre à motifs peints;
- les autres éléments intérieurs, dont le grand escalier en marbre et les nombreuses boiseries finement sculptées.


Informations historiques

L'Association Saint-Jean-Baptiste de Montréal (plus tard, la Société Saint-Jean-Baptiste) est une organisation patriotique canadienne-française fondée en 1834. Vers 1880, Laurent-Olivier David (1840-1926), journaliste et homme de lettres, souhaite doter l'organisme d'un siège social permanent. En 1884, celui-ci propose officiellement la construction du Monument-National pour souligner le cinquantième anniversaire de l'Association. Sa recommandation est retenue et un comité achète, la même année, un terrain délimité par les rues Saint-Louis, Gosford et Craig. La première pierre est posée, mais le comité connaît de sérieux problèmes de financement. En 1890, le gouvernement d'Honoré Mercier (1840-1894) verse une subvention aux promoteurs en plus d'organiser la Loterie de la province de Québec, ce qui sauve le projet.

En 1891, l'Association Saint-Jean-Baptiste jette son dévolu sur un nouveau terrain, soit la propriété Wurtele située boulevard Saint-Laurent, qui deviendra la « Main » de Montréal. Au tournant du XXe siècle, cette artère est la ligne de démarcation entre les quartiers anglophones et francophones. C'est aussi le principal lieu d'insertion des communautés immigrantes dans la métropole, témoignant ainsi de la pluriethnicité urbaine. Le boulevard Saint-Laurent deviendra l'artère des restaurants, du monde du spectacle et des sorties nocturnes.

La construction du Monument-National s'étend de 1891 à 1894. Les travaux sont réalisés selon les plans des architectes Maurice Perrault (1857-1909), Albert Mesnard (1847-1909) et Joseph Venne (1858-1925), réputés pour les bâtiments institutionnels et religieux qu'ils ont produits à Montréal et dans la région. Ces architectes reçoivent la plupart des commandes institutionnelles et religieuses de la clientèle canadienne-française de la région de Montréal. Ils ont notamment signé l'édifice de la Banque du Peuple et le pavillon de l'Université Laval à Montréal, rue Saint-Denis.

En 1893, l'Association Saint-Jean-Baptiste inaugure son siège social, qui sera pendant longtemps le phare de la sociabilité canadienne-française à Montréal. Le bâtiment se veut aussi le symbole de la survivance et des aspirations nationales des Canadiens français dans la métropole. Jusque dans les années 1960, il abrite les services administratifs de l'organisme et ses diverses filiales, dont la Caisse nationale d'économie, la Société nationale de fiducie et le Prêt d'honneur. C'est aussi le lieu de rassemblement des Dames patronnesses de l'Association Saint-Jean-Baptiste (plus tard, Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste), groupe marquant des débuts du féminisme québécois.

Le Monument-National a abrité un théâtre, des commerces, des bureaux, des salles polyvalentes, des salles de cours, une bibliothèque et un musée. Utilisé à des fins socioculturelles, le bâtiment a logé divers organismes, dont l'École des arts et métiers ainsi que des associations ouvrières et nationalistes, dont le Bloc populaire et le Rassemblement pour l'Indépendance nationale. Hôte de nombreuses productions scéniques, il a lancé la carrière d'artistes renommés, tels que La Bolduc (Mary Travers, 1894-1941), Gratien Gélinas (1909-1999) ou encore Olivier Guimond, père (1893-1954) et fils (1914-1971). Transcendant son rôle premier de centre de rayonnement pour la société canadienne-française, il a également diffusé les œuvres d'artistes des communautés chinoise et juive. Depuis 1971, le Monument-National est la propriété de l'École nationale de théâtre du Canada qui y dispense des cours et présente des pièces, perpétuant ainsi la fonction culturelle et éducative du bâtiment.

En 1976, le Monument-National est classé. Il bénéficie d'une aire de protection depuis 1978.

L'édifice est restauré en 1992 pour son centième anniversaire. Il compte aujourd'hui trois salles de spectacle et des espaces pouvant accueillir divers types d'activité.
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Notices bibliographiques :
ANCTIL, Pierre. Saint-Laurent, La Main de Montréal. Sillery / Montréal, Septentrion / Musée Pointe-à-Callière, 2002. 109 p.
Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
GOURNAY, Isabelle, dir. et France VANLAETHEM, dir. Montréal métropole, 1880-1930. Montréal, Boréal, 1998. 224 p.
LACHAPELLE, Jacques. « Monument National ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 84-86.
LAMONDE, Yvan. Histoire sociale des idées au Québec (1896-1929). Montréal, Éditions Fides, 2004. 323 p.
LARRUE, Jean-Marc. Le monument inattendu : Le Monument National, 1893-1993. Cahiers du Québec : Histoire, 106. LaSalle, Éditions Hurtubise HMH, 1993. 322 p.
PINARD, Guy. Montréal, son histoire, son architecture. Vol. 3. Montréal, Les Éditions La Presse, 1989. 560 p.
s.a. « Inventaire architectural de Montréal. Base de données sur le patrimoine ». Ville de Montréal. Le patrimoine architectural de Montréal [En ligne]. http://www2.ville.montreal.qc.ca/script/php/frame.php?target=/patrimoine/patrimoine.htm
Ville de Montréal. Le patrimoine architectural de Montréal

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Maison Alphonse-Desjardins



Maison Alphonse-Desjardins
La maison Alphonse-Desjardins est une habitation de style néogothique construite entre 1882 et 1884. Cette résidence de plan asymétrique en forme de « L », à un étage et demi, est coiffée d'un toit à deux versants ponctué de deux pignons en façade. La maison Alphonse-Desjardins est située dans le cœur historique et institutionnel de l'arrondissement municipal de Desjardins de la ville de Lévis.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. La protection s'applique à l'extérieur et à l'intérieur de l'immeuble, et pas au terrain.


Valeur patrimoniale

La maison Alphonse-Desjardins présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique découlant de son association avec Alphonse Desjardins (1854-1920), fondateur de la première caisse populaire en 1900 et, par conséquent, du Mouvement Desjardins. D'abord journaliste et responsable de la publication des « Débats » de l'Assemblée législative de la province de Québec, Desjardins travaille par la suite à Ottawa comme sténographe francophone à la Chambre des communes pendant 25 ans, soit de 1892 à 1917. Il a fait construire sa résidence de Lévis entre 1882 et 1884 et l'habitera jusqu'à son décès. Au cours de sa vie, Desjardins a créé 187 caisses populaires au Québec, 24 en Ontario et 9 aux États-Unis. Plusieurs distinctions et privilèges lui ont été accordés, notamment celui de devenir membre individuel de l'Alliance coopérative internationale. En 1913, il est fait commandeur de l'Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand par le Saint-Siège, en reconnaissance de sa contribution aux œuvres sociales catholiques.

La maison Alphonse-Desjardins présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Cette résidence est le lieu de fondation de la première caisse populaire et des coopératives financières du Québec ainsi que le point de départ du Mouvement Desjardins, le plus important groupe financier coopératif du Québec et du Canada. En effet, c'est dans cette demeure qu'Alphonse Desjardins élabore son mouvement coopératif. Le 23 janvier 1901, quelque 130 membres y effectuent des transactions pour la toute première fois, probablement dans la cuisine de la maison. En 1906, l'adoption par l'Assemblée législative de Québec de la Loi concernant les syndicats coopératifs fait de la caisse populaire le modèle à partir duquel seront organisées toutes les coopératives d'épargne et de crédit du Québec. Ainsi, la maison Alphonse-Desjardins symbolise l'importance du mouvement coopératif québécois.

La maison Alphonse-Desjardins présente en outre un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. La résidence d'influence néogothique présente un plan en « L », un avant-corps surmonté d'un gâble, des épis de faîtage et des corniches ornées de motifs en bois découpé. Bien que le style néogothique soit courant au Québec au XIXe siècle, il est peu répandu dans les milieux urbains denses et dans les communautés francophones, comme Lévis. Par conséquent, la maison Alphonse-Desjardins se démarque de la plupart des autres résidences d'inspiration néogothique construites à la même période par son implantation en milieu urbain et par l'origine de son premier propriétaire.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2004.


Éléments caractéristiques

Les éléments clés de la maison Alphonse-Desjardins liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :
- sa situation dans la ville de Lévis, au cœur du noyau historique et institutionnel de l'arrondissement municipal de Desjardins, à une intersection;
- son volume, dont le plan en « L » et l'élévation d'un étage et demi;
- ses matériaux, dont la charpente de madrier sur madrier, les fondations en pierre, le parement de planches à clins, le bardeau de cèdre et la tôle à baguettes couvrant le toit ainsi que la cheminée en brique;
- ses caractéristiques néogothiques, dont l'avant-corps surmonté d'un gâble, la baie en saillie en façade couronnée d'un balcon, la porte ouvrant sur le balcon, la lucarne à pignon au-dessus de la galerie en façade, les fenêtres à quatre carreaux formant un arc surbaissé, la porte double surmontée d'une imposte vitrée et les volets;
- sa décoration, dont les motifs de bois découpé des corniches, les épis de faîtage, les balustres et les poteaux des galeries ainsi que les vaisseliers de la galerie arrière;
- l'emplacement des deux entrées, soit l'entrée protocolaire menant au bureau de Desjardins et l'entrée populaire menant à la caisse;
- la pièce utilisée comme bureau de travail d'Alphonse Desjardins;
- la cuisine utilisée comme comptoir de la caisse populaire.



Informations historiques

Cette maison est construite entre 1882 et 1884 pour Alphonse Desjardins (1854-1920), qui est alors journaliste et responsable de la publication des « Débats » de l'Assemblée législative de la province de Québec. Par la suite, Desjardins est sténographe francophone à la Chambre des communes pendant 25 ans, soit de 1892 à 1917.

Le 6 décembre 1900, Desjardins fonde à Lévis la première caisse populaire en Amérique. Depuis sa nomination à Ottawa, il s'intéresse aux sociétés d'entraide et de secours mutuels et constate, notamment, les lacunes de l'organisation du crédit. L'étude du fonctionnement des banques populaires et des caisses rurales européennes l'amène à concevoir un modèle original. En fondant cette caisse populaire, il souhaite encourager l'épargne, rendre le crédit accessible aux ouvriers et aux cultivateurs, combattre l'usure et améliorer les conditions de vie des Canadiens français.

La Caisse populaire de Lévis ouvre ses portes le 23 janvier 1901, dans le domicile de son fondateur. Ce jour-là, quelque 130 membres y effectuent des transactions pour la toute première fois, probablement dans la cuisine de la maison. Cette première caisse devient ainsi le lieu de naissance des coopératives d'épargne et de crédit du Québec ainsi que le point de départ du Mouvement Desjardins, le plus important groupe financier coopératif du Québec et du Canada. En 1906, le siège social de la Caisse populaire de Lévis quitte le domicile du fondateur pour s'installer dans un local commercial.

En quelques années, le réseau des caisses voit le jour et se développe rapidement. En moins de vingt ans, avec l'appui du clergé catholique, Alphonse Desjardins veille à la fondation de 187 caisses au Québec, de 24 en Ontario et de 9 aux États-Unis. Les caisses auront un impact majeur sur l'économie du Québec. De nos jours, les services offerts par les quelque 600 caisses Desjardins réparties du Nouveau-Brunswick au Manitoba s'adressent à plus de 5 millions de membres.

Parallèlement à la fondation de caisses, Desjardins cherche à convaincre le gouvernement fédéral d'adopter un projet de loi qui accorderait une reconnaissance juridique aux coopératives. En 1905, il se tourne vers le gouvernement de la province de Québec, qui adopte l'année suivante la Loi concernant les syndicats coopératifs, ce qui place les caisses sous la juridiction provinciale. Cette loi fait de la caisse populaire le modèle à partir duquel les coopératives d'épargne et de crédit du Québec seront organisées.

Desjardins habite sa maison de Lévis jusqu'à son décès, en 1920. Au cours de sa vie, il aura reçu plusieurs distinctions et privilèges, notamment celui de devenir membre individuel de l'Alliance coopérative internationale. En 1913, il est fait commandeur de l'Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand par le Saint-Siège, en reconnaissance de sa contribution aux œuvres sociales catholiques.

À la suite du décès de Desjardins, son épouse, Dorimène (1858-1932), continue d'habiter la maison et poursuit l'œuvre de son mari. Sa présence aux côtés du fondateur a d'ailleurs été, dès le début, jugée indispensable au développement du mouvement coopératif. Elle assume depuis 1903 la gérance de la caisse pendant que son mari travaille à Ottawa. Au décès de ce dernier, elle possède une autorité morale qui lui permet d'assurer la continuité.

En 1938, la maison est cédée par une fille de Desjardins, prénommée Albertine, à l'Union régionale des caisses populaires Desjardins de Québec, qui la donne en location.

En 1979, la Société historique Alphonse-Desjardins acquiert la maison du fondateur. Elle restaure le bâtiment en 1981-1982 pour y loger ses bureaux. Depuis, elle accueille un centre d'interprétation mettant en valeur la vie et l'œuvre de Desjardins, ainsi que le mouvement coopératif québécois.

La maison Alphonse-Desjardins est classée en 1983.


Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Monastère des Ursulines-de-Québec



Monastère des Ursulines

Le monastère des Ursulines-de-Québec est un ensemble conventuel de tradition catholique composé de bâtiments construits entre le XVIIe siècle et le XXe siècle. L'ensemble comprend de nombreuses ailes, dont l'aile Sainte-Famille (1687, agrandie vers 1713), l'aile Saint-Augustin (1689, agrandie en 1712 et en 1832), l'aile Sainte-Angèle (1836), l'aile Notre-Dame-de-Grâce (1854), l'aile Saint-Joseph (1859) et l'aile des Parloirs (1872). Il inclut aussi la maison Madame-De La Peltrie (1836), la chapelle extérieure (1902) et le chœur des religieuses (1902), et des dépendances, comme les anciennes écuries (1850) et l'édifice de la chaufferie (1910). Une partie du terrain est occupée par des jardins et est plantée d'arbres matures. Les ailes Saint-Augustin, Sainte-Famille et Sainte-Ursule, l'aile des Parloirs et le chœur des religieuses encadrent une cour intérieure rectangulaire. Le site inclut aussi un petit cimetière, aménagé près du chœur des religieuses et ceinturé d'une clôture métallique.

Les ailes du monastère sont construites en pierre, à l'exception de la plus récente, l'aile Marie-Guyart (1988), en blocs de béton. Certains murs des plus anciennes ailes sont crépis. La plupart des bâtiments présentent des élévations de trois ou quatre étages et demi. Les toits sont à deux versants droits, à croupes, brisés ou plats. Ils sont couverts de tôle à baguettes ou de tôle à la canadienne. La chapelle extérieure en pierre, surmontée d'un toit à deux versants droits couvert de tôle, présente une façade percée d'un portail cintré et d'une rosace. Le chœur des religieuses est construit perpendiculairement à l'arrière de la chapelle extérieure.

Le monastère des Ursulines-de-Québec est situé dans la haute-ville de l'arrondissement municipal de La Cité-Limoilou de la ville de Québec.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. Cette protection s'applique à l'extérieur et à l'intérieur de tous les bâtiments, ainsi qu'au terrain et aux structures qui y sont érigés. Un site inscrit à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec est associé au lieu.

Le monastère fait partie du site patrimonial du Vieux-Québec. Vingt objets patrimoniaux classés sont associés au lieu.



Valeur patrimoniale

Le monastère des Ursulines-de-Québec présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. L'ensemble conventuel témoigne de l'œuvre des Ursulines, l'une des communautés religieuses fondatrices de la Nouvelle-France. En 1639, les religieuses Marie de l'Incarnation (1599-1672), Marie de Saint-Joseph (1616-1652) et Cécile de Sainte-Croix (1609-1687) sont envoyées en Nouvelle-France, accompagnées de leur bienfaitrice Marie-Madeleine de Chauvigny de La Peltrie (1603-1671). Elles établissent à Québec la première école pour filles en Amérique du Nord, fréquentée par des jeunes filles d'origine européenne et amérindienne. La communauté s'installe à l'emplacement actuel, dans la haute-ville, en 1642. Après la Conquête, les classes accueillent aussi des jeunes filles anglophones. Le monastère est agrandi à mesure que la clientèle et la communauté s'accroissent. La section féminine de l'école normale Laval y est établie en 1857. En 1912, l'école des Ursulines obtient une affiliation de l'Université Laval. À partir de 1936, le cours classique et le cours commercial y sont offerts. De 1969 à 1998, l'enseignement couvre aussi les cinq années des études secondaires. Aujourd'hui, l'établissement est une école primaire ouverte aux garçons et aux filles. Le monastère des Ursulines-de-Québec, où sont maintenues des fonctions éducatives depuis plus de 350 ans, constitue donc un témoin exceptionnel de l'histoire de l'éducation au Québec.

Le monastère présente également un intérêt pour sa valeur architecturale. L'ensemble témoigne des formes privilégiées dans l'architecture conventuelle depuis le Régime français. Les ailes Saint-Augustin et Sainte-Famille, reconstruites à partir de 1686, en font l'un des plus anciens édifices conventuels subsistant au Québec. Ces ailes montrent plusieurs caractéristiques de l'architecture du Régime français, dont les épais murs de pierre crépis du côté donnant sur la cour, les murs coupe-feu, le toit à deux versants à pente aiguë, la disposition régulière des ouvertures rectangulaires ou à arc surbaissé et les fenêtres à petits carreaux. La majorité des bâtiments du monastère ont été construits ou reconstruits au XIXe siècle par des architectes de renom, dont Thomas Baillairgé (1791-1859), Raphaël Giroux (1815-1869), Charles Baillairgé (1826-1906) et Joseph-Ferdinand Peachy (1830-1903). Ces bâtiments témoignent de l'influence de l'architecture néoclassique. Les corps de logis rectangulaires en pierre sont surmontés de toits à deux versants droits, à croupes ou brisés. Les ouvertures sont disposées de façon régulière et les fenêtres rectangulaires à grands carreaux sont pour la plupart dotées de chambranles en pierre de taille. Plusieurs ailes présentent des portails ou des porches d'inspiration classique. En outre, la disposition des différents bâtiments perpendiculairement à d'autres ailes plus anciennes ou autour d'une cour intérieure rectangulaire reprend un type d'organisation courant dans l'architecture monastique. Le monastère présente aussi des intérieurs de grand intérêt, notamment celui de la chapelle, réalisé par Pierre-Noël Levasseur (1690-1770). Plusieurs composantes, dont les voûtes des cuisines et de certains couloirs, les boiseries à panneaux et l'escalier Saint-Augustin, constituent des témoins exceptionnels des intérieurs du Régime français. Par ailleurs, comme la plupart des grands ensembles conventuels, ce monastère a eu une influence directe sur la trame urbaine environnante. La vaste propriété, partiellement lotie aux XVIIIe et XIXe siècles, forme maintenant un grand îlot tranchant avec les petits lots majoritairement résidentiels qui l'entourent.

Le monastère des Ursulines-de-Québec est classé en 2011.


Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du monastère des Ursulines-de-Québec liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment:
- la situation dans un milieu urbain, dans le secteur de la haute-ville, dans le site patrimonial du Vieux-Québec;
- l'implantation sur un vaste terrain au périmètre irrégulier, dans un secteur divisé principalement en petits lots;
- la position des entrées principales à l'extrémité des courtes perspectives créées par la rue du Parloir et la rue Donnacona;
- les bâtiments datant du Régime français, dont l'aile Saint-Augustin, l'aile Sainte-Famille et l'aile des anciennes cuisines;
- les bâtiments construits au XIXe siècle, dont la maison Madame-De La Peltrie, les ailes Sainte-Angèle, Notre-Dame-de-Grâce, Saint-Joseph, Saint-Thomas, Sainte-Ursule, Marie-de-l'Incarnation, l'aile des Parloirs, l'immeuble du 10, rue Donnacona (ancien centre Marie-de-l'Incarnation) ainsi que les écuries;
- les bâtiments datant du XXe siècle, dont l'édifice de la chaufferie et l'aile Marie-Guyart;
- les jardins et les espaces végétalisés;
- le cimetière;
- le monument de Marie de l'Incarnation;
- la disposition des ailes Saint-Augustin, Sainte-Famille, Sainte-Ursule, l'aile des anciennes cuisines et l'aile des Parloirs ainsi que le chœur des religieuses autour d'une cour fermée rectangulaire, la disposition des autres ailes perpendiculairement à des ailes plus anciennes;
- les caractéristiques des ailes du monastère, dont leur plan rectangulaire, les élévations de trois ou quatre étages et demi, le crépi couvrant certains murs, les murs coupe-feu, les toits à deux versants droits de la majorité des bâtiments (certains à pente aiguë), les toits à croupes des ailes Saint-Thomas et Marie-de-l'Incarnation, le toit brisé de l'aile Sainte-Ursule, le toit plat de l'aile des nouvelles cuisines, les couvertures en tôle à la canadienne ou en tôle à baguettes, la disposition régulière des ouvertures rectangulaires ou à arc surbaissé, les portails d'inspiration classique, la porte cochère, les fenêtres à petits ou à grands carreaux, les chambranles en bois ou en pierre de taille, les lucarnes à croupe disposées sur un ou deux étages, les galeries en bois, les corbeaux en pierre et les souches de cheminées;
- les caractéristiques de la chapelle extérieure et du chœur des religieuses, dont leur disposition en « L », le parement en pierre à bossages, le toit à deux versants droits, les tourelles polygonales, le clocher situé sur le faîte du chœur des religieuses, le portail composé de portes à panneaux surmontées d'un tympan vitré cintré, les fenêtres à arc surbaissé ou cintrées (certaines jumelées), la rosace, les arcs décoratifs, les chaînes d'angle, les bandeaux, les amortissements et la niche;
- les caractéristiques de la maison Madame-De La Peltrie, dont le plan rectangulaire à trois étages et demi et le toit à croupes en tôle à baguettes, la maçonnerie crépie, les ouvertures disposées symétriquement et régulièrement, les fenêtres rectangulaires à grands carreaux et les lucarnes à croupe;
- les caractéristiques du 10, rue Donnacona, dont le plan rectangulaire à un étage et demi, la maçonnerie en pierre de taille, le toit à croupes en tôle à baguettes, les ouvertures disposées symétriquement en façade et le belvédère;
- les caractéristiques des dépendances, dont leur plan rectangulaire allongé à un ou deux étages, les murs en pierre ou en brique, les toits à faible pente, les ouvertures cintrées, à arc surbaissé ou rectangulaires, ainsi que les portes de grandes dimensions;
- les éléments intérieurs, dont le décor sculpté et doré de la chapelle, ainsi que les voûtes, les escaliers, les boiseries, les fours, les âtres, les puits, les volets, les colonnes, les piliers et les pilastres sculptés des autres bâtiments du monastère;
- les passages couverts reliant certains bâtiments.



Informations historiques

Le monastère des Ursulines-de-Québec est construit pour l'une des communautés religieuses fondatrices de la Nouvelle-France. En 1639, les religieuses Marie de l'Incarnation (1599-1672), Marie de Saint-Joseph (1616-1652) et Cécile de Sainte-Croix (1609-1687) sont envoyées en Nouvelle-France. Elles sont accompagnées de leur bienfaitrice, Marie-Madeleine de Chauvigny de La Peltrie (1603-1671). Elles établissent à Québec la première école pour filles en Amérique du Nord, fréquentée par les jeunes filles d'origine européenne et amérindienne. D'abord installée en basse-ville, la communauté déménage à l'emplacement actuel, dans la haute-ville, en 1642.

Les plus anciens bâtiments subsistant, soit l'aile Saint-Augustin, l'aile Sainte-Famille et l'aile des anciennes cuisines, sont construits après l'incendie qui détruit le monastère en 1686. L'aile Saint-Augustin est allongée en 1712 et l'aile Sainte-Famille l'est en 1713. La chapelle extérieure est achevée en 1722.

Après la capitulation de Québec en 1759, des officiers et des soldats anglais sont soignés et hébergés dans le monastère, en échange de nourriture et du droit de rétablir les classes. Des jeunes filles anglophones sont intégrées au groupe d'étudiantes. De ce moment jusqu'en 1764, la chapelle des Ursulines est aussi utilisée par les protestants.

La communauté se relève difficilement de sa situation précaire. À partir de 1832, l'abbé Thomas Maguire (1776-1854) propose des modifications aux activités des Ursulines pour leur rendre une certaine prospérité. Certains bâtiments sont modifiés afin de répondre aux nouveaux besoins. L'aile Saint-Augustin est surhaussée d'un étage, selon les plans de l'abbé Jérôme Demers (1774-1853), dès 1832. En 1836, la maison Madame-De La Peltrie, conçue par Thomas Baillairgé (1791-1859), est reconstruite pour accueillir plus d'élèves. L'aile Notre-Dame-de-Grâce, œuvre de Charles Baillairgé (1826-1906), est érigée en 1854 et accueille le pensionnat.

En 1857, les Ursulines obtiennent la direction de la section féminine de l'école normale Laval. L'aile Saint-Joseph, conçue par Raphaël Giroux (1815-1869) et achevée en 1859, est construite pour accueillir cette école. D'autres bâtiments sont érigés dans la seconde moitié du XIXe siècle, dont l'aile Saint-Thomas en 1860, par Giroux, ainsi que l'ancienne chapelle Sainte-Angèle, abritant aujourd'hui le tombeau de Marie de l'Incarnation, œuvre de l'architecte Joseph-Ferdinand Peachy (1830-1903) construite en 1871. Peachy conçoit aussi l'aile des Parloirs, achevée en 1872, et les ailes Sainte-Ursule et Marie-de-l'Incarnation, construites en 1873 et 1874.

En 1901 et 1902, la chapelle extérieure et le chœur des religieuses sont reconstruits selon les plans de David Ouellet (1844-1915). Les éléments du décor intérieur de la chapelle de 1722, dont les œuvres réalisées de 1723 à 1739 par Pierre-Noël Levasseur (1690-1770), sont intégrés dans la nouvelle chapelle.

La mission de l'école des Ursulines continue de s'élargir au XXe siècle. En 1912, l'école obtient une affiliation de l'Université Laval. À partir de 1936, le cours classique et le cours commercial y sont offerts. À compter de 1969, l'enseignement couvre les cinq années des études secondaires. L'aile Marie-Guyart est érigée en 1988 selon les plans des architectes Maurice Boutin et André Ramoisy. Par ailleurs, certains édifices changent de fonction au cours du XXe siècle. En 1969, la maison Madame-De La Peltrie, classée cinq ans plus tôt, est restaurée et le musée des Ursulines y est aménagé. Par la suite, l'immeuble du 10, rue Donnacona, un ancien bureau d'avocats construit en 1847, devient le centre Marie-de-l'Incarnation, qui présente l'œuvre de la fondatrice, jusqu'en 2011, année il est intégré au musée.

Depuis 1998, seul l'enseignement primaire est offert à l'école des Ursulines. Depuis 2010, des classes sont aussi ouvertes aux garçons.
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Notices bibliographiques :
AUGERON, Mickaël, dir., Dominique GUILLEMET, dir., Alain ROY, dir. et Marc ST-HILAIRE, dir. Les traces de la Nouvelle-France au Québec et en Poitou-Charentes. Québec, Les Presses de l'Université Laval, 2008. 308 p.
BLANCHET, Danielle, Louise FORGET et Sylvie THIVIERGE. Vieux-Québec, Cap-Blanc : place forte et port de mer. Québec, Ville de Québec, 1989. 80 p.
CHÉNARD, Marguerite. « L'école des filles les Ursulines ». Cap-aux-Diamants. Vol. 4, no 4 (1989), p. 33-36.
Groupe de recherche en histoire du Québec inc. Étude d'ensemble : Sous-secteur des Ursulines. Annexes. Québec, Ville de Québec, 2000. s.p.
Groupe de recherche en histoire du Québec inc. Étude d'ensemble : Sous-secteur des Ursulines. Synthèse. Québec, Ville de Québec, 2000. 162 p.
Patri-Arch. Évaluation patrimoniale des couvents, monastères et autres propriétés de communautés religieuses situés sur le territoire de la ville de Québec. Québec, Patri-Arch, 2006. s.p.
RÉMILLARD, Francine. « Jules-Ernest Livernois chez les Ursulines ». Cap-aux-Diamants. Vol. 3, no 2 (1987), p. 33-36.
ROY, Pierre-Georges. À travers l'histoire des Ursulines de Québec. Québec, 1939. s.p.
SAINT-THOMAS, mère. Les Ursulines de Québec depuis leur établissement jusqu'à nos jours. Tome 2. Québec, 1864. s.p.
TRAQUAIR, Ramsay. « The Architectural History of the Ursuline Monastery, Quebec ». Journal of the Royal Institute of British Architects. Vol. 44, Series 3, no 5 (1937), p. 3-15.
Ville de Québec. Regards sur l'architecture du Vieux-Québec. Québec, Ville de Québec, 1986. 124 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Nouvelle-France



L'histoire de la France comme puissance coloniale en Amérique du Nord débute au 16e siècle, à l'époque des explorations européennes et des voyages de pêche. La colonie française de la Nouvelle-France s’étend, à son apogée, sur un énorme territoire allant du golfe du Saint-Laurent jusqu’en Louisiane. La présence française est marquée par d’importants échanges commerciaux, mais aussi par des conflits récurrents avec les peuples autochtones. Ceux-ci sont établis sur un vaste territoire que la France cherche à s’approprier. La colonisation française est aussi motivée par des objectifs religieux et liés au peuplement. Après la Conquête britannique, la Nouvelle-France est cédée à la Grande-Bretagne en 1763 et devient une colonie britannique.

Les peuples autochtones vivent depuis des millénaires sur le territoire qui devient la Nouvelle-France et les Vikings le fréquentent dès la fin du 10e siècle. Toutefois, c'est surtout de la fondation de Québec en 1608 jusqu'à la cession du Canada à l'Angleterre en 1763 que la France imprègne l'histoire d'un continent dont elle vient à contrôler les trois quarts des terres, incluant l’Acadie. Elle implante, notamment dans la vallée du Saint-Laurent une population qui réussit à affirmer sa vitalité et sa culture jusqu'à nos jours.



Fondation et contexte

La fondation de la Nouvelle-France s'inscrit, au 16e siècle, dans le vaste mouvement des initiatives d’exploration européenne. À la suite des autres puissances européennes (Angleterre, Espagne et Portugal) et des voyages vers l’Amérique de Christophe Colomb en 1492, John Cabot en 1497, puis des frères Corte-Real, la France s'intéresse à l’exploration maritime.

En 1524, Giovanni Verrazzano longe la côte est de l'Amérique, de la Floride à Terre-Neuve. Par la suite, Jacques Cartier effectue trois voyages de découverte. Il prend possession du territoire au nom du roi de France en plantant une croix à Gaspé (voir Gaspésie) en 1534. L'année suivante, il remonte le Saint-Laurent, hiverne à Stadaconé (site de l’actuelle ville de Québec) et se rend à Hochelaga (aujourd’hui Montréal). Pendant l’hiver, vingt-cinq de ses hommes meurent du scorbut. En 1536, il retourne en France.

En 1540-1541, Jacques Cartier revient et tente d'établir une colonie à l’embouchure de la rivière du Cap-Rouge. Si des objectifs religieux ont présidé à l'organisation de ces voyages, les motifs économiques sont encore plus évidents. L'espoir de trouver une route vers les Indes est constamment affirmé. En 1534, le roi demande à Jacques Cartier de « découvrir certaines îles et pays: on croit qu'il doit s'y trouver grande quantité d'or et autres richesses ». Lors de son dernier voyage, le découvreur rapporte des minéraux qu'il croit être de l'or et des diamants. Ce n'était que du fer et du quartz. La France se désintéresse alors de cette lointaine contrée jusqu'à la fin du 16e siècle.

Entre-temps toutefois, et avant même la venue des grands explorateurs, des Français manifestent un intérêt soutenu pour les ressources poissonnières de cette région (voir Pêche). La présence de pêcheurs basques, bretons et normands sur les Grands Bancs de Terre-Neuve est attestée dès la première décennie du 16e siècle. Dès 1550, les pêcheurs font sécher le poisson sur les rives, établissent des contacts avec les Autochtones et rapportent des fourrures en France. Durant la décennie 1580-1590, plusieurs pêcheurs se tournent vers le commerce des fourrures. Cette activité finit par amener les Français loin à l'intérieur du continent. Ainsi, c'est l'entreprise privée qui mène l’exploration de l’Amérique.

Samuel de Champlain, considéré comme le fondateur de la Nouvelle-France, construit une habitation à Québec en 1608. Il reprend les visées de Jacques Cartier de découvrir une percée vers les Indes. Cet établissement répond à des impératifs économiques: se rapprocher des zones riches en fourrures, resserrer les contacts avec les pourvoyeurs autochtones et favoriser l'obtention du privilège d'exploitation. L'envergure d'une telle entreprise oblige la formation de compagnies.



L’administration commerciale de la colonie et les missions religieuses

De 1608 à 1663, l'administration de la colonie est confiée à des compagnies de commerce formées de marchands de diverses villes de France. Les compagnies qui se succèdent s'engagent à peupler et à développer l’Amérique, en retour du privilège d'exploiter ses ressources. La Compagnie des Cent-Associés — une création du grand ministre de Louis XIII, le cardinal de Richelieu — gère la Nouvelle-France directement ou par des compagnies subsidiaires de 1627 à 1663. La Compagnie n'atteint cependant pas les résultats escomptés. En 1663, la population dépasse de peu les 3 000 personnes, dont 1 250 enfants nés au pays. Moins de 1 % des terres concédées sont exploitées. Samuel de Champlain, en 1618, anticipe des revenus annuels de 5 millions de livres, grâce à la pêche, aux mines, au bois, au chanvre, aux toiles et à la fourrure. Cependant, seule cette dernière est rentable, et encore moins que prévue. L'évangélisation ne connaît pas de meilleurs succès.

Source : Encyclopédie canadienne


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Pavillon Charles-Baillairgé



Pavillon Charles Baillargé

Le pavillon Charles-Baillairgé est un ancien édifice carcéral construit entre 1861 et 1867. Le bâtiment en pierre d'influence néo-Renaissance présente un plan irrégulier. Le corps central, de plan rectangulaire, compte quatre étages et demi ainsi qu'un soubassement surhaussé et est surmonté d'un puits de lumière. Sa façade est percée d'un portail cintré. Une annexe rectangulaire à trois étages et demi est greffée au mur sud du corps central. Elle est couronnée d'une tour de guet octogonale à deux lanternes. Une aile latérale de plan en « T », à trois étages et demi, s'élève du côté est. L'ensemble est coiffé d'un toit brisé à croupes percé de lucarnes. Relié aux autres bâtiments du Musée national des beaux-arts du Québec, le pavillon Charles-Baillairgé est situé dans le parc des Champs-de-Bataille, dans l'arrondissement municipal de La Cité-Limoilou de la ville de Québec.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. La protection s'applique seulement à l'extérieur de l'immeuble patrimonial, et pas au terrain. Un site inscrit à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec est associé au lieu.

Le pavillon Charles-Baillairgé est classé en 1998.


Valeur patrimoniale

Le pavillon Charles-Baillairgé présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Ce type d'architecture reflète les préoccupations de la société en matière de détention. Une réforme carcérale est proposée en Grande-Bretagne par le Britannique John Howard (1726-1790) en 1777. L'approche de celui-ci prône la séparation des détenus selon le sexe et la gravité de la faute, de meilleures conditions d'hygiène, un programme de travail ainsi que l'isolement rigoureux, devant favoriser leur réhabilitation. Elle donne lieu à une série d'expérimentations au début du XIXe siècle, notamment aux États-Unis. La prison d'Auburn (Auburn State Prison) dans l'État de New York, construite dès 1816, se caractérise par de longs enchaînements de cellules de petites dimensions, ouvertes sur des corridors servant de puits de lumière et de poste d'observation. Les prisonniers mangent et travaillent dans des salles communes, en silence, et dorment dans des cellules individuelles. La prison de Philadelphie (Eastern State Penitentiary) dans l'État de Pennsylvanie, dessinée par l'architecte John Haviland (1792-1852) et ouverte en 1829, est plutôt formée d'un bloc central d'où rayonnent des ailes composées d'un couloir longitudinal flanqué de cellules donnant sur l'extérieur. Les détenus mangent, travaillent et dorment seuls dans leur cellule. Ces deux modèles se répandent en Amérique du Nord et en Europe. Le plan du pavillon Charles-Baillairgé s'inspire fortement du système d'Auburn, tout en adoptant l'idée de Philadelphie d'un corps central surmonté d'un puits de lumière auquel se rattachent les différentes ailes. Le pavillon Charles-Baillairgé témoigne donc d'une nouvelle conception du rôle de la prison et marque une étape importante dans l'évolution de l'architecture pénitentiaire au Québec.

Le pavillon Charles-Baillairgé présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Élevé de 1861 à 1867, l'édifice marque un point tournant dans l'évolution stylistique des prisons au Québec. Les prisons de la première moitié du XIXe siècle s'inspirent généralement du style palladien. Le pavillon Charles-Baillairgé s'en distingue par ses éléments empruntés à l'architecture de la Renaissance italienne, notamment le soubassement surhaussé, l'emploi de la pierre à bossage, la tour de guet formée de deux lanternes octogonales superposées, la corniche à modillons et les hautes fenêtres cintrées. Par ailleurs, l'édifice présente des caractéristiques modernes, dont l'emploi de tirants en fer masqués par des pièces métalliques ornées de grotesques ainsi que par la disposition des fenêtres de dimensions variées selon les fonctions des diverses sections plutôt que selon un souci d'ordonnance classique ou d'uniformité de l'ensemble. Le pavillon Charles-Baillairgé constitue donc un édifice avant tout fonctionnel, qui porte une ornementation sobre d'inspiration néo-Renaissance, inusitée dans l'architecture pénitentiaire de son époque. La valeur architecturale du pavillon Charles-Baillairgé repose par ailleurs sur son association avec l'architecte Charles Baillairgé (1826-1906). Issu d'une dynastie de sculpteurs, de peintres et d'architectes, Baillairgé est l'auteur de nombreux lieux de culte, résidences et édifices institutionnels. À partir des années 1860, il travaille essentiellement à la supervision de chantiers pour le ministère des Travaux publics à Ottawa puis pour la cité de Québec, notamment grâce à ses compétences en génie civil. La prison conçue en 1860 constitue l'une des réalisations les plus importantes de Baillairgé en architecture publique, marquant une période charnière dans sa pratique.



Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du pavillon Charles-Baillairgé liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment:
- sa situation sur un terrain paysager dominant le fleuve Saint-Laurent, en retrait de la voie publique, au cœur du parc des Champs-de-Bataille;
- son intégration au Musée national des beaux-arts de Québec;
- son volume, dont le corps central de plan rectangulaire de quatre étages et demi à soubassement surhaussé, l'annexe rectangulaire de trois étages adossée au mur sud du corps central, l'annexe de plan en « T » à trois étages et demi et à soubassement surhaussé greffée au mur est du corps central, le toit brisé à croupes surmonté d'un puits de lumière ainsi que la tour de guet composée de deux lanternes octogonales superposées;
- les matériaux, dont la maçonnerie en pierre de taille lisse et en pierre à bossage, la couverture en cuivre ainsi que les éléments architecturaux et ornementaux en pierre et en métal;
- les ouvertures, dont le portail principal (composé d'une porte à panneaux encadrée par des baies latérales et surmontée d'un tympan cintré vitré), les portes à panneaux (surmontées d'arcs surbaissés ou de linteaux), les fenêtres cintrées (certaines éclairant trois niveaux), les fenêtres rectangulaires à carreaux, les fenêtres en arc surbaissé, les lucarnes en appentis ainsi que les chambranles;
- l'ornementation sobre, dont la corniche à modillons, les pièces métalliques masquant les tirants en fer de la structure (ornés notamment de grotesques, de clés et de mains liées) et les bandeaux;
- les éléments structuraux intérieurs.



Informations historiques

Le pavillon Charles-Baillairgé est construit sur un terrain destiné sous le Régime français à une vocation agricole. La bataille des plaines d'Abraham s'y déroule le 13 septembre 1759, marquant un point tournant de la guerre de la Conquête. Un monument érigé à proximité de l'édifice commémore le lieu où est mort le général britannique James Wolfe (1726-1759). Ces terres, appartenant aux Augustines de l'Hôtel-Dieu de Québec, sont louées par baux emphytéotiques, puis acquises par John Bonner, marchand de Québec, avant de devenir propriété gouvernementale en 1853.

La construction de la prison découle de la réforme du système carcéral amorcée au XVIIIe siècle en Grande-Bretagne par John Howard (1726-1790). L'approche de celui-ci prône la séparation des détenus selon le sexe, l'âge et la gravité de la faute, de meilleures conditions d'hygiène, un programme de travail ainsi que l'isolement rigoureux, devant favoriser leur réhabilitation. Bien qu'une prison ait été construite à Québec de 1808 à 1811 (édifice du Morrin College, classé immeuble patrimonial), cette dernière est rapidement surpeuplée. De plus, elle ne permet pas la séparation des détenus selon les crimes perpétrés et présente d'importantes lacunes hygiéniques. En 1856, le gouvernement du Canada-Uni cède aux pressions et lance un concours pour la conception d'une prison sur les plaines d'Abraham. Le premier prix est attribué en 1860 aux architectes R. C. Messer de Toronto et Thomas Ellis de Kingston, mais les plans proposés par Charles Baillairgé (1826-1906) sont finalement choisis. Celui-ci s'inspire du système de la prison d'Auburn (Auburn State Prison) dans l'État de New York, caractérisé par de longs enchaînements de cellules de petites dimensions, ouvertes sur des corridors servant de puits de lumière et de poste d'observation. Baillairgé organise toutefois les différentes ailes autour d'un bâtiment central, selon le modèle de la prison de Philadelphie (Eastern State Penitentiary) dans l'État de Pennsylvanie.

Les travaux sont confiés aux entrepreneurs Thomas Joseph Murphy (vers 1818-1883) et Thomas Martin Quigley (1833-vers 1905) et débutent en 1861. En 1863, les coûts dépassent les prévisions et les entrepreneurs se trouvent dans l'impossibilité de payer les ouvriers. Le travail, interrompu pendant quelques mois, reprend en 1864 sous la supervision de Pierre Gauvreau (1813-1884). La prison livrée aux autorités en juin 1867 recevait déjà des prisonniers depuis quatre ans. De 1869 à 1872, l'aile sud est agrandie et le mur d'enceinte est érigé. Des ajustements sont effectués jusqu'en 1877, tandis que la construction de l'aile ouest prévue dans le plan original est abandonnée.

À partir de 1908, l'environnement de la prison se modifie considérablement, notamment avec l'aménagement du parc des Champs-de-Bataille. En 1930, le mur d'enceinte est partiellement reconstruit afin de faire place au Musée de la province, créé par le gouvernement québécois, qui ouvre ses portes en 1933. Des lucarnes sont percées dans le toit de l'édifice en 1943.

Dans la deuxième moitié du XXe siècle, la prison est considérée comme désuète. L'établissement est fermé en 1970, lors de l'ouverture du centre de détention situé à Orsainville. L'édifice est utilisé durant quelques années comme auberge de jeunesse, mais est abandonné à nouveau en 1974.

En 1987, on annonce l'agrandissement du Musée du Québec (maintenant le Musée national des beaux-arts du Québec) et l'intégration de la prison au complexe muséologique. De 1989 à 1991, des travaux de reconversion sont entrepris. Deux blocs cellulaires sont conservés comme témoignage du système carcéral, tandis que le reste du bâtiment est modifié afin de répondre aux fonctions muséales. L'ancienne prison prend alors le nom de pavillon Charles-Baillairgé.
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Notices bibliographiques :
CAMERON, Christina. Charles Baillairgé: Architect & Engineer. Montréal / Kingston, McGill-Queen's University Press, 1989. 201 p.
Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
GAUTHIER-LAROUCHE, Georges. La prison des Planes d'Abraham. Qubec, Ministère des Affaires culturelles, Service des monuments historiques, 1976. 81 p.
LA GRENADE-MEUNIER, Monique. La prison des plaines d'Abraham. Québec, Ministère des Affaires culturelles, Direction générale du patrimoine, 1977. 14 p.
LANDRY, Pierre B. Prison, auberge et musée: le pavillon Charles-Baillairgé. Québec, Musée national des beaux-arts du Québec, 2005. 58 p.
MIMEAULT, Martin. La prison des plaines d'Abraham, 1863-1877. Sillery, Septentrion, 2007. 145 p.
NOPPEN, Luc. Dossier d'inventaire architectural de la prison de Québec, 311, rue Wolfe, Parc des Champs de Bataille, Québec. Québec, Ministère des Affaires culturelles, Direction générale du patrimoine, 1975. s.p.
s.a. « Pavillon Charles-Baillairgé ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Supplément 1987-1999. Québec, Les Publications du Québec, 2001, p. 21.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Pont des Pionniers



Pont des Pionniers

Le pont des Pionniers est un pont couvert de type « Town québécois » construit en 1943 lors du boom de colonisation de l'Abitibi. Sa construction est associée à la fondation de la paroisse de Saint-Éphrem en 1942. D'une longueur de 24,7 mètres et d'une largeur de 6,4 mètres, le pont couvert se caractérise par sa structure de bois à poutres triangulées. Son toit à deux versants, à fortes pentes de plus de 35 degrés, n'est pas courant et est recouvert de tôle profilée galvanisée. Son portique est de type colonisation. Des ouvertures sont pratiquées au centre des murs et le long du débord de la toiture. Les murs sont recouverts de lambris de bois dont le profil des planches horizontales est à feuillure. L'ouvrage toujours fonctionnel est localisé sur le chemin des 8e et 9e rangs, à 1,1 kilomètre de la route collectrice 393, dans le secteur de Val-Paradis. Il s'agit d'une localité située dans la région administrative du Nord-du-Québec.



Informations historiques

Le pont des Pionniers est construit en 1943 dans le secteur de Val-Paradis lors du boom de colonisation de l'Abitibi.

Au Québec, entre le milieu du XIXe siècle et jusqu'en 1958, au-delà de 1 000 ponts couverts sont construits sur l'ensemble du territoire. Les derniers ponts authentiques de ce genre construits en Amérique du Nord sont dans cette province. Appelés ponts de colonisation ou ponts de la crise, ce sont les seuls vestiges des différents plans d'expansion du ministère de la Colonisation, mis en vigueur pour diriger des hommes sans emploi vers les régions rurales.

Le pont des Pionniers de Val-Paradis donne accès aux terres de colonisation et permet la mise en marché des produits agricoles des colons. Parmi les premiers arrivants figure la Gang des 7. Ce sont sept hommes qui fuient le chômage au Lac-Saint-Jean causé par l'arrêt des grands projets hydroélectriques. Charles-Eugène Tremblay convainc six autres hommes de faire le voyage et de s'installer au bord de la rivière Leslie pour passer un premier hiver en 1939. Le pont des Pionniers est construit quelques années plus tard, un peu après la fondation de la paroisse Saint-Éphrem en 1942, et sa réalisation lui est associée. Son toponyme, choisi en 1993, réfère aux familles pionnières Tremblay, Thibodeau, Michaud, Fortin, Desgagné, Trottier et Desbiens qui s'installent à Val-Paradis pour défricher le territoire.

Le pont des Pionniers, de type « Town québécois », permet de traverser le ruisseau Leslie. Au Québec, ce type de structure est reconnu pour sa solidité, sa facilité de construction et sa légèreté. Les ingénieurs du ministère de la Colonisation de l'époque l'utilisent de façon presque systématique. Des modifications sont toutefois apportées au modèle d'origine dès le début du 20e siècle. Les dimensions des pièces de bois de la charpente sont réduites. Des poteaux verticaux sont ajoutés à la structure afin de compenser la perte de résistance. Les clous et boulons remplacent le chevillage de bois plus complexe. Sa construction devient ainsi plus économique et plus simple à réaliser par la main-d'œuvre locale. On ajoute également des ouvertures au centre des murs, parce que les chevaux refusaient de pénétrer dans un tunnel peu éclairé et bruyant et pour permettre aux utilisateurs de voir à l'extérieur.

À l'origine, le revêtement de toiture du pont est en bardeau de bois, par la suite il sera recouvert de tôle profilée. En 1985, des réparations majeures sont effectuées sur la structure. La principale modification concerne l'ajout d'ouvertures latérales sous le débord de la toiture en 1985.

Lors de sa réalisation, le pont est possiblement rouge et passe à une teinte de gris dans les années 1960 pour revenir au rouge en 1985. Le ministère des Transports du Québec (MTQ) procède à des travaux de peinture et de réfection de la toiture en 1992.
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Notices bibliographiques :
ARBOUR, Gérald, Fernand CARON et Jean LEFRANÇOIS. Les ponts couverts au Québec. Québec, Les Publications du Québec, 2005. 216 p.
s.a. Évaluation patrimoniale des ponts couverts en Abitibi-Témiscamingue et au Nord-du-Québec. Ministère du Transport du Québec, 2009. s.p.
s.a. Répertoire des ponts couverts de l’Abitibi-Ouest. La Sarre, Société d’histoire et du patrimoine de la région de La Sarre, s.d. s.p.
THIBAULT, Henri-Paul. Les ponts couverts du Québec : évaluation patrimoniale. Québec, Ministère de la Culture, 1993. s.p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Site archéologique Cartier-Roberval



Site archéologique Cartier-Roberval

Le site archéologique Cartier-Roberval résulte d'un établissement colonial français aménagé de 1541 à 1543, sur un promontoire situé au confluent du fleuve Saint-Laurent et de la rivière du Cap Rouge. Le sous-sol du site renferme notamment des vestiges et des traces d'au moins trois bâtiments construits essentiellement en bois et en argile ainsi que d'ouvrages défensifs. Le site archéologique Cartier-Roberval, d'une superficie de 324 mètres carrés, est principalement boisé. Il est bordé au nord par une voie ferrée et au sud par un escarpement ainsi que par le chemin de la Plage-Jacques-Cartier. Il est situé dans le secteur Cap-Rouge de l'arrondissement Sainte-Foy-Sillery-Cap-Rouge de la ville de Québec.

Ce bien est classé site patrimonial. La protection s'applique au terrain et à ce qui s'y trouve.

La collection d'objets du site archéologique Cartier-Roberval, comprenant plus de 6000 objets et fragments qui en ont été extraits, est aussi classée objet patrimonial.


Valeur patrimoniale

Le site archéologique Cartier-Roberval présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Le site correspond à une partie du premier établissement colonial français en Amérique. Après deux voyages de Jacques Cartier (vers 1491-1557), soit un premier en 1534 et un deuxième en 1535 et 1536, un nouveau projet se dessine, qui se distingue des précédents par son objectif de colonisation. À cette fin, une commission royale est décernée à Jean-François de la Rocque de Roberval (vers 1495-1560) en janvier 1541. Le recrutement est difficile. Cinq navires partent de Saint-Malo le 23 mai 1541. Cartier, commandant en second de l'expédition, est autorisé à partir sans Roberval - aux prises avec des problèmes d'approvisionnement - avec un équipage comptant possiblement plus de 300 personnes. À la fin du mois d'août s'amorce l'aménagement de l'établissement sur le site préalablement choisi à cette fin au cap Rouge. Caractérisé par une forte dénivellation et sa situation au confluent du fleuve Saint-Laurent et de la rivière du Cap Rouge, le lieu présente un intérêt stratégique, notamment du point de vue militaire. Cartier nomme l'établissement Charlesbourg-Royal et fait construire deux forts, un en haut du cap et l'autre en bas. Cartier quitte la colonie en juin 1542, notamment en raison de tensions avec les Autochtones. Roberval part de La Rochelle le 16 avril 1542, avec trois navires et environ 200 personnes. Arrivé au cap Rouge en juillet, il renomme l'établissement France-Roy et améliore les installations laissées par Cartier. À la suite du déclenchement d'une guerre entre l'Espagne et la France, Roberval et les colons sont rapatriés en 1543. France-Roy est abandonnée vers la fin du mois de juillet et possiblement incendiée par les Français avant leur départ, mettant un terme à la première tentative de colonisation française en Amérique. Néanmoins, cet établissement marque une étape cruciale du positionnement de la France sur ce nouveau continent, près de 70 ans avant la concrétisation de ces ambitions grâce à Samuel de Champlain (1574-1635). Le site archéologique Cartier-Roberval constitue donc un témoin exceptionnel d'un événement majeur de l'histoire du Québec et du Canada.

Le site présente également un intérêt pour sa valeur archéologique. Il s'agit du seul site archéologique associé à un établissement français du XVIe siècle connu au Québec. L'emplacement précis du site de Charlesbourg-Royal et de France-Roy est identifié en 2005 et confirmé par les campagnes de recherche archéologique effectuées au cours des années suivantes. Les découvertes qui y ont été faites ont permis d'améliorer la connaissance de plusieurs aspects de l'établissement et de nuancer certaines hypothèses avancées jusqu'alors. Par exemple, les indices relevés tendent à écarter la possibilité d'une reconstruction complète des bâtiments par Roberval après le départ de Cartier. Ils laissent aussi supposer que l'élite, Roberval en premier lieu, occupait le sommet du promontoire. Les recherches archéologiques ont aussi permis de mieux comprendre le cadre architectural de l'établissement, inspiré des fortifications de campagne européennes. Trois des bâtiments du fort d'en haut ont été localisés. Les techniques de construction utilisées pour ceux-ci, telles que le pan de bois et le torchis, sont caractéristiques du nord de la France, notamment de la Bretagne. Les fouilles ont aussi démontré le caractère militaire de l'établissement, qui était vraisemblablement palissadé et aurait pu être doté d'un chemin de ronde. Peu perturbé et situé en milieu naturel, le site conserve un potentiel de recherche substantiel, en plus d'offrir des occasions d'études spécialisées novatrices, notamment en sciences naturelles.

Le site archéologique Cartier-Roberval est classé en 2018. La collection archéologique, comprenant plus de 6000 objets et fragments qui ont été extraits du site, est classée au même moment.



Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du site archéologique Cartier Roberval liés à ses valeurs historique et archéologique comprennent, notamment:
- sa situation sur un promontoire terminé par un escarpement, au confluent du fleuve Saint-Laurent et de la rivière du Cap Rouge;
- sa superficie de 324 mètres carrés largement boisée;
- les vestiges architecturaux in situ, dont ceux de trois bâtiments (un bâtiment doté d'une fondation en maçonnerie et au moins un bâtiment de grandes dimensions);
- l'implantation quadrangulaire ou polygonale des vestiges de bâtiments;
- les traces de dispositifs défensifs, dont un ouvrage axial constitué de deux murs linéaires et parallèles, et des trous de poteaux;
- les éléments liés aux techniques de construction employant le pan de bois, le torchis, le calage de poteaux en terre à l'aide de moellons et les toitures végétales;
- la couche liée à un incendie;
- les portions résiduelles du site.



Informations historiques

Le site archéologique Cartier-Roberval correspond à une partie du premier établissement colonial français en Amérique. Après deux voyages de Jacques Cartier (vers 1491-1557) en 1534 puis en 1535 et 1536, un nouveau projet se dessine, qui se distingue des précédents par son objectif de colonisation. À cette fin, une commission royale est décernée à Jean-François de la Rocque de Roberval (vers 1495-1560) en janvier 1541. Cinq navires partent de Saint-Malo le 23 mai 1541. Cartier, commandant en second de l'expédition, est autorisé à partir sans Roberval, aux prises avec des problèmes d'approvisionnement, avec un équipage comptant possiblement plus de 300 personnes.

L'aménagement de l'établissement - qui est nommé Charlesbourg-Royal par Cartier - commence à la fin du mois d'août sur le site préalablement choisi à cette fin au cap Rouge. Caractérisé par une forte dénivellation et par sa situation au confluent du fleuve Saint-Laurent et de la rivière du Cap Rouge, le lieu présente un intérêt stratégique, notamment du point de vue militaire, puisque sa situation élevée en fait un excellent lieu d'observation. Par ailleurs, plusieurs éléments des environs peuvent servir de matériaux de construction, dont les arbres, le grès vert et le sol argileux. Deux forts sont construits, un en haut du cap et l'autre en bas.

Cartier quitte la colonie en juin 1542, notamment en raison de tensions avec les Autochtones. Pour sa part, Roberval part de La Rochelle le 16 avril 1542, avec trois navires et environ 200 personnes. Il croise Cartier à Terre-Neuve et le somme de retourner au cap Rouge, mais ce dernier fait fi de cet ordre et retourne en France. Arrivé au cap Rouge en juillet, Roberval renomme l'établissement France-Roy et améliore les installations laissées par Cartier. L'hiver est difficile et est marqué par des troubles sociaux et par de nombreux décès liés à la maladie.

En raison du déclenchement d'une guerre entre l'Espagne et la France, Roberval et les colons sont rapatriés en 1543. L'établissement est abandonné vers la fin du mois de juillet et possiblement incendié par les Français avant leur départ, mettant un terme à la première tentative de colonisation française en Amérique.

Le lieu semble par la suite être demeuré inoccupé durant près de trois siècles. En 1823, les frères Henry (1790-1865) et William Atkinson acquièrent une vaste propriété où ils doivent demeurer pour pouvoir en exploiter les ressources forestières. Henry Atkinson fait alors construire la villa Carouge sur le promontoire. Le site est probablement choisi pour ses caractéristiques répondant au goût de la bourgeoisie du XIXe siècle pour le pittoresque. Dès cette époque est émise l'hypothèse que le lieu soit celui de l'établissement de Cartier et de Roberval, à la suite de diverses découvertes, dont des boulets métalliques ayant pu être utilisés pour les canons des navires du XVIe siècle.

L'endroit conserve une vocation résidentielle jusqu'en 1906. Au XXe siècle, le site est marqué par le passage de voies ferroviaires puis par l'aménagement d'un parc public. Les premières interventions ayant comme but de situer l'établissement de 1542-1543 ont lieu au cours des années 1950. En 1979, de nouveaux sondages sont effectués sur le promontoire, sans succès. Les tentatives se multiplient dans le secteur à compter de 1995. C'est finalement en 2005, lors d'un inventaire archéologique préalable à l'aménagement d'un belvédère, que plusieurs artéfacts datant vraisemblablement du XVIe siècle sont découverts. Les interventions archéologiques effectuées au cours des années suivantes permettent de confirmer qu'au moins une partie de l'établissement colonial se trouvait sur la portion sud du promontoire.
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Notices bibliographiques :
ALLAIRE, Bernard. La rumeur dorée : Roberval et l'Amérique. Montréal, Les Éditions La Presse, 2013. 159 p.
FISET, Richard et Gilles SAMSON. Chantier archéologique Cartier-Roberval, Promontoire du cap Rouge (CeEu-4), Québec, Canada : rapport synthèse des fouilles 2007-2008. Québec, Ministère de la Culture et des Communications/Commission de la capitale nationale du Québec, 2013. 464 p.
HAVARD, Gilles et Cécile VIDAL. Histoire de l'Amérique française. Paris, Flammarion, 2005. 863 p.
TRUDEL, Marcel. Histoire de la Nouvelle-France. Tome 1 : Les vaines tentatives 1524-1603. Montréal, Fides, 1963. 307 p.



Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Site du patrimoine de La Poudrière



Site du patrimoine de La Poudrière

Le site du patrimoine de La Poudrière est un ancien complexe industriel fondé en 1864. Il comprend un ancien atelier de menuiserie construit en 1890 ainsi que les vestiges archéologiques de plusieurs bâtiments et installations industrielles. Le site du patrimoine de La Poudrière se situe en bordure de la rivière Watopeka, à l'est de la rue Saint-Georges, dans la ville de Windsor.

Ce bien est cité site patrimonial. La protection s'applique à l'enveloppe extérieur du bâtiment, aux vestiges ainsi qu'au terrain. Un site inscrit à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec est associé au lieu.



Valeur patrimoniale

Le site du patrimoine de La Poudrière présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Ce site témoigne de l'histoire de la fabrication de la poudre noire. L'usine de Windsor est construite dans la foulée de la Guerre civile américaine (1861-1865) pour répondre aux besoins croissants en explosifs des États-Unis. Elle est érigée en bordure de la rivière Watopeka, qui présente une dénivellation et un débit importants. De plus, la présence d'une ligne de chemin de fer reliant la région de Sherbrooke à la Nouvelle-Angleterre facilite l'importation des matières premières entrant dans la fabrication de la poudre noire, tels le salpêtre et le soufre, de même que l'expédition du produit fini vers les États-Unis. Outre son usage militaire pendant le conflit américain, la poudre noire possède de nombreuses autres utilités, tant sur le marché canadien qu'américain. Elle sert notamment dans l'exploitation des mines, pour la construction de routes et de chemins de fer, pour la chasse ainsi que pour défaire les embâcles. Dès 1873, l'usine de Windsor compte parmi les premières au Canada à fabriquer du « Dualin », un puissant explosif à base de nitroglycérine. En activité de 1864 à 1922, elle est la plus ancienne poudrière au Québec.

Le site présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Construit en 1890, l'ancien atelier de menuiserie est représentatif de l'architecture industrielle de la fin du XIXe siècle. Elle adopte habituellement un style rationaliste caractérisé par des charpentes métalliques, de la maçonnerie en brique ainsi que des toitures plates ou à versants droits. L'ancien atelier de menuiserie illustre son appartenance à ce type notamment par sa maçonnerie en brique, son toit à deux versants de faible pente et son dépouillement. En 2002, l'édifice est recyclé en pavillon d'accueil du parc Watopeka.

Le site présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur archéologique. Il est associé à un site archéologique connu. Il comprend plusieurs vestiges qui attestent l'occupation industrielle passée. En effet, des murs d'anciens bâtiments, des fondations, des caves, des voûtes, un entrepôt et un four, entre autres, caractérisent le site. Ils témoignent de l'ampleur de l'ancien complexe industriel qui compte jusqu'à 56 bâtiments en 1918.

Le site du patrimoine de La Poudrière est constitué en 2003. Il est devenu un site patrimonial cité à l'entrée en vigueur de la Loi sur le patrimoine culturel en 2012.



Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du site du patrimoine de La Poudrière liés à ses valeurs historique, architecturale et archéologique comprennent, notamment:
- son emplacement en bordure de la rivière Watopeka;
- les caractéristiques de l'ancien atelier de menuiserie, notamment son volume, dont le plan rectangulaire, l'élévation de deux étages et le toit à deux versants droits de faible pente, les matériaux, dont la maçonnerie en brique et la couverture de tôle, ses ouvertures disposées régulièrement, dont les fenêtres à guillotine, les oculus et les portes de bois à double vantail, ainsi que son ornementation sobre, dont les linteaux en brique;
- les vestiges de plusieurs bâtiments et installations industrielles, dont des murs, des fondations, des caves, des voûtes, un entrepôt et un four.



Informations historiques

Le site du patrimoine de La Poudrière comprend l'ancienne usine de Windsor, la plus ancienne poudrière au Québec. Nommée à l'origine la « Sheldon Andrew and Company », elle est mise en exploitation en 1864 par trois promoteurs états-uniens sur le bord de la rivière Watopeka. Construite dans la foulée de la Guerre civile américaine (1861 à 1865), cette industrie avait pour mandat initial de répondre aux besoins croissants en explosifs des États-Unis. L'année 1869 marque l'arrivée dans la compagnie du marchand montréalais Georges Davies Ferrier. Dès lors, l'usine devient la « Windsor Powder Co. » et se spécialise dans la fabrication de poudre à miner et de poudre pour l'activité sportive. Dès 1873, elle est l'une des premières à produire le « Dualin », un puissant explosif à base de nitroglycérine. En 1877, l'usine devient la « Hamilton Powder Co. », et regroupe plusieurs établissements au Canada et aux États-Unis.

Outre son usage militaire pendant le conflit américain, la poudre noire de l'usine de Windsor possède de nombreuses autres utilités, tant sur le marché canadien qu'américain. Elle est notamment utilisée dans l'exploitation des mines, dont plusieurs sont en activité dans les Cantons-de-l'Est à cette époque (Stanstead, Dudswell et Bedford). Elle est également employée dans la construction de routes et de chemins de fer, pour la chasse ainsi que pour défaire les embâcles.

En 1918, l'usine compte 56 bâtiments, dont un moulin à scie, une forge, un atelier de menuiserie (1890) destiné à la fabrication des barils contenant la poudre noire, trois fours servant à brûler le bois d'aulne pour la préparation du charbon de bois, une centrale électrique et plusieurs hangars. Les plans relèvent également la présence des écuries et du bureau de la compagnie, de la maison du contremaître et de celles de quelques employés, de même que de deux grands entrepôts de poudre noire.

La participation du Canada au premier conflit mondial (1914-1918) accorde probablement un dernier sursis à l'usine de poudre noire de Windsor. En 1922, elle ferme ses portes à la suite d'une violente explosion. Toutefois, les fours à charbon demeurent utilisés jusqu'en 1926. Tenue à l'écart des progrès technologiques pendant trop longtemps, l'usine tombe en désuétude.

En 1993, le parc historique de La Poudrière de Windsor est fondé. Il a pour objectif de mettre en valeur l'histoire de la poudre noire ainsi que la vie des gens qui ont travaillé à sa fabrication de 1864 à 1922. En 2002, le centre culturel et patrimonial La Poudrière de Windsor bénéficie d'une aide financière pour le réaménagement du site. Les travaux comprennent notamment le recyclage de l'ancien atelier de menuiserie en pavillon d'accueil, un plan d'eau plus accessible, la réplique d'un moulin à roues en activité, un circuit de la poudre noire le long de la rivière Watopeka de même qu'un nouveau bâtiment renfermant des pièces du patrimoine industriel. Des pistes cyclables, des aires de pique-nique et de jeux de même que des endroits réservés à la pêche sont également mis à la disposition des visiteurs.
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Notices bibliographiques :
Centre culturel et patrimonial La Poudrière de Windsor. Histoire de la poudrière de Windsor. Windsor, s.é., 1993. 36 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Site patrimonial d'Arvida



Site patrimonial d’Arvida

Le site patrimonial d'Arvida correspond à une partie de la ville industrielle planifiée d'Arvida, fondée en 1926. Ce territoire urbain de 178 hectares se divise en trois grandes unités de paysage, soit un secteur résidentiel développé en trois phases principales de construction, une ceinture verte comprenant un vaste noyau institutionnel ainsi qu'un secteur commercial et institutionnel. L'ensemble compte plus de 800 bâtiments, en majorité des maisons individuelles détachées construites entre 1926 et 1950. Il comprend également des bâtiments institutionnels et commerciaux, ainsi que des parcs et des espaces verts.

Le secteur résidentiel est organisé autour d'un noyau institutionnel comptant des églises et des écoles. Les bâtiments commerciaux sont concentrés dans un secteur aménagé au sud du noyau institutionnel. L'ensemble du site est aménagé de façon à épouser et à valoriser la topographie naturelle. Le réseau viaire est conçu de manière à hiérarchiser les voies de circulation principales et secondaires et à engendrer un effet pittoresque. Les rues présentent souvent un tracé curviligne, sauf dans le secteur commercial et institutionnel, où la trame est orthogonale. La régularité du système parcellaire, l'uniformité de l'alignement des maisons et la sobriété des aménagements paysagers créent un paysage homogène.

Le cadre bâti essentiellement pavillonnaire du site patrimonial d'Arvida se caractérise notamment par la prédominance de maisons individuelles détachées. Ces résidences, tout en étant de dimensions similaires, présentent une grande diversité de modèles. Elles sont inspirées des formes populaires aux États-Unis à l'époque de leur construction, de l'architecture traditionnelle québécoise ou encore de sources européennes. L'utilisation généralisée de la brique pour les bâtiments institutionnels et commerciaux contribue aussi à l'homogénéité des secteurs névralgiques. Quelques bâtiments, dont le Manoir du Saguenay et le Brittany Row, se distinguent entre autres par leur parement en pierre et leurs sections de toits de formes variées.

Le site patrimonial d'Arvida est situé dans l'arrondissement municipal de Jonquière de la ville de Saguenay.

Il correspond à une partie de l’ancienne ville d’Arvida, maintenant intégrée à la grande ville de Saguenay. Il est considéré comme un exemple particulièrement achevé de ville mono-industrielle planifiée.

Le site patrimonial d’Arvida, déclaré en 2018, est un territoire urbain de 178 hectares.



Valeur patrimoniale

Le site patrimonial d'Arvida présente un intérêt pour sa valeur historique. Il témoigne de l'importante phase de développement économique et industriel de plusieurs régions du Québec, notamment la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean, au cours des premières décennies du XXe siècle. À cette époque, l'industrie de l'aluminium, très énergivore, cherche à s'établir près des lieux de production d'hydroélectricité. La rivière Saguenay se révèle particulièrement propice à ces établissements. Le site patrimonial correspond à un secteur de l'ancienne ville d'Arvida, fondée par l'entreprise Aluminium Company of Canada et son président, Arthur Vining Davis (1867-1962), et érigée en municipalité en 1926. Arvida est aménagée selon les plans de l'architecte Harry Beardslee Brainerd (1887-1977) et de l'ingénieur Hjalmar Ejnar Skougor (1884-1932), plans qui ont été modifiés par Harold R. Wake, ingénieur de la compagnie. Le secteur est associé au plus important lieu de production d'aluminium au monde.

Le site patrimonial d'Arvida présente aussi un intérêt pour ses valeurs urbanistique et paysagère. L'endroit constitue un exemple particulièrement achevé et avant-gardiste de ville mono-industrielle planifiée. De nombreux projets de villes de ce type sont élaborés au début du XXe siècle, notamment au Québec, mais peu sont menés à terme ou sont d'aussi grande envergure. Dès le début du projet d'Arvida, les plans pour l'ensemble de la ville sont tracés. Les premiers aménagements reproduisent assez fidèlement ces plans, alors que les suivants s'en inspirent plus librement. Désirant offrir un cadre de vie agréable à tous ses employés, l'Aluminium Company of Canada suit de près les différentes étapes d'aménagement et de construction. Une commission d'urbanisme est créée et compte notamment l'architecte-paysagiste de grande renommée Frederick Gage Todd (1876-1948). La ville présente plusieurs caractéristiques des utopies urbaines de son époque, comme la ceinture verte et les parcs intégrés à la trame urbaine, le réseau viaire hiérarchisé et le noyau institutionnel autour duquel se déploie un cadre bâti essentiellement pavillonnaire. Ce secteur forme un paysage homogène dont l'effet pittoresque est constitué par un aménagement épousant et valorisant la topographie, par une végétalisation abondante, par la régularité du système parcellaire et par l'uniformité dans le traitement du cadre bâti.

Le site patrimonial d'Arvida présente également un intérêt pour sa valeur architecturale. Alors que de nombreuses villes industrielles planifiées présentent une répétition de quelques modèles, Arvida se distingue par la diversité des siens. Certaines des résidences arvidiennes sont inspirées de formes populaires aux États-Unis à l'époque, alors que d'autres s'inscrivent davantage dans l'esprit de l'architecture traditionnelle québécoise. La valeur architecturale du site repose aussi sur son association avec plusieurs architectes de renom, comme Harold Lea Fetherstonhaugh (1887-1971), Henry Ross Wiggs (1895-1986), Léonce Desgagné (1908-1979) et Ernest Isbell Barott (1884-1955).

Le site patrimonial d'Arvida présente aussi un intérêt pour sa valeur technologique. Il constitue un exemple remarquable de construction en série. En 1926, Arvida Works met 270 maisons en chantier et les termine en seulement 135 jours. Ce rythme exceptionnellement rapide est atteint grâce à la rationalisation des procédés de construction: quatre coffrages sont réutilisés pour couler les fondations et différentes pièces standardisées sont produites en usine, entre autres celles des charpentes en bois à claire-voie. Les maisons sont érigées à partir de 34 plans types dont les composantes formelles sont interchangeables. Le site patrimonial d'Arvida s'illustre aussi par l'utilisation de nouveaux matériaux dans certaines composantes, en particulier de l'aluminium.



Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du site patrimonial d'Arvida liés à ses valeurs historique, urbanistique, paysagère, architecturale et technologique comprennent, notamment:
- sa situation dans l'arrondissement municipal de Jonquière, dans la ville de Saguenay;
- sa superficie de 178 hectares, comptant trois grandes unités de paysage regroupant plus de 800 bâtiments résidentiels, institutionnels et commerciaux;
- les caractéristiques de la trame urbaine, dont l'organisation des secteurs résidentiels autour d'un noyau institutionnel et d'un secteur commercial et institutionnel, le respect et la mise en valeur de la topographie, la hiérarchisation des voies de circulation principales et secondaires en fonction de leur utilisation, la trame urbaine orthogonale, la présence de terrains de forme irrégulière à certaines intersections, l'uniformité de l'alignement des maisons individuelles détachées et leurs dimensions similaires, l'implantation des bâtiments secondaires, à l'arrière des bâtiments principaux et détachés de ceux-ci, la sobriété des aménagements paysagers (essentiellement gazonnés, dénués de clôtures et de haies en façade) et l'alignement des arbres;
- les caractéristiques du mobilier et de l'aménagement urbains, dont les caniveaux en béton en bordure de rue, les lampadaires et les panneaux signalétiques en aluminium;
- la présence de nombreux parcs et espaces verts planifiés en réseau, en incluant les coulées vertes;
- les caractéristiques du noyau institutionnel, dont les lots de grandes dimensions, dégagés et gazonnés, ainsi que la présence de deux lieux de culte et de cinq écoles;
- les caractéristiques du secteur le plus ancien, à l'est du noyau institutionnel, dont la convergence des rues principales vers le carrefour giratoire situé devant l'église Sainte-Thérèse-de-l'Enfant-Jésus, l'aménagement de ruelles et la présence dominante de maisons individuelles détachées;
- les caractéristiques du secteur situé au nord et au nord-ouest du noyau institutionnel, dont le tracé curviligne des rues, la présence de plusieurs îlots arrondis et triangulaires, la forte proportion de résidences individuelles détachées, la présence de maisons jumelées, en rangées ou mitoyennes formant un « U », la présence d'immeubles à logements multiples, dont le Brittany Row, et la présence du Manoir du Saguenay;
- les caractéristiques du secteur situé au sud et au sud-ouest du noyau institutionnel, dont le tracé curviligne des rues et la prédominance de maisons individuelles détachées;
- les caractéristiques du secteur commercial et institutionnel, dont la trame urbaine orthogonale, la prédominance de bâtiments commerciaux en bordure de la rue et de la place Davis, et en bordure de la section du boulevard Mellon au sud des rues Edison et Moritz, l'alignement des façades des bâtiments commerciaux, l'aménagement de terre-pleins et la percée visuelle vers l'ancien hôtel de ville;
- les caractéristiques d'origine des lieux de culte, dont les plans rectangulaires et en « T », les toits à versants droits, les bas-côtés, la tour-clocher latérale, les clochers de faîte, les parements en brique, les couvertures en bardeaux (notamment d'ardoise), les éléments en cuivre, en bois ou en fausse pierre, les porches, les portails, les ouvertures cintrées ou rectangulaires, les oculus, les vitraux, les lucarnes pendantes, les contreforts, les amortissements, l'ornementation sobre et les souches de cheminée en brique;
- les caractéristiques d'origine des édifices scolaires, dont les plans rectangulaires, en « L » ou en « H », les toits plats, à versants droits ou à croupes, les clochetons, les avant-corps, les parements en brique, les éléments en fausse pierre, la fenestration abondante, les fenêtres rectangulaires ou cintrées, et l'ornementation sobre constituée essentiellement par le contraste des matériaux;
- les caractéristiques d'origine des bâtiments commerciaux, dont leurs plans rectangulaires simples, les élévations d'un ou deux étages, les toits plats, les parements en brique, les vitrines du rez-de-chaussée en façade, les fenêtres rectangulaires de proportion verticale à l'étage supérieur, l'ornementation des corniches et des parapets, les bandeaux;
- les caractéristiques d'origine conformes aux plans architecturaux des bâtiments résidentiels, dont les plans rectangulaires ou irréguliers, les élévations d'un étage et demi à deux étages et demi, les toits ayant conservé leur forme et leur pente originales (à deux versants droits ou à larmiers retroussés, mansardés, en dos d'âne ou à demi-croupes), les solariums, les galeries, galeries couvertes, balcons, porches et avant-toits, les fondations en béton coulé, les parements de bois et de brique, les couvertures en bardeaux d'asphalte, en aluminium ou en tôle, les éléments en bois ou en aluminium, les portiques, les portes en bois, les fenêtres (la plupart rectangulaires et à guillotine) ainsi que leur disposition, leur forme, leurs dimensions et leurs matériaux d'origine, les fenêtres en saillie, les lucarnes (à pignon, à croupe, rampante ou à fenêtre pendante), les corniches, les retours de corniche, les garde-corps et les supports menuisés, l'ornementation sobre, les souches de cheminée en brique ainsi que les annexes latérales ou arrière;
- les caractéristiques d'origine du Manoir du Saguenay, dont le plan irrégulier, l'élévation maximale de trois étages, les toits à deux versants droits, mansardés, en pavillon et coniques couverts d'aluminium, la maçonnerie en pierre, les murs coupe-feu ainsi que les souches de cheminée en pierre;
- les caractéristiques d'origine des appartements Britanny Row, dont le plan irrégulier composé d'un corps de logis principal en « U », de tours demi-hors-œuvre et d'avant-corps, l'élévation de deux étages, les toits de formes diverses, le parement en pierre, la porte cochère, les portails et les lucarnes à fronton arrondi.



Informations historiques

Le site patrimonial d'Arvida trouve ses origines dans le développement de l'industrie de l'aluminium. Au XIXe siècle, l'aluminium est encore considéré comme un métal précieux, à cause de son coût de production. Au cours de la dernière décennie du siècle, l'industrie se tourne vers l'énergie hydroélectrique, moins coûteuse. L'intérêt pour l'aluminium continue de croître, notamment après la Première Guerre mondiale. La division canadienne de l'Alcoa – nommée Aluminium Company of Canada à partir de 1925 et connue plus tard sous le sigle Alcan – cherche un endroit propice à un nouvel établissement.

La rivière Saguenay, près de sa source dans le lac Saint-Jean faisant office de réservoir naturel, s'avère être un lieu particulièrement propice à la production d'hydroélectricité à faible coût. L'intérêt du site est d'autant plus grand pour l'Alcan que l'endroit est relié au réseau ferroviaire et qu'il permet aussi l'aménagement d'un port en eau profonde, assurant ainsi le transport des matières premières et du produit fini. L'entreprise acquiert donc un vaste territoire à cet endroit. Les plans d'une ville pouvant accueillir 50 000 habitants sont élaborés par Harry Beardslee Brainerd (1887-1977) et Hjalmar Ejnar Skougor (1884-1932). Elle est nommée Arvida, en l'honneur du président de la compagnie Arthur Vining Davis (1867-1962).

Désirant offrir un cadre de vie agréable à tous ses employés, l'Alcan suit de près les différentes étapes d'aménagement et de construction de la ville. Arvida est constituée en municipalité en 1926, et sa charte comprend d'importants pouvoirs de réglementation en matière d'urbanisme. L'année de l'incorporation, le chantier de construction de la ville est lancé, selon les plans modifiés par Harold R. Wake, ingénieur de la compagnie Alcan et surintendant d'Arvida Works, la filiale de l'Alcoa qui est chargée de l'exécution des travaux. En 135 jours, 270 maisons sont érigées. Ce rythme exceptionnellement rapide est atteint grâce à la rationalisation des procédés de construction.

Après des débuts prometteurs, l'usine subit un ralentissement au début des années 1930. Puis, peu avant la Seconde Guerre mondiale, l'industrie de l'aluminium connaît à nouveau une croissance spectaculaire. L'augmentation du nombre de travailleurs exige la création d'un autre quartier. La deuxième phase de construction de la ville s'amorce en 1936. Des bâtiments résidentiels et institutionnels sont construits selon les plans d'architectes de renom, dont Ernest Isbell Barott (1884-1955), Harold Lea Fetherstonhaugh (1887-1971) et Alexander Tilloch Galt Durnford (1898-1973).

En 1942, l'Alcan se retire de la gestion et de l'aménagement de la ville, après avoir créé la Commission d'urbanisme d'Arvida pour l'aménagement urbain et pour le contrôle de l'architecture, qui prend le relais. Cette commission est alors présidée par l'architecte-paysagiste Frederick Gage Todd (1876-1948). Celui-ci veille notamment à l'aménagement de plusieurs parcs dans la ville. La commission fait aussi appel à plusieurs architectes réputés, comme Henry Ross Wiggs (1895-1986) et Léonce Desgagné (1908-1979), pour concevoir des maisons, des lieux de culte et des écoles.

La production d'aluminium devient cruciale durant la Seconde Guerre mondiale. À cette époque, le complexe d'Arvida constitue la plus grande aluminerie du monde.

En 1975, le territoire de la municipalité d'Arvida, tout comme celui de la municipalité de Kénogami, est annexé à la ville de Jonquière, laquelle deviendra un arrondissement de la ville de Saguenay, en 2002.

De 1999 à 2017, d'abord la Ville de Jonquière et ensuite la Ville de Saguenay adoptent plusieurs règlements pour protéger divers secteurs et bâtiments d'Arvida. En 2012, le Prix du prince de Galles a été décerné à la Ville de Saguenay pour souligner ses efforts de conservation du patrimoine d'Arvida.
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Notices bibliographiques :
LIZOTTE, Sylvain. « La protection du site patrimonial d'Arvida en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel ». Bulletin de l'Association québécoise pour le patrimoine industriel. Vol. 31, no 1 (2020), p. 10-13.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Site patrimonial de Beauport



Site patrimonial de Beauport

Le site patrimonial de Beauport, déclaré en 1964 et agrandi en 1985, couvre un territoire autrefois rural et villageois d'environ 96 hectares. Il englobe les propriétés situées de chaque côté du chemin Royal et de l'avenue Royale entre l'avenue des Martyrs à l'ouest et la jonction avec le boulevard des Chutes à l'est. Il s'étend ainsi sur près de six kilomètres et traverse les anciennes municipalités de Giffard, Beauport, Villeneuve et Courville. À deux endroits, il entre plus profondément dans les terres pour inclure la presque totalité de l'ancien bourg du Fargy et le secteur institutionnel de Courville.

Le site est situé sur la côte de Beauport, une pente bordée par le fleuve Saint-Laurent et formée de terrasses. Il compte plus de 650 bâtiments à caractère résidentiel, institutionnel et agricole, qui témoignent du développement de l'architecture depuis le XVIIIe siècle. La majorité de ces bâtiments est implantée le long du parcours sinueux et ascendant d'ouest en est formé par le chemin Royal et l'avenue Royale. Les rues secondaires, souvent obliques par rapport à la voie principale, rappellent l'orientation des parcelles initiales.

L'ensemble se situe dans l'arrondissement municipal de Beauport de la ville de Québec. Il comprend deux immeubles patrimoniaux classés, soit les maisons Girardin et Tessier-Dit-Laplante. Il compte également 11 sites inscrits à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec ainsi qu'un potentiel archéologique qui résulte d'une fréquentation du territoire par des groupes amérindiens et d'une occupation euroquébécoise.

Le site patrimonial de Beauport, déclaré en 1964 et agrandi en 1985, s’étend sur près de six kilomètres et traverse les anciennes municipalités de Giffard, Beauport, Villeneuve et Courville.


Valeur patrimoniale

Le site patrimonial de Beauport présente un intérêt pour sa valeur historique. Des groupes amérindiens auraient fréquenté le territoire avant l'arrivée des Européens. Le peuplement permanent commence cependant par la concession de la seigneurie de Notre-Dame-des-Anges aux Jésuites, en 1626, et de la seigneurie de Beauport à Robert Giffard de Moncel, en 1634. Deux noyaux de peuplement se forment : le premier dans le bourg du Fargy et le second en bordure de la rivière Beauport. La voie qui les relie (maintenant le chemin Royal et l'avenue Royale) sera intégrée au chemin du Roy, reliant Montréal au village de Saint-Joachim. Pendant les XVIIe et XVIIIe siècles, les habitants s'établissent le long de ce chemin qui traverse leurs terres. Le territoire est le théâtre d'événements militaires importants. Il est notamment transformé en camp retranché au cours du siège de Québec (1759). À la fin du XVIIIe siècle et au XIXe siècle, Beauport connaît un essor commercial et industriel considérable, ce qui provoque la densification des habitations le long du chemin du Roy. Au milieu du XIXe siècle, ce corridor traverse le noyau villageois de Giffard, celui de Beauport et les futures municipalités de Villeneuve et de Courville. Durant le XXe siècle, ces agglomérations vont devenir des municipalités et elles se doteront d'ensembles institutionnels.

Le site patrimonial de Beauport présente également un intérêt pour sa valeur urbanistique. Ce territoire à caractère villageois conserve des traces visibles des XVIIe et XVIIIe siècles. L'ancien chemin du Roy suit un parcours sinueux qui s'adapte à la topographie de la côte de Beauport. L'implantation des maisons en dents de scie le long de celui-ci résulte du découpage des terres effectué à l'époque du Régime français. En effet, le chemin croise obliquement les parcelles initiales, longues et étroites, et les habitations ne sont pas rigoureusement alignées. Les maisons de ferme accusent généralement une marge de recul plus importante que les habitations villageoises, implantées en bordure de la voie publique. Les rues secondaires rappellent l'orientation des parcelles initiales qui suit un axe nord-sud. Par ailleurs, les églises de La Nativité de Notre-Dame et de Saint-Louis-de-Courville témoignent de la présence des anciennes municipalités de la côte de Beauport et constituent, encore de nos jours, des points de repère dans le paysage. Le site patrimonial comporte, en outre, de multiples percées visuelles et des panoramas remarquables.

Le site patrimonial de Beauport présente aussi un intérêt pour sa valeur architecturale. L'ensemble comprend un grand nombre de bâtiments de pierres, un matériau disponible en abondance à Beauport. Les bâtiments domestiques sont prédominants et rendent compte de l'évolution de l'architecture résidentielle depuis le XVIIIe siècle. En raison de la dénivellation du terrain, plusieurs habitations situées du côté nord du chemin Royal et de l'avenue Royale présentent un soubassement élevé en façade. Pour leur part, les églises de La Nativité de Notre-Dame et de Saint-Louis-de-Courville témoignent de l'architecture religieuse et institutionnelle. Le site patrimonial comprend également quelques dépendances anciennes, dont des bâtiments agricoles.

Le site patrimonial de Beauport présente en outre un intérêt pour sa valeur archéologique. Le périmètre compte plusieurs sites archéologiques connus qui renseignent sur l'occupation du XVIIe siècle à nos jours. Ces sites archéologiques témoignent notamment du passé rural du site patrimonial, mais également d'activités industrielles. Ainsi, des vestiges d'habitations, de bâtiments secondaires, d'églises, de même que ceux d'une distillerie et d'une brasserie ont été trouvés. Par ailleurs, le site patrimonial présente un important potentiel archéologique résultant d'une présence amérindienne et euroquébécoise.



Éléments caractéristiques

Les éléments clés du site patrimonial de Beauport liés à ses valeurs historique, urbanistique, architecturale et archéologique comprennent, notamment :
- sa situation sur la côte de Beauport, le long du chemin Royal et de l'avenue Royale (ancien chemin du Roy);
- l'implantation sur des terrasses offrant des panoramas vers le sud;
- le long parcours sinueux et ascendant d'ouest en est du chemin Royal et de l'avenue Royale;
- les caractéristiques liées au découpage des terres au Régime français, dont l'orientation oblique de plusieurs parcelles et rues secondaires par rapport à l'avenue Royale ainsi que l'implantation des maisons en dents de scie;
- les marges de recul variables, témoignant d'époques différentes;
- la prédominance des fonctions résidentielles;
- les noyaux paroissiaux des anciennes municipalités de Beauport et de Courville;
- le parc des Martyrs;
- le corpus architectural majoritairement composé d'habitations rurales et villageoises;
- les deux immeubles patrimoniaux classés, soit les maisons Girardin et Tessier-Dit-Laplante;
- certaines habitations situées du côté nord du chemin Royal et de l'avenue Royale présentant un soubassement très dégagé en façade;
- les maisons rurales d'inspiration française en maçonnerie de pierre caractérisées par un carré simple à un étage et demi, une façade asymétrique ainsi qu'un toit à deux versants droits;
- les maisons québécoises d'inspiration néoclassique en maçonnerie de pierre, en madrier sur madrier ou en pièce sur pièce caractérisées par un plan rectangulaire, une façade symétrique ainsi qu'un toit à deux versants à larmiers débordants, parfois recourbés;
- les maisons mansardées en maçonnerie de pierre, en madrier sur madrier ou en pièce sur pièce caractérisées par une élévation à un étage et demi ou deux étages, un toit brisé généralement à deux versants ainsi que des ouvertures aux proportions verticales habituellement disposées de façon symétrique;
- les maisons typiques de l'architecture de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle, dites vernaculaires industrielles, dont les maisons cubiques ou « Four square », les maiosns à toit à deux versants et les maisons à toit plat, caractérisées par un volume cubique et une élévation à deux étages ou deux étages et demi;
- les bâtiments institutionnels témoignant de styles en vogue au XIXe siècle, dont l'église de Saint-Louis-de-Courville présentant une façade monumentale d'influence néoromane ainsi que l'église de La-Nativité-de-Notre-Dame et le couvent de la congrégation de Notre-Dame d'esprit néogothique;
- les sites archéologiques euroquébécois connus, témoignant du passé rural et d'activités industrielles;
- le potentiel archéologique du territoire.



Informations historiques

L'histoire du site patrimonial de Beauport est essentiellement celle d'une voie de circulation, soit le chemin Royal et l'avenue Royale, et de son environnement. Bien que ce territoire ait été fréquenté par les Amérindiens, son peuplement commence véritablement avec la concession des seigneuries de Notre-Dame-des-Anges et de Beauport, deux des plus anciens terriers de la Nouvelle-France. Concédée aux Jésuites en 1626, la seigneurie de Notre-Dame-des-Anges s'étend de la rivière Saint-Charles à la rivière Beauport. Quant à la seigneurie de Beauport, elle est attribuée en 1634 à Robert Giffard de Moncel (vers 1589-1668), premier seigneur colonisateur de la Nouvelle-France. Elle s'étend de la rivière Beauport à la rivière Montmorency. C'est à l'intérieur de cette ancienne seigneurie que se trouve la majeure partie de l'actuel arrondissement historique.

Pendant les XVIIe et XVIIIe siècles, Beauport connaît un développement plutôt modeste. Les pionniers s'installent dans le bourg du Fargy, en bordure de la rivière Beauport, où Giffard fait construire son manoir seigneurial en 1642. Un autre noyau de peuplement se forme près de la rivière du Buisson, où se trouve le pôle institutionnel. Ces deux noyaux sont reliés par une voie de circulation qui sera intégrée au chemin du Roy (maintenant le chemin Royal et l'avenue Royale), rattachant Montréal au village de Saint-Joachim. Les habitants, dont l'agriculture et l'élevage sont les principales activités économiques, s'établiront le long de ce chemin. La paroisse de Notre-Dame-de-Miséricorde-de-Beauport est érigée canoniquement en 1684 et comprend l'entièreté de la seigneurie de Beauport. Elle est agrandie en 1722 pour englober une partie de la seigneurie de Notre-Dame-des-Anges.

Le territoire du site patrimonial est le théâtre d'événements militaires importants. En 1690, les Britanniques menés par sir William Phips (vers 1651-vers 1695) débarquent sur la grève de Beauport et sont repoussés. En 1759, lors du siège de Québec, la côte de Beauport est transformée en camp retranché par le marquis Louis-Joseph de Montcalm (1712-1759). La bataille de Montmorency y est livrée. Puis, en 1776, les Américains hivernent à Beauport à la suite de leur échec devant Québec.

À la fin du XVIIIe siècle, la côte de Beauport connaît un essor industriel et commercial important. Cette impulsion est donnée par l'implantation en 1792 de la distillerie du marchand John Young (vers 1759-1819), le long de la rivière Beauport. Cet élan se poursuit pendant le XIXe siècle, notamment par le développement des carrières de pierre et l'établissement de quelques autres industries, dont les clouteries de John Henderson et de François-Xavier Méthot (1796-1853), le moulin à farine de Jean-Baptiste Renaud (1816-1884) et de Louis-Napoléon Larochelle (1834-1890) et la fabrique d'allumettes de Joseph Labrecque. Enfin, les fours à chaux se multiplient tandis que des boutiques et des ateliers surgissent. Les liens entre Beauport et la ville de Québec, qui sont consolidés par l'arrivée du chemin de fer en 1889, permettent à ces entreprises de s'épanouir.

La croissance de Beauport provoque une augmentation de la population et la densification des habitations le long du chemin du Roy. Au milieu du XIXe siècle, ce corridor est occupé de manière continue et traverse quatre noyaux villageois : Giffard, Beauport, Villeneuve et Courville. Pendant le XXe siècle, ces noyaux vont devenir des municipalités et se doter d'ensembles institutionnels.

À partir des années 1950, Beauport se transforme en banlieue de la ville de Québec, et son secteur ancien est menacé.
Le site patrimonial de Beauport est déclaré en 1964, puis agrandi en 1985, afin de préserver l'intégrité du paysage du chemin Royal et de l'avenue Royale. Il comprend deux immeubles patrimoniaux classés, soit les maisons Girardin et Tessier-Dit-Laplante. De nos jours, ce tracé constitue un ensemble ethnohistorique exceptionnel.
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Notices bibliographiques :
CÔTÉ, Louise et Yves LAFRAMBOISE. Beauport : Au coeur du vieux bourg. Beauport, Ville de Beauport, 1999. 20 p.
DUFRESNE, Michel. « Arrondissement historique de Beauport ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, p. 245-249.
DUFRESNE, Michel. Beauport, de la côte à l'arrière-pays : ses paysages et ses traditions. Québec, Ministère des Affaires culturelles, 1977. s.p.
Ethnotech inc. Étude d'ensemble du patrimoine : ville de Beauport. Beauport, Ville de Beauport, 1987. s.p.
GARIÉPY, Gino. Courville, Villeneuve, un sault en héritage. Beauport, Ville de Beauport, 1999. s.p.
LÉGARÉ, Denyse. Étude de caractérisation de l'arrondissement historique de Beauport. Québec, Commission des biens culturels du Québec, 2005. 56 p.
LETENDRE, André. Beauport : ville du Québec riche d'histoire. Beauport, André Letendre, 1993. s.p.
LIZOTTE, Sylvain, dir. Plan de conservation du site patrimonial de Beauport. Québec, Ministère de la Culture et des Communications, 2016. 111 p.
Le document intitulé Site patrimonial de Beauport. Plan de conservation dans la section Documents en fait partie.
Ministère des Affaires culturelles / Direction générale du patrimoine. Promenade à Beauport. Québec, Ministère des Affaires culturelles, s.d. s.p.
PARADIS, Francine. L'arrondissement historique de Beauport en bref. Beauport, Ville de Beauport, 1996. s.p.
PAULETTE, Claude. Giffard : un souvenir des Jésuites. Beauport, Ville de Beauport, 1999. 16 p.
PROVOST, Honorius. « Giffard de Moncel, Robert ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Site patrimonial de Charlesbourg



Site patrimonial de Charlesbourg

Le site patrimonial de Charlesbourg est un ancien noyau villageois aménagé à partir de 1665. Ce territoire, d'une superficie de 24 hectares, est structuré selon un plan radial. Il englobe un carré central d'environ 8,5 hectares (25 arpents), délimité par Le Trait-Carré Est et Le Trait-Carré Ouest, et des lots de forme trapézoïdale qui rayonnent à partir de ce dernier. Deux parcours directeurs, la 1re Avenue et le boulevard Louis-XIV, le traversent et se croisent en son centre. D'autres voies de circulation suivent le tracé des anciennes parcelles: l'avenue Paul-Comtois, le chemin Samuel et quelques chemins privés.

Ce territoire inclut près de 138 bâtiments principaux. Le centre du site patrimonial est formé d'un noyau paroissial de tradition catholique comprenant l'église de Saint-Charles-Borromée, le presbytère et le parc du Sacré-Coeur marquant le lieu de l'ancienne église et de l'ancien cimetière. Autour de cet ensemble se trouvent aussi des bâtiments institutionnels dont l'ancien couvent des Soeurs du Bon-Pasteur, la salle Pierre-Garon (ancienne salle paroissiale), l'ancien collège des Frères maristes (aujourd'hui intégré à la bibliothèque), le centre Odilon-Gauthier et la bibliothèque Paul-Aimé-Paiement. L'intérieur du carré central comprend également le parc de la Commune, ainsi que quelques résidences et commerces. Les lots rayonnants englobent d'anciennes maisons de ferme (certaines remontant au XVIIIe siècle) et des dépendances agricoles, des résidences du XIXe et du début du XXe siècles ainsi que quelques commerces. Le moulin des Jésuites est érigé en périphérie, du côté est du boulevard Henri-Bourassa.

Le site est aménagé sur la première terrasse qui surplombe la rivière Saint-Charles, dans l'arrondissement municipal de Charlesbourg de la ville de Québec.

Ce territoire est déclaré site patrimonial. Il compte un immeuble patrimonial classé, soit l'église de Saint-Charles-Borromée. Deux sites inscrits à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec sont associés au lieu.

Le site patrimonial de Charlesbourg, déclaré en 1965, est structuré selon un plan radiant. Il englobe un carré central d’environ 8,5 hectares.


Valeur patrimoniale

Le site patrimonial de Charlesbourg présente un intérêt pour sa valeur historique. L'endroit correspond à un ancien bourg dont l'établissement a été planifié par les Jésuites. En 1665, ceux-ci entreprennent le peuplement de leur seigneurie de Notre-Dame-des-Anges, concédée en 1626. Les Jésuites adoptent une forme de lotissement en plan radial. Le développement du village de Charlesbourg est favorisé par la présence d'un noyau paroissial central. Le moulin des Jésuites ainsi que quelques maisons de ferme sont construits au cours du XVIIIe siècle. Le centre du bourg se densifie durant le XIXe siècle et accueille plusieurs institutions. Le village conserve son caractère rural jusqu'au milieu du XXe siècle, alors que l'étalement urbain de la ville de Québec atteint Charlesbourg. Le site patrimonial de Charlesbourg rappelle la création et le développement du premier village en étoile implanté en Nouvelle-France.

Le site patrimonial de Charlesbourg présente aussi un intérêt pour sa valeur urbanistique. Il se distingue par l'organisation unique de son territoire. Le plan radial employé par les Jésuites comprend un carré central de 8,5 hectares et des terres trapézoïdales rayonnantes. Deux parcours directeurs tracés au XVIIe siècle se croisent au centre du bourg. Cet espace est occupé par un noyau institutionnel dominé par l'église. En périphérie, la forme de certains lots et le tracé de quelques voies de circulation témoignent de l'organisation spatiale originelle. L'implantation des bâtiments reflète les différentes phases de développement du site patrimonial.

Le site patrimonial de Charlesbourg présente en outre un intérêt pour sa valeur paysagère. Le bourg est situé sur une terrasse surplombant la vallée de la rivière Saint- Charles, un emplacement qui favorise la présence de plusieurs percées visuelles et de vastes panoramas. Le paysage charlesbourgeois est dominé par les deux clochers de l'église de Saint-Charles-Borromée. Ces points de repère signalent la position du centre religieux et institutionnel. Le site patrimonial comprend aussi deux parcs publics qui forment d'importants espaces verts au coeur du noyau villageois. Les arbres matures qui ponctuent le territoire contribuent également à enrichir son paysage.

Le site patrimonial de Charlesbourg présente également un intérêt pour sa valeur architecturale. Le cadre bâti résume près de trois siècles d'architecture. Le moulin des Jésuites et quelques maisons du XVIIIe siècle représentent l'architecture d'inspiration française. Plusieurs habitations sont typiques des maisons traditionnelles québécoises du XIXe siècle. D'autres constituent de beaux exemples d'influence Second Empire, style qui a aussi marqué l'architecture institutionnelle. L'église de Saint-Charles-Borromée, construite de 1828 à 1830 indique pour sa part l'apport néoclassique dans l'architecture religieuse du XIXe siècle. Des bâtiments de type cubique et « Boomtown » témoignent par ailleurs de la popularité de ces styles au début du XXe siècle. Par ailleurs, le site patrimonial comporte des bâtiments secondaires qui sont caractéristiques des dépendances agricoles des XIXe et XXe siècles.

Le site patrimonial de Charlesbourg présente en outre un intérêt pour sa valeur archéologique. Le territoire contient des vestiges qui révèlent ses origines et son évolution. Des fouilles archéologiques ont notamment permis de mettre au jour les fondations du premier presbytère et du mur entourant l'ancien cimetière ainsi que ceux d'un pieu daté du XVIIe siècle appartenant vraisemblablement à la clôture de la commune, et d'anciennes canalisations de bois sous le Trait-Carré. En 2007, les fondations de l'église de 1695 ont été dégagées. Des sépultures ont également été découvertes. Le patrimoine archéologique du territoire reflète quelque 350 ans d'occupation.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2016.



Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du site patrimonial de Charlesbourg liés à ses valeurs historique, urbanistique, paysagère, architecturale et archéologique comprennent, notamment:
- sa situation sur la première terrasse surplombant la rivière Saint-Charles, dans l'arrondissement municipal de Charlesbourg de la ville de Québec;
- son périmètre irrégulier et sa superficie de 24 hectares;
- la déclivité du terrain allant du nord vers le sud;
- la présence de deux anciens parcours se croisant au centre du site patrimonial, le boulevard Louis-XIV et la 1re Avenue;
- l'organisation spatiale du territoire selon un plan radial composé de trois carrés imbriqués, soit la réserve, la commune (délimitée par Le Trait-Carré Est et Ouest) et la ceinture;
- les éléments témoignant du plan radial, dont les lots de forme trapézoïdale ainsi que le tracé de l'avenue Paul-Comtois, du chemin Samuel et des chemins privés suivant l'orientation des parcelles;
- la présence d'un ensemble institutionnel formé de l'église de Saint-Charles-Borromée, du presbytère et de sa grange à dîme, de l'ancien couvent des Soeurs du Bon-Pasteur, de la salle paroissiale, de l'ancien collège des frères Maristes, de la bibliothèque Paul-Aimé Paiement et du centre Odilon-Gauthier;
- la présence d'espaces verts, dont le parc du Sacré-Coeur correspondant à l'emplacement de l'ancienne église et de l'ancien cimetière, ainsi que le parc de la Commune évoquant l'ancien lieu de pâturage;
- les arbres matures;
- la présence d'éléments liés au passé agricole du territoire, dont les maisons de ferme des XVIIIe et XIXe siècles souvent orientées vers le sud, les dépendances agricoles, le moulin des Jésuites et les parties de terrain non construites surtout situées au nord-ouest du carré central;
- les composantes villageoises, dont les bâtiments implantés en bordure des voies publiques datant principalement des XIXe et XXe siècles (comprenant des résidences, des commerces et des édifices institutionnels);
- l'ancien moulin des Jésuites témoignant de l'architecture d'inspiration française, dont la maçonnerie en pierre, le toit à deux versants droits à forte pente en bardeaux de cèdre et les ouvertures disposées asymétriquement;
- les maisons d'inspiration française en pierre ou en bois, dont le carré bas et peu exhaussé du sol, l'élévation d'un étage et demi ainsi que le toit à versants droits à forte pente;
- les maisons québécoises d'inspiration néoclassique en bois ou en pierre, dont l'élévation d'un étage et demi ou de deux étages, le toit à deux versants à larmier débordants, les ouvertures disposées symétriquement et les galeries couvertes;
- les maisons d'influence Second Empire en bois ou en brique, dont l'élévation d'un ou de deux étages et demi, le toit mansardé et l'ornementation parfois élaborée;
- les maisons de type cubique, dont le plan carré, l'élévation de deux étages ou de deux étages et demi et le toit en pavillon;
- les maisons de type « Boomtown », dont le volume cubique, l'élévation de deux étages, le toit plat ou à faible pente et le parapet au sommet de la façade;
- les maisons de type cottage vernaculaire, dont le plan carré ou rectangulaire, l'élévation d'un étage et demi ou de deux étages, le toit à deux versants droits, la façade parfois aménagée dans le mur pignon et les larmiers sans coyau;
- les résidences d'après-guerre, dont le plan rectangulaire ou carré, l'élévation d'un étage, le toit à pavillon ou à croupes à profil bas, ainsi que le parement mixte en brique et en pierre artificielle;
- les bâtiments institutionnels témoignant d'influences stylistiques, dont l'église de Saint-Charles-Borromée d'influence néoclassique, ainsi que le presbytère, l'ancien couvent des Soeurs du Bon-Pasteur et l'ancien collège des frères Maristes d'influence Second Empire;
- les sites archéologiques connus, incluant les vestiges du premier presbytère, du mur entourant l'ancien cimetière, d'un pieu appartenant vraisemblablement à la clôture de la commune, d'une petite dépendance (glacière ou caveau à légumes), de canalisations de bois, de la première église en pierre et des bassins de retenue des eaux du moulin.



Informations historiques

Le site patrimonial de Charlesbourg est situé dans l'une des plus anciennes seigneuries de la Nouvelle-France, celle de Notre-Dame-des-Anges, concédée aux Jésuites en 1626 par le vice-roi Henri de Lévis, duc de Ventadour (1596-1651). Au cours des années suivantes, seules les censives bordant la rivière Saint-Charles et la rivière Lairet sont concédées.

En 1665, les Jésuites entreprennent le peuplement de l'intérieur de leur fief. Ils délimitent un bourg sur la première terrasse surplombant la rivière Saint-Charles en accord avec l'édit royal de 1663, qui ordonne aux habitants de se regrouper en bourg ou en bourgade afin de faciliter la défense de la colonie, de centraliser les services et surtout de corriger l'étalement rural causé par le système de lotissement en rang. Pour ce faire, ils adoptent une forme d'établissement encore jamais employée en Nouvelle-France, le plan radial. L'aménagement du village se caractérise par l'emboîtement de trois espaces carrés, soit la réserve, la commune et la ceinture. Une réserve de 1,7 hectare (5 arpents), destinée à l'établissement d'une église, d'un presbytère et d'un cimetière, constitue le centre du village. Cette réserve est entourée d'un pâturage commun pour les bêtes. La commune est ceinturée d'une clôture et d'un chemin appelé Le Trait-Carré (tracé vraisemblablement en 1692), d'où rayonnent 40 terres de formes trapézoïdales formant un grand carré. La règle du tiers est imposée, selon laquelle l'occupant est tenu de construire sa résidence dans le premier tiers des terres concédées s'aboutant au Trait-Carré. Entre le 22 au 28 février 1665, près de trente lots sont concédés par les Jésuites. La création de ce village en étoile, qui prend le nom de Charlesbourg, est considérée par plusieurs comme l'un des premiers gestes de planification urbaine en Amérique française.

La paroisse de Saint-Charles-Borromée, dont le noyau est situé à l'intérieur du carré central, est érigée canoniquement en 1693. À la fin du XVIIe siècle, le bourg comprend une vingtaine d'habitations, un moulin à vent au nord du Trait-Carré (aujourd'hui disparu), ainsi qu'un cimetière aménagé au sud de la chapelle. Quatre voies de communication se croisent au centre du bourg : le chemin de Québec et celui de Saint-Pierre et Saint-Claude, dans un axe nord-sud (1re Avenue), ainsi que le chemin de Saint-Joseph et celui de Bourg-Royal, dans un axe est-ouest (boulevard Louis-XIV). En 1709, une ordonnance met fin à l'usage de la commune. Les terres ne sont toutefois pas immédiatement morcelées et le droit de pâturage est maintenu pendant plusieurs années. Le moulin à vent est remplacé par un moulin à eau en 1742.

Charlesbourg conserve son caractère essentiellement agricole jusqu'au milieu du XXe siècle. Toutefois, son centre se densifie au XIXe siècle. Quelques résidences luxueuses, des fabriques artisanales et de petits commerces s'implantent entre les maisons de ferme. La majorité des bâtiments bordent le Trait-Carré. Le bourg prend également un visage institutionnel. En plus de l'église actuelle qui est construite entre 1827 et 1830 selon les plans de Thomas Baillairgé (1791-1859), un nouveau presbytère (1875), le couvent des Soeurs du Bon-Pasteur (1883), une nouvelle sacristie (1887), le collège des frères Maristes (1904) et la salle paroissiale (1925) sont érigés. La cité de Charlesbourg, anciennement municipalité de village (1914), est constituée en 1949.

Dans les années 1950 et 1960, l'étalement urbain de Québec atteint Charlesbourg et les fermes sont loties. Néanmoins, le plan radiant et le tracé de la commune demeurent bien visibles.
Le site patrimonial de Charlesbourg est déclaré en 1965. De nos jours, il constitue un pôle culturel de la ville de Québec et renferme des fonctions institutionnelles, résidentielles et commerciales.
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Notices bibliographiques :
AUGERON, Mickaël, dir., Dominique GUILLEMET, dir., Alain ROY, dir. et Marc ST-HILAIRE, dir. Les traces de la Nouvelle-France au Québec et en Poitou-Charentes. Québec, Les Presses de l'Université Laval, 2008. 308 p.
BÉDARD, Michel. « Contribution à l'histoire des communes : le cas de la seigneurie Notre-Dame-des-Anges de 1665 à 1735 ». Le Charlesbourgeois. Vol. XI, no 4 (1994), p. 3-19.
DUFRESNE, Michel. « Arrondissement historique de Charlesbourg ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, p. 237-241.
GIROUX-ALLAIRE, Ruth. « Charlesbourg, des basses terres au plateau laurentien ». Le Charlesbourgeois. No 84 (2004), p. 3-23.
LACHANCE, Johanne. « Le Trait-Carré d'hier à aujourd'hui ». Le Charlesbourgeois. Vol. X, no 2 (1993), p. 3-15.
LEFEBVRE, Jean-Pierre. « La petite histoire de Charlesbourg ». Le Charlesbourgeois. No 79 (2003), p. 3-11.
LÉGARÉ, Denyse. Étude de caractérisation de l'arrondissement historique de Charlesbourg. Québec, Commission des biens culturels du Québec, 2005. 42 p.
LIZOTTE, Sylvain, dir. Plan de conservation du site patrimonial de Charlesbourg. Québec, Ministère de la Culture et des Communications, 2016. 110 p.
Le document intitulé Site patrimonial de Charlesbourg. Plan de conservation dans la section Documents en fait partie.
MALOUIN, Reine. Charlesbourg 1660-1949. Québec, Éditions La Liberté, 1972. 223 p.
NOPPEN, Luc. « Le Vieux-Charlesbourg ». Le Charlesbourgeois. No 49 (1996), p. 3-8.
VILLENEUVE, Cécile. Charlesbourg, son histoire. Charlesbourg, 2000. s.p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Site patrimonial de l'Archipel-de-Mingan



Site patrimonial de l'Archipel-de-Mingan

Le site patrimonial de l'Archipel-de-Mingan est un territoire d'une superficie de 106 kilomètres carrés comprenant une formation calcaire d'une cinquantaine d'îles, d'îlots, de rochers, de cayes et de récifs, ainsi que l'espace maritime autour et entre ces composantes. Cet archipel compte des phénomènes géomorphologiques spectaculaires tels que des monolithes d'érosion, une flore très diversifiée dont quelques espèces originales ou rares et une faune abondante surtout composée d'oiseaux marins. Ces éléments se répartissent en six habitats terrestres distincts, soit le littoral, la falaise, la forêt boréale, la tourbière, la lande et le lac, qui sont dans certains cas tous présents sur une même île.

L'archipel longe la côte nord du fleuve Saint-Laurent sur environ 90 kilomètres, de la Longue Pointe jusqu'à l'extrémité est de la baie Saint-Laurent. Il fait face à l'île d'Anticosti et chevauche une partie du territoire de la municipalité de Havre-Saint-Pierre et de la municipalité de Longue-Pointe-de-Mingan.

Le site patrimonial de l’Archipel-de-Mingan, déclaré en 1978, est un territoire d’une superficie de 106 kilomètres carrés comprenant une formation calcaire d’une cinquantaine d’îles, d’îlots, de rochers, de cayes et de récifs ainsi que l’espace maritime autour et entre ces composantes.


Valeur patrimoniale

Le site patrimonial de l'Archipel-de-Mingan présente un intérêt pour sa valeur paysagère. Ce territoire regroupe un ensemble d'îles, d'îlots, de rochers, de cayes et de récifs calcaires qui composent avec la mer omniprésente des tableaux tantôt inusités, tantôt pittoresques. L'archipel illustre 300 millions d'années d'érosion, dont les résultats les plus remarquables sont les gigantesques monolithes sur le pourtour des îles. Ils évoquent des êtres ou des objets familiers, tel que le rappelle leur nom commun (pots de fleurs) ou propre (la Montagnaise, le Château, la Bonne Femme de Niapiskau, la Porte du Sauvage, le Petit Percé, la Grenouille, la Botte, etc.). Les six habitats naturels accueillent une flore exceptionnelle par sa pluralité, son originalité et sa rareté, dont le chardon de la Minganie. Ils abritent aussi une faune abondante, surtout constituée d'oiseaux marins. L'archipel a fait l'objet de nombreux récits, poèmes et chansons. Les auteurs ayant écrit sur la Minganie, notamment le comte Henry de Puyjalon (1840-1905), Placide Vigneau (1842-1926) et Roland Jomphe (1917-2003), ont constitué une partie de ses légendes et de son folklore. L'archipel attire aujourd'hui des milliers de visiteurs venus s'évader dans la beauté sauvage de ses paysages.

Le site présente aussi un intérêt pour sa valeur historique. L'archipel porte les traces d'au moins deux millénaires d'exploitation humaine. Les premiers occupants amérindiens, attirés par ses ressources marines, sont évoqués dans des sites vieux de 2 000 à 300 ans disséminés dans l'archipel. Des fours circulaires en pierre utilisés pour faire fondre la graisse des mammifères marins rappellent quant à eux les séjours saisonniers effectués par les baleiniers basques aux XVIe et XVIIe siècles ainsi que ceux, plus sporadiques, des Bretons et des Normands. Les vestiges d'un poste de traite témoignent pour leur part du commerce des fourrures durant le Régime français. Concédée en 1679 à Louis Jolliet (vers 1645-1700) et à Jacques de Lalande de Gayon, la seigneurie des îles et îlets de Mingan est exploitée aussi pour la pêche et la chasse aux mammifères marins. Après la Conquête (1760), ces activités sont reprises par des hommes d'affaires et des compagnies marchandes, dont la Compagnie de la Baie d'Hudson, propriétaire de l'archipel de 1832 à 1973. Cette exploitation s'amenuise dans les années 1850 avec la colonisation de la côte nord du fleuve Saint-Laurent, notamment par des Acadiens des îles de la Madeleine, qui profitent de l'archipel de différentes manières (havre hivernal pour les goélettes, bois de construction et de chauffage, foin, etc.). Dans le but de sécuriser la navigation, des phares sont construits en 1888 et en 1915. Par ailleurs, la coexistence de la Compagnie et des habitants de la Côte-Nord est illustrée par les vestiges d'une renardière, de maisons et d'une exploitation commerciale de mollusques et de homards. Depuis l'arrivée de l'industrie minière dans les années 1950, l'archipel sert de lieu de villégiature, et ses ressources sont désormais exploitées à des fins de loisir par les habitants de la Côte-Nord.



Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du site patrimonial de l'Archipel-de-Mingan liés à ses valeurs paysagère, historique et archéologique comprennent, notamment:
- l'archipel formé d'une cinquantaine d'îles, d'îlots, de rochers, de cayes et de récifs calcaires répartis le long de la côte nord du fleuve Saint-Laurent, en face de l'île d'Anticosti, dont l'île aux Perroquets, l'île de la Maison, la Caye Noire, l'île du Wreck, L'Îlot, l'île Nue de Mingan, l'île du Havre de Mingan, l'île à Bouleaux de Terre, Le Pain de Sucre, l'île à Bouleaux du Large, la Caye à la Tête de Cheval, la Caye à Cochon, La Grande Île, les Rochers de Granite, La Grosse Romaine, l'île Quarry, la Caye de Quarry, La Pile, La Petite Romaine, l'île Niapiskau, l'île à Joson, les Cayes à Meck, l'île à Gazon, l'île de la Pointe aux Morts, l'île du Fantôme, l'île à Firmin, l'île du Havre, l'île à Calculot, l'île aux Goélands, la Petite île au Marteau, la Grosse île au Marteau, la Caye à Foin, la Caye à Loups Marins, l'île Herbée, l'île de la Fausse Passe, l'île à Bouchard, l'île Saint-Charles, l'île aux Oiseaux, l'île à Calculot des Betchouanes, l'île Innu, l'île à Mouton, l'île à la Chasse, l'île Jaune, l'île du Havre à Étienne, l'île du Havre à Sauvage, la Petite île Sainte-Geneviève, l'île Sainte-Geneviève, ainsi que la Cormoraillère Sainte-Geneviève (regroupant deux rochers nommés Le Saint Est et Le Saint Ouest);
- les relations entre ces éléments terrestres et le fleuve;
- les formations géologiques spectaculaires, dont les monolithes d'érosion situés sur le pourtour des îles, les cuestas, les cannelures de glaciers, les falaises mortes, les arches littorales et les demi-cavernes situées à l'intérieur des îles en pleine forêt;
- les six habitats naturels, soit le littoral, la falaise, la forêt boréale, la tourbière, la lande et le lac;
- la flore exceptionnelle par sa pluralité, son originalité et sa rareté;
- la faune abondante;
- les sites amérindiens répartis dans l'archipel;
- les vestiges des fours circulaires en pierre utilisés pour faire fondre la graisse des mammifères marins sur l'île Nue de Mingan et sur l'île du Havre de Mingan;
- les vestiges d'un poste de traite français sur l'île du Havre de Mingan;
- le phare de l'île aux Perroquets et ses dépendances;
- le phare de la Petite île au Marteau et ses dépendances;
- les vestiges d'une renardière sur l'île du Havre;
- les vestiges de maisons sur l'île du Havre et sur l'île de la Maison;
- les vestiges d'une exploitation commerciale de mollusques et de homards sur l'île Saint-Charles;
- la sépulture du comte Henry de Puyjalon (1840-1905), à proximité de son habitation sur l'île à la Chasse;
- le potentiel archéologique du territoire.



Informations historiques

Le site patrimonial de l'Archipel-de-Mingan est un territoire qui commence à se former il y a 500 millions d'années, alors que des sédiments minéraux et organiques se déposent au fond de la mer bordant le Bouclier canadien pour constituer une plate-forme de roche calcaire qui émerge 200 millions d'années plus tard. Pendant les 300 millions d'années suivantes, elle est soumise à l'action des cours d'eau et de la mer qui découpe l'archipel et sculpte ses fameux monolithes. Le soulèvement de la plate-forme et l'érosion ont aussi créé les cuestas, les cannelures de glaciers, les falaises mortes, les arches littorales et les demi-cavernes qui sont aujourd'hui situées à l'intérieur des îles.

Les Amérindiens sont les premiers occupants de l'archipel. Ils y chassent notamment le phoque et récoltent des mollusques. Leurs passages saisonniers remontent à au moins 2 000 ans.

Aux XVIe et XVIIe siècles, les Basques, les Bretons et les Normands se rendent dans l'archipel pour y chasser la baleine et les autres mammifères marins, pêcher la morue et, à l'occasion, s'adonner au commerce des fourrures avec les Amérindiens. Les Basques débarquent sur les îles, où ils font sécher la morue et construisent des fours circulaires en pierre pour fondre la graisse des mammifères marins.

En 1679, l'archipel est concédé à Louis Jolliet (1645-1700) et à Jacques de Lalande de Gayon. Jusqu'à la fin du Régime français, les seigneurs des îles et îlets de Mingan font la traite des fourrures et exploitent l'eider, le loup-marin et le saumon. Après la Conquête (1760), ces activités sont reprises par des hommes d'affaires et des compagnies marchandes, dont la Compagnie de la Baie d'Hudson, propriétaire de l'archipel de 1832 à 1973.

Dans les années 1850, des pêcheurs tentent de s'établir sur la côte nord du fleuve Saint-Laurent, mais ils sont délogés par la Compagnie. En 1854, le gouvernement légifère pour autoriser le peuplement de la Côte-Nord et, en 1858, pour abolir les privilèges de la Compagnie sur les rivières à saumon. Ces mesures permettent la fondation en 1857 du village de Pointe-aux-Esquimaux (renommé Havre-Saint-Pierre en 1927) par des Acadiens des îles de la Madeleine, et dans les années 1880, de celui de Longue-Pointe. Leurs habitants vivent de pêche et de chasse. Ils utilisent les anses de l'archipel comme abri hivernal pour leurs goélettes, et ses îles et îlots les fournissent en foin, bois, animaux à fourrure, oiseaux, mollusques et fruits sauvages.

L'archipel accueille sporadiquement des occupants, notamment l'île de la Maison et l'île du Havre, où la Compagnie fait l'élevage du renard pendant les trente premières années du XXe siècle. Afin de sécuriser la navigation, deux phares sont construits. Les deux premiers gardiens du phare érigé en 1888 sur l'île aux Perroquets, le comte Henry de Puyjalon (1840-1905) et Placide Vigneau (1842-1926), ont beaucoup écrit sur l'histoire et la nature de la Minganie. Le second phare est bâti en 1915 sur la Petite île au Marteau.

Avec l'arrivée de l'industrie minière dans les années 1950, l'archipel n'est plus exploité pour le commerce ou la subsistance par la population locale, mais à des fins de loisir. Muse du poète et chantre de la Minganie Roland Jomphe (1917-2003), il devient un lieu de villégiature qui, depuis la décennie 1980, est visité par un nombre croissant de touristes.

Le patrimoine naturel de l'archipel a, depuis le XIXe siècle, attiré l'attention des scientifiques, tel le frère Marie-Victorin (1885-1944). Afin de contrer le pillage des œufs d'oiseaux sauvages, le gouvernement fédéral y crée en 1925 deux sanctuaires d'oiseaux.

Le site patrimonial de l'Archipel-de-Mingan est déclaré en 1978 par le gouvernement du Québec.

Le gouvernement fédéral acquiert l'archipel de l'entreprise Dome Petroleum Ltd en 1983 et le désigne Réserve de parc national du Canada de l'Archipel-de-Mingan l'année suivante. Sa nature est depuis mise en valeur par des activités d'interprétation.
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Notices bibliographiques :
BERUBE, André. « Archipel de Mingan ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, p. 481-485.
Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
COUILLARD, Line, Pierre GRONDIN et al. Les îles de Mingan, des siècles à raconter. Québec, Ministère de l'Environnement, 1983. 241 p.
GAUTHIER LAROUCHE, Georges. Origine et formation de la toponymie de l'archipel de Mingan. Études et recherches toponymiques, 1. Québec, Gouvernement du Québec, Commission de toponymie, 1981. 165 p.
MARIE-VICTORIN, Frère et Frère ROLLAND-GERMAIN. Flore de l'Anticosti-Minganie. Montréal, Presses de l'université de Montréal, 1969. 527 p.
MOOGK, Peter N. « Talon, Jean ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
PELLETIER, Hervé. « L'archipel de Mingan : un jardin naturel fascinant ». Continuité. No 36 (1987), p. 63.
PELLETIER, Hervé. « La Minganie : le refuge d'une végétation exceptionnelle ». Milieu. No 33 (1986), p. 11-14.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Site patrimonial de l'Habitation-Samuel-De Champlain



Site patrimonial de l'Habitation-Samuel-De Champlain

Le site patrimonial de l'Habitation-Samuel-De Champlain correspond à l'emplacement de la fondation de la ville de Québec, premier établissement français permanent en Amérique, en 1608. Il est situé dans le secteur Place-Royale, au cœur de l'arrondissement municipal de La Cité-Limoilou de la ville de Québec.

Ce bien est classé site patrimonial. Le périmètre du site, de forme irrégulière, inclut tous les terrains susceptibles de contenir les vestiges des deux habitations érigées par Samuel de Champlain et comprend l'emplacement présumé des palissades et des fossés. Il englobe la place Royale et une partie des terrains bordant les rues Saint-Pierre, Sous-le-Fort et Notre-Dame, sur lesquels s'élèvent notamment la maison Louis-Fornel, l'église de Notre-Dame-des-Victoires et son presbytère, trois immeubles patrimoniaux classés. Le lieu compte 19 sites inscrits à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec. Une grande partie des artéfacts extraits du sol sont compris dans la collection archéologique de référence de Place-Royale, aussi classée.

Le site patrimonial de l'Habitation-Samuel-De Champlain est compris dans le site patrimonial du Vieux-Québec.


Valeur patrimoniale

Le site patrimonial de l'Habitation-Samuel-De Champlain présente un intérêt pour ses valeurs historique et identitaire. C'est sur cet emplacement stratégique, fréquenté par les Amérindiens depuis environ 3000 ans, que Samuel de Champlain (vers 1567-1635) fonde le premier établissement français permanent en Amérique. Dès son arrivée à Québec, le 3 juillet 1608, il entreprend la construction d'une habitation en bois entourée de fossés et d'une palissade de pieux. Le bâtiment sert de corps de logis, de magasin et de fortin. À partir de 1624, Champlain fait remplacer ce premier bâtiment par un autre en pierre, sur le même emplacement. Ce dernier est incendié en 1632 par les frères Kirke avant leur retour en Angleterre. La seconde habitation est reconstruite l'année suivante et prend alors la forme d'un corps de bâtiment de plan en « L » flanqué d'une annexe et de deux tours. À partir de cette date, le bâtiment est essentiellement utilisé à des fins commerciales, d'abord par la Compagnie des Cent-Associés de 1633 à 1645, puis par la Communauté des Habitants de 1645 à 1663. Il devient ensuite magasin du roi, jusqu'à sa destruction lors de la conflagration qui dévaste la basse-ville de Québec en août 1682. La chapelle qui deviendra l'église de Notre-Dame-des-Victoires est construite à partir de 1688 sur les vestiges de la seconde habitation. Le site est donc occupé de façon permanente depuis quatre siècles et témoigne de la naissance de la Nouvelle-France et de l'Amérique française, ce qui en fait un lieu hautement symbolique de l'histoire du Québec.

Le site patrimonial de l'Habitation-Samuel-De Champlain présente également un intérêt pour sa valeur archéologique. Entre 1975 et 1988, le lieu fait l'objet de plusieurs campagnes de fouilles. De nombreux artéfacts d'origine amérindienne et euroquébécoise en sont alors extraits. Une grande partie de ces objets sont compris dans la collection archéologique de référence de Place-Royale, classée en 1999 et considérée comme l'une des plus prestigieuses en Amérique du Nord. Le sous-sol de l'église de Notre-Dame-des-Victoires et de la place Royale renferme notamment des fondations en pierre de la seconde habitation. Un marquage au sol indique d'ailleurs l'emplacement des vestiges de deux tours et de certains murs. Leur présence contribue fortement à la valeur patrimoniale du site patrimonial du Vieux-Québec, inscrit en 1985 sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. Par ailleurs, le site conserve un potentiel de recherche très élevé. Une portion importante, située sous le lieu de culte, demeure intacte et peut contribuer à une meilleure compréhension de la vie quotidienne des divers occupants du lieu.

Le site présente en outre un intérêt pour sa valeur historique reposant sur son association avec l'explorateur Samuel de Champlain. Né à Brouage, en France, Champlain est le personnage central de la fondation de Québec. En 1603, il s'embarque pour la première fois en direction de la Nouvelle-France et, de 1604 à 1607, il prend part aux tentatives de colonisation en Acadie avec Pierre du Gua de Monts (vers 1558-1628). En 1608, Champlain convainc le sieur de Monts de l'envoyer fonder un établissement le long du fleuve Saint-Laurent. C'est à partir du comptoir de Québec qu'il poursuit ses découvertes, forge des alliances avec les groupes amérindiens, prend les armes contre leurs ennemis et développe un vaste réseau de commerce des pelleteries. Les vestiges trouvés dans le site ou qui y sont encore enfouis figurent parmi les rares traces tangibles de la présence de Champlain à Québec.

Le site patrimonial de l'Habitation-Samuel-De Champlain est classé en 2008.



Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du patrimonial de l'Habitation-Samuel-De Champlain liés à ses valeurs historique, identitaire et archéologique comprennent, notamment:
- sa situation stratégique sur la pointe de Québec, à proximité du fleuve Saint-Laurent et au pied du Cap Diamant;
- le périmètre irrégulier, englobant la place Royale et une partie des terrains bordant les rues Saint-Pierre, Sous-le-Fort et Notre-Dame, dans le secteur Place-Royale, dans le site patrimonial du Vieux-Québec;
- les 19 sites archéologiques recensés dans le périmètre classé, liés notamment à la présence amérindienne, à l'habitation de Champlain (dont les traces des palissades et des fossés) et à l'occupation permanente du site depuis quatre siècles ainsi que les vestiges, couches de sol et objets toujours enfouis (notamment sous l'église de Notre-Dame-des-Victoires) et comportant un fort potentiel de recherche et d'interprétation du lieu;
- le marquage au sol indiquant l'emplacement des deux tours et de certains murs de la seconde habitation.



Informations historiques

Le site patrimonial de l'Habitation-Samuel-De Champlain se trouve dans un secteur fréquenté depuis environ 3 000 ans par les Amérindiens au moment où Champlain s'y installe. Ceux-ci occupent la pointe de Québec de façon intermittente et dressent des camps provisoires. L'endroit constitue un lieu de rencontres et d'échanges entre les divers groupes, en plus d'offrir un répit au cours de leurs nombreux déplacements.

L'explorateur Samuel de Champlain (vers 1567-1635) est né à Brouage, en France. Il reçoit probablement une formation de géographe et de dessinateur avant de commencer à naviguer. En 1603, il s'embarque pour la première fois en direction de la Nouvelle-France. De 1604 à 1607, il prend part aux tentatives de colonisation en Acadie avec Pierre du Gua de Monts (vers 1558-1628). En 1608, Champlain convainc le sieur de Monts de l'envoyer fonder un établissement le long du fleuve Saint-Laurent. Dès son arrivée à Québec le 3 juillet de la même année, il entreprend la construction d'une habitation en bois entourée de fossés et d'une palissade de pieux. Elle sert de corps de logis, de magasin et de fortin. C'est à partir du comptoir de Québec, premier établissement français permanent en Amérique, que Champlain poursuit ses découvertes, forge des alliances avec les groupes amérindiens, prend les armes contre leurs ennemis et développe un vaste réseau de commerce des pelleteries.

D'importantes réparations sont effectuées au bâtiment dans les années suivant sa construction. En 1623, charpentiers et maçons recommandent à Champlain de faire ériger une nouvelle habitation plutôt que de remettre l'ancienne en état. L'année suivante s'amorce l'édification du bâtiment, en pierre tirée des parois du cap Diamant. En 1629, les frères Kirke prennent Québec, qui passe sous domination anglaise. Trois ans plus tard, la colonie est rétrocédée à la France, et les Kirke incendient l'habitation avant de rentrer en Angleterre. L'édifice est reconstruit en 1633 et prend alors la forme d'un corps de bâtiment en « L » flanqué d'une annexe et de deux tours. La même année, le fondateur de Québec s'établit au fort Saint-Louis, construit treize ans plus tôt en haute-ville. À partir de cette date, l'habitation est essentiellement utilisée à des fins commerciales. Elle sert de magasin pour la Compagnie des Cent Associés de 1633 à 1645, puis pour la Communauté des Habitants de 1645 à 1663, avant de devenir magasin du roi. Plusieurs bâtiments sont érigés à proximité et un quartier à forte vocation commerciale se crée. Déjà menacée de ruine, la seconde habitation est détruite lors de la conflagration qui dévaste la basse-ville de Québec en août 1682. La chapelle qui deviendra l'église de Notre-Dame-des-Victoires est construite à partir de 1688 sur les vestiges du magasin du roi.

Plusieurs campagnes de fouilles archéologiques sont réalisées dans les années 1970 et 1980, sans pour autant épuiser le potentiel de recherche et d'interprétation encore important du périmètre aujourd'hui classé. Le sous-sol du lieu de culte et de la place Royale conserve notamment des vestiges en pierre de l'habitation. Un marquage au sol a été effectué afin d'indiquer l'emplacement des deux tours et de certains murs. La présence de ces vestiges figure parmi les motifs invoqués en 1985 pour l'inscription du site patrimonial du Vieux-Québec sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. Une grande partie des objets extraits du site sont compris dans la collection archéologique de référence de Place-Royale, classée en 1999.
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Notices bibliographiques :
CHAPDELAINE, Claude, Norman CLERMONT et Jacques GUIMONT. L'occupation historique et préhistorique de Place-Royale. Collection Patrimoines, série Dossiers, 76. Sainte-Foy, Québec, Publications du Québec, 1992. 426 p.
CÔTÉ, Renée. Place-Royale: quatre siècles d'histoire. Images de sociétés. Québec, Saint-Laurent, Musée de la Civilisation, Fides, 2000. 188 p.
DURANLEAU, François. La Place Royale: deux siècles et demi d'histoire. Québec, Ministère des affaires culturelles, Direction des communications, 1981. 30 p.
FISCHER, David Hackett. Le rêve de Champlain. Montréal, Boréal, 2011. 998 p.
GAUMOND, Michel. « Rapport des sondages archéologiques exécutés dans le sous-sol de l'église Notre-Dame-Des-Victoires, 15 mai- 9 juin 1978 ». BARRÉ, Georges, dir. et Corneliu KIRJAN, dir. Activités archéologiques 1977-1978. Dossier, 49. Québec, Direction générale du patrimoine, Ministère des Affaires culturelles, 1981, p. 416-430.
GAUMOND, Michel. « Un choix judicieux : La pointe de Québec ». Cap-aux-Diamants. No 62 (2000), p. 27-31.
GENÊT, Nicole et Corneliu KIRJAN. « La fondation de la ville de Québec, ce que révèlent les fouilles de la place Royale, la première Habitation de Champlain ». Dossiers de l'archéologie (1978), p. 72-80.
LAPOINTE, Camille. Trésors et secrets de Place-Royale : aperçu de la collection archéologique. Sainte-Foy, Québec, Publications du Québec, 1998. 217 p.
MOUSSETTE, Marcel et Françoise NIELLON. L'Habitation de Champlain. Collection Patrimoines, série Dossiers, 58. Sainte-Foy, Québec, Publications du Québec, 1985. 531 p.
NOPPEN, Luc, Claude PAULETTE et Michel TREMBLAY. Québec : trois siècles d'architecture. Montréal, Libre expression, 1979. 440 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Site patrimonial de l'Île-d'Orléans



Site patrimonial de l'Île-d'Orléans

Le site patrimonial de l'Île-d'Orléans est un territoire à caractère rural couvrant la totalité de cette île, d'une longueur approximative de 34 km et d'une largeur maximale de 8 km. Une crête centrale, couverte en majeure partie de forêt, relie les pointes formant ses extrémités. Son relief est marqué par une série de terrasses qui s'étagent depuis les rives. Le lotissement régulier rythme le paysage. Vue du ciel, l'île apparaît comme une succession de terres rectangulaires étroites et allongées, qui sont disposées de part et d'autre d'une ligne longitudinale et qui ont front sur le fleuve Saint-Laurent. Maisons anciennes, dépendances agricoles, résidences de villégiature, constructions contemporaines, noyaux villageois, anses, milieux humides côtiers, bois et escarpements animent ce paysage.

L'île d'Orléans est située en aval de la ville de Québec, dans l'estuaire du fleuve Saint-Laurent. Elle est historiquement ceinturée par le chemin Royal, qui relie ses six municipalités. Quatre routes la traversent dans sa largeur.

L'agriculture, qui constitue l'activité dominante de l'île d'un point de vue historique, a créé un paysage rural diversifié, marqué par les productions laitières, maraîchères et fruitières ainsi que les érablières. De nos jours, l'agriculture conserve sa prédominance. Ainsi, près de 95 % du territoire est consacré à cette activité, qui permet la préservation des paysages ruraux de l'île d'Orléans.

Ce territoire déclaré site patrimonial compte quelque 3 600 bâtiments, parmi lesquels 19 sont classés immeubles patrimoniaux. Il s'agit, à Saint-Pierre-de-l'Île-d'Orléans, de l'ancienne église de Saint-Pierre et de la maison Leclerc, à Saint-Laurent-de- l'Île-d'Orléans, de la chalouperie Godbout, de la maison Gendreau et de la maison Louis-Pouliotte, à Saint-Jean-de-l'Île-d'Orléans, de l'église de Saint-Jean, du manoir Mauvide-Genest et de la maison Hébert-Dit-Lecompte, à Saint-François-de-l'Île-d'Orléans, de l'église de Saint-François, de l'école de fabrique de Saint-François, de la maison Chrétien, de la maison Imbeau, de la maison Louis-Asselin et de la maison Roberge, à Sainte-Famille, de l'église de Sainte-Famille, de la chapelle de procession de Sainte-Famille, de la maison Morisset, de la maison Gagnon et de la maison Drouin.

Le site patrimonial de l'Île-d'Orléans comprend également plusieurs sites archéologiques
amérindiens et euroquébécois qui sont inscrits à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec (ISAQ).

Le site patrimonial de l’Île-d’Orléans, déclaré en 1970, est un territoire à caractère rural couvrant la totalité de cette île, d’une longueur approximative de 34 km et d’une largeur maximale de 8 km.


Valeur patrimoniale

Le site patrimonial de l'Île-d'Orléans présente un intérêt pour sa valeur historique. L'île est longtemps fréquentée par les Amérindiens, puis elle est explorée par le navigateur Jacques Cartier en 1535 ainsi que par Samuel de Champlain en 1603. Concédée en seigneurie en 1636, elle accueille ses premiers colons dès 1648, ce qui en fait l'un des premiers foyers de peuplement de la vallée du Saint-Laurent. Pendant le XVIIe siècle, l'île est la terre d'accueil de quelque 300 familles originaires de France. Ses premiers habitants s'adonnent principalement à l'agriculture. Cette activité deviendra plus tard marchande, puis industrielle. Au XIXe siècle, diverses activités maritimes se concentrent sur la rive sud de l'île. Quelques secteurs deviennent aussi des stations de villégiature. De nos jours, ce haut lieu des familles souches francophones attire de nombreux visiteurs, et l'agriculture demeure l'activité dominante.

Le site patrimonial présente un intérêt pour sa valeur paysagère, historiquement issue du développement lié à son caractère insulaire et rural. Le dynamisme de ce paysage est créé par la disposition des villages tournés vers le fleuve, la richesse de son cadre naturel et l'alternance entre les terres agricoles, les noyaux villageois et les secteurs de villégiature. De plus, le lotissement porte les traces du régime seigneurial. Celui-ci se reflète dans la géométrie des lots, étroits et allongés, orientés perpendiculairement au fleuve. D'autres éléments illustrent l'ancienneté du paysage. Ainsi, le chemin Royal, qui ceinture l'île depuis 1744, scinde les concessions initiales. Les noyaux villageois, plus denses, et les secteurs de villégiature respectent de façon générale l'alignement originel. Témoin de plus de quatre siècles d'occupation, le paysage de l'île conserve ainsi la marque de transformations découlant des relations entretenues entre les habitants et leur milieu.

Le site patrimonial présente un intérêt pour sa valeur architecturale. Celle-ci se démarque notamment par son ancienneté et sa variété. L'île présente l'une des plus fortes concentrations de demeures rurales d'esprit français du XVIIIe siècle en Amérique, auxquelles s'ajoutent plusieurs dépendances agricoles datant des XIXe et XXe siècles. Elle compte aussi plusieurs résidences d'inspiration néoclassique et d'autres de facture plus éclectique. L'île possède également un riche patrimoine religieux : quatre églises catholiques, un temple anglican, des presbytères, cinq chapelles de procession et de nombreuses croix de chemin. L'île comporte enfin un important patrimoine architectural maritime.

Le site patrimonial présente un intérêt pour sa valeur emblématique et identitaire. Terre de légendes, muse des artistes, l'île fait partie de l'imaginaire collectif des Québécois. Des érudits ont présenté l'île comme un microcosme du Québec rural traditionnel. Pour les Québécoises et les Québécois d'aujourd'hui, l'île est la représentation par excellence de la ruralité du territoire et ils s'y reconnaissent. Tel un pèlerinage, le « tour de l'Île », mis en chanson par Félix Leclerc, constitue un retour aux sources et une immersion dans le terroir québécois.

Le site patrimonial présente en outre un intérêt pour sa valeur archéologique. Les interventions archéologiques effectuées sur le territoire ont permis de documenter certains aspects de son occupation amérindienne et euroquébécoise à travers le temps. Des traces de présence amérindienne datant de diverses périodes ont été mises au jour dans différents secteurs de l'île. L'occupation euroquébécoise de l'île depuis le XVIIe siècle a également laissé des témoins importants. Le site présente également un important potentiel archéologique. Certains secteurs auraient été propices aux établissements amérindiens. Les activités pratiquées par les populations d'origine européenne ont certainement laissé de nombreuses traces dans le sol.

Source : Ministère de la Culture et des Communications, 2017.


Éléments caractéristiques

Les éléments clés du site patrimonial de l'Île-d'Orléans liés à ses valeurs historique, paysagère, architecturale et emblématique comprennent, entre autres:
- sa situation stratégique dans le haut estuaire du fleuve Saint-Laurent;
- la présence de sites archéologiques amérindiens et euroquébécois connus et son potentiel de recherche archéologique;
- le caractère rural de l'île, dont les terrasses, les boisés, les vergers, les cultures, les pâturages et le bâti;
- son caractère insulaire, dont les panoramas sur le fleuve Saint-Laurent et les rives, les terres orientées perpendiculairement au fleuve, le pont, les quais, les jetées, les havres, les baies et les plages;
- les parcours, dont le chemin de pourtour, les trois routes transversales et les voies empruntant d'anciens chemins agricoles;
- le lotissement portant les traces du régime seigneurial, dont les terres agricoles en rectangles étroits et allongés divisées au centre de l'île par une ligne longitudinale, les clôtures souvent de perches et les arbres délimitant les propriétés, le bâti généralement implanté en retrait de la route;
- les six noyaux villageois organisés en fonction des activités maritimes et agricoles, dont l'alignement et l'orientation des bâtiments en fonction de la voie publique et du fleuve ainsi que leur implantation près de la route sur des parcelles généralement plus petites;
- les zones de transition aux abords des villages, dont l'orientation des bâtiments en fonction de la voie publique et du fleuve, près de la route sur des parcelles assez petites ou en retrait de la route sur des parcelles plus grandes;
- les secteurs de villégiature sur la bande riveraine;
- la concentration de maisons québécoises d'esprit français en pierre ou en bois, caractérisées par un corps de logis peu dégagé du sol, un plan carré ou rectangulaire, un toit aigu aux versants droits et des ouvertures en nombre restreint distribuées de manière asymétrique;
- la présence de maisons québécoises d'inspiration néoclassique en pierre, en brique ou en bois, caractérisées par un corps de logis dégagé du sol, un plan rectangulaire, un toit aux versants retroussés aux larmiers saillants, une fenestration abondante et régulière ainsi qu'une façade symétrique pourvue d'une galerie;
- la présence de maisons de villégiature de facture éclectique (styles Regency, Second Empire ou victorien), caractérisées par un corps de logis dégagé du sol, un toit mansardé ou aux versants retroussés, des fenêtres à battants, à guillotine et à plusieurs meneaux, des parements en bois et en brique ainsi qu'une ornementation élaborée;
- la présence d'églises catholiques du Régime français et du XIXe siècle, caractérisées par un corps de bâtiment en pierre, un plan en croix latine ou « à la récollet », un toit aigu, un clocher en façade, une sacristie et un décor intérieur en bois;
- la présence d'une église anglicane en bois;
- les presbytères d'inspiration néoclassique, caractérisés par un corps de logis allongé, un toit aux versants retroussés aux larmiers saillants, une composition symétrique de la façade et une fenestration régulière;
- les presbytères d'influence Second Empire, caractérisés par un carré massif et dégagé du sol, un toit mansardé à quatre versants et une ornementation élaborée;
- la présence de calvaires, de croix de chemin et de chapelles de procession caractérisées par un plan allongé, des dimensions réduites, une ornementation sobre et un clocher disposé sur le faîte du toit en façade;
- les témoins des activités de villégiature, dont des plages aménagées, des quais et le terrain de golf de Sainte-Pétronille;
- les témoins des activités maritimes, dont des maisons de pilote, des chalouperies et d'anciens chantiers maritimes;
- les témoins des activités agricoles, dont d'anciens moulins, des granges et des fours à pain.



Informations historiques

Le site patrimonial de l'Île-d'Orléans est l'un des premiers foyers de peuplement de la vallée du Saint-Laurent. Par l'émigration de sa population, dès 1680, l'île est le berceau de nombreuses familles de la francophonie d'Amérique. Les quelque 300 familles originaires de France qui s'y sont établies au XVIIe siècle comptent de nos jours plus de 100 000 descendants en Amérique du Nord.

Avant la venue des Européens, l'île d'Orléans est longtemps fréquentée par les Amérindiens.
Leur présence remonte à environ 5 000 ans.

En 1535, l'île est explorée par le navigateur Jacques Cartier (1491-1557), qui la nomme « Île de Bacchus ». L'année suivante, lors d'un second débarquement, Cartier la rebaptise de manière à rendre hommage au duc d'Orléans (Henri II, 1519-1559). Samuel de Champlain (1574-1635) visite l'île d'Orléans dès son premier voyage dans la vallée du Saint-Laurent en 1603.

En 1636, l'île est concédée en seigneurie à la Compagnie de Beaupré par la Compagnie de la Nouvelle-France (Compagnie des Cent-Associés). Les premiers colons s'y établissent dès 1648. Les Hurons-Wendat occupent l'anse du Fort de 1651 à 1656. Ils quitteront l'île à la suite d'une attaque iroquoise en 1656. À partir de 1665, le peuplement de l'île est rendu plus sécuritaire par la présence du régiment de Carignan-Salières dans la colonie.

En 1661, la paroisse de l'Île est fondée. Une église est érigée huit ans plus tard, dans le secteur qui deviendra Sainte-Famille. En 1679, les paroisses Saint-François, Saint-Pierre et Saint-Paul (cette dernière est renommée Saint-Laurent en 1698) sont détachées de la paroisse de l'Île, qui devient la paroisse La Sainte-Famille. La mission Saint-Jean est ouverte l'année suivante.

À la suite de la Grande Paix de 1701, la colonisation de l'île s'intensifie. En 1748, la seigneurie est divisée en deux parties comprenant neuf arrière-fiefs. Construit à partir de 1734, le manoir Mauvide-Genest rappelle l'époque seigneuriale. Les insulaires pratiquent l'agriculture et construisent des demeures ainsi que plusieurs dépendances. Le chemin Royal ceinture l'île à partir de 1744, alors que des parcours nord-sud sont aménagés, dont la route du Mitan en 1830.

Le développement de l'île est toutefois freiné par le siège de Québec en 1759. Plusieurs bâtiments et exploitations de la partie occidentale sont alors mis à sac par les Britanniques, qui établissent aussi un camp en retrait de la pointe de Beaulieu.

Dès le XVIIIe siècle, la navigation s'effectue principalement dans le chenal au sud de l'île d'Orléans. Sur la rive sud se concentrent les maisons de pilotes, les chalouperies et les chantiers de construction navale.

Pendant le XIXe siècle, différents facteurs bouleversent l'économie traditionnelle de l'île. Les cultures spécialisées apparaissent afin d'approvisionner le marché de Québec. Quelques secteurs, comme celui de Sainte-Pétronille qui sera érigé en paroisse en 1870, deviennent aussi des stations de villégiature. À compter de 1855, un traversier assure la liaison entre Québec et Sainte-Pétronille. Des plages sont aménagées ainsi qu'un terrain de golf, considéré comme l'un des plus anciens en Amérique du Nord.

En 1935, le pont de l'Île-d'Orléans est construit. Le gouvernement adopte alors la Loi concernant l'Île d'Orléans afin de protéger l'île. Mais les contacts avec les rives se multiplient et l'agriculture passe à la phase industrielle. Soumise au phénomène croissant de l'étalement urbain, l'île devient de plus en plus populeuse. Avec le temps, le tourisme et le commerce s'ajoutent à l'agriculture comme activités économiques principales. Malgré les changements, elle continue de faire partie de l'imaginaire collectif des Québécois. Elle a été la muse de plusieurs artistes.

En 1970, le site patrimonial de l'Île-d'Orléans est déclaré.

De nos jours, l'île demeure un lieu symbolique qui conserve son caractère rural et attire de nombreux visiteurs.
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Notices bibliographiques :
AUGERON, Mickaël, dir., Dominique GUILLEMET, dir., Alain ROY, dir. et Marc ST-HILAIRE, dir. Les traces de la Nouvelle-France au Québec et en Poitou-Charentes. Québec, Les Presses de l'Université Laval, 2008. 308 p.
BOURQUE, Hélène, Donald DION et Brigitte OSTIGUY. L'île d'Orléans, un enchantement. Québec, Les éditions du chien rouge, 1999. 45 p.
CHASSÉ, Béatrice, Bernard GENEST, Pierre LAHOUD, Guy-André ROY et Henri-Paul THIBAULT. « Arrondissement historique de l'Île d'Orléans ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, p. 261-265.
DUBÉ, Claude et Pierre LAROCHELLE. Le génie du lieu à l'île d'Orléans. Étude des caractères formels essentiels du milieu bâti comme structure héritée. s.l. Municipalité régionale de comté de l'Île d'Orléans, 1993. 176 p.
FAURE, Isabelle. Projet pilote d'analyse paysagère de l'arrondissement historique de l'île d'Orléans. Volet 1 : L'Île d'Orléans, une île en péril ou l'analyse critique du système de gestion du patrimoine de l'Île d'Orléans. Québec, Commission des Biens Culturels du Québec, 1996. s.p.
HOUDE, Sylvie. L'île d'Orléans comme lieu symbolique. Mémoire de maîtrise, Université Laval, 1982. 127 p.
LESSARD, Michel. L'île d'Orléans : aux sources du peuple québécois et de l'Amérique française. Montréal, Éditions de l'Homme, 1998. 415 p.
LIZOTTE, Sylvain, dir. Plan de conservation du site patrimonial de l'Île-d'Orléans. Québec, Ministère de la Culture et des Communications, 2017. 119 p.
Le document intitulé Site patrimonial de l'Île-d'Orléans. Plan de conservation dans la section Documents en fait partie.
MORENCY, Richard et al. Île d'Orléans, arrondissement historique : sommaire de la première phase des études du milieu en vue de sa sauvegarde et de sa mise en valeur. Québec, Ministère des Affaires culturelles, 1977. 52 p.
ROY, Guy-André et Andrée RUEL. Le patrimoine religieux de l'île d'Orléans. Cahiers du patrimoine, 16. Québec, Ministère des Affaires culturelles, 1982. 313 p.
ROY, Pierre-Georges. L'Île d'Orléans. Québec, Librairie Garneau / Éditeur officiel du Québec, 1976. 571 p.
s.a. L'ABC de l'arrondissement historique de l'Île-d'Orléans. Québec, Commission des biens culturels du Québec / Ministère de la culture et des communications / MRC de l'Île-d'Orléans, 2003. s.p.
s.a. Le site patrimonial de l'Île-d'Orléans. Un territoire rural et insulaire exceptionnel. Québec, Ministère de la Culture et des Communications, 2017. s.p.
Le document intitulé Site patrimonial de l'Île-d'Orléans. Dépliant dans la section Documents en fait partie.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Site patrimonial de La Prairie



Site patrimonial de La Prairie

Le site patrimonial de La Prairie couvre une superficie de 96 hectares et comprend notamment l'ancien noyau villageois qui occupe le cinquième de la superficie de ce territoire. Des quartiers suburbains jouxtent de part et d'autre le vieux bourg, tandis que le reste du site patrimonial se compose d'une aire fluviale comprise dans le petit bassin de La Prairie et d'une zone sans affectation particulière qui borde la rivière Saint-Jacques. Le site patrimonial est délimité par le fleuve Saint-Laurent (petit bassin de La Prairie) à l'ouest, la rue Saint-Laurent à l'est, la rivière Saint-Jacques au nord et la rue Longtin au sud. Le territoire est constitué de basses terres fertiles au relief peu accusé.

La Prairie se situe sur la rive sud du fleuve, face à l'île de Montréal. La ville occupe les rives d'une baie en aval du lac Saint-Louis et des rapides de Lachine. Le lieu est particulièrement bien desservi par un réseau hydrographique qui facilite l'accès à la rivière Richelieu et donc à tout le territoire au sud de Montréal. Le vieux bourg est de forme trapézoïdale. L'emplacement de l'église paroissiale a été considérablement rehaussé.

Le site patrimonial de La Prairie comprend 55 sites archéologiques amérindiens et euroquébécois inscrits à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec. Il compte quelque 330 bâtiments dans son secteur le plus ancien, dont environ 120 édifices anciens, 65 édifices plus récents et 145 dépendances.

Le site patrimonial de La Prairie, déclaré en 1975, couvre une superficie de 96 hectares et comprend un noyau villageois. Il compte près de 300 bâtiments.


Valeur patrimoniale

Le site patrimonial de La Prairie présente un intérêt pour sa valeur historique. Ce site est fréquenté par les Amérindiens depuis la préhistoire. La seigneurie de la Prairie-de-la-Magdeleine est concédée aux Jésuites en 1647 et, vingt ans plus tard, ces derniers fondent la mission Saint- François-Xavier-des-Prés. La Prairie joue un rôle stratégique pour la défense de Montréal avec l'érection d'une palissade en pieux de 1687 à 1689. Le bourg s'impose aussi dans le réseau des échanges commerciaux. La paroisse, créée en 1692, est l'une des plus anciennes de la région de Montréal. Après la Conquête (1760), des commerçants britanniques s'installent à La Prairie et prennent en main l'économie. Son expansion est accélérée par la mise en place du premier chemin de fer canadien en 1836, puis ralentit après l'incendie de 1846. De nos jours, le site patrimonial témoigne du passé de La Prairie et de son importance dans l'histoire du Québec.

Le site présente aussi un intérêt pour sa valeur archéologique. Les sites recensés permettent de documenter les campements amérindiens préhistoriques, la mission jésuite, le fort français ainsi que le cadre bâti durant le régime seigneurial et au XIXe siècle. Les archéologues ont notamment mis au jour les vestiges d'une habitation semi-souterraine du XVIIe siècle de tradition médiévale peut-être unique au Québec. Le patrimoine archéologique illustre le système défensif en Nouvelle-France, documente les échanges sociaux et économiques entre les Amérindiens et les colons et évoque la vie domestique et les pratiques religieuses. Il témoigne de l'importance géographique du lieu au cours de l'histoire et de l'ancienneté de son occupation.

Le site présente également un intérêt pour sa valeur urbanistique associée à l'intégrité de sa trame villageoise associée à son histoire. Le réseau actuel du vieux bourg, formé de rues anciennes, étroites et irrégulières, rappelle le tracé trapézoïdal de l'ancien fort. La rue Saint-Ignace et le chemin de Saint-Jean, tracés dès le XVIIe siècle, sont les deux principales artères du site. Les bâtiments occupent des lots étroits et profonds, et ils sont implantés en bordure de la rue ou avec une faible marge de recul de la voie publique. Malgré l'incendie de 1846, la forme urbaine ancienne de La Prairie a été préservée. Enfin, une digue érigée en bordure du fleuve à la fin du XIXe siècle retrace l'emplacement initial du rivage avant les remblayages occasionnés par la construction de la voie maritime du Saint-Laurent et d'une autoroute.

Le site présente en outre un intérêt pour sa valeur architecturale. Celle-ci repose en bonne partie sur les nombreuses résidences en bois et en pierre construites dans les années qui suivent l'incendie de 1846. L'introduction importante de la brique à la fin du XIXe siècle constitue aussi un patrimoine résidentiel singulier, notamment avec ses fins détails ornementaux. La valeur architecturale du site patrimonial est aussi caractérisée par l'église de La-Nativité-de-la-Sainte-Vierge, conçue en 1840 par Pierre-Louis Morin, dont la façade est achevée en 1856 selon les plans de l'architecte Victor Bourgeau. Parmi les autres bâtiments remarquables figurent l'édifice en brique rouge du Vieux-Marché construit au milieu du XIXe siècle et l'ancien bureau de poste en pierre érigé en 1892.

Le site présente enfin un intérêt pour sa valeur paysagère. Il est situé au confluent du fleuve Saint-Laurent et de la rivière Saint-Jacques, sur un terrain relativement plat. La partie centrale du site patrimonial correspond à une légère élévation. Le clocher de l'église de La-Nativité-de-la-Sainte-Vierge domine le paysage du site patrimonial, et il est historiquement son principal point de repère. Le bourg planté d'arbres adultes entretient, par ailleurs, une relation visuelle avec le fleuve Saint-Laurent. Le site patrimonial compte enfin plusieurs espaces verts.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2017.


Éléments caractéristiques

Les éléments clés du site patrimonial de La Prairie liés à ses valeurs historique, archéologique, urbanistique et architecturale comprennent, notamment:
- sa situation stratégique sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent, face à l'île de Montréal, sur les rives d'une baie en aval du lac Saint-Louis et des rapides de Lachine;
- les composantes archéologiques témoignant de l'occupation amérindienne du lieu, dont les vestiges de campements amérindiens du Sylvicole moyen et supérieur (principalement datés entre 500 après J.-C. et 1200 après J.-C.);
- les composantes archéologiques associées au Régime français, dont la mission jésuite et les vestiges de la palissade en pieux du fort français;
- les vestiges d'une habitation semi-souterraine du XVIIe siècle unique à ce jour au Québec;
- les composantes archéologiques témoignant du cadre bâti au cours du régime seigneurial, dont les vestiges du manoir seigneurial et d'un moulin banal;
- les composantes témoignant des fonctions domestiques, religieuses, commerciales et industrielles, dont les vestiges du vieux marché, d'une auberge, de bâtiments à vocation résidentielle et artisanale (briqueteries), de voies de communication, d'un cimetière et de bâtiments à caractère religieux et institutionnel;
- le tracé étroit et irrégulier des rues;
- l'implantation des bâtiments en bordure ou avec une faible marge de recul de la voie publique;
- les lots étroits et profonds;
- la densité d'occupation du sol;
- la situation de l'ensemble institutionnel dans la trame;
- la rue Saint-Ignace et le chemin Saint-Jean datant du XVIIe siècle;
- les rues Sainte-Marie et Saint-Georges datant du XVIIIe siècle;
- le mur de la digue érigée en bordure du fleuve à la fin du XIXe siècle;
- les bâtiments résidentiels, dont deux maisons remontant probablement au Régime français (240 et 380, rue Saint-Ignace), les maisons en pierre, en brique ou en bois construites ou réaménagées après les incendies de 1846 et de 1901;
- les bâtiments publics et commerciaux, dont l'édifice du Vieux-Marché en brique (milieu du XIXe siècle), le bureau de poste de style richardsonien avec ses ouvertures cintrées et sa maçonnerie en pierre à bossage (1892), l'ancienne banque (dotée d'un toit en ardoise) et l'ancien magasin général;
- les édifices institutionnels, dont l'église (1840-1856), le presbytère (1910), le couvent de la congrégation de Notre-Dame (1902), la chapelle de l'ensemble conventuel des Sœurs de la Providence (deuxième moitié du XIXe siècle), le reste de l'ensemble conventuel des Sœurs de la Providence (après 1901), le charnier au nord-est de l'église (1834) et l'ancien muret du cimetière (1817-1861);
- les nombreux bâtiments secondaires.



Informations historiques

Le site patrimonial de La Prairie demeure pendant longtemps la tête de pont d'un important couloir de communication entre le fleuve Saint-Laurent et la rivière Richelieu. Ce territoire est fréquenté par les Amérindiens depuis la préhistoire. C'est pour eux un lieu de passage et de campement saisonnier avant de pénétrer à l'intérieur des terres.

En 1647, la seigneurie de La Prairie-de-la-Magdeleine est concédée aux Jésuites, soit l'une des premières concédées sur la rive sud de Montréal. Vingt ans plus tard, les Jésuites fondent la mission Saint-François-Xavier-des-Prés pour sédentariser les Amérindiens et les convertir au
christianisme. Parallèlement, les premières censives sont concédées. En 1676, les Jésuites déménagent la mission au Sault-Saint- Louis, puis sera finalement établie en 1716 à l'emplacement actuel de Kahnawake.

Dans la deuxième moitié du XVIIe siècle, le noyau villageois prend forme. Un premier moulin à farine et une première église en bois sont construits respectivement en 1676 et en 1687. Lorsque la trêve avec les Iroquois est rompue en 1684, les habitants de La Prairie revendiquent la construction d'une palissade. En 1689, une enceinte entoure le village et deux ans plus tard, celle-ci résiste à l'assaut d'un contingent anglo-iroquois provenant de New York. Elle est partiellement réaménagée en 1705. En 1744, un fort de pierres de plus petite dimension est érigé.

À cette époque, La Prairie joue un rôle stratégique dans la défense de Montréal. Lors de la Conquête (1760), le village est notamment la voie de passage pour les détachements qui se rendent au fort Richelieu ainsi qu'un lieu de ravitaillement en vivres et en munitions. Après l'établissement du Régime britannique, l'emplacement demeure un point important pour la défense de la région et particulièrement en 1775 et 1812, lors des conflits armés contre les Américains.

La Prairie s'impose aussi dans le réseau commercial comme plaque tournante dans les échanges de produits avec les États-Unis. Pendant le Régime français, l'endroit est lié au commerce et à la contrebande de fourrures. Après la Conquête, des marchands britanniques s'y installent. L'expansion du transport maritime favorise l'ouverture d'auberges, de commerces et de petites industries, ce qui entraîne l'essor économique du village de La Prairie. Son développement est accéléré par la construction en 1836 du premier chemin de fer au Canada, constitué de rails de bois, qui relie La Prairie et Saint-Jean-sur-Richelieu.

En 1840, une nouvelle église est construite selon les plans de l'architecte Pierre-Louis Morin (1811-1886); la façade et le décor intérieur seront réalisés en 1856 selon les plans de l'architecte Victor Bourgeau (1809-1888). À cette époque, deux communautés religieuses catholiques sont établies dans le bourg, la congrégation de Notre-Dame arrivée depuis 1697 ainsi que les Sœurs de la Providence. Des congrégations anglicanes et presbytériennes tiennent également des assemblées dans le village au cours de la seconde moitié du XIXe siècle.

En 1846, un incendie détruit presque entièrement les bâtiments du bourg de La Prairie, à l'exception de l'église et d'une dizaine d'immeubles. La reconstruction s'effectue rapidement dans les années qui suivent. Le nouveau bourg s'étend ensuite progressivement hors de l'ancienne zone palissadée. La croissance de La Prairie ralentit cependant au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle.

Vers 1890, l'établissement de briqueteries donne un nouvel essor à l'économie. De nombreux immeubles en brique font leur apparition dans le bourg, en bordure duquel un mur de digue est construit pour protéger le village des crues du fleuve. En 1909, La Prairie obtient le statut de ville.

En 1975, le site patrimonial de La Prairie est déclaré.

Depuis, les efforts se multiplient pour revitaliser le secteur.
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Notices bibliographiques :
BRODEUR, Mario. Étude de caractérisation de l'arrondissement historique de La Prairie. Québec, Commission des biens culturels du Québec, 2004. s.p.
LIZOTTE, Sylvain, dir. Plan de conservation du site patrimonial de La Prairie. Québec, Ministère de la Culture et des Communications, 2017. 103 p.
NOPPEN, Luc. « Arrondissement historique de La Prairie ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 203-207.
PINARD, Guy. Montréal, son histoire, son architecture. Vol. 4. Montréal, Éditions du Méridien, 1991. 504 p.
s.a. Arrondissement historique de La Prairie. Dossier de déclaration. Québec, Ministère des Affaires culturelles, 1975. s.p.
Société Technique d'Aménagement Régional inc. (SOTAR). Plan de mise en valeur du Vieux La Prairie. Laval, 1992. s.p.
TASCHEREAU, Sylvie. « La Prairie ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
Ville de La Prairie. Ville de La Prairie [En Ligne]. http://www.ville.laprairie.qc.ca

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Site patrimonial de Montréal



Site patrimonial de Montréal

Le site patrimonial de Montréal couvre un territoire urbain qui s'étend sur environ 1 400 mètres d'est en ouest et 800 mètres du nord au sud. Il englobe la ville autrefois fortifiée, des parcelles des anciens faubourgs, le secteur de la pointe à Callière et le Vieux-Port. Le quartier est délimité par la rue Saint-Antoine au nord, le fleuve Saint-Laurent au sud, le faubourg Québec avec les rues Saint-Hubert et Saint-André à l'est, et le faubourg des Récollets avec les rues McGill, De Longueuil et des Sœurs-Grises à l'ouest.

Ce territoire est situé dans la partie sud de l'île de Montréal, en aval des rapides de Lachine. Le relief est marqué par la présence d'une terrasse élevée le long du fleuve et du coteau Saint-Louis en retrait. La trame, plus ou moins orthogonale, forme un réseau de rues étroites et de voies plus larges qui encadrent des places publiques.

Le site est caractérisé par la densité de sa trame, les dimensions imposantes des bâtiments et la diversité des fonctions qui s'y retrouvent. Il compte 557 édifices et vestiges construits à différents moments entre le XVIIe siècle et le XXe siècle. Entrepôts, bâtiments religieux, édifices à bureaux, banques, sièges sociaux de compagnies, palais de justice et autres édifices institutionnels forment un paysage architectural diversifié, rendu harmonieux par l'omniprésence de la pierre calcaire grise.

Il englobe la ville autrefois fortifiée, des parcelles des anciens faubourgs, le secteur de la pointe à Callière et le Vieux-Port.

Le site patrimonial de Montréal, déclaré en 1964 et agrandi en 1995, couvre un territoire urbain qui s’étend sur environ un kilomètre carré.


Valeur patrimoniale

Le site patrimonial de Montréal présente un intérêt pour sa valeur historique. Berceau de la métropole économique et culturelle du Québec, ce lieu possède une densité historique remarquable en raison de ses renouvellements successifs, dont il conserve les traces. Fréquentée par les Amérindiens depuis la préhistoire, Montréal est fondée en 1642 par Paul de Chomedey de Maisonneuve (1612-1676). D'abord établissement missionnaire, la cité devient la tête de pont de la traite des fourrures en raison de sa position géographique privilégiée. Les bouleversements politiques du XVIIIe siècle, l'aménagement de son port, la révolution industrielle et celle des transports au cours du XIXe siècle font du Vieux-Montréal le cœur de la métropole industrielle et financière du Canada et la vitrine du capitalisme canadien. Le déclin du Vieux-Montréal s'amorce toutefois au tournant du XXe siècle et s'accentue à la suite de la Seconde Guerre mondiale. Après une période de quasi-abandon de la fonction résidentielle, on pose un nouveau regard sur ce lieu d'histoire. Au fil des ans, les efforts conjugués de mise en valeur urbaine ont fait de ce territoire un important pôle culturel, social et touristique de la ville de Montréal.

Le site patrimonial présente aussi un intérêt pour sa valeur urbanistique. La trame et le lotissement de ce lieu conserve ses caractéristiques des XVIIe et XVIIIe siècles, notamment les traces de la ville coloniale fortifiée, malgré l'évolution du cadre bâti. La trame urbaine s'est développée principalement en trois étapes. Le sulpicien François Dollier de Casson (1636-1701) trace les premières rues en 1672 avec l'aide du notaire-arpenteur Bénigne Basset Des Lauriers (v. 1639-1699). Le territoire s'organise alors autour de trois rues parallèles au fleuve et de sept rues perpendiculaires qui forment un plan plus ou moins orthogonal. Les ordonnances des intendants définissent ensuite les rapports entre la rue et les bâtiments et déterminent notamment l'alignement des constructions. Enfin, le Plan des commissaires, élaboré en 1804, marque la trame par l'aménagement d'une terrasse le long du fleuve, l'agrandissement du Champ-de-Mars et la création de voies plus larges. Le site est donc un bon exemple de préservation d'une trame urbaine ancienne.

Le site patrimonial présente également un intérêt pour sa valeur architecturale. Les bâtiments, dont certains ont été construits au XVIIe siècle, témoignent de ses différentes fonctions et de ses mutations. Les immeubles les plus anciens - habitations et édifices conventuels - qui datent de l'époque de la Nouvelle-France présentent une maçonnerie en pierre et des toits à pignon. Les nombreux édifices d'inspiration classique du Régime britannique sont caractérisés, entre autres, par la pierre calcaire grise. L'architecture éclectique du XIXe siècle s'observe dans les édifices à bureaux, banques, sièges sociaux de compagnies d'assurances et palais de justice. Le site compte enfin quelques bâtiments d'intérêt du XXe siècle, notamment des édifices art déco, rationalistes et fonctionnalistes.

Le site patrimonial présente en outre un intérêt pour sa valeur archéologique. La situation et la topographie du site ont favorisé de multiples établissements à cet endroit depuis 3 000 ans, et l'archéologie permet de se représenter les anciens paysages et de comprendre l'évolution du lieu. Les vestiges amérindiens témoignent des activités de chasse et de pêche et de l'utilisation du lieu pour des foires commerciales au cours de la préhistoire. Quant aux vestiges euroquébécois, ils permettent de retracer les diverses occupations commerciale, religieuse, militaire, institutionnelle, industrielle, domestique, artisanale et agricole depuis le XVIIe siècle.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2004.


Éléments caractéristiques

Les éléments clés du site patrimonial de Montréal liés à ses valeurs historique, urbanistique, architecturale et archéologique comprennent, notamment:
- la situation stratégique dans la ville de Montréal, dans un quadrilatère comprenant l'ancienne ville fortifiée, le secteur de la pointe à Callière et le Vieux-Port, le long du fleuve Saint-Laurent, en aval des rapides de Lachine;
- la richesse archéologique permettant de retracer l'occupation humaine depuis 3 000 ans, de se représenter les anciens paysages et de comprendre l'évolution du lieu;
- les portions intactes offrant un potentiel archéologique;
- les grandes fonctions urbaines représentées (fonctions résidentielle, commerciale, religieuse, militaire, institutionnelle, industrielle, domestique, artisanale et agricole);
- le réseau viaire plus ou moins orthogonal;
- les étroites voies publiques parallèles ou perpendiculaires au fleuve telles que tracées par Dollier de Casson;
- les trois artères plus importantes (rues de la Commune, Saint-Antoine et McGill) bordant le site au sud, au nord et à l'ouest et découlant du Plan des commissaires;
- l'alignement des bâtiments par rapport à la voie publique;
- la haute densité d'occupation du sol;
- la mitoyenneté des constructions;
- l'aménagement de cours ou de courettes intérieures dans certains secteurs;
- le retrait par rapport à la rue de certains édifices administratifs et publics;
- la relation entre le lot et la rue se manifestant par la présence de marches, de portes cochères, de grilles, de servitudes de passage et de plusieurs entrées, à savoir une sur chaque façade donnant sur la rue;
- les places du Régime français, transformées en squares au XIXe siècle, puis dans certains cas reconfigurées au XXe siècle;
- le corpus architectural riche et diversifié associé à plusieurs époques de construction, du Régime français au XXe siècle;
- les gabarits hétérogènes, très variables tout particulièrement quant à la hauteur;
- l'utilisation de matériaux traditionnels marquée par une prédominance de la pierre calcaire grise jusqu'en 1850, puis par une grande variété de types de pierre;
- la présence de bâtiments du Régime français présentant des structures généralement basses (un ou deux étages), des toitures à deux versants ou à croupes de pente moyenne, des murs de moellons grossièrement équarris, des cheminées dans la continuité des murs pignons, des murs coupe-feu et des fenêtres en bois à battants et à petits carreaux;
- la forte proportion de bâtiments du Régime britannique d'inspiration classique se distinguant par l'emploi de la pierre de taille, la composition symétrique des façades, le rappel des ordres classiques (dorique, ionique, corinthien), les frontons et les chaînages d'angle;
- l'empreinte de l'architecture éclectique du XIXe siècle, visible notamment dans les bâtiments commerciaux, industriels, institutionnels et les édifices à bureaux, reconnaissables à leur structure mixte de bois, de fonte et de pierres, leurs larges baies, leur toit plat, leur corniche épaisse, débordante et souvent très ornementée et l'emploi de la brique rouge;
- plusieurs bâtiments du XXe siècle notamment des édifices art déco, rationalistes et fonctionnalistes;
- la richesse de l'ornementation et de la sculpture associées aux édifices prestigieux de la fin du XIXe et du début du XXe siècle.

Le site patrimonial de Montréal est déclaré en 1964. Ses limites sont agrandies en 1995 afin d'englober les anciennes fortifications.


Informations historiques

Le site patrimonial de Montréal est le berceau de l'actuelle métropole économique et culturelle du Québec. Ce territoire conserve les traces de son évolution, depuis la petite ville coloniale jusqu'à aujourd'hui.

Ce lieu est fréquenté par les Amérindiens depuis la préhistoire. Plusieurs sites archéologiques en témoignent. C'est en 1642 que Ville-Marie, d'abord établissement missionnaire, est fondée par l'officier Paul de Chomedey de Maisonneuve (1612-1676). De grandes communautés religieuses s'y installent, notamment les Sulpiciens, qui deviennent les seigneurs de l'île en 1663. Leur supérieur, François Dollier de Casson (1636-1701), tracera les premières rues.

Entre 1685 et 1800, Montréal est une ville fortifiée, et l'enceinte fixe la forme de la cité. Au XVIIe siècle, elle devient la tête de pont de la traite des fourrures en raison de sa position géographique privilégiée. La Grande Paix de 1701 conclue entre les Français, les Iroquois et une trentaine d'autres nations autochtones augmente le commerce des fourrures et assure le peuplement. La trame se densifie. L'organisation de la ville est déterminée par les ordonnances des intendants qui définissent les rapports entre les voies publiques et les bâtiments. La pierre est alors le matériau privilégié pour les nouvelles constructions.

À compter de 1800, Montréal devient la principale ville des deux Canadas. Les bouleversements politiques du XVIIIe siècle, dont la Conquête et l'Indépendance américaine, engendrent une importante croissance de la population, stimulée par l'immigration. Aussi, le commerce se diversifie-t-il. Des marchands dynamiques engagés dans l'import-export remplacent les magnats de la traite des fourrures. Le visage de Montréal change. Les maisons en bois des artisans font place aux résidences et édifices en pierre d'inspiration néoclassique. Comme suite à la démolition des fortifications, entre 1801 et 1817, le gouvernement demande à trois commissaires d'élaborer un plan pour mettre en valeur les espaces libérés. Ceux-ci aménagent une terrasse le long du fleuve, agrandissent le Champ-de-Mars et créent des voies plus larges.

Au cours des décennies suivantes, Montréal se développe rapidement et déborde des limites de l'ancienne cité fortifiée. La ville profite alors de la formidable expansion du commerce, de l'aménagement de son port, de la révolution industrielle et du progrès dans les modes de transport (chemin de fer et navires à vapeur) pour accéder au rang de métropole industrielle et financière du Canada. Quant à la vieille ville, elle se transforme en une cité financière et administrative, véritable vitrine du capitalisme canadien. Cet âge d'or laisse plusieurs traces. Des édifices à bureaux, banques, sièges sociaux de compagnies d'assurances, entrepôts et palais de justice sont alors construits avec un grand éclectisme stylistique.

À la suite de la Seconde Guerre mondiale, Montréal perd progressivement son rôle de métropole du Canada au profit de Toronto. Le centre des activités économiques déménage au nord-ouest de la ville historique, où il continue de se développer. Durant la seconde moitié du XXe siècle, l'activité portuaire est déplacée plus à l'est, libérant le littoral qui sera aménagé en parc urbain. Ces mutations favorisent le retour de la fonction résidentielle dans des édifices que l'on recycle. Le Vieux-Montréal demeure néanmoins le siège des administrations civile et judiciaire et de certaines activités financières. Un nouveau regard est alors posé sur ce lieu d'histoire. Sa préservation et sa mise en valeur deviennent prioritaires. Progressivement, le Vieux-Montréal se transforme en un important pôle culturel, social et touristique, où cohabitent harmonieusement des témoins éloquents de l'évolution de la ville.
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Notices bibliographiques :
AUGERON, Mickaël, dir., Dominique GUILLEMET, dir., Alain ROY, dir. et Marc ST-HILAIRE, dir. Les traces de la Nouvelle-France au Québec et en Poitou-Charentes. Québec, Les Presses de l'Université Laval, 2008. 308 p.
Comité de travail sur l'identité historique du Vieux-Montréal. Vieux-Montréal : la cité. Une identité façonnée par l'histoire. Montréal, Ministère de la Culture et des Communications / Société de développement de Montréal, 1996. 52 p.
Continuité. No 50 (1991).
FORGET, Madeleine, dir. et Gilles LAUZON, dir. L'histoire du Vieux-Montréal à travers son patrimoine. Québec, Les Publications du Québec, 2004. 292 p.
LAUZON, Gilles. « Visages historiques du Vieux-Montréal. Une cité du Nouveau-Monde ». Continuité. No 50 (1991), p. 16-23.
LINTEAU, Paul-André. Brève histoire de Montréal. Montréal, Boréal, 1992. 165 p.
LINTEAU, Paul-André. Histoire de Montréal depuis la Confédération. Montréal, Les Éditions du Boréal, 2000. 627 p.
LINTEAU, Paul-André. « Montréal ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
MARSAN, Jean-Claude. « Arrondissement historique de Montréal ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 15-31.
MARSAN, Jean-Claude. Montréal en évolution: historique du développement de l'architecture et de l'environnement urbain montréalais. Laval, Méridien, 1994. 515 p.
MERRETT, Brian et François RÉMILLARD. Architecture de Montréal : guide des styles et des bâtiments. Montréal, Éditions du Méridien, 1990. 222 p.
ROCHERS, Jacques. Cadre d'intervention. Connaître, préserver et mettre en valeur l'Arrondissement historique de Montréal. Montréal, Ministère de la Culture et des Communications, 2001. 62 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Site patrimonial de Percé



Site patrimonial de Percé

Le site patrimonial de Percé est un territoire à caractère naturel, d'une superficie approximative de 40 kilomètres carrés. Il comprend l'amphithéâtre naturel de Percé, qui se compose du mont Sainte-Anne, du mont Blanc, du littoral depuis le pic de l'Aurore jusqu'au cap Blanc et du village. Il englobe aussi un espace maritime incluant le rocher Percé et l'île Bonaventure, le littoral de La Malbaie depuis la pointe des Cannes de Roches jusqu'au pic de l'Aurore ainsi qu'une zone à l'intérieur des terres située à l'ouest des deux monts. Le site patrimonial fait partie de la chaîne des Appalaches, à laquelle il doit son relief accidenté et ses nombreux phénomènes géomorphologiques spectaculaires, dont plusieurs ont été sculptés par la mer.

L'amphithéâtre naturel de Percé est dominé par le mont Sainte-Anne et le mont Blanc. Ces deux monts s'élèvent à plus de 350 m d'altitude et leurs pentes sont en grande partie boisées. La côte y est définie, du nord au sud, par le pic de l'Aurore, les Trois Sœurs, le cap Barré, l'anse du Nord, le mont Joli (qui est en fait un cap), le cap Canon, la baie de Percé et le cap Blanc. Trois routes principales traversent le site patrimonial de Percé: la route 132 qui longe le littoral et dont un segment est surnommé la côte de la Surprise, la route des Failles qui contourne les monts au sud et à l'ouest ainsi que la route d'Irlande. Le village linéaire, pris entre la mer et la montagne, s'adapte au relief. Le site patrimonial comprend diverses traces d'occupation, dont plus de 300 bâtiments participant à son harmonie naturelle, parmi lesquels se trouvent des structures liées à l'industrie de la pêche, des maisons bourgeoises et villageoises ainsi que des résidences de villégiature.

L'espace maritime, d'une étendue d'environ 25 kilomètres carrés, constitue la portion orientale du site patrimonial. Il est marqué par deux formations naturelles spectaculaires, soit le rocher Percé et l'île Bonaventure. Long de 471 m et haut de 75 à 88 m, le rocher Percé est distant de quelque 200 m du mont Joli. Pour ce qui est de l'île Bonaventure, d'un diamètre de plus de deux kilomètres, elle émerge à environ trois kilomètres de la baie de Percé.

Le site patrimonial de Percé est situé sur une pointe à l'extrémité est de la péninsule gaspésienne. Cinq sites inscrits à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec sont associés au lieu.

Le site patrimonial de Percé, déclaré en 1973, est un territoire à caractère naturel, villageois et touristique d’une superficie de 40 kilomètres carrés.


Valeur patrimoniale

Le site patrimonial de Percé présente un intérêt pour sa valeur paysagère. La singularité de ce territoire en bordure du golfe du Saint-Laurent est redevable à l'amphithéâtre naturel; au spectaculaire rocher Percé; à l'île Bonaventure, avec ses falaises habitées durant la saison estivale par une imposante colonie de fous de Bassan; ainsi qu'à ses falaises rougeâtres, qui offrent des panoramas remarquables et constituent des points de repère exceptionnels. De plus, l'amphithéâtre inclut un milieu bâti linéaire qui s'intègre de façon respectueuse au cadre naturel de Percé. Détachées et dispersées dans le paysage, les constructions sont de faible gabarit, de couleurs pâles et faites de matériaux naturels. Le cadre bâti reflète les activités distinctives du lieu. Percé compte plusieurs bâtiments associés aux activités ayant marqué son paysage, principalement la pêche. Le commerce de la pêche se reflète notamment dans le complexe Charles-Robin, l'un des plus remarquables en Gaspésie, ainsi que dans les petites maisons de pêcheurs construites au cours des XIXe et XXe siècles, dont la maison Donahue. Le site patrimonial est aussi caractérisé par quelques beaux exemples de résidences de villégiature bourgeoises, dont les plus anciennes remontent à la fin du XIXe siècle, par exemple la villa Frederick-James, ou aux premières décennies du siècle suivant, comme le manoir Shearson. Quant aux maisons villageoises du début du XXe siècle, telles que celle située au 38, rue de l'Église, elles s'intègrent à l'harmonie naturelle de lieux grâce à leur environnement paysager exceptionnel.

Le site patrimonial de Percé présente aussi un intérêt pour sa valeur emblématique.
Pendant la préhistoire, il est vraisemblablement fréquenté par les Amérindiens. Le site patrimonial est connu des morutiers européens qui pêchent dans le golfe du Saint-Laurent et mouillent dans ses anses depuis le milieu du XVIe siècle. Le havre naturel formé par ces anses constitue un lieu recherché pour l'établissement de leurs centres d'activité. Dès les premières explorations européennes, la configuration particulière du site, entre autres celle du rocher Percé, retient l'attention. Elle fait l'objet de descriptions, notamment par Samuel de Champlain en 1603. En 1780, l'homme d'affaires jersiais Charles Robin met en place le principal poste de pêche de sa compagnie à Percé. Plusieurs témoins de cet établissement subsistent aujourd'hui dans la baie de Percé. Le village de Percé, qui devient l'un des plus importants centres de pêche de l'Est du Canada au cours du XIXe siècle, symbolise l'âge d'or du commerce de la morue séchée en Gaspésie. Au cours du XXe siècle, Percé devient un lieu touristique renommé qui se distingue pour ses attraits naturels pittoresques. Le rocher Percé, l'amphithéâtre naturel formé par les flancs du mont Sainte-Anne et du mont Blanc, l'île Bonaventure, le littoral sculpté par la mer créant une farandole de caps et d'anses ainsi que le village blotti au pied de la montagne et ouvert sur la mer illustrent le lien indissociable entre la mer, la terre et le milieu bâti. Percé attire aussi les artistes. Le peintre américain Frederick James (1845- 1907) s'y établit à partir de 1888, et d'autres viennent y séjourner, dont Paul-Émile Borduas et Kittie Bruneau (1929). L'intellectuel français André Breton (1896-1966) y fait également un séjour à l'été 1944. Les paysages de Percé sont au cœur de plusieurs œuvres picturales depuis le XVIIIe siècle, une gravure de Hervey Smyth datée de 1760 en est un bel exemple. De nos jours, le site patrimonial constitue une image emblématique de la Gaspésie et de l'Est du Québec.

Source : Ministère de la Culture et des Communications, 2017.


Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du site patrimonial de Percé liés à ses valeurs paysagère et emblématique comprennent, notamment:
- sa situation sur une pointe de terre à l'extrémité est de la péninsule gaspésienne;
- l'amphithéâtre naturel comportant le mont Sainte-Anne et le mont Blanc, le littoral depuis le pic de l'Aurore au nord jusqu'au cap Blanc au sud ainsi que le village linéaire, pris entre la mer et la montagne;
- les composantes de l'espace maritime, dont le rocher Percé et l'île Bonaventure;
- la série de falaises, de caps et de criques découpant le paysage du littoral de la Malbaie depuis la pointe des Cannes-de-Roches jusqu'au pic de l'Aurore;
- la couleur rougeâtre de la roche calcaire formant le rocher Percé, l'île Bonaventure, le mont Sainte-Anne et certaines falaises;
- les traces du XVIe siècle, dont les terrains défrichés du littoral dans le village;
- les traces des XIXe et XXe siècles, dont le parcours de la route 132 et de la rue Saint-Michel (menant à l'ensemble religieux catholique situé sur un promontoire au centre du village) ainsi que d'une partie de la rue Mont-Joli, les lots de forme et de superficie variables alignés perpendiculairement à la route, le secteur du quai marqué par l'exploitation commerciale de la pêche, la rue de l'Église et le secteur du mont Joli marqués par la villégiature, le paysage rural de la route d'Irlande, de même que les constructions rattachées à la pêche sur l'île Bonaventure;
- les cinq sites inscrits à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec;
- les témoins de l'architecture vernaculaire gaspésienne, constitués de bâtiments simples et sobres (plan rectangulaire et toit à deux versants droits) en bois (parements en planches à clins ou en bardeaux de cèdre et couverture en bardeaux de cèdre), peints en blanc (murs) et rouge (détails architecturaux), dont les petites maisons de pêcheurs à un étage et demi;
- les témoins des pêcheries en bordure des berges, dont l'ensemble de la Charles Robin and Company dans le noyau villageois (l'ancien chafaud, la neigère, la saline, la cantine, l'ancien réfectoire et dortoir ou Bell House, l'ancien centre administratif Charles-Robin ou maison du Pirate et la grange Charles-Robin), l'ancien entrepôt et usine de transformation du poisson du secteur de l'anse du Nord ainsi que les bâtiments de la compagnie Le Boutillier Brothers sur l'île Bonaventure tel l'ancien entrepôt de poissons;
- les témoins de l'architecture résidentielle bourgeoise du tournant du XXe siècle, dont la maison Rouge, la maison Garneau, la maison Tuzo, le cottage Guernesey et la maison Le Boutillier;
- les témoins de l'architecture de villégiature bourgeoise, dont l'ancienne annexe de l'hôtel Perce Rock House, la maison Biard, la villa Frederick-James ainsi que des villas sises sur la route Valpy;
- les témoins de l'architecture résidentielle américaine, dont les maisons villageoises aux volumes cubiques à deux étages, coiffées d'un toit en pavillon, à croupes ou mansardé;
- les témoins de l'architecture religieuse, dont l'ensemble de tradition catholique situé sur un promontoire au centre du village, formé de l'église Saint-Michel-de-Percé (en pierre locale), de son presbytère et de son cimetière, ainsi que l'église anglicane Saint-Paul et son cimetière occupant un emplacement plus isolé;
- les témoins des activités d'enseignement, dont l'ancienne académie commerciale et l'ancienne école anglaise;
- les témoins des activités agricoles, dont la ferme Birmingham et la maison Furlong;
- les témoins des activités commerciales, dont l'ancien magasin général de la compagnie Charles-Robin et le magasin général J. E. Boulanger;
- les témoins des activités maritimes, dont le phare du cap Blanc.



Informations historiques

Le site patrimonial de Percé se trouve dans une région vraisemblablement fréquentée par quelques groupes amérindiens depuis près de 6000 ans. À l'arrivée des Européens, au début du XVe siècle, les Innus utilisent pleinement les ressources du territoire de la Gaspésie. Ils se rendent à Percé pour y faire la traite des fourrures avec les Français. Vers 1750, les Micmacs, un groupe algonquien qui vit principalement des ressources de la mer sont toujours présents dans la région.

À partir de la toute fin du XVe siècle, les grands explorateurs européens découvrent les littoraux et les bancs de poissons du golfe du Saint-Laurent et des provinces maritimes canadiennes. Des pêcheurs provenant particulièrement de la France, du Portugal et de l'Espagne viennent pêcher la morue.

En 1603, Samuel de Champlain (1574-1635) est le premier à décrire, dans ses récits de voyage, « l'île Percée ». En 1672, l'intendant Jean Talon (1626-1694) octroie la seigneurie de l'île Percée à Pierre Denys de La Ronde (1631-1708) et à deux autres associés. Les trois seigneurs feront de Percé un établissement permanent, fondé essentiellement pour ses ressources de pêche.

L'établissement de Percé est détruit par les troupes anglaises de sir William Phips (1651-1695), en 1690, et par celles du général James Wolfe (1727-1759), en 1758.

Vers 1776, le Jersiais Charles Robin (1743-1823) établit à Percé le plus important poste de pêche de son entreprise, la Robin, Pipon and Company, qui deviendra la Charles Robin and Company. Le développement de Percé reprend alors. En 1845, la compagnie jersiaise Le Boutillier Brothers occupe l'île Bonaventure. Celle-ci accueille des activités de pêche depuis l'instauration du Régime anglais. C'est dans ce contexte que Percé devient, au XIXe siècle, l'un des principaux centres de pêche de l'Est du Canada.

Au tournant du XIXe siècle, la population s'organise et développe le territoire. La paroisse catholique de Saint-Michel-de- Percé est fondée en 1801 et, au début des années 1820, un premier temple anglican est érigé sur le cap Canon. L'actuelle église de Saint-Michel-de-Percé est construite de 1900 à 1903.

Le golfe du Saint-Laurent, la plus ancienne voie de communication du site patrimonial, est le seul moyen d'atteindre la région jusqu'à la construction d'une voie ferrée en 1911. La route 132, aménagée le long du littoral gaspésien, sera achevée en 1928.

À partir des années 1870, le commerce de la pêche à la morue décline progressivement. En 1919, le gouvernement du Canada déclare le rocher Percé et les falaises nord-est de l'île Bonaventure « refuge d'oiseaux migrateurs ». Par conséquent, les activités de pêche y cessent.

Devant la transformation rapide de Percé à partir des années 1950, le gouvernement du Québec prend les moyens pour assurer la préservation de ses caractéristiques naturelles. En
1971, il accorde à l'île Bonaventure le statut de « réserve naturelle ». Le 29 août 1973, il déclare l'arrondissement naturel de Percé en vertu de la Loi sur les biens culturels. Il s'agit du premier arrondissement naturel à être déclaré. Le statut de réserve naturelle est ensuite donné au rocher Percé, en 1974.

Le parc national de l'Île-Bonaventure-et-du-Rocher-Percé est créé en 1985 en vertu de la Loi sur les parcs. D'une superficie de 5,8 km2, son territoire inclut quelques anciennes propriétés de la Charles Robin and Company dans le village de Percé. Ce lieu est le parc national québécois présentant le plus important parc immobilier patrimonial au Québec, avec plus de 20 bâtiments. La plupart d'entre eux ont d'ailleurs été restaurés depuis 2000.

Durant la saison estivale, le site patrimonial de Percé continue d'accueillir de nombreux touristes attirés par ses attraits naturels remarquables.
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Notices bibliographiques :
BERGERON, Claude. Protection et mise en valeur du patrimoine de l'arrondissement naturel de Percé. Vol. 1. Québec, Bergeron Gagnon, 1991. s.p.
BERGERON, Claude. Protection et mise en valeur du patrimoine de l'arrondissement naturel de Percé. Vol. 2. Québec, Bergeron Gagnon, 1991. s.p.
BERGERON, Claude. Protection et mise en valeur du patrimoine de l'arrondissement naturel de Percé. Vol. 3. Québec, Bergeron Gagnon, 1991. s.p.
BERGERON, Claude. Protection et mise en valeur du patrimoine de l'arrondissement naturel de Percé. Vol. 4. Québec, Bergeron Gagnon, 1991. s.p.
BOUCHER, Benoît et Jean-Louis LEBREUX. Arrondissement naturel de Percé : Circuit patrimonial-architecture. s.l. Ville de Percé, s.d. 18 p.
Commission des biens culturels du Québec. Étude de caractérisation de l'arrondissement naturel de Percé. Québec, Commission des biens culturels du Québec, 2006. 76 p.
Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
DESJARDINS, Marc et al. Histoire de la Gaspésie. Les Régions du Québec, 1. Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1999. 795 p.
LEBREUX, Jean-Louis. Patrimoine architectural : arrondissement naturel de Percé. Percé, Ville de Percé, 1997. 46 p.
LIZOTTE, Sylvain, dir. Plan de conservation du site patrimonial de Percé. Québec, Ministère de la Culture et des Communications, 2017. 64 p.
Le document intitulé Site patrimonial de Percé. Plan de conservation dans la section Documents en fait partie.
MORIN, Euchariste. « Arrondissement historique ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, s.p.
Patri-Arch. Inventaire du patrimoine bâti de l'arrondissement naturel de Percé. s.l. s.m.e., 2005. s.p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Site patrimonial de Sillery



Site patrimonial de Sillery

Le site patrimonial de Sillery couvre un territoire à caractère résidentiel et institutionnel. Il se distingue, entre autres, par son patrimoine bâti et paysager représentatif de toutes les périodes de son développement depuis le Régime français. Ce territoire linéaire d'environ trois kilomètres et demi se divise en trois zones principales, soit la terrasse fluviale, l'escarpement et le sommet de l'escarpement. Il est ponctué de nombreux boisés, de prairies et d'arbres matures isolés.

Le site comprend environ 350 bâtiments. Sur la terrasse fluviale du fleuve Saint-Laurent subsistent la maison des Jésuites-de-Sillery, témoin des premières occupations, et des maisons ouvrières du XIXe siècle parsemées le long du chemin du Foulon. L'église Saint-Michel, son presbytère ainsi qu'un noyau de maisons ouvrières sont regroupés dans le secteur de la côte de Sillery. Sur le sommet de l'escarpement, entre le chemin Saint-Louis au nord et l'escarpement au sud, se trouvent de luxueuses villas, dont plusieurs ont été construites pour les barons du bois au XIXe siècle, et des propriétés institutionnelles remontant au tournant du XXe siècle.

Enclavé dans un milieu aujourd'hui fortement urbanisé, le site patrimonial de Sillery conserve de nombreux boisés, qui forment notamment deux axes continus le long du chemin Saint-Louis et de l'escarpement. Ces boisés s'ajoutent à ceux des domaines privés et institutionnels, à ceux des cimetières Mount Hermon et Saint-Patrick ainsi qu'aux prairies pour constituer une importante réserve d'espaces verts.

Le site patrimonial, qui se trouve dans l'arrondissement municipal de Sainte-Foy-Sillery-Cap-Rouge de la ville de Québec, est approximativement délimité par l'avenue De Laune à l'est, la côte à Gignac à l'ouest, le chemin Saint-Louis et la Grande Allée Ouest au nord ainsi que la ligne de basse marée du fleuve Saint-Laurent et la cime de l'escarpement au sud.

Ce bien est déclaré site patrimonial. Il comporte des biens patrimoniaux classés et huit sites inscrits à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec. Il possède également un potentiel archéologique qui résulte de la présence amérindienne et euroquébécoise.

Le site patrimonial de Sillery, déclaré en 1964, couvre un territoire à caractère résidentiel et institutionnel ponctué de nombreux boisés.

Il se distingue, entre autres, par son patrimoine bâti et paysager représentatif de toutes les périodes de son développement depuis le Régime français. On y retrouve à la fois un noyau de maisons ouvrières, de luxueuses villas, dont plusieurs ont été construites pour les barons du bois au XIXe siècle, ainsi que des propriétés des communautés religieuses. Ce territoire linéaire d’environ trois kilomètres et demi se divise en trois zones principales, soit la rive du fleuve Saint-Laurent, la falaise et le promontoire dominé par le clocher de l’église de Saint-Michel.



Valeur patrimoniale

Le site patrimonial de Sillery présente un intérêt pour sa valeur historique. Ce territoire se caractérise par l'ancienneté de son occupation et la diversité des activités qui s'y sont succédé. Depuis la période de la préhistoire, des groupes amérindiens fréquentent ce territoire. Dès 1637, les Jésuites s'établissent dans l'anse Saint-Joseph pour sédentariser et christianiser les Amérindiens qui y pratiquent la pêche. Au cours des années suivantes, les terres sont concédées en fief et seigneurie. À la suite du blocus continental imposé par la France à la Grande-Bretagne en 1806, l'occupation du territoire s'accentue. Grâce à ses anses abritées, Sillery devient un lieu important pour le commerce du bois et pour la construction navale. Sur les hauteurs, les barons du bois et les notables britanniques se font construire de luxueuses villas, tandis que près des anses apparaissent des habitations ouvrières. Avec le déclin du commerce du bois, les grands domaines sont acquis par les communautés religieuses entre 1869 et 1947. De nos jours, le patrimoine bâti et paysager, plusieurs sites archéologiques et de nombreux éléments de l'aménagement urbain témoignent de la riche histoire du lieu.

Le site patrimonial présente un intérêt pour sa valeur paysagère. Ses composantes, exceptionnelles en milieu urbain, permettent de retracer le passé de Sillery. Ainsi, les limites de certaines propriétés et le tracé du chemin du Foulon et de la côte de Sillery illustrent les premiers établissements et le découpage des terres sous le Régime français. Le secteur du village-rue du chemin du Foulon, celui de la pointe à Puiseaux et la partie sud du secteur Bergerville évoquent par la densité des habitations la réalité ouvrière de l'ère des anses à bois. Les grands domaines boisés, aménagés sur le sommet de l'escarpement dans l'esprit du courant pittoresque, constituent le trait dominant du paysage. Grâce à eux, le site patrimonial constitue un espace vert unique avec ses boisés, ses prairies, ses parterres d'apparat et ses arbres matures isolés. Situés sur d'anciennes grandes propriétés, les cimetières constituent également une composante majeure du site patrimonial avec leurs aménagements qui permettent un dialogue entre les boisés, les espaces libres et gazonnés, les bâtiments et les monuments. L'image emblématique du site est formée par l'église Saint-Michel, située à mi-pente dans la côte de Sillery, et par l'escarpement boisé.

Le site patrimonial présente un intérêt pour sa valeur architecturale. Le cadre bâti se compose de quelques constructions du Régime français, de maisons ouvrières du XIXe siècle, de villas bourgeoises du XIXe siècle et d'édifices institutionnels du XXe siècle. Les bâtiments du Régime français, dont la maison des Jésuites-de-Sillery est le meilleur exemple, se caractérisent par leur corps de logis de pierre bas et peu dégagé du sol. Dans les secteurs à plus forte densité, les maisons ouvrières comportent un ou deux étages et présentent un plan simple et des dimensions réduites. Les villas bourgeoises s'inscrivent quant à elles dans les courants de l'architecture néoclassique et pittoresque. Elles se distinguent par leur implantation sur de vastes terrains paysagers, par leur corps de logis de moyennes ou grandes dimensions et par leur ornementation souvent élaborée. Les communautés religieuses, qui ont acquis ces propriétés bourgeoises au tournant du XXe siècle, y ont érigé des édifices institutionnels à trois ou quatre niveaux, souvent en brique. Cette architecture institutionnelle est enrichie par l'aménagement de plusieurs monuments commémoratifs et religieux ainsi que de lieux de repos et de recueillement. La valeur architecturale du site est aussi caractérisée par l'église de Saint-Michel, construite en grès de 1852 à 1854. Cette église est l'un des premiers lieux de culte d'une architecture néogothique dans la région de Québec.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2013.


Éléments caractéristiques

Les éléments clés du site patrimonial de Sillery liés à ses valeurs historique, paysagère et architecturale comprennent, entre autres:
- sa situation le long du fleuve Saint-Laurent, dans l'arrondissement municipal de Sainte-Foy-Sillery de la ville de Québec;
- la prédominance des fonctions résidentielle et institutionnelle;
- les sites archéologiques amérindiens et euroquébécois connus, parmi lesquels les vestiges d'une mission amérindienne, d'un ancien hôpital et d'un moulin à vent;
- le potentiel archéologique encore enfoui dans le sol;
- les caractéristiques liées aux établissements et au découpage des terres sous le Régime français, dont les limites de certaines propriétés perpendiculaires au fleuve Saint-Laurent ainsi que les tracés du chemin du Foulon sur la bande riveraine, du chemin Saint-Louis et de la côte de Sillery délimitant le fief de Saint-Michel et la seigneurie de Sillery;
- les caractéristiques liées au commerce du bois et à la construction navale au XIXe siècle, dont les d'habitations ouvrières du secteur du village-rue du chemin du Foulon, celui de la pointe à Puiseaux et la partie sud du chemin Saint-Louis du secteur Bergerville;
- les caractéristiques liées aux marchands de bois, dont les grands domaines aménagés dans l'esprit du courant pittoresque et ponctués de boisés, illustrés par le domaine Cataraqui, le parc du Bois-de-Coulonge, les propriétés des communautés religieuses ainsi que les cimetières Mount Hermon et Saint-Patrick;
- les boisés formant deux axes continus le long du chemin Saint-Louis et de l'escarpement;
- l'image emblématique du site, constituée par l'église Saint-Michel, située à mi-pente dans la côte de Sillery, et par l'escarpement boisé;
- les multiples points d'observation sur les environs et notamment les percées visuelles et les panoramas remarquables à partir de la terrasse fluviale et du sommet de l'escarpement;
- la présence de bâtiments d'inspiration française caractérisés par un corps de logis de pierre bas et peu dégagé du sol ainsi qu'un toit à versants droits;
- la densité d'occupation des secteurs ouvriers et la présence de maisons ouvrières caractérisées par une élévation d'un ou deux étages, un plan simple, des dimensions réduites, un toit à deux versants ou mansardé et une ornementation dépouillée;
- la présence de villas bourgeoises caractérisées par leur implantation sur de vastes terrains paysagers, leur architecture d'inspiration néoclassique et pittoresque, leur corps de logis de moyennes ou grandes dimensions ainsi que leur ornementation souvent élaborée;
- la présence de grands édifices institutionnels à trois ou quatre étages sur de vastes terrains paysagers.



Informations historiques

Différents groupes amérindiens ont fréquenté le secteur du site patrimonial depuis des milliers d'années. Lors des premiers contacts entre les Européens et les Amérindiens dans la région de Québec, des groupes algonquiens fréquentent l'anse Kamiskoua Ouangachit pour y pratiquer la pêche. En 1637, bénéficiant de l'aide du prêtre Noël Brulart de Sillery (1577-1640), les missionnaires jésuites s'installent dans cette anse nommée Saint-Joseph, en espérant ainsi évangéliser et sédentariser les Amérindiens. En 1640, les Augustines de la Miséricorde de Jésus établissent un hôpital à proximité de l'anse.

À partir de 1651, le territoire de l'actuel site patrimonial est subdivisé en fief et seigneurie. La seigneurie de Sillery est composée des terres des Jésuites et des Amérindiens et de l'ancienne terre des Augustines, qui devient l'arrière-fief de Monceaux. À l'est, les terres du Cap-aux-Diamants se composent du fief de Saint-Michel, du fief et châtellenie de Coulonge et de la terre de Saint-Denys. À la fin du Régime français, ces terres sont la propriété du Séminaire de Québec, des Jésuites et de la famille Ruette d'Auteuil.

Au lendemain de la guerre de Sept Ans (1756-1763), le Séminaire de Québec vend quelques-unes de ses terres à des fonctionnaires et militaires du gouvernement britannique, dont James Murray (1721/1722-1794), premier gouverneur britannique de Québec. Ayant servi de refuge et d'hôpital aux soldats américains pendant le siège de Québec en 1775-1776, la maison de Samos, agrandie et rénovée, est nommée Woodfield. En 1780, le général Henry Watson Powell (1733-1814) fait construire sa demeure, nommée Powell Place, sur l'ancienne terre Belleborne. Malgré l'achat d'une partie des propriétés des Jésuites et du Séminaire de Québec par l'élite locale, le territoire demeure agricole jusqu'à la fin du XVIIIe siècle.

Les anses de Sillery s'animent à la suite du blocus continental imposé par Napoléon Bonaparte (1769-1821) à la Grande-Bretagne en 1806. Coupés de ses sources d'approvisionnement traditionnelles en mer Baltique, les Britanniques se tournent alors vers leurs colonies pour se fournir en bois équarri. Les grandes propriétés de Sillery sont peu à peu occupées par des marchands de bois et des constructeurs de navires, qui établissent leurs chantiers en contrebas de leur propriété érigée sur le sommet de l'escarpement.

En 1815, le manoir Kilmarnock domine le chantier naval McNider. La résidence Powell Place est renommée Spencer Wood et l'année suivante, le domaine Woodfield est agrandi jusqu'à la limite de l'ancien fief de Saint-Michel. Entre 1830 et 1850, le domaine seigneurial de Sillery est divisé en vastes propriétés (Beauvoir, Clermont, Cataraqui, Benmore et Sous-les-Bois).

Au pied des grandes propriétés, les chantiers attirent de nombreux travailleurs qui s'installent en bordure du chemin du Foulon et dans les noyaux d'habitation lotis en périphérie des domaines. À la fin des années 1840, le marchand de bois irlandais Patrick McInenly lotit une bande de terre en bordure de la côte de Sillery pour y construire des maisons d'ouvriers. En 1854, l'église de Saint-Columba (aujourd'hui Saint-Michel) est érigée pour desservir la population ouvrière catholique, composée de Canadiens français et d'Irlandais.

À la fin du XIXe siècle, le commerce du bois et la construction navale périclitent, ce qui entraîne la vente de la plupart des grandes propriétés de Sillery. Entre 1869 et 1947, elles sont cédées à des communautés religieuses, qui y construisent de grands édifices institutionnels, à l'exception des domaines Kilmarnock, Cataraqui et Spencer Wood (Bois-de-Coulonge).

Le site patrimonial de Sillery est déclaré en 1964, dans le but de freiner le lotissement des grandes propriétés.

De nos jours, le site patrimonial de Sillery est un territoire à caractère résidentiel et institutionnel, ponctué par de grands espaces verts et offrant des percées visuelles et panoramas remarquables.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Site patrimonial de Trois-Rivières



Site patrimonial de Trois-Rivières

Le site patrimonial de Trois-Rivières correspond à l'un des trois premiers noyaux de peuplement de la Nouvelle-France. Situé au cœur de la ville fondée en 1634, il couvre un territoire urbain institutionnel et résidentiel d'environ 6,7 hectares. Il est délimité notamment par les rues des Casernes, Saint-Pierre, Sainte-Cécile et la terrasse Turcotte. Ses limites correspondent en partie à l'ancienne palissade du bourg fortifié au XVIIe siècle et en partie au projet de palissade dessiné en 1704 par Jacques Levasseur de Neré (1662 ou 1664-1724).

Ce noyau ancien est traversé longitudinalement par la rue des Ursulines et perpendiculairement par cinq rues tracées à partir de 1650, qui forment avec elle une trame orthogonale. Le territoire compte cinq îlots dont la densité varie selon les fonctions, le mode d'implantation irrégulier des bâtiments et la nature des aménagements.

Parmi la cinquantaine de bâtiments du site figurent des institutions religieuses du XVIIIe siècle, dont le monastère des Ursulines, qui constitue un véritable point de repère, ainsi qu'un site classé, soit le site patrimonial des Récollets-de-Trois-Rivières. Le site patrimonial de Trois-Rivières comprend aussi des bâtiments résidentiels classés datant surtout du Régime français et de la première moitié du XIXe siècle, soit le manoir de Tonnancour, la maison Georges-De Gannes et la maison Hertel-De La Fresnière. Il comporte également une maison en bois du milieu du XVIIIe siècle, la maison Saint-François. Il regroupe de plus des maisons bourgeoises et ouvrières de la seconde moitié du XIXe siècle et du début XXe siècle, de même que des maisons de type « boomtown » et des immeubles de logements du début du XXe siècle. Des espaces verts couvrent une bonne partie de la superficie, notamment cinq parcs publics, soit le Platon, la place d'Armes classée site patrimonial, le jardin des Gouverneurs, les jardins des Ursulines et une partie du parc portuaire. Le territoire compte par ailleurs une quarantaine d'éléments commémoratifs et d'œuvres d'art public.

Ce bien est déclaré site patrimonial. De nombreux sites archéologiques inscrits à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec, témoignant de la présence amérindienne et euroquébécoise, sont associés au lieu.

Le site patrimonial se situe en bordure du fleuve Saint-Laurent, près de l'embouchure de la rivière Saint-Maurice, dans la ville de Trois-Rivières.

Le site patrimonial de Trois-Rivières, déclaré en 1964, correspond à l’un des trois premiers noyaux de peuplement de la Nouvelle-France.

Situé au cœur de la ville fondée en 1634, il couvre un territoire urbain institutionnel et résidentiel d’environ 6,7 hectares. Les limites du secteur, le tracé des rues et la forme des îlots évoquent les origines du bourg fortifié.



Valeur patrimoniale

Le site patrimonial de Trois-Rivières présente un intérêt pour sa valeur historique. L'endroit est fréquenté par les Amérindiens depuis la préhistoire. En 1634, le poste de Trois-Rivières est fondé par Laviolette, à la demande de Samuel de Champlain (vers 1570-1635). D'abord point de rencontre entre Amérindiens et commerçants de fourrures, il devient un bourg fortifié en 1650 et le siège du gouvernement de Trois-Rivières en 1663. Malgré la Conquête britannique (1760), Trois-Rivières conserve une partie de son influence en étant le siège d'un district judiciaire et d'un évêché. Pendant la seconde moitié du XIXe siècle, l'industrialisation consolide l'importance économique de la ville, qui constitue désormais le centre de l'industrie forestière de la Mauricie. Les fêtes du tricentenaire, en 1934, suscitent un nouvel intérêt pour son histoire. Le Vieux-Trois-Rivières est alors perçu comme un lieu de mémoire à préserver. Le site patrimonial est le cœur de la deuxième plus ancienne ville de la Nouvelle-France, qui est aujourd'hui un centre portuaire, industriel et commercial important du Québec.

Le site patrimonial présente aussi un intérêt pour sa valeur paysagère. Les limites du secteur, le tracé des rues et la forme des îlots évoquent les origines du bourg fortifié. Le monastère des Ursulines constitue un point de repère important. Son environnement est caractérisé par la présence de deux types de bâtiments résidentiels : d'une part, se trouvent des maisons cossues, en bordure de la rue des Ursulines et de la terrasse Turcotte; d'autre part, s'élèvent des immeubles d'habitation construits sur des lots étroits, le long des rues Saint-Pierre, Saint-François-Xavier, Saint-Louis et des Casernes. Dans la partie sud-ouest, quelques rues plus larges témoignent du réaménagement qui a suivi le grand incendie de 1908. Les espaces verts, les aménagements paysagers, les éléments commémoratifs et les œuvres d'art public reflètent l'attachement des Trifluviens à ce noyau historique.

Le site patrimonial présente également un intérêt pour sa valeur architecturale. La cinquantaine de bâtiments qu'il comprend permet de retracer l'évolution de son occupation. Le Régime français a notamment légué les composantes du monastère des Ursulines (1752) et celles du site historique des Récollets (milieu du XVIIIe siècle). Le site comprend aussi des exemples d'architecture domestique de cette époque. Une habitation en bois du milieu du XVIIIe siècle, la maison Saint-François, subsiste ainsi que des résidences de notables en pierre, tels le manoir de Tonnancour (1722-1725) et la maison Georges-De Gannes (1756). Le XIXe siècle est représenté par des demeures bourgeoises en pierre, comme la maison Hertel-De La Fresnière (1824-1829), et celles qui longent la terrasse Turcotte. Le secteur regroupe également des bâtiments associés à l'industrialisation, comme des maisons « boomtown » et des immeubles de logements pour les ouvriers, caractérisés par un volume cubique, une maçonnerie de brique, un toit plat et une ornementation modeste. Toutes ces constructions, dont certaines très anciennes, révèlent la longue histoire de Trois-Rivières.

Le site patrimonial présente en outre un intérêt pour sa valeur archéologique. Le périmètre compte dix sites archéologiques connus, qui renseignent sur l'occupation amérindienne et euroquébécoise du lieu. L'époque de la Nouvelle-France est particulièrement bien représentée par des sites comme ceux des jardins des Ursulines et du monastère des Récollets. La place d'Armes, classée site patrimonial, a livré des vestiges des activités commerciales, militaires et domestiques qui ont marqué l'emplacement depuis le XVIIe siècle.



Éléments caractéristiques

Les caractéristiques du site patrimonial de Trois-Rivières liées à ses valeurs historique, paysagère, architecturale et archéologique comprennent, notamment :
- sa situation dans la ville de Trois-Rivières, le long du fleuve Saint-Laurent, près de l'embouchure de la rivière Saint-Maurice;
- les sites archéologiques permettant de retracer l'occupation humaine du lieu et ses portions intactes offrant un potentiel de recherche;
- les immeubles et les sites patrimoniaux classés;
- les lieux et les éléments commémoratifs, dont le Platon et la place d'Armes;
- les éléments issus de travaux réalisés à la suite de l'incendie de 1908, dont la largeur des rues des Casernes et des Ursulines ainsi que l'espace public aménagé à l'emplacement de l'ancienne église paroissiale;
- les traces du bourg fortifié du XVIIe siècle, dont le tracé orthogonal des rues (Saint-Pierre, des Ursulines, Saint-Jean, Saint-Louis et Saint-François-Xavier) et les cinq îlots;
- les traces du bourg de 1704, dont le secteur longeant la rue des Ursulines compris entre la rue Saint-François-Xavier et la rue Sainte-Cécile et les rues ouvertes au tournant du XVIIIe siècle (de l'Hôpital et de la Poudrière);
- les établissements religieux concentrés le long de la rue des Ursulines, dont le monastère et les jardins des Ursulines, l'ancien couvent des Récollets et l'église anglicane Saint-James;
- les éléments rattachés à la fonction résidentielle, dont la faible densité d'occupation en bordure de la rue des Ursulines et de la terrasse Turcotte, contrastant avec les lots plus petits et plus densément occupés des rues Saint-Pierre, Saint-François-Xavier, Saint-Louis et des Casernes;
- les liens avec le fleuve Saint-Laurent et les environs, dont les percées visuelles créées par l'implantation irrégulière des bâtiments et les panoramas offerts de la terrasse Turcotte et des parcs;
- les parcs publics, les aménagements paysagers tels que la terrasse Turcotte et les nombreuses œuvres d'art public;
- les bâtiments témoignant de la fonction institutionnelle, entre autres le monastère des Ursulines comprenant le couvent, l'hôpital, la chapelle et l'école, et les édifices du site patrimonial des Récollets-de-Trois-Rivières;
- les bâtiments témoignant de la fonction résidentielle sous le Régime français, entre autres la maison Saint-François (habitation en bois de type rural) ainsi que la maison Georges-De Gannes et le manoir de Tonnancour (maisons de notables en pierre);
- les bâtiments témoignant de la fonction résidentielle au XIXe siècle, entre autres les résidences bourgeoises de styles variés (néoclassique, Second Empire et georgien);
- les bâtiments témoignant de la fonction résidentielle durant la période d'industrialisation, entre autres les habitations d'ouvriers et les maisons de style « boomtown » (caractérisées par un volume cubique, une maçonnerie de brique, une élévation de deux étages, un toit plat incliné vers l'arrière et une corniche ornementée), ainsi que les immeubles de logements (caractérisés par un volume cubique, un toit plat, une élévation de deux à trois étages, une corniche ornementée ainsi que des balcons en bois ou en fer forgé).



Informations historiques

Le site patrimonial de Trois-Rivières est au coeur de la deuxième plus ancienne ville de la Nouvelle-France. Il est situé le long du fleuve Saint-Laurent, à l'ouest de l'embouchure de la rivière Saint-Maurice.

Ce lieu est fréquenté par les Amérindiens depuis la préhistoire. Il est visité par l'explorateur Jacques Cartier (1491-1557) en 1535 et par François Gravé Du Pont (vers 1554-1629), capitaine de marine et marchand, vers 1599. En 1603, Samuel de Champlain (vers 1570-1635) reconnaît son importance stratégique pour la défense de la vallée du Saint-Laurent et le commerce des pelleteries. Il entrevoit d'y établir une habitation permanente. Entre-temps, l'endroit sert de lieu de rencontre pour les Amérindiens et les commerçants de fourrures.

En 1634, le poste de Trois-Rivières est fondé à la demande de Champlain par Laviolette, un employé de la traite. Une habitation est construite et une mission jésuite est établie. Menacé par les Iroquois, l'établissement devient un bourg fortifié en 1650. Sous la direction du capitaine Pierre Boucher (1622-1717), les habitants bâtissent leurs résidences à l'intérieur de la palissade, ce qui leur permettra de résister aux incursions.

En 1663, lors de la réorganisation administrative de la Nouvelle-France, Trois-Rivières est désigné pour être le siège d'un gouvernement régional, à l'égal de Québec et de Montréal. Les Ursulines s'y installent en 1697. Le développement de l'agglomération est toutefois ralenti par l'émergence de Montréal comme plaque tournante du commerce des fourrures. Une partie du bourg sera par ailleurs incendiée en 1752.

Après la Conquête, le gouvernement de Trois-Rivières est aboli. La ville réussit néanmoins à maintenir son influence en étant le siège d'un district judiciaire (1793) et d'un évêché (1852). Trois-Rivières est brièvement occupé par les Américains en 1776.

Pendant la seconde moitié du XIXe siècle, l'industrialisation renforce l'importance régionale de Trois-Rivières, qui constitue désormais le centre de l'industrie forestière de la Mauricie. En 1854, la compagnie américaine Norcross and Philips construit une scierie à l'embouchure de la rivière Saint-Maurice, principale voie d'accès à l'arrière-pays. En 1857, la cité de Trois-Rivières est constituée et divisée en quatre quartiers. Le secteur ancien est inclus dans le quartier Sainte-Ursule. Au cours des années 1870, la ville est liée au réseau ferroviaire, et ses installations portuaires sont modernisées. La population trifluvienne augmente avec l'avènement d'une nouvelle bourgeoisie d'affaires et la croissance de la population ouvrière.

Au XXe siècle, l'expansion industrielle (pâtes et papiers, métallurgie, chimie, textile) de Trois-Rivières se poursuit. Des industries, dont la Wayagamack Pulp and Paper (1911), la Canadian International Paper (1922) et la St. Lawrence Pulp and Paper (1923), s'établissent à l'embouchure de la rivière Saint-Maurice. Ces usines valent à Trois-Rivières le titre de « capitale mondiale du papier ». Le Vieux-Trois-Rivières est peu affecté par l'incendie de 1908, mais il est modifié par le développement de la ville. Des maisons « boomtown » et des immeubles de logements sont alors construits pour les ouvriers.

En 1934, les fêtes du tricentenaire suscitent un nouvel intérêt pour l'histoire de la ville. Des plaques et monuments commémoratifs sont installés. Le Vieux-Trois-Rivières est alors perçu comme un lieu de mémoire à préserver.

Le site patrimonial de Trois-Rivières est déclaré en 1964.

Ses limites correspondent en partie à l'ancienne palissade du bourg fortifié au XVIIe et en partie au projet de palissade dessiné en 1704 par Jacques Levasseur de Neré (1662 ou 1664-1724). De nos jours, le site est le cœur historique de Trois-Rivières, qui est un centre portuaire, industriel et commercial important du Québec. Il contient de nombreux repères commémoratifs et plusieurs immeubles et sites patrimoniaux classés.

Source : Conseil du patrimoine culturel


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Site patrimonial du Banc-de-Pêche-de-Paspébiac



Site patrimonial du Banc-de-Pêche-de-Paspébiac

Le site patrimonial du Banc-de-Pêche-de-Paspébiac est un complexe industriel de pêche à la morue aménagé du XVIIIe au XXe siècle. Cet établissement se compose de douze bâtiments (huit en bois de facture vernaculaire, deux en pierre de facture simple et deux de facture plus moderne) et d'une structure en béton. Il comporte une poudrière de pierre (1788); trois « cook-room » et le hangar Robin (début XIXe siècle); un entrepôt de la compagnie Le Boutillier (entre 1845 et 1850); un hangar à farine, une charpenterie et une forge (avant 1870); un « office » de pierre (fin du XIXe siècle); une usine à poisson et un frigo (XXe siècle) ainsi qu'une ancienne chambre forte de béton. Le complexe industriel est situé sur le barachois de Paspébiac, dans la ville du même nom.

Le site patrimonial du Banc-de-Pêche-de-Paspébiac est classé en 1981 afin de préserver les bâtiments qui ont échappé à l'incendie. Ce bien est classé site patrimonial.

Un site inscrit à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec est associé au lieu.



Valeur patrimoniale

Le site patrimonial du Banc-de-Pêche-de-Paspébiac présente un intérêt pour sa valeur historique. Ce complexe constitue un témoin privilégié de l'industrie de la pêche, principal moteur du développement socio-économique de la Gaspésie aux XVIIIe et XIXe siècles. Cette région, réputée pour ses eaux poissonneuses, est d'abord fréquentée par les Amérindiens, puis par les Français dès le XVIe siècle. Néanmoins, les établissements permanents de pêche commerciale sont surtout associés au Régime anglais, puisque c'est à cette période que des entreprises originaires de l'île de Jersey, dont la compagnie Charles Robin qui exploite le banc de Paspébiac, s'y installent pour pêcher et transformer la morue. Elles produisent de la morue salée et séchée, de la morue verte (salée mais non séchée) et de la morue fraîche qui sont exportées notamment en Amérique du Sud et en Europe. Ces sociétés possèdent plusieurs postes de pêche, où elles utilisent un système de gestion basé sur le crédit et le paiement en nature. Ce système place les pêcheurs sous la dépendance de l'entreprise, qui leur fournit des marchandises et du matériel avant le début de la saison de pêche. Les pêcheurs remboursent leur dette à même leurs prises selon les conditions fixées par la compagnie, et la part de poisson qui leur revient doit être échangée dans des magasins aussi sous son contrôle. Le banc de Paspébiac est le chef-lieu de la compagnie Robin au Canada, sa principale base commerciale dans la péninsule gaspésienne au XIXe siècle ainsi que le lieu de naissance de la compagnie Le Boutillier, fondée en 1833 par un ancien employé des Robin. Ces deux compagnies sont les plus puissantes entreprises de pêche anglo-normandes de la Gaspésie. La concentration des opérations à Paspébiac fera de la localité une plaque tournante pour le commerce international des pêches au Canada.

Le site patrimonial du Banc-de-Pêche-de-Paspébiac présente également un intérêt pour sa valeur historique liée à sa représentativité en tant qu'établissement de pêche commerciale du XIXe siècle. Les infrastructures de pêche de cette époque se composent d'installations et de bâtiments riverains utilisés pour le séchage de la morue ainsi que d'édifices affectés aux diverses étapes de la mise en marché du poisson, allant de la pêche à la transformation de la ressource en passant par la gestion des opérations. Ainsi, le complexe du banc de Paspébiac comprend des entrepôts pour l'hivernage des navires et le remisage des agrès; des installations pour la construction et l'entretien des navires, dont une charpenterie et une forge; une usine de transformation appelée « chafaud »; des locaux pour l'entreposage des produits finis; des bâtiments pour les employés, dont des « cook-room » où sont servis les repas; et des locaux pour l'administration, comme l'« office ». Il s'agit de l'établissement de pêche commerciale québécois le mieux préservé. De plus, le site archéologique qui lui est associé permet de dater et de préciser les activités qui s'y sont déroulées. Enfin, l'usine à poisson et le frigo illustrent la continuité de l'occupation du lieu pour la pêche commerciale.

Le site patrimonial du Banc-de-Pêche-de-Paspébiac présente aussi un intérêt pour sa valeur historique liée à la colonisation de la baie des Chaleurs. La baie ne se développe en effet que très lentement sous le Régime français et compte une population résidante peu nombreuse. Les premiers hameaux sont détruits ou lourdement endommagés par les troupes britanniques pendant la guerre de Conquête. L'installation d'une société de pêche jersiaise à Paspébiac en 1767 marque donc un tournant. Le banc de Paspébiac, qui est l'un des plus anciens établissements permanents de la baie et le plus vaste de cette partie de la Gaspésie, nécessite beaucoup de main-d'œuvre et, par conséquent, stimule le peuplement de la baie des Chaleurs.



Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du site patrimonial du Banc-de-Pêche-de-Paspébiac liés à ses valeurs historiques comprennent, notamment :
- sa situation à proximité de la grève, sur le barachois de Paspébiac;
- la concentration de bâtiments, notamment les trois « cook-room », le hangar à farine, la charpenterie, la forge, le grand entrepôt de la compagnie Le Boutillier, l'usine à poisson et le frigo, le hangar Robin, la poudrière et l'« office »;
- la présence d'un site archéologique euroquébécois;
- les particularités des bâtiments en bois de facture vernaculaire, dont le plan rectangulaire, le solage peu dégagé, le lambris peint en blanc et rouge et le toit à versants droits couvert en bardeau de cèdre;
- les particularités des deux bâtiments en pierre de facture simple, dont le plan rectangulaire, le solage peu dégagé et le toit à versants retroussés couvert en bardeau de cèdre;
- la présence de deux bâtiments de facture plus moderne et d'une structure en béton;
- les particularités du grand entrepôt de la compagnie Le Boutillier, dont le plan rectangulaire, l'élévation de cinq étages, le toit à versants droits, la façade principale largement fenêtrée aménagée sur l'un des murs pignons, le parement en bardeau de cèdre peint en blanc, les planches cornières et les chambranles peints en rouge, le toit couvert en bardeau de cèdre et les fenêtres à guillotine.



Informations historiques

Le site patrimonial du Banc-de-Pêche-de-Paspébiac est d'abord fréquenté par les Amérindiens. Des Basques et des Français pêchent probablement près de la côte dès le XVIe siècle. Il est possible que des postes soient aménagés par les pêcheurs au XVIIe siècle. En 1707, la seigneurie de Paspébiac est concédée à Pierre Haimard (1674-1724), marchand, juge prévôt de la seigneurie Notre-Dame-des-Anges et substitut du procureur général au Conseil supérieur. Son beau-fils Louis Gosselin s'établit à Paspébiac et y fait construire les infrastructures nécessaires à l'exploitation des ressources halieutiques. En 1758, les diverses installations utilisées pour les activités de pêche ainsi que le domaine seigneurial sont détruits par les troupes britanniques.

Les activités reprennent en 1767, quand Charles Robin (1743-1824) vient faire la pêche et le séchage de la morue sur le barachois de Paspébiac, dans la baie des Chaleurs. Robin retourne à Jersey en 1778, au moment où l'établissement de Paspébiac est la proie de corsaires durant la guerre d'Indépendance américaine. Aussi ne subsiste-t-il aucun bâtiment témoignant de cette période d'activité.

Charles Robin revient à Paspébiac en 1783, après la fondation de la compagnie portant son nom. Il met en place un système de gestion basé sur le crédit et le paiement en nature. Le complexe de pêche prend rapidement de l'envergure et plusieurs bâtiments sont érigés pour la compagnie Charles Robin, puis pour la compagnie Le Boutillier fondée en 1833 par l'un des employés des Robin.

La poudrière en pierre est bâtie en 1788, à une époque où la compagnie Robin est en pleine expansion, et elle constitue aujourd'hui le plus ancien bâtiment de l'ensemble. Deux des trois « cook-room » auraient été érigés vers 1800. À l'origine, on y prépare et sert les repas aux engagés de la compagnie Robin mais par la suite, au XXe siècle, ils sont utilisés comme entrepôts puis comme salles à manger pour les employés de l'usine de transformation de poisson adjacente. L'entrepôt de la compagnie Le Boutillier est construit entre 1845 et 1850. Cette imposante construction de bois, qui sert à la transformation de la morue, demeure l'un des plus intéressants bâtiments du site. Le hangar à farine, la charpenterie et la forge, quant à eux, ont été bâtis avant 1870. La charpenterie et la forge servent à l'entretien de l'équipement de pêche et emploient plusieurs artisans spécialisés de la baie des Chaleurs ou de Paspébiac. L'« office », en pierre comme la poudrière, aurait été érigé pour servir de bureau à la compagnie Le Boutillier. Le bâtiment est ensuite transformé en usine d'extraction d'huile de foie de morue. Quant à l'usine à poisson et au frigo, ce sont des constructions du XXe siècle.

À la suite de l'apparition des coopératives de pêcheurs à partir des années 1920, la compagnie Robin change de vocation. Elle exploite désormais des magasins généraux. En 1964, un incendie détruit la plupart des 70 bâtiments encore debout.

Le site patrimonial du Banc-de-Pêche-de-Paspébiac est classé en 1981 afin de préserver les bâtiments qui ont échappé à l'incendie.

Depuis, plusieurs immeubles ont été restaurés et accueillent un centre d'interprétation de l'histoire de l'industrie de la pêche en Gaspésie.

Source :


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Site patrimonial du Bois-de-Saraguay



Site patrimonial du Bois-de-Saraguay

Le site patrimonial du Bois-de-Saraguay est un territoire fortement boisé, en milieu urbain, d'une superficie d'environ 97 hectares. Les limites du site regroupent quatre parties distinctes et discontinues aux périmètres irréguliers. La première correspond à l'île aux Chats. Les deuxième et troisième parties, situées entre la rivière des Prairies et le boulevard Gouin Ouest, forment le secteur des anciens domaines. La quatrième, au sud du même boulevard, est constituée d'un vaste secteur boisé, souvent appelé la forêt intérieure, et d'un secteur résidentiel. Le site patrimonial est délimité en partie par la rivière des Prairies, le boulevard Gouin Ouest, l'avenue Joseph-Saucier, l'avenue Jean-Bourdon et une voie ferrée.

Le Bois-de-Saraguay est un secteur au relief relativement plat. Son territoire est ponctué de petites élévations et de dépressions. Le site est traversé par un ruisseau se jetant dans la rivière des Prairies. Le ruisseau forme des secteurs marécageux dans les zones où le relief est plus bas. La forêt formant le site patrimonial est essentiellement composée de feuillus. Des érablières, des frênaies, des peupleraies et des chênaies constituent les principaux peuplements forestiers s'y retrouvant. On y compte plusieurs arbres centenaires de grandes dimensions. De plus, la forêt comprend des plantes désignées comme vulnérables, vulnérables à la récolte ou encore susceptibles d'être désignées comme menacées ou vulnérables.

Le site comprend diverses traces d'occupation, notamment dans les secteurs des anciens domaines où se trouve la maison du chauffeur de l'ancien domaine Ogilvie. Érigé vers 1931, le bâtiment en pierre présente un plan rectangulaire et une élévation d'un étage et demi. Il est coiffé d'un toit à deux versants droits et flanqué d'une tour surmontée d'un toit conique. Le secteur situé au nord du boulevard Gouin présente des plantes horticoles provenant des anciens aménagements paysagers. Celui situé au sud de ce même boulevard comprend deux anciens chemins privés toujours apparents ainsi que plusieurs alignements de pierres témoignant des anciennes limites de lots agricoles.

Le Bois-de-Saraguay comprend un site inscrit à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec. Ce site (BjFk-8) correspond aux limites du Bois-de-Saraguay, à l'exclusion du secteur résidentiel.

Le site patrimonial du Bois-de-Saraguay est situé dans le nord-ouest de l'île de Montréal, en bordure de la rivière des Prairies, dans l'arrondissement municipal d'Ahuntsic-Cartierville de la ville de Montréal. La majeure partie du site correspond au parc-nature du Bois-de-Saraguay.

Ce territoire est déclaré site patrimonial. Le site patrimonial du Bois-de-Saraguay, déclaré en 1981, est une forêt de 97 hectares dont les origines se situent entre 8000 et 5000 ans avant aujourd’hui.



Valeur patrimoniale

Le site patrimonial du Bois-de-Saraguay présente un intérêt pour sa valeur paysagère liée à la préservation d'un important secteur boisé sur le territoire urbanisé de l'île de Montréal. Ce secteur boisé porte les traces de la longue histoire qui a façonné son visage actuel. Les terres de ce secteur situé à proximité de la rivière des Prairies sont concédées entre 1717 et 1725. L'endroit est nommé côte Saint-Louis ou du Bois-Franc. Contrairement aux autres concessions riveraines de l'île, le front de ces lots est situé vers l'intérieur des terres, le long du chemin de la côte Saint-Louis ou du Bois-Franc. Graduellement, les terres de la côte Saint-Louis sont défrichées pour qu'on y pratique l'agriculture. La portion arrière des lots, qui correspond au site patrimonial du Bois-de-Saraguay, demeure cependant boisée et sert de réserve forestière aux agriculteurs pendant de nombreuses années. À partir du dernier quart du XIXe siècle, certaines terres sont rachetées par des familles de notables afin de créer des domaines de villégiature. Les secteurs boisés sont notamment utilisés pour des activités équestres comme la chasse à courre. Les activités équestres et agricoles du secteur prennent fin vers le milieu du XXe siècle. Un projet résidentiel se met en branle à cette époque. Il est cependant abandonné en 1962 après des travaux de canalisation qui ont remodelé le réseau hydrographique du secteur. Les secteurs défrichés se reboisent graduellement par la suite. Dans le Bois-de-Saraguay, le couvert végétal est prédominant, comme il l'était au XVIIIe siècle. Plusieurs activités s'y étant déroulées ont également inscrit leurs marques dans le paysage. Des alignements de pierres et des sections épierrées évoquent les activités agricoles, tandis que le chemin du Polo ainsi que les vestiges possibles d'un ancien point d'eau circulaire et d'un bassin de nettoyage rappellent la pratique d'activités équestres. La maison du chauffeur du domaine Ogilvie s'intègre de façon harmonieuse à son environnement naturel et évoque l'aménagement des anciens domaines du site patrimonial. Des vestiges des aménagements paysagers, d'un ancien jardin et des résidences démolies témoignent de l'intérêt archéologique du lieu. Le Bois-de-Saraguay est par ailleurs un site archéologique, à l'exclusion du secteur résidentiel. Il rappelle les fonctions particulières qui ont façonné cet environnement naturel, et le fait qu'il fasse partie d'un parc-nature assure sa pérennité.

Le site patrimonial du Bois-de-Saraguay présente également un intérêt pour sa valeur paysagère puisqu'il constitue une zone forestière unique. Le Bois-de-Saraguay comporte une importante variété d'espèces floristiques, dont certaines sont désignées comme vulnérables, vulnérables à la récolte ou encore susceptibles d'être désignées menacées ou vulnérables. La forêt est composée de plusieurs peuplements forestiers, dont des érablières, des frênaies, des peupleraies et des chênaies. La présence de l'érable noir et du caryer cordiforme ou du caryer ovale dans les érablières à sucre constitue un phénomène plutôt rare qui contribue à la qualité remarquable de cet écosystème forestier. Plusieurs arbres centenaires se trouvent également sur le site. Le Bois-de-Saraguay est traversé par un ruisseau qui forme, en raison de la topographie du site, des marécages. La flore de certains secteurs témoigne aussi de l'occupation des lieux. Les zones qui ont été utilisées pour la culture ou le pâturage au cours du XIXe siècle sont recouvertes de peuplements forestiers plus jeunes composés d'essences différentes des secteurs plus matures. Sur les anciens domaines de villégiature se trouvent également des plantes horticoles témoignant de la présence d'anciens aménagements paysagers. Le Bois-de-Saraguay se distingue par la diversité végétale qui contribue à l'intérêt paysager. Il est considéré comme la forêt la mieux préservée de l'île de Montréal.



Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du site patrimonial du Bois-de-Saraguay liés ses valeurs paysagère incluent, notamment :
- la situation en bordure de la rivière des Prairies;
- la superficie d'environ 97 hectares divisée en quatre parties (île aux Chats, secteur des anciens domaines, forêt intérieure, secteur résidentiel);
- la présence dominante de l'érablière à érable à sucre dans les zones les mieux drainées et de l'érablière argentée dans les zones humides;
- le ruisseau;
- la présence de 257 espèces végétales vasculaires recensées, 20 désignées comme vulnérables (érable noir), vulnérables à la récolte (asaret du Canada, uvulaire à grandes fleurs et matteuccie fougère-à-l'autruche) ou encore susceptibles d'être désignées menacées ou vulnérables (caryer ovale, noyer cendré et staphylier à trois folioles);
- la variété écologique (milieu forestier, clairière, zones marécageuses, rivage, île) et la richesse faunique, dont 82 espèces d'oiseaux, sept espèces d'amphibiens, quatre espèces de chauves-souris (dont une espèce à statut précaire), trois espèces de reptiles (dont une espèce à statut précaire) et de nombreux mammifères comme le renard roux, le raton laveur, la moufette rayée, l'écureuil roux et l'écureuil gris;
- la maison du chauffeur en pierre (plan rectangulaire à un étage et demi, toit à deux versants droits, tour à toit conique, garage à trois portes);
- les traces du chemin menant de la maison du chauffeur à l'emplacement de l'ancienne demeure et le ponceau en pierre;
- le chemin du Polo et le chemin Paton;
- les plantes horticoles introduites (hémérocalles, narcisses et scilles de Sibérie) rappelant les différents aménagements paysagers des anciens domaines.



Informations historiques

Le Bois-de-Saraguay est situé en bordure de la rivière des Prairies, un cours d'eau fréquenté depuis des millénaires par les Amérindiens. À l'époque de la Nouvelle-France, le Bois-de-Saraguay fait partie du territoire de la seigneurie de l'Île-de-Montréal, acquise en 1663 par le Séminaire de Saint-Sulpice à Paris.

Les terres de ce secteur sont finalement concédées entre 1717 et 1725. L'endroit prend le nom de côte Saint-Louis ou du Bois-Franc. Les terres sont découpées selon le système parcellaire du régime seigneurial, c'est-à-dire en lots étroits et profonds. Contrairement aux autres lots situés le long de la rivière des Prairies, les concessions riveraines de cette côte sont desservies par un chemin situé à l'intérieur des terres.

Graduellement, les terres sont défrichées pour qu'on y pratique l'agriculture. La portion arrière des lots, qui correspond au site patrimonial du Bois-de-Saraguay, demeure cependant boisée. Les agriculteurs effectuent selon toute vraisemblance des coupes sélectives afin d'obtenir du bois de chauffage ou du bois de construction.

Vers le début du XIXe siècle, les activités agricoles atteignent la zone sud du site patrimonial du Bois-de-Saraguay. Certains secteurs, encore aujourd'hui délimités par des alignements de pierres, auraient également servi de pâturage.

À partir du dernier quart du XIXe siècle, les secteurs situés en bordure de la rivière des Prairies deviennent des lieux de villégiature prisés par les familles de notables de Montréal, dont les MacDougall, les Gault, les MacLennan, les Hooper et les Ogilvie. La plupart de leurs résidences étaient toutefois situées en dehors des limites du site patrimonial du Bois-de-Saraguay. La forêt située au sud est utilisée par les différentes familles pour des activités équestres comme la chasse à courre et le polo.

En 1914, le village de Saraguay est créé. Pendant l'entre-deux-guerres, les résidences d'été de l'endroit deviennent des résidences permanentes et Saraguay se transforme en une banlieue cossue.

Les familles de l'endroit continuent d'y pratiquer des activités équestres jusque dans les années 1940-1950. Les activités agricoles dans le secteur prennent également fin à cette époque.

Au milieu des années 1950, un projet immobilier visant le Bois-de-Saraguay voit le jour. Finalement abandonné en 1962, après la mise en place de certaines infrastructures, ce projet a laissé des traces visibles, notamment des bornes-fontaines et un fossé de canalisation.

Au cours des années 1960, des communautés religieuses s'établissent à Saraguay en rachetant les domaines de certaines familles anglophones, dont la congrégation de Sainte-Croix et les S¿urs de Sainte-Marcelline.

En 1974, plusieurs familles vendent leur propriété du Bois-de-Saraguay à un promoteur immobilier. Un projet de lotissement est publié en 1977. Un groupe s'organise alors pour s'opposer au projet de développement immobilier à haute densité. Parallèlement, un autre mouvement citoyen se crée pour demander la préservation intégrale du bois de Saraguay sous la forme d'un parc. L'endroit est alors perçu comme un secteur forestier très ancien, représentatif de la végétation précoloniale.

En 1981, le site patrimonial du Bois-de-Saraguay est déclaré par le gouvernement du Québec.

Ce dernier alloue des fonds à la Communauté urbaine de Montréal afin qu'elle rachète des terrains pour y créer un parc. Le parc régional du Bois-de-Saraguay (aussi connu sous le nom de parc-nature du Bois-de-Saraguay) est ainsi constitué en 1984.

À partir de la fin des années 1980, un quartier résidentiel est érigé dans la portion est du site patrimonial. D'autres secteurs ont fait l'objet d'interventions de reboisement planifiées destinées à les renaturaliser.

En 2011, la Ville annonce que le parc sera aménagé et ouvert au public. Le parc-nature est finalement ouvert au public en 2016. Il compte environ 1,8 km de sentier.

Source : Conseil du patrimoine culturel


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Site patrimonial du Mont-Royal



Site patrimonial du Mont-Royal

Le site patrimonial du Mont-Royal est un territoire urbain et naturel d'une superficie d'environ 750 hectares. Situé dans la partie sud-est de l'île de Montréal, il s'étend sur environ 4 km d'est en ouest et 2,5 km du nord au sud. Il est notamment délimité à l'est par l'avenue Duluth Ouest et par des lots bordant l'avenue de l'Esplanade et la rue Saint-Urbain; au sud par les rues Sherbrooke Ouest, McTavish, l'avenue du Docteur-Penfield et l'avenue Atwater; à l'ouest par la limite entre les villes de Montréal et de Westmount, par le chemin Summit Circle et l'avenue Oakland; au nord par le chemin Queen-Mary, la rue Jean-Brillant et l'avenue Gatineau; au nord-ouest par le boulevard Édouard-Montpetit, l'avenue Decelles, le chemin de la Côte-Sainte-Catherine, l'avenue de Darlington, l'avenue Vincent-D'Indy et le boulevard du Mont-Royal.

Le périmètre du site englobe les trois sommets du mont Royal, soit le sommet du Mont-Royal, le sommet d'Outremont et le sommet de Westmount, ainsi qu'une portion de ses flancs.

Les espaces verts du site patrimonial sont parmi les plus vastes de l'île de Montréal, aménagés pour la plupart au XIXe siècle. Le parc du Mont-Royal, le plus important, met en scène les éléments naturels et topographiques par sa forêt urbaine, ses sentiers sinueux, ses belvédères et le lac aux Castors. Les parcs des deux autres sommets, de même que quelques bois et parcs situés sur les flancs du mont Royal, contribuent également à la richesse naturelle du territoire. Le site compte aussi deux grands cimetières, soit le cimetière Mont-Royal et le cimetière de Notre-Dame-des-Neiges, ainsi que deux cimetières juifs plus petits.

La montagne émerge de la plaine qu'occupent la métropole et les régions limitrophes. Son altitude n'est pas uniforme et compte notamment des pentes plus escarpées au sud et à l'est. Une dépression centrale, nommée entre-monts, est délimitée par les versants intérieurs des trois collines qui l'entourent.

Cette topographie particulière détermine le réseau viaire, qui épouse les courbes de
niveau. Trois axes traversent complètement le site, soit la voie Camillien-Houde et le chemin Remembrance ainsi que les avenues des Pins Ouest et Cedar d'est en ouest, et le chemin de la Côte-des-Neiges du sud au nord. Une multitude d'éléments naturels, paysagers, urbanistiques, architecturaux, artistiques et archéologiques de grand intérêt caractérise le site patrimonial. L'organisation spatiale de ces éléments est également structurée par la topographie des lieux. Certains d'entre eux forment des points de repère et des vues significatifs qui contribuent au caractère identitaire du site patrimonial, tels que la croix du sommet du Mont-Royal, la tour du pavillon Roger-Gaudry de l'Université de Montréal, le dôme de la basilique du sanctuaire de l'Oratoire-Saint-Joseph-du-Mont-Royal ainsi que les flancs boisés contrastants avec le centre-ville construit.

Les flancs du mont Royal sont ceinturés par de grands ensembles institutionnels et des
zones résidentielles. Ils regroupent des bâtiments construits du XIXe siècle à nos jours, qui présentent une grande diversité stylistique. De nombreux types d'architecture s'y côtoient et reflètent les différentes utilisations du territoire, notamment d'imposants complexes hospitaliers, deux campus universitaires, des maisons d'enseignement, un lieu de pèlerinage, des résidences bourgeoises, des ouvrages de génie civil et des bâtiments récréatifs et culturels.

Le site patrimonial compte sept biens patrimoniaux classés. Il comprend aussi une centaine de monuments commémoratifs et d'œuvres d'art public ainsi que 12 sites inscrits à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec.

Le site patrimonial du Mont-Royal, déclaré en 2005, est un territoire urbain qui s’étend sur environ 4 km d’est en ouest et 2,5 km du nord au sud.

La silhouette de la montagne qui domine le centre-ville, les coupes rocheuses qui ceinturent certaines voies et les escarpements qui exposent les phénomènes géologiques constituent des éléments uniques du paysage naturel montréalais.



Valeur patrimoniale

Le site patrimonial du Mont-Royal présente un intérêt pour sa valeur historique. L'occupation amérindienne du mont Royal remonte probablement à 5 000 ans avant aujourd'hui. Les Sulpiciens établissent le domaine de la Montagne au pied du mont Royal au milieu du XVIIe siècle. De 1780 à 1840 environ, l'environnement rural se transforme au gré de l'émergence de villages et du développement de la villégiature saisonnière. À partir de la deuxième moitié du XIXe siècle, diverses institutions commencent à choisir la montagne pour installer leurs activités. Le parc du Mont-Royal est créé en 1876 et la montagne devient un lieu privilégié pour les activités récréatives et sportives.

Le site patrimonial présente aussi un intérêt pour sa valeur paysagère. La montagne est un point de repère et elle offre plusieurs points d'observation. Le parc du Mont-Royal et les cimetières participent également à la valeur paysagère du site. Par ailleurs, la géologie et la géomorphologie de la montagne se manifestent notamment par la présence de parois rocheuses et de talus d'éboulis. Des arbres remarquables ponctuent le territoire, tout comme des espèces végétales indigènes.

Le site patrimonial présente de plus un intérêt pour ses valeurs emblématique et identitaire. La montagne est le symbole par excellence de la métropole. Elle s'affirme à travers les siècles comme un territoire de ressourcement, un sujet prisé par les peintres et les écrivains, un lieu de pèlerinage, une nécropole ainsi qu'un hôte de l'élite. La montagne symbolise à la fois la nature, le sacré et le prestige.

Le site patrimonial présente également un intérêt pour sa valeur architecturale. Il se caractérise d'abord par l'intérêt de ses ensembles hospitaliers érigés à partir de 1858. Il comprend aussi deux campus et plusieurs maisons d'enseignement illustrant l'architecture scolaire des XIXe et XXe siècles. Le territoire compte également des bâtiments religieux, des résidences bourgeoises, des éléments marquants du génie civil et des bâtiments récréatifs et culturels. Il se caractérise enfin par la diversité stylistique de son cadre bâti architectural.

Le site patrimonial présente en outre un intérêt pour sa valeur urbanistique. Son réseau viaire et son système parcellaire témoignent des différentes phases d'aménagement de ce territoire. Plusieurs tracés montrent la persistance de l'organisation du territoire établi à la fin du XVIIe siècle. Au cours des XVIIIe et XIXe siècles, plusieurs lots sont subdivisés alors que d'autres terres sont remembrées. Certains secteurs du mont Royal s'urbanisent à partir du XIXe siècle comme en témoignent la densification des lots et l'ouverture de nouvelles voies de communication.

Le site patrimonial présente un intérêt pour sa valeur ethnologique associée à son utilisation au fil du temps. Le mont Royal est notamment un lieu d'inhumation important, tant pour les Autochtones que pour les Euroquébécois. Le mont Royal est également un lieu de prestige où s'établit l'élite montréalaise dès la première moitié du XIXe siècle. Le prestige de la montagne attire également des institutions du savoir et de la santé.

Le site patrimonial présente en outre un intérêt pour sa valeur archéologique. Des traces de présence amérindienne ont été mises au jour dans différents secteurs du mont, notamment plusieurs sépultures associées aux Iroquoiens du Saint-Laurent. L'occupation euroquébécoise a également laissé des témoins importants. Le territoire possède également un important potentiel archéologique.

Le site patrimonial présente de plus un intérêt pour sa valeur artistique. Plusieurs œuvres d'artistes de renom ponctuent le territoire et témoignent de la statuaire des XIXe et XXe siècles. Le site comprend également des œuvres d'art abstraites intégrées à l'environnement et à l'architecture.



Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du site patrimonial du Mont-Royal liés à ses valeurs historique, paysagère, emblématique, identitaire, architecturale, urbanistique, ethnologique, archéologique et artistique comprennent, notamment :
- la présence de carrières, entre autres de cornéenne d'Utica;
- la croix symbolisant la croix votive de Maisonneuve, les monuments commémoratifs et funéraires ainsi que les œuvres d'art public;
- les institutions religieuses, éducatives et hospitalières, dont la maison-mère des Sœurs des Saints-Noms-de-Jésus-et-de-Marie, le campus de l'Université McGill de type pavillonnaire et celui de l'Université de Montréal de plan compact (bâtiment principal), l'ancien Séminaire de philosophie, le collège Jean-de-Brébeuf et le collège Notre-Dame;
- les grands complexes hospitaliers, dont l'Hôtel-Dieu (hôpital-couvent), l'hôpital Royal Victoria (hôpital pavillonnaire) et l'hôpital Shriners;
- les espaces sacrés, dont les cimetières et les lieux de culte, notamment le cimetière Mont-Royal de type cimetière-jardin (avec ses charniers et son premier crématorium), le cimetière Notre-Dame-des-Neiges comprenant certains aménagements d'inspiration française (avec son pavillon administratif, sa porte d'accueil, son charnier et la chapelle de la Résurrection), le cimetière Shaerith Israel, le cimetière Shaar Hashomayim, le cimetière de la synagogue Temple Emanu-El à l'intérieur des limites du cimetière Mont-Royal, ainsi que l'oratoire Saint-Joseph;
- les parcs et les infrastructures de loisirs, dont le parc du Mont-Royal mettant en valeur le caractère escarpé et naturel du terrain (avec son belvédère, son chalet et le pavillon du lac aux Castors), le parc Summit (réserve d'oiseaux et de plantes), le parc Jeanne-Mance, le parc Rutheford et le parc Jean-Brillant;
- les témoins de l'architecture rurale et villageoise, dont la maison Simon-Lacombe, bien patrimonial classé;
- les témoins de l'architecture de villégiature, dont la maison Hosea-Bonnen-Smith et la villa Terra Nova;
- les témoins de l'architecture bourgeoise du XIXe siècle, dont la maison Albert-Furness, la maison Duggan, la maison Ravenscrag et les maisons en rangée Rupert;
- les témoins de l'architecture bourgeoise du XXe siècle, dont la maison Charles-G.-Greenshields, la maison et le site de la maison John-Wilson-McConnell, la maison Joseph-Aldéric-Raymond et la maison Ernest-Cormier, biens patrimoniaux classés;
- les conciergeries de l'îlot-Trafalgar-Gleneagles, site patrimonial classé;
- les ouvrages de génie, dont le réservoir et l'usine de pompage McTavish ainsi que le tunnel ferroviaire;
- le lotissement, de formes et de dimensions variées;
- le réseau viaire, dont la voie Camillien-Houde, nommée chemin Remembrance sur une partie de son parcours, le chemin de la Côte-des-Neiges évoquant l'ouverture des côtes au Régime français, les voies en cul-de-sac, ainsi que les escaliers;
- les vues sur et depuis la Montagne;
- ses paysages variés reposant sur la topographie et la diversité de ses espaces naturels et semi-naturels riches en arbres, en arbustes et en plantes herbacées et abritant de nombreuses espèces animales;
- les coupes rocheuses et les escarpements exposant les phénomènes géologiques;
- les sites préhistoriques d'exploitation et de transformation lithiques ainsi que les sites domestiques et de sépultures inscrits à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec;
- les zones à potentiel archéologique amérindien ou euroquébécois.



Informations historiques

Le territoire de l'actuel site patrimonial du Mont-Royal est connu et exploité depuis des millénaires. Les occupations amérindiennes les plus anciennes retracées à ce jour remontent probablement à 5000 ans. La Montagne est visitée en 1535 par l'explorateur Jacques Cartier (1491-1557), qui lui donne le nom de « mont Royal ». En 1643, Paul de Chomedey de Maisonneuve (vers 1612-1676), fondateur de Montréal, y fait planter une croix.

En 1663, les Sulpiciens deviennent seigneurs de l'île. Ils établissent leur domaine au pied de la Montagne. De 1780 à 1840 environ, son paysage rural se voit transformé par les changements apportés aux pratiques agricoles, l'émergence de noyaux villageois et le développement de la villégiature saisonnière, née sous l'influence du mouvement hygiéniste.

Durant les trois décennies suivantes (1840-1870), les domaines sont lotis et apparaît notamment le Mille carré doré. Depuis longtemps et encore aujourd'hui, l'alimentation en eau potable de la ville dépend du mont Royal; relié à cette fonction, on assiste entre autres à la construction du réservoir McTavish (1852-1856). C'est aussi à cette époque que diverses institutions commencent à choisir la Montagne pour y installer ou étendre leurs activités. S'y implantent notamment l'Université McGill et l'Hôtel-Dieu des Hospitalières de Saint-Joseph. Les préoccupations croissantes pour la salubrité amènent le déménagement des cimetières hors des quartiers peuplés. Les cimetières Mont-Royal (protestant) et Notre-Dame-des-Neiges (catholique) ainsi que les cimetières juifs Shaerith Israel (sépharade) et Shaar Hashomayim (ashkénaze) voient ainsi le jour entre 1852 et 1863.

À partir de 1870, la Montagne est rattrapée par l'urbanisation et la destruction du couvert végétal. Pour préserver ce lieu, le conseil municipal de Montréal achète des terrains et engage l'architecte paysagiste Frederick Law Olmsted (1822-1903) pour créer le parc du Mont-Royal. Aménagé à partir de 1874, celui-ci est inauguré en 1876. Ce geste est le premier règlement de protection d'un paysage patrimonial au Québec.

Entre 1880 et 1930, la vocation institutionnelle des flancs de la montagne se consolide. Par exemple, l'Université McGill construit de nouveaux pavillons, et les hôpitaux Royal Victoria et Shriners sont inaugurés en 1893 et en 1925. Sur le versant nord, le collège Jean-de-Brébeuf ouvre ses portes en 1928. La basilique de l'oratoire Saint-Joseph est mise en chantier en 1922 et devient rapidement l'un des plus importants lieux de pèlerinage du pays. La montagne accueille aussi d'importants monuments commémoratifs, dont celui de George-Étienne Cartier (1919) et la croix lumineuse (1924) rappelant le geste de Maisonneuve.

Pendant cette période, la montagne devient un lieu de prédilection pour les activités populaires. Elle est parcourue par les raquetteurs et sert aux exercices militaires, aux expositions et à divers rassemblements. Un terrain de golf est aménagé dans les années 1870. Conséquence de cette affluence, un funiculaire est mis en service en 1885 et un belvédère est construit en 1906. Au siècle suivant, des carrières sont exploitées à Westmount et sur le flanc nord du mont Royal et un tunnel ferroviaire est percé dans le roc.

Entre 1930 et 1980, la montagne est complètement ceinturée par le tissu urbain. L'expansion des institutions se poursuit, notamment avec l'achèvement des bâtiments originaux de l'Université de Montréal (1943). Le pavillon du lac aux Castors (1955-1958) est aussi érigé.

Les années 1980 amènent des projets controversés. La montagne est alors convoitée par des promoteurs. Certains projets sont contestés par des groupes de défense du patrimoine. Ainsi naissent Les amis de la montagne (1982) et le Centre de la montagne (1987).

En 1987, un site patrimonial est créé par la Ville de Montréal. En 1992 est adopté un plan de mise en valeur du mont Royal.

Le site patrimonial du Mont-Royal est déclaré par le gouvernement du Québec en 2005.

Source : Conseil du patrimoine culturel


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Site patrimonial du Vieux-Québec



Site patrimonial du Vieux-Québec

Le site patrimonial du Vieux-Québec est un territoire urbain d'environ 135 hectares. Il est composé de deux secteurs distincts, une partie haute sur le promontoire du cap Diamant et une partie basse sur une bande de terre entre la falaise, la rivière Saint-Charles et le fleuve Saint-Laurent, à l'endroit même où ce cours d'eau se fait plus étroit. Il comprend près de 1400 bâtiments construits à partir du XVIIe siècle qui forment un paysage architectural diversifié évoquant ses principales fonctions, commerciale, culturelle, financière, institutionnelle, militaire, religieuse et résidentielle. Le site témoigne de quatre siècles d'architecture et compte des immeubles d'inspiration française, des édifices d'esprit palladien et néoclassique ainsi que des bâtiments d'influence plus éclectique.

Ce bien est déclaré site patrimonial. De forme irrégulière, le périmètre du site est approximativement délimité par le fleuve Saint-Laurent, les rues Saint-André et Saint-Paul, les secteurs du Palais de l'intendant et de l'îlot Fleurie, la rue Saint-Vallier Est, la côte d'Abraham, et par une ligne imaginaire passant entre l'Hôtel du Parlement et les remparts qui se poursuit jusqu'à la falaise et le fleuve. Le site est inclus dans l'arrondissement municipal de La Cité. Il englobe la ville fortifiée située dans le quartier Vieux-Québec-Haute-Ville, ainsi que certaines portions des quartiers Vieux-Québec-Basse-Ville, Cap-Blanc (à l'ouest) et Saint-Roch (au nord). Il compte plusieurs biens patrimoniaux classés. De nombreux sites archéologiques connus, témoignant de la présence autochtone et euroquébécoise, sont également associés au lieu.

Le site patrimonial du Vieux-Québec, déclaré en 1963 et agrandi en 1964, est un territoire urbain d’environ 135 hectares.

Il est composé de deux secteurs distincts, une partie haute sur le promontoire du cap Diamant et une partie basse sur une bande de terre entre la falaise, la rivière Saint-Charles et le fleuve Saint-Laurent. Il comprend près de 1 400 bâtiments construits à partir du XVIIe siècle, qui forment un paysage architectural diversifié évoquant ses principales fonctions, commerciale, culturelle, financière, institutionnelle, militaire, religieuse et résidentielle. L’ensemble témoigne de quatre siècles d’architecture et compte des immeubles d’inspiration française, des édifices d’esprit palladien et néoclassique ainsi que des bâtiments d’influence plus éclectique.




Valeur patrimoniale

Le site patrimonial du Vieux-Québec présente un intérêt pour sa valeur historique. Berceau de la civilisation française en Amérique, ce territoire urbain possède une densité historique remarquable et de nombreux repères mémoriels. Fréquenté par les autochtones depuis des millénaires, Québec est fondé en 1608 par l'explorateur français Samuel de Champlain (vers 1570-1635). De comptoir de traite, le lieu devient la capitale de la Nouvelle-France en 1663. Conquis en 1759, il est le siège administratif de la nouvelle colonie britannique (1763), puis une cité parlementaire (1791). En 1871, la garnison britannique quitte la ville. À l'initiative de Lord Dufferin (Frederick Temple Blackwood, 1826-1902), alors gouverneur général du Canada, le Vieux-Québec est graduellement perçu comme un lieu de mémoire national. Depuis, son caractère de cité-forteresse est mis en valeur et ses réaménagements s'inscrivent dans une continuité significative. Le site est aujourd'hui le centre historique et touristique de la capitale du Québec et le haut-lieu de l'Amérique française.

Le site patrimonial présente aussi un intérêt pour sa valeur paysagère. Né d'une adaptation à la topographie du site, ce paysage urbain se distingue par ses deux ensembles hiérarchisés, l'un à la haute-ville et l'autre à la basse-ville. La partie haute est structurée par son cadre institutionnel et par ses fortifications, avec la citadelle érigée sur le point culminant du cap Diamant, qui témoignent avec éloquence de l'aménagement des villes coloniales fortifiées et forment de loin l'exemple le plus complet préservé en Amérique du Nord. La partie basse, commerciale et portuaire, est enclavée entre la falaise et le fleuve. Le territoire se distingue aussi par son parcellaire varié, ses percées visuelles et ses vastes panoramas qui englobent parfois les environs ainsi que par la diversité de ses repères bâtis et naturels. La trame urbaine ancienne, au rythme et à la physionomie contrastée, est formée par le réseau initial des rues (radioconcentrique et orthogonal) et ponctuée de places qui témoignent de la période française. Certains aménagements réalisés depuis 1875 valorisent ses origines françaises.

Le site patrimonial présente également un intérêt pour sa valeur architecturale. On y trouve quelques-uns des exemples les plus achevés de l'architecture québécoise, notamment des XVIIIe et XIXe siècles. Le patrimoine bâti témoigne du caractère urbain de Québec et représente ses principales fonctions : commerciale, culturelle, financière, institutionnelle, militaire, religieuse et résidentielle. La concentration de bâtiments d'inspiration française est exceptionnelle. L'architecture postérieure à 1790, inspirée de l'architecture palladienne et néoclassique, marque aussi profondément le paysage. Quant à l'architecture plus éclectique d'après 1850, elle puise à la fois aux sources contemporaines britanniques, françaises et à celles des États-Unis. Le territoire compte plusieurs œuvres d'architectes célèbres qui ont marqué l'histoire de l'architecture québécoise et en font la richesse. La mise en valeur du site, après 1960, s'est accompagnée de plusieurs reconstitutions historiques.

Le site patrimonial présente en outre un intérêt pour sa valeur archéologique. Le territoire renferme 470 sites archéologiques connus qui témoignent de l'occupation humaine du lieu depuis la présence autochtone et des modes de vie de ses habitants. L'époque de la Nouvelle-France est particulièrement bien représentée. Les traces d'occupation attestent l'importance stratégique de Québec comme lieu d'établissement, tant d'un point de vue militaire et politique que commercial. Ce territoire est l'un des mieux documentés en matière d'archéologie en Amérique du Nord et le plan d'aménagement du site intègre le volet archéologique, grâce à une très bonne connaissance de son potentiel.



Éléments caractéristiques

Les éléments clés du site patrimonial du Vieux-Québec liés à ses valeurs historique, paysagère, architecturale et archéologique comprennent, notamment :
- sa situation dans l'arrondissement municipal de La Cité-Limoilou, sur le promontoire du cap Diamant et sur une bande de terre entre la falaise, la rivière Saint-Charles et le fleuve Saint-Laurent;
- les 470 sites archéologiques connus permettant de retracer l'occupation humaine du lieu;
- les portions intactes offrant un potentiel archéologique;
- les immeubles et les sites patrimoniaux;
- les deux ensembles hiérarchisés, nés de la topographie du site, celui de la partie haute structuré entre autres par son cadre institutionnel et par ses fortifications et celui de la partie basse marqué notamment par un noyau commercial et portuaire;
- les fortifications, dont les remparts, la citadelle sur le point culminant du cap Diamant, les casernes et les redoutes;
- le parcellaire varié, dont les grands îlots institutionnels de la partie haute, les petits lots carrés majoritairement résidentiels comblant l'espace entre les grands îlots dans la partie haute et bordant la falaise dans la partie basse ainsi que des îlots au profil irrégulier;
- la trame urbaine ancienne, au rythme et à la physionomie contrastés, dont le réseau initial des rues de plan orthogonal dans la partie basse et de plan radioconcentrique et orthogonal dans la partie haute, les voies d'accès à la partie haute naturelles à l'origine (parmi lesquelles la côte de la Montagne, la côte du Palais et la côte d'Abraham), le parcours sinueux de certains tracés anciens soumis à la topographie et les anciennes places;
- les repères bâtis et naturels, dont le fleuve Saint-Laurent, le cap Diamant, la falaise et son boisé, la façade fluviale avec sa ligne de quais et une partie de ses rives couvertes de végétation, les édifices distinctifs à vocation institutionnelle ou commerciale, la terrasse, les portes des fortifications, les parcs, les places, les espaces publics et les monuments commémoratifs;
- les vastes panoramas englobant parfois les environs et ses percées visuelles malgré l'étroitesse des rues;
- les édifices témoignant de différentes fonctions, notamment commerciale, culturelle, financière, institutionnelle, militaire, religieuse et résidentielle;
- les bâtiments d'inspiration française caractérisés par les maçonneries portantes en moellons parfois crépies et chaulées, les élévations de deux ou trois étages, les toits aigus à versants droits ou à croupes souvent percés de lucarnes, les cheminées massives, les murs coupe-feu, les fenêtres à battants à petits carreaux, les chambranles en pierre taillée ainsi que l'ornementation sobre;
- les bâtiments d'inspiration palladienne et néoclassique caractérisés par la symétrie des façades, les maçonneries portantes en pierre taillée, en moellons couvertes d'un crépi imitant la pierre de taille ou encore en brique, les élévations de trois ou quatre étages, les toits de pente moyenne à versants droits ou à croupes percés de lucarnes, l'ordonnance régulière des fenêtres à battants ou à guillotine et l'ornementation sobre puisant au répertoire classique;
- les bâtiments érigés après 1850 caractérisés par leurs vocabulaires formels variés puisant notamment dans l'architecture victorienne, Second Empire et Beaux-Arts, les maçonneries (portantes ou de revêtement) en pierre ou en brique, les élévations souvent à trois ou quatre étages, les toits aux formes variées notamment à pignon, mansardés ou plats, l'ornementation souvent abondante et riche en pierre ou en bois;
- la mitoyenneté des constructions;
- les plans rectangulaires ou irréguliers épousant la forme des lots;
- les cours arrière accessibles par des portes cochères.



Informations historiques

Le territoire du site patrimonial du Vieux-Québec est le berceau de la civilisation française en Amérique du Nord. Ce lieu possède une densité historique remarquable et de nombreux repères mémoriels.

Fréquenté par les autochtones depuis la préhistoire, Québec est fondé en 1608 par Samuel de Champlain (vers 1570-1635), explorateur français, à la demande de Pierre Du Gua De Monts (vers 1558-1628), détenteur d'un monopole commercial. Québec est d'abord un comptoir de traite des fourrures. En 1615, le lieu accueille ses premiers missionnaires. La construction du fort Saint-Louis sur le cap Diamant, en 1620, marque la naissance de la partie haute de la cité.

En 1663, la Nouvelle-France est annexée au domaine royal, et Québec en devient la capitale. Les fonctions institutionnelles, militaires, commerciales et portuaires se développent, et les fortifications se complexifient. De nombreux bâtiments d'inspiration française sont érigés.

Assiégé par les Britanniques en 1759, Québec capitule. En 1763, l'ancienne capitale de la Nouvelle-France devient le siège administratif de la nouvelle colonie anglaise. La cité est désignée capitale parlementaire du Bas-Canada en 1791, et ses activités institutionnelles se consolident. Les nouveaux édifices s'inspirent de l'architecture palladienne et néoclassique, ce qui modifie le visage de la ville.

Pendant la première moitié du XIXe siècle, la région de Québec connaît une importante croissance économique. Sa population augmente rapidement, notamment avec l'arrivée des immigrants, et se répand hors les murs dans les faubourgs. Cette prospérité découle principalement du blocus continental (1806-1814) imposé à l'Angleterre par la France. Québec devient alors la plaque tournante du commerce du bois, de la construction navale et l'un des principaux ports en Amérique du Nord. La citadelle est alors construite sur le cap Diamant, faisant de Québec le « Gibraltar d'Amérique ».

La deuxième moitié du XIXe siècle est une période de déclin pour Québec. Les chemins de fer s'installent d'abord sur la rive sud du fleuve. Le commerce du bois et la construction navale s'essoufflent. Québec perd, de plus, son statut de capitale du Canada-Uni. Les principales activités économiques et politiques se déplacent ainsi vers l'ouest.

En contrepartie, la cité de Champlain devient, en 1867, la capitale de la province de Québec. Elle s'impose comme le principal centre urbain et industriel de l'Est-du-Québec et d'une partie des Maritimes. L'architecture plus éclectique de cette période puise à la fois aux sources contemporaines britanniques, françaises et à celles des États-Unis.

En 1871, la garnison britannique quitte Québec. Ce départ met en question la survivance des fortifications. Elles seront néanmoins conservées, notamment grâce à Lord Dufferin (Frederick Temple Blackwood, 1826-1902), gouverneur général du Canada. Le Vieux-Québec est perçu graduellement comme un lieu de mémoire national. Son caractère de cité-forteresse est mis en valeur par la reconstruction de certaines portes des fortifications et l'édification du Château Frontenac, un hôtel construit sur le site du château Saint-Louis.

Le site patrimonial du Vieux-Québec est déclaré en 1963 et agrandi l'année suivante. Les réaménagements du Vieux-Québec s'inscrivent désormais dans une continuité significative et tiennent compte des aspects historiques. Le chantier de Place-Royale et ses reconstitutions historiques valorisent le passé français de la cité. Le lieu devient aussi un objet d'étude historique, architectural et archéologique.

En 1985, le site patrimonial du Vieux-Québec est le premier noyau urbain en Amérique du Nord à être inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO).

Le site est aujourd'hui le centre historique et touristique de la capitale du Québec et le haut-lieu de l'Amérique française.

Source : Conseil du patrimoine culturel


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Village historique de Val-Jalbert



Village historique de Val-Jalbert

Le village historique de Val-Jalbert est un ancien village industriel créé en 1901 autour d'une usine de production de pâte de bois et déserté durant les années 1930. Le site comprend un ensemble de 94 bâtiments, dont une usine de pâte à papier, des édifices institutionnels et commerciaux, des habitations, des installations touristiques ainsi que de nombreux vestiges. Le village historique de Val-Jalbert est situé au sud-ouest du lac Saint-Jean, dans la municipalité de Chambord, à l'extérieur du noyau villageois.

Ce bien est classé site patrimonial. La protection s'applique à l'extérieur des bâtiments, aux vestiges, aux structures et au terrain de près de deux kilomètres carrés qui suit l'axe nord-sud de la rivière Ouiatchouan, depuis la chute Maligne jusqu'à son embouchure. Un site archéologique est associé au lieu.


Valeur patrimoniale

Le village historique de Val-Jalbert présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. La Compagnie de pulpe Ouiatchouan est créée en 1901 par l'homme d'affaires Damase Jalbert (1842-1904) pour répondre aux besoins croissants des marchés britanniques et américains pour le papier journal. Devenue propriété de la Compagnie de pulpe de Chicoutimi en 1909, sous la direction de Julien-Édouard-Alfred Dubuc (1871-1947), l'entreprise est l'une des rares industries de pâte à papier financée par des Canadiens français dans la province. Val-Jalbert constitue donc un lieu important pour l'histoire de ce type d'industrie et témoigne d'une époque pendant laquelle des Canadiens français tentent de se tailler une place dans l'économie québécoise et mondiale.

Le village historique de Val-Jalbert présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur urbanistique. Les villes de compagnie sont composées de bâtiments et d'infrastructures qui appartiennent aux entreprises qui les ont créées. Val-Jalbert comprend deux secteurs, la haute et la basse ville, le premier étant résidentiel et le second, industriel, commercial et institutionnel. Les premières maisons sont construites dès 1902, mais le village se développe véritablement à partir de 1904, selon un plan d'urbanisme établi par le nouveau propriétaire, la Ouiatchouan Falls Paper Company, une société américaine. Les quatre modèles d'habitations ouvrières conçus par cette compagnie sont cependant réalisés par la Compagnie de pulpe de Chicoutimi, qui lui succède en 1909. Ces deux entreprises fournissent également des services publics au village, comme un réseau d'égouts, d'aqueduc, d'électricité et de téléphone. L'artère principale est macadamisée et plantée d'arbres, les rues bordées de trottoirs de bois et éclairées. Val-Jalbert reflète toujours le caractère particulier qu'il avait dans les années 1920, soit celui d'une enclave moderne en milieu rural.

Le village historique de Val-Jalbert présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur paysagère. Au tournant du XXe siècle, les industries de pâte de bois mécanique s'installent à proximité de cours d'eau capables de fournir l'énergie hydraulique nécessaire au fonctionnement de la machinerie. Val-Jalbert est implanté au coeur d'un site naturel exceptionnel comprenant, entre autres, la rivière Ouiatchouan et ses chutes hautes de près de 72 mètres. De plus, le secteur forestier ceinturant la rivière constitue une immense réserve de matière première. L'emplacement du village a donc été choisi de manière à profiter au maximum des avantages de la rivière et constitue un témoignage éloquent des pratiques de l'industrie de la pâte à papier à cette époque.

Le village historique présente en outre un intérêt patrimonial pour sa valeur technologique. En raison de la brièveté de son occupation, le site a subi peu de transformations, ce qui permet de lire son organisation spatiale initiale tout en retrouvant des exemples des divers bâtiments. L'usine et les équipements uniques qu'il contient, notamment une bouilloire, des turbines, un défibreur et des presses hydrauliques, permettent également de reconstituer le procédé de production de la pâte mécanique utilisé dans les années 1920. Pris en charge par l'Office du tourisme dès 1960, puis par la MRC Le Domaine-du-Roy, le village fait l'objet d'une mise en valeur depuis plus de 50 ans et permet une meilleure compréhension des agglomérations industrielles du tournant du XXe siècle.


Éléments caractéristiques

Les éléments-clés du village historique de Val-Jalbert liés à ses valeurs historique, urbanistique, paysagère et technologique comprennent, entre autres :
- les deux quartiers, soit la haute et la basse ville;
- le réseau de rues;
- les bâtiments et les vestiges résidentiels, dont les habitations en bois des ouvriers construites selon quatre modèles et les vestiges de la maison de l'intendant;
- les bâtiments secondaires, dont les granges et les vestiges d'écurie;
- les bâtiments commerciaux, dont le magasin général-hôtel et la boucherie;
- les bâtiments institutionnels, dont le couvent-école en bois, les fondations de l'église Saint-Georges de la Ouiatchouan, les vestiges du presbytère et ceux de la première chapelle;
- les vestiges d'un ancien moulin à farine;
- la rivière, les chutes et le secteur boisé;
- le moulin de pâte à bois mécanique en pierre;
- les équipements fixes du moulin, notamment une bouilloire, des turbines, un défibreur et un ramasse-pâte, un tamis, des presses et des contrepoids hydrauliques;
- les autres installations, dont les vestiges du barrage, de la conduite forcée, de l'amenée de bois et du débarcadère ferroviaire;
- le site archéologique amérindien et euroquébécois.


Informations historiques

L'histoire du village de Val-Jalbert débute par la fondation de la Compagnie de pulpe Ouiatchouan par Damase Jalbert, en 1901. À cette époque, une maison, un moulin à farine, un moulin à scie et une boutique de forge existent déjà à cet endroit. Une partie de ces équipements est donc adaptée et incorporée au nouveau complexe industriel.

En 1904, l'entreprise connaît d'importantes difficultés financières. Elle est alors acquise par des actionnaires américains et devient la Ouiatchouan Falls Paper Company. À l'origine du premier plan d'urbanisme du village, les nouveaux propriétaires, aux prises à leur tour avec des problèmes financiers, la revendent à la Compagnie de pulpe de Chicoutimi en 1907. Le directeur général de cette dernière, Julien-Édouard-Alfred Dubuc (1871-1947), homme d'affaires bien connu de Chicoutimi, entreprend rapidement des travaux d'expansion du complexe industriel et du village. Celui-ci prend le nom de Val-Jalbert en 1913, en mémoire de son fondateur. À l'été 1915, le gouvernement du Québec fait préparer un nouveau plan pour le village et l'érige alors en municipalité, à la demande des citoyens.

Le plus grand concurrent de Dubuc, la Price Brothers, se porte acquéreur de la moitié des obligations émises par la Compagnie de pulpe de Chicoutimi en 1922 et fait ainsi son entrée à son conseil d'administration. Ce coup de théâtre entraîne la démission de Dubuc un an plus tard. L'usine de Val-Jalbert devient propriété de la Quebec Pulp and Paper Mills Ltd en 1926.

Dès 1927, la Quebec Pulp and Paper Mills rencontre des difficultés. Elle ne dispose pas des ressources financières nécessaires pour moderniser l'usine et pour construire une usine de fabrication de papier, ce qui aurait permis la survie de Val-Jalbert. Elle ferme donc ses portes, laissant des centaines d'ouvriers sans travail. La compagnie a, par ailleurs, des dettes envers le gouvernement du Québec depuis 1923, parce qu'elle n'a pas payé sa part des travaux d'aménagement d'un réservoir au lac Kénogami. Pour se rembourser, le gouvernement la met donc en faillite en 1942 et récupère les équipements de l'usine de Val-Jalbert. L'Office du tourisme rénove le site dans les années 1960 et en assure la gestion. Le village « fantôme » de Val-Jalbert est dès lors ouvert au public. Il passe entre les mains de la Société des établissements de plein air du Québec (SÉPAQ) en 1987, qui s'associe à la MRC Le Domaine-du-Roy en 1998 pour poursuivre sa mise en valeur.

Le village de Val-Jalbert est classé en 1996.

À partir du tournant du XXIe siècle, plusieurs bâtiments sont restaurés, dont le magasin général et des maisons de la rue Saint-Georges, transformées en lieu d'hébergement. Plusieurs interventions archéologiques ont également lieu sur le site.

En 2009, la MRC du Domaine-du-Roy devient l'unique propriétaire du village historique de Val-Jalbert. Le site constitue un attrait touristique majeur de la région.

Source :


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Abénaquis



Musée Abénaquis

Les Abénaquis (ou Wôbanakies) sont une Première Nation algonquienne d'Amérique du Nord, dont le nom signifie « peuple de l'aube » ou « peuple de l'est » ; ils occupaient historiquement le sud du Québec, le Maine et la Nouvelle-Angleterre, s'installant définitivement au Québec, principalement à Odanak (près de Sorel) et Wôlinak (près de Trois-Rivières), où ils vivent aujourd'hui. Connus pour leur vannerie et leur spiritualité harmonieuse, ils sont un peuple résilient qui a historiquement soutenu les Français contre les Anglais et qui maintient aujourd'hui sa culture, avec des institutions comme le Musée des Abénakis à Odanak.

Texte généré par Gemini (IA)


Population et territoire

Odanak et Wôlinak, les deux communautés abénaquises du Québec, sont situées sur la rive sud du Saint-Laurent, près de Trois-Rivières, entre Sorel et Bécancour. On compte plus de 3 000 Abénaquis au Québec, dont 400, au moins, demeurent à Odanak et à Wôlinak. Des centaines d’Abénaquis vivent en dehors de leur communauté, un peu partout en Amérique du Nord.


Langue

Les Abénaquis appartiennent à la grande famille linguistique et culturelle algonquienne. Au Québec, ils parlent français, et plusieurs d’entre eux connaissent aussi l’anglais. La langue abénaquise est toujours parlée par certaines personnes aînées.


Histoire

Au regard de l’histoire, la vannerie de frêne et de foin d’odeur a longtemps constitué une source importante de revenus pour la nation abénaquise. Chaque été, les familles abénaquises se rendaient aux États-Unis pour vendre leurs paniers fabriqués durant l’hiver. Puis, au début du 20e siècle, des marchands de Montréal, de Toronto et de New York ont fait le trajet inverse en venant directement à Odanak acheter la production des Abénaquis et leur vendre la matière première. Les familles ont alors cessé leurs voyages estivaux vers les États-Unis.


Économie

De nombreux organismes culturels sont voués à la protection et à la diffusion de la culture abénaquise. Depuis 1960, la Société historique d’Odanak administre le Musée des Abénakis, l’un des plus importants musées autochtones du Québec. Le groupe Alnôbaiwi organise des activités culturelles et communautaires auxquelles sont conviés tant les Autochtones que les allochtones. Une troupe de danse, Mikwôbait, se produit également au Québec et à l’étranger.

Les Abénaquis de Wôlinak possèdent une plantation de pins et plusieurs petites et moyennes entreprises, dont une résidence pour personnes âgées, une usine de produits de fibre de verre et une entreprise de collecte d’ordures ménagères et de matières recyclables. En 1999, le Conseil des Abénakis de Wôlinak a mis sur pied le Carrefour Wôlinak, un incubateur d’entreprises qui apporte son aide aux petites entreprises tant autochtones que non autochtones. Odanak accueille aujourd’hui l’Institution Kiuna, le premier centre d’études collégiales consacré à l’éducation des Autochtones du Québec.

Source : Gouvernement du Québec


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Algonquins (Anishinabe)



Mosaïculture représentant la nation algonquine

Les Algonquins (ou Anishinabeg) sont un peuple autochtone d'Amérique du Nord, faisant partie de la grande famille linguistique algonquienne, vivant principalement dans l'ouest du Québec et l'est de l'Ontario, dont le nom signifie « vrais hommes » ou « humains purs » en leur langue, l'Anishinaabemowin, qui est riche en spiritualité et en lien avec le territoire, symbolisée par leur artisanat unique (vannerie, mocassins) et leur mode de vie traditionnel.

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Population et territoire

Sur 12 607 Algonquins, environ 6 000 habitent les 9 communautés de la nation. Sept des communautés algonquines se trouvent en Abitibi-Témiscamingue, plus précisément à Hunter’s Point, à Kebaowek, à Lac-Simon, à Kitcisakik, à Pikogan, à Timiskaming et à Winneway. Les deux autres, Lac-Rapide et Kitigan Zibi, sont situées dans la région de l’Outaouais.


Langue

La langue algonquine est parlée dans la plupart des communautés; certaines personnes aînées ne connaissant d’ailleurs ni l’anglais ni le français. Comme langue seconde, les Algonquins utilisent l’anglais ou le français, et plusieurs sont trilingues.


Histoire

Traditionnellement, le mode de vie des Algonquins s’est articulé autour de la chasse, de la pêche, du piégeage et de la cueillette. Comme chez les autres groupes nomades, les activités de subsistance ont varié au rythme des saisons. L’été était l’occasion de grands rassemblements au cours desquels des mariages étaient célébrés. L’automne, les familles repartaient vers leur territoire de chasse pour y passer l’hiver.

La sédentarisation des Algonquins s’est accentuée au début du 20e siècle, lorsque l’Abitibi s’est ouverte à la colonisation. Les colons, les prospecteurs et les bûcherons y ont afflué, perturbant progressivement les activités traditionnelles de la nation. Plusieurs réserves se sont constituées de 1940 à 1974, entre autres celles de Lac-Simon, de Lac-Rapide, de Pikogan et de Kebaowek. Certaines communautés ne sont cependant pas constituées en réserve : Kitcisakik, Winneway et Hunter’s Point.


Économie

En général, les Algonquins administrent eux-mêmes les services gouvernementaux, tels l’éducation, la santé, le logement et le développement des infrastructures municipales, ce qui représente une importante source d’emplois. Les opérations forestières, le tourisme et l’artisanat constituent d’autres secteurs de leur activité économique.

Kitigan Zibi est la plus grande et la plus populeuse des communautés algonquines. On y trouve plusieurs petites entreprises de même qu’une maison des jeunes, un atelier pour personnes handicapées, un centre de traitement pour toxicomanes, un centre culturel, un poste de police, un foyer de groupe pour personnes semi-autonomes et un centre de services pour les femmes algonquines en difficulté, qui inclut quelques chambres.

Source : Gouvernement du Québec


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Anglo Canadian Pulp and Paper Mills



Anglo Canadian Pulp and Paper Mills vers 1927

L'usine de l'Anglo Canadian Pulp and Paper Mills est construite à Québec, de 1927 à 1928, par le Daily Mirror Newspaper de Londres. Elle se spécialise dans la production de pâtes et papiers.

Érigée dans le quartier Limoilou, elle se trouve au confluent de la rivière Saint-Charles et du fleuve Saint-Laurent, près du port et en eaux profondes. Son emplacement lui permet de recevoir les billes de bois flottantes, de même que celles qui arrivent par bateau. Les installations sont gigantesques et requièrent des investissements de 25 millions de dollars. Pour approvisionner son usine en bois, l'Anglo Canadian Pulp and Paper Mills achète des concessions forestières dans la région de Forestville. Dès son ouverture, la papetière emploie 500 ouvriers. Entre 1935 et 1945, elle passe de 700 à 1000 employés.

En 1960, l'usine de pâtes et papiers est achetée par la Reed Paper International et prend le nom de Reed Paper Limited en 1975. Treize ans plus tard, elle est vendue à la compagnie japonaise Daishowa qui entreprend de la moderniser en construisant une usine de pâte thermomécanique et une usine de désencrage. En 2001, le complexe est vendu à Enron, qui le nomme Stadacona Limited. Depuis 2004, il est la propriété de Papiers White Birch.
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Notices bibliographiques :
Conseil de l'industrie forestière du Québec. Québec, ville de bois [En Ligne]. http://www.qfic.qc.ca/400/
Ville de Forestville. La ville, Historique [En Ligne]. http://www.forestville.ca/

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Association des Fils de la Liberté



Hôtel Nelson, Montréal

L'Association des Fils de la Liberté est un regroupement politique et paramilitaire du Bas-Canada opposé à l'administration britannique et inspiré des Sons of Liberty de la Révolution américaine. Il est fondé dans le contexte des troubles politiques de 1837 et entretient des liens serrés avec le Parti patriote.

Le 5 septembre 1837, entre 500 et 700 patriotes, essentiellement des jeunes, se réunissent à l'Hôtel Nelson à Montréal et forment l'Association des Fils de la Liberté. Celle-ci est basée sur l'idée que les instances parlementaires ne suffisent pas à faire entendre la cause des patriotes et qu'il est nécessaire d'utiliser d'autres véhicules d'expression, la force si nécessaire.

La structure de l'Association des Fils de la Liberté reflète la volonté des fondateurs de se préparer à prendre les armes si la situation les y appelle. En plus de la section civile, le comité de régie présidé par l'avocat André Ouimet, l'association se dote d'une section militaire sous le commandement de Thomas Storrow Brown, un quincailler. L'organisation militaire prévoit une division en six sections comprenant des compagnies de maximum 50 hommes chacune. Celles-ci sont composées d'un chef, de deux lieutenants, d'un enseigne et de cinq sergents. L'association doit se rencontrer le premier lundi de chaque mois pour discuter des affaires civiles et organiser occasionnellement des manœuvres d'entraînement militaire, parfois en plein cœur de Montréal. La devise de l'association est « En avant! » et Georges-Étienne Cartier leur compose un hymne qui s'intitule « Avant tout, je suis Canadien. » Les rencontres de l'association sont annoncées dans les petites annonces des journaux La Minerve et The Vindicator.

L'essentiel des membres des Fils de la Liberté se situe à Montréal. D'autres groupes s'organisent en dehors de la métropole, mais ne regroupent pas plus de 200 personnes. Au total, le gouverneur Archibald Acheson, comte Gosford, estime à environ 2000 le nombre de membres, mais il est ardu de le déterminer avec précision, puisque la participation d'une activité à l'autre diffère largement.

Le 6 novembre 1837, les patriotes de l'association, réunis en assemblée à l'auberge Bonacina, à Montréal, attirent l'attention du Doric Club, un groupe paramilitaire loyaliste. Ce dernier convoque les loyalistes de Montréal à se mobiliser avec l'objectif avoué d'aller écraser les Fils de la Liberté. La confrontation entre les deux groupes donne lieu à une série d'escarmouches dans les rues de Montréal qui se terminent avec le saccage des bureaux du journal The Vindicator et de la maison de Louis-Joseph Papineau par les loyalistes.

Le 16 novembre, conséquence directe de l'échauffourée urbaine, une série de mandats d'arrêt pour haute trahison est lancée par les autorités coloniales contre les principaux chefs patriotes. André Ouimet et plusieurs autres sont capturés, d'autres s'échappent. À cette date, l'Association des Fils de la Liberté cesse vraisemblablement ses activités.
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Notices bibliographiques :
AUBIN, Georges, dir. et André OUIMET. Journal de prison d'un Fils de la liberté, 1837-1838. Montréal, Typo impression, 2006. 155 p.
AUBIN, Georges et Marcel RHEAULT. Médecins et patriotes. Québec, Septentrion, 2006. 350 p.
Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En Ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
ROCHON, Paul. 1837 : la petite histoire des patriotes. Montréal, Éditions du Taureau, 1987. 283 p.
s.a. Les Patriotes de 1837 à 1838 [En Ligne]. http://www.1837.qc.ca

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Association des frères-chasseurs



Bataille d'Odelltown

Constituée en 1838, l'Association des frères-chasseurs est une organisation paramilitaire secrète dont la fondation s'inscrit dans le contexte des rebellions de 1837-1838. Elle a pour objectif de structurer les forces rebelles pour mener à bien leur tentative d'invasion du Bas-Canada.

En 1837, à la suite de l'échec des mouvements insurrectionnels du Bas-Canada, des centaines de patriotes trouvent refuge aux États-Unis. Le docteur Robert Nelson, partisan d'une prompte réaction militaire, est choisi pour prendre le commandement des patriotes exilés et organiser l'invasion du Bas-Canada. Une première incursion, en février 1838, est rapidement interceptée par les Britanniques et repoussée vers la frontière américaine. Cette déroute force les chefs patriotes à reconnaître les problèmes qui ont contribué à cette défaite, notamment l'absence de structures organisationnelles et la fuite d'informations sensibles. Pour y remédier, les chefs du mouvement, dont Robert Nelson, François-Marie-Thomas Chevalier de Lorimier et Édouard-Élisée Mailhot, mettent sur pied, vers le printemps 1838, l'Association des frères-chasseurs, dont le centre nerveux est établi à Saint-Albans au Vermont. Les frères-chasseurs entretiennent une correspondance fournie avec les rebelles du Haut-Canada, organisés de façon similaire autour de William Lyon Mackenzie, afin de coordonner leurs opérations.

L'Association des frères-chasseurs est constituée sur le modèle d'une armée. Au sommet se trouve le grand commandeur, Robert Nelson. Celui-ci est assisté par deux généraux, ou grands aigles. Une centaine d'hommes répondent au commandement de colonels de division, les aigles. Ces divisions sont partagées entre deux capitaines, les castors, qui supervisent chacun cinq caporaux, les raquettes, commandant eux-mêmes neuf soldats, les chasseurs. Les membres des frères-chasseurs prêtent un serment d'allégeance selon lequel ils s'engagent entre autres à préserver les secrets de l'Association.

En septembre 1838, les frères-chasseurs sont répartis entre plus de 35 loges situées surtout dans la région de Montréal, bien qu'on trouve des loges jusqu'à Montmagny. Pendant les deux mois qui suivent, l'activité et le recrutement des chasseurs s'intensifient. En novembre, différents témoins de l'époque estiment que l'organisation compte entre 40 000 et 200 000 personnes.

Le 3 novembre, le plan d'invasion du Bas-Canada est mis en branle. Presque au même moment où les rebelles du Haut-Canada lancent une offensive, Nelson traverse de nouveau la frontière et installe son quartier général à Napierville où doivent se rejoindre l'essentiel des frères-chasseurs. Simultanément, les patriotes déjà au pays, commandés par le grand aigle Édouard-Élisée Mailhot, doivent se réunir à Saint-Ours et tenter de prendre le contrôle du fort Sorel.

Le plan d'invasion du Bas-Canada éprouve des ratés de toute part. Le 9 novembre, les forces de Nelson sont vaincues par des volontaires royalistes et des soldats réguliers lors de la bataille d'Odelltown. Quelques jours plus tard, les patriotes de Mailhot, n'ayant pu remplir leur objectif, se dispersent. Ces deux échecs s'inscrivent dans une série de défaites qui provoque vraisemblablement la fin des activités des frères-chasseurs au Bas-Canada, consacre la fin des mobilisations armées des patriotes et constitue le dernier épisode militaire des rebellions de 1837-1838.
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Notices bibliographiques :
AUBIN, Georges et Marcel RHEAULT. Médecins et patriotes. Québec, Septentrion, 2006. 350 p.
CAZZANIGA, Gian Mario. Frères chasseurs, brother hunters - Une histoire méconnue de charbonnerie canadienne et les églises chrétiennes et la franc-maçonnerie. Québec, Les presses de l'université Laval, 2008. 63 p.
DROUIN, François. « La république de 1838 ». Cap-aux-Diamants : la revue d'histoire du Québec. No 53 (1998), p. 14-16.
KINCHEN, Oscar A. The Rise and Fall of the Patriot Hunters. New York, Bookman Associates, 1956. 150 p.
MORIN, Victor. « La "république canadienne" de 1838 ». Revue d'histoire de l'amérique française. Vol. 2, no 4 (1949), p. 483-512.
MORTON, Desmond. Une histoire militaire du Canada, 1608-1991. Sillery, Les Éditions du Septentrion, 1992. 414 p.
s.a. Les Patriotes de 1837 à 1838 [En Ligne]. http://www.1837.qc.ca

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Attikameks



Costumes traditionnels

Les Attikameks (ou Atikamekw) sont un peuple autochtone du Québec, vivant principalement en Haute-Mauricie (Manawan, Wemotaci, Obedjiwan) et parlant une langue algonquienne proche du cri, l'atikamekw. Ils sont réputés pour leur culture traditionnelle liée à la rivière Saint-Maurice, leurs compétences en artisanat (écorce de bouleau), leur mode de vie nomade basé sur la chasse et la pêche (notamment le corégone, qui a donné leur nom), et leur territoire ancestral appelé Nitaskinan.

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Population et territoire

Les Attikameks, au nombre d’environ 8 000, habitent principalement Manawan, au nord de la région de Lanaudière, de même que Wemotaci et Opitciwan, en Haute-Mauricie.


Langue

L’attikamek est parlé par toute la population, tandis que le français est utilisé comme langue seconde.


Histoire

Au début des années 1900, l’industrialisation a entraîné l’exploitation intensive du territoire forestier des régions fréquentées par les Attikameks. Un premier moulin à bois a ouvert ses portes à La Tuque, puis le chemin de fer s’est rendu jusqu’à Wemotaci avant d’être prolongé vers l’Abitibi. Le train a provoqué l’afflux d’un grand nombre de travailleurs, de chasseurs et de pêcheurs en Mauricie. Par ailleurs, les Attikameks se sont déplacés à plusieurs reprises, entre 1950 et 1972, en raison de la construction de barrages.


Économie

L’organisation Atikamekw Sipi, soit le Conseil de la Nation Atikamekw (CNA), est vouée au développement social, culturel et économique des trois communautés attikameks. Elle a vu le jour en 1982. Grâce à cet organisme, les Attikameks assurent la gestion et la prestation des services sociaux à Manawan et à Wemotaci. De plus, le CNA produit du matériel didactique en langue attikamek.

Les Attikameks prônent le développement durable par la gestion intégrée des ressources avec tous ceux et celles qui utilisent la forêt, et ce, à des fins sociales, environnementales et économiques. À Wemotaci, ils ont mis sur pied les Services forestiers Atikamekw Aski. En plus de ses activités de reboisement et de sylviculture, ce service assure la formation des travailleurs attikameks.

En 1999, le conseil de bande d’Opitciwan est devenu propriétaire, avec la compagnie forestière AbitibiBowater, d’une scierie située sur le territoire de la communauté. Aujourd’hui, la Scierie Opitciwan est une coentreprise appartenant à 55 % au Conseil des Atikamekw d’Opitciwan et à 45 % à Produits forestiers Résolu.

Source : Gouvernement du Québec


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Augustines de la Miséricorde de Jésus de l'Hôtel-Dieu de Québec



Vue du monastère de l'Hôpital général de Québec, à Notre-Dame-des Anges, 1855

Les Augustines de la Miséricorde de Jésus arrivent en Nouvelle-France en 1639. Débarquées à Québec, elles y fondent le premier hôpital de la colonie. Au fil des siècles, leur présence s'étend dans une dizaine de villes, où elles prodiguent activement des soins de santé et des soins spirituels à la population jusque dans les années 1960.

En 1637, conseillée par le père Paul Le Jeune, supérieur des missions des Jésuites en Nouvelle-France, Marie de Vignerot, duchesse d'Aiguillon et nièce du cardinal Richelieu, projette de fonder un hôpital à Québec. Les Augustines de Dieppe, communauté hospitalière cloîtrée fondée au Moyen Âge et responsable de l'Hôtel-Dieu de cette ville, acceptent de prendre en charge le futur établissement. C'est ainsi que le 1er août 1639, les trois premières Augustines de la Miséricorde de Jésus, soit Marie Guenet de Saint-Ignace, première supérieure de la communauté, Anne Le Cointre de Saint-Bernard et Marie Forestier de Saint-Bonaventure, arrivent à Québec, en même temps que les Ursulines. Les Augustines constituent ainsi l'une des deux premières communautés religieuses féminines à s'être établies en Nouvelle-France.

Après un bref séjour à Québec, les Augustines déménagent à Sillery, en 1640, où elles fondent le premier hôpital en Amérique, au nord du Mexique. Situé près de la maison des Jésuites, cet établissement est destiné à l'évangélisation des Autochtones, que les hospitalières espèrent convertir par leur charité et leurs soins. Les guerres franco-iroquoises forcent toutefois les religieuses à retourner à l'intérieur des remparts de Québec en 1644. Deux ans plus tard, elles ouvrent l'Hôtel-Dieu. Recevant de moins en moins d'Autochtones, les Augustines soignent surtout des colons, des soldats et des matelots qui débarquent à Québec. La communauté se « canadianise » rapidement après 1650, date à laquelle la première postulante née au pays prononce ses voeux.

Les Augustines de la Miséricorde de Jésus commencent à essaimer sur de nouveaux territoires au tournant du XVIIe siècle. En 1692, Mgr Jean-Baptiste de La Croix de Chevrières de Saint-Vallier, évêque de Québec, fonde l'Hôpital général de Québec. L'année suivante, les Augustines prennent en charge cette institution dédiée au soin des pauvres, des personnes âgées et des invalides. Les Augustines de l'Hôpital général de Québec seront autonomes de celles de l'Hôtel-Dieu à partir de 1701. Avec le temps, d'autres monastères et hôpitaux sont fondés dans diverses régions, notamment à Chicoutimi (Saguenay) (1884), à Lévis (1892), à Gaspé (1926) et à Dolbeau (Dolbeau-Mistassini) (1955). Ces établissements favorisent le développement de plusieurs municipalités du Québec. Les Augustines mettent aussi en place des écoles d'infirmières.

L'arrivée des Augustines en Nouvelle-France est un moment décisif dans l'amélioration des conditions de vie des habitants de la colonie. C'est le point de départ de l'oeuvre hospitalière et spirituelle de ces religieuses, au cours de laquelle elles ont jeté les bases de la dispensation et de l'administration des soins de santé au Québec, et joué un rôle important dans le développement de la pharmacologie.
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Notices bibliographiques :
BATES, Christina, Diane DODD et Nicole ROUSSEAU. Sans frontières: quatre siècles de soins infirmiers canadiens. Ottawa, Presses de l'Université d'Ottawa / Musée canadien des civilisations, 2005. 248 p.
BERTHOLD, Étienne. Une société en héritage - L'oeuvre des communautés religieuses pionnières à Québec. Québec, Publications du Québec, 2015. 119 p.
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
CARON, Pierre et Jacques LACOURSIÈRE. Québec et sa région. Histoire vivante du Québec. Montréal, Éditions de l'Homme, 2008. 371 p.
CHABOT, Marie-Emmanuel. « Simon de Longpré, Marie-Catherine de, dite de Saint-Augustin ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
Fédération des monastères des Augustines de la Miséricorde de Jésus. Augustines de la Miséricorde de Jésus [En Ligne]. http://www.augustines.org/
HARE, John, Marc LAFRANCE et David-Thiery RUDDEL. Histoire de la ville de Québec, 1608-1871. Montréal, Boréal, 1987. 399 p.
JEAN, Marguerite. Évolution des communautés religieuses de femmes au Canada de 1639 à nos jours. Histoire religieuse du Canada. Montréal, Fides, 1977. 324 p.
JOUVE, O. Le troisième centenaire de l'établissement de la foi au Canada. Québec, Imp. franciscaine missionnaire, 1917. s.p.
LESSARD, Rénald. Se soigner au Canada aux XVIIe et XVIIIe siècles. Hull, Musée canadien des civilisations, 1989. 160 p.
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.
ROUSSEAU, François. La croix et le scalpel. Histoire des Augustines de l'Hôtel-Dieu de Québec (1639-1989). Vol. 1. Sillery, Septentrion, 1989. 454 p.
ROUSSEAU, François. La croix et le scalpel. Histoire des Augustines de l'Hôtel-Dieu de Québec (1639-1989). Vol. 2. Sillery, Septentrion, 1994. s.p.
SIMARD, Jean. « Monastère des Augustines de Québec ». s.a. Encyclopédie du patrimoine culturel de l'Amérique française [En ligne]. http://www.ameriquefrancaise.org/
THÉRIAULT, Michel. « Augustines de la Miséricorde de Jésus ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
s.a. Troisième centenaire de l'Hôtel-Dieu de Québec, 1639-1939. Cahiers de l'Hôtel-Dieu de Québec, 1. Québec, Imprimerie Charrier et Dugal, 1947. 142 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Banque de Montréal



Style néoclassique 1847

La Banque de Montréal est créée le 3 novembre 1817. Sa première succursale se trouve sur la rue Saint-Paul à Montréal. Société par actions à responsabilité limitée, la Banque de Montréal compte 289 associés au moment de sa fondation. Austin Cuvillier, George Moffatt, John Richardson et James Leslie font, notamment, partie des premiers fondateurs. La Banque obtient une charte émise par la province du Bas-Canada en 1822.

Dès sa fondation, la Banque de Montréal se positionne comme un acteur économique important dans la colonie. En plus d'être un lieu sûr pour entreposer des fonds, elle consent des prêts commerciaux et finance le commerce outre-mer. La Banque favorise aussi le développement commercial et industriel ainsi que la colonisation avec le financement de grands projets, telles l'ouverture des canaux pour la navigation et la construction du chemin de fer transcontinental. Plus grande institution financière du pays, la Banque de Montréal fait office de banque centrale à partir de 1863, et ce, jusqu'à la fondation de la Banque du Canada en 1935. Depuis 1893, elle est également l'agent financier du gouvernement canadien en Angleterre.

La croissance de la Banque de Montréal est, entre autres, liée aux nombreuses fusions avec d'autres banques, comme celles avec la Banque d'Échange de Yarmouth (1903), avec la Banque du Peuple d'Halifax (1905), avec la Banque de l'Amérique Britannique du Nord (1918), avec la Banque des Marchands du Canada (1922) et avec la Harris Bankcorp aux États-Unis (1984). Plusieurs hommes d'affaires occupent le poste de président de la Banque, comme Peter McGill, de 1834 à 1860, George Alexander Drummond, de 1905 à 1910, et Richard B. Angus, de 1910 à 1913.

Dans les années 1990, l'assouplissement de la réglementation concernant les banques permet à la Banque de Montréal de diversifier ses activités. Elle offre ainsi de nouveaux services, dont ceux des valeurs mobilières et de l'assurance. Elle est aussi la première banque canadienne à s'inscrire à la cote officielle à la bourse de New York en 1994. En 2007, la Banque de Montréal compte 1300 succursales au Canada et à l'étranger, fournit à sa clientèle un service bancaire électronique et déclare des actifs de 367 milliards de dollars. La Banque de Montréal possède plusieurs sociétés, regroupées sous l'appellation BMO Groupe financier.
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Notices bibliographiques :
Banque de Montréal. À propos de nous. [En Ligne]. http://www2.bmo.com/
DENISON, Merrill. La première banque au Canada. Histoire de la Banque de Montréal. Toronto / Montréal, MSRC / McClelland and Stewart Limited, 1967. 453 p.
NOLIN-RAYNAULD, Michelle. L'édifice de la Banque de Montréal à la Place d'Armes 1845-1901. Montréal, Les Éditions Varia, 1997. 157 p.
PARÉ, Jean-Pierre. « La doyenne des banques québécoises: la Banque de Montréal ». Cap-aux-Diamants. No 29 (s.d.), p. 36-39.
PARÉ, Jean-Pierre. Les banques au Québec. Québec, Éditions GID, 2008. 413 p.
Société de développement de Montréal. Vieux-Montréal [En Ligne]. http://www.vieux.montreal.qc.ca

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Capucins



Capucins de Morgon

L'ordre des Frères mineurs capucins, créé en 1525 en Italie par des Frères mineurs des Marches, fait partie de la famille franciscaine, dont le fondateur est saint François d'Assise. Les membres se distinguent alors par leur tenue particulière : tête rasée, longue barbe, bure brune et sandales aux pieds. À la fois actifs et contemplatifs, les Capucins, qui vouent leur vie à la prière et s'astreignent à une grande pauvreté, s'emploient à la diffusion du tiers-ordre et à la prédication, et se chargent de missions à l'étranger. La première présence capucine au Canada remonte au XVIIe siècle, alors que des capucins de Paris se rendent en Acadie comme missionnaires. C'est toutefois en 1890 que des capucins de Toulouse, sous la direction du frère Alexis de Barbezieux, s'implantent définitivement au Canada. Ils s'installent alors dans le diocèse d'Ottawa, où l'évêque de la ville, Mgr Joseph-Thomas Duhamel, les accueille à la condition qu'ils prennent en charge une paroisse et qu'ils renoncent à la quête.

Les premiers capucins viennent au Canada afin d'exempter leurs jeunes membres du service militaire obligatoire en France. Ils ouvrent un noviciat dès leur arrivée à Ottawa et prennent également en charge la cure de Saint-François-d'Assise. Ils commencent alors à parcourir le Québec, l'Ontario et les États-Unis pour prêcher. Désireux d'affermir leur implantation au pays, les religieux cherchent à ouvrir de nouvelles maisons, notamment au Québec. En 1894, l'évêque de Rimouski, Mgr André-Albert Blais, confie aux Capucins la mission des Micmacs de Ristigouche (Listuguj). En 1902, ils acquièrent la paroisse de Saint-Charles-de-Limoilou (Notre-Dame-de-Rocamadour) à Québec et, au cours des ans, y font ériger un monastère (1903), y transfèrent leur noviciat (1904) et y font construire une nouvelle église d'après les plans de Joseph-Pierre Ouellet et de Pierre Lévesque (1920). Une quatrième fondation voit le jour en 1921, alors que les religieux acceptent de s'occuper d'un lieu de pèlerinage, le sanctuaire de la Réparation au Sacré-Cœur à Pointe-aux-Trembles (Montréal). Quatre ans plus tard, ils prennent en charge le sanctuaire de Lac-Bouchette, connu sous le nom d'Ermitage Saint-Antoine, répondant ainsi aux vœux de son fondateur, l'abbé Elzéar De Lamarre. En plus de ces champs d'apostolat, les Capucins du Canada dirigent des revues et publient des livres.

Malgré le désir d'implantation des Capucins de Toulouse au Canada, le personnel y demeure rare pendant la première partie du XXe siècle, avant la période d'expansion qui s'étend du début des années 1930 jusqu'à la fin des années 1960. De 123 religieux en 1934, dont 50 prêtres, 42 clercs et 31 frères laïcs, leur nombre passe à 220 en 1960, soit 142 prêtres, 27 clercs et 51 laïcs. Pendant cette période de croissance, la province capucine de l'est du Canada est créée en 1942, sept couvents sont ouverts, notamment au Nouveau-Brunswick, et trois nouvelles paroisses sont prises en charge, c'est-à-dire celles de Sainte-Hélène (Montréal) et de Notre-Dame de Lourdes (Ontario) en 1956, et celle de Saint-Vincent-de-Paul (Montréal) en 1967. Des frères partent en mission en Inde (1939), puis au Tchad (1960) et créent plus de 280 fraternités au Canada afin de propager le tiers-ordre. La fin des années 1960 marque le début d'une période difficile pour les Capucins. Ébranlés par de nombreux départs et par une baisse des vocations, ils vivent en plus une remise en question, qui concerne, entre autres, leurs champs d'apostolat et le mode de vie monastique traditionnel de l'ordre.

Au début du XXIe siècle, les Capucins ont des engagements variés. Ils sont notamment actifs dans des organismes communautaires et sont chargés de la prédication et de l'animation pastorale dans certains sanctuaires, paroisses et mouvements d'Église.
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Notices bibliographiques :
DÉVOST, Godefroy-C. Les Capucins francophones du Canada. Montréal, Éditions de l'Écho, 1993. 396 p.
LAPERRIÈRE, Guy. Les congrégations religieuses de la France au Québec 1880-1914. Vol. 1. Québec, Les Presses de l'Université Laval, 1996. 228 p.
Ordre des frères capucins. Ordre des frères mineurs capucins. Province de l'est du Canada [En Ligne]. http://www.capucin.org/accueil.html

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Communauté des Habitants



La communauté des Habitants

La Communauté des Habitants est une compagnie de commerce formée en 1645 à l'initiative de Pierre Legardeur de Repentigny et de Jean-Paul Godefroy, appuyés par les Jésuites. En raison de la situation précaire de la colonie et des difficultés financières que rencontre la Compagnie des Cent-Associés, les deux hommes ont l'idée de former une compagnie afin de faire le commerce des fourrures. Le siège de l'association se situe à Québec, dans l'ancien magasin des Cent-Associés.

Après une rencontre avec les directeurs des Cent-Associés, une entente est conclue. Ceux-ci cèdent, le 6 mars 1645, le monopole de la traite des fourrures en Nouvelle-France ainsi que l'administration de la colonie à tous les habitants domiciliés chefs de famille, regroupés sous le nom de Communauté des Habitants. En retour, la Communauté doit assumer toutes les dépenses encourues pour l'administration de la colonie sur les plans politique, militaire et religieux, c'est-à-dire payer et entretenir le gouverneur, ses principaux fonctionnaires, les soldats, les ecclésiastiques, entretenir les forts et voir à leur ravitaillement. Elle a de plus l'obligation d'établir 20 personnes dans la colonie par année, de transporter gratuitement les deux agents de la Compagnie des Cent-Associés, de recouvrir les dettes des Cent-Associés et de leur verser une rente annuelle de 1 000 livres pesant de peaux de castor en droits seigneuriaux.

La compagnie est ouverte à tous les habitants, mais dans les faits, seuls quelques-uns parmi les plus riches en bénéficient. Les douze directeurs, élus par les membres ou actionnaires, proviennent aux trois quarts de la région de Québec. Ils sont issus des familles les plus notables de la colonie et sont unis par des liens matrimoniaux, ce qui provoque des protestations de la part des habitants de Ville-Marie (Montréal). Un accord survient avec la Société de Notre-Dame de Montréal qui permet à la ville d'avoir un magasin de traite et huit places parmi les actionnaires en plus de voir une partie des dépenses du gouvernement de Ville-Marie prise en charge par la Communauté.

Bien que la Communauté doive emprunter son capital en France, à un taux d'intérêt très élevé, ses deux premières années d'opération sont prospères et elle réalise d'énormes profits. Les actionnaires peuvent désormais négocier la vente des fourrures avec les villes marchandes françaises. Ils délaissent La Rochelle pour se tourner vers Rouen. Néanmoins, en raison des liens qui les unissent, les directeurs cherchent à obtenir certains avantages financiers. En 1646, Paul de Chomedey de Maisonneuve et Robert Giffard de Moncel se rendent en France pour protester contre les agissements de la compagnie. Le 27 mars 1647, l'autorité royale impose l'établissement du Conseil de Québec composé du gouverneur général, du gouverneur de Ville-Marie et du supérieur des Jésuites. Ceux-ci sont assistés des syndics de Québec, de Trois-Rivières et de Ville-Marie. Remplaçant le comité des douze directeurs, ce conseil est chargé d'examiner les comptes de la compagnie et d'adopter les règlements de la traite.

Dès 1652, la compagnie connaît des difficultés financières, notamment en raison de la rivalité entre coloniaux français, de la contrebande exercée par quelques-uns des actionnaires et de la guerre entre les Iroquois et les Hurons. De 1659 à 1661, la Communauté vend ses droits de traite à la Compagnie de Rouen. En 1663, Louis XIV dissout la Compagnie des Cent-Associés, ce qui entraîne la disparition de la Communauté des Habitants dont la dette est estimée à 163 000 livres. Le roi concède alors la Nouvelle-France à la Compagnie des Indes occidentales.
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Notices bibliographiques :
BLAIS, Christian, Gilles GALLICHAN, Frédéric LEMIEUX et Jocelyn SAINT-PIERRE. Québec: quatre siècles d'une capitale. Québec, Assemblée nationale du Québec - Les Publications du Québec, 2008. 692 p.
COURVILLE, Serge et Robert GARON. Québec, ville et capitale. Sainte-Foy, Les Presses de l'Université Laval, 2001. 457 p.
FRANCIS, R. Douglas, Richard JONES et Donald B. SMITH. Origins: Canadian History to Confederation. Toronto, Nelson Education, 2004. 493 p.
LACOURSIÈRE, Jacques, Jean PROVENCHER et Denis VAUGEOIS. Canada-Québec: synthèse historique, 1534-2000. Québec, Éditions du Septentrion, 2001. 591 p.
VALLIÈRES, Marc, dir. Histoire de Québec et de sa région. Les régions du Québec, 18. Québec, Presses de l'Université Laval, 2008. 2523 p.
WALLACE, William Stewart. The Encyclopedia of Canada. Vol. 2. Toronto, University Associates of Canada, 1940. 411 p.
s.a. « Communauté des Habitants ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://thecanadianencyclopedia.com/

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Compagnie de Jésus



Compagnie de Jésus

La Compagnie de Jésus est fondée à Paris, en 1534, par Ignace de Loyola, un ancien soldat espagnol. Ignace de Loyola est l'auteur des Exercices spirituels, qui vont inspirer les membres de l'ordre religieux. Approuvée par le pape Paul III en 1539 et confirmée officiellement en 1540, la Compagnie de Jésus accorde une obéissance indéfectible au souverain pontife. Ses prêtres reçoivent une longue et solide formation les préparant à leur oeuvre d'éducation. Ils se donnent notamment pour mission d'enseigner les fondements de la foi catholique afin de lutter contre la Réforme protestante qui se répand en Europe à cette époque.

La Compagnie de Jésus envoie deux premiers missionnaires en Amérique en 1611. Il s'agit des pères Pierre Biard et Énemond Massé, qui débarquent à Port-Royal. En 1625, les pères Charles Lalemant, Énemond Massé et Jean de Brébeuf arrivent à Québec. Après une absence de trois ans, à la suite de la prise de Québec par les frères Kirke en 1629, les Jésuites reviennent dans la colonie. Le supérieur de la Compagnie représente alors la plus haute autorité ecclésiastique de l'Église canadienne. Les Jésuites fondent un collège à Québec en 1635. Ils créent également des missions pour évangéliser les Amérindiens, dont la mission de Saint-Joseph à Sillery (1637), la mission du Saguenay à Tadoussac (1641), la mission de Sault-Sainte-Marie (1668) et la mission de Saint-François-Xavier à La Prairie (1667), qui sera déménagée à Kahnawake (1716).

Pour accomplir leur oeuvre missionnaire, certaines « robes noires » n'hésitent pas à se rendre dans les contrées peu explorées, comme le père Jean de Quen, qui découvre le lac Saint-Jean en 1647, et le père Charles Albanel, qui atteint la baie d'Hudson en 1672. Entre 1642 et 1649, huit jésuites missionnaires sont mis à mort par des Iroquois. Canonisés en 1930, ils sont appelés les saints martyrs canadiens.

Au cours de la seconde moitié du XVIIe siècle, la Compagnie de Jésus développe, près de Québec, le bourg de Petite-Auvergne dans la seigneurie de Notre-Dame-des-Anges, qui lui a été concédée en 1626. À Trois-Rivières, les Jésuites gèrent le fief concédé aux Algonquins en 1648 et se le font attribuer officiellement en 1699. Les Jésuites deviennent également propriétaires, en 1702, de la seigneurie de Sillery qu'ils administrent depuis 1651 pour les Hurons.

À la suite du traité de Paris (1763), les Britanniques interdisent aux Jésuites de recruter de nouveaux membres. Malgré la dissolution de l'ordre par le pape Clément XIV en 1773, l'Angleterre tolère la présence de ses membres déjà installés au Canada. Le collège des Jésuites ferme toutefois ses portes en 1776, faute de professeur. Après le décès du dernier jésuite de la colonie, Jean-Joseph Casot en 1800, les autorités britanniques décrètent la saisie des biens de la communauté.

Rétablie par le pape Pie VII en 1814, la Compagnie de Jésus est de retour au Canada en 1842 grâce aux efforts de Mgr Ignace Bourget, évêque de Montréal. Ce dernier confie aux Jésuites de son diocèse des tâches éducatives et la responsabilité des missions amérindiennes.

Après avoir fondé le collège Sainte-Marie à Montréal en 1848, les Jésuites font ériger, en 1852 et 1853, la maison Saint-Joseph-du-Sault-au-Récollet, qui sert de noviciat et assure la formation d'une relève canadienne. Ils sont aussi à l'origine de la salle académique du Gésu,(1865), du Loyola College (1896), du collège Jean-de-Brébeuf (1928) et du collège Saint-Ignace (1929) à Montréal, de même que du collège Saint-Charles-Garnier (1930) à Québec. Pendant le XXe siècle, quelques jésuites s'adonnent aussi à l'étude et à la diffusion de la doctrine sociale de l'Église au sein de l'École sociale populaire, fondée à Montréal en 1911.

La communauté a laissé des écrits détaillés de ses activités en Nouvelle-France, soit les Relations des Jésuites, publiés entre 1632 et 1672. Encore présente au Québec, la Compagnie de Jésus oeuvre également dans plusieurs pays du monde.
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Notices bibliographiques :
BERTHOLD, Étienne. Une société en héritage - L'oeuvre des communautés religieuses pionnières à Québec. Québec, Publications du Québec, 2015. 119 p.
COURNOYER, Jean. La mémoire du Québec: de 1534 à nos jours: répertoire de noms propres. Montréal, Stanké, 2001. 1861 p.
D'ALLAIRE, Micheline. Les communautés religieuses de Montréal. Les communautés religieuses et l'éducation à Montréal, 1657-1900. Vol. 2. Montréal, Éditions du Méridien, 2002. 276 p.
THÉRIAULT, Michel. « Jésuites ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
VACHON, André. « Laval, François de ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/

Source : Conseil du patrimoine culturel


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Compagnie des Cent-Associés



Gravure du 16e siècle

La Compagnie de la Nouvelle-France est créée en 1627 par Armand Jean du Plessis, duc et cardinal de Richelieu, principal ministre du roi Louis XIII. Financée par une centaine d'actionnaires, d'où son surnom de Compagnie des Cent-Associés, la nouvelle entreprise doit permettre de jeter les bases de l'empire colonial français en Amérique du Nord. Disposant d'un capital total de 300 000 livres, la compagnie est dirigée par un conseil d'administration composé de douze directeurs, dont six résident à Paris.

Les pouvoirs et privilèges octroyés par le roi à la nouvelle compagnie sont importants. En échange de la promesse de « peupler la colonie de naturels Français catholiques », les Cent Associés obtiennent « en toute propriété, justice et seigneurie » le fort et l'habitation de Québec, ainsi que « tout le pays de la Nouvelle-France, dite Canada », dont le territoire s'étend, d'est en ouest, de l'île de Terre-Neuve « jusqu'au Grand lac de la mer douce et au-delà », et du sud au nord, de la Floride jusqu'à l'Arctique. Parmi les privilèges octroyés par Sa Majesté figure le monopole de la traite des fourrures. La compagnie s'engage à établir 4 000 colons en quinze ans, dont 300 dès la première année.

Dès le début, la guerre opposant la France et l'Angleterre freine les efforts des Cent Associés. Les quatre premiers navires envoyés au Canada par la compagnie, en 1628, sont capturés aux environs de Tadoussac par la flotte anglaise commandée par les frères Kirke, tandis que Québec tombe aux mains des Anglais l'année suivante. Le Canada et l'Acadie ne sont restitués à la France qu'en 1632, au terme de longues négociations. Au bord de la ruine, la Compagnie des Cent-Associés n'est alors plus en mesure de remplir ses obligations de peuplement. Elle s'en remet désormais à des particuliers, à qui sont concédées des seigneuries, et cède en 1645 son monopole sur la traite des fourrures à la Communauté des Habitants. Les dirigeants de la compagnie conservent néanmoins une partie de leurs pouvoirs, dont celui de nommer le gouverneur de la colonie.

Au début des années 1660, l'avènement du roi Louis XIV marque un changement dans les affaires coloniales. Le bilan des activités de colonisation de la compagnie, exigé par le nouveau roi et par son ministre Jean-Baptiste Colbert, se solde par un constat d'échec. Seule une fraction des colons promis se sont établis au Canada, dont la situation demeure précaire, notamment en raison des guerres contre les Iroquois. En 1663, le retrait des privilèges des Cent Associés et la dissolution de la compagnie mettent fin à un règne de plus de trente ans, au terme duquel l'administration de la colonie du Canada passe directement sous l'autorité royale.
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Notices bibliographiques :
BLAIS, Christian, Gilles GALLICHAN, Frédéric LEMIEUX et Jocelyn SAINT-PIERRE. Québec: quatre siècles d'une capitale. Québec, Assemblée nationale du Québec - Les Publications du Québec, 2008. 692 p.
COURNOYER, Jean. La mémoire du Québec [En Ligne]. http://www.memoireduquebec.com/
LACOURSIÈRE, Jacques, Jean PROVENCHER et Denis VAUGEOIS. Canada-Québec: synthèse historique, 1534-2000. Québec, Éditions du Septentrion, 2001. 591 p.
MATHIEU, Jacques. La Nouvelle-France: les Français en Amérique du Nord, XVIe-XVIIIe siècle. Québec, Presses de l'Université Laval, 2001. 271 p.
MIQUELON, Dale. « Compagnie des Cent-Associés ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Congrégation de Notre-Dame



Marguerite Bourgeoys enseignant

En 1653, Marguerite Bourgeoys, congréganiste externe de la congrégation de Notre-Dame de Troyes, en France, s'embarque pour la Nouvelle-France aux côtés de Paul de Chomedey de Maisonneuve. Elle veut instruire gratuitement les femmes et les jeunes filles à Ville-Marie (Montréal). En 1658, elle ouvre une première école mixte et recrute en France, l'année suivante, quatre consœurs pour la soutenir dans son œuvre. Leur association est officiellement approuvée en 1669 par Mgr François de Laval, puis en 1671, par le roi Louis XIV. Il s'agit alors de la première société d'institutrices fondée en Nouvelle-France. En 1676, par un mandement de Mgr de Laval, elle devient la communauté des Filles séculières de la congrégation de Notre-Dame, la première congrégation non cloîtrée en Nouvelle-France. En 1698, au lendemain de l'approbation des constitutions de la congrégation par Mgr Jean-Baptiste de La Croix de Chevrières de Saint-Vallier, une première profession a lieu et les sœurs y prononcent leurs vœux simples.

Dès 1663, Marguerite Bourgeoys fonde l'ouvroir la Providence, où elle enseigne à tenir maison aux Filles du roi. Déménagé en 1668 à la Pointe Saint-Charles (Montréal), il s'agit en quelque sorte de la première école ménagère de la colonie. En 1675, la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours est inaugurée. À cette époque, les sœurs parcourent le territoire en se livrant à des missions ambulantes et commencent peu à peu à établir des missions permanentes. Elles ouvrent un pensionnat pour filles aisées à Ville-Marie en 1676. Elles fondent, souvent avec l'aide des Sulpiciens, des écoles pour les enfants pauvres. La première est établie au village amérindien de la Montagne en 1678, où les sœurs éduquent à la française les Amérindiennes. Elles s'implantent à Pointe-aux-Trembles (Montréal) (1678) et à Lachine (Montréal) (1680). Elles ouvrent une école à Sainte-Famille de l'île d'Orléans (1685), un ouvroir de la Providence en basse ville de Québec (1686) et deux écoles pour filles, une à Québec (1691) et une à Château-Richer (1693). La congrégation est présente à Trois-Rivières à la fin du XVIIe siècle ainsi qu'à Louisbourg au XVIIIe siècle.

Bien qu'en 1760 la congrégation de Notre-Dame compte déjà 215 religieuses toutes nées au Canada, son œuvre éducationnelle progresse lentement au cours du XVIIIe siècle. Il faut attendre les années 1840 pour que la communauté recommence à se déployer. En 1872, elle dirige une soixantaine d'établissements scolaires, surtout au Québec, mais également en Ontario, dans les provinces maritimes et aux États-Unis. À Montréal, les religieuses gèrent 15 écoles, dont le pensionnat Villa-Maria ouvert en 1854.

Au début du XXe siècle la congrégation de Notre-Dame dénombre 132 couvents, plus de 1 400 religieuses et 35 000 élèves. En 1904, elle acquiert des Sulpiciens un vaste terrain sur la rue Sherbrooke Ouest à Montréal, où elle fait construire sa maison mère en 1908 et l'école normale Notre-Dame en 1913, première école d'enseignement supérieur pour filles de la province de Québec. En 1905, elle fonde l'école ménagère de Saint-Pascal, qui sert de modèle aux communautés religieuses qui vont intégrer le programme d'enseignement ménager partout dans la province à partir de 1911. La congrégation ouvre une dizaine d'écoles normales, dont l'Institut pédagogique de Westmount en 1916, affilié à l'Université de Montréal à partir de 1926.

Au début du XXIe siècle, les sœurs sont présentes dans plusieurs pays, notamment au Japon, au Honduras et au Cameroun. Au Canada, elles sont environ 1 150, réparties dans neuf provinces. Au Québec, la congrégation compte quatre établissements d'enseignement et près d'une vingtaine d'œuvres. Elle soutient notamment les élèves en difficulté d'apprentissage, et s'occupe de maisons d'hébergement pour femmes en difficulté et de centres de croissance spirituelle. La maison mère de la congrégation est depuis 1984 logée à l'ancienne école normale Notre-Dame.
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Notices bibliographiques :
BERNIER, Hélène. « Bourgeoys, Marguerite ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
BERTHOLD, Étienne. Une société en héritage - L'oeuvre des communautés religieuses pionnières à Québec. Québec, Publications du Québec, 2015. 119 p.
Congrégation de Notre-Dame. Congrégation de Notre-Dame [En Ligne]. http://www.cnd-m.org/fr/accueil/
D'ALLAIRE, Micheline. Les communautés religieuses de Montréal. Les communautés religieuses et l'éducation à Montréal, 1657-1900. Vol. 2. Montréal, Éditions du Méridien, 2002. 276 p.
EUPHOROSINE, Sister Saint. « Congregation of Notre-Dame de Montreal ». s.a. The Catholic Encyclopedia [En ligne]. http://www.newadvent.org/cathen/
Fondation du Patrimoine laurentien. La fondation du patrimoine laurentien [En Ligne]. http://www.patrimoinelaurentien.org/
JEAN, Marguerite. Évolution des communautés religieuses de femmes au Canada de 1639 à nos jours. Histoire religieuse du Canada. Montréal, Fides, 1977. 324 p.
LEMIRE-MARSOLAIS, Darie-Aurélie, dite Sainte-Henriette. Histoire de la Congrégation de Notre-Dame de Montréal. Vol. 1. Montréal, Congrégation de Notre-Dame de Montréal, 1910. s.p.
Musée canadien des civilisations. "L'éducation des enfants en Nouvelle-France" Musée virtuel de la Nouvelle-France [En Ligne]. http://www.civilisation.ca/

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Congrégation de Sainte-Croix



Un groupe de religieux de Sainte-Croix

En 1837 au Mans, en France, l'Association de Sainte-Croix naît de la fusion des Frères de Saint-Joseph, fondés par l'abbé Jacques Dujarié en 1820, avec les Prêtres auxiliaires du Mans, fondés par le chanoine Basile Moreau en 1835. Œuvrant en éducation et en milieu paroissial, cette association s'adjoint, en 1841, une branche féminine, les Sœurs marianites de Sainte-Croix. En 1857, le Saint-Siège sépare la branche féminine de la branche masculine, qui devient alors la congrégation de Sainte-Croix.

À l'instigation de Mgr Ignace Bourget, évêque de Montréal, quatorze membres des Sainte-Croix, huit frères, quatre sœurs et deux prêtres, arrivent au Canada en 1847. Ils viennent prendre en charge des institutions d'enseignement dans la paroisse de Saint-Laurent, où ils sont accueillis par le curé Jean-Baptiste Gauthier dit Saint-Germain. Dès leur arrivée à Saint-Laurent (Montréal), les frères de Sainte-Croix ouvrent un collège catholique bilingue, connu plus tard sous le nom de collège Saint-Laurent, qui devient rapidement l'une des meilleures écoles commerciales au Canada. À partir de 1862, les religieux y offrent le cours classique, affilié en 1880 à l'Université Laval. Afin d'accueillir le surplus d'élèves du collège Saint-Laurent, les Sainte-Croix fondent, en 1869, le collège Notre-Dame à la Côte-des-Neiges (Montréal). La même année, ils ouvrent le collège Saint-Césaire dans la municipalité du même nom. Parallèlement à ces institutions, les religieux acceptent la charge de plusieurs écoles paroissiales.

À la fin du XIXe siècle, dans le diocèse de Montréal seulement, on compte 70 frères et 20 prêtres, responsables de deux collèges, onze écoles et une école normale. Les pères sont également à la tête de la paroisse de Saint-Laurent depuis 1863. Essaimant rapidement au Québec, au Canada et aux États-Unis, la congrégation fonde notamment, à l'instigation du père Camille Lefebvre, premier Canadien de la congrégation à devenir prêtre de Sainte-Croix, le collège Saint-Joseph de Memramcook au Nouveau-Brunswick (1864). La province canadienne des Sainte-Croix étend ses champs d'apostolat, dès 1888, en envoyant des pères en Inde, puis au Bengale oriental (Bangladesh) (1927), au Brésil (1943) et en Haïti (1943).

Pour les Sainte-Croix, le début du XXe siècle est marqué par la fondation d'une première chapelle destinée à saint Joseph (1904) par le frère Alfred Bessette, connu sous le nom de frère André, portier du collège Notre-Dame. Sous l'impulsion du père Paul-Aimé Martin, la communauté est responsable de la création des Éditions Fides en 1937, une maison d'édition qui devient en peu de temps l'une des plus importantes au Québec. En 1956, le père Léandre Brault fonde la Maîtrise des petits chanteurs du Mont-Royal. En 1947, 100 ans après leur arrivée au Québec, les religieux de Sainte-Croix ont enseigné à environ 350 000 élèves dans plus de 100 maisons d'éducation à travers la province.

Au cours des années 1960, la réforme du réseau scolaire mène à l'intégration dans le système public de presque toutes les institutions privées de la congrégation de Sainte-Croix. Seules deux écoles restent sous son contrôle: les collèges Saint-Césaire et Notre-Dame. La baisse des effectifs et le vieillissement des religieux portent également un dur coup à la communauté canadienne. Au début des années 2000, la congrégation compte environ 1 500 membres à travers le monde. Les membres québécois œuvrent notamment en pastorale et en éducation, en plus de poursuivre des missions à l'étranger.
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Notices bibliographiques :
MORIN, Robert et al. Sainte-Croix, 150 ans de présence et de service. Montréal, s.n., 1997. 88 p.
Congrégation de Sainte-Croix. Province canadienne de la Congrégation de Sainte-Croix [En Ligne]. http://www.ste-croix.qc.ca/
D'ALLAIRE, Micheline. Les communautés religieuses de Montréal. Les communautés religieuses et l'éducation à Montréal, 1657-1900. Vol. 2. Montréal, Éditions du Méridien, 2002. 276 p.
s.a. L'oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal [En Ligne]. www.saint-joseph.org

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Cris (Eeyou)



Aurore boréale, Baie James

Les Cris (Eeyou) sont un peuple autochtone algonquien du Québec et de l'Ontario, vivant principalement dans le territoire traditionnel d'Eeyou Istchee, à l'est de la Baie James et au sud-est de la Baie d'Hudson, avec neuf communautés distinctes. Ils sont représentés par le Grand Conseil des Cris (Eeyou Istchee) et le Gouvernement de la Nation Crie, qui gèrent les intérêts politiques, culturels et sociaux de la nation, notamment après la Convention de la Baie-James et du Nord québécois (CBJNQ) de 1975. Leur langue, l'iiyiyuu ayimuun, est vivante et dialectiquement diversifiée, et ils maintiennent un mode de vie traditionnel axé sur la chasse, la pêche et le piégeage sur un vaste territoire.

Texte généré par Gemini (IA)


Population et territoire

Avec environ 21 000 personnes, les Cris comptent parmi les nations autochtones les plus populeuses du Québec. Les neuf communautés cries sont situées sur les rives de la baie James (Waskaganish, Eastmain, Wemindji et Chisasibi) et de la baie d’Hudson (Whapmagoostui), ainsi qu’à l’intérieur des terres (Nemaska, Waswanipi, Mistissini et Oujé-Bougoumou). Inauguré en 1993, le village d’Oujé-Bougoumou, à l’architecture moderne, est un modèle d’intégration du mode de vie des Autochtones. Réalisation de l’architecte Douglas Cardinal, ce village a remporté de nombreuses distinctions sur la scène internationale, dont un prix décerné par les Nations unies.


Langue

La totalité de la population parle la langue crie, tandis que l’anglais est la langue seconde de la majorité. Un grand nombre de personnes, des jeunes surtout, parlent aussi français.


Histoire

Originaires des plaines de l’Ouest canadien, les Cris habiteraient la région de la Baie-James depuis environ 5 000 ans. Dans les années 1950, la présence grandissante du gouvernement fédéral, l’introduction de l’école obligatoire, la construction de maisons permanentes et le déclin du commerce des fourrures ont bouleversé leur mode de vie.

En 1971, l’annonce de la construction de grands barrages hydroélectriques, dans la région de la Baie-James, a mobilisé la nation crie. En 1975, à la suite de négociations tenues avec les gouvernements du Québec et du Canada, les Cris et les Inuits signent la Convention de la Baie James et du Nord québécois (CBJNQ). La prise en charge d’obligations gouvernementales par les Cris, découlant de la CBJNQ, leur a permis de les adapter à leurs réalités, et ce, dans différents domaines, notamment en ce qui concerne :

les terres, qui sont à leur usage et à leur bénéfice exclusifs;
les droits de chasse, de pêche et de piégeage;
la participation aux structures d’évaluation environnementale des projets de développement sur le territoire;
plusieurs services :
santé et services sociaux,
éducation,
administration de la justice,
services policiers.
Plusieurs organismes ont alors été créés, dont le Gouvernement de la nation crie, la Commission scolaire crie et le Conseil Cri de la santé et des services sociaux de la Baie James.

La nation crie a ainsi acquis davantage d’autonomie et elle évolue dans un cadre juridique différent des autres Premières Nations puisqu’elle n’est plus soumise à la Loi sur les Indiens.

Conclue en 2002, l’Entente concernant une nouvelle relation entre le gouvernement du Québec et les Cris du Québec – la paix des braves – est orientée dans une optique de respect mutuel, de responsabilisation accrue et d’une plus grande participation des Cris à la poursuite du développement du territoire. Cette entente repose sur le partenariat et la collaboration dans la mise en valeur de son potentiel forestier, minier et hydroélectrique, et est assortie d’une part des revenus qui en découlent.

En 2012, les Cris ont signé avec le gouvernement du Québec une entente concernant la gouvernance du territoire d’Eeyou Istchee Baie-James, laquelle est fondée sur la coopération entre tous les résidentes et résidents de cet immense territoire, ce qui constitue un autre jalon important des relations entre le Québec et la nation crie, dans une dynamique en évolution.


Économie

La nation crie a connu un essor économique important à la suite de la signature de la CBJNQ, ce qui a donné lieu à la création de plusieurs entreprises. En 1982, les Cris ont fondé CREECO, la compagnie des entreprises régionales cries, qui est gestionnaire de plusieurs entreprises, dont la Compagnie de construction et de développement crie, chef de file dans le domaine de la construction au Québec. Une autre compagnie, Air Creebec, également propriété des Cris, relie le territoire de la Baie-James et le nord de l’Ontario à Montréal et à Val-d’Or. Plusieurs entreprises communautaires et privées existent aussi au sein des communautés cries.

Source : Gouvernement du Québec


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Doric Club



Le Doric Club

Le Doric Club est une organisation paramilitaire de loyalistes radicaux constituée dans la foulée des troubles politiques de 1837 au Bas-Canada.

Devant la montée en popularité, vers le milieu des années 1830, des idées républicaines incarnées par le Parti patriote, ceux se disant loyaux à la couronne impériale britannique sont inquiets. Surtout à Québec et à Montréal, ils s'organisent en associations afin de protéger leur appartenance à la couronne, se rangeant derrière l'étiquette de constitutionnalistes. Les factions plus radicales de ces groupes loyalistes vont jusqu'à proposer une solution violente et se dotent d'un caractère militaire, ce qui n'est pas sans déplaire au gouverneur, Archibald Acheson, comte Gosford, qui voit ces petites armées privées comme autant de dangers pour la paix publique. C'est ainsi qu'un de ces regroupements, le British Rifle Corp, formé à Montréal à la fin de 1835, est rapidement dissout par le gouverneur au début de l'année suivante.

Contraints à la furtivité par l'attitude de Gosford, les membres du British Rifle Corp forment le noyau du Doric Club sous l'impulsion d'Adam Thom, pamphlétaire loyaliste, et la présidence de John Shay, comptable. Ce nouveau club, qui se rencontre régulièrement au marché à chevaux du Tattersall, rue Saint-Jacques, est moins ouvertement dédié à des actions militaires. Malgré tout, son manifeste de création, signé en mars 1836, déclare que ses membres sont prêts à prendre les armes pour ne pas avoir à vivre dans une république majoritairement canadienne-française. Au total, le gouverneur estime à environ 2000 le nombre de membres, bien qu'il soit difficile de le savoir avec exactitude. La nature du club et le contexte dans lequel il évolue forcent une grande circonspection. George Phillpots, un ami de John Colborne alors commandant en chef des forces armées, rapporte que même entre eux, les membres du club restent très discrets sur leur identité. En plus de se proclamer généralement en faveur de la couronne britannique, le Doric Club défend aussi un programme politique qui comprend des points assez précis, comme le renvoi de Gosford, avec qui les frictions sont importantes, et l'union des deux Canada.

En novembre 1837, le Doric Club décide de perturber une réunion des Fils de la Liberté, une organisation paramilitaire patriote. Notamment par le biais d'affiches placardées partout dans la ville de Montréal, les membres du Doric Club rassemblent une foule de loyalistes dans le but avoué de s'en prendre à l'assemblée de patriotes. Cette initiative se conclut par une échauffourée urbaine entre les deux groupes, au saccage des bureaux du Vindicator, un journal patriote anglophone, et mène à l'émission, une dizaine de jours plus tard, de mandats d'arrêt contre les principaux chefs patriotes.

Peu après son affrontement avec les Fils de la Liberté, le Doric Club cesse vraisemblablement ses activités puisqu'une part importante de ses membres se joint aux troupes de volontaires mises sur pied par Colborne pour mater les rébellions.
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Notices bibliographiques :
AUBIN, Georges et Marcel RHEAULT. Médecins et patriotes. Québec, Septentrion, 2006. 350 p.
FILTEAU, Gérard. Histoire des Patriotes. Sillery, Septentrion, 2003. 628 p.
Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En Ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
LAPORTE, Gilles. Patriotes et loyaux : leadership régional et mobilisation politique de 1837 et 1838. Sillery, Septentrion, 2004. 414 p.
LEGAULT, Roch. « Ramener et maintenir la paix : l'intervention des forces armées britanniques au Bas-Canada de 1837 à 1841 ». s.a. Maintien de la paix de 1815 à aujourd'hui - XXIe colloque de la commission internationale d'histoire militaire. Québec, 1995, p. 42-51.
SENIOR, Elinor Kyte. Les habits rouges et les patriotes. Montréal, VLB, 1997. 310 p.
s.a. Les Patriotes de 1837 à 1838 [En Ligne]. http://www.1837.qc.ca

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Frères des écoles chrétiennes



Habit des frères des écoles chrétiennes

En 1680 à Reims, en France, Jean Baptiste de La Salle fonde l'institut des Frères des écoles chrétiennes. Cette congrégation composée de religieux non ordonnés se voue à l'éducation des enfants des classes modestes de la société. En 1837, quatre frères s'établissent à Montréal à la demande de l'évêque de la ville, Mgr Jean-Jacques Lartigue, et du directeur du petit séminaire de Montréal, le sulpicien Joseph-Vincent Quiblier.

À leur arrivée à Montréal, les Frères des écoles chrétiennes sont soutenus par les Sulpiciens. En 1840, en plus de les aider à se loger, ceux-ci leur confient l'école Saint-Laurent, pour laquelle ils paient entièrement les frais. Cette dernière connaît un succès immédiat et, dès 1841, elle reçoit 860 élèves. Le réseau d'établissements scolaires tenus par les frères s'élargit rapidement. Ils s'établissent à Québec en 1843, à Trois-Rivières l'année suivante, à New York en 1848, puis à Ottawa en 1864.

Au début du XXe siècle en France, de nouvelles lois sur la laïcité forcent la fermeture de plusieurs écoles de la congrégation. Cela pousse plus de 200 frères français à émigrer au Canada. Cette arrivée massive de nouveaux membres permet à la communauté d'accepter de nouvelles fondations. Ainsi, près de vingt établissements sont créés entre 1904 et 1914, notamment à Arthabaska, Thetford Mines, Sainte-Anne-de-Beaupré et Fraserville (Rivière-du-Loup). Jusque dans les années 1960, les frères fondent une centaine d'écoles dans la province de Québec. Établies de Rivière-du-Loup à Châteauguay, plus de la moitié de ces écoles se trouvent dans les villes de Québec, Trois-Rivières et Montréal, et desservent en majorité une population ouvrière.

Les Frères des écoles chrétiennes introduisent de nombreuses innovations dans le domaine de l'éducation, que ce soit par les méthodes pédagogiques qu'ils utilisent ou par les programmes qu'ils mettent en œuvre. Leurs méthodes pédagogiques se fondent sur la division des élèves en classes graduées dans lesquelles on enseigne simultanément à tous les enfants, ainsi que sur l'apprentissage de la lecture en français et non en latin. Ils proposent aussi des programmes à tendance utilitaire afin de préparer les jeunes aux carrières relatives au génie civil, au commerce et à l'industrie. Deux cours sont offerts, soit le cours scientifique et le cours commercial, pour lequel ils sont les pionniers dans l'enseignement au Québec. En 1862, ils fondent l'Académie commerciale de Québec, puis en 1924, l'École supérieure de commerce de Québec, qui donne naissance, en 1952, à la Faculté de commerce de l'Université Laval. Ils ouvrent, en 1888, leur établissement le plus prestigieux à Montréal, le Mont-Saint-Louis, sur la rue Sherbrooke. C'est alors l'une des écoles les plus modernes de la province. En 1907, ils établissent l'Académie de La Salle à Trois-Rivières, où ils offrent en plus un cours technique. Ils créent également plusieurs écoles de métier.

Les Frères des écoles chrétiennes marquent profondément le système scolaire québécois en publiant une grande quantité de manuels scolaires. Entre 1837 et 1945, ils dominent ce marché en éditant ou réimprimant 935 manuels de toutes sortes. Cela représente plus de 280 titres traitant de sujets aussi variés que la religion, la philosophie, le chant, l'anglais, les mathématiques, la géographie, le français ou les sciences.

En 1960, la communauté compte 1 300 frères répartis au Québec et en Ontario. Toutefois, la laïcisation du système scolaire les pousse à réorienter leur mission. Au début du XXIe siècle, les 188 frères que compte le district du Canada francophone, qui regroupe les frères du Québec et de la ville d'Ottawa, sont toujours présents dans certaines œuvres scolaires, sociales et pastorales. Ils s'occupent, entre autres, de colonies de vacances, de camps de pastorale et de centres d'animation pastorale.
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Notices bibliographiques :
BERTHOLD, Étienne. Une société en héritage - L'oeuvre des communautés religieuses pionnières à Québec. Québec, Publications du Québec, 2015. 119 p.
CAISSE, Joseph-Camille. L'Institut des Frères des écoles chrétiennes : Son origine, son but et ses oeuvres. Montréal, J. Chapleau et fils, imprimeurs de l'Évêché, 1883. s.p.
D'ALLAIRE, Micheline. Les communautés religieuses de Montréal. Les communautés religieuses et l'éducation à Montréal, 1657-1900. Vol. 2. Montréal, Éditions du Méridien, 2002. 276 p.
Fondation du Patrimoine laurentien. La fondation du patrimoine laurentien [En Ligne]. http://www.patrimoinelaurentien.org/
Frères des écoles chrétiennes. L'Oeuvre d'un siècle : les frères des écoles chrétiennes au Canada : centenaire F.E.C., 1837-1937. Montréal, Frères des écoles chrétiennes, 1937. 587 p.
LAPERRIÈRE, Guy. Les congrégations religieuses de la France au Québec 1880-1914. Vol. 1. Québec, Les Presses de l'Université Laval, 1996. 228 p.
LAPERRIÈRE, Guy. Les congrégations religieuses de la France au Québec 1880-1914. Vol. 2. Québec, Les Presses de l'Université Laval, 1999. 597 p.
LAPERRIÈRE, Guy. Les congrégations religieuses de la France au Québec 1880-1914. Vol. 3. Québec, Les Presses de l'Université Laval, 2005. 730 p.
VOISINE, Nive. Les Frères des écoles chrétiennes au Canada : Inquiétudes et renouvellement, 1946-1987. Vol. 3. Sainte-Foy, Éditions Anne Sigier, 1999. 407 p.
VOISINE, Nive. Les frères des écoles chrétiennes au Canada : La conquête de l'Amérique, 1837-1880. Vol. 1. Sainte-Foy, Éditions Anne Sigier, 1987. 443 p.
VOISINE, Nive. Les Frères des écoles chrétiennes au Canada : Une ère de prospérité, 1880-1946. Vol. 2. Sainte-Foy, Éditions Anne Sigier, 1991. 471 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Hurons-Wendats



Danse traditionnelle

Les Hurons-Wendats sont un peuple autochtone d'Amérique du Nord, traditionnellement appelé « Huron » par les Français, originaire de la région de la baie Georgienne, qui s'est installée près de Québec à Wendake après des conflits avec les Iroquois au 17e siècle, maintenant une communauté dynamique qui a prospéré grâce au commerce et à la préservation de sa culture unique tout en côtoyant les Français et en adoptant des aspects du français, une langue parlée aujourd'hui par les membres de la nation, bien que la langue wendat soit en cours de revitalisation.

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Population et territoire

Les Hurons-Wendats constituent l’une des nations les plus urbanisées du Québec. Leur unique communauté, Wendake, est adjacente à la ville de Québec. Quelque 1 500 Hurons-Wendats y habitent.


Langue

Les Hurons-Wendats parlent français. La langue huronne est considérée comme éteinte, mais un projet de recherche est en cours afin d’en assurer la revitalisation.


Histoire

Les Hurons-Wendats résident au Québec depuis 1650. Auparavant, ils vivaient près du lac Huron, en Ontario, où ils formaient une confédération de quatre tribus réparties en une vingtaine de villages. Sédentaires, les Hurons-Wendats cultivaient en abondance le maïs et le tabac, dont ils utilisaient les surplus pour faire du troc avec les autres nations. Au 17e siècle, ils possédaient un empire commercial et, pendant des années, ils ont été les plus importants partenaires commerciaux des Français. En 1990, un jugement de la Cour suprême du Canada reconnaissait la validité d’un traité signé en 1760 par le général Murray en faveur des Hurons-Wendats. Ce traité leur assurait le libre exercice de leur religion, de leurs coutumes et du commerce avec les Anglais sur le territoire qu’ils fréquentaient.


Économie

Wendake se compose de trois secteurs : le vieux village récemment mis en valeur, le quartier résidentiel développé à compter des années 1970 ainsi qu’une zone industrielle. Le tourisme constitue un apport économique très important pour Wendake. En effet, des milliers de visiteurs s’y rendent chaque année. L’église de Notre-Dame-de-Lorette, classée monument historique en 1957, l’hôtel-musée et la maison Arouanne rassemblent les pièces les plus importantes du patrimoine huron-wendat.

L’économie de Wendake est florissante, notamment grâce à la Société de développement wendat, qui procure une expertise technique à l’industrie locale. Une soixantaine d’entreprises fournissent de l’emploi non seulement aux Hurons-Wendats, mais aussi à plusieurs non-Autochtones. Les mocassins, les canots et les raquettes de Wendake sont des produits reconnus à l’échelle internationale. Le gouvernement du Québec et le Conseil de la Nation huronne-wendat ont signé une entente-cadre en février 2000. Cet accord sert de base à une négociation particulière portant sur des sujets d’intérêt commun tels que la chasse, la pêche et la fiscalité. À l’été 2008, la communauté a inauguré un complexe touristique comprenant un hôtel-musée et un amphithéâtre extérieur.

Source : Gouvernement du Québec


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Hydro-Québec



Projet Manic-Outardes

Hydro-Québec est créée en 1944 à l'initiative des Libéraux d'Adélard Godbout lorsqu'est adoptée la Loi 17 établissant la Commission hydroélectrique du Québec. Cette législation permet l'expropriation, la même année, des avoirs de la Montreal, Light, Heat and Power et de deux filiales qui détiennent le monopole de l'électricité dans la région de Montréal, au profit de la nouvelle société d'État.

À partir des années 1950, à la demande du premier ministre Maurice Duplessis, Hydro-Québec étend ses opérations à l'extérieur de la région montréalaise alors qu'elle entreprend notamment les travaux d'aménagements de la centrale de Beauharnois, de Bersimis en 1953, de Carillon et de Manic-Outardes en 1959.

En juin 1960, le nouveau gouvernement libéral de Jean Lesage confie à Hydro-Québec le mandat d'aménager et d'exploiter les rivières non encore concédées à des intérêts privés. Un courant de francisation gagne la société d'État, ce qui favorise la création et l'essor de firmes de génie-conseil québécoises. En 1963, grâce à l'impulsion du ministre des Richesses naturelles, René Lévesque, le gouvernement Lesage achète les actifs de la Shawinigan Water and Power Company et des autres compagnies et coopératives privées d'électricité et confie leurs avoirs à Hydro-Québec. Bien que l'hydro-électricité constitue la part principale de la production de la société d'État, celle-ci effectue quelques incursions dans les domaines du nucléaire à Gentilly en 1965 et du thermique à Tracy en 1968.

Hydro-Québec fonde en 1967 l'Institut de recherche en électricité du Québec pour répondre aux besoins d'expérimentation de son nouveau réseau à haute tension. Dans la foulée du projet Manic-Outardes, la société d'État participe aux vastes chantiers de Churchill Falls en 1966 et de la Baie de James en 1971.

En 1978, elle se dote d'une filiale à vocation d'affaires hors Québec, Hydro-Québec international. Au tournant des années 1990, elle relance son programme de construction en réalisant la phase 2 du complexe La Grande puis, à la fin de la décennie, l'aménagement de la centrale de la Sainte-Marguerite-3. Elle se lance dans la commercialisation de ses réserves énergétiques, particulièrement à la suite de l'ouverture, en 1997, du marché nord-américain de l'électricité à la concurrence. La même année, elle devient assujettie à la Régie de l'Énergie relativement aux tarifs et au transport de l'énergie. À partir de 1998, elle participe au développement de la production d'énergie éolienne au Québec en exploitant des sites à Matane et à Cap-Chat.

Au début des années 2010, Hydro-Québec comporte quatre grandes divisions. Hydro-Québec TransÉnergie conçoit, exploite et maintient les réseaux de transport d'électricité. Hydro-Québec Production produit de l'électricité pour le marché québécois et commercialise ses surplus sur les marchés de gros. Hydro-Québec Distribution fournit à la clientèle québécoise l'approvisionnement en électricité et Hydro-Québec Équipement réalise des projets d'ingénierie et de construction liés à des aménagements hydroélectriques au Québec et des projets de lignes et de postes de transport d'électricité.
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Notices bibliographiques :
BOLDUC, André. « L'histoire de l'électricité au Québec ». Hydro-Québec. Hydro-Québec [En ligne]. http://www.hydroquebec.com/comprendre/histoire/index.html
BOLDUC, André, Clarence HOGUE et Daniel LAROUCHE. Québec : un siècle d'électricité. Montréal, Libre expression, 1984. 430 p.
COURNOYER, Jean. La mémoire du Québec [En Ligne]. http://www.memoireduquebec.com/
FLEURY, Jean-Louis. « Hydro-Québec ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com
Hydro-Québec. Hydro-Québec [En Ligne]. http://www.hydroquebec.com

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Innus



La réserve Innue Essipit

Les Innus sont un peuple autochtone du Québec et du Labrador, dont le nom signifie « être humain » dans leur langue algonquienne, l'innu-aimun, et qui sont connus pour leur culture vibrante, leur langue vivante et leur vaste territoire ancestral, le Nitassinan. Autrefois nomades, ils vivent aujourd'hui principalement dans neuf communautés sur la Côte-Nord, le Saguenay-Lac-Saint-Jean et à Schefferville, tout en conservant un fort lien avec leur héritage ancestral à travers l'art, la musique, la spiritualité et les « gardiens du territoire ».

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Population et territoire

Sept des neuf communautés innues du Québec sont réparties le long de la côte nord du fleuve Saint-Laurent. Ce sont Essipit, Pessamit, Uashat-Maliotenam, Mingan, Natashquan, Unamen Shipu (La Romaine) et Pakuashipi. Une autre communauté, Mashteuiatsh, est située au Lac-Saint-Jean, tandis que celle de Matimekosh–Lac-John est adjacente à Schefferville. La nation innue compte plus de 16 000 personnes, ce qui en fait la troisième nation autochtone la plus populeuse du Québec, après la nation mohawk et la nation crie.


Langue

L’innu constitue la langue première parlée par la majorité des membres de la nation, leur langue seconde étant le français. La communauté de Pessamit s’est acquis une réputation enviable sur le plan de la promotion de sa culture et de sa langue. C’est là, notamment, qu’est né le premier dictionnaire innu-français.


Histoire

Les Innus vivaient traditionnellement de chasse, de pêche et de cueillette. Puis, au 18e siècle, à la suite de l’établissement des comptoirs de traite, ils ont orienté leurs activités vers le piégeage des animaux à fourrure. Au début du 20e siècle, avec l’expansion de l’exploitation minière, forestière et hydroélectrique, de plus en plus d’Innus se sont établis le long des côtes de la rive nord du fleuve Saint-Laurent ainsi qu’à l’intérieur des terres.


Économie

Les communautés innues sont très différentes les unes des autres, tant par leur situation géographique et leur taille que du point de vue socioéconomique. La communauté de Mashteuiatsh, près de Roberval, possède plusieurs commerces et entreprises, une caisse populaire, un musée ainsi qu’un complexe communautaire abritant une patinoire.

Celle de Uashat-Maliotenam, près de Sept-Îles, compte notamment un centre commercial et un musée.

Les communautés de Unamen Shipu et de Pakuashipi, en Basse-Côte-Nord, ne sont pas desservies par le réseau routier. Leurs résidentes et résidents pratiquent la chasse et la pêche, parlent tous la langue innue et ont conservé leurs traditions bien vivantes. Il en est de même de Matimekosh–Lac-John, située à 510 kilomètres au nord de Sept-Îles.

Les Innus de Uashat-Maliotenam ont conclu une entente avec Hydro-Québec relativement au développement hydroélectrique de la rivière Sainte-Marguerite.

Pour leur part, ceux de Pessamit ont signé une entente de partenariat avec cette même société d’État concernant la réalisation de projets hydroélectriques sur la Côte-Nord, soit le barrage sur la rivière Toulnustouc et la dérivation des rivières Portneuf, Manouane et du Sault aux Cochons.

Hydro-Québec a également conclu des ententes avec les communautés autochtones de Mingan, de Natashquan, de Pakuashipi et de La Romaine quant à la réalisation d’un aménagement hydroélectrique sur la rivière Romaine. Essipit, La Romaine, Mingan, Natashquan et Pessamit gèrent des pourvoiries dont certaines donnent accès à d’importantes rivières à saumons. De plus, plusieurs communautés participent aux activités de pêche traditionnelle et commerciale.

Les Innus ont créé plusieurs organismes et infrastructures, dont l’Institut Tshakapesh, pour aider à la sauvegarde de leur langue et à la promotion de leur patrimoine culturel. Depuis plus de 20 ans, Uashat-Maliotenam accueille Innu Nikamu, un festival de musique autochtone traditionnelle et contemporaine, tandis qu’à Natashquan se tient le festival annuel du conte et de la légende de l’Innucadie.

Source : Gouvernement du Québec


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Inuit



Territoire inuit

Les Inuit sont les peuples autochtones de l'Arctique nord-américain (Canada, Alaska, Groenland, Russie), unis par une culture, une histoire et une langue (Inuktut) communes, le terme « Inuit » signifiant « peuple » et « Inuk » une personne. Connus pour leur résilience, leur art (sculpture, chant de gorge) et leurs adaptations à l'environnement hostile, ils ont développé un savoir traditionnel riche, utilisant des techniques comme les kayaks, traîneaux à chiens et constructions en neige (igloos) pour chasser et naviguer, tout en s'adaptant aux changements modernes.

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Population et territoire

Au Québec, les Inuit habitent le Nunavik, un vaste territoire situé au nord du 55e parallèle. La population du Nunavik – environ 12 000 Inuit – se répartit dans 14 villages comptant entre 100 et 1 700 habitants. Ces villages, distants de plusieurs centaines de kilomètres les uns des autres, sont situés sur les littoraux de la baie d’Hudson, du détroit d’Hudson et de la baie d’Ungava. Une centaine d’Inuit vivent à Chisasibi, un village cri de la Baie-James.


Langue

Il existe cinq principaux dialectes de langue inuite parlés au Québec : l'inuvialuktun, l'inuinnaqtun ainsi que trois différents dialectes d'inuktitut. Dans le présent feuillet d'information, nous désignons ces dialectes sous l'appellation de « langue inuite ».


Histoire

Bien adaptés aux rudes conditions du milieu, les Inuit règnent depuis fort longtemps sur la région arctique. Ils utilisaient l’arc, le kayak et le traîneau à chiens pour chasser l’ours polaire, les mammifères marins et le caribou. Au 18e siècle, la Compagnie de la Baie d’Hudson a ouvert un comptoir de traite à Kuujjuarapik, ce qui a facilité les contacts entre Européens et Inuit sans que cela change véritablement le mode de vie des Inuit.

Cependant, au début du 20e siècle, un premier changement d’importance est survenu lorsque les chasseurs inuit abandonnent leurs armes traditionnelles au profit des armes à feu. Après la Seconde Guerre mondiale, la société inuite a connu un bouleversement profond en raison de l’implantation des premiers programmes gouvernementaux fédéraux, notamment en matière d’éducation, de santé et d’habitation. Les Inuit se sont alors sédentarisés pour de bon et leur organisation sociale, politique et économique est devenue de plus en plus semblable à celle des sociétés du Sud.

Depuis la seconde moitié du 20e siècle, le défi des Inuit consiste surtout à maintenir l’équilibre entre leurs valeurs, leur langue, leur culture et le monde moderne auquel ils doivent s’adapter, tout en conservant des liens harmonieux avec le reste du Québec.


Économie

Au Nunavik, les Inuit administrent la majeure partie des services publics donnés à la population. La signature de la Convention de la Baie James et du Nord québécois (CBJNQ) a en effet mené à la création de plusieurs institutions dirigées par des Inuit, dont l’Administration régionale Kativik et la Société Makivik. Ces dernières, qui travaillent de façon autonome ou en collaboration avec divers ministères du gouvernement du Québec, veillent à l’administration et au développement de la région dans tous les secteurs d’activité publique.

L’Administration régionale Kativik, dont le conseil est formé de représentants des municipalités nordiques, exerce sa compétence dans le domaine de l’administration supramunicipale, le développement économique, les transports, les services policiers, les télécommunications et la protection de la faune.

La Société Makivik est la porte-parole des Inuit en ce qui concerne la protection de leurs droits et de leurs intérêts liés à la CBJNQ. Elle gère les indemnités et a pour mandat de promouvoir le développement social et économique du territoire. La Société constitue un levier économique important au Nunavik dans plusieurs secteurs d’activité, tels le transport aérien et maritime de même que l’alimentation et les pêcheries.

Le mouvement coopératif joue également un rôle majeur dans l’évolution économique du Nunavik, mouvement dont est issue la Fédération des coopératives du Nouveau-Québec. Celle-ci constitue, avec Makivik, le principal moteur économique de la région. La Fédération agit principalement dans les secteurs du commerce de détail, de l’approvisionnement pétrolier et des télécommunications.

En 2002, le gouvernement du Québec et les Inuit ont conclu une entente de partenariat économique afin d’accélérer le développement du Nunavik. Cette entente, appelée Sanarrutik, contient des dispositions concernant les ressources hydroélectriques, l’exploration minière et le développement de parcs. En 2004, l’entente Sivunirmut est venue bonifier cet accord en regroupant le financement des programmes gouvernementaux en une seule enveloppe globale. La gestion des fonds s’en est trouvée simplifiée et l’Administration régionale Kativik a acquis ainsi une plus grande autonomie afin d’établir ses champs d’intervention prioritaires auprès des villages nordiques.

Source : Gouvernement du Québec


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Journal Le Canadien



Une du journal Le Canadien 18 février 1839

Le journal Le Canadien est fondé à Québec, le 22 novembre 1806, par Pierre-Stanislas Bédard et d'autres membres de l'élite canadienne-française, dont Jean-Thomas Taschereau, Joseph LeVasseur Borgia et Joseph Plante. Il est créé dans le but de contrer les attaques du journal anglophone The Quebec Mercury et de défendre les intérêts politiques des classes professionnelles canadiennes-françaises. Il est d'ailleurs fondé pour devenir l'organe de la majorité à la Chambre d'assemblée du Bas-Canada. Au moment de sa création, Le Canadien est un hebdomadaire. Parent dirige sa rédaction et Fréchette, l'impression.

Le Canadien conteste le dispositif constitutionnel de 1791, défavorable à la majorité francophone. Ses attaques lui attirent les foudres du gouverneur James Henry Craig, qui fait interdire sa publication en 1810. Les principaux rédacteurs sont emprisonnés, les presses, saisies et les bureaux, saccagés. Plusieurs tentatives pour relancer Le Canadien échouent et il faut attendre 1831 pour que le journal soit publié de nouveau, toujours sous la direction d'Étienne Parent. Les rédacteurs du Canadien, plus démocrates et libéraux que nationalistes, adoptent des positions modérées lors des rébellions de 1837-1838. En 1832, Le Canadien paraît trois fois par semaine. Dix ans plus tard, Parent quitte la direction, mettant fin à la période la plus faste du journal.

Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, Le Canadien est surtout un journal conservateur. En 1874, Joseph-Israël Tarte en devient le rédacteur en chef. La même année, Le Canadien devient un quotidien. La publication suit désormais les allégeances politiques de son nouveau rédacteur en chef: d'abord ultramontain et partisan d'Hector Langevin, ancien propriétaire conservateur du journal, puis favorable à Joseph-Adolphe Chapleau et enfin, défenseur de la cause libérale.

En 1891, Tarte déménage Le Canadien à Montréal et en fait un journal du soir. Deux ans plus tard, il prend la décision de stopper la publication du quotidien. Cette décision s'explique par la forte concurrence de journaux importants comme le Star et le Herald qui bénéficient de fonds plus importants. Elle s'explique aussi par le fait que le gouvernement en place est conservateur et qu'il n'a aucune envie de commanditer un journal de l'opposition. Enfin, les libéraux préfèrent assurer la survie de La Patrie, leur organe de propagande déjà bien implanté dans la région de Montréal. Le Canadien est relancé par des intérêts conservateurs en 1906, mais il disparaît, faute de fonds, en décembre 1909.
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Notices bibliographiques :
BEAULIEU, André et Jean HAMELIN. La presse québécoise: des origines à nos jours. Vol. 1. Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1973. 268 p.
CAMBRON, Micheline, dir. Le journal Le Canadien: littérature, espace public et utopie, 1836-1845. Saint-Laurent, Fides, 1999. 418 p.
Collections Canada. La Confédération, Le Bas-Canada, Le Canadien [En Ligne]. http://www.collectionscanada.gc.ca/
FOUCHÉ, Pascal, Daniel PÉCHOIN et Philippe SCHUWER. Dictionnaire encyclopédique du livre. Vol: A-D. Paris, Éditions du Cercle de la Librairie, 2002. s.p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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La Minerve



Entête du journal La Minerve

Le journal La Minerve est fondé à Montréal en 1826 par Augustin-Norbert Morin, un étudiant en droit de 23 ans qui souhaite défendre les intérêts des Canadiens français. Un prospectus est lancé le 14 octobre 1826 et le premier numéro sort le 9 novembre. Le journal est un bihebdomadaire imprimé sur une feuille. Il contient des nouvelles de l'Europe, des faits divers, quelques poèmes et des éditoriaux de Morin. Ce dernier est le directeur politique du journal, tandis que John Jones est l'imprimeur. Il utilise les presses de l'imprimerie de Dominique Bernard, propriétaire du Canadian Spectator.

Les débuts du journal sont difficiles. Il ne recueille que 210 souscriptions à 30 chelins par an chacune. Dès le 27 novembre, l'impression est suspendue et Morin parcourt les campagnes dans le but de trouver de nouveaux souscripteurs. Cette fermeture coïncide avec la disparition de John Jones.

Le 18 janvier 1827, Ludger Duvernay achète le journal pour 25 livres. La Minerve recommence à être publiée le 12 février 1827. Morin demeure le rédacteur et le directeur politique et Duvernay participe à la direction et imprime le journal. Il utilise toujours les presses de l'imprimerie Dominique Bernard. La Minerve, qui appuie les patriotes, est interdite de presse le 20 novembre 1837. Elle est réorganisée avec l'aide de Denis-Benjamin Viger et d'Édouard-Raymond Fabre, mais Duvernay est emprisonné en 1838 pour libelle.

En 1842, de retour d'exil, Duvernay fait revivre La Minerve. Le 17 juillet 1843, le journal devient un hebdomadaire et ses rédacteurs soutiennent les positions modérées de Louis-Hippolyte La Fontaine. Plus tard, La Minerve devient l'organe politique de l'Alliance libérale-conservatrice de George-Étienne Cartier et de John A. Macdonald.

En 1858, à la mort de Duvernay, La Minerve devient la propriété de Duvernay et Frères (Napoléon et Denis). En 1879, ils cèdent leurs intérêts à Clément-Arthur Dansereau, copropriétaire depuis 1870. En 1880, Dansereau revend le journal pour la somme de 38 000 dollars à la Compagnie d'imprimerie de La Minerve, organisée par l'homme politique Joseph-Charles Taché. Celui-ci assume la direction politique du journal. En 1889, la Compagnie d'imprimerie de La Minerve cède quelques-uns de ses droits à Trefflé Berthiaume qui assure l'administration et l'impression du journal. En 1891, un conflit éclate entre Berthiaume et le directeur du journal Joseph Tassé. L'administration et l'impression sont alors affermées à la compagnie Sénécal, Poitras et Cie. Cette dernière cède ses droits à Eusèbe Sénécal en 1892. L'impression est suspendue en 1897 en raison de difficultés financières. Elle est relancée en 1898, mais incapable de s'adapter aux nouvelles conditions journalistiques, La Minerve ferme définitivement ses portes l'année suivante.

Malgré tous ces changements de propriétés, La Minerve est demeurée fidèle aux conservateurs jusqu'en 1899, servant tour à tour Cartier et Joseph-Adolphe Chapleau.
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Notices bibliographiques :
BEAULIEU, André et Jean HAMELIN. La presse québécoise: des origines à nos jours. Vol. 1. Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1973. 268 p.
COURNOYER, Jean. La mémoire du Québec: de 1534 à nos jours: répertoire de noms propres. Montréal, Stanké, 2001. 1861 p.
LEBEL, Jean-Marie. Ludger Duvernay et La Minerve: étude d'une entreprise de presse montréalaise de la première moitié du XIXe siécle. Mémoire de M.A. (histoire), Université Laval, 1983. 222 p.
MASSICOTTE, Édouard-Zotique. « Comment Ludger Duvernay acquit La Minerve en 1827 ». Bulletin des recherches historiques. Vol. 26 (1920), p. 22-24.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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La Patrie



Entête du journal La Patrie (29 juin 1912)

Le journal La Patrie est fondé à Montréal, en 1879, à la suite de la disparition du journal Le National, l'organe du Parti libéral du Canada dans la région de Montréal. Son éditeur-propriétaire est Honoré Beaugrand et ses locaux se situent sur la rue Saint-Gabriel.

Le premier numéro sort le 24 février 1879. Le journal La Patrie est imprimé en petit format et s'ouvre rapidement à la publicité pour se financer. Avec Beaugrand à sa tête, le journal exprime alors les idées des membres radicaux du Parti libéral. En 1897, Joseph-Israël Tarte achète La Patrie au nom du Parti libéral, mais surtout au nom de Wilfrid Laurier. Il prend la direction politique du journal et place Henri Bourassa à la direction afin de rompre avec les radicaux. L'aventure ne dure pas et Bourassa quitte le journal après quinze jours.

Dès 1897, les fils de Tarte, Joseph et Eugène, deviennent les propriétaires officiels du journal. La Patrie se trouve alors dans une situation difficile et son tirage est à la baisse. Le journal ne suit pas les nouvelles tendances journalistiques, qui s'éloignent du militantisme politique. Comprenant les nouveaux enjeux, les deux propriétaires modernisent l'équipement, multiplient par trois le personnel et diversifient les types d'informations. Cette cure de rajeunissement fonctionne et en 1923, La Patrie compte 28 journalistes. Deux ans plus tard, le journal est acheté par le groupe Webster, Lespérance et J. H. Fortier, qui opère un virage à droite. La Patrie devient l'organe des Canadiens français d'opinion conservatrice et protectionniste.

En 1933, La Presse acquiert La Patrie. Un an plus tard, on confie la réorganisation du journal à Oswald Mayrand, qui en rafraîchit la présentation. Le journal est alors publié le jeudi, le samedi et le dimanche. En 1957, il devient un hebdomadaire. En 1962, Yves Michaud devient le nouveau chef de la rédaction du journal qui renoue avec le libéralisme. La Patrie ferme ses portes en 1978, près de cent ans après sa fondation.
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Notices bibliographiques :
BEAULIEU, André et Jean HAMELIN. La presse québécoise: des origines à nos jours. Vol. 2. Sainte-Foy, Les presses de l'Université Laval, 1973. s.p.
COURNOYER, Jean. La mémoire du Québec: de 1534 à nos jours: répertoire de noms propres. Montréal, Stanké, 2001. 1861 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Les Automatistes



Les Automatistes (1947)

Les automatistes sont un groupe d’artistes de différentes disciplines qui militent pour une nouvelle façon de créer et pour un renversement dans le domaine culturel québécois des années 1940.

Pierre Gauvreau, Françoise Sullivan, Louise Renaud et Fernand Leduc étudient à l’École des Beaux-Arts et sont avides d’art moderne et des courants d’avant-garde européens, un volet complètement absent du cursus de cet établissement. Lorsque Paul-Émile Borduas voit les peintures de Gauvreau à l’occasion d’une exposition dans le hall du théâtre Gesù, à l’automne 1941, il est impressionné et le convie à son atelier afin de discuter d’art. Il s’empresse d’accepter, tout en invitant ses camarades de classe partageant ses idées. Ceux-ci forment un premier noyau, autour duquel se greffent plus tard des étudiants de l’École du meuble, où enseigne Borduas.

Il en résulte une communauté d’artistes réunissant des peintres, comédiennes, poètes, designers, danseuses et chorégraphes qui se nourrissent du mouvement surréaliste. Au fil de longues discussions, de lecture de Marx et Freud, de séjours dans les pôles artistiques comme New York et Paris ainsi que de rencontres, ils en viennent à réclamer une triple émancipation de la société, de l’art et de l’être. Le groupe perçoit le clergé, ses valeurs, ses influences et ses censures répétées comme l’une des principales barrières à abattre. Des membres écrivent notamment dans les revues comme Combat et Quartier latin. Le dynamisme des automatistes est particulièrement prononcé de 1946 à 1948.

Les premières vitrines publiques du groupe sont des expositions picturales collectives. La première se déroule en avril 1946 dans un local impromptu de la rue Amherst, tandis que la seconde survient l’année suivante aux mois de mars et d’avril chez les Gauvreau, rue Sherbrooke. C’est dans un article à l’occasion de cette dernière exposition que le critique d’art, Tancrède Marcil, les désigne d’automatistes, appellation que le groupe s’empresse de s’approprier. Ce terme vient de l’esthétique non figurative développée par les peintres du groupe, qui valorisent notamment l’inconscient, le geste spontané et automatique dans la création. Il s’agit là d’un exemple probant des influences surréalistes et freudiennes du groupe. Ils exposent également à Paris, à la Galerie du Luxembourg en 1947.

L’automatisme n’est pas qu’un mouvement pictural. Thérèse Renaud publie en 1946 Les sables du rêve, première manifestation automatiste en littérature. Sullivan et Jeanne Renaud donnent un spectacle de danse en avril 1948 qui tranche radicalement avec les canons de cette discipline. Claude Gauvreau joue, aux côtés de Muriel Guilbault, dans sa pièce d’influence dadaïste Bien être en mai 1947. Toutes ces manifestations mettent à contribution la plupart des membres du groupe et témoignent de la multidisciplinarité de leur engagement.

Du point de vue de la formulation de leurs idées, le point culminant s’avère la publication du recueil Refus global. Cet ouvrage regroupe des photos, des images d’œuvres, des textes ainsi qu’un manifeste iconoclaste de Borduas cosigné par quinze autres automatistes. Plusieurs artistes gravitant autour des automatistes ne signent pas le manifeste par crainte des contrecoups. S’ensuit une couverture médiatique importante ainsi qu’un renvoi de Borduas de l’École du meuble. Les signataires restés à Montréal subirent l’opprobre du clergé et d’une bonne partie de l’opinion publique.

Déjà entamé, mais accentué à la suite de la publication du recueil, le relâchement de la cohésion des automatistes se poursuit. Les artistes s’éloignent peu à peu de l’esthétique automatiste, le groupe ne se réunit plus. L’exposition La matière chante, tenue en mai 1954, est la dernière manifestation réunissant les peintres automatistes de leur vivant.
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Notices bibliographiques :
DUBOIS, Sophie. Refus global : histoire d’une réception partielle. Nouvelles études québécoises, 16. Montréal, Les Presses de l’Université de Montréal, 2017. 429 p.
ELLENWOOD, Ray. Égrégore: une histoire du mouvement automatiste de Montréal. Montréal, Éditions du Passage, 2014. 330 p.
GAGNON, François-Marc. Chronique du mouvement automatiste québécois, 1941-1954. Outremont, Lanctôt éditeur, 1998. 1023 p.
SMART, Patricia. Les femmes du Refus global. Montréal, Boréal, 1998. 334 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Micmacs



Site d’interprétation Micmac de Gespeg

Les "Micmacs" (ou Mi'kmaq) désigne un peuple autochtone d'Amérique du Nord, de langue algonquienne, historiquement établi dans les Provinces Maritimes du Canada (Nouvelle-Écosse, Nouveau-Brunswick, Île-du-Prince-Édouard) et au Québec (Gaspésie), connu pour sa culture liée à la mer, sa riche artisanat (paniers, vannerie) et ses adaptations face aux défis coloniaux, tout en conservant sa langue et ses traditions. Le terme peut aussi être utilisé familièrement pour des « manigances » ou intrigues, mais son usage principal est ethnique.

Texte généré par Gemini (IA)


Population et territoire

Le Québec abrite plus de 5 000 Micmacs constitués en trois groupes. En Gaspésie, la communauté de Listuguj dispose d’un territoire à l’embouchure de la rivière Ristigouche, tandis que celle de Gesgapegiag en possède un à l’embouchure de la rivière Cascapédia, près de la municipalité de Maria. Quant aux quelque 510 Micmacs qui forment la bande de Gespeg, ils n’ont pas de territoire de réserve et vivent principalement à Gaspé et à Montréal.


Langue

La langue micmaque est enseignée à l’école et parlée par plusieurs membres des communautés de Listuguj et de Gesgapegiag. L’anglais est la langue seconde. Les Micmacs de Gespeg parlent surtout français et de plus en plus de jeunes Micmacs connaissent aussi bien le français que l’anglais.


Histoire

L’une des particularités de la culture micmaque réside dans son adaptation aux activités liées à la pêche hauturière. Les Micmacs auraient notamment acquis l’art de construire des embarcations destinées à ce type de pêche. À la fin du 18e siècle, à la suite de changements socioéconomiques profonds qui ont marqué la société gaspésienne, nombre de Micmacs sont devenus bûcherons, ouvriers et travailleurs de la construction, mais la pêche fait toujours partie de leur vie sociale et économique.

En 2001, les trois communautés se sont unies pour former un organisme politique et administratif, soit le Secrétariat Mi’gmawei Mawiomi, afin de se donner des services communs et d’établir des liens avec des partenaires allochtones, notamment dans les secteurs de la pêche et de la foresterie.


Économie

Grâce à la pêche en haute mer, les Micmacs tirent une partie de leur subsistance des produits marins. La pêche au saumon a toujours fait partie de leur mode de vie. Depuis 1982, la communauté de Listuguj bénéficie d’une entente relative à la pratique de cette activité. De leur côté, les Micmacs de Gesgapegiag administrent, avec des associés non autochtones, la Société de gestion du saumon de la rivière Cascapédia. Ce partenariat leur procure une trentaine d’emplois liés aux activités de la pêche au saumon sur cette rivière de renommée internationale.

Depuis plusieurs générations, les paniers de frêne et de foin d’odeur sont la spécialité des Micmacs. La communauté de Gesgapegiag possède une coopérative d’artisanat dont les produits sont exportés au Canada et aux États-Unis. Les membres de la nation micmaque de Gespeg sont actifs sur plusieurs plans. Ils ont aménagé un centre communautaire à Pointe-Navarre et construit un centre d’interprétation de la culture micmaque. En 2001, les trois communautés micmaques se sont regroupées en un organisme politique et administratif, le Secrétariat Mi’gmawei Mawiomi. Le mandat de cet organisme consiste à :

planifier la prestation de services communs;
établir des partenariats avec les non-Autochtones, notamment dans les secteurs de la pêche et de la foresterie;
coordonner la négociation d’ententes au nom de la nation.

Source : Gouvernement du Québec


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Mohawks (Kanien'kehà:ka)



Contestation d'un territoire

Les Mohawks, ou Kanien'kehà:ka (« Peuple du silex »), sont une nation autochtone d'Amérique du Nord, la plus orientale de la Confédération Haudenosaunee (Iroquoise), résidant au Québec (notamment à Kahnawà:ke), en Ontario et dans le nord-est des États-Unis, connus pour leur culture riche, leur langue (le kanien'kéha), et leur histoire liée aux "Trois Sœurs" (maïs, haricots, courge) et à la Grande Loi de la Paix, avec des liens historiques et culturels profonds avec le territoire de Montréal (Tiohtià:ke).

Texte généré par Gemini (IA)


Population et territoire

Avec près de 20 000 personnes, les Mohawks forment au Québec la plus populeuse des nations autochtones. Ils sont regroupés en trois communautés : Kahnawake, Akwesasne et Kanesatake.


Langue

La langue d’usage des Mohawks est l’anglais. Plusieurs parlent le mohawk (le kanien’keha), et de plus en plus de Mohawks s’expriment en français.


Histoire

Les Mohawks constituent l’une des nations iroquoises qui, avant l’arrivée des Européens, formaient la Confédération des Cinq-Nations. Le système sociopolitique de la Confédération, démocratique et autonome, était très complexe. À l’instar des autres nations iroquoises, la société mohawk était matrilinéaire, c’est-à-dire que les femmes y transmettaient la parenté et les valeurs identitaires du clan. À partir du 19e siècle, les Mohawks se sont spécialisés dans des métiers recherchés. Plusieurs étaient pagayeurs pour des compagnies de transport, à l’époque où, pour aller de Montréal aux Grands Lacs, les bateaux devaient traverser les rapides de Lachine. On considérait alors les Mohawks comme des experts en ce domaine.


Économie

Située à proximité de Montréal, sur la rive sud du Saint-Laurent, Kahnawake a pris en charge, depuis plusieurs années, la plupart des secteurs de l’activité communautaire. Elle possède un établissement financier, la Caisse populaire de Kahnawake, et de nombreuses entreprises privées.

Source : Gouvernement du Québec


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Mouvement des caisses Desjardins



Maison d'Alphonse Desjardins

La première caisse populaire est fondée par Alphonse Desjardins le 6 décembre 1900 dans son domicile de Lévis. Ses opérations débutent le 23 janvier 1901, alors que douze membres versent un total de 26,40 $. La caisse populaire de Lévis suit le modèle coopératif de crédit européen. En organisant une caisse populaire autour de l'épargne populaire, Desjardins souhaite aider les Canadiens français à s'émanciper.

Soutenu par le clergé et les journalistes, le projet de Desjardins gagne rapidement en popularité. En 1906, le montant des dépôts frise les 40 000 $, même si la caisse ne détient aucune protection juridique. Desjardins a tenté en vain de faire voter une loi sur le crédit coopératif au niveau fédéral, mais devant le refus des députés à Ottawa, il doit se tourner vers l'Assemblée législative de la province de Québec. Cette dernière vote la Loi concernant les syndicats coopératifs en 1906. Son entreprise protégée par la juridiction provinciale, Desjardins se consacre au rayonnement des caisses. À sa mort, en 1920, 219 caisses populaires sont en activité, dont 23 en Ontario et aux États-Unis.

Desjardins souhaite fédérer les caisses sous la direction d'un organisme central. En décembre 1920, après son décès, naît la première union des caisses. Il faut cependant attendre 1932 pour voir une fédération provinciale des caisses populaires. Dans les années 1940, le Mouvement Desjardins commence à prendre forme avec l'ajout de nouveaux services pour les membres, comme l'assurance. Dans les années 1960, le mouvement acquiert des entreprises de services financiers. La vigueur du mouvement incite plusieurs associations coopératives à se joindre aux caisses populaires Desjardins. Ainsi, de 1971 à 1990, les caisses francophones du Manitoba, de l'Ontario et de l'Acadie se joignent au Mouvement Desjardins. En 1990, le mouvement cumule un actif de 44 milliards de dollars.

Après cette forte croissance, le Mouvement Desjardins se réorganise durant les années 1990. Le mouvement acquiert le Groupe La Laurentienne en 1994, puis entreprend, de 1996 à 1999, plusieurs opérations de rationalisation. En 2007, le Mouvement Desjardins cumule des actifs totalisant 114 milliards de dollars, compte plus de 6 000 membres et plus de 40 000 employés. Il figure parmi les groupes financiers les plus importants au Canada. En 2020, le siège social se trouve toujours à Lévis.
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Notices bibliographiques :
BÉLANGER, Guy et Pierre POULIN. « Desjardins, Alphonse ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
GOULET, Pierre. Desjardins, l'argent au service des gens. Lévis, Desjardins: Éditions Dorimène, 2006. 46 p.
LAMARCHE, Jacques. Alphonse Desjardins, un homme au service des gens. Montréal, Éditions du jour, 1977. 173 p.
POULIN, Pierre. Histoire du Mouvement Desjardins. Montréal, Québec/Amérique, 1998. s.p.
ST-PIERRE, Majella. Alphonse Desjardins entrepreneur. Montréal, Éditions Transcontinental, 2001. 193 p.
YUSUFALI, Sasha. « Mouvement Desjardins ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
s.a. Desjardins, À propos de Desjardins [En Ligne]. http://www.desjardins.com

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Naskapis



Communauté de Kawawachikamach

Les Naskapis sont un peuple autochtone de la forêt boréale résidant principalement dans la péninsule du Labrador, au Québec et à Terre-Neuve-et-Labrador. Autrefois nomades et dépendants de la chasse au caribou, ils sont aujourd'hui établis majoritairement dans la communauté de Kawawachikamach, près de Schefferville.

Texte généré par Gemini (IA)


Population et territoire

La nation naskapie compte environ 1 450 personnes, dont plus de 930 vivent dans le seul village naskapi du Québec, Kawawachikamach, situé dans le nord du Québec, à environ 15 kilomètres de Schefferville.


Langue

Le naskapi est parlé par toute la population et l’anglais est la langue seconde.


Histoire

Avant l’arrivée des Européens, les Naskapis vivaient principalement de la chasse au caribou. Cet animal, dont ils tiraient leur nourriture, leurs vêtements et leurs outils, leur permettait de survivre dans les difficiles conditions de la toundra arctique. Ils vivaient alors en nomades et se déplaçaient au gré de la migration des caribous. Or, certaines années, le caribou se faisait rare.

À partir de 1893, plusieurs famines ont décimé la nation naskapie. Vers 1950, le gouvernement fédéral est intervenu, leur fournissant des soins de santé et faisant transporter des rations alimentaires à Fort Mackenzie, au sud de Kuujjuaq, là où les Naskapis s’étaient installés. Deux ans plus tard, ils revenaient à Fort Chimo (ancien nom de Kuujjuaq), là où ils avaient déjà vécu par le passé. Finalement, en 1956, les Naskapis ont accepté de vivre avec les Innus de Matimekosh, près de Schefferville, dans l’espoir d’améliorer leurs conditions de vie.

En 1978, les Naskapis ont signé la Convention du Nord-Est québécois, qui leur a donné les moyens de prendre en main leur avenir. En vertu de cette entente fondée sur la Convention de la Baie James et du Nord québécois, ils bénéficient, tout comme les Cris et les Inuit, d’un régime territorial leur assurant des droits exclusifs de chasse, de pêche et de piégeage. Cette convention leur accorde également d’autres avantages obtenus en considération des droits, titres et intérêts autochtones qu’ils ont cédés sur le territoire du Québec.


Économie

La Société de développement des Naskapis gère, entre autres, une pourvoirie, des services d’entretien des routes, une boutique d’artisanat et une entreprise de construction. En 1984, la Loi sur les Cris et les Naskapis du Québec a soustrait la nation naskapie à la Loi sur les Indiens et lui a conféré une grande autonomie administrative.

Aujourd’hui, le village est doté d’édifices communautaires bien équipés, dont une école primaire et secondaire, un CLSC, une caserne de pompiers, un poste de police, un centre communautaire, un centre récréatif et une radio diffusant en langue naskapie. Les principales activités économiques de la communauté sont le tourisme d’aventure, la construction, le piégeage d’animaux à fourrure et l’artisanat.

Les Naskapis, conjointement avec les Innus de Matimekosh–Lac-John et de Uashat-Maliotenam, ont mis sur pied une compagnie appelée Transport ferroviaire Tshiuetin inc., qui assure, depuis 2004, le service ferroviaire de passagers entre Sept-Îles et Schefferville. En 2009, un premier réseau de téléphonie cellulaire par satellite était implanté à Kawawachikamach, grâce à un partenariat conclu entre l’entreprise Naskapi Imuun et des firmes de haute technologie du Québec.

Le 19 octobre 2009, les Naskapis et le Québec signaient une entente de partenariat économique et communautaire, laquelle était inspirée de la paix des braves et de l’entente Sanarrutik, signées respectivement avec les Cris et les Inuit en 2002. Pour les 25 années que durera l’entente, des sommes seront versées annuellement, à parts égales, à la nation naskapie et à la Société de développement des Naskapis. Ces sommes serviront à financer des projets communautaires et économiques et à assurer la mise en œuvre de certains aspects de la Convention du Nord-Est québécois.

Source : Gouvernement du Québec


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Oblats de Marie-Immaculée



Pensionnat pour Autochtones

La congrégation des Oblats de Marie-Immaculée, d'abord appelée la Société des missionnaires de Provence, est fondée en France en 1816, par l'évêque de Marseille, Eugène de Mazenod. Le groupe reçoit l'approbation du pape Léon XII en 1826.

À la suite de plusieurs demandes de l'évêque de Montréal, Mgr Ignace Bourget, la communauté envoie six missionnaires au Canada en 1841 pour prêcher et fonder des missions. Rapidement, ces premiers oblats sont secondés par l'arrivée de nouveaux missionnaires français. Leur principale tâche est de convertir les peuples autochtones au christianisme.

En 1844, la communauté s'établit à Saint-Hilaire (Mont-Saint-Hilaire), à Sainte-Foy (Québec), puis à Bytown (Ottawa) et dans le Nord-Ouest. Dès leur arrivée, les Oblats misent sur le recrutement de jeunes canadiens pour accroître les effectifs de la communauté. Deux missionnaires, dont le Canadien Alexandre-Antonin Taché, partent pour la colonie de la rivière Rouge (Manitoba) pour aider le vicaire apostolique à évangéliser le territoire situé à l'ouest du village de Saint-Boniface (Winnipeg) jusqu'à l'océan Pacifique. En 1851, Taché reçoit la consécration épiscopale à Viviers, en France, et devient le premier évêque missionnaire de la communauté des Oblats de Marie-Immaculée.

La congrégation crée également des missions chez les Algonquins, les Attikameks, les Cris, les Montagnais (Innus) et les Esquimaux (Inuits), notamment à la baie James, dans le Grand Nord et au lac Saint-Jean, sur la réserve amérindienne d'Ouiatchouan (Mashteuiatsh). Localisés principalement dans les régions de l'Ouest, les Oblats, en plus d'évangéliser les différentes tribus, jouent un rôle de réconciliateur entre les Amérindiens et les colons européens.

Au sein des communautés établies dans les villes, les Oblats prêchent et fondent des paroisses ainsi que des maisons de formation, dont le collège de Bytown (Université d'Ottawa). Installés officiellement à Montréal en 1848, les Oblats participent à la création du faubourg Saint-Pierre et mettent sur pied la Société de Saint-Vincent-de-Paul ainsi que le Cercle Saint-Pierre, une salle de loisirs sans alcool. Ils fondent finalement la paroisse Saint-Pierre-Apôtre de Montréal en 1900.

Au tournant du XXe siècle, les Oblats sont de plus en plus impliqués dans la prédication. La communauté s'établit dans les milieux défavorisés et construit des maisons de retraite fermées. En 1902, ils s'installent au Cap-de-la-Madeleine (Trois-Rivières) et deviennent les gardiens du sanctuaire de Notre-Dame-du-Cap, un important lieu de pèlerinage.

Depuis les années 1920, les Oblats de Marie-Immaculée s'occupent de missions étrangères. Ils ont commencé leur œuvre évangélisatrice au Basutoland (Lesotho) en 1923 avant de poursuivre en Bolivie en 1952, en Afrique et en Amérique du Sud.

En 1957, la communauté est divisée en deux provinces, celles de Saint-Joseph et de Notre-Dame-du-Rosaire. À cette époque, en plus de devoir affronter la diminution des membres, la congrégation doit s'adapter au déclin de la pratique religieuse. La plupart des maisons de retraite disparaissent et seules quelques paroisses sont encore prises en charge par les Oblats.

En 2004, les deux provinces fusionnent et deviennent la province Notre-Dame-du-Cap qui, cinq ans plus tard, compte 260 membres, dont trois évêques. La majorité de leurs institutions est fermée hormis quelques paroisses qui demeurent sous leur responsabilité. Les Oblats poursuivent leur implication dans la vie pastorale, la croissance et l'évangélisation chrétiennes dans certaines régions du Québec.
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Notices bibliographiques :
COURNOYER, Jean. La mémoire du Québec [En Ligne]. http://www.memoireduquebec.com/
HANRAHAN, James. « Oblats de Marie Immaculée ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com
Oblats francophones de l'Est du Canada. Les missionnaires OMI [En Ligne]. http://oblats.qc.ca/

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Parti Patriote



Illustration de la bataille de Saint-Eustache, en 1837

Le Parti patriote est l'héritier idéologique du Parti canadien, créé vers 1806 et conduit par Louis-Joseph Papineau à partir de 1815. Le groupe se désigne sous le nom de Parti patriote à compter de 1826 pour afficher son ouverture aux partisans de langue anglaise. Majoritaires en Chambre à partir des élections de 1827, les patriotes sont dirigés principalement par des membres de la petite bourgeoisie professionnelle, dont les principaux porte-paroles sont Louis-Joseph Papineau, Wolfred Nelson, Denis-Benjamin Viger et Elzéar Bédard.

En 1834, les patriotes se dotent d'un Comité central permanent, qui structure leur mouvement et permet de coordonner l'action parlementaire des élus et celle extraparlementaire des comités de paroisses et de comtés. L'organisation patriote comprend également des associations de dames patriotiques notamment dans Deux-Montagnes et Richelieu. Afin de diffuser leurs idées, les patriotes bénéficient du soutien de journaux, au nombre desquels figurent La Minerve, The Vindicator, Le Canadien et L'Écho du pays. Les adhérents aux idées du Parti sont des membres de professions libérales, de petits marchands francophones et des habitants.

Les patriotes réclament une réforme des institutions politiques du Bas-Canada, qui sont contrôlées par l'élite coloniale et les marchands britanniques. Ils désirent concrètement un Conseil législatif électif, un Conseil exécutif responsable devant les élus, ainsi que le contrôle des subsides et de la liste civile par la Chambre d'assemblée. Les patriotes s'opposent à l'immigration massive de Britanniques dans la colonie, ainsi qu'au projet d'union entre le Haut et le Bas-Canada, qui traîne dans le paysage politique depuis 1810.

Réclamant des réformes politiques importantes, les députés patriotes exposent en 1834 leurs griefs dans les 92 Résolutions, qu'ils présentent au Parlement britannique. Londres répond en mars 1837 par les résolutions Russell, qui rejettent les réformes proposées et permettent au gouverneur d'utiliser les fonds publics sans l'assentiment de la Chambre d'assemblée. À la suite des résolutions Russell, la scission entre les modérés et les radicaux du parti s'avère incontournable, ces derniers affichant des positions de plus en plus anticléricales, antiseigneuriales et indépendantistes. Ces positions trouvent écho auprès d'une partie de la population, qui prend part aux manifestations organisées par le Comité central permanent du parti: pétitions, boycottage des produits britanniques et assemblées populaires. De leur côté, de jeunes patriotes radicaux forment l'Association des Fils de la liberté, une organisation paramilitaire.

Après une échauffourée entre les Fils de la liberté et le Doric Club, une association loyaliste, en novembre 1837, des mandats d'arrestation sont lancés contre 26 chefs patriotes. Des confrontations ont lieu en 1837 et 1838 entre les patriotes et l'armée britannique, renforcée par des volontaires loyaux. Les batailles de Saint-Denis-sur-Richelieu, de Saint-Charles-sur-Richelieu et de Saint-Eustache comptent parmi les affrontements les plus importants. Au cours de ces événements, Wolfred Nelson et Jean-Olivier Chénier s'illustrent par leurs actions.

En février 1838, les patriotes exilés aux États-Unis, dont Robert Nelson, proclament la république du Bas-Canada à Caldwell's Manor et recrutent des combattants qui se nomment les Frères chasseurs. L'offensive menée par Nelson en novembre 1838 est rapidement démantelée.

Le bilan des affrontements de 1837-1838 fait état, du côté des patriotes, de 298 morts et de 1 280 prisonniers. Parmi ces derniers, 12 sont pendus, 58 sont exilés en Australie et 8 aux Bermudes.
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Notices bibliographiques :
BLAIS, Christian, Gilles GALLICHAN, Frédéric LEMIEUX et Jocelyn SAINT-PIERRE. Québec: quatre siècles d'une capitale. Québec, Assemblée nationale du Québec - Les Publications du Québec, 2008. 692 p.
DAVID, Laurent-Olivier. Les Patriotes de 1837-1838. Montréal, E. Sénécal, 1884. 299 p.
DICKINSON, John Alexander et Brian YOUNG. Brève histoire socio-économique du Québec. Sillery, Septentrion, 2003. 452 p.
FAUTEUX, Aegidius. Patriotes de 1837-1838. Montréal, Les Éditions des Dix, 1950. 433 p.
FILTEAU, Gérard. Histoire des Patriotes. Sillery, Septentrion, 2003. 628 p.
GREER, Allan. Habitants et patriotes : la Rébellion de 1837 dans les campagnes du Bas-Canada. Montréal, Boréal, 1997. 370 p.
LAPORTE, Gilles. Les Patriotes de 1837@1838 : les rébellions du Bas-Canada [En Ligne]. http://cgi2.cvm.qc.ca/glaporte/1837.pl?out=menu
LAPORTE, Gilles. Patriotes et loyaux : leadership régional et mobilisation politique de 1837 et 1838. Sillery, Septentrion, 2004. 414 p.
SENIOR, Elinor Kyte. Les habits rouges et les patriotes. Montréal, VLB, 1997. 310 p.
SIMARD, Marc. Papineau et les Patriotes de 1837. Agincourt, La Société Canadienne du Livre Limitée, 1983. 71 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Petites Sœurs de la Sainte-Famille



Petites Sœurs de la Sainte-Famille

En 1874, le père Camille Lefebvre, religieux de la congrégation de Sainte-Croix, invite soeur Marie-Léonie Paradis, membre des Soeurs marianites de Sainte-Croix, à prendre en charge un groupe de sœurs qui assume les travaux domestiques du collège Saint-Joseph de Memramcook, au Nouveau-Brunswick. Deux ans plus tard, la religieuse y inaugure un ouvroir pour former, pendant un an, de jeunes Acadiennes désireuses de prendre en charge les travaux domestiques dans les institutions de la congrégation de Sainte-Croix. Les jeunes filles, qui prononcent des vœux annuels, sont ensuite envoyées dans les collèges et les pensionnats, où elles s’occupent de l’infirmerie, de la cuisine, de la lingerie et de la bonne tenue des locaux. En 1880, à l’instigation du père Lefebvre, les pères de Sainte-Croix acceptent que la communauté de Memramcook soit détachée des Sœurs marianites de Sainte-Croix. C’est le début de l’institut des Petites Sœurs de la Sainte-Famille, et mère Marie-Léonie est reconnue comme fondatrice.

Les Petites Sœurs de la Sainte-Famille se développent rapidement. En 1893, elles établissent au collège des Pères Maristes à Van Buren, dans le Maine, la première charge à l’extérieur du Canada et en dehors des maisons d’enseignement dirigées par la congrégation de Sainte-Croix. Malgré les demandes de mère Marie-Léonie, l’évêque de Saint-Jean, Mgr John Sweeney, refuse d’accorder un statut officiel à la communauté. Après une rencontre avec l’évêque de Sherbrooke, Mgr Paul Larocque, les sœurs sont invitées à s’installer dans le diocèse de Sherbrooke, afin de prendre en charge les travaux domestiques du séminaire et de l’évêché. Mère Marie-Léonie accepte cette proposition qui assure l’avenir de la communauté. Le 5 octobre 1895, après 21 ans passés en Acadie, les sœurs déménagent leur maison mère et leur noviciat sur la rue Peel à Sherbrooke, près du séminaire Saint-Charles-Borromée. Elles reçoivent leur approbation canonique le 26 janvier 1896 de Mgr Larocque. La communauté, nouvellement reconnue par l’Église, est vouée à l’entretien ménager des collèges, des séminaires, des évêchés et des maisons de formation de prêtres.

Les fondations ne tardent pas à se multiplier pour les Petites Sœurs de la Sainte-Famille. Rapidement, elles se trouvent dans des collèges ou séminaires à Marieville (1895), Lévis (1896), Nicolet (1898), Valleyfield (1900), à l’Université d’Ottawa (1902) et à Montréal (1906), en plus d’être présentes dans cinq évêchés. À la mort de la fondatrice en 1912, la congrégation compte plus de 600 religieuses œuvrant au Canada et aux États-Unis. En 1930, elles font construire une nouvelle maison mère, le Mont Sainte-Famille, sur la rue Galt Ouest à Sherbrooke, où elles se trouvent toujours au début du XXIe siècle.

En 1981, la communauté compte 770 religieuses et a ouvert plus de 70 maisons dont 50 au Canada, 15 aux États-Unis, 2 à Rome et 5 en Amérique du Sud, où est inauguré un second noviciat au Honduras. En 1984, au parc Jarry à Montréal, le pape Jean-Paul II béatifie mère Marie-Léonie, reconnaissant le rôle important de cette fondatrice et de son œuvre, tant au Canada qu’à l’étranger.
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Notices bibliographiques :
BERTRAND, Guy, Denise ROBILLARD et Ghislaine ROQUET. Mère Marie-Léonie,1840-1912, fondatrice des Petites Soeurs de la Sainte-Famille. Montréal, Fides, 1984. 46 p.
Centre Marie-Léonie Paradis. Centre Marie-Léonie Paradis [En Ligne]. http://www.centremarie-leonieparadis.com/
Congrégation de Sainte-Croix. Province canadienne de la Congrégation de Sainte-Croix [En Ligne]. http://www.ste-croix.qc.ca/
GENDRON, Thérèse. Des fondatrices au coeur marial et missionnaire : Émilie Gamelin, Marcelle Mallet, Ester Blondin, Marie-Rose Durocher, Marie-Léonie Paradis, Délia Tétreault / collectif. Aux sources mariales de l’Église canadienne, 6. Sillery, Fondation de Marie Immaculée, 1989. 95 p.
GRIFFITS, Naomi. « Lefebvre, Camille ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
JEAN, Marguerite. Évolution des communautés religieuses de femmes au Canada de 1639 à nos jours. Histoire religieuse du Canada. Montréal, Fides, 1977. 324 p.
NADEAU, Eugène. Mère Léonie, fondatrice des Petites Soeurs de la Sainte-Famille (1840-1912). Les Grands serviteurs de Dieu. Montréal, Fides, 1950. 294 p.
Petites Soeurs de la Sainte-Famille. Le bonheur dans l’obscur dévouement. Sherbrooke, Petites Soeurs de la Sainte-Famille, 1948. 35 p.
ROBILLARD, Denise. « Paradis, Élodie (baptisée Alodie-Virginie), dite mère Marie-Léonie ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
Société historique de la vallée de Memramcook. Société historique de la vallée de Memramcook [En Ligne]. http://shvm.ca/
s.a. « Chapelle conventuelle Église abbatiale de l’Abbaye Notre-Dame-de-la-Paix ». s.a. Inventaire des lieux de culte du Québec [En ligne]. http://www.lieuxdeculte.qc.ca/fiche.php?LIEU_CULTE_ID=99693

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Récollets



Vue de la cathédrale, du collège des Jésuites, et de l’église des Récollets

Les Récollets constituent une branche réformée de l'ordre des Franciscains. Créée en France à la fin du XVIe siècle, la communauté vise l'observation stricte de la règle de saint François d'Assise. Missionnaires et prédicateurs, ses membres mènent une vie simple et austère.

Considérés comme l'une des communautés religieuses fondatrices de la Nouvelle-France, les Récollets sont présents dès les premiers voyages de Samuel de Champlain. Le père Denis Jamet, le père Jean Dolbeau, le père Joseph Le Caron et le frère Pacifique Duplessis s'installent dans la colonie en 1615. Ce sont les premiers missionnaires à remonter le fleuve Saint-Laurent. Les Récollets sont missionnaires, titulaires de certaines cures et aumôniers des troupes de la Marine. Ils établissent leur couvent en bordure de la rivière Saint-Charles, à Québec, en 1620. Lors de la prise de Québec par les frères Kirke en 1629, ils sont forcés de quitter la colonie. De retour en 1670, à la demande de l'intendant Jean Talon, ils érigent un monastère à Montréal. Ils reprennent également possession de leur domaine à Québec, où ils font construire une église, entre 1671 et 1673, et un nouveau monastère en pierre, entre 1680 et 1684. En 1692, le domaine des Récollets est acquis par Mgr de Saint-Vallier, évêque de Québec, pour l'établissement du premier hôpital général de la colonie. Les Récollets fondent aussi une mission dans le poste de pêche de Percé en 1673. À Trois-Rivières, ils construisent un couvent en 1693, puis une église entre 1700 et 1703. Les deux bâtiments sont reconstruits en pierre en 1742 et 1754.

En 1763, la Nouvelle-France est cédée à l'Angleterre. Les autorités britanniques interdisent alors aux communautés religieuses, dont les Récollets, toute forme de recrutement en France et de recevoir des novices. Faute de relève suffisante, les Récollets sont contraints de quitter Trois-Rivières en 1776. Mgr Jean-François Hubert, en 1796, sécularise les frères entrés dans l'ordre depuis 1784. La communauté disparaît de la colonie avec la mort du père Louis Demers, dernier prêtre récollet, en 1813. Le dernier frère sécularisé décède en 1849.

Il faut attendre la fin du XIXe siècle pour que d'autres religieux de la famille franciscaine, dont le père Frédéric Janssoone, reviennent s'installer au Québec. Il sont de retour à Trois-Rivières en 1888, puis à Montréal vers 1890.

En 1897, le pape Léon XIII regroupe des communautés se réclamant de saint François d'Assise, dont les Récollets, pour former les Frères mineurs ou Franciscains. Aujourd'hui, les Franciscains sont toujours actifs au Canada, notamment à Trois-Rivières, à Montréal, à Lachute et à Sorel, de même qu'en Ontario et dans l'Ouest canadien.
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Notices bibliographiques :
COURNOYER, Jean. La mémoire du Québec: de 1534 à nos jours: répertoire de noms propres. Montréal, Stanké, 2001. 1861 p.
FLEURENT, Maurice. « Demers, Louis ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
JOUVE, O. Dictionnaire biographique des Récollets missionnaires en Nouvelle-France, 1615-1645 - 1670-1849 : province franciscaine Saint-Joseph du Canada. Saint-Laurent, Bellarmin, 1996. 903 p.
LAPERRIÈRE, Guy. Les congrégations religieuses de la France au Québec 1880-1914. Vol. 1. Québec, Les Presses de l'Université Laval, 1996. 228 p.
Les Franciscains du Canada. Les Franciscains du Canada [En Ligne]. http://www.ofm-canada.org/fra/franciscains/index.htm
THÉRIAULT, Michel. « Récollets ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Régiment de Carignan-Salières



Officiers et soldats du régiment de Carignan-Salières

Le régiment de Carignan-Salières arrive en Nouvelle-France en 1665. La venue de ces hommes en armes permet de sécuriser les possessions françaises en Amérique du Nord et favorisera ultérieurement le peuplement de la colonie.

Au milieu du XVIIe siècle, les relations entre les Français et les Iroquois sont tendues. Les raids de ces derniers, particulièrement sur Ville-Marie (Montréal), compromettent le développement de la colonie. Pour défendre le territoire, la Compagnie des Cent-Associés entretient une petite troupe constituée en camp volant qui se déplace en fonction des nécessités. Cette force est toutefois insuffisante pour enrayer complètement la menace iroquoise.

En 1663, Louis XIV fait passer la Nouvelle-France sous son autorité directe en la dotant d'un gouvernement royal. Ayant été précédemment informé par les administrateurs coloniaux de la nécessité de pacifier les Iroquois pour stabiliser la colonie, il ordonne en 1664 l'envoi du régiment de Carignan-Salières en Nouvelle-France.

Le régiment de Carignan-Salières, commandé par le marquis Henri de Chastelard de Salières, est le résultat de la fusion, cinq ans plus tôt, du régiment de Salières avec le régiment d'Emmanuel-Philibert de Savoie, prince de Carignan. Parti de Marsal, en Lorraine, en janvier 1665, le régiment de Carignan-Salières, composé alors d'environ 1100 hommes, traverse la France à pied pour se rendre à La Rochelle. Peu avant l'embarquement, les compagnies sont réparties sur l'île d'Oléron et l'île de Ré. D'avril à mai 1665, les soldats sont embarqués sur sept navires et traversent l'Atlantique. Le premier contingent arrive à Québec le 19 juin et le dernier, le 14 septembre. Les soldats sont placés sous le commandement d'Alexandre de Prouville de Tracy, lieutenant-général des Antilles et de la Nouvelle-France, qui arrive des Antilles avec quatre de ses propres compagnies (environ 200 hommes), le 30 juin.

La première mission du régiment de Carignan-Salières en Nouvelle-France est de construire une série de forts le long de la rivière Richelieu pour verrouiller la route d'invasion des Iroquois. Les forts Saint-Louis, Richelieu et Sainte-Thérèse sont ainsi érigés à l'automne 1665 et les soldats sont répartis dans ces forts et à Québec, Montréal et Trois-Rivières.

En 1666, le régiment mène deux offensives contre les Iroquois. Au cours de l'hiver, 500 à 600 soldats, volontaires et alliés amérindiens se rendent dans le territoire iroquois, sans toutefois causer de dégâts importants. Les pertes de l'expédition sont non négligeables : une soixantaine d'hommes périssent du froid et du manque de vivres. Cette démonstration de force amène toutefois quelques nations iroquoises à conclure une paix. À l'automne, une seconde expédition permet à 600 soldats du régiment, accompagnés de volontaires et d'Amérindiens, d'atteindre les villages des Agniers. Avertis de l'arrivée des troupes françaises, ceux-ci désertent leurs villages, que les soldats incendient. Sans remporter une victoire décisive sur les Iroquois, Tracy arrive toutefois à démontrer la supériorité militaire française. Cette attaque, combinée aux épidémies de petite vérole et de scarlatine conduisent les Agniers à une paix avec les Français en 1667.

Le régiment de Carignan-Salières est rappelé en France en 1668. Désireux de promouvoir le peuplement de la colonie, le roi offre des terres aux soldats et officiers qui souhaitent s'y établir. Ils sont près de 400 à être démobilisés et à profiter de cette opportunité. De ce nombre, 283 se marient dans les années subséquentes, notamment avec des Filles du roi.

En s'établissant au pays, les soldats du régiment de Carignan-Salières ont contribué de manière importante au développement de la Nouvelle-France. Ils comptent de nos jours de nombreux descendants au Québec et en Amérique du Nord et ont laissé une marque durable dans la toponymie.

Cet événement a été désigné par la ministre de la Culture et des Communications le 19 juin 2015.


Intérêt patrimonial

Cet événement historique est désigné pour les motifs suivants:

Le régiment de Carignan-Salières arrive en Nouvelle-France en 1665 sur l'ordre de Louis XIV. Placé sous le commandement d'Alexandre de Prouville de Tracy, le régiment sécurise les possessions françaises en Amérique du Nord en construisant des fortifications et en menant deux expéditions militaires contre les Iroquois. En 1667, une paix est signée et le régiment est rappelé en France. Environ 400 soldats choisissent toutefois de s'établir dans la colonie en échange de terres et de nourriture. Plus de la moitié de ces hommes se marient, notamment à des Filles du roi, et comptent de nos jours de nombreux descendants au Québec et en Amérique du Nord. Devenus seigneurs et habitants, ces soldats ont ainsi contribué de manière importante au développement de la Nouvelle-France.
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Notices bibliographiques :
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
BLAIS, Christian, Gilles GALLICHAN, Frédéric LEMIEUX et Jocelyn SAINT-PIERRE. Québec: quatre siècles d'une capitale. Québec, Assemblée nationale du Québec - Les Publications du Québec, 2008. 692 p.
DESROSIERS, Léo-Paul. Iroquoisie. Vol. 2. Sillery, Septentrion, 1998. 341 p.
DESROSIERS, Léo-Paul. Iroquoisie. Vol. 3. Sillery, Septentrion, 1999. 347 p.
DICKINSON, John Alexander et Brian YOUNG. Brève histoire socio-économique du Québec. Sillery, Septentrion, 2003. 452 p.
Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En Ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
LACOURSIÈRE, Jacques, Jean PROVENCHER et Denis VAUGEOIS. Canada-Québec: synthèse historique, 1534-2000. Québec, Éditions du Septentrion, 2001. 591 p.
LAMONTAGNE, Léopold. « Prouville de Tracy, Alexandre de ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
LANGLOIS, Michel. « Le régiment de Carignan-Salières : des forces pour la paix, des bras pour la colonisation ». Cap-aux-Diamants. No 23 (1990), p. 62-65.
MORTON, Desmond. Une histoire militaire du Canada, 1608-1991. Sillery, Les Éditions du Septentrion, 1992. 414 p.
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.
TRUDEL, Marcel. Initiation à la Nouvelle-France. Montréal, Holt Rinehart and Winston, 1968. 323 p.
VERNEY, Jack. The good regiment : the Carignan-Salières Regiment in Canada, 1665-1668. Montréal, McGill-Queen's University Press, 1991. 222 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Société Notre-Dame de Montréal



Basilique Notre-Dame de Montréal

La Société Notre-Dame de Montréal est une organisation à vocation pieuse, formée à Paris en 1639, responsable de la fondation de Ville-Marie (Montréal) et de son développement au cours de ses deux premières décennies d’existence.

C’est vers 1635 que l’idée de fonder une colonie missionnaire sur l’île de Montréal germe dans l’esprit du Français Jérome Le Royer de La Dauversière. Quatre ans plus tard, ce dernier, par l’entremise de Pierre Chevrier, baron de Fancamp, fait la rencontre du prêtre Jean-Jacques Olier. Les trois hommes décident alors de fonder une société regroupant des individus influents et fortunés dans le but de réaliser leur projet de convertir les autochtones de la Nouvelle-France au catholicisme et de les sédentariser sur l’île de Montréal. Leur association vise ultimement à créer une nouvelle société chrétienne où cohabiteraient Français et Autochtones. Ils sont rejoints par Gaston de Renty, supérieur de la Compagnie du Saint-Sacrement, à laquelle appartiennent d’ailleurs Chevrier et La Dauversière. Composée de donateurs laïcs et ecclésiastiques, la Société cherche dès lors à amasser des fonds afin de lever des recrues pour faire le passage en colonie.

Le premier objectif des sociétaires est de s’approprier la seigneurie de l’Île-de-Montréal. Celle-ci fut précédemment concédée à Jean de Lauson, directeur de la Compagnie des Cent-Associés. Après de longues négociations, Lauson consent à la vente de la seigneurie en août 1640, mais la transaction est annulée par les Cent Associés. Considérant que Lauson n’a pas rempli son obligation de peupler l’île, ces derniers révoquent son titre de propriété et concèdent eux-mêmes le territoire en seigneurie à la Société Notre-Dame de Montréal, le 17 décembre 1640.

Pour commander et édifier leur colonie, les gens de la Société s’adjoignent deux nouveaux membres, Paul de Chomedey de Maisonneuve et Jeanne Mance. Alors que le premier est un officier choisi pour gouverner l’île de Montréal, la seconde s’est jointe au groupe dans l’intention d’y fonder un hôpital. Accompagnés de colons, Maisonneuve et Jeanne Mance arrivent au Canada en 1641. Après avoir passé l’hiver à Sillery, ils débarquent sur l’île de Montréal le 17 mai 1642 et fondent Ville-Marie. Maisonneuve prend officiellement possession de l’île au nom de la Société Notre-Dame de Montréal.

Également active en France, la Société Notre-Dame de Montréal compte au moins 35 membres en février 1642. Durant plus de vingt ans, les grandes orientations de l’association sont déterminées au cours d’assemblées tenues à Paris sur une base irrégulière. Celles-ci servent notamment à ratifier les choix pris par les administrateurs de Montréal ainsi que par le directeur, le procureur et le secrétaire de la Société.

Tout au long de son administration de Montréal, la Société est confrontée aux raids incessants des Iroquois qui mettent en péril la survie même de l’établissement. La précarité de la colonie est amplifiée par les rapports souvent tendus qu’entretient la Société avec les autorités à Québec ainsi qu’avec les Jésuites, qui voient tous deux en Ville-Marie une rivale.

Au début des années 1660, la plupart des membres fondateurs de la Société sont décédés et le nombre de sociétaires est en baisse. Ainsi, les ressources à la disposition des administrateurs déclinent tandis que les besoins pour la défense et l’expansion de l’établissement ne cessent de croître. Lors d’une assemblée tenue à Paris le 9 mars 1663, la Société Notre-Dame de Montréal est dissoute et la seigneurie de l’Île-de-Montréal est remise à la Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice qui s’occupe depuis 1657 de la desserte religieuse de l’île.

Au cours de son existence, la Société Notre-Dame de Montréal aura compté environ 50 membres différents. Parmi ses réalisations, l’association est parvenue à établir une colonie durable à Ville-Marie, principalement grâce aux quelques centaines d’immigrants recrutés en France à ses frais.
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Notices bibliographiques :
DAVELUY, Marie-Claire. La Société de Notre-Dame de Montréal, 1639-1663 : son histoire - ses membres - son manifeste. Montréal, Fides, 1965. 553 p.
DECHÊNE, Louise. Habitants et marchands de Montréal au XVIIe siècle. Paris, Plon, 1974. s.p.
DOLLIER DE CASSON, François. Histoire de Montréal de 1640 à 1672. Montréal, Éditions 101, 1992. 227 p.
FOUGÈRES, Dany, dir. Histoire de Montréal et de sa région. 2 Tomes. Québec, Les Presses de l’Université Laval, 2012. 1596 p.
LANCTOT, Gustave. Montréal sous Maisonneuve, 1642-1665. Montréal, Beauchemin, 1966. 325 p.
LINTEAU, Paul-André. Brève histoire de Montréal. Montréal, Les Éditions du Boréal, 2007. 189 p.
RUMILLY, Robert. Histoire de Montréal. Vol. 1. Montréal, Fides, 1970. 474 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Société Saint-Jean-Baptiste



Drapeau du Sacré-Cœur

En 1834, Ludger Duvernay fonde une société, à Montréal, sous le nom d'Aide-toi et le ciel t'aidera, avec l'objectif de diffuser au sein de la jeunesse canadienne, le goût de l'écriture et de la lecture. Son premier président est Jacques Viger. L'association patriotique est réorganisée en 1843 et obtient sa charte en 1849. À partir de ce moment, de nombreuses filiales de la société, qui porte désormais le nom de Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB), sont créées à travers le Bas-Canada, puis le Québec, et dans les communautés francophones du Canada. Dans les années 1960, la SSJB laïcise ses activités.

Le premier banquet que Duvernay, journaliste à La Minerve, organise le 24 juin 1834, constitue un pied de nez à la Loge maçonnique de Montréal, qui regroupe, depuis la Conquête, l'élite marchande anglaise et des officiers militaires. Lors des rébellions de 1837-1838, Duvernay est forcé de s'exiler en Nouvelle-Angleterre. Après son retour en 1843, il réorganise son organisation qui devient la Société Saint-Jean-Baptiste.

Dès sa fondation, la SSJB fonde de nombreux organismes économiques, culturels et politiques, notamment la Chambre de commerce de Montréal en 1866 et la Société nationale de fiducie en 1918. Elle crée également, en 1944, la Fondation du prêt d'honneur, qui permet à des milliers de jeunes moins bien nantis d'accéder aux études supérieures. En 1969, la SSJB de Montréal, de concert avec la Fédération des SSJB du Québec, se prononce en faveur de l'indépendance du Québec.

Aujourd'hui, la SSJB, dont la mission est de protéger et de promouvoir la langue française, l'histoire nationale et l'indépendance du Québec, est engagée dans diverses activités financières et publie des mémoires et dossiers sur des sujets d'intérêt national, linguistique et constitutionnel. Elle octroie des prix pour le mérite artistique, littéraire et sportif et organise les célébrations de la fête nationale du Québec.

En 1908, saint Jean-Baptiste est décrété saint patron des Canadiens français par le pape Pie X.
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Notices bibliographiques :
JONES, Richard. « Société Saint-Jean-Baptiste ». s.a. L'encyclopédie du Canada. Montréal, Stanké, 1987, p. 1846.
RACINE, Denis. « La Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal ». Cap-aux-Diamants. No 114 (2013), p. 47-48.
RUMILLY, Robert. Histoire de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal: des patriotes au Fleurdelisé, 1834-1948. Montréal, L'Aurore, 1975. 564 p.
Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal. « Historique de la fondation de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal » [En Ligne]. http://www.ssjb.com/contenu/historique-de-la-fondation-de-la-societe-saint-jean-baptiste-de-montreal
Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal. Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal [En Ligne]. http://www.ssjb.com/
s.a. « Société Saint-Jean-Baptiste ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Sœurs de la Charité de Québec



Sœurs de la Charité de Québec

La communauté des Sœurs de la Charité de Québec est fondée en 1849, par Marcelle Mallet, une religieuse de la communauté des Sœurs de la Charité de Montréal, elle-même fondée en 1737 par Marguerite d'Youville. À la demande de Mgr Pierre-Flavien Turgeon, alors archevêque coadjuteur de Québec, les Sœurs de la Charité de Montréal envoient mère Mallet en compagnie de cinq autres religieuses pour s'occuper d'un orphelinat à Québec. Une communauté religieuse autonome est alors créée. En plus des orphelins, les Sœurs de la Charité de Québec s'occupent des démunis, des personnes âgées, des élèves défavorisés, des malades et des infirmes. La communauté est officiellement consacrée par le pape en 1866.

En 1849, mère Mallet devient la première supérieure des Sœurs de la Charité de Québec. D'abord installée dans un petit orphelinat au coin des rues Saint-Olivier (actuelle rue des Sœurs-de-la-Charité) et des Glacis, la communauté entreprend dès l'année suivante la construction d'un vaste bâtiment comprenant un couvent, une chapelle et un orphelinat. En 1863, Mgr Charles-François Baillargeon, alors archevêque coadjuteur de Québec, impose à la communauté la règle du jésuite Antoine-Nicolas Braün, laissant tomber celle de Marguerite d'Youville d'inspiration sulpicienne. S'opposant à ce changement, mère Mallet doit quitter son poste de supérieure trois ans plus tard.

Dès leurs débuts, les Sœurs de la Charité de Québec traversent des événements difficiles, dont l'épidémie de typhus en 1851, l'épidémie de choléra en 1854 ainsi que l'incendie de leur couvent au cours de la même année. Elles accueillent des dames pensionnaires à partir de 1855, puis des personnes âgées ou infirmes à partir de 1856 et elles ouvrent un dispensaire pour les malades indigents en 1866. Lors du retrait de la garnison britannique en 1871, les Sœurs de la Charité de Québec utilisent l'ancienne caserne de la rue des Glacis pour héberger des orphelins. Elles acquièrent au même moment les terrains situés devant les fortifications, où elles font ériger en 1898 et 1899 le pensionnat Saint-Louis-de-Gonzague pour garçons. Elles s'installent également à l'extérieur de la région de Québec, comme dans le Bas-Saint-Laurent et sur la Côte-Nord. En 1861, elles ouvrent une école à Deschambault qu'elles dirigent jusqu'en 1967. En 1894, elles acquièrent du politicien Philippe Landry l'asile de Beauport. En 1902, elles prennent également possession de l'ancien hôpital Jeffrey Hale qui devient le couvent Mère-Mallet, puis la maison Saint-Joseph en 1915. Elles s'installent notamment à Beauceville en 1917 où elles prennent en charge l'orphelinat et l'hôpital. Au cours du XXe siècle, les Sœurs de la Charité de Québec dirigent des institutions d'enseignement comme l'école Notre-Dame-de-Québec érigée en 1956 et 1957 par la Commission des écoles catholiques de Québec.

Aujourd'hui, les Sœurs de la Charité de Québec poursuivent leur œuvre caritative au Québec, mais aussi aux États-Unis, au Japon, au Paraguay, en Uruguay, en Argentine et au Congo.
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Notices bibliographiques :
BERTHOLD, Étienne. Une société en héritage - L'oeuvre des communautés religieuses pionnières à Québec. Québec, Publications du Québec, 2015. 119 p.
Corporation du patrimoine et du tourisme religieux de Québec. Corporation du patrimoine et du tourisme religieux de Québec [En Ligne]. http://www.patrimoine-religieux.com/
COURNOYER, Jean. La mémoire du Québec: de 1534 à nos jours: répertoire de noms propres. Montréal, Stanké, 2001. 1861 p.
DÉSILETS, Andrée. « Mallet, Marie-Anne-Marcelle ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Sœurs du Bon-Pasteur



Bâtiment des Sœurs du Bon-Pasteur de Chicoutimi

La communauté des Sœurs du Bon-Pasteur est créée à Québec en 1850 par Marie-Josephte Fitzbach. Elle se consacre principalement aux femmes démunies, comme les prisonnières, les filles-mères et les orphelines. Elle s'occupe également de l'enseignement aux enfants défavorisés.

En 1850, Marie-Josephte Fitzbach et Mary Keogh fondent l'asile Sainte-Madeleine à la demande de Mgr Pierre-Flavien Turgeon, alors archevêque de Québec, et de George Manly Muir, membre de la Société de Saint-Vincent-de-Paul. Le refuge sert à l'accueil et à la réhabilitation des ex-prisonnières. Au cours de la première année d'existence de l'asile, six femmes y œuvrent: Marie-Anne Angers, Marie-Zoé Blais, Esther Ouimet, Angèle Lacroix, Éléonore Thivierge et Marie-Anne Fiset. En 1852, Marie-Josephte Fitzbach y intègre deux classes pour jeunes filles, une française et une anglaise. Deux ans plus tard, elle fait ériger la maison Bon-Pasteur, un refuge pour femmes enceintes non mariées. En 1855, Marie-Josephte Fitzbach et ses compagnes forment officiellement une communauté religieuse, les Servantes du Cœur-Immaculé de Marie. Elles sont toutefois nommées par la population Sœurs du Bon-Pasteur, d'après le nom d'une de leurs œuvres. Marie-Josephte Fitzbach prend le nom de sœur Marie du Sacré-Cœur et devient la première supérieure de la communauté de 1856 à 1859.

Les Sœurs du Bon-Pasteur de Québec poursuivent l'administration des œuvres caritatives déjà établies et organisent des visites aux prisonnières. Leur chapelle, construite de 1866 à 1868, dessert non seulement leurs membres et leurs protégées, mais aussi les résidants du quartier qui n'ont pas d'église paroissiale. La communauté ouvre sur la rue Saint-Amable une école pour les élèves défavorisés du quartier Saint-Louis (1860), appelée maison Sainte-Famille, ainsi qu'une maison de réforme pour les délinquantes (1870). Elle fonde l'hospice de la Miséricorde en 1874, une maternité où l'Université Laval établit une clinique d'obstétrique quatre ans plus tard. En 1895, les Sœurs du Bon-Pasteur s'entendent avec le gouvernement pour que les femmes commettant un premier crime aient le choix entre un séjour en prison ou un séjour à la maison Sainte-Madeleine. Elles fondent le pensionnat Saint-Jean-Berchmans pour garçons en 1898. En 1901, elles ouvrent l'hospice Bethléem pour recueillir les bébés nés hors mariage et destinés à l'adoption. Sept ans plus tard, l'œuvre déménage sur le chemin Sainte-Foy et prend le nom de crèche Saint-Vincent-de-Paul. L'hôpital de la Miséricorde y est annexé en 1929. En 1931, les Sœurs du Bon-Pasteur dirigent le refuge Notre-Dame-de-la-Merci, une prison pour femmes, rebaptisé maison Gomin en 1968. Avec la prise en charge des services sociaux et des soins de santé par le gouvernement, la communauté ferme plusieurs de ses œuvres caritatives, dont l'hôpital de la Miséricorde et la crèche Saint-Vincent-de-Paul en 1972.

Les Sœurs du Bon-Pasteur développent leurs œuvres sociales et éducatives dans d'autres villes du Québec et du Canada. Elles ouvrent plusieurs maisons autour de la ville de Québec, mais aussi dans les régions du Bas-Saint-Laurent (1860), de Chaudière-Appalaches (1863), du Saguenay-Lac-Saint-Jean (1864), de la Mauricie (1870), de la Beauce (1881) et du Nord-du-Québec (1954), de même que dans les provinces de l'Ontario (1938) et de la Colombie-Britannique (1952). Les Sœurs du Bon-Pasteur s'installent également aux États-Unis à partir de 1882 et s'établissent plus tard au Basutoland (Lesotho,1935), en Afrique du Sud (1950), sur l'île de la Grande Comore (1957), en Tunisie (1965), au Rwanda (1967), en Haïti (1969), au Zaïre (1971), au Tchad (1972) et au Brésil (1973).

Aujourd'hui, la communauté est divisée en deux provinces religieuses, l'une à Québec et l'autre à Saguenay. Elle continue d'aider les femmes démunies du Canada, des États-Unis, de l'Amérique du Sud et de l'Afrique.
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Notices bibliographiques :
BERTHOLD, Étienne. Une société en héritage - L'oeuvre des communautés religieuses pionnières à Québec. Québec, Publications du Québec, 2015. 119 p.
COURNOYER, Jean. La mémoire du Québec: de 1534 à nos jours: répertoire de noms propres. Montréal, Stanké, 2001. 1861 p.
DÉSILETS, Andrée. « Fisbach, Marie ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
Soeurs du Bon-Pasteur de Québec. Soeurs du Bon-Pasteur de Québec [En Ligne]. http://www.soeursdubonpasteur.ca/

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Ursulines de Québec



Chapelle des Ursulines

Les Ursulines constituent l'une des communautés religieuses fondatrices de la Nouvelle-France. Elles tiennent leur origine de la fondation de la Compagnie de Sainte-Ursule, à Brescia, en Italie, par Angèle Merici, en 1535. La Compagnie regroupe alors 28 femmes qui désirent promouvoir les valeurs chrétiennes dans la famille, la société et l'Église. Contrairement aux congrégations de l'époque, les membres de la Compagnie vivent dans le monde plutôt que dans un cloître et sont dirigées par des femmes à la tête desquelles se trouve la mère principale. Angèle Merici place la communauté sous la protection de sainte Ursule. Elle établit une règle, mais ne définit pas d'œuvre précise pour la Compagnie. La fondatrice est canonisée en 1807.

Au milieu du XVIe siècle, à la suite du concile de Trente et sous l'initiative de l'évêque de Milan, Mgr Charles Borromée, la Compagnie de Sainte-Ursule est réformée. Désormais cloîtrée, elle prend le nom d'ordre de Saint-Ursule et se consacre à l'éducation des jeunes filles. Elle s'installe dans plusieurs pays d'Europe, dont la France à partir de 1592.

En 1639, les Ursulines s'installent en Nouvelle-France. Ce sont les Ursulines de Tours qui envoient Marie de l'Incarnation dans la colonie, en compagnie de Marie de Saint-Joseph et de Cécile de Sainte-Croix, dans le but de fonder un monastère et une première école pour jeunes filles à Québec. L'entreprise est financée par Marie-Madeleine de Chauvigny de Gruel de La Peltrie, qui accompagne le groupe.

D'abord logées dans la Basse-Ville de Québec, dans une maison concédée par la Compagnie des Cent Associés, les religieuses accueillent durant la première année environ 18 pensionnaires françaises et amérindiennes. En 1642, les Ursulines s'établissent dans leur nouveau monastère, à son emplacement actuel, dans la Haute-Ville. En 1697, à la demande de Mgr de Saint-Vallier, évêque du diocèse de Québec, trois ursulines fondent un monastère à Trois-Rivières. La communauté religieuse trifluvienne devient indépendante de celle de Québec en 1732.

En plus de se consacrer à l'éducation, les Ursulines de Québec pratiquent différentes formes d'art comme la broderie, la dorure, la peinture et les ouvrages de cire et de dentelle. Pour financer leur œuvre, elles font notamment construire des bâtiments qu'elles louent à des particuliers. Elles gèrent aussi des seigneuries par l'entremise d'agents seigneuriaux, comme la baronnie de Portneuf, de 1744 à 1851.

En 1856, les Ursulines de Québec se dotent d'une nouvelle institution d'enseignement. Elles mettent sur pied l'École normale pour jeunes filles, qui deviendra le collège Mérici en 1970. À partir de la fin du XIXe siècle, les Ursulines établissent des monastères et des écoles dans plusieurs régions du Québec, comme au Lac-Saint-Jean en 1882, en Estrie en 1884 et dans le Bas-Saint-Laurent en 1906. Elles s'installent également au Japon en 1936, au Nouveau-Brunswick en 1945 et au Pérou en 1968. L'école des Ursulines fondée en 1639 existe toujours, mais elle occupe deux sites depuis 1941, soit dans le Vieux-Québec et dans le secteur de Loretteville.

En 1953, les Ursulines installées dans plusieurs villes du Québec et du Nouveau-Brunswick se regroupent pour former l'Union canadienne des Ursulines, qui se divise en trois provinces, Québec, Trois-Rivières et Rimouski. Depuis 2008, les trois provinces sont fusionnées en une seule, celle du Québec.
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Notices bibliographiques :
BERTHOLD, Étienne. Une société en héritage - L'oeuvre des communautés religieuses pionnières à Québec. Québec, Publications du Québec, 2015. 119 p.
CHABOT, Marie-Emmanuel. « Chauvigny, Marie-Madeleine de ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
CHABOT, Marie-Emmanuel. « Guyart, Marie ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
COURNOYER, Jean. La mémoire du Québec: de 1534 à nos jours: répertoire de noms propres. Montréal, Stanké, 2001. 1861 p.
École des Ursulines de Québec et de Loretteville. L'école des Ursulines de Québec et de Loretteville [En Ligne]. www.ursulinesquebec.com
Musée des Ursulines. Musée des Ursulines [En Ligne]. http://www.musee-ursulines.qc.ca
THÉRIAULT, Michel. « Ursulines ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
Union canadienne des Ursulines. Les Ursulines [En Ligne]. http://www.ursulines-uc.com/

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Wolastoqiyik (Malécites)



La Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk

Les Wolastoqiyik (aussi connus sous le nom de Malécites) sont une Première Nation autochtone dont le territoire ancestral, le Wolastokuk, s'étend du fleuve Saint-Laurent jusqu'à la baie de Fundy, couvrant des parties du Québec, du Nouveau-Brunswick et de l'État du Maine. Le nom Wolastoqiyik signifie « le peuple de la belle et généreuse rivière » (Wolastoq).

Texte généré par Gemini (IA)


Population et territoire

Environ 780 Wolastoqiyik habitent au Québec. Ils ne sont pas regroupés en communauté, mais vivent dispersés sur le territoire québécois. La Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk dispose néanmoins d’un territoire de réserve, désigné Kataskomiq, qui est situé dans le canton de Whitworth, près de Rivière-du-Loup, et d’un petit lot à Cacouna.


Langue

Les membres de la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk vivant au Québec parlent français et plusieurs connaissent aussi l’anglais. La langue wolastoqey est encore parlée par certains locuteurs du Maine et du Nouveau-Brunswick.


Histoire

Jusqu’au 16e siècle, les membres de la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk habitaient le long de la rivière Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick. Ils tiraient principalement leur subsistance de la chasse et de la pêche et cultivaient aussi le maïs. Culturellement, la nation wolastoqey est proche de la nation abénaquise et de la nation micmaque, qui forment ensemble la Confédération Wabanaki.

En 1840, les membres de la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk étaient plus de 200 sur les bords de la rivière Mitis et probablement autant à d’autres endroits situés entre Lévis et Rimouski, notamment dans la réserve de Viger. Celle-ci, créée en 1827, est l’une des premières concessions foncières accordées à une nation autochtone au Québec. Ses terres ont cependant fait l’objet de contestations de la part de la population avoisinante, qui a demandé au gouvernement canadien de les reprendre pour les mettre en vente. En 1869, après quelques mois de négociation, les membres de la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk ont accepté de rétrocéder leurs terres à certaines conditions, et les lots ont été vendus aux enchères l’année suivante.

Vers la fin du 19e siècle, le gouvernement canadien a accordé à la nation un territoire dans le canton de Whitworth. Les membres de la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk ont tenté en vain de cultiver cette terre impropre à l’agriculture, avant de l’abandonner et de s’installer près de Cacouna. Ils y demeureront pendant plusieurs générations, le gouvernement fédéral y ayant acheté un petit lot à leur intention en 1891. Cependant, jamais plus de 10 personnes n’y ont résidé au fil des ans et aucun membre de la nation n’y habite de nos jours. Ce n’est qu’en 1987 qu’une centaine de membres de la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk se sont réunis à Rivière-du-Loup pour y élire un chef et un conseil de la nation. Ils ont alors fait parvenir une demande de reconnaissance officielle au gouvernement du Québec. Ainsi, en 1989, l’Assemblée nationale du Québec reconnaissait officiellement la nation malécite comme 11e nation autochtone du Québec. En 1998, les membres de la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk faisaient construire, sur leur lot de Cacouna, un édifice destiné à loger les bureaux de leur conseil de bande.


Économie

Aujourd’hui, les membres de la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk exploitent des bateaux de pêche et travaillent à diversifier leur économie, notamment en développant des partenariats sur le plan régional.

Source : Gouvernement du Québec







Le 1 août 1639 : Arrivée des Augustines en Nouvelle-France... Consultez le calendrier interactif pour en savoir plus.                                                                        Le 1 août 1639 : Arrivée des Ursulines en Nouvelle-France... Consultez le calendrier interactif pour en savoir plus.                                                                        Le 1 août 1930 : Arrivée d'un dirigeable géant dans le ciel de Saint-Hubert... Consultez le calendrier interactif pour en savoir plus.                                                                        Le 1 août 1932 : Fondation du Co-operative Commonwealth Federation à Calgary... Consultez le calendrier interactif pour en savoir plus.                                                                        Le 1 août 1935 : Mandement du cardinal Jean-Marie-Rodrigue Villeneuve sur les devoirs électoraux... Consultez le calendrier interactif pour en savoir plus.                                                                        Le 1 août 1941 : Cérémonies soulignant l'achèvement des travaux sur le pipe-line Portland-Montréal... Consultez le calendrier interactif pour en savoir plus.                                                                        Le 1 août 1951 : Fondation du Théâtre du Nouveau-Monde... Consultez le calendrier interactif pour en savoir plus.                                                                        Le 1 août 1964 : Ouverture de la station de radio CBOF en Outaouais... Consultez le calendrier interactif pour en savoir plus.                                                                        Le 1 août 1972 : Entrée en vigueur de la Loi de la protection du consommateur... Consultez le calendrier interactif pour en savoir plus.                                                                        Le 1 août 1973 : Changement de propriétaires au journal « Action-Québec »... Consultez le calendrier interactif pour en savoir plus.                                                                        Le 1 août 1975 : Tenue d'une compétition internationale de gymnastique à Montréal... Consultez le calendrier interactif pour en savoir plus.                                                                        Le 1 août 1997 : Transfert d'entreprises aéroportuaires de Mirabel vers Dorval... Consultez le calendrier interactif pour en savoir plus.                                                                        Le 1 août 2000 : Acquisition des installations du Mont-Orford par le groupe Intermonts... Consultez le calendrier interactif pour en savoir plus.                                                                        Le 1 août 2001 : Annonce de la vente de Christina à des intérêts étrangers... Consultez le calendrier interactif pour en savoir plus.


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Les Iroquoiens du Saint-Laurent accueillent Jacques Cartier à Hochelaga



Rencontre de Jacques Cartier avec Donacona

Le 2 octobre 1535, les Iroquoiens d'Hochelaga, dans l'île de Montréal, accueillent le navigateur français Jacques Cartier et son équipage à proximité de leur village.

En mai 1535, Jacques Cartier quitte la France pour rejoindre le Nouveau Monde. Le but de son deuxième voyage est de pénétrer à l'intérieur du continent pour découvrir le royaume mythique identifié sous le nom de Saguenay où se trouverait de l'or, richesse convoitée par les puissances européennes. Cartier arrive à Terre-Neuve après une traversée de 50 jours, puis remonte le Saint-Laurent jusqu'à Stadaconé (Québec). Sans guide ni interprète, il quitte ce village iroquoien le 19 septembre à bord de l'Émérillon pour poursuivre la remontée du fleuve et atteindre le royaume de Saguenay. Neuf jours plus tard, il doit jeter l'ancre aux battures du lac Saint-Pierre et continuer en barque.

Le 2 octobre 1535, Cartier débarque dans l'île de Montréal. Son point d'arrivée est probablement situé au pied du courant Sainte-Marie, bien que certains historiens le placent plutôt au Sault-au-Récollet. C'est la première fois que des Européens s'aventurent aussi loin dans l'axe du Saint-Laurent. Les Iroquoiens avaient entendu parler de la venue imminente d'étrangers et ont organisé une fête pour accueillir les Français avec des offrandes de toutes sortes. Cartier offre à son tour des articles ménagers aux femmes et des couteaux aux hommes. Les Autochtones lui présentent du même coup des cristaux de quartz et des pièces de cuivre. Sans valeur en Europe, ces métaux ont en revanche une grande signification dans la culture iroquoienne puisqu'ils confèreraient des pouvoirs de guérison à ceux qui les détiennent. Avant de se rendre à Hochelaga, les Français optent pour une nuit de repos à leur point d'accostage. Le lendemain 3 octobre, Cartier s'aventure dans une forêt de chênes sur quelques kilomètres. À mi-chemin, il rencontre un chef iroquoien qui l'invite à suspendre son excursion le temps de livrer un discours. Les Français se font ensuite guider à travers des champs de maïs et arrivent aux portes du village.

Situé au pied de la montagne, cet établissement est entouré d'une palissade en bois d'une hauteur de dix mètres. Selon le récit de voyage de Cartier, on y retrouve une cinquantaine de maisons dont les dimensions atteignent jusqu'à 35 mètres de long et 7 mètres de large. Chaque maison longue héberge plusieurs familles d'une même lignée matriarcale. On estime que la population d'Hochelaga était d'environ 1500 personnes. Lors de sa visite, Cartier fait la connaissance du grand chef (agouhanna) qui lui organise un banquet.

Le court passage de Jacques Cartier au village d'Hochelaga se termine par l'ascension de la montagne qu'il nomme mont Royal. Une fois au sommet, il constate la présence des rapides de Lachine. Cet obstacle naturel freine abruptement ses ambitions initiales. Cartier et son équipage rebroussent chemin le 5 octobre 1535. Ils passent l'hiver à Stadaconé et regagnent la France en 1536.

Cette expédition n'est que la première d'une longue histoire qui mènera les Français loin à l'intérieur du continent nord-américain. Le voyage de Jacques Cartier à Hochelaga est le premier contact connu entre les Français et les Iroquoiens de la région de Montréal. Nonobstant le choc culturel et la barrière linguistique, la rencontre des deux communautés est cordiale. C'est le début de relations en dents de scie dont les enjeux ont encore un écho dans la société québécoise.
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Notices bibliographiques :
TREMBLAY, Roland et al. Les Iroquoiens du Saint-Laurent : peuple du maïs. Montréal, Les Éditions de l'Homme / Pointe-à-Callière, Musée d'archéologie et d'histoire de Montréal, 2006. 139 p.
ALLAIRE, Bernard. « Jacques Cartier ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.encyclopediecanadienne.ca/fr/article/jacques-cartier
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
GAGNÉ, Michel. « Hochelaga ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.encyclopediecanadienne.ca/fr/article/hochelaga
MALCHELOSSE, Gérard. « Jacques Cartier va à Hochelaga ». Le cahier des Dix. Vol. 21 (1956), p. 31-53.
PENDERGAST, J.F. et Bruce G. TRIGGER. Cartier's Hochelaga and the Dawson Site. Montréal et Londres, McGill-Queen's University Press, 1972. 388 p.
PENDERGAST, J.F. « The Confusing Identities Attributed to Stadacona and Hochelaga ». Revue d'études canadiennes. Vol. 32 (1997), p. 149-167.
PERRAULT, Claude. « La découverte de Montréal par Jacques Cartier ». Revue d'histoire de l'Amérique française. Vol. 20, no 2 (1966), p. 236-261.
TREMBLAY, Roland. « Regards sur le passé : réflexions sur l’identité des habitants de la vallée du Saint-Laurent au XVIe siècle ». Recherches amérindiennes au Québec. Vol. 29, no 1 (1999), p. 41-52.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Fondation de Charlesbourg-Royal



Charlebourg-Royal

La fondation de Charlesbourg-Royal, la première colonie française en Amérique, est un événement majeur de l'histoire du Québec, qui s'inscrit dans le contexte d'expansion des royaumes européens en Amérique pendant le XVIe siècle.

Après les expéditions de Giovanni da Verrazzano en 1524 et de Jacques Cartier en 1534 et en 1535-1536, le roi François Ier décide en 1538 de fonder un établissement français en Amérique afin d'exploiter les ressources du continent et de découvrir un passage maritime vers l'Asie.

Le 15 janvier 1541, François Ier confie cette tâche à Jean-François de La Rocque de Roberval, lieutenant-général du Canada. Le navigateur Jacques Cartier, qui a déjà remonté le fleuve Saint-Laurent et hiverné près de Stadaconé (Québec), est fait maître-pilote de l'expédition. Cette entreprise de grande envergure est financée en partie par des capitaux privés.

Au cours de l'hiver 1541, La Rocque de Roberval et Cartier assemblent leurs flottes respectives, règlent les détails logistiques de l'opération et recrutent les membres de l'expédition. Parmi ces derniers se trouvent des artisans, des militaires, des paysans et des prisonniers, notamment pour réaliser les travaux les plus difficiles. En mai, les navires de Cartier sont prêts à appareiller. Retardé dans ses préparatifs, La Rocque de Roberval lui donne la permission de partir vers l'Amérique avec cinq vaisseaux et plus de 300 personnes.

Le 23 août 1541, Jacques Cartier arrive à Stadaconé et fixe l'établissement français le long du fleuve Saint-Laurent, à l'embouchure de la rivière du Cap Rouge. Il le nomme Charlesbourg-Royal. Il fait construire deux forts, un en haut du cap et l'autre en bas. Au début du mois de septembre, il dirige une expédition jusqu'aux rapides de Lachine, à la recherche du passage convoité. Durant ce temps, les relations entre les nouveaux arrivants et les Autochtones de Stadaconé semblent s'envenimer. Au printemps 1542, après un dur hiver pendant lequel plusieurs colons décèdent, Cartier décide de regagner la France.

Le 16 avril 1542, La Rocque de Roberval part enfin pour l'Amérique avec trois navires et un contingent de quelque 200 personnes comprenant une centaine de soldats, des artisans, des paysans et une dizaine de femmes. À la mi-juin, il croise Cartier dans le havre de Saint Jean, à Terre-Neuve, qui lui annonce qu'il a achevé les forts, planté du blé et trouvé des métaux précieux. La Rocque de Roberval demande à Cartier de retourner avec lui à Charlesbourg-Royal, mais Cartier préfère reprendre la direction de la métropole.

La Rocque de Roberval arrive à Charlesbourg-Royal à la fin du mois de juillet 1542. Il améliore les installations laissées par Cartier et renomme le lieu France-Roy. Il remonte le fleuve Saint-Laurent jusqu'aux rapides de Lachine, à la recherche de pierres et de métaux précieux. Au cours de l'hiver, il doit faire face à la famine, au froid, à la maladie. Il met fin à son projet de colonisation en 1543, après que le roi lui donne l'ordre de rentrer en France, alors menacée par la coalition anglo-espagnole.

L'établissement de Charlesbourg-Royal, renommé France-Roy, a eu une brève existence et n'a pas donné lieu aux découvertes anticipées. Le projet a également constitué un revers financier pour ses protagonistes. Néanmoins, cet événement a démontré que l'implantation d'une colonie permanente le long du fleuve Saint-Laurent était possible, ce que Samuel de Champlain a réalisé en fondant Québec en 1608. Pour les peuples autochtones de la vallée du Saint-Laurent, la fondation de Charlesbourg-Royal a plutôt été annonciatrice de nombreux bouleversements.



INTÉRÊT PATRIMONIAL


Cet événement historique est désigné pour les motifs suivants:

La fondation de Charlesbourg-Royal est un événement majeur de l'histoire du Québec, qui s'inscrit dans le contexte d'expansion des royaumes européens en Amérique au cours du XVIe siècle. C'est le 15 janvier 1541 que François Ier confie à Jean-François de La Rocque de Roberval, lieutenant-général du Canada, la mission de fonder un établissement français en Amérique du Nord pour tirer profit des ressources du continent et découvrir un passage maritime vers l'Asie.

Le 23 août 1541, Jacques Cartier, maître-pilote de l'expédition, et son groupe composé d'environ 300 personnes, fondent l'établissement de Charlesbourg-Royal, à proximité du village autochtone de Stadaconé. Le navigateur et son groupe regagnent toutefois la France dès l'année suivante.

Retardé dans ses préparatifs, La Rocque de Roberval arrive à Charlesbourg-Royal avec quelque 200 personnes à la fin du mois de juillet 1542. Il renomme le lieu France-Roy. En juillet 1543, en raison de la reprise des guerres en Europe, La Rocque de Roberval et son contingent doivent retourner en France, ce qui met fin à la première tentative de colonisation française en Amérique du Nord.

L'établissement français de Charlesbourg-Royal, renommé France-Roy, a eu une brève existence et n'a pas donné lieu aux découvertes espérées. Le projet a également constitué un revers financier pour ses protagonistes. Néanmoins, cet événement a démontré la faisabilité d'implanter une colonie permanente le long du fleuve du Saint-Laurent, ce que Samuel de Champlain a réalisé en fondant Québec en 1608. Pour les peuples autochtones de la vallée du Saint-Laurent, la fondation de Charlesbourg-Royal a plutôt été annonciatrice de nombreux bouleversements.
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Notices bibliographiques :
ALLAIRE, Bernard. La rumeur dorée : Roberval et l'Amérique. Montréal, Les Éditions La Presse, 2013. 159 p.
Assemblée nationale du Québec. Par ici la démocratie. Ligne du temps [En Ligne]. http://paricilademocratie.com/
BRAUDEL, Fernand, dir. Le monde de Jacques Cartier. Montréal, Libre-expression, 1984. 316 p.
CARTIER, Jacques. Voyages de découvertes entre les années 1534 et 1542. Textes et documents retrouvés. Paris, Antropos, 1968. 206 p.
HAVARD, Gilles et Cécile VIDAL. Histoire de l'Amérique française. Paris, Flammarion, 2005. 863 p.
LAVERDIÈRE, Camille. Le Sieur de Roberval. Chicoutimi, Les Éditions JCL inc, 2005. 158 p.
LITALIEN, Raymonde. Les explorateurs de l'Amérique du Nord, 1492-1795. Québec, Septentrion, 1993. 261 p.
TRUDEL, Marcel. Histoire de la Nouvelle-France. Tome 1 : Les vaines tentatives 1524-1603. Montréal, Fides, 1963. 307 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Établissement d’un poste de traite à Tadoussac



Poste de traite de Tadoussac

En 1600, Pierre Chauvin de Tonnetuit, capitaine dans la marine et l’armée françaises, établit un poste de traite à l’emplacement actuel de Tadoussac. Il est accompagné, entre autres, de François Gravé du Pont et de Pierre Dugua de Monts. Le mot « Tadoussac » provient de l’innu-aimun, mais son origine et sa signification ont fait l’objet de diverses interprétations au fil du temps. En 1600, l’emplacement est déjà un lieu de commerce important pour les Autochtones, particulièrement les Innus. Le réseau de Tadoussac s’étend vers le nord-ouest le long de la rivière Saguenay et jusqu’à la baie James, à travers la forêt boréale.

Au XVIe siècle, des pêcheurs portugais, espagnols et français fréquentent les côtes de Terre-Neuve et l’embouchure du Saint-Laurent, établissant des contacts avec les Autochtones. Après les voyages de Jacques Cartier, qui explore le fleuve Saint-Laurent entre 1534 et 1541, les Français développent un intérêt croissant pour le commerce des fourrures. Les Hollandais implantent des comptoirs de commerce des fourrures en Amérique du Nord, notamment à Albany et sur l’île de Manhattan. L’emplacement de ces établissements reflète les stratégies d’accès aux réseaux commerciaux s’étendant à l’intérieur du continent.

C’est dans ce contexte qu’en 1599, Pierre Chauvin de Tonnetuit, ayant gagné la faveur du roi Henri IV pour son soutien contre la Ligue catholique durant les guerres de religion, obtient le monopole de la traite des fourrures en Nouvelle-France. Ce privilège suscite des tensions avec le vice-roi et lieutenant général de la Nouvelle-France, Troilus de La Roche de Mesgouez, qui avait reçu en 1598 une commission similaire lui accordant le monopole de la traite. À la suite des protestations de La Roche, en janvier 1600, le roi limite le monopole de Chauvin à l’embouchure du Saint-Laurent et en fait un lieutenant du vice-roi, ce qui n’empêche pas Chauvin d’organiser rapidement un voyage au Canada.

Durant l’été 1600, Chauvin fait construire à Tadoussac une maison (« habitation ») entourée d’une palissade et d’un petit fossé. Cette installation est acceptée par les Innus établis à cet endroit, ceux-ci souhaitant obtenir l’aide des Français pour lutter contre leurs ennemis. En plus de contrôler les principaux postes de traite des pelleteries, le monopole de Chauvin prévoit l’établissement d’une colonie. Tadoussac est cependant peu propice au peuplement en raison de son terrain accidenté, de la pauvreté de son sol et de ses hivers rigoureux. À l’automne, Chauvin retourne en France et 16 hommes demeurent sur place. Durant l’hiver 1600-1601, la plupart meurent en raison du froid, du manque de vivres et du scorbut. Seulement cinq d’entre eux survivent grâce aux Autochtones qui les ont accueillis et nourris. En 1601, les survivants regagnent la France sur un navire envoyé par Chauvin et l’habitation est abandonnée.

Chauvin ne réussit pas à établir de colonie et les protestations des marchands rivaux continuent de se faire entendre. En conséquence, le monopole du commerce est étendu à d’autres commerçants de Rouen et de Saint-Malo. Chauvin meurt en 1603 avant le voyage suivant.

Malgré l’échec de la colonisation, la création du poste de traite de Tadoussac en 1600 marque le début de la présence hivernale française dans la région et l’amorce des alliances entre les Français et les Innus. En 1603, c’est à Tadoussac, lors d’une « tabagie » organisée par le chef innu Anadabijou que les Français nouent une alliance durable avec les Innus et leurs alliés, les Algonquins et les Etchemins. La « Grande alliance de 1603 » permet aux Français de s’intégrer à un vaste réseau d’échanges qui s’étend jusqu’aux Grands Lacs, pavant la voie à la création d’établissements permanents sur le continent.
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Notices bibliographiques :
Assemblée nationale du Québec. Par ici la démocratie. Ligne du temps [En Ligne]. http://paricilademocratie.com/
MATHIEU, Jacques. La Nouvelle-France: les Français en Amérique du Nord, XVIe-XVIIIe siècle. Québec, Presses de l’Université Laval, 2001. 271 p.
MORLEY, William F. E. « Chauvin de Tonnetuit, Pierre de ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/009004-119.01-f.php?&id_nbr=125&interval=15&&PHPSESSID=6j2l49f22u73kdbapdcv3morr0
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.
ST-HILAIRE, Marc. « Tadoussac ». Historica Canada. L’encyclopédie canadienne [En ligne]. https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/tadoussac
THIERRY, Éric. Samuel de Champlain. Aux origines de l’Amérique française. Québec, Septentrion, 2024. 774 p.
TRUDEL, Marcel. « Gravé Du Pont, François ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Fondation de Québec



Fondation de Québec (1608)

Le 3 juillet 1608, l'explorateur Samuel de Champlain débarque à Québec en compagnie d'une trentaine d'ouvriers et y fonde le premier établissement français permanent en Amérique. D'abord un comptoir de commerce, Québec est appelée à devenir le centre administratif et politique de la Nouvelle-France.

En 1535, lors de son deuxième voyage, Jacques Cartier est le premier Européen à passer l'hiver sur le site de Québec. Fréquenté depuis près de 10 000 ans par des peuples autochtones, l'endroit est occupé par le village iroquoien de Stadaconé. Six ans plus tard, Cartier est de retour à titre de guide de Jean-François de La Rocque de Roberval. Mandatés par le roi François 1er, les deux hommes tentent d'établir une colonie permanente à l'embouchure de la rivière du Cap Rouge. Ce projet colonial, baptisé d'abord Charlesbourg-Royal, puis France-Roy, est définitivement abandonné en 1543 après que la guerre franco-espagnole force Roberval à rentrer en France.

L'idée d'implanter une colonie permanente sur le site de Québec refait surface au début du XVIIe siècle. Le commerce des fourrures ayant pris de l'importance, il devient de plus en plus intéressant d'installer un poste de traite au bord du fleuve Saint-Laurent, loin de la concurrence et près de zones riches en fourrures. En 1608, Pierre Du Gua de Monts, détenteur du monopole de la traite en Nouvelle-France, commandite l'expédition de Champlain et le charge de fonder un comptoir permanent à Québec.

Le choix de s'établir à Québec n'est pas un hasard. De 1603 à 1608, Champlain est à la recherche du lieu idéal pour fonder un établissement le long de la côte atlantique et autour du Saint-Laurent. Au terme de cette prospection, après qu'il ait considéré plusieurs sites, notamment celui de Trois-Rivières, Champlain conclut que Québec est le meilleur endroit. Il le choisit en raison de son emplacement stratégique à proximité des voies commerciales de la traite des fourrures, de son climat relativement tempéré, de la fertilité de ses sols et de l'avantage militaire que confère le promontoire constitué par le Cap Diamant.

Durant les années qui suivent la construction de la première habitation, Québec n'est guère davantage qu'un comptoir de commerce fortifié dépendant de l'approvisionnement transatlantique. Douze ans après sa fondation, seulement une soixantaine de colons y vivent. En 1629, lorsque les frères Kirke amènent leur flotte devant Québec pour l'assiéger, ils n'éprouvent aucune difficulté à obtenir sa reddition.

En 1632, au moment où la colonie est restituée à la France, un travail de reconstruction et d'édification est entrepris sous l'égide de la Compagnie des Cent Associés et, à compter de 1636, du gouverneur Charles Huault de Montmagny. Ce dernier planifie le développement de Québec, notamment par l'ouverture des premières rues et l'alignement des bâtiments. Pendant cette période, au moins 600 immigrants s'installent en Nouvelle-France, dont des jésuites qui fondent un collège dans la haute ville de Québec. Des difficultés minent toutefois les efforts de colonisation. La compagnie éprouve des problèmes financiers intermittents attribuables, entre autres, à l'inconstance et à l'incertitude de l'approvisionnement en pelleteries. À partir de 1642, la colonie est fréquemment confrontée à l'hostilité des Iroquois, dont les incursions menacent la survie de l'établissement.

La prise en main de la colonie par le roi en 1663, qui en fait une province de son royaume, établit Québec comme siège de son pouvoir en Nouvelle-France. Aux yeux de Marie Guyart, c'est à compter de cette date que le comptoir de commerce fondé par Champlain devient véritablement une ville. Toutefois, la petite bourgade de 550 habitants prendra son véritable essor au cours des décennies suivantes, pour enfin devenir la clef de voûte du système colonial français en Amérique du Nord.

Cet événement historique a été désigné par le ministre de la Culture et des Communications le 27 juin 2013.



Intérêt patrimonial


Cet événement historique est désigné pour les motifs suivants:

La fondation de Québec est l'acte de naissance de la ville de Québec, de la Nouvelle-France et du peuplement français en Amérique. Le 3 juillet 1608, Samuel de Champlain et son groupe, commandités par Pierre Du Gua de Monts, détenteur du monopole de la traite des fourrures, fondent le comptoir de Québec, où ils construisent une habitation fortifiée. Champlain était à la recherche du lieu idéal pour fonder un établissement le long de la côte atlantique et autour du Saint-Laurent depuis 1603. Il choisit Québec en raison notamment de son emplacement stratégique à proximité des voies commerciales de la traite des fourrures et de l'avantage militaire que confère le promontoire constitué par le Cap Diamant. Ce premier établissement français permanent en Amérique, œuvre de Champlain, deviendra la capitale de la Nouvelle-France et, plus tard, celle du Québec.
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Notices bibliographiques :
Assemblée nationale du Québec. Par ici la démocratie. Ligne du temps [En Ligne]. http://paricilademocratie.com/
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
BLAIS, Christian, Gilles GALLICHAN, Frédéric LEMIEUX et Jocelyn SAINT-PIERRE. Québec: quatre siècles d'une capitale. Québec, Assemblée nationale du Québec - Les Publications du Québec, 2008. 692 p.
CHOUINARD, François-Xavier. La ville de Québec. Histoire municipale. Vol. I. Cahiers d'histoire, 15. Québec, La Société historique de Québec, 1963. 116 p.
GOUVERNEMENT DU QUÉBEC, Secrétariat aux relations canadiennes. Le Québec au fil du temps [En Ligne]. https://www.sqrc.gouv.qc.ca/relations-canadiennes/federalisme/quebec-fil-du-temps.asp
GRENON, Jean-Yves. Pierre Dugua de Mons, cofondateur de Québec (1608) et fondateur de l'Acadie (1604-1605). Québec, Société historique de Québec, 1999. 31 p.
HARE, John, Marc LAFRANCE et David-Thiery RUDDEL. Histoire de la ville de Québec, 1608-1871. Montréal, Boréal, 1987. 399 p.
MACBEATH, George. « Du Gua de Monts, Pierre ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.
TRUDEL, Marcel. « Champlain, Samuel de ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Arrivée des Récollets en Nouvelle-France



Arrivée des Récollets en Nouvelle-France (1615)

Constitués en ordre à la fin du XVIe siècle, les Récollets proviennent d'une branche réformée de l'ordre des Franciscains se réclamant de saint François d'Assise. En 1615, les premiers missionnaires récollets arrivent en Nouvelle-France. Les Récollets constituent ainsi la toute première communauté religieuse à s'installer sur le territoire québécois.

L'histoire des Récollets en Nouvelle-France débute avec le passage de Samuel de Champlain en France, de 1613 à 1615. Champlain est alors en quête de religieux pour l'accompagner à Québec. Suivant la recommandation de Louis Houël, sieur du Petit-Pré, secrétaire du roi et contrôleur général des salines de Brouage, il porte son attention sur les Récollets. Les pères de Brouage sont les premiers à être approchés, mais ce sont finalement les Récollets de la province de Saint-Denis, à Paris, qui font la traversée de l'Atlantique.

En compagnie de Champlain, les pères Denis Jamet (commissaire provincial), Jean Dolbeau et Joseph Le Caron, ainsi que le frère Pacifique Duplessis, quittent Honfleur le 24 avril 1615 et débarquent à Tadoussac le 25 mai. Arrivés à Québec le 8 juin, ils entreprennent la construction d'une première chapelle près de l'Habitation. Après avoir remonté le fleuve Saint-Laurent, les pères Jamet et Le Caron célèbrent la première messe sur l'île de Montréal, le 24 juin 1615. Le lendemain, le père Jean Dolbeau effectue la même célébration à Québec.

À compter de 1615, les Récollets assurent les soins spirituels de la population de Québec et se consacrent à l'instruction et à l'évangélisation des Autochtones. Ils partent notamment à la rencontre des Montagnais de la rive nord du Saint-Laurent et des Hurons de la région des Grands Lacs. Ils établissent leur couvent en 1620 au bord de la rivière Sainte-Croix, à laquelle ils donnent le nom de Saint-Charles, probablement en l'honneur de Charles Borromée. Le couvent doit notamment servir de séminaire pour l'éducation de jeunes autochtones. En 1625, l'arrivée des Jésuites à Québec met fin à dix années d'exclusivité missionnaire pour les Récollets. Quatre ans plus tard, à la suite de la prise de Québec par les frères Kirke, les Récollets retournent en France avec Champlain et la majorité des colons.

Les Récollets reviennent en Nouvelle-France en 1670. Ils érigent un monastère à Montréal et reprennent également possession de leur domaine à Québec, où ils font construire une église et un nouveau monastère. Ils fondent également une mission au poste de pêche de Percé en 1673. En 1692, les Récollets sont nommés aumôniers du gouverneur et des soldats en Nouvelle-France. La même année, Mgr de Saint-Vallier, évêque de Québec, fait l'acquisition du couvent Saint-Charles pour y établir l'hôpital général de Québec. Les Récollets s'installent alors à la haute ville. Ils prennent aussi la charge de certaines paroisses.

En 1763, la Nouvelle-France est cédée à l'Angleterre. À ce moment, la majorité des Récollets sont d'origine canadienne. Les autorités britanniques interdisent alors à certaines communautés religieuses, dont les Récollets, de recruter des novices. Faute de relève, la communauté disparaît progressivement de la colonie avec la mort du père Louis Demers en 1813. Dès lors, les seuls récollets encore vivants au Canada sont sécularisés. Le dernier d'entre eux, Marc Coutant, meurt en 1849.

Il faut attendre la fin du XIXe siècle pour que d'autres religieux de la famille franciscaine reviennent s'installer sur le territoire québécois. Les Franciscains s'établissent à Trois-Rivières en 1888, à Montréal vers 1890, puis à Québec en 1900. Ils sont toujours présents sur le territoire québécois.

En 2015, l'arrivée des Récollets en Nouvelle-France est désignée en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel.



INTÉRÊT PATRIMONIAL


Cet événement historique est désigné pour les motifs suivants:

Les Récollets font partie des communautés religieuses fondatrices de la Nouvelle-France. Constitués en ordre à la fin du XVIe siècle, les Récollets proviennent d'une branche réformée de l'ordre des Franciscains. Recrutés en France par Samuel de Champlain, ils constituent la première communauté religieuse à s'établir en Nouvelle-France, au printemps 1615. Ils vont assurer le ministère spirituel et se consacrer à l'instruction et à l'évangélisation des Autochtones. Absents de la colonie à compter de 1629, ils reviennent en 1670. À la suite de la Conquête britannique, les Récollets sont privés de recrutement et la communauté disparaît en 1813. Les religieux de la famille franciscaine, qui ont été les premiers missionnaires et les premiers instituteurs en Nouvelle-France, sont de retour sur le territoire québécois à la fin du XIXe siècle.
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Notices bibliographiques :
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
GALLAND, Caroline. Pour la gloire de Dieu et du roi : les récollets en Nouvelle-France aux XVIIe et XVIIIe siècles. Paris, Cerf, 2012. 528 p.
HAMELIN, Jean, dir. Les franciscains au Canada: 1890-1990. Sillery, Septentrion, 1990. 438 p.
JOUVE, Odoric. Dictionnaire biographique des Récollets - missionnaires en Nouvelle-France. Montréal, Bellarmin, 1996. 903 p.
KAUPP, Dorothée. « Nos premiers missionnaires. L'histoire des récollets dans les ouvrages franciscains au Canada, XIXe-XXe siècles ». Études d'histoire religieuse. Vol. 75 (2009), p. 25-38.
LAPERRIÈRE, Guy. Histoire des communautés religieuses au Québec. Montréal, Vlb éditeur, 2013. 329 p.
LAVALLÉE, Madeleine et Pierre VALCOUR. Les communautés religieuses au Québec. Québec, Septentrion, 2009. 390 p.
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.
TRUDEL, Marcel. Le comptoir 1604-1627. Montréal, Fides, 1966. 554 p.
TRUDEL, Marcel. « Les Récollets sous le régime militaire ». Revue d'histoire de l'Amérique française. Vol. 10, no 2 (1956), p. 191-221.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Présentation d’un projet de colonie permanente à Louis XIII par Champlain



Projet Ludovica

En 1618, Samuel de Champlain formule un ambitieux projet pour faire du comptoir qu’est alors Québec une colonie prospère, nommée Ludovica en l’honneur du roi de France Louis XIII.
C’est dans deux mémoires que les ambitions de Champlain sont présentées; le premier à la Chambre de commerce de Paris, orienté vers les perspectives commerciales, et le second au roi. Ces documents s’inscrivent dans un contexte de ralentissement du développement de la colonie. Malgré l’arrivée récente de récollets en 1615 et de la famille Hébert en 1617, les activités du comptoir et de sa population sont entièrement orientées vers le commerce. La prédominance de cette activité s’explique par le fait que la colonie est administrée par une compagnie commerciale, la Compagnie de Rouen et de Saint-Malo, qui poursuit un objectif de rentabilité.

Le mémoire présenté au roi expose les premières étapes d’un projet d’occupation du territoire qui doit, à terme, s’étendre à l’ensemble de la vallée du Saint-Laurent et assurer l’autonomie de l’entreprise. Des forts sont prévus à Pointe-Lévy, Tadoussac et sur le Cap-Diamant afin de contrer les ambitions territoriales des Anglais et Néerlandais dans la région. Il prévoit aussi convertir les comptoirs de Québec et de Tadoussac en ville, en plus d’évoquer le peuplement des territoires des villes de Trois-Rivières et Montréal. Pour y arriver, il demande le passage de 300 familles en Nouvelle-France. Peuplée et bien défendue, la colonie projetée serait aussi prospère puisque Champlain prévoit des activités commerciales variées et fructueuses pour complémenter le commerce des fourrures, presque unique source de revenus au moment où il élabore le mémoire. Enfin, tout cela offrirait des ressources suffisantes aux ¿uvres missionnaires afin d’appuyer leur entreprise de conversion des peuples autochtones. Enfin, la colonie serait un passage obligé du commerce avec l’Asie puisque Champlain compte toujours trouver une voie vers ce continent très convoité. Ce projet ambitieux a comme principal objectif d’augmenter la participation du pouvoir royal et des marchands dans l’entreprise menée par Champlain.

Intrigués, le roi et la Chambre de commerce donnent à Champlain et son projet leur approbation. Néanmoins, peu de mesures concrètes accompagnent l’assentiment de ce programme qui reste dans l’essentiel lettre morte. Il faut attendre jusqu’en 1663, avec l’intégration de la colonie dans le gouvernement royal, pour voir se concrétiser les orientations élaborées par Champlain.
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Notices bibliographiques :
D’AVIGNON, Mathieu. Champlain et les fondateurs oubliés: les figures du père et le mythe de la fondation. Québec, Les Presses de l’Université Laval, 2008. 540 p.
DROUIN, Sophie. « Le poste et la forteresse ». COURVILLE, Serge et Robert GARON. Québec, ville et capitale. Sainte-Foy, Les Presses de l’Université Laval, 2001, p. 46-49.
FISCHER, David Hackett. Le rêve de Champlain. Montréal, Boréal, 2011. 998 p.
HAVARD, Gilles et Cécile VIDAL. Histoire de l’Amérique française. Paris, Flammarion, 2005. 863 p.
LITALIEN, Raymonde et Denis VAUGEOIS. Champlain : la naissance de l’Amérique française. Québec/Paris, Les éditions du Septentrion/Nouveau Monde éditions, 2004. 397 p.
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.
SÉGUIN, Maurice K. Samuel de Champlain : l’entrepreneur et le rêveur. Québec, Septentrion, 2008. 380 p.
TRUDEL, Marcel. « Champlain, Samuel de ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Prise de Québec par les frères Kirke



Cardinal de Richelieu au siège de La Rochelle

La prise de Québec par les frères Kirke est un épisode important des débuts de la colonie de la Nouvelle-France. Il s'agit du premier siège dirigé contre la capitale de la Nouvelle-France, précédant ceux de William Phips (1690), la tentative de Hovenden Walker (1711) et celui de James Wolfe (1759).

En 1627, alors que l'Angleterre s'allie avec les protestants de La Rochelle dans une guerre contre la France, des marchands anglais et calvinistes de Dieppe forment une compagnie afin de commercer et d'établir des colons en Nouvelle-France. Du nombre se trouvent les frères David, Lewis, Thomas, John et James Kirke. Corsaires, ils sont munis de lettres de marque du roi anglais Charles 1er pour s'emparer du Canada et de l'Acadie. Partis en mars 1628 à bord de trois navires, ils prennent possession de l'établissement de pêche de Miscou (Miscou-Centre, Nouveau-Brunswick) et du poste de traite de Tadoussac, avant d'incendier des bâtiments à Cap-Tourmente. Le 10 juillet, des émissaires livrent un message à Samuel de Champlain le sommant de rendre l'habitation de Québec. Champlain refuse et les frères Kirke entreprennent un blocus du Saint-Laurent. Le 18 juillet, quatre vaisseaux chargés de ravitaillement et de colons affrétés par la Compagnie des Cent Associés sont pris par les corsaires à la suite d'un affrontement.

Les vainqueurs repartent en Angleterre en 1628. Leur société fusionne avec celle de William Alexander pour fonder la Company of Adventurers to Canada. C'est au nom de cette entreprise que les frères Kirke font voile vers Tadoussac en avril 1629 avec une flotte de six navires. David y établit une base d'opérations, puis envoie à Québec trois vaisseaux et 150 hommes guidés par un déserteur français, Jacques Michel. Le 19 juillet, faute de vivres et de munitions, Champlain livre la colonie à Thomas et Lewis Kirke. Il obtient toutefois que les colons conservent leurs possessions et leurs armes. Vingt et un d'entre eux demeurent à Québec alors que les autres s'embarquent sur des navires anglais avant d'être éventuellement ramenés en France.

En route vers Tadoussac, Champlain et Thomas Kirke croisent les navires de la Compagnie des Cent Associés, commandée par Émery de Caën, venus approvisionner la colonie. Ce dernier est défait après un court engagement. À Tadoussac, Champlain rencontre David Kirke puis, le 14 septembre, les deux hommes voguent vers l'Angleterre. Une fois arrivée, Champlain s'entretient avec l'ambassadeur de France à Londres et cherche à récupérer la colonie. La signature du traité de Suse le 24 avril 1629, qui met un terme aux hostilités franco-anglaises, rend légitimes ses revendications.

De 1629 à 1632, des négociations entre la France et l'Angleterre ont lieu au sujet de la rétrocession du Canada et de l'Acadie. Charles 1er retarde les pourparlers notamment parce que Louis XIII, roi de France et également son beau-frère, ne s'est pas acquitté de la dot de sa femme. La question de la souveraineté sur l'Acadie est très litigieuse et fait trainer le règlement de la paix. Avec la signature du traité de Saint-Germain-en-Laye le 29 mars 1632 le cardinal de Richelieu obtient la restitution des colonies françaises d'Amérique du Nord.

Pendant trois ans, Thomas et Lewis Kirke demeurent à Québec avec environ 90 autres Anglais. Lors du premier hiver, 14 d'entre eux meurent, victimes d'épidémies et de la disette. Le 29 juin 1632, Caën arrive à Québec et obtient la rétrocession de la colonie. Il constate que plusieurs bâtiments sont endommagés, dont l'Habitation. Les Kirke remettent le fort le 13 juillet et repartent à bord de leurs navires. Champlain est quant à lui de retour le 22 mai 1633 avec trois vaisseaux et 200 colons.

La prise de Québec par les frères Kirke accule la jeune Compagnie des Cent Associées au bord de la faillite et ralentit le peuplement de la Nouvelle-France. Cet événement conscientise les Français de la nécessité d'assurer une présence accrue sur ce territoire.
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Notices bibliographiques :
ALLAIRE, Bernard. « L'occupation de Québec par les frères Kirke ». LITALIEN, Raymonde et Denis VAUGEOIS. Champlain : la naissance de l'Amérique française. Québec/Paris, Les éditions du Septentrion/Nouveau Monde éditions, 2004, p. 245-257.
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
BLAIS, Christian, Gilles GALLICHAN, Frédéric LEMIEUX et Jocelyn SAINT-PIERRE. Québec: quatre siècles d'une capitale. Québec, Assemblée nationale du Québec - Les Publications du Québec, 2008. 692 p.
DE WAELE, Michel. « Honneur national et destin colonial: le sort de l'Amérique française, 1627-1632 ». Histoire, économie et société. Vol. 35, no 49 (2016), p. 68-84.
HARE, John, Marc LAFRANCE et David-Thiery RUDDEL. Histoire de la ville de Québec, 1608-1871. Montréal, Boréal, 1987. 399 p.
HAVARD, Gilles et Cécile VIDAL. Histoire de l'Amérique française. Paris, Flammarion, 2005. 863 p.
LACOURSIÈRE, Jacques, Jean PROVENCHER et Denis VAUGEOIS. Canada-Québec: synthèse historique, 1534-2000. Québec, Éditions du Septentrion, 2001. 591 p.
LACOURSIÈRE, Jacques. Histoire populaire du Québec. Vol. 1: Des origines à 1791. Québec, Septentrion, 1995. 480 p.
LAHAISE, Robert. Nouvelle-France English Colonies : l'impossible coexistence, 1606-1713. Québec, Septentrion, 2006. 295 p.
MOIR, John S. « Kirke, sir David ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
MOIR, John S. « Kirke, sir Lewis ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
MOIR, John S. « Kirke, Thomas ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Fondation de Trois-Rivières



Trois-Rivières en 1881

En 1634, Samuel de Champlain commande la construction d'un poste de traite fortifié à Trois-Rivières. Le 4 juillet de cette année, un dénommé Laviolette y débarque et fonde la première habitation française en ce lieu.

Bien avant l'arrivée des Européens, le site de Trois-Rivières est déjà fréquenté par divers peuples amérindiens qui y convergent pour y effectuer des échanges commerciaux. Jacques Cartier s'y rend lors de son deuxième voyage, le 7 octobre 1535, et plante une croix sur l'île Saint-Quentin, à l'embouchure de la rivière Saint-Maurice. La configuration des îles à cet endroit inspire le toponyme évoqué pour la première fois en 1599 par François Gravé du Pont, un officier de la marine française à la recherche d'un lieu pour installer un poste de traite. Ce nom se retrouve ensuite sur la carte de la Nouvelle-France dessinée par Guillaume Levasseur en 1601.

En 1603, avant la fondation de Québec, Samuel de Champlain est en quête d'un emplacement où établir une colonie. Il note que Trois-Rivières est un endroit idéal d'implantation, notamment en raison de son importance dans la traite des fourrures. Au début du XVIIe siècle, les Algonquins y érigent un village palissadé, mais celui-ci est vraisemblablement rasé par des attaques iroquoises. Les Français fréquentent le lieu annuellement à partir de 1610, pour prendre part au trafic estival des fourrures. Sept ans plus tard, le frère récollet Pacifique Duplessis y fixe une mission et enseigne aux Amérindiens dans une cabane.

En 1633, le chef montagnais Capitanal invite Champlain à s'établir de façon permanente à Trois-Rivières afin de renforcer leur alliance et pour sécuriser le site, menacé par les Iroquois. Champlain consent et lui répond : « Quand cette grande maison sera faite, alors nos garçons se marieront à vos filles, et nous ne serons plus qu'un peuple ». Cette même année, la Compagnie des Cent-Associés concède deux terres en seigneurie à Trois-Rivières, l'une à Jacques Hertel de La Fresnière et l'autre à Jean Godefroy de Lintot. Les Jésuites obtiennent quant à eux 600 arpents en février 1634.

Pour mettre sur pied et commander le nouveau poste, Champlain mandate Laviolette, probablement un capitaine de navire. Parti le 1er juillet 1634 de Québec avec un groupe d'artisans, de soldats, de colons et des pères jésuites Jean de Brébeuf et Antoine Daniel, Laviolette arrive à Trois-Rivières le 4 juillet. Commence alors l'érection d'une habitation sur un plateau surélevé, le Platon, qui offre une protection naturelle contre les ennemis provenant du fleuve. Cette première habitation comprend une maison et un magasin. Elle est entourée d'une palissade munie d'un ou deux bastions. Le 8 septembre, les jésuites Paul Le Jeune et Jacques Buteux se joignent au groupe. Ils fondent une mission permanente à Trois-Rivières, puis y font élever une chapelle. L'année suivante, un incendie détruit l'habitation qui est aussitôt reconstruite et agrandie.

À la suite de sa fondation, Trois-Rivières prospère d'année en année, surtout grâce aux rendez-vous annuels que se donnent les Amérindiens et les trafiquants de fourrures. La fondation de Montréal en 1642 et le déplacement du réseau d'échange des fourrures vers le sud, plus près du l'Iroquoisie et de l'Huronie, donnent cependant un dur coup au développement du poste. Jusqu'à la fin du Régime français, la population trifluvienne stagne malgré les efforts déployés au XVIIIe siècle pour y développer l'industrie sidérurgique avec l'implantation des Forges du Saint-Maurice.

Motivée par la volonté d'occuper stratégiquement le territoire en amont de Québec après la prise de la colonie par les frères Kirke (1629-1632), la fondation de Trois-Rivières permet d'étendre l'influence de la France en Amérique et de consolider la principale activité économique de la Nouvelle-France.
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Notices bibliographiques :
Assemblée nationale du Québec. Par ici la démocratie. Ligne du temps [En Ligne]. http://paricilademocratie.com/
BEAUDOIN, René. Rencontrer Trois-Rivières : 375 ans d'histoire et de culture. Trois-Rivières, Éditions d'art Le Sabord, 2009. 225 p.
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Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Arrivée des Augustines en Nouvelle-France



Sœurs Augustines

Les Augustines de la Miséricorde de Jésus arrivent en Nouvelle-France en 1639. Débarquées à Québec, elles y fondent le premier hôpital de la colonie. Au fil des siècles, leur présence s’étend dans une dizaine de villes, où elles prodiguent activement des soins de santé et des soins spirituels à la population jusque dans les années 1960.

En 1637, conseillée par le père Paul Le Jeune, supérieur des missions des Jésuites en Nouvelle-France, Marie de Vignerot, duchesse d’Aiguillon et nièce du cardinal Richelieu, projette de fonder un hôpital à Québec. Les Augustines de Dieppe, communauté hospitalière cloîtrée fondée au Moyen Âge et responsable de l’Hôtel-Dieu de cette ville, acceptent de prendre en charge le futur établissement. C’est ainsi que le 1er août 1639, les trois premières Augustines de la Miséricorde de Jésus, soit Marie Guenet de Saint-Ignace, première supérieure de la communauté, Anne Le Cointre de Saint-Bernard et Marie Forestier de Saint-Bonaventure, arrivent à Québec, en même temps que les Ursulines. Les Augustines constituent ainsi l’une des deux premières communautés religieuses féminines à s’être établies en Nouvelle-France.

Après un bref séjour à Québec, les Augustines déménagent à Sillery, en 1640, où elles fondent le premier hôpital en Amérique, au nord du Mexique. Situé près de la maison des Jésuites, cet établissement est destiné à l’évangélisation des Autochtones, que les hospitalières espèrent convertir par leur charité et leurs soins. Les guerres franco-iroquoises forcent toutefois les religieuses à retourner à l’intérieur des remparts de Québec en 1644. Deux ans plus tard, elles ouvrent l’Hôtel-Dieu. Recevant de moins en moins d’Autochtones, les Augustines soignent surtout des colons, des soldats et des matelots qui débarquent à Québec. La communauté se « canadianise » rapidement après 1650, date à laquelle la première postulante née au pays prononce ses vœux.

Les Augustines de la Miséricorde de Jésus commencent à essaimer sur de nouveaux territoires au tournant du XVIIe siècle. En 1692, Mgr Jean-Baptiste de La Croix de Chevrières de Saint-Vallier, évêque de Québec, fonde l’Hôpital général de Québec. L’année suivante, les Augustines prennent en charge cette institution dédiée au soin des pauvres, des personnes âgées et des invalides. Les Augustines de l’Hôpital général de Québec seront autonomes de celles de l’Hôtel-Dieu à partir de 1701. Avec le temps, d’autres monastères et hôpitaux sont fondés dans diverses régions, notamment à Chicoutimi (Saguenay) (1884), à Lévis (1892), à Gaspé (1926) et à Dolbeau (Dolbeau-Mistassini) (1955). Ces établissements favorisent le développement de plusieurs municipalités du Québec. Les Augustines mettent aussi en place des écoles d’infirmières.

L’arrivée des Augustines en Nouvelle-France est un moment décisif dans l’amélioration des conditions de vie des habitants de la colonie. C’est le point de départ de l’œuvre hospitalière et spirituelle de ces religieuses, au cours de laquelle elles ont jeté les bases de la dispensation et de l’administration des soins de santé au Québec, et joué un rôle important dans le développement de la pharmacologie.

Cet événement historique a été désigné en 2014.


INTÉRÊT PATRIMONIAL


Cet événement historique est désigné pour les motifs suivants:

Arrivées en Nouvelle-France le 1er août 1639, les Augustines de la Miséricorde de Jésus constituent l’une des deux premières communautés religieuses féminines à s’être établies dans la colonie. Elles fondent le premier hôpital en Amérique, au nord du Mexique, en 1640. Au fil des siècles, elles établissent, dans diverses régions, de nouveaux monastères et hôpitaux où elles prodiguent des soins de santé et des soins spirituels à la population. Elles mettent aussi en place des écoles d’infirmières et font progresser la pharmacologie. L’arrivée des Augustines constitue donc un moment décisif dans l’amélioration des conditions de vie des habitants de la Nouvelle France. C’est le point de départ de l’œuvre de cette communauté qui a contribué à la dispense et à l’administration des soins de santé au Québec.
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Notices bibliographiques :
BATES, Christina, Diane DODD et Nicole ROUSSEAU. Sans frontières: quatre siècles de soins infirmiers canadiens. Ottawa, Presses de l’Université d’Ottawa / Musée canadien des civilisations, 2005. 248 p.
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Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Fondation de Montréal



Fondation de Montréal

Le 17 mai 1642, un groupe dirigé par Paul de Chomedey de Maisonneuve et Jeanne Mance fonde l'établissement de Ville-Marie sur l'île de Montréal.

L'île de Montréal est connue des Européens depuis la première visite de Jacques Cartier en 1535. L'île est alors habitée par des Iroquoiens du Saint-Laurent, regroupés dans un établissement nommé Hochelaga. En 1603, Samuel de Champlain se rend à sur l'île de Montréal, désormais inhabitée. Il est le premier Européen à apprécier la position stratégique que l'île occupe au confluent du fleuve Saint-Laurent et de la rivière des Outaouais. En 1611, Champlain évalue la possibilité d'établir un poste de traite sur le site qui sera plus tard connu sous le nom de Pointe-à-Callières, mais le deuxième poste de la Nouvelle-France sera plutôt fondé à Trois-Rivières en 1634.

En 1639, Jérôme Le Royer de La Dauversière, un percepteur d'impôts engagé dans plusieurs oeuvres religieuses, l'abbé Jean-Jacques Olier, fondateur de la Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice, et Pierre Chevrier, baron de Fancamp, créent à Paris la Société de Notre-Dame de Montréal. Cette organisation à vocation pieuse a comme objectif de fonder un établissement missionnaire sur l'île de Montréal où pourraient cohabiter des Français et des Amérindiens convertis au christianisme. Le 17 décembre 1640, la Société acquiert la seigneurie de l'Île-de-Montréal de la Compagnie des Cent-Associés. La Société choisit le jeune officier Paul de Chomedey de Maisonneuve pour gouverner l'établissement et recrute des engagés pour participer à l'expédition. Jeanne Mance se joint à l'équipée avec l'intention de fonder un hôpital à Montréal, projet pour lequel elle bénéficie du soutien financier d'Angélique Faure de Bullion, veuve du surintendant des Finances de France.

Le 9 mai 1641, environ 40 colons partent de La Rochelle, en France, à bord de trois navires pour fonder un nouvel établissement sur l'île de Montréal. Les premiers navires atteignent Québec au mois d'août, mais le dernier tarde à arriver. La fondation du nouvel établissement est ainsi reportée au printemps suivant. Maisonneuve doit faire face à l'opposition du gouverneur Charles Huault de Montmagny qui tente, sans succès, de le convaincre d'installer son groupe sur l'île d'Orléans.

Le 8 mai 1642, les Montréalistes quittent Québec et atteignent leur destination le 17 mai. Maisonneuve prend officiellement possession de l'île au nom de la Société de Notre-Dame de Montréal. C'est la fondation de Montréal. Le lendemain, une messe est célébrée et le nouvel établissement est dédié à la Vierge Marie et nommé Ville-Marie. Rapidement, les colons se consacrent à la construction d'un fort et d'une habitation à l'emplacement identifié par Champlain en 1611.

Au cours de la première décennie de son histoire, l'existence de Ville-Marie demeure précaire. La population de la colonie stagne, Maisonneuve ne réussissant pas à convaincre les Amérindiens alliés aux Français à s'établir à Ville-Marie. La colonie est aussi la cible d'attaques fréquentes par les Iroquois. Les Montréalistes vivent donc à proximité du fort et dépendent du ravitaillement annuel de la Société de Notre-Dame de Montréal.

La situation s'améliore au cours de la décennie de 1650. En 1663, la Nouvelle-France est intégrée dans le domaine royal et la seigneurie de l'Île-de-Montréal est remise par la Société de Notre-Dame de Montréal aux Sulpiciens. Ce changement de propriétaire met un terme à la période de la fondation de Montréal au cours de laquelle la société aura réussi établir, à ses frais, une colonie durable sur l'île de Montréal.

Pendant ces années, Maisonneuve et Jeanne Mance auront effectué quelques voyages en France pour rencontrer les membres de la société, recruter des colons et trouver de nouveaux appuis financiers. En 1665, Maisonneuve quitte Montréal définitivement pour rentrer à Paris où il décède en 1676. Quant à Jeanne Mance, elle décède à Montréal en 1673.



Intérêt patrimonial


Cet événement historique est désigné pour les motifs suivants:

Le 17 mai 1642, un groupe dirigé par Paul de Chomedey de Maisonneuve et Jeanne Mance fonde l'établissement de Ville-Marie sur l'île de Montréal. Malgré l'opposition du gouverneur Charles Huault de Montmagny, ce groupe prend possession de l'île au nom de la Société de Notre-Dame de Montréal. Cette organisation à vocation pieuse est créée en 1639 par Jérôme Le Royer de La Dauversière, l'abbé Jean-Jacques Olier et Pierre Chevrier, baron de Fancamp. Elle a comme objectif de fonder un établissement missionnaire sur l'île de Montréal, où pourraient cohabiter des Français et des Amérindiens convertis au christianisme. Les colons s'installent sur la pointe à Callière, à la rencontre de la rivière Saint-Pierre et du fleuve Saint-Laurent, un emplacement identifié par Samuel de Champlain en 1611 et permettant l'échouage des embarcations avant le sault Saint-Louis. En raison de sa position stratégique, Ville-Marie, déjà fréquentée par les Amérindiens, devient rapidement la tête de pont du commerce des fourrures en Nouvelle-France. Au cours des siècles suivants, la colonie fondée par Paul de Chomedey de Maisonneuve et Jeanne Mance accédera au rang de ville cosmopolite et de métropole économique et culturelle du Québec et du Canada.
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Notices bibliographiques :
Assemblée nationale du Québec. Par ici la démocratie. Ligne du temps [En Ligne]. http://paricilademocratie.com/
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
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Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Inauguration de l’Hôtel-Dieu de Montréal par Jeanne Mance



Hôtel-Dieu de Montréal

Le 18 mai 1642, Jeanne Mance, cofondatrice de Montréal et première infirmière laïque au Canada, fonde un dispensaire qui deviendra l'Hôtel-Dieu.

La construction d'un hôpital à Montréal est l'objectif principal de Jeanne Mance quand elle se dirige vers la Nouvelle-France. Pour le réaliser, elle a obtenu l'appui financier d'une riche bienfaitrice, Angélique Faure de Bullion, veuve du surintendant des Finances de France.

L'établissement est logé temporairement dans l'enceinte fortifiée de Ville-Marie. En 1644, le gouverneur Paul Chomedey de Maisonneuve fait mettre en chantier un immeuble distinct à l'extérieur du fort, à l'angle des actuelles rues Saint-Paul et Saint-Sulpice. Les premières hospitalisations se font le 10 août 1645. L'hôpital ne dispose alors que de huit lits, six pour les hommes et deux pour les femmes. Très vite, il se retrouve saturé et une annexe est construite en 1653.

Jeanne Mance retourne en France en 1658 pour obtenir de l'aide. Elle réussit à recruter trois religieuses hospitalières de Saint-Joseph de La Flèche, une communauté fondée en 1636 par Jérôme Le Royer de La Dauversière, le principal promoteur du projet de Montréal. Judith Moreau de Brésoles, Catherine Macé et Marie Maillet arrivent à l'Hôtel-Dieu le 20 octobre 1659. Jeanne Mance meurt en 1673 et, cinq ans plus tard, les Sœurs hospitalières deviennent propriétaires et gestionnaires de l'hôpital.

L'immeuble de la rue Saint-Paul est détruit par le feu à trois reprises. Il est réduit à néant pour la première fois en février 1695, mais reconstruit avant la fin de l'année sur une plus grande superficie. En 1721 survient un autre incendie aussi violent. Le nouveau bâtiment n'est inauguré que le 11 novembre 1724. Enfin, la troisième conflagration éclate en octobre 1734. Le brasier décime les archives de l'hôpital dont les écrits de Jeanne Mance. Cette fois-ci, la reconstruction prend une décennie.

L'Hôtel-Dieu est le seul établissement de santé de l'île jusqu'à la fondation du Montreal General Hospital en 1820. Les besoins en soins changent au XIXe siècle en raison de la croissance démographique et des transformations du milieu urbain. De 1801 à 1861, la population montréalaise décuple et quitte le secteur du Vieux-Montréal pour les faubourgs. Cette nouvelle réalité entraîne le déménagement de l'hôpital à l'angle des actuelles avenues du Parc et des Pins, sur un terrain appartenant déjà aux Sœurs hospitalières. Les travaux du nouvel édifice débutent en 1859 et les premiers patients sont admis le 8 mai 1860. La direction médicale est confiée à l'École de médecine et de chirurgie de Montréal, ce qui fait de l'Hôtel-Dieu le premier hôpital francophone de recherche en Amérique du Nord.

Le rôle de l'Hôtel-Dieu comme pôle de recherche est confirmé au XXe siècle. Pour suivre la croissance démographique, l'hôpital est agrandi en deux phases. Des ailes sont ajoutées au bâtiment central entre 1885 et 1928 pour loger le personnel soignant, augmenter le nombre de lits et aménager des salles chirurgicales. La seconde étape, de 1942 à 1952, triple la superficie totale de l'hôpital par la construction des pavillons Le Royer, Jeanne-Mance et De Bullion. En 1973, une société publique créée par le gouvernement du Québec prend le relais des Sœurs hospitalières à la direction de l'Hôtel-Dieu. Les religieuses conservent tout de même un certain rôle dans la prestation des soins de santé.

Le 1er octobre 1996, l'Hôtel-Dieu est intégré, avec les hôpitaux Notre-Dame et Saint-Luc, dans le Centre hospitalier de l'Université de Montréal. En 2017, les patients déménagent dans un bâtiment tout neuf, rue Saint-Denis.

La fondation de l'Hôtel-Dieu est un événement important dans l'histoire de Montréal. Sa construction donne naissance à une institution emblématique de la métropole.
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Notices bibliographiques :
Assemblée nationale du Québec. Par ici la démocratie. Ligne du temps [En Ligne]. http://paricilademocratie.com/
BERNIER, Jeanne. L’Hôpital de Jeanne-Mance à Ville-Marie : son évolution à travers les siècles. Montréal, Thérien Frères Limitée, 1958. 119 p.
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GAGNON, Robert et Denis GOULET. Histoire de la médecine au Québec 1800-2000. Québec, Septentrion, 2014. 450 p.
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LIARD, Nathalie. Hôtel-Dieu de Montréal: évolution historique et architecturale. Université de Montréal, 1998. 94 p.
MONDOUX, Marie. L'Hôtel-Dieu, premier hôpital de Montréal, 1642-1763. Montréal, Thérien Frères, 1942. 417 p.
PLOUFFE, Manon. Jeanne-Mance, infirmière et cofondatrice de Montréal. Montréal, Éditions de l'Isatis, 2014. 79 p.
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Le Séminaire de Saint-Sulpice devient seigneur de l’île de Montréal



Le séminaire de Saint-Sulpice (1820)

Le 9 mars 1663, la Société Notre-Dame de Montréal cède à la Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice la seigneurie de l'île de Montréal. Cette compagnie, créée à Paris par Jean-Jacques Olier de Verneuil en 1641, avait établi une succursale à Montréal en 1657.

La Société Notre-Dame de Montréal est fondée officiellement en 1642, mais active depuis 1639. Dirigée par Jérôme Le Royer de la Dauversière, elle veut créer une nouvelle cité de Dieu à Montréal dans laquelle cohabiteraient Français pieux et Amérindiens convertis. À cette fin, elle se fait concéder la seigneurie de l'île par la Compagnie de la Nouvelle-France (Cent-Associés). En 1650, Jean-Jacques Olier de Verneuil devient l'un des directeurs de la Société. Il recrute ensuite des collègues sulpiciens pour fonder un séminaire à Montréal et assurer le service spirituel d'une future paroisse. Quatre prêtres viennent ainsi s'établir le 12 avril 1657 : Gabriel Thubières de Lévy de Queylus, Gabriel Souart, Dominique Galinier et Antoine d'Allet.

La Société Notre-Dame de Montréal n'a jamais eu toutes les ressources nécessaires à son projet et se trouve à court de donateurs. Conséquemment, elle se tourne vers les Sulpiciens pour prendre le relais. Le supérieur de Saint-Sulpice, Alexandre Le Ragois de Bretonvilliers, possède une richesse suffisante pour absorber les dettes accumulées. Le contrat de cession est signé le 9 mars 1663 et la prise de possession de la seigneurie survient le 18 avril. Ainsi, les Sulpiciens élargissent le spectre de leurs activités dans la colonie en devenant des gestionnaires fonciers et des bâtisseurs.

De 1663 à 1740, les Sulpiciens mettent au point des outils de gestion du territoire. Le premier inventaire des terres est réalisé en 1667 et l'île de Montréal est organisée sur deux fronts. En 1672, un premier plan des rues de la ville est tracé par le supérieur montréalais, François Dollier de Casson. L'espace rural en périphérie est progressivement découpé selon des éléments de la topographie. Les premières côtes et les montées sont balisées et des chemins sont aménagés. Des paroisses qui regroupent des côtes voisines sont graduellement érigées. Les seigneurs complètent l'attribution des censives de l'île en 1834.

Après la Conquête, les autorités britanniques interdisent les congrégations religieuses masculines. Le supérieur montréalais des Sulpiciens, Étienne Montgolfier, se rend à Londres en 1763 pour démontrer que sa compagnie n'est pas une congrégation, mais bien une association de prêtres assurant le ministère paroissial. Le gouvernement britannique accepte les arguments des Sulpiciens, pourvu qu'ils rompent tout lien avec la France. L'année suivante, Montgolfier va à Paris afin que la seigneurie soit cédée au Séminaire montréalais. Toutefois, cette cession crée des problèmes, car celui-ci n'a pas d'existence légale et les arrangements de 1764 sont postérieurs à la Conquête. Les droits des Sulpiciens restent donc fragiles jusqu'à l'adoption d'une nouvelle charte en 1840 qui les reconnaît et confirme leurs titres seigneuriaux.

En 1854, le régime seigneurial est aboli, mais les Sulpiciens continuent à percevoir des rentes jusqu'au XXe siècle. Les ressources que leur procure la seigneurie au fil des siècles leur permettent de contribuer financièrement à de nombreuses initiatives religieuses, éducatives, sociales et culturelles.

L'acquisition de la seigneurie de Montréal par les Sulpiciens marque un tournant dans l'histoire de la gestion de l'espace montréalais. Elle permet d'accélérer le peuplement et structure le territoire.
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Notices bibliographiques :
DESLANDRES, Dominique, John Alexander DICKINSON et Ollivier HUBERT. Les Sulpiciens de Montréal: une histoire de pouvoir et de discrétion, 1657-2007. Montréal, Fides, 2007. 670 p.
HAREL, Bruno et Josette MICHAUD. Le séminaire de Saint-Sulpice de Montréal. Montréal, Ministère des Affaires culturelles, 1990. 22 p.
Les Sulpiciens de la Province canadienne. Les Sulpiciens de la Province canadienne [En Ligne]. http://www.sulpc.org/hist.html
MAURAULT, Olivier. « Les Sulpiciens seigneurs de Montréal ». Revue trimestrielle canadienne. Vol. 28 (1942), p. 237-253.
THÉRIAULT, Michel. « Sulpiciens ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.ca/
TREMBLAY, Louise. La politique missionnaire des Sulpiciens au XVIIe et au début du XVIIIe siècles, 1668-1735. Université de Montréal, 1981. 187 p.
VIAU, Roland. « L’archipel du négoce, 1650-1701 ». FOUGÈRES, Dany, dir. Histoire de Montréal et de sa région. 2 Tomes. Québec, Les Presses de l'Université Laval, 2012, p. 150-164.
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Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Première séance du Conseil souverain de la Nouvelle-France



Première séance du Conseil souverain de la Nouvelle-France (1663)

Le 18 septembre 1663, le Conseil souverain de la Nouvelle-France tient sa première séance à Québec. Cette institution demeure en fonction jusqu’à la Conquête.

Au milieu du XVIIe siècle, la Nouvelle-France est aux prises avec des problèmes politiques importants. La Compagnie des Cent-Associés, qui administre la colonie depuis 1627, n’a pas fourni les efforts escomptés pour peupler le territoire. Elle s’est en outre montrée incapable d’assurer la sécurité des colons devant la menace iroquoise. Afin de remédier à la situation, le Conseil du roi Louis XIV décide de faire passer la Nouvelle-France sous son autorité directe en la dotant d’un gouvernement royal.

Par un édit daté d’avril 1663, le roi de France crée le Conseil souverain de la Nouvelle-France. Modelé selon les institutions provinciales françaises, ce nouvel organe judiciaire jouit d’attributions politiques très larges à l’origine. Il doit d’abord chapeauter les affaires judiciaires de la colonie. À titre de plus haut tribunal colonial, ses jugements ne peuvent être infirmés que par le Conseil du roi. Il a aussi l’autorité nécessaire pour examiner la législation, rédiger les règlements de police, transmettre des remontrances au monarque et enregistrer les actes royaux. Au plan administratif, le Conseil souverain dispose du pouvoir de gérer les finances publiques ainsi que de taxer et d’imposer des droits douaniers.

La composition originale du Conseil souverain de la Nouvelle-France prévoit, en ordre de préséance, un siège pour le gouverneur, Augustin de Saffray de Mézy, et un autre pour le vicaire apostolique, Mgr François de Laval, futur évêque de Québec. Le Conseil est complété par cinq conseillers dotés d’un mandat renouvelable d’un an, ainsi que par un procureur et un greffier. Le choix des conseillers doit être fait conjointement par l’évêque et le gouverneur, l’objectif étant de circonscrire l’autorité de ce dernier.

Le 18 septembre 1663, la première séance du Conseil se tient dans la maison d’un de ses huissiers, Jean Levasseur, dit Lavigne. C’est à ce moment que sont enregistrés l’édit de création du Conseil et l’acte officialisant le transfert de la colonie de la Compagnie des Cent-Associés au roi. C’est aussi ce jour que sont homologuées les nominations des conseillers Louis Rouer de Villeray, Jean Juchereau de la Ferté, Denis-Joseph Ruette d’Auteuil, Charles Legardeur de Tilly et Mathieu Damours de Chauffours. En plus du gouverneur et du vicaire apostolique, le commissaire royal Louis Gaudais-Dupont, le procureur général Jean Bourdon et le greffier Jean-Baptiste Peuvret de Mesnu assistent également à la réunion.

Au fil des ans, le Conseil souverain subit de nombreux changements. Lors de l’arrivée de l’intendant Jean Talon, en 1665, celui-ci y siège en vertu de sa commission. En 1675, une déclaration royale confie à l’intendant la présidence du Conseil. Par cette déclaration, deux nouveaux conseillers s’ajoutent aux cinq existants. À partir de 1702, l’institution est désignée sous le nom de Conseil supérieur. En 1703, à la suite d’un nouvel ordre royal, le nombre de conseillers passe à douze. En 1742, une dernière réforme accorde au gouverneur et à l’intendant la prérogative de nommer jusqu’à quatre conseillers-assesseurs supplémentaires.

Dès 1665, le rôle du Conseil dans l’administration coloniale diminue au profit de l’intendant. En vertu des pouvoirs que lui donne sa commission, celui-ci concentre de plus en plus de pouvoirs entre ses mains. Responsable de l’administration civile, l’intendant est le pilier sur lequel repose la justice, les finances et la police. Quant au Conseil, il devient essentiellement ce pour quoi il a été créé, c’est-à-dire une cour de justice.

Le Conseil supérieur tient sa dernière réunion à Montréal le 28 avril 1760, jour de la bataille de Sainte-Foy.

Cet événement historique a été désigné par le ministre de la Culture et des Communications le 12 septembre 2013.



INTÉRÊT PATRIMONIAL

Cet événement historique est désigné pour les motifs suivants:

Le 18 septembre 1663, le Conseil souverain de la Nouvelle-France tient sa première séance à Québec. En place jusqu’à la Conquête britannique de 1760, cette institution témoigne de la volonté du roi de France d’intégrer la colonie à son royaume en tant que province royale. À l’origine, les membres du Conseil disposent d’attributions très larges. Ils sont notamment habiletés à chapeauter les affaires judiciaires, à rédiger les règlements de police, à gérer les finances publiques et à enregistrer les ordonnances, les édits et les déclarations royales. Au fil des ans, le rôle du Conseil souverain dans l’administration coloniale diminue au profit de l’intendant et du gouverneur. Cette institution n’en demeure pas moins le principal organe judiciaire de la Nouvelle-France. En raison de sa présence à l’intérieur des murs de la ville, le Conseil souverain a contribué à confirmer la vocation de Québec comme capitale.
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Notices bibliographiques :
Assemblée nationale du Québec. La procédure parlementaire du Québec. Québec, Assemblée nationale, 2012. 1018 p.
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
BLAIS, Christian, Gilles GALLICHAN, Frédéric LEMIEUX et Jocelyn SAINT-PIERRE. Québec: quatre siècles d’une capitale. Québec, Assemblée nationale du Québec - Les Publications du Québec, 2008. 692 p.
CAMPEAU, Lucien. « Mgr de Laval et le Conseil souverain ». Revue d’histoire de l’Amérique française. Vol. 27, no 3 (1973), p. 323-359.
DELALANDE, J. Le Conseil souverain de la Nouvelle-France. Québec, LS-A. Proulx, 1927. 358 p.
Législature de Québec. Jugements et délibérations du Conseil souverain de la Nouvelle-France. Québec, Imprimerie A. Côté et cie, 1885. 1084 p.
MATHIEU, Jacques. « Conseil souverain ». Historica Canada. L’encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
MATHIEU, Jacques. La Nouvelle-France: les Français en Amérique du Nord, XVIe-XVIIIe siècle. Québec, Presses de l’Université Laval, 2001. 271 p.
OUELLET, Marie-Eve. « Le Conseil souverain : l’écho de la justice royale ». Cap-aux-Diamants. No 114 (2013), p. 10-14.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Arrivée des Filles du roi en Nouvelle-France



L'arrivée des filles du roi (1663)

L’année 1663 marque un changement majeur dans l’histoire de la Nouvelle-France. Devant les difficultés vécues par la colonie depuis sa fondation, le roi Louis XIV décide de reprendre en main l’administration et le développement de ses territoires en Amérique du Nord. Parmi les nombreux problèmes qui attirent l’attention du souverain, la question du peuplement et celle de la disproportion entre les sexes dans la colonie sont particulièrement importantes. Il n’y a pas assez de femmes en Nouvelle-France pour assurer son peuplement.

Pour répondre à cette impasse démographique, Louis XIV décide de favoriser le passage de femmes célibataires ou veuves, appelées les Filles du roi, depuis la France jusqu’à la colonie, en vue de les marier aux colons et d’encourager la formation de familles. Cette immigration féminine, amorcée en 1663, est dirigée par l’intendant des finances du royaume, Jean-Baptiste Colbert, appuyé à partir de 1665 par le premier intendant de la Nouvelle-France, Jean Talon. Entre 1663 et 1673, des centaines de femmes acceptent ainsi de migrer vers la colonie en échange d’avantages consentis par le roi. Ce dernier assure non seulement leur traversée à ses frais, mais s’engage de plus à les vêtir et, pour certaines, les munir d’une dot d’au moins 50 livres afin de faciliter leur union. Il s’agit pour la plupart d’entre elles d’une occasion de s’extirper de leur condition et de commencer une nouvelle existence. Si quelques femmes issues de la bourgeoisie et de la petite noblesse comptent parmi les Filles du roi, la grande majorité de celles-ci sont tirées de milieux défavorisés ; environ le tiers sont choisies parmi les orphelines de la Salpêtrière, à Paris. D’autres proviennent des orphelinats, couvents et institutions de charité du nord-ouest de la France.

En 1663, 38 Filles du roi viennent s’établir en Nouvelle-France ; 36 d’entre elles font partie du premier contingent arrivé le 22 septembre 1663. Des femmes assurent la direction des cohortes qui suivent, dont Anne Gasnier, épouse de Jean Bourdon, procureur général au Conseil souverain, qui traverse l’Atlantique à plusieurs reprises pour recruter des immigrantes auxquelles elle offre l’hébergement dans sa maison de Québec. La capitale de la colonie dispose d’ailleurs d’un bâtiment érigé par Talon où logent temporairement les Filles du roi avant qu’elles ne se dispersent majoritairement dans le gouvernement de Québec, mais aussi dans ceux de Montréal et de Trois-Rivières. À Montréal, les Filles du roi sont notamment accueillies par Marguerite Bourgeoys. Supervisées, elles choisissent elles-mêmes leur mari. Dans un milieu où les hommes prêts au mariage sont au moins six fois plus nombreux que les femmes dans la même situation, les Filles du roi n’ont généralement pas tardé à trouver un époux. Elles prennent parti généralement dans les semaines qui suivent leur arrivée.

Pendant dix ans, elles sont entre 764 et 1000 à profiter de cette initiative royale et à s’installer dans la colonie. Le taux de natalité en Nouvelle-France atteint alors les 63 naissances par 1000 habitants. Conséquemment, les Filles du roi ont largement contribué à faire doubler la population coloniale de 1666 à 1672.

En raison de leurs origines modestes, les Filles du roi ont souvent été représentées à tort comme des femmes de mauvaise vie. Par contre, les recherches les plus récentes démontrent que les femmes choisies pour être envoyées en Nouvelle-France sont sélectionnées selon des critères assez stricts. Pour les premières cohortes, on exige même des certificats de bonne conduite témoignant de la rigueur morale des femmes tirant parti des générosités royales pour passer dans la colonie.

Cet événement historique a été désigné le 11 juillet 2013.


INTÉRÊT PATRIMONIAL


Cet événement historique est désigné pour les motifs suivants:

L’envoi des Filles du roi en Nouvelle-France découle de la volonté de Louis XIV de reprendre en main l’administration et le développement de ses territoires en Amérique du Nord. Sélectionnées selon des critères assez stricts, les Filles du roi sont de jeunes femmes célibataires qui acceptent d’immigrer en Nouvelle-France pour prendre époux et favoriser la formation de familles. Elles sont transportées aux frais du roi, qui les pourvoit pour la plupart d’une dot. Le premier contingent des Filles du roi arrive en Nouvelle-France le 22 septembre 1663. Jusqu’en 1673, elles sont entre 770 et 1 000 à tirer parti de cette initiative royale et à s’établir dans les régions de Québec, Montréal et Trois-Rivières. L’arrivée des Filles du roi en Nouvelle-France a contribué d’une manière importante à l’augmentation de la population et au développement de la colonie.
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Notices bibliographiques :
Assemblée nationale du Québec. Par ici la démocratie. Ligne du temps [En Ligne]. http://paricilademocratie.com/
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
Conseil du statut de la femme et Réseau québécois en études féministes. Ligne du temps de l’histoire des femmes au Québec [En Ligne]. http://www.histoiredesfemmes.quebec/
DUMAS, Silvio. Les filles du roi en Nouvelle-France : étude historique avec répertoire biographique. Cahiers d’histoire, 24. Québec, Société historique de Québec, 1972. 382 p.
GINGRAS, Marie-Ève. « Les Filles du roi : mythes, réalités et représentations ». Cap-aux-Diamants. No 114 (2013), p. 19-22.
HAMELIN, Jean. « Bourdon, Jean ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
LANCTÔT, Gustave. Filles de joie ou filles du roi : étude sur l’émigration féminine en Nouvelle-France. Montréal, Les éditions du jour, 1964. 156 p.
LANDRY, Yves. Les Filles du roi au XVIIe siècle : orphelines en France, pionnières au Canada ; suivi d’un Répertoire biographique des Filles du roi. Montréal, Bibliothèque québécoise, 2013. 276 p.
LANDRY, Yves. « Les Filles du roi et les soldats du régiment de Carignan-Salières ». Cap-aux-Diamants : la revue d’histoire du Québec (1993), p. 24-27.
LECLERC, Paul-André. « Le mariage sous le régime français (suite) ». Revue d’histoire de l’Amérique française. Vol. 14, no 1 (1960), p. 34-60.
LEDUC, Adrienne. « La destinée d’une Fille du roi ». Cap-aux-diamants. No 91 (2007), p. 14-17.
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.
s.a. La société d’histoire des Filles du Roy [En Ligne]. www.histoirefillesroy.ca

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Fondation de la paroisse de Notre-Dame-de-Québec



Basilique-cathédrale de Notre-Dame-de-Québec (1841)

Le 15 septembre 1664, Mgr François de Laval, vicaire apostolique de Nouvelle-France et évêque de Pétrée, fonde la paroisse de Notre-Dame-de-Québec, première paroisse catholique érigée canoniquement dans la colonie.

À la suite de l’établissement d’un comptoir à Québec, un zèle missionnaire est déployé sur le territoire de la Nouvelle-France. Dès 1615, des congrégations régulières, les Récollets d’abord, puis la Compagnie de Jésus en 1625, s’installent à Québec. Leurs actions visent l’évangélisation des Autochtones, l’administration des sacrements et l’ouverture de registres d’état civil. Quittant la colonie en 1629, la Compagnie de Jésus revient s’y établir en 1632 avec Paul Le Jeune comme supérieur, alors que des démarches sont entreprises par la Sacrée Congrégation de la Propagande de Rome en vue d’y ériger un diocèse. En 1639, les Ursulines et les Augustines de la Miséricorde de Jésus s’établissent à Québec et se chargent d’y tenir des écoles et des hôpitaux. Six ans plus tard, la fabrique de Québec est créée et les premiers marguillers sont élus. La mise sur pied de la paroisse de Notre-Dame-de-Québec quelques années plus tard s’inscrit ainsi dans une vision de consolidation de l’Église canadienne en Nouvelle-France, entamée au début du XVIIe siècle.

L’arrivée de Mgr de Laval en 1659 dans la colonie est déterminante pour la fondation de la paroisse de Notre-Dame-de-Québec. Le prélat assoit rapidement son autorité en Nouvelle-France et obtient plusieurs engagements du souverain. Parmi ceux-ci, l’établissement du Séminaire de Québec en 1663 lui fournit la pierre d’assise du système paroissial qu’il cherche à implanter, alors que les cures et les dîmes y sont rattachées. Lors de son érection en 1664, la paroisse de Notre-Dame-de-Québec est desservie par le supérieur du Séminaire, Henri de Bernières, arrivé de Caen avec Mgr de Laval. L’église de Notre-Dame-de-la-Paix est à ce moment choisie comme lieu de culte paroissial et prend le nom de Notre-Dame-de-l’Immaculée-Conception. Cette église devient cathédrale en 1674 lorsque l’évêché de Québec est créé.

La fondation de la paroisse de Notre-Dame-de-Québec marque le début du découpage de la Nouvelle-France en paroisses. Alors que Notre-Dame-de-Québec est la seule paroisse de 1664 à 1678, on en compte 25 en 1684. Progressivement, les cures deviennent fixes et inamovibles et le curé titulaire de la paroisse est responsable de la dîme qui y est perçue. Ce nouveau mode d’organisation du territoire favorise non seulement la propagation de l’œuvre du clergé, mais entraine également l’éclosion d’un cadre administratif dans lequel la fabrique dispose d’un important pouvoir local en matière civile et religieuse. La paroisse constitue dès lors la principale structure d’encadrement de la population, l’espace où se développe la communauté et où l’on recense ceux qui y vivent. L’influence grandissante du curé de paroisse sur les habitants de la colonie s’ajoute aux répercussions qu’occasionne la création de la première paroisse d’Amérique du Nord.

Événement majeur, la fondation de la paroisse de Notre-Dame-de-Québec et son intégration dans le nouvel évêché de Québec ont pour effet de transformer un territoire de mission en une Église organisée. Au milieu du XIXe siècle, les paroisses de la vallée du Saint-Laurent serviront à la mise en place du système municipal.

Cet événement historique a été désigné par le ministre de la Culture et des Communications le 5 décembre 2013.



INTÉRÊT PATRIMONIAL

Cet événement historique est désigné pour les motifs suivants:

Le 15 septembre 1664, Mgr François de Laval, vicaire apostolique de Nouvelle-France et évêque de Pétrée en Arabie, fonde la paroisse Notre-Dame-de-Québec, qui est alors desservie par le supérieur du Séminaire de Québec, Henri de Bernières. La paroisse Notre-Dame-de-Québec est la première paroisse catholique en Amérique du Nord et l’ancêtre de toutes celles qui ont été créées dans les siècles suivants au Canada et aux États-Unis. Cet événement témoigne de la volonté de Mgr de Laval, futur évêque de Québec, d’organiser l’Église canadienne en Nouvelle-France. Par cette fondation, Mgr de Laval met en place une institution déterminante de l’histoire du Québec, la paroisse, qui servira de cadre administratif à la vie civile et religieuse à l’échelle locale.
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Notices bibliographiques :
BAILLARGEON, Noël. « 325 ans d’histoire : le Séminaire de Québec (1663-1988) ». Cap-aux-Diamants. Vol. 4, no 1 (1988), p. 13-16.
CAMPEAU, Lucien. L’évêché de Québec (1674) : aux origines du premier diocèse érigé en Amérique française. Québec, La Société historique de Québec, 1974. 142 p.
COURVILLE, Serge, dir. et Normand SÉGUIN, dir. Atlas historique du Québec : la paroisse. Québec, Les Presses de l’Université Laval, 2001. 296 p.
FALARDEAU, Jean-Charles. « La paroisse canadienne-française au XVIIe siècle ». MARTIN, Yves, dir. et Marcel RIOUX, dir. La société canadienne-française. Montréal, Les Éditions Hurtubise HMH ltée, 1971, p. 33-43.
HARE, John, Marc LAFRANCE et David-Thiery RUDDEL. Histoire de la ville de Québec, 1608-1871. Montréal, Boréal, 1987. 399 p.
LEMIEUX, Lucien. Une histoire religieuse du Québec. Montréal, Novalis, 2010. 191 p.
VALLIÈRES, Marc, dir. Histoire de Québec et de sa région. Les régions du Québec, 18. Québec, Presses de l’Université Laval, 2008. 2523 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Arrivée du régiment de Carignan-Salières en Nouvelle-France



L'arrivée du régiment Carignan-Salières (1665)

Le régiment de Carignan-Salières arrive en Nouvelle-France en 1665. La venue de ces hommes en armes permet de sécuriser les possessions françaises en Amérique du Nord et favorisera ultérieurement le peuplement de la colonie.

Au milieu du XVIIe siècle, les relations entre les Français et les Iroquois sont tendues. Les raids de ces derniers, particulièrement sur Ville-Marie (Montréal), compromettent le développement de la colonie. Pour défendre le territoire, la Compagnie des Cent-Associés entretient une petite troupe constituée en camp volant qui se déplace en fonction des nécessités. Cette force est toutefois insuffisante pour enrayer complètement la menace iroquoise.

En 1663, Louis XIV fait passer la Nouvelle-France sous son autorité directe en la dotant d'un gouvernement royal. Ayant été précédemment informé par les administrateurs coloniaux de la nécessité de pacifier les Iroquois pour stabiliser la colonie, il ordonne en 1664 l'envoi du régiment de Carignan-Salières en Nouvelle-France.

Le régiment de Carignan-Salières, commandé par le marquis Henri de Chastelard de Salières, est le résultat de la fusion, cinq ans plus tôt, du régiment de Salières avec le régiment d'Emmanuel-Philibert de Savoie, prince de Carignan. Parti de Marsal, en Lorraine, en janvier 1665, le régiment de Carignan-Salières, composé alors d'environ 1100 hommes, traverse la France à pied pour se rendre à La Rochelle. Peu avant l'embarquement, les compagnies sont réparties sur l'île d'Oléron et l'île de Ré. D'avril à mai 1665, les soldats sont embarqués sur sept navires et traversent l'Atlantique. Le premier contingent arrive à Québec le 19 juin et le dernier, le 14 septembre. Les soldats sont placés sous le commandement d'Alexandre de Prouville de Tracy, lieutenant-général des Antilles et de la Nouvelle-France, qui arrive des Antilles avec quatre de ses propres compagnies (environ 200 hommes), le 30 juin.

La première mission du régiment de Carignan-Salières en Nouvelle-France est de construire une série de forts le long de la rivière Richelieu pour verrouiller la route d'invasion des Iroquois. Les forts Saint-Louis, Richelieu et Sainte-Thérèse sont ainsi érigés à l'automne 1665 et les soldats sont répartis dans ces forts et à Québec, Montréal et Trois-Rivières.

En 1666, le régiment mène deux offensives contre les Iroquois. Au cours de l'hiver, 500 à 600 soldats, volontaires et alliés autochtones se rendent dans le territoire iroquois, sans toutefois causer de dégâts importants. Les pertes de l'expédition sont non négligeables : une soixantaine d'hommes périssent du froid et du manque de vivres. Cette démonstration de force amène toutefois quelques nations iroquoises à conclure une paix. À l'automne, une seconde expédition permet à 600 soldats du régiment, accompagnés de volontaires et d'Autochtones, d'atteindre les villages des Agniers. Avertis de l'arrivée des troupes françaises, ceux-ci désertent leurs villages, que les soldats incendient. Sans remporter une victoire décisive sur les Iroquois, Tracy arrive toutefois à démontrer la supériorité militaire française. Cette attaque, combinée aux épidémies de petite vérole et de scarlatine conduisent les Agniers à une paix avec les Français en 1667.

Le régiment de Carignan-Salières est rappelé en France en 1668. Désireux de promouvoir le peuplement de la colonie, le roi offre des terres aux soldats et officiers qui souhaitent s'y établir. Ils sont près de 400 à être démobilisés et à profiter de cette opportunité. De ce nombre, 283 se marient dans les années subséquentes, notamment avec des Filles du roi.

En s'établissant au pays, les soldats du régiment de Carignan-Salières ont contribué de manière importante au développement de la Nouvelle-France. Ils comptent de nos jours de nombreux descendants au Québec et en Amérique du Nord et ont laissé une marque durable dans la toponymie.

Cet événement a été désigné par la ministre de la Culture et des Communications le 19 juin 2015.



INTÉRÊT PATRIMONIAL

Cet événement historique est désigné pour les motifs suivants:

Le régiment de Carignan-Salières arrive en Nouvelle-France en 1665 sur l'ordre de Louis XIV. Placé sous le commandement d'Alexandre de Prouville de Tracy, le régiment sécurise les possessions françaises en Amérique du Nord en construisant des fortifications et en menant deux expéditions militaires contre les Iroquois. En 1667, une paix est signée et le régiment est rappelé en France. Environ 400 soldats choisissent toutefois de s'établir dans la colonie en échange de terres et de nourriture. Plus de la moitié de ces hommes se marient, notamment à des Filles du roi, et comptent de nos jours de nombreux descendants au Québec et en Amérique du Nord. Devenus seigneurs et habitants, ces soldats ont ainsi contribué de manière importante au développement de la Nouvelle-France.
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Notices bibliographiques :
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
BLAIS, Christian, Gilles GALLICHAN, Frédéric LEMIEUX et Jocelyn SAINT-PIERRE. Québec: quatre siècles d'une capitale. Québec, Assemblée nationale du Québec - Les Publications du Québec, 2008. 692 p.
DESROSIERS, Léo-Paul. Iroquoisie. Vol. 2. Sillery, Septentrion, 1998. 341 p.
DESROSIERS, Léo-Paul. Iroquoisie. Vol. 3. Sillery, Septentrion, 1999. 347 p.
DICKINSON, John Alexander et Brian YOUNG. Brève histoire socio-économique du Québec. Sillery, Septentrion, 2003. 452 p.
Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En Ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
LACOURSIÈRE, Jacques, Jean PROVENCHER et Denis VAUGEOIS. Canada-Québec: synthèse historique, 1534-2000. Québec, Éditions du Septentrion, 2001. 591 p.
LAMONTAGNE, Léopold. « Prouville de Tracy, Alexandre de ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
LANGLOIS, Michel. « Le régiment de Carignan-Salières : des forces pour la paix, des bras pour la colonisation ». Cap-aux-Diamants. No 23 (1990), p. 62-65.
MORTON, Desmond. Une histoire militaire du Canada, 1608-1991. Sillery, Les Éditions du Septentrion, 1992. 414 p.
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.
TRUDEL, Marcel. Initiation à la Nouvelle-France. Montréal, Holt Rinehart and Winston, 1968. 323 p.
VERNEY, Jack. The good regiment : the Carignan-Salières Regiment in Canada, 1665-1668. Montréal, McGill-Queen's University Press, 1991. 222 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Fondation de la Brasserie du Roy en 1668



Reconstitution de la brasserie de Jean Talon

En 1663, l’intendant Jean Talon arrive en Nouvelle-France avec la mission de développer la colonie d’un point de vue économique. Pour ce faire, il établit sur les rives de la rivière Saint-Charles ce qui peut être considéré comme le premier « parc industriel » du Canada. On y retrouve un chantier naval, une tannerie, un moulin à scie, deux briqueteries, trois moulins à farine ainsi qu’une brasserie. Cette dernière, en plus de rapporter des profits à la colonie et de diversifier les cultures, doit encourager les colons à consommer de la bière, une boisson abordable et moins forte en alcool que le vin ou les eaux-de-vie.

La brasserie est érigée entre 1668 et 1669 au pied de la falaise adjacente à l’Hôtel-Dieu de Québec. Au printemps 1670, la production peut commencer. L’édifice principal, constitué de blocs de schiste et de calcaire montés sur une fondation de bois et de pierre, fait 45 mètres de long et s’élève sur quatre niveaux. Un dallage de calcaire recouvre les planchers intérieurs du sous-sol – le germoir – et du rez-de-chaussée de la brasserie. Des cocons de vers tubifex prospérant facilement en milieu humide trouvés par les archéologues dans les vestiges du sous-sol confirment d’ailleurs la présence d’un germoir sur place. L’orge préalablement germée est ensuite torréfiée dans la touraille, une structure dans laquelle le grain est étendu et asséché sur de grandes toiles au-dessus d’un four. Ce malt est alors concassé, puis trempé dans de grandes cuves de bois munies de faux-fonds dont aucun vestige n’ont été retrouvés à la Brasserie du Roy. Le moût est ensuite transvidé à l’intérieur de deux grandes chaudières de cuivre pour y être bouilli avec du houblon. Ces chaudières se retrouvent dans la portion ouest de la brasserie et reposent sur un massif de maçonnerie construit au-dessus de grands foyers. Elles peuvent contenir environ 10.000 litres de moût chacune et valent alors plusieurs centaines de livres françaises. Le moût cuit est enfin fermenté une première fois dans la « cuve guilloire », puis une seconde fois à l’intérieur de tonneaux. La bonne facture des équipements de la Brasserie du Roy, des installations grandement similaires à ce que Diderot et D’Alembert recommandent dans leur encyclopédie pourtant publiée près de cent ans plus tard, contribue probablement à la qualité de la bière produite sur place. Quant à la qualification ou la provenance des employés de la brasserie, un autre facteur influençant la qualité de la bière, les historiens ne peuvent qu’émettre des hypothèses. On sait par exemple qu’au 17e siècle, plusieurs colons arrivent en Nouvelle-France de Picardie et de Normandie, deux régions où on retrouve une vive tradition brassicole. De plus, un certain sieur de Battanville, identifié comme étant un brasseur de profession, habite à proximité de la Brasserie du Roy, mais rien n’indique qu’il n’y travaille.

En effet, le savoir-faire brassicole est largement répandu dans la colonie et plusieurs s’adonnent à cette activité dans l’environnement domestique. Les différentes communautés religieuses ainsi que les colons brassent ainsi de manière autonome différents styles de bière dont le « bouillon », une bière primitive fabriquée à partir d’une boule de pâte au levain laissée à tremper dans une quantité d’eau. Ainsi, malgré ses qualités, la bière de Jean Talon peine à se vendre dans la colonie. De plus, se conservant plutôt mal et ne tolérant pas les longs voyages, cette dernière ne trouve pas preneur dans les Antilles où l’Intendant prévoit écouler la moitié des 20.000 litres brassés annuellement.
Jean Talon met donc fin aux opérations en 1675. Malgré sa volonté affirmée de dynamiser l’économie coloniale, il est possible que Jean Talon ait moins décidé d’établir la Brasserie du Roy « pour la production de bière que pour le prestige que lui apportait la magnificence de ce bâtiment et surtout les profits que sa vente pourrait lui rapporter. »
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Notices bibliographiques :
FERLAND, Catherine. « De la bière et des hommes : Culture matérielle et aspects socioculturels de la brasserie au Canada (17e-18e siècles) ». Terrains et travaux. No 9 (2005), p. 32-50.
FISET, Richard. Brasseries et distilleries à Québec (1620-1900) : Profil d’archéologie industrielle. Université Laval, 2001. 538 p.
MOUSSETTE, Marcel. « La bière à l’époque de Jean-Talon ». Cap-aux-Diamants. No 28 (1992), p. 18-20.
MOUSSETTE, Marcel. Le site du Palais de l’Intendant à Québec : Genèse et structuration d’un lieu urbain. Nouveaux cahiers du CÉLAT, 10. Québec, Septentrion, 1994. 229 p.
SIMONEAU, Daniel. « The Intendant’s Palace site : new insight into its physical evolution and initial occupation ». Post-Medieval Archaeology. Vol. 43, no 1 (2009), p. 171-182.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Construction du premier palais de l’Intendant (1692)



Détail d’un plan de Québec, secteur du palais de l’Intendant

Après la fermeture de la Brasserie du Roy en 1675, l’imposant bâtiment n’est jamais complètement désaffecté. Le roi de France le loue, par exemple, à partir de 1677 pour y entreposer diverses marchandises et biens utilitaires comme de la poudre à canon. De plus, les administrateurs de la colonie suggèrent en 1679 de convertir l’édifice en hôpital ou en manufacture de textiles. L’intendant Jacques de Meulles scelle néanmoins le sort de l’ancienne brasserie en y installant en 1684 ses logements et l’intendance de la colonie. En effet, avant l’arrivée de ce dernier, les intendants habitent une luxueuse résidence dans la côte de la Montagne située entre la basse et la haute-ville de Québec. Au moment où il met les pieds en Nouvelle-France, de Meulles apprend néanmoins la vente de cette dernière à un dénommé Provost. Chassé par un incendie de son logis temporaire de Québec, de Meulles doit exercer ses fonctions à partir d’une résidence de campagne. Percevant le potentiel de l’ancienne brasserie, il s’y installe en 1684 avant d’en obtenir le rachat par le roi en juin 1686. Si le gouverneur trouve la nouvelle intendance trop éloignée de la haute-ville, la proximité de la rivière Saint-Charles et les possibilités de développement des terres environnantes convainquent du bien-fondé de la décision de l’intendant.

Suivant son achat, le roi y ordonne une série de rénovations consacrant ses nouvelles fonctions. Au terme des travaux effectués par l’intendant Jean Bochart de Champigny, « […] l’ancienne brasserie maintenant transformée en un palais pour l’intendant loge ses appartements, une salle de rassemblement pour le Conseil souverain, les magasins du roi, une prison et des ateliers. Un jardin à la française est également aménagé à l’ouest du palais et une enceinte de pieux est érigée, prolongeant le rempart de la haute-ville. » On ajoute notamment un nouveau pavillon à l’est du bâtiment portant sa longueur à environ 67 mètres ainsi qu’un clocheton sur son toit. L’aspect monumental et symétrique apporté au palais par les rénovations de Champigny exprime d’ailleurs la noblesse de son occupant principal, l’intendant de la Nouvelle-France. Enfin, un bassin à bateaux aurait été aménagé dans l’enceinte du palais comme on peut le voir sur un plan de Québec dessiné en 1692 par l’ingénieur Robert de Villeneuve. Des navires de marchandises y auraient été accueillis et un chantier naval aurait pu y être aménagé. Les archéologues, n’ayant jamais pu prouver ses dimensions et son emplacement exact, suggèrent toutefois qu’il pourrait être situé sous ou au nord-ouest du second palais de l’Intendant.

En Nouvelle-France, le palais de l’intendant occupe plusieurs rôles. Il héberge tout d’abord jusqu’en 1759 onze des quinze intendants de la colonie et leur famille. L’intendant, troisième figure en importance dans la colonie après le gouverneur et l’évêque, s’y occupe de la justice, de l’ordre public et des finances. Le palais accueille ensuite les réunions du Conseil souverain, organe de l’administration coloniale créée en 1663 jouant principalement un rôle de tribunal d’appel civil et criminel. Les audiences de la Prévôté de Québec, premier palier de justice dans la colonie, sont aussi tenues au palais par son responsable, le lieutenant-général. Enfin, plusieurs cachots où sont détenus les prisonniers en attente de leur sentence ou purgeant ces dernières, sont aménagés dans la portion est de l’édifice. La justice coloniale est pour ainsi dire centralisée au palais de l’intendant. En y ajoutant les magasins du roi et toute l’activité économique impliquée, le site du palais dépasse largement sa fonction résidentielle et devient « […] l’outil par lequel l’intendant exerce son pouvoir et réalise les dessins qu’il a pour la colonie. » Particulièrement vulnérable au feu, le palais de l’intendant est presque complètement détruit par un incendie le 5 janvier 1713. On ordonne aussitôt la construction d’un nouveau palais au nord-ouest des ruines.
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Notices bibliographiques :
MOUSSETTE, Marcel. Le site du Palais de l’Intendant à Québec : Genèse et structuration d’un lieu urbain. Nouveaux cahiers du CÉLAT, 10. Québec, Septentrion, 1994. 229 p.
MOUSSETTE, Marcel. « Québec 1713 : Le palais de l’intendant brûle ». Les Cahiers des dix. No 63 (2009), p. 69-100.
OUELLET, Marie-Eve. « Le Conseil souverain : l’écho de la justice royale ». Cap-aux-Diamants. No 114 (2013), p. 10-14.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Siège de Québec par Phips



Siège de Québec par Phips

En Europe, au printemps 1689, la guerre éclate entre la France et la Ligue d'Augsbourg, une coalition de pays que l'Angleterre rejoint l'année suivante. Le conflit se transporte rapidement en Amérique où la France lance une attaque contre les colonies de la Nouvelle-Angleterre. Les troupes de Frontenac (Louis de Buade) incendient plusieurs villages et sèment la terreur dans les régions de Boston et d'Albany. Sans tarder, les Anglais réclament la destruction de Québec et les habitants des différentes colonies font front commun contre la Nouvelle-France.

Au Massachusetts, les autorités coloniales envoient le major général William Phips pour s'emparer de l'Acadie. Ce dernier prend possession de Port-Royal en mai 1690 et rentre à Boston où une autre expédition est aussitôt mise en branle. Il est prévu que Phips se rende à Québec par la voie des eaux pendant qu'un autre détachement de l'armée se dirige vers Montréal. Cette manœuvre terrestre est abandonnée en raison du manque de vivres et de la présence de maladie.

À la mi-août, Phips entre dans le fleuve Saint-Laurent avec 34 navires partis de Boston ayant à leur bord plus de 2 000 hommes. Le 16 octobre, il mouille devant Québec et envoie un émissaire à Frontenac lui demandant de lui rendre la ville. C'est alors que le gouverneur rétorque: « Je n'ai point de réponse à faire à votre général que par la bouche de mes canons ». Le siège de Québec débute le 18 octobre.

À cette époque, les fortifications de Québec s'étendent depuis la rivière Saint-Charles jusque sur le cap aux Diamants. La Haute-Ville est bien protégée par un mur entrecoupé de batteries d'artillerie tandis que la Basse-Ville est défendue par deux batteries riveraines équipées de canons lourds. Ajoutée à cela, une ligne de remblais ponctués de 11 redoutes couvre le côté ouest de la ville. En matière d'effectifs, Frontenac a sous ses ordres une armée de 3 000 hommes.

Une partie des troupes anglaises débarquent à Beauport (Québec) et sont repoussées par les soldats français. Dans le port, les vaisseaux anglais bombardent la ville de 1 500 coups de canon, mais ceux-ci font peu de dommages. Les batteries françaises ripostent notamment en réutilisant les boulets anglais. Après quatre jours de combat, les navires anglais ont épuisé leurs munitions. Les nouvelles tentatives de débarquement du côté de Beauport ont échoué et de nombreux miliciens sont malades. Le bilan du siège fait état de centaines de victimes du côté des Anglais contre une demi-douzaine du côté des Français. Phips abandonne l'idée d'une conquête et, après un échange de prisonniers, repart vers la Nouvelle-Angleterre le 24 octobre. Pendant le voyage de retour, quatre de ses navires font naufrage.
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Notices bibliographiques :
BERNIER, Serge. Québec, ville militaire, 1608-2008. Montréal, Art Global, 2008. 347 p.
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
BLAIS, Christian, Gilles GALLICHAN, Frédéric LEMIEUX et Jocelyn SAINT-PIERRE. Québec: quatre siècles d'une capitale. Québec, Assemblée nationale du Québec - Les Publications du Québec, 2008. 692 p.
ECCLES, William John. « Buade, Louis de, comte de Frontenac et de Palluau ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
MATHIEU, Jacques. La Nouvelle-France: les Français en Amérique du Nord, XVIe-XVIIIe siècle. Québec, Presses de l'Université Laval, 2001. 271 p.
Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine. Le sauvetage archéologique de l'épave d'un vaisseau de la flotte de Phips (1690) [En Ligne]. http://www.mcccf.gouv.qc.ca/phips/phips1.htm
MYRAND, Ernest. Sir William Phips devant Québec : histoire d'un siège. Quebec, L.-J. Demers, 1893. 428 p.
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.
STANLEY, George Francis Gilman. Nos soldats: l'histoire militaire du Canada de 1604 à nos jours. Montréal, Éditions de l'Homme, 1980. 620 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Batailles de Laprairie



Reconstitution de la bataille de Laprairie (1691)

Les batailles de Laprairie sont des événements de la guerre entre les Français et les Anglais se déroulant en Amérique du Nord à la fin du XVIIe siècle. Ces deux affrontements ont lieu en 1691 à Laprairie, au sud de Montréal. Le premier oppose un détachement de l’armée française, dirigé par Louis-Hector de Callière, à une compagnie de milice menée par Peter Schuyler et secondée par un groupe d’Autochtones. Le second met en présence la même troupe de Schuyler et un groupe de miliciens, de soldats et d’Autochtones, sous le commandement de Philippe Clément du Vuault de Valrennes.

Au début des années 1690, les Français mènent une série de raids en Nouvelle-Angleterre. Pour mettre un terme à ces incursions, l’Angleterre projette d’envahir la Nouvelle-France. Parti d’Albany à l’été 1691 pour se diriger vers Ville-Marie, le colonel Schuyler commande un groupe de 400 miliciens composé d’Anglais et d’Autochtones.

À la tête d’un détachement de l’armée française, Callière se trouve au fort Laprairie, un avant-poste qui sert de refuge aux colons au cours des attaques provenant des colonies anglaises. Il projette de mener un raid contre les Anglais, mais il n’en a pas l’occasion.

Le matin du 11 août 1691, les miliciens dirigés par Schuyler attaquent le fort Laprairie, alors très mal gardé. Cette attaque surprend l’armée française, qui perd au moins 18 hommes. Lorsque les troupes anglaises se retirent et prennent le chemin menant à la rivière Richelieu, elles rencontrent à mi-chemin les renforts dirigés par Clément du Vuault de Valrennes, qui leur infligent de lourdes pertes dans une bataille qui dure plus d’une heure. À partir de ce moment, la milice d’Albany ne fit plus de tentatives pour envahir la Nouvelle-France, laissant aux Iroquois le fardeau de la guerre.
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Notices bibliographiques :
BOURDAGES, Gaétan, Jean JOLY et Stéphane TREMBLAY. 1691 : la bataille de Laprairie. Montréal, Éditions Histoire Québec, 2009. 149 p.
s.a. Patrimoine militaire canadien [En Ligne]. http://www.cmhg.gc.ca/cmh/fr/page_1.asp

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Querelle du Tartuffe



La querelle du Tartuffe (1694)

La querelle du Tartuffe survient au début de l’année 1694 à Québec. Elle met en cause la représentation de la pièce Le Tartuffe ou l’Imposteur, du dramaturge français Jean-Baptiste Poquelin, mieux connu sous le nom de Molière.

En 1693, le gouverneur Louis de Buade de Frontenac et de Palluau encourage la présentation de pièces de théâtre au château Saint-Louis pour divertir la société mondaine de Québec pendant la période du Carnaval. L’évêque Jean-Baptiste de La Croix de Chevrières de Saint-Vallier avait pourtant obtenu des deux gouverneurs précédents l’interdiction de la comédie, pratique qu’il jugeait immorale.

Les deux premières pièces montées par une troupe de comédiens amateurs sont Nicomède de Pierre Corneille et Mithridate de Jean Racine. Par la suite, les comédiens répètent Le Tartuffe ou l’Imposteur, de Molière. Trente ans plus tôt, la présentation de cette pièce avait provoqué un scandale en France, ce qui avait amené en 1667 l’archevêque de Paris, Paul Philippe Hardouin de Beaumont de Péréfixe, à menacer d’excommunication toute personne susceptible de lire, de réciter ou de présenter la pièce. Deux ans plus tard, après plusieurs modifications apportées par Molière au texte, l’interdiction avait été levée.

Quand Mgr de Saint-Vallier est informé que Le Tartuffe est en voie d’être présenté sous les auspices du gouverneur au château Saint-Louis, l’évêque ordonne aux curés de Québec de se prononcer pendant les messes du 10 janvier contre le théâtre et de dénoncer nommément le lieutenant des troupes de la Marine Jacques de Mareuil, qui tient le rôle principal. Le 16 janvier, l’évêque poursuit son offensive en publiant deux mandements. Le premier interdit aux paroissiens d’assister à la représentation et à toute forme d’activité théâtrale, tandis que le second condamne directement le lieutenant Mareuil. L’évêque obtient finalement gain de cause et Frontenac annule la représentation du Tartuffe en échange de 100 pistoles.

Le 15 mars suivant, le lieutenant Mareuil, qui ne peut se rendre à l’église ni obtenir les sacrements, demande au Conseil souverain d’annuler le mandement prononcé contre lui. Après délibérations, le Conseil ordonne l’arrestation de Mareuil le 14 octobre. Le gouverneur libère toutefois le lieutenant le 29 novembre et le fait monter discrètement sur le dernier navire en partance vers la métropole.

La querelle du Tartuffe a des échos jusqu’à Versailles. Le lieutenant et acteur, tout comme l’évêque, essuient des remontrances. Le premier se voit interdire un retour dans la colonie et le second est prié de faire preuve de moins de zèle. Le mandement du 16 janvier de Mgr de Saint-Vallier scelle néanmoins le sort du théâtre public en Nouvelle-France jusqu’à la fin du régime français.
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Notices bibliographiques :
HÉBERT, Pierre. « La croix et l’ordre : le clergé et la censure de l’imprimé au Québec ». Documentation et bibliothèques. Vol. 41, no 1 (1995), p. 21-29.
LAFLAMME, Jean et Rémi TOURANGEAU. l’Église et le théâtre au Québec. Montréal, Fides, 1979. 355 p.
LAMONTAGNE, Léopold. « MAREUIL, JACQUES DE ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/fr/bio/mareuil_jacques_de_1F.html
MARION, Séraphin. Les lettres canadiennes d’autrefois. Vol. VIII. Ottawa et Hull, Les éditions l’Éclair & Éditions de l’Université d’Ottawa, 1954. 190 p.
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.
ROQUEBRUNE, Robert De. « Le théâtre au Canada en 1694. L’affaire du « Tartuffe » ». Revue de l’histoire des colonies françaises. Vol. 19, no 80 (1931), p. 181-194.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Grande Paix de Montréal



Grande Paix de Montréal (1701)

La Grande Paix est un événement diplomatique qui s'est déroulé à Montréal à l'été 1701. Les alliés amérindiens des Français et les Iroquois s'y sont assemblés afin de signer un traité de paix pour mettre un terme à la guerre franco-iroquoise.

Ce conflit commence au début du XVIIe siècle lorsque Samuel de Champlain consolide des alliances avec certaines tribus amérindiennes. Le contrôle des réseaux de la traite des fourrures devient un enjeu de rivalité entre les différentes nations amérindiennes, chacune souhaitant apparaître en interlocuteur privilégié auprès des Européens. La guerre pour le contrôle des fourrures oppose bientôt les Hurons, les Montagnais et les Algonquins, alliés des Français, aux nations iroquoises de la puissante Ligue des cinq nations, soutenues par les Hollandais, puis par les colons anglais. Les Montagnais, les Hurons et les Algonquins demandent à Champlain de les assister dans leurs guerres contre les Iroquois. Celui-ci accepte de fournir son appui militaire et attaque les Iroquois sur leur territoire. Ces derniers répliquent en dirigeant leurs assauts contre les établissements français de la vallée du Saint-Laurent. Ils deviennent rapidement une menace importante tant pour les habitants de la colonie que pour leurs alliés amérindiens. En 1649, les Iroquois réussissent à disperser les Hurons.

Cette guerre se poursuit tout au long du XVIIe siècle hormis durant les périodes de trêve. Une paix temporaire est signée en 1667, ce qui permet aux Français de circuler sans risque sur le territoire. Ils fondent alors une série de forts dans la région des Grands Lacs où ils rencontrent une multitude de nations amérindiennes avec qui ils nouent des alliances. Lorsque la guerre avec les Iroquois reprend en 1681, ces nations appuient les Français.

À la fin du XVIIe siècle, les Iroquois sont de plus en plus affaiblis, les Français n'ayant cessé de les attaquer sur leur propre territoire. Avec le traité de Ryswick de 1697 qui met un terme aux affrontements entre Anglais et Français, les Iroquois se retrouvent seuls à faire la guerre à ces derniers et à leurs alliés amérindiens. Lorsque Louis Hector de Callière envoie une députation en Iroquoisie pour leur proposer une paix à l'été 1700, ils prennent cette proposition très au sérieux.

En juillet 1701, quatre des cinq nations iroquoises et les alliés amérindiens des Français, venant principalement de la région des Grands Lacs, se rendent à Montréal pour discuter d'une paix. Le traité est signé le 4 août 1701 après deux semaines de pourparlers. Plus d'une trentaine de nations apposent leurs signatures. En appuyant ce traité, elles renoncent à se faire la guerre et se considèrent comme des alliés. Elles reconnaissent le gouverneur de la Nouvelle-France comme médiateur dans l'éventualité où un conflit les opposerait de nouveau. La Ligue iroquoise s'engage, quant à elle, à rester neutre dans l'éventualité d'une guerre opposant les Anglais aux Français. L'accord de paix de Montréal assure à la France la supériorité dans les questions autochtones et la liberté d'étendre sa présence militaire sur le continent au cours du demi-siècle qui suit. Le commerce et les expéditions de découverte peuvent reprendre en toute quiétude.

Ce traité met définitivement fin au conflit franco-iroquois.
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Notices bibliographiques :
Assemblée nationale du Québec. Par ici la démocratie. Ligne du temps [En Ligne]. http://paricilademocratie.com/
BEAULIEU, Alain et Roland VIAU. La Grande Paix : chronique d'une saga diplomatique. Montréal, Corporation des fêtes de la Grande Paix de Montréal/Éditions Libre Expression ltée, 2001. 127 p.
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
HAVARD, Gilles. La Grande Paix de Montréal de 1701 : les voies de la diplomatie franco-amérindienne. Montréal, Recherches amérindiennes au Québec, 1992. 222 p.
JAENEN, Cornelius J. « Grande Paix de Montréal (1701) ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Expédition et naufrage de la flotte Walker



Expédition et naufrage de la flotte Walker (1711)

L'expédition menée par l'amiral Hovenden Walker en 1711 s'inscrit dans le contexte de la guerre de Succession d'Espagne (1701-1713) et de la lutte impériale qui oppose la France et l'Angleterre en Amérique depuis le 17e siècle. Après la conquête de l'Acadie au printemps 1710, l'Angleterre cherche à conquérir le Canada pour neutraliser la Nouvelle-France et ainsi s'approprier le commerce des fourrures et des pêches. L'attaque planifiée par la Grande-Bretagne prévoit un siège naval contre Québec ainsi qu'une expédition terrestre pour attaquer Montréal. La flotte de Walker compte entre 75 et 90 navires comprenant environ 6000 marins et 5300 soldats. Les troupes terrestres, sous le commandement de Francis Nicholson, comprennent environ 1500 soldats et miliciens de la Nouvelle-Angleterre et 800 alliés haudenosaunees (Iroquois).

Walker organise l'expédition à partir de Boston, mais il doit composer avec des problèmes de logistique et la pénurie de main-d'oeuvre, de munitions et de pilotes qui connaissent bien le fleuve Saint-Laurent. Le 11 août 1711, la flotte quitte Boston en direction de Québec. Dans la nuit du 2 au 3 septembre, en raison des vents, de la brume et de l'inexpérience des pilotes, elle dérive vers la côte nord du fleuve Saint-Laurent. Croyant s'approcher de la rive sud, Walker ordonne de mettre le cap vers le nord. Cette manoeuvre s'avère désastreuse, car au lieu de retourner dans le chenal, la flotte se dirige vers la côte et les récifs entourant l'île aux Oeufs. Plusieurs bateaux font naufrage en frappant ces récifs. L'évaluation des pertes humaines et matérielles varie selon les récits. La majorité des sources anglaises mentionnent 9 ou 10 navires perdus et entre 900 et 1400 morts. Ce chiffre comprend des marins et des soldats, mais aussi des femmes et des enfants. Plusieurs navires perdus transportaient des vivres et du matériel nécessaires à l'expédition.

Le 5 septembre, Walker et son conseil de guerre décident d'annuler l'invasion du Canada. Ayant appris l'échec de la flotte, l'expédition de Nicholson doit rebrousser chemin avant d'avoir atteint le lac Champlain. Ce qui reste de la flotte se sépare et les bateaux retournent dans leur port d'origine.

La nouvelle du naufrage parvient à Québec en octobre. L'échec de la flotte anglaise est interprété comme un miracle et le fruit de l'intervention divine, ce qui donne lieu à des célébrations exceptionnelles à Québec. Le 25 octobre 1711, la cérémonie du Te Deum Laudamus se tient à la cathédrale, suivie d'une procession solennelle. Le Te Deum est un chant de louanges entonné lors d'événements importants comme des victoires militaires ou des moments marquants de l'histoire de la famille royale. L'église Notre-Dame-de-la-Victoire, nommée ainsi en 1690 après l'échec du siège de William Phips, est renommée Notre-Dame-des-Victoires.

À la suite du changement de gouvernement à Londres, l'amiral Walker est sommé de fournir un récit complet de l'expédition. En 1720, afin de sauver sa réputation, il publie à Londres, A Journal: Or the Full Account of the Late Expedition to Canada.
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Notices bibliographiques :
BLAIS, Christian, Gilles GALLICHAN, Frédéric LEMIEUX et Jocelyn SAINT-PIERRE. Québec: quatre siècles d'une capitale. Québec, Assemblée nationale du Québec - Les Publications du Québec, 2008. 692 p.
CROFT, Marie-Ange et Jean-René THUOT. « Expédition et naufrage de la flotte Walker (1711). Récits d'une tentative avortée de conquête de la Nouvelle-France ». Revue d'histoire de la Nouvelle-France. No 5 (2024), p. 22-31.
CROFT, Marie-Ange, Dany DUMONT, Maxime GOHIER et Sylvain LUMBROSO. « L'expédition Walker. Entretien avec Marie-Ange Croft, Dany Dumont et Maxime Gohier ». Revue d'histoire de la Nouvelle-France. No 5 (2024), p. 14-21.
CROFT, Marie-Ange et Marie-Hélène NADEAU. « Le naufrage de la flotte Walker (1711): genèse et trajectoire d’un récit nord-côtier ». L'Estuaire. Vol. 81 (2023), p. 53-66.
DOUTRELEPONT, Charles. « Les chants de la victoire du 25 octobre 1711 ». Revue d'histoire de la Nouvelle-France. No 5 (2024), p. 50-56.
GRAHAM, Gerald S. « Walker, sir Hovenden ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Construction du deuxième palais de l’Intendant



Plans, profils et élévation du deuxième palais de l’Intendant (1718)

Dans la nuit du 5 janvier 1713, un incendie ravage le palais de l’Intendant installé à Québec sur les berges de la rivière Saint-Charles. L’intendant Bégon y perd une grande partie de ses avoirs et son secrétaire ainsi que trois domestiques y laissent leur vie. Des récits écrits par des contemporains de l’événement, dont l’intendant Bégon lui-même ainsi que la Mère Marie-Andrée Duplessis, alors soigneuse à l’Hôtel-Dieu de Québec, nous informent sur une certaine désuétude de l’édifice au moment de sa destruction. Le gouverneur Pierre de Rigaud de Vaudreuil le décrit par exemple comme une « maison qui ne valoit pas grande chose et qui estoit un vrai brulot n’estant remplie que de vieux lambris et de cloisons partout. » Les travaux pour construire un nouveau palais commencent quelques mois plus tard. En 1716, un majestueux édifice de deux étages en pierres surmonté d’un comble mansardé en bois et d’une toiture d’ardoises peut ainsi accueillir à nouveau l’Intendance de la colonie.

De manière générale, le second palais de l’Intendant est comparable d’un point de vue architectural à un hôtel particulier français. Situé plus au nord que le premier, il présente une façade symétrique avec trois avant-corps et une entrée monumentale en son centre. L’édifice est surmonté d’une toiture à la Mansart, c’est-à-dire comportant deux versants chacun séparé en deux pentes d’inclinaison différente, ainsi que d’un lanternon central. Le toit, l’entrée principale, son grandiose escalier en pierres, les éléments décoratifs extérieurs comme les moulures en pierre de taille ainsi que la cour et les jardins symétriques munis d’une fontaine aménagés à l’ouest affirment tous la puissance de l’Intendant en Nouvelle-France. À l’intérieur, un vestibule central sépare le palais en deux sections aux fonctions différentes. À l’est se trouvent les pièces destinées aux réunions du Conseil supérieur – le Conseil souverain renommé ainsi en 1717 – et de la Prévôté. Les appartements de l’Intendant, de sa famille et de ses domestiques sont quant à eux aménagés à l’ouest. Ces derniers habitent plus précisément le dernier étage du palais situé dans les combles, l’Intendant s’étant réservé le « bel-étage » et ayant aménagé les cuisines au rez-de-chaussée. La « hiérarchie » selon laquelle sont réparties les pièces dans le palais est d’ailleurs attestée par la concentration de décorations et de matériaux prestigieux au bel-étage. On y retrouve des planchers carrelés, des plafonds hauts et des menuiseries plus luxueuses qu’ailleurs dans l’édifice. Édifice majestueux témoignant de la stature de l’Intendant en Nouvelle-France, le palais n’en demeure pas moins un lieu fourmillant d’activités abritant quotidiennement de nombreux individus.

Les fouilles archéologiques effectuées par l’Université Laval du côté des latrines ouest du second palais ont permis d’en savoir plus sur le quotidien de ses habitants. Construites entre 1719 et 1722, les latrines prennent la forme de deux tours de trois étages réparties de part et d’autre du palais. On y accède via un passage couvert ou, au rez-de-chaussée, directement à partir de l’extérieur. À l’intérieur, des conduits sont aménagés de manière à former des colonnes d’évacuation des déjections dans la fosse située sous les latrines. Le tout est drainé vers la rivière Saint-Charles par l’inclinaison naturelle du site. Les fouilles révèlent une utilisation variée des latrines. On leur attribue bien entendu des fonctions de lieu d’aisance, mais les domestiques y jettent aussi les restes de tables comme en témoignent les graines de fruits et légumes enfouis sur place. La découverte de perles et de boutons suggère enfin la perte involontaire de petits objets du genre dans les conduites des latrines.

En 1725, un nouvel incendie détruit partiellement l’édifice. Disposant encore de fondations solides, on y reconstruit aussitôt un troisième palais, cette fois plus sécuritaire que ses prédécesseurs.
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Notices bibliographiques :
MERCIER-MÉTHÉ, Rosalie. L’intendant de la Nouvelle-France et l’architecture : La convenance dans un contexte colonial. Cahiers d’archéologie du CELAT, 35. Québec, CELAT, 2012. 87 p.
MOUSSETTE, Marcel. « Québec 1713 : Le palais de l’intendant brûle ». Les Cahiers des dix. No 63 (2009), p. 69-100.
PARENT, Caroline. Les modes d’hygiène au Palais au 18e siècle : une mise en scène de la société française. Université Laval, 2018. 204 p.

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Construction du troisième palais de l’Intendant



Croquis du troisième palais de l’Intendant (1761)

Pour la deuxième fois durant son mandat d’intendant, Michel Bégon subit la perte de son logis et de ses biens par le feu alors qu’un nouvel incendie se déclare au palais dans la nuit du 28 décembre 1725. Les dégâts sont toutefois moins importants que lors du premier incendie, les murs, les voûtes et les cheminées demeurant en relative bonne condition. La reconstruction peut ainsi commencer dès le lendemain matin sous les ordres de l’ingénieur militaire Gaspard-Joseph Chaussegros de Léry. En apportant plusieurs modifications dans l’architecture et le choix des matériaux de ce qui allait être le troisième palais de l’Intendant, l’ingénieur s’assure de construire un édifice plus sécuritaire tout en conservant son éclat et son prestige.

Les efforts de Chaussegros de Léry sont d’abord dirigés vers le toit désormais à deux versants et munis de murs coupe-feu dépassant de deux pieds le sommet de l’édifice, mais tout de même recouvert d’ardoise, un matériau des plus prestigieux pour couvrir une toiture. Les éléments ornementaux en pierre de la façade sont pour leur part restaurés et améliorés. Le palais, avec ses grands jardins et sa cour intérieure munie d’un dallage de grès vert équarri, témoigne ainsi toujours aussi bien de la stature de son occupant principal. Notons aussi qu’en plus d’embellir la cour, le dallage permet aux marchandises d’être acheminées sur le site du palais en y conservant une certaine propreté. Aussi l’aménagement intérieur du nouveau palais est-il similaire à celui du précédent. Les pièces sont toujours aménagées à l’enfilade, c’est-à-dire qu’aucun corridor ne les relie entre elles, l’aile ouest est toujours réservée aux appartements de l’Intendant et l’aile est aux fonctions administratives de l’édifice. Le rehaussement du toit sur un étage de maçonnerie permet néanmoins la construction d’un « vrai » troisième étage, auparavant aménagé dans les combles de la toiture. Celui-ci, appelé « l’étage quarré », contient notamment une grande bibliothèque ainsi qu’une chapelle du côté est. Le reste de sa superficie est surtout constitué de chambres pour les visiteurs et domestiques. Enfin, le bel-étage est toujours muni des matériaux les plus luxueux afin de souligner l’importance des activités quotidiennes s’y déroulant.

Le premier intendant occupant le troisième palais, Claude-Thomas Dupuy, manifeste toutefois une certaine réserve quant à son aspect général. Aussi entreprend-il lui-même de le rendre « plus représentatif d’une demeure aristocratique » sans se soucier des recommandations de Chaussegros de Léry. Il ordonne par exemple l’ajout de parquets, de corniches et de lambris de bois et le remplacement de cheminées de plâtres par d’autres en bois massif. À l’extérieur, Dupuy entreprend l’ajout de fontaines et de canaux pour embellir les jardins, des projets interrompus par son rappel soudain à la métropole suite à ses agissements jugés indécents par le gouverneur. Son successeur, Gilles Hocquart, est quant à lui beaucoup plus favorable à la vision utilitaire du palais entretenue par l’ingénieur. En 1749, le voyageur suédois Pehr Kalm qualifie le troisième palais de l’Intendant d’un édifice « qu’on pourrait prendre pour un château » en plus de souligner la présence d’un « grand et beau jardin ». Les rénovations de Chaussegros de Léry parviennent ainsi sans contredit à conserver le prestige du palais de l’Intendant tout en le sécurisant face à la menace d’un nouvel incendie ravageur.

En 1745, par crainte d’une attaque anglaise, une nouvelle enceinte est élevée autour du palais selon les plans de Chaussegros de Léry. Après plusieurs années de guerre, la Nouvelle-France passe aux mains des Anglais en 1759 suite à la perte de Québec. Ces derniers reconnaissent néanmoins le caractère prestigieux du palais qui, situé en basse-ville, est épargné des bombardements. Les autorités britanniques, préférant occuper le château Saint-Louis en haute-ville, y installent alors des casernes et y entreposent leur matériel.
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Notices bibliographiques :
MERCIER-MÉTHÉ, Rosalie. L’intendant de la Nouvelle-France et l’architecture : La convenance dans un contexte colonial. Cahiers d’archéologie du CELAT, 35. Québec, CELAT, 2012. 87 p.
MOUSSETTE, Marcel. Le site du Palais de l’Intendant à Québec : Genèse et structuration d’un lieu urbain. Nouveaux cahiers du CÉLAT, 10. Québec, Septentrion, 1994. 229 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Guerre de la Conquête



Vue de Québec (1776)

La guerre de la Conquête est un conflit qui oppose, de 1754 à 1760, les puissances coloniales britanniques et françaises en Amérique du Nord. Elle s’inscrit dans le contexte plus large de la guerre de Sept Ans, qui se déroule de 1756 à 1763, au cours de laquelle le royaume de France et le royaume de Grande-Bretagne s’affrontent, ainsi que leurs alliés, non seulement en Europe, mais sur l’océan Atlantique, en Afrique occidentale et aux Indes.

Avant cette guerre, l’Empire français d’Amérique du Nord, peu peuplé mais très vaste, s’étend jusqu’au lac Manitoba à l’ouest et jusqu’à la Louisiane au sud. À l’inverse, les colonies britanniques de la Nouvelle-Angleterre sont densément peuplées et leurs habitants font pression sur la Grande-Bretagne pour qu’elle permette l’expansion vers l’ouest. Le contrôle de cette région est devenu un enjeu important pour les deux camps, surtout depuis la création par les Britanniques en 1747 de la Compagnie de l’Ohio, qui a le mandat de coloniser ce territoire. Répondant à l’appel de ses colonies, la Couronne britannique décide de chasser les Français du continent.

La guerre de la Conquête s’amorce en juillet 1754 au moment où les Français repoussent une attaque britannique menée par George Washington et prennent possession du fort Nécessité, dans la vallée de l’Ohio. L’année suivante, la Grande-Bretagne s’empare du fort Beauséjour en Acadie et déporte les Acadiens de la Nouvelle-Écosse. Après une série de victoires des troupes françaises autour des forts Duquesne (1755), Bull (1756), Oswego (1756), William Henry (1757) et Carillon (1758), les Britanniques reprennent le contrôle de la situation. Rapidement, ils ravissent plusieurs possessions aux Français et les encerclent dans la vallée du Saint-Laurent. En 1758, ils s’emparent de la forteresse de Louisbourg, du fort Frontenac et du fort Duquesne. En juillet 1759, c’est au tour du fort Niagara de tomber aux mains de la Grande-Bretagne.

Durant ce temps, au nord-est, la ville de Québec subit le siège des troupes du major-général James Wolfe. Le 13 septembre, après deux mois à essuyer les bombardements des Britanniques, le lieutenant-général Louis-Joseph de Montcalm leur livre combat sur les plaines d’Abraham, après que ces derniers aient effectué un débarquement surprise à l’Anse-au-Foulon. Vaincus, les Français signent la reddition de la ville cinq jours plus tard. L’année suivante, les Britanniques encaissent un revers lors de la bataille de Sainte-Foy, avant d’emporter la bataille navale de la Ristigouche et de s’emparer des derniers forts de la vallée du Richelieu.

Le 8 septembre 1760, le gouverneur de la Nouvelle-France, Pierre de Rigault de Vaudreuil de Cavagnial, négocie la reddition de Montréal avec le major-général Jeffrey Amherst, entraînant la capitulation de la colonie. La Nouvelle-France passe sous contrôle britannique, hormis la Louisiane qui reste temporairement française. Les vainqueurs garantissent les droits civils et religieux aux Canadiens en plus de reconnaître leurs propriétés. La guerre a toutefois causé son lot de souffrances: 10 000 personnes meurent en raison des maladies et de la famine occasionnées par la guerre.

Durant les trois années qui suivent, le sort de la Nouvelle-France est en suspens puisque le conflit perdure en Europe. En 1763, la signature du traité de Paris confirme que la colonie est désormais une possession britannique. Les Français cèdent définitivement leur territoire en Amérique du Nord, à l’exception des îles Saint-Pierre et Miquelon.
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Notices bibliographiques :
ECCLES, William John. « Guerre de Sept Ans ». Historica Canada. L’encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
FRÉGAULT, Guy. La Guerre de la Conquête. Montréal, Fides, 2009. 514 p.
MORTON, Desmond. Une histoire militaire du Canada, 1608-1991. Sillery, Les Éditions du Septentrion, 1992. 414 p.
Parcs Canada. « Lieu historique national du Canada du Fort-Chambly ». Parcs Canada. Parcs Canada [En ligne]. http://www.pc.gc.ca/lhn-nhs/qc/fortchambly/
s.a. Patrimoine militaire canadien [En Ligne]. http://www.cmhg.gc.ca/cmh/fr/page_1.asp

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Déportation des Acadiens



Détail de la fresque du Mémorial des Acadiens réalisée par Robert Dafford (1755)

La déportation des Acadiens est un événement de la guerre de Sept Ans. Elle se déroule en 1755 et elle précède la chute de la Nouvelle-France. Elle affecte la population francophone de l’Acadie qui est déplacée principalement sur le territoire nord-américain et en Grande-Bretagne par l’armée britannique.

Dans le cadre du traité d’Utrecht qui met fin à la guerre de la Succession d’Espagne en 1713, la France cède le territoire de l’Acadie à la Grande-Bretagne, mais conserve l’île Royale (île du Cap-Breton). Privilège des vainqueurs, le territoire annexé est dorénavant désigné sous le nom de Nouvelle-Écosse. Les Acadiens, assujettis aux Britanniques, refusent de prêter serment d’allégeance au roi de la Grande-Bretagne. Tout au plus acceptent-ils de prononcer un serment de neutralité dans l’éventualité où les Britanniques entreraient à nouveau en conflit avec les Français. Alors que la tension monte entre les deux royaumes rivaux, la France fait construire la forteresse de Louisbourg sur l’île du Cap-Breton ainsi que le fort Beauséjour. Les Britanniques ripostent en établissant une base navale à Halifax et le fort Lawrence.

Entre 1713 et 1755, la démographie de la région change radicalement avec le décuplement de la population acadienne et l’arrivée de nombreux colons britanniques. Ces derniers convoitent les terres occupées par les Acadiens.

Au début de la guerre de Sept Ans, les autorités coloniales britanniques songent à déplacer la population acadienne. En 1755, un regroupement de provinciaux en armes et de soldats britanniques prennent plusieurs forts français de la péninsule, dont le fort Beauséjour et le fort Gaspareaux. Le gouverneur de la Nouvelle-Écosse, Charles Lawrence, confisque les armes des Acadiens et exige d’eux qu’ils prêtent serment d’allégeance à la couronne britannique. Devant leur refus, Lawrence donne l’ordre aux commandants des districts de Beaubassin, de Pisiquid et d’Annapolis Royal d’attirer et de capturer les hommes acadiens. Près de 10 000 Acadiens, répartis selon leur âge et leur sexe, sont ensuite déportés à différents endroits sur la côte atlantique. Certains sont envoyés en Grande-Bretagne où ils sont emprisonnés. D’autres se retrouvent en France ou dans les Caraïbes. Des milliers meurent de maladie ou de faim à bord des navires insalubres.

Après la signature du traité de Paris en 1763, les terres des Acadiens sont occupées par des colons venus de la Nouvelle-Angleterre. La Grande-Bretagne autorise les anciens occupants à s’installer dans les colonies britanniques. Ceux-ci sont pour la plupart disséminés sur le territoire et doivent trouver de nouvelles terres à cultiver.
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Notices bibliographiques :
Assemblée nationale du Québec. Par ici la démocratie. Ligne du temps [En Ligne]. http://paricilademocratie.com/
CHIASSON, père Anselme et Nicolas LANDRY. « Histoire de l’Acadie ». Historica Canada. L’encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
FRÉGAULT, Guy. « La déportation des Acadiens ». Revue d’histoire de l’Amérique française. Vol. 8, no 3 (1954), p. 309-358.
MARSH, James. « La déportation des Acadiens ». Historica Canada. L’encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
s.a. Patrimoine militaire canadien [En Ligne]. http://www.cmhg.gc.ca/cmh/fr/page_1.asp

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Siège de Québec par Wolfe



Siège de Québec par Wolfe

Le siège de Québec est un épisode de la guerre de la Conquête et se déroule entre les mois de juin et de septembre 1759. Il oppose les troupes britanniques du major-général James Wolfe au contingent de l'armée française du lieutenant-général Louis-Joseph de Montcalm de même qu'aux habitants de la ville de Québec et des environs.

Le conflit entre la France et l'Empire britannique, amorcé depuis 1754 en Amérique, se propage à l'Europe en 1756, marquant le début de la guerre de Sept Ans. En 1757, William Pitt, ministre de la Guerre de Grande-Bretagne, élabore un plan d'invasion de la Nouvelle-France, qui doit culminer par la prise de Montréal. La chute de la ville de Québec, capitale de la colonie, est essentielle à cette opération, car elle permet d'isoler le Canada de la France. Le plan de Pitt est en voie de se concrétiser en 1758, alors que le fort Duquesne et la forteresse de Louisbourg tombent aux mains des Britanniques.

En janvier 1759, le commandement de l'expédition contre Québec est confié au major-général James Wolfe. Au mois de juin, la flotte dirigée par le vice-amiral Charles Saunders remonte le fleuve Saint-Laurent vers la capitale. Les 186 vaisseaux, dont 49 navires de guerre, transportent 15 600 officiers et marins, et plus de 9 000 combattants. Le blocus naval tarde cependant à se mettre en place et des renforts français atteignent Québec le 10 mai. Douze jours plus tard, Montcalm arrive de Montréal. Chargé de la défense de la ville, ce dernier fortifie la rive de Beauport. Il peut compter sur une armée d'environ 16 000 hommes, constituée de miliciens, de soldats et d'Amérindiens.

Le siège débute à la fin du mois de juin, alors que la flotte britannique se regroupe au large de l'île d'Orléans et permet aux troupes de Wolfe d'y débarquer. Les Français répliquent en tentant de mettre le feu à l'escadre au moyen de brûlots, mais l'opération est un échec. Wolfe et ses hommes effectuent deux nouveaux débarquements, l'un à l'est de la rivière Montmorency et l'autre à la Pointe-De-Lévy où, légèrement à l'ouest, ils érigent leurs batteries et commencent les bombardements sur Québec dans la nuit du 12 juillet. La canonnade dure deux mois et entraîne la destruction de la cathédrale, du collège des Jésuites, de l'église de Notre-Dame-des-Victoires et des trois quarts de la basse ville de Québec. Ayant trop peu de poudre pour répliquer, les batteries françaises demeurent muettes.

Le 25 juillet, Wolfe donne l'ordre de mener des expéditions punitives sur les deux rives du fleuve entre Lauzon et Kamouraska. Ces raids visent à forcer Montcalm à l'affrontement et à châtier les Canadiens pour ne pas être restés neutres durant le conflit. Sous les ordres de George Scott et de Joseph Goreham, des rangers américains incendient 1 400 maisons et fermes, en plus d'anéantir les récoltes.

Le dernier jour du mois de juillet, les Britanniques subissent un revers en essayant de s'emparer de la ligne de Beauport au cours de la bataille de Montmorency. Après cette défaite, Wolfe et ses brigadiers cherchent un autre lieu de débarquement pour prendre Québec. Le choix du major-général se porte sur l'Anse-au-Foulon, à l'est de la batterie française de Samos. Dans la nuit du 12 au 13 septembre, les soldats britanniques font l'ascension de la falaise qui les sépare des plaines d'Abraham. En matinée, les troupes de Wolfe sont positionnées sur les plaines en préparation de la bataille. Montcalm, surpris, engage le combat.

La bataille des Plaines d'Abraham se termine par la défaite des forces françaises et par la mort des généraux Wolfe et Montcalm. Jean-Baptiste-Nicolas-Roch de Ramezay, lieutenant du roi, signe la reddition de la ville, qui est livrée aux Britanniques le 18 septembre 1759, mettant ainsi un terme au siège de Québec. L'année suivante, Montréal capitule et la Nouvelle-France est officiellement cédée à la Grande-Bretagne en 1763.
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Notices bibliographiques :
BLAIS, Christian, Gilles GALLICHAN, Frédéric LEMIEUX et Jocelyn SAINT-PIERRE. Québec: quatre siècles d'une capitale. Québec, Assemblée nationale du Québec - Les Publications du Québec, 2008. 692 p.
DESCHÊNES, Gaston. L'année des Anglais : la Côte-du-Sud à l'heure de la Conquête, Québec. Québec, Septentrion, 2009. 158 p.
DROUIN, Daniel et Hélène QUIMPER. La prise de Québec, 1759-1760. Québec, Commission des champs de bataille nationaux, 2009. 133 p.
LACOURSIÈRE, Jacques et Hélène QUIMPER. Québec, ville assiégée, 1759-1760, d'après les acteurs et les témoins. Sillery, Septentrion, 2009. 270 p.
MACLEOD, Peter D. La vérité sur la bataille des plaines d'Abraham. Montréal, Les Éditions de l'Homme, 2008. 491 p.
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.
STACEY, C. P. Québec, 1759 : le siège et la bataille. Québec, Presse de l'Université Laval, 2009. 329 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Bataille de Montmorency



Bataille de Montmorency (1759)

La bataille de Montmorency est un événement de la guerre de la Conquête, qui précède la bataille des Plaines d'Abraham. Elle se déroule le 31 juillet 1759 et oppose les troupes britanniques, dirigées par le général James Wolfe, à un contingent de l'armée française, commandé par Louis-Joseph de Montcalm et secondé par des miliciens et des Amérindiens.

Tant en Europe qu'en Amérique du Nord, la guerre de Sept Ans oppose alors l'Empire britannique à la France. Les Britanniques souhaitent conquérir la Nouvelle-France en s'attaquant d'abord à la ville de Québec. Ils mettent en place, dès le mois de juin 1759, le siège de Québec en installant leur flotte sur le fleuve Saint-Laurent en face de Beauport (Québec). Au début du mois de juillet, les forces britanniques débarquent près du pied de la chute Montmorency et établissent un camp fortifié à l'est, sur les hauteurs. Le 31 juillet, les commandants George Townshend, James Murray et Robert Monckton rejoignent les troupes militaires britanniques à proximité de la chute et Wolfe ordonne une attaque immédiate des retranchements français.

L'armée française, campée dans le haut de la falaise, attend l'ennemi de pied ferme. L'indiscipline des premières compagnies de l'armée britannique qui attaquent avant l'arrivée de tous les soldats des autres régiments et un orage qui se déclenche durant les hostilités font des Britanniques, en pleine ascension de la falaise, une cible facile. Plus de 400 d'entre eux sont tués ou blessés avant que Wolfe n'ordonne la retraite de ses troupes. Du côté français, on enregistre une soixantaine de morts et de blessés.

Malgré cette défaite, la marine britannique poursuit le siège de Québec après la bataille de Montmorency. La campagne de peur dans les villages côtiers de la vallée du Saint-Laurent prend de l'ampleur et les bombardements sur Québec se multiplient.
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Notices bibliographiques :
EVANS, David. « Montmorency, chute ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
STACEY, C. P. Québec, 1759 : le siège et la bataille. Québec, Presse de l'Université Laval, 2009. 329 p.
s.a. Patrimoine militaire canadien [En Ligne]. http://www.cmhg.gc.ca/cmh/fr/page_1.asp

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Bataille des Plaines d'Abraham



Bataille des Plaines d'Abraham (1759)

La bataille des Plaines d'Abraham est un événement majeur de la guerre de la Conquête. Elle se déroule le 13 septembre 1759 et oppose les troupes britanniques du major-général James Wolfe au contingent de l'armée française du lieutenant-général Louis-Joseph de Montcalm, composé de soldats réguliers, de miliciens canadiens et d'Amérindiens.

Depuis la fin du mois de février 1759, les Britanniques assiègent la ville de Québec, capitale de la Nouvelle-France. Après une tentative infructueuse de débarquement sur la rive de Beauport, Wolfe, conseillé par ses brigadiers, opte pour le site de l'Anse-au-Foulon.

Dans la nuit du 12 au 13 septembre, un premier détachement de soldats britanniques atteint le rivage de l'Anse-au-Foulon. L'endroit est peu défendu et les vigiles prennent les barques britanniques pour un convoi de ravitaillement devant arriver sous peu. Un groupe d'infanterie légère gravit, sans résistance, l'escarpement qui le sépare des plaines d'Abraham. L'arrivée d'un deuxième détachement de soldats entraîne une riposte des défenseurs situés sur les hauteurs.

Au matin, environ 4 500 soldats britanniques sont alignés à l'ouest des fortifications de Québec. Les bataillons de Wolfe sont toutefois harcelés par des francs-tireurs canadiens et amérindiens. Montcalm, surpris par la présence des Britanniques de ce côté de la ville, fait appel aux soldats stationnés dans la baie de Beauport. À leur arrivée, le contingent de réguliers, de miliciens et d'Amérindiens compte approximativement 3 500 hommes. N'attendant pas l'arrivée de Louis-Antoine de Bougainville et de son armée de plus de 2 000 soldats professionnels, Montcalm donne l'ordre de livrer bataille. Il préfère attaquer l'ennemi avant que celui-ci renforce ses positions et amène de nouvelles pièces d'artillerie pour canonner Québec sur son flanc le moins fortifié.

Vers 10 heures, les troupes de Montcalm s'engagent dans une bataille à l'européenne. Alignées sur trois rangs, elles chargent au pas rapide, de façon désordonnée, avant de faire feu sur l'ennemi à peine en vue. En face, les Britanniques attendent que les Français soient à portée de mousquet avant de riposter. Deux salves finement coordonnées suffisent à semer la pagaille au sein de l'armée française, qui rompt les rangs et prend la fuite. Cet engagement décisif dure moins d'une demi-heure. Montcalm est touché durant la retraite tout comme Wolfe, qui meurt non loin du champ de bataille. Une grande part des troupes françaises sont refoulées vers la rivière Saint-Charles, tandis que des miliciens et des Amérindiens embusqués protègent leur repli.

Le gouverneur de la Nouvelle-France, Pierre de Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial, arrivé de Beauport avec deux bataillons de miliciens, rassemble ce qu'il reste de l'armée en fuite. Vers midi, les troupes françaises se réfugient au camp de Beauport. À l'ouest de Québec, Bougainville arrive avec des renforts après avoir tenté de s'emparer de la batterie de Samos. Assailli par les bataillons de George Townshend, qui est désormais à la tête de l'armée britannique, il se replie. Dans les heures qui suivent, Vaudreuil, sur l'avis de ses officiers, fuit avec ses hommes au site du fort Jacques-Cartier pendant que Bougainville couvre ses arrières.

Alors que l'armée française est en déroute, les forces présentes dans la ville sont désorganisées. Montcalm meurt de ses blessures le 14 septembre, les provisions suffisent à peine à nourrir la population et plusieurs soldats désertent. Durant ce temps, Townshend rassemble son artillerie. Jean-Baptiste-Nicolas-Roch de Ramezay, commandant de la garnison de la ville, se plie aux conseils de ses officiers et des notables de Québec et livre la cité aux Britanniques le 18 septembre.

Pour la colonie française et ses habitants, la bataille des Plaines d'Abraham est une défaite militaire qui entraîne la perte de la capitale de la Nouvelle-France et annonce le changement de régime qui sera entériné par le traité de Paris de 1763.
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Notices bibliographiques :
Assemblée nationale du Québec. Par ici la démocratie. Ligne du temps [En Ligne]. http://paricilademocratie.com/
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
COURTOIS, Charles-Philippe. La conquête : une anthologie. Montréal, Typo, 2009. 485 p.
DROUIN, Daniel et Hélène QUIMPER. La prise de Québec, 1759-1760. Québec, Commission des champs de bataille nationaux, 2009. 133 p.
FRANCIS, R. Douglas, Richard JONES et Donald B. SMITH. Origins: Canadian History to Confederation. Toronto, Nelson Education, 2004. 493 p.
FRÉGAULT, Guy. La Guerre de la Conquête. Montréal, Fides, 2009. 514 p.
LAPIERRE, Laurier. 1759 : la bataille du Canada. Montréal, Le Jour, 1992. 301 p.
MACLEOD, Peter D. La vérité sur la bataille des plaines d'Abraham. Montréal, Les Éditions de l'Homme, 2008. 491 p.
MORTON, Desmond. Une histoire militaire du Canada, 1608-1991. Sillery, Les Éditions du Septentrion, 1992. 414 p.
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.
STACEY, C. P. Québec, 1759 : le siège et la bataille. Québec, Presse de l'Université Laval, 2009. 329 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Bataille de Sainte-Foy



Bataille de Sainte-Foy (1760)

La bataille de Sainte-Foy est un événement de la guerre de la Conquête. Elle se déroule le 28 avril 1760 sur le chemin Sainte-Foy, près de Québec, et oppose l’armée française, dirigée par François de Lévis, à l’armée britannique, dirigée par le colonel James Murray.

À la fin de 1759, la ville de Québec est contrôlée par l’armée britannique. À Montréal, Lévis, de concert avec Pierre de Rigaud de Vaudreuil de Cavagnial, lance l’idée de reprendre la ville. Il dresse les plans et rassemble l’équipement nécessaire à l’opération. Dans le but d’aller en France demander du renfort pour l’année suivante, des bateaux réussissent à passer devant Québec. Les demandes sont fixées à l’envoi de 7 000 soldats, de provisions, de munitions et de pièces d’artillerie.

Menée par Lévis, une armée de 7 000 hommes se dirige vers Québec via Sainte-Foy. Lorsque le colonel Murray est informé de la situation, il fait évacuer la population de Québec, de Sainte-Foy et de l’Ancienne-Lorette. Il fait raser les quartiers Saint-Roch et Sainte-Famille et ordonne à la garnison de Québec de mettre en place des retranchements à Sainte-Foy.

L’armée française arrive à proximité de Québec le 27 avril 1760. Des escarmouches éclatent entre les soldats britanniques et français. Murray ordonne l’assaut de l’armée française le lendemain. Son armée compte près de 3 400 soldats. L’affrontement entre les deux armées se déroule sur la largeur du promontoire de Québec, particulièrement sur le chemin Sainte-Foy. Le régiment de La Sarre affronte les 40e et 60e régiments britanniques au moulin Dumont. Peu à peu, les Français gagnent du terrain et, après trois heures de combat, Murray ordonne finalement la retraite de ses troupes. Le bilan des pertes est plus important que celui de la bataille des Plaines d’Abraham: 1 104 victimes pour les Britanniques contre 833 pour les Français.

À la suite de la bataille de Sainte-Foy, Lévis met en place le siège de la ville de Québec, mais les renforts en provenance de la France tardent à arriver. Ce sont finalement les bateaux britanniques qui arrivent en premier. Les bateaux français, n’amenant que 400 soldats au lieu des 7 000 demandés, n’atteindront jamais Québec. Lévis lève le siège et retraite vers Montréal, qui capitule un peu plus tard, marquant ainsi la chute définitive de la Nouvelle-France.
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Notices bibliographiques :
Assemblée nationale du Québec. Par ici la démocratie. Ligne du temps [En Ligne]. http://paricilademocratie.com/
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
ECCLES, William John. Bataille de Sainte-Foy [En Ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com
s.a. Patrimoine militaire canadien [En Ligne]. http://www.cmhg.gc.ca/cmh/fr/page_1.asp

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Bataille de la Ristigouche



Bataille de la Ristigouche (1760)

La bataille de la Ristigouche est un événement de la guerre de la Conquête. Elle se déroule le 8 juillet 1760 et a lieu à l’embouchure de la rivière Ristigouche, dans la baie des Chaleurs. Cette bataille oppose la marine française, dirigée par le commandant François Chenard de La Giraudais, à la marine britannique, dirigée par le capitaine John Byron.

Après la chute de Québec en septembre 1759, les Français tentent de reprendre le contrôle de la Nouvelle-France. Au printemps 1760, la France envoie cinq navires marchands qui transportent 400 hommes de troupe et 2 000 tonneaux de vivres et de munitions pour ravitailler la colonie. Ces navires, escortés par la frégate Le Machault, doivent franchir le blocus mis en place par la marine britannique près des côtes françaises. Trois des bateaux ne réussiront pas à compléter la traversée.

Le 15 mai 1760, les bateaux français pénètrent dans le golfe du Saint-Laurent et La Giraudais, apprenant qu’une flotte britannique a déjà remonté le fleuve, choisit de se réfugier dans la baie des Chaleurs. Les Français jettent l’ancre à l’embouchure de la rivière Ristigouche et ravitaillent la population, composée en majeure partie de déportés acadiens et de Micmacs.

Le capitaine Byron quitte Louisbourg avec cinq vaisseaux de guerre au mois de juin suivant. La flotte française est alors bloquée. La Giraudais ordonne à ses bateaux de se réfugier dans l’estuaire de la rivière Ristigouche. Il croit que les bateaux britanniques sont trop gros pour y pénétrer. Les deux flottes campent sur leurs positions pendant quelques jours.

Le 3 juillet 1760, les bateaux britanniques pénètrent dans l’estuaire de la Ristigouche et la bataille s’engage. Pendant cinq jours, de furieux combats ont lieu et La Giraudais parvient à tenir tête à Byron. Le 8 juillet, voyant la défaite imminente de ses troupes, le commandant français ordonne de couler les bateaux Le Machault et Le Bienfaisant. Il veut ainsi éviter que les Britanniques prennent possession des vivres et des munitions qui se trouvent dans les cales de ces bateaux. Une fois sur la terre ferme, les Français établissent un fort et y prennent garnison.

La bataille de la Ristigouche est le dernier affrontement naval nord-américain entre la France et la Grande-Bretagne. Elle est suivie de la capitulation de la Nouvelle-France, privée des secours nécessaires, le 8 septembre 1760 à Montréal. Le 29 octobre, apprenant la nouvelle, la petite garnison française à Ristigouche se rend aux Britanniques.
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Notices bibliographiques :
BEATTIE, Judith et Bernard POTHIER. La bataille de la Ristigouche. Ottawa, Parcs Canada, 1996. 48 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Signature du traité de Paris



Vue de la ville de Montréal (1784)

Le 10 février 1763, la signature du traité de Paris met fin à la guerre de Sept Ans, un conflit qui oppose depuis 1756 les royaumes de France et de Grande-Bretagne, ainsi que leurs alliés, non seulement en Europe, mais en Amérique du Nord, sur l’océan Atlantique, en Afrique occidentale et aux Indes. Fruit de longues négociations, ce document engendre d’importantes transformations politiques, économiques et sociales à travers le monde, particulièrement en Amérique du Nord.

Les négociations de paix s’amorcent au printemps 1761, alors que le roi de Grande-Bretagne George III, monté sur le trône l’année précédente, envisage de mettre un terme à la guerre. Victorieux sur le plan militaire, les Britanniques n’ont ni les moyens, ni la volonté de réclamer la cession de tous les territoires qu’ils occupent. Dans ce contexte, le gouvernement du premier ministre John Stuart recherche l’atteinte d’un compromis basé sur un meilleur équilibre entre les puissances européennes. Du côté de la France, le secrétaire d’État à la Guerre Étienne François de Choiseul considère, compte tenu des dernières défaites militaires subies par les troupes de Louis XIV, céder le Canada si la Guadeloupe et les pêcheries de Terre-Neuve sont conservées. L’entrée dans le conflit de l’Espagne au côté de la France en janvier 1762 a pour effet de remanier les enjeux territoriaux. Lors des négociations préliminaires tenues à Fontainebleau le 3 novembre 1762, le royaume de Charles III obtient de son allié français la Louisiane, en compensation des pertes subies durant le conflit.

Le traité de Paris est signé à l’hôtel du diplomate britannique John Russell en 1763. L’entente, rédigée en français entre la France, la Grande-Bretagne et l’Espagne, comprend 30 articles qui consacrent d’importants gains britanniques. Toutes les possessions françaises en Inde, sauf quelques comptoirs, sont abandonnées au profit de la Grande-Bretagne. La France donne à cette dernière tous ses territoires américains à l’est du Mississippi, mais conserve les îles Saint-Pierre et Miquelon ainsi qu’un droit limité de pêche dans le golfe du Saint-Laurent. Elle garde aussi ses lucratives possessions antillaises. L’Espagne cède quant à elle la Floride aux Britanniques pour récupérer La Havane.

Pour les Canadiens, la ratification du traité de Paris confirme le changement de régime. Le traité offre toutefois des garanties aux habitants, telles que la liberté de professer la religion catholique dans le respect des lois britanniques et le droit de jouir et de disposer de leurs biens. Ceux qui désirent rentrer en France auront 18 mois pour le faire. Le 7 octobre 1763 est déclarée la Proclamation royale qui définit les structures administratives de la colonie britannique, désormais désignée sous le nom de Province de Québec. Un nouveau découpage territorial circonscrit les Canadiens autour de la vallée du Saint-Laurent.

La signature du traité de Paris a aussi des répercussions ailleurs en Amérique du Nord. Une coalition de peuples autochtones menés par le chef outaouais Pontiac se rebelle contre la Grande-Bretagne en mai 1763, pour récupérer leurs territoires cédés à cette dernière. Cette révolte se solde par la défaite de Pontiac en 1766. La fin des hostilités amène également la Grande-Bretagne à imposer diverses taxes aux Treize colonies afin de recouvrer une partie des sommes investies dans l’effort de guerre. Ces taxes provoquent le mécontentement des colons américains, alimentant leur désir d’être représentés politiquement, et conduisent ultimement à la Déclaration d’indépendance des États-Unis.

Le traité de Paris de 1763 sème les germes de profondes transformations. La confirmation de la conquête de la Nouvelle-France, plus particulièrement du Canada, bouleverse les institutions et la structure sociale de l’ancienne colonie française. Les nouveaux administrateurs britanniques devront toutefois composer avec une population francophone majoritaire qui n’entend pas renier ses origines.
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Notices bibliographiques :
Assemblée nationale du Québec. Par ici la démocratie. Ligne du temps [En Ligne]. http://paricilademocratie.com/
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
CALLOWAY, Colin. The scratch of a pen : 1763 and the transformation of North America. New York, Oxford University Press, 2005. 219 p.
DE WAELE, Michel. « Guerre et paix en Europe, conquête et cession en Nouvelle-France ». Cap-aux-Diamants. No 115 (2013), p. 11-14.
FRÉGAULT, Guy. La Guerre de la Conquête. Montréal, Fides, 2009. 514 p.
GOUGH, Barry. British Mercantile Interests in the Making of the Peace of Paris - 1763. Lewinston (NY), E. Mellen Press, 1992. 156 p.
IMBEAULT, Sophie, dir., Denis VAUGEOIS, dir. et Laurent VEYSSIÈRE, dir. 1763 : la traité de Paris bouleverse l’Amérique. Québec, Septentrion, 2013. 420 p.
JENNINGS, Francis, dir. The History and culture of Iroquois diplomacy : an interdisciplinary guide to the treaties of the Six Nations and their league. Syracuse (NY), Syracuse University Press, 1985. 278 p.
SAWAYA, Jean-Pierre. « Les Amérindiens et le traité de Paris ». Cap-aux-Diamants. No 115 (2013), p. 27-29.
VAUGEOIS, Denis. « Un traité aux répercussions continentales ». Cap-aux-Diamants. No 115 (2013), p. 4-7.
s.a. Le traité de Paris de 1763 en bref. Québec, Septentrion, 2014. 157 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Voyage du Columbo, premier train de bois de Philemon Wright



Cage en bois équarri vers 1900 sur la rivière des Outaouais

Le voyage de Philemon Wright (1760-1839) à bord du Columbo, premier train de bois à descendre la rivière des Outaouais et le Saint-Laurent jusqu'à Québec, symbolise le début de l'industrie forestière au Québec. Celui-ci arrive au Canada en 1800 et s'établit sur le site actuel de Hull avec l'intention de fonder une communauté de fermiers indépendants. Le manque de capitaux l'amène toutefois à développer le commerce du bois en 1806 pour financer la colonie. La coupe de bois est également motivée par la nécessité de retenir la main-d'œuvre pendant les mois d'hiver jusqu'aux travaux d'été.

Pour acheminer son bois jusqu'au port de Québec afin de l'exporter vers le marché de la Grande-Bretagne, Philemon Wright assemble des pièces de bois équarri, des planches et des madriers sous forme de radeau, appelé train de bois. Un premier radeau de bois équarri part le 11 juin 1806 de l'embouchure de la rivière Gatineau pour descendre la rivière des Outaouais, puis le fleuve Saint Laurent jusqu'à Québec. Nommé le Columbo, ce train de bois constitué de plusieurs cages est composé de 700 plançons de pin et de chêne et de milliers de planches, qui portent environ 900 madriers. Le voyage effectué par Wright et quatre autres cageux est pénible en raison des obstacles, dont les rapides du Long-Sault. La difficulté du voyage est accentuée par la nouveauté de l'entreprise. Wright estime qu'il peut passer par le nord de l'île de Montréal pour atteindre Québec, ce qui, d'après lui, est réputé impossible et n'a jamais été tenté. Il atteint cependant Québec le 12 août par cette voie, non sans difficultés, et doit attendre jusqu'en novembre pour vendre sa cargaison. Il récidive l'année suivante et rencontre de meilleurs résultats. Wright parvient rapidement à la tête d'une industrie naissante. En 1814, il fonde avec ses fils la compagnie Philemon Wright and Sons pour accroitre l'efficacité de cette activité naissante.

L'expérience de Wright permet à la fois de lier l'important potentiel forestier de la vallée de l'Outaouais au marché britannique et d'ouvrir une voie de navigation pour les cages entre Hull et Québec. Seulement en 1823, l'entreprise P. Wright and Sons achemine vers Québec plus de 300 trains de bois provenant de la vallée de l'Outaouais. Le paysage de cette rivière en est profondément marqué: des travaux de dragage sont effectués et en 1829, un glissoir – le premier du genre au Canada – est construit par la compagnie P. Wright and Sons en bordure de la rive nord de la rivière des Outaouais pour que les trains de bois puissent contourner la chute des Chaudières sans dommages ou pertes. D'autres installations de ce type ne tardent pas à apparaitre, de même que des scieries et quais autour de la rivière.

Le voyage du Columbo en 1806 contribue à l'essor de l'industrie forestière de l'Outaouais, qui joue un rôle structurant dans l'histoire de cette région. En effet, le succès de l'entreprise de Wright encourage d'autres entrepreneurs à l'imiter et entraine un accroissement du trafic de bois vers Québec.

Le développement du marché américain pour le bois de charpente avec la signature du traité de réciprocité avec les États-Unis en 1854 ouvre le commerce au sud et amène la diversification de l'industrie. Le voyage de Wright symbolise en quelque sorte le début de l'exploitation forestière orientée vers le marché extérieur, qui demeure une activité économique importante au Québec jusqu'à la Seconde Guerre mondiale.

Le voyage du Columbo, premier train de bois de Philemon Wright a été désigné événement historique le 26 octobre 2023.



INTÉRÊT PATRIMONIAL


Cet événement historique est désigné pour les motifs suivants:

« Le voyage du premier train de bois, le Columbo, en 1806, s'inscrit dans le contexte de l'essor du commerce du bois dans le Bas-Canada au début du XIXe siècle, alors favorisé par la forte demande de la Grande-Bretagne en bois équarri. Pour atteindre le marché britannique, l'homme d'affaires Philemon Wright, établit dans le canton de Hull, met au point un système d'assemblage des radeaux de bois pour les faire flotter jusqu'au port de Québec, d'où les pièces pourront être chargées dans les cales des navires en partance pour la métropole. Le 11 juin 1806, le Columbo entreprend son périple. Constitué de plusieurs cages, ce premier train de bois est composé de 700 plançons de pin et de chêne ainsi que de milliers de planches, le tout permettant de transporter environ 900 madriers. Le périple effectué par Wright et quatre autres cageux était jusqu'alors considéré comme impossible en raison des nombreux obstacles se dressant sur le parcours, notamment les rapides du Long-Sault. Le Columbo atteint néanmoins Québec le 12 août, et Wright écoule sa cargaison en novembre. Fort de son expérience, il récidive l'année suivante et obtient de meilleurs résultats. Les trains de bois en provenance de l'Outaouais seront par la suite très nombreux à rejoindre Québec, pour ensuite transiter outre-Atlantique. Le voyage du Columbo en 1806 a ainsi contribué au développement de l'exploitation forestière dans l'Outaouais, qui sera le moteur économique de cette région durant la majeure partie du XIXe siècle. »
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Notices bibliographiques :
Commission régionale sur les ressources naturelles et le territoire public de l’Outaouais et Société d'histoire forestière du Québec. Histoire forestière de l'Outaouais [En Ligne]. http://www.histoireforestiereoutaouais.ca/bienvenue/
CURTIS, Christopher G. « Wright, Philemon ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
DIONNE, Lynda et Georges PELLETIER. Des forêts et des hommes 1880-1982. Sainte-Foy, Les Publications du Québec, 1997. 189 p.
ELLIOTT, Bruce S. « "The Famous Township of Hull": Image and Aspirations of a Pioneer Quebec Community ». Histoire sociale/ Social History. Vol. 12, no 24 (1979), p. 339-367.
GAUDREAU, Guy. Les récoltes des forêts publiques au Québec et en Ontario, 1840-1900. Montréal/Kingston, McGill-Queen’s University Press, 1999. 178 p.
POMERLEAU, Jeanne. Bûcherons, raftmens et draveurs, 1850-1960. Sainte-Foy, Éditions J.-C. Dupont, 1997. 143 p.
QUENNEVILLE, Raymond. « Pin blanc d’Amérique : exploitation des peuplements ». s.a. Encyclopédie du patrimoine culturel de l'Amérique française [En ligne]. http://www.ameriquefrancaise.org/fr/article-54/Pin_blanc_d'Am%C3%A9rique:_exploitation_des_peuplements_.html#.Xn0GvW5CdE5

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Mise en service de l'« Accommodation ».




Dessin de l’Accommodation réalisé à partir d’une description d’époque.
Le 19 août 1809, le bateau à vapeur Accommodation est lancé du chantier d'Hart Logan juste à côté de la brasserie de John Molson (1763-1836). L'Accommodation devient le premier bateau à propulsion mécanique à naviguer sur le fleuve Saint-Laurent.

Sa construction commence en janvier 1809. John Bruce, constructeur de bateau, John Jackson, ingénieur, ainsi que l'ébéniste John Kay s'associent pour construire ce bateau à vapeur. Des coûts élevés forcent John Kay à se retirer de l'aventure dès le 22 mars 1809. Le brasseur John Molson le remplace le 6 juin 1809. Les composantes de la machine à vapeur de six chevaux-vapeur, coulées aux Forges du Saint-Maurice ont été usinées par George Platt à son atelier montréalais. Plusieurs Montréalais participent à sa construction: François Corbeil, William Boyce, Robert Pollock, William Griffin, Louis Tavernier pour n'en mentionner que quelques-uns et même un Québécois, John Goudie (1775-1824).

Le lancement de l'Accommodation, contrairement aux traditions maritimes, a été très discret. Les journaux n'en ont pas parlé. On ne sait pas quelles personnalités étaient présentes. Il faut dire que le navire n'était pas très long, seulement 25,9 mètres pour une largeur d'au plus 4,5 mètres. Il pouvait recevoir près de vingt passagers en cabine et probablement une petite cargaison.

Le voyage inaugural vers Québec s'effectue sur quatre jours entre le 1er et le 4 novembre 1809. Ainsi, en 66 heures, l'Accommodation rallia Québec. Ce premier voyage demeure lent même en tenant compte du fait que le vapeur est resté ancré plus de 30 heures après son escale à Trois-Rivières. Quoi qu'il en soit, ce premier voyage marque le début d'une nouvelle ère pour le transport maritime au Canada.

La première saison de navigation a été très courte, car, dès la fin novembre, il a fallu penser à mettre le navire en hivernage. Rapidement, Molson prend le contrôle de l'aventure. Jackson est alors remplacé comme ingénieur-mécanicien par James Clark. De plus, en novembre 1810, John Bruce, employé par les Molson comme capitaine, se décide à céder ses parts dans l'entreprise Molson pour près de 28 livres.

L'Accommodation subit une importante refonte au cours de l'année 1810 dans le but d'améliorer ses performances. Malheureusement, tous ces travaux ne régleront rien: l'Accommodation reste un navire poussif. Le 5 juin 1810, le navire entreprend sa seconde saison, qui se termine au début d'octobre. À la même époque, John Molson comprend les défauts de son navire et commence à penser à le remplacer. Il rencontre l'inventeur et promoteur Robert Fulton à New York à cet effet à la fin de l'été 1810. Puis, il se rend en Angleterre afin de rencontrer James Watt, l'inventeur du moteur à double action, pour acquérir un moteur vraiment performant pour son nouveau navire, le Swiftsure.

L'Accommodation effectue, en 1810, huit ou neuf aller-retour Montréal-Québec. Les départs sont si aléatoires que Molson craint d'annoncer les départs dans les journaux. Il a recours aux services du crieur public A. Kollmyer pour annoncer les départs à la dernière minute. Les avis sont partagés quant à la qualité du service; tous déplorent le manque de puissance du moteur. Lors de son passage sur l'Accomodation en octobre 1810, Samuel Bridge constate que la fumée dégagée par le moteur est intolérable. Par contre, messieurs les voyageurs Tudor Hall, Pilgrim et Tuzo sont enchantés par la qualité de l'hébergement et des divertissements offerts à bord. De son côté, William Riddell ne se gêne pas pour dénoncer un certain manque de classe et la mauvaise construction du vapeur.

À la fin de la saison 1810, l'Accommodation est conduit à ses quartiers d'hiver dans les îles de Boucherville. Le bateau disparaît des livres de compte de la compagnie en janvier 1811. Malgré les pertes encourues par Molson, l'expérience acquise avec l'Accommodation se révèle capitale pour la mécanisation de l'industrie canadienne.
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Notices bibliographiques :
BELISLE, Jean. À propos d'un bateau à vapeur. Montréal, Hurtubise HMH, 1994. 93 p.
BELISLE, Jean et André LÉPINE. « La salle des machines du vapeur P.S. Lady Sherbrooke ». Archéologiques. Vol. Collection hors-séries 1 (2003), p. 104-121.
CROIL, James. Steam Navigation, its Relation to the Commerce of Canada and the United States. Toronto, William Briggs, 1898. 381 p.
DENISON, Merrill. The Barley and the Stream, The Molson Story. Toronto, McClelland & Stewart, 1955. 398 p.
DOWNS-ROSE, G. et W.S. HARVEY. William Symington Inventor and Engine Builder. London, Northgate Publishing Co. Ltd., 1980. 203 p.
MACKEY, Frank. Steamboat Connections : Montreal to Upper Canada, 1816-1843. Montréal, McGill-Queen's University Press, 2000. 383 p.
MARESTIER, Jean-Baptiste. Mémoire sur les bateaux à vapeur des États-Unis d'Amérique. Paris, Imprimerie royale, 1824. 290 p.
MCNALLY, Larry S. Montreal Engine Foundries and Their Contribution to Central Canadian Technological Development, 1820-1870. Université Carleton, Ottawa, 1991. 163 p.
MOLLAT, Michel. Les origines de la navigation à vapeur. Paris, Presses universitaires de France, 1970. 206 p.
WILSON, George H. The application of steam navigation to the St. Lawrence 1809-1840. Montréal, Université McGill, 1961. 287 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Fondation de la Banque de Montréal



Siège social de la place d'Armes

La Banque de Montréal est créée le 3 novembre 1817. Sa première succursale se trouve sur la rue Saint-Paul à Montréal. Société par actions à responsabilité limitée, la Banque de Montréal compte 289 associés au moment de sa fondation. Austin Cuvillier, George Moffatt, John Richardson et James Leslie font, notamment, partie des premiers fondateurs. La Banque obtient une charte émise par la province du Bas-Canada en 1822.

Dès sa fondation, la Banque de Montréal se positionne comme un acteur économique important dans la colonie. En plus d'être un lieu sûr pour entreposer des fonds, elle consent des prêts commerciaux et finance le commerce outre-mer. La Banque favorise aussi le développement commercial et industriel ainsi que la colonisation avec le financement de grands projets, telles l'ouverture des canaux pour la navigation et la construction du chemin de fer transcontinental. Plus grande institution financière du pays, la Banque de Montréal fait office de banque centrale à partir de 1863, et ce, jusqu'à la fondation de la Banque du Canada en 1935. Depuis 1893, elle est également l'agent financier du gouvernement canadien en Angleterre.

La croissance de la Banque de Montréal est, entre autres, liée aux nombreuses fusions avec d'autres banques, comme celles avec la Banque d'Échange de Yarmouth (1903), avec la Banque du Peuple d'Halifax (1905), avec la Banque de l'Amérique Britannique du Nord (1918), avec la Banque des Marchands du Canada (1922) et avec la Harris Bankcorp aux États-Unis (1984). Plusieurs hommes d'affaires occupent le poste de président de la Banque, comme Peter McGill, de 1834 à 1860, George Alexander Drummond, de 1905 à 1910, et Richard B. Angus, de 1910 à 1913.

Dans les années 1990, l'assouplissement de la réglementation concernant les banques permet à la Banque de Montréal de diversifier ses activités. Elle offre ainsi de nouveaux services, dont ceux des valeurs mobilières et de l'assurance. Elle est aussi la première banque canadienne à s'inscrire à la cote officielle à la bourse de New York en 1994. En 2007, la Banque de Montréal compte 1300 succursales au Canada et à l'étranger, fournit à sa clientèle un service bancaire électronique et déclare des actifs de 367 milliards de dollars. La Banque de Montréal possède plusieurs sociétés, regroupées sous l'appellation BMO Groupe financier.
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Notices bibliographiques :
Banque de Montréal. À propos de nous. [En Ligne]. http://www2.bmo.com/
DENISON, Merrill. La première banque au Canada. Histoire de la Banque de Montréal. Toronto / Montréal, MSRC / McClelland and Stewart Limited, 1967. 453 p.
NOLIN-RAYNAULD, Michelle. L'édifice de la Banque de Montréal à la Place d'Armes 1845-1901. Montréal, Les Éditions Varia, 1997. 157 p.
PARÉ, Jean-Pierre. « La doyenne des banques québécoises: la Banque de Montréal ». Cap-aux-Diamants. No 29 (s.d.), p. 36-39.
PARÉ, Jean-Pierre. Les banques au Québec. Québec, Éditions GID, 2008. 413 p.
Société de développement de Montréal. Vieux-Montréal [En Ligne]. http://www.vieux.montreal.qc.ca

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Fondation de la Banque de Québec




Banque de Québec, rue Saint-Pierre
La Banque de Québec est fondée à Québec, en 1818. Quatre ans plus tard, elle devient la seconde banque de la province à obtenir une charte du gouvernement britannique. La banque est créée pour financer le commerce du bois, alors le secteur économique le mieux développé au Bas-Canada, particulièrement le long de la rivière Outaouais et du fleuve Saint-Laurent. Ses bureaux se situent sur la rue Saint-Pierre, à Québec.

La diminution du commerce du bois à la fin du XXe siècle, et la lenteur des administrateurs de la Banque de Québec à exploiter d'autres sources de capitaux, font prendre beaucoup de retard à l'institution financière par rapport aux autres banques canadiennes. Les dirigeants de la Banque de Québec décident tardivement d'exploiter le marché national. Ils se butent alors à une zone saturée et n'arrivent pas à trouver suffisamment de nouveaux épargnants. La baisse importante du commerce dans la région de Québec durant la Première Guerre mondiale porte un coup fatal à la banque, qui doit trouver un moyen de sauver ses capitaux. En 1917, elle fusionne avec la Banque Royale du Canada. Cette institution renforce ainsi sa présence dans la région de Québec.
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Notices bibliographiques :
Banque Royale du Canada. À propos de RBC, Histoire [En Ligne]. http://www.rbc.com/
PARÉ, Jean-Pierre. Les banques au Québec. Québec, Éditions GID, 2008. 413 p.
RUDIN, Ronald. Banking en français: les banques canadiennes-françaises de 1835 à 1925. Montréal, Boréal, 1988. 244 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Inauguration du canal de Lachine



L'éclusier tourne la manivelle du système d'engrenage

Le canal de Lachine est inauguré le 24 août 1824 et ouvert à la navigation l'année suivante. Traversant le sud-ouest de Montréal, du lac Saint-Louis jusqu'au Vieux-Port, il permet de contourner les rapides de Lachine.

Depuis les premiers efforts de peuplement européen dans la vallée du Saint-Laurent, ces rapides constituent une barrière naturelle à la navigation. Ils sont considérés comme un obstacle au développement économique et à la pénétration au cœur du continent nord-américain. Seul un long portage permet de les contourner.
En 1819, des hommes d'affaires anglophones de Montréal se regroupent pour former la Compagnie des propriétaires du canal de Lachine. Dirigée par John Richardson, la société embauche l'ingénieur britannique Thomas Burnett. En 1821, l'entreprise est contrainte de céder la responsabilité des travaux au gouvernement bas-canadien puisqu'elle n'a pas été capable de lever les fonds nécessaires. Le gouvernement forme alors un organisme pour mener à bien le projet. La construction du canal de Lachine est financée en grande partie par une subvention impériale. Les travaux sont inaugurés le 17 juillet 1821 et se terminent en 1826. Le canal est néanmoins ouvert au trafic maritime dès 1825.

Parcourant une distance de 13,4 kilomètres, le canal a une largeur de 14,6 mètres et une profondeur de 1,4 mètre. À l'époque, seuls les voiliers de petites dimensions peuvent s'y aventurer et franchir les sept écluses sur son trajet étroit. L'ouverture du canal de Lachine accentue le rôle de Montréal comme plaque tournante des échanges en Amérique du Nord et lieu de rencontre du commerce transatlantique et de la navigation intérieure. Pour répondre à la croissance du trafic, le canal est rénové à deux reprises. De 1843 à 1848, son gabarit est doublé à 37 mètres de largeur et 2,8 mètres de profondeur pour rendre l'accès possible aux navires à vapeur. Ce chantier donne lieu à un conflit ouvrier important. L'agrandissement permet de capter de l'énergie hydraulique pouvant faire tourner la machinerie des usines à proximité des écluses. Beaucoup plus ambitieuse, la seconde phase de réfection se tient de 1874 à 1885 et porte les dimensions de la voie navigable à leurs niveaux actuels, soit une largeur 45 mètres et une profondeur moyenne de 4,3 mètres.

Plus qu'une simple voie navigable, le canal de Lachine crée un corridor industriel et contribue à l'urbanisation du sud-ouest de Montréal. Le canal attire des sociétés d'envergure dans la manutention des matières premières (blé, charbon, bois), la fabrication, l'entreposage et la navigation. Son rôle stratégique est renforcé par les liens étroits avec le transport ferroviaire dans la deuxième moitié du XIXe siècle.
Dans les années 1950 et 1960, le canal est de moins en moins utilisé. La taille des navires augmente alors que le gabarit du canal ne peut être élargi. Les manufacturiers, attirés par les opportunités du camionnage, vont progressivement s'établir en bordure des axes autoroutiers. À partir de 1959, la Voie maritime, avec ses écluses de 223 mètres et sa profondeur de 9,1 mètres, permet le contournement des rapides de Lachine par un lien fluvial plus moderne sur la rive sud. Le canal demeure d'abord ouvert pour une poignée entreprises, mais le secteur se désindustrialise. La navigation y cesse le 30 novembre 1970. Dans les décennies suivantes, les établissements industriels sont démolis ou convertis en résidences et bureaux. Depuis 1978, le canal de Lachine est géré par Parcs Canada et transformé en parc linéaire. Le 18 mai 2002, il est rouvert à la navigation récréotouristique.

La construction du canal de Lachine permet de développer la navigation du Saint-Laurent en amont de Montréal. Elle contribue par la suite à l'industrialisation de la métropole.
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Notices bibliographiques :
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
BLIEK, Desmond et Pierre GAUTHIER. « Understanding the Built Form of Industrialization along the Lachine Canal in Montreal ». Urban History Review / Revue d'histoire urbaine. Vol. 35, no 1 (2006), p. 3-17.
DESJARDINS, Pauline. L'organisation spatiale du corridor du canal de Lachine au 19e siècle. Thèse présentée à la Faculté des études supérieures en vue de l'obtention du grade de Philosophiae Doctor en anthropologie. s.l., Université de Montréal, 1999. 391 p.
DESLOGES, Yvon et Alain GELLY. Le canal de Lachine: du tumulte des flots à l'essor industriel et urbain, 1860-1950. Sillery, Septentrion, 2002. 216 p.
GELLY, Alain. Vapeur, thermoélectricité et hydroélectricité comme force motrice le long du corridor industriel du canal de Lachine, des années 1850 à la Seconde Guerre mondiale. Université Laval, 2010. 331 p.
MCNALLY, Larry. « The Relationship between Transportation and Water Power on the Lachine Canal in the Nineteenth Century ». JARRELL, Richard A., dir. et Arnold E. ROOS, dir. Critical Issues in the History of Canadian Science, Technology and Medicine. Thornhill, HSTC Publications, 1983, p. 76-88.
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.
STEVENS, George Roy. Ogilvie, pionniers de la meunerie au Canada, 1801-1951. Montréal, 1951. 72 p.
WILLIS, John. « Le Canal de Lachine jusqu'en 1870: origine et fonction d'un canal hydraulique ». s.a. Traditions maritimes au Québec. Québec, Commission des biens culturels du Québec, 1985, p. 471-492.
WILLIS, John. The Lachine Canal, 1840-1900 : preliminary report. Ottawa, Parcs Canada, 1983. 191 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Adoption du drapeau des patriotes en 1832



Drapeau patriote (1832)

Les patriotes sont les héritiers idéologiques du Parti canadien, créé vers 1806. Le groupe se désigne sous le nom de Parti patriote à compter de 1826 pour afficher son ouverture aux partisans de langue anglaise. Majoritaires en Chambre à partir des élections de 1827, les patriotes sont dirigés principalement par des membres provenant de la petite bourgeoisie professionnelle, dont les principaux porte-paroles sont Louis-Joseph Papineau, Wolfred Nelson, Denis-Benjamin Viger et Elzéar Bédard. En 1834, les patriotes se dotent d’un Comité central permanent, qui structure leur mouvement et permet de coordonner l’action parlementaire des élus et celle extraparlementaire des comités de paroisses et de comtés. L’organisation patriote comprend également des associations de dames patriotiques, notamment dans Deux-Montagnes, Verchères et Richelieu. Afin de diffuser leurs idées, les patriotes bénéficient du soutien de journaux, au nombre desquels figurent La Minerve, The Vindicator, Le Canadien et L’Écho du pays. Les adhérents aux idées du Parti sont des membres de professions libérales, de petits marchands francophones et de simples habitants.

À partir de 1832, les comités deviennent des comités patriotes, les assemblées des assemblées patriotes, les députés des députés patriotes. On adopte des signes de ralliement et un drapeau. Historiquement, le drapeau dit « de Saint-Charles » serait la première bannière patriote et aurait été brandi à de nombreux rassemblements, dont l’Assemblé des Six-Comtés.

On reconnaît trois étendards qui furent brandis lors de manifestations patriotes. Le premier, dit drapeau de Saint-Charles, consiste en trois bandes horizontales de couleurs verte, blanche et rouge, rappelant probablement la contribution des Irlandais, français et anglais à l’avancement de la démocratie au Bas-Canada. Le deuxième, dit « drapeau de Saint-Eustache », parce qu’il avait été brandi par les patriotes lors de la bataille du 14 décembre 1837, représente une branche d’érable surmontée d’un brochet maskinongé serti de cônes de sapin et des lettres C et JB (jean Baptiste). Le dernier est dit « drapeau des Frères chasseurs ». Il s’inspire du drapeau américain. Deux étoiles bleues sur fond argenté y représentent les Haut et Bas Canada unis au sein d’une république confédérée.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Première séance du Conseil municipal de Montréal



Ancien Palais de Justice (1800)

La première séance du Conseil municipal de la Ville de Montréal a lieu le 5 juin 1833 dans le Palais de justice.

Des pressions sont exercées concurremment par le Parti patriote et les Tories pour doter Montréal d'institutions politiques électives qui mettraient fin au régime des juges de paix, en place depuis 1764. L'Acte pour incorporer la Cité de Montréal est sanctionné le 5 juin 1832 et entre en vigueur le 1er mai 1833. La charte est valable pour une durée de trois ans.

Le territoire de la municipalité est divisé en huit quartiers, deux pour la vieille ville (Est, Ouest) et six pour les faubourgs (Sainte-Anne, Saint-Joseph, Saint-Antoine, Saint-Laurent, Saint-Louis et Sainte-Marie). Chacun de ces quartiers est représenté par deux conseillers ayant un mandat de deux ans. La moitié du Conseil est renouvelée chaque année. Les élections municipales sont fixées le premier lundi de juin. Quant au maire, il est choisi par et parmi les conseillers élus, lors de la première séance du Conseil municipal.
De premières élections sont organisées le 3 juin 1833. Le droit de vote est réservé aux propriétaires masculins de plus de 21 ans qui résident à Montréal depuis au moins un an avant la tenue des élections. Le nombre d'électeurs ne correspond donc qu'au cinquième de la population masculine recensée dans la ville. Tous les conseillers sont élus sans opposition, sauf dans le quartier Sainte-Anne où quatre candidats s'affrontent.

Les seize élus, neuf anglophones et sept francophones, ont un profil socioéconomique commun. Ils émanent en grande partie du milieu des affaires et des professions libérales. À la première séance du Conseil municipal, le 5 juin 1833, les conseillers s'entendent à l'unanimité pour nommer Jacques Viger maire de Montréal. Inspecteur des chemins depuis 1813, Viger à une connaissance inégalée de la situation de la ville. En 1825, c'est d'ailleurs lui qui a fait le recensement des habitants de l'île de Montréal avec Louis Guy.

Le Conseil municipal est responsable de la gestion quotidienne de la ville et peut adopter des règlements à cet effet. Comme les juges de paix le faisaient auparavant, il gère le budget, planifie et fait réaliser des travaux de voirie, contrôle les marchés publics, dirige les services de sécurité et règlemente l'hygiène publique. Il peut exproprier et emprunter pour mener à bien des projets d'infrastructures.

La charte n'est pas renouvelée en 1836 parce que, à cause des troubles politiques au Bas-Canada, le Parlement ne siège pas. Le gouvernement britannique rend donc le pouvoir aux juges de paix. L'autonomie de la Ville de Montréal est acquise seulement en 1840 quand une nouvelle charte municipale est octroyée. Sous le régime de la première charte, les conseillers se concentrent surtout sur la mise en place des structures de fonctionnement de la municipalité. On leur doit également deux réalisations : la création des armoiries de la Ville et le début du drainage des faubourgs pour y faire du lotissement.

La première séance du Conseil municipal de Montréal s'inscrit dans le processus de naissance de la démocratie municipale au Québec.
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Notices bibliographiques :
BOURASSA, Guy, dir. et Jacques LÉVEILLÉ, dir. Le système politique de Montréal. Montréal, ACFAS, 1986. s.p.
BOURASSA, Guy. « Les élites politiques de Montréal: de l'aristocratie à la démocratie ». LEMIEUX, Vincent, dir. Personnel et partis politiques au Québec - aspects historiques. Montréal, Boréal Express, 1982, p. 255-276.
DAGENAIS, Michèle. La démocratie à Montréal de 1830 à nos jours. Montréal, Ville de Montréal, 1992. 52 p.
FYSON, Donald. « La gouvernance municipale avant la municipalité : Montréal, 1760-1840 ». ROBICHAUD, Léon, dir. La gouvernance montréalaise : de la ville-frontière à la métropole. Montréal, Éditions Multimondes, 2014, p. 25-42.
PERRAULT, Claude. « La première élection municipale de Montréal ». Cahiers gen-histo. Vol. II (s.d.), p. 54-57.
ROBERT, Jean-Claude. « Viger, Jacques ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
STE CROIX, Lorne. The first incorporation of the City of Montreal, 1826-1836. Mémoire de M.A. (histoire), Université McGill, 1971. 256 p.
Ville de Montréal. L’incorporation de Montréal [En Ligne]. http://www2.ville.montreal.qc.ca/archives/democratie/democratie_fr/expo/incorporation/premiere-charte/index.shtm.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Banquet de la fête de la Saint-Jean-Baptiste de 1834



Premier banquet de la Saint-Jean-Baptiste (1834)

Le 24 juin 1834, près de 60 personnes se réunissent sur la propriété de l'avocat Jean-François-Marie-Joseph MacDonell pour célébrer le premier banquet de la fête nationale de la Saint-Jean-Baptiste. Cet événement est considéré comme l'acte de fondation de la fête nationale du Québec.

La Saint-Jean-Baptiste était déjà célébrée dans la vallée du Saint-Laurent pendant la période de la Nouvelle-France. Elle ponctuait généralement le début des travaux agricoles de l'été. C'est au XIXe siècle que la fête de la Saint-Jean-Baptiste prend une dimension nationale et identitaire. L'un des protagonistes de cette première manifestation patriotique et des suivantes est Ludger Duvernay, propriétaire de La Minerve et figure importante du mouvement patriote au Bas-Canada.

Duvernay participe à la fondation en mars 1834 de la société patriotique « Aide toi, le Ciel t'aidera ». Elle se donne le mandat de consacrer saint Jean Baptiste comme le saint patron des Canadiens français et de faire de sa fête patronale une fête nationale. Cette initiative prend forme quelques semaines après l'étude des 92 résolutions à la Chambre d'assemblée du Bas-Canada, soit au début de la radicalisation politique du mouvement patriote. Il est mené par un groupe de personnes relativement unies sur la question des réformes parlementaires, constitutionnelles et démocratiques.

Le 24 juin 1834, des notables proches du Parti patriote se réunissent pour participer au premier banquet de la fête de la Saint-Jean-Baptiste. En plus de Duvernay, Thomas Storrow Brown, Clément-Charles Sabrevois de Bleury, Louis Hippolyte LaFontaine, Edmund Bailey O'Callaghan, George-Étienne Cartier et le maire Jacques Viger sont présents parmi les convives. Des discours sont prononcés et des hommages sont portés au peuple, aux 92 résolutions et aux réformistes de différentes nations. La soirée se déroule dans un décor orné des symboles de la feuille d'érable et du castor, respectivement choisis pour leur puissance d'évocation du territoire et de l'importance de la traite des fourrures dans l'édification nationale. Un compte rendu de la soirée est publié dans le journal La Minerve le surlendemain. Cet événement consacre une importante association : saint Jean Baptiste est déclaré le saint patron des Canadiens français, et sa fête patronale, celle de la collectivité.

L'initiative est reconduite le 24 juin des années suivantes et s'étend à d'autres localités. L'idée d'instituer une fête nationale pour les Canadiens français gagne en popularité jusqu'en 1837, alors qu'éclatent les rébellions patriotes. Les festivités reprennent pour de bon à Québec en 1842 et à Montréal en 1843, sous la gouverne cette fois de leur Société Saint-Jean-Baptiste respective. Ces organismes bénéficient du soutien du clergé catholique qui accroît l'envergure et la charge spirituelle de la fête. Il est dès lors bien établi que la Saint-Jean-Baptiste est la fête nationale des Canadiens français.

Au fil du temps, la fête gagne en ampleur et en popularité. Elle évolue avec la société qu'elle célèbre, tant en regard de ses référents que dans ses conceptions nationales. Elle subsiste à la mutation identitaire qui s'effectue dans les années 1960, alors que l'identité canadienne-française est progressivement remplacée par l'identité québécoise, plus étroitement liée au territoire du Québec, et dans laquelle la religion catholique est de moins en moins présente.

En 1977, l'Assemblée nationale adopte une loi qui prévoit que le 24 juin, jour de la Saint-Jean-Baptiste, est le jour de la fête nationale du Québec, et que cette journée est dorénavant fériée et chômée.

Le banquet de la fête de la Saint-Jean-Baptiste de 1834 a été désigné événement historique le 26 octobre 2023


INTÉRÊT PATRIMONIAL


Cet événement historique est désigné pour les motifs suivants:

« Le premier banquet de la fête de la Saint-Jean-Baptiste est tenu à Montréal, le 24 juin 1834, dans le jardin de la propriété de l'avocat Jean-François-Marie-Joseph MacDonell. La Saint-Jean-Baptiste était déjà célébrée dans la vallée du Saint-Laurent pendant la période de la Nouvelle-France, mais c'est seulement avec le banquet de 1834 qu'elle prend une dimension identitaire. C'est Ludger Duvernay, propriétaire de La Minerve et président de la société « Aide-toi, le Ciel t'aidera », l'ancêtre de la Société Saint-Jean-Baptiste, qui souhaite rassembler les Canadiens de l'époque autour d'une fête nationale annuelle à l'occasion de la Saint-Jean-Baptiste. Le 24 juin 1834, environ 60 notables se réunissent ainsi pour participer au premier banquet de la fête de la Saint-Jean-Baptiste. En plus de Duvernay, Thomas Storrow Brown, Clément-Charles Sabrevois de Bleury, Louis-Hippolyte LaFontaine, Edmund Bailey O'Callaghan, George-Étienne Cartier et le maire Jacques Viger sont présents parmi les convives. Dans un décor orné des symboles de la feuille d'érable et du castor, les invités entonnent des chants patriotiques, prononcent des discours et rendent des hommages au peuple, aux 92 résolutions et aux réformistes de différentes nations. La manifestation est reconduite au cours des années suivantes, et s'étend à d'autres localités. Interrompues pendant les rébellions du Bas-Canada de 1837 et de 1838, les festivités reprennent pour de bon à Québec en 1842 et à Montréal en 1843. Au fil des décennies, la fête de la Saint-Jean-Baptiste gagne en popularité et son sens évolue avec les mutations identitaires de la collectivité qu'elle célèbre. La fête des personnes de nationalité canadienne-française devient ainsi la fête nationale du Québec et de l'ensemble de ses citoyens, tel que reconnu en 1977 par l'Assemblée nationale. Le banquet de la fête de la Saint-Jean-Baptiste de 1834 organisé par Ludger Duvernay et la société « Aide-toi, le Ciel t'aidera » s'impose désormais comme l'acte de fondation de la fête nationale du Québec. »
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Notices bibliographiques :
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
LAMONDE, Yvan. Histoire sociale des idées au Québec 1760-1896. Montréal, Fides, 2000. 572 p.
LEBEL, Jean-Marie. « Duvernay, Ludger ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
OUIMET, Marc. Le lys en fête, le lys en feu : la Saint-Jean-Baptiste au Québec de 1960 à 1990. Université du Québec à Montréal, 2011. 192 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Rébellions des patriotes du Bas-Canada



Bivouac du colonel Wetherall à Saint-Hilaire de Rouville (1840)

Les rébellions de 1837-1838 au Bas-Canada sont des soulèvements armés qui opposent les patriotes à l'armée britannique, renforcée de volontaires loyaux. Cet événement constitue l'aboutissement de la crise politique née du désir du Parti patriote, dirigé par Louis-Joseph Papineau, de réformer le système de gouvernement du Bas-Canada.

Au printemps 1837, à la suite de l'adoption par le Parlement britannique des résolutions Russell, qui rejettent définitivement les réformes proposées par la Chambre d'assemblée du Bas-Canada, les moyens constitutionnels de réformer les institutions politiques de la colonie semblent épuisés. Pour tenter de dénouer l'impasse et se protéger les uns des autres, les patriotes et les bureaucrates font provision d'armes. Le pouvoir colonial, fort de l'appui de l'évêque de Montréal, mobilise l'armée et interdit les assemblées dites séditieuses, mais plusieurs auront lieu pendant l'été et l'automne. Dans un climat de violence croissant, le premier affrontement d'importance éclate à Montréal le 6 novembre 1837 entre les Fils de la liberté, une association politique et paramilitaire regroupant de jeunes patriotes, et le Doric Club, une association de loyaux radicaux.

Afin de prévenir l'insurrection appréhendée, le gouvernement colonial lance des mandats d'arrestation contre 26 dirigeants patriotes, accusés de haute trahison. Pour faciliter leur capture et écraser un éventuel soulèvement armé, le commandant britannique, John Colborne, dépêche ses troupes dans les comtés de Richelieu et de Deux-Montagnes. Les patriotes affrontent les troupes coloniales et remportent la bataille de Saint-Denis, mais sont défaits à Saint-Charles, à Saint-Eustache et à Moore's Corner. Entre-temps, la loi martiale est proclamée dans le district de Montréal. Des centaines de patriotes sont emprisonnés, tandis que d'autres se réfugient aux États-Unis. En guise de représailles, les volontaires loyaux exercent une importante répression dans les villages qui se sont soulevés.

Pour faire le point, les chefs patriotes exilés aux États-Unis se réunissent à Middlebury, dans l'État du Vermont, le 2 janvier 1838. Sous la direction de Robert Nelson, ils conviennent de s'emparer du Bas-Canada par les armes. Louis-Joseph Papineau, qui prône la modération, est écarté de la chefferie du groupe. Le 28 février, les patriotes exilés proclament la république du Bas-Canada à Caldwell's Manor. Au cours des mois qui suivent, Nelson fonde une association militaire secrète, les Frères chasseurs, et recrute des combattants.

En mai 1838, John George Lambton (lord Durham), nommé gouverneur en chef des colonies de l'Amérique du Nord britannique, arrive à Québec pour enquêter sur les rébellions et proposer des solutions à la crise politique des Canadas. Il fait déporter 8 chefs patriotes aux Bermudes et interdit le retour au pays de 16 autres exilés aux États-Unis, dont Papineau.

Au mois de novembre 1838, les Frères chasseurs lancent leur offensive, qui est coordonnée avec celle des rebelles du Haut-Canada. Le plan d'attaque s'avère toutefois trop ambitieux pour être réalisé. Désorganisés et mal approvisionnés, les Frères chasseurs dirigés par Nelson sont mis en déroute par les volontaires loyaux pendant les batailles de Lacolle et d'Odelltown. La répression qui suit l'épisode insurrectionnel de 1838 est tout aussi sévère que celle de 1837. Des maisons et des fermes sont pillées et incendiées, des centaines de patriotes sont emprisonnés, 58 sont déportés en Australie et 12 sont exécutés.

Lord Durham dépose son rapport à Londres en 1839. Il propose l'union législative du Haut et du Bas-Canada en une seule province, l'assimilation des Canadiens et l'octroi de la responsabilité ministérielle. L'Acte d'union, qui est inspiré du Rapport Durham, est adopté par le Parlement britannique en 1840 et est mis en vigueur l'année suivante.
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Notices bibliographiques :
Assemblée nationale du Québec. Par ici la démocratie. Ligne du temps [En Ligne]. http://paricilademocratie.com/
BLAIS, Christian, Gilles GALLICHAN, Frédéric LEMIEUX et Jocelyn SAINT-PIERRE. Québec: quatre siècles d'une capitale. Québec, Assemblée nationale du Québec - Les Publications du Québec, 2008. 692 p.
BUCKNER, P.A. « Rébellions de 1837 ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://canadianencyclopedia.com/
DAVID, Laurent-Olivier. Les Patriotes de 1837-1838. Montréal, E. Sénécal, 1884. 299 p.
LACOURSIÈRE, Jacques. Histoire populaire du Québec. Vol. 2: De 1791 à 1841. Québec, Septentrion, 1996. 446 p.
LAPORTE, Gilles. Patriotes et loyaux : leadership régional et mobilisation politique de 1837 et 1838. Sillery, Septentrion, 2004. 414 p.
SENIOR, Elinor Kyte. Les habits rouges et les patriotes. Montréal, VLB, 1997. 310 p.
SIMARD, Marc. Papineau et les Patriotes de 1837. Agincourt, La Société Canadienne du Livre Limitée, 1983. 71 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Bataille de Saint-Denis



Bataille de Saint-Denis (1837)

La bataille de Saint-Denis est un événement des rébellions de 1837-1838. Elle a lieu le 23 novembre 1837 à Saint-Denis (Saint-Denis-sur-Richelieu), un village situé sur la rive sud de la rivière Richelieu. Elle oppose un groupe composé de 200 miliciens patriotes et de 600 civils sans armes, dirigé par le docteur Wolfred Nelson, à un contingent de 300 soldats de l'armée britannique, dirigé par le lieutenant-colonel Charles Stephen Gore.

Au mois de novembre 1837, la crise amorcée par la réponse négative de la Grande-Bretagne aux revendications patriotes atteint un point culminant. Le 6 novembre 1837, une bagarre éclate dans les rues de Montréal entre les Fils de la liberté et le Doric Club. Dix jours plus tard, le gouvernement lance des mandats d'arrestation contre 26 chefs patriotes. Plusieurs d'entre eux choisissent alors de quitter Montréal pour se réfugier dans les campagnes. Louis-Joseph Papineau et Edmund Bailey O'Callaghan, après un arrêt à Varennes, se rendent à Saint-Denis.

Sir John Colborne, le commandant en chef des forces armées dans les deux Canadas, décide d'envoyer deux détachements de l'armée pour arrêter les chefs patriotes visés par les mandats d'arrestation. Croyant que la plupart des chefs se trouvent à Saint-Charles (Saint-Charles-sur-Richelieu), un premier détachement, mené par le commandant George A. Wetherall, prend la route du sud par Chambly. Un second, dirigé par Charles Stephen Gore, prend la route du nord en direction de Sorel (Sorel-Tracy).

Papineau et O'Callaghan, qui ont rejoint Nelson à Saint-Denis, organisent alors la résistance aux arrestations prévues dans ce village et celui de Saint-Charles. Ils mettent en place des camps et ils réquisitionnent des armes. Au matin du 23 novembre, alors que le détachement de Gore se trouve à proximité de Saint-Denis, Papineau et O'Callaghan quittent le village en direction de Saint-Hyacinthe.

Lorsque l'armée de Gore arrive à proximité de Saint-Denis, les soldats sont épuisés par une marche qui a duré toute la nuit, le froid et la pluie. De leur côté, les patriotes ont vu venir les troupes et plusieurs sont barricadés dans des bâtiments de pierre à l'entrée du village. La bataille tourne à l'avantage des patriotes, qui bénéficient de l'effet de surprise et d'un meilleur positionnement stratégique. Après environ six heures de combat, Gore sonne la retraite. Les pertes des patriotes s'élèvent à douze morts et sept blessés, tandis que les Britanniques comptent six morts, dix blessés et six disparus.

La bataille de Saint-Denis est la seule victoire des patriotes durant les rébellions de 1837-1838. Elle est suivie par leurs défaites lors des batailles de Saint-Charles (25 novembre) et de Saint-Eustache (14 décembre). Par la suite, plusieurs patriotes se réfugient aux États-Unis où ils s'organisent autour du docteur Robert Nelson.
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Notices bibliographiques :
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
FILTEAU, Gérard. Histoire des Patriotes. Sillery, Septentrion, 2003. 628 p.
LAPORTE, Gilles. Patriotes et loyaux : leadership régional et mobilisation politique de 1837 et 1838. Sillery, Septentrion, 2004. 414 p.
SENIOR, Elinor Kyte. Les habits rouges et les patriotes. Montréal, VLB, 1997. 310 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Bataille de Saint-Eustache



Bataille de Saint-Eustache (1837)

La bataille de Saint-Eustache est un événement des rébellions de 1837-1838. Elle a lieu le 14 décembre 1837 à Saint-Eustache, un village situé au nord-ouest de Montréal. Elle oppose des patriotes à l'armée britannique, aidée de volontaires loyaux.

Après avoir pacifié le sud de Montréal, le commandant en chef des forces armées pour le Haut et le Bas-Canada, sir John Colborne, décide d'attaquer la région des Deux-Montagnes. Selon ses informateurs, les patriotes y seraient très bien organisés. Il prépare donc son offensive en conséquence. Il recrute des volontaires de Montréal et de la région de Deux-Montagnes. Il mobilise aussi plusieurs régiments de l'armée en vue de l'attaque. Au matin du 13 décembre 1837, c'est près de 1500 soldats et volontaires qui convergent vers le village de Saint-Eustache.

Les patriotes du comté des Deux-Montagnes sont organisés en deux camps. À Saint-Eustache, ils sont dirigés par le suisse Amury Girod et le docteur Jean-Olivier Chénier. Des villageois et des patriotes venus de Montréal sont regroupés dans des camps aux abords du noyau institutionnel du village. Les effectifs varient de jour en jour.

Colborne envoie un groupe de volontaires, dirigés par le capitaine Maximilien Globensky, passer par le village de Sainte-Dorothée. Le reste de l'armée traverse la rivière des Mille-Îles en aval de Saint-Eustache. Lorsqu'il aperçoit le groupe de volontaires dirigé par Globensky, Chénier se lance à leur poursuite sur la rivière gelée. Colborne profite du fait qu'ils sont à découvert pour tirer des coups de canon dans leur direction. Chénier et son groupe se replient alors au centre du village. Dès lors, c'est la débandade chez les patriotes. Plusieurs prennent la fuite tandis que d'autres se réfugient dans l'église et des bâtiments institutionnels à proximité. L'armée et les volontaires loyaux encerclent le village et arrêtent de nombreux fuyards. À un moment, des militaires ou des volontaires allument des foyers d'incendie dans le presbytère, le couvent puis l'église. Les patriotes sont alors pris au piège dans l'église en flamme. Plusieurs s'enfuient et sont aussitôt arrêtés par l'armée. L'un des derniers à sortir de l'église est le chef Jean-Olivier Chénier, qui est aussitôt abattu.

Au cours des heures qui suivent, le village de Saint-Eustache est pillé et incendié. La bataille a fait près de 70 morts et plus d'une centaine de prisonniers patriotes. Dès le lendemain, l'armée dirigée par sir John Colborne se dirige vers le village de Saint-Benoît pour y arrêter les principaux chefs du comté des Deux-Montagnes.
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Notices bibliographiques :
BERNARD, Jean-Paul. « Bataille de Saint-Eustache ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
SENIOR, Elinor Kyte. Les habits rouges et les patriotes. Montréal, VLB, 1997. 310 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Bataille d'Odelltown



Bataille d'Odelltown (1838)

La bataille d'Odelltown est un événement des rébellions de 1837-1838. Elle se déroule le 9 novembre 1838 à Odelltown (Lacolle), situé au sud-est de Montréal. Elle oppose un groupe de frères chasseurs, mené par Robert Nelson, Médard Hébert et Charles Hindenlang, à des volontaires loyaux, dirigés par le lieutenant-colonel Charles Cyril Taylor et le lieutenant Lewis Odell.

Après les batailles de 1837, des chefs patriotes s'exilent aux États-Unis. Un groupe de patriotes radicaux s'organise autour du docteur Robert Nelson. Pour obvier au manque d'organisation qui a mené à l'échec de l'incursion des patriotes au Bas-Canada au mois de février, l'Association des frères chasseurs est créée en mars 1838. Elle projette d'envahir le Bas-Canada par les armes et d'en proclamer l'indépendance. Elle passe à l'offensive au début du mois de novembre 1838. Après avoir pris la seigneurie de Beauharnois, certains membres de l'association retournent aux États-Unis pour se procurer des armes.

Dans les villages avoisinant la frontière américaine, des volontaires loyaux se sont organisés en milice pour contrer la menace insurrectionnelle. Le 9 novembre 1838, environ 700 frères chasseurs se dirigent vers Odelltown, où quelque 200 volontaires loyaux se réfugient dans l'église méthodiste. Les frères chasseurs assiègent l'église mais, après quelques heures, des volontaires loyaux en provenance d'Hemmingford et de L'Île-aux-Noix viennent en renfort et les obligent à se disperser. Les pertes sont relativement faibles d'un côté comme de l'autre.

La bataille d'Odelltown est la dernière bataille des rébellions de 1837-1838. De nombreux frères chasseurs sont emprisonnés à la suite de l'insurrection. Plusieurs participants à la bataille sont ensuite condamnés à mort par un tribunal militaire.
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Notices bibliographiques :
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
COURNOYER, Jean. La mémoire du Québec: de 1534 à nos jours: répertoire de noms propres. Montréal, Stanké, 2001. 1861 p.
SENIOR, Elinor Kyte. Les habits rouges et les patriotes. Montréal, VLB, 1997. 310 p.
s.a. Patrimoine militaire canadien [En Ligne]. http://www.cmhg.gc.ca/cmh/fr/page_1.asp

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Incendie du faubourg Saint-Roch de Québec



Incendie du faubourg Saint-Jean, 28 juin 1845

Le 28 mai 1845, vers 11 heures du matin, un feu se déclare à la tannerie d’Osborne L. Richardson, sur la rue Arago, près de l’intersection de la rue Saint-Vallier. Le vent se lève et transporte rapidement les tisons sur les toits des édifices environnants. Malgré l’effort des pompiers et des soldats, l’incendie se propage un peu partout dans le faubourg. À l’est, les flammes longent la falaise et s’attaquent à la rue Saint-George (côte d’Abraham) et à une partie du faubourg Saint-Jean avant de s’arrêter rue des Glacis. En Basse-Ville, le feu anéantit tout ce qui se trouve au nord et au sud des rues Saint-François, de la Couronne et côte de la Canoterie, et entre la rue Craig (du Pont) et la rivière Saint-Charles. L’incendie n’est maîtrisé qu’à 18 heures. Seuls deux édifices restent debout: le couvent Saint-Roch, rue de la Couronne, et la chapelle des Morts, rue Anne (de la Chapelle).

Le bilan est dévastateur pour le faubourg et pour la ville: l’incendie a fait 50 victimes et a réduit en cendres plus de 1 630 résidences ainsi que 3 000 boutiques et hangars. Les pertes sont estimées à 2 millions de dollars et 12 000 personnes se retrouvent sans logis. À la suite de cet incendie, les autorités municipales réglementeront de manière plus stricte le choix des matériaux pour la construction domiciliaire dans les faubourgs de Québec.
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Notices bibliographiques :
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
DROLET, Antonio. La ville de Québec : histoire municipale. Vol. III. Cahiers d’histoire, 19. Québec, La Société historique de Québec, 1967. 144 p.
LECLERC, Eugène. Statistiques rouges. Québec, 1932. 206 p.
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.
VALLIÈRES, Marc, dir. Histoire de Québec et de sa région. Les régions du Québec, 18. Québec, Presses de l’Université Laval, 2008. 2523 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Émeutes de Montréal



Le parlement brûle (1849)

Depuis les années 1820, la Grande-Bretagne accorde des taux préférentiels aux importations coloniales par rapport à ceux des autres pays. Cette politique a pour effet de créer un important marché d'exportation céréalière en Amérique du Nord britannique. Les marchands canadiens profitent de ces dispositions législatives pour s'enrichir. En 1846, la Grande-Bretagne abroge les lois sur les céréales (Corn Laws) pour favoriser le libre-échange. Le commerce céréalier encaisse un dur coup et les profits des marchands diminuent considérablement. La grogne se fait sentir parmi la communauté marchande de Montréal, ville mi-anglophone, mi-francophone, où siège le gouvernement depuis 1845.

En 1848, l'abandon des politiques mercantilistes, conjugué au retour d'une majorité réformiste à la Chambre d'assemblée, amène la Grande-Bretagne à consentir à l'avènement du gouvernement responsable dans la colonie. Les Tories, relégués dans l'opposition et dépossédés de leur influence politique, se sentent menacés par l'influence grandissante des Canadiens français au gouvernement.

La tension monte à l'occasion de la lecture en français du discours du trône par le gouverneur général du Canada, Lord Elgin (James Bruce), à l'ouverture de la session en janvier 1849. Elle atteint son paroxysme le 25 avril lorsqu'il sanctionne le projet de loi parrainé par les réformistes sur l'indemnisation des victimes des rébellions de 1837-1838 dans le Bas-Canada. Vivement dénoncée par les Tories, cette loi, quoiqu'elle dédommage ceux qui ont souffert des rébellions et non ceux qui y ont participé, est vue comme une prime à la révolte et comme la confirmation de la domination politique des Canadiens français. Dans la capitale, des assemblées de protestation sont aussitôt organisées. Le gouverneur est accueilli par des oeufs pourris et des pierres lancés par les protestataires. La manifestation tourne à l'émeute dans la soirée lorsqu'une partie de la foule évaluée à plus de 1 500 personnes envahit le parlement et met le feu à l'édifice qui est réduit en cendres, de même que 22 000 volumes et la totalité des archives parlementaires.

Les troubles durent encore quelques mois. Le 15 août, les autorités procèdent à l'arrestation de cinq individus responsables de l'incendie du parlement. Malgré la libération de quatre d'entre eux, 200 émeutiers se rassemblent dans la soirée. Ils décident d'attaquer la résidence du ministre réformiste Louis-Hippolyte La Fontaine où un échange de coups de feu fait une victime du côté des rebelles. Lors de l'enquête du coroner, au moment où La Fontaine s'apprête à témoigner devant jurés à l'hôtel Cyrus, sur la place Jacques-Cartier, des individus mettent le feu à l'édifice.

Conséquemment aux émeutes de Montréal, la capitale du Canada-Uni alternera entre Toronto et Québec. Les marchands anglophones montréalais se sentent quant à eux abandonnés par l'Angleterre à la suite du refus de réprouver la loi d'indemnisation. Comme solution aux problèmes politiques et économiques de la colonie, ils se font les promoteurs de l'annexion aux États-Unis.
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Notices bibliographiques :
Assemblée nationale du Québec. Par ici la démocratie. Ligne du temps [En Ligne]. http://paricilademocratie.com/
BERNARD, Jean-Paul. « Émeutes de Montréal ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
BLAIS, Christian, Gilles GALLICHAN, Frédéric LEMIEUX et Jocelyn SAINT-PIERRE. Québec: quatre siècles d'une capitale. Québec, Assemblée nationale du Québec - Les Publications du Québec, 2008. 692 p.
LAPORTE, Gilles. Les Patriotes de 1837@1838 : les rébellions du Bas-Canada [En Ligne]. http://cgi2.cvm.qc.ca/glaporte/1837.pl?out=menu
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.
Ville de Montréal. Centre d'histoire de Montréal. "Le Parlement brûle!". Montréal Clic [En Ligne]. http://ville.montreal.qc.ca/portal/page?_pageid=2497,3090359&_dad=portal&_schema=PORTAL

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Sanction de la loi révoquant le droit de vote des femmes dans la province



La lutte pour le droit de vote des femmes

Durant la session parlementaire de 1849, le Parlement de la province du Canada apporte plusieurs amendements à la loi électorale, notamment l’interdiction du suffrage féminin dans tous les types d’élections. Cette loi est sanctionnée le 30 mai de la même année. Peu importe leur statut, toutes les femmes de la colonie perdent formellement le droit de voter. Depuis l’Acte constitutionnel de 1791, les candidats et les électeurs devaient être âgés de 21 ans ou plus, être sujets britanniques et propriétaires ou locataires payants, et ce, sans distinction de sexe. C’est donc par omission que certaines femmes pouvaient voter au Bas-Canada alors qu’elles ne pouvaient pas exercer ce droit ni en Angleterre ni dans le Haut-Canada. Après des décennies de luttes de la part des suffragettes, ce n’est qu’en 1940 que le droit de vote et d’éligibilité est accordé aux femmes de la province de Québec par le Parlement, sous l’impulsion du gouvernement libéral d’Adélard Godbout.
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Notices bibliographiques :
Assemblée nationale du Québec. Chronologie parlementaire depuis 1764 [En Ligne]. https://www.assnat.qc.ca/fr/patrimoine/chronologie/index.html
Assemblée nationale du Québec. Par ici la démocratie. Ligne du temps [En Ligne]. http://paricilademocratie.com/
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
Conseil du statut de la femme et Réseau québécois en études féministes. Ligne du temps de l’histoire des femmes au Québec [En Ligne]. http://www.histoiredesfemmes.quebec/

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Inauguration du pont Victoria



Finale des feux d’artifice pour l’inauguration du pont Victoria (1860)

Construit par la Compagnie du Grand Tronc de chemin de fer du Canada, le pont Victoria traverse le fleuve Saint-Laurent entre le secteur montréalais de Pointe-Saint-Charles et la municipalité de la paroisse de Saint-Lambert. Il est inauguré le 25 août 1860 par le Prince de Galles, futur roi Édouard VII.

L'idée de relier Montréal à la rive sud émerge dans le cadre du développement ferroviaire. Les traversiers ne suffisent plus pour que Montréal conserve son rôle de plaque tournante des échanges, d'autant plus qu'ils ne fonctionnent pas en hiver.

Le projet de construction du pont Victoria est lancé en 1851 et on confie la réalisation des plans à l'ingénieur Thomas Keefer. Ce dernier remet une étude préliminaire au printemps 1852 et soulève des contraintes techniques, dont la force des eaux, le mouvement des glaces et les crues printanières. En 1853, le Grand Tronc reprend le projet avec le soutien financier du gouvernement. Les plans sont peaufinés par les ingénieurs Robert Stephenson, James Hodges et Alexander Ross. Les travaux, réalisés par la firme britannique Peto, Brassey & Betts, sont inaugurés le 24 mai 1854. On choisit l'option d'un pont tubulaire plutôt qu'à treillis pour ses gains en matériaux. Les ingénieurs se prononcent en faveur du tracé de Pointe-Saint-Charles à Saint-Lambert en raison de ses avantages topographiques et du raccordement prévu avec les installations de la compagnie ferroviaire.

Au moment de sa construction, le pont Victoria est le plus long pont tubulaire d'une seule voie au monde. Un système d'alternance permet aux trains de circuler à tour de rôle. Il s'étend sur 2,7 kilomètres et possède une hauteur de 18,3 mètres au maximum. Érigés en premier dans des caissons étanches, les piliers sont formés de blocs de calcaire. Ils adoptent une forme pointue pour briser les glaces. Le tube de circulation en fer, préfabriqué en Angleterre et assemblé sur le chantier, se divise en 25 travées pour diminuer la force exercée par le courant sur les piliers. Les approches sont érigées en remblai. Plus de 3000 ouvriers, surtout des immigrants irlandais et des Mohawks de Kahnawake, travaillent sur le chantier. Le pont est achevé le 24 novembre 1859 et testé une première fois le 12 décembre.

En 1860, le prince de Galles vient en Amérique du Nord britannique. C'est la première visite royale officielle. Le 25 août 1860, il inaugure le pont Victoria à Montréal, considéré alors comme la 8e merveille du monde. Sa venue donne lieu à des célébrations grandioses. Les bâtiments sont illuminés et de nombreux touristes se déplacent pour l'occasion. Une fois les cérémonies protocolaires achevées, le prince se rend sur le pont pour y déposer symboliquement une pierre de calcaire et enfoncer le dernier rivet du tube ferroviaire. L'inauguration a un écho sur la scène internationale en raison de la taille et du design de l'ouvrage.

Depuis son ouverture, le pont Victoria a été modifié pour s'ajuster aux réalités changeantes des transports. En 1898, la structure tubulaire est remplacée par un tablier à poutres en treillis. Cela permet l'ajout d'une seconde voie ferroviaire et de deux voies latérales. Une ligne de tramways est installée en 1901 sur le côté nord. En 1927, les sections latérales sont élargies pour permettre la circulation des automobiles. Lors de la construction de la Voie maritime du Saint-Laurent en 1958, une voie de contournement est aménagée du côté sud pour laisser passer les paquebots sans compromettre la circulation des voitures.

Le pont Victoria est le premier à franchir le Saint-Laurent. Sa construction renforce l'inscription de la métropole au cœur d'un vaste réseau de transport international.
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Notices bibliographiques :
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
LESSER, Gloria. « En 1860, le Prince de Galles inaugure le pont Victoria ». Vie des arts. Vol. 26, no 105 (1981), p. 38-40.
PASSFIELD, Robert W. « Construction of the Victoria Tubular Bridge ». Canal History and Technology Proceedings. No 20 (2001), p. 5-52.
POUSSART, Annick et Pierre WILSON. Montréal, par ponts et traverses. Montréal, Pointe-à-Callière, musée d'archéologie et d'histoire de Montréal, 1999. 94 p.
PRATT, Michel. « Le pont tubulaire et ferroviaire Victoria ». Histoire Québec. Vol. 16, no 1 (2010), p. 39-41.
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.
RADFORTH, Ian. Royal Spectacle: The 1860 Visit of the Prince of Wales to Canada and the United States. Toronto, University of Toronto Press, 2004. 469 p.
Société historique et culturelle du Marigot. Le pont Victoria et la municipalité de Saint-Lambert [En Ligne]. http://marigot.ca/mobile/Petite-histoire-illustree-de-Longueuil/1845-1874/le-pont-victoria-et-la-municipalite-de-saint-lambert.html
Ville de Montréal. « L'histoire ». Ville de Montréal. L'histoire [En ligne]. http://ville.montreal.qc.ca/siteofficieldumontroyal/histoire
YOUNG, John. The Origin of the Victoria Bridge. Montréal, D. Bentley and Co., 1876. 30 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Entrée en vigueur de l’Acte de l’Amérique du Nord britannique



Délégués à la Conférence de Charlottetown (1864)

Les premières discussions visant à rassembler dans une nouvelle entité politique les provinces de l’Amérique du Nord britannique remontent 1806. En 1839, John George Lambton (Lord Durham), commissaire enquêteur et gouverneur en chef de l’Amérique du Nord britannique, propose l’union législative des colonies et l’octroi du gouvernement responsable, mais cette partie de son rapport n’est pas retenue par Londres. En 1858, un nouveau projet de fédération est présenté au ministère des Colonies par Alexander Tilloch Galt, George-Étienne Cartier et John Ross, sans succès.

Le déclenchement de la Guerre de Sécession américaine en 1861 et la tenue d’une conférence à Québec sur le chemin de fer Intercolonial en septembre 1862 contribuent toutefois à changer la donne. Les représentants des possessions britanniques en Amérique du Nord repartent de cette rencontre convaincus qu’un lien ferroviaire avantagerait le développement économique et la défense des colonies.

La formation de la Grande Coalition, le 16 juin 1864, pour sortir de l’impasse politique dans laquelle est coincée la province du Canada débouche sur la création d’un comité devant étudier la mise en place d’un système fédéral dans la province du Canada ou d’une union fédérale des colonies de l’Amérique du Nord britannique. Cette coalition est formée par les libéraux-conservateurs de John A. Macdonald, les bleus de George-Étienne Cartier et les réformistes du Canada-Ouest de George Brown.

En 1864, la province du Canada délègue neuf représentants, dont Cartier, D’Arcy McGee, Galt et Langevin, à la conférence de Charlottetown qui est organisée par le Nouveau-Brunswick, la Nouvelle-Écosse et l’Île-du-Prince-Édouard. La conférence se tient du 1er au 9 septembre. Les discussions portent rapidement sur la possibilité d’une union fédérale des provinces du Canada et des maritimes. Cartier convainc ses collègues de la nécessité de privilégier la forme fédérale de gouvernement. Les délégués conviennent de se réunir de nouveau à Québec, au cours du mois suivant.

À Québec, sous la présidence d’Étienne-Paschal Taché, les délégués discutent du 10 au 27 octobre de la structure de la nouvelle entité politique. Macdonald se charge de l’organisation constitutionnelle de l’État à naître, alors que Galt s’occupe des aspects financiers. Les représentants du Canada-Est que sont Cartier, Chapais, D’Arcy McGee, Galt, Langevin et Taché, conviennent que les principaux leviers politiques et économiques soient attribués au gouvernement fédéral, mais s’assurent que la nationalité, les institutions et les droits des Canadiens français soient sauvegardés. Brown et les réformistes du Canada-Ouest obtiennent le principe de la représentation par la population et la séparation du Québec et de l’Ontario. Les délégués du Canada, du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse s’entendent finalement sur 72 résolutions. Au cours de l’hiver de 1865, ces résolutions sont adoptées par le Parlement de la province du Canada. En 1866, les parlementaires approuvent les constitutions de l’Ontario et du Québec.

En décembre 1866, 16 délégués de la province du Canada, du Nouveau-Brunswick et de la Nouvelle-Écosse se rendent à Londres. La conférence se déroule du 4 au 24 décembre et est dirigée par Macdonald. Les représentants du Canada-Est sont Cartier, Galt, Langevin. Les résolutions de Québec deviennent les résolutions de Londres et Macdonald tente d’affaiblir la forme fédérale de l’union, ce à quoi Cartier et Langevin s’opposent. En janvier et en février 1867, le projet de loi est rédigé. Le 29 mars suivant, l’Acte de l’Amérique du Nord britannique est adopté par le Parlement britannique et sanctionné par la reine Victoria.

Le 1er juillet 1867, l’Acte de l’Amérique du Nord britannique entre en vigueur. Au cours des mois d’août et de septembre, des élections générales sont organisées pour doter les sièges de la chambre des Communes et de l’Assemblée législative de la province de Québec.
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Notices bibliographiques :
Assemblée nationale du Québec. Par ici la démocratie. Ligne du temps [En Ligne]. http://paricilademocratie.com/
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
BROUILLET, Eugénie. « 1er juillet 1867. L’Acte de l’Amérique du Nord britannique ». GRAVELINE, Pierre, dir. Dix journées qui ont fait le Québec. Montréal, VLB, 2013, p. 113-136.
BROUILLET, Eugénie, Alain-G. GAGNON et Guy LAFOREST. La Conférence de Québec de 1864, 150 ans plus tard : comprendre l’émergence de la fédération canadienne. Prisme. Québec, Presses de l’Université Laval, 2016. 374 p.
GOUVERNEMENT DU QUÉBEC, Secrétariat aux relations canadiennes. Le Québec au fil du temps [En Ligne]. https://www.sqrc.gouv.qc.ca/relations-canadiennes/federalisme/quebec-fil-du-temps.asp
GROULX, Lionel. La Confédération canadienne. Montréal, Éditions internationales A. Stanké, 1978. 264 p.
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.
WAITE, P. B. « Confédération ». Historica Canada. L’encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.encyclopediecanadienne.ca/

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Inauguration du parc du Mont-Royal



Le belvédère du parc du Mont-Royal

Le parc du Mont-Royal est inauguré le 24 mai 1876. Situé à Montréal sur le sommet le plus élevé de la montagne du même nom, il a une superficie de 2,14 kilomètres carrés.

L'idée d'aménager un espace vert sur le mont Royal émerge dans les années 1860. Parmi ses promoteurs, on retrouve des politiciens et des hommes d'affaires. Ce parc est vu comme un moyen de s'évader de la ville insalubre et de conserver intact un lieu de prestige. En 1867, un comité échevinal spécial est formé à cette fin. Le financement proviendra de trois sources. Le Conseil municipal obtient en 1869 un amendement à sa charte lui permettant d'emprunter une partie de la somme requise pour l'achat des terrains. Le gouvernement du Québec octroie aussi à la Ville un prêt de 350 000 dollars. Enfin, des fonds privés complètent l'équation grâce au mécénat d'hommes d'affaires anglophones.

À l'hiver 1871-1872, le propriétaire d'un terrain du versant sud y abat tous les arbres. Cette coupe à blanc pousse le Conseil municipal à enclencher sans tarder le processus d'expropriation. Toutefois, les fonds s'épuisent rapidement. Au terme de l'année 1872, les coûts atteignent déjà 550 000 dollars pour l'acquisition de 1,5 kilomètre carré. La Ville demande au gouvernement du Québec un prêt d'un million de dollars pour finaliser les expropriations. C'est une somme colossale à l'époque.

Pour concevoir le parc, le Conseil municipal fait appel aux services de l'architecte-paysagiste Frederick Law Olmsted. En 1854, il réalise l'Elm Park à Worchester au Massachusetts, reconnu comme étant le premier parc municipal en Amérique du Nord. Trois ans plus tard, il accepte de dessiner les plans de Central Park à New York. Olmsted est embauché par la Ville de Montréal en 1874. Son design valorise l'équilibre entre les fonctions récréatives du parc et la nature sauvage qui le compose.

L'inauguration est faite par le maire William H. Hingston le 24 mai 1876, jour de la fête de la Reine Victoria. Elle est précédée par un défilé militaire au centre-ville de Montréal. Les travaux d'aménagement se poursuivent jusqu'en 1881. Le parc devient rapidement un lieu de rencontre pour l'élite montréalaise qui habite à proximité.

Pour faciliter l'accès au sommet, la Ville de Montréal autorise en 1885 une société privée à construire un funiculaire. Le tarif est en revanche onéreux pour les familles ouvrières. Sa démolition en 1918 est une occasion pour la Ville de négocier avec la compagnie de tramways un accès en transport collectif. En 1924, une première ligne fait le lien entre le chemin de la Côte-des-Neiges et le sommet. À partir de 1930, la ligne est prolongée selon un tracé sinueux jusqu'au versant est. Après la disparition des tramways, en 1958, la Ville aménage la voie Camillien Houde, qui devient le chemin Remembrance sur le versant ouest.

Depuis son ouverture en 1876, le parc du Mont-Royal a connu des changements. En 1906, la Ville fait construire un belvédère en hémicycle sur le versant sud. La croix du Mont-Royal, érigée en 1924, devient un attrait incontournable du parc. D'autres installations emblématiques sont construites pour fournir du travail aux chômeurs durant la Grande dépression. C'est le cas du chalet du Mont-Royal et du lac aux Castors, conçus respectivement en 1932 et 1938. À partir de 1980, plusieurs travaux de restauration et d'aménagement sont réalisés. Le parc est un pôle touristique majeur à Montréal et un lieu apprécié des Montréalais pour ses fonctions récréatives, culturelles et commémoratives.

La création du parc du Mont-Royal est la première initiative publique au Québec visant à protéger un espace naturel pour le rendre accessible à la population. En 2005, le gouvernement du Québec l'inclut dans la déclaration du site patrimonial du Mont-Royal.
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Notices bibliographiques :
DEBARBIEUX, Bernard. « Le Mont Royal, court essai de géographie historique et culturelle ». BRYANT, Christopher R., dir. et Claude MANZAGOL, dir. Montréal 2001: visages et défis d'une métropole. Montréal, Presses de l'Université de Montréal, 1998, p. 295-301.
DEBARBIEUX, Bernard et Claude MAROIS. « Le mont Royal. Forme naturelle, paysages et territorialités urbaines ». Cahiers de géographie du Québec. Vol. 41, no 113 (1997), p. 171-197.
DROUIN, Martin. « L’appropriation d’un espace urbain : le mont Royal ». Cap-aux-diamants. Vol. 110 (2012), p. 54-55.
KREDL, Lawrence Peter. The Origin and Development of Mount Royal Park, Montreal 1874-1900: Ideal vs Reality. York University, 1983. 189 p.
Les amis de la montagne. Le Mont-Royal [En Ligne]. https://www.lemontroyal.qc.ca/fr
MARCHAND, Denys. « Une petite chronique aléatoire du mont Royal ». Trames. Vol. 2, no 1 (1989), p. 36-49.
MURRAY, A. L. « Frederick Law Olmsted and the Design of Mount Royal Park, Montreal (1874) ». Journal of the Society of Architectural Historians. Vol. 26, no 3 (1967), p. 163-171.
Musée McCord; Bellman, David, Éd. Mont-Royal : Montréal = Mount Royal : Montreal. Ottawa, Racar, 1977. 48 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Funérailles du curé Antoine Labelle



Chapelle du Cimetière-de-Saint-Jérôme. Vue intérieure de la crypte

Le curé Antoine Labelle est le personnage le plus emblématique de la ville de Saint-Jérôme. Son décès et ses funérailles ont fait l’objet d’une impressionnante couverture médiatique de la presse canadienne et de la presse européenne. Près de 10 000 personnes ont assisté aux funérailles et pour témoigner leur attachement envers leur curé décédé, de nombreux citoyens de la ville et du village de Saint-Jérôme ont porté un crêpe noir durant un mois en signe de deuil.
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Source: Ville de Saint-Jérôme, 2023.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Inauguration du Monument-National



Monument national, estampe parue dans Montreal illustrated 1894

Le Monument-National est inauguré au cours des festivités de la Saint-Jean-Baptiste de 1893. L'Association Saint-Jean-Baptiste de Montréal, instigatrice du projet de construction de cet immeuble et responsable de l'organisation de cette fête, lui dédie cette édition de la Saint Jean-Baptiste. Amorcée en 1891, la construction de l'édifice ne sera terminée qu'en 1894. Des centaines de sociétés Saint-Jean-Baptiste, réparties en divers endroits au Canada et aux États Unis, sont conviées à Montréal pour souligner l'inauguration du Monument. Cette convergence se veut représentative du rôle névralgique et rassembleur attribué à l'édifice par ses artisans, selon eux la maison mère de la culture francophone d'Amérique du Nord. Le Monument doit abriter le siège social de l'Association Saint-Jean-Baptiste de Montréal, mais aussi un théâtre, des bureaux, une bibliothèque et des salles de cours, entre autres.

D'abord, une traditionnelle cérémonie d'ouverture de la Saint-Jean-Baptiste a lieu samedi 24 juin dans le parc Sohmer, à Montréal, lieu privilégié des fêtes de la Saint-Jean-Baptiste de 1889 à 1897. Plusieurs dignitaires s'y trouvent et prennent la parole, notamment Laurent-Olivier David, président de l'Association Saint-Jean-Baptiste de Montréal, Alphonse Desjardins, maire de Montréal et Honoré Mercier, ancien premier ministre du Québec, accompagné d'autres personnalités et de délégués du gouvernement français.

Le 25 juin en soirée est organisé un banquet entièrement dédié à l'inauguration du Monument-National, dont la finition est loin d'être complétée. La célébration se déroule dans la grande salle du Monument, terminée in extremis et richement décorée pour l'occasion. Les référents à la papauté, à la royauté britannique ainsi qu'à la France fusent dans la décoration et les discours pour cet événement résolument patriotiques. Ces trois éléments sont perçus par plusieurs nationalistes de l'époque comme les fondements de l'identité canadienne-française : la fidélité à la couronne britannique, l'attachement à la culture et à l'héritage français ainsi que l'observation de la religion catholique dans plusieurs sphères de la vie publique et domestique. Comme la cérémonie du parc Sohmer, le banquet réunit le président de l'Association, le maire de Montréal et les délégués du gouvernement français. S'ajoutent à eux, notamment, Wilfrid Laurier ainsi que des juges, des personnalités influentes ainsi que des représentants de communautés francophones des États-Unis et de l'Ouest canadien.

Un grand congrès a lieu, le lendemain 26 juin, au Monument-National. Il rassemble diverses sociétés et associations Saint-Jean-Baptiste d'Amérique du Nord afin d'accroitre leur cohésion sur diverses questions concernant la situation des francophones. Les discussions portent notamment sur la situation des communautés canadiennes-françaises dans le nord-est des États Unis ainsi que sur la question des écoles du Manitoba.
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Notices bibliographiques :
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
LACHAPELLE, Jacques. « Monument National ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 84-86.
LAMONDE, Yvan. Histoire sociale des idées au Québec 1760-1896. Montréal, Fides, 2000. 572 p.
LAMONDE, Yvan et Raymond MONPETIT. Le parc Sohmer de Montréal 1889-1919 : un lieu populaire de culture urbaine. Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1986. 231 p.
LARRUE, Jean-Marc. Le monument inattendu : Le Monument National, 1893-1993. Cahiers du Québec : Histoire, 106. LaSalle, Éditions Hurtubise HMH, 1993. 322 p.
RUMILLY, Robert. Histoire de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal : des Patriotes au Fleurdelisé 1834-1948. Montréal, Les éditions de l'Aurore, 1975. 564 p.
RUMILLY, Robert. Histoire de Montréal. Vol. 3. Montréal, Fides, 1972. 524 p.
s.a. « La fête Saint-Jean-Baptiste ». La Minerve, 26 juin 1893, p. 2.
s.a. « La St-Jean-Baptiste à Montréal ». Le Courrier du Canada, 27 juin 1893, p. 3.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Carnaval d’hiver de Québec de 1894



Palais de glace lors du carnaval de Québec (1894)

Le carnaval de Québec de 1894 est considéré comme la première édition d’envergure de cet événement hivernal, qui est récurrent depuis 1955.

À l’automne 1893, Frank Carrel, propriétaire du Quebec Daily Telegraph, lance un appel dans son journal pour qu’un carnaval soit tenu à l’hiver suivant. Il espère ainsi ragaillardir la ville durement touchée par le déclin de ses activités portuaires. Carrel s’inspire du succès rencontré par le carnaval tenu à Montréal l’hiver précédent. Les retombées financières escomptées rallient facilement le milieu des affaires. En peu de temps, un comité organisateur se forme, dans lequel figurent des commerçants en vue comme Zéphirin Paquet et Jean-Baptiste Laliberté. Henri-Gustave Joly de Lotbinière est choisi pour en être le président, et le gouverneur général et son épouse, respectivement lord et lady Aberdeen, se voient décerner la présidence d’honneur.

L’organisation se fait promptement. Le carnaval est inauguré le 29 janvier 1894 et doit se conclure le 3 février. Pour l’occasion, les citoyens embellissent leurs quartiers avec des arches, des sculptures, des statues de glace ainsi que diverses autres structures en neige. Les cérémonies d’ouvertures se tiennent au Palais de glace, conçu selon les plans de l’architecte François-Xavier Berlinguet et situé en face du parlement.

Les loisirs hivernaux sont à l’honneur dans le calendrier des activités. Le carnaval donne lieu à des courses de canots à glace, de raquettes et de chevaux, à des spectacles de patinage artistique, à des parties de hockey, de curling et de souque à la corde. Une mascarade a lieu au Québec Skating Rink, près de la porte Saint-Louis, ainsi qu’un bal du gouverneur au parlement. Une attaque pyrotechnique sur le palais de glace est simulée, dont la défense est assurée par la garnison de Québec. Enfin, un long défilé de chars allégoriques sillonne plusieurs quartiers de la ville.

Le carnaval survient quelques semaines après l’inauguration du Château Frontenac, renforçant ainsi la vocation touristique de Québec. En effet, environ 25 000 visiteurs provenant de l’étranger assistent aux festivités et contribuent à la notoriété de la ville.

Faute de structure organisationnelle permanente, les carnavals subséquents varient en ampleur et en qualité. Pour cette même raison, la régularité annuelle de l’événement n’est pas assurée. Ce n’est qu’en 1955 que la tradition hivernale moderne fait un retour en force et est pérennisée.
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Notices bibliographiques :
JEAN, Michèle et Alyne LEBEL. « Carnaval: la cuvée 1894 ». Cap-aux-diamants. Vol. 1, no 4 (1986), p. 24-29.
LACROIX, Georgette. Le Carnaval de Québec: Une histoire d’amour. Montréal, Les éditions Quebecor, 1984. 199 p.
PROVENCHER, Jean. Le Carnaval de Québec : la grande fête de l’hiver. Sainte-Foy, Québec, Éditions MultiMondes, 2003. 127 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Fondation de la Caisse populaire de Lévis



À gauche: Albertine, Alphonse et Dorimène Desjardins (vers 1915). À droite: Site de la fondation de la première caisse (1900)

La première caisse Desjardins est fondée à Lévis le 6 décembre 1900 par Alphonse Desjardins.

En 1897, alors que Desjardins est sténographe à la Chambre des communes à Ottawa, il assiste à un débat qui lui fait prendre conscience des conséquences de l'usure, soit le fait de prendre un haut taux d'intérêt sur un prêt d'argent. Intéressé par ce sujet, il se documente sur les pratiques usuraires. Alphonse Desjardins lie ce phénomène aux questions sociales qui agitent son époque. Selon lui, l'association et le développement local permettraient de répondre aux maux sociaux, de contribuer à l'amélioration des conditions de vie des classes populaires et à la libération économique des Canadiens français, en plus de freiner leur exode vers les États-Unis. Il puise ses idées dans les écrits du Britannique William Wolff (People's Banks), des caisses d'épargne et de crédit populaire en Europe et aux États-Unis. Enfin, Desjardins entretient également des relations épistolaires avec des acteurs des mouvements coopératifs et mutualistes. En plus des idées du mouvement coopératif, Alphonse Desjardins s'inspire aussi de la doctrine sociale de l'Église catholique. Ses projets s'inscrivent dans la lignée de l'encyclique papale Rerum novarum sur la condition des ouvriers, publiée en 1891.

Entre 1897 et 1900, il prépare son projet de coopérative de crédit et d'épargne à capital variable et à responsabilité limitée.

Son modèle de caisse populaire s'appuie sur le cadre de la paroisse. Il vise à encourager la pratique et l'attrait de l'épargne, à permettre aux classes populaires d'administrer indépendamment leur propre capital sans l'intervention de l'État et à rendre le crédit plus facilement accessible.

Le 6 décembre 1900, plus de 130 citoyens assistent à l'assemblée de fondation de la Caisse populaire de Lévis, première coopérative d'épargne et de crédit en Amérique du Nord. Celle-ci entre en activité le 23 janvier 1901.

Dorimène Roy-Desjardins, l'épouse d'Alphonse Desjardins, joue un rôle important dans les activités de l'institution. Jusqu'en 1906, Alphonse Desjardins est souvent absent. Il travaille alors à Ottawa comme sténographe français au Parlement et se déplace fréquemment pour donner des conférences. Dorimène Roy-Desjardins s'occupe de la comptabilité de la caisse et partage la fonction de gérant suppléant avec Théophile Carrier. Au cours de ces années, elle participe aussi à la préparation des statuts et des règlements régissant les caisses populaires.

Trois autres caisses sont créées entre 1900 et 1905: Saint-Joseph de Lévis (1902), Hull (1903) et Saint-Malo à Québec (1905). Le soutien du clergé local favorise le développement rapide du réseau des caisses populaires.

Malgré ce développement rapide, l'absence de reconnaissance juridique crée une situation d'incertitude pour les caisses. Pour y remédier, Alphonse Desjardins entreprend plusieurs démarches auprès des gouvernements provincial et fédéral. La situation est finalement régularisée en 1906 avec l'adoption de la Loi concernant les syndicats coopératifs par l'Assemblée législative du Québec. Un an plus tard, un projet de loi sur la coopération est également adopté à la Chambre des communes d'Ottawa, mais il n'est pas entériné par le Sénat, qui estime qu'une telle loi empiéterait sur les juridictions des provinces.

Cette reconnaissance juridique lance l'expansion du réseau des caisses populaires au Québec et en Ontario, ainsi que dans les paroisses franco-américaines de la Nouvelle-Angleterre, aux États-Unis, où elles prennent le nom de Credit Unions. Le mouvement des caisses prend de l'expansion au fil du 20e siècle, se constitue en fédération en 1932 et diversifie ses activités économiques. Toujours en activité, la caisse Desjardins de Lévis célèbre ses 125 ans en 2025.
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Notices bibliographiques :
Conseil du statut de la femme et Réseau québécois en études féministes. Ligne du temps de l'histoire des femmes au Québec [En Ligne]. http://www.histoiredesfemmes.quebec/
LAMBERT, Maude-Emmanuelle et Yves ROBY. « Alphonse Desjardins ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/alphonse-desjardins
LÉVESQUE, Benoît et Martin PETITCLERC. « L’économie sociale au Québec à travers les crises structurelles et les grandes transformations (1850-2008) ». Économie et Solidarités. Vol. 39, no 2 (2008), p. 14-37.
POULIN, Pierre. Histoire du Mouvement Desjardins: La percée des caisses populaires, 1920-1944. Vol. 2. Montréal, Québec/Amérique, 1994. 449 p.
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.
s.a. Desjardins, À propos de Desjardins [En Ligne]. http://www.desjardins.com

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Émeutes de la conscription à Québec



Émeutes de la conscription à Québec (1918)

Les émeutes de la conscription à Québec s'inscrivent dans le contexte de la participation du Canada à la Première Guerre mondiale. En 1914, la déclaration de guerre de la Grande-Bretagne à l'Allemagne engage le Canada dans le conflit. Durant les premières années de la guerre, les effectifs réguliers de l'armée canadienne et l'enrôlement volontaire suffisent à combler les besoins en hommes. Toutefois, avec le prolongement des affrontements, la nécessité de recruter de nouvelles troupes se fait plus pressante. Le gouvernement fédéral, dirigé par Robert Borden, décide d'enrôler des combattants auprès de la population et adopte, en 1917, la loi sur la conscription rendant le service militaire obligatoire. La mesure est impopulaire dans la province de Québec, où l'armée est vue comme une institution entièrement anglophone. En réaction, de nombreuses manifestations éclatent dans les grandes villes. Le taux élevé de demandes d'exemption et la faiblesse du nombre de conscrits ayant répondu à l'appel résultent en l'envoi de forces policières fédérales au Québec afin de retrouver les hommes qui tardent à se présenter aux bureaux d'enregistrement de l'armée.

À Québec, les manifestations atteignent leur paroxysme au cours de la fin de semaine de Pâques, soit du 28 mars au 1er avril 1918. Le 28 mars, l'arrestation d'un homme n'ayant pas avec lui ses papiers pour prouver son exemption du service militaire provoque une émeute dans le quartier Saint-Roch. Une foule de près de 2 000 personnes attroupée à la place Jacques-Cartier attaque le poste de police où sont réfugiés les agents fédéraux. Le lendemain, le bureau d'enregistrement de l'armée, logé dans l'édifice de l'Auditorium (Capitole), est saccagé et incendié par les émeutiers encouragés par une foule de 20 000 personnes réunie au carré d'Youville (place d'Youville). La population proteste contre le zèle exprimé par les policiers dans la recherche des conscrits récalcitrants. Le 30 mars, devant le manège militaire, les manifestants sont dispersés par la cavalerie. Le lendemain, un contingent de 2 000 soldats en provenance de l'Ontario et de la Nouvelle-Écosse arrive dans la capitale pour prêter main-forte aux autorités municipales et à l'armée locale. Le 1er avril, une confrontation éclate dans le quartier Saint-Roch entre les troupes fédérales et les contestataires. Repoussée à la limite du quartier Saint-Sauveur, la foule refuse de se disperser malgré les ordres des militaires. Les soldats n'hésitent pas à tirer en direction de celle-ci. Bilan de l'altercation: quatre morts, des dizaines de blessés et plus d'une soixantaine de personnes sont arrêtées.

Le 4 avril, la loi martiale, qui suspend les droits civils, est instaurée pour la ville de Québec. Les militaires contrôlent les allées et venues de la population et surveillent tous les endroits stratégiques. Le calme revient progressivement, mais la crise accentue les divisions entre les communautés francophone et anglophone.

L'enquête du coroner, en plus de révéler que les victimes n'étaient pas des manifestants, blâme les autorités et exige des compensations pour les familles des victimes. Ces indemnisations ne viendront jamais.
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Notices bibliographiques :
Assemblée nationale du Québec. Par ici la démocratie. Ligne du temps [En Ligne]. http://paricilademocratie.com/
BLAIS, Christian, Gilles GALLICHAN, Frédéric LEMIEUX et Jocelyn SAINT-PIERRE. Québec: quatre siècles d'une capitale. Québec, Assemblée nationale du Québec - Les Publications du Québec, 2008. 692 p.
LEBEL, Jean-Marie. Québec 1608-2008 : les chroniques de la capitale. Québec, Les Presses de l'Université Laval, 2008. 760 p.
LEBEL, Jean-Marie et Alain ROY. Québec, 1900-2000 : le siècle d'une capitale. Sainte-Foy, Éditions MultiMondes, 2000. 157 p.
VALLIÈRES, Marc, dir. Histoire de Québec et de sa région. Les régions du Québec, 18. Québec, Presses de l'Université Laval, 2008. 2523 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Fondation du Comité provincial pour le suffrage féminin



Ligue des droits de la femme (1935)

Le Comité provincial pour le suffrage féminin est une association militante mise sur pied en janvier 1922 pour l'obtention du suffrage féminin aux élections provinciales québécoises. Sa fondation constitue un jalon important dans l'histoire de la lutte pour l'égalité politique des femmes au Québec.

Au lendemain de la Première Guerre mondiale, la lutte pour le droit de vote des femmes s'intensifie au Québec et au Canada. Depuis 1913, la Montreal Suffrage Association, premier mouvement québécois militant exclusivement pour le suffrage féminin, limite son action au droit de vote des femmes au palier fédéral. Certaines associations féminines, comme la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste, réclament ce droit, mais aucune organisation ne se consacre exclusivement à cette cause.

En 1918, les femmes du Québec et du Canada obtiennent le droit de voter aux élections fédérales et, en 1919, de se porter candidate. De 1916 à 1922, les femmes obtiennent le droit de vote dans toutes les provinces canadiennes, sauf au Québec.

La Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste évoque en mars 1920 la fondation d'un « comité de la femme » et d'un « programme civique » pour encourager les Québécoises à participer à la vie citoyenne. L'importante participation des femmes lors du scrutin fédéral du 6 décembre 1921 raffermit l'idée de fédérer les Québécoises autour de la cause du suffrage féminin.

Le 14 janvier 1922, des membres de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste et du Montreal Council of Women tiennent une réunion conjointe au cours de laquelle elles fondent le Comité provincial pour le suffrage féminin. Coprésidé par Marie Lacoste Gérin-Lajoie et Anna Marks Lyman, le Comité transcende les divisions linguistiques et confessionnelles et regroupe plusieurs figures marquantes de l'époque, notamment Carrie Derick, Grace Julia Parker Drummond, Octavia Grace Ritchie England, Idola Saint-Jean et Thérèse Casgrain. Cette rencontre a lieu à la résidence de Mme Gérin-Lajoie, à Montréal.

Le 9 février 1922, une délégation de plus de 400 femmes du Comité se rend au Parlement de Québec pour revendiquer l'obtention du suffrage féminin. À leur demande, le député libéral Henry Miles dépose un premier projet de loi à l'Assemblée législative de la province de Québec pour accorder le droit de vote aux femmes. La députation étant plutôt opposée à cette idée, le projet de loi n'est pas présenté. Cet événement inspire néanmoins une tradition, celle du « Pèlerinage au Parlement », que les militantes vont effectuer annuellement à compter de 1926 jusqu'à ce qu'elles aient gain de cause en 1940.

En mai 1922, le Comité est constitué en corporation et Marie Lacoste Gérin-Lajoie se rend à Rome à l'occasion du congrès de l'Union internationale des ligues catholiques féminines. Elle souhaite obtenir un appui des autorités catholiques en faveur du suffrage féminin en vue de sensibiliser l'épiscopat du Québec. Ses démarches n'ont toutefois pas les effets escomptés. Considérant qu'elle ne peut faire davantage tant que les évêques québécois ne changeront pas d'avis, elle démissionne de la présidence du Comité en novembre 1922.

En 1927, une scission s'opère au sein du Comité. Idola Saint-Jean fonde l'Alliance canadienne pour le vote des femmes du Québec. Le Comité se réorganise l'année suivante sous la houlette de Thérèse Casgrain, et devient la Ligue des droits de la femme.

La fondation du Comité provincial pour le suffrage féminin représente un moment charnière dans l'histoire des droits des femmes au Québec. Le Comité a fait œuvre pionnière en pavant la voie aux organisations qui lui succède dans la lutte pour l'obtention du droit de vote des Québécoises.



Intérêt patrimonial

Cet événement historique est désigné pour les motifs suivants:

La fondation du Comité provincial pour le suffrage féminin, le 14 janvier 1922, est un jalon important de l'histoire de la lutte pour l'égalité politique des femmes au Québec. Coprésidé par Marie Lacoste Gérin-Lajoie, présidente de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste, et Anna Marks Lyman, présidente du Montreal Council of Women, le Comité est la première association militante ayant comme principale revendication le droit de vote des femmes aux élections provinciales québécoises. Transcendant les divisions linguistiques et confessionnelles, le Comité regroupe plusieurs figures marquantes de l'époque, notamment Carrie Derick, Grace Julia Parker Drummond, Octavia Grace Ritchie England, Idola Saint-Jean et Thérèse Casgrain. Malgré l'opposition de la hiérarchie du clergé catholique et de la grande majorité des députés, les militantes font valoir leur cause de différentes manières, dont la plus connue est le « pèlerinage au Parlement ». Cette manifestation est organisée pour la première fois le 9 février 1922 alors qu'une délégation de plus de 400 femmes se rend à l'hôtel du Parlement pour présenter ses revendications. Cette manifestation est répétée annuellement à partir de 1926 jusqu'à ce que les femmes obtiennent le droit de vote et d'éligibilité aux élections québécoises, le 18 avril 1940.
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Notices bibliographiques :
Assemblée nationale du Québec. « Journal des débats de l'Assemblée (Débats reconstitués), 15e législature, 3e session - 9 février 1922 ». Assemblée nationale du Québec. Assemblée nationale du Québec [En ligne]. http://www.assnat.qc.ca/fr/travaux-parlementaires/assemblee-nationale/13-3/journal-debats/19150209/87245.html
Assemblée nationale du Québec. Par ici la démocratie. Ligne du temps [En Ligne]. http://paricilademocratie.com/
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Collectif CLIO (Le). L’histoire des femmes au Québec depuis quatre siècles. Montréal, Éditions Quinze, 1982. 521 p.
Conseil du statut de la femme et Réseau québécois en études féministes. Ligne du temps de l'histoire des femmes au Québec [En Ligne]. http://www.histoiredesfemmes.quebec/
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DUPIRE, Louis. « La session provinciale : M. Taschereau et le suffrage féminin ». Le Devoir, 10 février 1922, p. 1.
Élections Québec. « Droit de vote et d'éligibilité des Québécoises ». Élections Québec. Élections Québec [En ligne]. https://www.electionsquebec.qc.ca/francais/provincial/vote/droit-de-vote-des-quebecoises.php
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SICOTTE, Anne-Marie. Marie Gérin-Lajoie : conquérante de la liberté. Montréal, Éditions du Remue-Ménage, 2005. 503 p.
TRIFIRO, Luigi. « Une intervention à Rome dans la lutte pour le suffrage féminin au Québec (1922) ». Revue d'histoire de l'Amérique française. Vol. 32, no 1 (1978), p. 3-18.
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s.a. « Le vote des femmes, au provincial ». La Presse, 30 janvier 1922, p. 2.
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Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Entrée en vigueur de la Loi relative à la conservation des monuments et des objets d’art ayant un intérêt historique ou artistique



Patrimoine culturel

Le 21 mars 1922, la Loi relative à la conservation des monuments et des objets d’art ayant un intérêt historique ou artistique, aussi connue sous le nom de Loi des monuments historiques ou artistiques, est sanctionnée.

L’adoption de cette loi s’inscrit dans le contexte des bouleversements engendrés par l’urbanisation et l’industrialisation qui font surgir des craintes chez une partie de l’élite canadienne-française pour la pérennité des témoins matériels de l’histoire. Quelques voix s’élèvent pour réclamer des actions du gouvernement afin d’empêcher la disparition de ce qu’on nomme alors les « reliques du passé ». Par exemple, le juge Arthur Aimé Bruneau s’insurge dans les journaux contre la destruction de bâtiments anciens et Marie-Louise Marmette Brodeur interpelle le premier ministre du Québec, Louis-Alexandre Taschereau, pour qu’il empêche la vente du manoir Louis Joseph Papineau, à Montebello, et la dilapidation de sa bibliothèque. Ces interventions contribuent à l’émergence de cette question d’intérêt public.

Le 27 février 1922, le secrétaire de la province, Athanase David, dépose à l’Assemblée législative le projet de loi 170 relatif à la conservation des monuments et des objets d’art ayant un intérêt historique ou artistique. Il appert que ce serait Adélard Turgeon, président du Conseil législatif, qui aurait convaincu le premier ministre Taschereau de l’importance de poser un tel geste législatif. Le projet de loi est fortement inspiré de la Loi relative aux monuments historiques qui a été promulguée par le gouvernement français en 1913, et qui est la synthèse des lois antérieures. Il s’agit de la première loi de sauvegarde du patrimoine au Québec et au Canada.

La Loi des monuments historiques ou artistiques est adoptée par l’Assemblée législative le 7 mars 1922 et entre en vigueur dès sa sanction. Elle a comme principal objectif de permettre le classement de monuments et d’objets à caractère possédant un intérêt à l’échelle nationale au niveau de l’histoire ou de l’art. Pour ce faire, la Loi crée la Commission des monuments historiques qui est composée de cinq membres bénévoles. Le 12 avril 1922, le gouvernement annonce la nomination d’Adélard Turgeon, de Pierre Georges Roy, d’Édouard-Zotique Massicotte, de William Douw Lighthall et de Victor Morin comme membres de cette Commission. Le 14 juin suivant, Adélard Turgeon est choisi comme président.

En 1929, les trois premiers monuments historiques sont classés par la Commission. Ces classements sont par la suite entérinés par le gouvernement, comme le prévoit la loi. Il s’agit de la maison des Jésuites-de-Sillery, du château De Ramezay, à Montréal, et de l’église de Notre-Dame-des-Victoires, à Québec. La Commission dresse aussi un premier inventaire des monuments historiques. Trois ouvrages publiés entre 1922 et 1927 témoignent de ces efforts: Les monuments commémoratifs de la province de Québec (1923), Les vieilles églises de la province de Québec (1925) ainsi que Vieux manoirs, vieilles maisons (1927). La Commission favorise aussi la commémoration de différents monuments, personnages, événements et lieux historiques par l’installation de plaques commémoratives le long des routes, encourageant par le fait même le tourisme.

Somme toute, la Loi des monuments historiques ou artistiques a contribué à introduire les premières mesures de valorisation et de protection du patrimoine culturel dans la législation québécoise. En 1952, cette loi a été refondue dans la Loi des monuments et sites historiques ou artistiques. Elle constitue l’ancêtre de la Loi sur le patrimoine culturel, qui a été adoptée en 2011 et qui a été modifiée en 2021.
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Notices bibliographiques :
BRUNELLE-LAVOIE, Louise, Alain GELLY et Corneliu KIRJAN. La passion du patrimoine. La Commission des biens culturels du Québec 1922-1994. Sillery, Septentrion, 1995. 300 p.
HARVEY, Fernand. La vision culturelle d’Athanase David. Montréal, Delbusso, 2012. 265 p.
MORISSET, Lucie K. « Un ailleurs pour l’Amérique : « Notre » patrimoine et l’invention du monument historique au Québec ». Globe. Vol. 10, no 1 (2007), p. 73-105.
OUELLET, Pierre-Olivier. « « Nos routes se couvrent de touristes à la recherche de nos reliques du passé » Les débuts de la Commission des monuments historiques (1922-1928) ». Revue d’histoire de l’Amérique française. Vol. 61, no 2 (2007), p. 235-251.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Réalisation de travaux publics pendant la Grande dépression



Chômeurs se faisant couper les cheveux, Montréal, QC (vers 1935)

Le 29 octobre 1929, les cours de la bourse de New York s'effondrent. Le krach se répercute sur d'autres bourses, dont celle de Montréal. L'événement marque le début d'une profonde dépression économique, l'une des plus importantes de l'histoire moderne, qui affectera durablement la décennie 1930 en occident. Cette période est connue comme étant la « Grande dépression ».

Le krach provoque une hausse importante du chômage au Québec, alors que les mesures d'aide sociale sont très peu nombreuses. Plusieurs personnes et familles sont réduites à la misère. Pour remédier à la situation, les gouvernements mettent rapidement en place des mesures d'aide. L'intervention gouvernementale prend différentes formes, comme le secours direct, le soutien à la colonisation ainsi que l'aide financière pour la réalisation de travaux publics.

La Loi pour remédier au chômage est adoptée par le gouvernement fédéral dès 1930. Elle est assortie d'un budget de 20 millions de dollars, notamment pour la réalisation de travaux publics. Par la suite, le gouvernement du Québec sanctionne la Loi de l'aide aux chômeurs, le 11 décembre 1930. Cette loi permet à la province d'accepter l'aide financière du gouvernement fédéral, en plus de baliser la contribution provinciale et d'établir le processus de distribution de l'argent. Le Canada paie 25 % des travaux publics, la province l'équivalent. Le montant restant est assumé par les municipalités. Cette loi est la première, mais elle ne sera pas la dernière en matière de travaux publics. Des lois similaires sont sanctionnées d'année en année.

Les municipalités répondent rapidement à l'appel du gouvernement en matière de travaux publics puisque leur population est durement frappée par la Grande dépression. Elles proposent des projets au gouvernement, et les travaux réalisés sont très variés d'un endroit à l'autre. La loi du 11 décembre permet même aux municipalités de subventionner des travaux sur des églises. Les travaux publics visent d'abord à se doter d'équipements modernes comme des égouts et des aqueducs (Hull, Québec) ainsi que des installations portuaires (Chicoutimi). Ils comprennent ensuite plusieurs projets d'aménagements urbains comme des parcs et des promenades (Montréal, Salaberry-de-Valleyfield, Shawinigan). Ils permettent aussi la construction d'équipements sportifs, comme des piscines (Montréal) et des amphithéâtres (Saint-Hyacinthe), culturels, comme des salles de spectacle (Québec), et civiques comme des hôtels de ville (Chicoutimi).

Plusieurs municipalités québécoises réalisent des travaux publics dans le cadre des mesures d'aides gouvernementales. Elles y voient un moyen de soulager leurs citoyens, mais également de se doter d'infrastructures modernes. Nous pensons d'abord à la capitale qui se dote du palais Montcalm et d'un réservoir sous les plaines d'Abraham ainsi qu'à la métropole qui se dote notamment de bains publics et aménage l'île Sainte-Hélène. Plusieurs autres villes moins grandes réalisent aussi des travaux publics comme Shawinigan (promenade Saint-Maurice), Grand-Mère [maintenant Shawinigan] (parc de la Rivière-Grand-Mère), Drummondville, Saint-Hyacinthe (stade L.-P.-Gaucher), Salaberry-de-Valleyfield (parc Delpha-Sauvé), Trois-Rivières (parc de l'Exposition), Chicoutimi [maintenant Saguenay] (hôtel de ville) et Hull (aqueduc et égout).

Les travaux publics réalisés pendant la Grande dépression marquent le paysage urbain de plusieurs villes québécoises. Ils ont, en effet, laissé des infrastructures de qualité destinées aux citoyens. Parmi les réalisations les plus connues, citons notamment le palais Montcalm à Québec, le Jardin botanique ainsi que le chalet et le lac aux Castors dans le parc du Mont-Royal à Montréal.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Fondation du Jardin botanique de Montréal



Jardin chinois au Jardin botanique de Montréal

Le Jardin botanique de Montréal est fondé le 9 juin 1931. Situé dans l'est de Montréal, il renferme plus de 22 000 espèces de plantes, exposées dans 10 serres, un arboretum et une trentaine de jardins thématiques.

Le Jardin botanique est l'œuvre du frère Marie-Victorin, Conrad Kirouac (1885-1944), un religieux des Frères des Écoles chrétiennes. Il est spécialiste de la flore québécoise et professeur à l'Institut de botanique de l'Université de Montréal. La création du Jardin répond à trois objectifs: conserver le patrimoine floral du Québec, populariser la botanique et enrichir la culture scientifique francophone en plein développement durant l'entre-deux-guerres. Après avoir lancé l'idée en 1925, le frère Marie-Victorin met sur pied en 1930 l'Association du jardin botanique de Montréal afin de faire cheminer le projet auprès de l'administration municipale. Il connaît bien le maire Camillien Houde, élu en 1928, car il fut son enseignant au Collège LaSalle à Longueuil.

Le 9 juin 1931, Marie-Victorin parvient à convaincre le Conseil municipal de la faisabilité et de l'intérêt pour la Ville d'une telle institution. Il faut toutefois attendre le mois de décembre 1931 pour que les travaux puissent débuter. L'aménagement du Jardin botanique fait partie de la stratégie de Montréal pour atténuer le chômage en période de crise économique. L'architecte municipal, Lucien Kérouak, est responsable de la construction des bâtiments. Les travaux paysagistes sont confiés à l'horticulteur allemand Henry Teuscher, recommandé par le Jardin botanique de New York. L'architecte-paysagiste Frederick Gage Todd collabore également au projet.

Le site retenu se trouve dans l'immense parc Maisonneuve, créé par la municipalité du même nom avant la Première Guerre mondiale. Amorcés en 1931, les travaux sont suspendus en 1933, car la Ville n'a plus d'argent pour financer son programme de travaux publics.

Le 24 avril 1936, la Ville de Montréal crée un conseil d'administration conjoint avec le frère Marie-Victorin et libère des sommes suffisantes pour achever les travaux. En outre, le gouvernement du Québec, dirigé par Maurice Duplessis, contribue financièrement au projet. Le chantier, relancé en 1936, devient l'un des plus imposants à Montréal. Plus de 700 ouvriers y travaillent et onze millions de dollars sont investis. Le Jardin botanique ouvre ses portes en 1939. La même année, le frère Marie-Victorin y déménage son laboratoire et l'Institut de botanique de l'Université de Montréal, ce qui permet de solidifier les liens entre le Jardin et le milieu universitaire. L'institution est à la fois un espace récréatif, un centre de formation et un pôle de recherche scientifique.

En 1956, la Ville retire au directeur scientifique sa place au conseil d'administration et l'accorde à un fonctionnaire municipal. L'établissement, jadis géré en collaboration avec le milieu scientifique, est désormais un service public sous la seule responsabilité du Conseil municipal. Le directeur scientifique poursuit néanmoins la coordination des affaires universitaires.

Le Jardin connaît un essor important à partir des années 1980 sous l'effet conjugué des préoccupations environnementales, de l'augmentation de son budget et de l'intérêt croissant pour la flore internationale. De nouvelles installations accentuent sa vocation touristique, dont les jardins du Japon, de Chine et des Premières Nations, ainsi que l'Insectarium.

La fondation du Jardin botanique en 1931 est une étape importante dans l'avancement de la culture scientifique québécoise. Il est reconnu comme l'un des plus importants au monde.
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Notices bibliographiques :
AUDET, René. « Frère Marie-Victorin, environnementaliste ». Bulletin d'histoire politique. Vol. 23, no 2 (2015), p. 48-65.
BOUCHARD, André et Francine HOFFMAN. Le Jardin botanique de Montréal: esquisse d'une histoire. Saint-Laurent, Fides, 1998. 111 p.
CAILLOUX, Marcel. « Souvenirs du frère Marie-Victorin, de son Institut et de son Jardin botanique ». Liberté. Vol. 39, no 6 (1997), p. 68-84.
CLERK, Nathalie. « Le Jardin Botanique de Montréal ». Journal of the Society for the Study of Architecture in Canada/Journal de la société pour l'étude de l'architecture au Canada. Vol. 34, no 2 (2009), p. 113-139.
DAGENAIS, Michèle. « Le Jardin botanique de Montréal: une responsabilité municipale? ». Revue d'histoire de l'Amérique française. Vol. 52, no 1 (1998), p. 3-22.
Espace pour la vie. « 80 ans d’histoire et d’Archives au Jardin botanique de Montréal ». Ville de Montréal. Ville de Montréal - Portail officiel [En ligne]. http://montrealweb.ville.montreal.qc.ca/jardin/archives/histoire/histoire_accueil.php.
GINGRAS, Yves. « Le frère Marie-Victorin, l’âme du Jardin botanique ». Quatre-temps. Vol. 30, no 2-3 (2006), p. 16-19.
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Grève des midinettes de 1937



Grève des midinettes (1937)

Le 15 avril 1937, 5000 couturières membres de l'Union internationale des ouvriers du vêtement pour dames (UIOVD) déclenchent une grève générale de trois semaines dans plusieurs usines de Montréal.

L'industrie québécoise de la confection s'est installée principalement à Montréal à la fin du XIXe siècle. Cela s'explique par la position stratégique de l'île. Les coûts de production sont plus bas qu'ailleurs, car la main-d'œuvre est multiculturelle et composée en majorité de femmes sous-payées. Elles travaillent dans les ateliers et les usines situées le long secteur des rues Saint-Laurent, Sainte-Catherine et De Bleury. On les surnommera les midinettes.

Les traditions syndicales du secteur de la confection vestimentaire proviennent des ouvriers masculins qualifiés (tailleurs, coupeurs) au XIXe siècle. À partir des années 1930, les militants syndicaux tentent de rejoindre les travailleuses non qualifiées selon une approche industrielle. La Dépression des années 1930 précarise davantage les emplois et accentue le rapport de force des employeurs. En 1937, la semaine de travail dans la confection est évaluée à 55 heures et le salaire hebdomadaire est nettement inférieur à la moyenne du secteur manufacturier.

En réponse à ces dures conditions, les syndicats intensifient leurs activités de recrutement. En septembre 1936, la centrale new-yorkaise de l'UIOVD envoie deux organisateurs, Bernard Shane et Rose Pesotta, pour syndiquer les midinettes montréalaises. Ils s'adjoignent une militante juive native de la région de Québec, Léa Roback, comme liaison dans les usines. Claude Jodoin est assigné comme négociateur auprès des employeurs. Une unité locale représentant les ouvrières est fondée à Montréal le 15 janvier 1937.

À la fin de mars 1937, le syndicat s'estime assez fort pour négocier un contrat de travail avec les 80 employeurs regroupés dans la Guilde des manufacturiers du vêtement pour dames. Les midinettes ont un cahier de revendications étoffé: reconnaissance syndicale, semaine de 44 heures, hausse salariale générale de 50%, interdiction du travail à domicile, fin du favoritisme, heures supplémentaires payées à temps et demi. En l'absence de réponse de la Guilde, les syndiquées votent la grève le 7 avril et la déclenchent le 15 du même mois.

Les grévistes reçoivent l'appui du Conseil des métiers et du travail de Montréal, porte-parole des syndicats internationaux de métier sur le territoire montréalais. Claude Jodoin agit comme négociateur de l'UIOVD. La centrale new-yorkaise, membre de la Fédération américaine du travail, y investit des ressources importantes et met sur pied un fonds de grève. Le contexte politique n'aide pas les midinettes. Le premier ministre du Québec, Maurice Duplessis, brandit sans succès la Loi du cadenas, adoptée en mars 1937, pour casser la grève. Quelques escarmouches surviennent avec les briseurs de grève: 13 femmes et 8 hommes sont incarcérés pendant le conflit.

L'enlisement du conflit divise le patronat. Deux groupes d'employeurs se forment pour dénouer l'impasse. Le premier tente sans succès de s'entendre avec les travailleuses, moins nombreuses, affiliées à la Confédération des travailleurs catholiques du Canada. L'autre groupe négocie avec l'UIOVD et signe un contrat de travail à la hâte le 10 mai 1937. La grève s'achève la même journée et les midinettes obtiennent la majorité de leurs revendications. La fin de la grève a un écho à l'Assemblée législative du Québec. En septembre 1937, le gouvernement instaure un salaire minimum légal et crée un tribunal d'arbitrage pour les conflits de travail.

La grève d'avril 1937 permet aux travailleuses de la confection d'avoir une visibilité militante dans l'espace public et de s'initier aux activités politiques et syndicales. Elle frappe l'imaginaire et met en lumière la contribution de communauté juive au progrès des conditions de travail au Québec.
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Notices bibliographiques :
BAILLARGEON, Denyse. Brève histoire des femmes au Québec. Montréal, Boréal, 2012. 281 p.
BANTEY, Edward. Les/The Midinettes, 1937-1962. Montréal, Montréal, International Ladies' Garment Workers' Union, 1962. 123 p.
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Conseil du statut de la femme et Réseau québécois en études féministes. Ligne du temps de l'histoire des femmes au Québec [En Ligne]. http://www.histoiredesfemmes.quebec/
GAGNON, Gemma. La syndicalisation des femmes dans l'industrie montréalaise du vêtement, 1936-1937. Université du Québec à Montréal, 1990. 256 p.
GANNAGE, Charlene. Double Day, Double Bind : Women Garment Workers. Toronto, Women's Press, 1986. 235 p.
LÉVESQUE, Andrée. « Les Midinettes de 1937: culture ouvrière, culture de genre, culture ethnique ». LAMONDE, Yvan, dir. et Denis SAINT-JACQUES, dir. 1937: un tournant culturel. Québec, Les Presses de l'Université Laval, 2009, p. 71-88.
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.
ROUILLARD, Jacques. Le syndicalisme québécois: deux siècles d'histoire. Montréal, Boréal, 2004. 335 p.
s.a. « La grève des midinettes – Conseil conjoint montréalais de la ILGWU ». s.a. Le musée interactif du Montréal juif [En ligne]. http://mimj.ca/location/1913

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Obtention du droit de vote et d'éligibilité pour les femmes québécoises



Thérèse Casgrain, au centre, a mené le combat pour le droit de vote des femmes au Québec (1940)

Le 18 avril 1940, l'Assemblée législative du Québec adopte la Loi accordant aux femmes le droit de vote et d'éligibilité. Cet événement est un jalon important de la lutte pour l'égalité politique des femmes au Québec.

Les mouvements en faveur du droit de vote pour les femmes au Québec et au Canada naissent à la fin du XIXe siècle. La première organisation à réclamer le droit de vote pour les femmes est la Women's Christian Temperance Union, un organisme qui combat essentiellement l'alcoolisme et qui a une succursale à Montréal à compter de 1887. La lutte pour l'obtention du droit de vote pour les femmes se concrétise en 1913 par la fondation de la Montreal Suffrage Association, un organisme présidé par Carrie Derrick. Le mandat de l'association est de promouvoir le suffrage féminin au fédéral. En 1918, les femmes du Québec et du Canada obtiennent le droit de voter aux élections fédérales et, en 1919, de se faire élire à la Chambre des communes. De 1916 à 1922, les femmes obtiennent le droit de vote dans toutes les provinces canadiennes, sauf au Québec.

La lutte des femmes pour l'obtention du droit de vote aux élections québécoises commence véritablement en 1921 avec la fondation du Comité provincial pour le suffrage féminin par Marie Lacoste Gérin-Lajoie, présidente de la Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste, et Anna Marks Lyman, présidente du Montreal Council of Women. Carrie Derick, Grace Julia Parker Drummond, Octavia Grace Ritchie England, Idola Saint-Jean et Thérèse Casgrain font aussi partie du comité. L'objectif de ce comité est de forcer l'Assemblée législative à débattre de la question du suffrage féminin. Des obstacles se dressent toutefois sur la voie des militantes: le clergé catholique et la grande majorité des journalistes et des parlementaires, de même que plusieurs femmes, s'y opposent vigoureusement. Le Comité se présente une première fois au Parlement de Québec le 9 février 1922 pour réclamer le suffrage féminin. En mars de la même année, le député libéral Henry Miles dépose un projet de loi sur le suffrage féminin, qui est rejeté.

Par la suite, la revendication est reprise par l'Alliance canadienne pour le vote des femmes du Québec, créée en 1927 par Idola Saint-Jean, et la Ligue des droits de la femme, créée en 1929 par Thérèse Casgrain, à partir du Comité provincial pour le suffrage féminin. En travaillant de pair, ces deux groupes réclament le droit de vote pour les femmes aux élections provinciales en organisant des manifestations et des campagnes médiatiques. À leur demande, un député favorable à leur cause dépose chaque année un projet de loi à l'Assemblée législative. Ces projets sont continuellement rejetés.

Défait aux urnes en 1936, le Parti libéral du Québec organise un congrès en mai 1938 afin de préparer son programme électoral. Thérèse Casgrain, alors vice-présidente du Club des femmes libérales du Canada, participe au congrès avec une délégation féminine. Ces femmes parviennent à faire ajouter le suffrage féminin au programme du parti. Élus en 1939, les libéraux d'Adélard Godbout remplissent leur promesse dans la première année de leur mandat.

Le projet de loi accordant aux femmes le droit de vote et d'éligibilité est présenté en Chambre le 9 avril 1940. Deux jours plus tard, en deuxième lecture, 67 députés votent en faveur du projet et 9 contre. Le 18 avril, le projet est adopté sur division en troisième lecture. Le 25 avril, le Conseil législatif adopte la loi, qui reçoit la sanction royale du lieutenant-gouverneur le jour même.

En 1944, les femmes votent pour la première fois dans le cadre d'une élection générale québécoise. Il faut toutefois attendre en 1961 pour voir une première femme, Marie-Claire Kirkland-Casgrain, être élue à titre de députée. L'année suivante, elle devient la première femme à être assermentée comme ministre. En 2012, Pauline Marois est la première femme élue première ministre du Québec.
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Notices bibliographiques :
Assemblée nationale du Québec. Par ici la démocratie. Ligne du temps [En Ligne]. http://paricilademocratie.com/
BAILLARGEON, Denyse. Brève histoire des femmes au Québec. Montréal, Boréal, 2012. 281 p.
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
BOILEAU, Gilles. « C'est Adélard Godbout qui a donné le droit de vote des femmes ». Histoire du Québec. Vol. 10, no 2 (2004), p. 11-14.
Collectif Clio. L'histoire des femmes au Québec depuis quatre siècles. Montréal, Le Jour, 1992. 646 p.
Conseil du statut de la femme et Réseau québécois en études féministes. Ligne du temps de l'histoire des femmes au Québec [En Ligne]. http://www.histoiredesfemmes.quebec/
DARSIGNY, Maryse. « Les femmes à l'isoloir : la lutte pour le droit de vote ». Cap-aux-Diamants. No 21 (1990), p. 19-21.
LAPLANTE, Laurent. « Les femmes et le droit de vote : l'épiscopat rend les armes ». Cap-aux-Diamants. No 21 (1990), p. 23-25.
LAVIGNE, Marie. « 18 avril 1940 - L'adoption du droit de vote des femmes : le résultat d'un long combat ». GRAVELINE, Pierre, dir. Dix journées qui ont fait le Québec. Montréal, VLB, 2013, p. 161-186.
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.
Bulletin / Bibliothèque de l'Assemblée nationale. Vol. 39, no 1 (2010), 47 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Première conférence de Québec



Le président Roosevelt et les premiers ministres Mackenzie King et Churchill à la Citadelle de Québec (1943)

La première conférence de Québec, aussi connue sous le nom de code Quadrant, se déroule du 11 au 24 août 1943 dans la citadelle de Québec ainsi que dans le château Frontenac. Cette conférence bilatérale survient dans un contexte d'accroissement des rencontres stratégiques des forces alliées pendant la Seconde Guerre mondiale, après celles de Casablanca et de Washington. Elle rassemble le président américain Franklin D. Roosevelt, le premier ministre britannique Winston Churchill, leurs états majors respectifs ainsi que des délégués militaires de plusieurs pays alliés. Le gouverneur général du Canada, le comte d'Athlone, et le premier ministre, William Lyon Mackenzie King, sont présents en qualité d'hôte, mais ne prennent pas part aux discussions.

La tenue de la conférence a des répercussions sur la ville de Québec. Les médias sont tenus au secret et les communications sont étroitement surveillées et contrôlées. Des batteries antiaériennes et des patrouilles assurent la sécurité des airs tandis que les lieux de rencontre sont ceinturés par d'imposants périmètres de sécurité. Pour sa part, le château Frontenac est complètement vidé de ses hôtes et toutes les réservations sont annulées afin de pouvoir accueillir les participants de la conférence.

Le premier chef d'État qui arrive à Québec est Winston Churchill, le 10 août 1943. Il est accompagné de son épouse Clementine et de leur fille Mary. Le lendemain, Churchill et King sont reçus dans la salle du Conseil exécutif de l'Assemblée législative par le premier ministre Adélard Godbout et son cabinet. Les premières séances de la conférence s'amorcent le même jour entre les chefs d'états-majors combinés, qui sont responsables de la préparation de la stratégie militaire conjointe de la Grande Bretagne et des États-Unis. Le 17 août, en fin de journée, le président Roosevelt arrive dans la ville. Le jour suivant, les photos officielles de la conférence sont prises à la citadelle. Plusieurs de ces clichés passent à la postérité.

Ce n'est qu'une fois Churchill et Roosevelt réunis que se prennent des décisions à partir du travail effectué par les chefs d'états-majors combinés. Parmi les sujets abordés, il y a l'imminente capitulation de l'Italie qui soulève la question de l'ouverture d'un nouveau front en Europe. Conséquemment, et malgré les nombreux points abordés, les efforts sont concentrés sur la planification d'un débarquement en Normandie, nommé opération Overlord. Prévue pour le mois de mai 1944, son organisation est placée sous le commandement du général américain Dwight D. Eisenhower. Le projet Manhattan est également évoqué et il est décidé que l'Union des républiques socialistes soviétiques ne pourra pas être informée des développements du projet. Enfin, on s'entend pour intensifier la lutte contre le Japon.

Le 23 août, King participe avec Churchill à un défilé motorisé dans les rues de Québec. La rencontre se termine le 24 août avec une conférence de presse couverte par de nombreux journalistes. Ces derniers, ne pouvant avoir accès à ce qui s'est discuté derrière les portes closes, se rabattent sur la couverture des manifestations mondaines en marge des discussions. À la suite de la conférence, Roosevelt quitte pour Ottawa tandis que Churchill reste quelques jours supplémentaires à Québec.

La conférence de Québec de 1943 lance la préparation de l'opération Overlord et marque l'implication grandissante des États-Unis dans la poursuite de la guerre. La tenue de cette conférence, et celle de 1944, permettent à Québec de figurer parmi les villes qui ont eu le privilège d'accueillir une conférence interalliée au cours de la Deuxième Guerre mondiale.
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Notices bibliographiques :
Assemblée nationale du Québec. Par ici la démocratie. Ligne du temps [En Ligne]. http://paricilademocratie.com/
BLAIS, Christian, Gilles GALLICHAN, Frédéric LEMIEUX et Jocelyn SAINT-PIERRE. Québec: quatre siècles d'une capitale. Québec, Assemblée nationale du Québec - Les Publications du Québec, 2008. 692 p.
LEBEL, Jean-Marie. Québec 1608-2008 : les chroniques de la capitale. Québec, Les Presses de l'Université Laval, 2008. 760 p.
MARSH, James. « Conférences de Québec (1943 et 1944) ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com
Office of the Combined Chiefs of Staff. Quadrant Conference (Quebec), Papers and Minutes of Meetings, August 1943. s.l. Office of the Combined Chiefs of Staff, 1943. 520 p.
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.
RICARD-CHÂTELAIN, Baptiste. « Quand l'histoire s'est écrite à Québec ». Le Soleil, 17 août 2013, s.p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Création d'Hydro-Québec



L’aménagement de Carillon sur la rivière des Outaouais (1960)

Le 14 avril 1944, l'Assemblée législative de la province de Québec adopte la Loi établissant la Commission hydroélectrique de Québec, créant ainsi l'entreprise publique connue sous le nom d'Hydro-Québec, responsable de la production, du transport et de la distribution de l'électricité sur tout le territoire québécois.

Antérieurement à la création d'Hydro-Québec, les ressources énergétiques du Québec sont exploitées en majeure partie par des entreprises privées. La Montreal Light, Heat and Power Consolidated, l'une de ces puissantes compagnies, exerce un monopole sur l'île de Montréal et engrange des profits considérables, tout en offrant des services plus ou moins adéquats.

La lutte contre le trust de l'électricité prend son essor au début des années 1930. Télesphore-Damien Bouchard, député libéral et maire de Saint-Hyacinthe, qui prône la municipalisation des services d'électricité, et le dentiste Philippe Hamel, qui milite pour la nationalisation des compagnies, figurent parmi les chefs de file du mouvement. En 1933, l'École sociale populaire prend position en faveur de la création d'une hydro provinciale. Face aux pressions populaires croissantes, le gouvernement de Louis-Alexandre Taschereau crée en 1934 la Commission de l'électricité (Commission Lapointe), qui dénoncera dans son rapport les pratiques des compagnies, sans pour autant recommander la nationalisation.

La nationalisation de l'électricité devient un enjeu électoral en 1936, alors que l'Union nationale s'engage dans cette voie. Une fois élue, l'Union nationale crée plutôt le Syndicat national de l'électricité, une entreprise publique chargée de construire des centrales hydroélectriques dans certaines régions du Québec. En 1939, le Parti libéral est reporté au pouvoir au terme d'une campagne pendant laquelle son chef Adélard Godbout promet l'étatisation de la Montreal Light Heat and Power Consolidated.

Malgré la campagne d'opposition de la compagnie et de la presse d'affaires, le projet de loi visant la création d'une hydro québécoise, l'étatisation de la Montreal Light, Heat and Power Consolidated et l'électrification rurale est déposé le 23 mars 1944. Adoptée et sanctionnée le 14 avril 1944, la loi donne le mandat à Hydro-Québec « de fournir l'énergie aux municipalités, aux entreprises industrielles ou commerciales et aux citoyens de cette province aux taux les plus bas compatibles avec une saine administration financière ».

Le lendemain de l'adoption de la loi, les commissaires d'Hydro-Québec prennent possession des actifs électriques et gaziers de la Montreal Light, Heat and Power Consolidated et de ses deux filiales. La nouvelle société d'État acquiert ainsi quatre centrales hydroélectriques en activité et le monopole du transport et de la distribution de l'électricité et du gaz sur l'île de Montréal. Le processus de compensation des expropriés prendra fin en 1953.

La création d'Hydro-Québec a des retombées économiques majeures. Par cette expropriation, l'État québécois prend possession du marché montréalais de l'électricité. À court terme, cette prise de contrôle entraine la réduction des tarifs, ce qui favorise le développement du marché domestique et l'extension du réseau de distribution. À plus long terme, la création d'Hydro-Québec contribue à l'électrification des régions du Québec et au développement d'une expertise québécoise en production et en transport d'énergie hydroélectrique.

En 1963, le gouvernement de Jean Lesage complète la nationalisation de l'électricité en permettant à Hydro-Québec d'acquérir et d'intégrer à son réseau les actifs de onze autres compagnies privées d'électricité. Hydro-Québec devient alors un véritable levier économique. Elle contribue à l'autonomie de l'État québécois et à nourrir la fierté de sa population.

De nos jours, Hydro-Québec est l'un des plus importants producteurs d'hydroélectricité au monde et continue de jouer un rôle déterminant dans le développement économique du Québec.



Intérêt patrimonial

Cette désignation repose sur les motifs suivants:

Le 14 avril 1944, le gouvernement d'Adélard Godbout fait adopter par l'Assemblée législative de la province de Québec une loi donnant naissance à Hydro-Québec et étatisant les actifs de la Montreal Light, Heat and Power Consolidated. La nouvelle entreprise publique acquiert ainsi quatre centrales en activité et le monopole du transport et de la distribution de l'électricité et du gaz sur l'île de Montréal.

La création d'Hydro-Québec a des retombées économiques majeures. À court terme, la prise de possession du marché montréalais de l'énergie entraine la réduction des tarifs des consommateurs, ce qui favorise l'expansion du marché domestique et l'extension du réseau de distribution. À plus long terme, la création d'Hydro-Québec contribue à l'électrification des campagnes et au développement d'une expertise québécoise dans le secteur de l'énergie hydroélectrique.

La création d'Hydro-Québec constitue la première phase du processus de nationalisation de l'électricité au Québec. Ce processus est complété en 1963 par le gouvernement de Jean Lesage qui permet à Hydro-Québec d'acquérir et d'intégrer à son réseau les actifs de onze autres compagnies privées d'électricité. Hydro-Québec devient un véritable levier économique qui contribuera dès lors à l'autonomie de l'État québécois.

De nos jours, Hydro-Québec est responsable de la production, du transport et de la distribution de l'électricité sur tout le territoire québécois. L'entreprise continue de jouer un rôle déterminant dans le développement économique du Québec et est l'un des plus importants producteurs d'hydroélectricité au monde.
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Notices bibliographiques :
Archemi inc. Aménagement des Cèdres, Inventaire du patrimoine bâti et technologique, vol. 1 - Rapport principal. Montréal, 2004. 161 p.
GALLICHAN, Gilles, dir. et Assemblée nationale du Québec. Hydro-Québec : débats parlementaires, Loi 17 - 1944. Québec, econstitution des débats, Bibliothèque de l'Assemblée nationale, 1994. 156 p.
BELLAVANCE, Claude, Roger LEVASSEUR et Yvon ROUSSEAU. « De la lutte antimonopoliste à la promotion de la grande entreprise. L'essor de deux institutions: Hydro-Québec et Desjardins, 1920-1965 ». Recherches sociographiques. Vol. XL, no 3 (1999), p. 551-578.
BELLAVANCE, Claude. « Les origines économiques et techniques de la nationalisation de l'électricité au Québec : l'expérience du régime mixte, de 1944 à 1963 ». Annales historiques de l'électricité. Vol. 1, no 1 (2003), p. 37-52.
BELLAVANCE, Claude. Shawinigan Water and Power (1898-1963). Formation et déclin d'un groupe industriel au Québec. Montréal, Boréal, 1994. 448 p.
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
BLAIS, Christian. Histoire parlementaire du Québec, 1928-1962 : la crise, la guerre, le duplessisme, l'État providence : introduction. Québec, Septentrion, 2015. s.p.
BOLDUC, André. « L'histoire de l'électricité au Québec ». Hydro-Québec. Hydro-Québec [En ligne]. http://www.hydroquebec.com/comprendre/histoire/index.html
BOLDUC, André, Clarence HOGUE et Daniel LAROUCHE. Québec : un siècle d'électricité. Montréal, Libre expression, 1984. 430 p.
BROUILLETTE, Benoît. « Notre Milieu. Combustible et force motrice ». Le Devoir, 4 mars 1941, p. p.2.
DORION, Marie-Josée. Les coopératives et l'électrification rurale du Québec, 1945-1964. Université du Québec à Trois-Rivières, 2008. 628 p.
FAUCHER, Albert. « La question de l'électricité au Québec durant les années trente ». L'Actualité économique. Vol. 68, no 3 (1992), p. 415-432.
GALLICHAN, Gilles. « De la Montreal Light, Heat and Power à Hydro-Québec ». BÉLANGER, Yves et Robert COMEAU. Hydro-Québec : autres temps, autres défis. Les leaders du Québec contemporain. Québec, Université du Québec, 1995, p. 63-70.
LEROUX, Carole. « La passionnante histoire de la nationalisation de l'électricité au Québec ». L'Écho. Journal du Syndicat professionnel des ingénieurs d'Hydro-Québec. Vol. 49, no 6 (2013), p. p.7.
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.
SAVARD, Stéphane. Hydro-Québec et l'État québécois, 1944-2005. Québec, Septentrion, 2013. 435 p.
Société d'aménagement technologique Inc. (SOTAR). Inventaire du patrimoine bâti et technologique d'Hydro-Québec : évaluation comparative des installations hydroélectriques. Vol. 1. s.l. 1995. s.p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Parution du roman Bonheur d’occasion de Gabrielle Roy



Gabrielle Roy et les enfants de Saint-Henri (1945)

Gabrielle Roy est une des auteures les plus importantes du Québec et du Canada. La parution de son premier roman, Bonheur d’occasion, à la Société des éditions Pascal en 1945, est un événement déterminant dans l’histoire de la littérature québécoise.

Née au Manitoba en 1909, Gabrielle Roy s’établit à Montréal en 1939, à son retour d’Europe. Journaliste à la pige et artiste dramatique, elle entreprend la rédaction de l’œuvre de fiction qui deviendra le roman Bonheur d’occasion au printemps de 1941 ou de 1942. Elle découvre la matière de ce roman au cours des promenades qu’elle effectue dans le quartier Saint-Henri. À mesure que ces randonnées se multiplient, elles deviennent de véritables enquêtes. À partir de ses observations, Gabrielle Roy rédige vraisemblablement deux ou trois versions de son roman. Elle soumet son manuscrit au début de l’été de 1944 à la Société des éditions Pascal dirigé par Gérard Dagenais, qui lui est présenté par Henri Girard, son conseiller littéraire. L’auteure signe son contrat le 28 août 1944.

Le roman Bonheur d’occasion de Gabrielle Roy paraît le 28 juin 1945. Le roman est publié en deux volumes et compte 532 pages. Le récit présente la quête de mieux-être de résidants du quartier populaire et défavorisé de Saint-Henri, à Montréal, notamment les membres de la famille Lacasse, pour qui la guerre apparaît, à l’hiver et au printemps de 1940, comme un moyen de sortir de la misère.

Le roman reçoit dès sa parution un accueil enthousiaste de la critique et connaît un succès commercial et médiatique sans précédent au Québec, ce qui confère à Gabrielle Roy une célébrité instantanée. Il s’agirait du premier succès « à l’américaine » d’un roman québécois. Le premier tirage est épuisé à la fin de l’été 1945. Au 31 janvier 1946, 6 326 exemplaires du roman ont été vendus. Malgré ces chiffres, l’éditeur est incapable de verser les redevances à l’auteure. Représentée par l’avocat Jean-Marie Nadeau, qui devient son agent littéraire, Gabrielle Roy reprend les droits sur son roman et dirige les éditions subséquentes. À la suite de la faillite de la Société des éditions Pascal, Gabrielle Roy confie la distribution de son roman au Québec à la Librairie Beauchemin.

Le roman reçoit plusieurs distinctions, notamment en 1947. Le livre obtient, entre autres, le prix du Gouverneur général du Canada dans la catégorie fiction. La version anglaise du roman, publiée aux États-Unis par la maison Reynal and Hitchcock sous le titre The Tin Flute, est désignée par la Literary Guild of America (club du livre américain) comme étant le livre du mois de mai 1947. Le roman est alors tiré à 700 000 exemplaires et devient un succès de librairie aux États-Unis et au Canada anglais. Plus encore, les droits visant l’adaptation du récit pour le cinéma sont achetés en 1947 par Universal Pictures, qui ne tournera toutefois jamais le film. En France, le roman paraît aux Éditions Flammarion et devient en 1947 le premier roman québécois et canadien à recevoir le prestigieux prix Femina. Le livre est par la suite traduit dans une douzaine de langues et distribué dans plusieurs pays.

Classique de la littérature québécoise, la parution de Bonheur d’occasion constitue un jalon déterminant dans l’histoire de la littérature québécoise. En portant un regard réaliste sur la ville et en plaçant le narrateur au cœur de celle-ci, l’auteure contribue en effet à renouveler le genre romanesque québécois, jusqu’alors d’inspiration plutôt rurale et idéaliste. La parution de ce grand roman urbain où l’on décrit les conditions de vie difficiles des classes populaires des quartiers défavorisés de Montréal apparaît aussi comme l’élément déclencheur de la littérature de contestation qui dominera la production romanesque des décennies suivantes. Ce roman permet ainsi à la littérature québécoise de faire un pas de plus dans la modernité.


INTÉRÊT PATRIMONIAL

Cet événement historique est désigné pour les motifs suivants:

Le premier roman de Gabrielle Roy, Bonheur d’occasion, est un classique de la littérature québécoise. Le récit présente la quête de mieux-être de résidants du quartier populaire et défavorisé de Saint Henri, à Montréal, notamment les membres de la famille Lacasse, pour qui la guerre apparaît, à l’hiver et au printemps de 1940, comme un moyen de sortir de la misère.

Gabrielle Roy s’établit à Montréal en 1939 et y travaille comme journaliste à la pige. Elle découvre la matière de ce roman au cours des promenades qu’elle effectue dans le quartier Saint-Henri. À mesure que ces randonnées se multiplient, elles deviennent de véritables enquêtes. C’est à partir de ses observations qu’au printemps de 1941 ou de 1942, Gabrielle Roy entreprendra la rédaction d’une oeuvre de fiction dont le titre sera Bonheur d’occasion.

Le roman Bonheur d’occasion est publié le 28 juin 1945 à la Société des éditions Pascal, à Montréal. Reçu de manière enthousiaste par la critique, il connaît un succès commercial et médiatique sans précédent au Québec, conférant à son auteure une célébrité instantanée. Le roman obtient, entre autres, le prix du Gouverneur général du Canada dans la catégorie fiction, en 1947, et devient, au cours de la même année, le premier roman québécois et canadien à recevoir le prestigieux prix Femina. Bonheur d’occasion est traduit dans plusieurs langues, et sa version anglaise, The Tin Flute, est nommée le livre du mois de mai de 1947 par la Literary Guild of America (club du livre américain). Le roman devient aussi un succès de librairie aux États-Unis et au Canada anglais.

La parution de Bonheur d’occasion constitue un jalon déterminant dans l’histoire de la littérature québécoise. En portant un regard réaliste sur la ville et en plaçant le narrateur au coeur de celle-ci, l’auteure contribue en effet à renouveler le genre romanesque québécois, jusqu’alors d’inspiration plutôt rurale et idéaliste. La parution de ce grand roman urbain où l’on décrit les conditions de vie difficiles des classes populaires des quartiers défavorisés de Montréal apparaît aussi comme l’élément déclencheur de la littérature de contestation qui dominera la production romanesque des décennies suivantes. Ce roman permet ainsi à la littérature québécoise de faire un pas de plus dans la modernité.
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Notices bibliographiques :
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
Conseil du statut de la femme et Réseau québécois en études féministes. Ligne du temps de l’histoire des femmes au Québec [En Ligne]. http://www.histoiredesfemmes.quebec/
FAUCHON, André, dir. Colloque international Gabrielle Roy : actes du colloque soulignant le cinquantième anniversaire de Bonheur d’occasion, 27 au 30 septembre 1995. Winnipeg, Presses universitaires de Saint-Boniface, 1996. 756 p.
MAILHOT, Laurent. La littérature québécoise depuis ses origines : essai. Montreal, Typo, 1996. 445 p.
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.
RICARD, François. Album Gabrielle Roy. Montréal, Boréal, 2014. 151 p.
RICARD, François. Gabrielle Roy : une vie : biographie. Montréal, Boréal, 1996. 646 p.
RICARD, François. « Roy, Gabrielle ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
SIROIS, Antoine. « Bonheur d’occasion, roman de Gabrielle Roy ». LEMIRE, Maurice. Dictionnaire des oeuvres littéraires du Québec - 1940 à 1959. Montréal, Fides, 1995, p. 127-133.
VANASSE, André. Gabrielle Roy: Écrire, une vocation. Montréal, XYZ, 2004. 164 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Adoption du fleurdelisé comme drapeau officiel du Québec



Le premier ministre Maurice Duplessis devant un grand drapeau du Québec (1948)

Le 21 janvier est le jour du Drapeau du Québec en vertu de la Loi sur le drapeau et les emblèmes du Québec. Ce jour commémore la première levée du fleurdelisé sur le mât de la tour centrale de l’hôtel du Parlement du Québec, le 21 janvier 1948. Le matin même, le gouvernement du Québec lui avait accordé par décret le statut de drapeau officiel.

Sur ce premier drapeau, quatre fleurs de lys blanches pointées vers le centre rappellent l’écu de France sur champ azur, symbole de la monarchie française, tandis que la croix blanche évoque celle plantée par Jacques Cartier à Gaspé, en 1534. Dès le lendemain, il est remplacé par un drapeau sur lequel les fleurs de lys sont redressées, comme c’est le cas aujourd’hui sur le drapeau officiel du Québec.
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Notices bibliographiques :
Assemblée nationale du Québec. Par ici la démocratie. Ligne du temps [En Ligne]. http://paricilademocratie.com/
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Lancement du manifeste Refus global



De gauche à droite: Claude Gauvreau, Julienne Gauvreau, Pierre Gauvreau, Marcel Barbeau, Madeleine Arbour, Paul-Émile Borduas, Madeleine Lalonde, Bruno Cormier et JeanPaul Mousseau (1947)

Considéré comme un moment charnière de l'histoire culturelle du Québec, le lancement du manifeste collectif intitulé Refus global s'inscrit dans le mouvement d'affirmation de la modernité dans le domaine des arts québécois. Ce mouvement s'est amorcé au cours des années 1930 et a culminé avec la Révolution tranquille.

Le manifeste Refus global est un condensé des réflexions des automatistes, un groupe de jeunes artistes d'avant-garde formé à Montréal à compter de 1941 autour de Paul-Émile Borduas, peintre et professeur à l'École du meuble. Inspirés par le surréalisme français et plus particulièrement par l'écrivain André Breton, les membres de ce groupe rejettent toute forme d'académisme et conçoivent plutôt l'art comme l'expression du subconscient, libre des limites imposées par les règles disciplinaires, laissant toute la place à la spontanéité et à l'expérimentation. À partir de 1944, leurs oeuvres sont montrées au public lors d'expositions collectives à Montréal, mais aussi à Toronto, New York et Paris.

À la suite de la publication à Paris en 1947 du manifeste Ruptures inaugurales par des artistes surréalistes, le groupe des automatistes sent le besoin de faire connaître ses positions par une manifestation écrite. Entre décembre 1947 et février 1948, les premières versions de Refus global sont rédigées par Borduas. Le manifeste en préparation circule chez les avant-gardes montréalaises et déclenche la parution du manifeste Prisme d'yeux signé par un groupe réuni autour d'Alfred Pellan. Pour financer la publication de Refus global, le photographe Maurice Perron fonde la maison d'édition Mithra-Mythe et organise une souscription auprès d'amis. Les textes du recueil sont dactylographiés par Pierre Gauvreau et sont imprimés sur une machine Gestetner. Ils sont par la suite assemblés de manière artisanale.

Le 9 août 1948, les automatistes lancent leur manifeste à la librairie d'Henri Tranquille, à Montréal. À cette occasion, les 400 exemplaires numérotés du tirage original sont mis en vente au coût d'un dollar chacun. Le recueil présente neuf textes différents, dont l'essai principal écrit par Paul-Émile Borduas qui donne son titre au collectif. Cet essai est cosigné par Madeleine Arbour, Marcel Barbeau, Muriel Guilbault, Pierre Gauvreau, Claude Gauvreau, Louise Renaud, Fernand Leduc, Thérèse Renaud-Leduc, Jean-Paul Riopelle, Françoise Riopelle, Jean-Paul Mousseau, Marcelle Ferron, Françoise Sullivan, Bruno Cormier et Maurice Perron. Il est accompagné de deux autres textes de Borduas, de trois « objets dramatiques » de Claude Gauvreau et de courts essais de Cormier et de Sullivan, de même que d'un texte pamphlétaire de Leduc. Douze planches d'illustrations et de photos complètent le document. La couverture est l'oeuvre de Riopelle et de Claude Gauvreau.

Par le manifeste Refus global, Borduas et les automatistes revendiquent une plus grande liberté dans l'acte de création, mais aussi dans la manière d'exister. Le manifeste critique de manière virulente la société dominante et son conservatisme, de même que le contrôle exercé sur les esprits par les pouvoirs religieux et politique. Plus qu'un manifeste d'artistes, Refus global est un projet de société porté par des citoyens en quête d'un monde plus libre et ouvert aux manifestations des avant-gardes internationales.

Le manifeste n'obtient pas de succès en librairie, mais sa parution provoque une controverse. Le gouvernement, l'Église et plusieurs journaux condamnent le texte jugé scandaleux et subversif. Le prix à payer par certains signataires du manifeste est plutôt lourd. Borduas perd son poste de professeur à l'École du meuble et s'exile à New York, puis à Paris, où se retrouveront également les Riopelle, Leduc et Ferron.

Le manifeste est laissé dans l'oubli durant les années suivant sa publication. Il est redécouvert dans les années 1960 et 1970 et consacré parmi les œuvres marquantes du Québec.

Le lancement du manifeste Refus global a été désigné événement historique le 9 août 2023.


INTÉRÊT PATRIMONIAL


Cet événement historique a été désigné pour les motifs suivants:

« Le lancement du manifeste Refus global est considéré comme un moment charnière de l'histoire culturelle du Québec. Ce manifeste est l'œuvre d'un groupe de jeunes artistes d'avant-garde, les Automatistes, formés à Montréal à compter de 1941 autour de Paul-Émile Borduas, peintre et professeur à l'École du meuble. En 1947, à la suite de la publication à Paris de Rupture inaugurale par les artistes surréalistes français, les Automatistes souhaitent faire connaître leur pensée par une manifestation écrite du même ordre. L'ébauche de ce texte est rédigée par Borduas pendant les vacances de Noël. En janvier 1948, au cours de rencontres, les Automatistes discutent autour de ce premier jet. En février, la parution de Prisme d'yeux, un manifeste signé par un groupe d'artistes québécois réunis autour de Jacques de Tonnancour et d'Alfred Pellan, force toutefois les Automatistes à revoir le contenu de leur document au cours de l'hiver et du printemps, ce qui entrainera des dissidences au sein de leur groupe. Le 9 août 1948, les Automatistes lancent, à la librairie Tranquille à Montréal, un recueil intitulé Refus global, qui comprend le manifeste écrit par Borduas et qui donne son titre au collectif. Le manifeste est contresigné par quinze artistes du mouvement automatiste, soit : Madeleine Arbour, Marcel Barbeau, Bruno Cormier, Marcelle Ferron, Muriel Guilbault, Claude Gauvreau, Pierre Gauvreau, Fernand Leduc, Jean-Paul Mousseau, Thérèse Renaud-Leduc, Louise Renaud, Maurice Perron, Françoise Riopelle, Jean Paul Riopelle et Françoise Sullivan. Dans ce texte, les cosignataires revendiquent une plus grande liberté, non seulement dans l'acte de création, mais aussi dans la manière d'exister, et critiquent sévèrement les cadres de la société de l'époque. La parution du manifeste provoque une vive controverse, qui a de lourdes conséquences pour certains signataires. C'est le cas pour Paul Émile Borduas, qui perdra son poste à l'École du meuble et s'exilera à New York, puis à Paris, où se retrouvent certains automatistes. Le lancement du manifeste Refus global s'inscrit néanmoins dans le mouvement d'affirmation de la modernité dans le domaine des arts québécois et sert de prélude à la Révolution tranquille. »
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Notices bibliographiques :
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
Conseil du statut de la femme et Réseau québécois en études féministes. Ligne du temps de l'histoire des femmes au Québec [En Ligne]. http://www.histoiredesfemmes.quebec/
DESCHAMPS, Brigitte. « Refus global: de la contestation à la commémoration ». L'automatisme en mouvement. Vol. 34, no 2-3 (1998), p. 175-190.
DUBOIS, Sophie. Refus global : histoire d'une réception partielle. Nouvelles études québécoises, 16. Montréal, Les Presses de l'Université de Montréal, 2017. 429 p.
GAGNON, François-Marc. « Borduas, Paul-Émile ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
GAGNON, François-Marc. « Refus Global ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
MAYER, Jonathan. Les échos du refus global. Montréal, Michel Brulé, 2008. 240 p.
Musée des beaux-arts de Mont-Saint-Hilaire. Musée des beaux-arts de Mont-Saint-Hilaire [En Ligne]. https://mbamsh.com/
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.
Vie des arts. Vol. 42, no 170 (1998).

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Grève de l’amiante



Grève de l'amiante (1949)

Le 14 février 1949 commence l’un des conflits de travail les plus longs et les plus violents de l’histoire du Québec: la grève de l’amiante. Celle-ci paralyse les principales mines d’amiante du Québec pendant près de 5 mois, à une époque où 85 % de l’amiante dans le monde provient du Québec et que ce minerai est utilisé dans la construction et la fabrication de nombreux produits. Les travailleurs revendiquent notamment un meilleur salaire, des jours fériés payés, une pension ainsi que des mesures pour limiter la poussière d’amiante qui est à l’origine de plusieurs maladies. La grève est marquée par la répression policière et le conflit entre le premier ministre Maurice Duplessis et l’archevêque de Montréal, monseigneur Joseph Charbonneau, qui soutient les grévistes. Si elle se solde par peu de gains pour les travailleurs, la grève de l’amiante a d’importantes répercussions sociales et politiques qui contribuent à ouvrir la voie à la Révolution tranquille.
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Notices bibliographiques :
Assemblée nationale du Québec. Par ici la démocratie. Ligne du temps [En Ligne]. http://paricilademocratie.com/
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
DAVID, Hélène et Danny KUCHARSKY. « Grève de l’amiante de 1949 ». Historica Canada. L’encyclopédie canadienne [En ligne]. https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/greve-de-lamiante
MARSH, James H. « La grève de l’amiante : moment charnière de l’histoire du Québec ». Historica Canada. L’encyclopédie canadienne [En ligne]. https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/la-greve-de-lamiante-editorial
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Deuxième phase de nationalisation de l'électricité au Québec



René Lévesque, ministre des Ressources naturelles, explique la situation qui a mené à la nationalisation (1962)

Le 30 avril 1963 marque le début de la deuxième phase de nationalisation de l'électricité au Québec alors que la société d'État Hydro-Québec amorce l'achat des actions de onze compagnies privées. Hydro-Québec devient ainsi la plus importante entreprise publique du Québec.

La première phase de nationalisation de l'électricité, réalisée en 1944, a permis à Hydro-Québec de devenir propriétaire de la compagnie privée Montreal Light Heat and Power Consolidated et de ses filiales. La société d'État fait alors partie de plus de 40 compagnies d'électricité cohabitant au Québec. Des entreprises privées telles que la Shawinigan Water and Power Company (SWPC), la Gatineau Power Company et la Southern Canada Power Ltd. détiennent les monopoles de l'électricité dans les différentes régions du Québec. N'étant pas soumises à la concurrence du marché, ces compagnies peuvent se permettre de faire payer des tarifs d'électricité exorbitants aux consommateurs, spécialement dans le cas où ceux-ci vivent dans des régions à faible taux de population, situées loin des sources de production. La coexistence de plusieurs entreprises d'électricité mène à une multiplication des coûts de transport, de production et d'administration, alors que le service offert demeure insatisfaisant.

En 1962, René Lévesque (1922-1987), ministre des Richesses naturelles sous le gouvernement libéral de Jean Lesage (1912-1980), amène l'idée d'intégrer sous une même gestion la production hydroélectrique et la distribution de l'électricité. Un des arguments est que les différents réseaux de transport devraient être unifiés de manière à servir équitablement et à juste prix l'ensemble des citoyens québécois. Selon René Lévesque, ces changements doivent être réalisés par le biais de l'État, et plus précisément par Hydro-Québec. Plutôt que de viser uniquement l'accumulation de bénéfices, une entreprise publique utiliserait les richesses naturelles du Québec pour le bien de la collectivité. Le gouvernement du Québec tout comme les Québécois bénéficieraient des retombées économiques de la société d'État.

Une lutte de relations publiques acharnée s'amorce alors entre le gouvernement, avec René Lévesque comme porte-parole, et les compagnies privées d'électricité, en particulier la SWPC. L'affrontement est également politique, puisque la question de la nationalisation de l'électricité devient l'enjeu principal de la campagne électorale provinciale de 1962. En plus de revêtir un caractère social important, le projet d'étatisation de l'électricité est intimement lié au développement économique du Québec. Avec le slogan « Maîtres chez nous », l'administration Lesage souhaite briser les obstacles qui se dressent devant l'essor économique des Canadiens français.

C'est en votant que les citoyens décident de la nationalisation. Le 14 novembre 1962, le gouvernement libéral de Jean Lesage est réélu. Après maintes négociations concernant le prix d'achat des actions des compagnies privées, le projet de nationalisation de l'électricité est mené à terme le 30 avril 1963 alors qu'Hydro-Québec amorce l'achat de onze compagnies d'électricité. En décembre de la même année, la société d'État achète 45 coopératives d'électricité. Entre 1963 et 1977, Hydro-Québec acquiert 27 réseaux privés ou municipaux et les intègre à son propre réseau. La deuxième phase de la nationalisation de l'électricité se fait donc sous la forme d'achats graduels d'actions de gré à gré.

À l'issue de cette deuxième phase de nationalisation de l'électricité en 1963, Hydro-Québec favorise le français comme langue de travail, emploie une dizaine de milliers de personnes, dessert plus de 1 350 000 clients et détient des actifs de plus de deux milliards de dollars. En quelques années, Hydro-Québec réduit les tarifs d'électricité pour la clientèle résidentielle et uniformise aussi bien sa gestion administrative que le service d'électricité offert dans toute la province.
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Notices bibliographiques :
Archemi inc. Aménagement des Cèdres, Inventaire du patrimoine bâti et technologique, vol. 1 - Rapport principal. Montréal, 2004. 161 p.
BELLAVANCE, Claude. « Un long mouvement d'appropriation de la première à la deuxième nationalisation ». BÉLANGER, Yves et Robert COMEAU. Hydro-Québec : autres temps, autres défis. Les leaders du Québec contemporain. Québec, Université du Québec, 1995, p. 71-78.
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
BOLDUC, André, Alain CHANLAT et Daniel LAROUCHE. Gestion et culture d'entreprise : le cheminement d'Hydro-Québec. Montréal, Québec Amérique, 1984. 250 p.
BOLDUC, André, Clarence HOGUE et Daniel LAROUCHE. Québec : un siècle d'électricité. Montréal, Libre expression, 1984. 430 p.
GOUVERNEMENT DU QUÉBEC, Secrétariat aux relations canadiennes. Le Québec au fil du temps [En Ligne]. https://www.sqrc.gouv.qc.ca/relations-canadiennes/federalisme/quebec-fil-du-temps.asp
JOBIN, Carol. Les enjeux économiques de la nationalisation de l'électricité (1962-1963). Montréal, Éditions Coopératives Albert Saint-Martin, 1978. 206 p.
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.
SAVARD, Stéphane. Hydro-Québec et l'État québécois, 1944-2005. Québec, Septentrion, 2013. 435 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Inauguration du métro de Montréal



Inauguration du métro de Montréal (1966)

Le métro de Montréal est inauguré le 14 octobre 1966 et comprend initialement 20 stations réparties sur deux lignes.

L'idée de creuser un réseau de transport souterrain à Montréal remonte à la fin du XIXe siècle, mais elle n'a pas été concrétisée avant les années 1960. Le projet de métro revient à l'ordre du jour après la Seconde Guerre mondiale pour décongestionner le centre-ville et encourager la croissance urbaine à plus long terme. La disparition des tramways, complétée en 1959, accélère la recherche d'une solution complémentaire aux autobus pour le transport des travailleurs aux heures de pointe. Jean Drapeau gagne l'élection d'octobre 1960 en promettant notamment un métro.

Le projet est porté principalement par Jean Drapeau et par le président du Comité exécutif, Lucien Saulnier. Pour accélérer le processus décisionnel, la Ville de Montréal décide en janvier 1961 de construire le métro à ses frais, sans le concours des autres municipalités de l'île. Trois mois plus tard, en avril, un comité spécial formé d'élus, de fonctionnaires municipaux et de membres de la Commission des Transports est créé pour en étudier la faisabilité. Quant aux aspects techniques, ils relèvent de l'ingénieur et directeur du Service des travaux publics de la Ville, Lucien L'Allier, qui sera surnommé le « père du métro ».

Drapeau et Saulnier soumettent le projet de métro le 20 octobre 1961. Le tracé initial prévoit deux lignes souterraines longeant les deux principales artères commerciales de la ville, soit les rues Sainte-Catherine (est-ouest) et Saint-Denis (nord-sud). Pour y éviter les perturbations, il est construit sous les rues adjacentes.

La Ville fait appel aux ingénieurs George Derou et Jacques Gaston, tous deux à l'emploi de la Régie autonome des transports parisiens, pour étudier l'option de wagons sur pneumatiques. Conçue par la société Michelin et implantée depuis 1956 sur une ligne du métro de Paris, cette technologie novatrice a des avantages que les rails n'offrent pas: modernité, confort, meilleurs accélérations et freinages, électrification complète.

Les travaux débutent le 23 mai 1962. La conception des stations, dont chacune a ses particularités, est confiée à des architectes québécois et leur ornementation, à des artistes émergents. En novembre 1962, Montréal obtient l'Exposition universelle de 1967. Le choix audacieux des îles Sainte-Hélène et Notre-Dame entraîne la mise en chantier de la ligne jaune vers Longueuil.

Le 14 octobre 1966, la cérémonie d'inauguration du métro se déroule à la station Berri-de-Montigny (Berri-UQAM). Plus de 5000 personnes sont présentes, dont l'archevêque de Montréal, le cardinal Paul-Émile Léger, et des dignitaires venus de France. Le maire Drapeau tient à ce que l'ouverture du métro se fasse moins de deux semaines avant les élections municipales, même si six stations ne sont toujours pas complétées. Elles le seront juste à temps pour l'ouverture de l'Exposition universelle le 28 avril 1967. Le métro aura coûté 213 millions aux contribuables montréalais.

Depuis son inauguration, le métro a connu trois phases d'expansion. En prévision des Jeux olympiques de 1976, la ligne verte est prolongée vers les quartiers de l'est et du sud-ouest. Dans les années 1980, le nombre de stations est porté à 65 grâce à la construction d'un quatrième axe (ligne bleue) et au prolongement de la ligne orange vers le nord-ouest de l'île. Trois autres stations sont ajoutées en 2007 sur le territoire de Laval. De nos jours, le métro en dessert 68 sur quatre lignes pour un total de 71 km de voies.

Construit en moins de quatre ans, le métro de Montréal est un exploit du génie québécois et une étape charnière de l'histoire des transports et de l'aménagement urbain au Québec. Au-delà de son activité première, le métro tient une place particulière comme lieu d'expression artistique dans la culture montréalaise.
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Notices bibliographiques :
ATTAL, Philippe-Enrico. « 1966 : Montréal inaugure le métro le plus moderne au monde ». Revue Historail. Vol. 32 (2015), p. 60-75.
CANTIENI, Graham. The Montreal Metro: Integration of Art and Architecture. Université Concordia, 1987. 92 p.
CLAIROUX, Benoit. Le Métro de Montréal : 35 ans déjà. Montréal, Hurtubise HMH, 2001. 159 p.
GIGNAC, Benoit. Le maire qui rêvait sa ville: Jean Drapeau. Montréal, Éditions La Presse, 2009. 296 p.
GILBERT, Dale. « Métro de Montréal ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.encyclopediecanadienne.ca/fr/article/metro-de-montreal/
GILBERT, Dale. « Penser la mobilité, penser Montréal. La planification du tracé du réseau initial de métro, 1960-1966 ». Revue d'histoire de l'Amérique française. Vol. 68, no 1-2 (2014), p. 57-83.
PRÉVOST, Robert. Cent ans de transport en commun motorisé. Montréal, Proteau, 1993. 318 p.
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.
Société de transport de Montréal. Histoire du métro [En Ligne]. http://www.stm.info/fr/a-propos/decouvrez-la-STM-et-son-histoire/histoire/50-ans-dhistoire-du-metro

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Tenue de l'Exposition universelle de Montréal de 1967



Le dôme géodésique, maintenant devenu la Biosphère (1967)

L'Exposition universelle de Montréal est un temps fort de l'histoire contemporaine de la ville de Montréal et du Québec. Cette exposition de première catégorie, reconnue comme la mieux réussie du XXe siècle, se déroule sur les îles de Montréal, au centre du fleuve Saint-Laurent, du 27 avril au 29 octobre 1967.

L'idée d'accueillir l'Exposition universelle à Montréal, à l'occasion du centième anniversaire de la Confédération canadienne, est suggérée en 1957 ou en 1958 par le publiciste Louis-Alphonse Barthe à Pierre Sévigny, ministre fédéral, qui soumet l'idée au premier ministre du Canada, John G. Diefenbaker. En 1958, le président du Sénat canadien, Mark Drouin, déclare à Bruxelles que le Canada devrait être l'hôte de l'Exposition de 1967. L'annonce fait les manchettes et le projet reçoit l'appui des gouvernements du Québec et du Canada, et du maire de Montréal, Sarto Fournier.

La candidature du Canada et de Montréal est soumise au Bureau international des expositions, qui confie toutefois en 1960 l'Exposition universelle de 1967 à l'Union des républiques socialistes soviétiques et à Moscou. L'URSS abandonne cependant l'organisation de l'exposition en avril 1962. Le maire de Montréal, Jean Drapeau, réactive alors la candidature de Montréal. Le 13 novembre 1962, l'organisation de l'Exposition est finalement octroyée au Canada et à Montréal.

Pour organiser l'événement, le Parlement du Canada adopte, le 20 décembre 1962, la loi créant la Compagnie canadienne de l'Exposition universelle de 1967. La Compagnie est financée en vertu d'une entente tripartite signée le 18 janvier 1963 par les gouvernements du Québec et du Canada, et la Ville de Montréal. La Compagnie est dirigée par un commissaire général, Paul Bienvenu, qui démissionne en 1964 et qui est remplacé par Pierre Dupuy. Robert Shaw est nommé commissaire adjoint et Andrew G. Kniewasser, directeur général. L'équipe de direction comprend également Pierre de Bellefeuille au service des exposants, le colonel Edward Churchill à l'aménagement, Philippe II de Gaspé-Beaubien à l'exploitation et Yves Jasmin aux relations publiques.

Pour accueillir l'Exposition de 1967, la Ville de Montréal aménage les îles situées au milieu du fleuve Saint-Laurent, ce qui nécessite des travaux d'envergure, notamment la prolongation du métro. Le plan d'ensemble du site est préparé par Édouard Fiset, architecte et urbaniste. Le thème principal choisi pour l'Exposition est « Terre des Hommes », titre d'un recueil d'essais autobiographiques d'Antoine de Saint-Exupéry, qui invite à la fraternité entre les peuples et au partage d'une conception optimiste de l'humanité et de son devenir.

Le 27 avril 1967, le gouverneur général du Canada, Roland Michener, proclame l'ouverture de l'Exposition universelle de Montréal, en présence du commissaire général Pierre Dupuy, du maire Jean Drapeau, du premier ministre du Québec Daniel Johnson, et du premier ministre du Canada Lester B. Pearson. Le lendemain, l'Expo 67 est ouverte au public. Pendant les 183 jours que dure l'événement, 50 306 648 visiteurs découvrent avec émerveillement les pavillons des 62 pays et des 120 gouvernements participants, les pavillons thématiques et privés, ainsi que le parc d'attractions. L'Expo 67 offre en effet une vitrine exceptionnelle aux idées novatrices. Plusieurs personnalités d'État, dignitaires, journalistes et vedettes internationales se joignent à la fête. L'Expo 67 donne aussi lieu à de nombreuses manifestations artistiques et sportives.

Les retombées économiques et culturelles de l'Exposition universelle de Montréal sont immenses. L'événement permet la réalisation de projets d'infrastructures d'envergure et donne l'occasion à la métropole québécoise de se hisser parmi les grandes villes du monde. Dans le contexte bouillonnant de la Révolution tranquille, l'Expo 67 permet aussi aux Montréalais et aux Québécois de renouveler leur regard sur le monde, et au monde de découvrir le Québec moderne.



Intérêt patrimonial


Cet événement historique a été désigné pour les motifs suivants:

L'Exposition universelle de Montréal, aussi connue sous le nom d'Expo 67, est un temps fort de l'histoire contemporaine de la ville de Montréal et du Québec. Cette exposition de première catégorie, reconnue comme la mieux réussie du XXe siècle, se déroule sur les îles de Montréal, au centre du fleuve Saint-Laurent, du 27 avril au 29 octobre 1967, à l'occasion du centième anniversaire de la Confédération canadienne. L'événement est organisé par la Compagnie canadienne de l'Exposition universelle, une société de la Couronne fédérale financée par les gouvernements du Québec et du Canada, et par la Ville de Montréal. Ayant pour thème « Terre des Hommes », l'événement invite à la fraternité entre les peuples et au partage d'une conception optimiste de l'humanité et de son devenir. Pendant les 183 jours que dure l'Exposition, 50 306 648 visiteurs découvrent avec émerveillement les pavillons des 62 pays et des 120 gouvernements participants, les pavillons thématiques et privés, ainsi que le parc d'attractions. L'aménagement du site et des pavillons offre une vitrine exceptionnelle aux idées novatrices, notamment en matière d'urbanisme, d'architecture, d'architecture du paysage et de design. Plusieurs personnalités d'État, dignitaires, journalistes et vedettes internationales prennent part à la fête et attirent l'attention sur Montréal. L'Exposition donne aussi lieu à de nombreuses manifestations artistiques et sportives. Les retombées économiques et culturelles de l'Exposition pour la ville de Montréal et le Québec sont immenses. L'événement permet la réalisation de projets d'infrastructures d'envergure et donne l'occasion à la métropole québécoise de se hisser parmi les grandes villes du monde. Dans le contexte bouillonnant de la Révolution tranquille, l'Expo 67 permet aussi aux Montréalais et aux Québécois de renouveler leur regard sur le monde, et au monde de découvrir le Québec moderne.
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Notices bibliographiques :
Compagnie canadienne de l'Exposition universelle de 1967. Expo 67, guide officiel, suivi d'un chapitre spécial sur les fêtes du centenaire. Toronto, Maclean-Hunter, 1967. 352 p.
Compagnie canadienne de l'Exposition universelle de 1967. Rapport général sur l'exposition universelle de 1967. Ottawa, Imprimeur de la Reine, 1969. s.p.
DESILETS, Luc. Expo67 : 50 ans, 50 souvenirs marquants et autres secrets bien gardés. Laval, Guy Saint-Jean éditeur, 2017. 255 p.
DUPUY, Pierre. Expo 67, ou, La découverte de la fierté. Montréal, Éditions La Presse, 1972. 237 p.
JASMIN, Yves. La petite histoire d'Expo 67 : l'Expo 67 comme vous ne l'avez jamais vue. Québec, Québec/Amérique, 1997. 461 p.
LAMBERT, Maude-Emmanuelle. « Expo 67 ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.encyclopediecanadienne.ca/

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Dépôt du rapport Rioux



Marcel Rioux (1919-1992)

Le 25 février 1969, la Commission d’enquête sur l’enseignement des arts au Québec (Commission Rioux) dépose son rapport au gouvernement unioniste dirigé par Jean-Jacques Bertrand.

Cette Commission d’enquête est créée le 31 mars 1966 par la prise d’un décret du gouvernement libéral de Jean Lesage, selon une proposition conjointe du ministre de l’Éducation, Paul Gérin-Lajoie, et du ministre des Affaires culturelles, Pierre Laporte. La Commission a pour mandat « d’étudier toutes les questions relatives à l’enseignement des arts, y compris les structures administratives, l’organisation matérielle des institutions affectées à cet enseignement et la coordination de ces institutions avec les écoles de formation générale ». La formation de cette Commission s’inscrit dans la mouvance de la Commission royale d’enquête sur l’enseignement dans la province de Québec (Commission Parent). Elle donne également suite aux grèves étudiantes qui ponctuent l’année scolaire 1965-1966 de l’École des Beaux-Arts de Montréal.

Le sociologue Marcel Rioux assure la présidence de la Commission d’enquête et Jean Ouellet, la vice-présidence. Ils sont assistés de Réal Gauthier, étudiant aux Beaux-Arts de Montréal, de l’auteur et réalisateur Fernand Ouellette, de Jean Deslauriers et d’Andrée Paradis. Les commissaires mènent une réflexion en profondeur. Ils analysent 118 mémoires et étendent leur étude au reste du Canada, aux États-Unis et à l’Europe.

Déposé en 1969, le rapport final de la Commission est publié au mois d’avril suivant. Il est composé de quatre tomes, totalisant 881 pages. Il contient 368 recommandations. En plus de proposer une refonte de l’enseignement des arts, le rapport met de l’avant un véritable projet de société dans lequel les arts et leur enseignement sont appelés à jouer un rôle prépondérant et nécessaire.

Le dépôt du rapport Rioux est réputé pour avoir bousculé le secteur de l’éducation. Il constitue néanmoins une réflexion québécoise de premier ordre sur la place des arts dans le monde contemporain et permet, plus concrètement, de légitimer l’enseignement des arts dans les différents niveaux du système d’éducation issu de la Révolution tranquille.
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Notices bibliographiques :
CORBO, Claude. Art, éducation et société postindustrielle : Le rapport Rioux et l’enseignement des arts au Québec (1966-1968). Sillery, Septentrion, 2006. 363 p.
COUTURE, Francine et Suzanne LEMERISE. « Le Rapport Rioux et les pratiques innovatrices en arts plastiques ». HAMEL, Jacques et Louis MAHEU. Hommage à Marcel Rioux. Sociologie critique, création artistique et société contemporaine. Montréal, Les Éditions Albert Saint-Martin, 1992, p. 77-94.
HAROUN, Thierry. « 42 ans plus tard - Le rapport Rioux suscite toujours le débat ». Le Devoir, 8 janvier 2011, s.p.
RIOUX, Marcel, dir. Rapport de la Commission d’enquête sur l’enseignement des arts au Québec. Québec, Éditeur officiel du Québec, 1969. s.p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Premier match à domicile des Expos de Montréal



Premier match à domicile des Expos de Montréal. Les Expos de Montréal (1969)

Le 14 avril 1969, les Expos de Montréal jouent la première partie à domicile de leur histoire. Il s’agit alors du premier match régulier du baseball majeur disputé à l’extérieur des États-Unis.

C’est à la fin de l’année 1967 que la Ville de Montréal, portée par le succès récent de l’exposition universelle, présente sa candidature pour l’obtention d’une franchise dans la Ligue nationale de baseball. Le maire Jean Drapeau et le vice-président du comité exécutif, Gerry Snyder, sont les promoteurs du dossier.

Le 27 mai 1968, à Chicago, le président de la Ligue nationale de baseball, Warren Giles, annonce que le comité de sélection responsable de l’expansion a retenu les candidatures de San Diego et Montréal. À moins d’un an du match inaugural, la nouvelle franchise n’a toutefois ni propriétaire, ni stade. Certains médias se demandent même si Montréal sera en mesure de remplir ses obligations. Le 8 août, le maire Jean Drapeau annonce que le stade du parc Jarry sera le domicile temporaire de l’équipe et qu’il sera agrandi au coût de 3 millions $. Le 14 août, les membres du consortium ayant finalement acquis la franchise pour la somme de 10 millions $ sont présentés au public. L’homme d’affaires montréalais, Charles Bronfman, en est l’actionnaire principal.

Lors du match inaugural du 14 avril 1969, grâce à une performance éclatante du voltigeur, Mack Jones, qui devient instantanément le héros des partisans, les Expos vainquent les Cardinals de Saint-Louis par la marque de 8 à 7, devant une foule de plus de 29 000 spectateurs et d’environ 200 représentants des médias. Pour ajouter à la solennité de l’événement, le président de la Ligue nationale de baseball, Warren Giles, et le commissaire du baseball, Bowie Kuhn, assistent à la partie en compagnie du maire de Montréal et du premier ministre du Québec, Jean-Jacques Bertrand. C’est d’ailleurs le premier ministre qui eut l’honneur de faire le premier lancer protocolaire.
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Notices bibliographiques :
DOUCET, Jacques et Marc ROBITAILLE. Il était une fois les Expos. Tome 1 : Les années 1969-1984. Montréal, Hurtubise, 2009. 647 p.
HUMBERT, William. « Expos de Montréal ». Historica Canada. L’encyclopédie canadienne [En ligne]. https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/expos-de-montreal
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.
ROBERT, Mario. « Chronique Montréalité no 33 : Nos Expos, nos amours 1969-2004 ». Archives de Montréal. Archives de la ville de Montréal [En ligne]. http://archivesdemontreal.com/2015/03/30/chronique-montrealite-no-33-nos-expos/

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Création du Conseil du statut de la femme



Réunions, discussions et activités d'un groupe du Conseil du statut de la femme

La création du Conseil du statut de la femme, le 6 juillet 1973, représente un événement important dans l’histoire des femmes au Québec. Après avoir lutté pour la reconnaissance de leurs droits civiques et juridiques, les femmes se mobilisent pour améliorer également leur condition sociale. La Fédération des femmes du Québec, mise sur pied en 1966, porte le message des militantes et des associations de femmes. Elle appuie notamment l’une des principales recommandations de la Commission royale d’enquête sur la situation de la femme au Canada, instituée en 1967, soit de constituer un Office de la femme. Le gouvernement québécois accueille favorablement cette proposition. Le 12 décembre 1972, le projet de loi no 63 visant à créer le Conseil du statut de la femme est déposé à l’Assemblée nationale par Claire Kirkland-Casgrain, première députée au Québec. Il sera adopté à l’unanimité le 5 juillet 1973 et obtiendra la sanction royale le lendemain.

Le nouvel organisme a le mandat de conseiller le ou la ministre, de mener des études, d’entendre les requêtes citoyennes et d’informer la population sur toute question relative à l’égalité des femmes et au respect de leurs droits. Durant les années suivantes, le Conseil entretient des relations suivies avec les groupes qui défendent les droits des femmes, tout en conservant une neutralité de principe, et fait valoir leurs revendications auprès du gouvernement. Son influence sur l’État et la société se manifeste aussi par les études menées sous son égide et diffusées sous forme de rapports ou dans sa revue mensuelle, La Gazette des femmes, lancée en 1979. L’action des groupes de femmes et du Conseil du statut de la femme contribue à l’adoption de mesures législatives, de politiques, de stratégies gouvernementales, de programmes pour lutter contre les inégalités entre les sexes. En faisant la promotion de l’égalité des femmes et du respect de leurs droits, le Conseil participe à l’évolution de la société.

La création du Conseil du statut de la femme a été désignée événement historique le 10 mai 2023.


INTÉRÊT PATRIMONIAL


Cet événement historique est désigné pour les motifs suivants:

La création du Conseil du statut de la femme représente un moment charnière pour l'avancement des droits des femmes au Québec. L'instauration de cet organisme est proposée au gouvernement en décembre 1971 par la Fédération des femmes du Québec, qui avait précédemment participé aux travaux de la Commission royale d'enquête sur la situation de la femme au Canada. Le Conseil voit le jour le 6 juillet 1973 lors de la sanction du projet de loi présenté à l'Assemblée nationale par Claire Kirkland-Casgrain, le 12 décembre 1972. Il est appelé à jouer un rôle d'intermédiaire entre l'État, les associations féministes et la population en général. Il fait notamment valoir les revendications des femmes auprès du gouvernement, œuvre à éduquer la société sur les enjeux de la condition féminine et intervient dans les débats publics. En collaboration avec d'autres groupes de femmes, le Conseil a été en première ligne dans la promotion du principe de l'égalité entre les femmes et les hommes et dans la mise en place de plusieurs mesures sociales. Le Conseil poursuit de nos jours son œuvre en contribuant au changement social et à la progression constante des droits des femmes.
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Notices bibliographiques :
Assemblée nationale du Québec. Par ici la démocratie. Ligne du temps [En Ligne]. http://paricilademocratie.com/
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
Conseil du statut de la femme et Réseau québécois en études féministes. Ligne du temps de l'histoire des femmes au Québec [En Ligne]. http://www.histoiredesfemmes.quebec/

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Superfrancofête



Superfrancofête (1974)

Reconnue comme le premier grand événement international accueilli à Québec, la Superfrancofête est un rassemblement culturel et sportif qui réunit des artistes et des athlètes provenant de quatre continents. Lancé par l’Agence de coopération culturelle et technique (devenue l’Organisation internationale de la francophonie), l’événement attire plus d’un million de festivalières et festivaliers réunis sous le signe de la jeunesse et de l’ouverture sur le monde. Souvent considéré comme le premier spectacle extérieur d’envergure au Québec, le spectacle d’ouverture J’ai vu le loup, le renard, le lion réunit sur une même scène Félix Leclerc, Gilles Vigneault et Robert Charlebois et attire plus de 100 000 personnes sur les plaines d’Abraham. Du 13 au 24 août 1974, la Superfrancofête fait rayonner la ville de Québec et célèbre la vitalité de la langue française qui vient alors d’être déclarée langue officielle du Québec.
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Notices bibliographiques :
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
LABERGE, Yves. « La Superfrancofête à Québec, de 1974 ». Cap-aux-Diamants. No 160 (2025), p. 60-61.
PORTER, Isabelle. « Superfrancofête de 1974: y étiez-vous? ». Le Devoir, 15 août 2014, s.p.
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.
TURMEL, Julie. « Superfrancofête de 1974, la fête s’empare de Québec ». Ville de Québec. Site officiel de la Ville de Québec [En ligne]. https://www.ville.quebec.qc.ca/citoyens/patrimoine/espace/2017/billet-superfrancofete.aspx
Université de Sherbrooke. Bilan du siècle. Site encyclopédique sur l’histoire du Québec depuis 1900 [En Ligne]. http://bilan.usherbrooke.ca
s.a. « Commémorations. Se souvenir de 1974 ». Commission de la Capitale Nationale du Québec. Commission de la capitale nationale du Québec [En ligne]. https://www.capitale.gouv.qc.ca/histoire-et-patrimoine/commemorations/se-souvenir-de-1974/

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Adoption de la Charte des droits et libertés de la personne



Jérôme Choquette, ministre de la Justice, en compagnie d'hôtesses (1975)

Le 27 juin 1975, la Charte québécoise des droits et libertés de la personne est adoptée par l’Assemblée nationale du Québec.

L’adoption de cette loi répond à de nombreuses pressions issues de la société civile au fil des ans. En 1963, le professeur de droit Jacques-Yvan Morin réclame dans la Revue de droit de McGill l’adoption d’une charte des droits de l’homme pour le Québec, dont il présente une ébauche. Le Québec fait alors figure de retardataire dans ce domaine au Canada. Au début des années 1970, il est la dernière province sans législation sur les droits de l’homme.

Peu après sa publication, l’article de Jacques-Yvan Morin est republié par la Ligue des droits de l’homme (devenue la Ligue des droits et libertés en 1978), une association de défense des droits fondée en 1963 et qui compte alors parmi ses sympathisants Pierre Elliott Trudeau, Jacques Hébert, Frank Scott et Thérèse Casgrain. Depuis sa création, elle milite elle aussi pour l’adoption d’une charte des droits par le Québec. En se basant sur l’ébauche produite par Jacques-Yvan Morin, elle entame une campagne de lobbying auprès du gouvernement québécois, multipliant les conférences et les interventions publiques.

Les pressions qu’exerce la Ligue des droits de l’homme poussent le gouvernement unioniste de Daniel Johnson à mettre sur pied en 1967 la Commission Prévost sur l’administration de la justice en matière criminelle et pénale au Québec. Le rapport qu’elle soumet en 1968 préconise l’adoption d’une Charte des droits.

Au début des années 1970, tous les partis politiques représentés à l’Assemblée nationale expriment leur soutien à l’adoption d’un pareil texte législatif. Au printemps 1971, le premier ministre Robert Bourassa mandate Frank Scott, de la Ligue des droits de l’homme, et le juriste Paul Crépeau pour rédiger une ébauche de charte des droits. Le rapport qu’ils remettent en juillet 1971 recommande l’affirmation des droits civils, politiques, judiciaires, culturels et sociaux des personnes sous la juridiction québécoise.

Le gouvernement tarde à donner suite au travail de Scott et Crépeau. En 1973, la Ligue des droits de l’homme publie un nouveau projet de charte des droits, relayé par de nombreux journaux. Le 29 octobre 1974, le ministre de la Justice Jérôme Choquette dépose finalement à l’Assemblée nationale le projet de loi no 50 — Charte des droits et libertés de la personne. Son texte est largement inspiré du document produit par Scott et Crépeau. Il affirme de nombreux droits fondamentaux et prévoit la création d’une commission pour en assurer l’exercice. Il se démarque des législations adoptées par les autres provinces canadiennes sur les droits de l’homme qui se limitent à interdire la discrimination. Le projet de loi est étudié en commission parlementaire de novembre à mars 1975 et suscite de nombreux débats, notamment sur sa préséance sur les autres législations.

Le 27 juin 1975, l’Assemblée nationale adopte à l’unanimité le projet de loi no 50, qui est sanctionné le même jour. La Charte des droits et libertés de la personne a un statut de loi fondamentale, c’est-à-dire qu’elle prime les autres législations, bien qu’il soit possible d’y déroger. Elle interdit notamment les discriminations fondées sur l’origine ethnique, la religion et le sexe. Elle protège également certains droits sociaux et économiques, dont le droit à l’instruction gratuite, le droit à un niveau de vie décent et le droit à l’information. Enfin, la Charte des droits et libertés de la personne crée la Commission des droits de la personne, chargée de la promotion et du respect de la Charte.

La Charte des droits et libertés de la personne entre pleinement en vigueur le 28 juin 1976. Le Québec est depuis la seule province canadienne à avoir adopté sa propre loi fondamentale qui protège les droits et libertés de ses citoyens.
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Notices bibliographiques :
Assemblée nationale du Québec. Par ici la démocratie. Ligne du temps [En Ligne]. http://paricilademocratie.com/
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
CLÉMENT, Dominique. Canada’s Rights Revolution. Social Movements and Social Change, 1937-82. Vancouver, UBC Press, 2008. 281 p.
Collectif. De la Charte québécoise des droits et libertés : origine, nature et défis. Montréal, Éditions Thémis, 1989. 339 p.
Conseil du statut de la femme et Réseau québécois en études féministes. Ligne du temps de l’histoire des femmes au Québec [En Ligne]. http://www.histoiredesfemmes.quebec/
LEMONDE, Lucie. « Charte des droits et libertés de la personne du Québec ». Historica Canada. L’encyclopédie canadienne [En ligne]. https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/charte-des-droits-et-libertes-de-la-personne-du-quebec
MORIN, Jacques-Yvan. « Une charte des droits de l’homme pour le Québec ». McGill Law Journal Revue de droit de McGill. Vol. 9, no 4 (1963), p. 273-316.
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Ancienne prison de Trois-Rivières



Ancienne prison de Trois-Rivières

L’ancienne prison de Trois-Rivières est une construction en pierre de plan rectangulaire, de trois étages, coiffée d’un toit à croupes. Construite au début du XIXe siècle, elle s’inspire de l’architecture palladienne anglaise. Elle se situe dans un environnement institutionnel urbain, dans la ville de Trois-Rivières.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. La protection s’applique à l’extérieur et à l’intérieur de l’immeuble, et pas au terrain. L’ancienne prison de Trois-Rivières est classée en 1978.


Valeur patrimoniale

L’ancienne prison de Trois-Rivières présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Le bâtiment traduit en termes architecturaux la réforme prônée par John Howard (1726-1790), qui préconisait, entre autres, l’implantation de la prison à l’écart de la ville, la classification des détenus selon leur âge, leur sexe et l’importance du délit, et l’amélioration des conditions d’hygiène. La prison de Trois-Rivières constitue donc un témoignage rarissime de l’architecture carcérale québécoise, reflétant les valeurs humanistes du début du XIXe siècle et s’accordant aux théories les plus novatrices en cette matière. Construit entre 1816 et 1822, l’établissement carcéral constitue la deuxième plus ancienne prison au Québec et l’une des plus vieilles au Canada. Sa construction témoigne de l’institutionnalisation du système carcéral au début du XIXe siècle, époque où les prisons sont spécifiquement conçues pour remplir leur fonction. Le site archéologique témoigne de cette occupation aux XIXe et XXe siècles. Par ailleurs, la valeur historique du bâtiment repose sur la pérennité de sa fonction. Des prisonniers y ont été incarcérés de 1819 jusqu’en 1986, ce qui en fait l’établissement de détention le plus longtemps utilisé au Canada. Aujourd’hui intégrée au Musée québécois de culture populaire, on y fait l’interprétation de l’univers carcéral.

L’ancienne prison de Trois-Rivières présente aussi un intérêt patrimoniale pour sa valeur architecturale. Celle valeur repose notamment sur la notoriété de son concepteur, François Baillairgé (1759-1830), qui en a réalisé les plans et devis en 1815. Peintre, sculpteur et architecte, Baillairgé est un érudit et sa bibliothèque comprend de nombreux traités d’architectes célèbres. Pour la prison de Trois-Rivières, il s’inspire d’un ouvrage de James Gibbs, architecte anglais du XVIIIe siècle, et des principes de composition de Philibert de l’Orme, architecte français du XVIe siècle. Influencé par les deux années de formation passées à l’école de l’Académie royale de peinture et de sculpture de Paris, l’esthétique de l’architecte se démarque des formules traditionnelles et standardisées. Il renouvelle les pratiques alors associées à la construction et à l’architecture au Bas-Canada. Par ailleurs, la prison témoigne de l’influence du style palladien anglais, qui constitue la première incursion du néoclassicisme au Québec. Cette influence se matérialise dans la simplicité du plan et du volume, le toit à croupes, l’avant-corps central supportant un fronton triangulaire percé d’un oculus (petite ouverture circulaire), la symétrie de la composition tripartite, la disposition régulière des ouvertures et la sobriété du décor, dont les éléments sont empruntés au vocabulaire classique, notamment en façade.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2004.


Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques de l’ancienne prison de Trois-Rivières liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment:
- la relation avec les bâtiments institutionnels avoisinants, dont le palais de justice;
- le caractère imposant du bâtiment de trois étages;
-son volume, dont le plan simple de forme rectangulaire, le toit à croupes, l’avant-corps central de la façade couronné d’un fronton triangulaire percé d’un oculus;
- sa composition symétrique, dont la division de la façade en trois sections verticales et trois registres horizontaux de dimensions égales, le portail monumental accessible par un perron, avec des pilastres, un large entablement et une corniche, la disposition régulière des ouvertures;
- sa toiture, dont la lourde charpente avec un important contreventement faîtier, les huit supports du clocheton disparu et les quatre lucarnes;
- ses matériaux, dont les moellons pour le mur de façade, la pierre de taille pour les chaînages d’angles, les bandeaux horizontaux délimitant les étages et les encadrements des fenêtres, la tôle à la canadienne couvrant le toit;
- les neuf grandes cheminées de brique, dont huit servaient autrefois au chauffage;
- les barreaux aux fenêtres;
- son aménagement intérieur, dont le plan divisé en trois sections égales, la section du centre comprenant les grandes pièces communes et les sections latérales renfermant les blocs cellulaires, les cellules disposées le long d’un couloir, les murs coupe-feu, le soubassement voûté, les tourelles à l’arrière qui abritaient autrefois les latrines.


Informations historiques

En 1804, le Parlement du Bas-Canada vote une loi visant la construction de prisons communes à Québec et à Montréal. Cette loi découle d’une polémique engagée à propos des bâtiments utilisés comme prisons. Anciens bâtiments conventuels, ils sont considérés comme incompatibles avec les nouvelles théories carcérales. À Trois-Rivières, les citoyens font des pressions auprès de la Chambre d’Assemblée du Bas-Canada, qui vote une loi autorisant la construction de la prison en 1811. En 1815, huit ans après son contrat pour la prison de Québec - devenue par la suite le Morrin College -, à une période de sa carrière où il s’associe son fils Thomas et entreprend des décors d’églises magistraux (pour lesquels il est surtout renommé), François Baillairgé est sollicité pour concevoir les plans et devis de la prison de Trois-Rivières. L’année suivante, la construction commence. À cette époque, elle était située à l’écart du centre-ville, mais à partir de 1850, l’expansion de l’espace urbain réduit cet isolement.

Bien que la prison ait subi de nombreuses modifications depuis son entrée en fonction officielle en 1822 (ajout des grilles de fer aux fenêtres en 1835, grands travaux de modernisation touchant entre autres les latrines en 1887, éclairage électrique en 1898-1899, chauffage à eau chaude en 1901, disparition du clocheton et agrandissement des fenêtres étroites du rez-de-chaussée au début du XXe siècle), toutes ses divisions sont d’origine. La lourdeur de la construction, caractérisée par des murs de maçonnerie et de nombreux murs porteurs, empêche le remaniement de l’aménagement intérieur.

Elle est aujourd’hui intégrée au Musée québécois de culture populaire et propose une interprétation de l’univers carcéral.
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Notices bibliographiques :
Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
KAREL, David, Luc NOPPEN et Magella PARADIS. « Baillairgé, François ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
LAROSE, Danielle. « Prison ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, p. 33-34.
NOPPEN, Luc, dir. et Groupe de recherche en art du Québec. Dossier d’inventaire architectural de la Prison de Trois-Rivières, 842, rue des Prisons, Trois-Rivières. Québec, Ministère des Affaires culturelles, 1977. s.p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Canal de Lachine



Canal de Lachine

Autrefois voie maritime du Saint-Laurent et corridor industriel clé au pays, le canal de Lachine est aujourd’hui (lire 2013) un lieu historique national du Canada. Son entrée aval est située dans le secteur du Vieux-Port de Montréal tandis qu’en amont, le canal prend sa source au lac Saint-Louis. Désigné par le gouvernement canadien lieu historique national en 1929, ce site est administré depuis 1978 par Parcs Canada. Au plan structural, la profondeur du canal est aujourd’hui de 4,27 mètres alors que sa largeur varie, quant à elle, de moins de 30 mètres à plus de 80 mètres. Ses cinq écluses permettent aux navires de plaisance de franchir une dénivellation d’environ 14 mètres et ainsi de contourner les rapides de Lachine.

Outre sa voie navigable, ce lieu inclut les murs du canal (d’une longueur totale de 28,2 kilomètres), les 5 écluses, les logettes d’éclusiers, des déversoirs, des canaux d’amenée, d’alimentation (coursier) et de fuite ainsi qu’une bande de terrain limitrophe. Cette bande, dont la largeur varie de 3 à 35 mètres, accueille une piste multifonctionnelle, des installations liées à la navigation de plaisance, des haltes et des bâtiments de services, des vestiges archéologiques ainsi que des outils d’interprétation commémorant le passé de ce site. Par ailleurs, des traces du chemin de halage situé sur la rive nord du canal y sont toujours perceptibles.

Sur le plan des autres ouvrages de génie, le site comprend 5 ponts ferroviaires, 3 viaducs autoroutiers, 2 tunnels routiers, 10 ponts routiers et 10 passerelles. À ce nombre, il faut ajouter deux ouvrages aujourd’hui désaffectés, soit un pont ferroviaire et un tunnel routier. Par ailleurs, la grue de LaSalle Coke, une tour de chargement du charbon, se profile toujours à l’horizon dans le secteur de l’arrondissement LaSalle. Fait à noter, il y a encore en 2013 des bassins latéraux le long des berges du canal, quoique la plupart d’entre eux soient aujourd’hui remblayés ou partiellement comblés, ainsi que seize quais publics et 6 autres gérés par des tiers.

Voie maritime du Saint-Laurent, terminus maritime, complexe hydraulique majeur et haut lieu de l’industrie manufacturière, le canal de Lachine a structuré l’occupation humaine du sud-ouest de l’île de Montréal. Aujourd’hui, quelques-uns des quartiers les plus densément peuplés de l’île longent les quelque 14 kilomètres de longueur de son parcours. De même, plusieurs complexes industriels toujours en activité ainsi que nombre de bâtiments industriels qui ont été convertis à des fins résidentielles ou commerciales y sont toujours établis. En fait, le canal de Lachine et ses abords constituent toujours en 2013 un endroit convoité pour y demeurer, pour y travailler, pour s’y recréer, mais également pour se souvenir.



Informations historiques

Conçu à l’origine pour contourner les rapides de Lachine, le canal de Lachine est de 1825 à 1959, selon l’orientation du trafic, le premier ou le dernier maillon du système de canaux du Saint-Laurent. Précédé par deux projets entrepris sous le Régime français, le premier canal de Lachine est creusé entre 1821 et 1825. Bien que son tracé demeure sensiblement le même, le canal est transformé et considérablement élargi entre 1843 et 1848, puis entre 1874 et 1884. Outre l’abandon d’une section d’un kilomètre à Lachine et le dédoublement des écluses, ces élargissements font du canal non seulement une voie navigable, un terminus maritime, mais également un canal industriel alimentant en eau et en énergie (trois sites hydrauliques) les entreprises de ce corridor industriel.

Une fois ces grands travaux achevés, le canal de Lachine fera l’objet de maintes améliorations jusqu’en 1959. Qu’on pense à l’électrification des écluses (1909), au remplacement des murs de pierre par du béton dans certains tronçons, au couronnement en béton pour d’autres ou encore l’élargissement du canal à sa largeur actuelle, à même le roc, dans le secteur de Rockfield (arrondissements de LaSalle et de Lachine). En 1970, par décret, la navigation commerciale (de transit) cesse officiellement. Toutefois, avant même ce décret, des écluses et des bassins du canal sont comblés durant les années 1960.

Voie maritime du Saint-Laurent jusqu’en 1959, le canal de Lachine a aussi été un terminus maritime, puisqu’il a servi à la fois de port de mer pour les transocéaniques et de port intérieur pour la batellerie des Grands Lacs.

Par son activité économique, le canal a aussi contribué à l’urbanisation du sud-ouest de l’île de Montréal. Site du principal complexe manufacturier de la métropole industrielle du pays, cette zone a été unique en son genre au Canada tant par son historicité que par son importance dans l’histoire industrielle. Corridor industriel, le canal de Lachine a été qualifié de lieu de naissance de l’industrie canadienne moderne et de berceau de la fabrication montréalaise. Sur ce plan, l’industrialisation hydraulique n’est pas étrangère aux premières implantations d’établissements industriels. Entre les années 1850 et 1970, le nombre d’établissements industriels en activité le long des berges de ce pôle industriel majeur du pays oscillera entre 50 et 100, voire plus, selon l’année retenue. En matière d’activités, les entreprises bordant alors les 14 kilomètres de cette voie d’eau ont appartenu autant à l’industrie lourde que légère et, fait rare au Québec, les fabricants de produits textiles y ont côtoyé ceux des produits chimiques, du matériel de transport ou encore des aliments et boissons, pour n’en nommer que quelques-uns.

Lieu historique national depuis 1929, le canal est transféré, en 1978, du ministère des Travaux publics à Parcs Canada. En 1981, la Commission des lieux et monuments historiques en précise l’importance nationale à titre de précurseur de la révolution des transports, puis en 1986, elle souligne l’importance de l’énergie hydraulique dans l’essor industriel de Montréal. En 1996, la Commission juge que la qualité et la diversité des ressources industrielles in situ au canal de Lachine justifient qu’on y commémore l’industrialisation du pays. Entre 1997 et 2002, le gouvernement fédéral et la Ville de Montréal investissent conjointement près de 110 millions de dollars dans les infrastructures du canal et les secteurs environnant afin, notamment, de rouvrir le canal à la navigation de plaisance. Pour ce faire, le gouvernement canadien restaurent plusieurs éléments structuraux (bassins latéraux, section du canal proprement dite, écluses, murs, etc.). En 2009, les écluses (1 et 2) de Montréal, restaurées entre 1990 et 1992 par la Société immobilière du Canada, avec leurs bassins et déversoirs adjacents sont cédées à l’Agence Parcs Canada par la Société du Vieux-Port de Montréal.
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Notices bibliographiques :
Archemi inc. Inventaire et évaluation des ressources culturelles, Canal de Lachine. Vol. 3. Québec, Parcs Canada, 1995. s.p.
DESJARDINS, Pauline et Christian POULIN. Écluses de Montréal : Canal de Lachine.. Montréal, Société du Vieux-Port, 1993. 90 p.
DESJARDINS, Pauline. L’organisation spatiale du corridor du canal de Lachine au XIXe siècle. Collection Archéologiques, 3. Québec, Association des archéologues du Québec, 2006. 235 p.
DESLOGES, Yvon et Alain GELLY. Le canal de Lachine : du tumulte des flots à l’essor industriel et urbain, 1860-1950. Québec, Septentrion, 2002. 214 p.
DUNTON, Nancy et Helen MALKIN. Guide de l’architecture contemporaine de Montréal. Montréal, Les Presses de l’Université de Montréal, 2008. 191 p.
KILBOURN, William. The Elements combined: A history of The Steel Company of Canada. Toronto, Clarke Irwin & Co., 1960. 335 p.
LINTEAU, Paul-André. « Les facteurs de développement de Montréal ». GOURNAY, Isabelle, dir. et France VANLAETHEM, dir. Montréal métropole, 1880-1930. Montréal, Boréal, 1998, p. 27-37.
Parcs Canada. Énoncé d’intégrité commémorative. Lieu historique national du Canal-de-Lachine. Québec, Parcs Canada, 1997. 69 p.
Parcs Canada. « Lieu historique national du Canal-de-Lachine ». Parcs Canada. Parcs Canada [En ligne]. http://www.pc.gc.ca
Parcs Canada. Rapport sur l’état du lieu, Lieu historique national du Canada du Canal de Lachine, Version février 2010. Montréal, Parcs Canada, 2010. 49 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Château Ramezay (Montréal)



Château Ramezay (Montréal)

Le château De Ramezay est un hôtel particulier érigé en 1705 et 1706 et reconstruit en 1756. Une annexe est ajoutée en 1903. L’édifice en pierre, de plan en « L » et à un étage et demi, est coiffé d’un toit à deux versants droits percé de lucarnes à pignon. La façade principale est flanquée de murs coupe-feu. L’annexe érigée à l’extrémité présente en façade une tour à toit conique. Le château De Ramezay est situé sur un terrain accusant une légère pente, comportant des aménagements paysagers et délimité par un muret en pierre surmonté d’une clôture en fer. Il borde l’une des plus anciennes rues de Montréal, la rue Notre-Dame, dans l’arrondissement municipal de Ville-Marie de la ville de Montréal.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. La protection s’applique à l’extérieur et à l’intérieur de l’immeuble, ainsi qu’au terrain. Un site archéologique inscrit à l’Inventaire des sites archéologiques du Québec est associé à ce lieu. Le château De Ramezay est compris dans le site patrimonial de Montréal.


Valeur patrimoniale

Le château De Ramezay présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Il s’agit d’abord d’un témoin important de la Nouvelle-France. Au Régime français, aucune résidence officielle n’est prévue pour les gouverneurs de Montréal. Claude de Ramezay (1659-1724), qui est nommé à cette fonction en 1704, se fait donc ériger dès l’année suivante un hôtel particulier, rue Notre-Dame. À l’origine, le domaine comprend un verger, un potager et un jardin d’agrément. La veuve de Ramezay, Charlotte Denys de la Ronde (1668-1742), loue la demeure en 1727 au roi Louis XV (1710-1774). Jusqu’en 1745, le château sert de résidence à l’intendant, lorsqu’il séjourne à Montréal, de bureau d’administration ainsi que de magasin du roi. En 1745, la vaste propriété est acquise par la Compagnie des Indes. Fondée en 1719 en vertu d’une charte royale, cette compagnie d’État bénéficie d’un monopole sur les exportations de peaux de castor et du droit exclusif d’importer certains textiles de Grande-Bretagne indispensables à la traite avec les Amérindiens. À la suite de la Conquête anglaise et du traité de Paris (1763), la Compagnie des Indes perd tous ses privilèges et liquide ses biens. L’ancienne propriété de Ramezay est cédée en 1764 à William Grant (1744-1805), un marchand de fourrures établi à Montréal. Celui-ci l’occupe pendant quelques années, puis la loue à partir de 1773 au gouvernement britannique qui en fait la résidence du gouverneur du Bas-Canada à Montréal. Lors de l’invasion américaine (1775-1776), le bâtiment sert de quartier général aux militaires américains. Dans la seconde moitié du XIXe siècle, le château De Ramezay perd sa fonction de résidence officielle et abrite diverses fonctions institutionnelles et publiques. La Société d’archéologie et de numismatique de Montréal s’y installe en 1895 et y établit son musée, l’une des plus anciennes institutions montréalaises à œuvrer à la protection et à la mise en valeur du patrimoine. Par ailleurs, le château De Ramezay présente un intérêt pour l’histoire de la conservation du patrimoine québécois. Il s’agit de l’un des premiers immeubles protégés au Québec. En 1922, le gouvernement du Québec adopte la « Loi relative à la conservation des monuments et des objets d’art ayant un intérêt historique ou artistique », ancêtre de l’actuelle Loi sur le patrimoine culturel. Au cours de l’année 1929, trois premiers bâtiments sont protégés en vertu de cette loi, soit le château De Ramezay, la maison des Jésuites-de-Sillery et l’église Notre-Dame-des-Victoires à Québec. Ainsi, le château De Ramezay évoque les premières mesures concrètes pour la conservation du patrimoine bâti au Québec.


Le château De Ramezay présente également un intérêt pour sa valeur architecturale. L’édifice est en effet l’un des rares témoins de l’architecture domestique du Régime français au Québec. Érigé en 1705 et 1706 par le maître maçon et architecte Pierre Couturier dit Le Bourguignon (vers 1665-1715), il est détruit par un incendie en 1754. Sa reconstruction, qui intègre possiblement des vestiges du bâtiment original, est réalisée en 1756 par l’entrepreneur et maître maçon Paul Tessier dit Lavigne (1701-1773) et les menuisiers Antoine Cirier (1718-1798) et Charles Regnaud. La nouvelle résidence occupe le double de la superficie au sol du bâtiment d’origine. En 1903, une annexe dotée d’une tourelle est construite à l’extrémité est de la résidence. L’architecture du château De Ramezay est caractérisée par ses murs en pierre à moellons, son toit à deux versants droits flanqué de murs coupe-feu, ses hautes cheminées en pierre, son asymétrie, ses chambranles et ses chaînes d’angle harpées en pierre de taille ainsi que ses esses en fer forgé. Le château De Ramezay, par ses dimensions et ses éléments architecturaux, témoigne du statut social de ses occupants.

Source : Ministère de la Culture, des Communications et de la Condition féminine du Québec, 2007.



Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du château De Ramezay liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :
- son implantation rue Notre-Dame, l’une des plus anciennes rues de Montréal, dans l’arrondissement municipal de Ville-Marie de la ville de Montréal;
- sa situation dans le site patrimonial de Montréal;
- la présence d’un site archéologique;
- le volume du bâtiment, dont le plan rectangulaire, l’élévation d’un étage et demi et le toit à deux versants droits;
- ses matériaux, dont la pierre à moellons des murs, la pierre de taille des ornements ainsi que la tôle à la canadienne et l’ardoise de la couverture;
- la disposition asymétrique des ouvertures, dont les lucarnes à pignon, les fenêtres rectangulaires en bois à petits carreaux ainsi que la porte d’entrée rectangulaire en bois et à imposte;
- les murs coupe-feu et les hautes cheminées en pierre;
- les ornements, dont les chambranles et les chaînes d’angle harpées en pierre de taille ainsi que la corniche moulurée en bois;
- les esses;
- les éléments de l’intérieur, dont les caves voûtées, les éléments menuisés (les chambranles, les plinthes, les corniches de plafond, les portes à panneaux ainsi que les boiseries sculptées en acajou du rez-de-chaussée), les manteaux de cheminée et le four à pain.



Informations historiques

Le château De Ramezay est érigé en 1705 et 1706 à l’initiative du gouverneur de Montréal, Claude de Ramezay (1659-1724). Puisqu’aucune résidence officielle n’est prévue pour les gouverneurs de Montréal, Ramezay se fait bâtir un hôtel particulier dont l’architecture et l’emplacement dans la ville reflètent son statut social. La vaste résidence est située sur un petit coteau de la rue Notre-Dame, acquis de Nicolas d’Ailleboust de Manthet (vers 1663-1709), offrant une vue panoramique des environs. Les travaux sont confiés au maître maçon et architecte Pierre Couturier dit Le Bourguignon (vers 1665-1715). Le domaine comprend un verger, un potager et un jardin d’agrément. Ramezay occupe sa résidence jusqu’à sa mort, survenue en 1724. Sa veuve, Charlotte Denys de la Ronde (1668-1742), loue la demeure en 1727 au roi Louis XV (1710-1774). Jusqu’en 1745, le château De Ramezay sert de résidence à l’intendant, lorsqu’il séjourne à Montréal, de bureau d’administration ainsi que de magasin du roi.

En 1745, la vaste propriété est cédée à la Compagnie des Indes par les héritiers Ramezay. Fondée en 1719 en vertu d’une charte royale, cette compagnie d’État bénéficie d’un monopole sur les exportations de peaux de castor et du droit exclusif d’importer certains textiles de Grande-Bretagne indispensables à la traite avec les Amérindiens. À la suite de l’acquisition de la résidence, la Compagnie y effectue des réparations et érige, à l’ouest de celle-ci, un hangar doté d’une cave voûtée. En 1754, un incendie détruit l’ancienne demeure de Ramezay. Elle est reconstruite en 1756 par l’entrepreneur et maître maçon Paul Tessier dit Lavigne (1701-1773) et intègre possiblement des vestiges de la structure incendiée. Les travaux de menuiserie sont réalisés par Antoine Cirier (1718-1798) et Charles Regnaud. La nouvelle résidence en pierre crépie se distingue par ses dimensions et occupe le double de la superficie au sol du bâtiment d’origine.

À la suite de la Conquête anglaise et du traité de Paris (1763), la Compagnie des Indes perd tous ses privilèges et liquide ses biens. L’ancienne propriété de Ramezay est cédée en 1764 à William Grant (1744-1805), un marchand de fourrures établi à Montréal. Celui-ci l’occupe pendant quelques années, puis la loue à partir de 1773 au gouvernement britannique qui en fait la résidence du gouverneur du Bas-Canada à Montréal. Lors de l’invasion américaine (1775-1776), le bâtiment sert de quartier général aux militaires américains. La résidence, endommagée, nécessite d’importants travaux par la suite. En 1778, le gouvernement s’en porte acquéreur.

À partir de la seconde moitié du XIXe siècle, le château De Ramezay perd sa fonction de résidence officielle et abrite diverses fonctions institutionnelles et publiques. Elle abrite notamment le ministère de l’Instruction publique, l’École normale Jacques-Cartier, les facultés de médecine et de droit de l’Université Laval à Montréal, les quotidiens La Presse et La Minerve, le palais de justice, la Cour du recorder et la Cour des magistrats. En 1895, la Ville de Montréal acquiert l’édifice et le loue à la Société d’archéologie et de numismatique de Montréal, qui y établit un musée.

Durant le XIXe siècle, la résidence subit des transformations. Une aile en brique de quatre étages est érigée du côté est en 1848 et 1849. À la fin du siècle, la forme du toit est modifiée à la suite d’un incendie. En 1903, l’aile en brique est démolie et remplacée par une annexe dotée d’une tourelle.

Le château De Ramezay est classé le 29 mars 1929. Il figure, avec la maison des Jésuites-de-Sillery et l’église Notre-Dame-des-Victoires à Québec, parmi les trois premiers bâtiments classés au Québec.

La même année, la Société d’archéologie et de numismatique de Montréal en devient propriétaire. Le château De Ramezay est restauré entre 1997 et 2002. Il abrite encore aujourd’hui le Musée du Château Ramezay.
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Notices bibliographiques :
AUGERON, Mickaël, dir., Dominique GUILLEMET, dir., Alain ROY, dir. et Marc ST-HILAIRE, dir. Les traces de la Nouvelle-France au Québec et en Poitou-Charentes. Québec, Les Presses de l’Université Laval, 2008. 308 p.
CLOUTIER, Nicole. « Château de Ramezay ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 38-40.
Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
FORGET, Madeleine, dir. et Gilles LAUZON, dir. L’histoire du Vieux-Montréal à travers son patrimoine. Montréal / Québec, Publications du Québec / Société de développement de Montréal / Ville de Montréal; Min. de la Culture et des Comm. du Québec, 2004. 292 p.
HISTART. Château de Ramezay. Rapport historique. Montréal, Histart inc., 1972. s.p.
LAGRAVE, Jean-Paul De. « Un livre d’histoire: le château Ramezay ». Cap-aux-Diamants. No 30 (1992), p. 59.
MORIN, Victor. Château de Ramezay Montréal, Canada 1705-1955. Montréal, 1957. 132 p.
MORIN, Victor. Les Ramesay et leur château / The Ramesay family and château. Montréal, Société d’archéologie et de numismatique, 1955. 127 p.
PINARD, Guy. Montréal, son histoire, son architecture. Vol. 1. Montréal, Les Éditions La Presse, 1987. 346 p.
ZOLTVANY, Yves F. « Ramezay, Claude de ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Cimetière Notre-Dame-des-Neiges



Cimetière Notre-Dame-des-Neiges

Le cimetière de Notre-Dame-des-Neiges est un vaste lieu d'inhumation s'inspirant des grands cimetières français, dont celui du Père-Lachaise. Il se caractérise par une harmonie naturelle et architecturale, révélée par sa végétation diversifiée et ses monuments, parfois imposants et prestigieux. En plus des grands espaces gazonnés, la nécropole comprend trois bois, soit le bois Saint-Jean-Baptiste, le bois central et le bois de l'Est, qui sont composés de milliers d'arbres. Des alignements d'arbres bordant les chemins et les îlots, des plantes arborescentes et arbustives ainsi que des plantes horticoles au pourtour des monuments, édifices et entrées complètent l'ensemble de la végétation du cimetière.

Situé dans un vallon, entre les trois sommets du mont Royal, le cimetière résulte d'agrandissements successifs et est constitué d'une topographie en paliers. Du nord-ouest au sud-ouest, trois zones topographiques, la plaine, le plateau et le sommet, ont ainsi influencé l'aménagement des chemins et des allées du site.
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Notices bibliographiques :
PINARD, Guy. Montréal, son histoire, son architecture. Vol. 4. Montréal, Éditions du Méridien, 1991. 504 p.
s.a. L'Architecture de Montréal. s.l. Éditions Libre Expression / Ordre des architectes du Québec, 1990. 181 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Édifice de l'Ancienne-école-Notre-Dame-de-Québec



Ancienne-école-Notre-Dame-de-Québec

L'ancienne École Notre-Dame est un bâtiment scolaire bâti entre 1911 et 1912. Son plan rectangulaire s'élève sur deux étages et est terminé par un toit plat. Les façades sont érigées en brique sur un haut soubassement en béton percé d'ouvertures. La façade principale est soulignée par une avancée centrale où se trouve l'entrée qui est accessible par un escalier et une rampe d'accès. La porte à double vantail entièrement vitrée possède une grande imposte à arc surbaissé. Les fenêtres à guillotine à arc surbaissé surmontées de platebandes en brique sont disposées avec régularité. Le programme décoratif comprend plusieurs éléments qui se concentrent majoritairement dans le couronnement du bâtiment. Le sommet de l'avancée porte l'inscription « École Notre-Dame 1912 » ainsi qu'un jeu de corniches agrémenté d'une insertion de pierre, d'un petit fronton et d'un mât. Une corniche à consoles superposée d'un parapet muni d'amortissements aux angles ceint le bâtiment. L'ancienne institution scolaire est située sur la rue Sainte-Julie dans un quartier résidentiel de Trois-Rivières.



Informations historiques

Les Ursulines, d'abord établies à Québec, arrivent à Trois-Rivières en 1697. Vers 1700-1701, elles s'installent à l'extérieur des fortifications de la ville où elles sont responsables de l'érection d'un complexe de bâtiments important. En 1886, leur hôpital ferme après avoir été en service près de deux siècles. Dès lors, cette communauté religieuse peut se vouer exclusivement à l'éducation des jeunes filles. En 1891, les Ursulines fondent l'École Saint-Louis-de-Gonzague, une école publique qu'elles dirigent à la demande de Monseigneur François Laflèche (1818-1898) et de la Commission scolaire de Trois-Rivières. Dans les années suivantes, elles prennent la direction de plusieurs écoles.

En 1910, la Commission scolaire achète un bâtiment dans le quartier Notre-Dame où, dès la même année, trois Ursulines y prennent en charge une centaine d'élèves. De nouveaux locaux deviennent rapidement nécessaires, car, en 1911, les Franciscains qui sont responsables de la nouvelle paroisse de Notre-Dame-des-Sept-Allégresses désirent le terrain de l'école pour y construire l'église. Un échange a lieu entre la fabrique et la Commission scolaire et l'École Notre-Dame est construite entre 1911 et 1912 à l'angle des rues Sainte-Julie et Cooke sur l'ancien terrain de la fabrique. Les Ursulines quittent l'édifice en 1921 et l'enseignement primaire cesse en 1960. Après cette date, le bâtiment a accueilli une école spécialisée.

Aujourd'hui, l'établissement conserve sa vocation communautaire en hébergeant les locaux de plusieurs organismes.



Valeur patrimoniale

La valeur patrimoniale de l'ancienne École Notre-Dame repose notamment sur son intérêt historique. Elle témoigne du développement des institutions scolaires et du territoire de Trois-Rivières. Les Ursulines, d'abord établies à Québec, arrivent à Trois-Rivières en 1697. En 1886, leur hôpital ferme après avoir été en service près de deux siècles et la communauté religieuse peut dès lors se vouer exclusivement à l'éducation des jeunes filles. Dans les années suivantes, elles prennent la direction de plusieurs écoles. En 1910, la Commission scolaire achète un bâtiment dans le quartier Notre-Dame où, dès la même année, trois Ursulines y prennent en charge une centaine d'élèves. De nouveaux locaux deviennent nécessaires en 1911, car les Franciscains qui sont responsables de la nouvelle paroisse de Notre-Dame-des-Sept-Allégresses désirent obtenir le terrain de l'école pour y construire l'église. Un échange a lieu entre la fabrique et la Commission scolaire et l'École Notre-Dame est construite entre 1911 et 1912 à l'angle des rues Sainte-Julie et Cooke sur l'ancien terrain de la fabrique. Elle constitue un témoin de l'explosion démographique et territoriale suivant l'industrialisation du début du XXe siècle.

La valeur patrimoniale de l'ancienne École Notre-Dame tient également à son architecture. Elle témoigne des tendances de l'architecture scolaire dans les premières décennies du XXe siècle. Ces bâtiments sont généralement de grandes dimensions, comportent deux ou trois étages et sont appuyés sur un plan rectangulaire. Leur composition d'ensemble est régulière et repose sur des volumes bien articulés. L'ancienne École Notre-Dame est un exemple particulièrement réussi de ce type d'édifice par la composition symétrique de sa façade, qui est marquée par une avancée centrale bien soulignée abritant une entrée monumentale. La fenestration importante assure l'éclairage naturel requis par la fonction du bâtiment alors que la corniche importante et les amortissements rehaussent la qualité de l'ensemble. Ainsi, par son plan et ses matériaux cette école se rattache à la production architecturale institutionnelle du début du XXe siècle.
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Notices bibliographiques :
PANNETON, Jean. Le diocèse de Trois-Rivières, 1852-2002 : 150 ans d'espérance. Sillery, Septentrion, 2002. 256 p.
Patrimoine trifluvien. No 5 (1995).

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Édifice Pamphile-Le May



Édifice Pamphile-Le May

L'édifice Pamphile-Le May est un bâtiment institutionnel d'architecture Beaux-Arts construit de 1910 à 1915. De plan rectangulaire, l'immeuble en pierre de quatre étages est coiffé d'un toit mansardé. Il présente un avant-corps en façade principale. Le rez-de-chaussée est séparé du premier étage par un bandeau continu et un entablement souligne le couronnement. L'édifice Pamphile-Le May voisine l'Hôtel du Parlement, auquel il est relié par une passerelle. Il est situé sur la colline Parlementaire, dans l'arrondissement municipal de La Cité-Limoilou, de la ville de Québec.

Ce bien fait partie de l'Assemblée nationale du Québec, déclarée site patrimonial national. L'édifice Pamphile-Le May est le lieu de conservation de la collection Pierre-Joseph-Olivier-Chauveau, classée document patrimonial.


Valeur patrimoniale

L'édifice Pamphile-Le May présente un intérêt pour sa valeur historique. Ce bâtiment est le siège de la bibliothèque de l'Assemblée nationale du Québec depuis 1915. L'histoire de cette institution débute en 1802, alors qu'est créée la bibliothèque de la Chambre d'assemblée du Bas-Canada. Plusieurs pertes sont reliées à des incendies (1849, 1854 et 1883) et au déménagement de la majeure partie des collections au parlement d'Ottawa en 1865. La bibliothèque de l'Assemblée législative de la province de Québec est mise sur pied par le bibliothécaire Pamphile Le May (1837-1918), à la suite de la signature de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique en 1867. En 1884, l'Assemblée législative ratifie la Loi relative à la bibliothèque de la Législature. En 1890, la collection d'imprimés du premier ministre Pierre-Joseph-Olivier Chauveau (1820-1890), constituée de plus de 3 000 titres, est achetée. C'est de 1952 à 1969, sous la direction du bibliothécaire Jean-Charles Bonenfant (1912-1977), que l'institution gagne en prestige et devient aussi publique. Elle possède une collection exceptionnelle de publications parlementaires et gouvernementales, un grand nombre de périodiques et de journaux, ainsi que plusieurs imprimés rares et anciens. L'édifice Pamphile-Le May est ainsi étroitement lié à l'histoire de la bibliothèque de l'Assemblée nationale.

L'édifice Pamphile-Le May présente aussi un intérêt pour sa valeur architecturale. Construit de 1910 à 1915, ce bâtiment s'inscrit dans la tradition Beaux-Arts, dérivée de l'enseignement de l'École des beaux-arts de Paris. Ce courant est privilégié pendant les décennies 1910 et 1920 par l'homme politique Louis-Alexandre Taschereau (1867-1952) afin d'affirmer le rôle de capitale de la ville de Québec et de conférer à la province une architecture institutionnelle portant le sceau de l'État. L'esthétique Beaux-Arts a été fréquemment utilisée pour les bâtiments publics au Québec et en Amérique du Nord dans le premier quart du XXe siècle. Elle emploie le vocabulaire classique, mais affirme un intérêt particulier pour la modernité, qui se traduit notamment dans les matériaux et le mode de construction. Ses principes de base sont la clarté du plan, l'équilibre des proportions ainsi que la représentation de la fonction et de l'importance du bâtiment dans son environnement. L'édifice Pamphile-Le May en est une illustration par ses élévations symétriques, le bandeau séparant le rez-de-chaussée du premier étage, l'entablement soulignant le couronnement et ses éléments décoratifs empruntés au répertoire classique. Par leurs références stylistiques à connotation française, les édifices de l'Assemblée nationale, siège du seul parlement et gouvernement francophone d'Amérique du Nord, forment un ensemble architectural harmonieux et imposent l'image de l'État.

L'édifice Pamphile-Le May présente en outre un intérêt pour sa valeur historique découlant de son association avec des architectes connus. Les plans sont conçus en collaboration par Jean-Omer Marchand (1873-1936) de Montréal et Georges-Émile Tanguay (1858-1923) de Québec. Marchand est l'un des architectes québécois les plus réputés du premier quart du XXe siècle. Il a été le premier architecte canadien à obtenir un diplôme de l'École des beaux-arts de Paris, en 1903. Tanguay, architecte prolifique et aussi très renommé, a réalisé près de 300 bâtiments au Québec. Tous deux ont construit d'importants immeubles institutionnels dans leur ville respective, dont la maison mère de la Congrégation-de-Notre-Dame pour Marchand et l'hôtel de ville de Québec pour Tanguay. Outre l'édifice Pamphile-Le May, le duo a également dessiné les plans de l'édifice du restaurant Le Parlementaire (1912-1917), situé dans la cour intérieure de l'Hôtel du Parlement (1877-1886).


Éléments caractéristiques

Les éléments clés de l'édifice Pamphile-Le May liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment:
- son inclusion dans le site patrimonial national de l'Assemblée nationale du Québec, dans la ville de Québec;
- sa situation entre l'édifice Honoré-Mercier et l'Hôtel du Parlement et les passerelles couvertes le reliant à ces bâtiments;
- son volume, dont le plan rectangulaire, l'avant-corps servant d'amorce à la passerelle le reliant à l'Hôtel du Parlement et l'élévation de quatre étages (rez-de-chaussée, deux étages et toit mansardé);
- les matériaux, dont l'ossature d'acier enveloppée de brique, les élévations revêtues de pierre de taille en calcaire de Saint-Marc-des-Carrières et de granit de Rivière-à-Pierre ainsi que la couverture en cuivre sur baguettes;
- les caractéristiques Beaux-Arts, dont la composition symétrique des élévations, les trois registres, le bandeau séparant le rez-de-chaussée des étages supérieurs et l'entablement soulignant le couronnement;
- l'entrée principale du côté de l'Hôtel du Parlement, les deux derniers étages traités en attique et les fausses façades latérales;
- les ouvertures à ordonnance symétrique, dont les fenêtres à carreaux, celles du rez-de-chaussée cintrées et celles des étages rectangulaires, ainsi que les lucarnes;
- l'ornementation classique, dont la pierre à bossage continu du rez-de-chaussée, les chaînes d'angle, les balcons peu profonds supportés par des consoles et décorés d'une balustrade en pierre, les portes vitrées en bois à double vantail surmontées d'une imposte vitrée cintrée, les appuis et les chambranles ornés, les frontons à consoles et les colonnes engagées des ouvertures du premier étage ainsi que le bandeau continu les reliant, les frontons des lucarnes, l'entablement à modillons, l'arche à clef de voûte et le couronnement de la passerelle orné d'une armoirie.


Informations historiques

L'édifice Pamphile-Le May est construit de 1910 à 1915. Il est érigé notamment pour abriter la bibliothèque de l'Assemblée législative de la province de Québec, aussi appelée « bibliothèque de la Législature » ou « bibliothèque du Parlement ».

L'histoire de l'institution débute en 1802, alors qu'est créée la bibliothèque de la Chambre d'assemblée du Bas-Canada. Elle loge dans les édifices parlementaires de Québec jusqu'en 1838. Entre 1840 et 1865, elle suit la capitale itinérante à Kingston, Montréal, Toronto et Québec (de 1852 à 1855 et de 1859 à 1865). Plusieurs pertes sont reliées à des incendies (1849, 1854) et au déménagement de la majeure partie des collections au parlement d'Ottawa en 1865.

En 1867, à la suite de la signature de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique, la « bibliothèque de l'Assemblée législative de la province de Québec » est mise sur pied par le bibliothécaire Pamphile Le May (1837-1918). Toutefois, la plus grande partie des collections est détruite dans l'incendie des édifices parlementaires du parc Montmorency en 1883. L'année suivante, l'Assemblée législative ratifie la Loi relative à la bibliothèque de la Législature. Les volumes sauvés sont déménagés en 1885 dans l'aile Saint-Louis du nouvel Hôtel du Parlement. En 1890, la collection d'imprimés du premier ministre Pierre-Joseph-Olivier Chauveau (1820-1890), constituée de plus de 3 000 titres, est achetée.

À la fin du XIXe siècle, l'espace occupé par la bibliothèque est réclamé pour les fonctionnaires. Vers 1900, on envisage la construction d'un édifice pour l'accueillir. Eugène-Étienne Taché (1836-1912), qui avait prévu une bibliothèque dans la cour intérieure de l'Hôtel du Parlement dans son projet initial de 1875, en dessine les esquisses. C'est toutefois la « bâtisse des pouvoirs », qui doit loger les systèmes de chauffage et d'électricité de l'Hôtel du Parlement, qui est implantée dans la cour. Taché proposera finalement l'emplacement actuel.

En 1910, le ministre des Travaux publics Louis-Alexandre Taschereau (1867-1952) autorise la construction du bâtiment. Il s'inscrit dans la tradition Beaux-Arts, privilégiée par l'homme politique afin d'affirmer le rôle de capitale de la ville de Québec et de conférer à la province une architecture institutionnelle portant le sceau de l'État. Les travaux sont exécutés par l'entrepreneur Joseph Gosselin de Lévis, selon les plans des architectes Jean-Omer Marchand (1873-1936) de Montréal et Georges-Émile Tanguay (1857-1923) de Québec. La réalisation de l'édifice, relié à l'Hôtel du Parlement par une passerelle, marque la naissance de la cité administrative que l'on nommera « colline Parlementaire ».

La bibliothèque occupe le rez-de-chaussée. Les étages supérieurs accueillent les bureaux du Conseil exécutif et du Conseil de l'Instruction publique. En 1916, la verrière est installée. Elle est exécutée par Guido Nincheri (1885-1973), d'après un dessin de Charles Huot (1855-1930). La décoration intérieure est achevée en 1921.

De 1952 à 1969, sous la direction du bibliothécaire Jean-Charles Bonenfant (1912-1977), l'institution gagne en prestige et devient aussi publique. En 1965, le sous-sol est creusé pour y entreposer les journaux et les périodiques ainsi que pour aménager une salle de lecture.

En 1980, l'immeuble, connu sous le nom d'édifice « B » depuis 1938, est renommé édifice Pamphile-Le May, en l'honneur de son premier directeur. Il est restauré au cours de cette décennie.

En 1985, le quadrilatère formé par le boulevard René-Lévesque, l'avenue Honoré-Mercier, la Grande Allée et la rue des Parlementaires, incluant l'Hôtel du Parlement et les édifices du restaurant Le Parlementaire, Pamphile-Le May et Honoré-Mercier, est déclaré site historique national. Ce bien est devenu un site patrimonial national à l'entrée en vigueur de la Loi sur le patrimoine culturel en 2012. Au même moment, le périmètre du site est agrandi afin d'inclure les édifices Jean-Antoine-Panet et André-Laurendeau.
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Notices bibliographiques :
BEAULIEU, André. L'Assemblée nationale du Québec. Québec, Éditeur officiel du Québec, 1973. 69 p.
BÉLANGER, Réal. « L'Hôtel du Parlement, symbole de l'État du Québec en devenir (1867-1982) ». COURVILLE, Serge et Robert GARON. Atlas historique du Québec. Québec, ville et capitale. Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 2001, p. 412-438.
COSSETTE, Jean-François et Guy HUOT. « La conservation du patrimoine immobilier à l'Assemblée nationale du Québec ». Bulletin de la bibliothèque de l'Assemblée nationale. Vol. 34, no 3-4 (2005), p. 5-10.
DESCHÊNES, Gaston et Luc NOPPEN. L'Hôtel du Parlement, témoin de notre histoire. Sainte-Foy, Les Publications du Québec, 1996. 204 p.
DESCHÊNES, Gaston et Maurice PELLERIN. Le Parlement du Québec: deux siècles d'histoire. Québec, Publications du Québec, 1991. 123 p.
DESCHÊNES, Gaston et Michel DESGAGNÉS. « L'identification des édifices parlementaires ». Bulletin de la Bibliothèque de l'Assemblée nationale. Vol. 10, no 1 (1980), p. 33-46.
DESCHÊNES, Gaston. Entretiens sur l'histoire de l'Hôtel du Parlement, des anciens édifices parlementaires et du Salon bleu. Québec, Bibliothèque de l'Assemblée nationale, 1982. 38 p.
DESCHÊNES, Gaston. Le Parlement de Québec. Histoire, anecdotes et légendes. s.l. Éditions MultiMondes, 2005. 323 p.
DESGAGNÉS, Michel. Les édifices parlementaires depuis 1792. Québec, Assemblée nationale, 1979. 84 p.
GALLICHAN, Gilles. Au fil des pages et du temps : la Bibliothèque de l'Assemblée nationale, deux siècles d'histoire. Québec, Bibliothèque de l'Assemblée nationale, 2002. 122 p.
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HUDON, Francine. Les édifices parlementaires. Québec, Assemblée nationale, 1980. 264 p.
MORISSET, Lucie K. et Luc NOPPEN. Québec de roc et de pierres : la capitale en architecture. Sainte-Foy, Éditions MultiMondes, 1998. 150 p.
NOPPEN, Luc. « Hôtel du Parlement ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, p. 196-201.
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POTVIN, Damase. Aux fenêtres du Parlement de Québec : histoire, traditions, coutumes, usages, procédures, souvenirs, anecdotes, commissions et autres organismes. Québec, Éditions de la Tour de pierre, 1972. 337 p.
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Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Hôtel du Parlement



Hôtel du Parlement

L'Hôtel du Parlement est un édifice institutionnel de style Second Empire érigé en deux phases entre 1877 et 1886. Il comprend quatre corps de bâtiment (le Palais législatif et les trois ailes) disposés autour d'une cour intérieure carrée. Des toits mansardés coiffent l'immeuble de quatre étages. La façade principale est dominée par une tour centrale de huit étages et cantonnée de deux pavillons d'angle. La tour centrale est dotée d'une horloge et couronnée par un mât où flotte le drapeau fleurdelisé. Une fontaine monumentale entourée par un escalier d'apparat semi-circulaire rehausse l'entrée d'honneur, qui donne sur la place de l'Assemblée-Nationale. L'édifice est richement décoré de statues de bronze et d'ornements en pierre. L'Hôtel du Parlement est la principale composante architecturale de l'Assemblée nationale du Québec. L'édifice est situé sur la colline Parlementaire, dans l'arrondissement municipal de La Cité-Limoilou, de la ville de Québec.

Ce bien fait partie de l'Assemblée nationale du Québec, déclarée site patrimonial national.



Valeur patrimoniale

L'Hôtel du Parlement présente un intérêt pour ses valeurs historique et emblématique. Cet édifice est le lieu suprême et légitime d'expression et de mise en oeuvre des principes démocratiques de gouvernement du Québec. C'est dans ses murs qu'ont lieu depuis 1885 les délibérations des représentants du peuple, chargés de faire les lois et de contrôler l'action gouvernementale. L'origine des institutions parlementaires québécoises remonte à 1791, alors que l'Acte constitutionnel instaure le régime parlementaire britannique dans le Bas-Canada. Le Parlement du Bas-Canada est alors composé de la Chambre d'Assemblée, du Conseil législatif et du gouverneur. En 1968, le Conseil législatif est aboli et l'Assemblée législative devient l'Assemblée nationale du Québec. L'Hôtel du Parlement, qui est le siège du seul parlement et gouvernement francophone d'Amérique du Nord, constitue ainsi le symbole de l'État du Québec et de ses institutions démocratiques.

L'Hôtel du Parlement présente aussi un intérêt pour sa valeur architecturale. Construit entre 1877 et 1886, cet édifice est l'exemple par excellence du style Second Empire au Québec. D'origine française, ce style apparaît sous le règne de l'empereur Napoléon III (1808-1873), notamment avec la construction du Nouveau Louvre (1852 à 1857). Il est présent dans l'architecture canadienne à la fin des années 1860 et préconisé par le département des Travaux publics de la province de Québec à cette époque. À la suite de la construction de l'Hôtel du Parlement, il connaîtra une grande vogue au Québec. Oeuvre d'Eugène-Étienne Taché (1836-1912), l'édifice en est une illustration par ses quatre corps de bâtiment (le Palais législatif et les trois ailes) disposés autour d'une cour intérieure carrée, ses toits mansardés, ses pavillons centraux, ses pavillons d'angle ainsi que sa riche ornementation. Pour agrémenter l'Hôtel du Parlement, Taché a aussi composé un « ordre québécois », formé d'un pilastre au chapiteau orné d'une fleur de lis. L'Hôtel du Parlement recourt au style Second Empire pour souligner les origines françaises de la capitale ainsi que pour asseoir le prestige et la respectabilité de l'institution, alors que l'ornementation héraldique affirme son appartenance québécoise et canadienne.

L'Hôtel du Parlement présente également un intérêt pour sa valeur historique liée à son programme commémoratif. Haut lieu de la mémoire collective, l'Hôtel du Parlement est un monument consacré à l'histoire nationale du Québec, fondée sur la devise « Je me souviens », inscrite dans la pierre de l'édifice. Le programme commémoratif, exécuté entre 1890 et 1969, comprend 26 bronzes et de nombreuses armoiries sculptées qui rendent hommage aux découvreurs et aux grandes figures militaires, religieuses et politiques du passé. Par exemple, la tour centrale et les pavillons d'angle de la façade principale sont dédiés à Jacques Cartier (1491-1557), Samuel de Champlain (vers 1570-1635) et Paul de Chomedey de Maisonneuve (1612-1676), tandis que l'entrée d'honneur rend hommage aux Amérindiens. On trouve aussi sur les élévations les armes des principaux gouverneurs français et britanniques, ceux des huit premiers lieutenants-gouverneurs, de même que les noms de certains héros de la Nouvelle-France. L'Hôtel du Parlement est ainsi le principal lieu de commémoration de l'histoire du Québec.

L'Hôtel du Parlement présente en outre un intérêt pour sa valeur historique découlant de son association avec un architecte connu. Passionné d'art et d'histoire, Eugène-Étienne Taché va marquer l'architecture de la capitale en participant à la conception de plusieurs autres édifices institutionnels, dont l'ancien palais de justice (1883-1887) et le manège militaire (1885).



Éléments caractéristiques

Les éléments clés de l'Hôtel du Parlement liés à ses valeurs historique, emblématique et architecturale comprennent, notamment :
- son inclusion dans le site patrimonial national de l'Assemblée nationale du Québec, dans la ville de Québec;
- l'orientation de sa façade vers le Vieux-Québec;
- son volume, dont le plan carré formé de quatre corps de bâtiment rectangulaires disposés autour d'une cour intérieure, l'élévation de quatre étages, les toits mansardés, la tour centrale demi-hors-œuvre de huit étages de la façade principale coiffée d'un toit en pavillon à terrasse faîtière orné d'une crête en fer, les pavillons centraux en saillie coiffés de dômes carrés à terrasse faîtière, les pavillons d'angle en saillie coiffés de toits en pavillon à terrasse faîtière ainsi que les hautes souches de cheminée très ornementées;
- ses matériaux, dont les fondations constituées de pierre de démolition de l'ancien collège des Jésuites et de pierre calcaire de Château-Richer, le soubassement en grès vert et en granite Calédonia, le rez-de-chaussée recouvert de pierre de taille aux joints profonds, les étages revêtus de pierre de taille calcaire de Saint-Marc-des-Carrières à fini bouchardé, la couverture en tôle galvanisée avec ornements en zinc ainsi que les ouvertures en bois;
- les ouvertures, dont les portes surmontées d'une imposte vitrée en plein cintre, les fenêtres à carreaux (celles du rez-de-chaussée cintrées, celles du deuxième étage à arc surbaissé, celles du troisième étage rectangulaires) et les lucarnes à fronton en hémicycle;
- la riche ornementation puisée dans le répertoire classique, dont les divers appareillages, les bandeaux, les colonnes, les pilastres, les entablements, les frontons, les niches cintrées, les consoles, les acrotères ainsi que les motifs sculptés (cartouches, festons, arabesques, fleurs de lis, feuilles d'érable et de laurier);
- l'horloge de la tour et celle de l'aile Saint-Louis;
- la fontaine monumentale entourée par un escalier d'apparat semi-circulaire conduisant à l'entrée d'honneur;
- les passerelles couvertes le reliant à l'édifice du restaurant Le Parlementaire et à l'édifice Honoré-Mercier;
- les statues « La Halte dans la forêt » et « Le Pêcheur à la nigog » de l'entrée d'honneur;
- les bronzes de la façade principale, soit ceux de Louis de Buade de Frontenac, James Bruce Elgin, Louis-Joseph de Montcalm, James Wolfe, Charles-Michel de Salaberry, François-Gaston Lévis, Jean Talon, Jean de Brébeuf, Lord Dorchester, Jacques Marquette, Robert Baldwin, Pierre Boucher, Pierre Le Moyne d'Iberville, Pierre Gauthier de La Vérendrye, Louis Jolliet, François de Montmorency de Laval, Marie de l'Incarnation, Marguerite Bourgeoys, Jean-Jacques Olier, Samuel de Champlain, Paul Chomedey de Maisonneuve, Nicolas Viel ainsi que les allégories « La Poésie et l'Histoire » et « La Religion et la Patrie » couronnant les ressauts de part et d'autre de la tour centrale;
- l'inscription du nom de Jacques Cartier sur la tour centrale et des noms de Samuel de Champlain et de Paul de Chomedey de Maisonneuve sur les pavillons d'angle de la façade principale;
- les armes des principaux gouverneurs français et britanniques, des huit premiers lieutenants-gouverneurs de la province et de certains héros de la Nouvelle-France;
- les armoiries du Québec et la devise « Je me souviens » au-dessus de l'entrée d'honneur.



Informations historiques

L'Hôtel du Parlement est le symbole de l'État du Québec et de ses institutions démocratiques. L'origine de ces institutions remonte à 1791, alors que l'Acte constitutionnel instaure le régime parlementaire britannique au Bas-Canada. Composé alors de la Chambre d'Assemblée, du Conseil législatif et du gouverneur, le Parlement du Bas-Canada siège dans la ville de Québec jusqu'en 1838. À la suite de l'Acte d'Union en 1841, la capitale devient itinérante. Québec accueille les parlementaires de 1852 à 1855 et de 1860 à 1865.

En 1867, l'Acte de l'Amérique du Nord britannique est sanctionné. La ville de Québec devient la capitale de la province qui porte son nom. Le Parlement et les départements (ministères) s'installent dans l'ancien édifice parlementaire situé côte de la Montagne, à l'endroit de l'actuel parc Montmorency. Dès 1869, on songe à la construction d'un nouveau bâtiment. L'ancien parlement est détruit dans un incendie en 1883.

Le gouvernement choisit d'abord l'emplacement de l'actuel hôtel de ville. Eugène-Étienne Taché (1836-1912), commissaire adjoint du département des Terres de la Couronne, présente ses plans en 1875. L'année suivante, le Cricket Field, situé à l'extérieur des fortifications, est acquis. Taché adapte son projet au nouveau site avec l'aide des ingénieurs et architectes Pierre Gauvreau (1813-1884) et Jean-Baptiste Derome (1837-1910); il dépose les plans définitifs en 1877 et en 1883.

L'Hôtel du Parlement est construit en deux temps, entre 1877 et 1886. Les trois ailes destinées à accueillir les bureaux de l'exécutif, qui regroupe les organes chargés de la mise en œuvre des lois, du lieutenant-gouverneur et des départements sont érigées entre 1877 et 1880 par les entrepreneurs Nicholas Piton et Simon-Xavier Cimon (1829-1887) de Québec. Le Palais législatif, qui doit loger l'Assemblée législative et le Conseil législatif, est élevé de 1883 à 1886. Le contrat est accordé à William John Piton de Québec et Alphonse Charlebois de Montréal. En 1885, les parlementaires siègent dans l'édifice. Trois ans plus tard, l'horloge de la tour est fabriquée et installée par Cyrille Duquet (1841-1922), un horloger-bijoutier de Québec.

Le « chantier du siècle » emploie jusqu'à 400 ouvriers, dont une soixantaine de tailleurs de pierre et de maîtres sculpteurs, et connaît notamment quatre grèves, un attentat à la dynamite et un scandale financier. Néanmoins, l'Hôtel du Parlement rehausse le prestige de la ville et stimule le développement de la Grande Allée. Son style Second Empire connaîtra une grande vogue au Québec et sera employé dans l'architecture publique, institutionnelle et résidentielle.

Pour Taché, l'Hôtel du Parlement est un monument consacré à l'histoire nationale du Québec. Le vaste programme commémoratif comprend un nouvel emblème national, approuvé le 9 février 1883, auquel il ajoute « Je me souviens », qui deviendra la devise du Québec en 1939. Taché prévoit aussi des statues et des armoiries sculptées. La réalisation de ce programme va s'étendre jusqu'en 1969. Elle fera appel à des sculpteurs de renom, dont Louis-Philippe Hébert (1850-1917) et Alfred Laliberté (1878-1953).

Le 21 janvier 1948, le fleurdelisé devient le drapeau du Québec et est hissé pour la première fois sur le mât de l'Hôtel du Parlement. Vingt ans plus tard, le Conseil législatif est aboli et l'Assemblée législative devient l'Assemblée nationale du Québec.

En 1985, le quadrilatère formé par le boulevard René-Lévesque, l'avenue Honoré-Mercier, la Grande Allée et la rue des Parlementaires, incluant l'Hôtel du Parlement et les édifices du Parlementaire, Pamphile-Le May et Honoré-Mercier, est déclaré site historique national. Ce bien est devenu un site patrimonial national à l'entrée en vigueur de la Loi sur le patrimoine culturel en 2012. Au même moment, le périmètre du site est agrandi afin d'inclure les édifices Jean-Antoine-Panet et André-Laurendeau.
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Notices bibliographiques :
Assemblée nationale du Québec. Mémoire de bronze: Les statues de la façade de l'hôtel du Parlement. Québec, Assemblée Nationale du Québec, s.d. 20 p.
BEAULIEU, André. L'hôtel du Parlement. Québec, L'Assemblée nationale du Québec, 1981. 96 p.
DESCHÊNES, Gaston et Luc NOPPEN. L'Hôtel du Parlement, témoin de notre histoire. Sainte-Foy, Les Publications du Québec, 1996. 204 p.
MORISSET, Lucie K. et Luc NOPPEN. Québec de roc et de pierres : la capitale en architecture. Sainte-Foy, Éditions MultiMondes, 1998. 150 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Le Monument-National



Le Monument-National

Le Monument-National est un édifice à vocation socioculturelle de style néo-Renaissance construit de 1891 à 1894. L'imposant bâtiment rectangulaire haut de quatre étages à l'avant et de cinq à l'arrière est surmonté d'un toit plat divisé en deux paliers. Le Monument est contigu aux bâtiments voisins et sa longue façade en pierre grise, alignée à celle des autres bâtiments de la rue, comporte une abondance d'ouvertures et d'éléments décoratifs disposés symétriquement. Implanté en bordure du boulevard Saint-Laurent, une artère achalandée, l'immeuble s'élève devant un parc urbain créé récemment, dans un secteur d'intérêt patrimonial de l'arrondissement municipal de Ville-Marie de la ville de Montréal.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. La protection s'applique à l'extérieur et à l'intérieur de l'immeuble, et pas au terrain. Le Monument-National bénéficie d'une aire de protection.



Valeur patrimoniale

Le Monument-National présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique comme lieu clé de la sociabilité canadienne-française à Montréal.. Sa construction est proposée officiellement en 1884 par le futur sénateur Laurent-Olivier David (1840-1926), journaliste et homme de lettres, pour souligner le cinquantième anniversaire de l'Association Saint-Jean-Baptiste de Montréal (plus tard, la Société Saint-Jean-Baptiste). Inauguré en 1893, l'édifice se veut le symbole de la survivance et des aspirations des Canadiens français dans la métropole. Jusque dans les années 1960, il abrite les services administratifs de la Société Saint-Jean-Baptiste ainsi que ses diverses filiales, dont la Caisse nationale d'économie, la Société nationale de fiducie et le Prêt d'honneur. C'est aussi le lieu de rassemblement des Dames patronnesses de l'Association Saint-Jean-Baptiste (plus tard, Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste), groupe marquant des débuts du féminisme québécois.

Le Monument-National présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur historique liée à son caractère multifonctionnel. Ce bâtiment a regroupé à la fois un théâtre recevant autrefois 1400 spectateurs, des commerces, des bureaux, des salles polyvalentes, des salles de cours, une bibliothèque et un musée. Édifice à vocation socioculturelle, il a logé des organismes tels que l'École des arts et métiers ainsi que des associations ouvrières et nationalistes. Hôte de nombreuses productions scéniques, il a lancé la carrière d'artistes renommés comme La Bolduc (Mary Travers, 1894-1941), Gratien Gélinas (1909-1999) ou encore Olivier Guimond, père (1893-1954) et fils (1914-1971). Transcendant son rôle premier de centre de rayonnement pour la société canadienne-française, il a diffusé les œuvres d'artistes des communautés chinoise et juive. L'École nationale de théâtre du Canada, propriétaire depuis 1971, y dispense des cours et présente des pièces, perpétuant ainsi sa fonction culturelle et éducative.

Le Monument-National présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Il est conçu par les architectes Maurice Perrault (1857-1909), Albert Mesnard (1847-1909) et Joseph Venne (1858-1925), réputés pour les bâtiments institutionnels et religieux qu'ils ont produits à Montréal et dans la région. La structure en acier constitue une technologie innovatrice à la fin du XIXe siècle. La façade en pierre grise d'inspiration néo-Renaissance témoigne de l'influence étasunienne sur l'architecture montréalaise à cette époque. Le style néo-Renaissance se reflète dans la composition régulière et symétrique, les grandes baies vitrées, notamment celles terminées par un arc en plein cintre, les bandeaux, les pilastres, les frontons et les entablements. Le toit plat est, quant à lui, typique des théâtres et des cinémas créés au tournant du XXe siècle et d'un bon nombre d'immeubles résidentiels. Le toit est divisé en deux paliers, et sa partie la plus élevée couvre la grande salle de spectacle. De plus, l'intérieur comprend des éléments remarquables, dont le balcon en fer à cheval du théâtre, l'un des derniers à subsister au Canada, et un escalier élaboré. L'ensemble de ces caractéristiques fait du Monument-National un bâtiment exceptionnel.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2004.


Éléments caractéristiques

Les caractéristiques du Monument-National liées à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment:
- sa situation le long du boulevard Saint-Laurent, la contiguïté avec les bâtiments voisins et l'alignement de la façade avant avec les autres bâtiments de la rue;
- les éléments témoignant des activités scéniques, dont le théâtre occupant le tiers du bâtiment, le portail à trois travées comprenant des portes en bois à deux vantaux et la marquise;
- les éléments témoignant de la fonction commerciale, dont les six ouvertures du rez-de-chaussée en façade destinées à servir de vitrines;
- les éléments témoignant des fonctions sociale et éducative, dont les pièces des étages en façade accueillant autrefois des bureaux, des salles polyvalentes et des salles de cours;
- ses matériaux, dont la structure en acier et le recouvrement en pierre grise;
- les éléments d'inspiration Renaissance de la façade composée de façon régulière et symétrique, dont les grandes baies vitrées, notamment celles terminées par un arc en plein cintre, les bandeaux, les pilastres, les frontons et les entablements;
- le toit plat divisé en deux paliers;
- les éléments de la salle de spectacle, dont le balcon en fer à cheval et sa balustrade en fer forgé, les corbeilles ornées de motifs végétaux et le plafond en plâtre à motifs peints;
- les autres éléments intérieurs, dont le grand escalier en marbre et les nombreuses boiseries finement sculptées.


Informations historiques

L'Association Saint-Jean-Baptiste de Montréal (plus tard, la Société Saint-Jean-Baptiste) est une organisation patriotique canadienne-française fondée en 1834. Vers 1880, Laurent-Olivier David (1840-1926), journaliste et homme de lettres, souhaite doter l'organisme d'un siège social permanent. En 1884, celui-ci propose officiellement la construction du Monument-National pour souligner le cinquantième anniversaire de l'Association. Sa recommandation est retenue et un comité achète, la même année, un terrain délimité par les rues Saint-Louis, Gosford et Craig. La première pierre est posée, mais le comité connaît de sérieux problèmes de financement. En 1890, le gouvernement d'Honoré Mercier (1840-1894) verse une subvention aux promoteurs en plus d'organiser la Loterie de la province de Québec, ce qui sauve le projet.

En 1891, l'Association Saint-Jean-Baptiste jette son dévolu sur un nouveau terrain, soit la propriété Wurtele située boulevard Saint-Laurent, qui deviendra la « Main » de Montréal. Au tournant du XXe siècle, cette artère est la ligne de démarcation entre les quartiers anglophones et francophones. C'est aussi le principal lieu d'insertion des communautés immigrantes dans la métropole, témoignant ainsi de la pluriethnicité urbaine. Le boulevard Saint-Laurent deviendra l'artère des restaurants, du monde du spectacle et des sorties nocturnes.

La construction du Monument-National s'étend de 1891 à 1894. Les travaux sont réalisés selon les plans des architectes Maurice Perrault (1857-1909), Albert Mesnard (1847-1909) et Joseph Venne (1858-1925), réputés pour les bâtiments institutionnels et religieux qu'ils ont produits à Montréal et dans la région. Ces architectes reçoivent la plupart des commandes institutionnelles et religieuses de la clientèle canadienne-française de la région de Montréal. Ils ont notamment signé l'édifice de la Banque du Peuple et le pavillon de l'Université Laval à Montréal, rue Saint-Denis.

En 1893, l'Association Saint-Jean-Baptiste inaugure son siège social, qui sera pendant longtemps le phare de la sociabilité canadienne-française à Montréal. Le bâtiment se veut aussi le symbole de la survivance et des aspirations nationales des Canadiens français dans la métropole. Jusque dans les années 1960, il abrite les services administratifs de l'organisme et ses diverses filiales, dont la Caisse nationale d'économie, la Société nationale de fiducie et le Prêt d'honneur. C'est aussi le lieu de rassemblement des Dames patronnesses de l'Association Saint-Jean-Baptiste (plus tard, Fédération nationale Saint-Jean-Baptiste), groupe marquant des débuts du féminisme québécois.

Le Monument-National a abrité un théâtre, des commerces, des bureaux, des salles polyvalentes, des salles de cours, une bibliothèque et un musée. Utilisé à des fins socioculturelles, le bâtiment a logé divers organismes, dont l'École des arts et métiers ainsi que des associations ouvrières et nationalistes, dont le Bloc populaire et le Rassemblement pour l'Indépendance nationale. Hôte de nombreuses productions scéniques, il a lancé la carrière d'artistes renommés, tels que La Bolduc (Mary Travers, 1894-1941), Gratien Gélinas (1909-1999) ou encore Olivier Guimond, père (1893-1954) et fils (1914-1971). Transcendant son rôle premier de centre de rayonnement pour la société canadienne-française, il a également diffusé les œuvres d'artistes des communautés chinoise et juive. Depuis 1971, le Monument-National est la propriété de l'École nationale de théâtre du Canada qui y dispense des cours et présente des pièces, perpétuant ainsi la fonction culturelle et éducative du bâtiment.

En 1976, le Monument-National est classé. Il bénéficie d'une aire de protection depuis 1978.

L'édifice est restauré en 1992 pour son centième anniversaire. Il compte aujourd'hui trois salles de spectacle et des espaces pouvant accueillir divers types d'activité.
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Notices bibliographiques :
ANCTIL, Pierre. Saint-Laurent, La Main de Montréal. Sillery / Montréal, Septentrion / Musée Pointe-à-Callière, 2002. 109 p.
Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
GOURNAY, Isabelle, dir. et France VANLAETHEM, dir. Montréal métropole, 1880-1930. Montréal, Boréal, 1998. 224 p.
LACHAPELLE, Jacques. « Monument National ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 84-86.
LAMONDE, Yvan. Histoire sociale des idées au Québec (1896-1929). Montréal, Éditions Fides, 2004. 323 p.
LARRUE, Jean-Marc. Le monument inattendu : Le Monument National, 1893-1993. Cahiers du Québec : Histoire, 106. LaSalle, Éditions Hurtubise HMH, 1993. 322 p.
PINARD, Guy. Montréal, son histoire, son architecture. Vol. 3. Montréal, Les Éditions La Presse, 1989. 560 p.
s.a. « Inventaire architectural de Montréal. Base de données sur le patrimoine ». Ville de Montréal. Le patrimoine architectural de Montréal [En ligne]. http://www2.ville.montreal.qc.ca/script/php/frame.php?target=/patrimoine/patrimoine.htm
Ville de Montréal. Le patrimoine architectural de Montréal

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Maison Alphonse-Desjardins



Maison Alphonse-Desjardins
La maison Alphonse-Desjardins est une habitation de style néogothique construite entre 1882 et 1884. Cette résidence de plan asymétrique en forme de « L », à un étage et demi, est coiffée d'un toit à deux versants ponctué de deux pignons en façade. La maison Alphonse-Desjardins est située dans le cœur historique et institutionnel de l'arrondissement municipal de Desjardins de la ville de Lévis.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. La protection s'applique à l'extérieur et à l'intérieur de l'immeuble, et pas au terrain.


Valeur patrimoniale

La maison Alphonse-Desjardins présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique découlant de son association avec Alphonse Desjardins (1854-1920), fondateur de la première caisse populaire en 1900 et, par conséquent, du Mouvement Desjardins. D'abord journaliste et responsable de la publication des « Débats » de l'Assemblée législative de la province de Québec, Desjardins travaille par la suite à Ottawa comme sténographe francophone à la Chambre des communes pendant 25 ans, soit de 1892 à 1917. Il a fait construire sa résidence de Lévis entre 1882 et 1884 et l'habitera jusqu'à son décès. Au cours de sa vie, Desjardins a créé 187 caisses populaires au Québec, 24 en Ontario et 9 aux États-Unis. Plusieurs distinctions et privilèges lui ont été accordés, notamment celui de devenir membre individuel de l'Alliance coopérative internationale. En 1913, il est fait commandeur de l'Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand par le Saint-Siège, en reconnaissance de sa contribution aux œuvres sociales catholiques.

La maison Alphonse-Desjardins présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Cette résidence est le lieu de fondation de la première caisse populaire et des coopératives financières du Québec ainsi que le point de départ du Mouvement Desjardins, le plus important groupe financier coopératif du Québec et du Canada. En effet, c'est dans cette demeure qu'Alphonse Desjardins élabore son mouvement coopératif. Le 23 janvier 1901, quelque 130 membres y effectuent des transactions pour la toute première fois, probablement dans la cuisine de la maison. En 1906, l'adoption par l'Assemblée législative de Québec de la Loi concernant les syndicats coopératifs fait de la caisse populaire le modèle à partir duquel seront organisées toutes les coopératives d'épargne et de crédit du Québec. Ainsi, la maison Alphonse-Desjardins symbolise l'importance du mouvement coopératif québécois.

La maison Alphonse-Desjardins présente en outre un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. La résidence d'influence néogothique présente un plan en « L », un avant-corps surmonté d'un gâble, des épis de faîtage et des corniches ornées de motifs en bois découpé. Bien que le style néogothique soit courant au Québec au XIXe siècle, il est peu répandu dans les milieux urbains denses et dans les communautés francophones, comme Lévis. Par conséquent, la maison Alphonse-Desjardins se démarque de la plupart des autres résidences d'inspiration néogothique construites à la même période par son implantation en milieu urbain et par l'origine de son premier propriétaire.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2004.


Éléments caractéristiques

Les éléments clés de la maison Alphonse-Desjardins liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment :
- sa situation dans la ville de Lévis, au cœur du noyau historique et institutionnel de l'arrondissement municipal de Desjardins, à une intersection;
- son volume, dont le plan en « L » et l'élévation d'un étage et demi;
- ses matériaux, dont la charpente de madrier sur madrier, les fondations en pierre, le parement de planches à clins, le bardeau de cèdre et la tôle à baguettes couvrant le toit ainsi que la cheminée en brique;
- ses caractéristiques néogothiques, dont l'avant-corps surmonté d'un gâble, la baie en saillie en façade couronnée d'un balcon, la porte ouvrant sur le balcon, la lucarne à pignon au-dessus de la galerie en façade, les fenêtres à quatre carreaux formant un arc surbaissé, la porte double surmontée d'une imposte vitrée et les volets;
- sa décoration, dont les motifs de bois découpé des corniches, les épis de faîtage, les balustres et les poteaux des galeries ainsi que les vaisseliers de la galerie arrière;
- l'emplacement des deux entrées, soit l'entrée protocolaire menant au bureau de Desjardins et l'entrée populaire menant à la caisse;
- la pièce utilisée comme bureau de travail d'Alphonse Desjardins;
- la cuisine utilisée comme comptoir de la caisse populaire.



Informations historiques

Cette maison est construite entre 1882 et 1884 pour Alphonse Desjardins (1854-1920), qui est alors journaliste et responsable de la publication des « Débats » de l'Assemblée législative de la province de Québec. Par la suite, Desjardins est sténographe francophone à la Chambre des communes pendant 25 ans, soit de 1892 à 1917.

Le 6 décembre 1900, Desjardins fonde à Lévis la première caisse populaire en Amérique. Depuis sa nomination à Ottawa, il s'intéresse aux sociétés d'entraide et de secours mutuels et constate, notamment, les lacunes de l'organisation du crédit. L'étude du fonctionnement des banques populaires et des caisses rurales européennes l'amène à concevoir un modèle original. En fondant cette caisse populaire, il souhaite encourager l'épargne, rendre le crédit accessible aux ouvriers et aux cultivateurs, combattre l'usure et améliorer les conditions de vie des Canadiens français.

La Caisse populaire de Lévis ouvre ses portes le 23 janvier 1901, dans le domicile de son fondateur. Ce jour-là, quelque 130 membres y effectuent des transactions pour la toute première fois, probablement dans la cuisine de la maison. Cette première caisse devient ainsi le lieu de naissance des coopératives d'épargne et de crédit du Québec ainsi que le point de départ du Mouvement Desjardins, le plus important groupe financier coopératif du Québec et du Canada. En 1906, le siège social de la Caisse populaire de Lévis quitte le domicile du fondateur pour s'installer dans un local commercial.

En quelques années, le réseau des caisses voit le jour et se développe rapidement. En moins de vingt ans, avec l'appui du clergé catholique, Alphonse Desjardins veille à la fondation de 187 caisses au Québec, de 24 en Ontario et de 9 aux États-Unis. Les caisses auront un impact majeur sur l'économie du Québec. De nos jours, les services offerts par les quelque 600 caisses Desjardins réparties du Nouveau-Brunswick au Manitoba s'adressent à plus de 5 millions de membres.

Parallèlement à la fondation de caisses, Desjardins cherche à convaincre le gouvernement fédéral d'adopter un projet de loi qui accorderait une reconnaissance juridique aux coopératives. En 1905, il se tourne vers le gouvernement de la province de Québec, qui adopte l'année suivante la Loi concernant les syndicats coopératifs, ce qui place les caisses sous la juridiction provinciale. Cette loi fait de la caisse populaire le modèle à partir duquel les coopératives d'épargne et de crédit du Québec seront organisées.

Desjardins habite sa maison de Lévis jusqu'à son décès, en 1920. Au cours de sa vie, il aura reçu plusieurs distinctions et privilèges, notamment celui de devenir membre individuel de l'Alliance coopérative internationale. En 1913, il est fait commandeur de l'Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand par le Saint-Siège, en reconnaissance de sa contribution aux œuvres sociales catholiques.

À la suite du décès de Desjardins, son épouse, Dorimène (1858-1932), continue d'habiter la maison et poursuit l'œuvre de son mari. Sa présence aux côtés du fondateur a d'ailleurs été, dès le début, jugée indispensable au développement du mouvement coopératif. Elle assume depuis 1903 la gérance de la caisse pendant que son mari travaille à Ottawa. Au décès de ce dernier, elle possède une autorité morale qui lui permet d'assurer la continuité.

En 1938, la maison est cédée par une fille de Desjardins, prénommée Albertine, à l'Union régionale des caisses populaires Desjardins de Québec, qui la donne en location.

En 1979, la Société historique Alphonse-Desjardins acquiert la maison du fondateur. Elle restaure le bâtiment en 1981-1982 pour y loger ses bureaux. Depuis, elle accueille un centre d'interprétation mettant en valeur la vie et l'œuvre de Desjardins, ainsi que le mouvement coopératif québécois.

La maison Alphonse-Desjardins est classée en 1983.


Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Monastère des Ursulines-de-Québec



Monastère des Ursulines

Le monastère des Ursulines-de-Québec est un ensemble conventuel de tradition catholique composé de bâtiments construits entre le XVIIe siècle et le XXe siècle. L'ensemble comprend de nombreuses ailes, dont l'aile Sainte-Famille (1687, agrandie vers 1713), l'aile Saint-Augustin (1689, agrandie en 1712 et en 1832), l'aile Sainte-Angèle (1836), l'aile Notre-Dame-de-Grâce (1854), l'aile Saint-Joseph (1859) et l'aile des Parloirs (1872). Il inclut aussi la maison Madame-De La Peltrie (1836), la chapelle extérieure (1902) et le chœur des religieuses (1902), et des dépendances, comme les anciennes écuries (1850) et l'édifice de la chaufferie (1910). Une partie du terrain est occupée par des jardins et est plantée d'arbres matures. Les ailes Saint-Augustin, Sainte-Famille et Sainte-Ursule, l'aile des Parloirs et le chœur des religieuses encadrent une cour intérieure rectangulaire. Le site inclut aussi un petit cimetière, aménagé près du chœur des religieuses et ceinturé d'une clôture métallique.

Les ailes du monastère sont construites en pierre, à l'exception de la plus récente, l'aile Marie-Guyart (1988), en blocs de béton. Certains murs des plus anciennes ailes sont crépis. La plupart des bâtiments présentent des élévations de trois ou quatre étages et demi. Les toits sont à deux versants droits, à croupes, brisés ou plats. Ils sont couverts de tôle à baguettes ou de tôle à la canadienne. La chapelle extérieure en pierre, surmontée d'un toit à deux versants droits couvert de tôle, présente une façade percée d'un portail cintré et d'une rosace. Le chœur des religieuses est construit perpendiculairement à l'arrière de la chapelle extérieure.

Le monastère des Ursulines-de-Québec est situé dans la haute-ville de l'arrondissement municipal de La Cité-Limoilou de la ville de Québec.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. Cette protection s'applique à l'extérieur et à l'intérieur de tous les bâtiments, ainsi qu'au terrain et aux structures qui y sont érigés. Un site inscrit à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec est associé au lieu.

Le monastère fait partie du site patrimonial du Vieux-Québec. Vingt objets patrimoniaux classés sont associés au lieu.



Valeur patrimoniale

Le monastère des Ursulines-de-Québec présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. L'ensemble conventuel témoigne de l'œuvre des Ursulines, l'une des communautés religieuses fondatrices de la Nouvelle-France. En 1639, les religieuses Marie de l'Incarnation (1599-1672), Marie de Saint-Joseph (1616-1652) et Cécile de Sainte-Croix (1609-1687) sont envoyées en Nouvelle-France, accompagnées de leur bienfaitrice Marie-Madeleine de Chauvigny de La Peltrie (1603-1671). Elles établissent à Québec la première école pour filles en Amérique du Nord, fréquentée par des jeunes filles d'origine européenne et amérindienne. La communauté s'installe à l'emplacement actuel, dans la haute-ville, en 1642. Après la Conquête, les classes accueillent aussi des jeunes filles anglophones. Le monastère est agrandi à mesure que la clientèle et la communauté s'accroissent. La section féminine de l'école normale Laval y est établie en 1857. En 1912, l'école des Ursulines obtient une affiliation de l'Université Laval. À partir de 1936, le cours classique et le cours commercial y sont offerts. De 1969 à 1998, l'enseignement couvre aussi les cinq années des études secondaires. Aujourd'hui, l'établissement est une école primaire ouverte aux garçons et aux filles. Le monastère des Ursulines-de-Québec, où sont maintenues des fonctions éducatives depuis plus de 350 ans, constitue donc un témoin exceptionnel de l'histoire de l'éducation au Québec.

Le monastère présente également un intérêt pour sa valeur architecturale. L'ensemble témoigne des formes privilégiées dans l'architecture conventuelle depuis le Régime français. Les ailes Saint-Augustin et Sainte-Famille, reconstruites à partir de 1686, en font l'un des plus anciens édifices conventuels subsistant au Québec. Ces ailes montrent plusieurs caractéristiques de l'architecture du Régime français, dont les épais murs de pierre crépis du côté donnant sur la cour, les murs coupe-feu, le toit à deux versants à pente aiguë, la disposition régulière des ouvertures rectangulaires ou à arc surbaissé et les fenêtres à petits carreaux. La majorité des bâtiments du monastère ont été construits ou reconstruits au XIXe siècle par des architectes de renom, dont Thomas Baillairgé (1791-1859), Raphaël Giroux (1815-1869), Charles Baillairgé (1826-1906) et Joseph-Ferdinand Peachy (1830-1903). Ces bâtiments témoignent de l'influence de l'architecture néoclassique. Les corps de logis rectangulaires en pierre sont surmontés de toits à deux versants droits, à croupes ou brisés. Les ouvertures sont disposées de façon régulière et les fenêtres rectangulaires à grands carreaux sont pour la plupart dotées de chambranles en pierre de taille. Plusieurs ailes présentent des portails ou des porches d'inspiration classique. En outre, la disposition des différents bâtiments perpendiculairement à d'autres ailes plus anciennes ou autour d'une cour intérieure rectangulaire reprend un type d'organisation courant dans l'architecture monastique. Le monastère présente aussi des intérieurs de grand intérêt, notamment celui de la chapelle, réalisé par Pierre-Noël Levasseur (1690-1770). Plusieurs composantes, dont les voûtes des cuisines et de certains couloirs, les boiseries à panneaux et l'escalier Saint-Augustin, constituent des témoins exceptionnels des intérieurs du Régime français. Par ailleurs, comme la plupart des grands ensembles conventuels, ce monastère a eu une influence directe sur la trame urbaine environnante. La vaste propriété, partiellement lotie aux XVIIIe et XIXe siècles, forme maintenant un grand îlot tranchant avec les petits lots majoritairement résidentiels qui l'entourent.

Le monastère des Ursulines-de-Québec est classé en 2011.


Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du monastère des Ursulines-de-Québec liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment:
- la situation dans un milieu urbain, dans le secteur de la haute-ville, dans le site patrimonial du Vieux-Québec;
- l'implantation sur un vaste terrain au périmètre irrégulier, dans un secteur divisé principalement en petits lots;
- la position des entrées principales à l'extrémité des courtes perspectives créées par la rue du Parloir et la rue Donnacona;
- les bâtiments datant du Régime français, dont l'aile Saint-Augustin, l'aile Sainte-Famille et l'aile des anciennes cuisines;
- les bâtiments construits au XIXe siècle, dont la maison Madame-De La Peltrie, les ailes Sainte-Angèle, Notre-Dame-de-Grâce, Saint-Joseph, Saint-Thomas, Sainte-Ursule, Marie-de-l'Incarnation, l'aile des Parloirs, l'immeuble du 10, rue Donnacona (ancien centre Marie-de-l'Incarnation) ainsi que les écuries;
- les bâtiments datant du XXe siècle, dont l'édifice de la chaufferie et l'aile Marie-Guyart;
- les jardins et les espaces végétalisés;
- le cimetière;
- le monument de Marie de l'Incarnation;
- la disposition des ailes Saint-Augustin, Sainte-Famille, Sainte-Ursule, l'aile des anciennes cuisines et l'aile des Parloirs ainsi que le chœur des religieuses autour d'une cour fermée rectangulaire, la disposition des autres ailes perpendiculairement à des ailes plus anciennes;
- les caractéristiques des ailes du monastère, dont leur plan rectangulaire, les élévations de trois ou quatre étages et demi, le crépi couvrant certains murs, les murs coupe-feu, les toits à deux versants droits de la majorité des bâtiments (certains à pente aiguë), les toits à croupes des ailes Saint-Thomas et Marie-de-l'Incarnation, le toit brisé de l'aile Sainte-Ursule, le toit plat de l'aile des nouvelles cuisines, les couvertures en tôle à la canadienne ou en tôle à baguettes, la disposition régulière des ouvertures rectangulaires ou à arc surbaissé, les portails d'inspiration classique, la porte cochère, les fenêtres à petits ou à grands carreaux, les chambranles en bois ou en pierre de taille, les lucarnes à croupe disposées sur un ou deux étages, les galeries en bois, les corbeaux en pierre et les souches de cheminées;
- les caractéristiques de la chapelle extérieure et du chœur des religieuses, dont leur disposition en « L », le parement en pierre à bossages, le toit à deux versants droits, les tourelles polygonales, le clocher situé sur le faîte du chœur des religieuses, le portail composé de portes à panneaux surmontées d'un tympan vitré cintré, les fenêtres à arc surbaissé ou cintrées (certaines jumelées), la rosace, les arcs décoratifs, les chaînes d'angle, les bandeaux, les amortissements et la niche;
- les caractéristiques de la maison Madame-De La Peltrie, dont le plan rectangulaire à trois étages et demi et le toit à croupes en tôle à baguettes, la maçonnerie crépie, les ouvertures disposées symétriquement et régulièrement, les fenêtres rectangulaires à grands carreaux et les lucarnes à croupe;
- les caractéristiques du 10, rue Donnacona, dont le plan rectangulaire à un étage et demi, la maçonnerie en pierre de taille, le toit à croupes en tôle à baguettes, les ouvertures disposées symétriquement en façade et le belvédère;
- les caractéristiques des dépendances, dont leur plan rectangulaire allongé à un ou deux étages, les murs en pierre ou en brique, les toits à faible pente, les ouvertures cintrées, à arc surbaissé ou rectangulaires, ainsi que les portes de grandes dimensions;
- les éléments intérieurs, dont le décor sculpté et doré de la chapelle, ainsi que les voûtes, les escaliers, les boiseries, les fours, les âtres, les puits, les volets, les colonnes, les piliers et les pilastres sculptés des autres bâtiments du monastère;
- les passages couverts reliant certains bâtiments.



Informations historiques

Le monastère des Ursulines-de-Québec est construit pour l'une des communautés religieuses fondatrices de la Nouvelle-France. En 1639, les religieuses Marie de l'Incarnation (1599-1672), Marie de Saint-Joseph (1616-1652) et Cécile de Sainte-Croix (1609-1687) sont envoyées en Nouvelle-France. Elles sont accompagnées de leur bienfaitrice, Marie-Madeleine de Chauvigny de La Peltrie (1603-1671). Elles établissent à Québec la première école pour filles en Amérique du Nord, fréquentée par les jeunes filles d'origine européenne et amérindienne. D'abord installée en basse-ville, la communauté déménage à l'emplacement actuel, dans la haute-ville, en 1642.

Les plus anciens bâtiments subsistant, soit l'aile Saint-Augustin, l'aile Sainte-Famille et l'aile des anciennes cuisines, sont construits après l'incendie qui détruit le monastère en 1686. L'aile Saint-Augustin est allongée en 1712 et l'aile Sainte-Famille l'est en 1713. La chapelle extérieure est achevée en 1722.

Après la capitulation de Québec en 1759, des officiers et des soldats anglais sont soignés et hébergés dans le monastère, en échange de nourriture et du droit de rétablir les classes. Des jeunes filles anglophones sont intégrées au groupe d'étudiantes. De ce moment jusqu'en 1764, la chapelle des Ursulines est aussi utilisée par les protestants.

La communauté se relève difficilement de sa situation précaire. À partir de 1832, l'abbé Thomas Maguire (1776-1854) propose des modifications aux activités des Ursulines pour leur rendre une certaine prospérité. Certains bâtiments sont modifiés afin de répondre aux nouveaux besoins. L'aile Saint-Augustin est surhaussée d'un étage, selon les plans de l'abbé Jérôme Demers (1774-1853), dès 1832. En 1836, la maison Madame-De La Peltrie, conçue par Thomas Baillairgé (1791-1859), est reconstruite pour accueillir plus d'élèves. L'aile Notre-Dame-de-Grâce, œuvre de Charles Baillairgé (1826-1906), est érigée en 1854 et accueille le pensionnat.

En 1857, les Ursulines obtiennent la direction de la section féminine de l'école normale Laval. L'aile Saint-Joseph, conçue par Raphaël Giroux (1815-1869) et achevée en 1859, est construite pour accueillir cette école. D'autres bâtiments sont érigés dans la seconde moitié du XIXe siècle, dont l'aile Saint-Thomas en 1860, par Giroux, ainsi que l'ancienne chapelle Sainte-Angèle, abritant aujourd'hui le tombeau de Marie de l'Incarnation, œuvre de l'architecte Joseph-Ferdinand Peachy (1830-1903) construite en 1871. Peachy conçoit aussi l'aile des Parloirs, achevée en 1872, et les ailes Sainte-Ursule et Marie-de-l'Incarnation, construites en 1873 et 1874.

En 1901 et 1902, la chapelle extérieure et le chœur des religieuses sont reconstruits selon les plans de David Ouellet (1844-1915). Les éléments du décor intérieur de la chapelle de 1722, dont les œuvres réalisées de 1723 à 1739 par Pierre-Noël Levasseur (1690-1770), sont intégrés dans la nouvelle chapelle.

La mission de l'école des Ursulines continue de s'élargir au XXe siècle. En 1912, l'école obtient une affiliation de l'Université Laval. À partir de 1936, le cours classique et le cours commercial y sont offerts. À compter de 1969, l'enseignement couvre les cinq années des études secondaires. L'aile Marie-Guyart est érigée en 1988 selon les plans des architectes Maurice Boutin et André Ramoisy. Par ailleurs, certains édifices changent de fonction au cours du XXe siècle. En 1969, la maison Madame-De La Peltrie, classée cinq ans plus tôt, est restaurée et le musée des Ursulines y est aménagé. Par la suite, l'immeuble du 10, rue Donnacona, un ancien bureau d'avocats construit en 1847, devient le centre Marie-de-l'Incarnation, qui présente l'œuvre de la fondatrice, jusqu'en 2011, année il est intégré au musée.

Depuis 1998, seul l'enseignement primaire est offert à l'école des Ursulines. Depuis 2010, des classes sont aussi ouvertes aux garçons.
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Notices bibliographiques :
AUGERON, Mickaël, dir., Dominique GUILLEMET, dir., Alain ROY, dir. et Marc ST-HILAIRE, dir. Les traces de la Nouvelle-France au Québec et en Poitou-Charentes. Québec, Les Presses de l'Université Laval, 2008. 308 p.
BLANCHET, Danielle, Louise FORGET et Sylvie THIVIERGE. Vieux-Québec, Cap-Blanc : place forte et port de mer. Québec, Ville de Québec, 1989. 80 p.
CHÉNARD, Marguerite. « L'école des filles les Ursulines ». Cap-aux-Diamants. Vol. 4, no 4 (1989), p. 33-36.
Groupe de recherche en histoire du Québec inc. Étude d'ensemble : Sous-secteur des Ursulines. Annexes. Québec, Ville de Québec, 2000. s.p.
Groupe de recherche en histoire du Québec inc. Étude d'ensemble : Sous-secteur des Ursulines. Synthèse. Québec, Ville de Québec, 2000. 162 p.
Patri-Arch. Évaluation patrimoniale des couvents, monastères et autres propriétés de communautés religieuses situés sur le territoire de la ville de Québec. Québec, Patri-Arch, 2006. s.p.
RÉMILLARD, Francine. « Jules-Ernest Livernois chez les Ursulines ». Cap-aux-Diamants. Vol. 3, no 2 (1987), p. 33-36.
ROY, Pierre-Georges. À travers l'histoire des Ursulines de Québec. Québec, 1939. s.p.
SAINT-THOMAS, mère. Les Ursulines de Québec depuis leur établissement jusqu'à nos jours. Tome 2. Québec, 1864. s.p.
TRAQUAIR, Ramsay. « The Architectural History of the Ursuline Monastery, Quebec ». Journal of the Royal Institute of British Architects. Vol. 44, Series 3, no 5 (1937), p. 3-15.
Ville de Québec. Regards sur l'architecture du Vieux-Québec. Québec, Ville de Québec, 1986. 124 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Nouvelle-France



L'histoire de la France comme puissance coloniale en Amérique du Nord débute au 16e siècle, à l'époque des explorations européennes et des voyages de pêche. La colonie française de la Nouvelle-France s’étend, à son apogée, sur un énorme territoire allant du golfe du Saint-Laurent jusqu’en Louisiane. La présence française est marquée par d’importants échanges commerciaux, mais aussi par des conflits récurrents avec les peuples autochtones. Ceux-ci sont établis sur un vaste territoire que la France cherche à s’approprier. La colonisation française est aussi motivée par des objectifs religieux et liés au peuplement. Après la Conquête britannique, la Nouvelle-France est cédée à la Grande-Bretagne en 1763 et devient une colonie britannique.

Les peuples autochtones vivent depuis des millénaires sur le territoire qui devient la Nouvelle-France et les Vikings le fréquentent dès la fin du 10e siècle. Toutefois, c'est surtout de la fondation de Québec en 1608 jusqu'à la cession du Canada à l'Angleterre en 1763 que la France imprègne l'histoire d'un continent dont elle vient à contrôler les trois quarts des terres, incluant l’Acadie. Elle implante, notamment dans la vallée du Saint-Laurent une population qui réussit à affirmer sa vitalité et sa culture jusqu'à nos jours.



Fondation et contexte

La fondation de la Nouvelle-France s'inscrit, au 16e siècle, dans le vaste mouvement des initiatives d’exploration européenne. À la suite des autres puissances européennes (Angleterre, Espagne et Portugal) et des voyages vers l’Amérique de Christophe Colomb en 1492, John Cabot en 1497, puis des frères Corte-Real, la France s'intéresse à l’exploration maritime.

En 1524, Giovanni Verrazzano longe la côte est de l'Amérique, de la Floride à Terre-Neuve. Par la suite, Jacques Cartier effectue trois voyages de découverte. Il prend possession du territoire au nom du roi de France en plantant une croix à Gaspé (voir Gaspésie) en 1534. L'année suivante, il remonte le Saint-Laurent, hiverne à Stadaconé (site de l’actuelle ville de Québec) et se rend à Hochelaga (aujourd’hui Montréal). Pendant l’hiver, vingt-cinq de ses hommes meurent du scorbut. En 1536, il retourne en France.

En 1540-1541, Jacques Cartier revient et tente d'établir une colonie à l’embouchure de la rivière du Cap-Rouge. Si des objectifs religieux ont présidé à l'organisation de ces voyages, les motifs économiques sont encore plus évidents. L'espoir de trouver une route vers les Indes est constamment affirmé. En 1534, le roi demande à Jacques Cartier de « découvrir certaines îles et pays: on croit qu'il doit s'y trouver grande quantité d'or et autres richesses ». Lors de son dernier voyage, le découvreur rapporte des minéraux qu'il croit être de l'or et des diamants. Ce n'était que du fer et du quartz. La France se désintéresse alors de cette lointaine contrée jusqu'à la fin du 16e siècle.

Entre-temps toutefois, et avant même la venue des grands explorateurs, des Français manifestent un intérêt soutenu pour les ressources poissonnières de cette région (voir Pêche). La présence de pêcheurs basques, bretons et normands sur les Grands Bancs de Terre-Neuve est attestée dès la première décennie du 16e siècle. Dès 1550, les pêcheurs font sécher le poisson sur les rives, établissent des contacts avec les Autochtones et rapportent des fourrures en France. Durant la décennie 1580-1590, plusieurs pêcheurs se tournent vers le commerce des fourrures. Cette activité finit par amener les Français loin à l'intérieur du continent. Ainsi, c'est l'entreprise privée qui mène l’exploration de l’Amérique.

Samuel de Champlain, considéré comme le fondateur de la Nouvelle-France, construit une habitation à Québec en 1608. Il reprend les visées de Jacques Cartier de découvrir une percée vers les Indes. Cet établissement répond à des impératifs économiques: se rapprocher des zones riches en fourrures, resserrer les contacts avec les pourvoyeurs autochtones et favoriser l'obtention du privilège d'exploitation. L'envergure d'une telle entreprise oblige la formation de compagnies.



L’administration commerciale de la colonie et les missions religieuses

De 1608 à 1663, l'administration de la colonie est confiée à des compagnies de commerce formées de marchands de diverses villes de France. Les compagnies qui se succèdent s'engagent à peupler et à développer l’Amérique, en retour du privilège d'exploiter ses ressources. La Compagnie des Cent-Associés — une création du grand ministre de Louis XIII, le cardinal de Richelieu — gère la Nouvelle-France directement ou par des compagnies subsidiaires de 1627 à 1663. La Compagnie n'atteint cependant pas les résultats escomptés. En 1663, la population dépasse de peu les 3 000 personnes, dont 1 250 enfants nés au pays. Moins de 1 % des terres concédées sont exploitées. Samuel de Champlain, en 1618, anticipe des revenus annuels de 5 millions de livres, grâce à la pêche, aux mines, au bois, au chanvre, aux toiles et à la fourrure. Cependant, seule cette dernière est rentable, et encore moins que prévue. L'évangélisation ne connaît pas de meilleurs succès.

Source : Encyclopédie canadienne


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Pavillon Charles-Baillairgé



Pavillon Charles Baillargé

Le pavillon Charles-Baillairgé est un ancien édifice carcéral construit entre 1861 et 1867. Le bâtiment en pierre d'influence néo-Renaissance présente un plan irrégulier. Le corps central, de plan rectangulaire, compte quatre étages et demi ainsi qu'un soubassement surhaussé et est surmonté d'un puits de lumière. Sa façade est percée d'un portail cintré. Une annexe rectangulaire à trois étages et demi est greffée au mur sud du corps central. Elle est couronnée d'une tour de guet octogonale à deux lanternes. Une aile latérale de plan en « T », à trois étages et demi, s'élève du côté est. L'ensemble est coiffé d'un toit brisé à croupes percé de lucarnes. Relié aux autres bâtiments du Musée national des beaux-arts du Québec, le pavillon Charles-Baillairgé est situé dans le parc des Champs-de-Bataille, dans l'arrondissement municipal de La Cité-Limoilou de la ville de Québec.

Ce bien est classé immeuble patrimonial. La protection s'applique seulement à l'extérieur de l'immeuble patrimonial, et pas au terrain. Un site inscrit à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec est associé au lieu.

Le pavillon Charles-Baillairgé est classé en 1998.


Valeur patrimoniale

Le pavillon Charles-Baillairgé présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Ce type d'architecture reflète les préoccupations de la société en matière de détention. Une réforme carcérale est proposée en Grande-Bretagne par le Britannique John Howard (1726-1790) en 1777. L'approche de celui-ci prône la séparation des détenus selon le sexe et la gravité de la faute, de meilleures conditions d'hygiène, un programme de travail ainsi que l'isolement rigoureux, devant favoriser leur réhabilitation. Elle donne lieu à une série d'expérimentations au début du XIXe siècle, notamment aux États-Unis. La prison d'Auburn (Auburn State Prison) dans l'État de New York, construite dès 1816, se caractérise par de longs enchaînements de cellules de petites dimensions, ouvertes sur des corridors servant de puits de lumière et de poste d'observation. Les prisonniers mangent et travaillent dans des salles communes, en silence, et dorment dans des cellules individuelles. La prison de Philadelphie (Eastern State Penitentiary) dans l'État de Pennsylvanie, dessinée par l'architecte John Haviland (1792-1852) et ouverte en 1829, est plutôt formée d'un bloc central d'où rayonnent des ailes composées d'un couloir longitudinal flanqué de cellules donnant sur l'extérieur. Les détenus mangent, travaillent et dorment seuls dans leur cellule. Ces deux modèles se répandent en Amérique du Nord et en Europe. Le plan du pavillon Charles-Baillairgé s'inspire fortement du système d'Auburn, tout en adoptant l'idée de Philadelphie d'un corps central surmonté d'un puits de lumière auquel se rattachent les différentes ailes. Le pavillon Charles-Baillairgé témoigne donc d'une nouvelle conception du rôle de la prison et marque une étape importante dans l'évolution de l'architecture pénitentiaire au Québec.

Le pavillon Charles-Baillairgé présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Élevé de 1861 à 1867, l'édifice marque un point tournant dans l'évolution stylistique des prisons au Québec. Les prisons de la première moitié du XIXe siècle s'inspirent généralement du style palladien. Le pavillon Charles-Baillairgé s'en distingue par ses éléments empruntés à l'architecture de la Renaissance italienne, notamment le soubassement surhaussé, l'emploi de la pierre à bossage, la tour de guet formée de deux lanternes octogonales superposées, la corniche à modillons et les hautes fenêtres cintrées. Par ailleurs, l'édifice présente des caractéristiques modernes, dont l'emploi de tirants en fer masqués par des pièces métalliques ornées de grotesques ainsi que par la disposition des fenêtres de dimensions variées selon les fonctions des diverses sections plutôt que selon un souci d'ordonnance classique ou d'uniformité de l'ensemble. Le pavillon Charles-Baillairgé constitue donc un édifice avant tout fonctionnel, qui porte une ornementation sobre d'inspiration néo-Renaissance, inusitée dans l'architecture pénitentiaire de son époque. La valeur architecturale du pavillon Charles-Baillairgé repose par ailleurs sur son association avec l'architecte Charles Baillairgé (1826-1906). Issu d'une dynastie de sculpteurs, de peintres et d'architectes, Baillairgé est l'auteur de nombreux lieux de culte, résidences et édifices institutionnels. À partir des années 1860, il travaille essentiellement à la supervision de chantiers pour le ministère des Travaux publics à Ottawa puis pour la cité de Québec, notamment grâce à ses compétences en génie civil. La prison conçue en 1860 constitue l'une des réalisations les plus importantes de Baillairgé en architecture publique, marquant une période charnière dans sa pratique.



Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du pavillon Charles-Baillairgé liés à ses valeurs historique et architecturale comprennent, notamment:
- sa situation sur un terrain paysager dominant le fleuve Saint-Laurent, en retrait de la voie publique, au cœur du parc des Champs-de-Bataille;
- son intégration au Musée national des beaux-arts de Québec;
- son volume, dont le corps central de plan rectangulaire de quatre étages et demi à soubassement surhaussé, l'annexe rectangulaire de trois étages adossée au mur sud du corps central, l'annexe de plan en « T » à trois étages et demi et à soubassement surhaussé greffée au mur est du corps central, le toit brisé à croupes surmonté d'un puits de lumière ainsi que la tour de guet composée de deux lanternes octogonales superposées;
- les matériaux, dont la maçonnerie en pierre de taille lisse et en pierre à bossage, la couverture en cuivre ainsi que les éléments architecturaux et ornementaux en pierre et en métal;
- les ouvertures, dont le portail principal (composé d'une porte à panneaux encadrée par des baies latérales et surmontée d'un tympan cintré vitré), les portes à panneaux (surmontées d'arcs surbaissés ou de linteaux), les fenêtres cintrées (certaines éclairant trois niveaux), les fenêtres rectangulaires à carreaux, les fenêtres en arc surbaissé, les lucarnes en appentis ainsi que les chambranles;
- l'ornementation sobre, dont la corniche à modillons, les pièces métalliques masquant les tirants en fer de la structure (ornés notamment de grotesques, de clés et de mains liées) et les bandeaux;
- les éléments structuraux intérieurs.



Informations historiques

Le pavillon Charles-Baillairgé est construit sur un terrain destiné sous le Régime français à une vocation agricole. La bataille des plaines d'Abraham s'y déroule le 13 septembre 1759, marquant un point tournant de la guerre de la Conquête. Un monument érigé à proximité de l'édifice commémore le lieu où est mort le général britannique James Wolfe (1726-1759). Ces terres, appartenant aux Augustines de l'Hôtel-Dieu de Québec, sont louées par baux emphytéotiques, puis acquises par John Bonner, marchand de Québec, avant de devenir propriété gouvernementale en 1853.

La construction de la prison découle de la réforme du système carcéral amorcée au XVIIIe siècle en Grande-Bretagne par John Howard (1726-1790). L'approche de celui-ci prône la séparation des détenus selon le sexe, l'âge et la gravité de la faute, de meilleures conditions d'hygiène, un programme de travail ainsi que l'isolement rigoureux, devant favoriser leur réhabilitation. Bien qu'une prison ait été construite à Québec de 1808 à 1811 (édifice du Morrin College, classé immeuble patrimonial), cette dernière est rapidement surpeuplée. De plus, elle ne permet pas la séparation des détenus selon les crimes perpétrés et présente d'importantes lacunes hygiéniques. En 1856, le gouvernement du Canada-Uni cède aux pressions et lance un concours pour la conception d'une prison sur les plaines d'Abraham. Le premier prix est attribué en 1860 aux architectes R. C. Messer de Toronto et Thomas Ellis de Kingston, mais les plans proposés par Charles Baillairgé (1826-1906) sont finalement choisis. Celui-ci s'inspire du système de la prison d'Auburn (Auburn State Prison) dans l'État de New York, caractérisé par de longs enchaînements de cellules de petites dimensions, ouvertes sur des corridors servant de puits de lumière et de poste d'observation. Baillairgé organise toutefois les différentes ailes autour d'un bâtiment central, selon le modèle de la prison de Philadelphie (Eastern State Penitentiary) dans l'État de Pennsylvanie.

Les travaux sont confiés aux entrepreneurs Thomas Joseph Murphy (vers 1818-1883) et Thomas Martin Quigley (1833-vers 1905) et débutent en 1861. En 1863, les coûts dépassent les prévisions et les entrepreneurs se trouvent dans l'impossibilité de payer les ouvriers. Le travail, interrompu pendant quelques mois, reprend en 1864 sous la supervision de Pierre Gauvreau (1813-1884). La prison livrée aux autorités en juin 1867 recevait déjà des prisonniers depuis quatre ans. De 1869 à 1872, l'aile sud est agrandie et le mur d'enceinte est érigé. Des ajustements sont effectués jusqu'en 1877, tandis que la construction de l'aile ouest prévue dans le plan original est abandonnée.

À partir de 1908, l'environnement de la prison se modifie considérablement, notamment avec l'aménagement du parc des Champs-de-Bataille. En 1930, le mur d'enceinte est partiellement reconstruit afin de faire place au Musée de la province, créé par le gouvernement québécois, qui ouvre ses portes en 1933. Des lucarnes sont percées dans le toit de l'édifice en 1943.

Dans la deuxième moitié du XXe siècle, la prison est considérée comme désuète. L'établissement est fermé en 1970, lors de l'ouverture du centre de détention situé à Orsainville. L'édifice est utilisé durant quelques années comme auberge de jeunesse, mais est abandonné à nouveau en 1974.

En 1987, on annonce l'agrandissement du Musée du Québec (maintenant le Musée national des beaux-arts du Québec) et l'intégration de la prison au complexe muséologique. De 1989 à 1991, des travaux de reconversion sont entrepris. Deux blocs cellulaires sont conservés comme témoignage du système carcéral, tandis que le reste du bâtiment est modifié afin de répondre aux fonctions muséales. L'ancienne prison prend alors le nom de pavillon Charles-Baillairgé.
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Notices bibliographiques :
CAMERON, Christina. Charles Baillairgé: Architect & Engineer. Montréal / Kingston, McGill-Queen's University Press, 1989. 201 p.
Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
GAUTHIER-LAROUCHE, Georges. La prison des Planes d'Abraham. Qubec, Ministère des Affaires culturelles, Service des monuments historiques, 1976. 81 p.
LA GRENADE-MEUNIER, Monique. La prison des plaines d'Abraham. Québec, Ministère des Affaires culturelles, Direction générale du patrimoine, 1977. 14 p.
LANDRY, Pierre B. Prison, auberge et musée: le pavillon Charles-Baillairgé. Québec, Musée national des beaux-arts du Québec, 2005. 58 p.
MIMEAULT, Martin. La prison des plaines d'Abraham, 1863-1877. Sillery, Septentrion, 2007. 145 p.
NOPPEN, Luc. Dossier d'inventaire architectural de la prison de Québec, 311, rue Wolfe, Parc des Champs de Bataille, Québec. Québec, Ministère des Affaires culturelles, Direction générale du patrimoine, 1975. s.p.
s.a. « Pavillon Charles-Baillairgé ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Supplément 1987-1999. Québec, Les Publications du Québec, 2001, p. 21.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Pont des Pionniers



Pont des Pionniers

Le pont des Pionniers est un pont couvert de type « Town québécois » construit en 1943 lors du boom de colonisation de l'Abitibi. Sa construction est associée à la fondation de la paroisse de Saint-Éphrem en 1942. D'une longueur de 24,7 mètres et d'une largeur de 6,4 mètres, le pont couvert se caractérise par sa structure de bois à poutres triangulées. Son toit à deux versants, à fortes pentes de plus de 35 degrés, n'est pas courant et est recouvert de tôle profilée galvanisée. Son portique est de type colonisation. Des ouvertures sont pratiquées au centre des murs et le long du débord de la toiture. Les murs sont recouverts de lambris de bois dont le profil des planches horizontales est à feuillure. L'ouvrage toujours fonctionnel est localisé sur le chemin des 8e et 9e rangs, à 1,1 kilomètre de la route collectrice 393, dans le secteur de Val-Paradis. Il s'agit d'une localité située dans la région administrative du Nord-du-Québec.



Informations historiques

Le pont des Pionniers est construit en 1943 dans le secteur de Val-Paradis lors du boom de colonisation de l'Abitibi.

Au Québec, entre le milieu du XIXe siècle et jusqu'en 1958, au-delà de 1 000 ponts couverts sont construits sur l'ensemble du territoire. Les derniers ponts authentiques de ce genre construits en Amérique du Nord sont dans cette province. Appelés ponts de colonisation ou ponts de la crise, ce sont les seuls vestiges des différents plans d'expansion du ministère de la Colonisation, mis en vigueur pour diriger des hommes sans emploi vers les régions rurales.

Le pont des Pionniers de Val-Paradis donne accès aux terres de colonisation et permet la mise en marché des produits agricoles des colons. Parmi les premiers arrivants figure la Gang des 7. Ce sont sept hommes qui fuient le chômage au Lac-Saint-Jean causé par l'arrêt des grands projets hydroélectriques. Charles-Eugène Tremblay convainc six autres hommes de faire le voyage et de s'installer au bord de la rivière Leslie pour passer un premier hiver en 1939. Le pont des Pionniers est construit quelques années plus tard, un peu après la fondation de la paroisse Saint-Éphrem en 1942, et sa réalisation lui est associée. Son toponyme, choisi en 1993, réfère aux familles pionnières Tremblay, Thibodeau, Michaud, Fortin, Desgagné, Trottier et Desbiens qui s'installent à Val-Paradis pour défricher le territoire.

Le pont des Pionniers, de type « Town québécois », permet de traverser le ruisseau Leslie. Au Québec, ce type de structure est reconnu pour sa solidité, sa facilité de construction et sa légèreté. Les ingénieurs du ministère de la Colonisation de l'époque l'utilisent de façon presque systématique. Des modifications sont toutefois apportées au modèle d'origine dès le début du 20e siècle. Les dimensions des pièces de bois de la charpente sont réduites. Des poteaux verticaux sont ajoutés à la structure afin de compenser la perte de résistance. Les clous et boulons remplacent le chevillage de bois plus complexe. Sa construction devient ainsi plus économique et plus simple à réaliser par la main-d'œuvre locale. On ajoute également des ouvertures au centre des murs, parce que les chevaux refusaient de pénétrer dans un tunnel peu éclairé et bruyant et pour permettre aux utilisateurs de voir à l'extérieur.

À l'origine, le revêtement de toiture du pont est en bardeau de bois, par la suite il sera recouvert de tôle profilée. En 1985, des réparations majeures sont effectuées sur la structure. La principale modification concerne l'ajout d'ouvertures latérales sous le débord de la toiture en 1985.

Lors de sa réalisation, le pont est possiblement rouge et passe à une teinte de gris dans les années 1960 pour revenir au rouge en 1985. Le ministère des Transports du Québec (MTQ) procède à des travaux de peinture et de réfection de la toiture en 1992.
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Notices bibliographiques :
ARBOUR, Gérald, Fernand CARON et Jean LEFRANÇOIS. Les ponts couverts au Québec. Québec, Les Publications du Québec, 2005. 216 p.
s.a. Évaluation patrimoniale des ponts couverts en Abitibi-Témiscamingue et au Nord-du-Québec. Ministère du Transport du Québec, 2009. s.p.
s.a. Répertoire des ponts couverts de l’Abitibi-Ouest. La Sarre, Société d’histoire et du patrimoine de la région de La Sarre, s.d. s.p.
THIBAULT, Henri-Paul. Les ponts couverts du Québec : évaluation patrimoniale. Québec, Ministère de la Culture, 1993. s.p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Site archéologique Cartier-Roberval



Site archéologique Cartier-Roberval

Le site archéologique Cartier-Roberval résulte d'un établissement colonial français aménagé de 1541 à 1543, sur un promontoire situé au confluent du fleuve Saint-Laurent et de la rivière du Cap Rouge. Le sous-sol du site renferme notamment des vestiges et des traces d'au moins trois bâtiments construits essentiellement en bois et en argile ainsi que d'ouvrages défensifs. Le site archéologique Cartier-Roberval, d'une superficie de 324 mètres carrés, est principalement boisé. Il est bordé au nord par une voie ferrée et au sud par un escarpement ainsi que par le chemin de la Plage-Jacques-Cartier. Il est situé dans le secteur Cap-Rouge de l'arrondissement Sainte-Foy-Sillery-Cap-Rouge de la ville de Québec.

Ce bien est classé site patrimonial. La protection s'applique au terrain et à ce qui s'y trouve.

La collection d'objets du site archéologique Cartier-Roberval, comprenant plus de 6000 objets et fragments qui en ont été extraits, est aussi classée objet patrimonial.


Valeur patrimoniale

Le site archéologique Cartier-Roberval présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Le site correspond à une partie du premier établissement colonial français en Amérique. Après deux voyages de Jacques Cartier (vers 1491-1557), soit un premier en 1534 et un deuxième en 1535 et 1536, un nouveau projet se dessine, qui se distingue des précédents par son objectif de colonisation. À cette fin, une commission royale est décernée à Jean-François de la Rocque de Roberval (vers 1495-1560) en janvier 1541. Le recrutement est difficile. Cinq navires partent de Saint-Malo le 23 mai 1541. Cartier, commandant en second de l'expédition, est autorisé à partir sans Roberval - aux prises avec des problèmes d'approvisionnement - avec un équipage comptant possiblement plus de 300 personnes. À la fin du mois d'août s'amorce l'aménagement de l'établissement sur le site préalablement choisi à cette fin au cap Rouge. Caractérisé par une forte dénivellation et sa situation au confluent du fleuve Saint-Laurent et de la rivière du Cap Rouge, le lieu présente un intérêt stratégique, notamment du point de vue militaire. Cartier nomme l'établissement Charlesbourg-Royal et fait construire deux forts, un en haut du cap et l'autre en bas. Cartier quitte la colonie en juin 1542, notamment en raison de tensions avec les Autochtones. Roberval part de La Rochelle le 16 avril 1542, avec trois navires et environ 200 personnes. Arrivé au cap Rouge en juillet, il renomme l'établissement France-Roy et améliore les installations laissées par Cartier. À la suite du déclenchement d'une guerre entre l'Espagne et la France, Roberval et les colons sont rapatriés en 1543. France-Roy est abandonnée vers la fin du mois de juillet et possiblement incendiée par les Français avant leur départ, mettant un terme à la première tentative de colonisation française en Amérique. Néanmoins, cet établissement marque une étape cruciale du positionnement de la France sur ce nouveau continent, près de 70 ans avant la concrétisation de ces ambitions grâce à Samuel de Champlain (1574-1635). Le site archéologique Cartier-Roberval constitue donc un témoin exceptionnel d'un événement majeur de l'histoire du Québec et du Canada.

Le site présente également un intérêt pour sa valeur archéologique. Il s'agit du seul site archéologique associé à un établissement français du XVIe siècle connu au Québec. L'emplacement précis du site de Charlesbourg-Royal et de France-Roy est identifié en 2005 et confirmé par les campagnes de recherche archéologique effectuées au cours des années suivantes. Les découvertes qui y ont été faites ont permis d'améliorer la connaissance de plusieurs aspects de l'établissement et de nuancer certaines hypothèses avancées jusqu'alors. Par exemple, les indices relevés tendent à écarter la possibilité d'une reconstruction complète des bâtiments par Roberval après le départ de Cartier. Ils laissent aussi supposer que l'élite, Roberval en premier lieu, occupait le sommet du promontoire. Les recherches archéologiques ont aussi permis de mieux comprendre le cadre architectural de l'établissement, inspiré des fortifications de campagne européennes. Trois des bâtiments du fort d'en haut ont été localisés. Les techniques de construction utilisées pour ceux-ci, telles que le pan de bois et le torchis, sont caractéristiques du nord de la France, notamment de la Bretagne. Les fouilles ont aussi démontré le caractère militaire de l'établissement, qui était vraisemblablement palissadé et aurait pu être doté d'un chemin de ronde. Peu perturbé et situé en milieu naturel, le site conserve un potentiel de recherche substantiel, en plus d'offrir des occasions d'études spécialisées novatrices, notamment en sciences naturelles.

Le site archéologique Cartier-Roberval est classé en 2018. La collection archéologique, comprenant plus de 6000 objets et fragments qui ont été extraits du site, est classée au même moment.



Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du site archéologique Cartier Roberval liés à ses valeurs historique et archéologique comprennent, notamment:
- sa situation sur un promontoire terminé par un escarpement, au confluent du fleuve Saint-Laurent et de la rivière du Cap Rouge;
- sa superficie de 324 mètres carrés largement boisée;
- les vestiges architecturaux in situ, dont ceux de trois bâtiments (un bâtiment doté d'une fondation en maçonnerie et au moins un bâtiment de grandes dimensions);
- l'implantation quadrangulaire ou polygonale des vestiges de bâtiments;
- les traces de dispositifs défensifs, dont un ouvrage axial constitué de deux murs linéaires et parallèles, et des trous de poteaux;
- les éléments liés aux techniques de construction employant le pan de bois, le torchis, le calage de poteaux en terre à l'aide de moellons et les toitures végétales;
- la couche liée à un incendie;
- les portions résiduelles du site.



Informations historiques

Le site archéologique Cartier-Roberval correspond à une partie du premier établissement colonial français en Amérique. Après deux voyages de Jacques Cartier (vers 1491-1557) en 1534 puis en 1535 et 1536, un nouveau projet se dessine, qui se distingue des précédents par son objectif de colonisation. À cette fin, une commission royale est décernée à Jean-François de la Rocque de Roberval (vers 1495-1560) en janvier 1541. Cinq navires partent de Saint-Malo le 23 mai 1541. Cartier, commandant en second de l'expédition, est autorisé à partir sans Roberval, aux prises avec des problèmes d'approvisionnement, avec un équipage comptant possiblement plus de 300 personnes.

L'aménagement de l'établissement - qui est nommé Charlesbourg-Royal par Cartier - commence à la fin du mois d'août sur le site préalablement choisi à cette fin au cap Rouge. Caractérisé par une forte dénivellation et par sa situation au confluent du fleuve Saint-Laurent et de la rivière du Cap Rouge, le lieu présente un intérêt stratégique, notamment du point de vue militaire, puisque sa situation élevée en fait un excellent lieu d'observation. Par ailleurs, plusieurs éléments des environs peuvent servir de matériaux de construction, dont les arbres, le grès vert et le sol argileux. Deux forts sont construits, un en haut du cap et l'autre en bas.

Cartier quitte la colonie en juin 1542, notamment en raison de tensions avec les Autochtones. Pour sa part, Roberval part de La Rochelle le 16 avril 1542, avec trois navires et environ 200 personnes. Il croise Cartier à Terre-Neuve et le somme de retourner au cap Rouge, mais ce dernier fait fi de cet ordre et retourne en France. Arrivé au cap Rouge en juillet, Roberval renomme l'établissement France-Roy et améliore les installations laissées par Cartier. L'hiver est difficile et est marqué par des troubles sociaux et par de nombreux décès liés à la maladie.

En raison du déclenchement d'une guerre entre l'Espagne et la France, Roberval et les colons sont rapatriés en 1543. L'établissement est abandonné vers la fin du mois de juillet et possiblement incendié par les Français avant leur départ, mettant un terme à la première tentative de colonisation française en Amérique.

Le lieu semble par la suite être demeuré inoccupé durant près de trois siècles. En 1823, les frères Henry (1790-1865) et William Atkinson acquièrent une vaste propriété où ils doivent demeurer pour pouvoir en exploiter les ressources forestières. Henry Atkinson fait alors construire la villa Carouge sur le promontoire. Le site est probablement choisi pour ses caractéristiques répondant au goût de la bourgeoisie du XIXe siècle pour le pittoresque. Dès cette époque est émise l'hypothèse que le lieu soit celui de l'établissement de Cartier et de Roberval, à la suite de diverses découvertes, dont des boulets métalliques ayant pu être utilisés pour les canons des navires du XVIe siècle.

L'endroit conserve une vocation résidentielle jusqu'en 1906. Au XXe siècle, le site est marqué par le passage de voies ferroviaires puis par l'aménagement d'un parc public. Les premières interventions ayant comme but de situer l'établissement de 1542-1543 ont lieu au cours des années 1950. En 1979, de nouveaux sondages sont effectués sur le promontoire, sans succès. Les tentatives se multiplient dans le secteur à compter de 1995. C'est finalement en 2005, lors d'un inventaire archéologique préalable à l'aménagement d'un belvédère, que plusieurs artéfacts datant vraisemblablement du XVIe siècle sont découverts. Les interventions archéologiques effectuées au cours des années suivantes permettent de confirmer qu'au moins une partie de l'établissement colonial se trouvait sur la portion sud du promontoire.
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Notices bibliographiques :
ALLAIRE, Bernard. La rumeur dorée : Roberval et l'Amérique. Montréal, Les Éditions La Presse, 2013. 159 p.
FISET, Richard et Gilles SAMSON. Chantier archéologique Cartier-Roberval, Promontoire du cap Rouge (CeEu-4), Québec, Canada : rapport synthèse des fouilles 2007-2008. Québec, Ministère de la Culture et des Communications/Commission de la capitale nationale du Québec, 2013. 464 p.
HAVARD, Gilles et Cécile VIDAL. Histoire de l'Amérique française. Paris, Flammarion, 2005. 863 p.
TRUDEL, Marcel. Histoire de la Nouvelle-France. Tome 1 : Les vaines tentatives 1524-1603. Montréal, Fides, 1963. 307 p.



Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Site du patrimoine de La Poudrière



Site du patrimoine de La Poudrière

Le site du patrimoine de La Poudrière est un ancien complexe industriel fondé en 1864. Il comprend un ancien atelier de menuiserie construit en 1890 ainsi que les vestiges archéologiques de plusieurs bâtiments et installations industrielles. Le site du patrimoine de La Poudrière se situe en bordure de la rivière Watopeka, à l'est de la rue Saint-Georges, dans la ville de Windsor.

Ce bien est cité site patrimonial. La protection s'applique à l'enveloppe extérieur du bâtiment, aux vestiges ainsi qu'au terrain. Un site inscrit à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec est associé au lieu.



Valeur patrimoniale

Le site du patrimoine de La Poudrière présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. Ce site témoigne de l'histoire de la fabrication de la poudre noire. L'usine de Windsor est construite dans la foulée de la Guerre civile américaine (1861-1865) pour répondre aux besoins croissants en explosifs des États-Unis. Elle est érigée en bordure de la rivière Watopeka, qui présente une dénivellation et un débit importants. De plus, la présence d'une ligne de chemin de fer reliant la région de Sherbrooke à la Nouvelle-Angleterre facilite l'importation des matières premières entrant dans la fabrication de la poudre noire, tels le salpêtre et le soufre, de même que l'expédition du produit fini vers les États-Unis. Outre son usage militaire pendant le conflit américain, la poudre noire possède de nombreuses autres utilités, tant sur le marché canadien qu'américain. Elle sert notamment dans l'exploitation des mines, pour la construction de routes et de chemins de fer, pour la chasse ainsi que pour défaire les embâcles. Dès 1873, l'usine de Windsor compte parmi les premières au Canada à fabriquer du « Dualin », un puissant explosif à base de nitroglycérine. En activité de 1864 à 1922, elle est la plus ancienne poudrière au Québec.

Le site présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur architecturale. Construit en 1890, l'ancien atelier de menuiserie est représentatif de l'architecture industrielle de la fin du XIXe siècle. Elle adopte habituellement un style rationaliste caractérisé par des charpentes métalliques, de la maçonnerie en brique ainsi que des toitures plates ou à versants droits. L'ancien atelier de menuiserie illustre son appartenance à ce type notamment par sa maçonnerie en brique, son toit à deux versants de faible pente et son dépouillement. En 2002, l'édifice est recyclé en pavillon d'accueil du parc Watopeka.

Le site présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur archéologique. Il est associé à un site archéologique connu. Il comprend plusieurs vestiges qui attestent l'occupation industrielle passée. En effet, des murs d'anciens bâtiments, des fondations, des caves, des voûtes, un entrepôt et un four, entre autres, caractérisent le site. Ils témoignent de l'ampleur de l'ancien complexe industriel qui compte jusqu'à 56 bâtiments en 1918.

Le site du patrimoine de La Poudrière est constitué en 2003. Il est devenu un site patrimonial cité à l'entrée en vigueur de la Loi sur le patrimoine culturel en 2012.



Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du site du patrimoine de La Poudrière liés à ses valeurs historique, architecturale et archéologique comprennent, notamment:
- son emplacement en bordure de la rivière Watopeka;
- les caractéristiques de l'ancien atelier de menuiserie, notamment son volume, dont le plan rectangulaire, l'élévation de deux étages et le toit à deux versants droits de faible pente, les matériaux, dont la maçonnerie en brique et la couverture de tôle, ses ouvertures disposées régulièrement, dont les fenêtres à guillotine, les oculus et les portes de bois à double vantail, ainsi que son ornementation sobre, dont les linteaux en brique;
- les vestiges de plusieurs bâtiments et installations industrielles, dont des murs, des fondations, des caves, des voûtes, un entrepôt et un four.



Informations historiques

Le site du patrimoine de La Poudrière comprend l'ancienne usine de Windsor, la plus ancienne poudrière au Québec. Nommée à l'origine la « Sheldon Andrew and Company », elle est mise en exploitation en 1864 par trois promoteurs états-uniens sur le bord de la rivière Watopeka. Construite dans la foulée de la Guerre civile américaine (1861 à 1865), cette industrie avait pour mandat initial de répondre aux besoins croissants en explosifs des États-Unis. L'année 1869 marque l'arrivée dans la compagnie du marchand montréalais Georges Davies Ferrier. Dès lors, l'usine devient la « Windsor Powder Co. » et se spécialise dans la fabrication de poudre à miner et de poudre pour l'activité sportive. Dès 1873, elle est l'une des premières à produire le « Dualin », un puissant explosif à base de nitroglycérine. En 1877, l'usine devient la « Hamilton Powder Co. », et regroupe plusieurs établissements au Canada et aux États-Unis.

Outre son usage militaire pendant le conflit américain, la poudre noire de l'usine de Windsor possède de nombreuses autres utilités, tant sur le marché canadien qu'américain. Elle est notamment utilisée dans l'exploitation des mines, dont plusieurs sont en activité dans les Cantons-de-l'Est à cette époque (Stanstead, Dudswell et Bedford). Elle est également employée dans la construction de routes et de chemins de fer, pour la chasse ainsi que pour défaire les embâcles.

En 1918, l'usine compte 56 bâtiments, dont un moulin à scie, une forge, un atelier de menuiserie (1890) destiné à la fabrication des barils contenant la poudre noire, trois fours servant à brûler le bois d'aulne pour la préparation du charbon de bois, une centrale électrique et plusieurs hangars. Les plans relèvent également la présence des écuries et du bureau de la compagnie, de la maison du contremaître et de celles de quelques employés, de même que de deux grands entrepôts de poudre noire.

La participation du Canada au premier conflit mondial (1914-1918) accorde probablement un dernier sursis à l'usine de poudre noire de Windsor. En 1922, elle ferme ses portes à la suite d'une violente explosion. Toutefois, les fours à charbon demeurent utilisés jusqu'en 1926. Tenue à l'écart des progrès technologiques pendant trop longtemps, l'usine tombe en désuétude.

En 1993, le parc historique de La Poudrière de Windsor est fondé. Il a pour objectif de mettre en valeur l'histoire de la poudre noire ainsi que la vie des gens qui ont travaillé à sa fabrication de 1864 à 1922. En 2002, le centre culturel et patrimonial La Poudrière de Windsor bénéficie d'une aide financière pour le réaménagement du site. Les travaux comprennent notamment le recyclage de l'ancien atelier de menuiserie en pavillon d'accueil, un plan d'eau plus accessible, la réplique d'un moulin à roues en activité, un circuit de la poudre noire le long de la rivière Watopeka de même qu'un nouveau bâtiment renfermant des pièces du patrimoine industriel. Des pistes cyclables, des aires de pique-nique et de jeux de même que des endroits réservés à la pêche sont également mis à la disposition des visiteurs.
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Notices bibliographiques :
Centre culturel et patrimonial La Poudrière de Windsor. Histoire de la poudrière de Windsor. Windsor, s.é., 1993. 36 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Site patrimonial d'Arvida



Site patrimonial d’Arvida

Le site patrimonial d'Arvida correspond à une partie de la ville industrielle planifiée d'Arvida, fondée en 1926. Ce territoire urbain de 178 hectares se divise en trois grandes unités de paysage, soit un secteur résidentiel développé en trois phases principales de construction, une ceinture verte comprenant un vaste noyau institutionnel ainsi qu'un secteur commercial et institutionnel. L'ensemble compte plus de 800 bâtiments, en majorité des maisons individuelles détachées construites entre 1926 et 1950. Il comprend également des bâtiments institutionnels et commerciaux, ainsi que des parcs et des espaces verts.

Le secteur résidentiel est organisé autour d'un noyau institutionnel comptant des églises et des écoles. Les bâtiments commerciaux sont concentrés dans un secteur aménagé au sud du noyau institutionnel. L'ensemble du site est aménagé de façon à épouser et à valoriser la topographie naturelle. Le réseau viaire est conçu de manière à hiérarchiser les voies de circulation principales et secondaires et à engendrer un effet pittoresque. Les rues présentent souvent un tracé curviligne, sauf dans le secteur commercial et institutionnel, où la trame est orthogonale. La régularité du système parcellaire, l'uniformité de l'alignement des maisons et la sobriété des aménagements paysagers créent un paysage homogène.

Le cadre bâti essentiellement pavillonnaire du site patrimonial d'Arvida se caractérise notamment par la prédominance de maisons individuelles détachées. Ces résidences, tout en étant de dimensions similaires, présentent une grande diversité de modèles. Elles sont inspirées des formes populaires aux États-Unis à l'époque de leur construction, de l'architecture traditionnelle québécoise ou encore de sources européennes. L'utilisation généralisée de la brique pour les bâtiments institutionnels et commerciaux contribue aussi à l'homogénéité des secteurs névralgiques. Quelques bâtiments, dont le Manoir du Saguenay et le Brittany Row, se distinguent entre autres par leur parement en pierre et leurs sections de toits de formes variées.

Le site patrimonial d'Arvida est situé dans l'arrondissement municipal de Jonquière de la ville de Saguenay.

Il correspond à une partie de l’ancienne ville d’Arvida, maintenant intégrée à la grande ville de Saguenay. Il est considéré comme un exemple particulièrement achevé de ville mono-industrielle planifiée.

Le site patrimonial d’Arvida, déclaré en 2018, est un territoire urbain de 178 hectares.



Valeur patrimoniale

Le site patrimonial d'Arvida présente un intérêt pour sa valeur historique. Il témoigne de l'importante phase de développement économique et industriel de plusieurs régions du Québec, notamment la région du Saguenay–Lac-Saint-Jean, au cours des premières décennies du XXe siècle. À cette époque, l'industrie de l'aluminium, très énergivore, cherche à s'établir près des lieux de production d'hydroélectricité. La rivière Saguenay se révèle particulièrement propice à ces établissements. Le site patrimonial correspond à un secteur de l'ancienne ville d'Arvida, fondée par l'entreprise Aluminium Company of Canada et son président, Arthur Vining Davis (1867-1962), et érigée en municipalité en 1926. Arvida est aménagée selon les plans de l'architecte Harry Beardslee Brainerd (1887-1977) et de l'ingénieur Hjalmar Ejnar Skougor (1884-1932), plans qui ont été modifiés par Harold R. Wake, ingénieur de la compagnie. Le secteur est associé au plus important lieu de production d'aluminium au monde.

Le site patrimonial d'Arvida présente aussi un intérêt pour ses valeurs urbanistique et paysagère. L'endroit constitue un exemple particulièrement achevé et avant-gardiste de ville mono-industrielle planifiée. De nombreux projets de villes de ce type sont élaborés au début du XXe siècle, notamment au Québec, mais peu sont menés à terme ou sont d'aussi grande envergure. Dès le début du projet d'Arvida, les plans pour l'ensemble de la ville sont tracés. Les premiers aménagements reproduisent assez fidèlement ces plans, alors que les suivants s'en inspirent plus librement. Désirant offrir un cadre de vie agréable à tous ses employés, l'Aluminium Company of Canada suit de près les différentes étapes d'aménagement et de construction. Une commission d'urbanisme est créée et compte notamment l'architecte-paysagiste de grande renommée Frederick Gage Todd (1876-1948). La ville présente plusieurs caractéristiques des utopies urbaines de son époque, comme la ceinture verte et les parcs intégrés à la trame urbaine, le réseau viaire hiérarchisé et le noyau institutionnel autour duquel se déploie un cadre bâti essentiellement pavillonnaire. Ce secteur forme un paysage homogène dont l'effet pittoresque est constitué par un aménagement épousant et valorisant la topographie, par une végétalisation abondante, par la régularité du système parcellaire et par l'uniformité dans le traitement du cadre bâti.

Le site patrimonial d'Arvida présente également un intérêt pour sa valeur architecturale. Alors que de nombreuses villes industrielles planifiées présentent une répétition de quelques modèles, Arvida se distingue par la diversité des siens. Certaines des résidences arvidiennes sont inspirées de formes populaires aux États-Unis à l'époque, alors que d'autres s'inscrivent davantage dans l'esprit de l'architecture traditionnelle québécoise. La valeur architecturale du site repose aussi sur son association avec plusieurs architectes de renom, comme Harold Lea Fetherstonhaugh (1887-1971), Henry Ross Wiggs (1895-1986), Léonce Desgagné (1908-1979) et Ernest Isbell Barott (1884-1955).

Le site patrimonial d'Arvida présente aussi un intérêt pour sa valeur technologique. Il constitue un exemple remarquable de construction en série. En 1926, Arvida Works met 270 maisons en chantier et les termine en seulement 135 jours. Ce rythme exceptionnellement rapide est atteint grâce à la rationalisation des procédés de construction: quatre coffrages sont réutilisés pour couler les fondations et différentes pièces standardisées sont produites en usine, entre autres celles des charpentes en bois à claire-voie. Les maisons sont érigées à partir de 34 plans types dont les composantes formelles sont interchangeables. Le site patrimonial d'Arvida s'illustre aussi par l'utilisation de nouveaux matériaux dans certaines composantes, en particulier de l'aluminium.



Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du site patrimonial d'Arvida liés à ses valeurs historique, urbanistique, paysagère, architecturale et technologique comprennent, notamment:
- sa situation dans l'arrondissement municipal de Jonquière, dans la ville de Saguenay;
- sa superficie de 178 hectares, comptant trois grandes unités de paysage regroupant plus de 800 bâtiments résidentiels, institutionnels et commerciaux;
- les caractéristiques de la trame urbaine, dont l'organisation des secteurs résidentiels autour d'un noyau institutionnel et d'un secteur commercial et institutionnel, le respect et la mise en valeur de la topographie, la hiérarchisation des voies de circulation principales et secondaires en fonction de leur utilisation, la trame urbaine orthogonale, la présence de terrains de forme irrégulière à certaines intersections, l'uniformité de l'alignement des maisons individuelles détachées et leurs dimensions similaires, l'implantation des bâtiments secondaires, à l'arrière des bâtiments principaux et détachés de ceux-ci, la sobriété des aménagements paysagers (essentiellement gazonnés, dénués de clôtures et de haies en façade) et l'alignement des arbres;
- les caractéristiques du mobilier et de l'aménagement urbains, dont les caniveaux en béton en bordure de rue, les lampadaires et les panneaux signalétiques en aluminium;
- la présence de nombreux parcs et espaces verts planifiés en réseau, en incluant les coulées vertes;
- les caractéristiques du noyau institutionnel, dont les lots de grandes dimensions, dégagés et gazonnés, ainsi que la présence de deux lieux de culte et de cinq écoles;
- les caractéristiques du secteur le plus ancien, à l'est du noyau institutionnel, dont la convergence des rues principales vers le carrefour giratoire situé devant l'église Sainte-Thérèse-de-l'Enfant-Jésus, l'aménagement de ruelles et la présence dominante de maisons individuelles détachées;
- les caractéristiques du secteur situé au nord et au nord-ouest du noyau institutionnel, dont le tracé curviligne des rues, la présence de plusieurs îlots arrondis et triangulaires, la forte proportion de résidences individuelles détachées, la présence de maisons jumelées, en rangées ou mitoyennes formant un « U », la présence d'immeubles à logements multiples, dont le Brittany Row, et la présence du Manoir du Saguenay;
- les caractéristiques du secteur situé au sud et au sud-ouest du noyau institutionnel, dont le tracé curviligne des rues et la prédominance de maisons individuelles détachées;
- les caractéristiques du secteur commercial et institutionnel, dont la trame urbaine orthogonale, la prédominance de bâtiments commerciaux en bordure de la rue et de la place Davis, et en bordure de la section du boulevard Mellon au sud des rues Edison et Moritz, l'alignement des façades des bâtiments commerciaux, l'aménagement de terre-pleins et la percée visuelle vers l'ancien hôtel de ville;
- les caractéristiques d'origine des lieux de culte, dont les plans rectangulaires et en « T », les toits à versants droits, les bas-côtés, la tour-clocher latérale, les clochers de faîte, les parements en brique, les couvertures en bardeaux (notamment d'ardoise), les éléments en cuivre, en bois ou en fausse pierre, les porches, les portails, les ouvertures cintrées ou rectangulaires, les oculus, les vitraux, les lucarnes pendantes, les contreforts, les amortissements, l'ornementation sobre et les souches de cheminée en brique;
- les caractéristiques d'origine des édifices scolaires, dont les plans rectangulaires, en « L » ou en « H », les toits plats, à versants droits ou à croupes, les clochetons, les avant-corps, les parements en brique, les éléments en fausse pierre, la fenestration abondante, les fenêtres rectangulaires ou cintrées, et l'ornementation sobre constituée essentiellement par le contraste des matériaux;
- les caractéristiques d'origine des bâtiments commerciaux, dont leurs plans rectangulaires simples, les élévations d'un ou deux étages, les toits plats, les parements en brique, les vitrines du rez-de-chaussée en façade, les fenêtres rectangulaires de proportion verticale à l'étage supérieur, l'ornementation des corniches et des parapets, les bandeaux;
- les caractéristiques d'origine conformes aux plans architecturaux des bâtiments résidentiels, dont les plans rectangulaires ou irréguliers, les élévations d'un étage et demi à deux étages et demi, les toits ayant conservé leur forme et leur pente originales (à deux versants droits ou à larmiers retroussés, mansardés, en dos d'âne ou à demi-croupes), les solariums, les galeries, galeries couvertes, balcons, porches et avant-toits, les fondations en béton coulé, les parements de bois et de brique, les couvertures en bardeaux d'asphalte, en aluminium ou en tôle, les éléments en bois ou en aluminium, les portiques, les portes en bois, les fenêtres (la plupart rectangulaires et à guillotine) ainsi que leur disposition, leur forme, leurs dimensions et leurs matériaux d'origine, les fenêtres en saillie, les lucarnes (à pignon, à croupe, rampante ou à fenêtre pendante), les corniches, les retours de corniche, les garde-corps et les supports menuisés, l'ornementation sobre, les souches de cheminée en brique ainsi que les annexes latérales ou arrière;
- les caractéristiques d'origine du Manoir du Saguenay, dont le plan irrégulier, l'élévation maximale de trois étages, les toits à deux versants droits, mansardés, en pavillon et coniques couverts d'aluminium, la maçonnerie en pierre, les murs coupe-feu ainsi que les souches de cheminée en pierre;
- les caractéristiques d'origine des appartements Britanny Row, dont le plan irrégulier composé d'un corps de logis principal en « U », de tours demi-hors-œuvre et d'avant-corps, l'élévation de deux étages, les toits de formes diverses, le parement en pierre, la porte cochère, les portails et les lucarnes à fronton arrondi.



Informations historiques

Le site patrimonial d'Arvida trouve ses origines dans le développement de l'industrie de l'aluminium. Au XIXe siècle, l'aluminium est encore considéré comme un métal précieux, à cause de son coût de production. Au cours de la dernière décennie du siècle, l'industrie se tourne vers l'énergie hydroélectrique, moins coûteuse. L'intérêt pour l'aluminium continue de croître, notamment après la Première Guerre mondiale. La division canadienne de l'Alcoa – nommée Aluminium Company of Canada à partir de 1925 et connue plus tard sous le sigle Alcan – cherche un endroit propice à un nouvel établissement.

La rivière Saguenay, près de sa source dans le lac Saint-Jean faisant office de réservoir naturel, s'avère être un lieu particulièrement propice à la production d'hydroélectricité à faible coût. L'intérêt du site est d'autant plus grand pour l'Alcan que l'endroit est relié au réseau ferroviaire et qu'il permet aussi l'aménagement d'un port en eau profonde, assurant ainsi le transport des matières premières et du produit fini. L'entreprise acquiert donc un vaste territoire à cet endroit. Les plans d'une ville pouvant accueillir 50 000 habitants sont élaborés par Harry Beardslee Brainerd (1887-1977) et Hjalmar Ejnar Skougor (1884-1932). Elle est nommée Arvida, en l'honneur du président de la compagnie Arthur Vining Davis (1867-1962).

Désirant offrir un cadre de vie agréable à tous ses employés, l'Alcan suit de près les différentes étapes d'aménagement et de construction de la ville. Arvida est constituée en municipalité en 1926, et sa charte comprend d'importants pouvoirs de réglementation en matière d'urbanisme. L'année de l'incorporation, le chantier de construction de la ville est lancé, selon les plans modifiés par Harold R. Wake, ingénieur de la compagnie Alcan et surintendant d'Arvida Works, la filiale de l'Alcoa qui est chargée de l'exécution des travaux. En 135 jours, 270 maisons sont érigées. Ce rythme exceptionnellement rapide est atteint grâce à la rationalisation des procédés de construction.

Après des débuts prometteurs, l'usine subit un ralentissement au début des années 1930. Puis, peu avant la Seconde Guerre mondiale, l'industrie de l'aluminium connaît à nouveau une croissance spectaculaire. L'augmentation du nombre de travailleurs exige la création d'un autre quartier. La deuxième phase de construction de la ville s'amorce en 1936. Des bâtiments résidentiels et institutionnels sont construits selon les plans d'architectes de renom, dont Ernest Isbell Barott (1884-1955), Harold Lea Fetherstonhaugh (1887-1971) et Alexander Tilloch Galt Durnford (1898-1973).

En 1942, l'Alcan se retire de la gestion et de l'aménagement de la ville, après avoir créé la Commission d'urbanisme d'Arvida pour l'aménagement urbain et pour le contrôle de l'architecture, qui prend le relais. Cette commission est alors présidée par l'architecte-paysagiste Frederick Gage Todd (1876-1948). Celui-ci veille notamment à l'aménagement de plusieurs parcs dans la ville. La commission fait aussi appel à plusieurs architectes réputés, comme Henry Ross Wiggs (1895-1986) et Léonce Desgagné (1908-1979), pour concevoir des maisons, des lieux de culte et des écoles.

La production d'aluminium devient cruciale durant la Seconde Guerre mondiale. À cette époque, le complexe d'Arvida constitue la plus grande aluminerie du monde.

En 1975, le territoire de la municipalité d'Arvida, tout comme celui de la municipalité de Kénogami, est annexé à la ville de Jonquière, laquelle deviendra un arrondissement de la ville de Saguenay, en 2002.

De 1999 à 2017, d'abord la Ville de Jonquière et ensuite la Ville de Saguenay adoptent plusieurs règlements pour protéger divers secteurs et bâtiments d'Arvida. En 2012, le Prix du prince de Galles a été décerné à la Ville de Saguenay pour souligner ses efforts de conservation du patrimoine d'Arvida.
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Notices bibliographiques :
LIZOTTE, Sylvain. « La protection du site patrimonial d'Arvida en vertu de la Loi sur le patrimoine culturel ». Bulletin de l'Association québécoise pour le patrimoine industriel. Vol. 31, no 1 (2020), p. 10-13.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Site patrimonial de Beauport



Site patrimonial de Beauport

Le site patrimonial de Beauport, déclaré en 1964 et agrandi en 1985, couvre un territoire autrefois rural et villageois d'environ 96 hectares. Il englobe les propriétés situées de chaque côté du chemin Royal et de l'avenue Royale entre l'avenue des Martyrs à l'ouest et la jonction avec le boulevard des Chutes à l'est. Il s'étend ainsi sur près de six kilomètres et traverse les anciennes municipalités de Giffard, Beauport, Villeneuve et Courville. À deux endroits, il entre plus profondément dans les terres pour inclure la presque totalité de l'ancien bourg du Fargy et le secteur institutionnel de Courville.

Le site est situé sur la côte de Beauport, une pente bordée par le fleuve Saint-Laurent et formée de terrasses. Il compte plus de 650 bâtiments à caractère résidentiel, institutionnel et agricole, qui témoignent du développement de l'architecture depuis le XVIIIe siècle. La majorité de ces bâtiments est implantée le long du parcours sinueux et ascendant d'ouest en est formé par le chemin Royal et l'avenue Royale. Les rues secondaires, souvent obliques par rapport à la voie principale, rappellent l'orientation des parcelles initiales.

L'ensemble se situe dans l'arrondissement municipal de Beauport de la ville de Québec. Il comprend deux immeubles patrimoniaux classés, soit les maisons Girardin et Tessier-Dit-Laplante. Il compte également 11 sites inscrits à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec ainsi qu'un potentiel archéologique qui résulte d'une fréquentation du territoire par des groupes amérindiens et d'une occupation euroquébécoise.

Le site patrimonial de Beauport, déclaré en 1964 et agrandi en 1985, s’étend sur près de six kilomètres et traverse les anciennes municipalités de Giffard, Beauport, Villeneuve et Courville.


Valeur patrimoniale

Le site patrimonial de Beauport présente un intérêt pour sa valeur historique. Des groupes amérindiens auraient fréquenté le territoire avant l'arrivée des Européens. Le peuplement permanent commence cependant par la concession de la seigneurie de Notre-Dame-des-Anges aux Jésuites, en 1626, et de la seigneurie de Beauport à Robert Giffard de Moncel, en 1634. Deux noyaux de peuplement se forment : le premier dans le bourg du Fargy et le second en bordure de la rivière Beauport. La voie qui les relie (maintenant le chemin Royal et l'avenue Royale) sera intégrée au chemin du Roy, reliant Montréal au village de Saint-Joachim. Pendant les XVIIe et XVIIIe siècles, les habitants s'établissent le long de ce chemin qui traverse leurs terres. Le territoire est le théâtre d'événements militaires importants. Il est notamment transformé en camp retranché au cours du siège de Québec (1759). À la fin du XVIIIe siècle et au XIXe siècle, Beauport connaît un essor commercial et industriel considérable, ce qui provoque la densification des habitations le long du chemin du Roy. Au milieu du XIXe siècle, ce corridor traverse le noyau villageois de Giffard, celui de Beauport et les futures municipalités de Villeneuve et de Courville. Durant le XXe siècle, ces agglomérations vont devenir des municipalités et elles se doteront d'ensembles institutionnels.

Le site patrimonial de Beauport présente également un intérêt pour sa valeur urbanistique. Ce territoire à caractère villageois conserve des traces visibles des XVIIe et XVIIIe siècles. L'ancien chemin du Roy suit un parcours sinueux qui s'adapte à la topographie de la côte de Beauport. L'implantation des maisons en dents de scie le long de celui-ci résulte du découpage des terres effectué à l'époque du Régime français. En effet, le chemin croise obliquement les parcelles initiales, longues et étroites, et les habitations ne sont pas rigoureusement alignées. Les maisons de ferme accusent généralement une marge de recul plus importante que les habitations villageoises, implantées en bordure de la voie publique. Les rues secondaires rappellent l'orientation des parcelles initiales qui suit un axe nord-sud. Par ailleurs, les églises de La Nativité de Notre-Dame et de Saint-Louis-de-Courville témoignent de la présence des anciennes municipalités de la côte de Beauport et constituent, encore de nos jours, des points de repère dans le paysage. Le site patrimonial comporte, en outre, de multiples percées visuelles et des panoramas remarquables.

Le site patrimonial de Beauport présente aussi un intérêt pour sa valeur architecturale. L'ensemble comprend un grand nombre de bâtiments de pierres, un matériau disponible en abondance à Beauport. Les bâtiments domestiques sont prédominants et rendent compte de l'évolution de l'architecture résidentielle depuis le XVIIIe siècle. En raison de la dénivellation du terrain, plusieurs habitations situées du côté nord du chemin Royal et de l'avenue Royale présentent un soubassement élevé en façade. Pour leur part, les églises de La Nativité de Notre-Dame et de Saint-Louis-de-Courville témoignent de l'architecture religieuse et institutionnelle. Le site patrimonial comprend également quelques dépendances anciennes, dont des bâtiments agricoles.

Le site patrimonial de Beauport présente en outre un intérêt pour sa valeur archéologique. Le périmètre compte plusieurs sites archéologiques connus qui renseignent sur l'occupation du XVIIe siècle à nos jours. Ces sites archéologiques témoignent notamment du passé rural du site patrimonial, mais également d'activités industrielles. Ainsi, des vestiges d'habitations, de bâtiments secondaires, d'églises, de même que ceux d'une distillerie et d'une brasserie ont été trouvés. Par ailleurs, le site patrimonial présente un important potentiel archéologique résultant d'une présence amérindienne et euroquébécoise.



Éléments caractéristiques

Les éléments clés du site patrimonial de Beauport liés à ses valeurs historique, urbanistique, architecturale et archéologique comprennent, notamment :
- sa situation sur la côte de Beauport, le long du chemin Royal et de l'avenue Royale (ancien chemin du Roy);
- l'implantation sur des terrasses offrant des panoramas vers le sud;
- le long parcours sinueux et ascendant d'ouest en est du chemin Royal et de l'avenue Royale;
- les caractéristiques liées au découpage des terres au Régime français, dont l'orientation oblique de plusieurs parcelles et rues secondaires par rapport à l'avenue Royale ainsi que l'implantation des maisons en dents de scie;
- les marges de recul variables, témoignant d'époques différentes;
- la prédominance des fonctions résidentielles;
- les noyaux paroissiaux des anciennes municipalités de Beauport et de Courville;
- le parc des Martyrs;
- le corpus architectural majoritairement composé d'habitations rurales et villageoises;
- les deux immeubles patrimoniaux classés, soit les maisons Girardin et Tessier-Dit-Laplante;
- certaines habitations situées du côté nord du chemin Royal et de l'avenue Royale présentant un soubassement très dégagé en façade;
- les maisons rurales d'inspiration française en maçonnerie de pierre caractérisées par un carré simple à un étage et demi, une façade asymétrique ainsi qu'un toit à deux versants droits;
- les maisons québécoises d'inspiration néoclassique en maçonnerie de pierre, en madrier sur madrier ou en pièce sur pièce caractérisées par un plan rectangulaire, une façade symétrique ainsi qu'un toit à deux versants à larmiers débordants, parfois recourbés;
- les maisons mansardées en maçonnerie de pierre, en madrier sur madrier ou en pièce sur pièce caractérisées par une élévation à un étage et demi ou deux étages, un toit brisé généralement à deux versants ainsi que des ouvertures aux proportions verticales habituellement disposées de façon symétrique;
- les maisons typiques de l'architecture de la fin du XIXe siècle et du début du XXe siècle, dites vernaculaires industrielles, dont les maisons cubiques ou « Four square », les maiosns à toit à deux versants et les maisons à toit plat, caractérisées par un volume cubique et une élévation à deux étages ou deux étages et demi;
- les bâtiments institutionnels témoignant de styles en vogue au XIXe siècle, dont l'église de Saint-Louis-de-Courville présentant une façade monumentale d'influence néoromane ainsi que l'église de La-Nativité-de-Notre-Dame et le couvent de la congrégation de Notre-Dame d'esprit néogothique;
- les sites archéologiques euroquébécois connus, témoignant du passé rural et d'activités industrielles;
- le potentiel archéologique du territoire.



Informations historiques

L'histoire du site patrimonial de Beauport est essentiellement celle d'une voie de circulation, soit le chemin Royal et l'avenue Royale, et de son environnement. Bien que ce territoire ait été fréquenté par les Amérindiens, son peuplement commence véritablement avec la concession des seigneuries de Notre-Dame-des-Anges et de Beauport, deux des plus anciens terriers de la Nouvelle-France. Concédée aux Jésuites en 1626, la seigneurie de Notre-Dame-des-Anges s'étend de la rivière Saint-Charles à la rivière Beauport. Quant à la seigneurie de Beauport, elle est attribuée en 1634 à Robert Giffard de Moncel (vers 1589-1668), premier seigneur colonisateur de la Nouvelle-France. Elle s'étend de la rivière Beauport à la rivière Montmorency. C'est à l'intérieur de cette ancienne seigneurie que se trouve la majeure partie de l'actuel arrondissement historique.

Pendant les XVIIe et XVIIIe siècles, Beauport connaît un développement plutôt modeste. Les pionniers s'installent dans le bourg du Fargy, en bordure de la rivière Beauport, où Giffard fait construire son manoir seigneurial en 1642. Un autre noyau de peuplement se forme près de la rivière du Buisson, où se trouve le pôle institutionnel. Ces deux noyaux sont reliés par une voie de circulation qui sera intégrée au chemin du Roy (maintenant le chemin Royal et l'avenue Royale), rattachant Montréal au village de Saint-Joachim. Les habitants, dont l'agriculture et l'élevage sont les principales activités économiques, s'établiront le long de ce chemin. La paroisse de Notre-Dame-de-Miséricorde-de-Beauport est érigée canoniquement en 1684 et comprend l'entièreté de la seigneurie de Beauport. Elle est agrandie en 1722 pour englober une partie de la seigneurie de Notre-Dame-des-Anges.

Le territoire du site patrimonial est le théâtre d'événements militaires importants. En 1690, les Britanniques menés par sir William Phips (vers 1651-vers 1695) débarquent sur la grève de Beauport et sont repoussés. En 1759, lors du siège de Québec, la côte de Beauport est transformée en camp retranché par le marquis Louis-Joseph de Montcalm (1712-1759). La bataille de Montmorency y est livrée. Puis, en 1776, les Américains hivernent à Beauport à la suite de leur échec devant Québec.

À la fin du XVIIIe siècle, la côte de Beauport connaît un essor industriel et commercial important. Cette impulsion est donnée par l'implantation en 1792 de la distillerie du marchand John Young (vers 1759-1819), le long de la rivière Beauport. Cet élan se poursuit pendant le XIXe siècle, notamment par le développement des carrières de pierre et l'établissement de quelques autres industries, dont les clouteries de John Henderson et de François-Xavier Méthot (1796-1853), le moulin à farine de Jean-Baptiste Renaud (1816-1884) et de Louis-Napoléon Larochelle (1834-1890) et la fabrique d'allumettes de Joseph Labrecque. Enfin, les fours à chaux se multiplient tandis que des boutiques et des ateliers surgissent. Les liens entre Beauport et la ville de Québec, qui sont consolidés par l'arrivée du chemin de fer en 1889, permettent à ces entreprises de s'épanouir.

La croissance de Beauport provoque une augmentation de la population et la densification des habitations le long du chemin du Roy. Au milieu du XIXe siècle, ce corridor est occupé de manière continue et traverse quatre noyaux villageois : Giffard, Beauport, Villeneuve et Courville. Pendant le XXe siècle, ces noyaux vont devenir des municipalités et se doter d'ensembles institutionnels.

À partir des années 1950, Beauport se transforme en banlieue de la ville de Québec, et son secteur ancien est menacé.
Le site patrimonial de Beauport est déclaré en 1964, puis agrandi en 1985, afin de préserver l'intégrité du paysage du chemin Royal et de l'avenue Royale. Il comprend deux immeubles patrimoniaux classés, soit les maisons Girardin et Tessier-Dit-Laplante. De nos jours, ce tracé constitue un ensemble ethnohistorique exceptionnel.
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Notices bibliographiques :
CÔTÉ, Louise et Yves LAFRAMBOISE. Beauport : Au coeur du vieux bourg. Beauport, Ville de Beauport, 1999. 20 p.
DUFRESNE, Michel. « Arrondissement historique de Beauport ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, p. 245-249.
DUFRESNE, Michel. Beauport, de la côte à l'arrière-pays : ses paysages et ses traditions. Québec, Ministère des Affaires culturelles, 1977. s.p.
Ethnotech inc. Étude d'ensemble du patrimoine : ville de Beauport. Beauport, Ville de Beauport, 1987. s.p.
GARIÉPY, Gino. Courville, Villeneuve, un sault en héritage. Beauport, Ville de Beauport, 1999. s.p.
LÉGARÉ, Denyse. Étude de caractérisation de l'arrondissement historique de Beauport. Québec, Commission des biens culturels du Québec, 2005. 56 p.
LETENDRE, André. Beauport : ville du Québec riche d'histoire. Beauport, André Letendre, 1993. s.p.
LIZOTTE, Sylvain, dir. Plan de conservation du site patrimonial de Beauport. Québec, Ministère de la Culture et des Communications, 2016. 111 p.
Le document intitulé Site patrimonial de Beauport. Plan de conservation dans la section Documents en fait partie.
Ministère des Affaires culturelles / Direction générale du patrimoine. Promenade à Beauport. Québec, Ministère des Affaires culturelles, s.d. s.p.
PARADIS, Francine. L'arrondissement historique de Beauport en bref. Beauport, Ville de Beauport, 1996. s.p.
PAULETTE, Claude. Giffard : un souvenir des Jésuites. Beauport, Ville de Beauport, 1999. 16 p.
PROVOST, Honorius. « Giffard de Moncel, Robert ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Site patrimonial de Charlesbourg



Site patrimonial de Charlesbourg

Le site patrimonial de Charlesbourg est un ancien noyau villageois aménagé à partir de 1665. Ce territoire, d'une superficie de 24 hectares, est structuré selon un plan radial. Il englobe un carré central d'environ 8,5 hectares (25 arpents), délimité par Le Trait-Carré Est et Le Trait-Carré Ouest, et des lots de forme trapézoïdale qui rayonnent à partir de ce dernier. Deux parcours directeurs, la 1re Avenue et le boulevard Louis-XIV, le traversent et se croisent en son centre. D'autres voies de circulation suivent le tracé des anciennes parcelles: l'avenue Paul-Comtois, le chemin Samuel et quelques chemins privés.

Ce territoire inclut près de 138 bâtiments principaux. Le centre du site patrimonial est formé d'un noyau paroissial de tradition catholique comprenant l'église de Saint-Charles-Borromée, le presbytère et le parc du Sacré-Coeur marquant le lieu de l'ancienne église et de l'ancien cimetière. Autour de cet ensemble se trouvent aussi des bâtiments institutionnels dont l'ancien couvent des Soeurs du Bon-Pasteur, la salle Pierre-Garon (ancienne salle paroissiale), l'ancien collège des Frères maristes (aujourd'hui intégré à la bibliothèque), le centre Odilon-Gauthier et la bibliothèque Paul-Aimé-Paiement. L'intérieur du carré central comprend également le parc de la Commune, ainsi que quelques résidences et commerces. Les lots rayonnants englobent d'anciennes maisons de ferme (certaines remontant au XVIIIe siècle) et des dépendances agricoles, des résidences du XIXe et du début du XXe siècles ainsi que quelques commerces. Le moulin des Jésuites est érigé en périphérie, du côté est du boulevard Henri-Bourassa.

Le site est aménagé sur la première terrasse qui surplombe la rivière Saint-Charles, dans l'arrondissement municipal de Charlesbourg de la ville de Québec.

Ce territoire est déclaré site patrimonial. Il compte un immeuble patrimonial classé, soit l'église de Saint-Charles-Borromée. Deux sites inscrits à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec sont associés au lieu.

Le site patrimonial de Charlesbourg, déclaré en 1965, est structuré selon un plan radiant. Il englobe un carré central d’environ 8,5 hectares.


Valeur patrimoniale

Le site patrimonial de Charlesbourg présente un intérêt pour sa valeur historique. L'endroit correspond à un ancien bourg dont l'établissement a été planifié par les Jésuites. En 1665, ceux-ci entreprennent le peuplement de leur seigneurie de Notre-Dame-des-Anges, concédée en 1626. Les Jésuites adoptent une forme de lotissement en plan radial. Le développement du village de Charlesbourg est favorisé par la présence d'un noyau paroissial central. Le moulin des Jésuites ainsi que quelques maisons de ferme sont construits au cours du XVIIIe siècle. Le centre du bourg se densifie durant le XIXe siècle et accueille plusieurs institutions. Le village conserve son caractère rural jusqu'au milieu du XXe siècle, alors que l'étalement urbain de la ville de Québec atteint Charlesbourg. Le site patrimonial de Charlesbourg rappelle la création et le développement du premier village en étoile implanté en Nouvelle-France.

Le site patrimonial de Charlesbourg présente aussi un intérêt pour sa valeur urbanistique. Il se distingue par l'organisation unique de son territoire. Le plan radial employé par les Jésuites comprend un carré central de 8,5 hectares et des terres trapézoïdales rayonnantes. Deux parcours directeurs tracés au XVIIe siècle se croisent au centre du bourg. Cet espace est occupé par un noyau institutionnel dominé par l'église. En périphérie, la forme de certains lots et le tracé de quelques voies de circulation témoignent de l'organisation spatiale originelle. L'implantation des bâtiments reflète les différentes phases de développement du site patrimonial.

Le site patrimonial de Charlesbourg présente en outre un intérêt pour sa valeur paysagère. Le bourg est situé sur une terrasse surplombant la vallée de la rivière Saint- Charles, un emplacement qui favorise la présence de plusieurs percées visuelles et de vastes panoramas. Le paysage charlesbourgeois est dominé par les deux clochers de l'église de Saint-Charles-Borromée. Ces points de repère signalent la position du centre religieux et institutionnel. Le site patrimonial comprend aussi deux parcs publics qui forment d'importants espaces verts au coeur du noyau villageois. Les arbres matures qui ponctuent le territoire contribuent également à enrichir son paysage.

Le site patrimonial de Charlesbourg présente également un intérêt pour sa valeur architecturale. Le cadre bâti résume près de trois siècles d'architecture. Le moulin des Jésuites et quelques maisons du XVIIIe siècle représentent l'architecture d'inspiration française. Plusieurs habitations sont typiques des maisons traditionnelles québécoises du XIXe siècle. D'autres constituent de beaux exemples d'influence Second Empire, style qui a aussi marqué l'architecture institutionnelle. L'église de Saint-Charles-Borromée, construite de 1828 à 1830 indique pour sa part l'apport néoclassique dans l'architecture religieuse du XIXe siècle. Des bâtiments de type cubique et « Boomtown » témoignent par ailleurs de la popularité de ces styles au début du XXe siècle. Par ailleurs, le site patrimonial comporte des bâtiments secondaires qui sont caractéristiques des dépendances agricoles des XIXe et XXe siècles.

Le site patrimonial de Charlesbourg présente en outre un intérêt pour sa valeur archéologique. Le territoire contient des vestiges qui révèlent ses origines et son évolution. Des fouilles archéologiques ont notamment permis de mettre au jour les fondations du premier presbytère et du mur entourant l'ancien cimetière ainsi que ceux d'un pieu daté du XVIIe siècle appartenant vraisemblablement à la clôture de la commune, et d'anciennes canalisations de bois sous le Trait-Carré. En 2007, les fondations de l'église de 1695 ont été dégagées. Des sépultures ont également été découvertes. Le patrimoine archéologique du territoire reflète quelque 350 ans d'occupation.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2016.



Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du site patrimonial de Charlesbourg liés à ses valeurs historique, urbanistique, paysagère, architecturale et archéologique comprennent, notamment:
- sa situation sur la première terrasse surplombant la rivière Saint-Charles, dans l'arrondissement municipal de Charlesbourg de la ville de Québec;
- son périmètre irrégulier et sa superficie de 24 hectares;
- la déclivité du terrain allant du nord vers le sud;
- la présence de deux anciens parcours se croisant au centre du site patrimonial, le boulevard Louis-XIV et la 1re Avenue;
- l'organisation spatiale du territoire selon un plan radial composé de trois carrés imbriqués, soit la réserve, la commune (délimitée par Le Trait-Carré Est et Ouest) et la ceinture;
- les éléments témoignant du plan radial, dont les lots de forme trapézoïdale ainsi que le tracé de l'avenue Paul-Comtois, du chemin Samuel et des chemins privés suivant l'orientation des parcelles;
- la présence d'un ensemble institutionnel formé de l'église de Saint-Charles-Borromée, du presbytère et de sa grange à dîme, de l'ancien couvent des Soeurs du Bon-Pasteur, de la salle paroissiale, de l'ancien collège des frères Maristes, de la bibliothèque Paul-Aimé Paiement et du centre Odilon-Gauthier;
- la présence d'espaces verts, dont le parc du Sacré-Coeur correspondant à l'emplacement de l'ancienne église et de l'ancien cimetière, ainsi que le parc de la Commune évoquant l'ancien lieu de pâturage;
- les arbres matures;
- la présence d'éléments liés au passé agricole du territoire, dont les maisons de ferme des XVIIIe et XIXe siècles souvent orientées vers le sud, les dépendances agricoles, le moulin des Jésuites et les parties de terrain non construites surtout situées au nord-ouest du carré central;
- les composantes villageoises, dont les bâtiments implantés en bordure des voies publiques datant principalement des XIXe et XXe siècles (comprenant des résidences, des commerces et des édifices institutionnels);
- l'ancien moulin des Jésuites témoignant de l'architecture d'inspiration française, dont la maçonnerie en pierre, le toit à deux versants droits à forte pente en bardeaux de cèdre et les ouvertures disposées asymétriquement;
- les maisons d'inspiration française en pierre ou en bois, dont le carré bas et peu exhaussé du sol, l'élévation d'un étage et demi ainsi que le toit à versants droits à forte pente;
- les maisons québécoises d'inspiration néoclassique en bois ou en pierre, dont l'élévation d'un étage et demi ou de deux étages, le toit à deux versants à larmier débordants, les ouvertures disposées symétriquement et les galeries couvertes;
- les maisons d'influence Second Empire en bois ou en brique, dont l'élévation d'un ou de deux étages et demi, le toit mansardé et l'ornementation parfois élaborée;
- les maisons de type cubique, dont le plan carré, l'élévation de deux étages ou de deux étages et demi et le toit en pavillon;
- les maisons de type « Boomtown », dont le volume cubique, l'élévation de deux étages, le toit plat ou à faible pente et le parapet au sommet de la façade;
- les maisons de type cottage vernaculaire, dont le plan carré ou rectangulaire, l'élévation d'un étage et demi ou de deux étages, le toit à deux versants droits, la façade parfois aménagée dans le mur pignon et les larmiers sans coyau;
- les résidences d'après-guerre, dont le plan rectangulaire ou carré, l'élévation d'un étage, le toit à pavillon ou à croupes à profil bas, ainsi que le parement mixte en brique et en pierre artificielle;
- les bâtiments institutionnels témoignant d'influences stylistiques, dont l'église de Saint-Charles-Borromée d'influence néoclassique, ainsi que le presbytère, l'ancien couvent des Soeurs du Bon-Pasteur et l'ancien collège des frères Maristes d'influence Second Empire;
- les sites archéologiques connus, incluant les vestiges du premier presbytère, du mur entourant l'ancien cimetière, d'un pieu appartenant vraisemblablement à la clôture de la commune, d'une petite dépendance (glacière ou caveau à légumes), de canalisations de bois, de la première église en pierre et des bassins de retenue des eaux du moulin.



Informations historiques

Le site patrimonial de Charlesbourg est situé dans l'une des plus anciennes seigneuries de la Nouvelle-France, celle de Notre-Dame-des-Anges, concédée aux Jésuites en 1626 par le vice-roi Henri de Lévis, duc de Ventadour (1596-1651). Au cours des années suivantes, seules les censives bordant la rivière Saint-Charles et la rivière Lairet sont concédées.

En 1665, les Jésuites entreprennent le peuplement de l'intérieur de leur fief. Ils délimitent un bourg sur la première terrasse surplombant la rivière Saint-Charles en accord avec l'édit royal de 1663, qui ordonne aux habitants de se regrouper en bourg ou en bourgade afin de faciliter la défense de la colonie, de centraliser les services et surtout de corriger l'étalement rural causé par le système de lotissement en rang. Pour ce faire, ils adoptent une forme d'établissement encore jamais employée en Nouvelle-France, le plan radial. L'aménagement du village se caractérise par l'emboîtement de trois espaces carrés, soit la réserve, la commune et la ceinture. Une réserve de 1,7 hectare (5 arpents), destinée à l'établissement d'une église, d'un presbytère et d'un cimetière, constitue le centre du village. Cette réserve est entourée d'un pâturage commun pour les bêtes. La commune est ceinturée d'une clôture et d'un chemin appelé Le Trait-Carré (tracé vraisemblablement en 1692), d'où rayonnent 40 terres de formes trapézoïdales formant un grand carré. La règle du tiers est imposée, selon laquelle l'occupant est tenu de construire sa résidence dans le premier tiers des terres concédées s'aboutant au Trait-Carré. Entre le 22 au 28 février 1665, près de trente lots sont concédés par les Jésuites. La création de ce village en étoile, qui prend le nom de Charlesbourg, est considérée par plusieurs comme l'un des premiers gestes de planification urbaine en Amérique française.

La paroisse de Saint-Charles-Borromée, dont le noyau est situé à l'intérieur du carré central, est érigée canoniquement en 1693. À la fin du XVIIe siècle, le bourg comprend une vingtaine d'habitations, un moulin à vent au nord du Trait-Carré (aujourd'hui disparu), ainsi qu'un cimetière aménagé au sud de la chapelle. Quatre voies de communication se croisent au centre du bourg : le chemin de Québec et celui de Saint-Pierre et Saint-Claude, dans un axe nord-sud (1re Avenue), ainsi que le chemin de Saint-Joseph et celui de Bourg-Royal, dans un axe est-ouest (boulevard Louis-XIV). En 1709, une ordonnance met fin à l'usage de la commune. Les terres ne sont toutefois pas immédiatement morcelées et le droit de pâturage est maintenu pendant plusieurs années. Le moulin à vent est remplacé par un moulin à eau en 1742.

Charlesbourg conserve son caractère essentiellement agricole jusqu'au milieu du XXe siècle. Toutefois, son centre se densifie au XIXe siècle. Quelques résidences luxueuses, des fabriques artisanales et de petits commerces s'implantent entre les maisons de ferme. La majorité des bâtiments bordent le Trait-Carré. Le bourg prend également un visage institutionnel. En plus de l'église actuelle qui est construite entre 1827 et 1830 selon les plans de Thomas Baillairgé (1791-1859), un nouveau presbytère (1875), le couvent des Soeurs du Bon-Pasteur (1883), une nouvelle sacristie (1887), le collège des frères Maristes (1904) et la salle paroissiale (1925) sont érigés. La cité de Charlesbourg, anciennement municipalité de village (1914), est constituée en 1949.

Dans les années 1950 et 1960, l'étalement urbain de Québec atteint Charlesbourg et les fermes sont loties. Néanmoins, le plan radiant et le tracé de la commune demeurent bien visibles.
Le site patrimonial de Charlesbourg est déclaré en 1965. De nos jours, il constitue un pôle culturel de la ville de Québec et renferme des fonctions institutionnelles, résidentielles et commerciales.
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Notices bibliographiques :
AUGERON, Mickaël, dir., Dominique GUILLEMET, dir., Alain ROY, dir. et Marc ST-HILAIRE, dir. Les traces de la Nouvelle-France au Québec et en Poitou-Charentes. Québec, Les Presses de l'Université Laval, 2008. 308 p.
BÉDARD, Michel. « Contribution à l'histoire des communes : le cas de la seigneurie Notre-Dame-des-Anges de 1665 à 1735 ». Le Charlesbourgeois. Vol. XI, no 4 (1994), p. 3-19.
DUFRESNE, Michel. « Arrondissement historique de Charlesbourg ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, p. 237-241.
GIROUX-ALLAIRE, Ruth. « Charlesbourg, des basses terres au plateau laurentien ». Le Charlesbourgeois. No 84 (2004), p. 3-23.
LACHANCE, Johanne. « Le Trait-Carré d'hier à aujourd'hui ». Le Charlesbourgeois. Vol. X, no 2 (1993), p. 3-15.
LEFEBVRE, Jean-Pierre. « La petite histoire de Charlesbourg ». Le Charlesbourgeois. No 79 (2003), p. 3-11.
LÉGARÉ, Denyse. Étude de caractérisation de l'arrondissement historique de Charlesbourg. Québec, Commission des biens culturels du Québec, 2005. 42 p.
LIZOTTE, Sylvain, dir. Plan de conservation du site patrimonial de Charlesbourg. Québec, Ministère de la Culture et des Communications, 2016. 110 p.
Le document intitulé Site patrimonial de Charlesbourg. Plan de conservation dans la section Documents en fait partie.
MALOUIN, Reine. Charlesbourg 1660-1949. Québec, Éditions La Liberté, 1972. 223 p.
NOPPEN, Luc. « Le Vieux-Charlesbourg ». Le Charlesbourgeois. No 49 (1996), p. 3-8.
VILLENEUVE, Cécile. Charlesbourg, son histoire. Charlesbourg, 2000. s.p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Site patrimonial de l'Archipel-de-Mingan



Site patrimonial de l'Archipel-de-Mingan

Le site patrimonial de l'Archipel-de-Mingan est un territoire d'une superficie de 106 kilomètres carrés comprenant une formation calcaire d'une cinquantaine d'îles, d'îlots, de rochers, de cayes et de récifs, ainsi que l'espace maritime autour et entre ces composantes. Cet archipel compte des phénomènes géomorphologiques spectaculaires tels que des monolithes d'érosion, une flore très diversifiée dont quelques espèces originales ou rares et une faune abondante surtout composée d'oiseaux marins. Ces éléments se répartissent en six habitats terrestres distincts, soit le littoral, la falaise, la forêt boréale, la tourbière, la lande et le lac, qui sont dans certains cas tous présents sur une même île.

L'archipel longe la côte nord du fleuve Saint-Laurent sur environ 90 kilomètres, de la Longue Pointe jusqu'à l'extrémité est de la baie Saint-Laurent. Il fait face à l'île d'Anticosti et chevauche une partie du territoire de la municipalité de Havre-Saint-Pierre et de la municipalité de Longue-Pointe-de-Mingan.

Le site patrimonial de l’Archipel-de-Mingan, déclaré en 1978, est un territoire d’une superficie de 106 kilomètres carrés comprenant une formation calcaire d’une cinquantaine d’îles, d’îlots, de rochers, de cayes et de récifs ainsi que l’espace maritime autour et entre ces composantes.


Valeur patrimoniale

Le site patrimonial de l'Archipel-de-Mingan présente un intérêt pour sa valeur paysagère. Ce territoire regroupe un ensemble d'îles, d'îlots, de rochers, de cayes et de récifs calcaires qui composent avec la mer omniprésente des tableaux tantôt inusités, tantôt pittoresques. L'archipel illustre 300 millions d'années d'érosion, dont les résultats les plus remarquables sont les gigantesques monolithes sur le pourtour des îles. Ils évoquent des êtres ou des objets familiers, tel que le rappelle leur nom commun (pots de fleurs) ou propre (la Montagnaise, le Château, la Bonne Femme de Niapiskau, la Porte du Sauvage, le Petit Percé, la Grenouille, la Botte, etc.). Les six habitats naturels accueillent une flore exceptionnelle par sa pluralité, son originalité et sa rareté, dont le chardon de la Minganie. Ils abritent aussi une faune abondante, surtout constituée d'oiseaux marins. L'archipel a fait l'objet de nombreux récits, poèmes et chansons. Les auteurs ayant écrit sur la Minganie, notamment le comte Henry de Puyjalon (1840-1905), Placide Vigneau (1842-1926) et Roland Jomphe (1917-2003), ont constitué une partie de ses légendes et de son folklore. L'archipel attire aujourd'hui des milliers de visiteurs venus s'évader dans la beauté sauvage de ses paysages.

Le site présente aussi un intérêt pour sa valeur historique. L'archipel porte les traces d'au moins deux millénaires d'exploitation humaine. Les premiers occupants amérindiens, attirés par ses ressources marines, sont évoqués dans des sites vieux de 2 000 à 300 ans disséminés dans l'archipel. Des fours circulaires en pierre utilisés pour faire fondre la graisse des mammifères marins rappellent quant à eux les séjours saisonniers effectués par les baleiniers basques aux XVIe et XVIIe siècles ainsi que ceux, plus sporadiques, des Bretons et des Normands. Les vestiges d'un poste de traite témoignent pour leur part du commerce des fourrures durant le Régime français. Concédée en 1679 à Louis Jolliet (vers 1645-1700) et à Jacques de Lalande de Gayon, la seigneurie des îles et îlets de Mingan est exploitée aussi pour la pêche et la chasse aux mammifères marins. Après la Conquête (1760), ces activités sont reprises par des hommes d'affaires et des compagnies marchandes, dont la Compagnie de la Baie d'Hudson, propriétaire de l'archipel de 1832 à 1973. Cette exploitation s'amenuise dans les années 1850 avec la colonisation de la côte nord du fleuve Saint-Laurent, notamment par des Acadiens des îles de la Madeleine, qui profitent de l'archipel de différentes manières (havre hivernal pour les goélettes, bois de construction et de chauffage, foin, etc.). Dans le but de sécuriser la navigation, des phares sont construits en 1888 et en 1915. Par ailleurs, la coexistence de la Compagnie et des habitants de la Côte-Nord est illustrée par les vestiges d'une renardière, de maisons et d'une exploitation commerciale de mollusques et de homards. Depuis l'arrivée de l'industrie minière dans les années 1950, l'archipel sert de lieu de villégiature, et ses ressources sont désormais exploitées à des fins de loisir par les habitants de la Côte-Nord.



Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du site patrimonial de l'Archipel-de-Mingan liés à ses valeurs paysagère, historique et archéologique comprennent, notamment:
- l'archipel formé d'une cinquantaine d'îles, d'îlots, de rochers, de cayes et de récifs calcaires répartis le long de la côte nord du fleuve Saint-Laurent, en face de l'île d'Anticosti, dont l'île aux Perroquets, l'île de la Maison, la Caye Noire, l'île du Wreck, L'Îlot, l'île Nue de Mingan, l'île du Havre de Mingan, l'île à Bouleaux de Terre, Le Pain de Sucre, l'île à Bouleaux du Large, la Caye à la Tête de Cheval, la Caye à Cochon, La Grande Île, les Rochers de Granite, La Grosse Romaine, l'île Quarry, la Caye de Quarry, La Pile, La Petite Romaine, l'île Niapiskau, l'île à Joson, les Cayes à Meck, l'île à Gazon, l'île de la Pointe aux Morts, l'île du Fantôme, l'île à Firmin, l'île du Havre, l'île à Calculot, l'île aux Goélands, la Petite île au Marteau, la Grosse île au Marteau, la Caye à Foin, la Caye à Loups Marins, l'île Herbée, l'île de la Fausse Passe, l'île à Bouchard, l'île Saint-Charles, l'île aux Oiseaux, l'île à Calculot des Betchouanes, l'île Innu, l'île à Mouton, l'île à la Chasse, l'île Jaune, l'île du Havre à Étienne, l'île du Havre à Sauvage, la Petite île Sainte-Geneviève, l'île Sainte-Geneviève, ainsi que la Cormoraillère Sainte-Geneviève (regroupant deux rochers nommés Le Saint Est et Le Saint Ouest);
- les relations entre ces éléments terrestres et le fleuve;
- les formations géologiques spectaculaires, dont les monolithes d'érosion situés sur le pourtour des îles, les cuestas, les cannelures de glaciers, les falaises mortes, les arches littorales et les demi-cavernes situées à l'intérieur des îles en pleine forêt;
- les six habitats naturels, soit le littoral, la falaise, la forêt boréale, la tourbière, la lande et le lac;
- la flore exceptionnelle par sa pluralité, son originalité et sa rareté;
- la faune abondante;
- les sites amérindiens répartis dans l'archipel;
- les vestiges des fours circulaires en pierre utilisés pour faire fondre la graisse des mammifères marins sur l'île Nue de Mingan et sur l'île du Havre de Mingan;
- les vestiges d'un poste de traite français sur l'île du Havre de Mingan;
- le phare de l'île aux Perroquets et ses dépendances;
- le phare de la Petite île au Marteau et ses dépendances;
- les vestiges d'une renardière sur l'île du Havre;
- les vestiges de maisons sur l'île du Havre et sur l'île de la Maison;
- les vestiges d'une exploitation commerciale de mollusques et de homards sur l'île Saint-Charles;
- la sépulture du comte Henry de Puyjalon (1840-1905), à proximité de son habitation sur l'île à la Chasse;
- le potentiel archéologique du territoire.



Informations historiques

Le site patrimonial de l'Archipel-de-Mingan est un territoire qui commence à se former il y a 500 millions d'années, alors que des sédiments minéraux et organiques se déposent au fond de la mer bordant le Bouclier canadien pour constituer une plate-forme de roche calcaire qui émerge 200 millions d'années plus tard. Pendant les 300 millions d'années suivantes, elle est soumise à l'action des cours d'eau et de la mer qui découpe l'archipel et sculpte ses fameux monolithes. Le soulèvement de la plate-forme et l'érosion ont aussi créé les cuestas, les cannelures de glaciers, les falaises mortes, les arches littorales et les demi-cavernes qui sont aujourd'hui situées à l'intérieur des îles.

Les Amérindiens sont les premiers occupants de l'archipel. Ils y chassent notamment le phoque et récoltent des mollusques. Leurs passages saisonniers remontent à au moins 2 000 ans.

Aux XVIe et XVIIe siècles, les Basques, les Bretons et les Normands se rendent dans l'archipel pour y chasser la baleine et les autres mammifères marins, pêcher la morue et, à l'occasion, s'adonner au commerce des fourrures avec les Amérindiens. Les Basques débarquent sur les îles, où ils font sécher la morue et construisent des fours circulaires en pierre pour fondre la graisse des mammifères marins.

En 1679, l'archipel est concédé à Louis Jolliet (1645-1700) et à Jacques de Lalande de Gayon. Jusqu'à la fin du Régime français, les seigneurs des îles et îlets de Mingan font la traite des fourrures et exploitent l'eider, le loup-marin et le saumon. Après la Conquête (1760), ces activités sont reprises par des hommes d'affaires et des compagnies marchandes, dont la Compagnie de la Baie d'Hudson, propriétaire de l'archipel de 1832 à 1973.

Dans les années 1850, des pêcheurs tentent de s'établir sur la côte nord du fleuve Saint-Laurent, mais ils sont délogés par la Compagnie. En 1854, le gouvernement légifère pour autoriser le peuplement de la Côte-Nord et, en 1858, pour abolir les privilèges de la Compagnie sur les rivières à saumon. Ces mesures permettent la fondation en 1857 du village de Pointe-aux-Esquimaux (renommé Havre-Saint-Pierre en 1927) par des Acadiens des îles de la Madeleine, et dans les années 1880, de celui de Longue-Pointe. Leurs habitants vivent de pêche et de chasse. Ils utilisent les anses de l'archipel comme abri hivernal pour leurs goélettes, et ses îles et îlots les fournissent en foin, bois, animaux à fourrure, oiseaux, mollusques et fruits sauvages.

L'archipel accueille sporadiquement des occupants, notamment l'île de la Maison et l'île du Havre, où la Compagnie fait l'élevage du renard pendant les trente premières années du XXe siècle. Afin de sécuriser la navigation, deux phares sont construits. Les deux premiers gardiens du phare érigé en 1888 sur l'île aux Perroquets, le comte Henry de Puyjalon (1840-1905) et Placide Vigneau (1842-1926), ont beaucoup écrit sur l'histoire et la nature de la Minganie. Le second phare est bâti en 1915 sur la Petite île au Marteau.

Avec l'arrivée de l'industrie minière dans les années 1950, l'archipel n'est plus exploité pour le commerce ou la subsistance par la population locale, mais à des fins de loisir. Muse du poète et chantre de la Minganie Roland Jomphe (1917-2003), il devient un lieu de villégiature qui, depuis la décennie 1980, est visité par un nombre croissant de touristes.

Le patrimoine naturel de l'archipel a, depuis le XIXe siècle, attiré l'attention des scientifiques, tel le frère Marie-Victorin (1885-1944). Afin de contrer le pillage des œufs d'oiseaux sauvages, le gouvernement fédéral y crée en 1925 deux sanctuaires d'oiseaux.

Le site patrimonial de l'Archipel-de-Mingan est déclaré en 1978 par le gouvernement du Québec.

Le gouvernement fédéral acquiert l'archipel de l'entreprise Dome Petroleum Ltd en 1983 et le désigne Réserve de parc national du Canada de l'Archipel-de-Mingan l'année suivante. Sa nature est depuis mise en valeur par des activités d'interprétation.
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Notices bibliographiques :
BERUBE, André. « Archipel de Mingan ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, p. 481-485.
Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
COUILLARD, Line, Pierre GRONDIN et al. Les îles de Mingan, des siècles à raconter. Québec, Ministère de l'Environnement, 1983. 241 p.
GAUTHIER LAROUCHE, Georges. Origine et formation de la toponymie de l'archipel de Mingan. Études et recherches toponymiques, 1. Québec, Gouvernement du Québec, Commission de toponymie, 1981. 165 p.
MARIE-VICTORIN, Frère et Frère ROLLAND-GERMAIN. Flore de l'Anticosti-Minganie. Montréal, Presses de l'université de Montréal, 1969. 527 p.
MOOGK, Peter N. « Talon, Jean ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
PELLETIER, Hervé. « L'archipel de Mingan : un jardin naturel fascinant ». Continuité. No 36 (1987), p. 63.
PELLETIER, Hervé. « La Minganie : le refuge d'une végétation exceptionnelle ». Milieu. No 33 (1986), p. 11-14.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Site patrimonial de l'Habitation-Samuel-De Champlain



Site patrimonial de l'Habitation-Samuel-De Champlain

Le site patrimonial de l'Habitation-Samuel-De Champlain correspond à l'emplacement de la fondation de la ville de Québec, premier établissement français permanent en Amérique, en 1608. Il est situé dans le secteur Place-Royale, au cœur de l'arrondissement municipal de La Cité-Limoilou de la ville de Québec.

Ce bien est classé site patrimonial. Le périmètre du site, de forme irrégulière, inclut tous les terrains susceptibles de contenir les vestiges des deux habitations érigées par Samuel de Champlain et comprend l'emplacement présumé des palissades et des fossés. Il englobe la place Royale et une partie des terrains bordant les rues Saint-Pierre, Sous-le-Fort et Notre-Dame, sur lesquels s'élèvent notamment la maison Louis-Fornel, l'église de Notre-Dame-des-Victoires et son presbytère, trois immeubles patrimoniaux classés. Le lieu compte 19 sites inscrits à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec. Une grande partie des artéfacts extraits du sol sont compris dans la collection archéologique de référence de Place-Royale, aussi classée.

Le site patrimonial de l'Habitation-Samuel-De Champlain est compris dans le site patrimonial du Vieux-Québec.


Valeur patrimoniale

Le site patrimonial de l'Habitation-Samuel-De Champlain présente un intérêt pour ses valeurs historique et identitaire. C'est sur cet emplacement stratégique, fréquenté par les Amérindiens depuis environ 3000 ans, que Samuel de Champlain (vers 1567-1635) fonde le premier établissement français permanent en Amérique. Dès son arrivée à Québec, le 3 juillet 1608, il entreprend la construction d'une habitation en bois entourée de fossés et d'une palissade de pieux. Le bâtiment sert de corps de logis, de magasin et de fortin. À partir de 1624, Champlain fait remplacer ce premier bâtiment par un autre en pierre, sur le même emplacement. Ce dernier est incendié en 1632 par les frères Kirke avant leur retour en Angleterre. La seconde habitation est reconstruite l'année suivante et prend alors la forme d'un corps de bâtiment de plan en « L » flanqué d'une annexe et de deux tours. À partir de cette date, le bâtiment est essentiellement utilisé à des fins commerciales, d'abord par la Compagnie des Cent-Associés de 1633 à 1645, puis par la Communauté des Habitants de 1645 à 1663. Il devient ensuite magasin du roi, jusqu'à sa destruction lors de la conflagration qui dévaste la basse-ville de Québec en août 1682. La chapelle qui deviendra l'église de Notre-Dame-des-Victoires est construite à partir de 1688 sur les vestiges de la seconde habitation. Le site est donc occupé de façon permanente depuis quatre siècles et témoigne de la naissance de la Nouvelle-France et de l'Amérique française, ce qui en fait un lieu hautement symbolique de l'histoire du Québec.

Le site patrimonial de l'Habitation-Samuel-De Champlain présente également un intérêt pour sa valeur archéologique. Entre 1975 et 1988, le lieu fait l'objet de plusieurs campagnes de fouilles. De nombreux artéfacts d'origine amérindienne et euroquébécoise en sont alors extraits. Une grande partie de ces objets sont compris dans la collection archéologique de référence de Place-Royale, classée en 1999 et considérée comme l'une des plus prestigieuses en Amérique du Nord. Le sous-sol de l'église de Notre-Dame-des-Victoires et de la place Royale renferme notamment des fondations en pierre de la seconde habitation. Un marquage au sol indique d'ailleurs l'emplacement des vestiges de deux tours et de certains murs. Leur présence contribue fortement à la valeur patrimoniale du site patrimonial du Vieux-Québec, inscrit en 1985 sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. Par ailleurs, le site conserve un potentiel de recherche très élevé. Une portion importante, située sous le lieu de culte, demeure intacte et peut contribuer à une meilleure compréhension de la vie quotidienne des divers occupants du lieu.

Le site présente en outre un intérêt pour sa valeur historique reposant sur son association avec l'explorateur Samuel de Champlain. Né à Brouage, en France, Champlain est le personnage central de la fondation de Québec. En 1603, il s'embarque pour la première fois en direction de la Nouvelle-France et, de 1604 à 1607, il prend part aux tentatives de colonisation en Acadie avec Pierre du Gua de Monts (vers 1558-1628). En 1608, Champlain convainc le sieur de Monts de l'envoyer fonder un établissement le long du fleuve Saint-Laurent. C'est à partir du comptoir de Québec qu'il poursuit ses découvertes, forge des alliances avec les groupes amérindiens, prend les armes contre leurs ennemis et développe un vaste réseau de commerce des pelleteries. Les vestiges trouvés dans le site ou qui y sont encore enfouis figurent parmi les rares traces tangibles de la présence de Champlain à Québec.

Le site patrimonial de l'Habitation-Samuel-De Champlain est classé en 2008.



Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du patrimonial de l'Habitation-Samuel-De Champlain liés à ses valeurs historique, identitaire et archéologique comprennent, notamment:
- sa situation stratégique sur la pointe de Québec, à proximité du fleuve Saint-Laurent et au pied du Cap Diamant;
- le périmètre irrégulier, englobant la place Royale et une partie des terrains bordant les rues Saint-Pierre, Sous-le-Fort et Notre-Dame, dans le secteur Place-Royale, dans le site patrimonial du Vieux-Québec;
- les 19 sites archéologiques recensés dans le périmètre classé, liés notamment à la présence amérindienne, à l'habitation de Champlain (dont les traces des palissades et des fossés) et à l'occupation permanente du site depuis quatre siècles ainsi que les vestiges, couches de sol et objets toujours enfouis (notamment sous l'église de Notre-Dame-des-Victoires) et comportant un fort potentiel de recherche et d'interprétation du lieu;
- le marquage au sol indiquant l'emplacement des deux tours et de certains murs de la seconde habitation.



Informations historiques

Le site patrimonial de l'Habitation-Samuel-De Champlain se trouve dans un secteur fréquenté depuis environ 3 000 ans par les Amérindiens au moment où Champlain s'y installe. Ceux-ci occupent la pointe de Québec de façon intermittente et dressent des camps provisoires. L'endroit constitue un lieu de rencontres et d'échanges entre les divers groupes, en plus d'offrir un répit au cours de leurs nombreux déplacements.

L'explorateur Samuel de Champlain (vers 1567-1635) est né à Brouage, en France. Il reçoit probablement une formation de géographe et de dessinateur avant de commencer à naviguer. En 1603, il s'embarque pour la première fois en direction de la Nouvelle-France. De 1604 à 1607, il prend part aux tentatives de colonisation en Acadie avec Pierre du Gua de Monts (vers 1558-1628). En 1608, Champlain convainc le sieur de Monts de l'envoyer fonder un établissement le long du fleuve Saint-Laurent. Dès son arrivée à Québec le 3 juillet de la même année, il entreprend la construction d'une habitation en bois entourée de fossés et d'une palissade de pieux. Elle sert de corps de logis, de magasin et de fortin. C'est à partir du comptoir de Québec, premier établissement français permanent en Amérique, que Champlain poursuit ses découvertes, forge des alliances avec les groupes amérindiens, prend les armes contre leurs ennemis et développe un vaste réseau de commerce des pelleteries.

D'importantes réparations sont effectuées au bâtiment dans les années suivant sa construction. En 1623, charpentiers et maçons recommandent à Champlain de faire ériger une nouvelle habitation plutôt que de remettre l'ancienne en état. L'année suivante s'amorce l'édification du bâtiment, en pierre tirée des parois du cap Diamant. En 1629, les frères Kirke prennent Québec, qui passe sous domination anglaise. Trois ans plus tard, la colonie est rétrocédée à la France, et les Kirke incendient l'habitation avant de rentrer en Angleterre. L'édifice est reconstruit en 1633 et prend alors la forme d'un corps de bâtiment en « L » flanqué d'une annexe et de deux tours. La même année, le fondateur de Québec s'établit au fort Saint-Louis, construit treize ans plus tôt en haute-ville. À partir de cette date, l'habitation est essentiellement utilisée à des fins commerciales. Elle sert de magasin pour la Compagnie des Cent Associés de 1633 à 1645, puis pour la Communauté des Habitants de 1645 à 1663, avant de devenir magasin du roi. Plusieurs bâtiments sont érigés à proximité et un quartier à forte vocation commerciale se crée. Déjà menacée de ruine, la seconde habitation est détruite lors de la conflagration qui dévaste la basse-ville de Québec en août 1682. La chapelle qui deviendra l'église de Notre-Dame-des-Victoires est construite à partir de 1688 sur les vestiges du magasin du roi.

Plusieurs campagnes de fouilles archéologiques sont réalisées dans les années 1970 et 1980, sans pour autant épuiser le potentiel de recherche et d'interprétation encore important du périmètre aujourd'hui classé. Le sous-sol du lieu de culte et de la place Royale conserve notamment des vestiges en pierre de l'habitation. Un marquage au sol a été effectué afin d'indiquer l'emplacement des deux tours et de certains murs. La présence de ces vestiges figure parmi les motifs invoqués en 1985 pour l'inscription du site patrimonial du Vieux-Québec sur la Liste du patrimoine mondial de l'UNESCO. Une grande partie des objets extraits du site sont compris dans la collection archéologique de référence de Place-Royale, classée en 1999.
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Notices bibliographiques :
CHAPDELAINE, Claude, Norman CLERMONT et Jacques GUIMONT. L'occupation historique et préhistorique de Place-Royale. Collection Patrimoines, série Dossiers, 76. Sainte-Foy, Québec, Publications du Québec, 1992. 426 p.
CÔTÉ, Renée. Place-Royale: quatre siècles d'histoire. Images de sociétés. Québec, Saint-Laurent, Musée de la Civilisation, Fides, 2000. 188 p.
DURANLEAU, François. La Place Royale: deux siècles et demi d'histoire. Québec, Ministère des affaires culturelles, Direction des communications, 1981. 30 p.
FISCHER, David Hackett. Le rêve de Champlain. Montréal, Boréal, 2011. 998 p.
GAUMOND, Michel. « Rapport des sondages archéologiques exécutés dans le sous-sol de l'église Notre-Dame-Des-Victoires, 15 mai- 9 juin 1978 ». BARRÉ, Georges, dir. et Corneliu KIRJAN, dir. Activités archéologiques 1977-1978. Dossier, 49. Québec, Direction générale du patrimoine, Ministère des Affaires culturelles, 1981, p. 416-430.
GAUMOND, Michel. « Un choix judicieux : La pointe de Québec ». Cap-aux-Diamants. No 62 (2000), p. 27-31.
GENÊT, Nicole et Corneliu KIRJAN. « La fondation de la ville de Québec, ce que révèlent les fouilles de la place Royale, la première Habitation de Champlain ». Dossiers de l'archéologie (1978), p. 72-80.
LAPOINTE, Camille. Trésors et secrets de Place-Royale : aperçu de la collection archéologique. Sainte-Foy, Québec, Publications du Québec, 1998. 217 p.
MOUSSETTE, Marcel et Françoise NIELLON. L'Habitation de Champlain. Collection Patrimoines, série Dossiers, 58. Sainte-Foy, Québec, Publications du Québec, 1985. 531 p.
NOPPEN, Luc, Claude PAULETTE et Michel TREMBLAY. Québec : trois siècles d'architecture. Montréal, Libre expression, 1979. 440 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Site patrimonial de l'Île-d'Orléans



Site patrimonial de l'Île-d'Orléans

Le site patrimonial de l'Île-d'Orléans est un territoire à caractère rural couvrant la totalité de cette île, d'une longueur approximative de 34 km et d'une largeur maximale de 8 km. Une crête centrale, couverte en majeure partie de forêt, relie les pointes formant ses extrémités. Son relief est marqué par une série de terrasses qui s'étagent depuis les rives. Le lotissement régulier rythme le paysage. Vue du ciel, l'île apparaît comme une succession de terres rectangulaires étroites et allongées, qui sont disposées de part et d'autre d'une ligne longitudinale et qui ont front sur le fleuve Saint-Laurent. Maisons anciennes, dépendances agricoles, résidences de villégiature, constructions contemporaines, noyaux villageois, anses, milieux humides côtiers, bois et escarpements animent ce paysage.

L'île d'Orléans est située en aval de la ville de Québec, dans l'estuaire du fleuve Saint-Laurent. Elle est historiquement ceinturée par le chemin Royal, qui relie ses six municipalités. Quatre routes la traversent dans sa largeur.

L'agriculture, qui constitue l'activité dominante de l'île d'un point de vue historique, a créé un paysage rural diversifié, marqué par les productions laitières, maraîchères et fruitières ainsi que les érablières. De nos jours, l'agriculture conserve sa prédominance. Ainsi, près de 95 % du territoire est consacré à cette activité, qui permet la préservation des paysages ruraux de l'île d'Orléans.

Ce territoire déclaré site patrimonial compte quelque 3 600 bâtiments, parmi lesquels 19 sont classés immeubles patrimoniaux. Il s'agit, à Saint-Pierre-de-l'Île-d'Orléans, de l'ancienne église de Saint-Pierre et de la maison Leclerc, à Saint-Laurent-de- l'Île-d'Orléans, de la chalouperie Godbout, de la maison Gendreau et de la maison Louis-Pouliotte, à Saint-Jean-de-l'Île-d'Orléans, de l'église de Saint-Jean, du manoir Mauvide-Genest et de la maison Hébert-Dit-Lecompte, à Saint-François-de-l'Île-d'Orléans, de l'église de Saint-François, de l'école de fabrique de Saint-François, de la maison Chrétien, de la maison Imbeau, de la maison Louis-Asselin et de la maison Roberge, à Sainte-Famille, de l'église de Sainte-Famille, de la chapelle de procession de Sainte-Famille, de la maison Morisset, de la maison Gagnon et de la maison Drouin.

Le site patrimonial de l'Île-d'Orléans comprend également plusieurs sites archéologiques
amérindiens et euroquébécois qui sont inscrits à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec (ISAQ).

Le site patrimonial de l’Île-d’Orléans, déclaré en 1970, est un territoire à caractère rural couvrant la totalité de cette île, d’une longueur approximative de 34 km et d’une largeur maximale de 8 km.


Valeur patrimoniale

Le site patrimonial de l'Île-d'Orléans présente un intérêt pour sa valeur historique. L'île est longtemps fréquentée par les Amérindiens, puis elle est explorée par le navigateur Jacques Cartier en 1535 ainsi que par Samuel de Champlain en 1603. Concédée en seigneurie en 1636, elle accueille ses premiers colons dès 1648, ce qui en fait l'un des premiers foyers de peuplement de la vallée du Saint-Laurent. Pendant le XVIIe siècle, l'île est la terre d'accueil de quelque 300 familles originaires de France. Ses premiers habitants s'adonnent principalement à l'agriculture. Cette activité deviendra plus tard marchande, puis industrielle. Au XIXe siècle, diverses activités maritimes se concentrent sur la rive sud de l'île. Quelques secteurs deviennent aussi des stations de villégiature. De nos jours, ce haut lieu des familles souches francophones attire de nombreux visiteurs, et l'agriculture demeure l'activité dominante.

Le site patrimonial présente un intérêt pour sa valeur paysagère, historiquement issue du développement lié à son caractère insulaire et rural. Le dynamisme de ce paysage est créé par la disposition des villages tournés vers le fleuve, la richesse de son cadre naturel et l'alternance entre les terres agricoles, les noyaux villageois et les secteurs de villégiature. De plus, le lotissement porte les traces du régime seigneurial. Celui-ci se reflète dans la géométrie des lots, étroits et allongés, orientés perpendiculairement au fleuve. D'autres éléments illustrent l'ancienneté du paysage. Ainsi, le chemin Royal, qui ceinture l'île depuis 1744, scinde les concessions initiales. Les noyaux villageois, plus denses, et les secteurs de villégiature respectent de façon générale l'alignement originel. Témoin de plus de quatre siècles d'occupation, le paysage de l'île conserve ainsi la marque de transformations découlant des relations entretenues entre les habitants et leur milieu.

Le site patrimonial présente un intérêt pour sa valeur architecturale. Celle-ci se démarque notamment par son ancienneté et sa variété. L'île présente l'une des plus fortes concentrations de demeures rurales d'esprit français du XVIIIe siècle en Amérique, auxquelles s'ajoutent plusieurs dépendances agricoles datant des XIXe et XXe siècles. Elle compte aussi plusieurs résidences d'inspiration néoclassique et d'autres de facture plus éclectique. L'île possède également un riche patrimoine religieux : quatre églises catholiques, un temple anglican, des presbytères, cinq chapelles de procession et de nombreuses croix de chemin. L'île comporte enfin un important patrimoine architectural maritime.

Le site patrimonial présente un intérêt pour sa valeur emblématique et identitaire. Terre de légendes, muse des artistes, l'île fait partie de l'imaginaire collectif des Québécois. Des érudits ont présenté l'île comme un microcosme du Québec rural traditionnel. Pour les Québécoises et les Québécois d'aujourd'hui, l'île est la représentation par excellence de la ruralité du territoire et ils s'y reconnaissent. Tel un pèlerinage, le « tour de l'Île », mis en chanson par Félix Leclerc, constitue un retour aux sources et une immersion dans le terroir québécois.

Le site patrimonial présente en outre un intérêt pour sa valeur archéologique. Les interventions archéologiques effectuées sur le territoire ont permis de documenter certains aspects de son occupation amérindienne et euroquébécoise à travers le temps. Des traces de présence amérindienne datant de diverses périodes ont été mises au jour dans différents secteurs de l'île. L'occupation euroquébécoise de l'île depuis le XVIIe siècle a également laissé des témoins importants. Le site présente également un important potentiel archéologique. Certains secteurs auraient été propices aux établissements amérindiens. Les activités pratiquées par les populations d'origine européenne ont certainement laissé de nombreuses traces dans le sol.

Source : Ministère de la Culture et des Communications, 2017.


Éléments caractéristiques

Les éléments clés du site patrimonial de l'Île-d'Orléans liés à ses valeurs historique, paysagère, architecturale et emblématique comprennent, entre autres:
- sa situation stratégique dans le haut estuaire du fleuve Saint-Laurent;
- la présence de sites archéologiques amérindiens et euroquébécois connus et son potentiel de recherche archéologique;
- le caractère rural de l'île, dont les terrasses, les boisés, les vergers, les cultures, les pâturages et le bâti;
- son caractère insulaire, dont les panoramas sur le fleuve Saint-Laurent et les rives, les terres orientées perpendiculairement au fleuve, le pont, les quais, les jetées, les havres, les baies et les plages;
- les parcours, dont le chemin de pourtour, les trois routes transversales et les voies empruntant d'anciens chemins agricoles;
- le lotissement portant les traces du régime seigneurial, dont les terres agricoles en rectangles étroits et allongés divisées au centre de l'île par une ligne longitudinale, les clôtures souvent de perches et les arbres délimitant les propriétés, le bâti généralement implanté en retrait de la route;
- les six noyaux villageois organisés en fonction des activités maritimes et agricoles, dont l'alignement et l'orientation des bâtiments en fonction de la voie publique et du fleuve ainsi que leur implantation près de la route sur des parcelles généralement plus petites;
- les zones de transition aux abords des villages, dont l'orientation des bâtiments en fonction de la voie publique et du fleuve, près de la route sur des parcelles assez petites ou en retrait de la route sur des parcelles plus grandes;
- les secteurs de villégiature sur la bande riveraine;
- la concentration de maisons québécoises d'esprit français en pierre ou en bois, caractérisées par un corps de logis peu dégagé du sol, un plan carré ou rectangulaire, un toit aigu aux versants droits et des ouvertures en nombre restreint distribuées de manière asymétrique;
- la présence de maisons québécoises d'inspiration néoclassique en pierre, en brique ou en bois, caractérisées par un corps de logis dégagé du sol, un plan rectangulaire, un toit aux versants retroussés aux larmiers saillants, une fenestration abondante et régulière ainsi qu'une façade symétrique pourvue d'une galerie;
- la présence de maisons de villégiature de facture éclectique (styles Regency, Second Empire ou victorien), caractérisées par un corps de logis dégagé du sol, un toit mansardé ou aux versants retroussés, des fenêtres à battants, à guillotine et à plusieurs meneaux, des parements en bois et en brique ainsi qu'une ornementation élaborée;
- la présence d'églises catholiques du Régime français et du XIXe siècle, caractérisées par un corps de bâtiment en pierre, un plan en croix latine ou « à la récollet », un toit aigu, un clocher en façade, une sacristie et un décor intérieur en bois;
- la présence d'une église anglicane en bois;
- les presbytères d'inspiration néoclassique, caractérisés par un corps de logis allongé, un toit aux versants retroussés aux larmiers saillants, une composition symétrique de la façade et une fenestration régulière;
- les presbytères d'influence Second Empire, caractérisés par un carré massif et dégagé du sol, un toit mansardé à quatre versants et une ornementation élaborée;
- la présence de calvaires, de croix de chemin et de chapelles de procession caractérisées par un plan allongé, des dimensions réduites, une ornementation sobre et un clocher disposé sur le faîte du toit en façade;
- les témoins des activités de villégiature, dont des plages aménagées, des quais et le terrain de golf de Sainte-Pétronille;
- les témoins des activités maritimes, dont des maisons de pilote, des chalouperies et d'anciens chantiers maritimes;
- les témoins des activités agricoles, dont d'anciens moulins, des granges et des fours à pain.



Informations historiques

Le site patrimonial de l'Île-d'Orléans est l'un des premiers foyers de peuplement de la vallée du Saint-Laurent. Par l'émigration de sa population, dès 1680, l'île est le berceau de nombreuses familles de la francophonie d'Amérique. Les quelque 300 familles originaires de France qui s'y sont établies au XVIIe siècle comptent de nos jours plus de 100 000 descendants en Amérique du Nord.

Avant la venue des Européens, l'île d'Orléans est longtemps fréquentée par les Amérindiens.
Leur présence remonte à environ 5 000 ans.

En 1535, l'île est explorée par le navigateur Jacques Cartier (1491-1557), qui la nomme « Île de Bacchus ». L'année suivante, lors d'un second débarquement, Cartier la rebaptise de manière à rendre hommage au duc d'Orléans (Henri II, 1519-1559). Samuel de Champlain (1574-1635) visite l'île d'Orléans dès son premier voyage dans la vallée du Saint-Laurent en 1603.

En 1636, l'île est concédée en seigneurie à la Compagnie de Beaupré par la Compagnie de la Nouvelle-France (Compagnie des Cent-Associés). Les premiers colons s'y établissent dès 1648. Les Hurons-Wendat occupent l'anse du Fort de 1651 à 1656. Ils quitteront l'île à la suite d'une attaque iroquoise en 1656. À partir de 1665, le peuplement de l'île est rendu plus sécuritaire par la présence du régiment de Carignan-Salières dans la colonie.

En 1661, la paroisse de l'Île est fondée. Une église est érigée huit ans plus tard, dans le secteur qui deviendra Sainte-Famille. En 1679, les paroisses Saint-François, Saint-Pierre et Saint-Paul (cette dernière est renommée Saint-Laurent en 1698) sont détachées de la paroisse de l'Île, qui devient la paroisse La Sainte-Famille. La mission Saint-Jean est ouverte l'année suivante.

À la suite de la Grande Paix de 1701, la colonisation de l'île s'intensifie. En 1748, la seigneurie est divisée en deux parties comprenant neuf arrière-fiefs. Construit à partir de 1734, le manoir Mauvide-Genest rappelle l'époque seigneuriale. Les insulaires pratiquent l'agriculture et construisent des demeures ainsi que plusieurs dépendances. Le chemin Royal ceinture l'île à partir de 1744, alors que des parcours nord-sud sont aménagés, dont la route du Mitan en 1830.

Le développement de l'île est toutefois freiné par le siège de Québec en 1759. Plusieurs bâtiments et exploitations de la partie occidentale sont alors mis à sac par les Britanniques, qui établissent aussi un camp en retrait de la pointe de Beaulieu.

Dès le XVIIIe siècle, la navigation s'effectue principalement dans le chenal au sud de l'île d'Orléans. Sur la rive sud se concentrent les maisons de pilotes, les chalouperies et les chantiers de construction navale.

Pendant le XIXe siècle, différents facteurs bouleversent l'économie traditionnelle de l'île. Les cultures spécialisées apparaissent afin d'approvisionner le marché de Québec. Quelques secteurs, comme celui de Sainte-Pétronille qui sera érigé en paroisse en 1870, deviennent aussi des stations de villégiature. À compter de 1855, un traversier assure la liaison entre Québec et Sainte-Pétronille. Des plages sont aménagées ainsi qu'un terrain de golf, considéré comme l'un des plus anciens en Amérique du Nord.

En 1935, le pont de l'Île-d'Orléans est construit. Le gouvernement adopte alors la Loi concernant l'Île d'Orléans afin de protéger l'île. Mais les contacts avec les rives se multiplient et l'agriculture passe à la phase industrielle. Soumise au phénomène croissant de l'étalement urbain, l'île devient de plus en plus populeuse. Avec le temps, le tourisme et le commerce s'ajoutent à l'agriculture comme activités économiques principales. Malgré les changements, elle continue de faire partie de l'imaginaire collectif des Québécois. Elle a été la muse de plusieurs artistes.

En 1970, le site patrimonial de l'Île-d'Orléans est déclaré.

De nos jours, l'île demeure un lieu symbolique qui conserve son caractère rural et attire de nombreux visiteurs.
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Notices bibliographiques :
AUGERON, Mickaël, dir., Dominique GUILLEMET, dir., Alain ROY, dir. et Marc ST-HILAIRE, dir. Les traces de la Nouvelle-France au Québec et en Poitou-Charentes. Québec, Les Presses de l'Université Laval, 2008. 308 p.
BOURQUE, Hélène, Donald DION et Brigitte OSTIGUY. L'île d'Orléans, un enchantement. Québec, Les éditions du chien rouge, 1999. 45 p.
CHASSÉ, Béatrice, Bernard GENEST, Pierre LAHOUD, Guy-André ROY et Henri-Paul THIBAULT. « Arrondissement historique de l'Île d'Orléans ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, p. 261-265.
DUBÉ, Claude et Pierre LAROCHELLE. Le génie du lieu à l'île d'Orléans. Étude des caractères formels essentiels du milieu bâti comme structure héritée. s.l. Municipalité régionale de comté de l'Île d'Orléans, 1993. 176 p.
FAURE, Isabelle. Projet pilote d'analyse paysagère de l'arrondissement historique de l'île d'Orléans. Volet 1 : L'Île d'Orléans, une île en péril ou l'analyse critique du système de gestion du patrimoine de l'Île d'Orléans. Québec, Commission des Biens Culturels du Québec, 1996. s.p.
HOUDE, Sylvie. L'île d'Orléans comme lieu symbolique. Mémoire de maîtrise, Université Laval, 1982. 127 p.
LESSARD, Michel. L'île d'Orléans : aux sources du peuple québécois et de l'Amérique française. Montréal, Éditions de l'Homme, 1998. 415 p.
LIZOTTE, Sylvain, dir. Plan de conservation du site patrimonial de l'Île-d'Orléans. Québec, Ministère de la Culture et des Communications, 2017. 119 p.
Le document intitulé Site patrimonial de l'Île-d'Orléans. Plan de conservation dans la section Documents en fait partie.
MORENCY, Richard et al. Île d'Orléans, arrondissement historique : sommaire de la première phase des études du milieu en vue de sa sauvegarde et de sa mise en valeur. Québec, Ministère des Affaires culturelles, 1977. 52 p.
ROY, Guy-André et Andrée RUEL. Le patrimoine religieux de l'île d'Orléans. Cahiers du patrimoine, 16. Québec, Ministère des Affaires culturelles, 1982. 313 p.
ROY, Pierre-Georges. L'Île d'Orléans. Québec, Librairie Garneau / Éditeur officiel du Québec, 1976. 571 p.
s.a. L'ABC de l'arrondissement historique de l'Île-d'Orléans. Québec, Commission des biens culturels du Québec / Ministère de la culture et des communications / MRC de l'Île-d'Orléans, 2003. s.p.
s.a. Le site patrimonial de l'Île-d'Orléans. Un territoire rural et insulaire exceptionnel. Québec, Ministère de la Culture et des Communications, 2017. s.p.
Le document intitulé Site patrimonial de l'Île-d'Orléans. Dépliant dans la section Documents en fait partie.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Site patrimonial de La Prairie



Site patrimonial de La Prairie

Le site patrimonial de La Prairie couvre une superficie de 96 hectares et comprend notamment l'ancien noyau villageois qui occupe le cinquième de la superficie de ce territoire. Des quartiers suburbains jouxtent de part et d'autre le vieux bourg, tandis que le reste du site patrimonial se compose d'une aire fluviale comprise dans le petit bassin de La Prairie et d'une zone sans affectation particulière qui borde la rivière Saint-Jacques. Le site patrimonial est délimité par le fleuve Saint-Laurent (petit bassin de La Prairie) à l'ouest, la rue Saint-Laurent à l'est, la rivière Saint-Jacques au nord et la rue Longtin au sud. Le territoire est constitué de basses terres fertiles au relief peu accusé.

La Prairie se situe sur la rive sud du fleuve, face à l'île de Montréal. La ville occupe les rives d'une baie en aval du lac Saint-Louis et des rapides de Lachine. Le lieu est particulièrement bien desservi par un réseau hydrographique qui facilite l'accès à la rivière Richelieu et donc à tout le territoire au sud de Montréal. Le vieux bourg est de forme trapézoïdale. L'emplacement de l'église paroissiale a été considérablement rehaussé.

Le site patrimonial de La Prairie comprend 55 sites archéologiques amérindiens et euroquébécois inscrits à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec. Il compte quelque 330 bâtiments dans son secteur le plus ancien, dont environ 120 édifices anciens, 65 édifices plus récents et 145 dépendances.

Le site patrimonial de La Prairie, déclaré en 1975, couvre une superficie de 96 hectares et comprend un noyau villageois. Il compte près de 300 bâtiments.


Valeur patrimoniale

Le site patrimonial de La Prairie présente un intérêt pour sa valeur historique. Ce site est fréquenté par les Amérindiens depuis la préhistoire. La seigneurie de la Prairie-de-la-Magdeleine est concédée aux Jésuites en 1647 et, vingt ans plus tard, ces derniers fondent la mission Saint- François-Xavier-des-Prés. La Prairie joue un rôle stratégique pour la défense de Montréal avec l'érection d'une palissade en pieux de 1687 à 1689. Le bourg s'impose aussi dans le réseau des échanges commerciaux. La paroisse, créée en 1692, est l'une des plus anciennes de la région de Montréal. Après la Conquête (1760), des commerçants britanniques s'installent à La Prairie et prennent en main l'économie. Son expansion est accélérée par la mise en place du premier chemin de fer canadien en 1836, puis ralentit après l'incendie de 1846. De nos jours, le site patrimonial témoigne du passé de La Prairie et de son importance dans l'histoire du Québec.

Le site présente aussi un intérêt pour sa valeur archéologique. Les sites recensés permettent de documenter les campements amérindiens préhistoriques, la mission jésuite, le fort français ainsi que le cadre bâti durant le régime seigneurial et au XIXe siècle. Les archéologues ont notamment mis au jour les vestiges d'une habitation semi-souterraine du XVIIe siècle de tradition médiévale peut-être unique au Québec. Le patrimoine archéologique illustre le système défensif en Nouvelle-France, documente les échanges sociaux et économiques entre les Amérindiens et les colons et évoque la vie domestique et les pratiques religieuses. Il témoigne de l'importance géographique du lieu au cours de l'histoire et de l'ancienneté de son occupation.

Le site présente également un intérêt pour sa valeur urbanistique associée à l'intégrité de sa trame villageoise associée à son histoire. Le réseau actuel du vieux bourg, formé de rues anciennes, étroites et irrégulières, rappelle le tracé trapézoïdal de l'ancien fort. La rue Saint-Ignace et le chemin de Saint-Jean, tracés dès le XVIIe siècle, sont les deux principales artères du site. Les bâtiments occupent des lots étroits et profonds, et ils sont implantés en bordure de la rue ou avec une faible marge de recul de la voie publique. Malgré l'incendie de 1846, la forme urbaine ancienne de La Prairie a été préservée. Enfin, une digue érigée en bordure du fleuve à la fin du XIXe siècle retrace l'emplacement initial du rivage avant les remblayages occasionnés par la construction de la voie maritime du Saint-Laurent et d'une autoroute.

Le site présente en outre un intérêt pour sa valeur architecturale. Celle-ci repose en bonne partie sur les nombreuses résidences en bois et en pierre construites dans les années qui suivent l'incendie de 1846. L'introduction importante de la brique à la fin du XIXe siècle constitue aussi un patrimoine résidentiel singulier, notamment avec ses fins détails ornementaux. La valeur architecturale du site patrimonial est aussi caractérisée par l'église de La-Nativité-de-la-Sainte-Vierge, conçue en 1840 par Pierre-Louis Morin, dont la façade est achevée en 1856 selon les plans de l'architecte Victor Bourgeau. Parmi les autres bâtiments remarquables figurent l'édifice en brique rouge du Vieux-Marché construit au milieu du XIXe siècle et l'ancien bureau de poste en pierre érigé en 1892.

Le site présente enfin un intérêt pour sa valeur paysagère. Il est situé au confluent du fleuve Saint-Laurent et de la rivière Saint-Jacques, sur un terrain relativement plat. La partie centrale du site patrimonial correspond à une légère élévation. Le clocher de l'église de La-Nativité-de-la-Sainte-Vierge domine le paysage du site patrimonial, et il est historiquement son principal point de repère. Le bourg planté d'arbres adultes entretient, par ailleurs, une relation visuelle avec le fleuve Saint-Laurent. Le site patrimonial compte enfin plusieurs espaces verts.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2017.


Éléments caractéristiques

Les éléments clés du site patrimonial de La Prairie liés à ses valeurs historique, archéologique, urbanistique et architecturale comprennent, notamment:
- sa situation stratégique sur la rive sud du fleuve Saint-Laurent, face à l'île de Montréal, sur les rives d'une baie en aval du lac Saint-Louis et des rapides de Lachine;
- les composantes archéologiques témoignant de l'occupation amérindienne du lieu, dont les vestiges de campements amérindiens du Sylvicole moyen et supérieur (principalement datés entre 500 après J.-C. et 1200 après J.-C.);
- les composantes archéologiques associées au Régime français, dont la mission jésuite et les vestiges de la palissade en pieux du fort français;
- les vestiges d'une habitation semi-souterraine du XVIIe siècle unique à ce jour au Québec;
- les composantes archéologiques témoignant du cadre bâti au cours du régime seigneurial, dont les vestiges du manoir seigneurial et d'un moulin banal;
- les composantes témoignant des fonctions domestiques, religieuses, commerciales et industrielles, dont les vestiges du vieux marché, d'une auberge, de bâtiments à vocation résidentielle et artisanale (briqueteries), de voies de communication, d'un cimetière et de bâtiments à caractère religieux et institutionnel;
- le tracé étroit et irrégulier des rues;
- l'implantation des bâtiments en bordure ou avec une faible marge de recul de la voie publique;
- les lots étroits et profonds;
- la densité d'occupation du sol;
- la situation de l'ensemble institutionnel dans la trame;
- la rue Saint-Ignace et le chemin Saint-Jean datant du XVIIe siècle;
- les rues Sainte-Marie et Saint-Georges datant du XVIIIe siècle;
- le mur de la digue érigée en bordure du fleuve à la fin du XIXe siècle;
- les bâtiments résidentiels, dont deux maisons remontant probablement au Régime français (240 et 380, rue Saint-Ignace), les maisons en pierre, en brique ou en bois construites ou réaménagées après les incendies de 1846 et de 1901;
- les bâtiments publics et commerciaux, dont l'édifice du Vieux-Marché en brique (milieu du XIXe siècle), le bureau de poste de style richardsonien avec ses ouvertures cintrées et sa maçonnerie en pierre à bossage (1892), l'ancienne banque (dotée d'un toit en ardoise) et l'ancien magasin général;
- les édifices institutionnels, dont l'église (1840-1856), le presbytère (1910), le couvent de la congrégation de Notre-Dame (1902), la chapelle de l'ensemble conventuel des Sœurs de la Providence (deuxième moitié du XIXe siècle), le reste de l'ensemble conventuel des Sœurs de la Providence (après 1901), le charnier au nord-est de l'église (1834) et l'ancien muret du cimetière (1817-1861);
- les nombreux bâtiments secondaires.



Informations historiques

Le site patrimonial de La Prairie demeure pendant longtemps la tête de pont d'un important couloir de communication entre le fleuve Saint-Laurent et la rivière Richelieu. Ce territoire est fréquenté par les Amérindiens depuis la préhistoire. C'est pour eux un lieu de passage et de campement saisonnier avant de pénétrer à l'intérieur des terres.

En 1647, la seigneurie de La Prairie-de-la-Magdeleine est concédée aux Jésuites, soit l'une des premières concédées sur la rive sud de Montréal. Vingt ans plus tard, les Jésuites fondent la mission Saint-François-Xavier-des-Prés pour sédentariser les Amérindiens et les convertir au
christianisme. Parallèlement, les premières censives sont concédées. En 1676, les Jésuites déménagent la mission au Sault-Saint- Louis, puis sera finalement établie en 1716 à l'emplacement actuel de Kahnawake.

Dans la deuxième moitié du XVIIe siècle, le noyau villageois prend forme. Un premier moulin à farine et une première église en bois sont construits respectivement en 1676 et en 1687. Lorsque la trêve avec les Iroquois est rompue en 1684, les habitants de La Prairie revendiquent la construction d'une palissade. En 1689, une enceinte entoure le village et deux ans plus tard, celle-ci résiste à l'assaut d'un contingent anglo-iroquois provenant de New York. Elle est partiellement réaménagée en 1705. En 1744, un fort de pierres de plus petite dimension est érigé.

À cette époque, La Prairie joue un rôle stratégique dans la défense de Montréal. Lors de la Conquête (1760), le village est notamment la voie de passage pour les détachements qui se rendent au fort Richelieu ainsi qu'un lieu de ravitaillement en vivres et en munitions. Après l'établissement du Régime britannique, l'emplacement demeure un point important pour la défense de la région et particulièrement en 1775 et 1812, lors des conflits armés contre les Américains.

La Prairie s'impose aussi dans le réseau commercial comme plaque tournante dans les échanges de produits avec les États-Unis. Pendant le Régime français, l'endroit est lié au commerce et à la contrebande de fourrures. Après la Conquête, des marchands britanniques s'y installent. L'expansion du transport maritime favorise l'ouverture d'auberges, de commerces et de petites industries, ce qui entraîne l'essor économique du village de La Prairie. Son développement est accéléré par la construction en 1836 du premier chemin de fer au Canada, constitué de rails de bois, qui relie La Prairie et Saint-Jean-sur-Richelieu.

En 1840, une nouvelle église est construite selon les plans de l'architecte Pierre-Louis Morin (1811-1886); la façade et le décor intérieur seront réalisés en 1856 selon les plans de l'architecte Victor Bourgeau (1809-1888). À cette époque, deux communautés religieuses catholiques sont établies dans le bourg, la congrégation de Notre-Dame arrivée depuis 1697 ainsi que les Sœurs de la Providence. Des congrégations anglicanes et presbytériennes tiennent également des assemblées dans le village au cours de la seconde moitié du XIXe siècle.

En 1846, un incendie détruit presque entièrement les bâtiments du bourg de La Prairie, à l'exception de l'église et d'une dizaine d'immeubles. La reconstruction s'effectue rapidement dans les années qui suivent. Le nouveau bourg s'étend ensuite progressivement hors de l'ancienne zone palissadée. La croissance de La Prairie ralentit cependant au cours de la deuxième moitié du XIXe siècle.

Vers 1890, l'établissement de briqueteries donne un nouvel essor à l'économie. De nombreux immeubles en brique font leur apparition dans le bourg, en bordure duquel un mur de digue est construit pour protéger le village des crues du fleuve. En 1909, La Prairie obtient le statut de ville.

En 1975, le site patrimonial de La Prairie est déclaré.

Depuis, les efforts se multiplient pour revitaliser le secteur.
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Notices bibliographiques :
BRODEUR, Mario. Étude de caractérisation de l'arrondissement historique de La Prairie. Québec, Commission des biens culturels du Québec, 2004. s.p.
LIZOTTE, Sylvain, dir. Plan de conservation du site patrimonial de La Prairie. Québec, Ministère de la Culture et des Communications, 2017. 103 p.
NOPPEN, Luc. « Arrondissement historique de La Prairie ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 203-207.
PINARD, Guy. Montréal, son histoire, son architecture. Vol. 4. Montréal, Éditions du Méridien, 1991. 504 p.
s.a. Arrondissement historique de La Prairie. Dossier de déclaration. Québec, Ministère des Affaires culturelles, 1975. s.p.
Société Technique d'Aménagement Régional inc. (SOTAR). Plan de mise en valeur du Vieux La Prairie. Laval, 1992. s.p.
TASCHEREAU, Sylvie. « La Prairie ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
Ville de La Prairie. Ville de La Prairie [En Ligne]. http://www.ville.laprairie.qc.ca

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Site patrimonial de Montréal



Site patrimonial de Montréal

Le site patrimonial de Montréal couvre un territoire urbain qui s'étend sur environ 1 400 mètres d'est en ouest et 800 mètres du nord au sud. Il englobe la ville autrefois fortifiée, des parcelles des anciens faubourgs, le secteur de la pointe à Callière et le Vieux-Port. Le quartier est délimité par la rue Saint-Antoine au nord, le fleuve Saint-Laurent au sud, le faubourg Québec avec les rues Saint-Hubert et Saint-André à l'est, et le faubourg des Récollets avec les rues McGill, De Longueuil et des Sœurs-Grises à l'ouest.

Ce territoire est situé dans la partie sud de l'île de Montréal, en aval des rapides de Lachine. Le relief est marqué par la présence d'une terrasse élevée le long du fleuve et du coteau Saint-Louis en retrait. La trame, plus ou moins orthogonale, forme un réseau de rues étroites et de voies plus larges qui encadrent des places publiques.

Le site est caractérisé par la densité de sa trame, les dimensions imposantes des bâtiments et la diversité des fonctions qui s'y retrouvent. Il compte 557 édifices et vestiges construits à différents moments entre le XVIIe siècle et le XXe siècle. Entrepôts, bâtiments religieux, édifices à bureaux, banques, sièges sociaux de compagnies, palais de justice et autres édifices institutionnels forment un paysage architectural diversifié, rendu harmonieux par l'omniprésence de la pierre calcaire grise.

Il englobe la ville autrefois fortifiée, des parcelles des anciens faubourgs, le secteur de la pointe à Callière et le Vieux-Port.

Le site patrimonial de Montréal, déclaré en 1964 et agrandi en 1995, couvre un territoire urbain qui s’étend sur environ un kilomètre carré.


Valeur patrimoniale

Le site patrimonial de Montréal présente un intérêt pour sa valeur historique. Berceau de la métropole économique et culturelle du Québec, ce lieu possède une densité historique remarquable en raison de ses renouvellements successifs, dont il conserve les traces. Fréquentée par les Amérindiens depuis la préhistoire, Montréal est fondée en 1642 par Paul de Chomedey de Maisonneuve (1612-1676). D'abord établissement missionnaire, la cité devient la tête de pont de la traite des fourrures en raison de sa position géographique privilégiée. Les bouleversements politiques du XVIIIe siècle, l'aménagement de son port, la révolution industrielle et celle des transports au cours du XIXe siècle font du Vieux-Montréal le cœur de la métropole industrielle et financière du Canada et la vitrine du capitalisme canadien. Le déclin du Vieux-Montréal s'amorce toutefois au tournant du XXe siècle et s'accentue à la suite de la Seconde Guerre mondiale. Après une période de quasi-abandon de la fonction résidentielle, on pose un nouveau regard sur ce lieu d'histoire. Au fil des ans, les efforts conjugués de mise en valeur urbaine ont fait de ce territoire un important pôle culturel, social et touristique de la ville de Montréal.

Le site patrimonial présente aussi un intérêt pour sa valeur urbanistique. La trame et le lotissement de ce lieu conserve ses caractéristiques des XVIIe et XVIIIe siècles, notamment les traces de la ville coloniale fortifiée, malgré l'évolution du cadre bâti. La trame urbaine s'est développée principalement en trois étapes. Le sulpicien François Dollier de Casson (1636-1701) trace les premières rues en 1672 avec l'aide du notaire-arpenteur Bénigne Basset Des Lauriers (v. 1639-1699). Le territoire s'organise alors autour de trois rues parallèles au fleuve et de sept rues perpendiculaires qui forment un plan plus ou moins orthogonal. Les ordonnances des intendants définissent ensuite les rapports entre la rue et les bâtiments et déterminent notamment l'alignement des constructions. Enfin, le Plan des commissaires, élaboré en 1804, marque la trame par l'aménagement d'une terrasse le long du fleuve, l'agrandissement du Champ-de-Mars et la création de voies plus larges. Le site est donc un bon exemple de préservation d'une trame urbaine ancienne.

Le site patrimonial présente également un intérêt pour sa valeur architecturale. Les bâtiments, dont certains ont été construits au XVIIe siècle, témoignent de ses différentes fonctions et de ses mutations. Les immeubles les plus anciens - habitations et édifices conventuels - qui datent de l'époque de la Nouvelle-France présentent une maçonnerie en pierre et des toits à pignon. Les nombreux édifices d'inspiration classique du Régime britannique sont caractérisés, entre autres, par la pierre calcaire grise. L'architecture éclectique du XIXe siècle s'observe dans les édifices à bureaux, banques, sièges sociaux de compagnies d'assurances et palais de justice. Le site compte enfin quelques bâtiments d'intérêt du XXe siècle, notamment des édifices art déco, rationalistes et fonctionnalistes.

Le site patrimonial présente en outre un intérêt pour sa valeur archéologique. La situation et la topographie du site ont favorisé de multiples établissements à cet endroit depuis 3 000 ans, et l'archéologie permet de se représenter les anciens paysages et de comprendre l'évolution du lieu. Les vestiges amérindiens témoignent des activités de chasse et de pêche et de l'utilisation du lieu pour des foires commerciales au cours de la préhistoire. Quant aux vestiges euroquébécois, ils permettent de retracer les diverses occupations commerciale, religieuse, militaire, institutionnelle, industrielle, domestique, artisanale et agricole depuis le XVIIe siècle.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2004.


Éléments caractéristiques

Les éléments clés du site patrimonial de Montréal liés à ses valeurs historique, urbanistique, architecturale et archéologique comprennent, notamment:
- la situation stratégique dans la ville de Montréal, dans un quadrilatère comprenant l'ancienne ville fortifiée, le secteur de la pointe à Callière et le Vieux-Port, le long du fleuve Saint-Laurent, en aval des rapides de Lachine;
- la richesse archéologique permettant de retracer l'occupation humaine depuis 3 000 ans, de se représenter les anciens paysages et de comprendre l'évolution du lieu;
- les portions intactes offrant un potentiel archéologique;
- les grandes fonctions urbaines représentées (fonctions résidentielle, commerciale, religieuse, militaire, institutionnelle, industrielle, domestique, artisanale et agricole);
- le réseau viaire plus ou moins orthogonal;
- les étroites voies publiques parallèles ou perpendiculaires au fleuve telles que tracées par Dollier de Casson;
- les trois artères plus importantes (rues de la Commune, Saint-Antoine et McGill) bordant le site au sud, au nord et à l'ouest et découlant du Plan des commissaires;
- l'alignement des bâtiments par rapport à la voie publique;
- la haute densité d'occupation du sol;
- la mitoyenneté des constructions;
- l'aménagement de cours ou de courettes intérieures dans certains secteurs;
- le retrait par rapport à la rue de certains édifices administratifs et publics;
- la relation entre le lot et la rue se manifestant par la présence de marches, de portes cochères, de grilles, de servitudes de passage et de plusieurs entrées, à savoir une sur chaque façade donnant sur la rue;
- les places du Régime français, transformées en squares au XIXe siècle, puis dans certains cas reconfigurées au XXe siècle;
- le corpus architectural riche et diversifié associé à plusieurs époques de construction, du Régime français au XXe siècle;
- les gabarits hétérogènes, très variables tout particulièrement quant à la hauteur;
- l'utilisation de matériaux traditionnels marquée par une prédominance de la pierre calcaire grise jusqu'en 1850, puis par une grande variété de types de pierre;
- la présence de bâtiments du Régime français présentant des structures généralement basses (un ou deux étages), des toitures à deux versants ou à croupes de pente moyenne, des murs de moellons grossièrement équarris, des cheminées dans la continuité des murs pignons, des murs coupe-feu et des fenêtres en bois à battants et à petits carreaux;
- la forte proportion de bâtiments du Régime britannique d'inspiration classique se distinguant par l'emploi de la pierre de taille, la composition symétrique des façades, le rappel des ordres classiques (dorique, ionique, corinthien), les frontons et les chaînages d'angle;
- l'empreinte de l'architecture éclectique du XIXe siècle, visible notamment dans les bâtiments commerciaux, industriels, institutionnels et les édifices à bureaux, reconnaissables à leur structure mixte de bois, de fonte et de pierres, leurs larges baies, leur toit plat, leur corniche épaisse, débordante et souvent très ornementée et l'emploi de la brique rouge;
- plusieurs bâtiments du XXe siècle notamment des édifices art déco, rationalistes et fonctionnalistes;
- la richesse de l'ornementation et de la sculpture associées aux édifices prestigieux de la fin du XIXe et du début du XXe siècle.

Le site patrimonial de Montréal est déclaré en 1964. Ses limites sont agrandies en 1995 afin d'englober les anciennes fortifications.


Informations historiques

Le site patrimonial de Montréal est le berceau de l'actuelle métropole économique et culturelle du Québec. Ce territoire conserve les traces de son évolution, depuis la petite ville coloniale jusqu'à aujourd'hui.

Ce lieu est fréquenté par les Amérindiens depuis la préhistoire. Plusieurs sites archéologiques en témoignent. C'est en 1642 que Ville-Marie, d'abord établissement missionnaire, est fondée par l'officier Paul de Chomedey de Maisonneuve (1612-1676). De grandes communautés religieuses s'y installent, notamment les Sulpiciens, qui deviennent les seigneurs de l'île en 1663. Leur supérieur, François Dollier de Casson (1636-1701), tracera les premières rues.

Entre 1685 et 1800, Montréal est une ville fortifiée, et l'enceinte fixe la forme de la cité. Au XVIIe siècle, elle devient la tête de pont de la traite des fourrures en raison de sa position géographique privilégiée. La Grande Paix de 1701 conclue entre les Français, les Iroquois et une trentaine d'autres nations autochtones augmente le commerce des fourrures et assure le peuplement. La trame se densifie. L'organisation de la ville est déterminée par les ordonnances des intendants qui définissent les rapports entre les voies publiques et les bâtiments. La pierre est alors le matériau privilégié pour les nouvelles constructions.

À compter de 1800, Montréal devient la principale ville des deux Canadas. Les bouleversements politiques du XVIIIe siècle, dont la Conquête et l'Indépendance américaine, engendrent une importante croissance de la population, stimulée par l'immigration. Aussi, le commerce se diversifie-t-il. Des marchands dynamiques engagés dans l'import-export remplacent les magnats de la traite des fourrures. Le visage de Montréal change. Les maisons en bois des artisans font place aux résidences et édifices en pierre d'inspiration néoclassique. Comme suite à la démolition des fortifications, entre 1801 et 1817, le gouvernement demande à trois commissaires d'élaborer un plan pour mettre en valeur les espaces libérés. Ceux-ci aménagent une terrasse le long du fleuve, agrandissent le Champ-de-Mars et créent des voies plus larges.

Au cours des décennies suivantes, Montréal se développe rapidement et déborde des limites de l'ancienne cité fortifiée. La ville profite alors de la formidable expansion du commerce, de l'aménagement de son port, de la révolution industrielle et du progrès dans les modes de transport (chemin de fer et navires à vapeur) pour accéder au rang de métropole industrielle et financière du Canada. Quant à la vieille ville, elle se transforme en une cité financière et administrative, véritable vitrine du capitalisme canadien. Cet âge d'or laisse plusieurs traces. Des édifices à bureaux, banques, sièges sociaux de compagnies d'assurances, entrepôts et palais de justice sont alors construits avec un grand éclectisme stylistique.

À la suite de la Seconde Guerre mondiale, Montréal perd progressivement son rôle de métropole du Canada au profit de Toronto. Le centre des activités économiques déménage au nord-ouest de la ville historique, où il continue de se développer. Durant la seconde moitié du XXe siècle, l'activité portuaire est déplacée plus à l'est, libérant le littoral qui sera aménagé en parc urbain. Ces mutations favorisent le retour de la fonction résidentielle dans des édifices que l'on recycle. Le Vieux-Montréal demeure néanmoins le siège des administrations civile et judiciaire et de certaines activités financières. Un nouveau regard est alors posé sur ce lieu d'histoire. Sa préservation et sa mise en valeur deviennent prioritaires. Progressivement, le Vieux-Montréal se transforme en un important pôle culturel, social et touristique, où cohabitent harmonieusement des témoins éloquents de l'évolution de la ville.
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Notices bibliographiques :
AUGERON, Mickaël, dir., Dominique GUILLEMET, dir., Alain ROY, dir. et Marc ST-HILAIRE, dir. Les traces de la Nouvelle-France au Québec et en Poitou-Charentes. Québec, Les Presses de l'Université Laval, 2008. 308 p.
Comité de travail sur l'identité historique du Vieux-Montréal. Vieux-Montréal : la cité. Une identité façonnée par l'histoire. Montréal, Ministère de la Culture et des Communications / Société de développement de Montréal, 1996. 52 p.
Continuité. No 50 (1991).
FORGET, Madeleine, dir. et Gilles LAUZON, dir. L'histoire du Vieux-Montréal à travers son patrimoine. Québec, Les Publications du Québec, 2004. 292 p.
LAUZON, Gilles. « Visages historiques du Vieux-Montréal. Une cité du Nouveau-Monde ». Continuité. No 50 (1991), p. 16-23.
LINTEAU, Paul-André. Brève histoire de Montréal. Montréal, Boréal, 1992. 165 p.
LINTEAU, Paul-André. Histoire de Montréal depuis la Confédération. Montréal, Les Éditions du Boréal, 2000. 627 p.
LINTEAU, Paul-André. « Montréal ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
MARSAN, Jean-Claude. « Arrondissement historique de Montréal ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome II. Québec, Les Publications du Québec, 1991, p. 15-31.
MARSAN, Jean-Claude. Montréal en évolution: historique du développement de l'architecture et de l'environnement urbain montréalais. Laval, Méridien, 1994. 515 p.
MERRETT, Brian et François RÉMILLARD. Architecture de Montréal : guide des styles et des bâtiments. Montréal, Éditions du Méridien, 1990. 222 p.
ROCHERS, Jacques. Cadre d'intervention. Connaître, préserver et mettre en valeur l'Arrondissement historique de Montréal. Montréal, Ministère de la Culture et des Communications, 2001. 62 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Site patrimonial de Percé



Site patrimonial de Percé

Le site patrimonial de Percé est un territoire à caractère naturel, d'une superficie approximative de 40 kilomètres carrés. Il comprend l'amphithéâtre naturel de Percé, qui se compose du mont Sainte-Anne, du mont Blanc, du littoral depuis le pic de l'Aurore jusqu'au cap Blanc et du village. Il englobe aussi un espace maritime incluant le rocher Percé et l'île Bonaventure, le littoral de La Malbaie depuis la pointe des Cannes de Roches jusqu'au pic de l'Aurore ainsi qu'une zone à l'intérieur des terres située à l'ouest des deux monts. Le site patrimonial fait partie de la chaîne des Appalaches, à laquelle il doit son relief accidenté et ses nombreux phénomènes géomorphologiques spectaculaires, dont plusieurs ont été sculptés par la mer.

L'amphithéâtre naturel de Percé est dominé par le mont Sainte-Anne et le mont Blanc. Ces deux monts s'élèvent à plus de 350 m d'altitude et leurs pentes sont en grande partie boisées. La côte y est définie, du nord au sud, par le pic de l'Aurore, les Trois Sœurs, le cap Barré, l'anse du Nord, le mont Joli (qui est en fait un cap), le cap Canon, la baie de Percé et le cap Blanc. Trois routes principales traversent le site patrimonial de Percé: la route 132 qui longe le littoral et dont un segment est surnommé la côte de la Surprise, la route des Failles qui contourne les monts au sud et à l'ouest ainsi que la route d'Irlande. Le village linéaire, pris entre la mer et la montagne, s'adapte au relief. Le site patrimonial comprend diverses traces d'occupation, dont plus de 300 bâtiments participant à son harmonie naturelle, parmi lesquels se trouvent des structures liées à l'industrie de la pêche, des maisons bourgeoises et villageoises ainsi que des résidences de villégiature.

L'espace maritime, d'une étendue d'environ 25 kilomètres carrés, constitue la portion orientale du site patrimonial. Il est marqué par deux formations naturelles spectaculaires, soit le rocher Percé et l'île Bonaventure. Long de 471 m et haut de 75 à 88 m, le rocher Percé est distant de quelque 200 m du mont Joli. Pour ce qui est de l'île Bonaventure, d'un diamètre de plus de deux kilomètres, elle émerge à environ trois kilomètres de la baie de Percé.

Le site patrimonial de Percé est situé sur une pointe à l'extrémité est de la péninsule gaspésienne. Cinq sites inscrits à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec sont associés au lieu.

Le site patrimonial de Percé, déclaré en 1973, est un territoire à caractère naturel, villageois et touristique d’une superficie de 40 kilomètres carrés.


Valeur patrimoniale

Le site patrimonial de Percé présente un intérêt pour sa valeur paysagère. La singularité de ce territoire en bordure du golfe du Saint-Laurent est redevable à l'amphithéâtre naturel; au spectaculaire rocher Percé; à l'île Bonaventure, avec ses falaises habitées durant la saison estivale par une imposante colonie de fous de Bassan; ainsi qu'à ses falaises rougeâtres, qui offrent des panoramas remarquables et constituent des points de repère exceptionnels. De plus, l'amphithéâtre inclut un milieu bâti linéaire qui s'intègre de façon respectueuse au cadre naturel de Percé. Détachées et dispersées dans le paysage, les constructions sont de faible gabarit, de couleurs pâles et faites de matériaux naturels. Le cadre bâti reflète les activités distinctives du lieu. Percé compte plusieurs bâtiments associés aux activités ayant marqué son paysage, principalement la pêche. Le commerce de la pêche se reflète notamment dans le complexe Charles-Robin, l'un des plus remarquables en Gaspésie, ainsi que dans les petites maisons de pêcheurs construites au cours des XIXe et XXe siècles, dont la maison Donahue. Le site patrimonial est aussi caractérisé par quelques beaux exemples de résidences de villégiature bourgeoises, dont les plus anciennes remontent à la fin du XIXe siècle, par exemple la villa Frederick-James, ou aux premières décennies du siècle suivant, comme le manoir Shearson. Quant aux maisons villageoises du début du XXe siècle, telles que celle située au 38, rue de l'Église, elles s'intègrent à l'harmonie naturelle de lieux grâce à leur environnement paysager exceptionnel.

Le site patrimonial de Percé présente aussi un intérêt pour sa valeur emblématique.
Pendant la préhistoire, il est vraisemblablement fréquenté par les Amérindiens. Le site patrimonial est connu des morutiers européens qui pêchent dans le golfe du Saint-Laurent et mouillent dans ses anses depuis le milieu du XVIe siècle. Le havre naturel formé par ces anses constitue un lieu recherché pour l'établissement de leurs centres d'activité. Dès les premières explorations européennes, la configuration particulière du site, entre autres celle du rocher Percé, retient l'attention. Elle fait l'objet de descriptions, notamment par Samuel de Champlain en 1603. En 1780, l'homme d'affaires jersiais Charles Robin met en place le principal poste de pêche de sa compagnie à Percé. Plusieurs témoins de cet établissement subsistent aujourd'hui dans la baie de Percé. Le village de Percé, qui devient l'un des plus importants centres de pêche de l'Est du Canada au cours du XIXe siècle, symbolise l'âge d'or du commerce de la morue séchée en Gaspésie. Au cours du XXe siècle, Percé devient un lieu touristique renommé qui se distingue pour ses attraits naturels pittoresques. Le rocher Percé, l'amphithéâtre naturel formé par les flancs du mont Sainte-Anne et du mont Blanc, l'île Bonaventure, le littoral sculpté par la mer créant une farandole de caps et d'anses ainsi que le village blotti au pied de la montagne et ouvert sur la mer illustrent le lien indissociable entre la mer, la terre et le milieu bâti. Percé attire aussi les artistes. Le peintre américain Frederick James (1845- 1907) s'y établit à partir de 1888, et d'autres viennent y séjourner, dont Paul-Émile Borduas et Kittie Bruneau (1929). L'intellectuel français André Breton (1896-1966) y fait également un séjour à l'été 1944. Les paysages de Percé sont au cœur de plusieurs œuvres picturales depuis le XVIIIe siècle, une gravure de Hervey Smyth datée de 1760 en est un bel exemple. De nos jours, le site patrimonial constitue une image emblématique de la Gaspésie et de l'Est du Québec.

Source : Ministère de la Culture et des Communications, 2017.


Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du site patrimonial de Percé liés à ses valeurs paysagère et emblématique comprennent, notamment:
- sa situation sur une pointe de terre à l'extrémité est de la péninsule gaspésienne;
- l'amphithéâtre naturel comportant le mont Sainte-Anne et le mont Blanc, le littoral depuis le pic de l'Aurore au nord jusqu'au cap Blanc au sud ainsi que le village linéaire, pris entre la mer et la montagne;
- les composantes de l'espace maritime, dont le rocher Percé et l'île Bonaventure;
- la série de falaises, de caps et de criques découpant le paysage du littoral de la Malbaie depuis la pointe des Cannes-de-Roches jusqu'au pic de l'Aurore;
- la couleur rougeâtre de la roche calcaire formant le rocher Percé, l'île Bonaventure, le mont Sainte-Anne et certaines falaises;
- les traces du XVIe siècle, dont les terrains défrichés du littoral dans le village;
- les traces des XIXe et XXe siècles, dont le parcours de la route 132 et de la rue Saint-Michel (menant à l'ensemble religieux catholique situé sur un promontoire au centre du village) ainsi que d'une partie de la rue Mont-Joli, les lots de forme et de superficie variables alignés perpendiculairement à la route, le secteur du quai marqué par l'exploitation commerciale de la pêche, la rue de l'Église et le secteur du mont Joli marqués par la villégiature, le paysage rural de la route d'Irlande, de même que les constructions rattachées à la pêche sur l'île Bonaventure;
- les cinq sites inscrits à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec;
- les témoins de l'architecture vernaculaire gaspésienne, constitués de bâtiments simples et sobres (plan rectangulaire et toit à deux versants droits) en bois (parements en planches à clins ou en bardeaux de cèdre et couverture en bardeaux de cèdre), peints en blanc (murs) et rouge (détails architecturaux), dont les petites maisons de pêcheurs à un étage et demi;
- les témoins des pêcheries en bordure des berges, dont l'ensemble de la Charles Robin and Company dans le noyau villageois (l'ancien chafaud, la neigère, la saline, la cantine, l'ancien réfectoire et dortoir ou Bell House, l'ancien centre administratif Charles-Robin ou maison du Pirate et la grange Charles-Robin), l'ancien entrepôt et usine de transformation du poisson du secteur de l'anse du Nord ainsi que les bâtiments de la compagnie Le Boutillier Brothers sur l'île Bonaventure tel l'ancien entrepôt de poissons;
- les témoins de l'architecture résidentielle bourgeoise du tournant du XXe siècle, dont la maison Rouge, la maison Garneau, la maison Tuzo, le cottage Guernesey et la maison Le Boutillier;
- les témoins de l'architecture de villégiature bourgeoise, dont l'ancienne annexe de l'hôtel Perce Rock House, la maison Biard, la villa Frederick-James ainsi que des villas sises sur la route Valpy;
- les témoins de l'architecture résidentielle américaine, dont les maisons villageoises aux volumes cubiques à deux étages, coiffées d'un toit en pavillon, à croupes ou mansardé;
- les témoins de l'architecture religieuse, dont l'ensemble de tradition catholique situé sur un promontoire au centre du village, formé de l'église Saint-Michel-de-Percé (en pierre locale), de son presbytère et de son cimetière, ainsi que l'église anglicane Saint-Paul et son cimetière occupant un emplacement plus isolé;
- les témoins des activités d'enseignement, dont l'ancienne académie commerciale et l'ancienne école anglaise;
- les témoins des activités agricoles, dont la ferme Birmingham et la maison Furlong;
- les témoins des activités commerciales, dont l'ancien magasin général de la compagnie Charles-Robin et le magasin général J. E. Boulanger;
- les témoins des activités maritimes, dont le phare du cap Blanc.



Informations historiques

Le site patrimonial de Percé se trouve dans une région vraisemblablement fréquentée par quelques groupes amérindiens depuis près de 6000 ans. À l'arrivée des Européens, au début du XVe siècle, les Innus utilisent pleinement les ressources du territoire de la Gaspésie. Ils se rendent à Percé pour y faire la traite des fourrures avec les Français. Vers 1750, les Micmacs, un groupe algonquien qui vit principalement des ressources de la mer sont toujours présents dans la région.

À partir de la toute fin du XVe siècle, les grands explorateurs européens découvrent les littoraux et les bancs de poissons du golfe du Saint-Laurent et des provinces maritimes canadiennes. Des pêcheurs provenant particulièrement de la France, du Portugal et de l'Espagne viennent pêcher la morue.

En 1603, Samuel de Champlain (1574-1635) est le premier à décrire, dans ses récits de voyage, « l'île Percée ». En 1672, l'intendant Jean Talon (1626-1694) octroie la seigneurie de l'île Percée à Pierre Denys de La Ronde (1631-1708) et à deux autres associés. Les trois seigneurs feront de Percé un établissement permanent, fondé essentiellement pour ses ressources de pêche.

L'établissement de Percé est détruit par les troupes anglaises de sir William Phips (1651-1695), en 1690, et par celles du général James Wolfe (1727-1759), en 1758.

Vers 1776, le Jersiais Charles Robin (1743-1823) établit à Percé le plus important poste de pêche de son entreprise, la Robin, Pipon and Company, qui deviendra la Charles Robin and Company. Le développement de Percé reprend alors. En 1845, la compagnie jersiaise Le Boutillier Brothers occupe l'île Bonaventure. Celle-ci accueille des activités de pêche depuis l'instauration du Régime anglais. C'est dans ce contexte que Percé devient, au XIXe siècle, l'un des principaux centres de pêche de l'Est du Canada.

Au tournant du XIXe siècle, la population s'organise et développe le territoire. La paroisse catholique de Saint-Michel-de- Percé est fondée en 1801 et, au début des années 1820, un premier temple anglican est érigé sur le cap Canon. L'actuelle église de Saint-Michel-de-Percé est construite de 1900 à 1903.

Le golfe du Saint-Laurent, la plus ancienne voie de communication du site patrimonial, est le seul moyen d'atteindre la région jusqu'à la construction d'une voie ferrée en 1911. La route 132, aménagée le long du littoral gaspésien, sera achevée en 1928.

À partir des années 1870, le commerce de la pêche à la morue décline progressivement. En 1919, le gouvernement du Canada déclare le rocher Percé et les falaises nord-est de l'île Bonaventure « refuge d'oiseaux migrateurs ». Par conséquent, les activités de pêche y cessent.

Devant la transformation rapide de Percé à partir des années 1950, le gouvernement du Québec prend les moyens pour assurer la préservation de ses caractéristiques naturelles. En
1971, il accorde à l'île Bonaventure le statut de « réserve naturelle ». Le 29 août 1973, il déclare l'arrondissement naturel de Percé en vertu de la Loi sur les biens culturels. Il s'agit du premier arrondissement naturel à être déclaré. Le statut de réserve naturelle est ensuite donné au rocher Percé, en 1974.

Le parc national de l'Île-Bonaventure-et-du-Rocher-Percé est créé en 1985 en vertu de la Loi sur les parcs. D'une superficie de 5,8 km2, son territoire inclut quelques anciennes propriétés de la Charles Robin and Company dans le village de Percé. Ce lieu est le parc national québécois présentant le plus important parc immobilier patrimonial au Québec, avec plus de 20 bâtiments. La plupart d'entre eux ont d'ailleurs été restaurés depuis 2000.

Durant la saison estivale, le site patrimonial de Percé continue d'accueillir de nombreux touristes attirés par ses attraits naturels remarquables.
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Notices bibliographiques :
BERGERON, Claude. Protection et mise en valeur du patrimoine de l'arrondissement naturel de Percé. Vol. 1. Québec, Bergeron Gagnon, 1991. s.p.
BERGERON, Claude. Protection et mise en valeur du patrimoine de l'arrondissement naturel de Percé. Vol. 2. Québec, Bergeron Gagnon, 1991. s.p.
BERGERON, Claude. Protection et mise en valeur du patrimoine de l'arrondissement naturel de Percé. Vol. 3. Québec, Bergeron Gagnon, 1991. s.p.
BERGERON, Claude. Protection et mise en valeur du patrimoine de l'arrondissement naturel de Percé. Vol. 4. Québec, Bergeron Gagnon, 1991. s.p.
BOUCHER, Benoît et Jean-Louis LEBREUX. Arrondissement naturel de Percé : Circuit patrimonial-architecture. s.l. Ville de Percé, s.d. 18 p.
Commission des biens culturels du Québec. Étude de caractérisation de l'arrondissement naturel de Percé. Québec, Commission des biens culturels du Québec, 2006. 76 p.
Commission des biens culturels du Québec. Répertoire des motifs des biens classés et reconnus (document interne). Québec, 2003. s.p.
DESJARDINS, Marc et al. Histoire de la Gaspésie. Les Régions du Québec, 1. Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1999. 795 p.
LEBREUX, Jean-Louis. Patrimoine architectural : arrondissement naturel de Percé. Percé, Ville de Percé, 1997. 46 p.
LIZOTTE, Sylvain, dir. Plan de conservation du site patrimonial de Percé. Québec, Ministère de la Culture et des Communications, 2017. 64 p.
Le document intitulé Site patrimonial de Percé. Plan de conservation dans la section Documents en fait partie.
MORIN, Euchariste. « Arrondissement historique ». Commission des biens culturels du Québec. Les chemins de la mémoire. Monuments et sites historiques du Québec. Tome I. Québec, Les Publications du Québec, 1990, s.p.
Patri-Arch. Inventaire du patrimoine bâti de l'arrondissement naturel de Percé. s.l. s.m.e., 2005. s.p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Site patrimonial de Sillery



Site patrimonial de Sillery

Le site patrimonial de Sillery couvre un territoire à caractère résidentiel et institutionnel. Il se distingue, entre autres, par son patrimoine bâti et paysager représentatif de toutes les périodes de son développement depuis le Régime français. Ce territoire linéaire d'environ trois kilomètres et demi se divise en trois zones principales, soit la terrasse fluviale, l'escarpement et le sommet de l'escarpement. Il est ponctué de nombreux boisés, de prairies et d'arbres matures isolés.

Le site comprend environ 350 bâtiments. Sur la terrasse fluviale du fleuve Saint-Laurent subsistent la maison des Jésuites-de-Sillery, témoin des premières occupations, et des maisons ouvrières du XIXe siècle parsemées le long du chemin du Foulon. L'église Saint-Michel, son presbytère ainsi qu'un noyau de maisons ouvrières sont regroupés dans le secteur de la côte de Sillery. Sur le sommet de l'escarpement, entre le chemin Saint-Louis au nord et l'escarpement au sud, se trouvent de luxueuses villas, dont plusieurs ont été construites pour les barons du bois au XIXe siècle, et des propriétés institutionnelles remontant au tournant du XXe siècle.

Enclavé dans un milieu aujourd'hui fortement urbanisé, le site patrimonial de Sillery conserve de nombreux boisés, qui forment notamment deux axes continus le long du chemin Saint-Louis et de l'escarpement. Ces boisés s'ajoutent à ceux des domaines privés et institutionnels, à ceux des cimetières Mount Hermon et Saint-Patrick ainsi qu'aux prairies pour constituer une importante réserve d'espaces verts.

Le site patrimonial, qui se trouve dans l'arrondissement municipal de Sainte-Foy-Sillery-Cap-Rouge de la ville de Québec, est approximativement délimité par l'avenue De Laune à l'est, la côte à Gignac à l'ouest, le chemin Saint-Louis et la Grande Allée Ouest au nord ainsi que la ligne de basse marée du fleuve Saint-Laurent et la cime de l'escarpement au sud.

Ce bien est déclaré site patrimonial. Il comporte des biens patrimoniaux classés et huit sites inscrits à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec. Il possède également un potentiel archéologique qui résulte de la présence amérindienne et euroquébécoise.

Le site patrimonial de Sillery, déclaré en 1964, couvre un territoire à caractère résidentiel et institutionnel ponctué de nombreux boisés.

Il se distingue, entre autres, par son patrimoine bâti et paysager représentatif de toutes les périodes de son développement depuis le Régime français. On y retrouve à la fois un noyau de maisons ouvrières, de luxueuses villas, dont plusieurs ont été construites pour les barons du bois au XIXe siècle, ainsi que des propriétés des communautés religieuses. Ce territoire linéaire d’environ trois kilomètres et demi se divise en trois zones principales, soit la rive du fleuve Saint-Laurent, la falaise et le promontoire dominé par le clocher de l’église de Saint-Michel.



Valeur patrimoniale

Le site patrimonial de Sillery présente un intérêt pour sa valeur historique. Ce territoire se caractérise par l'ancienneté de son occupation et la diversité des activités qui s'y sont succédé. Depuis la période de la préhistoire, des groupes amérindiens fréquentent ce territoire. Dès 1637, les Jésuites s'établissent dans l'anse Saint-Joseph pour sédentariser et christianiser les Amérindiens qui y pratiquent la pêche. Au cours des années suivantes, les terres sont concédées en fief et seigneurie. À la suite du blocus continental imposé par la France à la Grande-Bretagne en 1806, l'occupation du territoire s'accentue. Grâce à ses anses abritées, Sillery devient un lieu important pour le commerce du bois et pour la construction navale. Sur les hauteurs, les barons du bois et les notables britanniques se font construire de luxueuses villas, tandis que près des anses apparaissent des habitations ouvrières. Avec le déclin du commerce du bois, les grands domaines sont acquis par les communautés religieuses entre 1869 et 1947. De nos jours, le patrimoine bâti et paysager, plusieurs sites archéologiques et de nombreux éléments de l'aménagement urbain témoignent de la riche histoire du lieu.

Le site patrimonial présente un intérêt pour sa valeur paysagère. Ses composantes, exceptionnelles en milieu urbain, permettent de retracer le passé de Sillery. Ainsi, les limites de certaines propriétés et le tracé du chemin du Foulon et de la côte de Sillery illustrent les premiers établissements et le découpage des terres sous le Régime français. Le secteur du village-rue du chemin du Foulon, celui de la pointe à Puiseaux et la partie sud du secteur Bergerville évoquent par la densité des habitations la réalité ouvrière de l'ère des anses à bois. Les grands domaines boisés, aménagés sur le sommet de l'escarpement dans l'esprit du courant pittoresque, constituent le trait dominant du paysage. Grâce à eux, le site patrimonial constitue un espace vert unique avec ses boisés, ses prairies, ses parterres d'apparat et ses arbres matures isolés. Situés sur d'anciennes grandes propriétés, les cimetières constituent également une composante majeure du site patrimonial avec leurs aménagements qui permettent un dialogue entre les boisés, les espaces libres et gazonnés, les bâtiments et les monuments. L'image emblématique du site est formée par l'église Saint-Michel, située à mi-pente dans la côte de Sillery, et par l'escarpement boisé.

Le site patrimonial présente un intérêt pour sa valeur architecturale. Le cadre bâti se compose de quelques constructions du Régime français, de maisons ouvrières du XIXe siècle, de villas bourgeoises du XIXe siècle et d'édifices institutionnels du XXe siècle. Les bâtiments du Régime français, dont la maison des Jésuites-de-Sillery est le meilleur exemple, se caractérisent par leur corps de logis de pierre bas et peu dégagé du sol. Dans les secteurs à plus forte densité, les maisons ouvrières comportent un ou deux étages et présentent un plan simple et des dimensions réduites. Les villas bourgeoises s'inscrivent quant à elles dans les courants de l'architecture néoclassique et pittoresque. Elles se distinguent par leur implantation sur de vastes terrains paysagers, par leur corps de logis de moyennes ou grandes dimensions et par leur ornementation souvent élaborée. Les communautés religieuses, qui ont acquis ces propriétés bourgeoises au tournant du XXe siècle, y ont érigé des édifices institutionnels à trois ou quatre niveaux, souvent en brique. Cette architecture institutionnelle est enrichie par l'aménagement de plusieurs monuments commémoratifs et religieux ainsi que de lieux de repos et de recueillement. La valeur architecturale du site est aussi caractérisée par l'église de Saint-Michel, construite en grès de 1852 à 1854. Cette église est l'un des premiers lieux de culte d'une architecture néogothique dans la région de Québec.

Source : Ministère de la Culture et des Communications du Québec, 2013.


Éléments caractéristiques

Les éléments clés du site patrimonial de Sillery liés à ses valeurs historique, paysagère et architecturale comprennent, entre autres:
- sa situation le long du fleuve Saint-Laurent, dans l'arrondissement municipal de Sainte-Foy-Sillery de la ville de Québec;
- la prédominance des fonctions résidentielle et institutionnelle;
- les sites archéologiques amérindiens et euroquébécois connus, parmi lesquels les vestiges d'une mission amérindienne, d'un ancien hôpital et d'un moulin à vent;
- le potentiel archéologique encore enfoui dans le sol;
- les caractéristiques liées aux établissements et au découpage des terres sous le Régime français, dont les limites de certaines propriétés perpendiculaires au fleuve Saint-Laurent ainsi que les tracés du chemin du Foulon sur la bande riveraine, du chemin Saint-Louis et de la côte de Sillery délimitant le fief de Saint-Michel et la seigneurie de Sillery;
- les caractéristiques liées au commerce du bois et à la construction navale au XIXe siècle, dont les d'habitations ouvrières du secteur du village-rue du chemin du Foulon, celui de la pointe à Puiseaux et la partie sud du chemin Saint-Louis du secteur Bergerville;
- les caractéristiques liées aux marchands de bois, dont les grands domaines aménagés dans l'esprit du courant pittoresque et ponctués de boisés, illustrés par le domaine Cataraqui, le parc du Bois-de-Coulonge, les propriétés des communautés religieuses ainsi que les cimetières Mount Hermon et Saint-Patrick;
- les boisés formant deux axes continus le long du chemin Saint-Louis et de l'escarpement;
- l'image emblématique du site, constituée par l'église Saint-Michel, située à mi-pente dans la côte de Sillery, et par l'escarpement boisé;
- les multiples points d'observation sur les environs et notamment les percées visuelles et les panoramas remarquables à partir de la terrasse fluviale et du sommet de l'escarpement;
- la présence de bâtiments d'inspiration française caractérisés par un corps de logis de pierre bas et peu dégagé du sol ainsi qu'un toit à versants droits;
- la densité d'occupation des secteurs ouvriers et la présence de maisons ouvrières caractérisées par une élévation d'un ou deux étages, un plan simple, des dimensions réduites, un toit à deux versants ou mansardé et une ornementation dépouillée;
- la présence de villas bourgeoises caractérisées par leur implantation sur de vastes terrains paysagers, leur architecture d'inspiration néoclassique et pittoresque, leur corps de logis de moyennes ou grandes dimensions ainsi que leur ornementation souvent élaborée;
- la présence de grands édifices institutionnels à trois ou quatre étages sur de vastes terrains paysagers.



Informations historiques

Différents groupes amérindiens ont fréquenté le secteur du site patrimonial depuis des milliers d'années. Lors des premiers contacts entre les Européens et les Amérindiens dans la région de Québec, des groupes algonquiens fréquentent l'anse Kamiskoua Ouangachit pour y pratiquer la pêche. En 1637, bénéficiant de l'aide du prêtre Noël Brulart de Sillery (1577-1640), les missionnaires jésuites s'installent dans cette anse nommée Saint-Joseph, en espérant ainsi évangéliser et sédentariser les Amérindiens. En 1640, les Augustines de la Miséricorde de Jésus établissent un hôpital à proximité de l'anse.

À partir de 1651, le territoire de l'actuel site patrimonial est subdivisé en fief et seigneurie. La seigneurie de Sillery est composée des terres des Jésuites et des Amérindiens et de l'ancienne terre des Augustines, qui devient l'arrière-fief de Monceaux. À l'est, les terres du Cap-aux-Diamants se composent du fief de Saint-Michel, du fief et châtellenie de Coulonge et de la terre de Saint-Denys. À la fin du Régime français, ces terres sont la propriété du Séminaire de Québec, des Jésuites et de la famille Ruette d'Auteuil.

Au lendemain de la guerre de Sept Ans (1756-1763), le Séminaire de Québec vend quelques-unes de ses terres à des fonctionnaires et militaires du gouvernement britannique, dont James Murray (1721/1722-1794), premier gouverneur britannique de Québec. Ayant servi de refuge et d'hôpital aux soldats américains pendant le siège de Québec en 1775-1776, la maison de Samos, agrandie et rénovée, est nommée Woodfield. En 1780, le général Henry Watson Powell (1733-1814) fait construire sa demeure, nommée Powell Place, sur l'ancienne terre Belleborne. Malgré l'achat d'une partie des propriétés des Jésuites et du Séminaire de Québec par l'élite locale, le territoire demeure agricole jusqu'à la fin du XVIIIe siècle.

Les anses de Sillery s'animent à la suite du blocus continental imposé par Napoléon Bonaparte (1769-1821) à la Grande-Bretagne en 1806. Coupés de ses sources d'approvisionnement traditionnelles en mer Baltique, les Britanniques se tournent alors vers leurs colonies pour se fournir en bois équarri. Les grandes propriétés de Sillery sont peu à peu occupées par des marchands de bois et des constructeurs de navires, qui établissent leurs chantiers en contrebas de leur propriété érigée sur le sommet de l'escarpement.

En 1815, le manoir Kilmarnock domine le chantier naval McNider. La résidence Powell Place est renommée Spencer Wood et l'année suivante, le domaine Woodfield est agrandi jusqu'à la limite de l'ancien fief de Saint-Michel. Entre 1830 et 1850, le domaine seigneurial de Sillery est divisé en vastes propriétés (Beauvoir, Clermont, Cataraqui, Benmore et Sous-les-Bois).

Au pied des grandes propriétés, les chantiers attirent de nombreux travailleurs qui s'installent en bordure du chemin du Foulon et dans les noyaux d'habitation lotis en périphérie des domaines. À la fin des années 1840, le marchand de bois irlandais Patrick McInenly lotit une bande de terre en bordure de la côte de Sillery pour y construire des maisons d'ouvriers. En 1854, l'église de Saint-Columba (aujourd'hui Saint-Michel) est érigée pour desservir la population ouvrière catholique, composée de Canadiens français et d'Irlandais.

À la fin du XIXe siècle, le commerce du bois et la construction navale périclitent, ce qui entraîne la vente de la plupart des grandes propriétés de Sillery. Entre 1869 et 1947, elles sont cédées à des communautés religieuses, qui y construisent de grands édifices institutionnels, à l'exception des domaines Kilmarnock, Cataraqui et Spencer Wood (Bois-de-Coulonge).

Le site patrimonial de Sillery est déclaré en 1964, dans le but de freiner le lotissement des grandes propriétés.

De nos jours, le site patrimonial de Sillery est un territoire à caractère résidentiel et institutionnel, ponctué par de grands espaces verts et offrant des percées visuelles et panoramas remarquables.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Site patrimonial de Trois-Rivières



Site patrimonial de Trois-Rivières

Le site patrimonial de Trois-Rivières correspond à l'un des trois premiers noyaux de peuplement de la Nouvelle-France. Situé au cœur de la ville fondée en 1634, il couvre un territoire urbain institutionnel et résidentiel d'environ 6,7 hectares. Il est délimité notamment par les rues des Casernes, Saint-Pierre, Sainte-Cécile et la terrasse Turcotte. Ses limites correspondent en partie à l'ancienne palissade du bourg fortifié au XVIIe siècle et en partie au projet de palissade dessiné en 1704 par Jacques Levasseur de Neré (1662 ou 1664-1724).

Ce noyau ancien est traversé longitudinalement par la rue des Ursulines et perpendiculairement par cinq rues tracées à partir de 1650, qui forment avec elle une trame orthogonale. Le territoire compte cinq îlots dont la densité varie selon les fonctions, le mode d'implantation irrégulier des bâtiments et la nature des aménagements.

Parmi la cinquantaine de bâtiments du site figurent des institutions religieuses du XVIIIe siècle, dont le monastère des Ursulines, qui constitue un véritable point de repère, ainsi qu'un site classé, soit le site patrimonial des Récollets-de-Trois-Rivières. Le site patrimonial de Trois-Rivières comprend aussi des bâtiments résidentiels classés datant surtout du Régime français et de la première moitié du XIXe siècle, soit le manoir de Tonnancour, la maison Georges-De Gannes et la maison Hertel-De La Fresnière. Il comporte également une maison en bois du milieu du XVIIIe siècle, la maison Saint-François. Il regroupe de plus des maisons bourgeoises et ouvrières de la seconde moitié du XIXe siècle et du début XXe siècle, de même que des maisons de type « boomtown » et des immeubles de logements du début du XXe siècle. Des espaces verts couvrent une bonne partie de la superficie, notamment cinq parcs publics, soit le Platon, la place d'Armes classée site patrimonial, le jardin des Gouverneurs, les jardins des Ursulines et une partie du parc portuaire. Le territoire compte par ailleurs une quarantaine d'éléments commémoratifs et d'œuvres d'art public.

Ce bien est déclaré site patrimonial. De nombreux sites archéologiques inscrits à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec, témoignant de la présence amérindienne et euroquébécoise, sont associés au lieu.

Le site patrimonial se situe en bordure du fleuve Saint-Laurent, près de l'embouchure de la rivière Saint-Maurice, dans la ville de Trois-Rivières.

Le site patrimonial de Trois-Rivières, déclaré en 1964, correspond à l’un des trois premiers noyaux de peuplement de la Nouvelle-France.

Situé au cœur de la ville fondée en 1634, il couvre un territoire urbain institutionnel et résidentiel d’environ 6,7 hectares. Les limites du secteur, le tracé des rues et la forme des îlots évoquent les origines du bourg fortifié.



Valeur patrimoniale

Le site patrimonial de Trois-Rivières présente un intérêt pour sa valeur historique. L'endroit est fréquenté par les Amérindiens depuis la préhistoire. En 1634, le poste de Trois-Rivières est fondé par Laviolette, à la demande de Samuel de Champlain (vers 1570-1635). D'abord point de rencontre entre Amérindiens et commerçants de fourrures, il devient un bourg fortifié en 1650 et le siège du gouvernement de Trois-Rivières en 1663. Malgré la Conquête britannique (1760), Trois-Rivières conserve une partie de son influence en étant le siège d'un district judiciaire et d'un évêché. Pendant la seconde moitié du XIXe siècle, l'industrialisation consolide l'importance économique de la ville, qui constitue désormais le centre de l'industrie forestière de la Mauricie. Les fêtes du tricentenaire, en 1934, suscitent un nouvel intérêt pour son histoire. Le Vieux-Trois-Rivières est alors perçu comme un lieu de mémoire à préserver. Le site patrimonial est le cœur de la deuxième plus ancienne ville de la Nouvelle-France, qui est aujourd'hui un centre portuaire, industriel et commercial important du Québec.

Le site patrimonial présente aussi un intérêt pour sa valeur paysagère. Les limites du secteur, le tracé des rues et la forme des îlots évoquent les origines du bourg fortifié. Le monastère des Ursulines constitue un point de repère important. Son environnement est caractérisé par la présence de deux types de bâtiments résidentiels : d'une part, se trouvent des maisons cossues, en bordure de la rue des Ursulines et de la terrasse Turcotte; d'autre part, s'élèvent des immeubles d'habitation construits sur des lots étroits, le long des rues Saint-Pierre, Saint-François-Xavier, Saint-Louis et des Casernes. Dans la partie sud-ouest, quelques rues plus larges témoignent du réaménagement qui a suivi le grand incendie de 1908. Les espaces verts, les aménagements paysagers, les éléments commémoratifs et les œuvres d'art public reflètent l'attachement des Trifluviens à ce noyau historique.

Le site patrimonial présente également un intérêt pour sa valeur architecturale. La cinquantaine de bâtiments qu'il comprend permet de retracer l'évolution de son occupation. Le Régime français a notamment légué les composantes du monastère des Ursulines (1752) et celles du site historique des Récollets (milieu du XVIIIe siècle). Le site comprend aussi des exemples d'architecture domestique de cette époque. Une habitation en bois du milieu du XVIIIe siècle, la maison Saint-François, subsiste ainsi que des résidences de notables en pierre, tels le manoir de Tonnancour (1722-1725) et la maison Georges-De Gannes (1756). Le XIXe siècle est représenté par des demeures bourgeoises en pierre, comme la maison Hertel-De La Fresnière (1824-1829), et celles qui longent la terrasse Turcotte. Le secteur regroupe également des bâtiments associés à l'industrialisation, comme des maisons « boomtown » et des immeubles de logements pour les ouvriers, caractérisés par un volume cubique, une maçonnerie de brique, un toit plat et une ornementation modeste. Toutes ces constructions, dont certaines très anciennes, révèlent la longue histoire de Trois-Rivières.

Le site patrimonial présente en outre un intérêt pour sa valeur archéologique. Le périmètre compte dix sites archéologiques connus, qui renseignent sur l'occupation amérindienne et euroquébécoise du lieu. L'époque de la Nouvelle-France est particulièrement bien représentée par des sites comme ceux des jardins des Ursulines et du monastère des Récollets. La place d'Armes, classée site patrimonial, a livré des vestiges des activités commerciales, militaires et domestiques qui ont marqué l'emplacement depuis le XVIIe siècle.



Éléments caractéristiques

Les caractéristiques du site patrimonial de Trois-Rivières liées à ses valeurs historique, paysagère, architecturale et archéologique comprennent, notamment :
- sa situation dans la ville de Trois-Rivières, le long du fleuve Saint-Laurent, près de l'embouchure de la rivière Saint-Maurice;
- les sites archéologiques permettant de retracer l'occupation humaine du lieu et ses portions intactes offrant un potentiel de recherche;
- les immeubles et les sites patrimoniaux classés;
- les lieux et les éléments commémoratifs, dont le Platon et la place d'Armes;
- les éléments issus de travaux réalisés à la suite de l'incendie de 1908, dont la largeur des rues des Casernes et des Ursulines ainsi que l'espace public aménagé à l'emplacement de l'ancienne église paroissiale;
- les traces du bourg fortifié du XVIIe siècle, dont le tracé orthogonal des rues (Saint-Pierre, des Ursulines, Saint-Jean, Saint-Louis et Saint-François-Xavier) et les cinq îlots;
- les traces du bourg de 1704, dont le secteur longeant la rue des Ursulines compris entre la rue Saint-François-Xavier et la rue Sainte-Cécile et les rues ouvertes au tournant du XVIIIe siècle (de l'Hôpital et de la Poudrière);
- les établissements religieux concentrés le long de la rue des Ursulines, dont le monastère et les jardins des Ursulines, l'ancien couvent des Récollets et l'église anglicane Saint-James;
- les éléments rattachés à la fonction résidentielle, dont la faible densité d'occupation en bordure de la rue des Ursulines et de la terrasse Turcotte, contrastant avec les lots plus petits et plus densément occupés des rues Saint-Pierre, Saint-François-Xavier, Saint-Louis et des Casernes;
- les liens avec le fleuve Saint-Laurent et les environs, dont les percées visuelles créées par l'implantation irrégulière des bâtiments et les panoramas offerts de la terrasse Turcotte et des parcs;
- les parcs publics, les aménagements paysagers tels que la terrasse Turcotte et les nombreuses œuvres d'art public;
- les bâtiments témoignant de la fonction institutionnelle, entre autres le monastère des Ursulines comprenant le couvent, l'hôpital, la chapelle et l'école, et les édifices du site patrimonial des Récollets-de-Trois-Rivières;
- les bâtiments témoignant de la fonction résidentielle sous le Régime français, entre autres la maison Saint-François (habitation en bois de type rural) ainsi que la maison Georges-De Gannes et le manoir de Tonnancour (maisons de notables en pierre);
- les bâtiments témoignant de la fonction résidentielle au XIXe siècle, entre autres les résidences bourgeoises de styles variés (néoclassique, Second Empire et georgien);
- les bâtiments témoignant de la fonction résidentielle durant la période d'industrialisation, entre autres les habitations d'ouvriers et les maisons de style « boomtown » (caractérisées par un volume cubique, une maçonnerie de brique, une élévation de deux étages, un toit plat incliné vers l'arrière et une corniche ornementée), ainsi que les immeubles de logements (caractérisés par un volume cubique, un toit plat, une élévation de deux à trois étages, une corniche ornementée ainsi que des balcons en bois ou en fer forgé).



Informations historiques

Le site patrimonial de Trois-Rivières est au coeur de la deuxième plus ancienne ville de la Nouvelle-France. Il est situé le long du fleuve Saint-Laurent, à l'ouest de l'embouchure de la rivière Saint-Maurice.

Ce lieu est fréquenté par les Amérindiens depuis la préhistoire. Il est visité par l'explorateur Jacques Cartier (1491-1557) en 1535 et par François Gravé Du Pont (vers 1554-1629), capitaine de marine et marchand, vers 1599. En 1603, Samuel de Champlain (vers 1570-1635) reconnaît son importance stratégique pour la défense de la vallée du Saint-Laurent et le commerce des pelleteries. Il entrevoit d'y établir une habitation permanente. Entre-temps, l'endroit sert de lieu de rencontre pour les Amérindiens et les commerçants de fourrures.

En 1634, le poste de Trois-Rivières est fondé à la demande de Champlain par Laviolette, un employé de la traite. Une habitation est construite et une mission jésuite est établie. Menacé par les Iroquois, l'établissement devient un bourg fortifié en 1650. Sous la direction du capitaine Pierre Boucher (1622-1717), les habitants bâtissent leurs résidences à l'intérieur de la palissade, ce qui leur permettra de résister aux incursions.

En 1663, lors de la réorganisation administrative de la Nouvelle-France, Trois-Rivières est désigné pour être le siège d'un gouvernement régional, à l'égal de Québec et de Montréal. Les Ursulines s'y installent en 1697. Le développement de l'agglomération est toutefois ralenti par l'émergence de Montréal comme plaque tournante du commerce des fourrures. Une partie du bourg sera par ailleurs incendiée en 1752.

Après la Conquête, le gouvernement de Trois-Rivières est aboli. La ville réussit néanmoins à maintenir son influence en étant le siège d'un district judiciaire (1793) et d'un évêché (1852). Trois-Rivières est brièvement occupé par les Américains en 1776.

Pendant la seconde moitié du XIXe siècle, l'industrialisation renforce l'importance régionale de Trois-Rivières, qui constitue désormais le centre de l'industrie forestière de la Mauricie. En 1854, la compagnie américaine Norcross and Philips construit une scierie à l'embouchure de la rivière Saint-Maurice, principale voie d'accès à l'arrière-pays. En 1857, la cité de Trois-Rivières est constituée et divisée en quatre quartiers. Le secteur ancien est inclus dans le quartier Sainte-Ursule. Au cours des années 1870, la ville est liée au réseau ferroviaire, et ses installations portuaires sont modernisées. La population trifluvienne augmente avec l'avènement d'une nouvelle bourgeoisie d'affaires et la croissance de la population ouvrière.

Au XXe siècle, l'expansion industrielle (pâtes et papiers, métallurgie, chimie, textile) de Trois-Rivières se poursuit. Des industries, dont la Wayagamack Pulp and Paper (1911), la Canadian International Paper (1922) et la St. Lawrence Pulp and Paper (1923), s'établissent à l'embouchure de la rivière Saint-Maurice. Ces usines valent à Trois-Rivières le titre de « capitale mondiale du papier ». Le Vieux-Trois-Rivières est peu affecté par l'incendie de 1908, mais il est modifié par le développement de la ville. Des maisons « boomtown » et des immeubles de logements sont alors construits pour les ouvriers.

En 1934, les fêtes du tricentenaire suscitent un nouvel intérêt pour l'histoire de la ville. Des plaques et monuments commémoratifs sont installés. Le Vieux-Trois-Rivières est alors perçu comme un lieu de mémoire à préserver.

Le site patrimonial de Trois-Rivières est déclaré en 1964.

Ses limites correspondent en partie à l'ancienne palissade du bourg fortifié au XVIIe et en partie au projet de palissade dessiné en 1704 par Jacques Levasseur de Neré (1662 ou 1664-1724). De nos jours, le site est le cœur historique de Trois-Rivières, qui est un centre portuaire, industriel et commercial important du Québec. Il contient de nombreux repères commémoratifs et plusieurs immeubles et sites patrimoniaux classés.

Source : Conseil du patrimoine culturel


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Site patrimonial du Banc-de-Pêche-de-Paspébiac



Site patrimonial du Banc-de-Pêche-de-Paspébiac

Le site patrimonial du Banc-de-Pêche-de-Paspébiac est un complexe industriel de pêche à la morue aménagé du XVIIIe au XXe siècle. Cet établissement se compose de douze bâtiments (huit en bois de facture vernaculaire, deux en pierre de facture simple et deux de facture plus moderne) et d'une structure en béton. Il comporte une poudrière de pierre (1788); trois « cook-room » et le hangar Robin (début XIXe siècle); un entrepôt de la compagnie Le Boutillier (entre 1845 et 1850); un hangar à farine, une charpenterie et une forge (avant 1870); un « office » de pierre (fin du XIXe siècle); une usine à poisson et un frigo (XXe siècle) ainsi qu'une ancienne chambre forte de béton. Le complexe industriel est situé sur le barachois de Paspébiac, dans la ville du même nom.

Le site patrimonial du Banc-de-Pêche-de-Paspébiac est classé en 1981 afin de préserver les bâtiments qui ont échappé à l'incendie. Ce bien est classé site patrimonial.

Un site inscrit à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec est associé au lieu.



Valeur patrimoniale

Le site patrimonial du Banc-de-Pêche-de-Paspébiac présente un intérêt pour sa valeur historique. Ce complexe constitue un témoin privilégié de l'industrie de la pêche, principal moteur du développement socio-économique de la Gaspésie aux XVIIIe et XIXe siècles. Cette région, réputée pour ses eaux poissonneuses, est d'abord fréquentée par les Amérindiens, puis par les Français dès le XVIe siècle. Néanmoins, les établissements permanents de pêche commerciale sont surtout associés au Régime anglais, puisque c'est à cette période que des entreprises originaires de l'île de Jersey, dont la compagnie Charles Robin qui exploite le banc de Paspébiac, s'y installent pour pêcher et transformer la morue. Elles produisent de la morue salée et séchée, de la morue verte (salée mais non séchée) et de la morue fraîche qui sont exportées notamment en Amérique du Sud et en Europe. Ces sociétés possèdent plusieurs postes de pêche, où elles utilisent un système de gestion basé sur le crédit et le paiement en nature. Ce système place les pêcheurs sous la dépendance de l'entreprise, qui leur fournit des marchandises et du matériel avant le début de la saison de pêche. Les pêcheurs remboursent leur dette à même leurs prises selon les conditions fixées par la compagnie, et la part de poisson qui leur revient doit être échangée dans des magasins aussi sous son contrôle. Le banc de Paspébiac est le chef-lieu de la compagnie Robin au Canada, sa principale base commerciale dans la péninsule gaspésienne au XIXe siècle ainsi que le lieu de naissance de la compagnie Le Boutillier, fondée en 1833 par un ancien employé des Robin. Ces deux compagnies sont les plus puissantes entreprises de pêche anglo-normandes de la Gaspésie. La concentration des opérations à Paspébiac fera de la localité une plaque tournante pour le commerce international des pêches au Canada.

Le site patrimonial du Banc-de-Pêche-de-Paspébiac présente également un intérêt pour sa valeur historique liée à sa représentativité en tant qu'établissement de pêche commerciale du XIXe siècle. Les infrastructures de pêche de cette époque se composent d'installations et de bâtiments riverains utilisés pour le séchage de la morue ainsi que d'édifices affectés aux diverses étapes de la mise en marché du poisson, allant de la pêche à la transformation de la ressource en passant par la gestion des opérations. Ainsi, le complexe du banc de Paspébiac comprend des entrepôts pour l'hivernage des navires et le remisage des agrès; des installations pour la construction et l'entretien des navires, dont une charpenterie et une forge; une usine de transformation appelée « chafaud »; des locaux pour l'entreposage des produits finis; des bâtiments pour les employés, dont des « cook-room » où sont servis les repas; et des locaux pour l'administration, comme l'« office ». Il s'agit de l'établissement de pêche commerciale québécois le mieux préservé. De plus, le site archéologique qui lui est associé permet de dater et de préciser les activités qui s'y sont déroulées. Enfin, l'usine à poisson et le frigo illustrent la continuité de l'occupation du lieu pour la pêche commerciale.

Le site patrimonial du Banc-de-Pêche-de-Paspébiac présente aussi un intérêt pour sa valeur historique liée à la colonisation de la baie des Chaleurs. La baie ne se développe en effet que très lentement sous le Régime français et compte une population résidante peu nombreuse. Les premiers hameaux sont détruits ou lourdement endommagés par les troupes britanniques pendant la guerre de Conquête. L'installation d'une société de pêche jersiaise à Paspébiac en 1767 marque donc un tournant. Le banc de Paspébiac, qui est l'un des plus anciens établissements permanents de la baie et le plus vaste de cette partie de la Gaspésie, nécessite beaucoup de main-d'œuvre et, par conséquent, stimule le peuplement de la baie des Chaleurs.



Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du site patrimonial du Banc-de-Pêche-de-Paspébiac liés à ses valeurs historiques comprennent, notamment :
- sa situation à proximité de la grève, sur le barachois de Paspébiac;
- la concentration de bâtiments, notamment les trois « cook-room », le hangar à farine, la charpenterie, la forge, le grand entrepôt de la compagnie Le Boutillier, l'usine à poisson et le frigo, le hangar Robin, la poudrière et l'« office »;
- la présence d'un site archéologique euroquébécois;
- les particularités des bâtiments en bois de facture vernaculaire, dont le plan rectangulaire, le solage peu dégagé, le lambris peint en blanc et rouge et le toit à versants droits couvert en bardeau de cèdre;
- les particularités des deux bâtiments en pierre de facture simple, dont le plan rectangulaire, le solage peu dégagé et le toit à versants retroussés couvert en bardeau de cèdre;
- la présence de deux bâtiments de facture plus moderne et d'une structure en béton;
- les particularités du grand entrepôt de la compagnie Le Boutillier, dont le plan rectangulaire, l'élévation de cinq étages, le toit à versants droits, la façade principale largement fenêtrée aménagée sur l'un des murs pignons, le parement en bardeau de cèdre peint en blanc, les planches cornières et les chambranles peints en rouge, le toit couvert en bardeau de cèdre et les fenêtres à guillotine.



Informations historiques

Le site patrimonial du Banc-de-Pêche-de-Paspébiac est d'abord fréquenté par les Amérindiens. Des Basques et des Français pêchent probablement près de la côte dès le XVIe siècle. Il est possible que des postes soient aménagés par les pêcheurs au XVIIe siècle. En 1707, la seigneurie de Paspébiac est concédée à Pierre Haimard (1674-1724), marchand, juge prévôt de la seigneurie Notre-Dame-des-Anges et substitut du procureur général au Conseil supérieur. Son beau-fils Louis Gosselin s'établit à Paspébiac et y fait construire les infrastructures nécessaires à l'exploitation des ressources halieutiques. En 1758, les diverses installations utilisées pour les activités de pêche ainsi que le domaine seigneurial sont détruits par les troupes britanniques.

Les activités reprennent en 1767, quand Charles Robin (1743-1824) vient faire la pêche et le séchage de la morue sur le barachois de Paspébiac, dans la baie des Chaleurs. Robin retourne à Jersey en 1778, au moment où l'établissement de Paspébiac est la proie de corsaires durant la guerre d'Indépendance américaine. Aussi ne subsiste-t-il aucun bâtiment témoignant de cette période d'activité.

Charles Robin revient à Paspébiac en 1783, après la fondation de la compagnie portant son nom. Il met en place un système de gestion basé sur le crédit et le paiement en nature. Le complexe de pêche prend rapidement de l'envergure et plusieurs bâtiments sont érigés pour la compagnie Charles Robin, puis pour la compagnie Le Boutillier fondée en 1833 par l'un des employés des Robin.

La poudrière en pierre est bâtie en 1788, à une époque où la compagnie Robin est en pleine expansion, et elle constitue aujourd'hui le plus ancien bâtiment de l'ensemble. Deux des trois « cook-room » auraient été érigés vers 1800. À l'origine, on y prépare et sert les repas aux engagés de la compagnie Robin mais par la suite, au XXe siècle, ils sont utilisés comme entrepôts puis comme salles à manger pour les employés de l'usine de transformation de poisson adjacente. L'entrepôt de la compagnie Le Boutillier est construit entre 1845 et 1850. Cette imposante construction de bois, qui sert à la transformation de la morue, demeure l'un des plus intéressants bâtiments du site. Le hangar à farine, la charpenterie et la forge, quant à eux, ont été bâtis avant 1870. La charpenterie et la forge servent à l'entretien de l'équipement de pêche et emploient plusieurs artisans spécialisés de la baie des Chaleurs ou de Paspébiac. L'« office », en pierre comme la poudrière, aurait été érigé pour servir de bureau à la compagnie Le Boutillier. Le bâtiment est ensuite transformé en usine d'extraction d'huile de foie de morue. Quant à l'usine à poisson et au frigo, ce sont des constructions du XXe siècle.

À la suite de l'apparition des coopératives de pêcheurs à partir des années 1920, la compagnie Robin change de vocation. Elle exploite désormais des magasins généraux. En 1964, un incendie détruit la plupart des 70 bâtiments encore debout.

Le site patrimonial du Banc-de-Pêche-de-Paspébiac est classé en 1981 afin de préserver les bâtiments qui ont échappé à l'incendie.

Depuis, plusieurs immeubles ont été restaurés et accueillent un centre d'interprétation de l'histoire de l'industrie de la pêche en Gaspésie.

Source :


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Site patrimonial du Bois-de-Saraguay



Site patrimonial du Bois-de-Saraguay

Le site patrimonial du Bois-de-Saraguay est un territoire fortement boisé, en milieu urbain, d'une superficie d'environ 97 hectares. Les limites du site regroupent quatre parties distinctes et discontinues aux périmètres irréguliers. La première correspond à l'île aux Chats. Les deuxième et troisième parties, situées entre la rivière des Prairies et le boulevard Gouin Ouest, forment le secteur des anciens domaines. La quatrième, au sud du même boulevard, est constituée d'un vaste secteur boisé, souvent appelé la forêt intérieure, et d'un secteur résidentiel. Le site patrimonial est délimité en partie par la rivière des Prairies, le boulevard Gouin Ouest, l'avenue Joseph-Saucier, l'avenue Jean-Bourdon et une voie ferrée.

Le Bois-de-Saraguay est un secteur au relief relativement plat. Son territoire est ponctué de petites élévations et de dépressions. Le site est traversé par un ruisseau se jetant dans la rivière des Prairies. Le ruisseau forme des secteurs marécageux dans les zones où le relief est plus bas. La forêt formant le site patrimonial est essentiellement composée de feuillus. Des érablières, des frênaies, des peupleraies et des chênaies constituent les principaux peuplements forestiers s'y retrouvant. On y compte plusieurs arbres centenaires de grandes dimensions. De plus, la forêt comprend des plantes désignées comme vulnérables, vulnérables à la récolte ou encore susceptibles d'être désignées comme menacées ou vulnérables.

Le site comprend diverses traces d'occupation, notamment dans les secteurs des anciens domaines où se trouve la maison du chauffeur de l'ancien domaine Ogilvie. Érigé vers 1931, le bâtiment en pierre présente un plan rectangulaire et une élévation d'un étage et demi. Il est coiffé d'un toit à deux versants droits et flanqué d'une tour surmontée d'un toit conique. Le secteur situé au nord du boulevard Gouin présente des plantes horticoles provenant des anciens aménagements paysagers. Celui situé au sud de ce même boulevard comprend deux anciens chemins privés toujours apparents ainsi que plusieurs alignements de pierres témoignant des anciennes limites de lots agricoles.

Le Bois-de-Saraguay comprend un site inscrit à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec. Ce site (BjFk-8) correspond aux limites du Bois-de-Saraguay, à l'exclusion du secteur résidentiel.

Le site patrimonial du Bois-de-Saraguay est situé dans le nord-ouest de l'île de Montréal, en bordure de la rivière des Prairies, dans l'arrondissement municipal d'Ahuntsic-Cartierville de la ville de Montréal. La majeure partie du site correspond au parc-nature du Bois-de-Saraguay.

Ce territoire est déclaré site patrimonial. Le site patrimonial du Bois-de-Saraguay, déclaré en 1981, est une forêt de 97 hectares dont les origines se situent entre 8000 et 5000 ans avant aujourd’hui.



Valeur patrimoniale

Le site patrimonial du Bois-de-Saraguay présente un intérêt pour sa valeur paysagère liée à la préservation d'un important secteur boisé sur le territoire urbanisé de l'île de Montréal. Ce secteur boisé porte les traces de la longue histoire qui a façonné son visage actuel. Les terres de ce secteur situé à proximité de la rivière des Prairies sont concédées entre 1717 et 1725. L'endroit est nommé côte Saint-Louis ou du Bois-Franc. Contrairement aux autres concessions riveraines de l'île, le front de ces lots est situé vers l'intérieur des terres, le long du chemin de la côte Saint-Louis ou du Bois-Franc. Graduellement, les terres de la côte Saint-Louis sont défrichées pour qu'on y pratique l'agriculture. La portion arrière des lots, qui correspond au site patrimonial du Bois-de-Saraguay, demeure cependant boisée et sert de réserve forestière aux agriculteurs pendant de nombreuses années. À partir du dernier quart du XIXe siècle, certaines terres sont rachetées par des familles de notables afin de créer des domaines de villégiature. Les secteurs boisés sont notamment utilisés pour des activités équestres comme la chasse à courre. Les activités équestres et agricoles du secteur prennent fin vers le milieu du XXe siècle. Un projet résidentiel se met en branle à cette époque. Il est cependant abandonné en 1962 après des travaux de canalisation qui ont remodelé le réseau hydrographique du secteur. Les secteurs défrichés se reboisent graduellement par la suite. Dans le Bois-de-Saraguay, le couvert végétal est prédominant, comme il l'était au XVIIIe siècle. Plusieurs activités s'y étant déroulées ont également inscrit leurs marques dans le paysage. Des alignements de pierres et des sections épierrées évoquent les activités agricoles, tandis que le chemin du Polo ainsi que les vestiges possibles d'un ancien point d'eau circulaire et d'un bassin de nettoyage rappellent la pratique d'activités équestres. La maison du chauffeur du domaine Ogilvie s'intègre de façon harmonieuse à son environnement naturel et évoque l'aménagement des anciens domaines du site patrimonial. Des vestiges des aménagements paysagers, d'un ancien jardin et des résidences démolies témoignent de l'intérêt archéologique du lieu. Le Bois-de-Saraguay est par ailleurs un site archéologique, à l'exclusion du secteur résidentiel. Il rappelle les fonctions particulières qui ont façonné cet environnement naturel, et le fait qu'il fasse partie d'un parc-nature assure sa pérennité.

Le site patrimonial du Bois-de-Saraguay présente également un intérêt pour sa valeur paysagère puisqu'il constitue une zone forestière unique. Le Bois-de-Saraguay comporte une importante variété d'espèces floristiques, dont certaines sont désignées comme vulnérables, vulnérables à la récolte ou encore susceptibles d'être désignées menacées ou vulnérables. La forêt est composée de plusieurs peuplements forestiers, dont des érablières, des frênaies, des peupleraies et des chênaies. La présence de l'érable noir et du caryer cordiforme ou du caryer ovale dans les érablières à sucre constitue un phénomène plutôt rare qui contribue à la qualité remarquable de cet écosystème forestier. Plusieurs arbres centenaires se trouvent également sur le site. Le Bois-de-Saraguay est traversé par un ruisseau qui forme, en raison de la topographie du site, des marécages. La flore de certains secteurs témoigne aussi de l'occupation des lieux. Les zones qui ont été utilisées pour la culture ou le pâturage au cours du XIXe siècle sont recouvertes de peuplements forestiers plus jeunes composés d'essences différentes des secteurs plus matures. Sur les anciens domaines de villégiature se trouvent également des plantes horticoles témoignant de la présence d'anciens aménagements paysagers. Le Bois-de-Saraguay se distingue par la diversité végétale qui contribue à l'intérêt paysager. Il est considéré comme la forêt la mieux préservée de l'île de Montréal.



Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du site patrimonial du Bois-de-Saraguay liés ses valeurs paysagère incluent, notamment :
- la situation en bordure de la rivière des Prairies;
- la superficie d'environ 97 hectares divisée en quatre parties (île aux Chats, secteur des anciens domaines, forêt intérieure, secteur résidentiel);
- la présence dominante de l'érablière à érable à sucre dans les zones les mieux drainées et de l'érablière argentée dans les zones humides;
- le ruisseau;
- la présence de 257 espèces végétales vasculaires recensées, 20 désignées comme vulnérables (érable noir), vulnérables à la récolte (asaret du Canada, uvulaire à grandes fleurs et matteuccie fougère-à-l'autruche) ou encore susceptibles d'être désignées menacées ou vulnérables (caryer ovale, noyer cendré et staphylier à trois folioles);
- la variété écologique (milieu forestier, clairière, zones marécageuses, rivage, île) et la richesse faunique, dont 82 espèces d'oiseaux, sept espèces d'amphibiens, quatre espèces de chauves-souris (dont une espèce à statut précaire), trois espèces de reptiles (dont une espèce à statut précaire) et de nombreux mammifères comme le renard roux, le raton laveur, la moufette rayée, l'écureuil roux et l'écureuil gris;
- la maison du chauffeur en pierre (plan rectangulaire à un étage et demi, toit à deux versants droits, tour à toit conique, garage à trois portes);
- les traces du chemin menant de la maison du chauffeur à l'emplacement de l'ancienne demeure et le ponceau en pierre;
- le chemin du Polo et le chemin Paton;
- les plantes horticoles introduites (hémérocalles, narcisses et scilles de Sibérie) rappelant les différents aménagements paysagers des anciens domaines.



Informations historiques

Le Bois-de-Saraguay est situé en bordure de la rivière des Prairies, un cours d'eau fréquenté depuis des millénaires par les Amérindiens. À l'époque de la Nouvelle-France, le Bois-de-Saraguay fait partie du territoire de la seigneurie de l'Île-de-Montréal, acquise en 1663 par le Séminaire de Saint-Sulpice à Paris.

Les terres de ce secteur sont finalement concédées entre 1717 et 1725. L'endroit prend le nom de côte Saint-Louis ou du Bois-Franc. Les terres sont découpées selon le système parcellaire du régime seigneurial, c'est-à-dire en lots étroits et profonds. Contrairement aux autres lots situés le long de la rivière des Prairies, les concessions riveraines de cette côte sont desservies par un chemin situé à l'intérieur des terres.

Graduellement, les terres sont défrichées pour qu'on y pratique l'agriculture. La portion arrière des lots, qui correspond au site patrimonial du Bois-de-Saraguay, demeure cependant boisée. Les agriculteurs effectuent selon toute vraisemblance des coupes sélectives afin d'obtenir du bois de chauffage ou du bois de construction.

Vers le début du XIXe siècle, les activités agricoles atteignent la zone sud du site patrimonial du Bois-de-Saraguay. Certains secteurs, encore aujourd'hui délimités par des alignements de pierres, auraient également servi de pâturage.

À partir du dernier quart du XIXe siècle, les secteurs situés en bordure de la rivière des Prairies deviennent des lieux de villégiature prisés par les familles de notables de Montréal, dont les MacDougall, les Gault, les MacLennan, les Hooper et les Ogilvie. La plupart de leurs résidences étaient toutefois situées en dehors des limites du site patrimonial du Bois-de-Saraguay. La forêt située au sud est utilisée par les différentes familles pour des activités équestres comme la chasse à courre et le polo.

En 1914, le village de Saraguay est créé. Pendant l'entre-deux-guerres, les résidences d'été de l'endroit deviennent des résidences permanentes et Saraguay se transforme en une banlieue cossue.

Les familles de l'endroit continuent d'y pratiquer des activités équestres jusque dans les années 1940-1950. Les activités agricoles dans le secteur prennent également fin à cette époque.

Au milieu des années 1950, un projet immobilier visant le Bois-de-Saraguay voit le jour. Finalement abandonné en 1962, après la mise en place de certaines infrastructures, ce projet a laissé des traces visibles, notamment des bornes-fontaines et un fossé de canalisation.

Au cours des années 1960, des communautés religieuses s'établissent à Saraguay en rachetant les domaines de certaines familles anglophones, dont la congrégation de Sainte-Croix et les S¿urs de Sainte-Marcelline.

En 1974, plusieurs familles vendent leur propriété du Bois-de-Saraguay à un promoteur immobilier. Un projet de lotissement est publié en 1977. Un groupe s'organise alors pour s'opposer au projet de développement immobilier à haute densité. Parallèlement, un autre mouvement citoyen se crée pour demander la préservation intégrale du bois de Saraguay sous la forme d'un parc. L'endroit est alors perçu comme un secteur forestier très ancien, représentatif de la végétation précoloniale.

En 1981, le site patrimonial du Bois-de-Saraguay est déclaré par le gouvernement du Québec.

Ce dernier alloue des fonds à la Communauté urbaine de Montréal afin qu'elle rachète des terrains pour y créer un parc. Le parc régional du Bois-de-Saraguay (aussi connu sous le nom de parc-nature du Bois-de-Saraguay) est ainsi constitué en 1984.

À partir de la fin des années 1980, un quartier résidentiel est érigé dans la portion est du site patrimonial. D'autres secteurs ont fait l'objet d'interventions de reboisement planifiées destinées à les renaturaliser.

En 2011, la Ville annonce que le parc sera aménagé et ouvert au public. Le parc-nature est finalement ouvert au public en 2016. Il compte environ 1,8 km de sentier.

Source : Conseil du patrimoine culturel


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Site patrimonial du Mont-Royal



Site patrimonial du Mont-Royal

Le site patrimonial du Mont-Royal est un territoire urbain et naturel d'une superficie d'environ 750 hectares. Situé dans la partie sud-est de l'île de Montréal, il s'étend sur environ 4 km d'est en ouest et 2,5 km du nord au sud. Il est notamment délimité à l'est par l'avenue Duluth Ouest et par des lots bordant l'avenue de l'Esplanade et la rue Saint-Urbain; au sud par les rues Sherbrooke Ouest, McTavish, l'avenue du Docteur-Penfield et l'avenue Atwater; à l'ouest par la limite entre les villes de Montréal et de Westmount, par le chemin Summit Circle et l'avenue Oakland; au nord par le chemin Queen-Mary, la rue Jean-Brillant et l'avenue Gatineau; au nord-ouest par le boulevard Édouard-Montpetit, l'avenue Decelles, le chemin de la Côte-Sainte-Catherine, l'avenue de Darlington, l'avenue Vincent-D'Indy et le boulevard du Mont-Royal.

Le périmètre du site englobe les trois sommets du mont Royal, soit le sommet du Mont-Royal, le sommet d'Outremont et le sommet de Westmount, ainsi qu'une portion de ses flancs.

Les espaces verts du site patrimonial sont parmi les plus vastes de l'île de Montréal, aménagés pour la plupart au XIXe siècle. Le parc du Mont-Royal, le plus important, met en scène les éléments naturels et topographiques par sa forêt urbaine, ses sentiers sinueux, ses belvédères et le lac aux Castors. Les parcs des deux autres sommets, de même que quelques bois et parcs situés sur les flancs du mont Royal, contribuent également à la richesse naturelle du territoire. Le site compte aussi deux grands cimetières, soit le cimetière Mont-Royal et le cimetière de Notre-Dame-des-Neiges, ainsi que deux cimetières juifs plus petits.

La montagne émerge de la plaine qu'occupent la métropole et les régions limitrophes. Son altitude n'est pas uniforme et compte notamment des pentes plus escarpées au sud et à l'est. Une dépression centrale, nommée entre-monts, est délimitée par les versants intérieurs des trois collines qui l'entourent.

Cette topographie particulière détermine le réseau viaire, qui épouse les courbes de
niveau. Trois axes traversent complètement le site, soit la voie Camillien-Houde et le chemin Remembrance ainsi que les avenues des Pins Ouest et Cedar d'est en ouest, et le chemin de la Côte-des-Neiges du sud au nord. Une multitude d'éléments naturels, paysagers, urbanistiques, architecturaux, artistiques et archéologiques de grand intérêt caractérise le site patrimonial. L'organisation spatiale de ces éléments est également structurée par la topographie des lieux. Certains d'entre eux forment des points de repère et des vues significatifs qui contribuent au caractère identitaire du site patrimonial, tels que la croix du sommet du Mont-Royal, la tour du pavillon Roger-Gaudry de l'Université de Montréal, le dôme de la basilique du sanctuaire de l'Oratoire-Saint-Joseph-du-Mont-Royal ainsi que les flancs boisés contrastants avec le centre-ville construit.

Les flancs du mont Royal sont ceinturés par de grands ensembles institutionnels et des
zones résidentielles. Ils regroupent des bâtiments construits du XIXe siècle à nos jours, qui présentent une grande diversité stylistique. De nombreux types d'architecture s'y côtoient et reflètent les différentes utilisations du territoire, notamment d'imposants complexes hospitaliers, deux campus universitaires, des maisons d'enseignement, un lieu de pèlerinage, des résidences bourgeoises, des ouvrages de génie civil et des bâtiments récréatifs et culturels.

Le site patrimonial compte sept biens patrimoniaux classés. Il comprend aussi une centaine de monuments commémoratifs et d'œuvres d'art public ainsi que 12 sites inscrits à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec.

Le site patrimonial du Mont-Royal, déclaré en 2005, est un territoire urbain qui s’étend sur environ 4 km d’est en ouest et 2,5 km du nord au sud.

La silhouette de la montagne qui domine le centre-ville, les coupes rocheuses qui ceinturent certaines voies et les escarpements qui exposent les phénomènes géologiques constituent des éléments uniques du paysage naturel montréalais.



Valeur patrimoniale

Le site patrimonial du Mont-Royal présente un intérêt pour sa valeur historique. L'occupation amérindienne du mont Royal remonte probablement à 5 000 ans avant aujourd'hui. Les Sulpiciens établissent le domaine de la Montagne au pied du mont Royal au milieu du XVIIe siècle. De 1780 à 1840 environ, l'environnement rural se transforme au gré de l'émergence de villages et du développement de la villégiature saisonnière. À partir de la deuxième moitié du XIXe siècle, diverses institutions commencent à choisir la montagne pour installer leurs activités. Le parc du Mont-Royal est créé en 1876 et la montagne devient un lieu privilégié pour les activités récréatives et sportives.

Le site patrimonial présente aussi un intérêt pour sa valeur paysagère. La montagne est un point de repère et elle offre plusieurs points d'observation. Le parc du Mont-Royal et les cimetières participent également à la valeur paysagère du site. Par ailleurs, la géologie et la géomorphologie de la montagne se manifestent notamment par la présence de parois rocheuses et de talus d'éboulis. Des arbres remarquables ponctuent le territoire, tout comme des espèces végétales indigènes.

Le site patrimonial présente de plus un intérêt pour ses valeurs emblématique et identitaire. La montagne est le symbole par excellence de la métropole. Elle s'affirme à travers les siècles comme un territoire de ressourcement, un sujet prisé par les peintres et les écrivains, un lieu de pèlerinage, une nécropole ainsi qu'un hôte de l'élite. La montagne symbolise à la fois la nature, le sacré et le prestige.

Le site patrimonial présente également un intérêt pour sa valeur architecturale. Il se caractérise d'abord par l'intérêt de ses ensembles hospitaliers érigés à partir de 1858. Il comprend aussi deux campus et plusieurs maisons d'enseignement illustrant l'architecture scolaire des XIXe et XXe siècles. Le territoire compte également des bâtiments religieux, des résidences bourgeoises, des éléments marquants du génie civil et des bâtiments récréatifs et culturels. Il se caractérise enfin par la diversité stylistique de son cadre bâti architectural.

Le site patrimonial présente en outre un intérêt pour sa valeur urbanistique. Son réseau viaire et son système parcellaire témoignent des différentes phases d'aménagement de ce territoire. Plusieurs tracés montrent la persistance de l'organisation du territoire établi à la fin du XVIIe siècle. Au cours des XVIIIe et XIXe siècles, plusieurs lots sont subdivisés alors que d'autres terres sont remembrées. Certains secteurs du mont Royal s'urbanisent à partir du XIXe siècle comme en témoignent la densification des lots et l'ouverture de nouvelles voies de communication.

Le site patrimonial présente un intérêt pour sa valeur ethnologique associée à son utilisation au fil du temps. Le mont Royal est notamment un lieu d'inhumation important, tant pour les Autochtones que pour les Euroquébécois. Le mont Royal est également un lieu de prestige où s'établit l'élite montréalaise dès la première moitié du XIXe siècle. Le prestige de la montagne attire également des institutions du savoir et de la santé.

Le site patrimonial présente en outre un intérêt pour sa valeur archéologique. Des traces de présence amérindienne ont été mises au jour dans différents secteurs du mont, notamment plusieurs sépultures associées aux Iroquoiens du Saint-Laurent. L'occupation euroquébécoise a également laissé des témoins importants. Le territoire possède également un important potentiel archéologique.

Le site patrimonial présente de plus un intérêt pour sa valeur artistique. Plusieurs œuvres d'artistes de renom ponctuent le territoire et témoignent de la statuaire des XIXe et XXe siècles. Le site comprend également des œuvres d'art abstraites intégrées à l'environnement et à l'architecture.



Éléments caractéristiques

Les éléments caractéristiques du site patrimonial du Mont-Royal liés à ses valeurs historique, paysagère, emblématique, identitaire, architecturale, urbanistique, ethnologique, archéologique et artistique comprennent, notamment :
- la présence de carrières, entre autres de cornéenne d'Utica;
- la croix symbolisant la croix votive de Maisonneuve, les monuments commémoratifs et funéraires ainsi que les œuvres d'art public;
- les institutions religieuses, éducatives et hospitalières, dont la maison-mère des Sœurs des Saints-Noms-de-Jésus-et-de-Marie, le campus de l'Université McGill de type pavillonnaire et celui de l'Université de Montréal de plan compact (bâtiment principal), l'ancien Séminaire de philosophie, le collège Jean-de-Brébeuf et le collège Notre-Dame;
- les grands complexes hospitaliers, dont l'Hôtel-Dieu (hôpital-couvent), l'hôpital Royal Victoria (hôpital pavillonnaire) et l'hôpital Shriners;
- les espaces sacrés, dont les cimetières et les lieux de culte, notamment le cimetière Mont-Royal de type cimetière-jardin (avec ses charniers et son premier crématorium), le cimetière Notre-Dame-des-Neiges comprenant certains aménagements d'inspiration française (avec son pavillon administratif, sa porte d'accueil, son charnier et la chapelle de la Résurrection), le cimetière Shaerith Israel, le cimetière Shaar Hashomayim, le cimetière de la synagogue Temple Emanu-El à l'intérieur des limites du cimetière Mont-Royal, ainsi que l'oratoire Saint-Joseph;
- les parcs et les infrastructures de loisirs, dont le parc du Mont-Royal mettant en valeur le caractère escarpé et naturel du terrain (avec son belvédère, son chalet et le pavillon du lac aux Castors), le parc Summit (réserve d'oiseaux et de plantes), le parc Jeanne-Mance, le parc Rutheford et le parc Jean-Brillant;
- les témoins de l'architecture rurale et villageoise, dont la maison Simon-Lacombe, bien patrimonial classé;
- les témoins de l'architecture de villégiature, dont la maison Hosea-Bonnen-Smith et la villa Terra Nova;
- les témoins de l'architecture bourgeoise du XIXe siècle, dont la maison Albert-Furness, la maison Duggan, la maison Ravenscrag et les maisons en rangée Rupert;
- les témoins de l'architecture bourgeoise du XXe siècle, dont la maison Charles-G.-Greenshields, la maison et le site de la maison John-Wilson-McConnell, la maison Joseph-Aldéric-Raymond et la maison Ernest-Cormier, biens patrimoniaux classés;
- les conciergeries de l'îlot-Trafalgar-Gleneagles, site patrimonial classé;
- les ouvrages de génie, dont le réservoir et l'usine de pompage McTavish ainsi que le tunnel ferroviaire;
- le lotissement, de formes et de dimensions variées;
- le réseau viaire, dont la voie Camillien-Houde, nommée chemin Remembrance sur une partie de son parcours, le chemin de la Côte-des-Neiges évoquant l'ouverture des côtes au Régime français, les voies en cul-de-sac, ainsi que les escaliers;
- les vues sur et depuis la Montagne;
- ses paysages variés reposant sur la topographie et la diversité de ses espaces naturels et semi-naturels riches en arbres, en arbustes et en plantes herbacées et abritant de nombreuses espèces animales;
- les coupes rocheuses et les escarpements exposant les phénomènes géologiques;
- les sites préhistoriques d'exploitation et de transformation lithiques ainsi que les sites domestiques et de sépultures inscrits à l'Inventaire des sites archéologiques du Québec;
- les zones à potentiel archéologique amérindien ou euroquébécois.



Informations historiques

Le territoire de l'actuel site patrimonial du Mont-Royal est connu et exploité depuis des millénaires. Les occupations amérindiennes les plus anciennes retracées à ce jour remontent probablement à 5000 ans. La Montagne est visitée en 1535 par l'explorateur Jacques Cartier (1491-1557), qui lui donne le nom de « mont Royal ». En 1643, Paul de Chomedey de Maisonneuve (vers 1612-1676), fondateur de Montréal, y fait planter une croix.

En 1663, les Sulpiciens deviennent seigneurs de l'île. Ils établissent leur domaine au pied de la Montagne. De 1780 à 1840 environ, son paysage rural se voit transformé par les changements apportés aux pratiques agricoles, l'émergence de noyaux villageois et le développement de la villégiature saisonnière, née sous l'influence du mouvement hygiéniste.

Durant les trois décennies suivantes (1840-1870), les domaines sont lotis et apparaît notamment le Mille carré doré. Depuis longtemps et encore aujourd'hui, l'alimentation en eau potable de la ville dépend du mont Royal; relié à cette fonction, on assiste entre autres à la construction du réservoir McTavish (1852-1856). C'est aussi à cette époque que diverses institutions commencent à choisir la Montagne pour y installer ou étendre leurs activités. S'y implantent notamment l'Université McGill et l'Hôtel-Dieu des Hospitalières de Saint-Joseph. Les préoccupations croissantes pour la salubrité amènent le déménagement des cimetières hors des quartiers peuplés. Les cimetières Mont-Royal (protestant) et Notre-Dame-des-Neiges (catholique) ainsi que les cimetières juifs Shaerith Israel (sépharade) et Shaar Hashomayim (ashkénaze) voient ainsi le jour entre 1852 et 1863.

À partir de 1870, la Montagne est rattrapée par l'urbanisation et la destruction du couvert végétal. Pour préserver ce lieu, le conseil municipal de Montréal achète des terrains et engage l'architecte paysagiste Frederick Law Olmsted (1822-1903) pour créer le parc du Mont-Royal. Aménagé à partir de 1874, celui-ci est inauguré en 1876. Ce geste est le premier règlement de protection d'un paysage patrimonial au Québec.

Entre 1880 et 1930, la vocation institutionnelle des flancs de la montagne se consolide. Par exemple, l'Université McGill construit de nouveaux pavillons, et les hôpitaux Royal Victoria et Shriners sont inaugurés en 1893 et en 1925. Sur le versant nord, le collège Jean-de-Brébeuf ouvre ses portes en 1928. La basilique de l'oratoire Saint-Joseph est mise en chantier en 1922 et devient rapidement l'un des plus importants lieux de pèlerinage du pays. La montagne accueille aussi d'importants monuments commémoratifs, dont celui de George-Étienne Cartier (1919) et la croix lumineuse (1924) rappelant le geste de Maisonneuve.

Pendant cette période, la montagne devient un lieu de prédilection pour les activités populaires. Elle est parcourue par les raquetteurs et sert aux exercices militaires, aux expositions et à divers rassemblements. Un terrain de golf est aménagé dans les années 1870. Conséquence de cette affluence, un funiculaire est mis en service en 1885 et un belvédère est construit en 1906. Au siècle suivant, des carrières sont exploitées à Westmount et sur le flanc nord du mont Royal et un tunnel ferroviaire est percé dans le roc.

Entre 1930 et 1980, la montagne est complètement ceinturée par le tissu urbain. L'expansion des institutions se poursuit, notamment avec l'achèvement des bâtiments originaux de l'Université de Montréal (1943). Le pavillon du lac aux Castors (1955-1958) est aussi érigé.

Les années 1980 amènent des projets controversés. La montagne est alors convoitée par des promoteurs. Certains projets sont contestés par des groupes de défense du patrimoine. Ainsi naissent Les amis de la montagne (1982) et le Centre de la montagne (1987).

En 1987, un site patrimonial est créé par la Ville de Montréal. En 1992 est adopté un plan de mise en valeur du mont Royal.

Le site patrimonial du Mont-Royal est déclaré par le gouvernement du Québec en 2005.

Source : Conseil du patrimoine culturel


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Site patrimonial du Vieux-Québec



Site patrimonial du Vieux-Québec

Le site patrimonial du Vieux-Québec est un territoire urbain d'environ 135 hectares. Il est composé de deux secteurs distincts, une partie haute sur le promontoire du cap Diamant et une partie basse sur une bande de terre entre la falaise, la rivière Saint-Charles et le fleuve Saint-Laurent, à l'endroit même où ce cours d'eau se fait plus étroit. Il comprend près de 1400 bâtiments construits à partir du XVIIe siècle qui forment un paysage architectural diversifié évoquant ses principales fonctions, commerciale, culturelle, financière, institutionnelle, militaire, religieuse et résidentielle. Le site témoigne de quatre siècles d'architecture et compte des immeubles d'inspiration française, des édifices d'esprit palladien et néoclassique ainsi que des bâtiments d'influence plus éclectique.

Ce bien est déclaré site patrimonial. De forme irrégulière, le périmètre du site est approximativement délimité par le fleuve Saint-Laurent, les rues Saint-André et Saint-Paul, les secteurs du Palais de l'intendant et de l'îlot Fleurie, la rue Saint-Vallier Est, la côte d'Abraham, et par une ligne imaginaire passant entre l'Hôtel du Parlement et les remparts qui se poursuit jusqu'à la falaise et le fleuve. Le site est inclus dans l'arrondissement municipal de La Cité. Il englobe la ville fortifiée située dans le quartier Vieux-Québec-Haute-Ville, ainsi que certaines portions des quartiers Vieux-Québec-Basse-Ville, Cap-Blanc (à l'ouest) et Saint-Roch (au nord). Il compte plusieurs biens patrimoniaux classés. De nombreux sites archéologiques connus, témoignant de la présence autochtone et euroquébécoise, sont également associés au lieu.

Le site patrimonial du Vieux-Québec, déclaré en 1963 et agrandi en 1964, est un territoire urbain d’environ 135 hectares.

Il est composé de deux secteurs distincts, une partie haute sur le promontoire du cap Diamant et une partie basse sur une bande de terre entre la falaise, la rivière Saint-Charles et le fleuve Saint-Laurent. Il comprend près de 1 400 bâtiments construits à partir du XVIIe siècle, qui forment un paysage architectural diversifié évoquant ses principales fonctions, commerciale, culturelle, financière, institutionnelle, militaire, religieuse et résidentielle. L’ensemble témoigne de quatre siècles d’architecture et compte des immeubles d’inspiration française, des édifices d’esprit palladien et néoclassique ainsi que des bâtiments d’influence plus éclectique.




Valeur patrimoniale

Le site patrimonial du Vieux-Québec présente un intérêt pour sa valeur historique. Berceau de la civilisation française en Amérique, ce territoire urbain possède une densité historique remarquable et de nombreux repères mémoriels. Fréquenté par les autochtones depuis des millénaires, Québec est fondé en 1608 par l'explorateur français Samuel de Champlain (vers 1570-1635). De comptoir de traite, le lieu devient la capitale de la Nouvelle-France en 1663. Conquis en 1759, il est le siège administratif de la nouvelle colonie britannique (1763), puis une cité parlementaire (1791). En 1871, la garnison britannique quitte la ville. À l'initiative de Lord Dufferin (Frederick Temple Blackwood, 1826-1902), alors gouverneur général du Canada, le Vieux-Québec est graduellement perçu comme un lieu de mémoire national. Depuis, son caractère de cité-forteresse est mis en valeur et ses réaménagements s'inscrivent dans une continuité significative. Le site est aujourd'hui le centre historique et touristique de la capitale du Québec et le haut-lieu de l'Amérique française.

Le site patrimonial présente aussi un intérêt pour sa valeur paysagère. Né d'une adaptation à la topographie du site, ce paysage urbain se distingue par ses deux ensembles hiérarchisés, l'un à la haute-ville et l'autre à la basse-ville. La partie haute est structurée par son cadre institutionnel et par ses fortifications, avec la citadelle érigée sur le point culminant du cap Diamant, qui témoignent avec éloquence de l'aménagement des villes coloniales fortifiées et forment de loin l'exemple le plus complet préservé en Amérique du Nord. La partie basse, commerciale et portuaire, est enclavée entre la falaise et le fleuve. Le territoire se distingue aussi par son parcellaire varié, ses percées visuelles et ses vastes panoramas qui englobent parfois les environs ainsi que par la diversité de ses repères bâtis et naturels. La trame urbaine ancienne, au rythme et à la physionomie contrastée, est formée par le réseau initial des rues (radioconcentrique et orthogonal) et ponctuée de places qui témoignent de la période française. Certains aménagements réalisés depuis 1875 valorisent ses origines françaises.

Le site patrimonial présente également un intérêt pour sa valeur architecturale. On y trouve quelques-uns des exemples les plus achevés de l'architecture québécoise, notamment des XVIIIe et XIXe siècles. Le patrimoine bâti témoigne du caractère urbain de Québec et représente ses principales fonctions : commerciale, culturelle, financière, institutionnelle, militaire, religieuse et résidentielle. La concentration de bâtiments d'inspiration française est exceptionnelle. L'architecture postérieure à 1790, inspirée de l'architecture palladienne et néoclassique, marque aussi profondément le paysage. Quant à l'architecture plus éclectique d'après 1850, elle puise à la fois aux sources contemporaines britanniques, françaises et à celles des États-Unis. Le territoire compte plusieurs œuvres d'architectes célèbres qui ont marqué l'histoire de l'architecture québécoise et en font la richesse. La mise en valeur du site, après 1960, s'est accompagnée de plusieurs reconstitutions historiques.

Le site patrimonial présente en outre un intérêt pour sa valeur archéologique. Le territoire renferme 470 sites archéologiques connus qui témoignent de l'occupation humaine du lieu depuis la présence autochtone et des modes de vie de ses habitants. L'époque de la Nouvelle-France est particulièrement bien représentée. Les traces d'occupation attestent l'importance stratégique de Québec comme lieu d'établissement, tant d'un point de vue militaire et politique que commercial. Ce territoire est l'un des mieux documentés en matière d'archéologie en Amérique du Nord et le plan d'aménagement du site intègre le volet archéologique, grâce à une très bonne connaissance de son potentiel.



Éléments caractéristiques

Les éléments clés du site patrimonial du Vieux-Québec liés à ses valeurs historique, paysagère, architecturale et archéologique comprennent, notamment :
- sa situation dans l'arrondissement municipal de La Cité-Limoilou, sur le promontoire du cap Diamant et sur une bande de terre entre la falaise, la rivière Saint-Charles et le fleuve Saint-Laurent;
- les 470 sites archéologiques connus permettant de retracer l'occupation humaine du lieu;
- les portions intactes offrant un potentiel archéologique;
- les immeubles et les sites patrimoniaux;
- les deux ensembles hiérarchisés, nés de la topographie du site, celui de la partie haute structuré entre autres par son cadre institutionnel et par ses fortifications et celui de la partie basse marqué notamment par un noyau commercial et portuaire;
- les fortifications, dont les remparts, la citadelle sur le point culminant du cap Diamant, les casernes et les redoutes;
- le parcellaire varié, dont les grands îlots institutionnels de la partie haute, les petits lots carrés majoritairement résidentiels comblant l'espace entre les grands îlots dans la partie haute et bordant la falaise dans la partie basse ainsi que des îlots au profil irrégulier;
- la trame urbaine ancienne, au rythme et à la physionomie contrastés, dont le réseau initial des rues de plan orthogonal dans la partie basse et de plan radioconcentrique et orthogonal dans la partie haute, les voies d'accès à la partie haute naturelles à l'origine (parmi lesquelles la côte de la Montagne, la côte du Palais et la côte d'Abraham), le parcours sinueux de certains tracés anciens soumis à la topographie et les anciennes places;
- les repères bâtis et naturels, dont le fleuve Saint-Laurent, le cap Diamant, la falaise et son boisé, la façade fluviale avec sa ligne de quais et une partie de ses rives couvertes de végétation, les édifices distinctifs à vocation institutionnelle ou commerciale, la terrasse, les portes des fortifications, les parcs, les places, les espaces publics et les monuments commémoratifs;
- les vastes panoramas englobant parfois les environs et ses percées visuelles malgré l'étroitesse des rues;
- les édifices témoignant de différentes fonctions, notamment commerciale, culturelle, financière, institutionnelle, militaire, religieuse et résidentielle;
- les bâtiments d'inspiration française caractérisés par les maçonneries portantes en moellons parfois crépies et chaulées, les élévations de deux ou trois étages, les toits aigus à versants droits ou à croupes souvent percés de lucarnes, les cheminées massives, les murs coupe-feu, les fenêtres à battants à petits carreaux, les chambranles en pierre taillée ainsi que l'ornementation sobre;
- les bâtiments d'inspiration palladienne et néoclassique caractérisés par la symétrie des façades, les maçonneries portantes en pierre taillée, en moellons couvertes d'un crépi imitant la pierre de taille ou encore en brique, les élévations de trois ou quatre étages, les toits de pente moyenne à versants droits ou à croupes percés de lucarnes, l'ordonnance régulière des fenêtres à battants ou à guillotine et l'ornementation sobre puisant au répertoire classique;
- les bâtiments érigés après 1850 caractérisés par leurs vocabulaires formels variés puisant notamment dans l'architecture victorienne, Second Empire et Beaux-Arts, les maçonneries (portantes ou de revêtement) en pierre ou en brique, les élévations souvent à trois ou quatre étages, les toits aux formes variées notamment à pignon, mansardés ou plats, l'ornementation souvent abondante et riche en pierre ou en bois;
- la mitoyenneté des constructions;
- les plans rectangulaires ou irréguliers épousant la forme des lots;
- les cours arrière accessibles par des portes cochères.



Informations historiques

Le territoire du site patrimonial du Vieux-Québec est le berceau de la civilisation française en Amérique du Nord. Ce lieu possède une densité historique remarquable et de nombreux repères mémoriels.

Fréquenté par les autochtones depuis la préhistoire, Québec est fondé en 1608 par Samuel de Champlain (vers 1570-1635), explorateur français, à la demande de Pierre Du Gua De Monts (vers 1558-1628), détenteur d'un monopole commercial. Québec est d'abord un comptoir de traite des fourrures. En 1615, le lieu accueille ses premiers missionnaires. La construction du fort Saint-Louis sur le cap Diamant, en 1620, marque la naissance de la partie haute de la cité.

En 1663, la Nouvelle-France est annexée au domaine royal, et Québec en devient la capitale. Les fonctions institutionnelles, militaires, commerciales et portuaires se développent, et les fortifications se complexifient. De nombreux bâtiments d'inspiration française sont érigés.

Assiégé par les Britanniques en 1759, Québec capitule. En 1763, l'ancienne capitale de la Nouvelle-France devient le siège administratif de la nouvelle colonie anglaise. La cité est désignée capitale parlementaire du Bas-Canada en 1791, et ses activités institutionnelles se consolident. Les nouveaux édifices s'inspirent de l'architecture palladienne et néoclassique, ce qui modifie le visage de la ville.

Pendant la première moitié du XIXe siècle, la région de Québec connaît une importante croissance économique. Sa population augmente rapidement, notamment avec l'arrivée des immigrants, et se répand hors les murs dans les faubourgs. Cette prospérité découle principalement du blocus continental (1806-1814) imposé à l'Angleterre par la France. Québec devient alors la plaque tournante du commerce du bois, de la construction navale et l'un des principaux ports en Amérique du Nord. La citadelle est alors construite sur le cap Diamant, faisant de Québec le « Gibraltar d'Amérique ».

La deuxième moitié du XIXe siècle est une période de déclin pour Québec. Les chemins de fer s'installent d'abord sur la rive sud du fleuve. Le commerce du bois et la construction navale s'essoufflent. Québec perd, de plus, son statut de capitale du Canada-Uni. Les principales activités économiques et politiques se déplacent ainsi vers l'ouest.

En contrepartie, la cité de Champlain devient, en 1867, la capitale de la province de Québec. Elle s'impose comme le principal centre urbain et industriel de l'Est-du-Québec et d'une partie des Maritimes. L'architecture plus éclectique de cette période puise à la fois aux sources contemporaines britanniques, françaises et à celles des États-Unis.

En 1871, la garnison britannique quitte Québec. Ce départ met en question la survivance des fortifications. Elles seront néanmoins conservées, notamment grâce à Lord Dufferin (Frederick Temple Blackwood, 1826-1902), gouverneur général du Canada. Le Vieux-Québec est perçu graduellement comme un lieu de mémoire national. Son caractère de cité-forteresse est mis en valeur par la reconstruction de certaines portes des fortifications et l'édification du Château Frontenac, un hôtel construit sur le site du château Saint-Louis.

Le site patrimonial du Vieux-Québec est déclaré en 1963 et agrandi l'année suivante. Les réaménagements du Vieux-Québec s'inscrivent désormais dans une continuité significative et tiennent compte des aspects historiques. Le chantier de Place-Royale et ses reconstitutions historiques valorisent le passé français de la cité. Le lieu devient aussi un objet d'étude historique, architectural et archéologique.

En 1985, le site patrimonial du Vieux-Québec est le premier noyau urbain en Amérique du Nord à être inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l'Organisation des Nations Unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO).

Le site est aujourd'hui le centre historique et touristique de la capitale du Québec et le haut-lieu de l'Amérique française.

Source : Conseil du patrimoine culturel


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Village historique de Val-Jalbert



Village historique de Val-Jalbert

Le village historique de Val-Jalbert est un ancien village industriel créé en 1901 autour d'une usine de production de pâte de bois et déserté durant les années 1930. Le site comprend un ensemble de 94 bâtiments, dont une usine de pâte à papier, des édifices institutionnels et commerciaux, des habitations, des installations touristiques ainsi que de nombreux vestiges. Le village historique de Val-Jalbert est situé au sud-ouest du lac Saint-Jean, dans la municipalité de Chambord, à l'extérieur du noyau villageois.

Ce bien est classé site patrimonial. La protection s'applique à l'extérieur des bâtiments, aux vestiges, aux structures et au terrain de près de deux kilomètres carrés qui suit l'axe nord-sud de la rivière Ouiatchouan, depuis la chute Maligne jusqu'à son embouchure. Un site archéologique est associé au lieu.


Valeur patrimoniale

Le village historique de Val-Jalbert présente un intérêt patrimonial pour sa valeur historique. La Compagnie de pulpe Ouiatchouan est créée en 1901 par l'homme d'affaires Damase Jalbert (1842-1904) pour répondre aux besoins croissants des marchés britanniques et américains pour le papier journal. Devenue propriété de la Compagnie de pulpe de Chicoutimi en 1909, sous la direction de Julien-Édouard-Alfred Dubuc (1871-1947), l'entreprise est l'une des rares industries de pâte à papier financée par des Canadiens français dans la province. Val-Jalbert constitue donc un lieu important pour l'histoire de ce type d'industrie et témoigne d'une époque pendant laquelle des Canadiens français tentent de se tailler une place dans l'économie québécoise et mondiale.

Le village historique de Val-Jalbert présente aussi un intérêt patrimonial pour sa valeur urbanistique. Les villes de compagnie sont composées de bâtiments et d'infrastructures qui appartiennent aux entreprises qui les ont créées. Val-Jalbert comprend deux secteurs, la haute et la basse ville, le premier étant résidentiel et le second, industriel, commercial et institutionnel. Les premières maisons sont construites dès 1902, mais le village se développe véritablement à partir de 1904, selon un plan d'urbanisme établi par le nouveau propriétaire, la Ouiatchouan Falls Paper Company, une société américaine. Les quatre modèles d'habitations ouvrières conçus par cette compagnie sont cependant réalisés par la Compagnie de pulpe de Chicoutimi, qui lui succède en 1909. Ces deux entreprises fournissent également des services publics au village, comme un réseau d'égouts, d'aqueduc, d'électricité et de téléphone. L'artère principale est macadamisée et plantée d'arbres, les rues bordées de trottoirs de bois et éclairées. Val-Jalbert reflète toujours le caractère particulier qu'il avait dans les années 1920, soit celui d'une enclave moderne en milieu rural.

Le village historique de Val-Jalbert présente également un intérêt patrimonial pour sa valeur paysagère. Au tournant du XXe siècle, les industries de pâte de bois mécanique s'installent à proximité de cours d'eau capables de fournir l'énergie hydraulique nécessaire au fonctionnement de la machinerie. Val-Jalbert est implanté au coeur d'un site naturel exceptionnel comprenant, entre autres, la rivière Ouiatchouan et ses chutes hautes de près de 72 mètres. De plus, le secteur forestier ceinturant la rivière constitue une immense réserve de matière première. L'emplacement du village a donc été choisi de manière à profiter au maximum des avantages de la rivière et constitue un témoignage éloquent des pratiques de l'industrie de la pâte à papier à cette époque.

Le village historique présente en outre un intérêt patrimonial pour sa valeur technologique. En raison de la brièveté de son occupation, le site a subi peu de transformations, ce qui permet de lire son organisation spatiale initiale tout en retrouvant des exemples des divers bâtiments. L'usine et les équipements uniques qu'il contient, notamment une bouilloire, des turbines, un défibreur et des presses hydrauliques, permettent également de reconstituer le procédé de production de la pâte mécanique utilisé dans les années 1920. Pris en charge par l'Office du tourisme dès 1960, puis par la MRC Le Domaine-du-Roy, le village fait l'objet d'une mise en valeur depuis plus de 50 ans et permet une meilleure compréhension des agglomérations industrielles du tournant du XXe siècle.


Éléments caractéristiques

Les éléments-clés du village historique de Val-Jalbert liés à ses valeurs historique, urbanistique, paysagère et technologique comprennent, entre autres :
- les deux quartiers, soit la haute et la basse ville;
- le réseau de rues;
- les bâtiments et les vestiges résidentiels, dont les habitations en bois des ouvriers construites selon quatre modèles et les vestiges de la maison de l'intendant;
- les bâtiments secondaires, dont les granges et les vestiges d'écurie;
- les bâtiments commerciaux, dont le magasin général-hôtel et la boucherie;
- les bâtiments institutionnels, dont le couvent-école en bois, les fondations de l'église Saint-Georges de la Ouiatchouan, les vestiges du presbytère et ceux de la première chapelle;
- les vestiges d'un ancien moulin à farine;
- la rivière, les chutes et le secteur boisé;
- le moulin de pâte à bois mécanique en pierre;
- les équipements fixes du moulin, notamment une bouilloire, des turbines, un défibreur et un ramasse-pâte, un tamis, des presses et des contrepoids hydrauliques;
- les autres installations, dont les vestiges du barrage, de la conduite forcée, de l'amenée de bois et du débarcadère ferroviaire;
- le site archéologique amérindien et euroquébécois.


Informations historiques

L'histoire du village de Val-Jalbert débute par la fondation de la Compagnie de pulpe Ouiatchouan par Damase Jalbert, en 1901. À cette époque, une maison, un moulin à farine, un moulin à scie et une boutique de forge existent déjà à cet endroit. Une partie de ces équipements est donc adaptée et incorporée au nouveau complexe industriel.

En 1904, l'entreprise connaît d'importantes difficultés financières. Elle est alors acquise par des actionnaires américains et devient la Ouiatchouan Falls Paper Company. À l'origine du premier plan d'urbanisme du village, les nouveaux propriétaires, aux prises à leur tour avec des problèmes financiers, la revendent à la Compagnie de pulpe de Chicoutimi en 1907. Le directeur général de cette dernière, Julien-Édouard-Alfred Dubuc (1871-1947), homme d'affaires bien connu de Chicoutimi, entreprend rapidement des travaux d'expansion du complexe industriel et du village. Celui-ci prend le nom de Val-Jalbert en 1913, en mémoire de son fondateur. À l'été 1915, le gouvernement du Québec fait préparer un nouveau plan pour le village et l'érige alors en municipalité, à la demande des citoyens.

Le plus grand concurrent de Dubuc, la Price Brothers, se porte acquéreur de la moitié des obligations émises par la Compagnie de pulpe de Chicoutimi en 1922 et fait ainsi son entrée à son conseil d'administration. Ce coup de théâtre entraîne la démission de Dubuc un an plus tard. L'usine de Val-Jalbert devient propriété de la Quebec Pulp and Paper Mills Ltd en 1926.

Dès 1927, la Quebec Pulp and Paper Mills rencontre des difficultés. Elle ne dispose pas des ressources financières nécessaires pour moderniser l'usine et pour construire une usine de fabrication de papier, ce qui aurait permis la survie de Val-Jalbert. Elle ferme donc ses portes, laissant des centaines d'ouvriers sans travail. La compagnie a, par ailleurs, des dettes envers le gouvernement du Québec depuis 1923, parce qu'elle n'a pas payé sa part des travaux d'aménagement d'un réservoir au lac Kénogami. Pour se rembourser, le gouvernement la met donc en faillite en 1942 et récupère les équipements de l'usine de Val-Jalbert. L'Office du tourisme rénove le site dans les années 1960 et en assure la gestion. Le village « fantôme » de Val-Jalbert est dès lors ouvert au public. Il passe entre les mains de la Société des établissements de plein air du Québec (SÉPAQ) en 1987, qui s'associe à la MRC Le Domaine-du-Roy en 1998 pour poursuivre sa mise en valeur.

Le village de Val-Jalbert est classé en 1996.

À partir du tournant du XXIe siècle, plusieurs bâtiments sont restaurés, dont le magasin général et des maisons de la rue Saint-Georges, transformées en lieu d'hébergement. Plusieurs interventions archéologiques ont également lieu sur le site.

En 2009, la MRC du Domaine-du-Roy devient l'unique propriétaire du village historique de Val-Jalbert. Le site constitue un attrait touristique majeur de la région.

Source :


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Abénaquis



Musée Abénaquis

Les Abénaquis (ou Wôbanakies) sont une Première Nation algonquienne d'Amérique du Nord, dont le nom signifie « peuple de l'aube » ou « peuple de l'est » ; ils occupaient historiquement le sud du Québec, le Maine et la Nouvelle-Angleterre, s'installant définitivement au Québec, principalement à Odanak (près de Sorel) et Wôlinak (près de Trois-Rivières), où ils vivent aujourd'hui. Connus pour leur vannerie et leur spiritualité harmonieuse, ils sont un peuple résilient qui a historiquement soutenu les Français contre les Anglais et qui maintient aujourd'hui sa culture, avec des institutions comme le Musée des Abénakis à Odanak.

Texte généré par Gemini (IA)


Population et territoire

Odanak et Wôlinak, les deux communautés abénaquises du Québec, sont situées sur la rive sud du Saint-Laurent, près de Trois-Rivières, entre Sorel et Bécancour. On compte plus de 3 000 Abénaquis au Québec, dont 400, au moins, demeurent à Odanak et à Wôlinak. Des centaines d’Abénaquis vivent en dehors de leur communauté, un peu partout en Amérique du Nord.


Langue

Les Abénaquis appartiennent à la grande famille linguistique et culturelle algonquienne. Au Québec, ils parlent français, et plusieurs d’entre eux connaissent aussi l’anglais. La langue abénaquise est toujours parlée par certaines personnes aînées.


Histoire

Au regard de l’histoire, la vannerie de frêne et de foin d’odeur a longtemps constitué une source importante de revenus pour la nation abénaquise. Chaque été, les familles abénaquises se rendaient aux États-Unis pour vendre leurs paniers fabriqués durant l’hiver. Puis, au début du 20e siècle, des marchands de Montréal, de Toronto et de New York ont fait le trajet inverse en venant directement à Odanak acheter la production des Abénaquis et leur vendre la matière première. Les familles ont alors cessé leurs voyages estivaux vers les États-Unis.


Économie

De nombreux organismes culturels sont voués à la protection et à la diffusion de la culture abénaquise. Depuis 1960, la Société historique d’Odanak administre le Musée des Abénakis, l’un des plus importants musées autochtones du Québec. Le groupe Alnôbaiwi organise des activités culturelles et communautaires auxquelles sont conviés tant les Autochtones que les allochtones. Une troupe de danse, Mikwôbait, se produit également au Québec et à l’étranger.

Les Abénaquis de Wôlinak possèdent une plantation de pins et plusieurs petites et moyennes entreprises, dont une résidence pour personnes âgées, une usine de produits de fibre de verre et une entreprise de collecte d’ordures ménagères et de matières recyclables. En 1999, le Conseil des Abénakis de Wôlinak a mis sur pied le Carrefour Wôlinak, un incubateur d’entreprises qui apporte son aide aux petites entreprises tant autochtones que non autochtones. Odanak accueille aujourd’hui l’Institution Kiuna, le premier centre d’études collégiales consacré à l’éducation des Autochtones du Québec.

Source : Gouvernement du Québec


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Algonquins (Anishinabe)



Mosaïculture représentant la nation algonquine

Les Algonquins (ou Anishinabeg) sont un peuple autochtone d'Amérique du Nord, faisant partie de la grande famille linguistique algonquienne, vivant principalement dans l'ouest du Québec et l'est de l'Ontario, dont le nom signifie « vrais hommes » ou « humains purs » en leur langue, l'Anishinaabemowin, qui est riche en spiritualité et en lien avec le territoire, symbolisée par leur artisanat unique (vannerie, mocassins) et leur mode de vie traditionnel.

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Population et territoire

Sur 12 607 Algonquins, environ 6 000 habitent les 9 communautés de la nation. Sept des communautés algonquines se trouvent en Abitibi-Témiscamingue, plus précisément à Hunter’s Point, à Kebaowek, à Lac-Simon, à Kitcisakik, à Pikogan, à Timiskaming et à Winneway. Les deux autres, Lac-Rapide et Kitigan Zibi, sont situées dans la région de l’Outaouais.


Langue

La langue algonquine est parlée dans la plupart des communautés; certaines personnes aînées ne connaissant d’ailleurs ni l’anglais ni le français. Comme langue seconde, les Algonquins utilisent l’anglais ou le français, et plusieurs sont trilingues.


Histoire

Traditionnellement, le mode de vie des Algonquins s’est articulé autour de la chasse, de la pêche, du piégeage et de la cueillette. Comme chez les autres groupes nomades, les activités de subsistance ont varié au rythme des saisons. L’été était l’occasion de grands rassemblements au cours desquels des mariages étaient célébrés. L’automne, les familles repartaient vers leur territoire de chasse pour y passer l’hiver.

La sédentarisation des Algonquins s’est accentuée au début du 20e siècle, lorsque l’Abitibi s’est ouverte à la colonisation. Les colons, les prospecteurs et les bûcherons y ont afflué, perturbant progressivement les activités traditionnelles de la nation. Plusieurs réserves se sont constituées de 1940 à 1974, entre autres celles de Lac-Simon, de Lac-Rapide, de Pikogan et de Kebaowek. Certaines communautés ne sont cependant pas constituées en réserve : Kitcisakik, Winneway et Hunter’s Point.


Économie

En général, les Algonquins administrent eux-mêmes les services gouvernementaux, tels l’éducation, la santé, le logement et le développement des infrastructures municipales, ce qui représente une importante source d’emplois. Les opérations forestières, le tourisme et l’artisanat constituent d’autres secteurs de leur activité économique.

Kitigan Zibi est la plus grande et la plus populeuse des communautés algonquines. On y trouve plusieurs petites entreprises de même qu’une maison des jeunes, un atelier pour personnes handicapées, un centre de traitement pour toxicomanes, un centre culturel, un poste de police, un foyer de groupe pour personnes semi-autonomes et un centre de services pour les femmes algonquines en difficulté, qui inclut quelques chambres.

Source : Gouvernement du Québec


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Anglo Canadian Pulp and Paper Mills



Anglo Canadian Pulp and Paper Mills vers 1927

L'usine de l'Anglo Canadian Pulp and Paper Mills est construite à Québec, de 1927 à 1928, par le Daily Mirror Newspaper de Londres. Elle se spécialise dans la production de pâtes et papiers.

Érigée dans le quartier Limoilou, elle se trouve au confluent de la rivière Saint-Charles et du fleuve Saint-Laurent, près du port et en eaux profondes. Son emplacement lui permet de recevoir les billes de bois flottantes, de même que celles qui arrivent par bateau. Les installations sont gigantesques et requièrent des investissements de 25 millions de dollars. Pour approvisionner son usine en bois, l'Anglo Canadian Pulp and Paper Mills achète des concessions forestières dans la région de Forestville. Dès son ouverture, la papetière emploie 500 ouvriers. Entre 1935 et 1945, elle passe de 700 à 1000 employés.

En 1960, l'usine de pâtes et papiers est achetée par la Reed Paper International et prend le nom de Reed Paper Limited en 1975. Treize ans plus tard, elle est vendue à la compagnie japonaise Daishowa qui entreprend de la moderniser en construisant une usine de pâte thermomécanique et une usine de désencrage. En 2001, le complexe est vendu à Enron, qui le nomme Stadacona Limited. Depuis 2004, il est la propriété de Papiers White Birch.
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Notices bibliographiques :
Conseil de l'industrie forestière du Québec. Québec, ville de bois [En Ligne]. http://www.qfic.qc.ca/400/
Ville de Forestville. La ville, Historique [En Ligne]. http://www.forestville.ca/

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Association des Fils de la Liberté



Hôtel Nelson, Montréal

L'Association des Fils de la Liberté est un regroupement politique et paramilitaire du Bas-Canada opposé à l'administration britannique et inspiré des Sons of Liberty de la Révolution américaine. Il est fondé dans le contexte des troubles politiques de 1837 et entretient des liens serrés avec le Parti patriote.

Le 5 septembre 1837, entre 500 et 700 patriotes, essentiellement des jeunes, se réunissent à l'Hôtel Nelson à Montréal et forment l'Association des Fils de la Liberté. Celle-ci est basée sur l'idée que les instances parlementaires ne suffisent pas à faire entendre la cause des patriotes et qu'il est nécessaire d'utiliser d'autres véhicules d'expression, la force si nécessaire.

La structure de l'Association des Fils de la Liberté reflète la volonté des fondateurs de se préparer à prendre les armes si la situation les y appelle. En plus de la section civile, le comité de régie présidé par l'avocat André Ouimet, l'association se dote d'une section militaire sous le commandement de Thomas Storrow Brown, un quincailler. L'organisation militaire prévoit une division en six sections comprenant des compagnies de maximum 50 hommes chacune. Celles-ci sont composées d'un chef, de deux lieutenants, d'un enseigne et de cinq sergents. L'association doit se rencontrer le premier lundi de chaque mois pour discuter des affaires civiles et organiser occasionnellement des manœuvres d'entraînement militaire, parfois en plein cœur de Montréal. La devise de l'association est « En avant! » et Georges-Étienne Cartier leur compose un hymne qui s'intitule « Avant tout, je suis Canadien. » Les rencontres de l'association sont annoncées dans les petites annonces des journaux La Minerve et The Vindicator.

L'essentiel des membres des Fils de la Liberté se situe à Montréal. D'autres groupes s'organisent en dehors de la métropole, mais ne regroupent pas plus de 200 personnes. Au total, le gouverneur Archibald Acheson, comte Gosford, estime à environ 2000 le nombre de membres, mais il est ardu de le déterminer avec précision, puisque la participation d'une activité à l'autre diffère largement.

Le 6 novembre 1837, les patriotes de l'association, réunis en assemblée à l'auberge Bonacina, à Montréal, attirent l'attention du Doric Club, un groupe paramilitaire loyaliste. Ce dernier convoque les loyalistes de Montréal à se mobiliser avec l'objectif avoué d'aller écraser les Fils de la Liberté. La confrontation entre les deux groupes donne lieu à une série d'escarmouches dans les rues de Montréal qui se terminent avec le saccage des bureaux du journal The Vindicator et de la maison de Louis-Joseph Papineau par les loyalistes.

Le 16 novembre, conséquence directe de l'échauffourée urbaine, une série de mandats d'arrêt pour haute trahison est lancée par les autorités coloniales contre les principaux chefs patriotes. André Ouimet et plusieurs autres sont capturés, d'autres s'échappent. À cette date, l'Association des Fils de la Liberté cesse vraisemblablement ses activités.
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Notices bibliographiques :
AUBIN, Georges, dir. et André OUIMET. Journal de prison d'un Fils de la liberté, 1837-1838. Montréal, Typo impression, 2006. 155 p.
AUBIN, Georges et Marcel RHEAULT. Médecins et patriotes. Québec, Septentrion, 2006. 350 p.
Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En Ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
ROCHON, Paul. 1837 : la petite histoire des patriotes. Montréal, Éditions du Taureau, 1987. 283 p.
s.a. Les Patriotes de 1837 à 1838 [En Ligne]. http://www.1837.qc.ca

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Association des frères-chasseurs



Bataille d'Odelltown

Constituée en 1838, l'Association des frères-chasseurs est une organisation paramilitaire secrète dont la fondation s'inscrit dans le contexte des rebellions de 1837-1838. Elle a pour objectif de structurer les forces rebelles pour mener à bien leur tentative d'invasion du Bas-Canada.

En 1837, à la suite de l'échec des mouvements insurrectionnels du Bas-Canada, des centaines de patriotes trouvent refuge aux États-Unis. Le docteur Robert Nelson, partisan d'une prompte réaction militaire, est choisi pour prendre le commandement des patriotes exilés et organiser l'invasion du Bas-Canada. Une première incursion, en février 1838, est rapidement interceptée par les Britanniques et repoussée vers la frontière américaine. Cette déroute force les chefs patriotes à reconnaître les problèmes qui ont contribué à cette défaite, notamment l'absence de structures organisationnelles et la fuite d'informations sensibles. Pour y remédier, les chefs du mouvement, dont Robert Nelson, François-Marie-Thomas Chevalier de Lorimier et Édouard-Élisée Mailhot, mettent sur pied, vers le printemps 1838, l'Association des frères-chasseurs, dont le centre nerveux est établi à Saint-Albans au Vermont. Les frères-chasseurs entretiennent une correspondance fournie avec les rebelles du Haut-Canada, organisés de façon similaire autour de William Lyon Mackenzie, afin de coordonner leurs opérations.

L'Association des frères-chasseurs est constituée sur le modèle d'une armée. Au sommet se trouve le grand commandeur, Robert Nelson. Celui-ci est assisté par deux généraux, ou grands aigles. Une centaine d'hommes répondent au commandement de colonels de division, les aigles. Ces divisions sont partagées entre deux capitaines, les castors, qui supervisent chacun cinq caporaux, les raquettes, commandant eux-mêmes neuf soldats, les chasseurs. Les membres des frères-chasseurs prêtent un serment d'allégeance selon lequel ils s'engagent entre autres à préserver les secrets de l'Association.

En septembre 1838, les frères-chasseurs sont répartis entre plus de 35 loges situées surtout dans la région de Montréal, bien qu'on trouve des loges jusqu'à Montmagny. Pendant les deux mois qui suivent, l'activité et le recrutement des chasseurs s'intensifient. En novembre, différents témoins de l'époque estiment que l'organisation compte entre 40 000 et 200 000 personnes.

Le 3 novembre, le plan d'invasion du Bas-Canada est mis en branle. Presque au même moment où les rebelles du Haut-Canada lancent une offensive, Nelson traverse de nouveau la frontière et installe son quartier général à Napierville où doivent se rejoindre l'essentiel des frères-chasseurs. Simultanément, les patriotes déjà au pays, commandés par le grand aigle Édouard-Élisée Mailhot, doivent se réunir à Saint-Ours et tenter de prendre le contrôle du fort Sorel.

Le plan d'invasion du Bas-Canada éprouve des ratés de toute part. Le 9 novembre, les forces de Nelson sont vaincues par des volontaires royalistes et des soldats réguliers lors de la bataille d'Odelltown. Quelques jours plus tard, les patriotes de Mailhot, n'ayant pu remplir leur objectif, se dispersent. Ces deux échecs s'inscrivent dans une série de défaites qui provoque vraisemblablement la fin des activités des frères-chasseurs au Bas-Canada, consacre la fin des mobilisations armées des patriotes et constitue le dernier épisode militaire des rebellions de 1837-1838.
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Notices bibliographiques :
AUBIN, Georges et Marcel RHEAULT. Médecins et patriotes. Québec, Septentrion, 2006. 350 p.
CAZZANIGA, Gian Mario. Frères chasseurs, brother hunters - Une histoire méconnue de charbonnerie canadienne et les églises chrétiennes et la franc-maçonnerie. Québec, Les presses de l'université Laval, 2008. 63 p.
DROUIN, François. « La république de 1838 ». Cap-aux-Diamants : la revue d'histoire du Québec. No 53 (1998), p. 14-16.
KINCHEN, Oscar A. The Rise and Fall of the Patriot Hunters. New York, Bookman Associates, 1956. 150 p.
MORIN, Victor. « La "république canadienne" de 1838 ». Revue d'histoire de l'amérique française. Vol. 2, no 4 (1949), p. 483-512.
MORTON, Desmond. Une histoire militaire du Canada, 1608-1991. Sillery, Les Éditions du Septentrion, 1992. 414 p.
s.a. Les Patriotes de 1837 à 1838 [En Ligne]. http://www.1837.qc.ca

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Attikameks



Costumes traditionnels

Les Attikameks (ou Atikamekw) sont un peuple autochtone du Québec, vivant principalement en Haute-Mauricie (Manawan, Wemotaci, Obedjiwan) et parlant une langue algonquienne proche du cri, l'atikamekw. Ils sont réputés pour leur culture traditionnelle liée à la rivière Saint-Maurice, leurs compétences en artisanat (écorce de bouleau), leur mode de vie nomade basé sur la chasse et la pêche (notamment le corégone, qui a donné leur nom), et leur territoire ancestral appelé Nitaskinan.

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Population et territoire

Les Attikameks, au nombre d’environ 8 000, habitent principalement Manawan, au nord de la région de Lanaudière, de même que Wemotaci et Opitciwan, en Haute-Mauricie.


Langue

L’attikamek est parlé par toute la population, tandis que le français est utilisé comme langue seconde.


Histoire

Au début des années 1900, l’industrialisation a entraîné l’exploitation intensive du territoire forestier des régions fréquentées par les Attikameks. Un premier moulin à bois a ouvert ses portes à La Tuque, puis le chemin de fer s’est rendu jusqu’à Wemotaci avant d’être prolongé vers l’Abitibi. Le train a provoqué l’afflux d’un grand nombre de travailleurs, de chasseurs et de pêcheurs en Mauricie. Par ailleurs, les Attikameks se sont déplacés à plusieurs reprises, entre 1950 et 1972, en raison de la construction de barrages.


Économie

L’organisation Atikamekw Sipi, soit le Conseil de la Nation Atikamekw (CNA), est vouée au développement social, culturel et économique des trois communautés attikameks. Elle a vu le jour en 1982. Grâce à cet organisme, les Attikameks assurent la gestion et la prestation des services sociaux à Manawan et à Wemotaci. De plus, le CNA produit du matériel didactique en langue attikamek.

Les Attikameks prônent le développement durable par la gestion intégrée des ressources avec tous ceux et celles qui utilisent la forêt, et ce, à des fins sociales, environnementales et économiques. À Wemotaci, ils ont mis sur pied les Services forestiers Atikamekw Aski. En plus de ses activités de reboisement et de sylviculture, ce service assure la formation des travailleurs attikameks.

En 1999, le conseil de bande d’Opitciwan est devenu propriétaire, avec la compagnie forestière AbitibiBowater, d’une scierie située sur le territoire de la communauté. Aujourd’hui, la Scierie Opitciwan est une coentreprise appartenant à 55 % au Conseil des Atikamekw d’Opitciwan et à 45 % à Produits forestiers Résolu.

Source : Gouvernement du Québec


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Augustines de la Miséricorde de Jésus de l'Hôtel-Dieu de Québec



Vue du monastère de l'Hôpital général de Québec, à Notre-Dame-des Anges, 1855

Les Augustines de la Miséricorde de Jésus arrivent en Nouvelle-France en 1639. Débarquées à Québec, elles y fondent le premier hôpital de la colonie. Au fil des siècles, leur présence s'étend dans une dizaine de villes, où elles prodiguent activement des soins de santé et des soins spirituels à la population jusque dans les années 1960.

En 1637, conseillée par le père Paul Le Jeune, supérieur des missions des Jésuites en Nouvelle-France, Marie de Vignerot, duchesse d'Aiguillon et nièce du cardinal Richelieu, projette de fonder un hôpital à Québec. Les Augustines de Dieppe, communauté hospitalière cloîtrée fondée au Moyen Âge et responsable de l'Hôtel-Dieu de cette ville, acceptent de prendre en charge le futur établissement. C'est ainsi que le 1er août 1639, les trois premières Augustines de la Miséricorde de Jésus, soit Marie Guenet de Saint-Ignace, première supérieure de la communauté, Anne Le Cointre de Saint-Bernard et Marie Forestier de Saint-Bonaventure, arrivent à Québec, en même temps que les Ursulines. Les Augustines constituent ainsi l'une des deux premières communautés religieuses féminines à s'être établies en Nouvelle-France.

Après un bref séjour à Québec, les Augustines déménagent à Sillery, en 1640, où elles fondent le premier hôpital en Amérique, au nord du Mexique. Situé près de la maison des Jésuites, cet établissement est destiné à l'évangélisation des Autochtones, que les hospitalières espèrent convertir par leur charité et leurs soins. Les guerres franco-iroquoises forcent toutefois les religieuses à retourner à l'intérieur des remparts de Québec en 1644. Deux ans plus tard, elles ouvrent l'Hôtel-Dieu. Recevant de moins en moins d'Autochtones, les Augustines soignent surtout des colons, des soldats et des matelots qui débarquent à Québec. La communauté se « canadianise » rapidement après 1650, date à laquelle la première postulante née au pays prononce ses voeux.

Les Augustines de la Miséricorde de Jésus commencent à essaimer sur de nouveaux territoires au tournant du XVIIe siècle. En 1692, Mgr Jean-Baptiste de La Croix de Chevrières de Saint-Vallier, évêque de Québec, fonde l'Hôpital général de Québec. L'année suivante, les Augustines prennent en charge cette institution dédiée au soin des pauvres, des personnes âgées et des invalides. Les Augustines de l'Hôpital général de Québec seront autonomes de celles de l'Hôtel-Dieu à partir de 1701. Avec le temps, d'autres monastères et hôpitaux sont fondés dans diverses régions, notamment à Chicoutimi (Saguenay) (1884), à Lévis (1892), à Gaspé (1926) et à Dolbeau (Dolbeau-Mistassini) (1955). Ces établissements favorisent le développement de plusieurs municipalités du Québec. Les Augustines mettent aussi en place des écoles d'infirmières.

L'arrivée des Augustines en Nouvelle-France est un moment décisif dans l'amélioration des conditions de vie des habitants de la colonie. C'est le point de départ de l'oeuvre hospitalière et spirituelle de ces religieuses, au cours de laquelle elles ont jeté les bases de la dispensation et de l'administration des soins de santé au Québec, et joué un rôle important dans le développement de la pharmacologie.
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Notices bibliographiques :
BATES, Christina, Diane DODD et Nicole ROUSSEAU. Sans frontières: quatre siècles de soins infirmiers canadiens. Ottawa, Presses de l'Université d'Ottawa / Musée canadien des civilisations, 2005. 248 p.
BERTHOLD, Étienne. Une société en héritage - L'oeuvre des communautés religieuses pionnières à Québec. Québec, Publications du Québec, 2015. 119 p.
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
CARON, Pierre et Jacques LACOURSIÈRE. Québec et sa région. Histoire vivante du Québec. Montréal, Éditions de l'Homme, 2008. 371 p.
CHABOT, Marie-Emmanuel. « Simon de Longpré, Marie-Catherine de, dite de Saint-Augustin ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
Fédération des monastères des Augustines de la Miséricorde de Jésus. Augustines de la Miséricorde de Jésus [En Ligne]. http://www.augustines.org/
HARE, John, Marc LAFRANCE et David-Thiery RUDDEL. Histoire de la ville de Québec, 1608-1871. Montréal, Boréal, 1987. 399 p.
JEAN, Marguerite. Évolution des communautés religieuses de femmes au Canada de 1639 à nos jours. Histoire religieuse du Canada. Montréal, Fides, 1977. 324 p.
JOUVE, O. Le troisième centenaire de l'établissement de la foi au Canada. Québec, Imp. franciscaine missionnaire, 1917. s.p.
LESSARD, Rénald. Se soigner au Canada aux XVIIe et XVIIIe siècles. Hull, Musée canadien des civilisations, 1989. 160 p.
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.
ROUSSEAU, François. La croix et le scalpel. Histoire des Augustines de l'Hôtel-Dieu de Québec (1639-1989). Vol. 1. Sillery, Septentrion, 1989. 454 p.
ROUSSEAU, François. La croix et le scalpel. Histoire des Augustines de l'Hôtel-Dieu de Québec (1639-1989). Vol. 2. Sillery, Septentrion, 1994. s.p.
SIMARD, Jean. « Monastère des Augustines de Québec ». s.a. Encyclopédie du patrimoine culturel de l'Amérique française [En ligne]. http://www.ameriquefrancaise.org/
THÉRIAULT, Michel. « Augustines de la Miséricorde de Jésus ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
s.a. Troisième centenaire de l'Hôtel-Dieu de Québec, 1639-1939. Cahiers de l'Hôtel-Dieu de Québec, 1. Québec, Imprimerie Charrier et Dugal, 1947. 142 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Banque de Montréal



Style néoclassique 1847

La Banque de Montréal est créée le 3 novembre 1817. Sa première succursale se trouve sur la rue Saint-Paul à Montréal. Société par actions à responsabilité limitée, la Banque de Montréal compte 289 associés au moment de sa fondation. Austin Cuvillier, George Moffatt, John Richardson et James Leslie font, notamment, partie des premiers fondateurs. La Banque obtient une charte émise par la province du Bas-Canada en 1822.

Dès sa fondation, la Banque de Montréal se positionne comme un acteur économique important dans la colonie. En plus d'être un lieu sûr pour entreposer des fonds, elle consent des prêts commerciaux et finance le commerce outre-mer. La Banque favorise aussi le développement commercial et industriel ainsi que la colonisation avec le financement de grands projets, telles l'ouverture des canaux pour la navigation et la construction du chemin de fer transcontinental. Plus grande institution financière du pays, la Banque de Montréal fait office de banque centrale à partir de 1863, et ce, jusqu'à la fondation de la Banque du Canada en 1935. Depuis 1893, elle est également l'agent financier du gouvernement canadien en Angleterre.

La croissance de la Banque de Montréal est, entre autres, liée aux nombreuses fusions avec d'autres banques, comme celles avec la Banque d'Échange de Yarmouth (1903), avec la Banque du Peuple d'Halifax (1905), avec la Banque de l'Amérique Britannique du Nord (1918), avec la Banque des Marchands du Canada (1922) et avec la Harris Bankcorp aux États-Unis (1984). Plusieurs hommes d'affaires occupent le poste de président de la Banque, comme Peter McGill, de 1834 à 1860, George Alexander Drummond, de 1905 à 1910, et Richard B. Angus, de 1910 à 1913.

Dans les années 1990, l'assouplissement de la réglementation concernant les banques permet à la Banque de Montréal de diversifier ses activités. Elle offre ainsi de nouveaux services, dont ceux des valeurs mobilières et de l'assurance. Elle est aussi la première banque canadienne à s'inscrire à la cote officielle à la bourse de New York en 1994. En 2007, la Banque de Montréal compte 1300 succursales au Canada et à l'étranger, fournit à sa clientèle un service bancaire électronique et déclare des actifs de 367 milliards de dollars. La Banque de Montréal possède plusieurs sociétés, regroupées sous l'appellation BMO Groupe financier.
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Notices bibliographiques :
Banque de Montréal. À propos de nous. [En Ligne]. http://www2.bmo.com/
DENISON, Merrill. La première banque au Canada. Histoire de la Banque de Montréal. Toronto / Montréal, MSRC / McClelland and Stewart Limited, 1967. 453 p.
NOLIN-RAYNAULD, Michelle. L'édifice de la Banque de Montréal à la Place d'Armes 1845-1901. Montréal, Les Éditions Varia, 1997. 157 p.
PARÉ, Jean-Pierre. « La doyenne des banques québécoises: la Banque de Montréal ». Cap-aux-Diamants. No 29 (s.d.), p. 36-39.
PARÉ, Jean-Pierre. Les banques au Québec. Québec, Éditions GID, 2008. 413 p.
Société de développement de Montréal. Vieux-Montréal [En Ligne]. http://www.vieux.montreal.qc.ca

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Capucins



Capucins de Morgon

L'ordre des Frères mineurs capucins, créé en 1525 en Italie par des Frères mineurs des Marches, fait partie de la famille franciscaine, dont le fondateur est saint François d'Assise. Les membres se distinguent alors par leur tenue particulière : tête rasée, longue barbe, bure brune et sandales aux pieds. À la fois actifs et contemplatifs, les Capucins, qui vouent leur vie à la prière et s'astreignent à une grande pauvreté, s'emploient à la diffusion du tiers-ordre et à la prédication, et se chargent de missions à l'étranger. La première présence capucine au Canada remonte au XVIIe siècle, alors que des capucins de Paris se rendent en Acadie comme missionnaires. C'est toutefois en 1890 que des capucins de Toulouse, sous la direction du frère Alexis de Barbezieux, s'implantent définitivement au Canada. Ils s'installent alors dans le diocèse d'Ottawa, où l'évêque de la ville, Mgr Joseph-Thomas Duhamel, les accueille à la condition qu'ils prennent en charge une paroisse et qu'ils renoncent à la quête.

Les premiers capucins viennent au Canada afin d'exempter leurs jeunes membres du service militaire obligatoire en France. Ils ouvrent un noviciat dès leur arrivée à Ottawa et prennent également en charge la cure de Saint-François-d'Assise. Ils commencent alors à parcourir le Québec, l'Ontario et les États-Unis pour prêcher. Désireux d'affermir leur implantation au pays, les religieux cherchent à ouvrir de nouvelles maisons, notamment au Québec. En 1894, l'évêque de Rimouski, Mgr André-Albert Blais, confie aux Capucins la mission des Micmacs de Ristigouche (Listuguj). En 1902, ils acquièrent la paroisse de Saint-Charles-de-Limoilou (Notre-Dame-de-Rocamadour) à Québec et, au cours des ans, y font ériger un monastère (1903), y transfèrent leur noviciat (1904) et y font construire une nouvelle église d'après les plans de Joseph-Pierre Ouellet et de Pierre Lévesque (1920). Une quatrième fondation voit le jour en 1921, alors que les religieux acceptent de s'occuper d'un lieu de pèlerinage, le sanctuaire de la Réparation au Sacré-Cœur à Pointe-aux-Trembles (Montréal). Quatre ans plus tard, ils prennent en charge le sanctuaire de Lac-Bouchette, connu sous le nom d'Ermitage Saint-Antoine, répondant ainsi aux vœux de son fondateur, l'abbé Elzéar De Lamarre. En plus de ces champs d'apostolat, les Capucins du Canada dirigent des revues et publient des livres.

Malgré le désir d'implantation des Capucins de Toulouse au Canada, le personnel y demeure rare pendant la première partie du XXe siècle, avant la période d'expansion qui s'étend du début des années 1930 jusqu'à la fin des années 1960. De 123 religieux en 1934, dont 50 prêtres, 42 clercs et 31 frères laïcs, leur nombre passe à 220 en 1960, soit 142 prêtres, 27 clercs et 51 laïcs. Pendant cette période de croissance, la province capucine de l'est du Canada est créée en 1942, sept couvents sont ouverts, notamment au Nouveau-Brunswick, et trois nouvelles paroisses sont prises en charge, c'est-à-dire celles de Sainte-Hélène (Montréal) et de Notre-Dame de Lourdes (Ontario) en 1956, et celle de Saint-Vincent-de-Paul (Montréal) en 1967. Des frères partent en mission en Inde (1939), puis au Tchad (1960) et créent plus de 280 fraternités au Canada afin de propager le tiers-ordre. La fin des années 1960 marque le début d'une période difficile pour les Capucins. Ébranlés par de nombreux départs et par une baisse des vocations, ils vivent en plus une remise en question, qui concerne, entre autres, leurs champs d'apostolat et le mode de vie monastique traditionnel de l'ordre.

Au début du XXIe siècle, les Capucins ont des engagements variés. Ils sont notamment actifs dans des organismes communautaires et sont chargés de la prédication et de l'animation pastorale dans certains sanctuaires, paroisses et mouvements d'Église.
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Notices bibliographiques :
DÉVOST, Godefroy-C. Les Capucins francophones du Canada. Montréal, Éditions de l'Écho, 1993. 396 p.
LAPERRIÈRE, Guy. Les congrégations religieuses de la France au Québec 1880-1914. Vol. 1. Québec, Les Presses de l'Université Laval, 1996. 228 p.
Ordre des frères capucins. Ordre des frères mineurs capucins. Province de l'est du Canada [En Ligne]. http://www.capucin.org/accueil.html

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Communauté des Habitants



La communauté des Habitants

La Communauté des Habitants est une compagnie de commerce formée en 1645 à l'initiative de Pierre Legardeur de Repentigny et de Jean-Paul Godefroy, appuyés par les Jésuites. En raison de la situation précaire de la colonie et des difficultés financières que rencontre la Compagnie des Cent-Associés, les deux hommes ont l'idée de former une compagnie afin de faire le commerce des fourrures. Le siège de l'association se situe à Québec, dans l'ancien magasin des Cent-Associés.

Après une rencontre avec les directeurs des Cent-Associés, une entente est conclue. Ceux-ci cèdent, le 6 mars 1645, le monopole de la traite des fourrures en Nouvelle-France ainsi que l'administration de la colonie à tous les habitants domiciliés chefs de famille, regroupés sous le nom de Communauté des Habitants. En retour, la Communauté doit assumer toutes les dépenses encourues pour l'administration de la colonie sur les plans politique, militaire et religieux, c'est-à-dire payer et entretenir le gouverneur, ses principaux fonctionnaires, les soldats, les ecclésiastiques, entretenir les forts et voir à leur ravitaillement. Elle a de plus l'obligation d'établir 20 personnes dans la colonie par année, de transporter gratuitement les deux agents de la Compagnie des Cent-Associés, de recouvrir les dettes des Cent-Associés et de leur verser une rente annuelle de 1 000 livres pesant de peaux de castor en droits seigneuriaux.

La compagnie est ouverte à tous les habitants, mais dans les faits, seuls quelques-uns parmi les plus riches en bénéficient. Les douze directeurs, élus par les membres ou actionnaires, proviennent aux trois quarts de la région de Québec. Ils sont issus des familles les plus notables de la colonie et sont unis par des liens matrimoniaux, ce qui provoque des protestations de la part des habitants de Ville-Marie (Montréal). Un accord survient avec la Société de Notre-Dame de Montréal qui permet à la ville d'avoir un magasin de traite et huit places parmi les actionnaires en plus de voir une partie des dépenses du gouvernement de Ville-Marie prise en charge par la Communauté.

Bien que la Communauté doive emprunter son capital en France, à un taux d'intérêt très élevé, ses deux premières années d'opération sont prospères et elle réalise d'énormes profits. Les actionnaires peuvent désormais négocier la vente des fourrures avec les villes marchandes françaises. Ils délaissent La Rochelle pour se tourner vers Rouen. Néanmoins, en raison des liens qui les unissent, les directeurs cherchent à obtenir certains avantages financiers. En 1646, Paul de Chomedey de Maisonneuve et Robert Giffard de Moncel se rendent en France pour protester contre les agissements de la compagnie. Le 27 mars 1647, l'autorité royale impose l'établissement du Conseil de Québec composé du gouverneur général, du gouverneur de Ville-Marie et du supérieur des Jésuites. Ceux-ci sont assistés des syndics de Québec, de Trois-Rivières et de Ville-Marie. Remplaçant le comité des douze directeurs, ce conseil est chargé d'examiner les comptes de la compagnie et d'adopter les règlements de la traite.

Dès 1652, la compagnie connaît des difficultés financières, notamment en raison de la rivalité entre coloniaux français, de la contrebande exercée par quelques-uns des actionnaires et de la guerre entre les Iroquois et les Hurons. De 1659 à 1661, la Communauté vend ses droits de traite à la Compagnie de Rouen. En 1663, Louis XIV dissout la Compagnie des Cent-Associés, ce qui entraîne la disparition de la Communauté des Habitants dont la dette est estimée à 163 000 livres. Le roi concède alors la Nouvelle-France à la Compagnie des Indes occidentales.
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Notices bibliographiques :
BLAIS, Christian, Gilles GALLICHAN, Frédéric LEMIEUX et Jocelyn SAINT-PIERRE. Québec: quatre siècles d'une capitale. Québec, Assemblée nationale du Québec - Les Publications du Québec, 2008. 692 p.
COURVILLE, Serge et Robert GARON. Québec, ville et capitale. Sainte-Foy, Les Presses de l'Université Laval, 2001. 457 p.
FRANCIS, R. Douglas, Richard JONES et Donald B. SMITH. Origins: Canadian History to Confederation. Toronto, Nelson Education, 2004. 493 p.
LACOURSIÈRE, Jacques, Jean PROVENCHER et Denis VAUGEOIS. Canada-Québec: synthèse historique, 1534-2000. Québec, Éditions du Septentrion, 2001. 591 p.
VALLIÈRES, Marc, dir. Histoire de Québec et de sa région. Les régions du Québec, 18. Québec, Presses de l'Université Laval, 2008. 2523 p.
WALLACE, William Stewart. The Encyclopedia of Canada. Vol. 2. Toronto, University Associates of Canada, 1940. 411 p.
s.a. « Communauté des Habitants ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://thecanadianencyclopedia.com/

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Compagnie de Jésus



Compagnie de Jésus

La Compagnie de Jésus est fondée à Paris, en 1534, par Ignace de Loyola, un ancien soldat espagnol. Ignace de Loyola est l'auteur des Exercices spirituels, qui vont inspirer les membres de l'ordre religieux. Approuvée par le pape Paul III en 1539 et confirmée officiellement en 1540, la Compagnie de Jésus accorde une obéissance indéfectible au souverain pontife. Ses prêtres reçoivent une longue et solide formation les préparant à leur oeuvre d'éducation. Ils se donnent notamment pour mission d'enseigner les fondements de la foi catholique afin de lutter contre la Réforme protestante qui se répand en Europe à cette époque.

La Compagnie de Jésus envoie deux premiers missionnaires en Amérique en 1611. Il s'agit des pères Pierre Biard et Énemond Massé, qui débarquent à Port-Royal. En 1625, les pères Charles Lalemant, Énemond Massé et Jean de Brébeuf arrivent à Québec. Après une absence de trois ans, à la suite de la prise de Québec par les frères Kirke en 1629, les Jésuites reviennent dans la colonie. Le supérieur de la Compagnie représente alors la plus haute autorité ecclésiastique de l'Église canadienne. Les Jésuites fondent un collège à Québec en 1635. Ils créent également des missions pour évangéliser les Amérindiens, dont la mission de Saint-Joseph à Sillery (1637), la mission du Saguenay à Tadoussac (1641), la mission de Sault-Sainte-Marie (1668) et la mission de Saint-François-Xavier à La Prairie (1667), qui sera déménagée à Kahnawake (1716).

Pour accomplir leur oeuvre missionnaire, certaines « robes noires » n'hésitent pas à se rendre dans les contrées peu explorées, comme le père Jean de Quen, qui découvre le lac Saint-Jean en 1647, et le père Charles Albanel, qui atteint la baie d'Hudson en 1672. Entre 1642 et 1649, huit jésuites missionnaires sont mis à mort par des Iroquois. Canonisés en 1930, ils sont appelés les saints martyrs canadiens.

Au cours de la seconde moitié du XVIIe siècle, la Compagnie de Jésus développe, près de Québec, le bourg de Petite-Auvergne dans la seigneurie de Notre-Dame-des-Anges, qui lui a été concédée en 1626. À Trois-Rivières, les Jésuites gèrent le fief concédé aux Algonquins en 1648 et se le font attribuer officiellement en 1699. Les Jésuites deviennent également propriétaires, en 1702, de la seigneurie de Sillery qu'ils administrent depuis 1651 pour les Hurons.

À la suite du traité de Paris (1763), les Britanniques interdisent aux Jésuites de recruter de nouveaux membres. Malgré la dissolution de l'ordre par le pape Clément XIV en 1773, l'Angleterre tolère la présence de ses membres déjà installés au Canada. Le collège des Jésuites ferme toutefois ses portes en 1776, faute de professeur. Après le décès du dernier jésuite de la colonie, Jean-Joseph Casot en 1800, les autorités britanniques décrètent la saisie des biens de la communauté.

Rétablie par le pape Pie VII en 1814, la Compagnie de Jésus est de retour au Canada en 1842 grâce aux efforts de Mgr Ignace Bourget, évêque de Montréal. Ce dernier confie aux Jésuites de son diocèse des tâches éducatives et la responsabilité des missions amérindiennes.

Après avoir fondé le collège Sainte-Marie à Montréal en 1848, les Jésuites font ériger, en 1852 et 1853, la maison Saint-Joseph-du-Sault-au-Récollet, qui sert de noviciat et assure la formation d'une relève canadienne. Ils sont aussi à l'origine de la salle académique du Gésu,(1865), du Loyola College (1896), du collège Jean-de-Brébeuf (1928) et du collège Saint-Ignace (1929) à Montréal, de même que du collège Saint-Charles-Garnier (1930) à Québec. Pendant le XXe siècle, quelques jésuites s'adonnent aussi à l'étude et à la diffusion de la doctrine sociale de l'Église au sein de l'École sociale populaire, fondée à Montréal en 1911.

La communauté a laissé des écrits détaillés de ses activités en Nouvelle-France, soit les Relations des Jésuites, publiés entre 1632 et 1672. Encore présente au Québec, la Compagnie de Jésus oeuvre également dans plusieurs pays du monde.
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Notices bibliographiques :
BERTHOLD, Étienne. Une société en héritage - L'oeuvre des communautés religieuses pionnières à Québec. Québec, Publications du Québec, 2015. 119 p.
COURNOYER, Jean. La mémoire du Québec: de 1534 à nos jours: répertoire de noms propres. Montréal, Stanké, 2001. 1861 p.
D'ALLAIRE, Micheline. Les communautés religieuses de Montréal. Les communautés religieuses et l'éducation à Montréal, 1657-1900. Vol. 2. Montréal, Éditions du Méridien, 2002. 276 p.
THÉRIAULT, Michel. « Jésuites ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
VACHON, André. « Laval, François de ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/

Source : Conseil du patrimoine culturel


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Compagnie des Cent-Associés



Gravure du 16e siècle

La Compagnie de la Nouvelle-France est créée en 1627 par Armand Jean du Plessis, duc et cardinal de Richelieu, principal ministre du roi Louis XIII. Financée par une centaine d'actionnaires, d'où son surnom de Compagnie des Cent-Associés, la nouvelle entreprise doit permettre de jeter les bases de l'empire colonial français en Amérique du Nord. Disposant d'un capital total de 300 000 livres, la compagnie est dirigée par un conseil d'administration composé de douze directeurs, dont six résident à Paris.

Les pouvoirs et privilèges octroyés par le roi à la nouvelle compagnie sont importants. En échange de la promesse de « peupler la colonie de naturels Français catholiques », les Cent Associés obtiennent « en toute propriété, justice et seigneurie » le fort et l'habitation de Québec, ainsi que « tout le pays de la Nouvelle-France, dite Canada », dont le territoire s'étend, d'est en ouest, de l'île de Terre-Neuve « jusqu'au Grand lac de la mer douce et au-delà », et du sud au nord, de la Floride jusqu'à l'Arctique. Parmi les privilèges octroyés par Sa Majesté figure le monopole de la traite des fourrures. La compagnie s'engage à établir 4 000 colons en quinze ans, dont 300 dès la première année.

Dès le début, la guerre opposant la France et l'Angleterre freine les efforts des Cent Associés. Les quatre premiers navires envoyés au Canada par la compagnie, en 1628, sont capturés aux environs de Tadoussac par la flotte anglaise commandée par les frères Kirke, tandis que Québec tombe aux mains des Anglais l'année suivante. Le Canada et l'Acadie ne sont restitués à la France qu'en 1632, au terme de longues négociations. Au bord de la ruine, la Compagnie des Cent-Associés n'est alors plus en mesure de remplir ses obligations de peuplement. Elle s'en remet désormais à des particuliers, à qui sont concédées des seigneuries, et cède en 1645 son monopole sur la traite des fourrures à la Communauté des Habitants. Les dirigeants de la compagnie conservent néanmoins une partie de leurs pouvoirs, dont celui de nommer le gouverneur de la colonie.

Au début des années 1660, l'avènement du roi Louis XIV marque un changement dans les affaires coloniales. Le bilan des activités de colonisation de la compagnie, exigé par le nouveau roi et par son ministre Jean-Baptiste Colbert, se solde par un constat d'échec. Seule une fraction des colons promis se sont établis au Canada, dont la situation demeure précaire, notamment en raison des guerres contre les Iroquois. En 1663, le retrait des privilèges des Cent Associés et la dissolution de la compagnie mettent fin à un règne de plus de trente ans, au terme duquel l'administration de la colonie du Canada passe directement sous l'autorité royale.
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Notices bibliographiques :
BLAIS, Christian, Gilles GALLICHAN, Frédéric LEMIEUX et Jocelyn SAINT-PIERRE. Québec: quatre siècles d'une capitale. Québec, Assemblée nationale du Québec - Les Publications du Québec, 2008. 692 p.
COURNOYER, Jean. La mémoire du Québec [En Ligne]. http://www.memoireduquebec.com/
LACOURSIÈRE, Jacques, Jean PROVENCHER et Denis VAUGEOIS. Canada-Québec: synthèse historique, 1534-2000. Québec, Éditions du Septentrion, 2001. 591 p.
MATHIEU, Jacques. La Nouvelle-France: les Français en Amérique du Nord, XVIe-XVIIIe siècle. Québec, Presses de l'Université Laval, 2001. 271 p.
MIQUELON, Dale. « Compagnie des Cent-Associés ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Congrégation de Notre-Dame



Marguerite Bourgeoys enseignant

En 1653, Marguerite Bourgeoys, congréganiste externe de la congrégation de Notre-Dame de Troyes, en France, s'embarque pour la Nouvelle-France aux côtés de Paul de Chomedey de Maisonneuve. Elle veut instruire gratuitement les femmes et les jeunes filles à Ville-Marie (Montréal). En 1658, elle ouvre une première école mixte et recrute en France, l'année suivante, quatre consœurs pour la soutenir dans son œuvre. Leur association est officiellement approuvée en 1669 par Mgr François de Laval, puis en 1671, par le roi Louis XIV. Il s'agit alors de la première société d'institutrices fondée en Nouvelle-France. En 1676, par un mandement de Mgr de Laval, elle devient la communauté des Filles séculières de la congrégation de Notre-Dame, la première congrégation non cloîtrée en Nouvelle-France. En 1698, au lendemain de l'approbation des constitutions de la congrégation par Mgr Jean-Baptiste de La Croix de Chevrières de Saint-Vallier, une première profession a lieu et les sœurs y prononcent leurs vœux simples.

Dès 1663, Marguerite Bourgeoys fonde l'ouvroir la Providence, où elle enseigne à tenir maison aux Filles du roi. Déménagé en 1668 à la Pointe Saint-Charles (Montréal), il s'agit en quelque sorte de la première école ménagère de la colonie. En 1675, la chapelle Notre-Dame-de-Bon-Secours est inaugurée. À cette époque, les sœurs parcourent le territoire en se livrant à des missions ambulantes et commencent peu à peu à établir des missions permanentes. Elles ouvrent un pensionnat pour filles aisées à Ville-Marie en 1676. Elles fondent, souvent avec l'aide des Sulpiciens, des écoles pour les enfants pauvres. La première est établie au village amérindien de la Montagne en 1678, où les sœurs éduquent à la française les Amérindiennes. Elles s'implantent à Pointe-aux-Trembles (Montréal) (1678) et à Lachine (Montréal) (1680). Elles ouvrent une école à Sainte-Famille de l'île d'Orléans (1685), un ouvroir de la Providence en basse ville de Québec (1686) et deux écoles pour filles, une à Québec (1691) et une à Château-Richer (1693). La congrégation est présente à Trois-Rivières à la fin du XVIIe siècle ainsi qu'à Louisbourg au XVIIIe siècle.

Bien qu'en 1760 la congrégation de Notre-Dame compte déjà 215 religieuses toutes nées au Canada, son œuvre éducationnelle progresse lentement au cours du XVIIIe siècle. Il faut attendre les années 1840 pour que la communauté recommence à se déployer. En 1872, elle dirige une soixantaine d'établissements scolaires, surtout au Québec, mais également en Ontario, dans les provinces maritimes et aux États-Unis. À Montréal, les religieuses gèrent 15 écoles, dont le pensionnat Villa-Maria ouvert en 1854.

Au début du XXe siècle la congrégation de Notre-Dame dénombre 132 couvents, plus de 1 400 religieuses et 35 000 élèves. En 1904, elle acquiert des Sulpiciens un vaste terrain sur la rue Sherbrooke Ouest à Montréal, où elle fait construire sa maison mère en 1908 et l'école normale Notre-Dame en 1913, première école d'enseignement supérieur pour filles de la province de Québec. En 1905, elle fonde l'école ménagère de Saint-Pascal, qui sert de modèle aux communautés religieuses qui vont intégrer le programme d'enseignement ménager partout dans la province à partir de 1911. La congrégation ouvre une dizaine d'écoles normales, dont l'Institut pédagogique de Westmount en 1916, affilié à l'Université de Montréal à partir de 1926.

Au début du XXIe siècle, les sœurs sont présentes dans plusieurs pays, notamment au Japon, au Honduras et au Cameroun. Au Canada, elles sont environ 1 150, réparties dans neuf provinces. Au Québec, la congrégation compte quatre établissements d'enseignement et près d'une vingtaine d'œuvres. Elle soutient notamment les élèves en difficulté d'apprentissage, et s'occupe de maisons d'hébergement pour femmes en difficulté et de centres de croissance spirituelle. La maison mère de la congrégation est depuis 1984 logée à l'ancienne école normale Notre-Dame.
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Notices bibliographiques :
BERNIER, Hélène. « Bourgeoys, Marguerite ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
BERTHOLD, Étienne. Une société en héritage - L'oeuvre des communautés religieuses pionnières à Québec. Québec, Publications du Québec, 2015. 119 p.
Congrégation de Notre-Dame. Congrégation de Notre-Dame [En Ligne]. http://www.cnd-m.org/fr/accueil/
D'ALLAIRE, Micheline. Les communautés religieuses de Montréal. Les communautés religieuses et l'éducation à Montréal, 1657-1900. Vol. 2. Montréal, Éditions du Méridien, 2002. 276 p.
EUPHOROSINE, Sister Saint. « Congregation of Notre-Dame de Montreal ». s.a. The Catholic Encyclopedia [En ligne]. http://www.newadvent.org/cathen/
Fondation du Patrimoine laurentien. La fondation du patrimoine laurentien [En Ligne]. http://www.patrimoinelaurentien.org/
JEAN, Marguerite. Évolution des communautés religieuses de femmes au Canada de 1639 à nos jours. Histoire religieuse du Canada. Montréal, Fides, 1977. 324 p.
LEMIRE-MARSOLAIS, Darie-Aurélie, dite Sainte-Henriette. Histoire de la Congrégation de Notre-Dame de Montréal. Vol. 1. Montréal, Congrégation de Notre-Dame de Montréal, 1910. s.p.
Musée canadien des civilisations. "L'éducation des enfants en Nouvelle-France" Musée virtuel de la Nouvelle-France [En Ligne]. http://www.civilisation.ca/

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Congrégation de Sainte-Croix



Un groupe de religieux de Sainte-Croix

En 1837 au Mans, en France, l'Association de Sainte-Croix naît de la fusion des Frères de Saint-Joseph, fondés par l'abbé Jacques Dujarié en 1820, avec les Prêtres auxiliaires du Mans, fondés par le chanoine Basile Moreau en 1835. Œuvrant en éducation et en milieu paroissial, cette association s'adjoint, en 1841, une branche féminine, les Sœurs marianites de Sainte-Croix. En 1857, le Saint-Siège sépare la branche féminine de la branche masculine, qui devient alors la congrégation de Sainte-Croix.

À l'instigation de Mgr Ignace Bourget, évêque de Montréal, quatorze membres des Sainte-Croix, huit frères, quatre sœurs et deux prêtres, arrivent au Canada en 1847. Ils viennent prendre en charge des institutions d'enseignement dans la paroisse de Saint-Laurent, où ils sont accueillis par le curé Jean-Baptiste Gauthier dit Saint-Germain. Dès leur arrivée à Saint-Laurent (Montréal), les frères de Sainte-Croix ouvrent un collège catholique bilingue, connu plus tard sous le nom de collège Saint-Laurent, qui devient rapidement l'une des meilleures écoles commerciales au Canada. À partir de 1862, les religieux y offrent le cours classique, affilié en 1880 à l'Université Laval. Afin d'accueillir le surplus d'élèves du collège Saint-Laurent, les Sainte-Croix fondent, en 1869, le collège Notre-Dame à la Côte-des-Neiges (Montréal). La même année, ils ouvrent le collège Saint-Césaire dans la municipalité du même nom. Parallèlement à ces institutions, les religieux acceptent la charge de plusieurs écoles paroissiales.

À la fin du XIXe siècle, dans le diocèse de Montréal seulement, on compte 70 frères et 20 prêtres, responsables de deux collèges, onze écoles et une école normale. Les pères sont également à la tête de la paroisse de Saint-Laurent depuis 1863. Essaimant rapidement au Québec, au Canada et aux États-Unis, la congrégation fonde notamment, à l'instigation du père Camille Lefebvre, premier Canadien de la congrégation à devenir prêtre de Sainte-Croix, le collège Saint-Joseph de Memramcook au Nouveau-Brunswick (1864). La province canadienne des Sainte-Croix étend ses champs d'apostolat, dès 1888, en envoyant des pères en Inde, puis au Bengale oriental (Bangladesh) (1927), au Brésil (1943) et en Haïti (1943).

Pour les Sainte-Croix, le début du XXe siècle est marqué par la fondation d'une première chapelle destinée à saint Joseph (1904) par le frère Alfred Bessette, connu sous le nom de frère André, portier du collège Notre-Dame. Sous l'impulsion du père Paul-Aimé Martin, la communauté est responsable de la création des Éditions Fides en 1937, une maison d'édition qui devient en peu de temps l'une des plus importantes au Québec. En 1956, le père Léandre Brault fonde la Maîtrise des petits chanteurs du Mont-Royal. En 1947, 100 ans après leur arrivée au Québec, les religieux de Sainte-Croix ont enseigné à environ 350 000 élèves dans plus de 100 maisons d'éducation à travers la province.

Au cours des années 1960, la réforme du réseau scolaire mène à l'intégration dans le système public de presque toutes les institutions privées de la congrégation de Sainte-Croix. Seules deux écoles restent sous son contrôle: les collèges Saint-Césaire et Notre-Dame. La baisse des effectifs et le vieillissement des religieux portent également un dur coup à la communauté canadienne. Au début des années 2000, la congrégation compte environ 1 500 membres à travers le monde. Les membres québécois œuvrent notamment en pastorale et en éducation, en plus de poursuivre des missions à l'étranger.
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Notices bibliographiques :
MORIN, Robert et al. Sainte-Croix, 150 ans de présence et de service. Montréal, s.n., 1997. 88 p.
Congrégation de Sainte-Croix. Province canadienne de la Congrégation de Sainte-Croix [En Ligne]. http://www.ste-croix.qc.ca/
D'ALLAIRE, Micheline. Les communautés religieuses de Montréal. Les communautés religieuses et l'éducation à Montréal, 1657-1900. Vol. 2. Montréal, Éditions du Méridien, 2002. 276 p.
s.a. L'oratoire Saint-Joseph du Mont-Royal [En Ligne]. www.saint-joseph.org

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Cris (Eeyou)



Aurore boréale, Baie James

Les Cris (Eeyou) sont un peuple autochtone algonquien du Québec et de l'Ontario, vivant principalement dans le territoire traditionnel d'Eeyou Istchee, à l'est de la Baie James et au sud-est de la Baie d'Hudson, avec neuf communautés distinctes. Ils sont représentés par le Grand Conseil des Cris (Eeyou Istchee) et le Gouvernement de la Nation Crie, qui gèrent les intérêts politiques, culturels et sociaux de la nation, notamment après la Convention de la Baie-James et du Nord québécois (CBJNQ) de 1975. Leur langue, l'iiyiyuu ayimuun, est vivante et dialectiquement diversifiée, et ils maintiennent un mode de vie traditionnel axé sur la chasse, la pêche et le piégeage sur un vaste territoire.

Texte généré par Gemini (IA)


Population et territoire

Avec environ 21 000 personnes, les Cris comptent parmi les nations autochtones les plus populeuses du Québec. Les neuf communautés cries sont situées sur les rives de la baie James (Waskaganish, Eastmain, Wemindji et Chisasibi) et de la baie d’Hudson (Whapmagoostui), ainsi qu’à l’intérieur des terres (Nemaska, Waswanipi, Mistissini et Oujé-Bougoumou). Inauguré en 1993, le village d’Oujé-Bougoumou, à l’architecture moderne, est un modèle d’intégration du mode de vie des Autochtones. Réalisation de l’architecte Douglas Cardinal, ce village a remporté de nombreuses distinctions sur la scène internationale, dont un prix décerné par les Nations unies.


Langue

La totalité de la population parle la langue crie, tandis que l’anglais est la langue seconde de la majorité. Un grand nombre de personnes, des jeunes surtout, parlent aussi français.


Histoire

Originaires des plaines de l’Ouest canadien, les Cris habiteraient la région de la Baie-James depuis environ 5 000 ans. Dans les années 1950, la présence grandissante du gouvernement fédéral, l’introduction de l’école obligatoire, la construction de maisons permanentes et le déclin du commerce des fourrures ont bouleversé leur mode de vie.

En 1971, l’annonce de la construction de grands barrages hydroélectriques, dans la région de la Baie-James, a mobilisé la nation crie. En 1975, à la suite de négociations tenues avec les gouvernements du Québec et du Canada, les Cris et les Inuits signent la Convention de la Baie James et du Nord québécois (CBJNQ). La prise en charge d’obligations gouvernementales par les Cris, découlant de la CBJNQ, leur a permis de les adapter à leurs réalités, et ce, dans différents domaines, notamment en ce qui concerne :

les terres, qui sont à leur usage et à leur bénéfice exclusifs;
les droits de chasse, de pêche et de piégeage;
la participation aux structures d’évaluation environnementale des projets de développement sur le territoire;
plusieurs services :
santé et services sociaux,
éducation,
administration de la justice,
services policiers.
Plusieurs organismes ont alors été créés, dont le Gouvernement de la nation crie, la Commission scolaire crie et le Conseil Cri de la santé et des services sociaux de la Baie James.

La nation crie a ainsi acquis davantage d’autonomie et elle évolue dans un cadre juridique différent des autres Premières Nations puisqu’elle n’est plus soumise à la Loi sur les Indiens.

Conclue en 2002, l’Entente concernant une nouvelle relation entre le gouvernement du Québec et les Cris du Québec – la paix des braves – est orientée dans une optique de respect mutuel, de responsabilisation accrue et d’une plus grande participation des Cris à la poursuite du développement du territoire. Cette entente repose sur le partenariat et la collaboration dans la mise en valeur de son potentiel forestier, minier et hydroélectrique, et est assortie d’une part des revenus qui en découlent.

En 2012, les Cris ont signé avec le gouvernement du Québec une entente concernant la gouvernance du territoire d’Eeyou Istchee Baie-James, laquelle est fondée sur la coopération entre tous les résidentes et résidents de cet immense territoire, ce qui constitue un autre jalon important des relations entre le Québec et la nation crie, dans une dynamique en évolution.


Économie

La nation crie a connu un essor économique important à la suite de la signature de la CBJNQ, ce qui a donné lieu à la création de plusieurs entreprises. En 1982, les Cris ont fondé CREECO, la compagnie des entreprises régionales cries, qui est gestionnaire de plusieurs entreprises, dont la Compagnie de construction et de développement crie, chef de file dans le domaine de la construction au Québec. Une autre compagnie, Air Creebec, également propriété des Cris, relie le territoire de la Baie-James et le nord de l’Ontario à Montréal et à Val-d’Or. Plusieurs entreprises communautaires et privées existent aussi au sein des communautés cries.

Source : Gouvernement du Québec


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Doric Club



Le Doric Club

Le Doric Club est une organisation paramilitaire de loyalistes radicaux constituée dans la foulée des troubles politiques de 1837 au Bas-Canada.

Devant la montée en popularité, vers le milieu des années 1830, des idées républicaines incarnées par le Parti patriote, ceux se disant loyaux à la couronne impériale britannique sont inquiets. Surtout à Québec et à Montréal, ils s'organisent en associations afin de protéger leur appartenance à la couronne, se rangeant derrière l'étiquette de constitutionnalistes. Les factions plus radicales de ces groupes loyalistes vont jusqu'à proposer une solution violente et se dotent d'un caractère militaire, ce qui n'est pas sans déplaire au gouverneur, Archibald Acheson, comte Gosford, qui voit ces petites armées privées comme autant de dangers pour la paix publique. C'est ainsi qu'un de ces regroupements, le British Rifle Corp, formé à Montréal à la fin de 1835, est rapidement dissout par le gouverneur au début de l'année suivante.

Contraints à la furtivité par l'attitude de Gosford, les membres du British Rifle Corp forment le noyau du Doric Club sous l'impulsion d'Adam Thom, pamphlétaire loyaliste, et la présidence de John Shay, comptable. Ce nouveau club, qui se rencontre régulièrement au marché à chevaux du Tattersall, rue Saint-Jacques, est moins ouvertement dédié à des actions militaires. Malgré tout, son manifeste de création, signé en mars 1836, déclare que ses membres sont prêts à prendre les armes pour ne pas avoir à vivre dans une république majoritairement canadienne-française. Au total, le gouverneur estime à environ 2000 le nombre de membres, bien qu'il soit difficile de le savoir avec exactitude. La nature du club et le contexte dans lequel il évolue forcent une grande circonspection. George Phillpots, un ami de John Colborne alors commandant en chef des forces armées, rapporte que même entre eux, les membres du club restent très discrets sur leur identité. En plus de se proclamer généralement en faveur de la couronne britannique, le Doric Club défend aussi un programme politique qui comprend des points assez précis, comme le renvoi de Gosford, avec qui les frictions sont importantes, et l'union des deux Canada.

En novembre 1837, le Doric Club décide de perturber une réunion des Fils de la Liberté, une organisation paramilitaire patriote. Notamment par le biais d'affiches placardées partout dans la ville de Montréal, les membres du Doric Club rassemblent une foule de loyalistes dans le but avoué de s'en prendre à l'assemblée de patriotes. Cette initiative se conclut par une échauffourée urbaine entre les deux groupes, au saccage des bureaux du Vindicator, un journal patriote anglophone, et mène à l'émission, une dizaine de jours plus tard, de mandats d'arrêt contre les principaux chefs patriotes.

Peu après son affrontement avec les Fils de la Liberté, le Doric Club cesse vraisemblablement ses activités puisqu'une part importante de ses membres se joint aux troupes de volontaires mises sur pied par Colborne pour mater les rébellions.
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Notices bibliographiques :
AUBIN, Georges et Marcel RHEAULT. Médecins et patriotes. Québec, Septentrion, 2006. 350 p.
FILTEAU, Gérard. Histoire des Patriotes. Sillery, Septentrion, 2003. 628 p.
Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En Ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
LAPORTE, Gilles. Patriotes et loyaux : leadership régional et mobilisation politique de 1837 et 1838. Sillery, Septentrion, 2004. 414 p.
LEGAULT, Roch. « Ramener et maintenir la paix : l'intervention des forces armées britanniques au Bas-Canada de 1837 à 1841 ». s.a. Maintien de la paix de 1815 à aujourd'hui - XXIe colloque de la commission internationale d'histoire militaire. Québec, 1995, p. 42-51.
SENIOR, Elinor Kyte. Les habits rouges et les patriotes. Montréal, VLB, 1997. 310 p.
s.a. Les Patriotes de 1837 à 1838 [En Ligne]. http://www.1837.qc.ca

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Frères des écoles chrétiennes



Habit des frères des écoles chrétiennes

En 1680 à Reims, en France, Jean Baptiste de La Salle fonde l'institut des Frères des écoles chrétiennes. Cette congrégation composée de religieux non ordonnés se voue à l'éducation des enfants des classes modestes de la société. En 1837, quatre frères s'établissent à Montréal à la demande de l'évêque de la ville, Mgr Jean-Jacques Lartigue, et du directeur du petit séminaire de Montréal, le sulpicien Joseph-Vincent Quiblier.

À leur arrivée à Montréal, les Frères des écoles chrétiennes sont soutenus par les Sulpiciens. En 1840, en plus de les aider à se loger, ceux-ci leur confient l'école Saint-Laurent, pour laquelle ils paient entièrement les frais. Cette dernière connaît un succès immédiat et, dès 1841, elle reçoit 860 élèves. Le réseau d'établissements scolaires tenus par les frères s'élargit rapidement. Ils s'établissent à Québec en 1843, à Trois-Rivières l'année suivante, à New York en 1848, puis à Ottawa en 1864.

Au début du XXe siècle en France, de nouvelles lois sur la laïcité forcent la fermeture de plusieurs écoles de la congrégation. Cela pousse plus de 200 frères français à émigrer au Canada. Cette arrivée massive de nouveaux membres permet à la communauté d'accepter de nouvelles fondations. Ainsi, près de vingt établissements sont créés entre 1904 et 1914, notamment à Arthabaska, Thetford Mines, Sainte-Anne-de-Beaupré et Fraserville (Rivière-du-Loup). Jusque dans les années 1960, les frères fondent une centaine d'écoles dans la province de Québec. Établies de Rivière-du-Loup à Châteauguay, plus de la moitié de ces écoles se trouvent dans les villes de Québec, Trois-Rivières et Montréal, et desservent en majorité une population ouvrière.

Les Frères des écoles chrétiennes introduisent de nombreuses innovations dans le domaine de l'éducation, que ce soit par les méthodes pédagogiques qu'ils utilisent ou par les programmes qu'ils mettent en œuvre. Leurs méthodes pédagogiques se fondent sur la division des élèves en classes graduées dans lesquelles on enseigne simultanément à tous les enfants, ainsi que sur l'apprentissage de la lecture en français et non en latin. Ils proposent aussi des programmes à tendance utilitaire afin de préparer les jeunes aux carrières relatives au génie civil, au commerce et à l'industrie. Deux cours sont offerts, soit le cours scientifique et le cours commercial, pour lequel ils sont les pionniers dans l'enseignement au Québec. En 1862, ils fondent l'Académie commerciale de Québec, puis en 1924, l'École supérieure de commerce de Québec, qui donne naissance, en 1952, à la Faculté de commerce de l'Université Laval. Ils ouvrent, en 1888, leur établissement le plus prestigieux à Montréal, le Mont-Saint-Louis, sur la rue Sherbrooke. C'est alors l'une des écoles les plus modernes de la province. En 1907, ils établissent l'Académie de La Salle à Trois-Rivières, où ils offrent en plus un cours technique. Ils créent également plusieurs écoles de métier.

Les Frères des écoles chrétiennes marquent profondément le système scolaire québécois en publiant une grande quantité de manuels scolaires. Entre 1837 et 1945, ils dominent ce marché en éditant ou réimprimant 935 manuels de toutes sortes. Cela représente plus de 280 titres traitant de sujets aussi variés que la religion, la philosophie, le chant, l'anglais, les mathématiques, la géographie, le français ou les sciences.

En 1960, la communauté compte 1 300 frères répartis au Québec et en Ontario. Toutefois, la laïcisation du système scolaire les pousse à réorienter leur mission. Au début du XXIe siècle, les 188 frères que compte le district du Canada francophone, qui regroupe les frères du Québec et de la ville d'Ottawa, sont toujours présents dans certaines œuvres scolaires, sociales et pastorales. Ils s'occupent, entre autres, de colonies de vacances, de camps de pastorale et de centres d'animation pastorale.
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Notices bibliographiques :
BERTHOLD, Étienne. Une société en héritage - L'oeuvre des communautés religieuses pionnières à Québec. Québec, Publications du Québec, 2015. 119 p.
CAISSE, Joseph-Camille. L'Institut des Frères des écoles chrétiennes : Son origine, son but et ses oeuvres. Montréal, J. Chapleau et fils, imprimeurs de l'Évêché, 1883. s.p.
D'ALLAIRE, Micheline. Les communautés religieuses de Montréal. Les communautés religieuses et l'éducation à Montréal, 1657-1900. Vol. 2. Montréal, Éditions du Méridien, 2002. 276 p.
Fondation du Patrimoine laurentien. La fondation du patrimoine laurentien [En Ligne]. http://www.patrimoinelaurentien.org/
Frères des écoles chrétiennes. L'Oeuvre d'un siècle : les frères des écoles chrétiennes au Canada : centenaire F.E.C., 1837-1937. Montréal, Frères des écoles chrétiennes, 1937. 587 p.
LAPERRIÈRE, Guy. Les congrégations religieuses de la France au Québec 1880-1914. Vol. 1. Québec, Les Presses de l'Université Laval, 1996. 228 p.
LAPERRIÈRE, Guy. Les congrégations religieuses de la France au Québec 1880-1914. Vol. 2. Québec, Les Presses de l'Université Laval, 1999. 597 p.
LAPERRIÈRE, Guy. Les congrégations religieuses de la France au Québec 1880-1914. Vol. 3. Québec, Les Presses de l'Université Laval, 2005. 730 p.
VOISINE, Nive. Les Frères des écoles chrétiennes au Canada : Inquiétudes et renouvellement, 1946-1987. Vol. 3. Sainte-Foy, Éditions Anne Sigier, 1999. 407 p.
VOISINE, Nive. Les frères des écoles chrétiennes au Canada : La conquête de l'Amérique, 1837-1880. Vol. 1. Sainte-Foy, Éditions Anne Sigier, 1987. 443 p.
VOISINE, Nive. Les Frères des écoles chrétiennes au Canada : Une ère de prospérité, 1880-1946. Vol. 2. Sainte-Foy, Éditions Anne Sigier, 1991. 471 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Hurons-Wendats



Danse traditionnelle

Les Hurons-Wendats sont un peuple autochtone d'Amérique du Nord, traditionnellement appelé « Huron » par les Français, originaire de la région de la baie Georgienne, qui s'est installée près de Québec à Wendake après des conflits avec les Iroquois au 17e siècle, maintenant une communauté dynamique qui a prospéré grâce au commerce et à la préservation de sa culture unique tout en côtoyant les Français et en adoptant des aspects du français, une langue parlée aujourd'hui par les membres de la nation, bien que la langue wendat soit en cours de revitalisation.

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Population et territoire

Les Hurons-Wendats constituent l’une des nations les plus urbanisées du Québec. Leur unique communauté, Wendake, est adjacente à la ville de Québec. Quelque 1 500 Hurons-Wendats y habitent.


Langue

Les Hurons-Wendats parlent français. La langue huronne est considérée comme éteinte, mais un projet de recherche est en cours afin d’en assurer la revitalisation.


Histoire

Les Hurons-Wendats résident au Québec depuis 1650. Auparavant, ils vivaient près du lac Huron, en Ontario, où ils formaient une confédération de quatre tribus réparties en une vingtaine de villages. Sédentaires, les Hurons-Wendats cultivaient en abondance le maïs et le tabac, dont ils utilisaient les surplus pour faire du troc avec les autres nations. Au 17e siècle, ils possédaient un empire commercial et, pendant des années, ils ont été les plus importants partenaires commerciaux des Français. En 1990, un jugement de la Cour suprême du Canada reconnaissait la validité d’un traité signé en 1760 par le général Murray en faveur des Hurons-Wendats. Ce traité leur assurait le libre exercice de leur religion, de leurs coutumes et du commerce avec les Anglais sur le territoire qu’ils fréquentaient.


Économie

Wendake se compose de trois secteurs : le vieux village récemment mis en valeur, le quartier résidentiel développé à compter des années 1970 ainsi qu’une zone industrielle. Le tourisme constitue un apport économique très important pour Wendake. En effet, des milliers de visiteurs s’y rendent chaque année. L’église de Notre-Dame-de-Lorette, classée monument historique en 1957, l’hôtel-musée et la maison Arouanne rassemblent les pièces les plus importantes du patrimoine huron-wendat.

L’économie de Wendake est florissante, notamment grâce à la Société de développement wendat, qui procure une expertise technique à l’industrie locale. Une soixantaine d’entreprises fournissent de l’emploi non seulement aux Hurons-Wendats, mais aussi à plusieurs non-Autochtones. Les mocassins, les canots et les raquettes de Wendake sont des produits reconnus à l’échelle internationale. Le gouvernement du Québec et le Conseil de la Nation huronne-wendat ont signé une entente-cadre en février 2000. Cet accord sert de base à une négociation particulière portant sur des sujets d’intérêt commun tels que la chasse, la pêche et la fiscalité. À l’été 2008, la communauté a inauguré un complexe touristique comprenant un hôtel-musée et un amphithéâtre extérieur.

Source : Gouvernement du Québec


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Hydro-Québec



Projet Manic-Outardes

Hydro-Québec est créée en 1944 à l'initiative des Libéraux d'Adélard Godbout lorsqu'est adoptée la Loi 17 établissant la Commission hydroélectrique du Québec. Cette législation permet l'expropriation, la même année, des avoirs de la Montreal, Light, Heat and Power et de deux filiales qui détiennent le monopole de l'électricité dans la région de Montréal, au profit de la nouvelle société d'État.

À partir des années 1950, à la demande du premier ministre Maurice Duplessis, Hydro-Québec étend ses opérations à l'extérieur de la région montréalaise alors qu'elle entreprend notamment les travaux d'aménagements de la centrale de Beauharnois, de Bersimis en 1953, de Carillon et de Manic-Outardes en 1959.

En juin 1960, le nouveau gouvernement libéral de Jean Lesage confie à Hydro-Québec le mandat d'aménager et d'exploiter les rivières non encore concédées à des intérêts privés. Un courant de francisation gagne la société d'État, ce qui favorise la création et l'essor de firmes de génie-conseil québécoises. En 1963, grâce à l'impulsion du ministre des Richesses naturelles, René Lévesque, le gouvernement Lesage achète les actifs de la Shawinigan Water and Power Company et des autres compagnies et coopératives privées d'électricité et confie leurs avoirs à Hydro-Québec. Bien que l'hydro-électricité constitue la part principale de la production de la société d'État, celle-ci effectue quelques incursions dans les domaines du nucléaire à Gentilly en 1965 et du thermique à Tracy en 1968.

Hydro-Québec fonde en 1967 l'Institut de recherche en électricité du Québec pour répondre aux besoins d'expérimentation de son nouveau réseau à haute tension. Dans la foulée du projet Manic-Outardes, la société d'État participe aux vastes chantiers de Churchill Falls en 1966 et de la Baie de James en 1971.

En 1978, elle se dote d'une filiale à vocation d'affaires hors Québec, Hydro-Québec international. Au tournant des années 1990, elle relance son programme de construction en réalisant la phase 2 du complexe La Grande puis, à la fin de la décennie, l'aménagement de la centrale de la Sainte-Marguerite-3. Elle se lance dans la commercialisation de ses réserves énergétiques, particulièrement à la suite de l'ouverture, en 1997, du marché nord-américain de l'électricité à la concurrence. La même année, elle devient assujettie à la Régie de l'Énergie relativement aux tarifs et au transport de l'énergie. À partir de 1998, elle participe au développement de la production d'énergie éolienne au Québec en exploitant des sites à Matane et à Cap-Chat.

Au début des années 2010, Hydro-Québec comporte quatre grandes divisions. Hydro-Québec TransÉnergie conçoit, exploite et maintient les réseaux de transport d'électricité. Hydro-Québec Production produit de l'électricité pour le marché québécois et commercialise ses surplus sur les marchés de gros. Hydro-Québec Distribution fournit à la clientèle québécoise l'approvisionnement en électricité et Hydro-Québec Équipement réalise des projets d'ingénierie et de construction liés à des aménagements hydroélectriques au Québec et des projets de lignes et de postes de transport d'électricité.
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Notices bibliographiques :
BOLDUC, André. « L'histoire de l'électricité au Québec ». Hydro-Québec. Hydro-Québec [En ligne]. http://www.hydroquebec.com/comprendre/histoire/index.html
BOLDUC, André, Clarence HOGUE et Daniel LAROUCHE. Québec : un siècle d'électricité. Montréal, Libre expression, 1984. 430 p.
COURNOYER, Jean. La mémoire du Québec [En Ligne]. http://www.memoireduquebec.com/
FLEURY, Jean-Louis. « Hydro-Québec ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com
Hydro-Québec. Hydro-Québec [En Ligne]. http://www.hydroquebec.com

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Innus



La réserve Innue Essipit

Les Innus sont un peuple autochtone du Québec et du Labrador, dont le nom signifie « être humain » dans leur langue algonquienne, l'innu-aimun, et qui sont connus pour leur culture vibrante, leur langue vivante et leur vaste territoire ancestral, le Nitassinan. Autrefois nomades, ils vivent aujourd'hui principalement dans neuf communautés sur la Côte-Nord, le Saguenay-Lac-Saint-Jean et à Schefferville, tout en conservant un fort lien avec leur héritage ancestral à travers l'art, la musique, la spiritualité et les « gardiens du territoire ».

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Population et territoire

Sept des neuf communautés innues du Québec sont réparties le long de la côte nord du fleuve Saint-Laurent. Ce sont Essipit, Pessamit, Uashat-Maliotenam, Mingan, Natashquan, Unamen Shipu (La Romaine) et Pakuashipi. Une autre communauté, Mashteuiatsh, est située au Lac-Saint-Jean, tandis que celle de Matimekosh–Lac-John est adjacente à Schefferville. La nation innue compte plus de 16 000 personnes, ce qui en fait la troisième nation autochtone la plus populeuse du Québec, après la nation mohawk et la nation crie.


Langue

L’innu constitue la langue première parlée par la majorité des membres de la nation, leur langue seconde étant le français. La communauté de Pessamit s’est acquis une réputation enviable sur le plan de la promotion de sa culture et de sa langue. C’est là, notamment, qu’est né le premier dictionnaire innu-français.


Histoire

Les Innus vivaient traditionnellement de chasse, de pêche et de cueillette. Puis, au 18e siècle, à la suite de l’établissement des comptoirs de traite, ils ont orienté leurs activités vers le piégeage des animaux à fourrure. Au début du 20e siècle, avec l’expansion de l’exploitation minière, forestière et hydroélectrique, de plus en plus d’Innus se sont établis le long des côtes de la rive nord du fleuve Saint-Laurent ainsi qu’à l’intérieur des terres.


Économie

Les communautés innues sont très différentes les unes des autres, tant par leur situation géographique et leur taille que du point de vue socioéconomique. La communauté de Mashteuiatsh, près de Roberval, possède plusieurs commerces et entreprises, une caisse populaire, un musée ainsi qu’un complexe communautaire abritant une patinoire.

Celle de Uashat-Maliotenam, près de Sept-Îles, compte notamment un centre commercial et un musée.

Les communautés de Unamen Shipu et de Pakuashipi, en Basse-Côte-Nord, ne sont pas desservies par le réseau routier. Leurs résidentes et résidents pratiquent la chasse et la pêche, parlent tous la langue innue et ont conservé leurs traditions bien vivantes. Il en est de même de Matimekosh–Lac-John, située à 510 kilomètres au nord de Sept-Îles.

Les Innus de Uashat-Maliotenam ont conclu une entente avec Hydro-Québec relativement au développement hydroélectrique de la rivière Sainte-Marguerite.

Pour leur part, ceux de Pessamit ont signé une entente de partenariat avec cette même société d’État concernant la réalisation de projets hydroélectriques sur la Côte-Nord, soit le barrage sur la rivière Toulnustouc et la dérivation des rivières Portneuf, Manouane et du Sault aux Cochons.

Hydro-Québec a également conclu des ententes avec les communautés autochtones de Mingan, de Natashquan, de Pakuashipi et de La Romaine quant à la réalisation d’un aménagement hydroélectrique sur la rivière Romaine. Essipit, La Romaine, Mingan, Natashquan et Pessamit gèrent des pourvoiries dont certaines donnent accès à d’importantes rivières à saumons. De plus, plusieurs communautés participent aux activités de pêche traditionnelle et commerciale.

Les Innus ont créé plusieurs organismes et infrastructures, dont l’Institut Tshakapesh, pour aider à la sauvegarde de leur langue et à la promotion de leur patrimoine culturel. Depuis plus de 20 ans, Uashat-Maliotenam accueille Innu Nikamu, un festival de musique autochtone traditionnelle et contemporaine, tandis qu’à Natashquan se tient le festival annuel du conte et de la légende de l’Innucadie.

Source : Gouvernement du Québec


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Inuit



Territoire inuit

Les Inuit sont les peuples autochtones de l'Arctique nord-américain (Canada, Alaska, Groenland, Russie), unis par une culture, une histoire et une langue (Inuktut) communes, le terme « Inuit » signifiant « peuple » et « Inuk » une personne. Connus pour leur résilience, leur art (sculpture, chant de gorge) et leurs adaptations à l'environnement hostile, ils ont développé un savoir traditionnel riche, utilisant des techniques comme les kayaks, traîneaux à chiens et constructions en neige (igloos) pour chasser et naviguer, tout en s'adaptant aux changements modernes.

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Population et territoire

Au Québec, les Inuit habitent le Nunavik, un vaste territoire situé au nord du 55e parallèle. La population du Nunavik – environ 12 000 Inuit – se répartit dans 14 villages comptant entre 100 et 1 700 habitants. Ces villages, distants de plusieurs centaines de kilomètres les uns des autres, sont situés sur les littoraux de la baie d’Hudson, du détroit d’Hudson et de la baie d’Ungava. Une centaine d’Inuit vivent à Chisasibi, un village cri de la Baie-James.


Langue

Il existe cinq principaux dialectes de langue inuite parlés au Québec : l'inuvialuktun, l'inuinnaqtun ainsi que trois différents dialectes d'inuktitut. Dans le présent feuillet d'information, nous désignons ces dialectes sous l'appellation de « langue inuite ».


Histoire

Bien adaptés aux rudes conditions du milieu, les Inuit règnent depuis fort longtemps sur la région arctique. Ils utilisaient l’arc, le kayak et le traîneau à chiens pour chasser l’ours polaire, les mammifères marins et le caribou. Au 18e siècle, la Compagnie de la Baie d’Hudson a ouvert un comptoir de traite à Kuujjuarapik, ce qui a facilité les contacts entre Européens et Inuit sans que cela change véritablement le mode de vie des Inuit.

Cependant, au début du 20e siècle, un premier changement d’importance est survenu lorsque les chasseurs inuit abandonnent leurs armes traditionnelles au profit des armes à feu. Après la Seconde Guerre mondiale, la société inuite a connu un bouleversement profond en raison de l’implantation des premiers programmes gouvernementaux fédéraux, notamment en matière d’éducation, de santé et d’habitation. Les Inuit se sont alors sédentarisés pour de bon et leur organisation sociale, politique et économique est devenue de plus en plus semblable à celle des sociétés du Sud.

Depuis la seconde moitié du 20e siècle, le défi des Inuit consiste surtout à maintenir l’équilibre entre leurs valeurs, leur langue, leur culture et le monde moderne auquel ils doivent s’adapter, tout en conservant des liens harmonieux avec le reste du Québec.


Économie

Au Nunavik, les Inuit administrent la majeure partie des services publics donnés à la population. La signature de la Convention de la Baie James et du Nord québécois (CBJNQ) a en effet mené à la création de plusieurs institutions dirigées par des Inuit, dont l’Administration régionale Kativik et la Société Makivik. Ces dernières, qui travaillent de façon autonome ou en collaboration avec divers ministères du gouvernement du Québec, veillent à l’administration et au développement de la région dans tous les secteurs d’activité publique.

L’Administration régionale Kativik, dont le conseil est formé de représentants des municipalités nordiques, exerce sa compétence dans le domaine de l’administration supramunicipale, le développement économique, les transports, les services policiers, les télécommunications et la protection de la faune.

La Société Makivik est la porte-parole des Inuit en ce qui concerne la protection de leurs droits et de leurs intérêts liés à la CBJNQ. Elle gère les indemnités et a pour mandat de promouvoir le développement social et économique du territoire. La Société constitue un levier économique important au Nunavik dans plusieurs secteurs d’activité, tels le transport aérien et maritime de même que l’alimentation et les pêcheries.

Le mouvement coopératif joue également un rôle majeur dans l’évolution économique du Nunavik, mouvement dont est issue la Fédération des coopératives du Nouveau-Québec. Celle-ci constitue, avec Makivik, le principal moteur économique de la région. La Fédération agit principalement dans les secteurs du commerce de détail, de l’approvisionnement pétrolier et des télécommunications.

En 2002, le gouvernement du Québec et les Inuit ont conclu une entente de partenariat économique afin d’accélérer le développement du Nunavik. Cette entente, appelée Sanarrutik, contient des dispositions concernant les ressources hydroélectriques, l’exploration minière et le développement de parcs. En 2004, l’entente Sivunirmut est venue bonifier cet accord en regroupant le financement des programmes gouvernementaux en une seule enveloppe globale. La gestion des fonds s’en est trouvée simplifiée et l’Administration régionale Kativik a acquis ainsi une plus grande autonomie afin d’établir ses champs d’intervention prioritaires auprès des villages nordiques.

Source : Gouvernement du Québec


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Journal Le Canadien



Une du journal Le Canadien 18 février 1839

Le journal Le Canadien est fondé à Québec, le 22 novembre 1806, par Pierre-Stanislas Bédard et d'autres membres de l'élite canadienne-française, dont Jean-Thomas Taschereau, Joseph LeVasseur Borgia et Joseph Plante. Il est créé dans le but de contrer les attaques du journal anglophone The Quebec Mercury et de défendre les intérêts politiques des classes professionnelles canadiennes-françaises. Il est d'ailleurs fondé pour devenir l'organe de la majorité à la Chambre d'assemblée du Bas-Canada. Au moment de sa création, Le Canadien est un hebdomadaire. Parent dirige sa rédaction et Fréchette, l'impression.

Le Canadien conteste le dispositif constitutionnel de 1791, défavorable à la majorité francophone. Ses attaques lui attirent les foudres du gouverneur James Henry Craig, qui fait interdire sa publication en 1810. Les principaux rédacteurs sont emprisonnés, les presses, saisies et les bureaux, saccagés. Plusieurs tentatives pour relancer Le Canadien échouent et il faut attendre 1831 pour que le journal soit publié de nouveau, toujours sous la direction d'Étienne Parent. Les rédacteurs du Canadien, plus démocrates et libéraux que nationalistes, adoptent des positions modérées lors des rébellions de 1837-1838. En 1832, Le Canadien paraît trois fois par semaine. Dix ans plus tard, Parent quitte la direction, mettant fin à la période la plus faste du journal.

Dans la deuxième moitié du XIXe siècle, Le Canadien est surtout un journal conservateur. En 1874, Joseph-Israël Tarte en devient le rédacteur en chef. La même année, Le Canadien devient un quotidien. La publication suit désormais les allégeances politiques de son nouveau rédacteur en chef: d'abord ultramontain et partisan d'Hector Langevin, ancien propriétaire conservateur du journal, puis favorable à Joseph-Adolphe Chapleau et enfin, défenseur de la cause libérale.

En 1891, Tarte déménage Le Canadien à Montréal et en fait un journal du soir. Deux ans plus tard, il prend la décision de stopper la publication du quotidien. Cette décision s'explique par la forte concurrence de journaux importants comme le Star et le Herald qui bénéficient de fonds plus importants. Elle s'explique aussi par le fait que le gouvernement en place est conservateur et qu'il n'a aucune envie de commanditer un journal de l'opposition. Enfin, les libéraux préfèrent assurer la survie de La Patrie, leur organe de propagande déjà bien implanté dans la région de Montréal. Le Canadien est relancé par des intérêts conservateurs en 1906, mais il disparaît, faute de fonds, en décembre 1909.
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Notices bibliographiques :
BEAULIEU, André et Jean HAMELIN. La presse québécoise: des origines à nos jours. Vol. 1. Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1973. 268 p.
CAMBRON, Micheline, dir. Le journal Le Canadien: littérature, espace public et utopie, 1836-1845. Saint-Laurent, Fides, 1999. 418 p.
Collections Canada. La Confédération, Le Bas-Canada, Le Canadien [En Ligne]. http://www.collectionscanada.gc.ca/
FOUCHÉ, Pascal, Daniel PÉCHOIN et Philippe SCHUWER. Dictionnaire encyclopédique du livre. Vol: A-D. Paris, Éditions du Cercle de la Librairie, 2002. s.p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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La Minerve



Entête du journal La Minerve

Le journal La Minerve est fondé à Montréal en 1826 par Augustin-Norbert Morin, un étudiant en droit de 23 ans qui souhaite défendre les intérêts des Canadiens français. Un prospectus est lancé le 14 octobre 1826 et le premier numéro sort le 9 novembre. Le journal est un bihebdomadaire imprimé sur une feuille. Il contient des nouvelles de l'Europe, des faits divers, quelques poèmes et des éditoriaux de Morin. Ce dernier est le directeur politique du journal, tandis que John Jones est l'imprimeur. Il utilise les presses de l'imprimerie de Dominique Bernard, propriétaire du Canadian Spectator.

Les débuts du journal sont difficiles. Il ne recueille que 210 souscriptions à 30 chelins par an chacune. Dès le 27 novembre, l'impression est suspendue et Morin parcourt les campagnes dans le but de trouver de nouveaux souscripteurs. Cette fermeture coïncide avec la disparition de John Jones.

Le 18 janvier 1827, Ludger Duvernay achète le journal pour 25 livres. La Minerve recommence à être publiée le 12 février 1827. Morin demeure le rédacteur et le directeur politique et Duvernay participe à la direction et imprime le journal. Il utilise toujours les presses de l'imprimerie Dominique Bernard. La Minerve, qui appuie les patriotes, est interdite de presse le 20 novembre 1837. Elle est réorganisée avec l'aide de Denis-Benjamin Viger et d'Édouard-Raymond Fabre, mais Duvernay est emprisonné en 1838 pour libelle.

En 1842, de retour d'exil, Duvernay fait revivre La Minerve. Le 17 juillet 1843, le journal devient un hebdomadaire et ses rédacteurs soutiennent les positions modérées de Louis-Hippolyte La Fontaine. Plus tard, La Minerve devient l'organe politique de l'Alliance libérale-conservatrice de George-Étienne Cartier et de John A. Macdonald.

En 1858, à la mort de Duvernay, La Minerve devient la propriété de Duvernay et Frères (Napoléon et Denis). En 1879, ils cèdent leurs intérêts à Clément-Arthur Dansereau, copropriétaire depuis 1870. En 1880, Dansereau revend le journal pour la somme de 38 000 dollars à la Compagnie d'imprimerie de La Minerve, organisée par l'homme politique Joseph-Charles Taché. Celui-ci assume la direction politique du journal. En 1889, la Compagnie d'imprimerie de La Minerve cède quelques-uns de ses droits à Trefflé Berthiaume qui assure l'administration et l'impression du journal. En 1891, un conflit éclate entre Berthiaume et le directeur du journal Joseph Tassé. L'administration et l'impression sont alors affermées à la compagnie Sénécal, Poitras et Cie. Cette dernière cède ses droits à Eusèbe Sénécal en 1892. L'impression est suspendue en 1897 en raison de difficultés financières. Elle est relancée en 1898, mais incapable de s'adapter aux nouvelles conditions journalistiques, La Minerve ferme définitivement ses portes l'année suivante.

Malgré tous ces changements de propriétés, La Minerve est demeurée fidèle aux conservateurs jusqu'en 1899, servant tour à tour Cartier et Joseph-Adolphe Chapleau.
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Notices bibliographiques :
BEAULIEU, André et Jean HAMELIN. La presse québécoise: des origines à nos jours. Vol. 1. Sainte-Foy, Presses de l'Université Laval, 1973. 268 p.
COURNOYER, Jean. La mémoire du Québec: de 1534 à nos jours: répertoire de noms propres. Montréal, Stanké, 2001. 1861 p.
LEBEL, Jean-Marie. Ludger Duvernay et La Minerve: étude d'une entreprise de presse montréalaise de la première moitié du XIXe siécle. Mémoire de M.A. (histoire), Université Laval, 1983. 222 p.
MASSICOTTE, Édouard-Zotique. « Comment Ludger Duvernay acquit La Minerve en 1827 ». Bulletin des recherches historiques. Vol. 26 (1920), p. 22-24.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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La Patrie



Entête du journal La Patrie (29 juin 1912)

Le journal La Patrie est fondé à Montréal, en 1879, à la suite de la disparition du journal Le National, l'organe du Parti libéral du Canada dans la région de Montréal. Son éditeur-propriétaire est Honoré Beaugrand et ses locaux se situent sur la rue Saint-Gabriel.

Le premier numéro sort le 24 février 1879. Le journal La Patrie est imprimé en petit format et s'ouvre rapidement à la publicité pour se financer. Avec Beaugrand à sa tête, le journal exprime alors les idées des membres radicaux du Parti libéral. En 1897, Joseph-Israël Tarte achète La Patrie au nom du Parti libéral, mais surtout au nom de Wilfrid Laurier. Il prend la direction politique du journal et place Henri Bourassa à la direction afin de rompre avec les radicaux. L'aventure ne dure pas et Bourassa quitte le journal après quinze jours.

Dès 1897, les fils de Tarte, Joseph et Eugène, deviennent les propriétaires officiels du journal. La Patrie se trouve alors dans une situation difficile et son tirage est à la baisse. Le journal ne suit pas les nouvelles tendances journalistiques, qui s'éloignent du militantisme politique. Comprenant les nouveaux enjeux, les deux propriétaires modernisent l'équipement, multiplient par trois le personnel et diversifient les types d'informations. Cette cure de rajeunissement fonctionne et en 1923, La Patrie compte 28 journalistes. Deux ans plus tard, le journal est acheté par le groupe Webster, Lespérance et J. H. Fortier, qui opère un virage à droite. La Patrie devient l'organe des Canadiens français d'opinion conservatrice et protectionniste.

En 1933, La Presse acquiert La Patrie. Un an plus tard, on confie la réorganisation du journal à Oswald Mayrand, qui en rafraîchit la présentation. Le journal est alors publié le jeudi, le samedi et le dimanche. En 1957, il devient un hebdomadaire. En 1962, Yves Michaud devient le nouveau chef de la rédaction du journal qui renoue avec le libéralisme. La Patrie ferme ses portes en 1978, près de cent ans après sa fondation.
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Notices bibliographiques :
BEAULIEU, André et Jean HAMELIN. La presse québécoise: des origines à nos jours. Vol. 2. Sainte-Foy, Les presses de l'Université Laval, 1973. s.p.
COURNOYER, Jean. La mémoire du Québec: de 1534 à nos jours: répertoire de noms propres. Montréal, Stanké, 2001. 1861 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Les Automatistes



Les Automatistes (1947)

Les automatistes sont un groupe d’artistes de différentes disciplines qui militent pour une nouvelle façon de créer et pour un renversement dans le domaine culturel québécois des années 1940.

Pierre Gauvreau, Françoise Sullivan, Louise Renaud et Fernand Leduc étudient à l’École des Beaux-Arts et sont avides d’art moderne et des courants d’avant-garde européens, un volet complètement absent du cursus de cet établissement. Lorsque Paul-Émile Borduas voit les peintures de Gauvreau à l’occasion d’une exposition dans le hall du théâtre Gesù, à l’automne 1941, il est impressionné et le convie à son atelier afin de discuter d’art. Il s’empresse d’accepter, tout en invitant ses camarades de classe partageant ses idées. Ceux-ci forment un premier noyau, autour duquel se greffent plus tard des étudiants de l’École du meuble, où enseigne Borduas.

Il en résulte une communauté d’artistes réunissant des peintres, comédiennes, poètes, designers, danseuses et chorégraphes qui se nourrissent du mouvement surréaliste. Au fil de longues discussions, de lecture de Marx et Freud, de séjours dans les pôles artistiques comme New York et Paris ainsi que de rencontres, ils en viennent à réclamer une triple émancipation de la société, de l’art et de l’être. Le groupe perçoit le clergé, ses valeurs, ses influences et ses censures répétées comme l’une des principales barrières à abattre. Des membres écrivent notamment dans les revues comme Combat et Quartier latin. Le dynamisme des automatistes est particulièrement prononcé de 1946 à 1948.

Les premières vitrines publiques du groupe sont des expositions picturales collectives. La première se déroule en avril 1946 dans un local impromptu de la rue Amherst, tandis que la seconde survient l’année suivante aux mois de mars et d’avril chez les Gauvreau, rue Sherbrooke. C’est dans un article à l’occasion de cette dernière exposition que le critique d’art, Tancrède Marcil, les désigne d’automatistes, appellation que le groupe s’empresse de s’approprier. Ce terme vient de l’esthétique non figurative développée par les peintres du groupe, qui valorisent notamment l’inconscient, le geste spontané et automatique dans la création. Il s’agit là d’un exemple probant des influences surréalistes et freudiennes du groupe. Ils exposent également à Paris, à la Galerie du Luxembourg en 1947.

L’automatisme n’est pas qu’un mouvement pictural. Thérèse Renaud publie en 1946 Les sables du rêve, première manifestation automatiste en littérature. Sullivan et Jeanne Renaud donnent un spectacle de danse en avril 1948 qui tranche radicalement avec les canons de cette discipline. Claude Gauvreau joue, aux côtés de Muriel Guilbault, dans sa pièce d’influence dadaïste Bien être en mai 1947. Toutes ces manifestations mettent à contribution la plupart des membres du groupe et témoignent de la multidisciplinarité de leur engagement.

Du point de vue de la formulation de leurs idées, le point culminant s’avère la publication du recueil Refus global. Cet ouvrage regroupe des photos, des images d’œuvres, des textes ainsi qu’un manifeste iconoclaste de Borduas cosigné par quinze autres automatistes. Plusieurs artistes gravitant autour des automatistes ne signent pas le manifeste par crainte des contrecoups. S’ensuit une couverture médiatique importante ainsi qu’un renvoi de Borduas de l’École du meuble. Les signataires restés à Montréal subirent l’opprobre du clergé et d’une bonne partie de l’opinion publique.

Déjà entamé, mais accentué à la suite de la publication du recueil, le relâchement de la cohésion des automatistes se poursuit. Les artistes s’éloignent peu à peu de l’esthétique automatiste, le groupe ne se réunit plus. L’exposition La matière chante, tenue en mai 1954, est la dernière manifestation réunissant les peintres automatistes de leur vivant.
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Notices bibliographiques :
DUBOIS, Sophie. Refus global : histoire d’une réception partielle. Nouvelles études québécoises, 16. Montréal, Les Presses de l’Université de Montréal, 2017. 429 p.
ELLENWOOD, Ray. Égrégore: une histoire du mouvement automatiste de Montréal. Montréal, Éditions du Passage, 2014. 330 p.
GAGNON, François-Marc. Chronique du mouvement automatiste québécois, 1941-1954. Outremont, Lanctôt éditeur, 1998. 1023 p.
SMART, Patricia. Les femmes du Refus global. Montréal, Boréal, 1998. 334 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Micmacs



Site d’interprétation Micmac de Gespeg

Les "Micmacs" (ou Mi'kmaq) désigne un peuple autochtone d'Amérique du Nord, de langue algonquienne, historiquement établi dans les Provinces Maritimes du Canada (Nouvelle-Écosse, Nouveau-Brunswick, Île-du-Prince-Édouard) et au Québec (Gaspésie), connu pour sa culture liée à la mer, sa riche artisanat (paniers, vannerie) et ses adaptations face aux défis coloniaux, tout en conservant sa langue et ses traditions. Le terme peut aussi être utilisé familièrement pour des « manigances » ou intrigues, mais son usage principal est ethnique.

Texte généré par Gemini (IA)


Population et territoire

Le Québec abrite plus de 5 000 Micmacs constitués en trois groupes. En Gaspésie, la communauté de Listuguj dispose d’un territoire à l’embouchure de la rivière Ristigouche, tandis que celle de Gesgapegiag en possède un à l’embouchure de la rivière Cascapédia, près de la municipalité de Maria. Quant aux quelque 510 Micmacs qui forment la bande de Gespeg, ils n’ont pas de territoire de réserve et vivent principalement à Gaspé et à Montréal.


Langue

La langue micmaque est enseignée à l’école et parlée par plusieurs membres des communautés de Listuguj et de Gesgapegiag. L’anglais est la langue seconde. Les Micmacs de Gespeg parlent surtout français et de plus en plus de jeunes Micmacs connaissent aussi bien le français que l’anglais.


Histoire

L’une des particularités de la culture micmaque réside dans son adaptation aux activités liées à la pêche hauturière. Les Micmacs auraient notamment acquis l’art de construire des embarcations destinées à ce type de pêche. À la fin du 18e siècle, à la suite de changements socioéconomiques profonds qui ont marqué la société gaspésienne, nombre de Micmacs sont devenus bûcherons, ouvriers et travailleurs de la construction, mais la pêche fait toujours partie de leur vie sociale et économique.

En 2001, les trois communautés se sont unies pour former un organisme politique et administratif, soit le Secrétariat Mi’gmawei Mawiomi, afin de se donner des services communs et d’établir des liens avec des partenaires allochtones, notamment dans les secteurs de la pêche et de la foresterie.


Économie

Grâce à la pêche en haute mer, les Micmacs tirent une partie de leur subsistance des produits marins. La pêche au saumon a toujours fait partie de leur mode de vie. Depuis 1982, la communauté de Listuguj bénéficie d’une entente relative à la pratique de cette activité. De leur côté, les Micmacs de Gesgapegiag administrent, avec des associés non autochtones, la Société de gestion du saumon de la rivière Cascapédia. Ce partenariat leur procure une trentaine d’emplois liés aux activités de la pêche au saumon sur cette rivière de renommée internationale.

Depuis plusieurs générations, les paniers de frêne et de foin d’odeur sont la spécialité des Micmacs. La communauté de Gesgapegiag possède une coopérative d’artisanat dont les produits sont exportés au Canada et aux États-Unis. Les membres de la nation micmaque de Gespeg sont actifs sur plusieurs plans. Ils ont aménagé un centre communautaire à Pointe-Navarre et construit un centre d’interprétation de la culture micmaque. En 2001, les trois communautés micmaques se sont regroupées en un organisme politique et administratif, le Secrétariat Mi’gmawei Mawiomi. Le mandat de cet organisme consiste à :

planifier la prestation de services communs;
établir des partenariats avec les non-Autochtones, notamment dans les secteurs de la pêche et de la foresterie;
coordonner la négociation d’ententes au nom de la nation.

Source : Gouvernement du Québec


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Mohawks (Kanien'kehà:ka)



Contestation d'un territoire

Les Mohawks, ou Kanien'kehà:ka (« Peuple du silex »), sont une nation autochtone d'Amérique du Nord, la plus orientale de la Confédération Haudenosaunee (Iroquoise), résidant au Québec (notamment à Kahnawà:ke), en Ontario et dans le nord-est des États-Unis, connus pour leur culture riche, leur langue (le kanien'kéha), et leur histoire liée aux "Trois Sœurs" (maïs, haricots, courge) et à la Grande Loi de la Paix, avec des liens historiques et culturels profonds avec le territoire de Montréal (Tiohtià:ke).

Texte généré par Gemini (IA)


Population et territoire

Avec près de 20 000 personnes, les Mohawks forment au Québec la plus populeuse des nations autochtones. Ils sont regroupés en trois communautés : Kahnawake, Akwesasne et Kanesatake.


Langue

La langue d’usage des Mohawks est l’anglais. Plusieurs parlent le mohawk (le kanien’keha), et de plus en plus de Mohawks s’expriment en français.


Histoire

Les Mohawks constituent l’une des nations iroquoises qui, avant l’arrivée des Européens, formaient la Confédération des Cinq-Nations. Le système sociopolitique de la Confédération, démocratique et autonome, était très complexe. À l’instar des autres nations iroquoises, la société mohawk était matrilinéaire, c’est-à-dire que les femmes y transmettaient la parenté et les valeurs identitaires du clan. À partir du 19e siècle, les Mohawks se sont spécialisés dans des métiers recherchés. Plusieurs étaient pagayeurs pour des compagnies de transport, à l’époque où, pour aller de Montréal aux Grands Lacs, les bateaux devaient traverser les rapides de Lachine. On considérait alors les Mohawks comme des experts en ce domaine.


Économie

Située à proximité de Montréal, sur la rive sud du Saint-Laurent, Kahnawake a pris en charge, depuis plusieurs années, la plupart des secteurs de l’activité communautaire. Elle possède un établissement financier, la Caisse populaire de Kahnawake, et de nombreuses entreprises privées.

Source : Gouvernement du Québec


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Mouvement des caisses Desjardins



Maison d'Alphonse Desjardins

La première caisse populaire est fondée par Alphonse Desjardins le 6 décembre 1900 dans son domicile de Lévis. Ses opérations débutent le 23 janvier 1901, alors que douze membres versent un total de 26,40 $. La caisse populaire de Lévis suit le modèle coopératif de crédit européen. En organisant une caisse populaire autour de l'épargne populaire, Desjardins souhaite aider les Canadiens français à s'émanciper.

Soutenu par le clergé et les journalistes, le projet de Desjardins gagne rapidement en popularité. En 1906, le montant des dépôts frise les 40 000 $, même si la caisse ne détient aucune protection juridique. Desjardins a tenté en vain de faire voter une loi sur le crédit coopératif au niveau fédéral, mais devant le refus des députés à Ottawa, il doit se tourner vers l'Assemblée législative de la province de Québec. Cette dernière vote la Loi concernant les syndicats coopératifs en 1906. Son entreprise protégée par la juridiction provinciale, Desjardins se consacre au rayonnement des caisses. À sa mort, en 1920, 219 caisses populaires sont en activité, dont 23 en Ontario et aux États-Unis.

Desjardins souhaite fédérer les caisses sous la direction d'un organisme central. En décembre 1920, après son décès, naît la première union des caisses. Il faut cependant attendre 1932 pour voir une fédération provinciale des caisses populaires. Dans les années 1940, le Mouvement Desjardins commence à prendre forme avec l'ajout de nouveaux services pour les membres, comme l'assurance. Dans les années 1960, le mouvement acquiert des entreprises de services financiers. La vigueur du mouvement incite plusieurs associations coopératives à se joindre aux caisses populaires Desjardins. Ainsi, de 1971 à 1990, les caisses francophones du Manitoba, de l'Ontario et de l'Acadie se joignent au Mouvement Desjardins. En 1990, le mouvement cumule un actif de 44 milliards de dollars.

Après cette forte croissance, le Mouvement Desjardins se réorganise durant les années 1990. Le mouvement acquiert le Groupe La Laurentienne en 1994, puis entreprend, de 1996 à 1999, plusieurs opérations de rationalisation. En 2007, le Mouvement Desjardins cumule des actifs totalisant 114 milliards de dollars, compte plus de 6 000 membres et plus de 40 000 employés. Il figure parmi les groupes financiers les plus importants au Canada. En 2020, le siège social se trouve toujours à Lévis.
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Notices bibliographiques :
BÉLANGER, Guy et Pierre POULIN. « Desjardins, Alphonse ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
GOULET, Pierre. Desjardins, l'argent au service des gens. Lévis, Desjardins: Éditions Dorimène, 2006. 46 p.
LAMARCHE, Jacques. Alphonse Desjardins, un homme au service des gens. Montréal, Éditions du jour, 1977. 173 p.
POULIN, Pierre. Histoire du Mouvement Desjardins. Montréal, Québec/Amérique, 1998. s.p.
ST-PIERRE, Majella. Alphonse Desjardins entrepreneur. Montréal, Éditions Transcontinental, 2001. 193 p.
YUSUFALI, Sasha. « Mouvement Desjardins ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
s.a. Desjardins, À propos de Desjardins [En Ligne]. http://www.desjardins.com

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Naskapis



Communauté de Kawawachikamach

Les Naskapis sont un peuple autochtone de la forêt boréale résidant principalement dans la péninsule du Labrador, au Québec et à Terre-Neuve-et-Labrador. Autrefois nomades et dépendants de la chasse au caribou, ils sont aujourd'hui établis majoritairement dans la communauté de Kawawachikamach, près de Schefferville.

Texte généré par Gemini (IA)


Population et territoire

La nation naskapie compte environ 1 450 personnes, dont plus de 930 vivent dans le seul village naskapi du Québec, Kawawachikamach, situé dans le nord du Québec, à environ 15 kilomètres de Schefferville.


Langue

Le naskapi est parlé par toute la population et l’anglais est la langue seconde.


Histoire

Avant l’arrivée des Européens, les Naskapis vivaient principalement de la chasse au caribou. Cet animal, dont ils tiraient leur nourriture, leurs vêtements et leurs outils, leur permettait de survivre dans les difficiles conditions de la toundra arctique. Ils vivaient alors en nomades et se déplaçaient au gré de la migration des caribous. Or, certaines années, le caribou se faisait rare.

À partir de 1893, plusieurs famines ont décimé la nation naskapie. Vers 1950, le gouvernement fédéral est intervenu, leur fournissant des soins de santé et faisant transporter des rations alimentaires à Fort Mackenzie, au sud de Kuujjuaq, là où les Naskapis s’étaient installés. Deux ans plus tard, ils revenaient à Fort Chimo (ancien nom de Kuujjuaq), là où ils avaient déjà vécu par le passé. Finalement, en 1956, les Naskapis ont accepté de vivre avec les Innus de Matimekosh, près de Schefferville, dans l’espoir d’améliorer leurs conditions de vie.

En 1978, les Naskapis ont signé la Convention du Nord-Est québécois, qui leur a donné les moyens de prendre en main leur avenir. En vertu de cette entente fondée sur la Convention de la Baie James et du Nord québécois, ils bénéficient, tout comme les Cris et les Inuit, d’un régime territorial leur assurant des droits exclusifs de chasse, de pêche et de piégeage. Cette convention leur accorde également d’autres avantages obtenus en considération des droits, titres et intérêts autochtones qu’ils ont cédés sur le territoire du Québec.


Économie

La Société de développement des Naskapis gère, entre autres, une pourvoirie, des services d’entretien des routes, une boutique d’artisanat et une entreprise de construction. En 1984, la Loi sur les Cris et les Naskapis du Québec a soustrait la nation naskapie à la Loi sur les Indiens et lui a conféré une grande autonomie administrative.

Aujourd’hui, le village est doté d’édifices communautaires bien équipés, dont une école primaire et secondaire, un CLSC, une caserne de pompiers, un poste de police, un centre communautaire, un centre récréatif et une radio diffusant en langue naskapie. Les principales activités économiques de la communauté sont le tourisme d’aventure, la construction, le piégeage d’animaux à fourrure et l’artisanat.

Les Naskapis, conjointement avec les Innus de Matimekosh–Lac-John et de Uashat-Maliotenam, ont mis sur pied une compagnie appelée Transport ferroviaire Tshiuetin inc., qui assure, depuis 2004, le service ferroviaire de passagers entre Sept-Îles et Schefferville. En 2009, un premier réseau de téléphonie cellulaire par satellite était implanté à Kawawachikamach, grâce à un partenariat conclu entre l’entreprise Naskapi Imuun et des firmes de haute technologie du Québec.

Le 19 octobre 2009, les Naskapis et le Québec signaient une entente de partenariat économique et communautaire, laquelle était inspirée de la paix des braves et de l’entente Sanarrutik, signées respectivement avec les Cris et les Inuit en 2002. Pour les 25 années que durera l’entente, des sommes seront versées annuellement, à parts égales, à la nation naskapie et à la Société de développement des Naskapis. Ces sommes serviront à financer des projets communautaires et économiques et à assurer la mise en œuvre de certains aspects de la Convention du Nord-Est québécois.

Source : Gouvernement du Québec


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Oblats de Marie-Immaculée



Pensionnat pour Autochtones

La congrégation des Oblats de Marie-Immaculée, d'abord appelée la Société des missionnaires de Provence, est fondée en France en 1816, par l'évêque de Marseille, Eugène de Mazenod. Le groupe reçoit l'approbation du pape Léon XII en 1826.

À la suite de plusieurs demandes de l'évêque de Montréal, Mgr Ignace Bourget, la communauté envoie six missionnaires au Canada en 1841 pour prêcher et fonder des missions. Rapidement, ces premiers oblats sont secondés par l'arrivée de nouveaux missionnaires français. Leur principale tâche est de convertir les peuples autochtones au christianisme.

En 1844, la communauté s'établit à Saint-Hilaire (Mont-Saint-Hilaire), à Sainte-Foy (Québec), puis à Bytown (Ottawa) et dans le Nord-Ouest. Dès leur arrivée, les Oblats misent sur le recrutement de jeunes canadiens pour accroître les effectifs de la communauté. Deux missionnaires, dont le Canadien Alexandre-Antonin Taché, partent pour la colonie de la rivière Rouge (Manitoba) pour aider le vicaire apostolique à évangéliser le territoire situé à l'ouest du village de Saint-Boniface (Winnipeg) jusqu'à l'océan Pacifique. En 1851, Taché reçoit la consécration épiscopale à Viviers, en France, et devient le premier évêque missionnaire de la communauté des Oblats de Marie-Immaculée.

La congrégation crée également des missions chez les Algonquins, les Attikameks, les Cris, les Montagnais (Innus) et les Esquimaux (Inuits), notamment à la baie James, dans le Grand Nord et au lac Saint-Jean, sur la réserve amérindienne d'Ouiatchouan (Mashteuiatsh). Localisés principalement dans les régions de l'Ouest, les Oblats, en plus d'évangéliser les différentes tribus, jouent un rôle de réconciliateur entre les Amérindiens et les colons européens.

Au sein des communautés établies dans les villes, les Oblats prêchent et fondent des paroisses ainsi que des maisons de formation, dont le collège de Bytown (Université d'Ottawa). Installés officiellement à Montréal en 1848, les Oblats participent à la création du faubourg Saint-Pierre et mettent sur pied la Société de Saint-Vincent-de-Paul ainsi que le Cercle Saint-Pierre, une salle de loisirs sans alcool. Ils fondent finalement la paroisse Saint-Pierre-Apôtre de Montréal en 1900.

Au tournant du XXe siècle, les Oblats sont de plus en plus impliqués dans la prédication. La communauté s'établit dans les milieux défavorisés et construit des maisons de retraite fermées. En 1902, ils s'installent au Cap-de-la-Madeleine (Trois-Rivières) et deviennent les gardiens du sanctuaire de Notre-Dame-du-Cap, un important lieu de pèlerinage.

Depuis les années 1920, les Oblats de Marie-Immaculée s'occupent de missions étrangères. Ils ont commencé leur œuvre évangélisatrice au Basutoland (Lesotho) en 1923 avant de poursuivre en Bolivie en 1952, en Afrique et en Amérique du Sud.

En 1957, la communauté est divisée en deux provinces, celles de Saint-Joseph et de Notre-Dame-du-Rosaire. À cette époque, en plus de devoir affronter la diminution des membres, la congrégation doit s'adapter au déclin de la pratique religieuse. La plupart des maisons de retraite disparaissent et seules quelques paroisses sont encore prises en charge par les Oblats.

En 2004, les deux provinces fusionnent et deviennent la province Notre-Dame-du-Cap qui, cinq ans plus tard, compte 260 membres, dont trois évêques. La majorité de leurs institutions est fermée hormis quelques paroisses qui demeurent sous leur responsabilité. Les Oblats poursuivent leur implication dans la vie pastorale, la croissance et l'évangélisation chrétiennes dans certaines régions du Québec.
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Notices bibliographiques :
COURNOYER, Jean. La mémoire du Québec [En Ligne]. http://www.memoireduquebec.com/
HANRAHAN, James. « Oblats de Marie Immaculée ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com
Oblats francophones de l'Est du Canada. Les missionnaires OMI [En Ligne]. http://oblats.qc.ca/

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Parti Patriote



Illustration de la bataille de Saint-Eustache, en 1837

Le Parti patriote est l'héritier idéologique du Parti canadien, créé vers 1806 et conduit par Louis-Joseph Papineau à partir de 1815. Le groupe se désigne sous le nom de Parti patriote à compter de 1826 pour afficher son ouverture aux partisans de langue anglaise. Majoritaires en Chambre à partir des élections de 1827, les patriotes sont dirigés principalement par des membres de la petite bourgeoisie professionnelle, dont les principaux porte-paroles sont Louis-Joseph Papineau, Wolfred Nelson, Denis-Benjamin Viger et Elzéar Bédard.

En 1834, les patriotes se dotent d'un Comité central permanent, qui structure leur mouvement et permet de coordonner l'action parlementaire des élus et celle extraparlementaire des comités de paroisses et de comtés. L'organisation patriote comprend également des associations de dames patriotiques notamment dans Deux-Montagnes et Richelieu. Afin de diffuser leurs idées, les patriotes bénéficient du soutien de journaux, au nombre desquels figurent La Minerve, The Vindicator, Le Canadien et L'Écho du pays. Les adhérents aux idées du Parti sont des membres de professions libérales, de petits marchands francophones et des habitants.

Les patriotes réclament une réforme des institutions politiques du Bas-Canada, qui sont contrôlées par l'élite coloniale et les marchands britanniques. Ils désirent concrètement un Conseil législatif électif, un Conseil exécutif responsable devant les élus, ainsi que le contrôle des subsides et de la liste civile par la Chambre d'assemblée. Les patriotes s'opposent à l'immigration massive de Britanniques dans la colonie, ainsi qu'au projet d'union entre le Haut et le Bas-Canada, qui traîne dans le paysage politique depuis 1810.

Réclamant des réformes politiques importantes, les députés patriotes exposent en 1834 leurs griefs dans les 92 Résolutions, qu'ils présentent au Parlement britannique. Londres répond en mars 1837 par les résolutions Russell, qui rejettent les réformes proposées et permettent au gouverneur d'utiliser les fonds publics sans l'assentiment de la Chambre d'assemblée. À la suite des résolutions Russell, la scission entre les modérés et les radicaux du parti s'avère incontournable, ces derniers affichant des positions de plus en plus anticléricales, antiseigneuriales et indépendantistes. Ces positions trouvent écho auprès d'une partie de la population, qui prend part aux manifestations organisées par le Comité central permanent du parti: pétitions, boycottage des produits britanniques et assemblées populaires. De leur côté, de jeunes patriotes radicaux forment l'Association des Fils de la liberté, une organisation paramilitaire.

Après une échauffourée entre les Fils de la liberté et le Doric Club, une association loyaliste, en novembre 1837, des mandats d'arrestation sont lancés contre 26 chefs patriotes. Des confrontations ont lieu en 1837 et 1838 entre les patriotes et l'armée britannique, renforcée par des volontaires loyaux. Les batailles de Saint-Denis-sur-Richelieu, de Saint-Charles-sur-Richelieu et de Saint-Eustache comptent parmi les affrontements les plus importants. Au cours de ces événements, Wolfred Nelson et Jean-Olivier Chénier s'illustrent par leurs actions.

En février 1838, les patriotes exilés aux États-Unis, dont Robert Nelson, proclament la république du Bas-Canada à Caldwell's Manor et recrutent des combattants qui se nomment les Frères chasseurs. L'offensive menée par Nelson en novembre 1838 est rapidement démantelée.

Le bilan des affrontements de 1837-1838 fait état, du côté des patriotes, de 298 morts et de 1 280 prisonniers. Parmi ces derniers, 12 sont pendus, 58 sont exilés en Australie et 8 aux Bermudes.
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Notices bibliographiques :
BLAIS, Christian, Gilles GALLICHAN, Frédéric LEMIEUX et Jocelyn SAINT-PIERRE. Québec: quatre siècles d'une capitale. Québec, Assemblée nationale du Québec - Les Publications du Québec, 2008. 692 p.
DAVID, Laurent-Olivier. Les Patriotes de 1837-1838. Montréal, E. Sénécal, 1884. 299 p.
DICKINSON, John Alexander et Brian YOUNG. Brève histoire socio-économique du Québec. Sillery, Septentrion, 2003. 452 p.
FAUTEUX, Aegidius. Patriotes de 1837-1838. Montréal, Les Éditions des Dix, 1950. 433 p.
FILTEAU, Gérard. Histoire des Patriotes. Sillery, Septentrion, 2003. 628 p.
GREER, Allan. Habitants et patriotes : la Rébellion de 1837 dans les campagnes du Bas-Canada. Montréal, Boréal, 1997. 370 p.
LAPORTE, Gilles. Les Patriotes de 1837@1838 : les rébellions du Bas-Canada [En Ligne]. http://cgi2.cvm.qc.ca/glaporte/1837.pl?out=menu
LAPORTE, Gilles. Patriotes et loyaux : leadership régional et mobilisation politique de 1837 et 1838. Sillery, Septentrion, 2004. 414 p.
SENIOR, Elinor Kyte. Les habits rouges et les patriotes. Montréal, VLB, 1997. 310 p.
SIMARD, Marc. Papineau et les Patriotes de 1837. Agincourt, La Société Canadienne du Livre Limitée, 1983. 71 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Petites Sœurs de la Sainte-Famille



Petites Sœurs de la Sainte-Famille

En 1874, le père Camille Lefebvre, religieux de la congrégation de Sainte-Croix, invite soeur Marie-Léonie Paradis, membre des Soeurs marianites de Sainte-Croix, à prendre en charge un groupe de sœurs qui assume les travaux domestiques du collège Saint-Joseph de Memramcook, au Nouveau-Brunswick. Deux ans plus tard, la religieuse y inaugure un ouvroir pour former, pendant un an, de jeunes Acadiennes désireuses de prendre en charge les travaux domestiques dans les institutions de la congrégation de Sainte-Croix. Les jeunes filles, qui prononcent des vœux annuels, sont ensuite envoyées dans les collèges et les pensionnats, où elles s’occupent de l’infirmerie, de la cuisine, de la lingerie et de la bonne tenue des locaux. En 1880, à l’instigation du père Lefebvre, les pères de Sainte-Croix acceptent que la communauté de Memramcook soit détachée des Sœurs marianites de Sainte-Croix. C’est le début de l’institut des Petites Sœurs de la Sainte-Famille, et mère Marie-Léonie est reconnue comme fondatrice.

Les Petites Sœurs de la Sainte-Famille se développent rapidement. En 1893, elles établissent au collège des Pères Maristes à Van Buren, dans le Maine, la première charge à l’extérieur du Canada et en dehors des maisons d’enseignement dirigées par la congrégation de Sainte-Croix. Malgré les demandes de mère Marie-Léonie, l’évêque de Saint-Jean, Mgr John Sweeney, refuse d’accorder un statut officiel à la communauté. Après une rencontre avec l’évêque de Sherbrooke, Mgr Paul Larocque, les sœurs sont invitées à s’installer dans le diocèse de Sherbrooke, afin de prendre en charge les travaux domestiques du séminaire et de l’évêché. Mère Marie-Léonie accepte cette proposition qui assure l’avenir de la communauté. Le 5 octobre 1895, après 21 ans passés en Acadie, les sœurs déménagent leur maison mère et leur noviciat sur la rue Peel à Sherbrooke, près du séminaire Saint-Charles-Borromée. Elles reçoivent leur approbation canonique le 26 janvier 1896 de Mgr Larocque. La communauté, nouvellement reconnue par l’Église, est vouée à l’entretien ménager des collèges, des séminaires, des évêchés et des maisons de formation de prêtres.

Les fondations ne tardent pas à se multiplier pour les Petites Sœurs de la Sainte-Famille. Rapidement, elles se trouvent dans des collèges ou séminaires à Marieville (1895), Lévis (1896), Nicolet (1898), Valleyfield (1900), à l’Université d’Ottawa (1902) et à Montréal (1906), en plus d’être présentes dans cinq évêchés. À la mort de la fondatrice en 1912, la congrégation compte plus de 600 religieuses œuvrant au Canada et aux États-Unis. En 1930, elles font construire une nouvelle maison mère, le Mont Sainte-Famille, sur la rue Galt Ouest à Sherbrooke, où elles se trouvent toujours au début du XXIe siècle.

En 1981, la communauté compte 770 religieuses et a ouvert plus de 70 maisons dont 50 au Canada, 15 aux États-Unis, 2 à Rome et 5 en Amérique du Sud, où est inauguré un second noviciat au Honduras. En 1984, au parc Jarry à Montréal, le pape Jean-Paul II béatifie mère Marie-Léonie, reconnaissant le rôle important de cette fondatrice et de son œuvre, tant au Canada qu’à l’étranger.
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Notices bibliographiques :
BERTRAND, Guy, Denise ROBILLARD et Ghislaine ROQUET. Mère Marie-Léonie,1840-1912, fondatrice des Petites Soeurs de la Sainte-Famille. Montréal, Fides, 1984. 46 p.
Centre Marie-Léonie Paradis. Centre Marie-Léonie Paradis [En Ligne]. http://www.centremarie-leonieparadis.com/
Congrégation de Sainte-Croix. Province canadienne de la Congrégation de Sainte-Croix [En Ligne]. http://www.ste-croix.qc.ca/
GENDRON, Thérèse. Des fondatrices au coeur marial et missionnaire : Émilie Gamelin, Marcelle Mallet, Ester Blondin, Marie-Rose Durocher, Marie-Léonie Paradis, Délia Tétreault / collectif. Aux sources mariales de l’Église canadienne, 6. Sillery, Fondation de Marie Immaculée, 1989. 95 p.
GRIFFITS, Naomi. « Lefebvre, Camille ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
JEAN, Marguerite. Évolution des communautés religieuses de femmes au Canada de 1639 à nos jours. Histoire religieuse du Canada. Montréal, Fides, 1977. 324 p.
NADEAU, Eugène. Mère Léonie, fondatrice des Petites Soeurs de la Sainte-Famille (1840-1912). Les Grands serviteurs de Dieu. Montréal, Fides, 1950. 294 p.
Petites Soeurs de la Sainte-Famille. Le bonheur dans l’obscur dévouement. Sherbrooke, Petites Soeurs de la Sainte-Famille, 1948. 35 p.
ROBILLARD, Denise. « Paradis, Élodie (baptisée Alodie-Virginie), dite mère Marie-Léonie ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
Société historique de la vallée de Memramcook. Société historique de la vallée de Memramcook [En Ligne]. http://shvm.ca/
s.a. « Chapelle conventuelle Église abbatiale de l’Abbaye Notre-Dame-de-la-Paix ». s.a. Inventaire des lieux de culte du Québec [En ligne]. http://www.lieuxdeculte.qc.ca/fiche.php?LIEU_CULTE_ID=99693

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Récollets



Vue de la cathédrale, du collège des Jésuites, et de l’église des Récollets

Les Récollets constituent une branche réformée de l'ordre des Franciscains. Créée en France à la fin du XVIe siècle, la communauté vise l'observation stricte de la règle de saint François d'Assise. Missionnaires et prédicateurs, ses membres mènent une vie simple et austère.

Considérés comme l'une des communautés religieuses fondatrices de la Nouvelle-France, les Récollets sont présents dès les premiers voyages de Samuel de Champlain. Le père Denis Jamet, le père Jean Dolbeau, le père Joseph Le Caron et le frère Pacifique Duplessis s'installent dans la colonie en 1615. Ce sont les premiers missionnaires à remonter le fleuve Saint-Laurent. Les Récollets sont missionnaires, titulaires de certaines cures et aumôniers des troupes de la Marine. Ils établissent leur couvent en bordure de la rivière Saint-Charles, à Québec, en 1620. Lors de la prise de Québec par les frères Kirke en 1629, ils sont forcés de quitter la colonie. De retour en 1670, à la demande de l'intendant Jean Talon, ils érigent un monastère à Montréal. Ils reprennent également possession de leur domaine à Québec, où ils font construire une église, entre 1671 et 1673, et un nouveau monastère en pierre, entre 1680 et 1684. En 1692, le domaine des Récollets est acquis par Mgr de Saint-Vallier, évêque de Québec, pour l'établissement du premier hôpital général de la colonie. Les Récollets fondent aussi une mission dans le poste de pêche de Percé en 1673. À Trois-Rivières, ils construisent un couvent en 1693, puis une église entre 1700 et 1703. Les deux bâtiments sont reconstruits en pierre en 1742 et 1754.

En 1763, la Nouvelle-France est cédée à l'Angleterre. Les autorités britanniques interdisent alors aux communautés religieuses, dont les Récollets, toute forme de recrutement en France et de recevoir des novices. Faute de relève suffisante, les Récollets sont contraints de quitter Trois-Rivières en 1776. Mgr Jean-François Hubert, en 1796, sécularise les frères entrés dans l'ordre depuis 1784. La communauté disparaît de la colonie avec la mort du père Louis Demers, dernier prêtre récollet, en 1813. Le dernier frère sécularisé décède en 1849.

Il faut attendre la fin du XIXe siècle pour que d'autres religieux de la famille franciscaine, dont le père Frédéric Janssoone, reviennent s'installer au Québec. Il sont de retour à Trois-Rivières en 1888, puis à Montréal vers 1890.

En 1897, le pape Léon XIII regroupe des communautés se réclamant de saint François d'Assise, dont les Récollets, pour former les Frères mineurs ou Franciscains. Aujourd'hui, les Franciscains sont toujours actifs au Canada, notamment à Trois-Rivières, à Montréal, à Lachute et à Sorel, de même qu'en Ontario et dans l'Ouest canadien.
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Notices bibliographiques :
COURNOYER, Jean. La mémoire du Québec: de 1534 à nos jours: répertoire de noms propres. Montréal, Stanké, 2001. 1861 p.
FLEURENT, Maurice. « Demers, Louis ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
JOUVE, O. Dictionnaire biographique des Récollets missionnaires en Nouvelle-France, 1615-1645 - 1670-1849 : province franciscaine Saint-Joseph du Canada. Saint-Laurent, Bellarmin, 1996. 903 p.
LAPERRIÈRE, Guy. Les congrégations religieuses de la France au Québec 1880-1914. Vol. 1. Québec, Les Presses de l'Université Laval, 1996. 228 p.
Les Franciscains du Canada. Les Franciscains du Canada [En Ligne]. http://www.ofm-canada.org/fra/franciscains/index.htm
THÉRIAULT, Michel. « Récollets ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Régiment de Carignan-Salières



Officiers et soldats du régiment de Carignan-Salières

Le régiment de Carignan-Salières arrive en Nouvelle-France en 1665. La venue de ces hommes en armes permet de sécuriser les possessions françaises en Amérique du Nord et favorisera ultérieurement le peuplement de la colonie.

Au milieu du XVIIe siècle, les relations entre les Français et les Iroquois sont tendues. Les raids de ces derniers, particulièrement sur Ville-Marie (Montréal), compromettent le développement de la colonie. Pour défendre le territoire, la Compagnie des Cent-Associés entretient une petite troupe constituée en camp volant qui se déplace en fonction des nécessités. Cette force est toutefois insuffisante pour enrayer complètement la menace iroquoise.

En 1663, Louis XIV fait passer la Nouvelle-France sous son autorité directe en la dotant d'un gouvernement royal. Ayant été précédemment informé par les administrateurs coloniaux de la nécessité de pacifier les Iroquois pour stabiliser la colonie, il ordonne en 1664 l'envoi du régiment de Carignan-Salières en Nouvelle-France.

Le régiment de Carignan-Salières, commandé par le marquis Henri de Chastelard de Salières, est le résultat de la fusion, cinq ans plus tôt, du régiment de Salières avec le régiment d'Emmanuel-Philibert de Savoie, prince de Carignan. Parti de Marsal, en Lorraine, en janvier 1665, le régiment de Carignan-Salières, composé alors d'environ 1100 hommes, traverse la France à pied pour se rendre à La Rochelle. Peu avant l'embarquement, les compagnies sont réparties sur l'île d'Oléron et l'île de Ré. D'avril à mai 1665, les soldats sont embarqués sur sept navires et traversent l'Atlantique. Le premier contingent arrive à Québec le 19 juin et le dernier, le 14 septembre. Les soldats sont placés sous le commandement d'Alexandre de Prouville de Tracy, lieutenant-général des Antilles et de la Nouvelle-France, qui arrive des Antilles avec quatre de ses propres compagnies (environ 200 hommes), le 30 juin.

La première mission du régiment de Carignan-Salières en Nouvelle-France est de construire une série de forts le long de la rivière Richelieu pour verrouiller la route d'invasion des Iroquois. Les forts Saint-Louis, Richelieu et Sainte-Thérèse sont ainsi érigés à l'automne 1665 et les soldats sont répartis dans ces forts et à Québec, Montréal et Trois-Rivières.

En 1666, le régiment mène deux offensives contre les Iroquois. Au cours de l'hiver, 500 à 600 soldats, volontaires et alliés amérindiens se rendent dans le territoire iroquois, sans toutefois causer de dégâts importants. Les pertes de l'expédition sont non négligeables : une soixantaine d'hommes périssent du froid et du manque de vivres. Cette démonstration de force amène toutefois quelques nations iroquoises à conclure une paix. À l'automne, une seconde expédition permet à 600 soldats du régiment, accompagnés de volontaires et d'Amérindiens, d'atteindre les villages des Agniers. Avertis de l'arrivée des troupes françaises, ceux-ci désertent leurs villages, que les soldats incendient. Sans remporter une victoire décisive sur les Iroquois, Tracy arrive toutefois à démontrer la supériorité militaire française. Cette attaque, combinée aux épidémies de petite vérole et de scarlatine conduisent les Agniers à une paix avec les Français en 1667.

Le régiment de Carignan-Salières est rappelé en France en 1668. Désireux de promouvoir le peuplement de la colonie, le roi offre des terres aux soldats et officiers qui souhaitent s'y établir. Ils sont près de 400 à être démobilisés et à profiter de cette opportunité. De ce nombre, 283 se marient dans les années subséquentes, notamment avec des Filles du roi.

En s'établissant au pays, les soldats du régiment de Carignan-Salières ont contribué de manière importante au développement de la Nouvelle-France. Ils comptent de nos jours de nombreux descendants au Québec et en Amérique du Nord et ont laissé une marque durable dans la toponymie.

Cet événement a été désigné par la ministre de la Culture et des Communications le 19 juin 2015.


Intérêt patrimonial

Cet événement historique est désigné pour les motifs suivants:

Le régiment de Carignan-Salières arrive en Nouvelle-France en 1665 sur l'ordre de Louis XIV. Placé sous le commandement d'Alexandre de Prouville de Tracy, le régiment sécurise les possessions françaises en Amérique du Nord en construisant des fortifications et en menant deux expéditions militaires contre les Iroquois. En 1667, une paix est signée et le régiment est rappelé en France. Environ 400 soldats choisissent toutefois de s'établir dans la colonie en échange de terres et de nourriture. Plus de la moitié de ces hommes se marient, notamment à des Filles du roi, et comptent de nos jours de nombreux descendants au Québec et en Amérique du Nord. Devenus seigneurs et habitants, ces soldats ont ainsi contribué de manière importante au développement de la Nouvelle-France.
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Notices bibliographiques :
Bibliothèque et Archives nationales du Québec. La ligne du temps du Québec [En Ligne]. https://numerique.banq.qc.ca/ligne-du-temps
BLAIS, Christian, Gilles GALLICHAN, Frédéric LEMIEUX et Jocelyn SAINT-PIERRE. Québec: quatre siècles d'une capitale. Québec, Assemblée nationale du Québec - Les Publications du Québec, 2008. 692 p.
DESROSIERS, Léo-Paul. Iroquoisie. Vol. 2. Sillery, Septentrion, 1998. 341 p.
DESROSIERS, Léo-Paul. Iroquoisie. Vol. 3. Sillery, Septentrion, 1999. 347 p.
DICKINSON, John Alexander et Brian YOUNG. Brève histoire socio-économique du Québec. Sillery, Septentrion, 2003. 452 p.
Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En Ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
LACOURSIÈRE, Jacques, Jean PROVENCHER et Denis VAUGEOIS. Canada-Québec: synthèse historique, 1534-2000. Québec, Éditions du Septentrion, 2001. 591 p.
LAMONTAGNE, Léopold. « Prouville de Tracy, Alexandre de ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca
LANGLOIS, Michel. « Le régiment de Carignan-Salières : des forces pour la paix, des bras pour la colonisation ». Cap-aux-Diamants. No 23 (1990), p. 62-65.
MORTON, Desmond. Une histoire militaire du Canada, 1608-1991. Sillery, Les Éditions du Septentrion, 1992. 414 p.
PROVENCHER, Jean. Chronologie du Québec depuis 1534. Quatrième édition mise à jour. Montréal, Boréal, 2017. 400 p.
TRUDEL, Marcel. Initiation à la Nouvelle-France. Montréal, Holt Rinehart and Winston, 1968. 323 p.
VERNEY, Jack. The good regiment : the Carignan-Salières Regiment in Canada, 1665-1668. Montréal, McGill-Queen's University Press, 1991. 222 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Société Notre-Dame de Montréal



Basilique Notre-Dame de Montréal

La Société Notre-Dame de Montréal est une organisation à vocation pieuse, formée à Paris en 1639, responsable de la fondation de Ville-Marie (Montréal) et de son développement au cours de ses deux premières décennies d’existence.

C’est vers 1635 que l’idée de fonder une colonie missionnaire sur l’île de Montréal germe dans l’esprit du Français Jérome Le Royer de La Dauversière. Quatre ans plus tard, ce dernier, par l’entremise de Pierre Chevrier, baron de Fancamp, fait la rencontre du prêtre Jean-Jacques Olier. Les trois hommes décident alors de fonder une société regroupant des individus influents et fortunés dans le but de réaliser leur projet de convertir les autochtones de la Nouvelle-France au catholicisme et de les sédentariser sur l’île de Montréal. Leur association vise ultimement à créer une nouvelle société chrétienne où cohabiteraient Français et Autochtones. Ils sont rejoints par Gaston de Renty, supérieur de la Compagnie du Saint-Sacrement, à laquelle appartiennent d’ailleurs Chevrier et La Dauversière. Composée de donateurs laïcs et ecclésiastiques, la Société cherche dès lors à amasser des fonds afin de lever des recrues pour faire le passage en colonie.

Le premier objectif des sociétaires est de s’approprier la seigneurie de l’Île-de-Montréal. Celle-ci fut précédemment concédée à Jean de Lauson, directeur de la Compagnie des Cent-Associés. Après de longues négociations, Lauson consent à la vente de la seigneurie en août 1640, mais la transaction est annulée par les Cent Associés. Considérant que Lauson n’a pas rempli son obligation de peupler l’île, ces derniers révoquent son titre de propriété et concèdent eux-mêmes le territoire en seigneurie à la Société Notre-Dame de Montréal, le 17 décembre 1640.

Pour commander et édifier leur colonie, les gens de la Société s’adjoignent deux nouveaux membres, Paul de Chomedey de Maisonneuve et Jeanne Mance. Alors que le premier est un officier choisi pour gouverner l’île de Montréal, la seconde s’est jointe au groupe dans l’intention d’y fonder un hôpital. Accompagnés de colons, Maisonneuve et Jeanne Mance arrivent au Canada en 1641. Après avoir passé l’hiver à Sillery, ils débarquent sur l’île de Montréal le 17 mai 1642 et fondent Ville-Marie. Maisonneuve prend officiellement possession de l’île au nom de la Société Notre-Dame de Montréal.

Également active en France, la Société Notre-Dame de Montréal compte au moins 35 membres en février 1642. Durant plus de vingt ans, les grandes orientations de l’association sont déterminées au cours d’assemblées tenues à Paris sur une base irrégulière. Celles-ci servent notamment à ratifier les choix pris par les administrateurs de Montréal ainsi que par le directeur, le procureur et le secrétaire de la Société.

Tout au long de son administration de Montréal, la Société est confrontée aux raids incessants des Iroquois qui mettent en péril la survie même de l’établissement. La précarité de la colonie est amplifiée par les rapports souvent tendus qu’entretient la Société avec les autorités à Québec ainsi qu’avec les Jésuites, qui voient tous deux en Ville-Marie une rivale.

Au début des années 1660, la plupart des membres fondateurs de la Société sont décédés et le nombre de sociétaires est en baisse. Ainsi, les ressources à la disposition des administrateurs déclinent tandis que les besoins pour la défense et l’expansion de l’établissement ne cessent de croître. Lors d’une assemblée tenue à Paris le 9 mars 1663, la Société Notre-Dame de Montréal est dissoute et la seigneurie de l’Île-de-Montréal est remise à la Compagnie des prêtres de Saint-Sulpice qui s’occupe depuis 1657 de la desserte religieuse de l’île.

Au cours de son existence, la Société Notre-Dame de Montréal aura compté environ 50 membres différents. Parmi ses réalisations, l’association est parvenue à établir une colonie durable à Ville-Marie, principalement grâce aux quelques centaines d’immigrants recrutés en France à ses frais.
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Notices bibliographiques :
DAVELUY, Marie-Claire. La Société de Notre-Dame de Montréal, 1639-1663 : son histoire - ses membres - son manifeste. Montréal, Fides, 1965. 553 p.
DECHÊNE, Louise. Habitants et marchands de Montréal au XVIIe siècle. Paris, Plon, 1974. s.p.
DOLLIER DE CASSON, François. Histoire de Montréal de 1640 à 1672. Montréal, Éditions 101, 1992. 227 p.
FOUGÈRES, Dany, dir. Histoire de Montréal et de sa région. 2 Tomes. Québec, Les Presses de l’Université Laval, 2012. 1596 p.
LANCTOT, Gustave. Montréal sous Maisonneuve, 1642-1665. Montréal, Beauchemin, 1966. 325 p.
LINTEAU, Paul-André. Brève histoire de Montréal. Montréal, Les Éditions du Boréal, 2007. 189 p.
RUMILLY, Robert. Histoire de Montréal. Vol. 1. Montréal, Fides, 1970. 474 p.

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Société Saint-Jean-Baptiste



Drapeau du Sacré-Cœur

En 1834, Ludger Duvernay fonde une société, à Montréal, sous le nom d'Aide-toi et le ciel t'aidera, avec l'objectif de diffuser au sein de la jeunesse canadienne, le goût de l'écriture et de la lecture. Son premier président est Jacques Viger. L'association patriotique est réorganisée en 1843 et obtient sa charte en 1849. À partir de ce moment, de nombreuses filiales de la société, qui porte désormais le nom de Société Saint-Jean-Baptiste (SSJB), sont créées à travers le Bas-Canada, puis le Québec, et dans les communautés francophones du Canada. Dans les années 1960, la SSJB laïcise ses activités.

Le premier banquet que Duvernay, journaliste à La Minerve, organise le 24 juin 1834, constitue un pied de nez à la Loge maçonnique de Montréal, qui regroupe, depuis la Conquête, l'élite marchande anglaise et des officiers militaires. Lors des rébellions de 1837-1838, Duvernay est forcé de s'exiler en Nouvelle-Angleterre. Après son retour en 1843, il réorganise son organisation qui devient la Société Saint-Jean-Baptiste.

Dès sa fondation, la SSJB fonde de nombreux organismes économiques, culturels et politiques, notamment la Chambre de commerce de Montréal en 1866 et la Société nationale de fiducie en 1918. Elle crée également, en 1944, la Fondation du prêt d'honneur, qui permet à des milliers de jeunes moins bien nantis d'accéder aux études supérieures. En 1969, la SSJB de Montréal, de concert avec la Fédération des SSJB du Québec, se prononce en faveur de l'indépendance du Québec.

Aujourd'hui, la SSJB, dont la mission est de protéger et de promouvoir la langue française, l'histoire nationale et l'indépendance du Québec, est engagée dans diverses activités financières et publie des mémoires et dossiers sur des sujets d'intérêt national, linguistique et constitutionnel. Elle octroie des prix pour le mérite artistique, littéraire et sportif et organise les célébrations de la fête nationale du Québec.

En 1908, saint Jean-Baptiste est décrété saint patron des Canadiens français par le pape Pie X.
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Notices bibliographiques :
JONES, Richard. « Société Saint-Jean-Baptiste ». s.a. L'encyclopédie du Canada. Montréal, Stanké, 1987, p. 1846.
RACINE, Denis. « La Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal ». Cap-aux-Diamants. No 114 (2013), p. 47-48.
RUMILLY, Robert. Histoire de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal: des patriotes au Fleurdelisé, 1834-1948. Montréal, L'Aurore, 1975. 564 p.
Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal. « Historique de la fondation de la Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal » [En Ligne]. http://www.ssjb.com/contenu/historique-de-la-fondation-de-la-societe-saint-jean-baptiste-de-montreal
Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal. Société Saint-Jean-Baptiste de Montréal [En Ligne]. http://www.ssjb.com/
s.a. « Société Saint-Jean-Baptiste ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Sœurs de la Charité de Québec



Sœurs de la Charité de Québec

La communauté des Sœurs de la Charité de Québec est fondée en 1849, par Marcelle Mallet, une religieuse de la communauté des Sœurs de la Charité de Montréal, elle-même fondée en 1737 par Marguerite d'Youville. À la demande de Mgr Pierre-Flavien Turgeon, alors archevêque coadjuteur de Québec, les Sœurs de la Charité de Montréal envoient mère Mallet en compagnie de cinq autres religieuses pour s'occuper d'un orphelinat à Québec. Une communauté religieuse autonome est alors créée. En plus des orphelins, les Sœurs de la Charité de Québec s'occupent des démunis, des personnes âgées, des élèves défavorisés, des malades et des infirmes. La communauté est officiellement consacrée par le pape en 1866.

En 1849, mère Mallet devient la première supérieure des Sœurs de la Charité de Québec. D'abord installée dans un petit orphelinat au coin des rues Saint-Olivier (actuelle rue des Sœurs-de-la-Charité) et des Glacis, la communauté entreprend dès l'année suivante la construction d'un vaste bâtiment comprenant un couvent, une chapelle et un orphelinat. En 1863, Mgr Charles-François Baillargeon, alors archevêque coadjuteur de Québec, impose à la communauté la règle du jésuite Antoine-Nicolas Braün, laissant tomber celle de Marguerite d'Youville d'inspiration sulpicienne. S'opposant à ce changement, mère Mallet doit quitter son poste de supérieure trois ans plus tard.

Dès leurs débuts, les Sœurs de la Charité de Québec traversent des événements difficiles, dont l'épidémie de typhus en 1851, l'épidémie de choléra en 1854 ainsi que l'incendie de leur couvent au cours de la même année. Elles accueillent des dames pensionnaires à partir de 1855, puis des personnes âgées ou infirmes à partir de 1856 et elles ouvrent un dispensaire pour les malades indigents en 1866. Lors du retrait de la garnison britannique en 1871, les Sœurs de la Charité de Québec utilisent l'ancienne caserne de la rue des Glacis pour héberger des orphelins. Elles acquièrent au même moment les terrains situés devant les fortifications, où elles font ériger en 1898 et 1899 le pensionnat Saint-Louis-de-Gonzague pour garçons. Elles s'installent également à l'extérieur de la région de Québec, comme dans le Bas-Saint-Laurent et sur la Côte-Nord. En 1861, elles ouvrent une école à Deschambault qu'elles dirigent jusqu'en 1967. En 1894, elles acquièrent du politicien Philippe Landry l'asile de Beauport. En 1902, elles prennent également possession de l'ancien hôpital Jeffrey Hale qui devient le couvent Mère-Mallet, puis la maison Saint-Joseph en 1915. Elles s'installent notamment à Beauceville en 1917 où elles prennent en charge l'orphelinat et l'hôpital. Au cours du XXe siècle, les Sœurs de la Charité de Québec dirigent des institutions d'enseignement comme l'école Notre-Dame-de-Québec érigée en 1956 et 1957 par la Commission des écoles catholiques de Québec.

Aujourd'hui, les Sœurs de la Charité de Québec poursuivent leur œuvre caritative au Québec, mais aussi aux États-Unis, au Japon, au Paraguay, en Uruguay, en Argentine et au Congo.
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Notices bibliographiques :
BERTHOLD, Étienne. Une société en héritage - L'oeuvre des communautés religieuses pionnières à Québec. Québec, Publications du Québec, 2015. 119 p.
Corporation du patrimoine et du tourisme religieux de Québec. Corporation du patrimoine et du tourisme religieux de Québec [En Ligne]. http://www.patrimoine-religieux.com/
COURNOYER, Jean. La mémoire du Québec: de 1534 à nos jours: répertoire de noms propres. Montréal, Stanké, 2001. 1861 p.
DÉSILETS, Andrée. « Mallet, Marie-Anne-Marcelle ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Sœurs du Bon-Pasteur



Bâtiment des Sœurs du Bon-Pasteur de Chicoutimi

La communauté des Sœurs du Bon-Pasteur est créée à Québec en 1850 par Marie-Josephte Fitzbach. Elle se consacre principalement aux femmes démunies, comme les prisonnières, les filles-mères et les orphelines. Elle s'occupe également de l'enseignement aux enfants défavorisés.

En 1850, Marie-Josephte Fitzbach et Mary Keogh fondent l'asile Sainte-Madeleine à la demande de Mgr Pierre-Flavien Turgeon, alors archevêque de Québec, et de George Manly Muir, membre de la Société de Saint-Vincent-de-Paul. Le refuge sert à l'accueil et à la réhabilitation des ex-prisonnières. Au cours de la première année d'existence de l'asile, six femmes y œuvrent: Marie-Anne Angers, Marie-Zoé Blais, Esther Ouimet, Angèle Lacroix, Éléonore Thivierge et Marie-Anne Fiset. En 1852, Marie-Josephte Fitzbach y intègre deux classes pour jeunes filles, une française et une anglaise. Deux ans plus tard, elle fait ériger la maison Bon-Pasteur, un refuge pour femmes enceintes non mariées. En 1855, Marie-Josephte Fitzbach et ses compagnes forment officiellement une communauté religieuse, les Servantes du Cœur-Immaculé de Marie. Elles sont toutefois nommées par la population Sœurs du Bon-Pasteur, d'après le nom d'une de leurs œuvres. Marie-Josephte Fitzbach prend le nom de sœur Marie du Sacré-Cœur et devient la première supérieure de la communauté de 1856 à 1859.

Les Sœurs du Bon-Pasteur de Québec poursuivent l'administration des œuvres caritatives déjà établies et organisent des visites aux prisonnières. Leur chapelle, construite de 1866 à 1868, dessert non seulement leurs membres et leurs protégées, mais aussi les résidants du quartier qui n'ont pas d'église paroissiale. La communauté ouvre sur la rue Saint-Amable une école pour les élèves défavorisés du quartier Saint-Louis (1860), appelée maison Sainte-Famille, ainsi qu'une maison de réforme pour les délinquantes (1870). Elle fonde l'hospice de la Miséricorde en 1874, une maternité où l'Université Laval établit une clinique d'obstétrique quatre ans plus tard. En 1895, les Sœurs du Bon-Pasteur s'entendent avec le gouvernement pour que les femmes commettant un premier crime aient le choix entre un séjour en prison ou un séjour à la maison Sainte-Madeleine. Elles fondent le pensionnat Saint-Jean-Berchmans pour garçons en 1898. En 1901, elles ouvrent l'hospice Bethléem pour recueillir les bébés nés hors mariage et destinés à l'adoption. Sept ans plus tard, l'œuvre déménage sur le chemin Sainte-Foy et prend le nom de crèche Saint-Vincent-de-Paul. L'hôpital de la Miséricorde y est annexé en 1929. En 1931, les Sœurs du Bon-Pasteur dirigent le refuge Notre-Dame-de-la-Merci, une prison pour femmes, rebaptisé maison Gomin en 1968. Avec la prise en charge des services sociaux et des soins de santé par le gouvernement, la communauté ferme plusieurs de ses œuvres caritatives, dont l'hôpital de la Miséricorde et la crèche Saint-Vincent-de-Paul en 1972.

Les Sœurs du Bon-Pasteur développent leurs œuvres sociales et éducatives dans d'autres villes du Québec et du Canada. Elles ouvrent plusieurs maisons autour de la ville de Québec, mais aussi dans les régions du Bas-Saint-Laurent (1860), de Chaudière-Appalaches (1863), du Saguenay-Lac-Saint-Jean (1864), de la Mauricie (1870), de la Beauce (1881) et du Nord-du-Québec (1954), de même que dans les provinces de l'Ontario (1938) et de la Colombie-Britannique (1952). Les Sœurs du Bon-Pasteur s'installent également aux États-Unis à partir de 1882 et s'établissent plus tard au Basutoland (Lesotho,1935), en Afrique du Sud (1950), sur l'île de la Grande Comore (1957), en Tunisie (1965), au Rwanda (1967), en Haïti (1969), au Zaïre (1971), au Tchad (1972) et au Brésil (1973).

Aujourd'hui, la communauté est divisée en deux provinces religieuses, l'une à Québec et l'autre à Saguenay. Elle continue d'aider les femmes démunies du Canada, des États-Unis, de l'Amérique du Sud et de l'Afrique.
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Notices bibliographiques :
BERTHOLD, Étienne. Une société en héritage - L'oeuvre des communautés religieuses pionnières à Québec. Québec, Publications du Québec, 2015. 119 p.
COURNOYER, Jean. La mémoire du Québec: de 1534 à nos jours: répertoire de noms propres. Montréal, Stanké, 2001. 1861 p.
DÉSILETS, Andrée. « Fisbach, Marie ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
Soeurs du Bon-Pasteur de Québec. Soeurs du Bon-Pasteur de Québec [En Ligne]. http://www.soeursdubonpasteur.ca/

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Ursulines de Québec



Chapelle des Ursulines

Les Ursulines constituent l'une des communautés religieuses fondatrices de la Nouvelle-France. Elles tiennent leur origine de la fondation de la Compagnie de Sainte-Ursule, à Brescia, en Italie, par Angèle Merici, en 1535. La Compagnie regroupe alors 28 femmes qui désirent promouvoir les valeurs chrétiennes dans la famille, la société et l'Église. Contrairement aux congrégations de l'époque, les membres de la Compagnie vivent dans le monde plutôt que dans un cloître et sont dirigées par des femmes à la tête desquelles se trouve la mère principale. Angèle Merici place la communauté sous la protection de sainte Ursule. Elle établit une règle, mais ne définit pas d'œuvre précise pour la Compagnie. La fondatrice est canonisée en 1807.

Au milieu du XVIe siècle, à la suite du concile de Trente et sous l'initiative de l'évêque de Milan, Mgr Charles Borromée, la Compagnie de Sainte-Ursule est réformée. Désormais cloîtrée, elle prend le nom d'ordre de Saint-Ursule et se consacre à l'éducation des jeunes filles. Elle s'installe dans plusieurs pays d'Europe, dont la France à partir de 1592.

En 1639, les Ursulines s'installent en Nouvelle-France. Ce sont les Ursulines de Tours qui envoient Marie de l'Incarnation dans la colonie, en compagnie de Marie de Saint-Joseph et de Cécile de Sainte-Croix, dans le but de fonder un monastère et une première école pour jeunes filles à Québec. L'entreprise est financée par Marie-Madeleine de Chauvigny de Gruel de La Peltrie, qui accompagne le groupe.

D'abord logées dans la Basse-Ville de Québec, dans une maison concédée par la Compagnie des Cent Associés, les religieuses accueillent durant la première année environ 18 pensionnaires françaises et amérindiennes. En 1642, les Ursulines s'établissent dans leur nouveau monastère, à son emplacement actuel, dans la Haute-Ville. En 1697, à la demande de Mgr de Saint-Vallier, évêque du diocèse de Québec, trois ursulines fondent un monastère à Trois-Rivières. La communauté religieuse trifluvienne devient indépendante de celle de Québec en 1732.

En plus de se consacrer à l'éducation, les Ursulines de Québec pratiquent différentes formes d'art comme la broderie, la dorure, la peinture et les ouvrages de cire et de dentelle. Pour financer leur œuvre, elles font notamment construire des bâtiments qu'elles louent à des particuliers. Elles gèrent aussi des seigneuries par l'entremise d'agents seigneuriaux, comme la baronnie de Portneuf, de 1744 à 1851.

En 1856, les Ursulines de Québec se dotent d'une nouvelle institution d'enseignement. Elles mettent sur pied l'École normale pour jeunes filles, qui deviendra le collège Mérici en 1970. À partir de la fin du XIXe siècle, les Ursulines établissent des monastères et des écoles dans plusieurs régions du Québec, comme au Lac-Saint-Jean en 1882, en Estrie en 1884 et dans le Bas-Saint-Laurent en 1906. Elles s'installent également au Japon en 1936, au Nouveau-Brunswick en 1945 et au Pérou en 1968. L'école des Ursulines fondée en 1639 existe toujours, mais elle occupe deux sites depuis 1941, soit dans le Vieux-Québec et dans le secteur de Loretteville.

En 1953, les Ursulines installées dans plusieurs villes du Québec et du Nouveau-Brunswick se regroupent pour former l'Union canadienne des Ursulines, qui se divise en trois provinces, Québec, Trois-Rivières et Rimouski. Depuis 2008, les trois provinces sont fusionnées en une seule, celle du Québec.
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Notices bibliographiques :
BERTHOLD, Étienne. Une société en héritage - L'oeuvre des communautés religieuses pionnières à Québec. Québec, Publications du Québec, 2015. 119 p.
CHABOT, Marie-Emmanuel. « Chauvigny, Marie-Madeleine de ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
CHABOT, Marie-Emmanuel. « Guyart, Marie ». Université Laval/University of Toronto. Dictionnaire biographique du Canada [En ligne]. http://www.biographi.ca/
COURNOYER, Jean. La mémoire du Québec: de 1534 à nos jours: répertoire de noms propres. Montréal, Stanké, 2001. 1861 p.
École des Ursulines de Québec et de Loretteville. L'école des Ursulines de Québec et de Loretteville [En Ligne]. www.ursulinesquebec.com
Musée des Ursulines. Musée des Ursulines [En Ligne]. http://www.musee-ursulines.qc.ca
THÉRIAULT, Michel. « Ursulines ». Historica Canada. L'encyclopédie canadienne [En ligne]. http://www.thecanadianencyclopedia.com/
Union canadienne des Ursulines. Les Ursulines [En Ligne]. http://www.ursulines-uc.com/

Source : Répertoire du patrimoine culturel du Québec


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Wolastoqiyik (Malécites)



La Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk

Les Wolastoqiyik (aussi connus sous le nom de Malécites) sont une Première Nation autochtone dont le territoire ancestral, le Wolastokuk, s'étend du fleuve Saint-Laurent jusqu'à la baie de Fundy, couvrant des parties du Québec, du Nouveau-Brunswick et de l'État du Maine. Le nom Wolastoqiyik signifie « le peuple de la belle et généreuse rivière » (Wolastoq).

Texte généré par Gemini (IA)


Population et territoire

Environ 780 Wolastoqiyik habitent au Québec. Ils ne sont pas regroupés en communauté, mais vivent dispersés sur le territoire québécois. La Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk dispose néanmoins d’un territoire de réserve, désigné Kataskomiq, qui est situé dans le canton de Whitworth, près de Rivière-du-Loup, et d’un petit lot à Cacouna.


Langue

Les membres de la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk vivant au Québec parlent français et plusieurs connaissent aussi l’anglais. La langue wolastoqey est encore parlée par certains locuteurs du Maine et du Nouveau-Brunswick.


Histoire

Jusqu’au 16e siècle, les membres de la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk habitaient le long de la rivière Saint-Jean, au Nouveau-Brunswick. Ils tiraient principalement leur subsistance de la chasse et de la pêche et cultivaient aussi le maïs. Culturellement, la nation wolastoqey est proche de la nation abénaquise et de la nation micmaque, qui forment ensemble la Confédération Wabanaki.

En 1840, les membres de la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk étaient plus de 200 sur les bords de la rivière Mitis et probablement autant à d’autres endroits situés entre Lévis et Rimouski, notamment dans la réserve de Viger. Celle-ci, créée en 1827, est l’une des premières concessions foncières accordées à une nation autochtone au Québec. Ses terres ont cependant fait l’objet de contestations de la part de la population avoisinante, qui a demandé au gouvernement canadien de les reprendre pour les mettre en vente. En 1869, après quelques mois de négociation, les membres de la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk ont accepté de rétrocéder leurs terres à certaines conditions, et les lots ont été vendus aux enchères l’année suivante.

Vers la fin du 19e siècle, le gouvernement canadien a accordé à la nation un territoire dans le canton de Whitworth. Les membres de la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk ont tenté en vain de cultiver cette terre impropre à l’agriculture, avant de l’abandonner et de s’installer près de Cacouna. Ils y demeureront pendant plusieurs générations, le gouvernement fédéral y ayant acheté un petit lot à leur intention en 1891. Cependant, jamais plus de 10 personnes n’y ont résidé au fil des ans et aucun membre de la nation n’y habite de nos jours. Ce n’est qu’en 1987 qu’une centaine de membres de la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk se sont réunis à Rivière-du-Loup pour y élire un chef et un conseil de la nation. Ils ont alors fait parvenir une demande de reconnaissance officielle au gouvernement du Québec. Ainsi, en 1989, l’Assemblée nationale du Québec reconnaissait officiellement la nation malécite comme 11e nation autochtone du Québec. En 1998, les membres de la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk faisaient construire, sur leur lot de Cacouna, un édifice destiné à loger les bureaux de leur conseil de bande.


Économie

Aujourd’hui, les membres de la Première Nation Wolastoqiyik Wahsipekuk exploitent des bateaux de pêche et travaillent à diversifier leur économie, notamment en développant des partenariats sur le plan régional.

Source : Gouvernement du Québec