Date clé Date importante Date significative Actualité Sport Culturel Crise Bataille Hors Québec Clergé Décès Élection Partielle
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Le 7 octobre 1763 Proclamation royale de 1763
Proclamation royale de 1763C'est par le traité de Paris, signé par la France et la Grande-Bretagne en 1763, que la Nouvelle-France devient officiellement une colonie britannique. Si la paix est revenue, il reste tout de même à la nouvelle puissance coloniale à asseoir son autorité et à déterminer les règles qui prévaudront dorénavant. C'est ce que fera la Proclamation royale du 7 octobre 1763.
La Proclamation royale n'instaure pas une assemblée législative élue, mais fait plutôt du gouverneur de la colonie le détenteur des pleins pouvoirs. Il se voit également confier la tâche d'instaurer un système de justice anglais.
La Proclamation royale concède aux habitants de la Nouvelle-France, désignés alors comme « Canadiens », le respect de leur liberté de religion, mais cherche à circonscrire l'autorité émanant de Rome et à faciliter l'installation de l'église anglicane dans la colonie. De plus, en 1764 est introduit le serment du Test, voulant que toute personne qui désire occuper un emploi dans l'administration coloniale doive renoncer à la religion catholique.
Enfin, c'est avec la Proclamation royale que Québec cesse de désigner seulement une ville, pour devenir le vocable attribué à l'ensemble de la colonie, sous le nom de Province of Quebec.
Le 7 octobre 1763, la proclamation royale énonce les règles qui régiront l'ancienne colonie française. Un mois plus tard, le gouverneur James Murray reçoit ses instructions. Les principaux éléments à retenir sont les suivants;
» Un nouveau nom: la Province of Quebec.
» Un territoire considérablement restreint.
» Une religion catholique sous surveillance.
» Un pouvoir autoritaire.
Ce que vise au départ le gouvernement anglais, C'est la conversion graduelle des catholiques de la colonie au protestantisme et, à plus long terme, l'assimilation pure et simple des Canadiens à la culture anglaise.
Assemblée des six-Comptés à Saint-CharlesDes militants venus par milliers de tout le sud du Québec débattre de liberté et d’indépendance. Le 23 octobre 1837 est bien l’une de ces journées lumineuses dans notre histoire, apothéose du mouvement patriote: jamais, avec une telle unanimité, autant de Québécois ne s’étaient réunis pour défendre des principes aussi élevés qui concernent les droits humains et ceux d’un peuple à disposer de lui-même.
N’empêche, on est quand même dehors, à la fin octobre, pour deux journées entières de discours, sans amplification, 5 000 personnes massées autour d’une estrade. Le public n’a rien du entendre du tout et tout ce qu’il a aperçu du grand Papineau doit se limiter à une lointaine pantomime. Ne serait que pour cette raison, on doit donc regarder avec prudence tous les propos qui nous ont été rapportés sur cette fameuse journée. Cette mise au point rappelle aussi que l’assemblée des Six Comtés s’est tout de même conclue sur un profond dilemme, sur un « mal-entendu » oserions-nous dire, si bien que le patriotes entreront divisés dans l’insurrection de 1837.
Les 23 et 24 octobre, Loyaux et Patriotes se réunissent à Montréal et à Saint-Charles. Les premiers reprennent leurs griefs contre le Parti canadien et présentent Papineau comme un démagogue dangereux inspiré par les idées les plus néfastes du républicanisme français. Les seconds brandissent fièrement des bannières sur lesquelles on peut lire « indépendance », « Les Canadiens meurent mais ne savent pas se rendre », ou encore « Liberté, nous vaincrons ou mourrons pour elle! » Sur l'une d'elles se dessine le rêve d'une plus grande solidarité avec les réformistes anglophones de la colonie voisine: « Nos amis du Haut-Canada: notre force est dans notre union. » Les orateurs se succèdent à la tribune. Chacun se dit prêt au plus grand sacrifice « pour arracher au vil esclavage le sol qui nous a vus naître ». L'adresse adoptée a toutes les allures d'une déclaration d'indépendance.
Loyaux et patriotes réunis à MontréalDes militants venus par milliers de tout le sud du Québec débattre de liberté et d’indépendance. Le 23 octobre 1837 est bien l’une de ces journées lumineuses dans notre histoire, apothéose du mouvement patriote: jamais, avec une telle unanimité, autant de Québécois ne s’étaient réunis pour défendre des principes aussi élevés qui concernent les droits humains et ceux d’un peuple à disposer de lui-même.
N’empêche, on est quand même dehors, à la fin octobre, pour deux journées entières de discours, sans amplification, 5 000 personnes massées autour d’une estrade. Le public n’a rien du entendre du tout et tout ce qu’il a aperçu du grand Papineau doit se limiter à une lointaine pantomime. Ne serait que pour cette raison, on doit donc regarder avec prudence tous les propos qui nous ont été rapportés sur cette fameuse journée. Cette mise au point rappelle aussi que l’assemblée des Six Comtés s’est tout de même conclue sur un profond dilemme, sur un « mal-entendu » oserions-nous dire, si bien que les patriotes entreront divisés dans l’insurrection de 1837.
Les 23 et 24 octobre, Loyaux et Patriotes se réunissent à Montréal et à Saint-Charles. Les premiers reprennent leurs griefs contre le Parti canadien et présentent Papineau comme un démagogue dangereux inspiré par les idées les plus néfastes du républicanisme français. Les seconds brandissent fièrement des bannières sur lesquelles on peut lire « indépendance », « Les Canadiens meurent mais ne savent pas se rendre », ou encore « Liberté, nous vaincrons ou mourrons pour elle! » Sur l'une d'elles se dessine le rêve d'une plus grande solidarité avec les réformistes anglophones de la colonie voisine: « Nos amis du Haut-Canada: notre force est dans notre union. » Les orateurs se succèdent à la tribune. Chacun se dit prêt au plus grand sacrifice « pour arracher au vil esclavage le sol qui nous a vus naître ». L'adresse adoptée a toutes les allures d'une déclaration d'indépendance.
Le deuxième référendum brisé (1995)
Le 7 septembre 1995, Jacques Parizeau, premier ministre du Québec, dépose à l'Assemblée nationale le projet de loi no 1, Loi sur l'avenir du Québec. Essentiellement, ce projet de loi propose que le Québec devienne démocratiquement un pays souverain et autorise l'Assemblée nationale à proclamer la souveraineté du Québec. Il comprend, notamment, une déclaration de souveraineté ainsi que le texte de l'entente tripartite intervenue le 12 juin 1995 entre le Parti québécois, l'Action démocratique du Québec et le Bloc québécois.
Le 30 octobre 1995, les électeurs québécois sont appelés à se prononcer, par voie de référendum, sur la question suivante : « Acceptez-vous que le Québec devienne souverain, après avoir offert formellement au Canada un nouveau partenariat économique et politique, dans le cadre du projet de loi sur l'avenir du Québec et de l'entente signée le 12 juin 1995? »
Quelque 50,58 % des électeurs répondent « non » et 49,42 %, « oui ».
Le taux de participation s'élève à 93,5 % des électeurs inscrits (4,7 millions de votes exprimés).
Le matin du 30 octobre 1995, personne ne sait qui du « oui » ou du « non » l'emportera. Les derniers sondages indiquent que les deux camps sont nez à nez. Ce jour-là, 93,5% des électeurs inscrits exercent leur droit de vote, un record dans l'histoire du Québec (et du Canada). En soirée, il y a beaucoup de fébrilité dans l'air. Les premiers résultats dévoilés donnent une avance confortable au « oui ». Plus la soirée avance, plus l'écart se rétrécit. À 21 h 36, c'est l'égalité... Puis le « non » prend une légère avance, qu'il conserve. Au final, le « non » obtient une majorité de 54,288 voix (« non »: 50,58%; « oui »: 49,42%). Si les francophones du Québec ont voté à plus de 60% pour le « oui », les non-francophones (anglophones et immigrés réunis) ont massivement rejeté le projet souverainiste. Ce clivage suscite la colère du Premier ministre Parizeau, qui, dans son discours de défaite, déclare: « C'est vrai qu'on a été battus, au fond par quoi? Par l'argent, puis des votes ethniques, essentiellement. » Ces propos choquent beaucoup tant les souverainistes que les fédéralistes. Des accusations d'intolérance et de xénophobie fusent de partout. Malgré la tension de la soirée, aucun incident n'est signalé durant la nuit qui suit l'annonce des résultats.
Le lendemain, Jacques Parizeau démissionne. Après avoir désigné chef du Parti québécois, Lucien Bouchard devient Premier ministre du Québec.
Les pères de la ConfédérationDu 10 au 27 octobre 1864, des représentants des cinq colonies de l’Amérique du Nord britannique se sont réunis à Québec afin de poursuivre les discussions sur leur unification en un seul pays, entamées le mois précédent à la Conférence de Charlottetown. Les principales décisions qu’ils ont prises concernaient la structure du Parlement et le partage des pouvoirs entre les gouvernements fédéral et provinciaux. Les grandes décisions des conférences de Charlottetown et de Québec ont pris la forme de 72 résolutions, connues sous le nom de Résolutions de Québec, et c’est sur elles que reposent la Confédération et la Constitution du Canada.
La volonté d’unir les cinq colonies nord-américaines de la Grande-Bretagne, la Province du Canada, le Nouveau-Brunswick, l’Île-du-Prince-Édouard, la Nouvelle-Écosse et Terre-Neuve vient surtout du Canada-Ouest. L’assemblée législative qui gouverne le Canada-Ouest et le Canada-Est est instable et dans l’impasse depuis des années. Conservateurs et réformistes ne s’entendent pas sur de nombreuses questions. Les relations entre les Anglais du Canada-Ouest et les Français du Canada-Est sont tendues.
Le 10 octobre 1864, s'ouvre une deuxième conférence à Québec, qui sera déterminante. Les délégués des cinq colonies britanniques se réunissent pour discuter de l'avenir de leurs communautés. On les surnommera plus tard « les pères de la Confédération ». Seulement 4 des 33 délégués sont canadiens-français. Leurs noms? George-Étienne Cartier, Hector-Louis Langevin, Jean-Charles Chapais et Étienne-Paschal Taché. La plupart des délégués souhaitent préserver l'autonomie de leur colonie. Après plusieurs jours de débats et de négociations, les délégués s'entendent sur 72 propositions. La maquette de la future Constitution du dominion du Canada est pour l'essentiel tracée.
Le 29 octobre 1929 Effondrement des cours à la Bourse de New York
Scène de rue devant la Bourse de Manhattan lors du krach de 1929
L'indice boursier atteint un nouveau plancher à New York. Ce krach sème l'inquiétude dans les milieux financiers. Il marque également le début d'une profonde dépression qui va affecter l'économie occidentale tout au long des années 30.
Au Québec, le gouvernement libéral de Louis-Alexandre Taschereau lance également des travaux publics, mais le chômage est si élevé que cette initiative ne permet pas de stopper la Crise. Le nombre d'emplois disponibles est très limité. Seuls les pères de famille sont admissibles. Comme toujours, les amis du parti au pouvoir sont souvent favorisés... Tout le monde tente de sauver sa peau.
Mais il faut plus, et vite. Plusieurs familles n'ont plus rien à mettre sur la table et arrivent à peine à chauffer leur petit appartement. En toute hâte, on conçoit un programme de « secours direct », dont les frais seront partagés par les différents paliers gouvernementaux mais administrés par les municipalités, avec la collaboration des associations de charité. Au départ, il n'est pas question de donner de l'argent aux chômeurs. On offre plutôt des coupons échangeables contre de la nourriture, du bois de chauffage ou de l'électricité. Peu à peu, des chèques sont offerts aux chômeurs. Certaines municipalités exigent des chômeurs un travail d'utilité publique, mais la plupart en viennent à offrir ce secours direct sans rien demander en retour. C'est un premier pas vers ce que l'on appelera plus tard l'État « providence ». Personne cependant n'a envie de célébrer cet acquis social. Pour de nombreux pères de famille, recevoir ainsi l'aumône de l'État est l'humiliation suprême.
Le 29 octobre 1929 Effondrement de la Bourse de Montréal
Soupe populaire (1929)
Dans le sillage de la chute de la Bourse de New York, la Bourse de Montréal connaît une journée difficile. Un nombre record de 382 521 actions est négocié, certains titres perdant jusqu'à 40 points.
Cette chute spectaculaire met fin à une période de spéculation sans précédent que Joseph Bouchard, un témoin de l'époque, décrit ainsi: « (...) Dans les tramways, dans les salons, dans la rue, les gens formaient des groupes et ne parlaient que des parts. « As-tu acheté des parts? » Même les gens ordinaires, les travailleurs en achetaient. Tout le monde était riche, était censé être riche. Même ceux qui n'avaient pas d'argent achetaient des parts «sur marge »; c'était à crédit ni plus ni moins. Ils payaient plus tard quand ils faisaient des profits. Quand « ça » (la crise) a déclenché, c'était comme une bombe à retardement parce que les dettes s'accumulaient. « Ça » a fini comme un crac (krash): le soir le monde était heureux et le lendemain plus rien. Ceux qui avaient acheté des parts à crédit devaient payer. » En 1940, la Commission Rowell-Sirois analysera de la façon suivante la phase initiale de la crise au Canada: « Plusieurs circonstances particulières ont aggravé l'état de vulnérabilité générale du Canada au début de la crise économique. Les marchés de nos deux principales denrées d'exportation, le blé et le papier à journal, étaient particulièrement inactifs (...) Attendu que le Canada fournissait 40 % des exportations mondiales de blé et 65 % des exportations de papier à journal, il devait s'attendre à subir à plein le contrecoup des événements défavorables (...) La diminution des recettes d'exportation frappa donc, en premier lieu, les producteurs de denrées d'exportation et les métiers du bâtiment et du génie. De là, le mal se répandit dans toute l'économie. » Les répercussions sociales de la crise sont telles que les gouvernements tenteront de les atténuer en adoptant des mesures comme le financement de travaux publics, les secours directs et une aide accrue à la colonisation. Malgré ces différentes interventions des deux paliers de gouvernement, le chômage et la pauvreté atteindront des sommets. Au cours de la décennie, l'économie québécoise connaîtra quelques périodes plus profitables. Mais ce n'est qu'avec le déclenchement de la Deuxième Guerre mondiale, en 1939, que prendra définitivement fin la crise économique des années 30.
Source : Craig Brown (sous la direction de), Histoire générale du Canada, Montréal, Boréal, 1990, p.533-541. Susan Mann Trofimenkoff, Vision nationales : une histoire du Québec, Saint-Laurent, Trécarré, 1986, p.315-335.
Le 4 octobre 1933 Élection de Maurice Duplessis au poste de chef du Parti conservateur du Québec
Le chef intérimaire du Parti conservateur du Québec, Maurice Duplessis, est élu officiellement à la tête de sa formation lors d'un congrès qui se déroule à Sherbrooke, dans les Cantons de l'Est.
Ce congrès a été rendu nécessaire par le départ de l'ancien chef, Camillien Houde, en 1932. Le député de Trois-Rivières à l'Assemblée législative, Maurice Duplessis , le remplace alors sur une base intérimaire. À l'automne 1933, les Conservateurs tiennent une convention à Sherbrooke afin de se choisir officiellement un chef. Duplessis est sur les rangs, tout comme le député de Dorchester, Onésime Gagnon, qui compte sur le support de la faction « houdiste » du parti, c'est-à-dire les partisans de l'ancien chef Camillien Houde qui ne tiennent pas à voir Duplessis gagner la convention. D'une durée de deux jours, le 3 et 4 octobre, celle-ci est ponctuée de quelques petits accrochages entre les deux clans. Duplessis, qui compte sur l'appui de la plupart des députés conservateurs, remporte toutefois aisément la victoire, recueillant 332 voix contre les 214 de Gagnon. La menace de scission est rapidement écartée par ce dernier qui se rallie au vainqueur. Lorsqu'il désigne celui-ci comme « Mon chef », il reçoit une vibrante ovation. Gagnon ajoute ensuite: « Je remets mes soldats à M. Maurice Duplessis. Je sais qu'ils seront entre bonnes mains. » Le chef élu déclare pour sa part: « La convention est terminée, mais c'est la lutte qui commence pour délivrer la province, non pas des libéraux, mais d'un régime qui n'a rien de libéral, d'un régime malsain et néfaste qui a coûté à la province des sacrifices inouïs. » Cette image d'harmonie au sein des Conservateurs est en partie ternie par l'intervention de l'ancien chef Camillien Houde qui confie aux journalistes: « L'élection de Duplessis comme chef veut dire tout simplement la mort du parti conservateur du Québec. »
Source : Le Devoir, 4 octobre 1933, p.1,3 et 8, et 5 octobre 1933, p.1, 3, 6 et 10.
Le 11 octobre 1942 Fondation du Bloc populaire canadien
Le député libéral Maxime Raymond annonce la fondation du Bloc populaire canadien. Ce parti, fondé en réaction au plébiscite sur la conscription, préconise l'adoption d'un programme réformiste inspiré en partie par la doctrine sociale de l'Eglise. Actif sur la scène fédérale, le Bloc populaire mettra sur pied, quelques mois plus tard, une aile québécoise qui présentera des candidats lors des élections provinciales.
Maxime Raymond est soutenu par plusieurs nationalistes dont René Chaloult, le chanoine Lionel Groulx, Pierre Gauthier et le docteur Philippe Hamel . En plus de la lutte contre la conscription, le programme du parti est centré autour du bien-être de la famille, des droits des Canadiens français à Ottawa et de l'autonomie provinciale. De plus, le Bloc soutient le corporatisme, le syndicalisme et la nationalisation de l'électricité.
Source : Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert, François Ricard, Histoire du Québec contemporain : le Québec depuis 1930, Montréal, Boréal, 1986, p.139-143. Paul-André Comeau, Le Bloc populaire, 1942-1948, Montréal, Québec/Amérique, 1982, 478 p.
Le 20 octobre 1967 Adoption d'une loi pour mettre fin à la grève des employés du transport en commun de Montréal
Le gouvernement unioniste de Daniel Johnson convoque une session spéciale pour adopter la Loi 1 qui met fin à la grève des 6 300 employés du transport en commun de Montréal qui dure depuis 30 jours. La loi prévoit la reprise des services dans 48 heures, l'arbitrage obligatoire et des sanctions aux syndicats, aux grévistes et à leurs dirigeants en cas de désobéissance.
Dès son déclenchement, en septembre 1967, la grève des employés de la Commission des transports de Montréal ralentit les activités de l'Exposition universelle de 1967. Un mois plus tard, le gouvernement du Québec adopte une loi spéciale qui force le retour au travail des 6 000 travailleurs, membres de la Confédération des syndicats nationaux (CSN). Ceux-ci obtiendront néanmoins satisfaction sur l'ensemble de leurs revendications.
Source : Fernand Harvey et Peter Southam, Chronologie du Québec (1940-1971), Québec, Institut supérieur des sciences humaines, no 4, janvier 1972, 180 p.
Le 11 octobre 1968 Ouverture du congrès de fondation du Parti québécois
Gilles Grégoire et René Lévesque (1968)
Lors d'un congrès de quatre jours qui se déroule au petit Colisée de Québec, le Mouvement souveraineté-association (MSA) de René Lévesque et le Ralliement national (RN) de Gilles Grégoire fusionnent pour fonder une nouvelle formation politique indépendantiste: le Parti québécois (PQ).
Au cours de ce congrès, les 800 délégués font de René Lévesque le premier chef du Parti québécois (PQ). On évalue qu'environ 625 d'entre eux adhéraient déjà au MSA alors que 175 autres délégués proviennent du RN. Contrairement au vœu de Lévesque qui préfère le nom Parti souveraineté du Québec, les membres se prononcent en faveur de Parti québécois (285 votes 460), un choix endossé par Gilles Grégoire. Lévesque déclarera à ce sujet: « Il faut porter le nom de notre parti avec dignité, sans commercialisme, c'est-à-dire jusqu'au jour de l'indépendance, alors que nous serons tous des Québécois. » Au cours de ce congrès qui dure plusieurs jours, de nombreux thèmes sont abordés. En plus de la réalisation de la souveraineté, qui est l'objectif premier du nouveau parti, on veut notamment faire du français la langue officielle du Québec, affirmer le respect des droits scolaires des anglophones et proposer une association économique avec le reste du Canada. Contrairement à ce que certains anticipaient, il semble en fin de compte y avoir eu peu de frictions entre les ex-membres du MSA et ceux du RN, bien que ces derniers soient considérés plus conservateurs socialement et économiquement. Quelques jours après ce congrès, le 26 octobre, Pierre Bourgault, chef du Rassemblement pour l'Indépendance nationale (RIN), demandera la dissolution de son parti et invitera ses membres à se joindre à la formation de Lévesque. Le PQ participera à ses premières élections générales en avril 1970.
Source : Le Devoir, 11 octobre 1968, p.1, 6-7, 15 octobre 1968, p.1 et 6.
Le 12 octobre 1968 Démission de Robert Cliche du poste de chef de l'aile québécoise du Nouveau Parti démocratique
L'avocat Robert Cliche dirigeait l'aile nationale du Nouveau Parti démocratique (NPD) depuis 1964. Son parti a été impuissant à faire élire un seul candidat au Québec lors des élections générales de 1965 et 1968.
Cliche donne sa démission pour manifester son opposition aux nouvelles orientations du parti. Selon lui, il n'est pas indiqué de lancer le NPD sur la scène québécoise. Il faut que la situation politique évolue « avant de voir s'il est vraiment souhaitable que le NPD s'engage dans une telle aventure. Pour ma part je n'y crois pas, du moins dans les circonstances actuelles. » Le départ de Cliche survient quelques mois après sa défaite aux mains du libéral Eric Kierans lors de l'élection générale du 25 juin. Il retournera à la pratique du droit avant de présider en 1974 la Commission d'enquête sur les pratiques syndicales au Québec.
Le 18 octobre 1969 Tenue d'un congrès du Parti québécois
Un texte original du Bilan Québec rédigé par Marc-Olivier Jacob, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Le congrès du Parti québécois (PQ) qui se déroule à Montréal, les 18 et 19 octobre 1969, définit l’orientation du parti en vue des prochaines élections provinciales. Celle-ci demeure inchangée par rapport à celle adoptée lors du premier congrès de l’histoire du parti l’année précédente. Ce congrès de 1969 aurait pour objectif de « fourbir les armes de la prochaine campagne électorale ».
Près d’un an jour pour jour après le congrès de fondation du PQ, près de 2000 personnes sont réunies pour ce deuxième congrès tenu pendant une fin de semaine d’octobre. Ce congrès qui a pour titre, Congrès de la preuve et de l’élan, fait notamment élire le Conseil exécutif du parti. Afin d’avoir un exécutif fort et uni avant les prochaines élections, le chef du parti, René Lévesque, explique aux militants présents, sans mentionner de nom, de ne pas élire une personne en particulier. Il s’agit de Pierre Bourgault, l’ex-chef du Rassemblement pour l’indépendance nationale (RIN), une formation politique indépendantiste qui s’est sabordée au profit du PQ. Lévesque pense que Bourgault est perçu par la population comme un radical. Après dépouillement du vote, Claude Charron, Camille Laurin, Jacques Parizeau, Marc-André Bédard sont élus. De plus, Lévesque invite tous les candidats défaits à se présenter lors des prochaines élections générales. Aussi, lors de ce congrès, il est question de cinq thèmes centraux: l’éducation, l’économie, le travail, l’agriculture ainsi que la structure étatique d’un Québec souverain. La résolution adoptée la plus importante est celle sur le rôle de l’État dans l’économie. Un futur gouvernement du Parti québécois se veut interventionniste dans les secteurs public et privé de l’économie. Par conséquent, la nationalisation et la création de nouvelles entreprises sont prioritaires puisque l’État est un levier puissant pour la création de richesse collective. De plus, on discute longuement d’éducation. En effet, le parti adopte une résolution visant à mettre en œuvre plusieurs recommandations du rapport Parent, dont celle en lien avec la restructuration des commissions scolaires de l’île de Montréal. Enfin, en vue de la prochaine campagne électorale, le PQ présente son objectif de souscription qui est fixé à 1 million de dollars pour renflouer la caisse électorale du parti.
Source : Lévesque, Michel et Martin Pelletier, « Le Parti Québécois : bibliographie (1968-2007) », Bibliothèque de l’Assemblée nationale, Québec, 2007, consulté le 18/05/2023, URL https://www.assnat.qc.ca/fr/publications/fiche-bibliographie-parti-quebecoi s.html; Roy, Michel et Guy Deshaies, « Le PQ fourbit ses armes pour la prochaine élection », Le Devoir, P.1-2, 20 octobre 1969, consultée le 18/05/2023, URL https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2777693; Bernier, Yves et Normand Girard, « Le PQ a connu son congrès pré-électoral », Le Soleil, 20 octobre 1969, p.1 et 4, consulté le 18/05/2023, URL https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3170897
Fraser, Graham, « Le Parti québécois », Libre Expression, Montréal, 1984, 432 p.; Godin, Pierre, « René Lévesque, un homme et son rêve (1922-1987) », Boréal, Montréal, 2007, 720 p.; Murray, Vera, « Le Parti québécois : de la fondation à la prise du pouvoir », Hurtubise HMH, Montréal, 1976, 241 p.
« Le PQ demeure, pour l'instant, un parti fortement dominé par les petites classes moyennes, ainsi que l’illustre la proportion imposante d'enseignants, d'étudiants, de professionnels et de petits hommes d'affaires inscrits au congrès. Ce secteur de notre société a longtemps été celui où se retrouvaient. impuissants, des frustrations et des rêves dont la chaleur ne réussissait pas à se communiquer au corps politique. On saura, l'an prochain (car il y aura bientôt des élections), si la montée d'une génération nouvelle finira par avoir raison de cette vieille loi. Ce qu’on doit enregistrer dès maintenant, c'est l’esprit remarquablement démocratique et appliqué qui anime le PQ. À une période où les écarts démagogiques, voire anarchiques, sont si répandus, le PQ fait montre d’une discipline remarquable, d'un esprit d’accueil exceptionnel Cela devrait donner à réfléchir à ceux qui font profession de défendre la démocratie du bout des lèvres, mais dont l'action est la violation quotidienne et institutionnalisée de l’esprit de celle-ci. »
Ryan, Claude, « Le Parti québécois : une force réelle et saine », Le Devoir, p.4, 20 octobre 1969, consultée le 21/05/2023, URL https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2777693
Le 9 octobre 1973 Présentation du budget de l'An I par le Parti québécois
En pleine campagne électorale, le Parti québécois (PQ) innove en présentant le budget fictif d'un Québec indépendant pour l'année 1975-76. Le dévoilement de ce « budget de l'An I » fera la manchette de la plupart des quotidiens de la province.
Flanqué de ses principaux conseillers économiques, dont Jacques Parizeau, le chef péquiste, René Lévesque, présente les grandes lignes de ce budget qui comprend des dépenses de 12,5 milliards de dollars et des revenus de 11,6. Parmi les mesures préconisées, soulignons la stabilisation du fardeau fiscal des particuliers, l'abolition des frais de scolarité dans les universités, la création d'un Secrétariat d'État aux Sciences et à la recherche ainsi que le maintien des programmes sociaux gérés par le gouvernement fédéral. Quelques jours plus tard, le premier ministre du Québec, Robert Bourassa, qualifiera le « budget de l'An I » de « créditisme pour intellectuels », mettant l'emphase sur l'instabilité monétaire qu'entraînerait selon lui l'accession du Québec à son indépendance politique.
Source : La Presse, 10 octobre 1973, p.1, et 13 octobre 1973, p.1.
Le 24 octobre 1982 Accession de Jean-Marc Béliveau au poste de chef de l'Union nationale
Quatorze mois après avoir été choisi par l'exécutif de l'Union nationale (UN) pour succéder au chef démissionnaire Roch Lasalle, Jean-Marc Béliveau devient officiellement le chef de cette formation.
Cette confirmation survient lors d'un congrès qui réunit quelques milliers de partisans de l'UN à Victoriaville. Aucun adversaire ne s'étant manifesté, Béliveau est alors élu par acclamation. Le nouveau chef se retrouve dans une situation pour le moins précaire puisque l'UN, qui n'a aucun représentant à l'Assemblée nationale, est également confrontée à des problèmes financiers. Il espère néanmoins redresser les choses, avouant aux journalistes: « J'ai voulu sortir le parti de l'oubli, avant de vendre des cartes de membres. À partir de ce moment, le membership devient important. » Béliveau quittera l'Union nationale en 1985, avant même d'avoir participé à une élection générale.
Le 15 octobre 1983 Élection de Robert Bourassa au poste de chef du Parti libéral du Québec
L'ancien premier ministre du Québec, Robert Bourassa, est élu chef du Parti libéral du Québec. Il obtient 75 % du vote des délégués au premier tour de scrutin et défait facilement ses deux opposants dans cette course, les députés Pierre Paradis et Daniel Johnson.
Premier ministre du Québec de 1970 à 1976, Robert Bourassa avait quitté la direction du Parti libéral du Québec (PLQ) à la suite de la défaite des siens lors de l'élection générale du 15 novembre 1976. La défaite du PLQ lors de l'élection du 13 avril 1981 et la démission du chef Claude Ryan, l'année suivante, ouvrent cependant la porte à son retour. Lors de la course au leadership visant à trouver un successeur à Gérard D. Lévesque, qui assume l'intérim, Bourassa fait face au député d'Argenteuil, Daniel Johnson, et à celui de Brome-Missisquoi, Pierre Paradis. Profitant d'une solide organisation, il enlève facilement la victoire au premier tour, obtenant l'appui de 2 138 délégués contre 353 pour Paradis et 343 pour Johnson. Le résultat de Johnson constitue à cet égard une certaine déception puisque les observateurs le considéraient comme l'aspirant le plus sérieux à Bourassa. La journaliste Lise Bissonnette utilise l'expression « réincarnation tranquille » pour décrire cette victoire, alors que le nouveau chef profite de son discours pour aborder des thèmes qui lui sont chers: le développement hydroélectrique, le progrès économique, des adoucissements aux lois linguistiques et la nécessité de vaincre les souverainistes. Le retour de Bourassa sera couronné deux ans plus tard, par la victoire des Libéraux lors de l'élection générale de 1985. Le PLQ était dans l'Opposition depuis plus de neuf ans.
Le 31 octobre 1995 Démission de Jacques Parizeau du poste de premier ministre du Québec
Jacques Parizeau remet sa démission en tant que premier ministre, chef du Parti québécois et député de la circonscription de L'Assomption.
Cette décision suit la défaite du « Oui » lors du référendum du 30 octobre et les propos controversés tenus ce soir-là par le premier ministre relativement au rôle joué par « l'argent et le vote ethnique » dans le résultat final du vote. Parizeau fait d'ailleurs allusion à cet épisode dans son discours au cours duquel il reconnaît: « Il y a une frontière que j'ai été incapable de franchir. Je n'ai pas réussi à faire en sorte qu'une proportion significative de nos concitoyens anglophones et allophones se sentent solidaires du combat de leurs voisins. » C'est le chef du Bloc québécois, Lucien Bouchard, qui succédera éventuellement à Parizeau à la tête du gouvernement québécois.
Le 17 octobre 2009 Élection de Gilles Taillon au poste de chef de l'Action démocratique du Québec
Presque un an après l'annonce de la démission de Mario Dumont, l'Action démocratique du Québec (ADQ) élit Gilles Taillon pour lui succéder. Cette victoire est difficilement acquise puisque, au deuxième tour, Taillon ne devance l'autre candidat, Éric Caire, que par deux voix.
L'annonce du départ de Mario Dumont, le soir des élections générales du 8 décembre 2009, prend les militants de l'ADQ par surprise. Les résultats décevants obtenus à cette occasion incitent même certains observateurs à prédire l'éclatement de cette formation fondée en 1994. Une lutte à la succession s'amorce. Elle met d'abord aux prises quatre candidats, avant que Jean-François Plante ne se retire, n'ayant pu obtenir les appuis nécessaires. Deux favoris se détachent: le député de La Peltrie, Éric Caire, et un ex-député défait lors des élections du 8 décembre 2008, Gilles Taillon. La campagne donne lieu à quelques accrochages entre les deux hommes. Elle suscite toutefois un intérêt mitigé auprès de la population, l'ADQ continuant sa chute dans les sondages. Le débat est tranché le 17 octobre. Les militants sont rassemblés à Québec alors que les résultats de la consultation, qui se fait par téléphone, sont compilés. Au terme du premier tour, Caire et Taillon devancent facilement Christian Lévesque. Ils obtiennent respectivement 1631 (41,7%) et 1571 (40,2%) votes, contre 710 (18,1%) pour Lévesque qui est éliminé. Le deuxième tour se solde ensuite par un coup de théâtre: la victoire de Gilles Taillon qui ne devance son rival que par deux votes, 1957 contre 1955. Malgré le ralliement d'Éric Caire et de Stéphane Lévesque, des tensions subsistent au sein des militants déçus par les résultats. Taillon profitera des prochains mois pour refaire l'unité de l'ADQ et régler des problèmes de santé personnels. Les analystes sont néanmoins partagés quant à ses chances de redonner un souffle nouveau au parti qui a pourtant formé l'opposition officielle en 2008 et 2009. De fait, face aux divisions et aux pressions qui s'accentuent, Taillon remet sa démission en novembre.
Source : Le Devoir, 19 octobre 2009, p. 1 et A8; La Presse, 19 octobre 2009, p. A12-A13. http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2009/10/18/001-Election-chef-ADQ.shtml
Le 9 octobre 2020 Élection de Paul St-Pierre Plamondon comme chef du Parti québécois
Un texte original du Bilan Québec rédigé par Emanuel Urias Cordonero Urbina, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
À la suite d’une performance décevante du Parti québécois (PQ) aux élections générales de 2018, le chef Jean-François Lisée démissionne. Près de deux ans s’écoulent avant que le PQ trouve un successeur. C’est le 10 octobre 2020 que le PQ connait l’identité de son dirigeant après une course exceptionnellement longue. Paul St-Pierre Plamondon (PSPP), 43 ans, est déclaré vainqueur de la course, ce qui marque un tournant important pour la formation indépendantiste.
Le couronnement du dixième chef de l’histoire du PQ clôture la course à la direction la plus longue de l’histoire du parti. En neuf mois, le processus de sélection du chef est perturbé par deux vagues successives de COVID-19, entraînant une suspension de deux mois et le report du scrutin deux fois. Malgré ces difficultés, PSPP s’impose au troisième tour avec 56 % des suffrages, surpassant l’ex-ministre Sylvain Gaudreault. Sa victoire contraste avec ses revers sans équivoque, lors de la course à la chefferie de 2016 et aux élections générales de 2018 comme candidat. Son arrivée illustre l’évolution de sa notoriété politique et est perçue comme un souffle de renouveau et de fraîcheur. Il représente une nouvelle génération de péquistes et se pose comme garant de la relance du projet indépendantiste. Cependant, son élection attire peu d’attention médiatique. La pandémie l’oblige à livrer son discours de victoire seul, dans un studio, face à une caméra et sans public. De plus, son statut de chef de parti extra-parlementaire réduit davantage sa visibilité. Rapidement, les partis d’oppositions lui rappellent les difficultés auxquelles son parti fait face. Le Parti québécois est dans une lutte pour sa survie politique et financière. En effet, le PQ affiche une dette de deux millions de dollars, et sa députation à l’Assemblée nationale est de neuf avant les élections de 2022. Ce nombre chute à trois à l’issue de ce scrutin. Néanmoins, le chef péquiste est élu député et parvient à maintenir son parti à flot, tout en amorçant sa relance. L’effet St-Pierre Plamondon se fera sentir après l’élection de 2022 avec l’augmentation des intentions de vote en faveur du PQ. À partir de décembre 2023, les sondages placent le Parti québécois en tête en vue des élections prévues en 2026. Cette évolution témoigne de l’ascension notable du PQ, traduisant une rupture avec la période de déclin antérieure.
Source : Radio-Canada, 9 octobre 2020, URL https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1739956/part-quebecois-chef-course-election-candidats ; Le Soleil, 10 octobre 2020, URL https://www.lesoleil.com/2020/10/10/lindependance-une-opportunite-incroyable-pour-la-ville-de-quebec-dit-pspp-74b1424f12603567a505e21ee97ab3ef/ ; Le Devoir, 10 octobre 2020, URL https://www.ledevoir.com/politique/quebec/587615/nouveau-chef-du-parti-quebecois ; La Presse, 9 octobre 2020, URL https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2020-10-09/course-a-la-direction/paul-st-pierre-plamondon-elu-chef-du-parti-quebecois.php ; La Presse, 25 mai 2024, URL https://www.lapresse.ca/actualites/politique/paul-st-pierre-plamondon/le-pretendant/2024-05-25/la-traversee-du-desert.php ; Katia Gagnon, La Presse, 25 mai 2024, URL https://www.lapresse.ca/actualites/politique/paul-st-pierre-plamondon/le-pretendant/2024-05-25/changements-de-cap.php ; Paul Journet, La Presse, 10 octobre 2020, URL https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2020-10-10/la-victoire-du-converti.php
«...S’il dit vouloir se rendre à l’Assemblée nationale souvent, le nouveau leader péquiste exclut donc de tenter sa chance pour un poste de député avant les prochaines élections générales. Son chef parlementaire reste encore à déterminer [...] Celui qu’on surnomme «PSPP» souhaite incarner le renouveau du nationalisme. Son plan pour l’indépendance? Dans un premier mandat. Et il compte sur les Québécois de tous les horizons pour l’aider à le réaliser. «La grande coalition, il faut la reconstruire», a affirmé M. St-Pierre Plamondon. Peu après sa victoire, devant les caméras et loin de ses partisans - pandémie oblige -, le successeur de Jean-François Lisée a promis de faire du PQ «la référence en matière de lutte aux changements climatiques». «Notre indépendance, c’est se donner le droit de prendre nos propres décisions, notamment de faire le virage vert que nous espérons tous», a-t-il affirmé. Il a du même coup tendu la main à Sylvain Gaudreault, arrivé deuxième, pour qu’il porte le programme environnemental péquiste, lui qui occupe déjà le poste de porte-parole en la matière au sein du troisième groupe d’opposition à l’Assemblée nationale. »
François Carabin, « Paul St-Pierre Plamondon devient le 10e chef du PQ », Métro, 10 octobre 2020.
«...En 2014, cet « orphelin politique » critiquait l’obsession référendaire du Parti québécois. Deux années plus tard, il ralliait cette famille. Et maintenant, il en est le chef. [...] Fédéraliste, il est devenu indépendantiste. Partisan du nationalisme civique et inclusif en 2017, il prône maintenant le retour à un nationalisme identitaire. Après avoir promis de reporter un référendum à un deuxième mandat, il est maintenant pressé d’enclencher la mécanique. Les militants péquistes ne lui en ont pas tenu rigueur. Ils y ont moins vu de l’opportunisme qu’un modèle de conversion à reproduire. Après tout, M. St-Pierre Plamondon (PSPP) a beaucoup sacrifié pour la cause. Cet avocat gagnait très bien sa vie quand il a abandonné son boulot pour se porter candidat à la direction du PQ en 2016. Après sa défaite, il est resté dans le parti. Il a même déménagé dans les Basses-Laurentides pour s’y porter candidat aux élections de 2018. À nouveau défait, il est retourné au droit. Puis, à l’hiver 2020, ce jeune père de 43 ans quittait un poste de direction dans un cabinet pour tenter à nouveau sa chance. [...] Ce n’est pas le parcours du confort et de l’indifférence. »
Paul Journet, « La victoire du converti », La Presse, 10 octobre 2020, URL https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2020-10-10/la-victoire-du-converti.php
Le 7 octobre 2016 Élection de Jean-François Lisée comme chef du Parti québécois
Un texte original du Bilan Québec rédigé par Coralie Larouche, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Un peu moins d’un an après son entrée en fonction, le 2 mai 2016, Pierre Karl Péladeau a annoncé sa démission en tant que chef du Parti québécois (PQ). Il quitte également son poste de chef de l’opposition et de député de la circonscription de Saint-Jérôme. Le prochain chef du parti, Jean-François Lisée, est élu le 7 octobre suivant à la suite d’une campagne où cinq candidats sont en lice.
Après le départ de Péladeau, c’est Sylvain Gaudreault, le député de Jonquière, qui a été élu chef intérimaire le 5 mai 2016. Le 4 juillet, Raymond Archambault, le président d’élection du parti, a validé la candidature des cinq candidats remplissant les conditions requises pour faire campagne. Ils sont Alexandre Cloutier, Véronique Hivon, Martine Ouellet, Jean-François Lisée et Paul St-Pierre Plamondon, le seul candidat à ne pas siéger à l’Assemblée nationale. Tous ont récolté au moins 1 500 signatures les appuyant et fait les deux dépôts de 10 000 $ requis. Pendant toutes les vacances d’été, les candidats font campagne à travers la province et participent à deux débats. Le premier à Sherbrooke, le 11 septembre, et le deuxième, à Montréal, deux semaines plus tard. Selon le mode de scrutin préférentiel, les quelque 79 800 membres du parti sont invités à voter via Internet ou par téléphone, du 5 au 7 octobre. Les électeurs doivent indiquer leurs trois candidats favoris en ordre de préférence. Au terme des deux tours nécessaires, Jean-François Lisée est élu chef du Parti québécois. Il récolte 47,06 % au premier tour et 50,63 % au deuxième. Dans son discours de 30 minutes, Lisée déclare que « le Parti québécois, le plus grand parti au Québec, sort revigoré de cette campagne ». Dès le début de celle-ci, Lisée s’était notamment engagé à ne pas tenir de référendum avant 2022. Toutefois, le soir des élections du 1er octobre 2018, Jean-François Lisée annoncera qu’il quittera son poste de chef du PQ. En plus de sa défaite personnelle dans sa circonscription, le parti a perdu son statut de groupe parlementaire à l’Assemblée nationale et obtient un nombre de sièges historiquement bas.
Source : Radio-Canada, 2 mai 2016; 4 juillet 2016; 8 octobre 2016; 1er octobre 2018; Le Journal de Québec, 6 mai 2016; Le Devoir, 4 juillet 2016; 7 octobre 2016; Le Journal de Québec, 1er septembre 2016; La Presse, 8 octobre 2016.
Lisée, Jean-François, Le journal de Lisée. 18 mois de pouvoir, Mes combats, mes passions; Éditions Livres numériques divers, 2014, Jean-François Lisée, Qui veut la peau du Parti Québécois : et autres de la politique et des médias, Éditions carte blanche, 2019.
«...Promettre une absence de référendum dans un premier mandat. Et remporter l’élection. Qui aurait cru les militants du PQ aussi conciliants eu égard à l’interprétation attentiste que fait Jean-François Lisée de l’article 1 du programme de la formation souverainiste ? Les militants du PQ n’ont rien perdu de leur capacité de surprendre. Avec l’élection de Jean-François Lisée, ils vivent leur « moment lucidité », car il aurait été franchement irresponsable de précipiter le Québec dans un troisième référendum aux chances de succès plus qu’incertaines. L’approche pragmatique de Jean-François Lisée, et son engagement clair à ne pas tenir de référendum avant 2022, au mieux, produit déjà des résultats. Les libéraux ne pourront plus brandir aussi facilement l’épouvantail du référendum pour attiser les passions. Qu’à cela ne tienne ! Le premier ministre Couillard a trouvé dans les positions de Jean-François Lisée sur la laïcité un nouvel épouvantail terrorisant. Voilà maintenant que M. Lisée serait un proche parent de l’extrême droite européenne. »
Le 2 octobre 1535 Les Iroquoiens du Saint-Laurent accueillent Jacques Cartier à Hochelaga
Les Iroquoiens du Saint-Laurent accueillent Jacques Cartier à Hochelaga.
Le 2 octobre 1535, les Iroquoiens d'Hochelaga, dans l'île de Montréal, accueillent le navigateur français Jacques Cartier et son équipage à proximité de leur village.
En mai 1535, Jacques Cartier quitte la France pour rejoindre le Nouveau Monde. Le but de son deuxième voyage est de pénétrer à l'intérieur du continent pour découvrir le royaume mythique identifié sous le nom de Saguenay où se trouverait de l'or, richesse convoitée par les puissances européennes. Cartier arrive à Terre-Neuve après une traversée de 50 jours, puis remonte le Saint-Laurent jusqu'à Stadaconé (Québec). Sans guide ni interprète, il quitte ce village iroquoien le 19 septembre à bord de l'Émérillon pour poursuivre la remontée du fleuve et atteindre le royaume de Saguenay. Neuf jours plus tard, il doit jeter l'ancre aux battures du lac Saint-Pierre et continuer en barque.
Le 2 octobre 1535, Cartier débarque dans l'île de Montréal. Son point d'arrivée est probablement situé au pied du courant Sainte-Marie, bien que certains historiens le placent plutôt au Sault-au-Récollet. C'est la première fois que des Européens s'aventurent aussi loin dans l'axe du Saint-Laurent. Les Iroquoiens avaient entendu parler de la venue imminente d'étrangers et ont organisé une fête pour accueillir les Français avec des offrandes de toutes sortes. Cartier offre à son tour des articles ménagers aux femmes et des couteaux aux hommes. Les Autochtones lui présentent du même coup des cristaux de quartz et des pièces de cuivre. Sans valeur en Europe, ces métaux ont en revanche une grande signification dans la culture iroquoienne puisqu'ils confèreraient des pouvoirs de guérison à ceux qui les détiennent. Avant de se rendre à Hochelaga, les Français optent pour une nuit de repos à leur point d'accostage. Le lendemain 3 octobre, Cartier s'aventure dans une forêt de chênes sur quelques kilomètres. À mi-chemin, il rencontre un chef iroquoien qui l'invite à suspendre son excursion le temps de livrer un discours. Les Français se font ensuite guider à travers des champs de maïs et arrivent aux portes du village.
Situé au pied de la montagne, cet établissement est entouré d'une palissade en bois d'une hauteur de dix mètres. Selon le récit de voyage de Cartier, on y retrouve une cinquantaine de maisons dont les dimensions atteignent jusqu'à 35 mètres de long et 7 mètres de large. Chaque maison longue héberge plusieurs familles d'une même lignée matriarcale. On estime que la population d'Hochelaga était d'environ 1500 personnes. Lors de sa visite, Cartier fait la connaissance du grand chef (agouhanna) qui lui organise un banquet.
Le court passage de Jacques Cartier au village d'Hochelaga se termine par l'ascension de la montagne qu'il nomme mont Royal. Une fois au sommet, il constate la présence des rapides de Lachine. Cet obstacle naturel freine abruptement ses ambitions initiales. Cartier et son équipage rebroussent chemin le 5 octobre 1535. Ils passent l'hiver à Stadaconé et regagnent la France en 1536.
Cette expédition n'est que la première d'une longue histoire qui mènera les Français loin à l'intérieur du continent nord-américain. Le voyage de Jacques Cartier à Hochelaga est le premier contact connu entre les Français et les Iroquoiens de la région de Montréal. Nonobstant le choc culturel et la barrière linguistique, la rencontre des deux communautés est cordiale. C'est le début de relations en dents de scie dont les enjeux ont encore un écho dans la société québécoise.
Cartier fait la rencontre de Donnacona, leur chef, qui tente de le dissuader de poursuivre sa route plus au sud. Le navigateur de Saint-Malo n'en fait cependant qu'à sa tête. Son objectif est de se rendre à Hochelaga afin d'y repérer une nouvelle route vers l'Asie. Le soir du 3 octobre, il aperçoit la bourgade fortifiée au pied d'une petite colline, qu'il baptise Mont-Royal. Environ 1,000 Amérindiens y vivent dans une cinquantaine de maisons longues et spacieuses. Le contact est chaleureux. Ils échangent des présents. Cartier se rend à pied sur le mont Royal. Il admire au loin les chaînes de montagnes et constate que le fleuve se transforme en rapides - on les appellera plus tard les rapides de Lachine. Cartier croit que cette route fluviale pourrait mener au royaume de Saguenay.
Le 14 octobre 1966 Inauguration du métro de Montréal
Inauguration de la première rame du métroLe métro de Montréal est inauguré le 14 octobre 1966 et comprend initialement 20 stations réparties sur deux lignes.
L'idée de creuser un réseau de transport souterrain à Montréal remonte à la fin du XIXe siècle, mais elle n'a pas été concrétisée avant les années 1960. Le projet de métro revient à l'ordre du jour après la Seconde Guerre mondiale pour décongestionner le centre-ville et encourager la croissance urbaine à plus long terme. La disparition des tramways, complétée en 1959, accélère la recherche d'une solution complémentaire aux autobus pour le transport des travailleurs aux heures de pointe. Jean Drapeau gagne l'élection d'octobre 1960 en promettant notamment un métro.
Le projet est porté principalement par Jean Drapeau et par le président du Comité exécutif, Lucien Saulnier. Pour accélérer le processus décisionnel, la Ville de Montréal décide en janvier 1961 de construire le métro à ses frais, sans le concours des autres municipalités de l'île. Trois mois plus tard, en avril, un comité spécial formé d'élus, de fonctionnaires municipaux et de membres de la Commission des Transports est créé pour en étudier la faisabilité. Quant aux aspects techniques, ils relèvent de l'ingénieur et directeur du Service des travaux publics de la Ville, Lucien L'Allier, qui sera surnommé le « père du métro ».
Drapeau et Saulnier soumettent le projet de métro le 20 octobre 1961. Le tracé initial prévoit deux lignes souterraines longeant les deux principales artères commerciales de la ville, soit les rues Sainte-Catherine (est-ouest) et Saint-Denis (nord-sud). Pour y éviter les perturbations, il est construit sous les rues adjacentes.
La Ville fait appel aux ingénieurs George Derou et Jacques Gaston, tous deux à l'emploi de la Régie autonome des transports parisiens, pour étudier l'option de wagons sur pneumatiques. Conçue par la société Michelin et implantée depuis 1956 sur une ligne du métro de Paris, cette technologie novatrice a des avantages que les rails n'offrent pas : modernité, confort, meilleurs accélérations et freinages, électrification complète.
Les travaux débutent le 23 mai 1962. La conception des stations, dont chacune a ses particularités, est confiée à des architectes québécois et leur ornementation, à des artistes émergents. En novembre 1962, Montréal obtient l'Exposition universelle de 1967. Le choix audacieux des îles Sainte-Hélène et Notre-Dame entraîne la mise en chantier de la ligne jaune vers Longueuil.
Le 14 octobre 1966, la cérémonie d'inauguration du métro se déroule à la station Berri-de-Montigny (Berri-UQAM). Plus de 5000 personnes sont présentes, dont l'archevêque de Montréal, le cardinal Paul-Émile Léger, et des dignitaires venus de France. Le maire Drapeau tient à ce que l'ouverture du métro se fasse moins de deux semaines avant les élections municipales, même si six stations ne sont toujours pas complétées. Elles le seront juste à temps pour l'ouverture de l'Exposition universelle le 28 avril 1967. Le métro aura coûté 213 millions aux contribuables montréalais.
Depuis son inauguration, le métro a connu trois phases d'expansion. En prévision des Jeux olympiques de 1976, la ligne verte est prolongée vers les quartiers de l'est et du sud-ouest. Dans les années 1980, le nombre de stations est porté à 65 grâce à la construction d'un quatrième axe (ligne bleue) et au prolongement de la ligne orange vers le nord-ouest de l'île. Trois autres stations sont ajoutées en 2007 sur le territoire de Laval. De nos jours, le métro en dessert 68 sur quatre lignes pour un total de 71 km de voies.
Construit en moins de quatre ans, le métro de Montréal est un exploit du génie québécois et une étape charnière de l'histoire des transports et de l'aménagement urbain au Québec. Au-delà de son activité première, le métro tient une place particulière comme lieu d'expression artistique dans la culture montréalaise.
Le 27 octobre 1868 Première utilisation publique d'un vélocipède au Québec
Première utilisation publique d'un vélocipède au Québec
Le 27 octobre 1868, sur la terrasse Durham (terrasse Dufferin) à Québec, a lieu la première démonstration publique d'un vélocipède en sol québécois. Le voiturier Édouard Gingras, fils d'Édouard Gingras (1806-1857), également fabricant de voiture, chevauche la monture qu'il a fabriquée selon des plans fournis par l'inventeur et horloger de Québec, Cyrille Duquet. Ancêtre de la bicyclette, le vélocipède désigne une multitude de modèles de véhicules à deux, trois et même quatre roues, de taille variable, et actionné par des pédales.
Cette pratique nouvelle ainsi que les premiers modèles construits au Québec sont le fait d'une influence provenant essentiellement de la France, et surtout de Paris, ville qui agit comme véritable foyer de diffusion de ce que plusieurs contemporains appellent la vélocipémanie. Le coût important du véhicule, qui est plus ou moins équivalent au salaire annuel d'un ouvrier, circonscrit cependant sa pratique aux aristocrates et bourgeois.
À la suite d'une démonstration automnale d'Édouard Gingras, l'engouement pour cette nouvelle pratique ne se dément pas; des plans et devis s'élaborent et circulent dans plusieurs villes du Québec. Des constructeurs se mettent à l'ouvrage en vue de la belle saison et des écoles de vélocipèdes ouvrent à Québec, Lévis et Montréal. Le vélocipède fait beaucoup parler en raison des temps record de distances parcourues, des accidents qu'il cause et des possibilités qu'il offre. Des courses sont organisées, dans lesquelles Cyrille Duquet brille, notamment le 14 avril 1869 lorsqu'il est couronné champion de vélocipède de Québec et Montréal.
Bien qu'il soit principalement un instrument de loisir, on voit surtout en ce véhicule un futur moyen de transport utilitaire, rapide et plus abordable que la calèche. Constatant les différents brevets déposés qui apportent variations et améliorations au véhicule, les observateurs s'attendent raisonnablement à ce que le vélocipède devienne, à terme, plus accessible et qu'il bouleverse les méthodes de transport.
La vélocipémanie s'essouffle vers les années 1870. Il faut attendre les années 1880 pour que la pratique s'installe à nouveau et durablement, à la faveur d'améliorations déterminantes au vélocipède, qui devient bicyclette.
Le 5 octobre 1961 Ouverture de la première Délégation générale du Québec à Paris
Messieurs Jean Lesage, Charles Lussier, André Malraux, ainsi que Georges-Émile Lapalme, lors de l'inauguration de la Maison du Québec à Paris, le 5 octobre 1961Les origines de l'action du gouvernement du Québec à l'étranger remontent au XIXe siècle. Dès 1871, le Québec envoie des agents d'immigration au Royaume-Uni, en Europe continentale et aux États-Unis. Puis, en 1882, le gouvernement nomme Hector Fabre à titre d'agent général du Québec à Paris, pour agir comme « représentant attitré du gouvernement du Québec pour toutes les négociations qui ressortent des attributions de la province ». D'autres agents généraux seront nommés à Londres en 1911, puis à Bruxelles, en 1914. Ces agences générales sont abolies successivement entre 1912 et 1936.
Dans la foulée de la Révolution tranquille, le Québec entreprend de redéployer sa présence sur la scène internationale. C'est ainsi que, lors d'une visite officielle en France, en octobre 1960, le procureur général du Québec (et futur ministre des Affaires culturelles), Georges-Émile Lapalme, et le ministre de la Culture de France, André Malraux, s'entendent informellement sur l'ouverture, à Paris, d'une Maison du Québec. Le premier délégué général du Québec à Paris, Charles Lussier, entre en fonction en janvier 1961.
La Maison du Québec à Paris, comme on l'appelait à l'époque, est inaugurée officiellement le 5 octobre 1961, par le premier ministre du Québec, Jean Lesage, en présence du ministre André Malraux. Elle deviendra officiellement une Délégation générale, en 1964.
Parallèlement à l'ouverture de la Délégation générale du Québec à Paris, cette période consacre une plus grande formalisation de la présence internationale du Québec. En mars 1961, le Parlement du Québec adopte un projet de loi en vue de créer un ministère des Affaires fédérales-provinciales, qui deviendra, plus tard, le ministère des Affaires intergouvernementales, chargé, notamment, de la conduite des relations internationales du Québec. Puis, en mai 1961, une autre loi est adoptée concernant les agents ou délégués généraux de la province. En vertu de cette nouvelle loi, l'agence de New York, établie en 1940, devient une délégation générale. Enfin, en mai 1963, le premier ministre Jean Lesage inaugure la Délégation générale du Québec à Londres.
Aujourd'hui, le réseau des représentations du Québec à l'étranger est robuste et composé de plusieurs délégations générales, délégations, bureaux, antennes et représentations.
Les Québécois ne souhaitent pas seulement être reconnus par le Canada mais parler en leur nom propre sur la scène du monde. En 1961, l'agence commerciale de New-York obtient le statut de Délégation générale. Le 5 octobre de la même année, on inaugure en grande pompe la Délégation du Québec à Paris, qui obtient le statut et les privilèges d'une véritable ambassade. L'année suivante, le Québec rouvre un bureau à Londres (fermé depuis 1935).
Le 1er octobre 2013 Mise en place du marché du carbone Québec-Californie
En 2008, le Québec adhère à la Western Climate Initiative, un regroupement d'états américains et de provinces canadiennes qui souhaitent lutter collectivement contre les changements climatiques. Parallèlement, le Québec participe activement à l'élaboration des bases d'un système nord-américain de plafonnement et d'échange de droits d'émission (SPEDE) de gaz à effet de serre (GES).
Le SPEDE du Québec entame ses opérations le 1er janvier 2013. Ce système est appelé à jouer un rôle important dans le Plan d'action du gouvernement du Québec sur les changements climatiques.
Le 1er octobre 2013, le Québec et la Californie signent une entente pour lier leur SPEDE respectif. Le 1er janvier 2014, la liaison des deux systèmes entre en vigueur, et une première vente aux enchères commune d'unités d'émission a lieu le 25 novembre 2014.
En établissant un marché commun du carbone, les gouvernements du Québec et de la Californie créent une liaison historique qui ouvre la voie à l'élargissement de ce marché à une plus grande échelle en Amérique du Nord, mais aussi à travers le monde. Par ailleurs, le Québec et la Californie établissent le premier marché du carbone dans le monde à avoir été conçu et à être exploité par des États fédérés de pays différents. Ils démontrent, par le fait même, toute la pertinence du rôle joué par les États fédérés dans la lutte contre les changements climatiques.
Le 2 octobre 1900 Pose de la pierre angulaire du pont de Québec
Des milliers de personnes assistent à cet événement, dont des personnalités de marque comme le Premier ministre du Canada, Wilfrid Laurier, et le premier ministre du Québec, Simon-Napoléon Parent.
Plus de 8 000 personnes sont présentes pour la fête organisée à l'occasion de la pose de la pierre angulaire du pont de Québec. Au cours de la cérémonie, le premier ministre s'adresse aux Québécois rassemblés sur place: « Longtemps les Québécois ont vécu d'espérances toujours déçues, mais leur rêve est sur le point de se réaliser. Il y a 50 ans que l'idée de jeter un pont sur le Saint-Laurent à Québec a germé; mais ce n'est que depuis deux ans que les intéressés dans ce grand projet ont été pratiques (...) Il est évident que la Providence s'en est mêlée et bénit l'œuvre inaugurée sous de si heureux auspices ».
Le 3 octobre 1900 Assermentation des ministres du cabinet du nouveau premier ministre Simon-Napoléon Parent
Le nouveau premier ministre du Québec, Simon-Napoléon Parent, forme son cabinet.
Outre Parent aux postes de premier ministre, président du Conseil exécutif et commissaire des Terres, Forêts et Pêcheries, le cabinet comprend Horace Archambeault (procureur général), François-Gilbert Miville Dechêne (commissaire de l'Agriculture), Adélard Turgeon (commissaire de la Colonisation et des Mines et secrétaire provincial par intérim), Henry Thomas Duffy (trésorier), Lomer Gouin (commissaire des Travaux publics), James John Guerin (ministre sans portefeuille) et George W. Stephens père (ministre sans portefeuille).
Source : La Presse, 3 octobre 1900, p.1, 4 octobre 1900, p.1. Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert, Histoire du Québec contemporain : de la Confédération à la crise, 1867-1929, Montréal, Boréal Express, 1979, p.557-558, 577-579. Gaston Deschênes, Dictionnaire des parlementaires du Québec 1792-1992, Sainte-Foy, Les Presses de l'Université Laval, 1993.
Le 9 octobre 1901 Inauguration d'une aluminerie à Shawinigan
Cette usine débutera ses activités après 17 mois d'importants travaux.
La construction de cette aluminerie a procuré du travail à 1 500 ouvriers. Le 22 octobre suivant, la Northern Aluminium Co. produit déjà 1 675 livres de métal.
Source : Éric Tremblay, «Quelques événements de l'année 1901», Saguenayensia, v.43, n.2, avril-juin 2001, p.4.
Le 28 octobre 1901 Constitution en société de l'entreprise Rougier Frères
D'abord dirigée par Pierre-Victor Rougier, un négociant en gros qui importe différents produits au Canada, l'entreprise Rougier Frères se spécialisera dans le commerce des produits pharmaceutiques.
Le 17 octobre 1903 Publication du dernier numéro du journal « Mercury » de Québec
Après une existence marquée de hauts et de bas, le « Mercury », que l'on considère comme le plus vieux journal de Québec, est abandonné par les fils d'Israël Tarte et acculé à la fermeture.
C'est Thomas Cary qui a lancé le premier numéro de cette revue anglophone le 5 janvier 1805. Les principes généraux qui guident ce journal sont: « la vénération de la Constitution britannique, le respect et la soumission à l'égard des lois locales et des gouvernements de la colonie de même que le respect de l'ordre social et des individus. » Le « Mercury » s'avère un outil politique pour le Parti tory qui dénoncera avec virulence les actions des membres du Parti canadien.
Le 20 octobre 1906 Discours de Henri Bourassa lors d'une investiture libérale à Beauport
Les ministres libéraux appuient le candidat de Wilfrid Laurier, un dénommé Amyot, alors qu'Henri Bourassa et les Nationalistes soumettent « leur » propre candidat, un dénommé Robitaille, afin d'avoir un autre député libéral indépendant à la Chambre des communes. Lors de l'investiture de ce dernier, Henri Bourassa profite de l'occasion pour répliquer à des attaques faites à son endroit quelques jours auparavant.
Devant 20 000 personnes, Bourassa reproche au Parti libéral, son parti, d'imposer ses candidats au peuple, puis d'imposer aux députés une stricte discipline les transformant en machine à voter: « Je donne mon appui au parti libéral; cet appui est désintéressé, car je ne quête ni charge ni honneurs, mais il n'est pas aveugle. Lorsque je juge que le gouvernement se détourne du vrai chemin, je me refuse à le suivre. Les occasions où j'ai été forcé de me séparer du parti libéral n'ont pas été nombreuses; il n'y en a que trois ou quatre, mais elles étaient d'une importance souveraine: la question des contingents sud-africains, celle des écoles du Nord-Ouest et du maintien de la langue française, enfin celle de l'observance du dimanche. Il ne s'agit pas de déchirer le vieux drapeau libéral; au contraire, il s'agit de le planter plus avant que jamais, et d'y inscrire ces deux mots qui en faisaient autrefois toute la signification et qui en ont été effacés: Liberté, Indépendance. » Ce discours d'appui au candidat libéral indépendant Robitaille est aussi une réplique aux nombreuses injures reçues par Bourassa lors des dernières semaines dans les journaux libéraux. Le 23 octobre, Robitaille sera élu par 447 voix dans le comté de Québec. Pour plusieurs observateurs, cette victoire du clan « nationaliste » signifie que l'emprise de Wilfrid Laurier sur le Québec est en train de s'effriter.
Source : La Presse, 22 octobre 1906, p.1 et 10, et 24 octobre 1906, p.1.
Le 17 octobre 1907 Remaniement du cabinet du premier ministre Lomer Gouin
Le premie ministre Lomer Gouin procède à un remaniement de son cabinet. Louis-Alexandre Taschereau (Travaux publics et Travail) et Charles R. Devlin (Colonisaton, Mines et Pêcheries)accèdent au cabinet. Le même jour, le député libéral de Bellechasse, Adélard Turgeon, démissionne en défiant Henri Bourassa de poser sa candidature dans sa circonscription de Bellechasse.
Le 4 novembre suivant, on assiste à des élections partielles dans quatre circonscriptions du Québec. Les ministres Charles Ramsay Devlin et Louis-Alexandre Taschereau, tous deux du Parti libéral, sont réélus dans Nicolet et Montmorency. Le candidat libéral-indépendant Pierre-Émile D'Anjou est élu dans Rimouski et Adélard Turgeon bat Henri Bourassa dans Bellechasse.
Le 8 octobre 1908 Ouverture de la première école d'enseignement supérieur pour filles de langue française
Après plusieurs années à tenter de convaincre les autorités institutionnelles, Sœur Sainte-Anne-Marie, supérieure de la Congrégation de Notre-Dame, ouvre la première École supérieure pour jeunes filles, premier collège classique féminin au Québec. Situé à la maison mère de la rue Sherbrooke, l'établissement affilié à l'Université Laval deviendra le Collège Marguerite-Bourgeoys en 1926.
Le premier collège classique propose aux jeunes filles les quatre dernières années du cours classique, nécessaires à l'obtention du baccalauréat. La première diplômée sera Marie Gérin-Lajoie . En fondant le collège Marguerite-Bourgeoys, la Congrégation de Notre-Dame détient l'exclusivité de l'enseignement supérieur pour filles pendant près de 25 ans.
Source : Collectif Clio, L'histoire des femmes au Québec depuis quatre siècles, Montréal, Quinze, 1982, p.320. Micheline Dumont, L'instruction des filles au Québec (1639-1960), Société historique du Canada, brochure 49, Ottawa, 1990.
Le 18 octobre 1912 Démission de Frederick D. Monk du cabinet du premier ministre Robert Borden
Les tergiversations du député conservateur Frederick D. Monk sur la question de la marine canadienne font de lui une cible pour les nationalistes canadiens-français. Le 18 octobre 1912, il démissionne de son poste de ministre des Travaux publics.
Lors d'une assemblée tenue le 10 septembre 1912, Monk s'efforçait de justifier les actions de son gouvernement, notamment sur la question controversée de la marine canadienne et sur celle des écoles du Keewatin. Henri Bourassa écrira à ce sujet dans « Le Devoir »: « Ceux qui connaissent comme nous le désintéressement personnel de M.Monk, qui ont entendu les accents indignés avec lesquels il a dénoncé si souvent les politiciens qui se collent au pouvoir aux dépens de leurs principes et de leurs engagements, ne doutent pas un instant qu'il fera accepter par ses collègues les principes et les idées qu'il a préconisés depuis son discours de Lachine, en novembre 1909, jusqu'au 21 septembre 1911- ou qu'il démissionnera... » À leur retour de Grande-Bretagne, le premier ministre Robert Borden et ses ministres envisagent de verser une contribution d'urgence de 35 millions de dollars à la défense de l'Empire britannique, et ce par emprunt à des banques londoniennes. Monk, qui occupe le poste de ministre des Travaux publics, demande la tenue d'un plébiscite. Mais la majorité n'en veut pas. Monk démissionne alors du cabinet, alléguant que la contribution canadienne à l'Empire sans consultation populaire est contraire à ses promesses et dépasse le cadre de la Constitution de 1867. Sa lettre de démission ne paraîtra qu'au mois de janvier suivant afin que son départ se fasse sans trop de vagues.
Source : Le Devoir, 18 octobre 1912, p.1 et 6 et 19 octobre 1912, p.8.
Le 9 octobre 1916 Mise sur pied de voyages de «Bonne entente» entre Canadiens
L'intellectuel Arthur Hawkes organise des voyages d'échanges culturels afin de favoriser la bonne entente entre Canadiens français et Canadiens anglais. Les rapports entre ces deux groupes sont particulièrement tendus depuis le début de la guerre et l'adoption du règlement 17 discriminant contre l'enseignement du français dans les écoles ontariennes.
Le 9 octobre, des représentants de la mission Hawkes sont au club Saint-Denis pour participer à une rencontre avec des leaders canadiens-français. Plusieurs orateurs prennent la parole, dont le député conservateur Paul-Émile Lamarche et le sénateur Raoul Dandurand. Ils ne font pas secret de leur désir de voir le français survivre et s'épanouir et de leur opposition à ceux des autres provinces qui ont adopté des mesures restrictives envers leurs minorités francophones. Lamarche réaffirme sans ambages que s'il avait à choisir entre son appartenance au Canada ou à l'Empire britannique, il choisirait le Canada, sa patrie. La question de la conscription est également dans l'air à cette occasion. Une soixantaine d'Ontariens, dont plusieurs hommes d'affaires, assistent à cette assemblée. Auparavant, ils ont eu droit à une visite de la ville de Montréal.
Source : Le Devoir, 10 octobre 1924, p.1 et 2. Robert Rumilly, Histoire de la province de Québec: Courcelette, Montréal, Éditions Bernard Valiquette, 1946, p.180-184.
Le 4 octobre 1917 Tenue d'un référendum sur la prohibition dans la ville de Québec
À l'image de plusieurs autres villes québécoises et canadiennes, la ville de Québec tient un référendum pour savoir si la population est favorable à la prohibition des boissons alcooliques.
Fouettés par les membres du clergé, dont le cardinal Louis-Nazaire Bégin qui a fait lire une lettre a cet effet dans les églises, les Québécois accordent leur appui à la prohibition. Après le calcul des résultats, on considère que les tenants de cette mesure ont obtenu une majorité d'environ 3 220 votes sur leurs adversaires. Tous les quartiers de la ville sauf deux, Champlain et Saint-Pierre, situés dans la basse-ville, ont appuyé la prohibition que l'on perçoit comme un moyen de restaurer l'ordre dans la capitale provinciale. Ce vote met fin à une campagne houleuse à laquelle ont participé plusieurs personnalités du monde politique dont les députés Louis Létourneau et Armand Lavergne. Il faudra attendre les années 20 avant que la prohibition ne soit abolie à Québec.
Source : La Presse, 4 octobre 1917, p.1 et 5 octobre 1917, p.11.
Le 21 octobre 1918 Passage d'un premier train dans le tunnel qui traverse le Mont-Royal
Après plusieurs années d'efforts, un train qui fait la navette entre Montréal et Toronto emprunte pour la première fois le nouveau tunnel de 3 milles et demi qui passe sous le Mont-Royal.
Les directeurs de la compagnie figurent au nombre des passagers qui sont à bord de ce train qui est tiré par une locomotive électrique pendant son passage dans le tunnel. À partir d'aujourd'hui, deux trains qui partiront à tous les jours de Toronto et de Montréal utiliseront ce tunnel.
Source : Le Devoir, 21 octobre 1918, p.3, La Presse, 21 octobre 1918, p.1.
Le 9 octobre 1919 Fondation du Conseil central national des métiers et du travail
David Giroux, de la Fédération nationale des briqueteurs, maçons et plâtriers, est à l'origine de cette centrale qui regroupe l'Union des briqueteurs, celle des maçons, le Syndicat des débardeurs de Montréal et l'Union nationale des travailleurs en chaussure.
Environ 6 000 employés seraient affiliés à cette nouvelle centrale qui s'oppose aux unions confessionnelles.
Source : Groupe de recherches sur l'histoire des mouvements politiques ouvriers de l'Université du Québec à Montréal, Chronologie des mouvements politiques ouvriers au Québec de la fin du 19e siècle jusqu'à 1919, Montréal, (s.e), 1976, p.288-289.
Le 10 octobre 1919 Fondation de l'Association du bien-être des instituteurs de Montréal
Quelques centaines d'enseignants se réunissent pour fonder l'Association du bien-être des instituteurs et institutrices de Montréal.
Ce syndicat, le premier du genre dans l'enseignement au Québec, revendique de meilleurs salaires pour ses membres. Il disparaîtra peu de temps après sa création.
Source : Histoire du mouvement ouvrier au Québec (1825-1976): 150 ans d'histoire, Beauceville, L'éclaireur, 1984, 235 p. Jacques Rouillard, Histoire du syndicalisme québécois, Montréal, Boréal, 1989, p.226-228.
Le 30 octobre 1920 Fondation du journal « Le Nouvelliste » à Trois-Rivières
Joseph-Herman Fortier, vice-président et directeur général des magasins à succursales P.T. Légaré, fonde un nouveau journal: « Le Nouvelliste ». Le tirage de ce quotidien libéral qui dessert la région de Trois-Rivières sera de 3 061 copies en 1921.
En 1920, la ville de Trois-Rivières est en pleine expansion industrielle et économique. Soucieux d'activer les affaires de son commerce -P.T. Légaré- ainsi que celles des autres marchands de Trois-Rivières, Joseph-Herman Fortier fonde le journal « Le Nouvelliste ». Il est seul à contribuer financièrement au lancement de ce quotidien qui vise plusieurs objectifs, comme la promotion de la langue française, le soutien aux traditions de l'Église et le développement économique et industriel de la région. Le journal obtient un succès immédiat avec sa première parution qui contient en exclusivité le rapport de la Commission royale d'enquête Désy sur l'administration municipale à Trois-Rivières. À cette époque, «Le Nouvelliste» emploie une dizaine de personnes qui couvrent surtout les nouvelles locale et régionale. Victime de la dépression économique, la maison P.T. Légaré fera faillite en 1935. Fortier vendra alors son journal à Jacob Nicol qui, à ce moment, est propriétaire des journaux « Le Soleil » et « La Tribune ».
Source : André Beaulieu et Jean Hamelin, La presse québécoises des origines à nos jours, tome 6, 1920-1934, Québec, les Presses de l'Université Laval, 1982, p.17-21.
Le 18 octobre 1921 Réélection de Médéric Martin à la mairie de Montréal
Cette élection permet à Martin d'entamer un cinquième mandat à la tête de la ville de Montréal. Il remporte les élections avec 55 905 voix contre 23 383 pour son adversaire, Luc Rochefort.
Le 23 octobre 1921 Assermentation de Jacob Nicol au sein du cabinet de Louis-Alexandre Taschereau
Le premier ministre du Québec, le libéral Louis-Alexandre Taschereau, fait assermenter Jacob Nicol, un député originaire des Cantons de l'Est, aux postes de trésorier et de ministre des Affaires municipales du Québec.
Le 2 octobre 1922 Ouverture officielle de la station radiophonique CKAC
La première station radiophonique de langue française en Amérique du Nord est entrée en ondes quelques jours plus tôt. Il s'agit de CKAC, propriété du journal « La Presse », qui offrira une programmation bilingue pendant ses dix premières années d'existence.
Quelques mois plus tôt, le 3 mai, le journal « La Presse » installait sur le toit de son immeuble de la rue Saint-Jacques un poste de téléphone sans fil à longue distance avec le signal d'appel pour CKAC. Le permis pour cette station avait été octroyé quelques jours auparavant par le gouvernement fédéral. Plusieurs personnalités assistent au lancement officiel de CKAC au mois d'octobre, dont les célèbres acteurs américains Douglas Fairbanks et Mary Pickford. Le 4 octobre, CKAC transmettra les résultats de la partie de Série mondiale de baseball disputée au Polo Grounds de New York.
Le 7 octobre 1922 Ouverture officielle de l’école des Beaux-Arts de Québec
À la demande du secrétaire et registraire de la province de Québec, Athanase David, le gouvernement libéral de Louis-Alexandre Taschereau adopte en 1921 une loi dotant les villes de Québec et Montréal des premières écoles des Beaux-Arts.
Le 7 octobre 1922, le directeur Jean Bailleul ouvre officiellement l’école des Beaux-Arts de Québec située sur la rue Saint-Joachim. Il est à noter que les premières écoles des Beaux-Arts étaient des institutions mixtes, offrant des cours aussi bien aux femmes qu’aux hommes.
Source : Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert, Histoire du Québec contemporain: de la Confédération à la crise (1867-1929), Montréal, Boréal Express, 1979, p.535.
Le 1er octobre 1924 Fondation de l'Union catholique des cultivateurs
Plus de 2 000 cultivateurs réunis en congrès à Québec décident de former l'Union catholique des cultivateurs (UCC), une association professionnelle dédiée à la défense de leurs intérêts communs.
J.-Noé Ponton joue un rôle important dans la mise sur pied de cette association dont la direction est assumée par Laurent Barré et l'agronome Firmin Létourneau. Parmi les thèmes abordés dans le programme adopté par l'UCC lors de son congrès de fondation on retrouve « enseignement agricole, crédit agricole, production et commerce des produits de la ferme, taxes, colonisation (etc.) ». Reflet des changements observés dans la société québécoise et dans la situation des agriculteurs, l'UCC deviendra en 1972 l'Union des producteurs agricoles (UPA).
Source : Paul-André Linteau, René Durocher et Jean-Claude Robert, Histoire du Québec contemporain: de la Confédération à la crise (1867-1929), Montréal, Boréal Express, 1979, p.487-489.
Le 30 octobre 1924 Absorption de la Banque Molson par la Banque de Montréal
La Banque de Montréal s'empare par le fait même des 110 succursales de la Banque Molson, majoritairement situées en Ontario.
Dorénavant, la Banque de Montréal aura un actif de 725 millions de dollars et des dépôts totalisant 500 millions de dollars. Avec la disparition de la Banque Molson, il ne reste plus que 12 banques à charte au Canada. Il y en avait 18 au début de l'année 1922.
Le 29 octobre 1925 Réélection des libéraux de William Lyon Mackenzie King à la Chambre des communes à Ottawa
Les élections générales fédérales amènent la formation d'un gouvernement minoritaire à la Chambre des communes. Même s'ils n'obtiennent que 99 sièges, contre les 116 des conservateurs d'Arthur Meighen, les libéraux de W.L. Mackenzie King s'appuient sur le support des 24 députés du Parti progressiste pour conserver le pouvoir. Ce résultat peu concluant sera à l'origine d'un imbroglio, l'affaire King-Byng, qui forcera la tenue d'une autre scrutin en 1926.
Avec 59,4% des voix et 59 sièges sur 65, les libéraux continuent de dominer le paysage politique au Québec. Par contre, les conservateurs sont en nette progression. Ils obtiennent 33,7% des voix, contre 18,4% en 1921, et font élire quatre députés à la Chambre des communes. Pour sa part, le Parti progressiste ne présente pas de candidats au Québec. À noter que c'est la première fois que les résultats des élections générales sont annoncés sur les ondes radiophoniques au Canada.
Source : Pierre Drouilly, Atlas des élections fédérales au Québec, 1867-1988, Montréal, VLB, 1989. Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert, Histoire du Québec contemporain, De la Confédération à la crise (1867-1929), Montréal, Boréal Express, 1979, p.595-600. L'Encyclopédie du Canada, Montréal, Stanké, 2000, p. 1347-1348 et 1808-1810. Howard A. Scarrow, Canada Votes: A Handbook of Federal and Provincial Election Data, New Orleans, The Hauser Press, 1962, p.45-49.
Le 8 octobre 1928 Réouverture du Conservatoire national de musique à la suite de sa réorganisation
Fondé à Montréal en 1905 par Alphonse Lavallée-Smith, le Conservatoire national de musique et d'élocution subit des transformations structurelles sous la direction de Eugène Lapierre (1927-1970).
Entre 1924 et 1927, Lapierre se rendit en Europe afin d'étudier les rouages des conservatoires français. À son retour, il s'entoure d'une équipe dynamique afin de restructurer le Conservatoire national de musique. Un des points majeurs de cette réorganisation est la mise sur pied d'un corps professoral spécialisé, composé en grande partie de musiciens québécois. De 1921 à 1951, le conservatoire sera affilié à l'Université de Montréal. Ses activités prendront fin vers 1975.
Source : Recherche effectuée dans le cadre du projet «Données sur l'histoire de la création musicale au Québec, 1940-2000 (chronologie et bibliographie)», un projet subventionné par le FCAR. Helmut Kalmann, Gilles Potvin et Kenneth Winters, dir., Encyclopédie de la musique du Canada, deuxième édition, Montréal, Fides, 1993 (1982), p. 785.
Le 4 octobre 1929 Inauguration du théâtre Outremont à Montréal
De style Art Déco, l'Outremont fait partie des salles que l'on qualifiait alors d'« atmosphérique ». Cet épithète était réservée aux salles dont le décor à lui seul constituait une source d'attraction.
Plusieurs théâtres sont construits à Montréal au cours des premières décennies du XXe siècle. Ce phénomène s'explique en partie par l'essor que connaît le cinéma à cette époque. À Montréal, la première projection d'un film a lieu en mai 1886. Parmi les théâtres qui voient le jour au cours de cette période, on compte le Ouimetoscope (1907), le Gaiety (1909), l'Arcade (1911), le Saint-Denis (1915), l'Imperial (1916), le Loew's (1917), le Rialto (1923) et le Granada (1929).
Source : Guy Pinard, Montréal, son architecture, son histoire (tome 2), Montréal, Éditions La Presse, 1988, 421 p.
Le 12 octobre 1929 Inauguration du site des travaux de la Beauharnois Light, Heat and Power
Malgré la pluie, une foule se déplace pour assister à la cérémonie pendant laquelle Mgr Andrea Cassulo, délégué apostolique au Canada, bénit les lieux. Dans le discours qu'il prononce, le gouverneur général Lord Willingdon se dit fier de participer à l'événement.
Il s'agit d'un travail colossal, puisque l'on prévoit creuser un canal profond de 10 mètres sur une largeur de 1 000 mètres et une longueur de 24 kilomètres. À l'origine, on envisage que le coût de ce mégaprojet s'élèvera à environ 75 millions de dollars.
Le 29 octobre 1930 Dépôt d'un arrêté en conseil définissant les pouvoirs de la Commission Montpetit sur l'assurance sociale
Dans les sept rapports qu'elle publie entre 1930 et 1932, la Commission Montpetit, créée par le gouvernement libéral de Louis-Alexandre Taschereau, fait des recommandations visant à jeter les bases d'une politique québécoise d'aide sociale. Son mandat consiste à « étudier la situation relativement à l'établissement, dans cette province, d'un système d'assurances sociales et de placement familial, et au mode de législation qui pourrait être adopté à cet égard ».
Du nom de son président, le directeur de l'École des Sciences sociales de l'Université de Montréal, Édouard Montpetit, la Commission Montpetit, qui est composée de six autres membres provenant des milieux religieux, syndicaux, scientifiques et patronaux, recommande dans son rapport un certain nombre de mesures qui feront l'objet des premières politiques sociales québécoises. Au cours de ses deux années d'existence, elle tient plus d'une centaine de séances au Québec, dans d'autres provinces canadiennes et même en Europe afin d'analyser les interventions des différents gouvernements dans le domaine social. L'étude s'intéresse à trois aspects: l'assistance, l'assurance sociale et l'hygiène industrielle. La commission veut établir un régime de liberté subsidiée et étendre l'action des sociétés d'assurance mutuelle. À un autre niveau, devant le succès de la Société nationale d'hospitalisation (SNH), « une loi doit être faite pour autoriser la formation de SNH qui admettraient la contribution des patrons et des ouvriers auxquelles une subvention serait versée par l'État, qui sera à déterminer selon qu'il s'agirait de caisses rurales ou urbaines. » Après une période d'application de cinq ans, la commission recommande une assurance obligatoire pour tout le monde. De plus, des initiatives telles que la création d'orphelinats, d'un système d'adoption, l'allocation aux mères nécessiteuses, les allocations familiales, l'assurance-maladie, les pensions de vieillesse et autres ont été en partie, ou en totalité, inspirées par les conclusions du rapport de cette commission. À court terme, les interventions du gouvernement provincial pour aider à résoudre le problème de la pauvreté resteront néanmoins rares et peu efficaces.
Source : Commission des assurances sociales du Québec, Québec, ministre du Travail, 1933, 7 v.
Le 28 octobre 1931 Assermentation de trois nouveaux ministres au sein du cabinet du premier ministre québécois, Louis-Alexandre Taschereau
Ces trois hommes sont Joseph-Napoléon Francoeur, George Bryson et Charles-Joseph Arcand qui deviennent respectivement ministre des Travaux publics, ministre d'État et ministre du Travail.
Ces nominations sont rendues nécessaires à la suite de la décision du gouvernement de scinder le ministère des Travaux publics et du Travail en deux ministères distincts.
Source : Bibliothèque de la Législature, Répertoire des parlementaires québécois, 1867-1978, Québec, 1980, 796 pages.
Le 28 octobre 1931 Assermentation du premier ministre du Travail du Québec
Le contexte de la crise économique amène le gouvernement libéral de Louis-Alexandre Taschereau à scinder le ministère des Travaux publics et du Travail et à mettre sur pied un département du Travail autonome.
Le premier titulaire de ce département du Travail est Charles-Joseph Arcand, député de Maisonneuve. Il restera en fonction jusqu'en décembre 1935.
Source : Bibliothèque de la Législature, Répertoire des parlementaires québécois, 1867-1978, Québec, 1980, p.619.
Le 1er octobre 1932 Première livraison de la Beauharnois Light, Heat and Power
Cette compagnie apprivisionnera la Montreal Light, Heat and Power avec 25 000 chevaux-vapeur, une capacité qui pourra éventuellement être portée à 500 000 chevaux-vapeur.
Avec le temps, les immenses turbines de la Beauharnois Light, Heat & Power développeront un potentiel maximum de l'ordre de 2 millions chevaux-vapeur.
Le 7 octobre 1934 Ouverture du deuxième congrès de l'Association canadienne-française pour l'avancement des sciences
Le deuxième congrès de l'Association canadienne-française pour l'avancement des sciences (ACFAS), un organisme fondé en 1923, se tient à l'Université Laval.
Par la suite, les congrès de l'ACFAS se tiendront alternativement à Montréal et Québec. Rappelons que le premier congrès de l'ACFAS avait eu lieu en novembre 1933 à l'Université de Montréal.
Source : Luc Chartrand, Raymond Duchesne, Yves Gingras, Histoire des sciences au Québec, Montréal, Boréal, 1987, p.253.
Le 24 octobre 1934 Tenue d'un congrès sur la colonisation à Québec
Cet événement est organisé au Parlement de Québec sous la présidence d'Irénée Vautrin, ministre de la Colonisation, de la Chasse et des Pêcheries.
Le gouvernement offrait auparavant un montant aux pères qui désiraient établir leurs fils sur une terre, pourvu qu'il y ait 20 personnes par comté. À la suite de ce congrès cette limite est annulée, ce qui fait que tous les pères pourront dorénavant bénéficier de cette mesure.
Le 14 octobre 1935 Défaite politique de Henri Bourassa
L'élection générale du 14 octobre 1935 est marquée par la défaite de Henri Bourassa dans la circonscription de Labelle. C'est le libéral Maurice Lalonde qui remporte la victoire par près de 1 900 voix de majorité.
Sa rupture avec « l'Action Nationale » n'est pas étrangère à la défaite de Bourassa qui n'a pas su adapter son discours aux idées modernes que la génération montante de politiciens québécois semble plus apte à défendre. Le poids de l'organisation libérale a également joué un grand rôle dans cette défaite de Bourassa qui ne siégera plus jamais à la Chambre des communes.
Source : Bibliothèque de la Législature, Répertoire des parlementaires québécois, 1867-1978, Québec, 1980, 797 pages.
Le 27 octobre 1936 Création d'un ministère de la Santé provincial
Le gouvernement unioniste de Maurice Duplessis met sur pied un département de la Santé sous la direction d'un ministre.
Le premier titulaire du ministère de la Santé, le docteur Joseph-Henri-Albiny Paquette, le député de Labelle, sera assermenté le 15 décembre 1936. Il a des attributions, des devoirs et pouvoirs en ce qui a trait à l'hygiène et « la santé publique; l'assistance publique; les aliénés; l'inspection des hôpitaux et autres institutions charitables. Le ministre peut favoriser par tous les moyens et mesures qu'il juge adéquats l'avancement et le développement de la santé publique dans la province; coopérer avec le gouvernement du Canada pour faciliter l'application dans la province des lois du parlement du Canada relatives à la santé publique; favoriser les études scientifiques sur la santé publique et suggérer les mesures pratiques pour prévenir la maladie et la mortalité; compiler les statistiques des mariages, naissances, décès dans la province. »
Le 25 octobre 1939 Élection de Camillien Houde comme candidat indépendant à l'Assemblée législative
Le maire de Montréal, Camillien Houde, remporte la victoire comme candidat indépendant dans le comté de Sainte-Marie lors des élections provinciales. il obtient à cette occasion une majorité de 4521 voix.
Houde fait campagne contre le candidat de l'Union nationale en insistant sur la promesse des libéraux fédéraux de ne pas faire la conscription. Ce sont les Libéraux d'Adélard Godbout qui remporteront une victoire éclatante lors de cette élection, délogeant du pouvoir les Unionistes de Maurice Duplessis.
Source : Le Devoir, 25 octobre 1939, p.7. 26 octobre 1939, p.1, 3 et 6.
Le 9 octobre 1940 Début de l'entraînement militaire obligatoire pour les célibataires
Un premier groupe de 29 500 conscrits, la plupart entre 21 et 23 ans, participe à cet entraînement obligatoire.
L'isolement de la Grande-Bretagne à la suite de la défaite française accélère ses besoins en aide de la part de ses alliés, dont le Canada. Lors de cet entraînement obligatoire, les conscrits font du conditionnement physique, suivent des cours et sont initiés au maniement de différentes armes. On prévoit qu'un second groupe commencera sa formation le 27 novembre 1940.
Le 13 octobre 1940 Tenue du congrès annuel de l'Union catholique des cultivateurs
Lors de leur congrès, les membres de l'Union catholique des cultivateurs (UCC) décident de s'affilier à la Fédération canadienne d'agriculture.
La Fédération canadienne d'agriculture regroupe toutes les grandes associations agricoles provinciales du Canada. Son mandat consiste à défendre les agriculteurs auprès des autorités fédérales.
Source : Fernand Harvey et Peter Southam, Chronologie du Québec (1940-1971), Québec, Institut supérieur des sciences humaines, no 4, janvier 1972, 180 p.
Le 16 octobre 1944 Ouverture de la convention annuelle du Congrès canadien du Travail à Québec
Plus de 500 délégués sont rassemblés au Château Frontenac, à Québec, pour assister au congrès annuel du Congrès canadien du travail (CCT).
Plusieurs hommes politiques prononcent des discours au cours de ce congrès qui dure du 16 au 20 octobre. Parmi eux, on retrouve le premier ministre du Québec, Maurice Duplessis, son ministre du Travail, Antonio Barrette, ainsi que son homologue fédéral, Humphrey Mitchell. Le président de la Commission des prix et du commerce en temps de guerre, Donald Gordon, demande également au CCT de continuer à collaborer avec lui. Une résolution est adoptée en ce sens, le CCT s'engageant à faire « tout en son pouvoir pour éviter la grève ». Les délégués refusent toutefois d'appuyer un amendement interdisant la grève pendant la tenue de la guerre. Un autre sujet à l'agenda est la pertinence d'affilier le CCT au Co-operative Commonwealth Federation (CCF), un parti de gauche qui possède de solides assises dans l'Ouest du pays. Les Québécois sont peu attirés par cette perspective, ce qui amène le CCT à adopter une résolution de compromis, reconnaissant les affinités entre le mouvement ouvrier et le CCF, mais sans pour autant qu'il y ait affiliation. Par ailleurs, on adopte une résolution demandant « qu'il soit de plus résolu que nous recommandons au comité d'action politique et au prochain exécutif qu'il apporte une considération spéciale à l'établissement de comités d'action politique provinciaux et locaux aussitôt que le temps et les finances le permettront. »
Source : La Presse, 17 octobre 1944, p.3, 20 octobre 1944, p.3 et 27, 21 octobre 1944, p.47.
Le 16 octobre 1945 Création d'une organisation internationale des vivres et de l'agriculture à Québec
Des représentants de 30 pays réunis à Québec signent un document en vue de la constitution d'un nouvel organisme des vivres et de l'agriculture dont la mission consiste à soulager la malnutrition dans le monde.
Une centaine de délégués et d'experts participent au lancement de cet organisme associé à l'Organisation des Nations unies. De nombreux dignitaires sont présents à la salle de bal du Château Frontenac pour la signature du document, dont le maire de Québec, Lucien Borne, l'ambassadeur du Canada à Washington, Lester B. Pearson, et le lieutenant-gouverneur du Québec, Eugène Fiset.
Le 27 octobre 1947 Réélection de Lucien Borne à la mairie de Québec
En défaisant le comptable Philémon Garneau par une confortable majorité, Lucien Borne est réélu à la mairie de Québec. Il s'agit d'un cinquième mandat consécutif à ce poste pour Borne.
Avec quelques urnes à dépouiller, Borne détient une avance de 1 451 voix sur Garneau. Celui-ci ne devance le maire sortant que dans le quartier Saint-Sauveur, là où il habite.
Le 28 octobre 1947 Inauguration de l'École de médecine vétérinaire de Saint-Hyacinthe
Plusieurs personnalités, dont le ministre de l'Agriculture du Québec, Laurent Barré, participent à l'inauguration de l'École de médecine vétérinaire de Saint-Hyacinthe.
Cette école a été mise sur pied grâce au passage d'une loi qu'a fait adopter le gouvernement provincial dirigé par Maurice Duplessis. Elle remplacera celle d'Oka qui existait depuis plusieurs années. Le choix de Saint-Hyacinthe, un centre agricole d'importance, semble adéquat pour cette école qui accueille 90 élèves et donne du travail à 24 professeurs.
Le 3 octobre 1950 Inauguration par la compagnie Air-France de la liaison Montréal-Paris
Un quadrimoteur de type Constellation 749 de la compagnie Air France relie pour la première fois Montréal et Paris.
L'avion fait deux escales d'une heure chacune à Shannon et Gander avant d'atterrir à Dorval au terme d'une traversée qui dure quinze heures et demie. Vingt-cinq ans plus tard, Air France inaugurera le premier vol du Concorde entre les deux mêmes villes.
Le 18 octobre 1950 Fondation de la Faculté de musique de l'Université de Montréal
Cette faculté a pour mission d'assurer et d'organiser ses propres programmes d'études et de recherches ainsi que de coordonner des programmes d'études et des grades dans les écoles de musique jusqu'alors affiliés directement à l'université.
Alfred Bernier y est fondateur, professeur et premier doyen. Le cardinal Paul-Émile Léger et Mgr Olivier Maurault sont également impliqués dans cette fondation. Les cours sont d'abord divisés en deux sections: musique sacrée et musique profane. Seuls le piano et l'orgue y sont enseignés. Des cours de pédagogie musicale seront ajoutés au programme en 1961. En 1966, la Faculté de musique de l'Université de Montréal réorientera totalement le contenu du premier cycle. Celui-ci mènera désormais au baccalauréat en musique et offrira le choix de diverses concentrations telles interprétation, musique générale, composition, techniques d'écriture, musicologie et pédagogie. Dans les années 1970, la faculté développera les études de cycles supérieurs telles que les maîtrises et doctorats en interprétation ou composition. Elle établira des programmes de recherche comme l'informatique-musique, la paléographie musicale, l'ethnomusicologie et la sémiologie musicale. Les années 1980 verront les portes de la faculté s'ouvrir au jazz et à la musique populaire. La Faculté de musique de l'Université de Montréal déménagera dans le pavillon de l'École Vincent-d'Indy, situé sur le Mont-Royal, en 1980. Le pavillon comprendra une audiothèque, une bibliothèque, trois salles de concert (avec la salle Claude-Champagne), des studios de musique électroacoustique ainsi qu'un studio d'enregistrement. Parmi les activités organisées par la faculté figureront des ateliers de musique ancienne, baroque, contemporaine, de comportement et jeu scénique et de jazz.
Source : Recherche effectuée dans le cadre du projet «Données sur l'histoire de la création musicale au Québec, 1940-2000 (chronologie et bibliographie)», un projet subventionné par le FCAR. Helmut Kalmann, Gilles Potvin et Kenneth Winters, dir., Encyclopédie de la musique du Canada, deuxième édition, Montréal, Fides, 1993 (1982), p.289, 3387 à 3389.
Le 5 octobre 1954 Rencontre entre les premiers ministres du Québec et du Canada
Cette rencontre entre le premier ministre du Québec, Maurice Duplessis, et son homologue canadien, Louis Saint-Laurent, a pour but de trouver un terrain d'entente au sujet des problèmes constitutionnels et fiscaux.
Cette rencontre survient quelques mois après la décision du gouvernement du Québec d'adopter un impôt provincial et l'offre formulée au fédéral par le premier ministre Duplessis le 24 avril d'abolir sa Loi sur les successions.
Source : Fernand Harvey et Peter Southam, Chronologie du Québec (1940-1971), Québec, Institut supérieur des sciences humaines, no 4, janvier 1972, p.55.
Le 25 octobre 1954 Élection de Jean Drapeau à la mairie de Montréal
À la suite de la démission de Camillien Houde, le chef de la Ligue de l'action civique, Jean Drapeau, est élu maire de Montréal. Drapeau effectuera un mandat avant d'être défait par Sarto Fournier aux élections suivantes, en 1957.
Drapeau obtient 76 188 des voix contre 21 518 pour son plus proche adversaire, Adhémar Raynault. Au total, 25 candidats de la Ligue d'action civique sont élus. Au cours de cette élection, 79 personnes sont arrêtées pour « fausse identification ». Jeune avocat qui s'est distingué lors de l'enquête Caron sur la corruption policière, Drapeau avait d'abord fait une incursion en politique provinciale en 1944, dans le sillage de son implication au sein du mouvement d'opposition à la conscription. Il avait alors été défait. Entre 1954 et 1986, le nom de Drapeau sera constamment associé à Montréal, puisqu'il sera candidat à la mairie de cette ville à neuf reprises. Il ne sera défait qu'à une occasion, en 1957.
Le 19 octobre 1956 Refus de l'aide fédérale aux universités par le premier ministre du Québec
Fidèle à la ligne qu'il défend depuis 1952, le premier ministre du Québec, Maurice Duplessis, continue de refuser l'offre du gouvernement fédéral d'accorder des octrois aux universités.
Selon le premier ministre, cette intervention constitue un empiètement dans un champ de juridiction provincial. Sa prise de position survient d'ailleurs quelques jours après la nouvelle proposition formulée le 7 octobre par le premier ministre du Canada, Louis Saint-Laurent.
Source : Fernand Harvey et Peter Southam, Chronologie du Québec (1940-1971), Québec, Institut supérieur des sciences humaines, no 4, janvier 1972, p.109. Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert, François Ricard, Histoire du Québec contemporain : le Québec depuis 1930, Montréal, Boréal, 1986, p.357-360.
Le 26 octobre 1956 Annonce par le premier ministre du Québec d'une hausse des subventions à l'enseignement supérieur
Quelques jours après avoir refusé l'offre du premier ministre canadien, Louis Saint-Laurent, de verser des octrois aux universités, le premier ministre du Québec, Maurice Duplessis, annonce une hausse des subventions provinciales à l'enseignement supérieur.
Ce nouvel épisode dans la saga du financement des universités survient quelques jours après une manifestation des étudiants de l'Université Laval devant le Parlement de Québec pour inciter le gouvernement à agir dans ce dossier.
Source : Fernand Harvey et Peter Southam, Chronologie du Québec (1940-1971), Québec, Institut supérieur des sciences humaines, no 4, janvier 1972, p.109. Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert, François Ricard, Histoire du Québec contemporain : le Québec depuis 1930, Montréal, Boréal, 1986, p.357-360.
Le 28 octobre 1957 Élection de Sarto Fournier à la mairie de Montréal
Profitant de l'appui de la machine électorale de l'Union nationale, Sarto Fournier, le chef du Ralliement du Grand Montréal, défait le maire sortant, Jean Drapeau, et remporte l'élection à la mairie de Montréal. Cette victoire clôture une campagne chaudement disputée pendant laquelle les organisations des deux candidats ne se sont pas ménagées.
Selon les données publiées dans la presse du lendemain, Fournier aurait récolté 83 229 votes contre 79 384 pour son adversaire. Ce résultat serré fera l'objet d'une contestation par la Ligue d'action civique de Jean Drapeau qui émettra également des réserves quant à la légalité des tactiques utilisées par le Ralliement du Grand Montréal au cours de la campagne et lors de la journée du vote. Ancien député fédéral du comté de Maisonneuve-Rosemont, Sarto Fournier avait été battu à l'élection municipale de 1954 par Jean Drapeau . L'élection de 1957 marque d'ailleurs la seule défaite de ce dernier lors de ses neuf candidatures à la mairie de Montréal. Comme ce fut le cas en 1954, Jean Drapeau a pu compter au cours de cette campagne sur l'appui officiel de l'Association générale des étudiants de l'Université de Montréal. Le règne de Fournier, noyé dans l'ère Drapeau, laisse peu de souvenirs. Celui-ci a néanmoins poussé la candidature de la métropole pour la tenue d'une exposition universelle en obtenant l'appui des gouvernements fédéral et provincial. C'est également pendant le mandat de Fournier que l'on procède à l'inauguration officielle de la voie maritime du fleuve Saint-Laurent et à celle du boulevard Métropolitain.
Source : Le Devoir, 29 octobre 1957, p.1 et 6. Claude V. Marsolais et al., Histoire des maires de Montréal, Montréal, VLB, 1993, 323 p.
Le 16 octobre 1958 Inauguration d'une mine d'amiante à Black Lake
Le premier ministre du Québec, Maurice Duplessis, inaugure une nouvelle mine d'amiante à Black Lake, près de Thetford-Mines. Son coût est évalué à environ 36 millions de dollars.
Source : Fernand Harvey et Peter Southam, Chronologie du Québec (1940-1971), Québec, Institut supérieur des sciences humaines, no 4, janvier 1972, p.4.
Le 28 octobre 1959 Annonce d'une hausse salariale pour les fonctionnaires
Le premier ministre du Québec, Paul Sauvé, annonce une hausse salariale pour les fonctionnaires régis par la Commission du service civil.
Les 19 169 fonctionnaires recevront au total une somme de 7 millions de dollars, ce qui équivaut à une augmentation globale par personne de 394 $. Sauvé annonce en même temps une nouvelle classification des tâches.
Le 5 octobre 1960 Création d'une Commission d'enquête sur l'administration provinciale
Le gouvernement libéral de Jean Lesage instaure une commission chargée d'enquêter sur les méthodes d'administration du gouvernement québécois. Elle s'attardera notamment sur la transaction entre l'Hydro-Québec et la Corporation de gaz naturel du Québec, survenue quelques années auparavant alors que l'Union nationale était au pouvoir.
C'est Élie Salvas, juge à la Cour supérieure du Québec, qui est nommé à la présidence de la Commission. Lors de la parution de son rapport, en 1963, plusieurs pratiques douteuses exercées pendant le long règne de l'Union nationale (1936-39, 1944-60) seront mises en évidence. On y lit par exemple: « Il ressort de l'enquête que les méthodes d'achats utilisées pendant les cinq années précédant le premier juillet 1960 constituent un système immoral, scandaleux, humiliant et inquiétant pour le public de cette province. Par ses ramifications, ce système a atteint les diverses classes de la société. De nombreux intermédiaires, sinon la majorité de ceux qui ont été entendus, ont cru normal de recevoir des commissions et ils paraissent les avoir acceptées de bonne foi. »
Source : Pierre Godin, Daniel Johnson : (tome 1) la passion du pouvoir, 1946-1964, Montréal, Éditions de l'Homme, 1980.(citation dans) Louise Charpentier, René Durocher, Christian Laville, Paul-André Linteau, Nouvelle histoire du Québec et du Canada, Montréal, Boréal Express, 1985, p.373.
Le 24 octobre 1960 Élection de Jean Drapeau à la mairie de Montréal
Après sa défaite contre Sarto Fournier aux élections municipales de 1957, Jean Drapeau est élu à nouveau à la marie de Montréal, à la tête du Parti civique. Il remporte les élections avec 75 455 voix contre 46 434 pour Sarto Fournier, 9 829 pour Ralph A. Cohen, 7 900 pour Lucien Tremblay et 3 167 pour Gérard A. Albert. En ce début de Révolution tranquille, le nouveau maire entreprend de transformer le visage de Montréal.
Le 25 septembre 1960, un mois avant l'élection, Jean Drapeau annonçait la fondation du Parti civique. La création de cette nouvelle formation, qui présente 66 candidats à l'échevinage, confirme la rupture entre Drapeau et la Ligue d'action civique de Pierre Desmarais. Ce dernier ne réussira à faire élire aucun membre de sa formation au Conseil de ville en 1960. Pour sa part, Drapeau atteint son objectif: déloger Sarto Fournier de la mairie. Parallèlement à l'élection, un référendum permet l'élimination des conseillers de classe C, un groupe nommé par des « corps intermédiaires » - gens d'affaires, universités, etc.- et non par élection de l'ensemble de la population. Au cours de son mandat, Jean Drapeau mettra de l'avant plusieurs projets d'envergure, dont la construction du métro de Montréal.
Source : La Presse, 26 septembre 1960, p.1, 25 octobre 1960, p.1, 3 et 4.
Le 4 octobre 1961 Visite officielle du premier ministre Jean Lesage en France
Dans le cadre de sa visite officielle en France, le premier ministre du Québec, Jean Lesage, inaugure la Maison du Québec à Paris. Elle s'occupera des relations culturelles, économiques et techniques du Québec avec la France.
La veille de cette inauguration, Lesage a été accueilli dans la capitale française avec les honneurs habituellement réservés aux chefs de nations. Le ministre de la Jeunesse, Paul-Gérin Lajoie, qui fait partie de la délégation québécoise, développe le thème de la francophonie et d'une association possible entre la France et le Québec. Lors de l'inauguration de la Maison du Québec, plusieurs personnalités sont présentes, dont le ministre français chargé des Affaires culturelles, André Malraux. Le premier ministre Lesage déclare à cette occasion: « le peuple canadien-français a pris conscience de lui-même et de sa place dans le monde actuel. C'est pour mieux l'occuper que nous avons institué à Paris notre délégation générale. »
Source : La Presse, 5 octobre 1961, p.1-2, et site internet du Ministère des relations internationales du Québec, http://www.mri.gouv.qc.ca
Le 24 octobre 1961 Annonce de la construction d'une usine d'acier inoxydable à Tracy
Le premier ministre du Québec, Jean Lesage, annonce que la compagnie Atlas Steel commence à Tracy la construction de la première usine d'acier inoxydable de la province.
Cette aciérie d'une valeur de 40 millions de dollars utilisera le minerai du lac Allard.
Source : Fernand Harvey et Peter Southam, Chronologie du Québec (1940-1971), Québec, Institut supérieur des sciences humaines, no 4, janvier 1972, p.5.
Le 28 octobre 1961 Congrès du Rassemblement pour l’indépendance nationale
Un texte original du Bilan Québec rédigé par Frédérik Savard, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Les membres du Rassemblement pour l’indépendance nationale (RIN) se regroupent lors du congrès du 28 et 29 octobre 1961. La première journée du congrès consiste à l’établissement des résolutions et à la confirmation du statut politique du mouvement. La seconde journée permet l’élection des membres du conseil central du RIN, dont Marcel Chaput remporte la présidence.
Le RIN a été fondé le 10 septembre 1960 avec pour but l’indépendance du Québec. André d’Allemagne était à la présidence du mouvement lors de sa première année. Pour consolider les orientations du mouvement, le RIN a opté pour un congrès quelques mois après son premier anniversaire, soit les 28 et 29 octobre 1961. La première journée, d’Allemagne fait part des réussites du RIN depuis sa formation. Il affirme que l’idée d’indépendance devient une préoccupation majeure des Canadiens français et qu’il y a un renforcement du sentiment national québécois présent autant chez les indépendantistes que les autres. Les discussions lors du congrès portent sur des résolutions et des proclamations que le RIN doit adopter, ainsi que son rôle futur dans la politique. Les résolutions portent sur l’abolition de l’impôt fédéral sur le revenu et le fait que différents secteurs, tels que le Labrador, doivent être considérés comme étant sur le territoire du Québec. Les proclamations touchent principalement la prévalence de la culture québécoise et de la langue française, seule langue officielle du Québec, ainsi que de donner une place plus importante aux Canadiens français, autant dans l’économie que l’administration de l’État. Pour le rôle politique du RIN, d’Allemagne dit que le mouvement ne deviendra pas un parti politique sauf si les membres votent pour qu’il en soit ainsi. La seconde journée, un vote par acclamation porte Marcel Chaput à la présidence alors que le poste de premier vice-président va à d’Allemagne. La seconde vice-présidence se joue entre Rodrigue Guité et Pierre Bourgault, et Guité l’emporte. Ce sont les fondements énoncés lors du congrès qui seront au cœur de la formation du parti en 1963. Ce sera Bourgault qui sera à la tête du RIN à sa formation et lors de sa participation aux élections de 1966.
Source : La Presse, le 30 octobre 1961, p. 19; le 31 octobre 1961, p. 4; La Tribune, le 30 octobre 1961, p. 1 et 20; Le Devoir, le 30 octobre 1961, p.3; L’Indépendance, septembre 1962, p. 1; juin 1964, p. 8, juillet 1966, p.1.
d'Allemagne, André, Le RIN de 1960 à 1963 : Étude d'un groupe de pression au Québec, Montréal, L'Étincelle, 1974; d'Allemagne, André et Michel Martin, Une idée qui somnolait : écrits sur la souveraineté du Québec depuis les origines du RIN, 1958-2000, Collection Mémoire des Amériques. Montréal, Comeau & Nadeau, 2000; Chaput, Marcel et Sylvie Chaput, Pourquoi je suis séparatiste ; Suivi de quatre autres écrits politiques, Montréal, Bibliothèque québécoise, 2007; Nadeau, Jean-François, Bourgault, Histoire Politique, Montréal, Lux, 2007.
« Ce ne sont pas les séparatistes qui feront jamais triompher au Canada français l’idée de l’indépendance québécoise; c’est l’esprit obtus de quelques minorités canadiennes anglaises, appuyées sur l’indifférence totale de la majorité anglophone. Mais qu’on se réjouisse ou qu’on s’attriste (selon qu’on est souverainiste ou pas) cette collaboration ne va pas manquer. Mieux : elle est déjà acquise. Les journaux de la fin de semaine ne nous laissent là-dessus aucune illusion. On sait d’abord que le Rassemblement pour l’Indépendance nationale a tenu dans nos murs un congrès. Je pourrais épiloguer longtemps sur le nombre des délégués, le ton des débats, le caractère des résolutions adoptées. Je préfère, aujourd’hui, souligner l’attitude d’une fraction du mouvement qui a insisté pour définir le contenu d’une politique indépendantiste. [...] Il semble donc qu’il sera possible, dans un avenir rapproché, de discuter avec les séparatistes à partir de la réalité politique totale. Quand un orateur déclare au congrès du RIN : “ Le Pain quotidien importe autant sinon plus que la perfection de la langue, ” le réel fait irruption dans le débat. On reprend confiance. »
Gérard Pelletier dans La Presse, 31 octobre 1961, p. 4.
Le 11 octobre 1962 Arrivée à Québec d'une mission économique française
Une mission économique française présidée par le directeur de la Banque de France, Wilfrid Baumgartner, arrive à Québec en vue d'examiner les possibilités d'investissements dans l'industrie québécoise.
Baumgartner est accompagné par des représentants de la compagnies Peugeot et des gens intéressés dans le développement de l'industrie sidérurgique, secteur dans lequel le gouvernement québécois envisage de s'impliquer.
Le 20 octobre 1962 Élection de Guy Pouliot à la présidence du Rassemblement pour l'indépendance nationale
Lors d'un congrès qui se déroule au Mont-Saint-Louis, le Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN) fait de Guy Pouliot son nouveau président. Pouliot, qui est citoyen canadien, est à ce moment professeur et consul de Belgique au Québec.
Pouliot défait l'ex-président Marcel Chaput qui sera candidat indépendant dans Montréal-Bourget lors des prochaines élections provinciales. En décembre, Chaput quittera tout simplement le RIN pour fonder le Parti républicain du Québec. Au cours de ce congrès auquel assistent 400 délégués, plusieurs sujets sont à l'ordre du jour dont la planification économique, le développement culturel, la gratuité scolaire, la création d'un ministère de l'Éducation, l'adoption du français comme seule langue officielle et le droit de vote à 18 ans. Le RIN profite également de l'occasion pour rejeter temporairement la possibilité de se transformer en parti politique, une décision sur laquelle il reviendra l'année suivante.
Le 28 octobre 1962 Réélection de Jean Drapeau à la mairie de Montréal
Drapeau obtient une deuxième victoire consécutive en remportant les élections municipales de façon éclatante avec 130 207 voix contre 13 629 pour son principal adversaire, l'ex-maire Sarto Fournier. Le lieutenant-colonel Paul Lambert, candidat de la Ligue d'action civique, doit pour sa part se contenter d'une maigre récolte de 3 731 votes.
Parallèlement au vote, on tient un référendum visant à permettre l'élargissement du mandat du maire à quatre ans. La population l'approuve à 106 460 voix contre 29 452. Avec 41 élus sur 45 au Conseil de ville, le Parti civique remporte une victoire décisive que le maire Drapeau commente de la façon suivante: « Cette victoire comporte des risques; elle comporte aussi un avertissement. Mais nous sommes pleinement conscients des deux. ». Entre 1960 et 1962, l'administration Drapeau-Saulnier a mis sur pied une série de projets visant à remodeler le visage de Montréal: la construction du métro, la restructuration du service de police montréalais et la construction de la place Ville-Marie. Ces réalisations favorisent la réélection de Drapeau en 1962. Après 1962, l'administration Drapeau se concentrera sur l'Exposition universelle de 1967, un projet qui est évalué à 430 millions de dollars.
Le 28 octobre 1962 Création du Centre d'organisation scientifique du travail
Pour la première fois en Amérique du Nord, patrons, syndicats et gouvernements se concertent pour former un organisme nommé Centre d'organisation scientifique du travail.
La mission de ce centre consiste à fournir une aide aux entreprises qui veulent augmenter leur productivité. Neuf ingénieurs se spécialiseront dans le domaine de l'organisation scientifique du travail au Bureau des temps élémentaires de Paris.
Source : Fernand Harvey et Peter Southam, Chronologie du Québec (1940-1971), Québec, Institut supérieur des sciences humaines, no 4, janvier 1972, p.86.
Le 7 octobre 1963 Début de la visite au Québec du ministre français des Affaires culturelles, André Malraux
Le ministre d'État aux Affaires culturelles, l'écrivain français André Malraux, entreprend une visite d'une semaine au Québec. Le ministre québécois des Affaires culturelles, Georges-Émile Lapalme, l'accompagnera à plusieurs occasions.
Le passage de ce prestigieux homme de lettres suscite beaucoup d'intérêt. Après un bref séjour à Ottawa, Malraux revient au Québec où il participe à plusieurs cérémonies protocolaires, inaugurant notamment une exposition d'artistes français au musée des Beaux-Arts. Il prononce également de nombreux discours. Sans vouloir s'ingérer dans les affaires internes du pays, l'écrivain ne peut s'empêcher de relever l'attachement particulier de son pays pour les francophones: « la France n'a de regrets qu'à l'égard du Canada français. » À une autre occasion, il déclare: « Je ne vous dirai pas ce que la France peut faire pour vous, mais bien plutôt ce que la France attend de vous. » André Malraux quitte le Québec le 15 octobre, peu de temps après avoir accordé une dernière conférence de presse à l'hôtel Windsor. Sa visite illustre bien le nouveau virage pris par les relations Québec-France depuis l'avènement au pouvoir du gouvernement libéral de Jean Lesage.
Source : Le Devoir, 7 octobre 1963, p.6, 9 octobre 1963, p.1, 14 octobre 1963, p.12 et 16 octobre 1963, p.1 et 12. La Presse, 8 octobre 1963, p.2.
Le 16 octobre 1963 Début des opérations minières dans la région de Matagami
Les trois compagnies qui œuvrent dans la région de Matagami sont sous le contrôle du géant minier Noranda Mines Limited, dont environ 90 % des actionnaires sont canadiens.
Rappelons que d'importants gisements de sulfure de zinc, de cuivre et d'argent ont été mis a jour dans la région en 1961, ce qui a provoqué la création d'une nouvelle ville et d'une nouvelle paroisse.
Source : Fernand Harvey et Peter Southam, Chronologie du Québec (1940-1971), Québec, Institut supérieur des sciences humaines, no 4, janvier 1972, p.8.
Le 29 octobre 1963 Inauguration de la Place Crémazie à Montréal
En compagnie de plusieurs personnalités civiles et religieuses, le maire de Montréal, Jean Drapeau, inaugure un important complexe immobilier: la Place Crémazie.
D'une surface de plus d'un million de pieds carrés divisés en quatre blocs de trois étages, cet édifice contiendra bureaux et boutiques et pourra accueillir, dès que les travaux seront complétés, près de 8 000 personnes. C'est l'architecte H. M. Tolchinsky qui a signé les plans de cette structure de treize millions construite par « Three Stars Construction Ltd. ». L'entrée de la Place Crémazie s'ouvre sur une œuvre de Robert Lapalme: « Le Québec au travail ».
Le 31 octobre 1963 Présentation officielle d'un rapport de rentabilité sur l'industrie sidérurgique au Québec
Préparé par un groupe d'ingénieurs-conseils, ce rapport en cinq volumes est présenté officiellement au premier ministre du Québec, Jean Lesage.
Le document sera étudié par le Comité interministériel de sidérurgie qui devrait remettre ses suggestions au gouvernement en janvier 1964.
Source : Fernand Harvey et Peter Southam, Chronologie du Québec (1940-1971), Québec, Institut supérieur des sciences humaines, no 4, janvier 1972, p.9. Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert, François Ricard, Histoire du Québec contemporain : le Québec depuis 1930, Montréal, Boréal, 1986, p.451-454.
Le 19 octobre 1964 Annonce par le premier ministre Jean Lesage du financement d'une aciérie
Le premier ministre Jean Lesage annonce que la Société générale de financement (SGF) va fonder une société qui construira et exploitera une aciérie de 225 millions de dollars.
De ce montant, 25 millions seront souscrits par le gouvernement et la SGF. La nouvelle compagnie aura une capacité d'extraction de 600 000 tonnes d'acier par année. Une des usines sera installée à Bécancour et l'autre à Sorel-Contrecœur.
Le 30 octobre 1964 Élection de Louis Laberge à la présidence de la Fédération des travailleurs du Québec
À la suite du décès de Roger Provost, Louis Laberge, du Syndicat des Machinistes, est élu président de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ).
Laberge, un syndicaliste de 40 ans, l'emporte par une voix sur Fernand Daoust. Fait amusant, Daoust accédera au poste de secrétaire général de la centrale en 1969. Il formera avec Laberge un tandem qui mènera les destinées de la centrale jusqu'au début des années 90. Après sa victoire de 1965, Laberge sera réélu par acclamation à la présidence de la FTQ durant 27 ans. Au moment de sa première élection, cette centrale compte environ 140 000 membres.
Source : Louis Fournier, Histoire de la FTQ 1965-1992: la plus grande centrale syndicale au Québec. Montréal, Québec/Amérique, 1994, p.15-19. Jacques Rouillard, Histoire du syndicalisme québécois, Montréal, Boréal, 1989, p.301-311.
Le 7 octobre 1965 Déclaration du premier ministre Jean Lesage sur le renouvellement de la Constitution
À la fin d'une tournée de deux semaines dans l'Ouest canadien, le premier ministre du Québec, Jean Lesage, déclare à Toronto que le moment n'est pas venu pour le pays de se donner une nouvelle constitution.
Cette déclaration survient à la suite de la visite de Lesage dans plusieurs villes canadiennes comme Winnipeg, Calgary et Saskatoon. Pourtant, lors du discours du trône prononcé en janvier 1965, le gouvernement du Québec avait manifesté un intérêt à rapatrier la constitution canadienne sur la base de la formule Fulton-Favreau.
Source : Le Devoir, 7 octobre 1965, p.1,2. http://www.assnat.qc.ca/fra/patrimoine/chronologie/chrono3.html
Le 14 octobre 1965 Assermentation de René Lévesque au poste de ministre de la Famille et du Bien-être social
Le premier ministre Jean Lesage confie à son ministre des Richesses naturelles, René Lévesque, le poste de ministre de la Famille et du Bien-être social.
Pour Lévesque:« il faut entrer une fois pour toutes, définitivement dans la tête des gens que l'assistance et le bien-être ne sont plus de ces vieilles expressions qui gardent un relent d'une espèce de charité. En fait, il faut que la population comprenne que la sécurité sociale c'est un droit et non une sécurité. » Un des projets que Lévesque compte réaliser au cours de son mandat « c'est d'établir au niveau des comtés, une politique de logements convenables pour les personnes d'âge pensionnées de façon à ce que ces gens ne se sentent pas comme dans l'obligation de mourir pour débarrasser la société. Une autre chose importante », poursuit-il, « c'est de tenter de s'arranger pour que l'assistance-chômage et tout ce qu'on appelle plus ou moins des politiques de secours aux gens aptes au travail, deviennent de plus en plus, et au plus vite, non seulement des outils de sécurité sociale, mais des outils de retour à l'emploi. » Quelques semaines après son assermentation, le 30 novembre, Lévesque déclarera au journal « Le Devoir » que sa « bible » dans ses nouvelles fonctions sera le rapport Boucher, publié en 1963.
Source : Le Devoir, 15 octobre 1965, p.1. Bibliothèque de la Législature, Répertoire des parlementaires québécois, 1867-1978, Québec, 1980, 797 pages.
Le 15 octobre 1965 Inauguration du pont MacDonald-Cartier reliant Hull à Ottawa
Plusieurs dignitaires, dont le premier ministre du Canada, Lester B. Pearson, et son homologue québécois, Jean Lesage, participent à l'inauguration du pont MacDonald-Cartier.
Évaluée à une dizaine de millions de dollars, cette structure à six voies qui surplombe la rivière des Outaouais est attendue depuis plusieurs années dans la région de la Capitale nationale. Lors des cérémonies protocolaires, le premier ministre de l'Ontario, John Robarts, déclare: « c'est une preuve concrète de ce que les deux provinces (le Québec et l'Ontario) peuvent et pourront faire dans l'avenir ».
Le 6 octobre 1966 Déclaration du premier ministre Daniel Johnson sur l'aménagement des chutes Churchill
Le premier ministre du Québec, Daniel Johnson, annonce que son gouvernement permet à Hydro-Québec de conclure un accord avec la British Newfoundland Corporation Limited (Brinco) pour l'aménagement des chutes Churchill.
Étant donné le litige frontalier entre le Québec et le Labrador, Johnson affirmait en 1964 « qu'une telle transaction comporte l'acceptation implicite d'une frontière. » Il tient un autre discours en 1966, affirmant: « c'est le couteau sur la gorge que le gouvernement accepte de permettre à l'Hydro-Québec de signer un accord avec Churchill Falls Corporation pour l'achat de l'énergie hydraulique du Labrador. » L'entente avec la Brinco prévoit également la création d'une Commission d'enquête sur les frontières de la province. Si l'on se fie sur les propos qu'il tient devant la presse, le premier ministre Johnson se sent néanmoins coincé:« je vous le répète, le gouvernement comme tel n'est pas heureux de prendre une telle décision dans les circonstances actuelles. Il aurait préféré avoir l'occasion de faire des comparaisons. Si nous retardons cet accord d'un an, il en coûtera aux contribuables du Québec 3,2 millions de plus par année durant toute la durée du contrat, c'est à dire quarante-neuf ans. »
Source : Le Devoir, 6 octobre 1966, p.1. 7 octobre 1966, p.1.
Le 23 octobre 1966 Réélection de Jean Drapeau à la mairie de Montréal
Jean Drapeau remporte l'élection à la mairie de Montréal avec une avance assez importante sur ses deux adversaires. Il obtient 117 450 voix contre 4 926 pour Gilbert Croteau et 2 086 pour Louise Parent.
Le nom de Drapeau sera de plus en plus connu grâce à la présentation de l'Exposition universelle de 1967 qui fera de lui une figure d'envergure nationale. À la suite de la construction du métro et de l'aménagement des îles sur le fleuve Saint-Laurent pour accueillir l'exposition, la ville de Montréal contractera toutefois une dette de 28 millions de dollars. Pour remédier à la situation, Drapeau mettra sur pied une loterie municipale en 1968, la « taxe volontaire ». Ce mandat sera également marqué par une recrudescence des actions terroristes, notamment l'explosion de bombes, un peu partout à Montréal.
Source : Claude V. Marsolais et al., Histoire des maires de Montréal, Montréal, VLB Éditeur, 1993, p.280-287.
Le 16 octobre 1967 Fondation du Conservatoire de musique du Québec à Chicoutimi
Le Conservatoire de musique du Québec à Chicoutimi est dirigé par Georges Lindsay et constitué de 13 professeurs. Au fil des ans, d'autres spécialistes s'ajouteront à ce groupe.
Plusieurs activités permettent aux étudiants de se produire en public: les concerts du jeudi présentés à l'église du Sacré-Cœur, la participation à l'Orchestre Symphonique du Saguenay-Lac-St-Jean et le programme « Musique à venir ».
Source : Recherche effectuée dans le cadre du projet «Données sur l'histoire de la création musicale au Québec, 1940-2000 (chronologie et bibliographie)», un projet subventionné par le FCAR. Helmut Kalmann, Gilles Potvin et Kenneth Winters, dir., Encyclopédie de la musique du Canada, deuxième édition, Montréal, Fides, 1993 (1982), p.784 et 1932.
Le 29 octobre 1967 Fermeture officielle de l'Exposition universelle de Montréal
De nombreux dignitaires dont le maire de Montréal, Jean Drapeau, le premier ministre du Canada, Lester B. Pearson, son homologue provincial, Daniel Johnson, et le gouverneur général, Roland Michener, assistent aux cérémonies de clôture de l'Exposition universelle de Montréal.
Au cours des 185 jours de l'Exposition, plus de 50 000 000 de visiteurs ont pénétré sur le site, un record. Parmi les nations représentées, l'URSS a obtenu le plus beau succès en attirant 13 millions de visiteurs à son pavillon. L'expérience s'est avérée une réussite sur toute la ligne pour Montréal, tant sur le plan culturel que financier (malgré un déficit d'opération). Ses élus comptent maintenant utiliser certaines des structures érigées une fois l'exposition terminée. La prochaine exposition internationale est prévue pour Osaka, au Japon, en 1970.
Source : La Presse, 30 octobre 1970, p.1, 18-20. L'Encyclopédie du Canada: édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p.933.
Le 30 octobre 1967 Entente sur la diffusion des publications officielles entre la France et le Québec
Une entente est conclue entre la Documentation française et l'Imprimeur de la Reine du Québec. Elle vise à favoriser la diffusion des publications officielles du Québec en France et celle des publications officielles françaises au Québec.
Source : Fernand Harvey et Peter Southam, Chronologie du Québec (1940-1971), Québec, Institut supérieur des sciences humaines, no 4, janvier 1972, p.75.
Le 31 octobre 1967 Annonce d'un remaniement ministériel par le gouvernement d'Union nationale
Un an après l'accession de l'Union nationale au pouvoir, le premier ministre Daniel Johnson procède à un remaniement de son cabinet.
Un des changements concerne Marcel Faribault qui devient conseiller législatif et conseiller du gouvernement en matière constitutionnelle et économique. La nomination de Faribault, un homme de loi qui est président du Trust Général du Canada et actif sur 18 conseils d'administration, rassure les milieux financiers. Ce remaniement ministériel fait suite à une « prétendue fuite des capitaux ». Il faut dire que les mois précédents ont été marqués par des évènements majeurs comme le « Vive le Québec libre » du président Charles de de Gaulle et le congrès du Parti libéral du Québec au cours duquel René Lévesque a présenté sa nouvelle option constitutionnelle: la souveraineté-association. Le remaniement ministériel implique aussi Jean-Guy Cardinal, que Daniel Johnson nomme au Conseil législatif et au poste de ministre de l'Éducation.
Source : Bibliothèque de la Législature, Répertoire des parlementaires québécois, 1867-1978, Québec, 1980, 797 pages.
Le 4 octobre 1968 Tenue du congrès du Parti libéral du Québec
La tenue de ce congrès, qui survient quelques jours après l'assermentation du nouveau premier ministre Jean-Jacques Bertrand, permet au chef du Parti libéral, Jean Lesage, de raffermir son leadership.
Avant cette rencontre, les spéculations vont bon train quant au successeur éventuel de Lesage dont la cote a baissé depuis la défaite électorale de juin 1966. Le chef livre cependant un bon discours aux 2 000 délégués qui lui réitèrent leur appui. Sur le plan constitutionnel, les délégués décident d'écarter l'expression « statut particulier » pour le Québec et se déclarent favorables au système fédératif. Ce congrès précède d'une semaine celui au cours duquel sera fondé le Parti québécois, formation indépendantiste dirigée par l'ancien ministre libéral René Lévesque.
Source : Pierre Godin, La poudrière linguistique, Montréal, Boréal, 1990, p.133-142.
Le 26 octobre 1968 Dissolution du Rassemblement pour l'indépendance nationale
Réunis à Montréal, les délégués au congrès du Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN) se prononcent en faveur de la dissolution de leur parti et de l'adhésion de ses membres au Parti québécois (PQ). Cette décision survient deux semaines après le congrès de fondation du PQ.
Fondé en 1960, le RIN est un groupe de pression voué à la promotion de l'indépendance du Québec. Devenu parti politique en 1963, il obtient 6 % des voix lors de l'élection générale de 1966. La fondation du Parti québécois, en 1968, incite l'exécutif du parti et son chef, Pierre Bourgault, à saborder le RIN et à demander à ses 14 000 membres de se rallier aux péquistes dirigés par René Lévesque . La motion est débattue lors d'un congrès qui se déroule au Collège Édouard-Montpetit de Longueuil. Sur 277 votes exprimés, 227 sont favorables au sabordage du RIN, une décision qui vise à assurer l'unité des indépendantistes en vue de la prochaine élection provinciale qui se déroulera en 1970. Dans son discours de fermeture, Bourgault exhorte les Rinistes à continuer le combat pour l'indépendance: « Nous sommes un peu tristes, ce soir, mais nos adversaires enragent de voir que nous avons réussi à faire le regroupement (...) Aujourd'hui est une renaissance bien plus qu'un enterrement (...) Pour la dernière fois de ma vie, je dis: Vive le RIN ! Et pour la première fois de ma vie, je dis aussi: Vive le Parti québécois ! »
Source : Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert, François Ricard, Histoire du Québec contemporain: Le Québec depuis 1930, Montréal, Boréal, 1986, p.642. Pierre Godin, La poudrière linguistique, Montréal, Boréal, 1990, p.147-153.
Le 27 octobre 1968 Annonce du départ de Gaston Tremblay de l'Union nationale
Le député de Montmorency, Gaston Tremblay, annonce sa décision de quitter les rangs de l'Union nationale et de siéger comme indépendant.
Tremblay siégera désormais comme nationaliste-chrétien. Il manifeste le désir de revaloriser le rôle du député, mais s'en prend surtout au fait que l'Union nationale n'épouse plus sa vision conservatrice, notamment dans le domaine de l'éducation, une pensée qu'il résume pour la presse en déclarant: « L'Union nationale a oublié tout son programme et elle est devenue le prolongement de celui des libéraux, les créateurs du mal. » Cette défection affecte quelque peu la stabilité du gouvernement que dirige Jean-Jacques Bertrand, puisque l'Union nationale n'a plus que 54 députés, contre 48 libéraux, quatre indépendants, et deux circonscriptions qui n'ont plus de représentants. Des rumeurs d'élection circulent alors que le cabinet Bertrand se réunit pour étudier la situation. Tremblay sera défait lors de l'élection générale de 1970. Il portera à cette occasion la bannière créditiste.
Source : Le Devoir, 29 octobre 1968, p.1 et 12. Bibliothèque de la Législature, Répertoire des parlementaires québécois, 1867-1978, Québec, 1980, p.563-564.
Le 27 octobre 1968 Tenue d'un colloque de l'Association des professeurs de l'Université Laval
Lors de ce colloque, les membres de l'Association des professeurs de l'Université Laval (APUL) réfléchissent sur des thèmes comme les relations professeurs-étudiants, la réforme pédagogique de l'université et la réforme administrative de l'université.
Dans l'ensemble, les commentaires des intervenants vont dans le sens du rapport déposé par le vice-recteur de l'Université Laval, l'abbé Lorenzo Roy, peu de temps auparavant. Celui-ci est d'ailleurs sur place pour expliquer les grandes orientations de son document.
Le 7 octobre 1969 Adoption par l'Assemblée nationale d'une loi d'urgence sur le retour au travail des pompiers et policiers
À la suite d'un arrêt de travail illégal des pompiers et des policiers de Montréal, l'Assemblée nationale adopte à l'unanimité une loi d'urgence (61) obligeant les grévistes à retourner à leurs postes sous peine de graves sanctions.
Pendant la durée de ce conflit, la Sûreté du Québec reçoit l'aide de l'armée canadienne et de la Gendarmerie royale du Canada pour assurer la sécurité et la protection des citoyens de Montréal. Cette journée est néanmoins marquée par de nombreux actes de violence, dont une manifestation particulièrement explosive devant les garages de la compagnie Murray Hill.
Source : Le Devoir, 7 octobre 1969, p.3 et 8 octobre 1969, p.1.
Le 9 octobre 1969 Arrivée au Québec du secrétaire d'État des Affaires extérieures de France
Jean de Lipkowski, secrétaire d'Etat des Affaires extérieures de la France, commence une visite de six jours au Québec. Au cours de son séjour, Lipkowski commentera l'évolution des relations entre Ottawa et Québec.
Ottawa ne cache pas son mécontentement de voir Lipkowski se rendre au Québec et ne pas répondre à l'invitation du gouvernement canadien. Selon un porte-parole du ministère des Affaires extérieures du Canada: « en invitant Lipkowski sans consulter le gouvernement canadien, le Québec rend un bien mauvais service à la cause des relations franco-canadienne aussi bien qu'à l'unité canadienne (...) Il est regrettable que Lipkowski ait choisi de ne pas venir à Ottawa parce que cela laisse planer des doutes sur les intentions du gouvernement français. Le gouvernement canadien est convaincu qu'il est dans l'intérêt des deux pays d'entretenir des relations étroites et cordiales et il ne croit pas que des incidents inutiles servent cet intérêt. »
Le 19 octobre 1969 Discours du premier ministre Pierre Elliott Trudeau devant des militants libéraux
Faisant référence à ce qu'il qualifie de « détérioration récente du climat politique et social au Québec », le premier ministre du Canada, Pierre Elliott Trudeau, déclare à 4 000 militants libéraux réunis à l'hôtel Reine-Elizabeth: « Finies les folies ».
La phrase, que Trudeau prononce lors d'un dîner bénéfice de la Fédération libérale du Canada, restera dans les annales. Le premier ministre profite de l'occasion pour dénoncer le séparatisme chez les journalistes de Radio-Canada, le Parti québécois, le gouvernement provincial -dirigé par l'Union nationale de Jean-Jacques Bertrand- et la violence que l'on observe au Québec depuis quelques années. Selon lui: « Le climat de violence actuel est le fruit de toutes les discussions politiques des dernières dix années. Imaginons-nous maintenant ce que sera Montréal dans un Québec indépendant; ce ne sera pas tellement réjouissant. » Le journaliste Louis-C. O'Neil souligne l'énergie démontrée par Trudeau, tout en ajoutant que le discours du premier ministre « constitue en quelque sorte une nouvelle escalade de l'exaspération et qu'il ne soit pas propre à entraîner ce dialogue civil dont parle tant M. Trudeau. »
Le 18 octobre 1970 Condamnation du Front de libération du Québec par René Lévesque
Le chef du Parti québécois (PQ) condamne catégoriquement le Front de libération du Québec (FLQ) pour la mort de Pierre Laporte. Il le fait devant le Conseil national du parti. Louise Harel estimera plus tard qu'en agissant ainsi: « il sauvera le Parti québécois d'une certaine façon ».
La déclaration de René Lévesque sera reproduite dans sa chronique du « Journal de Montréal » le lendemain: « Ceux qui, froidement et délibérément, ont exécuté M. Laporte, après l'avoir vu vivre et espérer pendant tant de jours, sont des êtres inhumains. Ils ont importé ici, dans une société qui ne le justifie absolument pas, un fanatisme glacial et des méthodes de chantage à l'assassinat qui sont celles d'une jungle sans issue.[...] S'ils ont vraiment cru avoir une cause, ils l'ont tué en même temps que Pierre Laporte, et en se déshonorant ainsi, ils nous ont tous plus ou moins éclaboussés. » " Un assassinat demeure toujours un assassinat. Quels que soient les motifs qui font qu'un assassinat est commis, quelles que soient les personnes qui le commettent, un assassinat demeure un assassinat. Pierre Laporte a été assassiné. Nous condamnons avec véhémence cet acte barbare. " Une vie demeure encore en suspens: celle de monsieur J.R. Cross. Peut-être peut-elle encore être sauvée. Nous supplions le gouvernement québécois de se décider enfin à négocier véritablement pour faire en sorte que cette vie soit sauvée. Par ailleurs, Marcel Pepin, Louis Laberge, Yvon Charbonneau, René Lévesque et Claude Ryan font cette déclaration devant les journalistes dans laquelle ils souhaitent voir le Gouvernement du Québec négocier avec les terroristes: "Des valeurs fondamentales sont aujourd'hui en cause. Peut-être ne sont-elles pas spontanément perçues. Mais il est des valeurs qui doivent être préservées malgré les circonstances tragiques auxquelles nous avons à faire face. Nous avons cru de notre devoir de défendre ces valeurs fondamentales. "Si cet appel peut avoir un effet, nous le faisons. Vous qui avez kidnappé J.R. Cross, nous espérons que vous vous rendez compte que vous ne pouvez pas continuer dans cette même ligne et que vous devez le relâcher pour le bien de tous les Québécois."
Source : Pierre Deschesne, Jacques Parizeau, Biographie,1930-1970, tome 1, Le Croisé, Montréal, Québec Amérique, 2001, pages 567-568. Pierre Godin, René Lévesque : héros malgré lui, 1960-1976, Montréal, Boréal, 1994.
Le 25 octobre 1970 Réélection de Jean Drapeau à la mairie de Montréal
Dans le contexte agité de la Crise d'Octobre, le maire de Montréal, Jean Drapeau, et son Parti civique, remportent une écrasante victoire sur le Front d'action politique (FRAP), un parti progressiste qui reçoit l'appui du mouvement syndical.
Au cours de la campagne, Jean Drapeau attaque le FRAP en mettant l'emphase sur ses liens avec le mouvement terroriste. Présidé par Paul Cliche, celui-ci subit les contrecoups de cette association et ne réussit à faire élire aucun de ses 31 candidats au poste de conseiller. En fait, il s'agit d'un balayage en règle pour le Parti civique qui rafle les 52 sièges à l'enjeu. Le succès de Jean Drapeau est tout aussi éloquent. Plus de 91 % des électeurs, soit environ 310 000 Montréalais, lui réitèrent leur confiance. Étrangement, il s'agit, en terme de pourcentage, d'une baisse d'appui à Drapeau qui avait récolté 94,4 % des voix lors de l'élection municipale de 1966.
Le 29 octobre 1970 Annonce d'un remaniement ministériel par le premier ministre Robert Bourassa
Jean Cournoyer, candidat défait de l'Union nationale lors de l'élection générale d'avril 1970, et le libéral Roy Fournier, sont nommés au cabinet par le premier ministre Robert Bourassa. Soulignons que le Parti libéral n'est au pouvoir que depuis quelques mois.
Cournoyer sera élu sous la bannière du Parti libéral quelques mois plus tard dans la circonscription de Chambly. Il succédera à Pierre Laporte, assassiné lors de la Crise d'Octobre, et occupera le poste de ministre du Travail et de la Main-d'œuvre.
Source : http://www.assnat.qc.ca/fra/patrimoine/chronologie/chrono3.html Bibliothèque de la Législature, Répertoire des parlementaires québécois, 1867-1978, Québec, 797 pages.
Le 30 octobre 1970 Annonce d'une baisse des taux d'intérêt sur les prêts
Neuf banques canadiennes annoncent qu'elles abaissent leurs taux d'intérêt sur les prêts. Les nouveaux taux seront en vigueur à partir du 1er novembre.
Ces banques se trouvent à emboîter le pas à la Banque Toronto-Dominion qui avait fait une annonce semblable plus tôt dans la semaine. Dans la plupart des cas, le taux d'intérêt passe de 7 à 6,5% et le taux préférentiel de 8 à 7,5%. Les analystes prédisent d'autres baisses pour les mois à venir.
Le 1er octobre 1971 Signature d'une entente permettant au Québec de faire partie de l'Agence de coopération culturelle et technique
Une entente signée par le premier ministre du Québec, Robert Bourassa, et le ministre fédéral des Affaires extérieures, Mitchell Sharp, permet au Québec de devenir membre de l'Agence de coopération culturelle et technique de la francophonie (ACCT).
Cette organisation mise sur pied en 1970 sera précurseur d'initiatives de coopération plus poussées entre pays ayant en commun l'usage de la langue française. Les objectifs visés par l'ACCT consistent à aider les « États membres à promouvoir et diffuser leurs cultures respectives » ainsi qu'à organiser et faciliter « la mise à la disposition des États membres des moyens nécessaires, notamment à la formation des enseignants et des spécialistes de la langue et culture françaises ». Le Québec y est représenté comme gouvernement participant à la suite d'une entente survenue avec le gouvernement fédéral, résultat d'une longue épreuve de force commencée quelques années plus tôt.
Source : Louis Balthazar, Louis Bélanger, Gordon Mace et coll., Trente ans de politique extérieure du Québec, Centre québécois de relations internationales, Sillery, Septentrion, 1993, p.313-340. Claude Morin, L'art de l'impossible, la diplomatie québécoise depuis 1960, Montréal, Boréal, 1987, p.179-253.
Le 1er octobre 1971 Annonce d'une démission au sein de la section québécoise du Parti libéral fédéral
Des déchirements au sein du Parti libéral du Canada sont mis en évidence par la démission du président de l'aile québécoise, Jean-Paul Lefebvre.
Cette démission survient après la publication d'un article de « La Presse » qui prévoit un important brassage dans le Parti libéral au Québec. Selon le journal, le premier ministre du Canada, Pierre Elliott Trudeau, « aurait manifesté de l'impatience à l'égard de cet état des choses à la fédération et de la personne de M. Lefebvre. » Ce dernier ne veut toutefois pas dévoiler les raisons de sa démission.
Le 1er octobre 1971 Dévoilement d'un accord Québec-Ottawa sur la francophonie
Les deux paliers de gouvernement s'entendent sur les modalités d'admission du gouvernement québécois au sein des activités et des programmes de l'Agence de coopération culturelle et technique de la francophonie (ACCTF).
Avec cet accord, le Québec à un statut de gouvernement participant dans l 'ACCTF et aura le droit de représentation distincte au sein de la délégation canadienne. François Cloutier, ministre des Affaires culturelles, soutient que « cette entente permet au Québec d'assurer une présence identifiée au sein de la délégation canadienne et lui permet également de parler en son nom propre pour les matières qui relèvent de sa compétence. »
Le 6 octobre 1971 Début des travaux à l'aéroport de Québec
Des travaux d'envergure sont entrepris à l'aéroport de Québec. On prévoit qu'ils occasionneront des dépenses de près de 5 millions de dollars d'ici deux ans.
Le projet consiste à réaménager l'aérogare de l'Ancienne-Lorette en construisant une aire de stationnement de 250 véhicules et un nouvel aérogare. La construction se fera en quatre phases. La première consiste à modifier les réseaux électriques, la deuxième à transformer toute les conduites souterraines, la troisième à construire le nouvel immeuble puis, finalement, la quatrième prévoit la modernisation de l'aéroport.
Le 21 octobre 1971 Annonce gouvernementale dans le cadre des négociations avec le secteur public et parapublic
Le gouvernement du Québec annonce qu'il offre une augmentation annuelle de 4 % aux 250 000 employés des secteurs public et parapublic pour les trois prochaines années.
Jugées insuffisantes, ces offres, ainsi que d'autres points litigieux soulevés par les syndicats, seront à l'origine du Front commun intersyndical qui sera échafaudé en janvier 1972 entre la Confédération des syndicats nationaux (CSN), la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) et la Centrale de l'enseignement du Québec (CEQ).
Le 25 octobre 1971 Annonce du changement de nom de l'Union nationale qui devient Unité-Québec
Le chef de l'Union nationale, Gabriel Loubier, annonce que sa formation portera désormais le nom d'Unité-Québec.
Après avoir consulté les députés et des membres influents de l'Union nationale, Loubier annonce que le parti adoptera désormais le nom d'Unité-Québec. Les orientations d'Unité-Québec seront précisées éventuellement, mais Loubier souhaite surtout avec ce nouveau nom rallier l'opposition contre les Libéraux de Robert Bourassa . Pour lui, « Ce n'est pas le système qu'il faut radicalement modifier, mais plutôt une mentalité qu'il faut forger, un climat psychologique qu'il faut créer afin que ce soit les Québécois eux-mêmes qui puissent définir dans quel genre de société ils veulent vivre. » Plusieurs observateurs regardent avec scepticisme l'initiative de Loubier qui reçoit un écho défavorable le 1er novembre alors que son adversaire de la course au leadership du 19 juin 1971, Marcel Masse, annonce qu'il quitte Unité-Québec et siégera désormais comme indépendant. Masse affirme que le changement de nom, qui selon lui s'est fait sans véritable consultation des membres, est un reflet du style de direction imposé par Loubier. Le succès de cette stratégie ne s'avérant pas fondé, Unité-Québec redeviendra l'Union Nationale en janvier 1973.
Le 2 octobre 1972 Annonce de la construction de deux acieries à Contrecœur
The Steel Compagny of Canada (Stelco) annonce la construction d'une aciérie de 14,5 millions de dollars à Contrecœur. Dix jours plus tard, la compagnie Québec Steel Products annonce qu'elle érigera une aciérie de 27 millions de dollars dans le parc industriel Jacques-Cartier à Longueuil.
Les travaux de construction nécessitent l'embauche de 300 personnes. L'usine entrera en fonction en décembre 1973, utilisant une main-d'œuvre de 125 personnes. À l'automne 1974, la production devrait atteindre 175 000 tonnes d'acier. Actuellement, Stelco emploi 21 000 personne au Canada et verse environ 24 millions de dollars en salaires. D'autres usines sont installées à Hamilton, Brantford, Toronto, etc.
Le 11 octobre 1972 Annonce d'une entente de principe entre le gouvernement et le Front commun intersyndical
Une entente survient entre le gouvernement libéral de Robert Bourassa et l'exécutif du Front commun intersyndical. Elle mènera, le 16 octobre, à une entente de principe pour les 110 000 syndiqués du secteur public.
Seuls les employés de la Société des alcools du Québec (SAQ) et les enseignants seront régis par décrets. Le 27 octobre, une entente interviendra entre les syndiqués de la SAQ et le gouvernement, ce qui mettra fin au décret régissant les conditions de travail de ces employés.
Source : Jacques Rouillard, Histoire du syndicalisme québécois, Montréal, Boréal, 1989, p.379-383.
Le 13 octobre 1972 Obtention du prix de l'Association canadienne-française pour l'avancement des sciences par deux scientifiques québécois
Le travail du médecin Claude Fortier et du géographe Louis-Edmond Hamelin est récompensé par le prix de l'Association canadienne-française pour l'avancement des sciences (ACFAS).
Les recherches de Fortier dans le domaine de la neuroendocrinologie lui ont valu une notoriété qui dépasse les frontières du pays. Pour sa part, Hamelin, qui dirige le Centre d'études nordiques de l'Université Laval depuis 1961, est l'auteur de nombreux articles et ouvrages sur la géographie canadienne, particulièrement le Nord du Québec.
Le 13 octobre 1972 Nomination de Michel Bélanger à la présidence de la Bourse de Montréal
L'ex-secrétaire général du Conseil du trésor, Michel Bélanger, devient le premier francophone à présider la Bourse de Montréal.
Bélanger obtient ce poste après avoir occupé des emplois importants au sein de la fonction publique provinciale. Il quittera la direction de la Bourse de Montréal en 1976 pour devenir le président de la Banque provinciale du Canada. Celle-ci fusionnera en 1979 avec la Banque canadienne nationale pour devenir la Banque nationale.
Le 20 octobre 1972 Nomination d'un premier président de la Commission des biens culturels
L'ancien chef du Parti libéral du Québec, Georges-Emile Lapalme, devient le premier président de la Commission des biens culturels.
Lapalme, qui a dirigé les libéraux provinciaux de 1950 à 1958, a également été le premier ministre des Affaires culturelles du Québec entre 1961 et 1964. Il occupera la présidence de la Commission des biens culturels jusqu'en 1978.
Source : L'Encyclopédie du Canada : édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p.1381. Bibliothèque de la Législature, Répertoire des parlementaires québécois, 1867-1978, Québec, 1980, 797 pages.
Le 26 octobre 1972 Construction d'une deuxième centrale nucléaire à Gentilly
Hydro-Québec reçoit un prêt de 150 millions de dollars de l'Agence de l'énergie atomique du Canada pour la construction d'une deuxième centrale nucléaire à Gentilly.
Ce prêt sera remboursé sur une période de 25 ans, à partir de la mise en service de la centrale. Le premier ministre du Québec, Robert Bourassa, affirme: « ce prêt est l'aboutissement de discussions auxquelles ont participé le gouvernement du Canada, le gouvernement du Québec, l'Hydro-Québec et l'Énergie atomique du Canada (...) La décision prise par le gouvernement fédéral de praticiper au financement de la première centrale nucléaire commerciale du Québec découle du même principe de coopération que celui appliqué lorsqu'il a décidé de participer au financement de la première centrale commerciale de l'Ontario à Pickering. »
Le 26 octobre 1972 Dépôt d'une requête en injonction par des Indiens du Québec
Des représentants des nations amérindiennes et inuits présentent une requête en injonction pour faire cesser les travaux entrepris dans le cadre du projet de la baie James.
Quelques mois auparavant, le 26 mai, une action en Cour supérieure avait été déposée dans le but de faire reconnaître l'inconstitutionnalité de l'existence de la Société de développement de la baie James et de provoquer la cessation des travaux. Même si le juge Albert Malouf rejettera les requêtes le 8 décembre, cette contestation des autochtones restera un problème épineux pour le gouvernement, l'imbroglio juridique subsistant jusqu'en 1974. Il sera réglé en partie avec la signature de la Convention de la baie James, en novembre 1975, au terme de longues et difficiles négociations.
Source : Clarence Hogue, André Bolduc et Daniel Larouche, Québec : un siècle d'électricité, Montréal, Libre Expression, 1979, p.352-386. L'Encyclopédie du Canada: édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p.620-621.
Le 27 octobre 1972 Inauguration du Salon international de l'agriculture et de l'alimentation
Le 20e Salon international de l'agriculture et de l'alimentation se déroule à la Place Bonaventure du 27 octobre au 5 novembre.
Des agriculteurs de l'Ouest du Canada ainsi que des participants de plusieurs pays européens sont présents à ce Salon international. Le ministre québécois de l'Agriculture, Normand Toupin, prononce à cette occasion un discours dans lequel il manifeste le désir de voir des liens plus étroits s'établir entre le milieu rural et le milieu urbain.
Le 6 octobre 1973 Dépôt d'une plainte contre le premier ministre Robert Bourassa
L'Association des Indiens du Québec (AIQ) dépose une plainte pour outrage au tribunal contre le premier ministre du Québec, Robert Bourassa, à la suite de la publication de son livre sur la baie James.
Andrew Delisle, président de l'AIQ, affirme que « le livre de Robert Bourassa n'était qu'un résumé des prétentions émises par l'Hydro-Québec et la Société de développement de la baie James (SDBJ) lors des audiences de décembre dernier devant la cour supérieure et qu'il était une tentative délibérée pour influencer la décision du juge Malouf ». Ce à quoi Max Gros-Louis, le vice-président de l'AIQ, ajoute: « c'est come si le premier ministre avait intentionnellement oublié que la décision du juge n'était pas encore rendue. À défaut de présenter une vision nouvelle du problème de la baie James, son livre ne sert que sa propagande. » Le passage de son livre considéré le plus incriminant se situe à la page 133: « Ce voyage du 14 juillet 1973 m'a confirmé que la baie James ce n'est plus un projet, mais une réalité concrète. Rien ne peut plus entraver notre marche en avant. »
Le 10 octobre 1973 Ouverture du Carrefour de l'Estrie
La fontaine du Carrefour de l'Estrie
Un nouveau centre d'achats d'envergure, le Carrefour de l'Estrie, ouvre ses portes à Sherbrooke. Avec une centaine de magasins, dont certains qui appartiennent à des grandes chaînes comme Eaton, Simpson-Sears et Pascal, ce complexe commercial d'un million et demi de pieds carrés est le plus grand du genre dans toute la région estrienne.
L'idée d'implanter un centre commercial d'envergure régionale mijote depuis quelques années à Sherbrooke. En janvier 1972, le Conseil de ville de Sherbrooke adopte un règlement de zonage permettant que des terrains situés dans le Nord-Ouest de la ville servent à cette fin. Localisé près de l'autoroute « transquébécoise », le Carrefour de l'Estrie regroupe, lors de son ouverture, une centaine de magasins. En plus des grandes chaînes mentionnées précédemment, on y retrouve plusieurs commerces au rayonnement plus limité (magasins de vêtements, de disques, librairie, salon de coiffure), ainsi qu'un supermarché d'alimentation appartenant à la chaîne Steinberg. Trois cinémas entreront éventuellement en opération. Enfin, le Carrefour est doté d'un stationnement capable d'accueillir environ 4 000 voitures.
Source : La Tribune, 27 janvier 1972, p.3, 16 février 1972, p.3, 3 mars 1972, p.3, 14 août 1972, p.18 et 9 octobre 1973, supplément.
Le 4 octobre 1975 Inauguration de l'aéroport de Mirabel
Le premier ministre du Canada, Pierre Elliott Trudeau, le premier ministre du Québec, Robert Bourassa, et le maire de Montréal, Jean Drapeau, inaugurent l'aéroport de Mirabel. Le lendemain, celui-ci est ouvert au public.
Lors de l'inauguration de l'aéroport, 200 propriétaires expropriés de Mirabel organisent une manifestation dans le but d'attirer l'attention du public sur le litige qui les oppose au gouvernement fédéral. Les expropriés de Mirabel réclament depuis 1969 des compensations financières pour la perte de leurs terrains. Plusieurs bombes lacrymogènes seront lancées pour éloigner les manifestants. Ce sont plus de 80 000 acres de terrains qui sont expropriés alors que l'aéroport n'en utilise que 17 000. Les gestionnaires du nouvel aéroport prévoient une utilisation horaire optimale de 3 300 passagers à l'heure pour les départs et 2 900 passagers à l'heure pour les retours. Selon Benoit Baribeau, administrateur délégué du Bureau d'Aménagement de l'Aéroport international de Montréal: « L'une des plus importantes décisions que nous avons dû prendre a été celle du choix du concept de l'aérogare. La conception choisie offre (...) des économies appréciables tout en réduisant considérablement les distances à parcourir par les passagers. »
Source : Le Devoir, 6 octobre 1975, p.3-6, 2 octobre 1975, p.13.
Le 29 octobre 1976 Dépôt du rapport du Comité d'enquête sur la salubrité dans l'industrie de l'amiante
Ce comité présidé par le juge René Beaudry avait été formé le 18 juin 1975, au cœur de la grève paralysant les ouvriers de l'amiante de Thetford Mines, Black Lake et East-Broughton.
Dans ses conclusions, le rapport final prône de meilleures normes de santé, de salubrité et de sécurité. Il pave en quelque sorte la voie à la réforme qui va se préciser avec la création de la Commission de la santé et de la sécurité du travail (CSST), un peu plus tard.
Source : Marc Vallières, Des mines et des hommes: histoire de l'industrie minérale québécoise, Québec, Les Publications du Québec, 1989, p.390-391.
Le 30 octobre 1976 Création de l'Association pour les droits des gai(e)s du Québec
L'Association pour les droits des gai(e)s du Québec (ADGQ) obtiendra son premier local neuf mois plus tard, en juillet 1977.
L'ADGQ s'engagera dans des luttes politiques et juridiques importantes pour la protection des droits des gais et lesbiennes du Québec. Elle sera notamment à la tête de la première bataille juridique concernant les abus policiers envers la communauté gaie à Montréal.
Source : Archives des lesbiennes et des gais du Canada : Chronologie 1964-1982. www.web.net/archives/what/papers/docs/flitchro/6471.htm (12 juin 2001)
Le 21 octobre 1977 Lancement d'un programme de solidarité économique
Le premier ministre du Québec, René Lévesque, dévoile le Programme de stimulation de l'économie et de soutien à l'emploi, qui sera aussi connu plus tard sous le nom de OSE (Opération de solidarité économique).
L'objectif du programme OSE est de faire diminuer le taux de chômage. Le gouvernement a d'abord recours à divers programmes de création d'emplois, tels que le Programme de retour au travail (PRET), le Programme d'intégration des jeunes à l'emploi (PIJE) ou le Programme expérimental d'emploi communautaire (PECEC). Ceux-ci s'adressent à des clientèles ciblées: les assistés sociaux, les femmes, les étudiants. OSE comporte un autre volet, soit l'aide à l'entreprise, pour lequel la Société de développement industriel (SDI) est mise à contribution. Cette société d'État a notamment pour mandat de prêter de l'argent à des entreprises actives dans des secteurs industriels où les possibilités de financement sont limitées. Enfin, certains travaux publics sont mis en branle afin de favoriser la croissance de l'économie. Entre 1977 et 1980, un demi-milliard de dollars auraient été investis par l'intermédiaire du projet OSE.
Source : Yves Vaillancourt, Le P.Q. et le social, Montréal, Édition Saint-Martin, 1983, 165 p. Jean Hamelin et Jean Provencher, Brève histoire du Québec, Montréal, Boréal Express, 1993, 134 p.
Le 27 octobre 1977 Rencontre décisive concernant l'inclusion de l'orientation sexuelle dans la Charte québécoise des droits de la personne
Une rencontre entre les membres de la Commission des droits de la personne du Québec et les représentants de l'Association pour les droits de la communauté gaie du Québec (ADGQ) est à l'origine d'une résolution qui prévoit l'inclusion d'un amendement à la Charte québécoise des droits de la personne.
L'amendement permettrait d'inclure l'orientation sexuelle aux articles de la charte, ce qui assurerait les personnes homosexuelles d'une protection juridique contre la discrimination, l'abus et l'exclusion.
Source : Archives des lesbiennes et des gais du Canada : Chronologie 1964-1982. www.web.net/archives/what/papers/docs/flitchro/6471.htm (12 juin 2001)
Le 28 octobre 1977 Révélation d'opérations illégales commises par la Gendarmerie royale du Canada contre le Parti québécois
Le 28 octobre 1977, le solliciteur général du Canada, Francis Fox, révèle que la GRC a subtilisé la liste des 100 000 membres du PQ dans la nuit du 8 au 9 janvier 1973.
Le solliciteur général du Canada, Francis Fox, révèle que la Gendarmerie royale du Canada s'est introduite en pleine nuit (8-9 janvier 1973) dans les locaux du Parti québécois dans le but de s'emparer des listes informatisées de cette formation afin de les reproduire.
Dans les années qui suivent la crise d'Octobre 1970, le Service de sécurité de la GRC (SSGRC) mène une série d'actes illégaux contre des individus ou des groupes associés au mouvement indépendantiste québécois. Ces gestes ont fait l'objet d'enquêtes publiques: la Commission Keable au Québec et la Commission McDonald au Canada. Les faits reprochés sont nombreux. Le vol des listes de membres du Parti québécois (opération HAM), qui aurait nécessité la participation de plus de trente agents, est le plus connu des actes illégaux commis par les services du gouvernement fédéral.
Source : Pierre Deschesne, Jacques Parizeau, Biographie, 1930-1970, tome 1, Le Croisé, Montréal, Québec Amérique, 2001. Annexe A.
Le 3 octobre 1978 Télédiffusion des débats de l'Assemblée nationale
Pour la première fois, les travaux de l'Assemblée nationale sont télédiffusés pour le grand public par l'entremise de la chaîne Radio-Québec.
Cette initiative survient un an après le début de la télédiffusion des travaux de la Chambre des communes, le 17 octobre 1977. Lorsque l'Assemblée nationale procède à cette « première » télévisée, le député unioniste de Johnson, Maurice Bellemare, dit espérer: « beaucoup plus de dignité dans les interventions et dans les râlements qu'on entendait de temps en temps dans cette Chambre ».
Source : La Presse, 4 octobre 1978, p.A2, et 18 octobre 1977, p.1 et 6.
Le 27 octobre 1979 Inauguration de la centrale LG-2 à la Baie James
Le premier ministre du Québec, René Lévesque, préside les fêtes marquant la mise en service de la première des seize turbines de la centrale LG-2.
Dans son discours Lévesque affirme qu'il « s'agit essentiellement de rendre hommage à des milliers de personnes qui sont de la race des constructeurs et qui mettent au point des sources d'énergie à l'échelle surhumaine ici à LG2. » Cette centrale sera éventuellement rebaptisée « barrage Robert-Bourassa ». Premier ministre du Québec de 1970 à 1976, Bourassa fut le grand architecte de ce projet dont le contenu a été dévoilé pour la première fois en 1971.
Le 20 octobre 1982 Acceptation officielle d'un programme d'éducation à la sexualité par la Commission des écoles catholiques de Montréal
Les commissaires de la Commission des écoles catholiques de Montréal (CÉCM) se prononcent en faveur d'un programme d'éducation à la sexualité que l'on prévoit mettre à la disposition des écoles dès le mois de janvier 1983.
Ce programme a été élaboré au cours de la dernière année par deux spécialistes, Francine Richard, pour le niveau primaire, et Robert Laberge, pour le niveau secondaire, dont la démarche a été suivie par un comité consultatif composé entre autres de parents, d'enseignants et de directeurs. Son acceptation fait suite à la décision prise par la CÉCM en 1981 de se doter d'un programme d'éducation à la sexualité qui soit plus conforme à ses orientations que celui mis de l'avant par le ministère de l'Éducation. Le défi des spécialistes est de taille: concilier les valeurs chrétiennes encore chères à plusieurs familles avec le vent de laïcisation qui souffle de plus en plus fort sur le milieu de l'éducation. À cet égard, il est bien entendu que les parents demeurent libres de décider s'ils désirent que leurs enfants suivent ou non un cours d'éducation sexuelle. L'approche développée par les concepteurs du programme se fonde sur plusieurs principes directeurs, dont celui que « La sexualité est perçue de façon positive, bonne en soi dans l'ordre de la nature et dans l'intention du créateur, et devant être assumée d'une façon consciente, autonome, responsable et morale. » On souligne également que « L'éducation sexuelle doit être dispensée aux jeunes dans le respect de la personne, de leur développement psychologique et affectif, de leur pudeur naturelle et de leurs croyances religieuses. » Il est toutefois précisé que même si le programme proposé « implique la transmission de valeurs chrétiennes (...) l'éducation sexuelle ne remplace aucunement les cours de catéchèse ou d'enseignement religieux et moral qui demeurent les lieux privilégiés d'approfondissement de ces questions. » L'approbation majoritaire des parents sera nécessaire avant qu'une école ne puisse avoir recours à ce programme.
Source : Programme d'éducation à la sexualité de la Commission des écoles catholiques de Montréal, 1982. Collaboration : Monsieur Robert Laberge
Le 22 octobre 1982 Déménagement controversé de la Fédération des sociétés d'entraide d'Alma à Québec
La Fédération des sociétés d'entraide cause une surprise en déménageant en pleine nuit ses bureaux d'Alma pour les établir à Québec.
La décision est à ce point inattendue qu'au matin du 22 octobre plusieurs employés se retrouvent face à une porte close lors de leur arrivée au travail. La déception est palpable pour les gens d'Alma. Des intervenants de la région qualifient même de « coup très bas » l'action sans préavis de la Fédération.
Le 12 octobre 1983 Publication d'un sondage par le Conseil du patronat du Québec
Devant la volonté du gouvernement péquiste de René Lévesque de revoir certaines modalités de la Charte de la langue française, le Conseil du patronat du Québec (CPQ) rend public un sondage fait auprès de ses membres corporatifs. Il y est question de l'irritation ressentie par rapport à certaines dispositions de la Loi 101.
Le débat linguistique est relancé lorsque le gouvernement du Parti québécois fait part de son intention de revoir « certaines modalités » d'application de la Charte de la langue française. Pendant l'été 1983, le CPQ effectue, en collaboration avec la firme de recherche SECOR, un important sondage auprès de ses membres corporatifs. Les résultats, rendus publics le 12 octobre et soumis subséquemment à une commission parlementaire, sont on ne peut plus explicites. Environ 98 % des chefs d'entreprise ayant participé réclament des modifications aux dispositions de la Loi 101 en ce qui a trait à la langue d'enseignement. Le sondage révèle également que les entreprises de tradition francophone éprouvent une quantité de problèmes dans l'application de la Loi 101: coûts élevés, excès de zèle des fonctionnaires de la Commission de surveillance, règlements tatillons, sinon inutiles, etc. Le 15 novembre de la même année, le gouvernement fera son nid, mais pas dans le sens des attentes du patronat. Quelque temps plus tard, en juillet 1984, le CPQ exprimera sa satisfaction devant la décision de la Cour suprême qui confirme que les dispositions de la Loi 101 relatives à la langue d'enseignement ne sont pas légitimes. Ce verdict incitera le CPQ à revenir à la charge, cette fois sur la question de l'affichage. Cet appel à « l'ouverture » ne sera pas entendu... Cependant, le CPQ se réjouira lorsque, le 15 décembre 1988, la Cour suprême lui donnera raison: « La décision de la Cour suprême (après celle, favorable, de la Cour d'appel) qui confirme le droit à l'affichage bilingue au Québec est une décision importante en faveur de la liberté d'expression » (CPQ, 15 décembre 1988).
Source : Ghislain Dufour, Ghislain Dufour témoigne des 30 ans du CPQ: le Conseil du patronat du Québec: 30 ans au coeur de l'action 1969-1999, Coll. «Les affaires», Montréal, Transcontinental, 2000, p.183 à 185.
Le 2 octobre 1984 Signature d'accords entre le Québec et le Japon à Tokyo
Les gouvernements québécois et japonais signent deux accords en matière de transfert de technologie.
Reflet de la volonté politique du gouvernement du Parti québécois (PQ)d'encourager des transferts technologiques fructueux, des ententes sont ratifiées le 2 octobre 1984, à Tokyo. Ces accords correspondent aux attentes des représentants du Québec qui favorisent l'essor des biotechnologies et la diversification des sources énergétiques. L'Institut Armand-Frappier et la Fondation pour la recherche sur les protéines se concèdent des droits exclusifs pour commercialiser au Canada les produits de leur associé japonais. Par ailleurs, certains entrepreneurs s'engagent à collaborer à des projets conjoints de recherche. Dans le secteur énergétique, Gaz Métropolitain obtient de Gaz d'Osaka le droit de vendre au Québec une gamme étendue d'appareils gaziers manufacturés par son partenaire.
Source : Richard Leclerc, Des lys à l'ombre du mont Fuji : cent ans de présence québécoise au Japon. Québec : Ministère des relations internationales, 1998, p.134. Site internet du ministère des Relations internationales du Québec, http://www.mri.gouv.qc.ca
Le 5 octobre 1984 Participation de Marc Garneau à une mission dans l'espace
Du 5 au 13 octobre 1984, l'astronaute Marc Garneau, originaire de Québec, participe à une mission de huit jours à bord de la navette spatiale américaine Challenger. Celle-ci consiste à larguer un satellite d'observation des changements climatiques.
Garneau, un officier de l'armée diplômé en génie électrique et spécialisé en conception d'équipements, est le premier Canadien à voler en orbite autour de la Terre. Il a été sélectionné parmi 4 000 candidats canadiens. Sa tâche consiste entre autres à « enregistrer le lancement sur bande vidéo, en fonction de quatre points de repères situés en dessous des panneaux solaires et de six autres localisés à la base, une opération destinée à créer sur terre un système canadien de vision dans l'espace. » Le 22 janvier 1992, la neurobiologiste ontarienne Roberta Bondar deviendra la deuxième Canadienne à effectuer une mission spatiale. Elle réalisera plusieurs expériences à bord de la navette Disovery pendant son aventure de neuf jours dans l'espace. Pour sa part, Garneau retournera dans l'espace, cette fois à bord de la navette Endeavour, en mai 1996.
Source : La Presse, 22 janvier 1992, p.1 et A2. Le Devoir, 6 octobre 1984, p.1,12.
Le 16 octobre 1985 Remaniement du cabinet du premier ministre Pierre Marc Johnson
À la suite des démissions de Pauline Marois, Yves Bérubé, Yves Duhaime et Clément Richard, le chef du Parti québécois, Pierre Marc Johnson, doit procéder à un remaniement ministériel.
Quatre personnes qui ne siègent pas à l'Assemblée nationale accèdent au cabinet, soit Louise Beaudoin (Relations internationales), Lise Denis (Condition féminine), Rollande Cloutier (Relations avec les citoyens) et Jean-Guy Parent (Commerce extérieur). C'est la troisième fois qu'on fait ainsi accéder quatre non élus au cabinet. La première est survenue en 1891 et la deuxième en 1936. Ils n'occuperont toutefois leurs fonctions que quelques jours puisque les élections qui seront bientôt déclenchées mèneront à la défaite du Parti québécois et à la victoire du Parti libéral de Robert Bourassa.
Le 20 octobre 1986 Annonce de la privatisation de Madelipêche aux Îles-de-la-Madeleine
Le gouvernement du Québec annonce par la voix de son ministre délégué aux Pêcheries, Robert Dutil, et de son ministre délégué aux Finances et à la Privatisation, Pierre Fortier, la privatisation de la société Madelipêche.
L'existence de Madelipêche remonte à 1978. Depuis, on estime que le gouvernement aurait investi autour de 48 millions de dollars dans son fonctionnement. L'arrivée au pouvoir des Libéraux de Robert Bourassa, en décembre 1985, a entraîné une remise en question du rôle de l'État dans cette société. L'annonce de la privatisation de Madelipêche inquiète ses 1 100 travailleurs, inquiétude que le ministre Dutil tente d'apaiser en déclarant que les ouvriers « trouveront beaucoup plus de satisfaction à travailler de concert avec un État stimulateur plutôt que de vivre sous la dépendance d'un État pourvoyeur. » Madelipêche génère environ 90 % de l'économie des Îles-de-la-Madeleine. La vente devrait se réaliser en février 1987.
Le 21 octobre 1986 Annonce du gel des frais de scolarité au Québec
Le ministre de l'Éducation, de l'Enseignement supérieur et de la Science, Claude Ryan, annonce que le gouvernement gèlera jusqu'en 1989 les frais de scolarité des universités.
Cette annonce survient au cœur d'une période de contestation marquée par la grève de milliers d'étudiants de niveau universitaire. La déclaration du ministre, qui est suivie le lendemain par celle du premier ministre Robert Bourassa qui abonde dans le même sens, réassure les étudiants quant aux intentions du gouvernement libéral qui a été élu l'année précédente. Les frais de scolarité des universités québécoises, qui sont fixes depuis 1966, resteront donc les moins élevés au Canada, une situation qui fait dire au ministre qu'« il serait normal et raisonnable » de les hausser éventuellement. Claude Ryan adopte également une approche prudente en ce qui a trait à la remise en question de la permanence des professeurs d'université et à l'abolition du siège social du réseau de l'Université du Québec. Selon ses dires, ces mesures ne sont pas envisagées par le gouvernement libéral.
Source : Le Devoir, 22 octobre 1986, p.2, 23 octobre 1986, p.1 et 12.
Le 21 octobre 1986 Annonce d'une augmentation des quotas d'immigration au Québec
Selon le quotidien « Le Devoir », le Conseil des ministres aurait accepté la recommandation de Louise Robic, ministre des Communautés culturelles et de l'Immigration, d'augmenter sensiblement les quotas d'immigration du Québec de façon à ce que dans cinq ans, cette province reçoive 25 % de l'immigration internationale admise au Canada.
La diffusion de cette nouvelle par « Le Devoir » précède l'annonce du gouvernement de quelques jours. Les premiers affectés par cette décision seront les 11 000 réfugiés qui sont actuellement en attente et qui pourraient voir leur dossier progresser rapidement au cours des six prochains mois. D'autres immigrants qui profiteront de la nouvelle approche du gouvernement sont les travailleurs qualifiés qui ont déjà un emploi garanti, les investisseurs ainsi que les personnes qui ont quitté leur pays pour des motifs humanitaires. Avec l'apport de ces nouveaux arrivants, le gouvernement espère ralentir la baisse du poids démographique du Québec.
Source : Le Devoir, 22 octobre 1986, p.1 et 12, 23 octobre 1986, p.1.
Le 22 octobre 1986 Accord sur la distribution des films européens importés au Québec
Le gouvernement du Québec, représenté par la ministre des Affaires culturelles, Lise Bacon, et les grandes compagnies américaines distributrices de films (les « majors »), représentées par Jack Valenti de la Motion Pictures Association, signent un accord sur la distribution des films au Québec.
En restreignant les droits des « majors », notamment en ce qui touche les films réalisés dans une langue autre que l'anglais, les distributeurs québécois auront accès à environ 150 films européens jadis distribués par les « majors » américains. En retour, ceux-ci obtiennent que le gouvernement abroge certains articles de la Loi 105 sur le cinéma, adoptée quelques années auparavant par le gouvernement du Québec. Les intervenants du milieu cinématographique expriment leur satisfaction à la suite de l'entente. Pour André Link, de l'Association des distributeurs de films du Québec: « On a pas gagné sur tous les points mais c'est certainement ce que nous pouvions faire de mieux dans les circonstances. »
Source : Le Devoir, 23 octobre 1986, p.A2, 24 octobre 1986, p.A5.
Le 23 octobre 1986 Dévoilement d'un jugement portant sur la stérilisation forcée des déficients mentaux
Ce jugement fait suite à la demande qu'une mère a effectuée auprès de la Cour suprême de l'Île-du-Prince-Édouard afin de faire stériliser sa fille souffrant d'une déficience mentale pour des raisons non médicales.
Cette affaire tourne autour du cas d'une jeune femme de 24 ans qui est atteinte d'une déficience mentale et d'une affection, l'aphasie expressive extrême, ce qui signifie qu'elle est « à tout le moins de légèrement à modérément arriérée ». « Ève », ainsi appelée dans ce jugement afin de protéger sa vie privée, est donc incapable de communiquer ses pensées et ses perceptions. Elle ne comprend pas la notion de mariage, ni comment les relations sexuelles peuvent conduire à la grossesse et à la naissance d'un enfant. Son état fut par ailleurs diagnostiqué comme étant extrême. Ève fut envoyée dans une école spécialisée pour les adultes atteints de déficience mentale lorsqu'elle a eu 21 ans. C'est à ce moment qu'elle a commencé à nouer d'étroits liens avec un garçon qui étudie à la même école qu'elle et à parler de mariage. La mère d'Ève, « Mme. E. », âgée de 60 ans et veuve, s'inquiéta et décida alors qu'il était dans l'intérêt de sa fille de la faire stériliser puisqu'elle ne peut s'occuper d'un enfant et que cela aurait sur elle des conséquences émotionnelles. Mme E. demanda à la Cour suprême de l'Île-du-Prince-Édouard-Division de la famille, la permission de stériliser Ève, permission que la Cour lui refusa. Un appel fut interjeté devant la Cour suprême du Canada, qui jugea qu'Ève ne peut être stérilisée pour des raisons non médicales. Précisons que lors de son analyse, la Cour aborda notamment la question de la compétence « parens patriae », ce qui qualifie le pouvoir conféré à l'État ainsi qu'aux cours supérieures des provinces afin de veiller aux intérêts des personnes qui ne peuvent prendre soin d'elles-mêmes, compétence qui est par ailleurs illimitée. Cependant, le pouvoir discrétionnaire accordé en vertu de cette compétence « doit être exercé à l'avantage de la personne qui a besoin de protection, mais pas pour celui des autres. Il doit toujours être exercé avec une grande prudence dont il faut redoubler selon que la gravité d'une affaire augmente. C'est particulièrement le cas lorsqu'un tribunal peut être tenté d'agir parce que le défaut de le faire risquerait d'imposer un fardeau manifestement lourd à une autre personne (soit à la mère d'Ève dans ce cas-ci) ». La compétence parens patriae ne devrait donc jamais autoriser la stérilisation à des fins non thérapeutiques, « puisqu'en l'absence du consentement de la personne visée, on ne peut jamais déterminer d'une manière certaine que l'opération est à l'avantage de cette personne ». La Cour conclut également que « bien que les avantages puissent paraître intéressants (si les tribunaux canadiens permettaient la stérilisation pour des fins non médicales en vertu de leur pouvoir), ils sont contrebalancés par une infraction grave aux droits de la personne et à son intégrité physique ». L'on constate que dans cette affaire, qui est une première en la matière puisqu'il n'y a aucun précédent, la Cour suprême opta pour donner préséance à la liberté de choix ainsi qu'aux droits de la personne.
Source : E. (Mme) c. Eve, 1986 2 R.C.S. 388. http://canada.justice.gc.ca/fr/justice2000/119mile.html
Le 6 octobre 1987 Innovation médicale à l'hôpital Hôtel-Dieu de Québec
Le docteur Pierre Ferron et l'audiologiste Michel Desgagné sont à l'origine d'une première canadienne alors qu'ils permettent à Marie-Andrée Boivin, une fillette de 7 ans, de retrouver l'ouïe.
Cette réussite est rendue possible grâce à des électrodes implantés par les deux scientifiques dans l'os situé derrière l'oreille de la petite Boivin. L'intervention, faite le 25 août, s'avère un succès le 6 septembre alors que la stimulation des électrodes permet à l'enfant d'entendre des sons, ce qui ne lui était pas arrivé depuis environ cinq ans.
Le 21 octobre 1987 Création de l'Association des Vignerons du Québec
Dans le but de faire connaître leurs produits, quelques producteurs de vins du Québec décident de se regrouper et de fonder l'Association des Vignerons du Québec.
En février 1995, l'Association des Vignerons du Québec procédera à un jumelage avec le Syndicat viticole des Graves et Graves supérieures, en France. Cette reconnaissance des pionniers français procurera une aide intéressante aux vignerons québécois, leur permettant de se faire connaître au Québec, de percer le marché ontarien et d'entrevoir des possibilités sur les marchés internationaux.
Le 20 octobre 1988 Inauguration du Musée de la civilisation de Québec
Le Musée de la civilisation est situé au cœur du Vieux Québec, dans les locaux rénovés de l'ancien Institut de la marine et d'un monument historique datant de 1752 (la maison Estèbe). Son inauguration met fin à une longue période d'incertitude commencée sous le gouvernement du Parti québécois qui avait initié le projet avant de perdre le pouvoir en 1985.
Le Musée de la civilisation dispose de onze salles d'expositions dans lesquelles on aborde des sujets variés. Lors de l'ouverture, on présente Taïga Tundra, une exposition qui rassemble « des exhibits provenant des Inuit et de divers peuples sibériens. » Le Musée de la civilisation recevra un prix d'excellence pour la qualité de son intégration dans ce quartier de la ville de Québec.
Source : La Presse, 22 octobre 1988, p.B3. Denis Turcotte, dir., Reflets du Québec; des faits, des dates, des personnalités, Québec, éd. Association Québec dans le monde, Québec, 1990.
Le 5 octobre 1989 Révélations troublantes en matière de déchets dangereux
Le président de la Commission d'enquête sur les déchets dangereux, Yvon Charbonneau, rend publiques des données selon lesquelles le ministère de l'Environnement ignore où passent 60 % des 410 000 tonnes de déchets dangereux produits annuellement au Québec.
Le lendemain, l'Union des municipalités du Québec réagit à l'annonce en demandant au ministre de l'Environnement, Pierre Paradis, d'élargir le mandat de la Commission Charbonneau sur les déchets dangereux à leur production, leur entreposage, leur transport et leur utilisation. Pour sa part, Yvon Charbonneau affirme: « Nous n'allons pas chercher la dernière tonne de déchets disparus pendant trois ans (...) Nous nous fions sur la bonne foi des participants. Nous voulons surtout provoquer un débat de société sur la gestion des déchets et engager la population dans la recherche de solutions. »
Le 13 octobre 1989 Demande de reconnaissance officielle de la part du Parti égalité
Les quatre députés du Parti égalité réclament officiellement au secrétaire de l'Assemblée nationale le tiers des droits qui accompagnent le statut de parti reconnu.
Lors de l'élection du 25 septembre 1989, le Parti égalité a réussi à faire élire quatre des douze députés nécessaires à l'obtention de ce statut. Ils sont, en plus du chef Robert Libman, Gordon Atkinson, Richard Holden et Neil Cameron.
Le 16 octobre 1989 Annulation d'un contrat d'électricité entre le Québec et le Maine
Hydro-Québec annonce l'annulation d'un contrat de 5,3 milliards de dollars d'exportation d'électricité à la Central Maine Power Company. Cette annonce fait suite au refus de l'organisme de réglementation américain, le Maine Public Utilities Commission, d'entériner la transaction.
La signature du contrat avait nécessité quatre années de négociations. Celui-ci constituait un des fers de lance de la politique d'exportation d'énergie du premier ministre du Québec, Robert Bourassa. Hydro-Québec connaîtra d'autres déceptions en 1992 et mars 1994 alors que l'État de New York annulera, à son tour, de lucratives ententes de livraison d'électricité.
Le 10 octobre 1990 Annonce de coupures de postes par le Canadien National
Le CN Rail annonce qu'il éliminera environ 1 500 postes à la grandeur du pays. Près de la moitié des personnes affectées travaillent dans la région montréalaise.
Le CN Rail justifie ces coupures en évoquant le contexte de la récession, les pertes de revenus et la compétition, notamment celle du camionnage. Le président de la section québécoise du lobby d'usagers Transport 2000, Guy Chartrand, rappelle qu'« il a y 30 ans, le train transportait 70 % des marchandises au pays, et les camions le reste; maintenant, c'est l'inverse ».
Source : La Presse, 11 octobre 1990, p.1, A1 et A2.
Le 27 octobre 1992 Dévoilement d'un jugement décisif pour les gais et lesbiennes des Forces armées canadiennes
Une décision des tribunaux fait avancer la cause des soldats gais et lesbiennes du Canada après qu'un comité de déontologie des services secrets militaires eut donné raison à Michelle Douglas, congédiée quelques années plus tôt à cause de son orientation sexuelle.
Rappelons qu'en 1988, Michelle Douglas, lieutenant au sein des Forces armées canadiennes, a vu son homosexualité dévoilée par une enquête des services secrets militaires. Peu de temps après, elle recevait un avis de congédiement. Le 15 août 1991, un comité de révision parlementaire statuait que les Forces armées ont violé la Charte des droits dans cette affaire. Douglas a donc porté l'affaire en justice, à la suite de quoi l'armée canadienne a accepté de lui payer 100 000 $ et de revoir sa politique discriminatoire à l'égard des gais et lesbiennes. Le 28 octobre 1992, le lendemain du procès, le numéro un de l'armée canadienne, le général John de Chastelain confirmera que « les Canadiens, sans égard à leur orientation sexuelle, pourront désormais servir dans les Forces armées canadiennes sans aucune restriction. » (Globe and Mail, 29 octobre 1992)
Source : Canadian Lesbian & Gay Archives. www.web.net/archives/what/papers/docs/wegotdet.htm (24 août 2001)
Casino de Montréal
L'ouverture du Casino de Montréal dans l'ancien pavillon de la France, sur le site de l'Exposition universelle de 1967, permet la création d'environ 3 000 emplois directs. Plus de 13 000 personnes auraient profité de cette journée inaugurale pour visiter le Casino, un achalandage que les représentants de Loto-Québec qualifient de succès.
En cinq ans, l'achalandage quotidien au Casino passera de 5 000 à plus de 18 000 visiteurs, générant d'importants revenus qui se chiffrent annuellement dans les centaines de millions de dollars. Malgré cette affluence, de nombreuses critiques seront formulées à l'endroit de cette initiative du gouvernement, perçue comme un encouragement au jeu et à l'endettement. Cela n'empêchera pas l'ouverture, quelques années plus tard, d'autres maisons de jeu de moindre envergure en Outaouais et dans la région de Charlevoix.
Source : La Presse, 10 octobre 1993, p.A1, 12 octobre 1993, p.A3.
Le 19 octobre 1993 Nomination d'une femme au poste de ministre des Finances du Québec
À la suite du départ de Gérard D. Lévesque, Monique Gagnon-Tremblay devient la première femme à être nommée ministre des Finances du Québec. Elle occupera cette fonction de façon intérimaire.
Lévesque, aux prises avec une grave maladie, ne se présentera pas en chambre. C'est Gagnon-Tremblay, la députée de Saint-François à l'Assemblée nationale, qui aura la charge des finances entre-temps. Un mois plus tard, le 17 novembre, Gérard D. Lévesque décédera. Il était député depuis 37 ans de façon continue, ce qui constitue un record. Le 3 novembre 1995, une autre femme, la péquiste Pauline Marois, deviendra à son tour ministre des Finances.
Source : http://www.assnat.qc.ca/fra/patrimoine/chronologie/chrono3.html La Presse, 20 octobre 1993, p.B6.
Le 1er octobre 1995 Adoption par l'Assemblée nationale du décret référendaire
L'adoption de cette loi, qui suit son dépôt, le 7 septembre, marque le déclenchement de la campagne référendaire. Elle fixe la date du scrutin au 30 octobre 1995.
Jacques Parizeau et Daniel Johnson, respectivement premier ministre du Québec et chef de l'Opposition, ont tous deux profité de l'occasion pour faire valoir les périls de l'option défendue par leur adversaire. Selon la plupart des sondages réalisés à ce jour, le Non à la souveraineté détiendrait un léger avantage dans les intentions de vote des Québécois.
Le 27 octobre 1995 Rassemblement des forces fédéralistes dans les rues de Montréal
Plus de 40 000 sympathisants à la cause fédéraliste, 100 000 selon les organisateurs, manifestent à Montréal pour inciter les Québécois à voter Non lors du référendum sur la souveraineté qui se tiendra trois jours plus tard.
Parmi les participants, on retrouve des chefs politiques comme le premier ministre du Canada, Jean Chrétien, le chef du Parti libéral du Québec, Daniel Johnson, et le chef du Parti progressiste-conservateur du Canada, Jean Charest, ainsi que des milliers de simples citoyens venus de différentes provinces du Canada. Des premiers ministres d'autres provinces, comme Mike Harris de l'Ontario et Frank McKenna du Nouveau-Brunswick sont également sur place. L'événement suscite beaucoup d'enthousiasme chez les fédéralistes qui accueillent avec chaleur le discours fiévreux de Jean Charest, considéré par plusieurs témoins comme le meilleur orateur de la journée: « Nous avons cheminé ensemble depuis 138 ans, mais c'est le voyage des 30 derniers jours qui va décider de notre avenir. Serons-nous ensemble dans un Canada fort et uni, ou dans un Canada brisé, diminué et profondément blessé? » La manifestation donne lieu à une levée de boucliers chez les souverainistes qui s'élèvent contre les rabais consentis par les transporteurs aériens aux manifestants pour l'occasion. Cette intrusion constitue, selon eux, une infraction aux règles établies pour le financement des deux comités mis en place pendant la campagne référendaire. Plusieurs fédéralistes considèrent ce rassemblement comme un moment important de la campagne, une dernière opportunité d'influencer les indécis qui se préparent à se présenter aux urnes.
Source : Le Devoir, 28 octobre 1995, p.A9. La Presse, 28 octobre, A1, B7-B8.
Le 10 octobre 1996 Dépôt du rapport final de la Commission des États généraux sur l'éducation
Après un an et demi de travail, les commissaires font leurs recommandations: miser sur les écoles publiques, procéder à la déconfessionnalisation du système scolaire, investir dans la petite enfance, réduire le nombre de commissions scolaires, renforcer la formation de base des élèves et maintenir le financement du réseau en renonçant à toute compression budgétaire additionnelle.
Plus de 2 000 mémoires ont été présentés aux membres de la Commission et environ 10 000 personnes sont venues témoigner lors des États généraux. La division des commissaires au sujet des recommandations concernant l'enseignement privé et le confessionnalité ont mené au dépôt de rapports dissidents. Le premier ministre Lucien Bouchard affiche pour sa part son appui à l'école privée: « Il n'est pas question d'éliminer l'école privée ou de supprimer totalement la contribution publique à l'école privée. »
Source : Michel Corbeil, «Les recommandations des commissaires aux États généraux sur l'éducation: une école différente», Le Soleil, 11 octobre 1996, p.A1. Le Devoir, 11 octobre 1996, p.A1, B1.
Le 23 octobre 1996 Envolée d'un équipage entièrement féminin à bord d'un Boeing 757
L'aéroport de Mirabel est témoin d'une envolée spéciale d'un appareil Boeing 757 de Canada 3000 dont l'équipage est entièrement féminin.
La commandante de bord, Nicole Sauvé, et son assistante, Linda Galipeau, amènent les 226 passagers de Montréal à Manchester, avec escale à Toronto. Les deux pilotes sont soutenues par sept agentes de bord féminins, ce qui constitue une première au Canada.
Source : Robert Prévost, Figures de proue du Québec, Montréal, Stanké, 2000, 477 p.
Le 30 octobre 1996 Ouverture d'un sommet socioéconomique à Montréal
Le gouvernement du Parti québécois tient à Montréal un sommet auquel participent des représentants des milieux patronaux, syndicaux et communautaires. Le gouvernement cherche à obtenir un consensus sur les moyens à prendre pour redresser les finances publiques et relancer l'économie du Québec. Le sommet a lieu entre le 30 octobre et le 1er novembre.
Le gouvernement se fixe un objectif ambitieux en matière de création d'emplois: ramener le taux de chômage québécois au même niveau que le taux de chômage canadien et rattraper en trois ans la moyenne canadienne de création d'emplois. Les représentants du monde des affaires mettent de l'avant différents projets devant mener selon eux à la création de 40 000 emplois. Les participants s'entendent également pour faire passer la semaine de travail de 44 à 40 heures. Par ailleurs, un fonds spécial de lutte à la pauvreté de 250 millions de dollars est mis sur pied. Cette mesure ne satisfait pas les représentants de trois groupes communautaires, qui quittent le sommet parce que le gouvernement rejette la « clause d'appauvrissement zéro » réclamée entre autres par la Fédération des femmes du Québec. De plus, les représentants des associations étudiantes refusent également d'adhérer au consensus, car ils n'ont pas eu l'assurance que les frais de scolarité allaient être gelés.
Source : PC, «Le sommet économique: les faits saillants», Le Soleil, 2 novembre 1996, p.A18. Jean Pichette, «Une fausse note dans la messe du consensus», Le Devoir, 2 novembre 1996, p.A8.
Le 6 octobre 1997 Visite au Québec du gouverneur de l'État de Guanajuato (Mexique)
Vincente Fox Quesada, le gouverneur constitutionnel de l'État de Guanajuato, au Nord-Ouest de la ville de Mexico, effectue une visite au Québec.
Fox rencontre le premier ministre du Québec, Lucien Bouchard, et signe une entente de coopération économique avec la Chambre de commerce de Montréal. Lors de sa rencontre avec la presse, il se montre particulièrement intéressé à développer les possibilités offertes à son État de 4,5 millions d'habitants par le libre-échange nord-américain. Favorable à la décentralisation des pouvoirs dans son pays, Fox affirme également vouloir en apprendre davantage sur le modèle politique canadien. En 2000, Vincente Fox deviendra président du Mexique.
Source : Le Devoir, 7 octobre 1997, p.B3. La Presse, 7 octobre 1997, p.C4.
Le 9 octobre 1997 Annonce d'une fusion dans l'emballage et le carton entre Domtar et Cascades
Les entreprises Domtar et Cascades conviennent de créer une société à parts égales et de diriger leurs activités dans le carton. Cette société sera le plus important producteur canadien de papier couverture, de papier cannelure et de caisses de carton ondulé, et la dixième en importance au Canada.
La nouvelle société comptera 3 800 employés et un actif de 1 milliard de dollars. Les ventes annuelles seront, si l'on se base sur les chiffres de 1996, de 861 millions de dollars. Malgré l'annonce d'une rationalisation qui pourrait se traduire par des coupures de postes, Benoît Laprade, analyste chez Lévesque, Beaubien, Geoffrion, parle d'une transaction profitable pour les deux entreprises: « Domtar trouve un partenaire compétent pour son secteur le moins performant. Les frères Lemaire (Cascades) réalisent enfin leur ambition envers la division d'emballage de Domtar. »
Source : Les Affaires, 1er novembre 1997, p.70. La Presse, 10 octobre 1997, p.C1.
Le 22 octobre 1997 Annonce du plan stratégique d'Hydro-Québec pour 1998-2002
Ce plan sera déposé en janvier prochain devant une Commission parlementaire.
« Ce plan prévoit une croissance des ventes de 23 % (22 TWh de plus qu'aujourd'hui) et des investissements de 13 milliards $. Au premier mai 1998, les tarifs d'électricité seront augmentés en fonction de l'inflation, soit d'environ 1,8 %, et seront gelés par la suite jusqu'en avril 2002. Sur cette base, Hydro-Québec prévoit faire passer son bénéfice net de 760 millions $ en 1997 à 1,85 milliard $ en 2002 et, au cours de cette période, verser des dividendes de 3,7 milliards $ au gouvernement du Québec, son unique actionnaire. » Par contre, le plan doit respecter trois conditions: respecter les normes environnementales, être socialement et localement acceptable en plus d'être rentable.
Source : Le Devoir, 23 octobre 1997, p. A1. Québec Info, «Hydro-Québec a d'ambitieux projets», v.4, n.1, hiver 1998.
Le 28 octobre 1997 Annonce d'un investissement de 55 millions de dollars à la Reynolds de Cap-de-la-Madeleine
La Société générale de financement du Québec (SGF) et Reynolds Metals Company annoncent un investissement de 55 millions de dollars à l'usine Reynolds de Cap-de-la-Madeleine, rebaptisée Reycan. Les deux propriétaires détiennent un nombre égal de parts dans cette entreprise.
Cet investissement visera entre autres à agrandir l'usine de laminage, à accroître la capacité d'homogénéisation, la taille et la qualité des bobines, ainsi que la capacité de production et de finition de feuilles minces. L'usine de laminage de Cap-de-la-Madeleine fabrique principalement des ailettes d'aluminium utilisées dans les climatiseurs et les radiateurs d'automobiles. Selon le président de Reycan, Ralph Nener: « Cette usine, sans devenir pour autant une multinationale, pourra bientôt réclamer le titre de joueur important de l'industrie de la transformation de l'aluminium. »
Source : Les Affaires, 18 octobre 1997, p.18. Le Devoir, 29 octobre 1997, p.B2.
Le 1er octobre 1998 Obtention d'un important contrat par Bombardier
La compagnie Bombardier annonce qu'elle a conclu le plus important contrat de son histoire: la construction de 50 jets régionaux au coût de 1,5 milliard de dollars.
Deux mois plus tard, le 9 décembre, Bombardier annoncera la signature d'un autre contrat d'envergure. Il s'agit d'une entente avec la compagnie ferroviaire britannique Virgin Rail qui s'élève à 2,6 milliards de dollars. Au cours de la dernière année, Bombardier Aéronautique aurait engagé environ 1 000 nouveaux employés pour répondre à ses commandes.
Le 20 octobre 1998 Annonce de coupures de poste par le Canadien National
En réaction à une détérioration de sa situation financière, le Canadien National (CN) coupe 3 000 postes à la grandeur du Canada, soit environ 12 % de ses effectifs. À Montréal seulement, environ 500 personnes seront affectées par cette décision.
C'est par le truchement des médias que les 21 600 employés du transporteur ferroviaire ont appris que 3 000 d'entre eux perdraient leur emploi d'ici à la fin de 1999. La dernière grande vague de réduction des effectifs remontait à 1995, lorsque l'entreprise ferroviaire a enclenché son processus de privatisation. Le CN s'était alors engagé dans un plan prévoyant la suppression de 1 000 emplois par année, pendant quatre ans. « Les abolitions de postes dans l'ensemble du réseau sont permanentes. Il s'agit d'une décision difficile, mais essentielle », selon Paul Tellier, le président-directeur-général du Canadien National, qui chiffre à 150 millions de dollars par année les économies qui découleront des nouvelles compressions.
Source : Le Devoir, le 21 octobre 1998, p.B2 et le 22 octobre 1998, p.A1.
Le 30 octobre 1998 Achat de la chaîne Provigo par Loblaw
La Caisse de dépôt et de placement du Québec accepte la transaction qui permet au géant ontarien Loblaw d'acheter la chaîne de supermarchés québécoise Provigo pour une somme de 1,6 milliard de dollars.
C'est après de longues négociations que la Caisse de dépôt et de placement du Québec accepte finalement l'offre de Loblaw concernant l'achat du numéro un en alimentation au Québec, les magasins Provigo. À la suite de cette importante transaction, Loblaw devient le plus gros joueur de l'industrie canadienne de l'alimentation. Après avoir contacté la plupart des grands groupes alimentaires au monde, dont certains en France, en Allemagne ou aux États-Unis, la Caisse de dépôt finit par accepter l'offre de Loblaw dont les concessions de dernière minute font grimper les actions à 15,62 $, soit 0,62 $ de plus qu'au moment de l'offre initiale. Selon le président de la caisse, Jean-Claude Scraire: « Ce qui fut le plus difficile à négocier, c'est le prix ». Les nouveaux propriétaires s'engagent à maintenir Provigo comme une entité distincte et aucun des 37 000 employés de la chaîne québécoise ne devrait se voir mis à la porte.
Source : Le Devoir, 1er décembre 1998, p.B2, 3 décembre 1998, p. A6.
Le 1er octobre 1999 Inauguration du Club Compassion à Montréal
Le Club Compassion inaugure ses locaux. Il reçoit notamment l'appui du député bloquiste de Rosemont, Bernard Bigras, et celui de la Coalition des organismes communautaires québécois de lutte contre le sida.
Le Club Compassion est mis sur pied afin d'offrir la vente de marijuana à des fins thérapeutiques, aux malades chroniques. En attendant une législation fédérale sur la vente de marijuana à des fins thérapeutiques, l'ouverture du centre donnera lieu à un débat public. Le Club Compassion est le deuxième du genre au Canada, après celui de Vancouver.
Le 27 octobre 1999 Demande des producteurs de bois d'œuvre
L'Association des manufacturiers de bois de sciage du Québec demande le retour du libre-échange avec les États-Unis dans le domaine du bois d'œuvre. Les producteurs se disent prêts à subir un autre conflit comme celui qui dura de 1991 à 1996 et à exposer leurs positions devant les tribunaux commerciaux américains.
Cet accord signé avec les États-Unis en 1996 prendra fin le 31 mars 2001. Selon ses dispositions, les producteurs de bois d'œuvre québécois devaient payer de lourdes taxes sur les exportations aux États-Unis lorsqu'elles excédaient un certain quotas. Le président-directeur général de l'association, Jacques Robitaille croit qu'il n'y a aucune raison de maintenir cet accord « puisque nous avons déjà fait la preuve que le bois d'œuvre n'est pas subventionné au Québec et puisque les redevances ont subi d'importantes augmentations au Québec depuis, nous ne voyons pas pourquoi nous ne pourrions pas passer le test à nouveau si jamais les Américains voulaient refaire cette bataille-là ». L'association a l'appui du gouvernement du Québec dans ce dossier, mais souhaite également avoir celui du gouvernement du Canada et des autres provinces canadiennes.
Source : Le Devoir, 28 octobre 1999, p. B3, La Presse, 28 octobre 1999, p.B9.
Le 14 octobre 2000 Expansion du centre des technologies textiles
Le Centre des technologies textiles inaugure un nouveau bâtiment qui servira à la recherche dans les domaines de la protection environnementale et de la vie humaine. Ce projet a nécessité un investissement de 280 000 $ de la part du Centre et une subvention de 1,4 millions de dollars de la part de la Fondation canadienne pour l'innovation et du gouvernement du Québec, en 1999.
Le Centre des technologies textiles de Saint-Hyacinthe a été fondé en 1987. Il est le seul établissement du genre au Canada avec ses secteurs chimie et fabrication textile. Le but de cet organisme sans but commercial est de développer ses propres recherches dans le domaine des géo synthétiques. Quelques-uns des projets du Centre consistent à développer de nouveaux filtres bactériens pour les fins de traitement des eaux usées, de même que de développer des vêtements légers de protection contre les rayons ultraviolets dans le but de réduire les cas de cancer de la peau. L'entreprise gère ses activités avec un budget annuel de 3 millions de dollars et réussit à réinvestir chaque année près de 10 % de cette somme. « Notre mission est d'aider les entreprises à être plus concurrentielles en développant des produits de haute valeur ajoutée », explique Jacek Mlynarek, directeur général du Centre.
Source : Les Affaires, Samedi 7 octobre 2000, p.44.
L'aluminerie canadienne Alcan et l'Algroup, une société originaire de Suisse, décident d'unir leurs forces. Le coût de cette fusion s'élève à 5,7 milliards de dollars américains. Elle donnera naissance à un leader mondial dans la production de l'aluminium et de l'emballage. La nouvelle société espère faire des économies annuelles d'environ 150 millions de dollars.
En septembre 1999, cette fusion devait être un mariage à trois puisque la société française Pechiney devait faire partie du groupe. L'entrée en vigueur de la fusion globale entre ces trois entreprises devait être effective en mars 2000. Toutefois, la compagnie française à décidé de se retirer du projet. La principale raison évoquée est la prudence de la Commission européenne qui craignait une trop grande prédominance de la nouvelle entité dans le marché. Pour que le projet fonctionne, Alcan devait se départir de ses parts dans son usine en Allemagne qui représente son cœur d'activités en Europe. « Nous étions prêts à une fusion, mais pas à n'importe quel prix », confiait Jacques Bougie président et chef de la direction chez Alcan.
Source : Les Affaires, 23 octobre 1999, p.82, Le Devoir, 14 avril 2000, p.A7, 18 juillet 2000, p.B1, La Presse, 14 avril 2000, p.C1.
Le 23 octobre 2001 Entente de principe entre le gouvernement du Québec et les Cris
Le premier ministre du Québec, Bernard Landry, et Ted Moses, chef du Grand Conseil des Cris, se félicitent après avoir signé la paix des braves le 7 février 2002, à Waskaganish, au Québec.
Le projet de déviation de la rivière Rupert et de la construction de barrages hydroélectriques à cet endroit est officialisé par un accord entre le gouvernement provincial et les Cris. Cette entente, que l'on surnomme la « paix des Braves », est célébrée au Salon rouge de l'Assemblée nationale en présence du premier ministre du Québec, Bernard Landry, et du chef du Grand Conseil des Cris, Ted Moses.
Cette entente de principe, qui prévoit la dérivation de la rivière Rupert et la construction d'une centrale hydroélectrique de 1 200 mégawatts, est rendue possible grâce à un engagement financier de 3,5 milliards en 50 ans du gouvernement du Québec envers les Cris. Satisfaits de l'autonomie conservée sur leur propre développement économique et social, les Cris décident d'abandonner les poursuites judiciaires de 500 millions engagées contre le gouvernement, accusé de ne pas avoir évalué au préalable les impacts environnementaux et sociaux des coupes forestières. À la suite de cette entente, un comité sera formé en vue de faire des évaluations environnementales sur le territoire. Les représentants de ces comités seront nommés par le gouvernement québécois et par le grand Conseil de la nation Cri. Cette façon de procéder fait en sorte d'accélérer la réalisation du projet. On prévoit d'ailleurs que la centrale sur la rivière Eastmain pourrait être en fonction d'ici dix ans. Selon le chef Moses: « Avec cette entente de principe, nous ouvrons la porte, et je vois une coopération et un respect mutuel entre nos deux peuples. Je vois le Québec regarder le peuple cri comme une partie essentielle du caractère politique, économique, culturel et linguistique de ce territoire et comme un partenaire au développement. Je vois le peuple cri travaillant avec les Québécois sur des projets conjoints en partageant la vision d'intérêts communs sur ce territoire. »
Source : Le Devoir, 23 octobre 2001, p.A2, 24 octobre 2001, p.A1, A4 et A11.
Le 26 octobre 2001 Annonce d'un plan de mesures d'urgence par le gouvernement du Québec
Le gouvernement provincial veut mettre sur pied un « plan rouge » afin de pouvoir agir sur tout le territoire du Québec en cas de catastrophe.
Cette initiative est directement liée aux attentats terroristes survenus aux États-Unis le 11 septembre 2001. Le ministère de la Santé et des Services sociaux veut créer ce plan afin de pouvoir agir rapidement sur l'ensemble du territoire québécois. Il prévoit entre autres le nombre de respirateurs, de moniteurs cardiaques, de lits d'hôpitaux et les stocks de médicaments disponibles dans chaque région, ainsi que la façon dont ils pourraient être acheminés vers d'autres régions. Ce plan comprend même des équipes de relève pour le personnel infirmier et médical.
Le 2 octobre 2002 Nomination de Guy Chevrette comme envoyé spécial du premier ministre pour expliquer l'accord conclu avec les Innus aux populations non autochtones
La mission de Guy Chevrette, un ancien ministre du Parti québécois (PQ), est de convaincre la population non autochtone du Nord du Québec et du Saguenay-Lac-Saint-Jean des mérites de « l'Approche commune » définie dans la proposition d'entente de principe entre les Innus et le gouvernement. Il doit expliquer l'entente à la population, entendre les plaintes et les suggestions pendant les 80 jours de son séjour dans les régions concernées. Il produira également un rapport et devra agir comme témoin à la Commission parlementaire qui aura lieu en février 2003 sur le projet d'entente avec les Innus.
Chevrette se trouve devant une tâche délicate, car une partie de la population est peu et mal informée. Un sondage révèle que 30 % de la population du Saguenay ne connaît rien de l'entente conclue en juin entre les Innus et le négociateur du gouvernement provincial, Me Louis Bernard. Aussi, la tension est parfois grande comme c'est le cas dans la région de Sept-Îles où les populations blanche et innu sont très émotives. Cette entente de principe concerne 9 000 Innus de Nutashkuan sur la Côte-Nord et trois communautés montagnaises du Saguenay-Lac-Saint-Jean (Betsiamites, Essipit et Mashteuiatsh). Dans cette entente de principe, le gouvernement accorde en pleine propriété aux Innus une zone deux fois plus grande que leurs réserves actuelles. Ce territoire de 522 km² porte le nom de Innu Assi, « terre en propre » en langue innue. Des droits de chasse, de pêche, de trappe et de cueillette seraient accordés aux Innus pour le territoire plus vaste du Nitassinan où ils n'auront toutefois pas les pleins pouvoirs. Le 21 janvier 2003, l'ex-ministre Guy Chevrette remettra son rapport final devant la commission parlementaire. Il sera somme toute bien accueilli.
Source : Le Devoir, 3 octobre 2002, p. A2, 26 octobre 2002, p.A4. La Presse, jeudi 23 janvier 2003, p.A7.
Le 8 octobre 2002 Déclaration de Bernard Coulombe, ex-président de Mine Jeffrey Inc.
« L'entreprise est mise en veilleuse un certain temps. Ça va prendre quelques années pour atteindre les conditions de marché avec lesquelles on pourra concurrencer... Mon grand défi, c'est de réussir à sauvegarder ce qui a été fait depuis 123 ans à Asbestos, et particulièrement ce qui a été fait dans les 5 dernières années avec les 140 millions $ invertis. On ne peut pas gaspiller ça... On ne veut pas de subventions et on a toujours remboursé nos prêts ».
« On s'est fait sortir du marché. Ceux qui exploitent les mines d'amiante en Russie, au Zimbabwe et au Brésil, je les connais bien, ils sont là pour faire un maximum de profits le plus rapidement possible. Ils sont en train d'épuiser leur ressource et ils n'investiront pas dans la recherche et l'exploitation de leur filon. Dans très peu de temps, je prévois que 3 des 7 mines d'amiante au monde seront épuisées. À ce moment-là, on pourra envisager une reprise, mais d'ici-là... Il y a des projets satellitaires qui ont un certain potentiel (les lampadaires ou poteaux électriques en amiante-ciment, la forstérite, les freins) mais ce sont des solutions intermittentes. Ce ne sont pas ces usines qui feraient rouler la mine ».
Source : Les Actualités, vol. 43, no 42, 12 octobre 2002, p. 5.
Le 28 octobre 2002 Démission du ministre de la Justice Paul Bégin
Paul Bégin, ministre de la Justice, procureur général et ministre responsable de l'application des lois professionnelles, donne sa démission au premier ministre du Québec, Bernard Landry. Il quitte également le caucus du Parti québécois (PQ), mais demeurera député de la circonscription de Louis-Hébert jusqu'aux prochaines élections où il ne compte pas solliciter un nouveau mandat. Il est le cinquième ministre du PQ en moins d'un an qui donne sa démission.
Selon Bégin, cette démission est en partie due au manque flagrant de détermination du gouvernement de Bernard Landry face au projet de souveraineté politique du Québec. « Quelle perception veut-on laisser aux gens lorsqu'on déclare avoir un objectif et qu'en même temps on refuse de dire qu'on prendra les moyens nécessaires pour y arriver ? Belle façon de tuer l'idée qu'on dit vouloir vendre », explique le ministre démissionnaire. Depuis plusieurs mois, Bégin dit mener une campagne au sein du Conseil des ministres pour convaincre le premier ministre Landry de s'engager à tenir un référendum, mais sans grand succès. Il se dit aussi choqué que l'on nomme un médiateur dans le dossier des procureurs, alors qu'il subissait une intervention chirurgicale et qu'il avait déclaré qu'il était inconcevable de nommer un médiateur tandis que les négociations n'avaient pas encore débuté. Toujours selon Bégin, cette décision illustre une « profonde divergence de vues entre le premier ministre et moi » et « un manque de confiance à mon égard ». Bernard Landry reçoit la démission de son ministre avec regret et rend hommage à son professionnalisme. Il mentionne également qu'il comprend l'impatience de Bégin en ce qui concerne la souveraineté du Québec, mais qu'il n'est pas question d'un référendum tant qu'il n'est pas certain de le gagner. Paul Bégin sera remplacé par le ministre de la Sécurité publique, Normand Jutras, un avocat de profession qui est député de la circonscription de Drummond.
Source : La Presse, 29 octobre 2002, p.A3. Le Devoir, 29 octobre 2002, p.A6-A7.
Le 4 octobre 2003 Tenue d'un référendum sur un projet de casino à Kahnawake
Pour la seconde fois en moins de dix ans, les Mohawks de Kahnawake rejettent par voie de référendum un projet de construction de casino sur leur réserve.
Le projet, estimé à 114 millions de dollars, est repoussé dans une proportion de 57 % contre 43 %. Cette marge déçoit Le chef de la réserve, Joe Norton, et ceux qui voyaient dans ce casino une alternative intéressante pour les jeunes Mohawks portés à quitter Kahnawake pour se trouver de l'emploi. Pour sa part, Cecil Charlie, un citoyen satisfait par la tournure du vote, résume en ces mots les arguments des opposants au projet: « Sur papier, les promesses des promoteurs paraissaient alléchantes, mais en même temps, tout le monde savait que ça apporterait beaucoup de corruption dans la réserve ». Eviron le tiers des électeurs éligibles se sont prononcés lors de ce référendum, un taux de participation relativement élevé pour une consultation de ce genre.
Le 6 octobre 2003 Annonce d'une transaction majeure par le groupe Couche-Tard
Alain Bouchard devant l'un de ses dépanneurs Couche-Tard.
Le président du groupe Couche-Tard, Alain Bouchard, annonce officiellement la conclusion d'une entente avec le groupe américain Conoco-Philipps. Elle prévoit l'acquisition par Couche-Tard de 1 663 dépanneurs de la chaîne Circle K.
Cette importante transaction, qui aurait été réalisée le 3 octobre, est évaluée à 1,12 milliards de dollars. Des 1 663 dépanneurs appartenant à Circle K, la grande majorité possèdent des pompes à essence. Avec cette acquisition, Couche-Tard consolide sa place parmi les géants nord-américains dans ce secteur. L'entreprise québécoise comptera à l'avenir plus de 4 630 magasins.
Source : La Presse, 7 octobre 2003, LPA p.1-2, et LPA p.20.
Le 14 octobre 2003 Publication d'une lettre du premier ministre Jean Charest dans les principaux quotidiens du Québec
Dans cette lettre, le premier ministre se propose de « faire le point avec vous (la population québécoise) sur le travail que nous avons accompli et sur le travail important que nous accomplirons au cours des prochains mois ». Le Parti libéral du Québec (PLQ), dirigé par Jean Charest, a pris le pouvoir à Québec six mois auparavant, lors de l'élection générale du 14 avril 2003.
Dans le texte que publient les quotidiens de la province, Jean Charest rappelle les grands objectifs fixés par son parti lors de la dernière campagne électorale: maintien de l'équilibre budgétaire, amélioration des systèmes de santé et d'éducation, etc. Pour le premier ministre: « La modernisation de notre État n'est donc pas une question idéologique ou partisane, mais une nécessité qui nous est dictée par notre époque et ses enjeux. » Charest se veut rassurant sur sa conception du rôle social de l'État, tout en exprimant le désir d'apporter des changements substantiels. Dans un des passages les plus discutés de sa lettre, il affirme: « Sans surprise, les groupes d'intérêt qui bénéficient du statu quo, et devant qui le gouvernement précédent a reculé, font du bruit. Je leur demande aujourd'hui de faire preuve d'ouverture et d'avoir la grandeur de ne pas faire passer des intérêts corporatistes au-dessus des intérêts historiques du Québec et de tous les Québécois. » La remarque fait bondir les dirigeants des principales centrales syndicales -Confédération des syndicats nationaux (CSN), Centrale des syndicats du Québec (CSQ), Centrale des syndicats démocratiques (CSD)- , dont le président de la Fédération des travailleurs et des travailleuses du Québec (FTQ), Henri Massé, pour qui: « le gouvernement est en train de faire une campagne de propagande et ceux qui ne sont pas tout à fait d'accord, on devient des immobilistes ».
Source : La Presse, 14 octobre 2003, p.A21, 15 octobre 2003, p.A3.
Le 18 octobre 2003 Ouverture d'un conseil national du Parti québécois sous le thème de la « saison des idées »
La « saison des idées » se veut une réflexion sur la situation du Parti québécois (PQ) quelques mois après la défaite électorale du 14 avril et sur les orientations que cette formation devra prendre au cours des années à venir. Elle est inaugurée lors d'un conseil national qui se tient à Québec.
L'ex-premier ministre Bernard Landry participe à cet exercice de réflexion qui prend une tournure inattendue lorsque le politologue Jean-Herman Guay, de l'Université de Sherbrooke, livre aux militants une analyse plutôt sombre quant aux chances de réalisation du projet souverainiste dans un avenir rapproché. Selon lui: « La quête de tous les pouvoirs ou d'un plus grand nombre de pouvoirs revêt à présent un caractère essentiellement administratif; elle n'a plus d'échos dans la vie quotidienne des gens (...) Le Parti québécois a atteint une maturité certaine. S'il continue de déployer des énergies pour fixer de nouveaux rendez-vous avec l'Histoire, il va s'épuiser dans son rêve et se marginaliser. » Le chef du PQ ne partage pas cette vision qu'il qualifie de « défaitisme à l'état pur ». Pour Bernard Landry: « Dire: une nation qui réussit se condamne par son succès à son statut provincial éternel, si c'est ça qu'il veut dire, cela me révulse totalement. »
Source : Le Devoir, 20 octobre 2003, p.A1, A3 et A8. La Presse, 19 octobre 2003, p.1 et A2.
Le 4 octobre 2004 Annonce d'un important projet de construction d'éoliennes
Le premier ministre du Québec, Jean Charest, annonce que des investissements majeurs seront effectués en Gaspésie afin de permettre à la région de développer la production d'énergie éolienne. Le projet, qui pourrait atteindre deux milliards de dollars, prévoit la participation d'investisseurs privés et de la société d'État Hydro-Québec.
Deux entreprises, la Cartier Wild Energy et la Northland Power, sont au cœur de ce projet auquel participera Hydro-Québec qui achètera l’énergie produite par les éoliennes. On évalue à près de 1 000 mégawatts le potentiel du futur complexe dont les activités devraient débuter en 2006. Il s’agit d’une bonne nouvelle pour la région de la Gaspésie où l’on espère créer plusieurs centaines d’emplois, notamment avec des usines de pièces conçues spécifiquement pour les éoliennes. Le ministre des Ressources naturelles, de la Faune et des Parcs, Sam Hamad, n’hésite pas à qualifier le projet de « plus important investissement jamais fait en Gaspésie ». Le gouvernement prévoit également définir une politique afin d’encadrer le développement de cette source d’énergie renouvelable dont on souhaite augmenter la production au cours des années à venir.
Source : Le Devoir, 5 octobre 2004, p.1 et A8. La Presse, 5 octobre 2004, p.1 et A6.
Le 7 octobre 2004 Annonce de suppression d'emplois chez Bombardier aéronautique
Des ventes insuffisantes du Jet régional CRJ200 obligent la compagnie Bombardier à procéder à la fermeture de 2 000 emplois, dont 1 340 au Québec. D'autres mises à pied pourraient bien survenir dans les mois à venir si la situation ne s'améliore pas.
Depuis les événements du 11 septembre 2001, l’industrie de l’aéronautique est en perte de vitesse. Chez Bombardier, environ 10 000 emplois ont été coupés, dont plus de 2 000 à Montréal seulement. L’annonce du 7 octobre 2004 s’expliquerait en partie par la situation financière précaire de certains clients de Bombardier ainsi que par l’évolution des attentes dans le domaine du transport aérien. Le Jet régional CRJ 200 est un modèle qui compte une dizaine d’années d’existence. Dans un communiqué, le chef de l’exploitation de l’entreprise, Pierre Beaudoin, parle de « gérer efficacement nos cadences de production et notre calendrier de livraison afin de nous protéger en cas d’annulation ou de report des commandes. » Des 1 340 emplois supprimés, on en compte 460 à l’usine de Dorval et 410 à celle de Mirabel.
Source : La Presse, 8 octobre 2004, p.A1 et A8 et Cahier Affaires, p.1-3. Le Devoir, 8 octobre 2004, p.A1 et A8.
Le 12 octobre 2004 Ouverture du Sommet des générations
Une centaine d'intervenants du monde politique et syndical, du milieu des affaires et de diverses associations, participent à un sommet organisé par le gouvernement du Québec. Parmi les thèmes abordés: les changements démographiques et la situation des finances publiques.
Le gouvernement libéral de Jean Charest est à l’origine de cette initiative qui rassemble des personnalités politiques, des chefs des centrales syndicales ainsi que des intervenants du monde des affaires (Conseil du patronat, Caisse de dépôt, etc.). Dénonçant ce qu’ils perçoivent comme une absence d’ouverture du gouvernement dans le dossier des prêts et bourses, les représentants des associations étudiantes quittent pour leur part le sommet dès le 13 octobre. À la lumière de la situation des finances publiques, plusieurs recommandent au gouvernement de renoncer à sa promesse de réduire les impôts de 1 milliard de dollars pour chaque année de son mandat. Sans se compromettre dans ce dossier, le premier ministre met l’accent sur la nature consensuelle de l’exercice qui se déroule à Saint-Augustin-de-Desmaures: « On ne va pas compenser en deux jours et demi 40 ans de déclin de la natalité. Et on ne va pas non plus régler en 60 heures une architecture de 50 milliards de dollars de dépenses de programmes. La chose que nous allons changer est de faire équipe pour engager des changements profonds.» Des équipes de réflexion seront chargées d’élaborer des plans d’action dans des domaines comme la santé, l’éducation, la famille ou l’avenir des régions. À court terme, le gouvernement réitère sa volonté d’augmenter d’une heure et demie le temps d’enseignement à l’école primaire d’ici septembre 2006.
Source : Le Devoir, 13 octobre 2004, p.1 et A8; 14 octobre 2004, p.1 et A8; 15 octobre 2004, p.1 et A10. La Presse, 13 octobre 2004, p.A6-A7; 14 octobre 2004, p.A8; 15 octobre 2004, p.A21.
Le 31 octobre 2004 Fin du transport de passagers à l'aéroport de Mirabel
Un peu moins de 30 ans après son ouverture officielle, en octobre 1975, l'aéroport de Mirabel met fin au transport des passagers. À partir de novembre, ce service ne sera offert qu'à l'aéroport Pierre-Elliott-Trudeau (Dorval).
On entrevoyait de grandes choses pour Mirabel lors de sa fondation, en 1975. Les réalisations restent toutefois nettement inférieures aux attentes, ce qui entraîne une remise en question de la vocation de l’aéroport au cours des années 90. Après quelques tergiversations, la Société des aéroports de Montréal annonce en 1997 son désir de cesser le transport de passagers à Mirabel et de transférer ce service en totalité à l’aéroport Pierre-Elliott-Trudeau. La décision entre en vigueur le 31 octobre 2004. Désormais, Mirabel n’accueillera que des avions-cargos. Déçu par la tournure des événements, le maire de Mirabel, Hubert Meilleur, déplore que l’on réserve ce sort à ce qu’il qualifie de « seul outil vraiment international dans le grand Montréal ».
Source : Le Devoir, 1er novembre 2004, p.1 et A8. La Presse, 31 octobre 2004, p.A6.
Le 19 octobre 2005 Publication du manifeste « Pour un Québec lucide »
L'ex-premier ministre du Québec, Lucien Bouchard, est le porte-parole d'un groupe formé d'une douzaine de personnalités québécoises qui cosignent un manifeste intitulé « Pour un Québec lucide ». Le document suscite une vive polémique qui alimentera les discussions pendant plusieurs jours.
Parmi les signataires du manifeste, on retrouve notamment des personnalités politiques, des gens d'affaires ainsi que des intellectuels issus des milieux universitaires (Bouchard, Joseph Facal, Pierre Fortin, Claude Montmarquette, André Pratte, Pierre Lacroix, Guy Saint-Pierre, Denise Robert, Jean-Claude Robert, Marie Saint Pierre, Sylvie Lalande, Denise Verreault). « Pour un Québec lucide » se veut une réflexion sur les défis auxquels le Québec sera confronté au cours des années à venir. Ses auteurs expriment des inquiétudes particulières pour des questions comme la situation des finances publiques, la concurrence étrangère, le vieillissement de la population et la faible croissance démographique du Québec. Une tendance à l'immobilisme est également soulignée par les signataire du manifeste qui craignent que les moindres changements « à nos confortables habitudes de vie soient accueillis par une levée de boucliers ». Le document est apprécié par le premier ministre Jean Charest, mais beaucoup moins par les syndicats et les mouvements de gauche. Un autre manifeste, cosigné par une trentaine de personnalités est publié le 1e novembre. Intitulé « Pour un Québec solidaire », il se veut une réplique au manifeste des « lucides » dans lequel on privilégie une autre approche au règlement des problèmes qui affectent la société québécoise.
Source : Le Devoir, 20 octobre 2006, p. A1-A3, B1. La Presse, 20 octobre 2006, p. A1, A9 et A 25.
Le 11 octobre 2006 Annonce de coupures d'emplois dans l'industrie forestière
L'industrie forestière québécoise est secouée par une série de mauvaises nouvelles. Une des plus importantes est rendue publique le 11 octobre 2006 alors que l'entreprise Domtar annonce la fermeture de quatre scieries pour une période indéterminée, provoquant la perte de plus de 900 emplois.
Les quatre usines en question sont celles de Matagami, Val d'Or, Lebel-sur-Quévillon et Nairn Centre, en Ontario. Cette annonce survient au cœur d'une période tourmentée pour l'industrie forestière québécoise. Au cours des semaines précédentes, d'autres entreprises œuvrant dans ce secteur ont également procédé à des mises à pied massives. C'est le cas notamment d'Abitibi Consolidated (environ 700 emplois), Tembec et Kruger. Les principales raisons évoquées sont la poussée récente du dollar canadien, la situation de l'approvisionnement en bois et la concurrence étrangère. Malgré l'entrée en application de l'entente sur le bois-œuvre, le situation du marché américain reste également préoccupante. Les besoins en construction s'annoncent en effet modestes à court terme. Ces pertes d'emplois s'ajoutent à la longue liste de mauvaises nouvelles qui affectent l'industrie forestière depuis plus d'un an. De plus, les observateurs sont peu optimistes pour l'avenir et prédisent même d'autres difficultés dans les mois à venir. Pressés d'intervenir afin d'atténuer l'impact de ces mises à pied, les gouvernements tentent de se faire rassurants. Appelé à réagir, le ministre québécois des Finances, Michel Audet, déclare: « La question de la forêt est très préoccupante et on est là-dessus à plein temps ».
Source : Le Devoir, 11 octobre 2006, p. B1; 12 octobre 2006, p. A1, B1; 13 octobre 2006, p. A7; 14 octobre 2006, p. C7. La Presse, 11 octobre 2006, cahier Affaires, p. 1; 12 octobre 2006, p. A3.
Le 24 octobre 2006 Annonce de la fermeture éventuelle de l'usine Norsk Hydro de Bécancour
La direction de Norsk Hydro confirme la fermeture en 2007 de son usine de Bécancour, une décision qui entraînera la perte de 380 emplois. Cette annonce survient dans un contexte difficile puisque Bombardier Aéronautique fait savoir qu'elle sabrera pour sa part près de 500 emplois dans la région montréalaise.
Il s'agit d'un véritable « mardi noir » pour le secteur manufacturier québécois. La vigueur du dollar canadien (près de 90 cents américains), la concurrence chinoise et le coût de l'énergie sont évoqués pour expliquer la fermeture de Norsk Hydro dont l'impact se fera sentir sur l'économie de la Mauricie. Des projets de relance ou de vente de cette usine de magnésium sont formulés, mais les porte parole de l'entreprise semblent peu enclins à croire en leurs chances de succès. L'usine, qui avait ouvert ses portes en 1989, a une main-d'œuvre dont la moyenne d'âge est d'environ 45 ans. Les nouvelles ne sont guère plus réjouissantes du côté de Bombardier Aéronautique qui prévoit le licenciement de plus de 1100 de ses employés, dont près de 500 au Québec. Ses dirigeants justifient cette décision en mettant l'emphase sur la baisse du nombre de commandes pour leurs biréacteurs régionaux. En revanche, ils confirment l'embauche de quelques centaines de travailleurs à l'usine Havilland de Toronto d'ici 2007.
Source : La Presse, 24 octobre 2006, cahier Affaires, p. 8; 25 octobre 2006, cahier Affaires, p. 3 et 5. Le Devoir, 24 octobre 2006, p. B4; 25 octobre 2006, p. C3.
Le 25 octobre 2006 Ouverture du Forum socio-économique des Premières Nations
Quelques centaines de personnes sont attendues à Mashteuiatsh, dans la région du Lac-Saint-Jean, pour participer au Forum socio-économique des Premières Nations. Cette initiative réunit une dizaine de chefs autochtones ainsi que plusieurs personnalités politiques représentant les gouvernements fédéral et provincial.
Les participants à ce Forum se penchent de façon particulière sur les problèmes qui affligent les populations des Premières Nations (taux de suicide élevé, faible taux de réussite scolaire, etc.). Ces tares, ainsi que les conditions de pauvreté dans lesquelles vivent plusieurs autochtones, ont d'ailleurs déjà été au cœur de critiques que l'Organisation des Nations unies a adressées aux autorités canadiennes. Pour y remédier, un des présidents du Forum, le chef régional de l'Assemblée des Premières Nations du Québec et du Labrador (APNQL), Ghislain Picard, réclame des gouvernements une aide significative qui permettrait la création de 10 000 emplois et de 10 000 logements d'ici 2011. Le premier ministre du Québec, Jean Charest, propose des pistes de solution, dont la création d'une table tripartite à laquelle prendraient part des participants des gouvernements fédéral et provincial ainsi que des Premières Nations. Charest est d'ailleurs présent pendant les trois jours de discussion alors que son homologue fédéral, Stephen Harper, est absent, et que les ministres fédéraux se montrent plutôt discrets. Même si de belles intentions sont exprimées et que plusieurs témoignages contribuent à sensibiliser la population canadienne aux problèmes que vivent les autochtones, le Forum, qui prend fin le 27 octobre, est marqué par peu d'engagements concrets d'envergure.
Source : Le Devoir, 25 octobre 2006, p. A3 et A7; 26 octobre 2006, p. A2 et A7; 27 octobre, p.A1 et A8; 28 octobre 2006, p. A3; 31 octobre 2006, p.A6. La Presse, 25 octobre 2006, p.10; 26 octobre 2006, p. A17; 27 octobre 2006, p.A6; 28 octobre 2006, p. 1 et A16; 29 octobre 2006, p. A4.
Le 15 octobre 2007 Dépôt du rapport de la Commission Johnson sur l'effondrement du viaduc de la Concorde
Le rapport de la Commission d'enquête sur le viaduc de la Concorde, présidée par l'ex-premier ministre du Québec Pierre Marc Johnson, est rendu public. Il identifie une série de causes expliquant l'effondrement du viaduc de la Concorde qui avait fait cinq victimes en septembre 2006.
Il faut plus d'une année de consultations avant que ce rapport très attendu ne soit rendu public. La commission Johnson avait été formée par le gouvernement libéral de Jean Charest dans la foulée de l'effondrement du viaduc de la Concorde à Laval, le 30 septembre 2006. Selon les experts de la Commission, la plupart des causes identifiées sont liées à la phase de construction du viaduc: mauvais devis, mauvais béton, négligence dans la conduite et dans la surveillance des travaux, etc. Cette accumulation de fautes serait directement responsable de la faiblesse fondamentale de la structure. La Commission adresse également un blâme au ministère des Transports du Québec « [...] pour les faiblesses systémiques qui ont persisté durant de longues années et qui l'auront empêché de comprendre l'état de dégradation croissante du viaduc et d'y remédier. » En prévision du dépôt du rapport et de ses conclusions, le premier ministre Jean Charest avait annoncé une semaine plus tôt l'investissement de 30 milliards d'ici 2012 pour la mise à jour des infrastructures.
Source : La Presse, 16 octobre 2007, p. A18; 17 octobre 2007, p. A9; 19 octobre 2007, p. A17. Le Soleil, 15 octobre 2007, p. 9. Le Devoir, 19 octobre 2007, p. A1. http://www.radio-canada.ca/regions/Montreal/2007/10/18/003-Rapport-CommissionJ.shtml
Le 17 octobre 2008 Discours du président français Nicolas Sarkozy devant l'Assemblée nationale du Québec
De nombreuses personnalités assistent au discours que prononce le président français Nicolas Sarkozy devant l'Assemblée nationale du Québec. Cet événement, une première, est vite éclipsé par les propos que tient le président par la suite, en conférence de presse, à l'effet que le monde n'a pas besoin d'une « division supplémentaire ».
Un an après son élection, le président Nicolas Sarkozy est de passage au Québec pour la première fois. Il effectue cette visite dans le cadre du Sommet de la Francophonie qui se déroule pour la deuxième fois au Québec. Il s'agit d'un des nombreux événements qui se déroulent dans la capitale en 2008 à l'occasion de son 400e anniversaire. La venue du président est attendue depuis longtemps. Le 17 octobre, il prononce même un discours devant l'Assemblée nationale du Québec, une première pour un chef d'État français. À cette occasion, Sarkozy parle, entre autres, des liens particuliers qui unissent la France et le Québec, et il souligne son admiration pour le Québec « qui défend sa langue et son identité » sans se replier sur lui-même. Lors de la conférence de presse qui suit, et à laquelle participe le premier ministre canadien Stephen Harper, le président élabore sur une autre dimension de cette relation lorsqu'il affirme: « J'ai toujours été un ami du Canada. Parce que le Canada a toujours été un allié de la France, qu'il est membre du G8. Et franchement, s'il y a quelqu'un qui vient me dire que le monde a besoin aujourd'hui d'une division supplémentaire, c'est qu'on ne fait pas la même lecture du monde. » Considérée comme une intrusion dans le débat constitutionnel canadien, cette réponse de Sarkozy provoque du ressentiment chez les souverainistes. Pauline Marois et Gilles Duceppe, qui sont respectivement chefs du Parti et du Bloc québécois, expriment dans une lettre leur irritation pour les propos du président français, précisant « que jamais un chef d'État étranger n'a autant manqué de respect aux plus de deux millions de Québécois qui se sont prononcés pour la souveraineté. » Sarkozy y répondra peu de temps après par une lettre au ton cordial.
Source : La Presse, 18 octobre 2008, p. 1 et al.; Le Devoir, 18 octobre 2008, p. 1 et al.; http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2008/10/18/001-parizeau-sarkozy.shtml
Le 24 octobre 2008 Annonce de la démission du maire de Sherbrooke, Jean Perrault
Après plus d'un quart de siècle de politique active, le maire de Sherbrooke, Jean Perrault, crée une certaine surprise en annonçant qu'il ne sollicitera pas un nouveau mandat en 2009.
À 63 ans, Perrault est un des doyens parmi les maires du Québec. Il a d'abord été conseiller municipal pendant 12 ans, avant d'accéder à la mairie de Sherbrooke en 1994. Il remporte par la suite trois autres victoires (1998, 2001, 2005), toutes par des marges importantes. Jean Perreault est également connu à l'extérieur de sa ville puisqu'il a été président de l'Union des municipalités du Québec, de 2005 à 2007, et qu'il est, au moment de l'annonce de son départ, président de la Fédération canadienne des municipalités. Malgré sa popularité, qu'un sondage publié dans la presse estrienne confirme, le maire démissionnaire précise qu'il n'a pas l'intention de poursuivre sa carrière politique sur la scène provinciale ou fédérale. Soulignons qu'au cours des mandats de Perreault, Sherbrooke est devenue une ville « fusionnée » qui a absorbé ses voisines en janvier 2002. Le projet Cité des rivières, les cérémonies du bicentenaire de la ville, en 2002, et la présentation des Championnats mondiaux junior d'athlétisme marquent également le règne du maire sortant qui se retirera à l'expiration de son mandat, en novembre 2009.
Le 11 octobre 2009 Fin du voyage spatial de Guy Laliberté
Le fondateur du Cirque du Soleil, Guy Laliberté, effectue un voyage dans l'espace à bord d'une capsule Soyouz. L'événement occupe une grande place dans les médias québécois avant que l'équipage ne revienne sur Terre sain et sauf 12 jours après son départ.
Guy Laliberté devient le septième « touriste de l'espace », une expression utilisée pour décrire les civils qui défraient d'importants montants d'argent pour vivre une expérience spatiale aux côtés d'un équipage de spécialistes. On estime à 35 millions de dollars la somme qu'il aurait dépensée à cette occasion. Les étapes précédant le départ de Laliberté, dont son entraînement, sont suivies avec intérêt au Québec où un débat s'engage sur la pertinence de tels vols. L'apprenti cosmonaute s'envole finalement le 30 septembre à partir de la base de Baïkonour, au Kazakhstan. Tout se déroule sans anicroches et des images de Laliberté, entouré des membres de la mission sur la station spatiale internationale, sont diffusées. Ce voyage sert également au fondateur du Cirque du Soleil et à l'organisme One Drop, qu'il a mis sur pied, à faire avancer une cause qui leur tient à cœur: la sensibilisation à l'importance de l'eau pour l'avenir du genre humain. Dans cette optique, un spectacle à grand déploiement est présenté le 9 octobre. Intitulé « De la Terre aux étoiles pour l'eau », il met en vedette des personnalités préoccupées par la cause environnementaliste - Al Gore, David Suzuki, etc. - ainsi que des artistes de réputation internationale - Bono, Peter Gabriel, Garou, etc. Portant fièrement le nez de clown qui est devenu sa marque de commerce, Guy Laliberté revient sur Terre le 12 septembre.
Source : La Presse, 10 octobre 2009, p. A6-A7, 13 octobre 2009, p. A11; Le Devoir, 10 et 11 octobre 2009, p. A2-A3. http://www.radio-canada.ca/nouvelles/arts_et_spectacles/2009/10/11/001-Laliberte-retour.shtml
Le 29 octobre 2009 Annonce d'une acquisition importante par Hydro-Québec
Le premier ministre du Québec, Jean Charest, et son homologue du Nouveau-Brunswick, Shawn Graham, signent une entente prévoyant l'acquisition par Hydro-Québec des principaux éléments d'actif d'Énergie Nouveau-Brunswick (NB). Cette transaction de 4,75 milliards de dollars suscite de vives réactions.
Présent lors de cette cérémonie, le pdg d'Hydro-Québec, Thierry Vandal, se réjouit de l'acquisition d'Énergie NB, le joueur principal dans le domaine énergétique au Nouveau-Brunswick. Avec cette transaction, évaluée à près de 5 milliards de dollars, la Société d'État franchit une étape importante dans sa stratégie à long terme. En plus de devenir le principal fournisseur d'énergie électrique au Nouveau-Brunswick - sept centrales hydroélectriques, une d'appoint au diesel et une centrale nucléaire après réfection - , Hydro-Québec obtient également des points d'interconnexion et des droits de transport vers les États de la Nouvelle-Angleterre. En retour, le Nouveau-Brunswick reçoit des garanties, dont celle d'un gel de 5 ans sur les tarifs résidentiel et commercial. Cette entente est généralement bien accueillie au Québec, tant chez les environnementalistes que dans les milieux d'affaires. Ce positionnement d'Hydro-Québec, qui lorgnerait maintenant du côté de la Nouvelle-Écosse et de l'Île-du-Prince-Édouard, suscite toutefois des inquiétudes à l'extérieur de la province, notamment de la part du premier ministre de Terre-Neuve, Danny Williams. L'annonce provoque même des réactions aux États-Unis, ainsi qu'au Nouveau-Brunswick où les forces d'opposition s'organisent afin de contester l'entente qui doit être adoptée avant le 1e avril 2010.
Source : La Presse, 30 octobre 2009, Affaires, p. 1-3; Le Devoir, 30 octobre 2009, p. 1 et A10. http://www.radio-canada.ca/regions/atlantique/2009/10/29/001-energie-nb-jeudi.shtml
Le 12 octobre 2012 Premier voyage à l'étranger de la première ministre du Québec Pauline Marois
Quelques semaines après son assermentation, la première ministre du Québec, Pauline Marois, entreprend son premier voyage à l'étranger. Ses deux destinations sont le Sommet de la Francophonie à Kinshasa, en République démocratique du Congo (RDC), puis la France où elle rencontre le président François Hollande.
Accompagnée de son ministre des Affaires étrangères Jean-François Lisée, la première ministre se rend d'abord au Sommet de la Francophonie où siègent les gouvernements du Québec, du Canada et du Nouveau-Brunswick. C'est à cette occasion que Pauline Marois échange une première poignée de main depuis son élection avec le premier ministre canadien Stephen Harper. D'une durée de 25 minutes, la rencontre entre les deux chefs de gouvernement se serait déroulée dans la cordialité. Une controverse teinte toutefois ce Sommet qui a lieu en RDC, un pays qui vient de tenir des élections marquées d'irrégularités aux yeux de la communauté internationale. Les représentants du Canada et du Québec dénoncent en effet cet accroc à la démocratie. Stephen Harper exprime le vœu que ces Sommets se tiennent désormais dans des pays démocratiques alors que la première ministre québécoise refuse de rencontrer le président Joseph Kabila. Une simple poignée de main sera échangée entre eux. Par contre, Marois aura une discussion avec le premier ministre congolais Augustin Matata Ponyo. La délégation québécoise se rend ensuite en France. Même s'il ne s’agit pas d'une visite officielle, la première ministre récemment élue est reçue par les figures de proue de la politique française, notamment le président François Hollande et le premier ministre Jean-Marc Ayrault. Hollande profite de l'occasion pour souligner que la formule de « non ingérence et de non indifférence » à l'égard du Québec, développée au cours des années 1970, prévalait encore. Cette déclaration tranche avec l'approche du président Nicolas Sarkozy qui avait exprimé sa préférence pour un Canada uni et contre ce qu'il percevait comme un « enfermement sur soi » du Québec. Pauline Marois échange également avec d'importants investisseurs économiques français à qui elle réitère son intérêt dans le développement du Nord québécois et son désir de voir sa province, et plus particulièrement Montréal, jouer un rôle de premier plan dans le domaine de la créativité et de l'innovation.
Le 18 octobre 2012 Rejet par le CRTC de l'acquisition d'Astral par Bell
Après des audiences mouvementées au cours desquelles plusieurs intervenants du monde des communications se sont prononcés, le Conseil de la radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC) rejette la proposition d'achat d'Astral par Bell pour la somme de 3,38 milliards de dollars.
La perspective de l'acquisition d'Astral par Bell, un géant canadien des communications possédant déjà plusieurs dizaines de stations de radio et de chaînes de télévision, soulève une levée de boucliers, notamment chez ses concurrents. La transaction, qui s'élèverait à 3,38 milliards de dollars, suscite de vives réactions, particulièrement de la part des rivaux de Bell - Québecor, Rogers, etc. - et d'organismes de consommateurs. L'Union des consommateurs exprime par exemple des « préoccupations sérieuses à l'égard de la saine concurrence ». Pour sa part, Bell met l'accent sur l'avantage de conserver Astral entre les mains d'intérêts canadiens, plutôt que de la voir passer aux mains d'un concurrent étranger. Une guerre de chiffres domine les audiences du CRTC, des divergences fondamentales subsistant quant au pourcentage de contrôle exercé par Bell sur le marché des communications. Le 18 octobre, le nouveau président du CRTC, Jean-Pierre Blais, rend finalement publique la décision de son organisme de rejeter l'offre d'achat, jugeant que celle-ci « ne sert pas l'intérêt public ». Astral, qui contrôle 84 stations de radio et 24 chaînes de télévision spécialisées, demeure donc toujours à vendre.
Source : Le Devoir, 20 et 21 octobre 2012, cahier Économie, p. C1. http://quebec.huffingtonpost.ca/2012/10/17/crtc-decision-jeudi-bell-astral-media_n_1975505.html http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Economie/2012/10/18/002-bell-astral-decision-crtc.shtml
Le 24 octobre 2012 Publication de statistiques tirées du Recensement fédéral de 2011
Le dévoilement de statistiques portant sur la langue d'usage au Québec et au Canada lors du Recensement de 2011 suscite des discussions animées. Une des données les plus discutées est la langue d'usage à la maison. On observe à ce chapitre une baisse du français au Québec par rapport à 2006.
Un recul du français parlé à la maison est constaté tant au Québec qu'au Canada. La baisse est particulièrement marquée dans la région de Montréal, le pourcentage de gens parlant la langue de Molière dans leur domicile ayant passé de 62,4% à 56,5% entre 2001 et 2011. Cette baisse s'expliquerait par un usage plus répandu des langues autres que l'anglais, un phénomène qui amène des lectures partagées de la part des analystes interrogés à ce sujet. En effet, alors que certains y voient une matière à inquiétude pour l'avenir du français dans la métropole, d'autres tendent à voir dans ces statistiques une preuve de la résilience de cette langue. Ils s'appuient notamment sur le fait que l'usage de la langue à la maison n'est pas le critère le plus déterminant pour évaluer l'état de santé du français. Enfin, si le nombre de Canadiens bilingues a augmenté, on observe une diminution à ce niveau en terme de pourcentage global de la population du pays.
Le 7 octobre 2013 Dévoilement du plan Priorité emploi par le gouvernement du Parti québécois
Le gouvernement du Parti québécois, dirigé par Pauline Marois, annonce la mise sur pied du plan Priorité emploi qui prévoit pour environ 2 milliards de dollars de mesures variées. Le ministre des Finances, Nicolas Marceau, le justifie en évoquant la nécessité pour l’État d’intervenir afin de relancer une économie dont les performances sont inférieures aux attentes.
Un an après son arrivée au pouvoir, le gouvernement du Parti québécois fait face à une situation difficile. La création d’emplois au cours des derniers mois est nettement inférieure à la moyenne canadienne. De plus, les entrées moins importantes dans les coffres de l’État alimentent la rumeur que l’objectif du déficit zéro pour le budget 2014 ne sera pas atteint. Le 7 octobre, la première ministre Pauline Marois, entourée de huit de ses ministres, dévoile les paramètres du plan Priorité emploi visant à redonner un élan à l’économie. Il compte quatre axes principaux: recherche et innovation, industrie, commerce extérieur et électrification des transports. Plusieurs projets, chiffrés à 2 milliards de dollars pour les quatre prochaines années, sont mis de l’avant. Parmi les plus importants, des investissements estimés à un demi-milliard de dollars afin de rénover les écoles. Une part significative de ce plan repose aussi sur l’aide à la recherche et à l’innovation dans les entreprises ainsi que sur le développement d’une stratégie de l’électrification des transports. Le gouvernement souhaite également mettre ses surplus d’électricité au profit des investisseurs afin de générer des emplois. En tout, il pense être en mesure d’en créer un peu plus de 100 000 d’ici 2017, incluant ceux déjà prévus. Le plan est dans la mire des partis d’opposition qui s’interrogent sur la provenance, dans ce contexte budgétaire difficile, des sommes nécessaires à sa réalisation. Les analystes y voient aussi la confirmation que le ministre des Finances, Nicolas Marceau, a renoncé à la possibilité de présenter un budget équilibré au printemps 2014, ce qui constituait pourtant un des objectifs de son gouvernement. À un autre niveau, plusieurs observateurs voient dans cette annonce un signe avant-coureur d’élections générales qui pourraient avoir lieu le 9 décembre.
Le 9 octobre 2014 Adoption d'une motion interdisant à un député de l'Assemblée nationale de détenir une majorité d'actions dans une entreprise médiatique
Le chef de la Coalition Avenir Québec (CAQ), François Legault, dépose une motion interdisant à un député de l'Assemblée nationale de détenir une majorité d'actions dans une entreprise médiatique. Elle est perçue par le Parti québécois (PQ) comme une attaque contre son député de Saint-Jérôme, Pierre-Karl Péladeau, l'actionnaire de contrôle du groupe Québecor.
L'annonce de l'entrée en politique de l'homme d'affaires Pierre-Karl Péladeau, le 9 mars 2014, suscite de vives réactions. En tant qu'actionnaire de contrôle de l'empire médiatique Québecor, celui-ci est considéré comme un des hommes les plus influents de la province. Péladeau est victorieux dans Saint-Jérôme, mais le PQ est défait aux élections générales du 7 avril. La question des conflits d'intérêts potentiels entre Péladeau et son rôle à l'Assemblée nationale est relancée à l'automne, à l'approche du déclenchement de la course au leadership du PQ. Le député de Saint-Jérôme est interpellé par son confrère péquiste de Rosemont, Jean-François Lisée, qui le presse de clarifier sa situation. Puis, le 7 octobre, Péladeau est directement visé par une motion déposée par le chef de la CAQ, François Legault. Celle-ci stipule « qu'un député ou un membre de sa famille immédiate ne puisse d'aucune façon détenir directement ou indirectement la majorité des actions ou une position de contrôle dans une entreprise médiatique ». En réaction, Péladeau annonce qu'il n'a aucune intention de vendre ses actions, mais qu'il les placerait dans une fiducie sans droit de regard. De plus, il s'engage à faire « une déclaration sur l'honneur » à l'effet qu'il n’interviendra pas dans le contenu éditorial des médias de Québecor. Cette approche ne satisfait pas les caquistes, les libéraux et les députés de Québec solidaire qui votent en faveur de la motion le 9 octobre (84 contre 22). Les péquistes dénoncent pour leur part les intérêts partisans derrière cette motion que Péladeau qualifie de « scélérate ». Des analystes s'interrogent aussi sur le pouvoir de l'Assemblée nationale d'imposer des restrictions de ce genre à un élu. Le gouvernement libéral annonce qu'une commission parlementaire se penchera sur les enjeux soulevés par cette question. Elle déposera un rapport en novembre.
Le 3 octobre 2015 Annonce de la démission de Marcel Aubut de la présidence du Comité olympique canadien
Quelques jours après avoir annoncé qu'il quittait ses fonctions de président du Comité olympique canadien (COC) pendant la durée d'une enquête sur des allégations de harcèlement sexuel, Marcel Aubut démissionne pour de bon le 3 octobre 2015. Dans la tourmente, celui-ci s'excuse et reconnait que son attitude « a pu être perçue comme discutable ».
Président des Nordiques de Québec à partir de 1978, l'avocat Marcel Aubut est sous les feux de la rampe en 1979 alors qu'il pilote le dossier de l'entrée de cette équipe dans la Ligue nationale de hockey. Après avoir été au cœur du montage financier permettant l'acquisition de l'équipe par un consortium d'entreprises québécoises, en 1988, il procède en 1995 à la vente des Nordiques, un geste qui ternit sa réputation. Aubut revient dans l'actualité avec son implication au sein du COC, dont il est le premier président francophone à partir de 2010. Il est responsable, entre autres, de l'établissement d'une Maison olympique canadienne à Montréal, en juin 2015. Quelques mois plus tard, il se retrouve cependant dans la controverse. Le 25 septembre, une plainte pour harcèlement sexuel est déposée contre lui par une femme, membre de la Fondation olympique canadienne qu'il dirige également. Une enquête est déclenchée. Le 30 septembre, Aubut annonce qu'il quitte son poste pendant la durée de l'enquête. Personnage pugnace et flamboyant, il est au centre d'une tempête médiatique qui s'accentue avec le dévoilement d'autres gestes inappropriés de sa part par des témoins dont l'identité demeure secrète. Les débats tournent autour de ses actions présumées, mais s'inscrivent aussi dans une perspective plus large, celle de rappeler ce qui peut être considéré comme du harcèlement sexuel, particulièrement en milieu de travail. Aubut s'excuse « sincèrement » et démissionne le 3 octobre. Le 9, il quitte aussi le cabinet d'avocats d'affaires BCF, dont il est membre, partenaire et vice-président du conseil d'administration, réitérant qu'il « assume l'entière responsabilité » de ses gestes. Selon lui, « la situation actuelle constitue une distraction majeure qui fait perdre de vue les véritables objectifs du COC, spécialement à la veille de Jeux de Rio (2016) ». Tricia Smith, la vice-présidente du COC, lui succédera temporairement.
Le 29 octobre 2015 Annonce d'une participation du gouvernement du Québec à une société en commandite créée pour la CSeries
Le gouvernement du Québec annonce qu'il injectera 1,3 milliard de dollars dans une nouvelle société en commandite, afin d'aider Bombardier à relancer la CSeries. Malgré l'enthousiasme des participants impliqués, la situation de cet avion de ligne régional civil, dont les premiers vols ont eu lieu en 2013 (CS100) et 2015 (CS300), nourrit les interrogations des analystes.
L'avionneur Bombardier a misé gros sur la CSeries dont les deux modèles comptent respectivement 100 (CS100) et 135 places (CS300). Malgré des centaines d'engagements signés et de commandes fermes, cet appareil, dont l'entrée en service devrait se faire en 2016, continue de soulever des interrogations. Les coûts nettement plus élevés que prévus, une forte compétition et les performances économiques récentes peu reluisantes de Bombardier incitent les analystes à évaluer avec réserve les chances de succès de la CSeries. Le 29 octobre, le gouvernement du Québec frappe un grand coup en annonçant la création d'une nouvelle société en commandite, créée spécifiquement pour la CSeries, dont il détiendra 49,5 % des parts pour 1,3 milliard de dollars. Bombardier détiendra le reste. Le gouvernement recevra aussi des bons de souscription d'actions pour les deux versements de 650 millions qui seront faits en 2016. Ces sommes seront puisées dans le Fonds du développement économique et administrées par Investissement Québec. L'ex-premier ministre Daniel Johnson fils présidera la nouvelle société. Malgré le risque, le ministre de l'Économie, de l'Innovation et des Exportations, Jacques Daoust, exprime son optimisme. Les syndicats et le premier ministre Philippe Couillard se réjouissent aussi de l'engagement que le siège social demeurera au Québec pendant 20 ans et que le maintien d'activités ici (fabrication, recherche, développement, etc.) permettra de protéger les 1700 emplois directs liés à la CSeries. D'accord sur le principe d'une aide gouvernementale, l'opposition critique toutefois le gouvernement sur plusieurs plans, notamment le fait que la société ne concerne que la CSeries, la moins performante des divisions de Bombardier. Des observateurs s'interrogent aussi sur le maintien de l'équipe de direction en place et sur les perspectives économiques offertes par cet avion de ligne régional. À cet égard, les partenaires dans la société en commandite envisagent la possibilité d'une participation du gouvernement fédéral et de la Caisse de dépôt et de placement.
Le 10 octobre 2019 Adoption du projet de loi 17 déréglementant l’industrie du taxi
Un texte original du Bilan Québec rédigé par Mélyann Guévremont, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Sous la menace d’un bâillon, le projet de loi 17 est adopté par l’Assemblée nationale le 10 octobre 2019. Seuls les députés du parti au gouvernement, soit la Coalition Avenir Québec, se prononcent en faveur de cette libéralisation du marché du taxi qui doit viser à une meilleure intégration légale des nouvelles offres en transport de personnes.
Ce projet de loi controversé fait suite aux grandes perturbations vécues dans l’industrie québécoise du taxi depuis l’arrivée, en 2013, des compagnies de services de transports comme Uber. En effet, les chauffeurs affiliés à Uber offraient leur service sans payer un permis comme les autres chauffeurs québécois. Cette concurrence, que plusieurs considèrent déloyale, a brisé le monopole de l’offre du système de permis. Ce faisant, la valeur des permis, alors de 1,3 milliard de dollars, soit plus de 200 000 $ par permis, a dégringolé. En 2016, le gouvernement du Québec met en place un projet-pilote imposant certaines balises aux chauffeurs Uber pour légaliser leurs activités. En mars 2019, le ministre des Transports du gouvernement caquiste, François Bonnardel, propose de modifier la loi qui balise l’industrie du taxi pour abolir l’obligation de se procurer un permis. Face à cette menace de perte financière pour les chauffeurs possédant un onéreux permis et une impression de favoritisme envers Uber, les chauffeurs tiennent plusieurs jours de grève partout au Québec. Ils organisent aussi des convois bloquant la circulation et de nombreuses manifestations dans les mois suivant l’annonce. Ces moyens de pression ne parviennent pas à faire changer le gouvernement. Toutefois, le montant promis pour indemniser les chauffeurs est bonifié. L’aide gouvernementale passe alors de 500 millions à plus de 800 millions de dollars, ce qui inclut 250 millions de dollars déjà versés par le gouvernement libéral précédent. L’indemnisation étant jugée insuffisante, une action collective sera lancée contre le gouvernement québécois, accusé d’avoir participé à l’effondrement de la valeur d’un bien, le permis de taxi, en tolérant les activités illégales d’Uber. En 2024, la Cour supérieure du Québec condamnera le gouvernement à payer 143 millions de dollars supplémentaires aux propriétaires d’un permis de taxi.
Source : La Presse, 2 septembre 2019, URL https://www.lapresse.ca/actualites/2019-09-02/greve-rotative-du-taxi-des-mardi; 11 octobre 2019, URL https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2019-10-11/industrie-du-taxi-le-gouvernement-paie-a-contrecoeur; Radio-Canada, 22 juin 2024, URL https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2082515/permis-taxis-uber-jugement; 9 mars 2023, URL https://ici.radio-canada.ca/recit-numerique/5453/lobbying-uber-taxi-quebec-couillard; 1er décembre 2018, URL https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1138912/transport-remunere-personnes-projet-pilote; Le Devoir, 26 mars 2019, URL https://www.ledevoir.com/societe/550656/greve-du-taxi; https://www.publicationsduquebec.gouv.qc.ca/fileadmin/Fichiers_client/lois_et_reglements/LoisAnnuelles/fr/2019/2019C18F.PDF
«...Tout en disant vouloir « uniformiser » le système de transport automobile, c’est précisément ce « deux poids, deux mesures » que le projet de loi no 17 vient alimenter. Du côté du taxi traditionnel, non seulement un permis n’est plus nécessaire pour les propriétaires de véhicules, mais les chauffeurs eux-mêmes n’ont plus besoin de permis de conduire 4C ni de plaque d’immatriculation spéciale, ouvrant la porte à une concurrence sans limites. [...] Mais à quoi sert toute cette déréglementation sinon à dérouler un tapis rouge aux Uber et aux Lyft de ce monde tout en jetant en pâture les vieux routiers de l’industrie du taxi ? Pourrait-on imaginer soumettre les producteurs de lait, protégés eux aussi par la gestion de l’offre, à traitement aussi injuste ? Poser la question, c’est y répondre. » Francine Pelletier, « Les oubliés », Le Devoir, 29 mai 2019.
«...Ce marché fermé du taxi, c’était le pacte social entre les chauffeurs et l’État. Les chauffeurs acceptaient d’acheter un permis de taxi PARCE QUE ce marché était protégé. Puis, Uber est arrivé. Uber a fait ce qu’Uber a fait partout : il a forcé les verrous du marché protégé. Et Uber a gagné l’accès à ce marché comme Uber gagne souvent : à l’usure. Et n’importe qui a pu faire du taxi, désormais, au Québec... Résultat : la valeur des permis a planté. [...] Uber carbure au labeur de chauffeurs qui ne seront jamais autre chose que des locataires. [...] Le modèle du marché fermé du taxi était hautement perfectible, mais il a permis à des milliers de Québécois de s’enrichir en travaillant fort. Très, très fort. À Montréal, cela a permis à des milliers d’immigrants de s’intégrer à la société ET de créer pour eux-mêmes cette sorte de richesse à laquelle on n’accède pas quand on est locataire. »
Patrick Lagacé, « Enrichir des Québécois... avec le taxi », La Presse, 3 avril 2019.
«...Ils étaient contre. Les ministres du gouvernement Legault n’approuvaient pas l’idée d’accorder des centaines de millions aux chauffeurs de taxi pour mettre fin à leurs récriminations. Mais comme le gouvernement nage dans les surplus, Québec a acheté la paix avec les fonds publics. [...] Selon les informations obtenues par La Presse, la totalité du Conseil des ministres voyait d’un mauvais œil l’indemnisation financière du gouvernement pour les quelque 20 000 chauffeurs et propriétaires, titulaires de permis souvent achetés à fort prix. Des ministres comme Éric Caire, Geneviève Guilbault et même François Bonnardel désapprouvaient une ponction aussi grande dans les fonds publics. Les interventions publiques de François Legault cette semaine n’étaient pas équivoques : il y a déjà beaucoup de fonds publics engagés, a-t-il plaidé. »
Denis Lessard, « Industrie du taxi : le gouvernement paie à contrecœur », La Presse, 11 octobre 2019.
Le 19 octobre 2020 Référendum favorable au changement du nom Asbestos qui devient Val-des-Sources
Un texte original du Bilan Québec rédigé par un.e, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Après un vote qui s’est étalé sur 5 jours, les citoyens d’Asbestos, une ville des Cantons-de-l’Est, se prononcent en faveur d’un changement de nom. Après trois tours de scrutin, c’est finalement Val-des-Sources qui l’emporte sur les 5 autres propositions en lice.
Depuis la fin du XIXe siècle, le village, puis la ville d’Asbestos se développent grâce à l’apport de l’amiante. On y exploite la mine à ciel ouvert Jeffrey, considérée comme la plus importante du genre au monde. Elle est de loin le principal employeur de l’endroit. L’association de la ville à cette industrie est notoire, le mot Asbestos étant synonyme d’amiante en anglais. Le gouvernement québécois nationalise ce secteur au cours des années 1970, mais celui-ci subit alors un ralentissement qui s’accentue au cours des décennies suivantes. La menace que ce minerai causerait sur la santé des travailleurs, dont l’amiantose, et sur celle de ses usagers, entraîne le boycott de certains pays et même une interdiction de la part du Canada en 2018. Des tentatives sont faites pour améliorer la situation, mais en 2012 on procède à la fermeture de la mine Jeffrey. En 2019, l’idée de remplacer le nom d’Asbestos, que plusieurs perçoivent comme préjudiciable, commence à prendre forme. Un certain mécontentement perdure, comme l’illustre une pétition de 1000 noms favorable au maintien d’Asbestos. Une campagne recueille néanmoins 400 propositions. On retient 4 finalistes, soit Apalone, Jeffrey, Phénix et Trois-Lacs. En fin de compte, 6 suggestions figureront sur les bulletins, soit L’Azur-des-Cantons, Jeffrey-sur-le-Lac, Larochelle, Phénix, Trois-Lacs ainsi que Val-des-Sources. Après l’élimination de 3 propositions, cette dernière obtient la majorité, soit 51,5 % des voix, devançant Trois-Lacs avec 26,6 %. La participation s’élève à 48,2 %. Le processus progresse ensuite auprès de la Commission de Toponymie du Québec. En décembre, le nom Val-des-Sources, reflétant « le drainage du territoire par de nombreux ruisseaux et rivières », est officialisé par Québec. Les Valsourciens-iennes fêteront leur 125e anniversaire en 2024.
Source : https://valdessources.ca/a-propos-de-la-ville/changement-de-nom/; https://thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/asbestos; https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1742182/nouveau-nom-asbestos-devoilement-changement-vote; La Tribune, 20 et 21 octobre 2020
«...Pour cette aisance et cette sécurité menacées par un nom qui effraie tout l’univers, nous devons prendre tous les moyens mis à notre disposition pour renaître par nos propres actions et obtenir notre place, une place respectée et respectable sur le marché des affaires locales, provinciales et étrangères, afin que nous puissions vivre d’une manière acceptable, tout en nous assurant de notre propre avenir dans le respect de chacun. Par le fait même, avec un nouveau nom, nous léguerons aux générations futures un avenir plus sécurisant et plus prometteur. Elles n’auront pas à se questionner ou à savoir si le nom de leur municipalité leur fait ou fera tort. Pour les citoyens actuels, le changement de nom permettra de redonner une nouvelle synergie collective à une population qui ne cesse de subir des coups et se relever après avoir vécu de nombreuses difficultés. Les citoyens devront entrer et célébrer le changement, munis de confiance, et repartir à nouveau avec le nouveau nom. C’est dans l’espoir qu’on va refaire le chemin, pour se donner de nouveaux lendemains. »
Raymond Boutet, « Asbestos : le changement de nom, pourquoi? », La Tribune, 3 octobre 2020, p. 26.
«...Le processus de changement de nom ne fait pas que des heureux à Asbestos. Alors que les citoyens ont choisi de renommer leur ville Val-des-Sources après quatre jours de vote, une pétition lancée par un citoyen a déjà récolté plus de 500 signatures pour que l’ancienne ville minière garde son nom. Jeff Therrien, résident d’Asbestos et instigateur de la pétition, attendait le dévoilement officiel du choix des citoyens pour entamer ses démarches de contestation. Depuis que la Ville d’Asbestos a annoncé ses intentions de changer de nom en novembre 2019, Jeff Therrien s’y est toujours opposé. La pétition a pour but de faire un référendum pour que ce soit les citoyens qui décident si on change de nom ou pas parce que les citoyens n’ont pas été consultés. Ça s’est fait à huis clos entre le conseil et le maire. Plusieurs Estriens s’opposaient à ce changement de nom, lance-t-il au micro de l’émission Par ici l’info. Même si [Asbestos] change de nom, je voudrais que ce soit les citoyens qui l’aient décidé. [Ce sont] eux qui ont élu le maire. J’ai l’impression que ça serait [...] plus démocratique. »
S.A., « Plus de 500 signatures pour une pétition contre le changement de nom d’Asbestos », Ici Radio-Canada, 20 octobre 2020.
Le 18 octobre 2018 Assermentation des ministres du gouvernement de la Coalition avenir Québec
Un texte original du Bilan Québec rédigé par un, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Dix-sept jours après la victoire électorale du 1er octobre 2018, le premier gouvernement de l’histoire de la Coalition avenir Québec (CAQ), dirigé par François Legault, est assermenté. Au sein de son cabinet, le premier ministre s’appuie sur un mélange de vétérans du parti et de nouveaux visages n’ayant aucune expérience ministérielle.
La CAQ a créé une certaine surprise en défaisant facilement le Parti libéral de Philippe Couillard, au pouvoir depuis 2014. Le chef François Legault peut puiser parmi les 73 autres élus de sa formation, assermentés le 16 octobre, pour former son cabinet, une première historique pour la CAQ. Lui-même un comptable de formation, il mise sur une équipe économique ayant une bonne expérience du secteur financier et des affaires : Christian Dubé (Conseil du Trésor), Éric Girard (Finances) et Pierre Fitzgibbon (Économie). Plusieurs autres ministres sont également issus de ce milieu. Un des enjeux majeurs du nouveau gouvernement sera l’amélioration de la situation du système de santé, une tâche confiée à Danielle McCann, elle-même diplômée en administration des affaires. Parmi les jeunes ministres, on retrouve Simon Jolin-Barrette. À 31 ans, il sera chargé du ministère de l’Immigration, la Diversité et l’Inclusion, en plus d’être le leader du gouvernement à l’Assemblée nationale. La nouvelle vice-première ministre Geneviève Guilbault, Jean-François Roberge et Sonia Lebel héritent pour leur part respectivement de la Sécurité publique, de l’Éducation et de la Justice. D’autres vétérans de la CAQ, comme Éric Caire, à la Transformation numérique gouvernementale, et François Bonnardel, aux Transports, entrent aussi au conseil des ministres. À l’exception du premier ministre qui, dans le passé, a occupé plusieurs ministères au sein du gouvernement du Parti québécois, la seule personne ayant une expérience ministérielle est Marguerite Blais. Celle-ci a siégé avec les libéraux de Philippe Couillard de 2007 à 2015, occupant la fonction de ministre des Aînés. Cette fois, elle aura la responsabilité des Aînés et des Proches aidants. On observe une faible représentation montréalaise au sein de ce conseil de 26 ministres qui respecte toutefois la parité entre les hommes et les femmes.
Source : https://www.assnat.qc.ca/fr/patrimoine/cabinets6.html#legault1; https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1130029/assermentation-74-deputes-caq-legault-serment; Le Devoir, 19 octobre 2018, p. A8; Le Soleil, 19 octobre 2018, p. 2; La Presse+, 20 octobre 2018, p. 1 et 6.
«...Il s’agit sans conteste d’un événement historique : un changement de régime politique comme il s’en est produit en 1976 avec l’élection du premier gouvernement du Parti québécois. Le premier ministre François Legault a d’ailleurs rappelé, jeudi, la mémoire de René Lévesque -- un homme dont il a dit qu’il l’avait inspiré toute sa vie -- en reprenant sa célèbre litote, le " quelque chose comme un grand peuple ". Dans cette optique, on ne saurait reprocher au Conseil des ministres d’être formé d’un grand nombre de néophytes ; seulement François Legault et Marguerite Blais possèdent un bagage ministériel et plus de la moitié des ministres n’ont aucune expérience politique. Mais c’était le cas en 1976, et le premier gouvernement Lévesque n’a certes pas démérité. Évidemment, toute comparaison est boiteuse : le gouvernement caquiste n’a pas les mêmes ambitions réformatrices, mais cela correspond à l’air du temps. »
Robert Dutrisac, « Premier Conseil des ministres, ou l’obligation de résultats », Le nationalisme de François Legault », Le Devoir, 19 octobre 2018, p. A8.
«...François Legault a récolté jeudi les fruits d’une longue et efficace opération de recrutement de candidats, comme il ne s’en était pas connu depuis longtemps au Québec. Le premier conseil des ministres qu’il a formé avec sa garde rapprochée a de la profondeur - même s’il est composé de recrues. Et c’est tant mieux! Il y a des expériences de vie et des CV solides dans ce groupe. Le premier ministre aura de plus de quoi suppléer aux carences qui apparaîtront inévitablement dans ses rangs au cours des prochains mois. Des élus demeurés simples députés pourront prendre la relève lorsqu’il le faudra. En matière de « parité », le progrès est indéniable avec 13 femmes dans un conseil des ministres comptant 26 membres. En avril 2014, le gouvernement de Philippe Couillard avait nommé huit femmes, le même nombre que celui de Pauline Marois en septembre 2012. Encore là, François Legault a récolté les fruits d’une vraie campagne de recrutement de candidats et candidates. »
Jean-Marc Salvet, « Simon-Jolin Barrette « Un jeune homme brillant qui gagne à être connu...»», Le Soleil, 19 octobre 2018, p. 2.
«...C’est comme un film choral. Tout le monde se retrouve à la fin. La prochaine réunion des cabinets de la Coalition avenir Québec aura des allures de conventum péquiste, bien des employés politiques des années Landry, Boisclair et Marois se retrouvant dans les officines du gouvernement. Devant la photo de famille, un constat s’impose : près de huit ans après sa création, même si elle pouvait s’appuyer sur les effectifs de l’Action démocratique qui l’a précédée, la Coalition avenir Québec n’est pas parvenue à attirer beaucoup de nouveaux cerveaux. Même chose au niveau de la haute fonction publique, où le nouveau fonctionnaire numéro un, Yves Ouellet, a à l’évidence eu carte blanche pour remplir les bureaux du Conseil exécutif. Pour les apparatchiks, on n’est pas parti d’une page blanche. La page était bleue, en fait. »
Denis Lessard, « La CAQ au pouvoir, les péquistes aux commandes », La Presse+, 20 octobre 2018, p. 1 et 6.
Le 5 octobre 2018 Expulsion de Guy Ouellette du Parti libéral du Québec
Un texte original du Bilan Québec rédigé par William Thériault, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Le 5 octobre 2018, le Parti libéral du Québec (PLQ) expulse le député Guy Ouellette, évoquant un « grave bris de confiance ». Député de Chomedey, à Laval, depuis 2007, celui-ci est soupçonné d’avoir transmis des informations compromettantes sur le gouvernement libéral de Philippe Couillard à la Coalition avenir Québec (CAQ). Le chef par intérim du parti, Pierre Arcand, chasse donc Ouellette du caucus malgré sa réélection convaincante aux élections générales du 1er octobre 2018.
Le 25 octobre 2017, Guy Ouellette a été arrêté par l’Unité permanente anticorruption (UPAC). Il était alors soupçonné d’être mêlé aux fuites d’informations relatives à l’enquête Mâchurer, sur le financement du PLQ. Le 28 septembre 2018, le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) a reconnu cependant la nullité des mandats d’arrestation contre Ouellette. Puis, l’ancien policier a été réélu avec 53 % des voix dans Chomedey le 1er octobre 2018. Le 5 octobre 2018, Ouellette est exclu du PLQ, une dizaine de jours après que le chef caquiste François Legault ait révélé que celui-ci avait « coulé des renseignements à la CAQ en 2016 afin d’embarrasser son propre gouvernement ». Durant la campagne, le premier ministre sortant Philippe Couillard avait défendu son député, mais le nouveau chef intérimaire Pierre Arcand exprimait la « volonté unanime » des libéraux en l’expulsant, en raison de « plusieurs événements qui se sont produits au cours de la dernière année ». « C’est moi qui dirige actuellement le Parti libéral et donc la décision, elle est claire, elle est limpide », déclare-t-il. Filomena Rotiroti, présidente du PLQ, ajoute que Ouellette ne s’est pas présenté au caucus le matin du 5 octobre 2018, ce qui est obligatoire pour les députés. Il a plutôt transmis une lettre à Mme Rotiroti, qui l’a lue à ses collègues sans révéler son contenu aux médias. Le 31 août 2020, Guy Ouellette fera paraître un livre intitulé « Qu’on s’accuse ou qu’on s’excuse: les dessous de mon arrestation illégale ». Le 10 juin 2021, l’UPAC reconnaîtra avoir mené une « enquête fautive » sur Ouellette et présentera ses excuses. Le 29 août 2022, Guy Ouellette quittera la vie politique après le refus de la cheffe du PLQ, Dominique Anglade, de le reprendre au caucus.
Source : Radio-Canada, 27 septembre 2018, url https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1126260/guy-ouellette-information-divulguee-caq, Radio-Canada, 28 septembre 2018, url https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1126785/guy-ouellette-dpcp-upac-mandats-perquisition, TVA Nouvelles, 5 octobre 2018, url https://www.tvanouvelles.ca/2018/10/05/le-depute-guy-ouellette-est-exclu-du-caucus-liberal, La Voix de l’Est, 5 octobre 2018, url https://www.lavoixdelest.ca/2018/10/06/guy-ouellette-exclu-du-caucus-liberal-8cb5a7cfe37725d906c5bac68a25d68e/, Radio-Canada, 5 octobre 2018, url https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1128149/politique-quebec-plq-expulsion-caucus-guy-ouellette, La Presse, 31 août 2020, url https://www.lapresse.ca/actualites/justice-et-faits-divers/2020-08-31/guy-ouellette-regle-ses-comptes-avec-l-upac.php, Le Journal de Montréal, 10 juin 2021, url https://www.journaldemontreal.com/2021/06/10/lupac-presente-ses-excuses-a-guy-ouellette-1, Le Journal de Québec, 29 septembre 2022, url https://www.journaldequebec.com/2022/08/29/guy-ouellette-quitte-la-politique-avec-deception
«...Nouveau rebondissement dans « l’affaire Guy Ouellette », à trois jours des élections générales au Québec : à la lumière de nouvelles informations obtenues sur l’enquête concernant le député libéral sortant, le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP) reconnaît la nullité des mandats obtenus par l’Unité permanente anticorruption (UPAC) pour procéder à des perquisitions à la résidence et dans le véhicule de M. Ouellette, en octobre 2017. Sans préciser la nature exacte des informations, Me Josée Grandchamp, procureure en chef au Bureau de la grande criminalité et des affaires spéciales, a indiqué à Radio-Canada qu’elles ne sont pas en lien avec le privilège parlementaire. Elles sont cependant suffisamment importantes pour faire comprendre au DPCP qu’il ne peut défendre la validité des mandats de perquisition. [...] L’UPAC devra maintenant redonner à Guy Ouellette tous les biens saisis lors des perquisitions, notamment son téléphone cellulaire et son ordinateur, a par ailleurs confirmé le DPCP par communiqué. »
Jérôme Labbé, « L’UPAC encaisse un important revers dans son enquête sur Guy Ouellette », Radio-Canada, 28 septembre 2018.
«...En juin 2019, M. Ouellette avait déposé une poursuite de 550 000 $ contre le gouvernement. Jeudi, M. Gaudreau a affirmé que ses excuses font partie d’une entente confidentielle intervenue entre les parties. « La poursuite contre l’UPAC est terminée », a-t-il dit en refusant de donner plus de détails sur les conditions convenues. M. Ouellette, qui siège comme indépendant après avoir été expulsé du caucus libéral à la suite d’un différend, n’a pas voulu commenter. « Ce matin, j’encaisse le coup », a dit jeudi l’ancien policier. M. Gaudreau a expliqué que ces excuses s’adressent non seulement à M. Ouellette et ses proches, mais également aux députés de l’Assemblée nationale. En 2017, son arrestation avait provoqué une onde de choc au sein de l’institution. Le président de l’Assemblée nationale Jacques Chagnon s’était indigné des façons de procéder du corps policier qui était alors dirigé par Robert Lafrenière. »
Alexandre Robillard, « L’UPAC admet une « enquête fautive » sur Guy Ouellette », Le Journal de Montréal, 10 juin 2021.
«...Aussitôt élu chef par intérim du Parti libéral du Québec, Pierre Arcand a montré la porte du caucus à Guy Ouellette vendredi, rompant ainsi avec l’approche de son prédécesseur, Philippe Couillard. Le changement de ton est radical : en campagne électorale, Philippe Couillard a déclaré à de nombreuses reprises que Guy Ouellette allait rester dans les rangs libéraux après l’élection, en dépit des soupçons voulant qu’il ait envoyé des informations embarrassantes pour son parti à la Coalition avenir Québec et à Québec solidaire. " Sur la base des informations que je détiens aujourd’hui, il va être élu et il va être membre de notre caucus ", a-t-il par exemple attesté le 27 septembre. " Moi, je ne parle pas du passé, je parle de l’avenir ", a répété l’ex-chef libéral avant le scrutin. Or c’est précisément le passé, et plus particulièrement la " grande inquiétude " des élus libéraux " face à ce qui a été publié dans les journaux, qui était considéré dans plusieurs cas comme étant des faits ", qui a motivé leur décision concernant Guy Ouellette, a expliqué Pierre Arcand. " C’est un bris de confiance, tout simplement "…»
Marco Bélair-Cirino, Marie-Michèle Sioui, « Parti libéral du Québec – Pierre Arcand chasse Guy Ouellette », Le Devoir, 6 octobre 2018, p. A3.
Le 4 octobre 2018 Annonce du départ de la vie politique de l’ex-premier ministre Philippe Couillard
Un texte original du Bilan Québec rédigé par William Thériault, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Le 4 octobre 2018, Philippe Couillard annonce son retrait de la vie politique, trois jours après la défaite de son gouvernement aux élections générales québécoises. Premier ministre du Québec entre 2014 et 2018 sous la bannière du Parti libéral du Québec (PLQ), il quitte à la fois son poste de chef du parti et celui de député de Roberval. C’est le député de Mont-Royal–Outremont, Pierre Arcand, qui lui succède comme chef intérimaire.
Le 1er octobre 2018, la Coalition avenir Québec (CAQ) a remporté les élections générales québécoises, et a fait élire son chef François Legault comme nouveau premier ministre. Le PLQ récolte 32 sièges sur 125 à l’Assemblée nationale, soit 36 de moins qu’en 2014. C’est dans ce contexte que Philippe Couillard, premier ministre sortant, décide de quitter la vie politique malgré sa victoire dans Roberval. « Avec un bilan plus qu’enviable et le résultat de l’élection du 1er octobre, après avoir mis toute mon énergie au service du Québec, demeurer en politique, à quelque titre que ce soit, est au-delà de ce que je me sens humainement capable de faire. Je demande aux Québécoises et aux Québécois de le comprendre et de me laisser prendre congé en paix », déclare-t-il devant les journalistes de la colline parlementaire. Médecin et neurochirurgien de carrière, Couillard a été élu député libéral en 2003. Il a été ministre de la Santé et des Services sociaux dans le gouvernement libéral de Jean Charest, entre 2003 et 2008. Il a ensuite été élu à la tête du PLQ le 17 mars 2013, faisant de lui le chef de l’opposition officielle face à la première ministre péquiste Pauline Marois. Lors de son départ le 4 octobre 2018, Couillard livre un plaidoyer sur la protection des minorités, à l’intention de Legault et de la CAQ. Pour lui, les nouveaux arrivants comblent des emplois essentiels et ne sont « pas une menace ». Il appelle la société québécoise à faire en sorte de bien les intégrer. Le lendemain, les députés du PLQ choisissent Pierre Arcand pour succéder à Couillard, et l’accueillent chaleureusement. La CAQ remportera la partielle dans Roberval, alors que Arcand demeurera chef intérimaire du PLQ jusqu’au couronnement de Dominique Anglade le 11 mai 2020. Celle-ci deviendra la première femme cheffe du PLQ et traversera la période pandémique à la tête de l’opposition officielle à l’Assemblée nationale.
Source : Élections Québec, 1er octobre 2018, url https://www.electionsquebec.qc.ca/resultats-et-statistiques/resultats-generales/2018-10-01/, Journal de Québec, 4 octobre 2018, url https://www.journaldequebec.com/2018/10/04/en-direct-declaration-de-philippe-couillard, Radio-Canada, 5 octobre 2018, url https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1128127/caucus-chef-interimaire-plq, La Presse, 11 mai 2020, url https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2020-05-11/dominique-anglade-couronnee-cheffe-du-plq, Assemblée nationale du Québec, décembre 2023, url https://www.assnat.qc.ca/fr/deputes/couillard-philippe-5811/biographie.html.
«...Le départ de M. Couillard contraint en outre les électeurs de la circonscription de Roberval, que M. Couillard représente depuis 2014, à retourner aux urnes l’an prochain. Cela coûterait environ 500 000 $ à l’État. La prérogative de déclencher des élections partielles appartient au premier ministre. Il doit le faire au plus tard six mois après que le siège eut été laissé vacant. Philippe Couillard a remporté Roberval avec 42,5 % des suffrages exprimés lundi, loin devant la caquiste Denise Trudel et le péquiste Thomas Gaudreault, qui ont respectivement obtenu 24,2 % et 19 % des appuis. Roberval est la seule circonscription libérale au Saguenay-Lac-Saint-Jean et l’une des rares que le parti détient à l’extérieur de la grande région de Montréal. »
François Messier, « Philippe Couillard met fin à sa carrière politique », Radio-Canada, 4 octobre 2018.
«...Dans une intervention empreinte d’émotion, le premier ministre sortant, Philippe Couillard, a fait un plaidoyer en faveur de l’intégration des nouveaux arrivants, un credo dans le droit fil de toutes ses interventions depuis son retour en politique en 2013 [...] Tout le monde s’y attendait, il a confirmé sa décision de tirer un trait, pour de bon, sur sa carrière politique. Il quitte ainsi sa fonction de chef du Parti libéral du Québec et renonce à son siège de député de Roberval. Dans le hall du siège de l’Assemblée nationale, devant quelques dizaines de collaborateurs, M. Couillard était manifestement ému, cassant l’image de cérébral un peu désincarné qu’il a traînée tout au long de sa carrière politique. Surtout, il a tenu, pour cette dernière brève allocution, à souligner l’importance de l’intégration des nouveaux arrivants. Réprimant avec peine ses sanglots, il a rendu hommage à sa conjointe, Suzanne Pilote, pour sa connaissance « de la vraie vie du vrai monde ! ». « Il est temps de penser un peu à nous, comme dit la chanson… », a-t-il ajouté, la voix brisée par l’émotion. »
Denis Lessard, « Des adieux chargés d’émotion », La Presse+, 5 octobre 2018, p. 1 et 5.
«...« Nous avons beaucoup à faire, nous le savons, pour reconquérir l’électorat. Nous allons travailler avec nos militants, prendre acte et identifier la ou les causes des défaites de lundi dernier, a expliqué le nouveau chef. Nous allons nous rebâtir et notre parti redeviendra un parti fort, et ce dans toutes les régions du Québec. » Considérant que le parti compte depuis lundi 25 % de nouveaux députés, mais aussi de très nombreux départs, Pierre Arcand a précisé que sa priorité en tant que chef sera d’unifier le parti et de l’orienter en fonction de sa nouvelle réalité politique sur les bancs de l’opposition. Rappelons que le PLQ, qui comptait 68 députés à la dissolution de l’Assemblée nationale, en compte aujourd’hui 30, en tenant compte du départ de Philippe Couillard et de l’exclusion du caucus, vendredi matin, du député de Chomedey, Guy Ouellette. Il s’agit de la plus importante défaite électorale des libéraux du Québec dans l’histoire de leur parti. »
Hugo Lavallée, « Pierre Arcand devient chef intérimaire du PLQ », Radio-Canada, 5 octobre 2018.
Le 1er octobre 2018 Élection de la Coalition avenir Québec de François Legault à l’Assemblée nationale du Québec
Un texte original du Bilan Québec rédigé par William Thériault, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Le 1er octobre 2018, la Coalition avenir Québec (CAQ) remporte les élections générales provinciales, obtenant un gouvernement majoritaire. François Legault succédera à Philippe Couillard comme premier ministre du Québec, la victoire de la CAQ mettant fin à une alternance du pouvoir durant depuis 1970 entre le Parti libéral du Québec (PLQ) et le Parti québécois (PQ).
Entre 1970 et 2018, seuls des gouvernements du PLQ et du PQ ont été élus dans la province. L’élection majoritaire de la CAQ, le 1er octobre 2018, marque une surprise et un changement significatif de conjoncture politique : cette formation fondée en 2011 remporte 74 des 125 circonscriptions, avec 37,4 % du vote. « Aujourd’hui, il y a beaucoup de Québécois qui ont mis de côté un débat qui nous a divisés depuis 50 ans », déclare Legault dans son discours de victoire. Le PLQ, dirigé par le premier ministre sortant Philippe Couillard, reçoit 24,8 % des votes et perd la moitié de ses sièges, pour former la nouvelle opposition officielle avec 31 députés. Il s’agit d’un creux historique pour cette formation. Les deux autres partis majeurs, le Parti québécois (17,1%) et Québec solidaire (QS) (16,1 %), font chacun élire 10 députés. C’est la plus faible représentation du PQ depuis 1973, et un sommet pour QS. Environ 4,1 millions de votes sont exercés sur une possibilité de près de 6,2 millions, pour un taux de participation de 66,5 %, rapporte Élections Québec. La CAQ réalise d’importants gains dans les régions de Québec et de Chaudière-Appalaches, ainsi qu’en Estrie, en Mauricie, en Abitibi-Témiscamingue et en Outaouais. Le PLQ ne conserve essentiellement que ses circonscriptions de l’Île de Montréal et des banlieues, après avoir été élu gouvernement majoritaire en 2014. Malgré tout, Philippe Couillard conserve son poste de député dans Roberval, qu’il quittera bientôt. Le PQ perd la moitié de ses sièges et son chef, Jean-François Lisée, n’est pas élu. On comptera 52 députées sur les 125 de l’Assemblée nationale qui seront des femmes, un nombre inégalé. En 2020 et en 2021, la CAQ sera responsable de gérer la pandémie de COVID-19 au Québec. Puis, lors des élections générales de 2022, le parti de François Legault sera réélu de manière écrasante, avec 90 sièges et 41 % des voix.
Source : Radio-Canada, 1er octobre 2018, url https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1126899/elections-quebec-resultats-scrutin-soiree-parti-liberal-quebecois-coalition-avenir-quebec-solidaire, Radio-Canada, 2 octobre 2018, url https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1127392/victoire-francois-legault-caq-premier-ministre-conference-presse, Élections Québec, 1er octobre 2018, url https://www.electionsquebec.qc.ca/resultats-et-statistiques/resultats-generales/2018-10-01/, Le Journal de Québec, 2 octobre 2018; Le Devoir, 2 octobre 2018 et 3 octobre 2018, p. A7.
«...Sans surprise, M. Legault a désigné l’économie comme étant son dossier prioritaire. Il dit vouloir revoir rapidement le rôle d’Investissement Québec, afin que l’organisme fasse plus de démarchage auprès d’entreprises étrangères susceptibles de s’implanter au Québec et d’y créer « plus d’emplois bien payés ». Les délégations générales du Québec à l’étranger seront mises à contribution à cette fin. Le premier ministre désigné entend également « mettre en place des mesures concrètes pour commencer rapidement à remettre de l’argent dans le portefeuille des Québécois », comme il le martèle depuis de nombreuses années. En matière de santé, François Legault dit vouloir entreprendre rapidement des discussions avec la Fédération des médecins omnipraticiens afin d’améliorer l’accès aux soins de première ligne. La renégociation de l’entente avec les médecins spécialistes attendra quelque peu : M. Legault a indiqué que son gouvernement devra d’abord avoir en main les conclusions de l’étude qui doit être faite pour comparer les salaires des spécialistes du Québec et de l’Ontario. Il précise cependant avoir demandé à M. Ouellet s’il est possible d’avancer cette étude, prévue pour l’automne 2019. Il entend également présenter rapidement un plan pour rénover les Centres hospitaliers de soins de longue durée (CHSLD) et s’assurer que les résidents y sont soignés « avec dignité » et mettre en branle son projet de construire de nouvelles Maisons des aînés. »
François Messier, « « On va respecter nos engagements », assure François Legault », Radio-Canada, 2 octobre 2018.
«...Près de sept ans après son retour en politique, François Legault réalise son rêve de devenir premier ministre et chasse les libéraux du pouvoir. « Ce soir, les Québécois ont fait l’histoire. Ils ont fait confiance à un nouveau parti pour relancer le Québec », s’est réjoui le chef caquiste, qui dirigera un gouvernement majoritaire. « Aujourd’hui, il y a beaucoup de Québécois qui ont mis de côté un débat qui nous divisé depuis 50 ans », a déclaré M. Legault, en prononçant son discours de la victoire devant des centaines de militants euphoriques rassemblés à Québec. « Aujourd’hui, il y a beaucoup de Québécois qui ont fait la démonstration que c’est possible de faire travailler ensemble des adversaires d’hier, pour le Québec demain », a-t-il continué. Le chef de la Coalition avenir Québec s’est engagé à diriger « un gouvernement efficace, un gouvernement humain qui a le cœur à la bonne place, mais les deux pieds sur terre ». »
Geneviève Lajoie et Marc-André Gagnon, « Une victoire historique de la CAQ », Le Journal de Québec, 2 octobre 2018.
«…De toutes les surprises de la soirée -- la CAQ majoritaire, les quatre victoires de QS à l’extérieur de Montréal, la piètre performance du PLQ --, rien ne se compare, à mon avis, à l’effondrement du Parti québécois. Pensons-y : le parti responsable des plus grandes transformations du Québec moderne, celui qui nous a donné nos héros, nos artistes et nos mentors depuis 50 ans, celui qui a changé nos lois et nos vies, agonisait littéralement devant nos yeux. La crucifixion de Jean-François Lisée dans sa propre circonscription a d’ailleurs scellé cette mise à mort en direct. Après les attaques fielleuses de fin de campagne à l’égard de QS, on voit mal comment le Parti québécois pourrait prétendre encore " rassembler " ou se dire porteur d’un " projet de société ". Le " changement " aura donc été le véritable moteur des électeurs, peu importe l’axe politique. Qu’on ait voté à droite, pour la CAQ, ou à gauche, pour QS, une majorité de Québécois ont exprimé le désir de changer de décor. Mais de quel changement parle-t-on au juste ? »
Francine Pelletier, « L’élection du changement », Le Devoir, 3 octobre 2018, p. A7.
Le 16 octobre 2017 Annonce d’un partenariat entre Bombardier et Airbus pour la C Series
Un texte original du Bilan Québec rédigé par un.e, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
De nombreuses spéculations arrivent à terme le 16 octobre 2017 alors que l’on annonce que la compagnie française Airbus deviendra actionnaire majoritaire de la C Series développée par Bombardier. Cette décision fait suite à des mesures punitives adoptées aux États-Unis contre cet avion assemblé à Mirabel, dans la région des Laurentides.
Avec la C Series, Bombardier met de l’avant deux modèles d’avions de ligne civils au cours des années 2010, soit le CS100 (110 places) et le CS300 (300 places). Ils entrent en service en 2016. La compétition demeure toutefois féroce dans ce domaine. De plus, en 2017, la stratégie de financement de la C Series, dont le rôle joué par le gouvernement québécois, attire à Bombardier des mesures punitives de la part des États-Unis, faisant suite à une plainte de l’avionneur Boeing. L’ampleur des conséquences incite l’entreprise à redéfinir son approche. Le 16 octobre, elle annonce que l’entreprise française Airbus deviendra l’actionnaire majoritaire de la C Series (50,01 %), les autres parts étant entre les mains de Bombardier (31 %) et Investissement Québec (19 %). De plus, une partie de la production sera faite dans une usine d’Airbus située à Mobile, en Alabama. Les analystes y voient une façon de contourner le protectionnisme des États-Unis. On s’engage toutefois à ce que le siège social de Bombardier demeure à Montréal et que l’on continue d’opérer à l’usine de Mirabel jusqu’en 2041. Aussi, sur les 7 administrateurs de la C Series, Bombardier en comptera 2 et Investissement Québec 1. Des critiques soulignent néanmoins que les décisions relatives à la C Series, dans laquelle les Canadiens ont investi massivement, se prendront dorénavant à Amsterdam. D’autres mettent plutôt de l’avant que la situation était devenue intenable pour Bombardier et que l’entrée en scène d’Airbus constituait la meilleure option possible.
Source : https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1061737/bombardier-airbus-cseries-partenariat; https://www.cpacanada.ca/fr/nouvelles/magazine-pivot/bombardier-innovation-canada; Le Devoir, 18 octobre 2017, p. B1 et B2; Le Journal de Montréal, 18 octobre 2017, p. 40; La Presse+, 17 octobre 2017, p. 1 et 4.
«...La prise de contrôle du programme de la C Series de Bombardier par Airbus – sans que le géant européen n’injecte un cent de capital neuf dans l’entreprise – va, espérons-le, sauver la nouvelle famille d’avions dans laquelle Bombardier et le gouvernement du Québec ont englouti 7 milliards US depuis 2010. Mais cette transaction vient sanctionner durement l’incapacité de Bombardier à mener à terme ce projet qui devait transformer l’entreprise [...] Bombardier compte manifestement se défaire de toutes ses actions dans la C Series, une fois que le programme aura atteint sa présumée pleine cadence de production, en 2025, laissant Airbus seul et unique maître d’œuvre du programme. Si les dirigeants de Bombardier misent sur cet ultime pari pour éventuellement récompenser les actionnaires de l’entreprise qui n’ont pas été particulièrement choyés financièrement dans le passé, ils viennent aussi de sanctionner la marginalisation à court terme de Bombardier comme troisième acteur mondial de l’industrie aéronautique. Que restera-t-il de Bombardier après la C Series ? Les jets d’affaires, les Q400 et les CRJ modifiés ? Bombardier ne sera plus jamais la plus grande entreprise manufacturière canadienne qu’elle a longtemps été. Ce qui aura été un lourd tribut à payer pour se sortir du pétrin. »
Jean-Philippe Décarie, « Un dur constat d’échec », La Presse+, 17 octobre 2017, p. 1 et 4.
«...Pourquoi conclure un partenariat stratégique qui accorde à Airbus le contrôle de la C Series ? La réponse est simple : parce que Bombardier était carrément acculée au pied du mur avec sa C Series. En raison de la guerre que lui livre Boeing et de l’impact extrêmement négatif de l’imposition de droits compensateurs sur la vente des C Series aux États-Unis, la C Series risquait d’encaisser de lourds déficits durant nombre d’années, faute de pouvoir remplir suffisamment son carnet de commandes. Sans l’aide d’un géant du secteur aéronautique, comme Airbus (ou de la société aérienne chinoise Comac qui manifestait un certain intérêt), Bombardier aurait eu énormément de difficultés à assurer la survie financière de la C Series. Ne nous leurrons pas. Aussi bon soit-il, l’avenir de la C Series soulevait beaucoup d’inquiétude : les acheteurs potentiellement intéressés se demandaient à juste raison si la C Series allait réussir à survivre dans ce monde hautement compétitif du secteur aéronautique. »
Michel Girard, « L’atterrissage forcé », Le Journal de Montréal, 18 octobre 2017, p. 40.
«...La prise de contrôle du programme CSeries par Airbus a pris de court de nombreux spécialistes qui tentent encore de distinguer les gagnants des perdants. Un exercice complexe dont certaines réponses ne pourraient venir que dans quelques années [...] En mettant la main sur un programme mûr sans avoir à débourser la moindre somme, le constructeur aéronautique est perçu comme un des grands gagnants de l’annonce-surprise faite lundi soir. Certes, l’entreprise doit maintenant s’occuper de sa mise en marché et du service à la clientèle, tout en maintenant la production principale à Mirabel jusqu’en 2041. Mais en vertu de l’entente, Bombardier pourrait encore financer le programme à hauteur de 350 millions dans l’année suivant la signature du contrat, et de 350 millions pour les deux années subséquentes. Bon nombre d’analystes soulignent la force de vente d’Airbus dans le monde entier. " Airbus arrive avec son chapeau blanc et passe un peu pour le sauveur ",dit Ernie Arvai, associé à la firme-conseil américaine AirInsight. Pour Bombardier, selon lui, le programme " connaîtra plus de succès avec Airbus ", car sa bénédiction fera des vagues dans le marché. " Pas mal tous les grands transporteurs aériens du monde utilisent des appareils d’Airbus. " »
François Desjardins, « De part et d’autre, des effets à géométrie variable », Le Devoir, 18 octobre 2017, p. B1 et B2.
Le 11 octobre 2017 Important remaniement ministériel par le premier ministre libéral Philippe Couillard
Un texte original du Bilan Québec rédigé par un.e, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Peu de temps après une défaite décisive de la candidate libérale lors d’une partielle dans la circonscription de Louis-Hébert, le premier ministre Philippe Couillard procède à un remaniement de son cabinet. De nouveaux visages y accèdent, mais la plupart des vétérans du parti restent présents même si certains d’entre eux héritent de nouvelles fonctions.
Le départ de l’ex-ministre Sam Hamad entraîne la tenue d’une élection partielle dans Louis-Hébert, le 2 octobre 2024. Cette circonscription de la ville de Québec est libérale depuis 2003. C’est toutefois une candidate caquiste, Geneviève Guilbault, qui obtient une victoire écrasante, avec 51 % des votes contre 18,7 % pour la libérale Ihssane El Ghernati. Ce résultat, combiné à des sondages à la baisse, constitue la toile de fond d’un remaniement ministériel se déroulant le 11 octobre. Sur les 32 membres, 15 sont des femmes. Désireux de rafraîchir l’image du cabinet, le premier ministre y fait accéder des visages neufs, comme André Fortin (Transports), Isabelle Melançon (Environnement) ou Marie Montpetit (Culture et Communications). Des changements sont également effectués, alors que Pierre Moreau passe du Trésor au ministère de l’Énergie et les Ressources naturelles, et que Pierre Arcand fait le chemin contraire. En plus de ses fonctions au ministère de l’Éducation, des Loisirs et du Sport, Sébastien Proulx succède à François Blais comme responsable de la Capitale-Nationale, tandis que Dominique Anglade remplace Lise Thériault comme vice-première ministre. Des ministres influents comme Carlos Leitao (Finances), Martin Coiteux (Sécurité publique, Affaires municipales et de l’Occupation du territoire) et Gaétan Barrette (Santé et Services sociaux) conservent leur poste, ce qui fait dire aux partis d’opposition que ce remaniement, présenté comme un mélange d’expérience et de jeunesse, apporte somme toute peu de nouveauté. À un an des prochaines élections, Philippe Couillard rappelle ses priorités – réduire le fardeau fiscal, améliorer la qualité de vie, l’innovation, la vitalité des régions, la jeunesse – et s’engage dans cette optique à former un comité ministériel responsable de la conciliation travail-famille-études.
Source : La Presse, 12 octobre 2017, p. 3; Le Devoir, 13 octobre 2017, p. A2; 14 octobre, p. B3; Le Soleil, 12 octobre 2017, p. 3, La Tribune, 11 octobre 2017.
«...Un remaniement est l’occasion pour le patron de régner sans partage. Or l’exercice qui a abouti hier a été des plus laborieux, confient des témoins de l’opération. Car des ministres comme Gaétan Barrette et Martin Coiteux ont simplement fait la sourde oreille quand le patron leur a parlé d’un changement de poste. À un an des élections, ils ont fait le pari que Philippe Couillard n’oserait pas leur forcer la main. Et ils ont eu raison [...] On a le sentiment d’être devant un remaniement où il a voulu satisfaire tout le monde, quitte à ne pas donner une impulsion claire à son gouvernement, à un an des élections. Son discours-fleuve était à l’image de son opération – au lieu d’un message clair, il a déballé une longue liste de préoccupations, des sujets si nombreux qu’ils en devenaient insignifiants. La moitié des 30 ministres sont nouveaux ou ont des responsabilités modifiées. Spontanément, on conclut à un gros « brassage » de cartes, mais si on y regarde de plus près, les principaux acteurs restent les mêmes. »
Denis Lessard, « Couillard, un tigre sans griffes », La Presse+, 12 octobre 2017, p. 3.
«...Le gouvernement Couillard a essayé de se faire croire qu’il a perdu la partielle de Louis-Hébert à cause de l’impopularité de la Consultation sur le racisme systémique. C’est vrai que cette commission était mal barrée. Vrai aussi que la CAQ présentait une candidate, Geneviève Guilbault, habile dans l’espace public, comme on l’a vu la semaine dernière encore à Tout le monde en parle. Mais la véritable explication à la dégelée des libéraux est ailleurs. Elle est dans l’exaspération générale (y compris celle de la circulation), dans les ratés de la candidature libérale locale, dans l’envie d’un changement. Le gouvernement Couillard espère qu’avec cinq nouveaux visages au conseil des ministres, les citoyens croiront que son parti peut incarner le changement souhaité. C’est possible. Mais en choisissant de conserver tous les anciens ministres (sauf une), dont les plus visibles dans les mêmes sièges, il envoie aussi le message d’un manque de volonté (ou de courage) pour rompre avec le passé. M. Couillard a ainsi choisi son camp : celui de la vieille garde. »
François Bourque, « Couillard a choisi son camp », Le Soleil, 12 octobre 2017, p. 6.
«...Pour Philippe Couillard, qui est premier ministre depuis avril 2014, il est difficile de faire du neuf avec du vieux alors que la grande majorité de l’équipe libérale est formée de personnes de 50 ans et plus, pour la plupart des vétérans de la politique. L’important remaniement ministériel d’hier fait néanmoins une place à la relève avec l’accession de jeunes députés au cabinet: notamment André Fortin aux Transports, Isabelle Melançon à l’Environnement, Véronyque Tremblay, ministre déléguée aux Transports, et Marie Montpetit à la Culture (en remplacement du député de Sherbrooke Luc Fortin qui devient ministre de la Famille). Mais, à un an des élections provinciales, ils auront peu de temps pour faire leur marque [...] Les prochains mois diront si le premier ministre Couillard parviendra à insuffler, comme il le souhaite, un «style» et un «rythme» différents à son équipe. Il y a certes quelques nouveaux ministres de la génération des 30 et 40 ans, mais est-il encore possible pour ce gouvernement de véritablement se renouveler et de faire oublier les compressions qu’il a imposées dans les services publics au nom de l’assainissement des finances de l’État? »
Denis Dufresne, « Nouveau souffle? », La Tribune, 11 octobre 2017.
Le 5 octobre 2017 Fusion entre Québec solidaire et Option nationale
Un texte original du Bilan Québec rédigé par Marie-Claude Piet, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Le 5 octobre 2017, Manon Massé et Gabriel Nadeau-Dubois, porte-paroles de Québec solidaire (QS), et Sol Zanetti, chef d’Option nationale (ON), dévoilent en conférence de presse une entente de principe entre les deux partis afin d’unifier les forces progressistes indépendantistes du Québec. L’entente devra être ratifiée par les deux Congrès des partis en décembre 2017.
Après des négociations d’unification ratées entre Québec solidaire et le Parti québécois au printemps 2017, notamment sur des questions identitaires, QS entreprend des discussions de fusion avec Option nationale en juin 2017. Ils signent une entente de principe le 3 octobre 2017 et leur négociation est médiatisée le 5 octobre 2017. Pour être effective, l’entente de principe doit être entérinée par les membres lors des congrès de QS et d’ON en décembre 2017. Le parti unifié garderait le nom de Québec solidaire, mais une refonte de l’identité visuelle est prévue. QS souligne également qu’il appuiera 3 candidatures d’ON lors des élections de 2018 dans des comptés jugés prenables par QS. De ces 3 candidatures, l’une est réservée à Sol Zanetti et une autre à une femme. ON se transformerait en collectif au sein de QS, dont 2 postes sont assurés pour 2 ans et dont l’objectif est d’assurer la pérennité du militantisme indépendantiste d’ON. En effet, la fusion permet de conserver les valeurs fondatrices de QS – indépendantisme, démocratie, écologisme, féminisme, pluralisme, progressisme, altermondialisme – et l’aspect constitutionnel d’ON. D’ailleurs, l’assemblée constituante du programme électoral de QS est modifiée afin qu’elle ait un mandat fermé d’élaborer l’indépendance du Québec dans l’éventualité où QS prendrait le pouvoir. Ce serrement de vis à l’assemblée constituante constituait une des revendications importantes d’ON lors des négociations. ON compte parmi ses rangs environ 2000 membres, tandis que QS en compte environ 17 000. Lors des élections générales de 2014, ON avait obtenu 0,73 % des votes, tandis que QS en récoltait 7,63 %. La fusion des deux formations politiques favorise l’unification des forces progressistes indépendantistes du Québec.
Source : Lamontagne, Kathryne, « Québec solidaire avale Option nationale », Le Journal de Québec, 5 octobre 2017, URL https://www.journaldequebec.com/2017/10/05/quebec-solidaire-et-option-nationale-sentendent-sur-une-eventuelle-fusion (consulté le 14 juin 2023); Mathieu, Annie, « Fusion Québec solidaire-Option nationale », Le Soleil, 5 octobre 2017, URL https://www.lesoleil.com/2017/10/05/fusion-quebec-solidaire-option-nationale-7911e1634b202c3b022f8aa461a6a248/ (consulté le 14 juin 2023); Québec Solidaire, Fusion entre QS et ON: les partis concluent une entente de principe, 5 octobre 2017, URL https://quebecsolidaire.net/nouvelle/fusion-entre-qs-et-on-les-partis-concluent-une-entente-de-principe(consulté le 14 juin 2023); Radio-Canada, « Québec solidaire accepte la fusion avec Option nationale », 2 décembre 2023, consulté le 14 juin 2023, URL https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1070821/quebec-solidaire-accepte-la-fusion-avec-option-nationale (consulté le 14 juin 2023); Radio-Canada, « Québec solidaire et Option nationale unissent leurs destinées », 5 octobre 2017, consulté le 14 juin 2023, URL https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1059784/fusion-partis-souverainete-quebec-solidaire-option-nationale (consulté le 14 juin 2023); Rousseau, Marie-Lise, « Option nationale et Québec solidaire ne font plus qu’un », Le Devoir, 11 décembre 2017, URL https://www.ledevoir.com/politique/quebec/515158/option-nationale-et-quebec-solidaire-unissent-leurs-forces (consulté le 14 juin 2023)
«...Au printemps, les solidaires ont assené une première gifle au PQ en refusant toute forme de convergence. La deuxième a frappé quand des dirigeants de QS ont renié leur signature au bas d’une feuille de route commune sur l’indépendance. La troisième est la nouvelle entente de principe visant la fusion de QS et Option nationale. […] Ce projet confirmant l’isolement croissant du PQ dans le coin « souverainiste » de l’arène politique. Chez QS, trois facteurs expliquent son bye-bye au PQ. 1) La baisse de ce dernier dans les intentions vote. Troisième dans les sondages, le PQ est doublé par la CAQ comme « alternative » possible aux libéraux. Plus les appuis du PQ chutaient, moins il était attirant. 2) Gonflé à bloc par l’arrivée de Gabriel Nadeau-Dubois, QS mise dorénavant et uniquement sur sa propre croissance, réaliste ou non. D’où ses épousailles sélectives avec Option nationale, lequel ne risque pas de lui faire de l’ombre. 3) Une profonde méfiance envers le chef péquiste Jean-François Lisée, vu comme un tacticien trop changeant. Rappelons aussi que QS est le produit direct de l’ère Bouchard. Opposés au virage à droite du PQ sous Lucien Bouchard, des militants de gauche ont préféré créer leur propre parti. »
Josée Legault, « Les épousailles sélectives », Journal de Montréal, 10 octobre 2017, p. 27
«...(l’entente de principe) prévoit notamment qu’Option nationale devienne un collectif politique au sein du parti qui poursuivra ses activités militantes en lien avec la promotion de l’indépendance. Québec solidaire a de son côté mis de l’eau dans son vin concernant l’assemblée constituante qu’elle veut mettre sur pied pour réfléchir à l’avenir de la province si elle prend le pouvoir. Ce regroupement de citoyens aurait désormais un mandat « fermé » de rédiger un projet de constitution d’un Québec indépendant qui serait soumis à un référendum plutôt qu’un mandat « ouvert » pouvant déboucher sur une proposition n’ayant aucun lien à l’indépendance. Ce volet représentait la pomme de discorde entre les deux formations puisqu’Option nationale souhaitait un engagement plus ferme en faveur de la séparation de la province. M. Zanetti a souhaité que cette entente devienne « le début d’une relance du mouvement indépendantiste au Québec ». »
Annie Mathieu, « QS et ON fusionnent », Le Soleil, 6 octobre 2017, p. 8.
Le 2 octobre 2017 Annonce de l’acquisition du Groupe Jean Coutu par la chaîne Metro
Un texte original du Bilan Québec rédigé par un, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Dans un contexte de concurrence très élevé, la chaîne Metro annonce qu’elle fera l’acquisition du Groupe Jean Coutu (GJC), détenteur de plus de 400 pharmacies, pour une somme évaluée à 4,5 milliards de dollars. Cette transaction ferait de Metro le numéro 1 québécois dans ce domaine.
En 2013, le géant de l’alimentation Loblaw devient propriétaire de Pharmaprix. Puis, en 2017, la chaîne américaine McKesson se porte acquéreur d’Uniprix. En octobre 2017, c’est au tour du GJC, avec ses 419 établissements au Québec et au Nouveau-Brunswick, de passer aux mains de Metro, le numéro 2 de l’alimentation au Québec. Selon Jean Coutu, maintenant âgé de 90 ans, cette quête d’un partenaire était devenue indispensable pour continuer la croissance de l’entreprise. Pour une somme de 4,5 milliards de dollars, le GJC deviendra une filiale à part entière de Metro qui, en plus de quelque 600 supermarchés, a déjà acquis plus de 200 pharmacies sous la bannière Brunet. Ce qui en fait le meneur québécois dans ce secteur. Selon son président et chef de direction, Éric LaFlèche, Metro veut être « un leader du commerce de détail qui propose l’expérience alimentaire et pharmaceutique la plus adaptée aux consommateurs pour les années à venir ». Les deux fils de Jean Coutu, François J., qui continuera de présider le GJC, et Michel, siégeront au conseil d’administration de Metro. Par ailleurs, le siège social de GJC demeurera à Varennes. Lorsque la transaction est complétée en mai 2018, on estime que Metro est, avec ses 85 000 travailleurs, le plus grand employeur privé du Québec. Les analystes envisagent d’importants défis pour cette entreprise, dont la concurrence de joueurs majeurs comme Costco et Walmart, ainsi que la possibilité d’une offre hostile à son endroit.
Source : Le Journal de Québec, 27 septembre 2017; La Presse+, 4 octobre 2017, p. 6; Le Soleil, 3 octobre 2017, p. 31; Le Journal de Montréal, 14 mai 2018; https://corpo.metro.ca/fr/medias/salle-presse/2018/metro-complete-acquisition-groupe-jean-coutu.html
«...Contrairement aux colosses de l’alimentation au Canada tels que Loblaw et Sobeys, qui ont carrément avalé les grands acteurs Shoppers-Pharmaprix chez Loblaw et Safeway chez Sobeys ces dernières années, Metro cumule de plus petites transactions. Adonis en 2011, Première Moisson en 2014, MissFresh plus tôt cette année, et maintenant Jean Coutu. Bien sûr, cette dernière acquisition, d’une valeur de 4,5 milliards de dollars, représente le plus grand coup pour Metro depuis l’achat des supermarchés A & P en 2005. Mais cette fois, Metro ajoute plus de 400 magasins qui maîtrisent bien le marché québécois et élargit son empreinte sur le marché du Québec de façon significative. Rappelons que Metro possède déjà la chaîne Brunet qui compte environ 200 magasins [...] Chez Metro, on s’ajuste et on s’adapte à une demande en transition pour satisfaire un autre segment important. Le Québec vieillit, donc devenir propriétaire de plus de 600 pharmacies se conjugue bien avec une clientèle vieillissante qui a une demande accrue pour des soins de santé et des médicaments. Et puisque Jean Coutu est verticalement intégré et fabrique ses propres médicaments, le contrôle de la qualité et des marges devient pratiquement un jeu d’enfant. »
Sylvain Charlebois, « Avec Jean Coutu, Metro trouve de tout, même un ami », La Presse+, 4 octobre 2017, p. 6.
«...Les détaillants font face à une concurrence croissante des grandes chaînes américaines comme Walmart et Costco ainsi que du géant Amazon, qui a effectué une percée dans l’alimentation avec l’achat de Whole Foods. « Nous devons être en mesure de réaliser des économies d’échelle et accroître notre efficacité pour être en mesure de concurrencer ces joueurs importants », a expliqué le président et chef de la direction de l’épicier, Éric La Flèche. En plus de bonifier l’offre alimentaire dans ses pharmacies ainsi que des produits de santé et beauté dans les supermarchés Metro, ce regroupement pourrait permettre à l’épicier d’étendre la portée de son réseau de pharmacies. Plus tôt, au cours d’une conférence téléphonique avec les analystes, M. La Flèche avait reconnu que le prix payé - 15 fois le bénéfice d’exploitation de Jean Coutu selon l’analyste Irene Nattel, de RBC Marchés des capitaux - était élevé, ajoutant au passage que la performance de la chaîne de pharmacies était au rendez-vous. »
Julien Arsenault (Presse canadienne), « Metro confirme l’achat de Groupe Jean Coutu pour 4,5 G$ », Le Soleil, 3 octobre 2017, p. 31.
Le 25 octobre 2016 Mise à jour économique du gouvernement libéral du Québec
Un texte original du Bilan Québec rédigé par Sophie Boudreau, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Avec un surplus budgétaire de plus de 2,2 milliards de l’exercice de 2015-2016, le ministre des Finances du Québec, Carlos Leitão, semble mettre fin à la période d’austérité. Il annonce de nombreux réinvestissements dans les services, l’accent étant mis sur la santé et l’éducation. Les surplus, comme le décrie l’opposition, ne serviront pas à une baisse d’impôts comme il était promis dans la plateforme du Parti libéral du Québec (PLQ).
Les dépenses publiques vivaient des coupures depuis le plan de redressement budgétaire de Jean Charest, en 2009. En 2016, la situation financière du Québec augure mieux. Bien que la dette vaille encore 53,8 % du produit intérieur brut (PIB), soit le deuxième plus grand rapport au PIB des provinces canadiennes, le montant absolu de la dette publique diminue. Le PIB du Québec, quant à lui, augmente légèrement plus rapidement que le PIB canadien. Leitão dévoile un surplus budgétaire de plus de 2,2 milliards pour l’exercice de 2015-2016, en plus d’un 1,45 milliard investi dans le Fonds des générations, totalisant donc près de 3,7 milliards. Le ministre annonce aussi la remise d’une grande partie de ces surplus dans les services publics : 110 millions iront en éducation, 100 millions dans le développement des régions, 400 millions dans le renouvellement d’infrastructures et 300 millions en santé. Les sommes investies ne suffiront cependant pas à contrer la croissance prédite des dépenses en santé. Leitão dénonce un « déséquilibre fiscal » avec le gouvernement fédéral et considère Ottawa responsable de financer la différence. Le gouvernement libéral annonce également la fin de la « taxe santé », mais ne remplit cependant pas sa promesse de baisse d’impôts. Cela sera fortement critiqué par l’opposition, particulièrement par François Legault et la Coalition Avenir Québec (CAQ). Le Parti québécois traite également les investissements annoncés de simples « bonbons électoraux » en vue des élections de 2018. Leitão répond qu’il est nécessaire de rétablir les budgets des services avant de pouvoir réduire le fardeau fiscal des contribuables. Le gouvernement libéral de Philippe Couillard sera défait aux élections de 2018, en faveur de la CAQ de François Legault qui obtiendra la majorité des sièges, à la surprise générale.
Source : La Presse, 26 octobre 2016, Cahier Affaires, p. 2; Le Devoir, 26 octobre 2016, p. A3; Le Soleil, 26 octobre 2016, p. 2-3.
Boily, Frédéric, La Coalition Avenir Québec : une idéologie à la recherche du pouvoir, Les Presses de l’Université de Laval, 2018; Colloque Bilan des réalisations du gouvernement de Philippe Couillard (2017 : Québec, Québec), et al., Bilan du gouvernement de Philippe Couillard : 158 promesses et un mandat contesté, Presses de l’Université de Laval, 2018; Hébert, Guillaume et Julia Posca, Détournement d’État : bilan de quinze ans de gouvernements libéral, Lux Éditeur, 2018.
«...Noël s’en vient, mais c’est vous et moi qui paierons pour les cadeaux. Parce que si le gouvernement a atteint l’équilibre budgétaire, c’est parce qu’il a réduit les dépenses, qu’il a fouillé dans les poches des Québécois et sabré dans leurs services. En soi, c’est une bonne nouvelle. Cela fait six ans que le Québec accumule déficit par-dessus déficit, avec comme résultat que la province était la plus endettée au Canada. [...] Ça n’a pas été facile, mais ça s’est fait sans crise sociale. Les chiffres de l’emploi sont bons et les perspectives économiques sont correctes même si la croissance est très lente. [...] Les partis d’opposition ont raison de dire que le gouvernement prépare sa campagne électorale de 2018, mais pourquoi en serait-il autrement? Tous les partis politiques font de même à l’approche des élections. [...] Mais il suffirait d’une autre récession pour contrer nos efforts et retourner le Québec dans le cycle des déficits budgétaires. Alors avant de crier victoire et de dilapider cet étonnant surplus budgétaire, il vaudrait mieux se donner un bon coussin pour les imprévus. Ce que n’a pas fait le ministre dans sa mise à jour d’hier. »
Lavoie, Gilbert, « Faible lueur au bout du tunnel », Le Quotidien, 26 octobre 2016, p. 12
Le 25 octobre 1900 Déclenchement d'une émeute à la filature de Valleyfield
Complexe industriel de la Montreal Cotton. Bureaux administratifs de la Montreal Cotton (1971).
À la filature Montreal Cotton Co. de Valleyfield, une émeute éclate entre les ouvriers en grève et les militaires appelés en renfort par le maire de la ville.
Les soldats, appelés par le maire Langevin pour faire cesser cette « menace à la paix », ouvrent le feu et utilisent leurs baïonnettes pour décourager les grévistes qui résistent tant bien que mal. Les 250 ouvriers affectés à la construction de la nouvelle usine demandent une augmentation de 25 cents par jour. Cette hausse porterait leur salaire quotidien à 1,25 $, comme celui des employés réguliers de l'usine. Au cours du conflit, neuf militaires sont grièvement blessés et un hôpital temporaire est même installé dans les quartiers. Malgré les mandats d'arrestation émanant du maire Langevin, le président du comité de police donne l'ordre de ne pas les exécuter. Il y a donc un seul ouvrier qui est arrêté, François Bougie. Le chef de la police, dépassé par les événements, raconte dans ces mots l'état de la situation: « le désordre règne à Valleyfield, la ville est presque rendue à un état de sauvagerie ». Une déclaration officielle provenant de la Montreal Cotton de Montréal raconte cette version des faits: « Au mois de mars dernier, une grève éclata dans nos fabriques. La Compagnie se montra généreuse envers les grévistes et leur accorda une augmentation de salaires. Depuis lors, des troubles plus ou moins graves n'ont cessé de régner dans nos fabriques et il y a eu plusieurs fois menaces de grève. La Compagnie s'est toujours appliquée à rendre justice à ses employés et elle avait réussi, jusqu'à ces jours derniers, à éviter une nouvelle grève. » Le lendemain, la plupart des grévistes rentrent au travail, sous le regard intéressé de la population et des journalistes. Soulignons que, quelques mois auparavant, une autre compagnie de textile, la Dominion Cotton Mills, avait utilisé la milice pour mettre fin à un conflit dans ses usines de Magog.
Source : La Presse, 26 octobre 1900, p.1, 29 octobre 1900, p.1.
Le 18 octobre 1915 Déclenchement d'une grève par les mineurs de Thetford Mines
Les travailleurs de Thetford Mines demandent à récupérer une baisse salariale de 14 % survenue en 1914.
Les mineurs réclament aussi le paiement régulier aux 15 jours ainsi que la liberté de dépenser leurs paies dans des magasins autres que ceux appartenant à leur employeur. Ils retourneront à l'ouvrage le 22 octobre après avoir obtenu une victoire. Ce succès sera à l'origine de tentatives d'organisation ouvrière dans l'industrie minière qui mèneront à la création de l'Union catholique des ouvriers mineurs. Viendra par la suite l'adhésion à une union internationale puis le déclenchement d'une grève qui aura lieu entre le 3 et le 24 août 1916. Cette fois, elle se soldera à l'avantage des patrons.
Source : Marc Vallières, Des mines et des hommes: histoire de l'industrie minérale québécoise, Québec, Les Publications du Québec, 1989, p.130. Jacques Rouillard, Histoire du syndicalisme québécois, Montréal, Boréal, 1989, p.97-102.
Le 25 octobre 1916 Incendie d'un hôpital de Farnham
L'hôpital Sainte-Elisabeth des Sœurs Grises, à Farnham, est rasé par un terrible incendie. Les dommages sont évalués à environ 100 000 $.
Religieuses et malades sont coincés sur les étages par les flammes. Des personnes qui réagissent en se lançant par les fenêtres, iront s'écraser sur le pavé. Malgré l'aide des pompiers de Saint-Jean, l'incendie de ce bâtiment en brique de trois étages, dont la construction remontait à 1876, laisse un triste bilan: huit blessés et 19 disparus.
Source : La Presse, 26 octobre 1916, p.1 et 8, 27 octobre 1916, p.1 et 16.
Le 27 octobre 1919 Visite du prince de Galles au Québec
Le prince de Galles, fils aîné du souverain britannique, George V, est de passage au Québec pour une visite d'une semaine.
Plusieurs dignitaires, dont le maire Médéric Martin, et des milliers de Montréalais se déplacent à la gare Windsor pour accueillir le prestigieux visiteur. Au cours de sa semaine au Québec, le prince de Galles sera reçu notamment à l'hôtel de ville de Montréal, à la palestre du National ainsi que dans les universités McGill et de Montréal. L'héritier au trône effectue également une courte visite dans les Cantons de l'Est où plusieurs hommages lui sont rendus. Le prince de Galles prononce de nombreux discours au cours de son séjour, ne manquant jamais une occasion de manifester sa reconnaissance et de féliciter ses hôtes. Le 28 octobre, il déclare par exemple: « L'union des deux races au Canada ne fut jamais une question de simple intérêt politique. Au contraire, cette question fut, et restera un exemple de la plus haute sagesse politique, pour laquelle l'Empire britannique doit une reconnaissance immortelle à Cartier (Georges-Étienne), à MacDonald (John A.), et aux autres hommes d'État qui ont travaillé à parfaire cette union. » Le prince quittera le Québec le 2 novembre.
Source : La Presse, 27 octobre 1919, p.1 et 15, 28 octobre 1919, p.1 et 8, 29 octobre 1919, p.1 et 8.
Réclamée par 150 citoyens et par le conseiller Magloire Dubreuil, cette enquête sera dirigée par le juge Louis Coderre. Elle se terminera par le dépôt du rapport le 13 mars 1925.
Cette enquête fait suite à un attentat contre un camion blindé, survenu le 1er avril 1924. Des arrestations effectuées auraient en effet mené à l'inculpation de policiers et d'anciens policiers de Montréal, une nouvelle qui soulève la controverse. Lors de l'enquête, la comparution du recorder Amédée Geoffrion s'avère particulièrement intéressante. Celui-ci révèle en effet qu'il est responsable du « Red Light District » et qu'il n'impose que de légères amendes aux prostituées et tenanciers de bordels.
Source : Claude V. Marsolais, Histoire des maires de Montréal, Montréal, VLB Éditeur, 1993, p.225-226.
Le 19 octobre 1924 Visite du prince de Galles au Canada
Successeur en ligne au trône du Roi George V, le prince de Galles arrive à la gare Bonaventure, à Montréal, où il est accueilli par plusieurs personnalités, dont le maire de Montréal, Charles Duquette, le lieutenant-gouverneur du Québec, Narcisse Pérodeau, et le premier ministre du Québec, Louis-Alexandre Taschereau.
Selon le journaliste du « Devoir » qui couvre l'événement, le futur Édouard VIII « a ce que nous pourrions appeler le génie du sourire. » Saluant le fait que le prince de Galles « a mis au rancart les poses du conquérant, la superbe des souverains d'autrefois », il prétend même déceler chez ce dernier « une nature plutôt primesautière qui ne demanderait parfois qu'à se détendre ». De passage au Québec pour quelques jours, le prince de Galles se rendra ensuite aux États-Unis.
Le 31 octobre 1924 Acquittement de l'abbé Joseph-Adélard Delorme d'une accusation de meurtre
L'assassinat de Raoul Delorme, le 7 janvier 1922, déclenche une enquête policière qui mène à l'accusation du frère de la victime, l'abbé Joseph-Adélard Delorme.
Le procès, qui a lieu en juin 1922, connaît un grand retentissement dans la presse. Il se solde par l'acquittement de l'abbé Delorme, jugé inapte à subir un procès. Ce verdict mènera à un deuxième, un troisième et même un quatrième procès qui se terminera, le 24 octobre 1924, par l'acquittement de l'abbé.
Source : Le Mémorial du Québec, tome V, 1918-1938, Montréal, éd. La Société des éditions du Mémorial, 1980, p.92-105.
Le 16 octobre 1931 Contestation à la suite d'élections générales
À la suite des élections générales du 24 août 1931 qui ont reporté les Libéraux de Louis-Alexandre Taschereau au pouvoir, le chef conservateur Camillien Houde entreprend des procédures judiciaires pour contester la validité de l'élection dans 63 circonscriptions du Québec. Houde se plaint d'« irrégularités » commises par les candidats libéraux.
Houde, qui a été battu dans les deux circonscriptions où il était candidat, doit déposer un cautionnement de 63 000 $. Le 17 décembre, en réponse à cette contestation, le gouvernement fait sanctionner la loi Dillon. Celle-ci rend la contestation plus difficile en obligeant le pétitionnaire à prélever dans ses propres poches le cautionnement de 1 000 $. La mesure s'applique rétroactivement aux contestations déjà en cours.
Le 12 octobre 2022 Un meurtre résolu 22 ans plus tard
Vingt-deux années. C’est le temps qu’il aura fallu aux policiers pour finalement réussir à mettre la main au collet du présumé meurtrier de Guylaine Potvin, cette jeune étudiante de 19 ans du cégep de Jonquière dont le corps avait été retrouvé le 28 avril 2000 dans son logement.
La jeune femme avait été battue, agressée sexuellement et étranglée à mort. Un meurtre aussi sauvage que gratuit. Le suspect dans ce dossier, Marc-André Grenon, 47 ans, a été arrêté en octobre, à Granby. Il semblait avoir refait sa vie. Il fait désormais face à des accusations de meurtre prémédité et d’agression sexuelle.
Il est aussi accusé de tentative de meurtre, puisqu’il aurait tenté de tuer une autre étudiante de 19 ans quelques mois après la mort de Guylaine Potvin.
PHOTO THIERRY LAFORCE/AGENCE QMILa petite municipalité de Saint-Robert en entier a été fortement ébranlée par le terrible accident de la route lors duquel trois jeunes hommes de 18 et 19 ans ont péri le 9 octobre, en Montérégie.
La vitesse et la témérité seraient à l’origine de ce drame, qui a coûté la vie à Marc-Antoine Langelier, Édward Chevalier et Zachary Comtois, en plus de blesser une adolescente de 16 ans qui les accompagnait.
Lors de la violente sortie de route, le véhicule des victimes a dérapé sur environ 200 mètres et a fait plusieurs tonneaux, avant de terminer sa course sur le toit, dans un fossé.
Deux corps carbonisés – ceux de Steve Lamy, 50 ans et Jean-Christophe Gilbert, 24 ans – sont découverts dans la matinée du 10 octobre, à Trois-Rivières.
Quelques heures plus tard, à une trentaine de kilomètres de là, Ophélie Martin-Cyr, 19 ans, est retrouvée morte dans un champ de Yamachiche.
La jeune femme a été assassinée par balle, tandis que son amie a réussi à échapper aux tueurs.
À ce jour, René Kègle et Francis Martel ont été arrêtés et font face à des accusations concernant la mort d’Ophélie Martin-Cyr, mais ils ne font pour l’instant face à aucune accusation concernant les meurtres des deux hommes.
Le 26 octobre 2018 Le fils de Tony Accurso perd la vie dans un accident
Dans la nuit du 26 octobre, le fils aîné de l’entrepreneur en construction Tony Accurso est mort dans une violente sortie de route à Sainte-Marguerite-du-Lac-Masson, dans les Laurentides.
James « Jimmy » Accurso était passager d’une luxueuse Tesla conduite par son bon ami Sébastien Varin, directeur général du Manoir Saint-Sauveur.
Ce dernier aurait raté une courbe sur la route 370 et sa voiture aurait terminé sa course contre des arbres. James Accurso, 43 ans, serait mort sur le coup.
À la suite de l’accident, Sébastien Varin a été arrêté pour conduite avec les capacités affaiblies.
Le 8 octobre 1954 Dévoilement d'un jugement dans l'affaire de l'enquête sur la corruption à Montréal
Dix-sept mois après la fin de l'enquête menée par Pacifique Plante et Jean Drapeau sur la corruption policière à Montréal, le juge François Caron remet son jugement.
Dans son verdict de 225 pages, le juge Caron dénonce la négligence des conseillers municipaux dans le dossier de la corruption. Quelques-uns recevront des motions de blâme, sans plus. Une vingtaine de policiers montréalais sont également pointés du doigt. Certains, dont le chef Albert Langlois, seront destitués, d'autres blâmés ou condamnés à payer des amendes. Sans faire disparaître les activités illicites (paris, prostitution), l'enquête aura permis d'entraver temporairement le travail du crime organisé à Montréal. Soulignons que ce verdict est prononcé alors que Montréal est en pleine campagne électorale municipale, l'avocat Jean Drapeau étant un des candidats à la mairie.
Le 19 octobre 1954 Naissance de soeurs siamoises à Saint-Eugène de Ladrière
Pour la première fois dans les annales de la médecine canadienne, deux sœurs siamoises réussissent à vivre plus de quelques heures.
Vingt-huit jours après leur naissance, les sœurs Berger sont amenées à l'hôpital Sainte-Justine où l'on espère prolonger leur vie et parvenir éventuellement à les séparer. Malheureusement, les deux sœurs décéderont quelques semaines plus tard.
Source : Le Mémorial du Québec, tome VII, 1953-1965, Montréal, Les Éditions du Mémorial, 1979, p.208.
Le 27 octobre 1955 Incendie aux chantiers maritimes de Lauzon
Les chantiers maritimes de Lauzon sont rasés par un feu qui cause pour 3 à 4 millions de dollars de dommages.
Plus de 1 000 employés de la Davie Shipbuilding Co. seront privés d'ouvrage par cette catastrophe qui, en plus de faire des dégâts considérables dans les chantiers, détruit aussi des maisons. Il faut plusieurs heures d'efforts acharnés aux pompiers de Lauzon pour finalement maîtriser les flammes.
Le 23 octobre 1956 Manifestation des étudiants de l'Université Laval devant le parlement de Québec
Les étudiants utilisent ce moyen afin de réclamer du gouvernement une aide accrue au financement des universités. Rappelons qu'à ce moment le Québec ne compte que trois universités francophones: l'Université Laval, l'Université de Montréal et l'Université de Sherbrooke.
Quelques jours plus tôt, le 19 octobre, le premier ministre Maurice Duplessis a refusé une nouvelle fois les subventions fédérales aux universités qui s'élèvent à 16 millions de dollars par année. Aussi, l'Association générale des étudiants de Laval réclame une ouverture du gouvernement Duplessis dans ce dossier. Désireux de se faire entendre des élus, environ 1 000 étudiants se réunissent devant le Parlement afin de manifester leur insatisfaction.
Source : Le Devoir, 23 octobre 1956, p.1, 24 octobre 1956, p.1.
Le 14 octobre 1960 Dévoilement de statistiques sur la situation de l'industrie papetière au Québec
Lors de la Journée nationale de la pulpe et du papier qui s'est déroulée en septembre, on a célébré l'importance de l'industrie du papier pour la province.
Il existe 201 entreprises dans ce secteur qui fournissent de l'emploi à 103 000 travailleurs. L'industrie de la pulpe et du papier rapporte annuellement 728 millions de dollars et en verse 160 millions en salaires à 37 000 travailleurs ainsi qu'à 66 000 ouvriers de la forêt. L'industrie des pâtes et papier figure en tête de liste parmi les secteurs les plus lucratifs au Québec, province où se sont installées les premières papeteries au Canada. En 1864, par exemple, ouvrait à Windsor Mills la première usine de pâte à la soude. En 1869, s'érigeait à Valleyfield la première usine canadienne de pâte mécanique et, en 1903, la première papeterie ouvrait ses portes à Saint-André d'Argenteuil, près de Lachute.
Le 7 octobre 1963 Dévoilement des peines obtenues par des membres du Front de libération du Québec
Accusés du meurtre du veilleur de nuit Wilfrid O'Neil, tué par une bombe le 20 avril 1963, Gabriel Hudon, Raymond Villeneuve, Jacques Giroux et Yves Labonté, quatre membres du Front de libération du Québec (FLQ), se reconnaissent coupables d'homicide involontaire.
Ce procès fait suite à l'arrestation de 18 personnes associées au mouvement terroriste, le 16 juin 1963. Les quatre hommes sont condamnés à des peines d'emprisonnement variant de six à 12 ans. L'accusation de meurtre contre un autre membre du FLQ, George Schoeters, n'est pas retenue, faute de preuve. Des verdicts de négligence criminelle sont portés contre Denis Lamoureux et François Gagnon, et d'autres peines attribuées à Richard Bizier et Mario Bouchard. Enfin, soulignons que d'autres inculpés, libérés sous cautionnement, ont décidé de prendre la clef des champs plutôt que de se présenter devant le tribunal. Ces arrestations marquent une étape dans l'histoire du FLQ qui reprendra ses activités avec d'autres membres.
Source : Le Devoir, 8 octobre 1963, p.1-3. La Presse, 8 octobre 1963, p.1.
Le 16 octobre 1963 Déclenchement d'une grève des infirmières à l'hôpital Sainte-Justine
Il s'agit d'un des premiers arrêts de travail dans le milieu hospitalier au Québec. Fait particulier à l'époque, les grévistes sont exclusivement des femmes (235 infirmières) qui réclament un rôle accru dans l'organisation des soins de santé. Cette grève « illégale », qui durera 30 jours, aura un impact considérable sur l'organisation du mouvement syndical dans le réseau de la santé.
Les infirmières affiliées à la Confédération des syndicats nationaux (CSN) réclament la retenue à la source des cotisations syndicales et de meilleures conditions de travail. Elles demandent aussi un droit de regard sur l'organisation des soins de santé. À cette époque, les hôpitaux sont encore dirigés par les communautés religieuses. Or, avec la modernisation du rôle de l'État, on souhaite que ce soit le gouvernement qui prenne en charge la gestion du réseau de la santé.
Source : Jacques Rouillard, Histoire du syndicalisme québécois, Montréal, Boréal, 1989, p.297-301.Jacques Rouillard, Histoire de la CSN : 1921-1981, Montréal, Boréal Express - CSN, 1981, p.266-267, 273-278.
Le 10 octobre 1964 Visite de la reine d'Angleterre, Elisabeth II, à Québec
Les menaces proférées par des nationalistes québécois planent sur la visite de la souveraine britannique au Canada qui se déroule dans un climat de tension. Lors du passage d'Elisabeth II à Québec, le 10 octobre, l'envergure du service d'ordre et les méthodes musclées utilisées par la force constabulaire de la capitale feront l'objet de nombreuses critiques.
Le vendredi 9 octobre, le Rassemblement pour l'indépendance nationale (RIN) avait tenu une assemblée mouvementée qui s'était toutefois terminée dans le calme. L'appréhension de désordres amène néanmoins la police de Québec à encadrer les déplacements de la reine par un imposant cordon de sécurité, le lendemain. À certains endroits, les forces de l'ordre semblent d'ailleurs plus nombreuses que les spectateurs qui redoutent des actes de violence. Cela n'empêche pas les policiers de la ville de Québec d'utiliser la force pour disperser les attroupements, ce qui incitera des journalistes témoins des événements à baptiser cette journée le « samedi de la matraque ». Dans son édition du 12 octobre 1964, le journal « Le Devoir » titre: « Pendant que la reine Elizabeth préconise une nouvelle constitution pour le Canada, Québec reste indifférent mais sa police est d'une grande brutalité ». L'envoyé spécial du « Devoir », Jean Tainturier, décrit en ces termes la réaction des forces de l'ordre: « La plupart des membres de cette police manquaient visiblement de calme et de jugement, chargeant sans raison aucune, souvent à contre temps, des étudiants et des séparatistes qui se contentaient de crier des slogans ou de chanter. À dix reprises au moins, leurs bâtons de deux pieds haut levés, les « municipaux » ont frappé dans le tas, sans raison, bêtement presque (...) » Elisabeth II quittera le Québec le 11 octobre, après avoir prononcé un discours en anglais et en français qui recevra un écho favorable dans la presse québécoise.
Le 4 octobre 1966 Manifestation d'un millier de personnes à Saint-Jérôme
Les 1 000 personnes rassemblées près de la cathédrale de Saint-Jérôme veulent attirer l'attention de la population sur l'existence de plusieurs conflits de travail dans la région et sur l'inutilité des rivalités inter-syndicales. La manifestation est désavouée par la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) et le Congrès du travail du Canada (CTC).
L'abbé Jacques Grandmaison déclare au quotidien « Le Devoir » que « (...) l'assemblée était le fruit d'un mouvement libre dans toute la région qui, fatigué des hauts dirigeants du syndicalisme, avait décidé de s'organiser de façon spontanée [...] tout en soulignant l'appui du Mouvement chrétien à la manifestation (...) »
Le 7 octobre 1966 Accident routier meurtrier à Dorion
Un autobus scolaire est frappé violemment par un convoi de marchandises du Canadien National formé d'une centaine de wagons. Le choc sectionne l'autobus, causant 19 morts et 24 blessés.
L'incident, qui survient à un passage à niveau, soulève plusieurs interrogations. Tant du côté provincial que fédéral, on promet qu'une enquête viendra faire la lumière sur cette tragédie. Au moment de la collision, l'autobus avait à son bord des adolescents qui se rendaient à une danse à Hudson. Dans le gymnase de la polyvalente Cité des jeunes, à Vaudreuil, une foule émue assistera le 11 octobre aux obsèques des victimes.
Source : Le Devoir, 8 octobre 1966, p.1, 11 octobre 1966, p.1 et 3, et 12 octobre 1966, p.3.
Le 14 octobre 1967 Départ de René Lévesque du Parti libéral du Québec
Le député de Laurier à l'Assemblée législative, le libéral René Lévesque, soumet aux délégués de son parti un manifeste sur le thème de la souveraineté-association. Seulement 4 des délégués présents, sur 1 500, lui accorderont leur appui..
Le même après-midi, Lévesque annonce son départ du Parti libéral. Il sera accompagné dans sa démarche par quelques collègues. Lévesque siégera désormais comme indépendant à l'Assemblée législative. Dans son manifeste, René Lévesque présentait un projet de souveraineté de l'État québécois accompagné d'une association nouvelle avec le Canada. Cette idée a fait peu d'adeptes au sein du PLQ dont la majorité des membres se rallient à une proposition constitutionnelle plus modérée. Pour sa part, Lévesque participera en 1968 à la fondation du Mouvement souveraineté-association.
Le 8 octobre 1968 Occupation du cégep Lionel-Groulx de Sainte-Thérèse
Enivron 200 étudiants occupent le cégep Lionel-Groulx, à Sainte-Thérèse. Cette initiative, qui survient au cœur d'une année marquée par de nombreuses contestations étudiantes dans le monde (Paris, Mexico, etc.), donnera le ton à un des épisodes les plus mouvementés de l'histoire de l'éducation au Québec.
La décision de procéder à cette occupation a été prise à la suite d'un vote qui a impliqué 824 étudiants du cégep Lionel-Groulx (509 contre 313). Ceux-ci veulent par ce geste sensibiliser leurs confrères et la population à la situation des étudiants de niveau collégial. Le petit nombre d'universités francophones -dont une seule à Montréal- , le régime des prêts et bourses et les relations tendues à Lionel-Groulx sont les principaux thèmes chers aux protestataires qui invitent les étudiants d'autres cégeps (Édouard-Montpetit, Vieux-Montréal, Joliette) à quitter leurs cours et à organiser des journées d'étude. D'autres associations étudiantes optent pour l'occupation, ce qui mène à une détérioration rapide de la situation. L'Union générale des étudiants du Québec (UGEQ), qui compte 65 000 membres, affiche son support pour le mouvement qui fait boule de neige. Des percées sont même réalisées sur le plan universitaire, ce qui amène le ministre de l'Éducation, Jean-Guy Cardinal, à réitérer la promesse de son gouvernement de fonder une deuxième université francophone à Montréal. Le climat reste tendu pendant plusieurs jours et une grande marche, qui a lieu le 21 octobre, permet aux étudiants d'exprimer pacifiquement leurs principales revendications. Plus de 7 000 personnes y participent à Montréal alors qu'une autre manifestation, moins réussie, attire 200 étudiants à Québec. Cet événement ne permet pas d'endiguer l'essoufflement de la contestation qui se précise. Le 22 octobre, presque tout le monde a repris le chemin des classes.
Source : Le Devoir, 9 octobre 1968, p.1-2, 16 octobre 1968, p.1 et 6, 22 octobre 1968, p.1 et 6 et 23 octobre 1968, p.3.
Le 11 octobre 1968 Occupation de l'École des Beaux-Arts de Montréal
Dans la foulée du mouvement déclenché au cégep Lionel-Groulx, des étudiants décident d'occuper l'École des Beaux-Arts de Montréal. Ils veulent participer à l'information et aux décisions pédagogiques et administratives de leur établissement.
Le mouvement de protestation dans les collèges va s'épuiser petit à petit, attirant aux récalcitrants de l'École des Beaux-Arts quelques réactions défavorables. Une déclaration officielle pour dénoncer « l'abus démesuré de l'occupation actuelle » de l'École des Beaux-Arts et le gaspillage des deniers publics sera rendue publique, à la mi-novembre, par le Comité des non-occupants de l'École des Beaux-Arts. Elle sera envoyée au premier ministre du Québec, Jean-Jacques Bertrand, et à son ministre de l'Éducation, Jean-Guy Cardinal.
Source : Le Devoir, 12 octobre 1968, p.1, 9 novembre 1968, p.2. La Presse, 12 novembre 1968, p.3.
Le 7 octobre 1969 Manifestation violente des membres du Mouvement de libération du taxi
Profitant de la grève des policiers de Montréal, des membres du Mouvement de libération du taxi improvisent une manifestation devant l'Hôtel de ville de Montréal. Ils se rendent ensuite au garage de la compagnie Murray Hill Limousine Service où ils se livrent à un saccage en règle dont les dommages seront évalués à quelques centaines de milliers de dollars.
Plusieurs activistes indépendantistes se joignent au groupe de chauffeurs pour protester contre « les conditions faites aux chauffeurs de taxi, ainsi que (...) les privilèges accordés à la compagnie Murray Hill ». La démonstration tourne au grabuge au garage de la Murray Hill alors que les manifestants détruisent des autobus, des limousines et mettent le feu aux installations. Quelques policiers de la Sûreté du Québec sont impuissants à faire cesser la pagaille pendant laquelle quelques coups de feu sont tirés. Un d'eux atteint Marc Carbonneau, un activiste indépendantiste qui sera mêlé directement aux événements d'octobre 1970. Un autre coûte la vie à Robert Dumas, un agent de la Sûreté qui avait infiltré le Mouvement de libération du taxi.
Le 7 octobre 1969 Déclenchement d'une grève par les policiers de la ville de Montréal
La grève déclenchée par les 2 400 pompiers et les 3 700 policiers de Montréal sème l'anarchie dans la ville. Dépassé par les événements, le président du Comité exécutif de la ville de Montréal, Lucien Saulnier, demande au premier ministre Jean-Jacques Bertrand de prendre des mesures d'urgence pour restaurer le calme.
En quelques heures, on assiste à plusieurs actes de vandalisme, dont des vols de banque et des incendies, dans tous les coins de la ville. En tout, 456 vols par effraction sont répertoriés au cours de cette seule journée que l'on surnommera le « sept octobre rouge ». Une bataille rangée éclate également devant les garages de la Murray Hill où des coups de feu sont échangés. Quelques centaines de policiers de la Sûreté du Québec et les soldats de l'armée canadienne sont appelés en renfort. À Québec, le premier ministre Bertrand défend cette décision devant l'Assemblée nationale en déclarant: « Quand on crée un climat d'anarchie et de chaos, l'État n'a pas le droit de faillir à ses responsabilités. L'État doit agir, il agit. » À minuit, les chefs syndicaux réussiront finalement à convaincre les policiers et les pompiers de reprendre le travail.
Le 10 octobre 1969 Manifestation pour le droit de manifester à Montréal
Deux cent personnes réclament le droit de manifester à Montréal malgré l'interdiction de l'administration du maire Jean Drapeau.
Cette manifestation du Front de libération populaire, qui se déroule sur la rue Sainte-Catherine, a pour but de démontrer que le droit de manifester existe toujours à Montréal et qu'aucun permis ne doit être nécessaire à cet effet. Les participants rappellent aussi le droit à l'information et réclament la démission du maire Jean Drapeau et du président du comité exécutif, Lucien Saulnier. Le grand déploiement des forces policières se soldera par quatre arrestations.
Le 16 octobre 1969 Évasion spectaculaire dans les rues de Montréal
Arrestation de Richard Blass (1969)
Des détenus de la prison de Bordeaux s'échappent du fourgon cellulaire qui les transporte, déclenchant une des chasses à l'homme les plus spectaculaires de l'histoire de Montréal.
Un des prisonniers est vite repris alors que deux autres, Richard Blass et Denis Thouin, sont cernés par les policiers dans une maison de la rue Fabre. Des coups de feu sont échangés et des gaz lacrymogènes utilisés avant que Blass et Thouin ne se rendent. Deux autres de leurs complices seront repris au cours de la journée. Les circonstances entourant cette évasion semblent particulièrement suspectes aux yeux des autorités. Le ministre de la Justice, Rémi Paul, évoque même la possibilité que les détenus aient bénéficié d'une aide à l'intérieur et à l'extérieur de la prison.
Source : La Presse, 17 octobre 1969, p.1, 8 et 15; 18 octobre 1969, p.1 et 2.
Le 28 octobre 1969 Manifestation contre le projet de loi 63 à Montréal
Environ 15 000 opposants au projet de loi 63 répondent à l'appel de la Ligue pour l'intégration scolaire (LIS) et manifestent dans les rues de Montréal en faveur de l'unilinguisme français. La veille, 1 000 étudiants avaient fait de même devant le Cégep de Sainte-Foy.
La manifestation, calme et pacifique, se déroule au parc Laurier et au centre sportif de l'Université de Montréal avant de se terminer au club Renaissance. Le lendemain, Le Front commun des Comités d'ouvriers et de citoyens de la ville de Montréal organisera une manifestation qui réunira 25 000 personnes, dont un grand nombre d'étudiants. Les effigies du premier ministre Jean-Jacques Bertrand, du maire de Montréal, Jean Drapeau, et du président du Comité exécutif de Montréal, Lucien Saulnier, seront brûlées. La manifestation se déroulera de la rue Craig au parc Lafontaine en passant par quelques autres rues de Montréal. Aucun incident n'est souligné dans la presse.
Source : Le Devoir, 28 octobre 1969, p.1-2, 29 octobre 1969, p.1-3, et 30 octobre 1969, p.1 et 2.
Le 31 octobre 1969 Manifestation devant le Parlement de Québec contre le projet de loi 63
Cette manifestation, qui attire entre 15 000 et 30 000 personnes, a pour but de démontrer l'opposition de la population au projet de loi 63 déposé par le gouvernement unioniste de Jean-Jacques Bertrand. L'appel à la mobilisation a été lancé par le Front du Québec français.
Pour la plupart, les manifestants sont des étudiants de niveau collégial et universitaire, ainsi que des représentants des centrales syndicales (Corporation des enseignants du Québec, Confédération des syndicats nationaux, Alliance des professeurs de Montréal). Même si l'on anticipe du grabuge, la journée se déroule dans un calme relatif, en grande partie grâce au service d'ordre qui encadre les manifestants. Plus de 1000 policiers (Sûreté du Québec et policiers de Québec) sont également en service pour l'occasion. Toutefois, des actes de vandalismes et des affrontements avec les policiers sont rapportés dans la soirée. Selon la presse du lendemain, une vingtaine de personnes sont blessées, dont des policiers, et 65 arrestations effectuées. Le projet de loi 63 porte sur le libre choix des parents à la langue d'enseignement de leurs enfants. Il sera adopté par l'Assemblée nationale quelques semaines plus tard.
Source : Le Devoir, 1er novembre 1969, p.1-2; La Presse, 1er novembre 1969, p. 1, 4-7; Le Soleil, 1er novembre 1969, p. 1-2, 6-7.
Le 8 octobre 1970 Déclenchement d'une grève par les médecins spécialistes
En faisant cet arrêt de travail, les médecins spécialistes veulent protester contre certaines modalités du plan d'assurance-maladie dont l'entrée en vigueur est prévue pour le 1er novembre.
Le conflit prendra fin le 18 octobre, trois jours après une séance spéciale de l'Assemblée nationale forçant les médecins spécialistes à retourner au travail. Le 11 novembre, dix jours après l'entrée en vigueur du programme d'assurance-maladie, une convention collective sera signée entre le gouvernement du Québec et la Fédération des médecins omnipraticiens. Signée entre Georges Hamel, président de la Fédération des médecins omnipraticiens du Québec, et le ministre de la Santé, Claude Castonguay, cette entente prévoit des réaménagements des honoraires, la reconnaissance de 11 jours fériés durant l'année et la création d'un Comité d'appréciation des relevés honoraires qui a pour tâche d'examiner les relevés honoraires non conformes à la loi ou l'entente.
Une centaine de travailleurs, membres du Front commun des travailleurs de la Sogefor, bloquent la route 11. Ils veulent ainsi protester contre la fermeture de deux usines de la Sogefor dans la région.
Les manifestants souhaitent attirer l'attention du gouvernement sur leurs problèmes. Leur solution serait la réouverture de l'usine Dupan, avec une administration paritaire pour au moins un an, ainsi que l'annulation de l'offre d'achat de l'usine Dubé par la maison Bellerive Venneer. Le blocus routier est dégagé par des agents de la Sûreté du Québec, munis de matraques et précédés par un imposant tracteur.
Le 6 octobre 1971 Publication du document « Il n'y a plus d'avenir pour le Québec dans le système économique actuel: la CSN propose un changement radical ».
Ce document, produit par la Confédération des syndicats nationaux (CSN), analyse la société sous l'angle de la lutte des classes. Il rejette le capitalisme et propose le socialisme comme alternative.
Malgré les critiques que la centrale adresse à l'endroit du système capitaliste, elle ne rejette pas le système politique démocratique qui l'accompagne. Le document sera éventuellement approuvé par le Bureau confédéral de la CSN.
Le 16 octobre 1971 Tenue d'un rassemblement commémorant les événements d'Octobre 1970
Trois mille personnes soulignent le premier anniversaire du recours à la Loi des mesures de guerre par le gouvernement fédéral dans le cadre des événements d'octobre 1970. Organisée par le Front commun pour la défense de la langue française, le Conseil central de Montréal et le Mouvement pour la défense des prisonniers politiques du Québec (MDPPQ), la manifestation se solde par cinq arrestations.
Le Devoir titre « Dans l'ensemble, la manifestation fut pacifique ». Pourtant, la devanture de l'édifice d'Hydro-Québec est fracassée, des barricades mises à feu et des projectiles de toutes sortes sont lancés aux policiers qui chargent les manifestants. L'action se déroule successivement au parc Lafontaine, devant le palais de justice de Montréal, devant l'édifice d'Hydro-Québec et face à l'immeuble du journal « La Presse ».
Le 27 octobre 1971 Déclenchement d'une grève au journal « La Presse »
Un différend sur les changements technologiques et la sécurité d'emploi amène les dirigeants du journal « La Presse » à imposer un lock-out à 350 de leurs travailleurs (typographes, clicheurs, pressiers, etc.). Un bras de fer s'engage entre la direction de « La Presse », la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) et la Confédération des syndicats nationaux (CSN) qui représentent les employés.
Depuis la dernière grève du journal, en 1964, Power Corporation s'est porté acquéreur de « La Presse ». Sa volonté d'améliorer la rentabilité de l'entreprise en introduisant des changements technologiques crée des tensions. Elle entraîne également la mise à pied de nombreux travailleurs, ce à quoi s'opposent les syndicats affiliés à la CSN et à la FTQ. Pour la première fois, ces deux centrales mettent leurs divergences de côté pour livrer une bataille commune. Le journal décide de placer en lock-out ses employés de l'imprimerie et d'embaucher des briseurs de grève pour les remplacer. L'édifice de « La Presse » devient une forteresse protégée par des gardes de sécurité armés et accompagnés de chiens policiers. Le journal obtient également une injonction qui limite le piquetage. Les onze syndicats du journal font alors front commun pour appuyer ceux qui sont en lock-out. La pression montant, le journal cesse de paraître le 27 octobre. Le 29 octobre, les centrales organisent une marche de solidarité qui attire plus de 15 000 personnes. Elle dégénère en une violente confrontation entre policiers et manifestants qui cause un mort et 190 blessés. Le 2 novembre, soir des obsèques, 17 000 personnes emplissent le Forum de Montréal pour assister à une grande manifestation syndicale. Il faudra plusieurs mois avant qu'une entente survienne entre les parties. Les travailleurs de l'imprimerie y gagneront la sécurité d'emploi absolue en cas de changements technologiques. Cette victoire est particulièrement chère aux yeux des centrales car plusieurs grèves ont eu lieu dans d'autres journaux sur la problématique des changements technologiques et elles se sont toutes soldées par des défaites syndicales. « La Presse » paraîtra de nouveau le 10 février 1972.
Source : La Presse, 28 octobre 1971, p.1 et 6, et 10 février 1972.
Le 29 octobre 1971 Manifestation en faveur des travailleurs de « La Presse »
Plus de 10 000 manifestants dénoncent l'attitude de Power Corporation dans le lock-out au journal « La Presse ». La Confédération des syndicats nationaux (CSN), la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) et la Corporation des enseignants du Québec (CEQ) organisent cette manifestation de solidarité qui se solde par près de deux cent arrestations. Le rassemblement a lieu au carré Saint-Louis, à l'intersection des rues Saint-Denis et Craig, à Montréal.
On retrouve sur place plusieurs délégations de travailleurs dont les employés de soutien de l'Université de Montréal, le syndicat des professeurs, les employés mis à pied par Canadair, les « gars de Lapalme », les pompiers de Montréal et divers autres syndicats et associations. Dans cette marée humaine, une femme est victime d'une crise d'asthme et meurt étouffée. On note plusieurs affrontements d'une rare violence entre policiers et manifestants.
Le 3 octobre 1974 Manifestation étudiante à Montréal
Une manifestation organisée par le Mouvement de libération étudiante attire 2 000 personnes à Montréal.
Les étudiants veulent dénoncer les conditions générales d'organisation des écoles secondaires: mauvaise qualité de l'enseignement en raison des classes surchargées, horaires et choix de cours contraignants et inadaptés, archaïsme des règlements et opposition des directions d'école à une organisation autonome des activités étudiantes.
Le 19 octobre 1974 Manifestation du Mouvement Québec français devant le Parlement de Québec
Une foule estimée à 15 000 personnes manifeste contre la Loi 22 qui fait du français la langue officielle au Québec, tout en reconnaissant le français et l'anglais comme langues nationales.
Les manifestants se regroupent en premier lieu aux abords des plaines d'Abraham, à Québec. Ils se déplacent ensuite devant le Parlement, puis sur la rue Saint-Cyrille, jusqu'au Grand Théâtre. Les marcheurs se disperseront une fois revenus au point de départ. René Lévesque, Jacques Parizeau et d'autres membres influents du Parti québécois participent à la manifestation. On signale la présence de l'escouade anti-émeute, de photographes, de caméramans et de techniciens de la Sûreté du Québec.
Environ 15 000 manifestants réunis à Québec par le Mouvement du Québec français protestent contre la Loi 22 que le gouvernement libéral de Robert Bourassa a fait adopter par l'Assemblée nationale en juillet 1974.
Inspirée du rapport Gendron, cette loi fait du français la langue officielle du Québec. Elle reste néanmoins contestée par les milieux nationalistes qui lui reprochent de ne pas aller assez loin dans la défense du français. La Loi 22 fera également l'objet de sévères critiques de la part de la communauté anglophone, irritée par les tests que devront désormais passer les enfants qui veulent avoir accès à l'école anglaise.
Source : Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert, François Ricard, Histoire du Québec contemporain: le Québec depuis 1930, Montréal, Boréal, 1987, p.550-555. L'Encyclopédie du Canada: édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p.1463. Conseil de la langue française (Michel Plourde et al.), Le français au Québec : 400 ans d'histoire et de vie, Québec, Fides - Les Publications du Québec, 2000, p.252-253.
Le 29 octobre 1974 Manifestation de 30 000 personnes à Montréal
Cette manifestation organisée par la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) a pour objectif de dénoncer la « justice des boss », ainsi que la responsabilité des patrons et du gouvernement en ce qui concerne l'inflation.
La marche, qui se déplace de la rue Saint-Denis au Champs-de-Mars, est ouverte par les grévistes de la United Aircraft. On signale parmi les manifestants la présence de Robert Dean (vice-président de la FTQ), Julien Major (vice-président du Congrès du travail du Canada), Fernand Daoust (secrétaire de la FTQ), Marc Renault (président du Conseil du travail de Montréal), Yvon Charbonneau (Centrale de l'enseignement du Québec), Michel Chartrand (Conseil central de la CSN) et Louis Laberge (président de la FTQ). On remarque aussi des délégations de la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et du Parti communiste du Canada.
Le 31 octobre 1974 Débrayage des pompiers de Montréal
Malgré les appels du président de leur syndicat, environ 2 400 pompiers débrayent illégalement à Montréal. Pendant ce « week-end rouge », 25 incendies détruisent 75 maisons.
Le 3 novembre, un compromis est finalement atteint entre le premier ministre du Québec, Robert Bourassa, et le président du syndicat, Jean L'Abbé. Il comprend notamment un montant forfaitaire pour les pompiers. Au cours de ces difficiles journées, le pire a pu être évité à Montréal grâce à l'intervention des pompiers volontaires et de ceux de la banlieue.
Le 1er octobre 1975 Explosion mortelle à McMasterville
Une explosion aux usines de la Canadian Industries Limited (CIL), à McMasterville, fait huit morts et sept blessés, et cause pour 1,7 millions de dollars de dommages.
Des bâtiments entiers explosent sous le choc qui cause des dégâts matériels à quelques kilomètres à la ronde. Les pompiers doivent travailler de longues heures pour empêcher les flammes de créer une explosion en chaîne. Le produit qui serait à l'origine de la conflagration est connu sous le nom de PowerMax 500, un explosif qui a pourtant la réputation d'être « stable ». La CIL interrompra sa production de PowerMax 500 pour le moment, mais elle continuera néanmoins à fabriquer d'autres types d'explosifs. Les syndicats ne tarderont pas à demander une enquête sur les conditions de travail prévalant à la CIL, dont les usines de McMasterville emploient environ 800 personnes.
Source : Le Devoir, 2 octobre 1975, p.1 et 6, 3 octobre 1975, p.1 et 6.
La presque totalité des 2 500 travailleurs du chantier olympique quittent « spontanément » le travail. Ils veulent par ce geste protester contre le port obligatoire de la carte d'identité.
Les contestataires exigent également la réintégration de 200 de leurs confrères limogés au printemps 1975. Selon le porte-parole patronal: « la FTQ (Fédération des travailleurs du Québec) veut absolument reprendre le contrôle du chantier et pour nous, il n'est pas question d'abdiquer ce droit de gérance qui nous permet d'interdire l'accès de notre chantier aux indésirables ».
Le 23 octobre 1975 Manifestation contre la hausse des tarifs du transport en commun à Montréal
Environ 15 000 personnes participent à une manifestation contre la hausse des tarifs du transport en commun à la Communauté urbaine de Montréal (CUM). La dernière augmentation est survenue le 12 octobre dernier.
La manifestation, qui se tient dans les rues de Montréal, est organisée par l'Association nationale des étudiants du Québec, le Comité de lutte des usagers contre la hausse des tarifs et l'organisme Sauvons Montréal. Pour sa part, le Rassemblement des citoyens de Montréal prône la désobéissance civile.
Le 14 octobre 1976 Manifestation contre les mesures anti-inflationnistes à Montréal
Près de 20 000 personnes manifestent dans les rues de Montréal et au parc Lafontaine leur opposition aux mesures anti-inflationnistes adoptées par le gouvernement libéral dirigé par Pierre Elliott Trudeau. L'approche mise de l'avant par les Libéraux dans la Loi C-73 comprend notamment une politique de gel des prix et des salaires.
La manifestation est organisée par divers groupes populaires, ainsi que par la Confédération des syndicats nationaux (CSN) et la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ). Plusieurs leaders syndicaux, dont Marcel Pepin (CSN), Louis Laberge, Fernand Daoust (FTQ) et Yvon Charbonneau, de la Centrale de l'enseignement du Québec, sont sur place. La marche constitue le point culminant d'une journée de grève générale qui aurait mobilisé 1,2 millions de travailleurs en Amérique du Nord, dont environ 250 000 au Québec.
Le 18 octobre 1976 Déclenchement d'une grève par les professeurs de l'Université du Québec à Montréal
Les 460 professeurs de l'Université du Québec à Montréal (UQAM) se mettent en grève. Ils rejoignent ainsi leurs 1 000 confrères de l'Université Laval, en grève depuis le 7 septembre. Les deux arrêts de travail dureront quatre mois.
Le conflit a une triple origine. Premièrement, les professeurs estiment que « l'institution leur échappe ». Deuxièmement, le non-renouvellement de leur contrat et le congédiement de plusieurs professeurs mettent le feu aux poudres. Finalement, les conditions de travail varient d'un contrat à l'autre, ce qui constitue une source de mécontentement. L'intervention d'un médiateur, David Soberman, est sollicitée pour calmer la situation. La grève prendra fin avec l'annonce de l'acceptation d'un protocole d'entente, le 18 février 1977. Le représentant syndical des professeurs affichera alors sa satisfaction en déclarant à la presse: « nous nous sommes battus sur des questions de principe et nous avons gagné. » Les associations étudiantes, préoccupées par la situation financière de leurs membres, ne partagent par cet enthousiasme. La session interrompue le 18 octobre sera complétée entre le 21 février et le 26 avril, alors qu'une session d'été se déroulera du 2 mai au 22 juillet. Le professeur Joël de la Noüe de l'Université Laval soutiendra qu'à la fin du conflit, le syndicat a gagné sur tous les points: « D'abord (...), il y a eu une entente quant aux règlements des suspensions ou des congédiements, il y a eu un règlement très satisfaisant sur la gouverne interne à l'échelle des départements avec la création des assemblées et la participation reconnue officiellement des professeurs (...) Ensuite , il y a eu un gain considérable sur la plan de la structure de l'échelle des salaires. »
Source : La Presse, 19 février 1977, p.B7. Marc Vallières et al., «Un tournant! La grève de 1976», Cap-aux-Diamants, no.72, Hiver 2003, p.72-75.
Le 19 octobre 1976 Entente de principe dans le conflit des travailleurs de la construction
Une entente de principe survient entre la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), section construction, et les entrepreneurs en construction. Elle met fin à une grève de deux mois.
Parmi les dispositions de l'entente, l'Office de la construction reconnaît les bureaux de placements actuels et donne la priorité d'emploi aux travailleurs permanents de la construction.
Le 23 octobre 1977 Arrestation massive d'homosexuels à Montréal
Cinquante policiers de l'escouade de la moralité procèdent à l'arrestation de 146 hommes accusés de grossière indécence au bar Truxx à Montréal.
Cette arrestation massive est la plus importante depuis l'application de la Loi des mesures de guerre lors de la Crise d'Octobre 1970. Environ 465 personnes avaient alors été arrêtées parce qu'on les soupçonnait d'entretenir des liens avec le Front de libération du Québec (FLQ). Dans l'affaire du bar Truxx, les 146 accusés seront maintenus au poste de police pendant plus de 15 heures. Ils subiront plusieurs tests médicaux qui seront utilisés contre eux lors de leur procès.
Le 11 octobre 1979 Déclenchement d'une grève dans le transport en commun à Montréal
Pour la quatrième fois en six ans, les Montréalais sont privés de leur service de transport en commun. Il s'agit cette fois d'une grève des employés des services d'entretien et des bureaux de la Commission de transport de la communauté urbaine de Montréal (CTCUM).
Le 8 octobre 1982 Manifestation de 2 000 travailleurs de l'industrie du vêtement
La Fédération des travailleurs du Québec (FTQ) organise une manifestation qui réunit 2 000 travailleurs de l'industrie du vêtement dans les rues de Montréal.
La FTQ veut presser les gouvernements de Québec et d'Ottawa de trouver des solutions aux problèmes de cette industrie en difficulté. Les manifestants dénoncent également les importations de vêtements et le travail à domicile.
Le 20 octobre 1984 Manifestation pacifiste à Montréal
Près de 10 000 personnes se déplacent à l'occasion d'une marche sur la paix qui débute au complexe Guy-Favreau, à Montréal.
Cette manifestation vise à promouvoir la paix, le désarmement international ainsi que la fin des essais des missiles Cruise au Canada. De plus, les participants à la marche souhaitent que le Canada soit déclaré « zone libre d'armes nucléaires », que les sommes consacrées aux armements servent à combler les besoins sociaux et qu'un vote libre se tienne au Parlement sur ces questions. La foule est composée de pacifistes, de membres du Parti communiste, de représentants de l'Église et de membres des communautés anglophone, francophone et hispanophone.
Le 25 octobre 1986 Décès de Gaston Harvey lors d'une manifestation
Le conflit opposant les 350 employés du Manoir Richelieu, affiliés à la Confédération des syndicats nationaux (CSN), au propriétaire Raymond Malenfant, dégénère et fait un mort.
Cette lutte trouve sa source dans la décision de Raymond Malenfant de ne pas reconnaître le syndicat constitué au moment où il a fait l'acquisition du Manoir Richelieu, en 1985, des mains du gouvernement québécois qui le possédait depuis les années 70. Malenfant se considérait alors comme le propriétaire d'un édifice, pas de son personnel, et ne se sentait aucunement lié par le syndicat qui défendait celui-ci. Cette controverse sera à l'origine d'un long conflit qui sera ponctué par la mort de Gaston Harvey, l'époux d'une des syndiquées, étouffé par un agent de la Sûreté du Québec au cours d'une manifestation. Le lendemain du drame, le président de la CSN, Gérald Larose, déclarera à la presse: « J'accuse la Sûreté du Québec d'avoir tué Gaston Harvey. » Peu de temps après, le gouvernement annoncera la tenue d'une enquête publique pour faire la lumière sur cette affaire. La cause du décès sera considérée comme accidentelle, mais l'épreuve de force se poursuivra avec des boycotts, des actes de violence et de nombreux rebondissements. Elle se soldera finalement par une victoire de Raymond Malenfant devant les tribunaux.
Source : http://www.pum.umontreal.ca/apqc/87_88/rouillar/rouillar.htm Le Devoir, 27 octobre 1986, p.1 et 8, 28 octobre 1986, p.1 et 10. L'Encyclopédie du Canada : édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p.1532.
Le 21 octobre 1987 Visite de la reine Elizabeth II à Québec
Dans le cadre d'une visite qu'elle effectue au Canada, la reine Elizabeth Il fait un arrêt à Québec. Il s'agit de son premier passage dans la Vieille Capitale depuis sa visite controversée d'octobre 1964. Celle-ci s'était déroulée dans un climat de tension à la suite des menaces proférées par des nationalistes québécois et des mesures de sécurité déployées par le corps policier.
À son arrivée à l'aéroport de Québec, la souveraine britannique est accueillie par de nombreux dignitaires dont le lieutenant-gouverneur du Québec, Gilles Lamontagne, et le premier ministre du Québec, Robert Bourassa. Elizabeth II participe à quelques réceptions et se rend à Rivière-du-Loup et à Sainte-Anne-de-la-Pocatière où elle reçoit un accueil chaleureux. Des manifestations sont également organisées au cours de cette visite royale pour faire connaître les positions de certains nationalistes québécois sur la royauté. Dans un discours qu'elle prononce le 22 octobre, Elizabeth II parle du Québec comme d'une « société distincte » et fait allusion à l'Accord du lac Meech en soulignant que « Tous les chefs de gouvernements politiques au Canada ont contribué à réaliser cette heureuse harmonie dans la diversité. » Le lendemain, en présence du premier ministre Brian Mulroney, elle parlera du « sentiment d'unité qui se manifeste avec une vigueur renouvelée chez tous les Canadiens. »
Source : Le Devoir, 22 octobre 1987, p.3. La Presse, 22 octobre 1987, p.A2, 23 octobre 1987, p.1 et A2, 24 octobre 1987, p.1 et A2.
Le 4 octobre 1994 Incendie à Morin Heights lié aux activités de l'Ordre du temple solaire
Les restes d’une maison incendiée appartenant à l’Ordre du Temple solaire à Morin-Heights, dans les Laurentides, en octobre 1994.
L'incendie de deux luxueuses résidences de Morin Heights, dans les Laurentides, cause la mort de quatre adultes et un bébé.
L'affaire prend une nouvelle tournure le 5 octobre alors que l'on retrouve en Suisse les cadavres de 48 personnes, dont quatre Québécois, liées de près à l'Ordre du temple solaire (OTS). L'OTS est une secte sur laquelle les autorités policières enquêtent depuis quelque temps. Sans avoir toutes les réponses aux incidents survenus à Morin Heights et en Suisse, la police se lance à la recherche de Joe DiMambro et Luc Jouret, deux membres influents de la secte qui ont disparu.
Source : La Presse, 5 octobre 1994, p.1 et A2, 6 octobre 1994, p.1, A2-A5, et 7 octobre 1994, p.A3-A5 et B3.
Le 29 octobre 1996 Manifestation contre les politiques québécoises en matière d'économie et d'emploi
Cette double manifestation, qui regroupe quelques 5 000 participants, se déroule à Montréal en marge du Sommet sur l'économie et l'emploi tenu par le gouvernement du Parti québécois (PQ) dirigé par Lucien Bouchard.
La première manifestation se déroule sans incident. Elle est organisée par la Confédération des syndicats nationaux (CSN), la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), la Centrale de l'enseignement du Québec (CEQ), le Syndicat canadien de la fonction publique(SCFP), des groupes d'assistés sociaux et des organismes d'actions populaires. L'autre manifestation est plus mouvementée. Un mannequin représentant le premier ministre Lucien Bouchard est brûlé en effigie alors que des œufs et des bouts de bois sont projetés sur l'hôtel Sheraton, où se déroule le sommet. L'escouade tactique intervient sans faire d'arrestation. Elle attribue les troubles à « de jeunes étudiants ».
Le 15 octobre 1998 Manifestation étudiante à Montréal
Environ 400 jeunes protestent contre la pauvreté et demandent un réinvestisement massif des gouvernements dans le domaine de l'éducation. La manifestation est marquée par quelques actes de violence.
Les étudiants partent de l'Université McGill, de l'Université Concordia et de l'Université du Québec à Montréal (UQAM). Ils se rendent à la Place de la bourse et tentent de s'introduire dans l'édifice. Malgré l'intervention des policiers de la Communauté urbaine de Montréal, une vingtaine de protestataires arrivent à pénétrer à l'intérieur. Trois manifestants seront accusés d'avoir troublé l'ordre public. L'organisateur de la manifestation est La Fédération canadienne des étudiants du Québec.
Le 3 octobre 2001 Expulsion des « squatters » à Montréal
Les autorités de la Ville de Montréal font intervenir le Service de la police de la Communauté urbaine de Montréal (SPCUM) afin d'expulser des gens qui habitent le Centre Préfontaine.
Les « squatters » occupent cet édifice de l'est de la ville depuis août 2000 à la demande du maire de Montréal, Pierre Bourque. En effet, en raison du manque de logements sociaux à Montréal, des gens avaient décidé d'occuper illégalement la maison Louis-H.-LaFontaine sur la rue Overdale. La ville avait alors décidé de les relocaliser au Centre Préfontaine où ils pourraient occuper l'édifice gratuitement. Au fil des semaines, le maire s'est toutefois rendu compte que les jeunes ne souhaitaient pas créer une coopérative de logement pour régler leur problème de logement comme ils l'avaient promis. La Ville de Montréal décide donc d'expulser les « squatters » sous prétexte que l'édifice est jugé trop dangereux. Les policiers de la SPCUM, entrés de force dans l'édifice un peu avant neuf heures du matin, ont rencontré peu de résistance. Toutefois, sept personnes sont arrêtées pour avoir empêché le travail des policiers et une autre a été amenée à l'hôpital après avoir été assommée par une décharge de pistolet électrique. Une trentaine de personnes habitaient dans cet édifice depuis le mois d'août 2001.
Le 9 octobre 2001 Menace de contamination à l'antrax à Montréal
Un immeuble du centre-ville de Montréal est évacué par mesure de précaution à cause d'une enveloppe qu'on soupçonne d'être contaminée d'une substance dangereuse: l'anthrax.
Depuis les attentats du 11 septembre 2001 perpétrés contre les États-Unis, les populations des grandes villes nord-américaines sont constamment sur un pied d'alerte. Les cas d'anthrax (ou maladie du charbon) répertoriés aux États-Unis depuis quelques semaines rendent les gens méfiants à l'endroit de toute enveloppe ou colis suspect. La compagnie Global international, située au centre-ville de Montréal sur la rue Sherbrooke, est évacuée et le périmètre bouclé en raison d'une enveloppe provenant du journal « The Sud » de Floride. C'est à ce même journal qu'une personne est décédée et qu'une autre a été contaminée par l'anthrax. Les personnes qui sont entrées en contact avec l'enveloppe ont toutes été examinées. L'analyse de son contenu a déterminé qu'elle ne contenait aucune trace d'anthrax. Cet événement traduit bien l'atmosphère de peur qui sévit en Amérique à cause des attentats terroristes. Les alertes à la bombe et à la contamination bactériologique obligent les autorités à ne prendre aucune menace à la légère et les effectifs sont chaque fois déployés afin de pallier à toute éventualité.
Contenu du communiqué (télécopie) de Bernard Coulombe: « Mine Jeffrey Inc. arrête la production de fibre d'amiante chrysotile à cause des prix qui ne permettent pas l'opération économique présentement ».
Suite du communiqué: « Dans le but de protéger l'intégrité du complexe minier Jeffrey et de maintenir l'opportunité de réouverture, Mine Jeffrey Inc. a recours à la Loi sur les arrangements avec les créanciers des compagnies. La protection de la Loi donnera du temps à Mine Jeffrey Inc. pour négocier des règlements de ses obligations financières et de rechercher des solutions d'avenir ».
Source : Les Actualités, vol. 43, no 42, 12 octobre 2002, p. 5.
Le 8 octobre 2002 Assemblée à l'Hôtel de ville d'Asbestos
D'après Les Actualités, au sujet de la fermeture de Mine Jeffrey Inc., la mairesse d'Asbestos (et préfet de la MRC d'Asbestos) fit notamment la déclaration suivante: « le choc est grand, c'est une épreuve, une réelle épreuve, un chagrin qu'il faut vivre. Il y a aussi des espoirs, mais en tant que responsable, il faut exercer un leadership. Montrer qu'ensemble on a les moyens. On refuse catégoriquement que s'installe la morosité ».
Source : Les Actualités, vol. 43, no 42, 12 octobre 2002, p. 3.
Le 26 octobre 2002 Manifestation d'appui aux employés de Vidéotron
De nombreux syndicats affiliés à la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ), dont celui des Métallos, viennent appuyer les employés en grève de Vidéotron lors d'une manifestation qui se déroule à Montréal. Le président de la FTQ, Henri Massé, est présent, ainsi que 1 500 autres personnes qui bravent la pluie et le froid. Les conditions météorologiques peu favorables empêchent toutefois le rassemblement des 10 000 personnes que les organisateurs attendaient pour cette occasion.
Les syndiqués de Vidéotron sont en lock-out depuis six mois. Aucun règlement ne pointe à l'horizon, et ce, même si l'ancien premier ministre du Québec, Lucien Bouchard, a été nommé médiateur dans ce conflit par le gouvernement. Auparavant, une autre médiation dirigée par le juge Allan B. Gold avait été tentée, mais sans succès. Le litige chez Vidéotron porte sur la décision de la compagnie de se défaire de sa division d'installation et de ses 644 techniciens pour les vendre à une compagnie extérieure, ce qui lui permettrait d'économiser 15 millions de dollars par année. Selon Massé, il n'y a qu'une seule solution pour régler le conflit: « Il faut mettre de la pression sur la Caisse de dépôt et placement, sur Vidéotron, bref sur tout ce qui peut faire bouger ce conflit et amener un règlement. Il faut établir un véritable dialogue entre les parties, ce que nous n'avons pas eu depuis le début. Lorsqu'on se parle, on a une chance de régler. Ce n'est pas en se disant des bêtises sur la place publique et lorsqu'il n'y a aucune négociation qu'on en arrive à une solution. »
Source : La Presse, 21 octobre 2002, p.D12, 27 octobre 2002, p.A7.
Le 31 octobre 2002 Annonce de mesures affectant une famille algérienne cloîtrée dans une église de Montréal
Une famille d'origine algérienne, les Seddiki-Bourouisa, demeure enfermée pendant une dizaine de jours dans l'église Union United Church de Saint-Henri afin d'éviter l'expulsion du Canada. Elle quittera ce sanctuaire le 30 octobre 2002, peu après l'annonce par les gouvernements fédéral et provincial de mesures particulières concernant les ressortissants algériens.
Sans devoir quitter le pays, les Algériens du Québec menacés d'expulsion pourront demander à Immigration Canada dans les 90 jours après le rejet de leur demande d'asile ou après la fin de leurs recours judiciaires, un certificat de résident permanent pour des motifs humanitaires. Après enquête et quelques démarches administratives, les personnes sélectionnées pourront recevoir des permis de résident permanent. Près de 1 069 Algériens pourront se prévaloir de cette nouvelle chance de faire progresser leur dossier. Selon le ministre fédéral de la Citoyenneté et de l'Immigration, Denis Coderre: « L'entente avec le Québec vise à ce qu'une personne dont la demande d'asile a été refusée puisse faire sa demande de résident permanent à partir du territoire québécois. La loi est très claire à ce sujet: lorsqu'une personne n'est pas considérée comme réfugiée, elle doit quitter le territoire pour faire une demande de résident permanent au Québec. » Les membres de la famille Seddiki-Bourouisa sont en bonne position pour recevoir leur certificat de résident selon Nadia Pollaert du Comité d'aide aux réfugiés: « Cette famille correspond très bien aux critères des autorités de l'Immigration. Les Seddiki-Bourouisa ont démontré qu'ils contribuent à la société québécoise par leur volonté de travailler et qu'ils se sont facilement adaptés ici. C'est très positif. » Le couple algérien a un enfant de deux ans, Ahmed, qui est citoyen canadien. Les parents se disent satisfaits de cet heureux dénouement. « Je suis très soulagée. Il faut cependant attendre la fin de toute cette histoire avant de célébrer la victoire. En attendant, nous pourrons au moins reprendre notre souffle », explique Yakout Seddiki. Pour sa part, le ministre de la Citoyenneté et de l'Immigration du Québec, Rémy Trudel, note la grande collaboration du Canada dans ce dossier: « Je dois noter l'ouverture du gouvernement fédéral à la procédure québécoise suggérée et la réponse qui nous a été donnée rapidement pour dénouer cette situation qui est, c'est le moins que l'on puisse dire, pénible pour ces personnes vivant en terre québécoise ».
Source : La Presse, 31 octobre 2002, p.A3, 1er novembre 2002, p.A6.
Le 29 octobre 2003 Manifestation de producteurs bovins devant le Parlement, à Québec
Malgré un temps pluvieux, quelques milliers de producteurs boivins se réunissent devant le Parlement, à Québec, pour demander aux élus de se pencher davantage sur leur situation.
Les problèmes des producteurs ont pris de l'ampleur au printemps avec l'éclosion de la crise dite de la «vache folle». L'embargo américain sur le bœuf canadien qui en a résulté, a entraîné des pertes considérables que Laurent Pelletier, le président de l'Union des producteurs agricoles (UPA), chiffre à 150 millions de dollars. Des plans d'urgence ont déjà été adoptés, tant à Québec qu'à Ottawa, mais ils sont jugés insuffisants par les producteurs qui clament leur mécontentement. Pour l'illustrer, ils ont amené avec eux une vingtaine de vaches qu'ils ont identifiées aux noms des ministres du cabinet du premier ministre Jean Charest. Tous attendent maintenant le contenu d'un plan national de redressement que le gouvernement fédéral devrait déposer bientôt.
Source : Le Devoir, 30 octobre 2003, p.A3. La Presse, 30 octobre 2003, p.A3.
Le 5 octobre 2004 Annonce du décès d'un sous-marinier canadien lors d'une mission au large des côtes d'Irlande
Un incendie qui éclate à bord du sous-marin NCSM (Navire canadien de sa Majesté) Chicoutimi cause des dégâts matériels importants et entraîne la mort d'un jeune lieutenant de 32 ans, Chris Saunders.
Parti d’Écosse quelques jours plus tôt, le NCSM Chicoutimi est un sous-marin acquis de la Grande-Bretagne qui en était à son premier voyage avec un équipage canadien. Qualifié de « vision d’enfer » par un des sous-mariniers à bord, l’incendie affecte particulièrement neuf des 57 membres de l’équipage qui ont inhalé de la fumée. Deux cas graves sont identifiés, en plus de Saunders que l’on tente de sauver au cours de son transport en hélicoptère vers un hôpital d’Irlande. De sérieux dommages sont causés au sous-marin dont la panne force le remorquage. Le 10 octobre, le premier ministre Paul Martin et les chefs des partis d’opposition sont à Halifax pour rendre hommage au disparu dont le corps est ramené au pays. Au cours des jours qui suivent la tragédie, la pertinence de l’acquisition des sous-marins britanniques, pour plus de 800 millions de dollars, fait l’objet d’un débat. Le 12 octobre, le gouvernement annoncera qu’ils seront laissés de côté pour une période indéterminée. Les funérailles de Chris Saunders auront lieu le 13 octobre.
Source : Le Devoir, 7 octobre 2004, p.A8; 9 octobre 2004, p.A2. La Presse, 7 octobre 2004, p.1 et A4; 8 octobre 2004, p.A6; 12 octobre 2004, p.A1-A4; 13 octobre 2004, p.1 et A8.
Le 2 octobre 2010 Présentation de la Marche bleue à Québec
La fièvre du hockey renaît à Québec alors qu'entre 50 000 et 75 000 personnes prennent part à la Marche bleue, un rassemblement visant à ramener le hockey professionnel dans la capitale. Ce projet doit préalablement franchir une autre étape qui est au cœur de l'événement: le financement d'un nouveau Colisée répondant aux exigences de la Ligue nationale de hockey (LNH).
Un agent d'assurance de Québec, Mario Roy, est l'instigateur de la Marche bleue, un grand rassemblement tenu sur les plaines d'Abraham. Par ce geste, il compte démontrer aux dirigeants de la LNH l'intérêt de la population pour un retour du hockey professionnel à Québec, quinze ans après le déménagement des Nordiques au Colorado. Préparé depuis le mois d'août, cet événement sert aussi à faire pression sur le gouvernement fédéral afin qu'il participe au financement d'un nouveau Colisée, condition incontournable à l'obtention d'une équipe de la LNH. Dans les semaines qui ont précédé, le gouvernement provincial, dirigé par Jean Charest, a confirmé son intérêt dans le projet, à la hauteur de 175 millions de dollars. Cette décision place le gouvernement conservateur de Stephen Harper, à qui l'on demande une participation comparable, dans une situation délicate. En plus d'un déficit excédant les 50 milliards de dollars, celui-ci doit composer avec le mécontentement de plusieurs Canadiens qui ne souhaitent pas voir les pouvoirs publics investir autant dans une infrastructure identifiée de près au sport professionnel. C'est pourquoi le maire de Québec, Régis Labeaume, insiste pour souligner qu'un nouvel amphithéâtre servirait d'abord et avant tout à promouvoir la candidature de Québec en vue de la présentation des Jeux olympiques d'hiver. Lors de la « marche bleue », c'est la nostalgie du hockey qui est à l'honneur alors que plusieurs anciens Nordiques, dont les frères Peter, Anton et Marian Statsny, assistent à l'événement. Plusieurs personnalités politiques de différentes formations sont également sur les lieux pour appuyer le mouvement. Leur enthousiasme ne suffit toutefois pas à ébranler le premier ministre Harper qui, pour le moment, refuse de se prononcer sur ce projet.
Source : Le Soleil, 2 octobre 2010, p. 1 et al.; La Presse, 2 octobre 2010, cahier Sports, p. 1-4. http://www.radio-canada.ca/regions/Quebec/2010/10/02/002-Marche_bleue_samedi.shtml
Le 31 octobre 2020 Agression meurtrière dans les rues de Québec
Un texte original du Bilan Québec rédigé par un.e, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Une agression aussi sauvage qu’inattendue survient dans les rues de Québec le soir du 31 octobre 2020. Un individu habillé en tenue médiévale s’en prend alors à des innocents avec un sabre de type katana, entraînant la mort de 2 d’entre eux et faisant 5 autres blessés avant que l’on parvienne à l’arrêter.
Le soir de l’Halloween, un dénommé Carl Girouard, un jeune homme de 24 ans venant de Sainte-Thérèse, déambule dans les rues du Vieux-Québec dans une tenue médiévale noire. Vers 22 heures 30, il sème la terreur en agressant des passants avec une arme dangereuse, un katana, un long sabre avec une lame courbée. Il tue 2 personnes et en blesse 5 autres avant de s’éclipser. Il faut quelques heures aux policiers pour retrouver le suspect. Ses victimes sont François Duchesne, le directeur des communications au Musée national des Beaux-Arts de Québec, et Suzanne Clermont, une coiffeuse. L’événement fait beaucoup parler. Dans les jours qui suivent, la presse consacre beaucoup d’espace à des témoins de la scène, témoins qui, dans certains cas, obtiendront de l’aide psychologique. Les médias accordent également une grande place à l’importance des problèmes de santé mentale dans la société québécoise, ainsi que des mesures à prendre pour les aborder. De fait, la défense de Girouard plaide en 2022 la non-responsabilité criminelle, se basant sur son délire schizophrénique, qui aurait été accentué par des dépendances au cannabis et aux jeux vidéo. Celui-ci se serait par exemple rendu dans la Vieille Capitale avec l’intention affirmée de tuer des gens. Le 10 juin 2022, l’accusé sera reconnu coupable après 5 jours de délibérations. Il reçoit alors un verdict de prison à vie, sans possibilité de libération conditionnelle avant 25 ans. Quant aux victimes, une plaque sera dévoilée à leur intention à la place d’Armes en octobre de la même année.
Source : Le Journal de Québec, 30 octobre 2021; Le Soleil, 2 novembre 2020; La Presse+, 2 novembre 2020, p. 2; Ici Radio-Canada, 1er novembre 2020 https://lactualite.com/actualites/attentat-de-quebec-le-suspect-voulait-tuer-le-plus-de-gens-possible/
«...Selon les témoignages recueillis auprès du suspect par la police de Québec dans les heures qui ont suivi son arrestation, tout indique que l’auteur de ces crimes barbares n’avait aucune motivation particulière. Les victimes auraient donc été choisies de façon aléatoire, au hasard des personnes croisées sur sa route. Le geste était certainement prémédité, mais il ne s’agirait pas d’un attentat terroriste ni d’un geste motivé par la religion, a indiqué le chef de police de la ville de Québec, Robert Pigeon, en conférence de presse, dimanche matin. «Présentement, il n’y a rien qui nous indique que les crimes ont été posés sur la base d’une motivation haineuse, religieuse, ethnique, d’orientation sexuelle ou autre», a dit M. Pigeon, qui était entouré de la vice-première ministre, Geneviève Guilbault, du maire de Québec, Régis Labeaume, et du ministre fédéral Jean-Yves Duclos. Il s’agirait donc d’un geste isolé commis par un tueur solitaire, qui n’aurait pas d’antécédents judiciaires. »
Jocelyne Richer, Roxanne Ocampo, Helen Moka, « Attentat de Québec : Le suspect voulait tuer le plus de gens possible », L’Actualité, 1er novembre 2020.
«...Au lendemain d’une nouvelle tuerie, les condoléances s’accompagnent d’autant d’appels à mieux traiter la détresse psychologique au Québec. Le maire de la capitale, Régis Labeaume, voit dans le massacre perpétré dans la nuit de samedi à dimanche l’oeuvre d’une « folie découlant visiblement de problèmes de santé mentale ». Le maire appelle à la tenue d’un débat de société sur les maladies mentales, un message qu’il martèle depuis plusieurs années. Les problèmes de santé mentale, selon lui, sont les plus grands problèmes de sécurité dans les grandes villes canadiennes pour les prochaines décennies. Ça devient de plus en plus difficile à gérer dans les villes. Ça devient de plus en plus difficile pour nos policiers et policières, qui deviennent des intervenants sociaux, déplore l’élu. Ce n’est pas leur métier. »
Sébastien Tanguay, « La santé mentale : « plus grand problème à la sécurité des villes », Ici Radio-Canada, 1er novembre 2020.
«...Non seulement le risque zéro n’existe pas, mais existerait-il, qu’on n’en voudrait pas. La vie deviendrait invivable. Jamais de réhabilitation possible pour ceux qui ont erré. Internement automatique et définitif pour quiconque a eu un problème de santé mentale. Enfants retirés à jamais de leur famille au premier manquement d’un parent. Prison à vie pour l’alcool au volant. Fouilles corporelles et filatures dès qu’on met le pied dans un espace public, une école, une clinique ou un commerce. Système de dénonciation pour tout comportement atypique ou perçu comme tel. Suivi électronique de chaque citoyen pour l’aviser d’un danger autour. Le risque zéro, c’est un policier à chaque coin de rue, une caméra à chaque poteau, une limite de vitesse à 10 km/h dans toutes les rues; c’est un barrage gonflé pour résister à une crue qui arrive une fois par million d’années là ou une capacité pour une crue 100 ans suffirait. Le risque zéro, c’est une vie sans vie privée qu’on n’a pas les moyens de se payer et dont on ne voudrait surtout pas. »
François Bourque, « Risque zéro : la société dont on ne voudrait pas », Le Soleil, 3 novembre 2020.
Le 25 octobre 2017 Arrestation du député libéral Guy Ouellette
Un texte original du Bilan Québec rédigé par un.e, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
La classe politique québécoise est ébranlée par l’arrestation du député libéral de Chomedey, Guy Ouellette, par l’Unité permanente anticorruption (UPAC). Cette nouvelle est suivie par le retrait du caucus libéral de Ouellette, mais aussi par une série d’interrogations qui défraient les manchettes le lendemain.
Guy Ouellette fait carrière au sein de la police, entre autres pendant la lutte aux motards criminalisés, avant d’entrer en politique en 2007. Il se fait alors élire dans Chomedey sous la bannière du Parti libéral du Québec (PLQ ). Parmi ses nombreuses fonctions, Ouellette préside la commission chargée de scruter les crédits de l’UPAC. Le 25 octobre 2017, des membres de l’UPAC procèdent à son arrestation sans mandat et fouillent son condo de Québec. Le député est soupçonné d’avoir divulgué de l’information confidentielle, ce qui justifierait l’intervention des policiers désireux de « sécuriser des éléments de preuve ainsi que pour empêcher que les infractions se continuent ou se répètent ». Ce que Ouellette nie. Le cas le plus sérieux est celui de l’enquête Mâchurer portant sur un possible financement illégal obtenu par le PLQ, alors dirigé par Jean Charest. Peu après, c’est au tour de l’analyste et agente de renseignement Annie Trudel, une ex de l’UPAC, proche de Ouellette, d’être arrêtée brièvement. D’autres arrestations ont lieu, suscitant la perplexité à l’Assemblée nationale. Guy Ouellette reçoit l’appui de députés de l’opposition, tandis qu’il se retire du caucus libéral jusqu’à ce que les choses se clarifient. En fin de compte, aucune accusation n’est portée. La presse abonde toutefois en spéculations, évoquant entre autres les relations tendues entre Ouellette et le commissaire de l’UPAC, Robert Lafrenière. Un autre rebondissement survient en 2018 alors que le chef de la Coalition Avenir Québec, François Legault, dira avoir reçu des informations de Ouellette. Ce dernier sera exclu du caucus du PLQ peu après les élections de 2018 et quittera la politique en 2022, un an après avoir reçu des excuses de l’UPAQ pour les événements d’octobre 2017.
Source : Le Soleil, 27 octobre 2017, p. 1 et 5; Le Journal de Montréal, 30 octobre 2017; La Presse+, 27 octobre 2017, p. 10; https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1064218/guy-ouellette-annie-trudel-upac-museler-collusion-amf; Guy Ouellette, « Qu’on accuse ou qu’on s’excuse, les dessous de mon arrestation illégale », Paris, Hugo, 2020, 336 pages.
«...rien ne permettait d’affirmer que Guy Ouellette est directement impliqué dans cette fuite de documents diffusés par Québecor. Il pourrait y être lié indirectement. Des éclaircissements devraient venir sous peu. Si l’UPAC estimait que cette fuite nuisait à son travail, elle avait aussi embarrassé le gouvernement Couillard, car les informations diffusées laissaient entendre, sans cependant le démontrer, que l’ancien chef du Parti libéral du Québec, Jean Charest, avait pu bénéficier de financement illégal. La semaine dernière, à nouveau réunis en commission parlementaire, le président de l’instance, Guy Ouellette, et Robert Lafrenière, qui répondait aux questions des députés sur le projet de loi 107, ont paru être à couteaux tirés à certains moments. En avril dernier, M. Ouellette avait déclaré qu’il subissait des pressions de la part de l’establishment du Parti libéral du Québec. Selon lui, on cherchait à le pousser vers la retraite en vue des prochaines élections générales. Philippe Couillard avait nié que ce soit le cas. »
Jean-Marc Salvet, « Guy Ouellette arrêté par l’UPAC », Le Droit, 26 octobre 2017, p. 16.
«...L’enquête « Mâchurer » se poursuit certes, mais les choses s’étirent en longueur et l’arrestation du député Ouellette ne vient qu’ajouter à la confusion. S’agit-il d’une forme de règlement de compte entre policiers? Quelqu’un a-t-il voulu divulguer des informations pour faire pression et accélérer les choses? Et pourquoi le député Ouellette, un ex-policier à la réputation intègre, se serait-il placé dans une telle situation? Des politiciens et des analystes se sont souvent interrogés sur l’indépendance de l’UPAC, créée sous le gouvernement de Jean Charest pour enquêter sur le... PLQ et dont le grand patron a vu son mandat renouvelé par le premier ministre Philippe Couillard. A-t-elle la marge de manœuvre pour mener à bien son mandat? Une enquête policière est secrète par définition et toute fuite peut être très dommageable pour le travail des policiers. L’arrestation de Guy Ouellette constitue certes un coup d’éclat, mais elle ne doit pas faire oublier le but premier de l’enquête « Mâchurer » : faire la lumière sur le financement du PLQ et procéder à des arrestations s’il y a lieu. »
Denis Dufesne, « Quoi comprendre? », La Tribune, 27 octobre 2017.
Le 8 octobre 2017 Accueil des premiers patients au Centre hospitalier universitaire de Montréal
Un texte original du Bilan Québec rédigé par un.e, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Après une longue saga, le Centre hospitalier universitaire de Montréal (CHUM) accueille ses premiers patients le 8 octobre 2017. Cet hôpital ultra-moderne, d’environ 300 000 mètres carrés, a d’abord été l’hôte d’un Centre de recherche avant que l’on y transfère une centaine de patients de l’hôpital Saint-Luc qui ferme ses portes.
Le projet de CHUM voit le jour en 1995 avec l’intention de fusionner trois hôpitaux de la métropole : l’Hôtel-Dieu, Notre-Dame et Saint-Luc. Des différends relatifs à l’emplacement, le nombre de lits et les services offerts font toutefois traîner le dossier en longueur. Après des débats qui s’étirent, on s’entend finalement sur un site situé sur Saint-Denis et Sanguinet. Les travaux débutent en 2010 et un Centre de recherche commence ses activités en 2013. L’hôpital, lui, n’accueille ses premiers patients que le 8 octobre 2017. Arrivés de l’hôpital Saint-Luc, ceux-ci entrent dans une structure toute neuve comprenant, entre autres, 772 lits et 39 salles d’opération. Le personnel du CHUM, qui compte des milliers de spécialistes de la santé œuvrant dans une foule de domaines, dispense des soins à la population. Il a aussi d’autres vocations, comme celle de former les futurs médecins et de faire avancer la recherche en utilisant des technologies modernes. D’autres patients sont attendus plus tard en 2017 en provenance de l’Hôtel-Dieu et de Notre-Dame. Malgré la durée prolongée entre l’annonce de sa création et son ouverture, et en dépit de dépassements de coûts importants par rapport aux prévisions initiales, le CHUM reçoit ses premiers patients dans l’enthousiasme. Un premier enfant y voit le jour rapidement. Des espoirs sont également exprimés afin que le CHUM contribue à améliorer la livraison des services de santé qui est l’objet de plusieurs critiques au Québec. Au cours de sa première année d’existence, on évalue à 65 000 le nombre de visites qui y auraient été effectuées.
Source : La Presse+, 9 octobre 2017, p. A5; Le Journal de Montréal, 9 octobre 2017, p. 12; Métro, 10 octobre 2017; https://www.chumontreal.qc.ca/crchum/crchum-clin-doeil/historique
«...J’ai envie de vous parler de ce lieu que nous habitons, le Québec, et de toutes les bonnes choses qu’il nous réserve au quotidien. Nous passons beaucoup de temps à lui trouver des défauts, mais pas assez de temps à lui trouver des qualités. À dire merci. Ce week-end, les derniers patients de l’hôpital Saint-Luc étaient transférés au nouveau CHUM, un des meilleurs hôpitaux du monde. Si les patients continueront d’attendre trop longtemps à l’urgence, les grands malades, eux, seront soignés comme dans les hôpitaux américains les plus prestigieux, sans facture vertigineuse à la sortie. Il y a de quoi en vouloir au Dr Barrette pour sa gestion du réseau, mais tous les Québécois sont soignés comme s’ils étaient des millionnaires. Pour cette seule raison, je dis merci et j’oublie le cafouillage administratif pendant une journée. »
Lise Ravary, « La gratitude en 2017 », Le Journal de Montréal, 9 octobre 2017, p. 12.
«...C’est le calme ambiant qui a le plus marqué la coordonnatrice des bénévoles, Lise Pettigrew. « Des gens tenaient des pancartes disant de garder le silence et ça a été bien suivi », dit-elle. « On sentait vraiment la fébrilité au début, mais les gens étaient plus excités que stressés. » Le président de la firme de déménagement HCR, Patrick Moriarty, a souligné la même chose : « C’est fascinant de voir un hôpital s’endormir et un autre se réveiller en un instant. » Avant de quitter Saint-Luc, plusieurs employés ont griffonné des messages sur les murs de leurs unités, a rapporté Mme Fleury. Une employée a par exemple écrit : « C’est ici que j’ai découvert ma passion pour la périnatalité ». L’hôpital de presque 110 ans sera bientôt détruit pour être remplacé par les nouveaux édifices de la phase 3 du CHUM. Son déménagement est l’un des plus grands déménagements hospitaliers jamais réalisés au Canada. »
Marie-Claude Malboeuf, « Le déménagement de l’hôpital Saint-Luc vers le CHUM plus rapide que prévu », La Presse, 8 octobre 2017.
Le 26 octobre 2016 Manifestations contre la culture du viol au Québec
Un texte original du Bilan Québec rédigé par Naomie Do, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
À la suite de la dénonciation du député libéral Gerry Sklavounos par Alice Paquet, ainsi que des événements survenus à l’Université Laval, un mouvement de manifestations dénonçant la culture du viol est lancé dans six villes du Québec. L’objectif est de lancer un message contre la banalisation des agressions sexuelles dont les femmes sont victimes.
À Montréal, plus de 2000 manifestants sont rassemblés pour dénoncer cette violence contre les femmes et la culture du viol. Sous le slogan « stop la culture du viol », les militants se rassemblent parallèlement au mouvement à Québec, Sherbrooke, Rouyn-Noranda, Gatineau et au Saguenay. Dans ce rassemblement qui se veut inclusif de toutes les femmes, plusieurs personnalités, militantes, groupes féministes, ministres et députés sont présents. Hélène David, ministre de l’Éducation supérieure, Stéphanie Vallée, ministre de la Justice, et Lise Thériault, ministre de la Condition féminine, sont sur place à Québec pour démontrer leur soutien. Thériault en profite même pour prendre le micro et saluer le courage d’Alice Paquet, qui avait dénoncé le député libéral Sklavounous pour agression sexuelle quelques jours plus tôt. Avec ce mouvement, les organisatrices espèrent également que ces mobilisations soient un moyen de pression sur le gouvernement pour qu’il adopte un plan d’action en matière d’agression sexuelle, celui-ci étant échu depuis 2013.
«...Difficile de croire que nous sommes en 2016, pour peu que nous prêtions l’oreille aux nouvelles, où l’on voit et entend tant de témoignages de femmes victimes de violences sexuelles. Que ce soit les agressions à l’Université Laval ou cette jeune femme qui a pris son courage à deux mains pour dénoncer les graves comportements d’un député, tout nous rappelle que la question est loin d’être réglée. Difficile aussi de ne pas dénoncer les commentaires désobligeamment anachroniques de certains politiciens, comme Serge Simard, député libéral de la circonscription de Dubuc, au Saguenay–Lac-Saint-Jean, qui déclare qu’il est impossible que cette jeune fille puisse reconnaître un élu. « Écoutez, les gens ne connaissent pas le nom de leur maire », a-t-il lancé, avec mépris, à la presse parlementaire, participant du même coup à ce qu’on en est venu à appeler la culture du viol. [...] Nous ne voulons plus attendre. Nous ne voulons plus entendre ces histoires d’horreur qui affligent encore aujourd’hui trop de femmes au Québec. Nous ne voulons surtout plus nous taire. Nous prenons la parole, nous croyons les victimes, nous avons besoin d’un changement radical. Nous voulons arriver en 2016. »
Diane Courchesne, Le Devoir, 22 octobre 2016.
« Comme bien des gens, ces jours-ci, je suis secouée par un grand sentiment de révolte par rapport à tout ce qui circule sur les agressions sexuelles, et qui vient confirmer à quel point il serait temps, pour nos gouvernements, de prendre enfin ce problème de société au sérieux. [...] Mme Tremblay [directrice de l’organisme Viol-Secours] croit d’ailleurs qu’il faut voir la culture du viol dans un sens plus large, qui englobe toutes les agressions sexuelles: harcèlement sexuel, touchers et baisers en font partie. « Ça s’inscrit dans une société qui accepte des comportements qui sont inadéquats et irrespectueux, qui peuvent aller jusqu’à l’illégalité, explique-t-elle. On constate qu’il y a une tolérance, que des gens sont désensibilisés par rapport à ça, et cherchent à culpabiliser les victimes. »»
Karine Gagnon, Le Journal de Québec, 27 octobre 2016.
Le 20 octobre 2016 Retrait d’un membre du caucus libéral à la suite d’accusations d’agression sexuelle
Un texte original du Bilan Québec rédigé par Naomie Do, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Au lendemain d’une vigile en appui aux victimes d’agressions sexuelles à l’Université Laval, une jeune femme, Alice Paquet, dénonce l’agression sexuelle qu’elle a subie à l’été 2014 dans un restaurant de Québec de la part du député de Laurier-Dorion à l’Assemblée nationale, Gerry Sklavounous, Celui-ci est retiré du caucus du Parti libéral du Québec.
À la demande de la présidente du caucus du gouvernement, Nicole Ménard, le député siégera désormais comme indépendant. Élu pour la première fois en 2007 et promu en 2014 leader parlementaire adjoint à l’Assemblée nationale, le député Sklavounous remet sa démission du caucus sans pour autant quitter ses fonctions de député de Laurier-Dorion. À la suite des graves accusations à son endroit, l’opposition réclame cependant sa démission. Selon Françoise David, députée et porte-parole de Québec solidaire, « [Sklavounos] n’a plus la hauteur et la sérénité pour [représenter les citoyennes et citoyens de Laurier-Dorion] dignement à l’Assemblée nationale. » Elle mentionne également qu’en tant qu’élu, tous portent la responsabilité de manifester un appui inconditionnel aux victimes d’agressions sexuelles. Le lendemain des accusations, un communiqué de presse du premier ministre du Québec, Philippe Couillard, annonce le retrait du député et mentionne qu’une enquête avec la police de Québec (SPVQ) est en cours. Le premier ministre ordonne également que des vérifications soient faites au sein de son caucus. En 2017, on apprendra que Gerry Sklavounos ne sera pas accusé d’agression sexuelle envers Alice Paquet, puisque, selon le Directeur des poursuites criminelles et pénales (DPCP), aucun acte criminel n’aurait été commis. À la suite du verdict, en entrevue avec Le Devoir, Alice Paquet soutient toujours son histoire et affirme ne pas regretter d’avoir pris la parole publiquement.
Source : https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/809797/agression-sexuelle-parti-liberal-couillard-universite-laval; https://www.ledevoir.com/politique/quebec/482729/le-depute-gerry-sklavounos-se-retire-du-caucus-liberal; https://www.lesoleil.com/2016/10/20/allegations-dagression-sexuelle-sklavounos-exclu-du-caucus-liberal-6a0c272859c288e853a9786af397594f/; https://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-quebecoise/201610/20/01-5032524-allegation-dagression-sexuelle-gerry-sklavounos-force-de-se-retirer-du-caucus-liberal.php; https://www.lapresse.ca/debats/201702/09/01-5068010-gerry-sklavounos-trop-peu-trop-tot.php; https://fmhf.ca/archives/gerry-sklavounos-ne-sera-pas-accuse-dagression-sexuelle-envers-alice-paquet/; Le Soleil, 21 octobre 2016, p. 40.
Le 15 octobre 2016 Agressions sexuelles commises dans les résidences étudiantes de l’Université Laval
Un texte original du Bilan Québec rédigé par Naomie Do, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Dans la nuit du 15 au 16 octobre 2016, plusieurs femmes sont victimes d’agressions sexuelles à la suite d’intrusions dans les résidences de l’Université Laval. L’auteur des agressions, Thierno-Oury Barry, un étudiant en économie, fera face à 12 chefs d’accusation, dont un d’introduction par effraction avec intention d’acte criminel.
Lors de la nuit du 15 octobre, entre 3h et 6h du matin, Barry, accompagné d’un complice qui a plus tard été libéré, se serait introduit dans les chambres de nombreuses femmes dans l’objectif de commettre des gestes à connotation sexuelle, variant de l’attouchement à l’agression. Le lundi suivant, le Service de police de la Ville de Québec (SPVQ) fait état de 10 plaintes portées par des étudiantes habitant dans les résidences de l’université. Puis, le mercredi, les plaintes montent à 15, dont au moins quatre rapportant des agressions sexuelles. Selon les témoignages des nombreuses victimes, l’agresseur entrait dans les chambres qui se trouvaient déverrouillées pour se glisser sous les couvertures des étudiantes endormies et commettre les gestes dont il est accusé. L’université réagit rapidement à la situation en expulsant les deux étudiants arrêtés par le SPVQ jusqu’à la fin des procédures judiciaires et en offrant du soutien psychologique aux victimes. Dans la même semaine, des centaines de personnes sont rassemblées devant les résidences de l’Université Laval pour démontrer leur soutien envers les victimes. Lors de son procès en 2018, Barry plaidera coupable à plusieurs chefs d’accusation, le condamnant à trois ans de prison et le faisant figurer désormais sur le registre des délinquants sexuels. N’ayant pas de statut précis au Canada, celui-ci sera expulsé du pays à l’issue de sa peine.
Le 12 octobre 1901 Première conquête de la coupe Minto à la crosse par le club Shamrock
Shamrock de Montréal (1901)Des milliers de spectateurs réunis au terrain du Mile-End assistent à la conquête de la coupe Minto par le club Shamrock de Montréal aux dépens du YMCA de Vancouver. C’est la première fois qu’une équipe québécoise remporte ce trophée, emblématique de la suprématie canadienne à la crosse.
Fierté des Irlandais de la métropole, le club Shamrock remporte la coupe Stanley en 1899 et 1900. Les joueurs du Shamrock font également parler d’eux à la crosse. Le 12 octobre 1901, ils affrontent le YMCA de Vancouver, équipe championne de la côte du Pacifique, pour la coupe Minto, symbole de la suprématie canadienne et mondiale à la crosse. Il s’agit de la deuxième rencontre organisée pour déterminer le champion de la coupe Minto, la première ayant eu lieu le 31 mai 1901 entre Ottawa et Cornwall. Le Shamrock, qui aligne des joueurs étoiles tels que Paddy Brennan et Henry Hoobins, gagne facilement la partie par le pointage de 5 à 0. L’année suivante, le Shamrock perdra la coupe Minto aux mains des Salmonbellies de New Westminster. Mais en juillet 1903, ils la reprendront en défaisant Brantford. C’est le début de l’hégémonie du Shamrock sur la scène nationale. Elle durera jusqu’à la défaite des Montréalais contre New Westminster, le 28 juillet 1908.
Source : La Presse, 14 octobre 1901, p.3. Alan Metcalfe, Canada Learns to Play: The Emergence of Organized Sport, 1807-1914, Coll. «Canadian Social History Series» ,Toronto, McClelland and Stewart, 1987, p.181-218.
Le 31 octobre 1907 Présentation de la marche du sac de sel dans les rues de Montréal
Un grand concours populaire réunit 117 marcheurs qui portent un sac de sel de 200 livres sur la plus grande distance possible dans les rues de Montréal.
Ardent promoteur de l’activité physique, le docteur Joseph-Pierre Gadbois organise un concours populaire visant à découvrir des athlètes d’élite au sein de la population canadienne-française. Le 31 octobre 1907, 117 concurrents prennent part à la marche du sac de sel, une épreuve pendant laquelle chaque participant doit parcourir la plus grande distance possible en portant un sac de sel de 200 livres. Des centaines de milliers de montréalais sont témoins de l’épreuve remportée par Joseph Ouellette. Celui-ci parcourt près de 5 milles en un temps de 3 heures et 5 minutes.
Le 14 octobre 1927 Affrontement entre les boxeurs Jack Delaney et Jack Renault à New York
Tous deux originaires du Québec, les boxeurs Jack Delaney (Ovila Chapdelaine) et Jack Renault (Léonard Dumoulin) font salle comble au Madison Square Garden de New York. La victoire de Delaney par décision, en dix rondes, lui permet d’espérer à nouveau décrocher un match de championnat du monde chez les poids lourds.
Delaney ne réussira jamais à obtenir un match contre le champion Gene Tunney. Il se retirera de la compétition en 1928 avant d’effectuer un bref retour en 1932. Pour sa part, Renault continuera à boxer jusqu’en 1935, mais sans jamais s’approcher à nouveau du titre mondial de sa catégorie. Delaney-Chapdelaine est un athlète originaire de Saint-François-du-Lac, alors que Renault est natif de Notre-Dame-des-Bois, un village des Cantons de l’Est.
Source : Le Devoir, 14 octobre 1927, p.7, 15 octobre 1927, p.13.
Le plus célèbre joueur de baseball en Amérique, Babe Ruth, est de passage à Montréal pour participer à une joute hors concours au stade De Lorimier.
Ruth est accompagné de Lou Gehrig, un de ses coéquipiers au sein des Yankees de New York. Deux ans auparavant, le 17 octobre 1926, celui que les Américains surnomment le « Bambino » avait participé à une rencontre semblable au parc Guybourg, à Montréal.
Le 23 octobre 1931 Conquête du titre mondial par le boxeur Lou Brouillard
Lucien « Lou » Brouillard devient champion du monde des mi-moyens en détrônant Young Jack Thompson à Boston. Brouillard, un athlète originaire du Québec, perdra son titre l’année suivante contre Jackie Fields.
Le 9 août 1933, Brouillard remportera un autre titre mondial, celui des poids moyens, « version new yorkaise », contre Ben Jeby. Il le perdra quelques mois plus tard contre Vince Dundee. Les victoires de Brouillard sont connues du public québécois, mais sa popularité ici n’est pas à la hauteur de ses réussites puisqu’il a livré presque tous ses combats aux États-Unis où il habite depuis sa jeunesse.
Le 1er octobre 1933 Annonce d’une transaction impliquant le gardien de but du Canadien de Montréal, George Hainsworth
Quelques semaines avant le début des activités de la Ligue nationale de hockey (LNH), le directeur gérant du Canadien de Montréal, Léo Dandurand, annonce qu’il a échangé son gardien de but George Hainsworth aux Maple Leafs de Toronto. Il obtient en retour un autre gardien de but, Lorne Chabot.
En sept saisons à Montréal, Hainsworth, un vétéran de 33 ans, a remporté 165 victoires et réalisé 75 blanchissages. Triple champion du trophée Georges-Vézina (1927, 1928, 1929), il a gardé la forteresse du Tricolore lors des conquêtes de la coupe Stanley de 1930 et 1931. En 1936-37, Haisworth effectuera un bref retour à Montréal. Âgé de 41 ans, il ne participera toutefois qu’à quatre parties. Pour sa part, Lorne Chabot ne passera qu’une saison avec le Canadien de Montréal. Soulignons que l’annonce de cet échange survient à l’occasion de l’assemblée annuelle des dirigeants de la LHN qui se déroule à New York. Il y est décidé de réduire le plafond salarial par équipe de 70 000 à 68 500 $, afin d’aider les propriétaires à survivre aux difficultés engendrées par la crise économique.
Le 3 octobre 1934 Annonce d’une transaction impliquant le joueur de centre Howie Morenz du Canadien de Montréal
Le Canadien de Montréal annonce qu’il a échangé le défenseur Marty Burke et le joueur de centre Howie Morenz aux Black Hawks de Chicago. En retour, il reçoit Roger Jenkins, Leroy Goldsworthy et Lionel Conacher.
En l’espace de quelques jours, l’alignement du Canadien subit plusieurs transformations. Le 2 octobre, le vétéran Johnny « Black Cat » Gagnon passe aux Bruins de Boston en retour de Joe Lamb. Le Tricolore met également la main sur Jack McGill et Nelson Crutchfield. Il est difficile de mesurer l’impact de toutes ces transactions puisque plusieurs joueurs impliqués ne feront que de courts passages dans l’organisation montréalaise. Gagnon redeviendra même propriété du Canadien dès janvier 1935. Morenz, un vétéran de 11 saisons qui éprouvait un ralentissement après avoir connu une carrière éblouissante à Montréal, effectuera lui aussi un retour avec le Tricolore, mais en 1936. Il décédera l’année suivante, quelques mois après avoir subi une grave blessure à une jambe qui laissait planer beaucoup de doutes sur son avenir dans le hockey professionnel.
Source : La Presse, 3 octobre 1934, p.3, 4 octobre 1934, p.21. Le Devoir, 4 octobre 1934, p.7.
Le 4 octobre 1946 Victoire des Royaux de Montréal en Série mondiale junior
Jackie Robinson (1919-1972)Avec dans leurs rangs le joueur de couleur Jackie Robinson, les Royaux remportent la première Série mondiale junior de leur histoire en défaisant les Colonels de Louisville en six parties.
La signature du joueur de couleur Jackie Robinson avec les Royaux de Montréal laisse présager une intéressante saison 1946 pour les amateurs de baseball. Le jeune joueur reçoit un accueil hostile dans plusieurs villes américaines mais il se gagne le cœur des amateurs montréalais par son brio défensif, sa rapidité et son coup de bâton. Il domine la Ligue internationale pour la moyenne (.348) et les points comptés (113). La présence de Robinson et l’extraordinaire rendement de l’équipe attirent plus de 400 000 amateurs au stade De Lorimier au cours de la saison, un record. Avec dans ses rangs Herman Franks, Tom Tatum, Marvin Rackley, Steve Nagy et autres, l’édition 1946 remporte 100 victoires. Les séries éliminatoires sont également l’affaire des Royaux qui disposent des Bears de Newark et des Chiefs de Syracuse avant de prendre la mesure des Colonels de Louisville en finale de la Série mondiale junior. Le dernier match contre Louisville, qui a lieu à Montréal, le 4 octobre, donne lieu à de grandes démonstrations de joie. Robinson et d’autres membres de l’équipe sont portés en triomphe par des amateurs survoltés. Ce sera le dernière partie à Montréal de Jackie Robinson qui joindra les rangs des Dodgers de Brooklyn de la Ligue nationale de baseball en 1947.
Source : William Brown, Les fabuleux Royaux, Westmount, Éd. Robert Davies, 1996, 192 p.
Le 7 octobre 1947 Présentation du combat entre Marcel Cerdan et Billy Walker
Une forte publicité entoure la venue à Montréal du pugiliste français Marcel Cerdan. Opposé à Billy Walker, un boxeur de modeste réputation, Cerdan remportera une victoire facile par knock-out au premier round.
À cause du prix élevé des billets et du peu d’intérêt pour Walker, le match est loin de bonder les gradins du Forum de Montréal. L’année suivante, Cerdan deviendra champion du monde des poids moyens en défaisant Tony Zale par knock-out technique au douzième round, à Jersey City. Détrôné le 16 juin 1949 par Jake LaMotta, il perdra la vie quelques mois plus tard, dans un accident d’avion, avant d’obtenir le combat revanche qui lui aurait peut-être permis de reconquérir son titre.
Le 11 octobre 1948 Conquête de la Série mondiale junior par les Royaux de Montréal
Les Royaux de 1948Les Royaux de Montréal remportent la deuxième Série mondiale junior de leur histoire en disposant des champions de l’Association américaine, les Saints de Saint-Paul, 4 parties à 1.
Les Royaux dominent facilement la saison régulière de la Ligue internationale, devançant Newark par 13 parties et demie. Lors des séries, ils défont les Red Wings de Rochester avant de venir à bout des Chiefs de Syracuse, 4 parties à 1, en finale pour la coupe du Gouverneur. Enfin, ils disposent de Saint-Paul en Série mondiale junior, gagnant la dernière rencontre au stade De Lorimier par la marque de 7-2. Plusieurs joueurs s’illustrent pour le gérant Clay Hopper au cours de cette saison, dont Don Newcombe, Jack Banta, Sam Jethroe, Chuck Connors, Jimmy Bloodworth et plusieurs autres.
Source : William Brown, Les fabuleux Royaux, Westmount, Éd. Robert Davies, 1996, 192 p.
Le 11 octobre 1952 Retransmission télévisée d’une rencontre du Canadien de Montréal
Première retransmission téléviséeGrâce à la télévision de Radio-Canada, les amateurs de hockey peuvent assister pour la première fois en direct, dans leur salon, à une partie des deux dernières périodes d’une rencontre du Canadien de Montréal présentée au Forum.
C’est à partir de 21 heures, juste après l’émission « Le nez de Cléopâtre », qu’est télédiffusé le premier reportage de hockey à CBFT. La rencontre oppose le Canadien de Montréal et les Red Wings de Détroit. Lors de ce samedi soir mémorable, l’équipe de reportage est constituée de Michel Normandin, du journaliste Phil Séguin et de René Lecavalier. Les téléspectateurs assistent à une partie fort contestée qui se solde par la victoire du Tricolore, 2-1. Ceux-ci sont cependant peu nombreux si l’on tient compte du nombre d’appareils en circulation à cette époque au Québec. Le lendemain, Radio-Canada présentera à partir de 14 heures la partie de football opposant les Alouettes de Montréal aux Rough Riders d’Ottawa.
Source : Le Devoir, 11 octobre 1952, p.11. La Presse, 13 octobre 1952, p.19, 20 et 22.
Le 15 octobre 1952 Incident insolite lors d’un programme de lutte au Forum
Wladek « Killer » Kowalski (1926-2008)Un incident pour le moins inusité survient lors de la finale du programme de lutte présenté au Forum de Montréal. À la suite d’une malencontreuse descente du genou appliquée par le lutteur professionnel Wladek « Killer » Kowalski, son rival, Yukon Eric (Holmback), se fait arracher l’oreille gauche.
Le sang qui gicle de l’oreille de Yukon Eric oblige l’arbitre Sammy Mack à mettre fin au combat et à prononcer un verdict de « no contest ». Eric est ensuite transporté à l’hôpital General. L’incident « de l’oreille » fera couler beaucoup d’encre. Il donnera du souffle aux détracteurs de la lutte qui en profiteront pour dénoncer les excès de ce « sport » et les manigances de ses promoteurs. Pourtant, quelques mois après la soirée du 15 octobre, un autre match opposera Kowalski à Yukon Eric. Il fera salle comble au Forum.
Source : La Presse, 16 octobre 1952, p.46, 17 octobre 1952, p.47.
Le 3 octobre 1953 Présentation de la partie des étoiles de la Ligue nationale de hockey au Forum de Montréal
Après avoir instauré une autre formule en 1951 -les joueurs de la deuxième équipe d’étoiles contre ceux de la première- , la Ligue nationale de hockey (LNH) revient à son format original en opposant les champions de la coupe Stanley, le Canadien de Montréal, à une sélection de joueurs vedettes du circuit.
C’est la première fois que cette partie, disputée pour la première fois en 1947, est jouée à Montréal. Une foule record de 14 322 spectateurs assiste à la rencontre que les étoiles remportent par la marque de 3 à 1. Wally Hergesheimer enfile deux buts pour les vainqueurs alors que Maurice Richard enregistre le seul but du Canadien. L’entraîneur des étoiles, Lynn Patrick, confiera à la presse après la joute: « La joute d’étoiles connaîtra beaucoup plus de succès en alignant un groupe de vedettes de la LNH contre les champions de la coupe Stanley au lieu d’une joute entre les meilleurs joueurs du circuit. » Une autre nouvelle retient l’attention des journalistes en ce 3 octobre: la signature d’un contrat qui liera le joueur de centre Jean Béliveau au Canadien de Montréal pour les cinq prochaines années.
Source : La Presse, 3 octobre 1953, p.43, 5 octobre 1953, p.32 et 34.
Le 3 octobre 1953 Signature de Jean Béliveau avec le Canadien de Montréal
Après une brillante carrière avec les Citadelles et les As de Québec, le joueur de centre Jean Béliveau signe un contrat à long terme avec le Canadien de Montréal.
Cette entente met fin à une longue période d’hésitation. Avant 1953, Béliveau préférait demeurer avec les As de la Ligue senior plutôt que de faire le saut avec le Canadien de la Ligue nationale de hockey (LNH). Celui que l’on surnomme le « Gros Bill » a déjà participé à quelques rencontres avec le Canadien, mais c’est à partir de la saison 1953-54 qu’il devient officiellement un membre régulier de cette formation. Son contrat de cinq ans est évalué à environ 20 000 $ par saison, une somme colossale à l’époque qui démontre bien l’intérêt que l’organisation montréalaise porte à ce joueur de centre de 6 pieds 3 pouces.
Source : Jean Béliveau (avec Chrys Goyens et Allen Turowetz), Jean Béliveau : une époque, un regard, Montréal, Art Global, 1994, 297 pages. Hugh Hood, Puissance au centre : Jean Béliveau, Montréal, Éditions de l’Homme, 1972, 190 pages.
Le 8 octobre 1953 Conquête de la Série mondiale junior par les Royaux de Montréal
Joueurs des Royals de MontréalLes Royaux de Montréal remportent la troisième Série mondiale junior de leur histoire en défaisant les Blues de Kansas City, quatre parties à une.
Les hommes du gérant Walter Alston connaissent des séries de fin de saison relativement faciles, défaisant les Bisons de Buffalo en six parties et les Red Wings de Rochester en quatre, en finale pour la coupe du Gouverneur. Plusieurs joueurs s’illustrent au cours de cette saison, dont Tom Lasorda, Rocky Nelson, Sandy Amoros et Dick Whitman. La victoire finale survient le 8 octobre alors que les Royaux battent les Blues de Kansas City 7-2, à Kansas City. C’est la troisième et dernière fois que les Royaux, qui disputeront leur dernière saison à Montréal en 1960, remportent la Série mondiale junior.
Source : William Brown, Les fabuleux Royaux : les débuts du baseball professionnel à Montréal, Westmount, Édition Robert Davies, 1996, 192 pages.
Le 19 octobre 1957 Nouveau sommet pour les buts comptés par le hockeyeur Maurice Richard
500e but de Maurice RichardL’ailier droit du Canadien de Montréal, Maurice Richard, établit une première dans l’histoire de la Ligue nationale de hockey (LNH) en marquant le 500e but de sa carrière.
L’exploit de Richard est réalisé au Forum contre le gardien Glen Hall des Black Hawks de Chicago. Le « Rocket » déjoue celui-ci d’un tir puissant. Il a fallu 863 parties de saison régulière à Richard pour enregistrer 500 buts, un sommet qui sera égalé, puis battu par Gordie Howe au cours des années 60.
Le 5 octobre 1969 Présentation de la première rencontre de l’histoire de la Ligue de hockey junior A du Québec
Maurice Filion et Guy LafleurLa fusion des ligues provinciale et métropolitaine mène à la création d’un nouveau circuit: la Ligue junior A du Québec. Cette ligue réunit la plupart des meilleurs hockeyeurs de la province, sauf ceux qui évoluent au sein du Canadien junior de Montréal qui fait partie de la Ligue junior de l’Ontario.
La ligue junior A du Québec, qui deviendra la Ligue de hockey junior majeur du Québec (LHJMQ) en 1971, est composée de 11 formations: les Royals de Cornwall, les Rangers de Drummondville, les Saints de Laval, les Remparts de Québec, le National de Rosemont, les Alouettes de Saint-Jérôme, les Bruins de Shawinigan, les Castors de Sherbrooke, les Éperviers de Sorel, les Ducs de Trois-Rivières et les Maple Leafs de Verdun. Lors de la première joute du nouveau circuit, 2 000 spectateurs se déplacent pour assister à une partie nulle de 5-5 entre Saint-Jérôme et Verdun. Le nouveau circuit du président Robert Lebel compte plusieurs jeunes joueurs étoiles comme André Peloffy, Guy Lafleur et Jacques Richard. Ces deux derniers évoluent au sein des Remparts de Québec, l’équipe qui remportera le championnat de la saison régulière et celui des séries. La Ligue junior A causera une certaine surprise en 1971, puisque ses champions, les Remparts de Québec, enlèveront la coupe Memorial, symbole de la suprématie canadienne au hockey junior.
Source : La Presse, 6 octobre 1969, p.3. Patrice Fontaine, Le Dictionnaire La Presse des sports du Québec, Montréal, Libre Expression, 1996, p.194-195.
Le 1er octobre 1975 Congédiement de Gene Mauch comme entraîneur des Expos de Montréal
Gene Mauch (1925-2005)Désireuse d’entreprendre un renouvellement de son personnel, la direction des Expos de Montréal annonce le congédiement de l’entraîneur Gene Mauch.
Le départ de Mauch, seul entraîneur des Expos de Montréal depuis leur création, en 1968, s’inscrit dans une étape de rajeunissement de l’équipe que l’on surnommera la « phase deux ». Engagé le 31 octobre 1975, son successeur, Karl Kuehl, ne tiendra pas une saison complète à la barre de l’équipe. Mauch a pour sa part compilé une fiche de 422 victoires et 540 défaites à la barre de l’équipe montréalaise. Le président du conseil, Charles Bronfman, croit qu’il est bénéfique pour l’équipe de changer d’entraineur: « Avec Gene Mauch, les Expos ont connu une enfance agréable, mais nous sommes aujourd’hui rendu à notre adolescence et un autre gérant, avec une personnalité différente doit être trouvé. Les exigences ne sont plus ce qu’elles étaient en 1969 et nous devons dès lors évoluer avec la situation sans chercher à modifier le cours des choses. »
Le 8 octobre 1978 Victoire de Gilles Villeneuve au Grand Prix du Canada
Gilles Villeneuve sur le podiumÀ sa première saison complète en formule 1, le pilote Gilles Villeneuve remporte son premier Grand Prix en carrière. Il signe l’exploit devant ses partisans, lors du Grand Prix du Canada qui se tient sur le nouveau circuit de l’Île Notre-Dame.
Construit au coût de deux millions de dollars, le circuit de l’Île Notre-Dame accueille pour la première fois une épreuve de formule 1. Les yeux des Montréalais sont évidemment fixés sur Gilles Villeneuve, un pilote originaire de Berthierville qui défend les couleurs de Ferrari depuis la fin de la saison 1977. Troisième sur la grille de départ après la journée des essais, Villeneuve effectue une course mémorable. Après un départ ordinaire, il remonte peu à peu ses adversaires avant de passer le meneur, Jean-Pierre Jarier, victime d’une défectuosité mécanique. Il réussit ensuite à maintenir sa Ferrari en tête, à la grande joie des 70 000 spectateurs et des centaines de milliers de téléspectateurs qui suivent les péripéties de ce Grand Prix. Cette victoire constituera un véritable tremplin pour la popularité de la course automobile au Québec. L’année suivante, Villeneuve prouvera que son succès n’a pas été le fruit du hasard, terminant deuxième au classement des pilotes derrière son compagnon d’écurie, Jody Scheckter. Le Grand Prix du Canada se déroulera à Montréal à toutes les années - à l’exception de 1987- jusqu’à la fin du XXe siècle.
Source : Gerald Donaldson, Gilles Villeneuve, Montréal, Éd. de l’Homme, 1989, 424 pages. Gerald Donaldson, Le Grand Prix du Canada, Scarborough, Les livres Avon du Canada, 1984, p.86-91.
Le 13 octobre 1979 Présentation du premier affrontement entre les Nordiques de Québec et le Canadien de Montréal
Guy Lafleur devant le gardien de but adversePour la première fois depuis la dernière joute entre le Canadien et les Maroons de Montréal, en 1938, deux équipes du Québec se font face dans un match régulier de la Ligue nationale de hockey (LNH). Il s’agit du Canadien de Montréal et des Nordiques de Québec.
Depuis l’entrée des Nordiques dans la LNH, tous les amateurs de hockey anticipent les rencontres qui vont les opposer au Canadien de Montréal, champion en titre de la coupe Stanley. Le premier match de saison régulière entre les deux équipes a lieu le 13 octobre 1979 au Forum de Montréal. Il se solde par une victoire du Canadien par la marque de 3-1. Deux semaines plus tard, le 28 octobre, les Nordiques rendront la politesse au Tricolore en le défaisant 5-4 au Colisée.
Le 19 octobre 1981 Défaite crève-coeur des Expos de Montréal en série de championnat de la Ligue nationale de baseball
Rick MondayLe coup de circuit du voltigeur Rick Monday des Dodgers de Los Angeles met fin aux espoirs des Expos de Montréal de participer pour la première fois à la Série mondiale.
Après avoir été dans la course au championnat en 1979 et 1980, les Expos connaissent un début de saison difficile en 1981. Mais après la grève, qui a lieu du 12 juin au 1er août, les Expos se retrouvent dans la lutte pour le championnat de la « deuxième saison ». C’est à New York, le 4 octobre, que les Expos confirment le premier titre de leur histoire. Le 11 octobre, ce demi-titre devient un véritable championnat alors que les Expos défont les champions de la première moitié du calendrier, les Philies de Philadelphie, au cours d’une série trois de cinq. Monarques de l’Est, les Montréalais se mesurent ensuite aux Dodgers de Los Angeles, champions de la division Ouest. Les Dodgers commencent la série devant leurs partisans. Celle-ci est égale, une partie à une, lorsque les deux équipes s’amènent à Montréal. Malgré une température peu clémente pour le baseball, le stade Olympique est plein à craquer pour la troisième joute, une victoire de 4 à 1 des locaux. À un gain de la Série mondiale, les Expos trébuchent le lendemain, 7 à 1, forçant la tenue d’un match décisif. Le lundi 19 octobre restera un jour sombre dans l’histoire du base-ball à Montréal. À égalité 1 à 1, les deux équipes ne sont départagées à la neuvième manche que par le circuit en solo de Rick Monday, le voltigeur de droite des Dodgers. Au cours des jours suivants, plusieurs critiques seront adressées au gérant Jim Fanning, en poste depuis le 8 septembre, notamment sa décision d’employer le partant Steve Rogers en relève contre Monday. Ces critiques restent néanmoins teintées d’optimisme pour l’avenir. La presse est en effet unanime à croire dans les chances des Expos de répéter leur exploit de 1981. Le noyau de l’équipe se compose de Rogers, du receveur Gary Carter, du voltigeur Andre Dawson et de l’excellente recrue Tim Raines. Les années 80 ne seront malheureusement pas à la hauteur des attentes. En effet, il faudra attendre 1994 avant de voir les Montréalais frapper de nouveau à la porte du championnat. Une nouvelle déception les attendra alors.
Source : Daniel Caza et Denis Brodeur, Les Expos : du parc Jarry au stade Olympique, Montréal, Éd. de l’Homme, 1996, 301 p.
Le 23 octobre 1983 Domination des jumelles Puntous au triathlon Ironman d’Hawaii
Sylviane et Patricia PuntousSylviane et Patricia Puntous, deux sœurs jumelles de 22 ans, terminent première et deuxième au prestigieux triathlon Ironman qui a lieu annuellement à Kailya-Kohn (Hawaii). Le triathlon est une épreuve sportive qui combine natation, cyclisme et course à pied.
À cette occasion, Sylviane Puntous couvre les quatre kilomètres de nage, les 180 kilomètres de vélo et les 42,2 kilomètres de course à pied en 10 heures, 43 minutes et 39 secondes, ce qui constitue un nouveau record par une dizaine de minutes. Ralentie par une crevaison, Patricia termine six minutes derrière elle. L’année suivante, les sœurs termineront dans le même ordre, Sylvianne établissant une nouvelle marque en 10 heures 25 minutes et 13 secondes.
Le 28 octobre 1983 Acquisition par le Canadien de Montréal du joueur de centre Bobby Smith
Bobby SmithLa direction du Canadien de Montréal annonce qu’elle a cédé deux de ses meilleurs joueurs offensifs, le centre Keith Acton et l’ailier droit Mark Napier, afin de mettre la main sur le joueur de centre Bobby Smith des North Stars de Minnesota.
Acton, un rapide joueur de centre, et Napier, auteur de 40 buts au cours des deux dernières saisons, sont un lourd prix à payer pour faire l’acquisition de Smith. Âgé de 25 ans, ce joueur de centre de haute stature constitue cependant une prise de choix pour le Canadien qui cherche à relancer la production offensive de l’ailier droit Guy Lafleur. Perçu comme une solution à ce problème, Smith s’amène à Montréal avec une feuille de route impressionnante, dont 441 points en 376 parties avec les North Stars. Confiante en ses moyens, la direction de l’équipe lui fait signer une nouvelle entente de cinq ans qui en fera un des plus hauts salariés de l’organisation montréalaise.
Le 12 octobre 1984 Présentation de la première partie de l’histoire du Canadien de Sherbrooke
Canadien de Sherbrooke saison 1984-1985Après avoir été l’hôte des Castors de la Ligue de hockey junior majeur du Québec et des Jets de la Ligue américaine de hockey, la ville de Sherbrooke est maintenant représentée par une nouvelle équipe: le Canadien de Sherbrooke.
Formation école du Canadien de Montréal de la Ligue nationale de hockey, le Canadien de Sherbrooke de la Ligue américaine est formé d’un mélange de jeunes joueurs d’avenir et de vétérans (Claude Larose, Serge Boisvert, Mike Moffett, Ric Nattress) appartenant à l’organisation montréalaise ou à celle des Jets de Winnipeg. La formation sherbrookoise, qui est dirigée par Pierre Creamer, remporte son match inaugural au Palais des sports de Sherbrooke par la marque de 9-0. Les 3 012 amateurs présents trouvent leur compte dans le résultat et dans une mêlée générale qui éclate à la fin de la joute. En 1985, le Canadien de Sherbrooke remportera la coupe Calder, symbole de la suprématie dans la Ligue américaine de hockey.
Le 21 octobre 1995 Nomination de Mario Tremblay au poste d’entraîneur du Canadien de Montréal
Mario TremblayQuatre jours après le congédiement du directeur gérant Serge Savard et de l’entraîneur Jacques Demers, le président du Canadien de Montréal, Ronald Corey, annonce qu’il a arrêté son choix sur Réjean Houle et Mario Tremblay pour les remplacer.
Le 17 octobre, Corey avait laissé tombé une bombe en annonçant le départ de Savard, de son bras droit André Boudrias, du dépisteur Carol Vadnais et de l’entraîneur Jacques Demers. Ce dernier demeure cependant à l’emploi de l’équipe. Par ce geste, Corey voulait secouer le Canadien qui avait encaissé quatre revers à ses quatre premières parties de la saison 1995-96. Après l’intérim de Jacques Laperrière derrière le banc, c’est finalement à Mario Tremblay qu’est confié le poste d’entraîneur. Du même souffle, on annonce que Yvan Cournoyer l’assistera dans ses fonctions et que le nouveau directeur gérant sera Réjean Houle. Ces trois ex-joueurs du Canadien, gagnants de plusieurs coupes Stanley dans l’uniforme tricolore, manifestent un enthousiasme évident pour la tâche qui les attend. Lors d’une conférence de presse chargée d’émotions, Houle déclare notamment: « On aime tous le Canadien à la mort. Je ne le prends pas que je lis le journal et que je vois le Canadien au 26e rang avec un zéro. Je ne le prends pas et Mario non plus. On va revenir avec une équipe championne dans les plus brefs délais possibles. » Les journalistes soulignent toutefois le fait que ni Houle, ni Tremblay, n’ont d’expérience à leurs postes respectifs, une situation qui risque de jouer contre eux. Le soir de sa nomination, Tremblay est derrière le banc lors de la victoire que le Canadien arrache au Forum de Montréal contre les Maple Leafs de Toronto par le pointage de 4-3.
Source : La Presse, 18 octobre 1995, p.1, A2, S1 à S6, 22 octobre 1995, p.S1 à S9.
Le 29 octobre 1996 Annonce d’une transaction majeure par le Canadien de Montréal
Pierre TurgeonUn an et demi après avoir fait l’acquisition du joueur de centre Pierre Turgeon, la direction du Canadien de Montréal annonce qu’elle vient de l’échanger aux Blues de Saint-Louis en retour du défenseur Murray Baron et de l’attaquant Shayne Corson.
Le Canadien cède également deux joueurs de moindre importance dans la transaction, le défenseur Rory Fitzpatrick et le centre Craig Conroy. Âgé de 27 ans, Turgeon, qui avait été obtenu des Islanders de New York en avril 1995, n’aura en fin de compte disputé que 104 parties à Montréal. Pendant cette période, il a récolté 50 buts et 127 points. En retour de ses services, le Tricolore met la main sur un défenseur expérimenté et costaud, Murray Baron, et rapatrie un de ses anciens porte couleurs, Shayne Corson. Maintenant âgé de 30 ans, celui-ci déclare à la presse: « Je devine qu’on est venu me chercher pour mon agressivité et mon ardeur au travail. Je ne changerai pas mon style. » En plus de Baron et Corson, le Canadien obtient également le cinquième choix des Blues au repêchage de 1997. C’est Vincent Damphousse qui succédera à Turgeon au poste de capitaine.
Le 26 octobre 1997 Conquête du championnat du monde de formule 1 par le pilote Jacques Villeneuve
Jacques Villeneuve en 1997Ce n’est qu’à la dernière course de l’année que Jacques Villeneuve réussit à s’assurer le championnat du monde des pilotes de formule 1 aux dépens de son grand rival, l’Allemand Michael Schumacher. Le couronnement de Villeneuve a lieu lors du Grand Prix d’Europe, disputé en Espagne.
Après un début de saison explosif, Villeneuve a été rejoint, puis dépassé par Schumacher au classement des conducteurs. Avec un seul Grand Prix à faire au calendrier, ce dernier mène par un seul point, ce qui signifie qu’il n’a qu’à finir devant le Québécois pour obtenir son troisième titre en carrière. La lutte s’annonce serrée, ce qui se confirme en qualifications alors que trois pilotes, dont Villeneuve et Schumacher, réussissent leur meilleur tour en un temps absolument identique. Au départ de la course, Schumacher prend rapidement l’avance. Mais Villeneuve, au volant d’une Williams-Renault, ferme la marge et attaque finalement la Ferrari au 48e tour. Les deux bolides se touchent, une situation que l’on reprochera plus tard à l’Allemand. Certains l’accuseront même d’avoir voulu endommager la voiture de Villeneuve dans une manœuvre ultime pour empêcher le dépassement. Une fois le choc passé, les enjeux se clarifient. Seul en tête, le Québécois ne peut plus voir Schumacher qui est resté derrière, son véhicule hors de combat. Sachant qu’il n’a plus qu’à compléter l’épreuve pour être sacré champion, Villeneuve ménage sa Williams-Renault et termine troisième, un classement qui lui permet de devenir le premier Canadien à remporter le titre des conducteurs de formule 1. Cette nouvelle soulève un élan d’enthousiasme chez ses compatriotes. Des centaines de milliers d’entre eux ont suivi les péripéties de ce Grand Prix qui, à l’heure du Québec, se déroulait un dimanche matin.
Source : La Presse, 27 octobre 1997, p.A1, S1-S7. Renaud de Laborderie, Le livre d’or de la Formule 1, 1997, Paris, Solar, 1997, 143 p.
Le 25 octobre 1998 Obtention d’un record par le demi offensif Mike Pringle
Le demi à l’attaque des Alouettes de Montréal, Mike Pringle, établit un record de la Ligue canadienne de football (LCF) en récoltant 2 064 verges en une saison par la course. Il obtient cette nouvelle marque au stade McGill au cours d’une victoire de 58 à 44 des Alouettes contre les Blue Bombers de Winnipeg.
Il n’a fallu que sept minutes de jeu à Pringle pour franchir le cap des 2 000 verges en saison. Il s’agit d’un précédent pour un demi de la LCF. L’ancien record de 1 972 verges appartenait d’ailleurs à Pringle qui avait réalisé l’exploit dans l’uniforme des Stallions de Baltimore en 1994. Jusqu’à cette saison record de Pringle, seulement cinq joueurs qui ont évolué aux États-Unis avaient atteint le plateau de 2 000 verges au cours d’une saison (O.J. Simpson, Herschel Walker, Eric Dickerson, Barry Sanders).
Le 1er octobre 2000 Obtention d’une médaille d’argent olympique par la kayakiste Caroline Brunet
La championne du monde en kayak, Caroline Brunet, remporte la médaille d’argent en K-1 lors des Jeux Olympiques de Sydney. Elle n’est devancée que par l’Italienne Josefa Idem Guerrini.
La course se déroule dans des conditions très difficiles. À un moment donné, on considère même la possibilité de la reporter au lendemain, soit quelques heures après la tenue des cérémonies de clôture des Jeux. Les organisateurs s’y opposent. Participante en K-2 à ces mêmes Jeux, Brunet obtient également une cinquième position en compagnie de Karen Furneaux. Insatisfaite de sa médaille elle reconnaît qu’il s’agit pour elle d’une « grande déception. L’Italienne est une grande athlète. Elle a terminé plusieurs fois derrière moi. Je savais que cela ne serait pas facile (...) Mon seul regret est de ne pas avoir gagné mais j’ai tout donné. »
Le 4 octobre 2003 Annonce de la fin de l’association entre Jacques Villeneuve et British American Racing
Jacques VilleneuveAvant même le dénouement de la saison de formule 1, les dirigeants de la British American Racing (BAR) font savoir que le pilote Jacques Villeneuve ne sera pas de retour avec l’écurie en 2004.
Même si cette nouvelle ne constitue pas une surprise, elle marque tout de même une étape importante dans la carrière de Jacques Villeneuve, le champion du monde de 1997. Au cours de ses cinq années avec BAR, Villeneuve a vécu un véritable cauchemar. Incapable de terminer un grand nombre d’épreuves, il n’a obtenu que deux podiums -les deux fois en troisième place- et un petit nombre de points au championnat des conducteurs. Son avenir de plus en plus nébuleux, celui qui sera remplacé par Takuma Sato au sein de l’écurie BAR préfère pour le moment demeurer discret quant à ses projets en prévision de la saison 2004.
Le 17 octobre 2007 Conquête d’un titre mondial à la boxe par Lucian Bute
Lucian Bute en 2007Lucian Bute, un boxeur d’origine roumaine qui évolue au Québec depuis quelques années, remporte le titre mondial des super-moyens, version de la Fédération internationale de boxe (IBF), en défaisant le Colombien Alejandro Berrio par knock-out à la 11e ronde.
Après une brillante carrière chez les amateurs, Bute avait décidé de s’établir au Québec pour faire avancer sa carrière professionnelle. Il se forge une fiche immaculée de 20 victoires en autant de combats avant d’obtenir une chance à un des titres mondiaux. Elle survient le 19 octobre 2007 contre Alejandro Berrio, un Colombien de 31 ans qui détient le titre de la IBF depuis le 3 mars 2007. À l’image de Bute, ce dernier est considéré comme un dur cogneur. La popularité du Roumain d’origine joue pour beaucoup dans le fait que plus de 13 000 spectateurs se rendent au Centre Bell de Montréal pour l’occasion, alors que plus d’un million d’amateurs de boxe regardent le match à la télévision. Bute prend rapidement le contrôle des hostilités. Habile en défensive, l’athlète de 27 ans domine les échanges et se bâtit une avance aux points. Il confirme sa supériorité à la 11e ronde en plaçant de solides coups qui force l’arbitre à mettre fin à la rencontre. Cette conquête d’un titre mondial est la deuxième dans la même année pour un boxeur qui évolue au Québec, ce qui constitue une première. Elle fait suite à la victoire remportée par Joachim Alcine en juillet 2007 aux dépens de l’Américain Travis Simms.
Source : La Presse, 15 octobre 2007, p. S1; 20 octobre 2007, p. A1 et S1; 21 octobre 2007, p. S2. http://www.radio-canada.ca/sports/PlusSports/2007/10/19/004-InterBoxButeBerrio.shtml?ref=rss
Le 17 octobre 2009 Conquête du championnat de la United Soccer League par l’Impact de Montréal
Victoire de L’Impact de Montréal en 2009Après un début de saison difficile, l’Impact de Montréal revient en force et remporte le championnat de la United Soccer League (USL) en défaisant les Whitecaps de Vancouver en deux parties au total des buts.
Après avoir connu une fructueuse saison 2008, l’Impact de Montréal démarre sur le mauvais pied en 2009. La situation se détériore à un point tel qu’en mai, l’entraîneur John Limniatis est congédié et remplacé par Marc Dos Santos. Les choses se replacent par la suite pour le 11 montréalais qui connaît une bonne deuxième moitié de saison, concluant le calendrier régulier avec une fiche de 12 victoires, 11 défaites et 7 parties nulles. Ces succès se poursuivent en séries éliminatoires. Lors de la finale, l’Impact obtient deux victoires contre les Whitecaps de Vancouver, la première par la marque de 3 à 2 à Vancouver, et la seconde par un pointage de 3 à 1 au stade Saputo, à Montréal (6 à 3 au total des buts). Il s’agit d’un troisième championnat de la USL pour la franchise montréalaise (1994, 2004) qui lorgne toujours vers une possible adhésion à la Major League Soccer (MSL). La conquête 2009 est suivie, le 22 octobre, par une cérémonie publique qui attire une foule modeste à Montréal. Ce championnat pourrait constituer le chant du cygne pour le vétéran capitaine Mauro Biello qui, à 37 ans, aurait possiblement disputé son dernier match dans l’uniforme de l’Impact.
Source : La Presse, 19 octobre 2009, Sports, p. 1-2; Le Devoir, 19 octobre 2009, p. B5. http://www.radio-canada.ca/sports/soccer/2009/10/22/001-celebrations-impact.shtml http://www.uslsoccer.com/schedules/2009/13380593.html
Le 6 octobre 2017 Première partie de l’histoire du Rocket de Laval
Un texte original du Bilan Québec rédigé par un.e, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Le Rocket de Laval, le club-école du Canadien de Montréal dans la Ligue américaine de hockey (LAH), dispute le premier match à domicile de son histoire à la Place Bell. Une salle comble assiste à la victoire des locaux qui défont les Senators de Belleville 3 à 0.
Différents clubs-écoles du Canadien de Montréal évoluent dans la LAH à partir de la fin des années 1960. L’équipe joue dans plusieurs endroits – Montréal (1969-1971), Nouvelle-Écosse (1971-1984), Sherbrooke (1984-1990), Fredericton (1990-1999), Québec (1999-2002), Hamilton (2002-2015) – avant d’aboutir à Saint-John, dans la province de Terre-Neuve, où elle évolue de 2015 à 2017. Désireux de rapprocher cette franchise de Montréal, le Groupe CH obtient l’approbation de la LAH le 11 juillet 2016 pour déménager à Laval. Un nouvel amphithéâtre, la Place Bell, sera complété pour le début de la saison 2017-2018. Situé sur la rue Claude-Gagné, dans la Cité de la culture et du sport, il contiendra 10 300 places et 46 loges corporatives. En septembre 2016, l’équipe annonce qu’elle portera le nom de Rocket, en hommage au célèbre Maurice Richard. Ses couleurs seront le bleu, le blanc et le rouge, comme celles du Canadien de Montréal. Larry Carrière est le directeur général, alors que Sylvain Lefebvre, en poste depuis 2012, demeure l’entraîneur. Un match hors concours a lieu à la Place Bell le 30 septembre 2017, avant qu’une première partie du calendrier régulier ne s’y déroule le vendredi 6 octobre 2017. L’amphithéâtre est bondé de partisans enthousiastes qui réservent une chaude ovation à Guy Lafleur, venu participer aux cérémonies d’ouverture. Ils assistent à une victoire des locaux, 3 à 0, contre les Senators de Belleville. Daniel Audette marque le premier but de l’histoire du Rocket, alors que Charlie Lindgren récolte le jeu blanc. La formation lavalloise, dont le capitaine est Byron Froese, terminera sa première saison avec une fiche de 24 victoires et 42 défaites, plus 7 autres en prolongation. Elle devra se satisfaire de la 7e place dans la division Nord.
Source : La Presse+, 7 octobre 2017, p. S2; Le Journal de Montréal, 9 septembre 2016, p. 88; https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1060183/rocket-remporte-premier-match-laval-lah-senators-belle; https://www.rds.ca/hockey/lah/rds2-le-rocket-lance-sa-saison-1.5797948
«...La soirée a débuté par un feu d’artifice. C’était de circonstance. Le Rocket a voulu faire les choses en grand pour son nouveau public de Laval. Les 10 062 spectateurs présents, première salle comble de la saison, le lui ont bien rendu. Une présentation rythmée, une ambiance franchement réussie, une foule enthousiaste… Impossible de passer sous silence l’hilarante Film-O-Cam, où un danseur improvisé devait reproduire une scène de Napoleon Dynamite. La caméra karaoké et le choc des bulles géantes (avec un humain à l’intérieur, s’il vous plaît) ont aussi fait mouche. Bref, chapeau pour les gestionnaires de l’amphithéâtre. L’expérience est divertissante. Le premier test est réussi avec brio. Parlons hockey maintenant. Ici aussi, le premier test a été un succès avec une victoire de 3-0 sur les Senators de Belleville. »
Jean-François Tremblay, « Le décollage », La Presse+, 7 octobre 2017, p. S2.
«...On se souvient qu’une franchise de la LHJMQ a déjà porté le nom de Rocket entre 1999 et 2003. Toutefois, après seulement quatre saisons, elle avait déménagé à l’Île-du-Prince-Édouard en raison d’un problème d’assistances. Malgré ce passé peu reluisant, Lucier (Vincent, le président de l’amphithéâtre) ne craint pas que les gens fassent des liens entre le défunt Rocket de Montréal et la nouvelle concession lavalloise. « Je ne vois pas le nom du Rocket comme un échec, mais plutôt une façon de rendre hommage à un des plus grands joueurs de tous les temps », a-t-il commenté. Pour le spécialiste en marketing sportif André Richelieu, il est possible de se défaire de la réputation d’un produit qui n’a pas été couronné de succès à sa première tentative. « Il sera important de ne pas avoir de fusée dans le logo comme c’était le cas avec l’équipe de la LHJMQ et de mettre l’emphase sur Maurice Richard et sa légende », a souligné le professeur de l’UQAM. De cette façon, les dirigeants pourraient faire des liens avec la tradition d’excellence du Canadien. « Ça pourrait aussi donner de la crédibilité et du prestige à cette nouvelle équipe. » »
Mathieu Boulay, « Laval aura son Rocket », Le Journal de Montréal, 9 septembre 2016, p. 88.
Le 2 octobre 2017 Présentation des championnats du monde de gymnastique artistique à Montréal
Un texte original du Bilan Québec rédigé par un, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Pour la deuxième fois de son histoire, Montréal accueille les championnats du monde de gymnastique artistique du 2 au 8 octobre 2017, cette fois dans l’enceinte du Stade olympique. On estime à 50 000 le nombre de spectateurs ayant assisté aux compétitions lors desquelles les Chinois et les Russes se distinguent avec 6 médailles au total.
Deux ans après Glascow, en Écosse, Montréal est l’hôte, pour la première fois depuis 1985, de cette compétition prestigieuse. Elle est présentée dans le cadre des activités du 375e anniversaire de Montréal. Il s’agit d’un projet d’envergure, mobilisant quelque 500 bénévoles et une vingtaine de permanents, dont le président du conseil d’administration est Richard Crépin. Le budget global est d’environ 14,5 millions de dollars, plus de la moitié provenant de fonds publics. Des doutes sont exprimés quant à la pertinence de tenir cet événement dans le Stade olympique. Celui-ci est toutefois aménagé, avec 10 000 sièges et un mur de 130 mètres de long et de 18 de haut pour border la surface de compétition. Une légende à Montréal depuis son triomphe aux Jeux olympiques de 1976, Nadia Comaneci est la porte-parole de ces championnats auxquels participent 400 athlètes de 71 pays. Malheureusement, l’excellente américaine Simone Biles est en repos, alors que le Japonais Kohei Ychimura, en quête d’un 7e titre mondial, doit se retirer à cause d’une blessure à la cheville. Le Chinois Xiao Ruoteng remporte le classement général chez les hommes. L’Américaine Morgan Hurd fait de même chez les femmes, juste devant la Canadienne Ellie Black dont les performances soulèvent la foule. Sa compatriote Brooklyn Moors termine 5e. Sur le plan des pays, la Chine et la Russie obtiennent 6 médailles, les Chinois arrivant en tête du classement avec 3 médailles d’or. Tant sur le plan sportif qu’organisationnel, ces championnats sont qualifiés de succès, avec près de 50 000 spectateurs. On anticipe même un léger surplus budgétaire, alors que des équipements utilisés resteront au service des athlètes canadiens.
Source : https://www.quebec.ca/nouvelles/actualites/details/championnats-du-monde-de-gymnastique-artistique-fig-montreal-2017-le-gouvernement-du-quebec-annonce-lattribution-dune-aide-financiere-de-25-m; https://www.rds.ca/amateurs/nadia-comaneci-retrouvera-montreal-aux-mondiaux-de-gymnastique-artistique-2017-1.3567973; La Presse+, 2 octobre 2017, p. S8; Le Devoir, 2 octobre 2017; Le Journal de Montréal, 9 octobre 2017, p. 91.
«...Plus de 50 000 billets ont été vendus cette semaine pour une compétition de… gymnastique ! Au Stade olympique ! Bien malin qui aurait pu prédire un tel succès il y a quelques mois à peine, et le président du comité organisateur, Richard Crépin, ne cachait pas sa satisfaction, hier après-midi, en surveillant les dernières finales [...] Vrai que le Stade avait retrouvé une ambiance « olympique » cette semaine, et la présence quotidienne de Nadia Comaneci, ambassadrice de ses championnats, faisait joliment le pont entre le passé et le présent. Diffusés en direct sur tous les continents, avec une audience de plus de 600 millions de spectateurs, les Championnats mondiaux 2017 de gymnastique auront permis de rappeler que Montréal est une grande ville de sport. « Pour la gymnastique, c’est aussi un succès formidable, a estimé M. Crépin. Chaque jour, les gradins étaient pleins de jeunes qui découvraient ce sport et ne manqueront pas de vouloir essayer à leur tour. » « Depuis le début de la semaine, nous discutons avec les gens des fédérations nationales et provinciales, des clubs de gymnastique aussi, et tous se préparent à une vague d’intérêt pour la gymnastique. » »
Michel Marois, « Un succès au-delà des attentes », La Presse+, 9 octobre 2017, p. S2 et 4.
«...La barre avait été placée très haut à la suite du succès des Mondiaux de gymnastique artistique de Glasgow en 2015, et Montréal a démontré au cours de la dernière semaine qu’elle était capable de faire tout aussi bien. On a réussi à transformer le vaste Stade olympique en un endroit chaleureux et bruyant pour assister aux prouesses des meilleurs gymnastes de la planète. Ce fut un spectacle haut en couleur et la machine était bien rodée dans l’ensemble. Les organisateurs de ces 47es championnats du monde avaient des appréhensions compréhensibles il y a quelques mois au sujet des foules qui allaient assister aux compétitions. « La réponse du public a dépassé toutes nos espérances alors que plus de 50 000 billets ont été vendus, a confirmé Richard Crépin, président du comité organisateur, hier, en ce dernier jour des Mondiaux. On a même aperçu des revendeurs de billets devant l’entrée du stade durant la fin de semaine. Je n’aurais jamais cru cela possible pour une rencontre internationale de gymnastique au Québec. » […] L’événement a été un tel succès sur le plan de la vente des billets que les organisateurs estiment qu’ils pourront dégager un léger surplus, dans un budget totalisant 14,5 millions $. »
Pierre Durocher, « Mission accomplie », Le Journal de Montréal, 9 octobre 2017, p. 91.
Le 2 octobre 2016 Conquête du championnat européen de F3 par Lance Stroll
Un texte original du Bilan Québec rédigé par Marc-Olivier Jacob, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Le 2 octobre 2016, à l’âge de 17 ans, le québécois Lance Stroll devient champion de Formule 3 (F3). Il est le plus jeune de l’histoire du circuit et le premier Canadien à remporter ce championnat. La F3 est une catégorie de compétition qui sert d’étape aux jeunes pilotes souhaitant œuvrer en Formule 1 (F1).
Fils de Lawrence Stroll, milliardaire et propriétaire du circuit automobile du Mont-Tremblant, Lance Stroll remporte deux des trois courses la fin de semaine des 1er et 2 octobre 2016 sur l’Autodromo Enzo e Dino Ferrari d’Imola en Italie. Celui-ci confirme son titre de champion du monde en remportant la deuxième course et étoffe son avance au championnat en remportant la troisième. Il s’agit de ses 10e et 11e victoires et un total de 17 podiums cette saison en 27 courses. Avec cette performance, le jeune pilote québécois totalise 432 points, très loin devant son plus proche poursuivant, son coéquipier de l’écurie Prema Powerteam, Maximilian Günther, qui totalise 296 points. Le jeune pilote a obtenu sa super-licence, qui est nécessaire pour devenir pilote de F1, il y a quelques jours. Stroll, qui a déjà signé comme pilote de développement avec l’écurie Williams en F1, n’a pas voulu préciser ses plans pour son volant de la saison prochaine en soulignant qu’il effectuera des essais à l’hiver 2017 avec Williams. Il est considéré comme le candidat logique pour occuper le deuxième volant de cette écurie aux côtés du Finlandais Valtteri Bottas, puisque le Brésilien Felipe Massa a annoncé prendre sa retraite à la fin de la saison 2017. Le titre en F3 étant considéré comme un circuit tremplin pour les jeunes pilotes aspirant à la F1, le nouveau champion pourrait imiter Lewis Hamilton. En effet, c’est après avoir remporté la F3 en 2005 que Hamilton a obtenu son premier volant en F1. Par conséquent, Stroll pourrait devenir le premier canadien depuis Jacques Villeneuve à piloter une monoplace en F1 grâce à son championnat.
Source : Goeffrion-McInnis, Alexandre, « Le Québécois Lance Stroll sacré champion d’Europe en F3 », La Presse, 2 octobre 2016, URL, https://www.lapresse.ca/sports/course-automobile/autres-series/201610/02/01-5026534-le-quebecois-lance-stroll-sacre-champion-deurope-en-f3.php (consulté le 4 mai 2024); Butcher, Louis, « Mission accomplie pour Stroll », Le Journal de Montréal, 2 octobre 2016, URL, https://www.journaldemontreal.com/2016/10/02/lance-stroll-champion-de-formule-3 (consulté le 4 mai 2024)
Le 14 octobre 1911 Concert d'adieu de la cantatrice Albani
Emma Lajeunesse, alias Albani, donne un dernier concert public au Albert Hall, en Angleterre, où elle a vécu et connu une carrière de chanteuse internationale.
En 1906, Albani avait fait une dernière tournée canadienne, effectuant des arrêts à Ottawa, Montréal et Québec. Après son tour de chant de 1911, la célèbre cantatrice se retirera dans sa maison de Kensington, en Angleterre, afin d'écrire ses mémoires qui seront publiés sous le titre « Forty years of song ». Oiriginaire de Chambly, Albani a effectué plusieurs tournées au Canada entre 1883 et 1906.
Source : Le Mémorial du Québec, tome IV, 1890-1917, Montréal, éd. La Société des éditions du Mémorial, 1981, p.129. L'Encyclopédie du Canada: édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p.49.
Le 12 octobre 1930 Premier concert du Montreal Orchestra, présenté au théâtre Orpheum à Montréal
Théâtre Orpheum de MontréalCe concert inaugure la première saison de l'orchestre, dont les représentations ont lieu les dimanches après-midi. L'orchestre est formé de 70 instrumentistes regroupés « en coopérative afin de donner des concerts lorsque l'avènement du cinéma parlant les laissa sans emploi. »
Le répertoire comprend principalement des programmes symphoniques entiers, auxquels s'ajoutent des œuvres en création montréalaise et de compositeurs canadiens. Douglas Clarke, doyen de la Faculté de musique de l'Université McGill, dirige bénévolement l'orchestre. De courtes séries de concerts pour la jeunesse seront présentées entre 1935 et 1939. La saison 1940-1941 s'avèrera la dernière. D'abord essoufflé par l'arrivée d'un deuxième orchestre à Montréal (Société des Concerts symphoniques de Montréal), le Montreal Orchestra sera trop fragile pour supporter la maladie de son directeur Douglas Clarke et les conséquences de la déclaration de la Deuxième Guerre mondiale.
Source : Recherche effectuée dans le cadre du projet «Données sur l'histoire de la création musicale au Québec, 1940-2000 (chronologie et bibliographie)», un projet subventionné par le FCAR. Helmut Kalmann, Gilles Potvin et Kenneth Winters, dir., Encyclopédie de la musique du Canada, deuxième édition, Montréal, Fides, 1993 (1982), p. 2205-2207, 3415.
Le 22 octobre 1947 Concert de la Symphonie féminine de Montréal au Carnegie Hall de New York
Ethel Stark et la Symphonie féminine de MontréalIl s'agit du premier orchestre canadien à se produire dans cette prestigieuse salle américaine. La Symphonie féminine de Montréal fut fondée en 1940 par Madge Bowen et Ethel Stark.
Composé uniquement de musiciennes professionnelles dirigées par Stark, cet orchestre symphonique réunissait d'abord 75 instrumentistes amateures et professionnelles. Il est le premier orchestre symphonique féminin au Canada. Des œuvres contemporaines, canadiennes et du répertoire classique figurent aux programmes de l'orchestre. Chaque saison propose généralement dix concerts présentés à l'auditorium Le Plateau. La Symphonie féminine de Montréal donnera également des concerts aux États-Unis et à travers le Canada. Elle mettra fin à ses activités en 1960.
Source : Recherche effectuée dans le cadre du projet «Données sur l'histoire de la création musicale au Québec, 1940-2000 (chronologie et bibliographie)», un projet subventionné par le FCAR. Helmut Kalmann, Gilles Potvin et Kenneth Winters, dir., Encyclopédie de la musique du Canada, deuxième édition, Montréal, Fides, 1993 (1982), p. 3216-3217.
Le 17 octobre 1948 Tenue du premier concert organisé par la Société Pro Musica
Quatuor à cordes « Stuyvesant »Ce concert est donné à l'hôtel Ritz-Carlton de Montréal par un ensemble américain, le Quatuor à cordes Stuyvesant, et le clarinettiste Clark Brody. La Société Pro Musica a été fondée par Gertrude Constant Gendreau, qui en sera présidente jusqu'à son décès en 1979.
Cette société musicale, qui présente des artistes étrangers et canadiens, a pour objectif d'offrir des concerts consacrés à la musique de chambre de toutes les formes et de toutes les époques. En plus de présenter chaque saison de six à huit concerts, la société proposera différentes séries : Matinées pour la jeunesse, Concerts de Montréal, Série Prestige, etc. Elle organisera également des concerts consacrés à de grands compositeurs ainsi que des concerts présentant des créations et premières montréalaises.
Source : Recherche effectuée dans le cadre du projet «Données sur l'histoire de la création musicale au Québec, 1940-2000 (chronologie et bibliographie)», un projet subventionné par le FCAR. Helmut Kalmann, Gilles Potvin et Kenneth Winters, dir., Encyclopédie de la musique du Canada, deuxième édition, Montréal, Fides, 1993 (1982), p. 3129 à 3130.
Le 8 octobre 1956 Première présentation du téléroman « Les belles histoires des pays d'en haut »
Jean-Pierre Masson et Andrée Champagne du téléroman « Les belles histoires des pays d'en haut »Après vingt-quatre années sur les ondes radiophoniques de Radio-Canada, les personnages du radioroman « Un homme et son péché » revivent à la télévision dans la série « Les belles histoires des pays d'en haut ».
Nées de la plume de Claude-Henri Grignon, « Les belles histoires des pays d'en haut » racontent l'histoire de Séraphin Poudrier. Maire d'un village des Laurentides et agent de colonisation, celui-ci est un des personnages les plus influents de la région, ce qui suscite à son endroit des attitudes variées allant de la haine à la soumission. Entre 1956 et 1970, Radio-Canada présentera plusieurs centaines d'épisodes de cette série qui a donné vie à des personnages Séraphin Poudrier, Donalda Laloge, Alexis Labranche) qui marqueront la petite histoire de la télévision québécoise. Réalisées par Bruno Paradis, Fernand Quirion et Yvon Trudel, « Les belles histoires des pays d'en haut » mettent notamment en vedette Jean-Pierre Masson (dans le rôle de Séraphin), Andrée Champagne et Guy Provost.
Source : Jean-Yves Croteau, Répertoire des séries, feuilletons et téléromans québécois, de 1952 à 1992, Québec, Les Publications du Québec, 1993, p.41-42.
Le 28 octobre 1956 Première présentation de l'émission télévisée « Point de mire »
René Lévesque de l'émission « Point de mire »Radio-Canada présente la première de « Point de mire », une émission consacrée aux actualités nationale et internationale qui est réalisée par Claude Sylvestre et animée par le journaliste René Lévesque.
Déjà connu du public, notamment grâce à l'émission « Carrefour », Lévesque possède une expérience journalistique qui remonte à la Deuxième Guerre mondiale alors qu'il agissait comme correspondant. En octobre 1956, il anime pour la première fois « Point de mire », une émission qui, à ses débuts, est présentée le dimanche soir à 23 heures 15. Malgré cette heure peu clémente, qui changera au fil des ans, Lévesque, avec sa cigarette, son tableau noir et ses cartes géographiques, s'impose rapidement comme une des figures les mieux connues de la télévision québécoise. « Point de mire » ne figurera jamais parmi les émissions les plus regardées de Radio-Canada. Mais elle obtient un beau succès critique en plus d'éveiller les téléspectateurs québécois aux grands débats de l'heure, tant sur la scène nationale qu'internationale. La première est d'ailleurs consacrée à la question du canal de Suez. Avant son retrait de l'antenne, en 1959, « Point de mire » s'intéressera à une quantité d'autres sujets allant des élections fédérales et provinciales à la guerre d'Algérie, en passant par la course aux armements. L'émission permet également de mettre en évidence les talents de vulgarisateur de Lévesque, qualité qui lui sera particulièrement utile en 1960 alors qu'il fera le saut en politique avec le Parti libéral du Québec (PLQ) dirigé par Jean Lesage.
Source : Pierre Godin, René Lévesque : un enfant du siècle (1922-1960), Montréal, Boréal, 1994, p.295-378.
Le 9 octobre 1957 Première présentation du téléroman « La pension Velder »
Scène du téléroman « La pension Velder »Le téléroman « La pension Velder », écrit par Robert Choquette, raconte la vie d'une famille montréalaise et des pensionnaires qu'elle accueille.
« La pension Velder » est un des grands succès de la télévision québécoise à la fin des années 50. Radio-Canada présente 144 épisodes de cette série entre 1957 et 1960. Réalisée par Louis Bédard et Jean-Pierre Sénécal, « La pension Velder » met notamment en vedette Lucie de Vienne, Robert Gadouas, Françoise Faucher et Michel Noël.
Source : Jean-Yves Croteau, Répertoire des séries, feuilletons et téléromans québécois de 1952 à 1992, Québec, Les Publications du Québec, 1993, p.283-284.
Le 17 octobre 1957 Première présentation du téléroman «Au chenal du moine»
Yves Létourneau, Marjolaine Hébert et Yvon Dufour du téléroman « Au chenal du moine »« Au chenal du moine » est la suite du « Survenant », un téléroman écrit par Germaine Guèvremont. Cette série raconte l'histoire des habitants du Chenal-du-Moine après le départ du Survenant. Tout comme l'arrivée du Survenant, son départ a bouleversé la famille Beauchemin, en particulier le père Didace.
Entre 1957 et 1958, Radio-Canada présente 39 épisodes de la série « Au chenal du moine ». Ce téléroman réalisé par Jo Martin, met notamment en vedette Ovila Légaré, Suzanne Langlois et Clément Latour.
Source : Jean-Yves Croteau, Répertoire des séries, feuilletons et téléromans québécois de 1952 à 1992, Québec, Les Publications du Québec, 1993, p.30-31.
Le 11 octobre 1958 Première présentation du téléroman « Demain dimanche »
Louise Rémy et Denise Bombardier du téléroman « Demain dimanche »Le téléroman « Demain dimanche » d'Alec Pelletier, illustre les conflits de générations qui éclatent à la fin des années 1950.
De 1958 à 1959, Radio-Canada présente 29 épisodes de la série « Demain dimanche ». Ce téléroman réalisé par André Bousquet et Pierre Gauvreau met notamment en vedette Louise Rémy.
Source : Jean-Yves Croteau, Répertoire des séries, feuilletons et téléromans québécois de 1952 à 1992, Québec, Les Publications du Québec, 1993, p.110-111.
Le 21 octobre 1958 Première présentation du téléroman « Je vous ai tant aimé »
Jean Coutu du téléroman « Je vous ai tant aimé »La deuxième partie de « Je vous ai tant aimé », feuilleton écrit par Jovette Bernier et Simon Langlais, raconte les péripéties quotidiennes d'une famille de pêcheurs.
De 1958 à 1959, Radio-Canada présente 27 épisodes de la série « Je vous ai tant aimé ». Ce téléroman réalisé par Claude Désorcy met notamment en vedette Jean Coutu, Juliette Huot et J.-Léo Gagnon.
Source : Jean-Yves Croteau, Répertoire des séries, feuilletons et téléromans québécois de 1952 à 1992, Québec, Les Publications du Québec, 1993, 193-194.
Le 7 octobre 1959 Première présentation du téléroman « En haut de la pente douce »
Juliette Pétrie et Doris Lussier du téléroman « En haut de la pente douce »Dans cette série de Roger Lemelin on retrouve, en plus des personnages de la famille Plouffe, ceux de la famille Chevalier qui vivent « en haut de la pente douce », au cœur de la ville de Québec.
De 1959 et 1961, Radio-Canada présente 76 épisodes de la série « En haut de la pente douce ». Réalisé par Jean Dumas et Guy Leduc, ce téléroman met notamment en vedette Amanda Alarie, Roland Chenail, Louis Turenne et Yvon Thiboutot.
Source : Jean-Yves Croteau, Répertoire des séries, feuilletons et téléromans québécois de 1952 à 1992, Québec, Les Publications du Québec, 1993, p.130-131.
Le 13 octobre 1959 Première présentation du téléroman « Jeunes visages »
Monique Chabot, comédienne (1935-2025)Le téléroman « Jeunes visages », écrit par Alec Pelletier, raconte l'histoire des Lemire, une famille aux prises avec les problèmes de la vie quotidienne.
De 1959 à 1961, Radio-Canada présente 62 épisodes de la série « Jeunes visages ». Réalisé par André Bousquet, ce téléroman met notamment en vedette Monique Chabot, Gilbert Comtois, Lucille Cousineau, Denise Morelle, Louise Rémy et Marcel Sabourin.
Source : Jean-Yves Croteau, Répertoire des séries, feuilletons et téléromans québécois de 1952 à 1992, Québec, Les Publications du Québec, 1993, p.196.
Le 15 octobre 1961 Première présentation du téléroman « Kanawio »
Le téléroman « Kanawio », écrit par Guy Dufresne, se déroule au XVIIe siècle. Il raconte la vie de trois familles iroquoises et les bouleversements occasionnés par leurs contacts avec les Européens.
De 1961 à 1962, Radio-Canada présente 34 épisodes de la série « Kanawio ». Ce téléroman réalisé par Aimé Forget met notamment en vedette Roland Chenail et Hélène Loiselle.
Source : Jean-Yves Croteau, Répertoire des séries, feuilletons et téléromans québécois de 1952 à 1992, Québec, Les Publications du Québec, 1993, p.200.
Le 5 octobre 1962 Première présentation du téléroman « La balsamine »
Marthe Thiéry et Denise Provost du téléroman « La balsamine »« La balsamine », un téléroman écrit par Jean Desprez, raconte les déchirements d'une famille divisée par la répartition testamentaire des biens familiaux annoncée par leur mère.
De 1962 à 1963, Radio-Canada présente 39 épisodes de la série « La balsamine ». Ce téléroman réalisé par Louis Bédard met notamment en vedette Marthe Thiéry, Paul Hébert, Charlotte Boisjoli, Richard Martin et Denise Provost.
Source : Jean-Yves Croteau, Répertoire des séries, feuilletons et téléromans québécois de 1952 à 1992, Québec, Les Publications du Québec, 1993, p.55-56.
Le 10 octobre 1962 Première présentation du téléroman « Le pain du jour »
Yvan Canuel et Georges Bouvier du téléroman « Le pain du jour »« Le pain du jour », écrit par Réginald Boisvert, raconte la vie de six familles voisines au lendemain de la Seconde Guerre mondiale.
De 1962 à 1965, Radio-Canada présente 110 épisodes de la série « Le pain du jour ». Ce téléroman réalisé par Jean Valade met notamment en vedette Yves Létourneau et Olivette Thibault.
Source : Jean-Yves Croteau, Répertoire des séries, feuilletons et téléromans québécois de 1952 à 1992, Québec, Les Publications du Québec, 1993, p.276.
Le 7 octobre 1963 Première présentation du téléroman « De 9 à 5 »
Louise Marleau du téléroman « De 9 à 5 »Le téléroman « De 9 à 5 », écrit par Louis Bédard, raconte la vie d'un directeur d'entreprise et de ses employés de bureau.
De 1963 à 1966, Radio-Canada présente 106 épisodes de la série « De 9 à 5 ». Ce téléroman réalisé par Louis Bédard met notamment en vedette Jean Duceppe, Benoît Girard, Raymond Lévesque, Louise Marleau, Georges Groulx et Jean-Louis Paris.
Source : Jean-Yves Croteau, Répertoire des séries, feuilletons et téléromans québécois de 1952 à 1992, Québec, Les Publications du Québec, 1993, p.108-109.
Le 11 octobre 1966 Première présentation du téléroman « Moi et l'autre »
Réal Béland, Roger Joubert, Dominique Michel et Denise Filiatrault du téléroman « Moi et l'autre »Dans leur série humoristique « Moi et l'autre », Roger Garand et Gilles Richer racontent les aventures de Dominique André et Denise Létourneau, deux femmes qui en font voir de toutes les couleurs au gérant de leur immeuble et à son concierge.
Entre 1966 et 1970, Radio-Canada présente 187 épisodes de la comédie « Moi et l'autre ». Une des émissions les plus populaires de la télévision québécoise, « Moi et l'autre », qui est réalisée par Jean Bissonnette et Roger Fournier, met notamment en vedette Dominique Michel, Denise Filiatrault, Roger Joubert et Réal Béland.
Source : Jean-Yves Croteau, Répertoire des séries, feuilletons et téléromans québécois de 1952 à 1992, Québec, Les Publications du Québec, 1993, 692 pages.
Le 2 octobre 1967 Première présentation de la série humoristique policière: « Lecoq et fils »
Scène de la comédie « Lecoq et fils »Dans la comédie « Lecoq et fils », Réal Giguère et Bernard Sicotte racontent les aventures loufoques d'une agence de détectives dans laquelle travaillent un père et son fils.
De 1967 à 1968, Télé-Métropole présente 37 épisodes de cette série humoristique réalisée par Jean-Pierre Claveau. « Lecoq et fils » met notamment en vedette Paul Desmarteaux et Gilles Latulippe.
Source : Jean-Yves Croteau, Répertoire des séries, feuilletons et téléromans québécois de 1952 à 1992, Québec, Les Publications du Québec, 1993, 692 pages.
Le 2 octobre 1968 Première présentation de la série humoristique « Les Martin »
Dans son téléroman « Les Martin », Richard Pérusse raconte le quotidien d'un jeune couple et de quelques personnages qui gravitent autour.
De 1968 à 1969, Radio-Canada présente 30 épisodes de la série humoristique « Les Martin ». Parmi les interprètes de ce téléroman réalisé par André Bousquet et Aimé Forget, on retrouve Monique Miller et Jacques Godin.
Source : Jean-Yves Croteau, Répertoire des séries, feuilletons et téléromans québécois de 1952 à 1992, Québec, Les Publications du Québec, 1993, 692 pages.
Le 20 octobre 1970 Lancement de la revue « Mainmise »
Cette nouvelle revue est consacrée aux phénomènes de la contre-culture.
Fondée par Jean Basile, qui a dirigé pendant plusieurs années les pages culturelles du journal « Le Devoir », « Mainmise » touche des sujets rarement abordés dans les autres revues, tels le sexe et la drogue. La revue durera dix ans, de 1970 à 1980.
Le 10 octobre 1974 Attribution du prix Athanase-David en littérature
Le prix Athanase-David est remis à la poète et romancière Rina Lasnier dont l'œuvre s'étend sur plus de trois décennies.
La présentation du prix et de la bourse de 5 000 $ qui s'y rattache est faite au Salon rouge de l'Assemblée nationale en présence du ministre des Affaires culturelles, Denis Hardy. Lasnier avait remporté le prix David une première fois en 1943. Au fil des ans, elle a obtenu plusieurs autres hommages, dont les prix Duvernay et Molson, ainsi que le prix France-Canada qui lui a été décerné en 1973. En recevant son deuxième prix David, en 1974, Lasnier déclare : « En accordant ce prix à une poétesse, le jury a conféré un honneur redoutable à la poésie. Il a reconnu que toute parole incarnée et valorisée offre une image de l'homme d'aujourd'hui et de demain. »
Le 6 octobre 1976 Première présentation de la série humoristique « Du tac au tac »
Anouk Simard, Jean-Pierre Chartrand, Michel Forget, Roger Lebel, Christiane Pasquier du téléroman « Du tac au tac »Dans la série humoristique « Du tac au tac », André Dubois, Jean-Pierre Plante et Raymond Plante décrivent le quotidien des employés d'une agence artistique.
Entre 1976 et 1982, Radio-Canada présente 216 épisodes de la série « Du tac au tac ». Cette comédie met notamment en vedette Roger Lebel, dans le rôle du patron, ainsi que Jean-Pierre Chartrand, Michel Forget et Christiane Pasquier.
Source : Jean-Yves Croteau, Répertoire des séries, feuilletons et téléromans québécois de 1952 à 1992, Québec, Les Publications du Québec, 1993, 692 pages.
Le 25 octobre 1978 Première présentation du téléroman « Race de monde »
Paul Hébert, Robert Rivard et Jacques Zouvi du téléroman « Race de monde »Écrit d'après trois romans de Victor-Lévy Beaulieu, le téléroman « Race de monde » relate, à travers la vie d'une famille, les affrontements entre générations et classes sociales.
De 1978 à 1981, Radio-Canada présente 103 épisodes de la série « Race de monde ». Ce téléroman réalisé par Maurice Falardeau, Aimé Forget, Jean Gadoua, Guy Hoffmann, Geneviève Houle, Jean-Yves Laforce et Gilles Sénécal, met notamment en vedette Paul Hébert, Robert Rivard, Monique Aubry et Jean-Luc Montminy.
Source : Jean-Yves Croteau, Répertoire des séries, feuilletons et téléromans québécois de 1952 à 1992, Québec, Les Publications du Québec, 1993, p.311-312.
Le ministre des Affaires culturelles du Québec, Denis Vaugeois, participe à la troisième remise annuelle des prix du Québec qui se déroule au Musée d'art contemporain.
Les lauréats sont: Yves Thériault, prix littéraire Athanase-David; Armand Frappier, prix scientifique Marie-Victorin; Jean Duceppe, prix d'arts d'interprétation Denise-Pelletier; Julien Hébert, prix d'art plastique Paul-Émile-Borduas; et Noël Mailloux, prix de sciences humaines Léon-Gérin.
Le 24 octobre 1979 Première présentation de la série « Caroline »
Jacques Lavallée, Paul Savoie, Catherine Bégin et Charlotte Boisjoli du téléroman « Caroline »Dans le téléroman « Caroline », Marcelle Racine raconte la vie d'une célibataire de 40 ans, Caroline, qui possède un atelier de confection de vêtements.
De 1979 à 1980, Radio-Canada présente 26 épisodes de la série « Caroline ». Ce téléroman réalisé par Louis Bédard, Lucile Leduc et Maude Martin met notamment en vedette Catherine Bégin, dans le rôle titre, Charlotte Boisjoli et Paul Savoie.
Source : Jean-Yves Croteau, Répertoire des séries, feuilletons et téléromans québécois, Québec, Les Publications du Québec, 1993, p.64-65.
Le 31 octobre 1979 Visite du compositeur français Iannis Xenakis dans le cadre des « Musialogues »
La pédagogue et communicatrice Maryvonne Kendergi reçoit et questionne Iannis Xenakis devant public. La séance a lieu au Théâtre Maisonneuve, à Montréal, en compagnie du compositeur Serge Garant et du chef d'orchestre Charles Dutoit.
Cette activité s'insère dans le cadre des Journées Xenakis, qui se déroulent en octobre et novembre 1979. Lors de ces journées, l'Orchestre symphonique de Montréal présentera deux concerts d'œuvres de Xenakis alors que la Société de musique contemporaine du Québec présentera un concert monographique.
Source : Recherche effectuée dans le cadre du projet «Données sur l'histoire de la création musicale au Québec, 1940-2000 (chronologie et bibliographie)», un projet subventionné par le FCAR. Louise Bail Milot, «Musialogue : Maryvonne Kendergi», Les Cahiers de l'ARMuQ, no 5, mai 1985, p.75.
Le 3 octobre 1980 Sortie du documentaire « Corridors »
Ce documentaire en couleur est réalisé par Guy Dufaux et Robert Favreau et produit par Marcia Couëlle et Claude Godbout.
« Corridors » sort à l'occasion de la Semaine du cinéma québécois. Le film présente une famille aux prises avec des problèmes financiers provoqués par le chômage et l'endettement.
Source : Michel Coulombe et Marcel Jean, Le dictionnaire du cinéma québécois, Montréal, Boréal, 1988, p.153
Le 29 octobre 1980 Première présentation du téléroman « Le temps d'une paix »
Pierre Dufresne et Nicole Leblanc du téléroman « Le temps d'une paix »Dans le téléroman « Le temps d'une paix », Pierre Gauvreau, raconte l'histoire de familles rurales vivant dans la région de la Malbaie peu après la fin de la Première Guerre mondiale.
De 1980 à 1986, Radio-Canada présente 161 épisodes de la série « Le temps d'une paix », une des plus populaires de l'histoire de la télévision québécoise. Ce téléroman réalisé par Yvon Trudel met notamment en vedette Nicole Leblanc, Pierre Dufresne, Jean Besré, Monique Aubry, Yvon Dufour et Denys Paris.
Source : Jean-Yves Croteau, Répertoire des séries, feuilletons et téléromans québécois de 1952 à 1992, Québec, Les Publications du Québec, 1993, p.350-351.
Le 9 octobre 1981 Sortie du film « Les beaux souvenirs »
Ce long-métrage de fiction en couleur est réalisé par Francis Mankiewicz et produit par Jean Dansereau, Pierre Lamy et Françoise Berd. Parmi les interprètes, on retrouve Monique Spaziani, Julie Vincent et Paul Hébert.
Dans « Les beaux souvenirs », l'absence de la mère est à l'origine du traumatisme affectant le père et ses deux filles. Dans ce drame familial, dont l'action se situe à l'Île d'Orléans, un père devenu presque muet refuse de voir sa fille aînée parce qu'elle ressemble trop à sa femme, partie avec un Anglais. Le film sera accueilli plutôt froidement par le public.
Source : Michel Coulombe et Marcel Jean, Le dictionnaire du cinéma québécois, Montréal, Boréal, 1988, p.322.
Le 2 octobre 1982 Première du film « La quarantaine »
Ce long-métrage de fiction en couleur est réalisé par Anne Claire Poirier et produit par Jacques Vallée. Parmi les interprètes, on retrouve Monique Mercure, Jacques Godin et Roger Blay.
La première a lieu à la Cinémathèque québécoise durant les Rendez-vous du cinéma québécois. « La quarantaine », qui raconte les difficiles retrouvailles d'un groupe d'amis d'enfance arrivés a la quarantaine, sortira commercialement la semaine suivante et rapportera 67 000 $ en dix semaines.
Source : Michel Jacques, Chronologie du cinéma québécois : les années 80, Québec, Botakap, 1993, p.14.
Le 15 octobre 1982 Sortie du documentaire « La bête lumineuse »
Ce documentaire en couleur de l'Office national du film (ONF) est réalisé par Pierre Perrault et produit par Jacques Bobet.
« La bête lumineuse » raconte une chasse à l'orignal. Dans un « shack » de Maniwaki, des citadins opèrent leur retour annuel à la nature. L'esprit de panache, de bravache et de vantardise y sont bien présents, de même que la transposition de mœurs sauvages de la meute au sein du groupe d'amis, où on a tôt fait de repérer une victime, un souffre-douleur qui sera soumis à une torture d'une impitoyable ironie. Après quatre semaines en salle, le film aura déjà rapporté 25 000 $.
Source : Michel Coulombe et Marcel Jean, Le dictionnaire du cinéma québécois, Montréal, Boréal, 1988, p.380.
Le 30 octobre 1982 Obtention de la médaille d'or au festival de la chanson de Tokyo par Céline Dion
Une jeune chanteuse québécoise âgée de 14 ans, Céline Dion, remporte ex acqueo le prix de la meilleure interprète au médaille d'or au festival de la chanson Yamaha de Tokyo. La chanson qu'elle interprète devant 115 millions de téléspectateurs, « Tellement j'ai d'amour pour toi », reçoit également la médaille d'or du festival.
En 1983, l'album « Tellement j'ai d'amour pour toi » rapportera à Céline Dion quatre trophées Félix au Gala de l'Association de l'industrie du disque et du spectacle québécois (ADISQ). En quelques années, Dion se gagnera une légion d'admirateurs au Québec. Après une pause dans sa jeune carrière, elle reviendra en 1987 avec une image renouvelée, prête pour conquérir le monde. Aidée par son gérant René Angélil, elle effectuera même une percée au Canada anglais et aux États-Unis en 1990 avec l'album « Unison ». Au fil des ans, Céline Dion accumulera les trophées, les prix et les honneurs. Elle fera la conquête des plus grandes scènes et ses disques se vendront par millions à travers le monde.
Source : Le Devoir, 3 novembre 1982, p.7. Robert Thérien, Isabelle D'Amours, Dictionnaire de la musique populaire au Québec 1955-1992, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1992, 580 pages.
Le 1er octobre 1983 Première du documentaire « Mémoire battante »
Ce documentaire-fiction en couleur est réalisé par Arthur Lamothe et produit par Arthur et Nicole Lamothe. Gabriel Arcand y joue un rôle alors que la narration est assurée par Rolande Rock et Arthur Lamothe.
La première du film a lieu à la Cinémathèque québécoise dans le cadre des Rendez-vous du cinéma québécois. « Mémoire battante » présente l'univers spirituel des Montagnais, ultime rempart contre l'assimilation.
Source : Michel Coulombe et Marcel Jean, Le dictionnaire du cinéma québécois, Montréal, Boréal, 1988, p.267.
Le 2 octobre 1983 Première du film « Au pays de Zom »
Ce long-métrage de fiction en noir et blanc et en couleur de l'Office national du film (ONF) est réalisé par Gilles Groulx et produit par Jean Dansereau. Parmi les interprètes, on retrouve Joseph Rouleau, Charles E. Trudeau et René Racine.
La première a lieu à la Cinémathèque québécoise lors des Rendez-vous du cinéma québécois. Le film sera aussi présenté au Festival international du nouveau cinéma de Montréal un mois plus tard. « Au pays de Zom » raconte une journée dans la vie d'un industriel étroit d'esprit et imbu de lui-même, Monsieur Zom. Le récit, divisé en neuf tableaux, est une fable sur les vices et les vertus de la richesse.
Source : Michel Coulombe et Marcel Jean, Le dictionnaire du cinéma québécois, Montréal, Boréal, 1988, p.216
Le 31 octobre 1983 Première du documentaire « Les enfants des normes - Post-Scriptum »
Ce documentaire en couleur est réalisé par Georges Dufaux et produit par Jacques Bobet.
La première a lieu au Palais des congrès de Montréal dans le cadre du congrès de l'Alliance des professeurs. « Les enfants des normes - Post-Scriptum » est le contrepoint de la longue chronique en huit épisodes d'une heure que constituait « Les enfants des normes » (1979), véritable plongée dans l'univers des écoles polyvalentes.
Source : Michel Coulombe et Marcel Jean, Le dictionnaire du cinéma québécois, Montréal, Boréal, 1988, p.151.
Le 5 octobre 1984 Sortie du film « La guerre des tuques »
Dans la série « Contes pour tous », ce long-métrage de fiction en couleur est réalisé par André Melançon et produit par Rock Demers, Nicole Robert et Claude Bonin. Parmi les interprètes, on retrouve Cédric Jourde, Maripierre A. D'Amour et Julien Elise.
Une bande de jeunes qui « jouent à la guerre » finissent par se prendre un peu trop au sérieux. Une comédie qui aborde les thèmes de l'amitié, la paix, la guerre et la solidarité. « La guerre des tuques » a remporté de nombreux prix, dont la Palme d'or à la section jeunesse du Festival international du film de Moscou. Cinq mois après sa sortie en salle, le film aurait déjà rapporté 800 000 $ aux guichets. En mars 1985, il sera d'ailleurs le premier film francophone à remporter le prix Golden Reel décerné au film canadien ayant récolté la plus grosse recette au Canada en 1984.
Source : Michel Coulombe et Marcel Jean, Le dictionnaire du cinéma québécois, Montréal, Boréal, 1988, 530 p.
Le 12 octobre 1984 Présentation de la pièce « Albertine en cinq temps »
C'est au Centre national des arts d'Ottawa que la pièce « Albertine en cinq temps » de Michel Tremblay est présentée pour la première fois. Mise en scène par André Brassard, elle met en vedette Huguette Oligny, Gisèle Schmidt, Amulette Garneau et Rita Lafontaine.
Deux ans plus tard, Tremblay sera récipiendaire du prix Chalmers, à Toronto, pour « Albertine en cinq temps ». Cette pièce, que plusieurs considèrent comme étant la meilleure de Tremblay, ne vieillit pas car on la rejoue souvent et qu'elle est adaptée par différents metteurs en scène. En fait, il s'agit de d'une des pièces de Tremblay qui fera l'objet du plus grand nombre de traductions et d'adaptations.
Source : L'Encyclopédie du Canada : édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p.2448. http://membres.lycos.fr/karmina/nouveau.html Site du «Canadian theatre encyclopedia»: http://www.canadiantheatre.com/a/albertineencinqtemps.html
Le 14 octobre 1984 Première du film « Le dernier glacier »
Ce documentaire-fiction en couleur de l'Office national du film (ONF) est réalisé par Jacques Leduc et Roger Frappier et produit par Jean Dansereau. Parmi les interprètes, on retrouve Robert Gravel, Louise Laprade et Martin Dumont.
Constitué de documents d'archives et d'entrevues, mais aussi de scènes fictives, « Le dernier glacier » fait un retour sur la fermeture des installations minières de Schefferville et le sort de ses habitants. La première de ce film a lieu en France, dans le cadre du Festival de Nyon.
Source : Michel Coulombe et Marcel Jean, Le dictionnaire du cinéma québécois, Montréal, Boréal, 1988, p.292.
Le 26 octobre 1984 Première du film « Jacques et Novembre »
Ce long-métrage de fiction en couleur est réalisé par François Bouvier et Jean Beaudry et produit par François Bouvier et Marcel Simard. Parmi les interprètes, on retrouve Jean Beaudry, Jean Mathieu et Carole Fréchette.
Le film raconte les derniers jours d'un homme de 31 ans qui, condamné à mourir à brève échéance, fait le bilan de sa vie. Confiné dans sa chambre d'hôpital, puis dans son appartement, Jacques se filme lui-même afin de rassembler ses souvenirs. Son copain Denis prend aussi la caméra, afin de capter pour lui des images de moments privilégiés, des paysages, des lieux familiers. « Jacques et Novembre », loin d'être pessimiste, jette un regard différent sur la mort. Il se verra décerner une mention spéciale du jury lors du Festival international du film de Tokyo et se méritera le prix du jury catholique lors de la Semaine internationale du cinéma de Mannheim, en Allemagne. Au festival des jeunes réalisateurs de Belfort, en France, il remportera le prix du meilleur film étranger en plus du prix du public, ex-aequo avec « Madame P. » d'Eve Bonfanti. « Jacques et Novembre » ne tiendra cependant l'affiche que pendant deux semaines à Paris, attirant seulement 299 spectateurs.
Le 9 octobre 1985 Première présentation de la série humoristique « Paul, Marie et les enfants »
Dans le téléroman « Paul, Marie et les enfants », Jean-Paul Le Bourhis raconte le quotidien d'une famille montréalaise reconstituée.
De 1985 à 1987, Radio-Canada présente 57 épisodes du téléroman « Paul, Marie et les enfants ». Cette série réalisée par Lise Chayer et Pierre Duceppe met notamment en vedette Jacques Thisdale, Carole Chatel, Itzia Aubert, Félix-Antoine Leroux, Sophie Léger, Marc-André Coallier et Richard Blaimert.
Source : Jean-Yves Croteau, Répertoire des séries, feuilletons et téléromans québécois, Québec, Les publications du Québec, 1993, 692 p.
Le 22 octobre 1985 Première du film « Celui qui voit les heures »
Ce long-métrage de fiction en couleur est réalisé par Pierre Goupil et produit par Pierre Goupil, Michel La Veaux et Linda Soucy. Parmi les interprètes, on retrouve Pierre Goupil, Ginette Boivin et Frédérique Collin.
Produit avec un budget de 85 000 $, ce premier long métrage de Pierre Goupil raconte les déboires de Jean-Pierre, un jeune réalisateur sans fortune mais plein de convictions qui se voit dans l'impossibilité de produire son film. Ne vivant que pour le cinéma, il est vite entraîné dans la déprime. La première de « Celui qui voit les heures » a lieu dans le cadre du Festival international du nouveau cinéma et de la vidéo de Montréal.
Le 15 octobre 1986 Publication des mémoires de l'ex-premier ministre René Lévesque
L'ex-premier ministre du Québec, René Lévesque, publie ses mémoires intitulés « Attendez que je me rappelle... » chez Québec-Amérique.
Dès la parution du livre, 80 000 exemplaires sont vendus. En tout, près de 250 000 exemplaires de « Attendez que je me rappelle... » trouveront preneurs, un remarquable succès d'édition pour le Québec. Dans ce livre, Lévesque retrace les grandes étapes de sa carrière, de son travail comme correspondant de guerre en Europe à son accession au pouvoir avec le Parti québécois, en passant par son entrée en politique avec les Libéraux de Jean Lesage. Lévesque décédera l'année suivante.
Le 21 octobre 1988 Sortie du film « Les tisserands du pouvoir »
Ce long métrage de fiction en couleur est réalisé par Claude Fournier, et produit par Claude Héroux. Parmi ses interprètes, on retrouve entre autres Gratien Gélinas, Michel Forget, Juliette Huot et Francis Reddy.
Cette ambitieuse coproduction franco-canadienne d'environ 7 millions de dollars raconte l'histoire de Québécois qui, au début du siècle, ont quitté leur patrie pour s'établir en Nouvelle-Angleterre. Le récit commence avec les revendications d'un vieil homme exaspéré (Gratien Gélinas) qui réclame des programmes en langue française à la télévision et qui remonte le fil de sa vie. Le film « Les tisserands du pouvoir » sera présenté en salle en deux parties alors qu'une version adaptée pour la télévision sera diffusée sur les petits écrans par la suite.
Le 2 octobre 1989 Première présentation du téléroman « Un signe de feu »
Nathalie Gascon et Gilbert Sicotte du téléroman « Un signe de feu »Dans le téléroman « Un signe de feu », Lise Payette et Sylvie Payette racontent la suite des intrigues amoureuses, amicales et professionnelles des personnages des séries « Des dames de cœur » et « La bonne aventure ».
De 1989 à 1991, Radio-Canada présente 56 épisodes de la série « Un signe de feu ». Ce téléroman réalisé par Raymonde Crête, Jean-Yves Laforce, Lucile Leduc, Royal Marcoux et Maude Martin met notamment en vedette Andrée Boucher, Nathalie Gascon, Luce Guilbeault, Michelle Rossignol, Louise Rémy et Gilbert Sicotte.
Source : Jean-Yves Croteau, Répertoire des séries, feuilletons et téléromans québécois, Québec, Les publications du Québec, 1993, p.370-371.
Le 18 octobre 1989 Première présentation du téléroman « L'or et le papier »
Marie Tifo, Yvan Ponton et Raymond Bouchard du téléroman « L'or et le papier »Le téléroman « L'or et le papier » met en vedette une famille, les Laflamme, dont le père, ambitieux, néglige les siens au profit de son entreprise: Les Papiers La Source.
En 1988-89, Radio-Canada présente 26 épisodes de la série « L'or et le papier ». Ce téléroman, qui est une co-production entre la France et le Québec, est réalisé par Jean Beaudin et Nino Monti. Il met notamment en vedette Raymond Bouchard, Louise Turcot, Marina Orsini, Fanny Lauzier, Marc-André Coallier et Jean-François Garreaud.
Source : Jean-Yves Croteau, Répertoire des séries, feuilletons et téléromans québécois, Québec, Les publications du Québec, 1993, p.270.
Le 26 octobre 1989 Parution d'un livre de Pierre Elliott Trudeau sur l'accord du lac Meech
À l'occasion du lancement d'un livre résumant les opinions de l'ex-premier ministre Pierre Elliott Trudeau sur la question constitutionnelle, celui-ci est entouré de nombreux amis et anciens collègues libéraux. Fidèle aux propos qu'il a tenus dans le passé, Trudeau soutient que la signature de l'accord du lac Meech entraînera la dislocation du Canada parce qu'il dilue trop les pouvoirs du gouvernement central.
Dans le livre « Lac Meech: Trudeau parle », Pierre Elliott Trudeau écrit notamment: « le Québec n'atteindra jamais la véritable grandeur tant que ses classes politiques seront truffées de nationalistes pleurnichards et maîtres-chanteurs. » Questionné par la presse, l'ex-premier ministre tire à boulets rouges sur les nationalistes québécois qu'il qualifie de « mauvais perdants ». Il réserve également de nombreuses pointes au premier ministre québécois Robert Bourassa ainsi qu'à plusieurs autres défenseurs de l'accord du lac Meech. En mars 1990, quelques mois avant l'échéance prévue pour la ratification de Meech par les législatures provinciales, Trudeau reviendra à la charge, déclarant: « Si (les Canadiens) disent oui à Meech, ils savent qu'ils vont essuyer d'autres demandes du Québec (...) Quiconque doit agir une fois sous une menace de chantage devra toujours agir sous la même menace ».
Source : La Presse, 27 octobre 1989, p.A1.(citation extraite de) Don Gilmour, Achille Michaud, Pierre Turgeon, Le Canada: une histoire populaire de la Confédération à nos jours, Saint-Laurent, Fides, 2001, p.316.
Le 29 octobre 1989 Première du film « Le royaume ou l'asile »
Ce long-métrage de fiction en couleur est réalisé par Jean et Serge Gagné et produit par Serge Gagné et Pierre Duceppe. Parmi les interprètes, on retrouve Roger Léger, Lou Babin et Geneviève Rioux.
En 1988, Johnny, cinéaste rebelle, prend des vacances pour terminer un film sur Carol B., un ami motard.
Source : Michel Coulombe et Marcel Jean, Le dictionnaire du cinéma québécois, Montréal, Boréal, 1988, 530 pages.
Le 2 octobre 1990 Première du documentaire « Au chic resto pop »
Ce documentaire en couleur de l'Office national du film (ONF) est réalisé par Tahani Rached et produit par Éric Michel.
Premier restaurant communautaire à voir le jour dans la grande région de Montréal, Le Chic Resto Pop est l'un des instigateurs de la récupération alimentaire dans la région. Il a été lancé par cinq bénéficiaires de l'aide sociale qui désiraient créer leur propre emploi. Chronique documentaire sur le quotidien de cet organisme communautaire qui offre des repas à bas prix, « Au chic resto pop » met en vedette les gens du quartier qui y travaillent et qui se dévoilent par le biais de l'humour et de la musique. Aidés de Cassonade (Steve Faulkner), ils ont composé des chansons sur des airs de rock, de blues, de western ou de simple ballade, où ils disent leur vérité.
Le 2 octobre 1990 Triomphe du Cirque du Soleil à Paris
Le Cirque du Soleil est acclamé à Paris devant 1 500 spectateurs réunis au Cirque d'hiver de la famille Bouglione, où il présente son spectacle « Cirque Réinventé »
La troupe du Cirque du Soleil présente un spectacle avec clowns, chevaux, acrobates et la plupart des éléments traditionnellement associés au cirque. Selon les critiques, la qualité de ses enchaînements charme les auditoires. Le Cirque du Soleil profite également d'une campagne de presse bien orchestrée. Plusieurs célébrités françaises (Mireille Darc, Vanessa Paradis, Annie Girardot, etc.) se déplacent d'ailleurs pour assister aux représentations. Pendant son séjour en France, la troupe québécoise fait notamment une apparition télévisée très remarquée. Des projets de tournée européenne sont aussi envisagés à moyen terme.
Source : La Presse, 3 octobre 1990, p.E7, 25 octobre 1990, p.E4.
Le 18 octobre 1990 Première présentation de la série télévisée « Les filles de Caleb »
Marina Orsini et Roy Dupuis du téléroman « Les filles de Caleb »Dans la série télévisée « Les filles de Caleb », Fernand Dansereau raconte la vie amoureuse d'une institutrice de rang, Émilie Bordeleau, avec Ovila Pronovost, un aventurier qui aime les grands espaces.
En 1990-91, Radio-Canada présente les 20 épisodes de la série « Les filles de Caleb ». Ce téléroman réalisé par Jean Beaudin met notamment en vedette Marina Orsini et Roy Dupuis. Un des plus grands succès de l'histoire de la télévision québécoise, « Les filles de Caleb » obtiendra des cotes d'écoute spectaculaires de plus de 3 millions de téléspectateurs.
Source : Jean-Yves Croteau, Répertoire des séries, feuilletons et téléromans québécois, Québec, Les Publications du Québec, 1993, p.155-156.
Le 21 octobre 1990 Obtention du Félix du spectacle de l'année par André Gagnon
André Gagnon obtient le Félix du spectacle de l'année pour « Nelligan » au Gala de l'Association de l'industrie du disque et du spectacle québécois (ADISQ).
L'opéra romantique « Nelligan » est présenté à la Place des Arts en mars 1990. Sur un livret de Michel Tremblay et une musique de André Gagnon, il permet aux spectateurs de mieux connaître l'œuvre et la vie d'un des plus grands poètes québécois, Émile Nelligan.
Source : http://www.adisq.com/adisq2000/artistes/construction/construction.html#P La Presse, 22 octobre 1990, p.A1.
Le 29 octobre 1990 Première du documentaire « Remous »
Ce documentaire en couleur de l'Office national du film (ONF) est réalisé par Sylvie Van Brabant et produit par Raymond Gauthier.
« Remous » est un long métrage sur le thème de la guérison individuelle et collective chez les femmes. Par leurs témoignages, quatre femmes frappées dans leur cœur comme dans leur corps, abordent tout haut ce qui ne se dit encore que tout bas et établissent un lien entre les cancers qui rongent la terre et ceux qui s'attaquent au corps de la femme.
Le 13 octobre 1991 Obtention de trois Félix pour Marjo au gala de l'Association de l'industrie du disque et du spectacle québécois
Marjo (Marjolène Morin) en 1991Au gala de l'Association de l'industrie du disque et du spectacle québécois (ADISQ), la chanteuse Marjo (Marjolène Morin) reçoit les trophées Félix pour la chanson populaire de l'année, avec « Je sais je sais », ainsi que pour l'album et le spectacle de l'année, catégorie rock, intitulés « Tant qu'il y aura des enfants ».
Auteure, compositrice et interprète au sein du groupe Corbeau de 1977 à 1984, Marjo débute sa carrière solo en 1985 avec l'album « Bohémienne ». Son succès est immédiat et son public s'élargit rapidement. C'est cependant avec la sortie de l'album « Tant qu'il y aura des enfants » qu'elle accède au rang des plus grandes vedettes québécoises. Parmi les succès de Marjo, soulignons « Chats sauvages », « Tant qu'il y aura des enfants », « Provocante » et « Y'a des matins ».
Source : La Presse, 15 octobre 1991, p.A16. Robert Thérien, Isabelle D'Amours, Dictionnaire de la musique populaire au Québec 1955-1992, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1992, 580 pages.
Le 13 octobre 1991 Obtention du Félix du groupe de l'année par le groupe Vilain Pingouin
Groupe Vilain PingouinLe groupe rock Vilain Pingouin obtient le titre de Groupe de l'année au Gala de l'Association de l'industrie du disque et du spectacle québécois (ADISQ) grâce au succès de son premier album intitulé « Vilain Pingouin ».
Le rock cru, rugueux et « authentique » de Vilain Pingouin est précurseur de la vague des groupes rock québécois qui naissent au début des années 90. Le premier album éponyme remporte un grand succès et le groupe reçoit en 1991 le Félix du groupe de l'année à l'ADISQ. À l'automne 1992, Vilain Pingouin sort son deuxième album « Roche et roule », plus rock' roll que jamais, et remporte le Félix de l'album rock de l'année. Par la suite, l'album est lancé en France sur étiquette Boucherie Productions et continue d'accumuler les succès au Québec ou il est certifié or (vente de plus de 50 000 exemplaires). En avril 1998, après quatre ans d'absence, Vilain Pingouin présentera son nouvel album « Y'é quelle heure ». Parmi les succès du groupe, notons « P'tite vie, p'tite misère », « Salut Salaud » et « Le train ».
Source : http://www.adisq.com/adisq2000/artistes/construction/construction.html La Presse, 15 octobre 1991, p.A16.
Le 18 octobre 1992 Obtention du Félix du spectacle de l'année par Dan Bigras
Le spectacle « Tue-moi » permet à Dan Bigras de remporter le Félix du spectacle de l'année, catégorie rock, au gala de l'Association de l'industrie du disque et du spectacle québécois (ADISQ).
Dès 1984, Gerry Boulet encourage Dan Bigras à exploiter ses talents de chanteur et de musicien. Il le présente à Gilbert Langevin et Marc Desjardins qui lui écrivent des textes. En 1989, Bigras joue en première partie d'Offenbach. Puis, il lance son premier album, « Ange animal », en 1990. Son album « Tue-moi » lui permettra par la suite d'atteindre un très haut niveau de popularité. Dan Bigras sera en nomination pour plusieurs titres et recevra le Félix du spectacle de l'année, catégorie rock, au gala de l'ADISQ. Ses deux autres albums, « Le Fou du diable » (1996) et « Le Chien » (1998), connaîtront beaucoup de succès, notamment avec les chansons « Les trois petits cochons », «Y'a plus d'anges dans le ciel » et « Tue-moi ».
Source : La Presse, 19 octobre 1992, p.A1. http://www.adisq.com/adisq2000/artistes/bigras_dan/bigras_dan.html
Le 18 octobre 1992 Obtention du Félix de l'interprète masculin de l'année par Richard Séguin
Richard Séguin, chanteurRichard Séguin reçoit le trophée Félix de l'interprète masculin de l'année au gala de l'Association de l'industrie du disque et du spectacle québécois (ADISQ). Il répétera l'exploit en 1993.
Après avoir connu un immense succès avec sa sœur Marie-Claire au cours des années 70 et 80, Richard Séguin fait cavalier seul et réussit à se tailler une place appréciable sur la scène québécoise. En 1991, la sortie de son album « Aux portes du matin » le hisse vers les sommets du palmarès québécois, ce qui lui vaut le titre d'interprète de l'année au gala de l'ADISQ ainsi que trois autres Félix. Cette marque d'estime amènera Séguin à déclarer: « Être reconnus par nos pairs a quelque chose de valorisant, être reconnus par le public a quelque chose de stimulant. Maintenant, je reprends la route ». Parmi les succès de Richard Séguin, soulignons « Ici comme ailleurs », « Journée d'Amérique » et « Aux portes du matin ».
Source : La Presse, 19 octobre 1992, p.A1, 29 octobre 1992, p.D12. http://www.adisq.com/adisq2000/artistes/construction/construction.html#P
Le 16 octobre 1993 Première présentation de l'émission « La Petite vie », écrite par Claude Meunier
Distribution de « La Petite vie »Radio-Canada présente la première émission de « La Petite vie », une chronique caricaturée des tribulations d'une famille québécoise. « La Petite vie » deviendra un énorme succès, non seulement au Québec, mais également en France et dans plusieurs pays de langue française.
Une création de Claude Meunier, « La Petite Vie » reprend et élargit une série de sketches réalisés au cours des années 80 dans le cadre des « Lundi des Ha! Ha! ». Cette émission qui débute un samedi soir, juste avant la « Soirée du hockey », fracasse tous les records d'écoute de la télévision francophone avec plus de trois millions de téléspectateurs à chaque semaine. Cette notoriété fait de Popa (Claude Meunier) et Moman (Serge Thériault) deux des personnages les plus connus de toute l'histoire de la télévision québécoise. Parmi les nombreux comédiens qui collaborent à l'émission, soulignons les noms de Diane Lavallée, Marc Labrèche, Guylaine Tremblay, Josée Deschênes et Marc Messier.
Source : http://radio-canada.ca/60ans, 15 mars 2001 La Presse, 9 octobre 1993, p.E1.
Le 16 octobre 1994 Obtention du Félix de l'album de l'année par Marie-Denise Pelletier
Lors de la remise des prix du gala de l'Association de l'industrie du disque et du spectacle québécois (ADISQ), Marie-Denise Pelletier reçoit le Félix de l'album de l'année, dans la catégorie chanson populaire, pour son album « Entre la tête et le cœur ».
Avec sa voix unique, Marie-Denise Pelletier exploite tous les styles musicaux, de la ballade au jazz en passant par le chant classique. Parmi les chansons popularisées par Marie-Denise Pelletier, soulignons: « Pour une histoire d'un soir », « Inventer la terre » et « Tous les cris les S.O.S ».
Source : http://www.adisq.com/adisq2000/artistes/construction/construction.html#P La Presse, 17 octobre 1994, p.A10.
Le 9 octobre 1996 Publication de la biographie « Gabrielle Roy, une vie » de François Ricard
Écrite par François Ricard, la biographie « Gabrielle Roy, une vie » gagne le prix Jean-Éthier Blais de critique littéraire, en 1997, le prix Drainie-Taylor, en 1999, et le prix Maxime-Raymond, la même année.
Dans ce volumineux ouvrage de plus de 600 pages, François Ricard retrace la carrière de Gabrielle Roy, figure majeure de la littérature québécoise. Cette biographie décrit le parcours de cette écrivaine originaire du Manitoba, s'attardant aux moments marquants de sa vie privée, au contenu de ses œuvres ainsi qu'à l'accueil qu'en a fait la critique.
Le 29 octobre 1996 Obtention du Félix de l'année dans la catégorie musique du monde par l'ensemble Quartango
Ensemble musical QuartangoL'ensemble Quartango remporte le Félix de l'artiste de l'année dans la catégorie Musiques du monde au gala de l'Association de l'industrie du disque et du spectacle québécois (ADISQ). Il s'agit d'une victoire ex aqueo avec le groupe Raoul.
Composé de Stéphane Allard au violon, René Gosselin à la contrebasse, Richard Hunt au piano et aux arrangements, ainsi que Denis Plante au bandonéon, l'ensemble Quartango présente des pièces musicales arrangées à la manière argentine. Quartango porte le tango vers de nouveaux sommets grâce à des arrangements soignés, un jeu élégant, une bose dose d'humour et des allusions à la musique classique qui sont aussi subtiles qu'inattendues. La discographie de Quartango comprend les titre suivants: « Compadres » (1997) et « Espresso » (1995).
Source : http://www.adisq.com/adisq2000/artistes/construction/construction.html La Presse, 30 octobre 1996, p.E1.
Le 21 octobre 1997 Obtention du Félix de l'album de l'année par Daniel Lavoie
Le disque « Bébé dragon » mérite à Daniel Lavoie le Félix de l'album de l'année, catégorie enfant, au gala de l'Association de l'industrie du disque et du spectacle québécois (ADISQ).
Artiste franco-manitobain, Daniel Lavoie a plus de 12 albums à son actif. En 1996, il donne une nouvelle expression de son talent avec le lancement de l'album « Bébé Dragon », destiné aux enfants. Lavoie poursuit sa carrière au Québec et en Europe, participant notamment au spectacle musical « Notre-Dame de Paris », de Luc Plamondon et Richard Cocciante, qui connaît un succès énorme sur les deux continents. Il poursuit d'ailleurs son engagement dans la troupe alors qu'une distribution se rend à Londres à l'hiver 2000. Rappelons que Daniel Lavoie avait reçu deux fois le trophée Félix de l'interprète masculin de l'année, en 1980 et 1981, au gala de l'ADISQ. Parmi ses succès, soulignons « Ils s'aiment », « J'ai quitté mon île », « Je voudrais voir New-York » et « Tension, attention ».
Source : La Presse, 22 octobre 1997, p.E1. http://www.adisq.com/adisq2000/artistes/construction/construction.html#P
Le 26 octobre 1997 Obtention du Félix de l'interprète de l'année par Bruno Pelletier
Bruno Pelletier obtient le Félix de l'interprète de l'année au gala de l'Association de l'industrie du disque et du spectacle québécois (ADISQ). Par la suite, il accumulera les prix et les distinctions, remportant une fois de plus, en 1999, le Félix de l'interprète de l'année.
Passionné de musique dès son adolescence, Bruno Pelletier, autodidacte par excellence, devient très vite compositeur tout en jouant de plusieurs instruments. En novembre 1992, le destin lui sourit lorsqu'il se joint à l'équipe de Luc Plamondon et Michel Berger pour l'opéra rock « La Légende de Jimmy ». Il y tient un des rôles principaux aux côtés de Nanette Workman. Favori du public, Pelletier devient également l'un des interprètes fétiches de Plamondon puisqu'il décrochera un des rôles principaux dans l'opéra rock « Starmania » (1992), puis dans « Notre-Dame-de-Paris » (1998). À travers ces grandes productions, il se fera connaître partout en Europe. À l'automne 1997, la carrière de Bruno Pelletier explose avec la sortie de son troisième album, « Miserere ». Il dépassera les 200 000 copies vendues et se méritera le Félix de l'Interprète masculin de l'année au gala de l'ADISQ. Entre janvier et août 1998, Pelletier présentera au Québec sa série de spectacles « Miserere », au cours de laquelle il donnera plus de 100 représentations avant de s'envoler par la suite vers le Palais des Congrès de Paris, où il tiendra le rôle de Gringoire dans la production musicale de Luc Plamondon et Richard Cocciante: « Notre-Dame de Paris ».
Source : La Presse, 27 octobre 1997, p.C9. http://www.adisq.com/adisq2000/artistes/construction/construction.html
Le 127 octobre 1997 Triomphe de la chanteuse Céline Dion au gala de l'Association de l'industrie du disque et du spectacle québécois
Chanteuse québécoise de renommée internationale, Céline Dion remporte cinq Félix au gala annuel de l'Association de l'industrie du disque et du spectacle québécois (ADISQ).
Un des ces honneurs est le prix le plus prestigieux du gala: le titre de la meilleure interprète féminine de l'année qui est décerné par le public. Céline Dion a connu une année mémorable avec le succès de son album « Falling into you » qui s'est vendu à plusieurs millions d'exemplaires à travers le monde et de « Live à Paris » qui lui vaut le prix de l'album de l'année.
Le 27 octobre 1997 Obtention du Félix du spectacle de l'année par Luce Dufault
Luce Dufault reçoit le Félix du spectacle de l'année, dans la catégorie interprète, au gala de l'Association de l'industrie du disque et du spectacle québécois (ADISQ).
Depuis ses débuts, Luce Dufault a su conquérir bien des cœurs, tant avec son interprétation de la chanson « Quand les hommes vivront d'amour » de Raymond Lévesque, qu'avec ses participations remarquées dans les opéras-rock « La légende de Jimmy » et « Starmania ». Son premier album éponyme rejoint le cap des 170 000 albums vendus et, en 1997, elle remporte le Félix du spectacle de l'année dans la catégorie interprète. Parmi ses succès, soulignons « Des milliards de choses ».
Source : La Presse, 27 octobre 1997, p.A1. http://www.adisq.com/adisq2000/artistes/construction/construction.html#P
Le 24 octobre 1998 Première montréalaise du film « Le violon rouge »
Ce long-métrage de fiction en couleur est réalisé par François Girard et produit par Niv Fichman. Parmi les interprètes, on retrouve Samuel L. Jackson, Carlo Cecchi et Irène Grazioli. Après un passage à Venise et Toronto, il est présenté pour la première fois dans le cadre du Festival international du nouveau cinéma.
Nicolo Bussotti, maître luthier de Crémone, termine en 1681 son dernier instrument, un violon vernis du sang de sa jeune femme morte en couches. L'âme et le destin d'Anna Bussotti habiteront désormais le Violon Rouge. En raison de sa sonorité exceptionnelle, l'instrument devient l'objet de convoitises lors de sa traversée des siècles et des continents. Le film tourné en cinq langues nous fait voyager de l'Italie à l'Autriche, à l'Angleterre, à la Chine de la Révolution Culturelle de Mao et à Montréal, lieu du fil conducteur du film. « Le Violon rouge » (version française de « The Red Violin ») récoltera de nombreux prix, notamment huit prix Génie et neuf prix Jutra.
Source : La Presse, 10 octobre 1998, p.C8, 24 octobre 1998, p.C1. Michel Coulombe et Marcel Jean, Le dictionnaire du cinéma québécois, Montréal, Boréal, 1999, p.271.
Le 31 octobre 1999 Obtention du Félix de l'album de l'année par Kevin Parent
Album « Grand parleur petit faiseur »Au gala de l'Association de l'industrie du disque et du spectacle québécois (ADISQ), Kevin Parent obtient le trophée Félix de l'album de l'année, catégorie Pop-Rock, pour son album « Grand parleur petit faiseur ». L'année précédente, Parent avait reçu le Félix de l'interprète masculin de l'année.
Originaire de la Gaspésie, Kevin Parent reçoit en 1993 le premier prix du concours Le Pouvoir de la chanson avec sa chanson « Nomade sédentaire ». La sortie de son album « Pigeon d'argile », en 1995, marque un tournant décisif dans la carrière du jeune chanteur de 23 ans qui puise son inspiration auprès des plus grands noms du blues, du folk et du rock. Parmi les succès de Kevin Parent, soulignons « Fréquenter l'oubli », « Maudite Jalousie » et « Seigneur ».
Source : La Presse, 1er novembre 1999, p.C7. http://www.adisq.com/adisq2000/artistes/construction/construction.html#P
Le 1er octobre 2003 Lancement de l'album « 1 fille et 4 types » de Céline Dion
Pochette du disque de Céline Dion « 1 fille et 4 types »Pour le lancement de son nouvel album, « 1 fille et 4 types », la chanteuse Céline Dion est entourée de plusieurs artistes dont Garou, Roch Voisine et Henri Salvador.
Les « quatre types » qui ont contribué à l'album sont Erick Benji, Jacques Veneruso, Gildas Arezel et Jean-Jacques Goldman. Goldman est le producteur de l'album, reprenant une association avec Céline Dion qui avait été à l'origine de « D'eux », le disque francophone le plus vendu de l'histoire. Le lancement de « 1 fille et 4 types » a lieu à Las Vegas, là où Céline Dion se produit en spectacle et là où l'album a été enregistré au cours du mois de mai. Un spécial télévisé permettra au public d'entendre les nouvelles chansons avant que « 1 fille et 4 types » ne soit disponible pour le public québécois à partir du 14 octobre.
Source : La Presse, 2 octobre 2003, p.C2-C3; 4 octobre 2003, p.D3; 11 octobre 2003, arts et spectacles, p.2.
Le 22 octobre 2011 Première du film « Monsieur Lazhar »
La première du film « Monsieur Lazhar » a lieu au Cinéma Impérial de Montréal, en guise de cérémonie de clôture du 40e Festival du nouveau cinéma.
C'est un hommage aux professeurs qu'a voulu rendre le réalisateur Philippe Falardeau, 43 ans, avec ce film socialement engagé. L'histoire est celle de la rencontre entre un immigrant algérien, Bashir Lazhar, et les élèves d'une classe de sixième année. M. Lazhar devient leur remplaçant après le suicide de leur institutrice. Ce long-métrage est une adaptation cinématographique de la pièce de théâtre Bashir Lazar, d'Evelyne de la Chenelière. En septembre 2011, le film remportait le prix du meilleur film canadien au Festival international de Toronto, en plus d'être désigné pour représenter le Canada dans la course aux Oscars, catégorie du meilleur film étranger. Il s'agit d'un quatrième long-métrage pour le réalisateur québécois Philippe Falardeau. Son premier remonte en 2000, avec la sortie de La moitié gauche du frigo, une critique cinématographique du capitalisme. Le film « Monsieur Lazhar » aborde quant à lui les thèmes de l'immigration, de l'enfance et de l'éducation. « Enseigner, c'est aussi éduquer », souligne le jeune réalisateur.
Source : http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/arts-et-spectacles/cinema/201110/21/01-4459680-philippe-falardeau-a-du-faire-ses-classes-pour-realiser-monsieur-lazhar.php; http://www.ledevoir.com/culture/cinema/331695/festival-du-film-de-toronto-monsieur-lazhar-remporte-le-prix-du-meilleur-film-canadien; La Presse, 24 octobre 2011, p.ARTS ET SPECTACLE2.
Le 4 octobre 2019 Lancement de l’album « Les Antipodes » des Cowboys Fringants
Un texte original du Bilan Québec rédigé par Mélyann Guévremont, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Les Cowboys Fringants lancent « Les Antipodes », une semaine après le dévoilement de leur nouvelle chanson « L’Amérique pleure », la première figurant sur l’album. Avec ce dixième album en carrière, les Cowboys Fringants offrent à leur public dix morceaux variés qui se veulent un reflet de la société actuelle, polarisée et anxieuse, où se côtoient les hauts et les bas des émotions humaines.
Les Cowboys Fringants font paraitre leur premier album en 1997. C’est toutefois leur troisième album, « Break syndical », lancé en 2002 qui les fait connaitre à un large public et marque le début de leur grand succès. Tant leurs chansons engagées à saveur de critiques sociales que celles mettant en scène des personnages aux traits familiers font d’eux l’un des groupes rock et folk chouchou des Québécois. Le groupe est aussi très aimé par le public francophone européen devant qui il remplit fréquemment les salles de plusieurs milliers de personnes. Leur plus récent album ne fait pas exception à ce succès populaire. Selon Jean-François Pauzé, guitariste du groupe et auteur de tous les textes de l’album, et Karl Tremblay, chanteur charismatique du groupe, « L’Amérique pleure » reçoit un engouement tout particulier à la radio et pendant leur spectacle. « Les Antipodes » est le quatrième album québécois le plus vendu en 2019 et les chansons y figurant cumulent des dizaines de millions d’écoutes sur la plateforme d’écoute en continu Spotify. Au gala de l’ADISQ en 2020, les Cowboys Fringants gagnent cinq prix Félix. En plus d’être nommé groupe de l’année, leur dernier album est sacré « album de l’année » et « album rock de l’année », alors que la chanson « L’Amérique pleure » récole la distinction de « chanson de l’année » et son vidéoclip celle de « vidéoclip de l’année ». Les Cowboys Fringants lanceront leur album « Les nuits de Repentigny » en mars 2021, puis « Pub Royal » en avril 2024. Ce sera le dernier album où l’on entendra la voix de Karl Tremblay qui est décédé d’un cancer de la prostate moins d’un an plus tôt.
Source :
Les Cowboys Fringants, URL https://www.cowboysfringants.com/biographie/
La Presse, 4 octobre 2019, URL https://www.lapresse.ca/arts/musique/2019-10-04/les-cowboys-fringants-toujours-en-selle
Le Journal de Montréal, 21 décembre 2019, URL https://www.journaldemontreal.com/2019/12/21/lincroyable-succes-de-lamerique-pleure
Québec certifié, 16 août 2020, URL https://quebeccertifie.art.blog/2020/08/16/les-20-albums-quebecois-les-plus-vendus-en-2019/ , consulté le 15 juin 2025
«…Les Cowboys Fringants sont des observateurs implacables de la société, des antennes sensibles dressées dans la nuit nord-américaine. […] « L’Amérique pleure », des Cowboys Fringants, qui figure sur l’album Les antipodes, sidère par sa justesse, sa prémonition, son actualité. Elle a d’ailleurs remporté les honneurs au dernier Gala de l’ADISQ, étant sacrée chanson de l’année. Tout est remarquable dans ce texte de Jean-François Pauzé, dans cette musique, dans la voix de Karl Tremblay. […] La musique est accrocheuse, un country-folk assumé, à peine teinté de mélancolie. C’est un air fait pour rouler, pour danser. Lorsque le monde fonce dans un mur, il faut bien faire passer le mal. À la première écoute, c’était un ver d’oreille. Un an plus tard, la pièce nous bouleverse. Le rêve de l’Amérique s’est évanoui. Tout est gris, avec des poches de bruit et de fureur qui lézardent violemment le ciel. »
Marie-France Bazzo, « L’Amérique pleure », L’actualité, 2 décembre 2020.
« Il y a, sur ce 10e album en quelque 20 ans, tout ce que l’on adore et abhorre des Cowboys Fringants. Commençons par le pot : la prévisibilité des thèmes — engagement propre et poli (efficace L’Amérique pleure, D’une tristesse, Les maisons toutes pareilles), personnages atypiques détricotés (Suzie Prudhomme, Johnny Pou), chansons à boire (Mononc’ André, La traversée…) — et de la structure — montagnes russes d’hymnes festifs et de ballades mielleuses — fera des Antipodes un album plutôt anonyme dans la discographie du quatuor de Repentigny. Sans compter les rimes que l’on devine à des milles à la ronde et quelques « oh oh oh » et « yeah » qui passent de travers. Déposons ensuite les fleurs : les Cowboys n’ont rien perdu de leur flair pour ficeler des rengaines rassembleuses, portées par la voix charismatique de Karl Tremblay. […] Entre ces deux pôles, un album plutôt moyen. »
Charles-Éric Blais-Poulin, « Les Cowboys Fringants : comme une odeur de recette », La Presse, 7 octobre 2019
Le 19 octobre 2018 Lancement de l’album « À jamais » de Ginette Reno
Un texte original du Bilan Québec rédigé par un, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Sept ans après le lancement de l’album « La musique en moi », la chanteuse Ginette Reno propose au public « À jamais ». Comme ce fut le cas à plusieurs reprises dans le passé, l’artiste de 72 atteint le sommet des palmarès, une reconnaissance du public à laquelle s’ajoutera celle de l’industrie lors du gala de l’Adisq en 2019.
Dès les années 1960, Ginette Reno s’impose comme une valeur sûre de la musique québécoise. Elle cumule les succès et ses nombreux albums se vendent à des centaines de milliers d’exemplaires. Sa voix puissante et émouvante contribue à la distinguer. Elle séduit également le public avec sa personnalité chaleureuse et sa candeur. On peut la voir sur scène fréquemment, mais aussi à la télévision et au cinéma. « Fais-moi la tendresse », en 2009, puis « La musique en moi », en 2011, confirment que sa popularité perdure. « La musique en moi » est d’ailleurs le meilleur vendeur au Québec. Il faut attendre 2018 avant que Ginette Reno n’enregistre un nouvel album. Il s’agit de « À jamais », lancé officiellement le 19 octobre 2018. Il comprend 13 pièces, dont deux ont été écrites par son interprète. Le caractère introspectif de certaines chansons fait dire à Reno que « C’est mon testament! ». Plusieurs titres assurent le succès de « À jamais » qui atteint la tête du palmarès québécois pendant 8 semaines, et même le plus haut total de ventes au Canada. Il sera certifié platine, soit plus de 80 000 copies, en 2019. Une tournée est prévue la même année pour la diva qui voit son travail récompensé en octobre 2019, lors de la remise des Félix de l’Association québécoise de l’industrie du disque, du spectacle et de la vidéo (Adisq). Elle reçoit alors le prix de l’album de l’année, adulte contemporain.
Source : https://disqu-o-quebec.com/Disques/CD/Q-R/reno_ginette_%C3%A0_jamais_2018.html; https://www.tvanouvelles.ca/2018/10/18/le-retour-sur-disque-de-ginette-reno; https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1130601/ginette-reno-nouvel-album-rick-allison-lynda-lemay-grand-corps-malade; Le Devoir, 19 octobre 2018, p. B4, La Tribune, 26 octobre 2018; Le Nouvelliste, 30 octobre 2018.
«...Des treize titres de l’album (" c’est mon chiffre chanceux "), au moins treize sont marquants (certains le sont doublement). Ici un duo avec Lynda Lemay, là un texte de Grand Corps Malade intitulé Un être humain. Le choix des textes est essentiel : Ginette en souligne les lignes fortes, justifie le propos comme si elle justifiait sa vie. Pas seulement sa vie d’artiste. " Ginette Raynault chante aussi, y a pas juste la Reno, là-dedans. " Il y a aussi " la grosse " : littéralement, une chanson intitulée La grosse. " Je me suis toujours demandé jusqu’à quel point une chanteuse pouvait se dévoiler ou chanter ce qu’elle vit ", écrit-elle dans le texte qui jouxte les paroles de la chanson. " J’avais cette envie folle d’une chanson qui s’appellerait La grosse ! Je voulais même que mon album s’appelle La grosse ! " Avoir pu, elle aurait été encore plus loin, lance-t-elle, contente de son idée : " Je voulais avoir un billboard pour annoncer l’album qui dirait "La grosse s’en vient en ville". " Rires un peu gênés. Il y a toujours des moments, dans chaque rencontre avec Ginette, où elle va où personne n’oserait aller. »
Sylvain Cormier, « Avec des croissants de soleil », Le Devoir, 19 octobre 2018, p. B4.
«...Sur Je pars, une chanson d’affirmation, c’est avec enthousiasme qu’elle a lancé de vigoureux « Baby! » correspondant à un moment fort de cette composition signée Rick Allison. L’amour, toujours, colore un autre titre auquel on la sent très attachée : La maison est grande. « Ils disent que la plus grande désintox, c’est la rupture, le deuil », commente l’auteure du texte mis en musique par Romano Musumarra. Le temps qui passe représente l’une des trames de fond de l’album À jamais. On a parlé d’un testament, en effet, de l’ultime message adressé aux fans, ce qui ne signifie pas que Ginette Reno a baissé les bras. C’est juste qu’à ce stade de sa vie, après avoir travaillé fort pour atteindre une forme de sérénité, elle aborde les enjeux du moment visière levée, sans céder au charme équivoque des mirages. « C’est un combat contre le temps qui passe. Tu vois, je suis encore ici pour vendre ce que je sais faire le mieux : chanter. J’ai encore le feu sacré », assure la chanteuse après avoir laissé filer quelques notes de L’amour à défendre. »
Daniel Côté, « Ginette Reno, à sa manière », La Tribune, 26 octobre 2018.
«...La chanteuse s’émeut rien qu’à évoquer certaines pièces comme Je pars, La maison est grande ou L’arbre de vie sa petite toune au Bon Dieu, comme elle le dit. Les larmes lui viennent aux yeux en évoquant le duo formé avec Lynda Lemay pour On en est là, chanson de la rencontre d’une femme avec la jeune maîtresse de son mari. Chaque élément de l’album semble être une intime part d’elle-même qu’elle veut offrir à un public qui lui est obstinément fidèle. « Je fêterai mes 60 ans de carrière en 2019 et le public a toujours été là pour moi. Il a vieilli avec moi et aujourd’hui, je vois des jeunes qui me suivent aussi. Cet album-là, je l’ai fait parce que j’avais des états d’âme à exprimer. Je l’ai fait pour moi, mais on ne se le cachera pas: je l’ai fait aussi pour le public. » Cette inoxydable affection tient sans doute à la générosité de l’artiste qui s’offre toute entière à chaque enregistrement. Sans se demander si ça peut déranger. Certaines pourraient être contrariés par la cruelle impudeur de La grosse, dont elle a failli faire le titre de l’album, mais Ginette Reno n’aime pas plus les gants blancs que les euphémismes. Elle assume tout. »
François Houde, « Ginette Reno : aller toujours au bout de soi-même », Le Nouvelliste, 30 octobre 2018.
Le 5 octobre 2018 Lancement de l’album « Inscape » d’Alexandra Stréliski
Un texte original du Bilan Québec rédigé par un, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
La compositrice et pianiste Alexandra Stréliski lance un deuxième album, « Inscape », dans lequel sa musique reflète les états d’âme qu’elle a éprouvés au cours des dernières années. Il obtient un succès énorme, tant auprès de la critique que du public.
Après avoir étudié la musique dans des universités montréalaises, Stréliski lance en 2010 l’album « Pianoscope ». Ses pièces instrumentales séduisent un public nombreux. Certaines profitent également de la visibilité que leur procure leur présence dans les films « Dallas Buyers Club » et « Demolition » du réalisateur Jean-Marc Vallée, ainsi qu’à la cérémonie des Oscars de 2014. Stréliski se fait également connaître lors du Festival de jazz de Montréal, par des musiques accompagnant des publicités de même que la populaire série télévisée « Big Little Lies ». En 2018, elle lance un deuxième album intitulé « Inscape ». Il connaît un succès de vente et sur les plateformes numériques, avec des centaines de millions de visionnement, le mélange de musique pop et classique de la pianiste rejoignant un large auditoire. Les critiques saluent également le travail de Stréliski qui est récompensée, entre autres, par des prix Juno et Félix. Dans sa musique, celle-ci cherche à transmettre les émotions qui l’ont tenaillée au cours des dernières années, tant les moments heureux que les périodes plus troubles. Avec « Inscape », l’artiste de 33 ans poursuit sur sa lancée, effectuant des tournées dans plusieurs pays.
Source : Le Journal de Montréal, 20 octobre 2018, p. 24.; La Presse, 14 novembre 2018; https://phi.ca/fr/antenne/alexandra-streliski-deconstruit-son-nouvel-album-inscape/; https://ici.radio-canada.ca/ohdio/balados/9957/pas-juste-celine/918769/alexandra-streliski-inscape-album-piano
«...Stréliski, Montréalaise d’origine polonaise, est aussi l’une des rares artistes québécoises dont les écoutes se comptent en millions sur Spotify. Berceuse, pièce tirée de son premier opus, a même franchi le cap des 13 millions d’écoutes. Tout cela attire l’attention à l’étranger. La semaine dernière, elle faisait partie de la délégation québécoise qui a pris part au MaMA Festival, à Paris. Le Billboard, publication prestigieuse, vient pour sa part d’en faire « une des nouvelles vedettes du classique moderne ». Rien de moins [...] Âgée de 33 ans, Alexandra Stréliski a d’abord mis son talent au service de l’industrie de la pub, un travail qui lui assurait une stabilité financière. Or, l’année dernière, elle a décidé de laisser tomber ce filet de sécurité et de composer de la musique pour elle-même. Cette réorientation de carrière a amené la musicienne à sortir de sa zone de confort à plus d’un niveau. Entre autres, elle devra affronter le public sur une scène. Son lancement d’album à Montréal, la veille de notre entretien, était son «6e ou 7e concert à vie ». « C’est vraiment exigeant pour moi de jouer sur scène. Ça me prend beaucoup de concentration et d’ouverture parce que ce sont des pièces qui sont intimes. En même temps, ça fait de beaux moments parce que les spectateurs vont aussi dans leur intimité. » »
Cédric Bélanger, « Alexandra Stréliski : « Ma musique fait rêver les gens »», Le Journal de Montréal, 20 octobre 2018, p. 24.
«...Composés pour piano seul, les extraits des albums Pianoscope et Inscape ont été écoutés plus de 29 millions de fois sur les plateformes d’écoute en continu. Pendant deux semaines consécutives après sa sortie au début d’octobre, le deuxième opus d’Alexandra Stréliski a occupé la première place des ventes sur le marché québécois. Comment peut-on interpréter ce succès populaire pour le moins atypique? « Mon équipe et moi nous en étonnons encore, répond humblement la pianiste et compositrice. Il y a d’abord une connexion du coeur, j’ose croire. Je pense avoir rejoint les gens dans leurs émotions, sûrement dans leurs références musicales. Les émotions transmises par de la musique atonale, ça marcherait pas mal moins! » Aussi accessible soit-elle, la redécouverte de la musique instrumentale est un facteur important, pose la principale intéressée. D’où cette déferlante de pianistes qui se posent sur des millions de listes d’écoute - Chilly Gonzalez, Agnes Obel, Nils Frahm, Jean-Michel Blais et tant d’autres...»
Alain Brunet, « Alexandra Stréliski : l’émotion avant tout », La Presse, 14 novembre 2018.
Le 18 octobre 2017 Suspension de l’émission « En mode Salvail »
Un texte original du Bilan Québec rédigé par un.e, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Des accusations d’inconduites sexuelles contre l’animateur et producteur Éric Salvail entraînent la suspension du talk-show « En mode Salvail ». Le dévoilement de ces inconduites secoue le monde artistique, qui est également frappé à peu près au même moment par d’autres révélations à caractère sexuel touchant le producteur Gilbert Rozon.
Salvail, 48 ans, est un habitué de longue date des studios de radio et des plateaux de télévision. D’abord connu comme animateur de foules, puis comme chroniqueur, il est propulsé à l’avant-scène par « Occupation double », en 2003-2004. Il enfile ensuite les émissions – « Dieu merci! », « Fidèles au poste », « Les recettes pompettes », etc. – , tant comme animateur que producteur, et présente des Galas Juste pour rire. À partir du 18 octobre 2013, il est à la barre du talk-show « En mode Salvail ». Présenté quatre fois par semaine à 22 heures, il devient un succès de la chaîne V. Le 18 octobre 2017, après 310 émissions, V et plusieurs commanditaires mettent toutefois fin à leur association avec Salvail. La raison est le dévoilement dans La Presse de plusieurs accusations d’inconduites sexuelles impliquant celui-ci. Un cas de séquestration et de harcèlement mène même à un mandat d’arrestation. Il en sera acquitté en décembre 2020. Salvail disparait néanmoins de l’œil du public. Le monde artistique québécois est également secoué le 18 octobre lorsque neuf femmes, dont des personnalités bien connues, accusent à leur tour le producteur Gilbert Rozon de harcèlement ou d’agressions sexuelles. Celui-ci quitte alors ses fonctions à la présidence de Juste pour rire et comme commissaire aux fêtes du 375e anniversaire de la Ville de Montréal. Une action collective contre Rozon sera rejetée, mais des poursuites au civil seront entreprises. Ces controverses éclatent dans la foulée du mouvement MeToo, une série de dénonciations d’actes sexuels répréhensibles posés un peu partout dans le monde, particulièrement dans les milieux artistiques. Le cas le plus célèbre étant celui du producteur de cinéma américain Harvey Weinstein.
Source : La Presse+, 18 octobre 2017, p. 1 et 2; Le Devoir, 19 octobre 2017, p. A2; 20 octobre 2017, p. A8.; Journal de Montréal,19 octobre 2017; https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1062053/eric-salvail-suspendu-groupe-v-media-allegations-inconduite-sexuelle-radio-canada-mcdonald-metro
«...La chute dévastatrice a immédiatement suivi la diffusion d’une enquête de La Presse + révélant que onze personnes reprochaient à M. Salvail des inconduites sexuelles. Elles en auraient fait les frais ou en auraient été témoins au cours des dernières années, souvent dans un contexte de travail. Ce qu’il faut bien appeler " l’affaire Salvail " a été commenté par le maire de Montréal comme par la ministre de la Condition féminine, Hélène David. " Je pense qu’on ne sort jamais complètement indemne d’une telle crise médiatique ", commente Anne-Marie Gagné, professeure de la TELUQ, spécialiste de la gestion de crise en relations publiques. " Dans le cas d’une entreprise, si les accusations touchent le président, on change de président. On peut aussi gérer la marque d’une entreprise. Dans ce cas, la marque, c’est Éric Salvail lui-même. C’est sa réputation personnelle qui est touchée. Lui, je ne sais pas à quel point il va s’en sortir. En plus, on peut difficilement le distinguer de ses produits. Est-ce qu’on peut simplement changer l’animateur de ses émissions, dont certaines portent son nom ? " »
Stéphane Baillargeon, « Éric Salvail et la gestion d’une crise de réputation », Le Devoir, 19 octobre 2017, p. A2.
«...Le viol, les agressions sexuelles, les commentaires et gestes à caractère sexuel non désirés ne sont pas le fait d’un désir sexuel. Ce sont des gestes de domination, d’intimidation et d’abus de pouvoir. Dans une relation où le conjoint se croit le maître. [...] Le milieu du spectacle n’a pas l’exclusivité de ces comportements plus que répréhensibles. Du plancher d’usine au bureau d’avocats en passant par le resto branché, des femmes endurent des commentaires humiliants, repoussent des mains baladeuses, des avances sexuelles, quand elles ne subissent pas des agressions. Tout cela parce que le rapport de force est inégal et la honte, portée trop souvent par les victimes plutôt que par les agresseurs. Les allégations contre Gilbert Rozon illustrent, de façon exacerbée, ce déséquilibre délétère. Mais comme le montrent les témoignages sur les réseaux sociaux, le rapport de force inégal entre hommes et femmes ne vient pas de nulle part. Il est inscrit dans notre culture, se manifeste au quotidien et est internalisé dès un jeune âge. Des hommes sont victimes de ce genre d’abus, mais leur vécu quotidien est fort différent de celui des femmes. »
Manon Cornellier, « Weinstein, Rozon, Salvail : un silence enfin brisé », Le Devoir, 20 octobre 2017, p. A8.
Le 8 octobre 2017 Première de l’émission « La vraie nature »
Un texte original du Bilan Québec rédigé par un.e, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
L’animateur Jean-Philippe Dion réunit trois invités de milieux variés dans un contexte intimiste afin qu’ils se livrent à des confidences sur les moments qui ont marqué leur vie. Présentée sur le réseau TVA le dimanche soir, « La vraie nature » se poursuivra pendant plusieurs saisons.
Jean-Philippe Dion fait carrière dans l’animation et la production, s’impliquant dans une foule de projets au fil des ans. En 2017, il adapte un concept français, « La parenthèse inattendue », pour la télévision québécoise. Il consiste à réunir des personnalités de milieux différents pour un court séjour dans un chalet des Cantons-de-l’Est, un environnement propice aux confidences. Au fil des ans, des invités du milieu artistique, comme Mario Pelchat et Mariana Mazza, politique, comme Régis Labeaume et Christian Dubé, ou sportif, comme Laurent Duvernay-Tardif ou Sylvie Fréchette, se prêtent au jeu. La formule favorise l’ouverture et les échanges, les propos pouvant toucher la carrière des personnalités, mais aussi leur vie privée. « La vraie nature », titre retenu pour la version québécoise, sera récompensée par plusieurs prix Gémeaux.
Source : https://www.journaldemontreal.com/2018/08/30/la-vraie-nature-une-vraie-adaptation; La Presse, 11 octobre 2017, Arts p. 4; Le Journal de Montréal, 14 octobre 2017, p. 58.
«...Malgré une forme plus modeste, presque toutes les émissions de La vraie nature m’ont plu davantage que la vingtaine d’émissions françaises que j’ai regardées. D’abord parce que le rythme de La vraie nature est plus rapide et que les échanges entre invités sont plus spontanés. Les confidences y sont moins enveloppées de pudeur et le montage est plus rigoureux. Les émissions françaises (elles sont sur YouTube) durent chacune plus de deux heures ! Quand une adaptation tient compte de la spécificité de l’auditoire, il n’y a pas de raison qu’elle n’ait pas autant de succès que la version originale. Si La vraie nature retient autant de téléspectateurs, c’est qu’elle reflète bien le côté chaleureux des Québécois qui sont gens de mots plutôt que gens de discours, gens d’émotion plutôt que gens de raison. »
Guy Fournier, « La vraie nature, une vraie adaptation », Le Journal de Montréal, 30 août 2018.
«...Ça pleure énormément dans La vraie nature de TVA. Ça braille sur le quai, à la grange, autour du feu, au salon, alouette. Normalement, ce style ultra-larmoyant m’aurait royalement tapé sur les nerfs. Pas cette fois-ci. Cette heure de télé, pilotée par Jean-Philippe Dion dimanche soir, a filé à la vitesse de l’éclair. Comme si nous espionnions les confessions de trois vedettes dans le cabinet de leur psychologue. Comme si nous devenions voyeurs-complices de leur thérapie. C’était très étrange comme sentiment, mais pas désagréable. Il ne faudrait cependant pas que tous les épisodes soient aussi lourds que le premier. Ça finirait par devenir une surenchère à savoir qui a vécu les épreuves les plus traumatisantes. On ne veut pas assister à ça. Et bien honnêtement, nous avons atteint la limite de productions bâties autour de vedettes québécoises qui étalent leurs problèmes de couple, leurs recettes préférées, leurs coups de cœur gastronomiques ou leurs souvenirs d’enfance, tous réseaux confondus. L’interaction entre les convives fait – et fera – toute la différence à La vraie nature. »
Hugo Dumas, « Tension (attention) en Acadie », La Presse+, 11 octobre 2017, Arts p. 4.
Le 14 octobre 2016 Modification aux prix Jutra qui deviennent les prix Iris
Un texte original du Bilan Québec rédigé par Naomie Do, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
À la suite de la controverse et les allégations entourant le cinéaste Claude Jutra, Québec Cinéma et le gala des prix Jutra renomment leurs récompenses qui deviennent les prix Iris. Ce rebondissement est déclenché par des allégations d’inconduite sexuelle concernant Jutra, une figure emblématique du cinéma québécois décédée en 1986.
À quelques mois du 18e Gala du cinéma québécois, la communauté cinématographique québécoise est secouée par la révélation d’inconduites sexuelles impliquant le défunt réalisateur Claude Jutra. Ces allégations d’agression et de pédophilie ont ébranlé les responsables du gala du cinéma québécois, dont les prix Jutra récompensent les artisans du cinéma québécois. À la suite de ces révélations, Québec Cinéma entreprend les démarches pour créer un « conseil de sage » chargé de suivre avec attention l’évolution du dossier et d’émettre des recommandations sur la suite des choses. Or, après la sortie d’une entrevue de la victime témoignant de son agression à partir de l’âge de six ans, l’organisme décide rapidement de rebaptiser les prix du nom d’Iris, à la suite d’un vote ouvert au public et après avoir consulté des membres de l’industrie. Ce changement de nom est perçu comme une réaction aux événements, soulignant l’importance de l’éthique et du respect dans l’industrie du divertissement québécois. Cette initiative est saluée par la ministre de la Culture du Québec, Hélène David, et par la ministre du Patrimoine canadien, Mélanie Joly. David a d’ailleurs pris l’initiative d’entreprendre les démarches pour informer les villes ayant des lieux publics portant le nom de Claude Jutra.
«...En conséquence, il serait question de bannir de la place publique le nom de Claude Jutra et de ne pas conserver les trophées homonymes. Ce qui serait une absurdité ; ces prix portent son nom en raison de son talent de cinéaste, pas à cause de sa vie privée. Charles Daudelin, le créateur des trophées, avait puisé dans son œuvre plus monumentale de la place Claude-Jutra de Montréal l’inspiration pour produire la maquette puis les sculptures elles-mêmes ! Faudra-t-il les détruire ? La salle Claude-Jutra de la Cinémathèque québécoise devra-t-elle changer de nom ? Ces quelques exemples montrent que l’idée d’associer les prix, ou les œuvres, ou les lieux nommés du nom du cinéaste à la dénonciation de sa « pédophilie » que soutient (Yves) Lever, n’a aucun sens. »
Le 5 octobre 1970 Crise d'octobre (enlèvement du diplomate James Richard Cross)
L’attaché commercial britannique James Cross joue au solitaire sur cette photo rendue publique par ses ravisseurs.
L'enlèvement du diplomate britannique James Richard Cross par la cellule « Libération » du Front de libération du Québec (FLQ) marque le début de ce que l'on appellera la Crise d'Octobre.
Pour relâcher Cross, le FLQ, un mouvement terroriste actif sous diverses formes depuis 1963, pose six conditions, dont la libération d'un certain nombre de prisonniers politiques, le versement de 500 000 $ et la publication de son manifeste dans les journaux du Québec. La nouvelle de l'enlèvement cause un émoi dans la population. Trois jours plus tard, le 8 octobre, une des conditions posées par les terroristes est acceptée par les autorités alors que le manifeste du FLQ est lu sur les ondes de Radio-Canada. Dans ce document, on retrouve plusieurs attaques contre les gouvernements et une invitation à l'action à la majorité francophone: « Travailleurs du Québec, commencez dès aujourd'hui à reprendre ce qui vous appartient; prenez vous-mêmes ce qui est à vous. Vous seuls connaissez vos usines, vos machines, vos hôtels, vos universités, vos syndicats; n'attendez pas d'organisation-miracle. » Quelques jours plus tard, le FLQ frappera à nouveau en enlevant le ministre de l'Immigration et du Travail, Pierre Laporte.
Source : L'Encyclopédie du Canada: édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p.658. (citation dans) Don Gilmour, Achille Michaud, Pierre Turgeon, Le Canada: une histoire populaire de la Confédération à nos jours, Saint-Laurent, Fides, 2001, p.275.
Le matin du 5 octobre 1970, la cellule Libération passe à l'action et kidnappe James Richard Cross, un attaché commercial britannique. Formée d'une dizaine de militants, la cellule fait aussitôt connaître ses revendications. Les ravisseurs du diplomate exigent notamment de l'argent et la libération de « prisonniers politiques », des felquistes emprisonnés à la suite de méfaits.
Sculpture Liberté de Marcel Barbeau.
À la suite de l'enlèvement du diplomate James Richard Cross et de celui du ministre de l'Immigration, du Travail et de la Main-d'oeuvre, Pierre Laporte, par le Front de libération du Québec (FLQ), le gouvernement fédéral décrète la Loi des mesures de guerre.
La veille, le premier ministre du Québec, Robert Bourassa, avait demandé l'intervention de l'armée canadienne pour protéger la population et assurer la sécurité des édifices publics. Quelques heures après la proclamation de la Loi des mesures de guerre par le premier ministre du Canada, Pierre Elliott Trudeau, des centaines de militaires se déploient sur le territoire québécois. Au cours des jours qui suivront leur intervention, ils procéderont à plusieurs centaines d'arrestations. « Just watch me » a répondu Pierre Elliott Trudeau à un journaliste qui lui avait demandé ce qu'il entendait faire. Le 13 septembre, au sortir du parlement, il déclarait : « Allez-y, pleurnichez! Mais il est plus important de maintenir l'ordre et la loi dans la société que de s'apitoyer sur ceux dont les genoux flageolent à la seule vue de l'armée [...] La société doit prendre tous les moyens dont elle dispose pour se défendre contre l'émergence d'un pouvoir parallèle qui défie le pouvoir des élus du peuple, et je pense que cette obligation ne connaît pas de limites. Seules les poules mouillées auraient peur d'aller jusqu'au bout. » La Loi des mesures de guerre, qui est appliquée pour contrer ce que l'on considère comme une « insurrection appréhendée », suspend les libertés civiles.
Source : L'Encyclopédie du Canada : édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p.658. Pierre Elliott Trudeau, Mémoires politiques, Montréal, Le jour éditeur, 1993, pages 119-135. Pierre Duchesne, Jacques Parizeau, biographie, 1930-1970, tome 1, Le Croisé, Montréal, Québec Amérique, 2001, page 571.
Dans la nuit du 15 au 16 octobre 1970, à 1 heure du matin, la loi des Mesures de guerre est décrétée par le gouvernement fédéral. L'armée canadienne se déploie dans la grande région de Montréal pour assurer les lieux publics. Les policiers entrent sans mandat, en pleine nuit, dans des centaines de résidences à la recherche de personnes inscrites sur des listes. Plus de 500 individus sont arrêtés et emprisonnés sans voir leur avocat ni connaître les chefs d'accusation portés contre eux. Parmi ceux-ci, on retrouve des militants syndicaux, des activistes, des poètes engagés et... le ministre fédéral Gérard Pelletier, confondu avec un militant qui porte le même nom. L'opération policière, presque improvisée, connaît plusieurs ratés. La plupart des suspects sont rapidement relâchés mais une poignée croupit derrière les barreaux pendant plusieurs semaines.
Le 8 octobre 1970 Crise d'octobre (lecture en onde du manifeste du FLQ)
Lecture en onde du manifeste du FLQ
Après la lecture du manifeste du FLQ par le journaliste Gaétan Montreuil, un sentiment de sympathie envers le FLQ apparaît. « Cela a pris le gouvernement fédéral totalement par surprise », affirme Guy Lachapelle. Une campagne de désinformation a alors lieu. Quand la Loi est adoptée, tous les adeptes des libertés civiles montent aux barricades.
MANIFESTE (intégral 1970)
Le Front de Libération du Québec n’est pas le messie, ni un Robin des bois des temps modernes. C’est un regroupement de travailleurs québécois qui sont décidés à tout mettre en œuvre pour que le peuple du Québec prenne définitivement en mains son destin.
Le Front de Libération du Québec veut l’indépendance totale des Québécois, réunis dans une société libre et purgée à jamais de sa clique de requins voraces, les « big-boss » patronneux et leurs valets qui ont fait du Québec leur chasse-gardée du cheap labor et de l’exploitation sans scrupules.
Le Front de Libération du Québec n’est pas un mouvement d’agression, mais la réponse à une agression, celle organisée par la haute finance par l’entremise des marionnettes des gouvernements fédéral et provincial (le show de la Brinks, le bill 63, la carte électorale, la taxe dite de « progrès social » (sic), Power Corporation, l’assurance-médecins, les gars de Lapalme…).
Le Front de Libération du Québec s’autofinance d’impôts volontaires (sic) prélevés à même les entreprises d’exploitation des ouvriers (banques, compagnies de finance, etc…)
« Les puissances d’argent du statu quo, la plupart des tuteurs traditionnels de notre peuple, ont obtenu la réaction qu’ils espéraient, le recul plutôt qu’un changement pour lequel nous avons travaillé comme jamais ; pour lequel on va continuer à travailler ». (René Lévesque, 29 avril 1970.)
Nous avons cru un moment qu’il valait la peine de canaliser nos énergies, nos impatiences comme le dit si bien René Lévesque, dans le Parti Québécois mais la victoire libérale montre bien que ce qu’on appelle démocratie au Québec n’est en fait et depuis toujours que la « democracy » des riches. La victoire du parti libéral en ce sens n’est en fait que la victoire des faiseurs d’élections Simard-Cotroni. En conséquence, le parlementarisme britannique, c’est bien fini et le Front de Libération du Québec ne se laissera jamais distraire par les miettes électorales que les capitalistes anglo-saxons lancent dans la basse-cour québécoise à tous les quatre ans. Nombre de Québécois ont compris et ils vont agir. Bourassa dans l’année qui vient va prendre de la maturité : 100,000 travailleurs révolutionnaires organisés et armés !
Oui, il y en a des raisons à la victoire libérale. Oui il y en a des raisons à la pauvreté, au chômage, aux taudis, au fait que vous M. Bergeron de la rue Visitation et aussi vous M. Legendre de Ville de Laval qui gagnez $10,000 par année, vous ne vous sentiez pas libres en notre pays le Québec.
Oui il y en a des raisons, et les gars de la Lord les connaissent, les pêcheurs de la Gaspésie, les travailleurs de la Côte Nord, les mineurs de la Iron Ore, de Québec Cartier Mining, de la Noranda les connaissent eux aussi ces raisons. Et les braves travailleurs de Cabano que l’on a tenté de fourrer une fois de plus en savent des tas de raisons.
Oui il y en a des raisons pour que vous, M. Tremblay de la rue Panet et vous, M. Cloutier qui travaillez dans la construction à St-Jérôme, vous ne puissiez vous payer des « vaisseaux d’or » avec de la belle zizique et tout le fling flang comme l’a fait Drapeau-l’aristocrate, celui qui se préoccupe tellement des taudis qu’il a fait placer des panneaux de couleurs devant ceux-ci pour ne pas que les riches touristes voient notre misère.
Oui il y en a des raisons pour que vous Madame Lemay de St-Hyacinthe, vous ne puissiez vous payer des petits voyages en Floride comme le font avec notre argent tous les sales juges et députés.
Les braves travailleurs de la Vickers et ceux de la Davie Ship les savent ces raisons, eux à qui l’on n’a donné aucune raison pour les crisser à la porte. Et les gars de Murdochville que l’on a écrasés pour la seule et unique raison qu’ils voulaient se syndiquer et à qui les sales juges ont fait payer plus de deux millions de dollars parce qu’ils avaient voulu exercer ce droit élémentaire. Les gars de Murdochville la connaissent la justice et ils en connaissent des tas de raisons.
Oui il y en a des raisons pour que vous, M. Lachance de la rue Ste-Marguerite, vous alliez noyer votre désespoir, votre rancœur et votre rage dans la bière du chien à Molson. Et toi, Lachance fils avec tes cigarettes de mari…
Oui il y en a des raisons pour que vous, les assistés sociaux, on vous tienne de génération en génération sur le bien-être social. Il y en a des tas de raisons, les travailleurs de la Domtar à Windsor et à East Angus les savent. Et les travailleurs de la Squibb et de la Ayers et les gars de la Régie des Alcools et ceux de la Seven-Up et de Victoria Precision, et les cols bleus de Laval et de Montréal et les gars de Lapalme en savent des tas de raisons.
Les travailleurs de Dupont of Canada en savent eux aussi, même si bientôt ils ne pourront que les donner en anglais (ainsi assimilés, ils iront grossir le nombre des immigrants, Néo-Québécois, enfants chéris du bill 63).
Et les policiers de Montréal auraient dû les comprendre ces raisons, eux qui sont les bras du système ; ils auraient dû s’apercevoir que nous vivons dans une société terrorisée parce que sans leur force, sans leur violence, plus rien ne fonctionnait le 7 octobre !
Nous en avons soupé du fédéralisme canadien qui pénalise les producteurs laitiers du Québec pour satisfaire aux besoins anglo-saxons du Commonwealth ; qui maintient les braves chauffeurs de taxi de Montréal dans un état de demi-esclaves en protégeant honteusement le monopole exclusif à l’écœurant Murray Hill et de son propriétaire-assassin Charles Hershorn et de son fils Paul qui, à maintes reprises, le soir du 7 octobre, arracha des mains de ses employés le fusil de calibre .12 pour tirer sur les chauffeurs et blesser ainsi mortellement le caporal Dumas, tué en tant que manifestant ; qui pratique une politique insensée des importations en jetant un à un dans la rue des petits salariés des Textiles et de la Chaussure, les plus bafoués au Québec, aux profits d’une poignée de maudits « money makers » roulant en Cadillac ; qui classe la nation québécoise au rang des minorités ethniques du Canada.
Nous en avons soupé, et de plus en plus de Québécois également, d’un gouvernement de mitaines qui fait mille et une acrobaties pour charmer les millionnaires américains en les suppliant de venir investir au Québec, la Belle Province où des milliers de milles carrés de forêts remplies de gibier et de lacs poissonneux sont la propriété exclusive de ces mêmes Seigneurs tout-puissants du XXe siècle ; d’un hypocrite à la Bourassa qui s’appuie sur les blindés de la Brinks, véritable symbole de l’occupation étrangère au Québec, pour tenir les pauvres « natives » québécois dans la peur de la misère et du chômage auxquels nous sommes tant habitués.
De nos impôts que l’envoyé d’Ottawa au Québec veut donner aux boss anglophones pour les « inciter », ma chère, à parler français, à négocier en français : repeat after me : « cheap labor means main-d’œuvre à bon marché ».
Des promesses de travail et de prospérité, alors que nous serons toujours les serviteurs assidus et les lèche-bottes des big-shot, tant qu’il y aura des Westmount, des Town of Mount-Royal, des Hampstead, des Outremont, tous ces véritables châteaux-forts de la haute finance de la rue St-Jacques et de la Wall Street, tant que nous tous, Québécois, n’aurons pas chassé par tous les moyens, y compris la dynamite et les armes, ces big-boss de l’économie et de la politique, prêts à toutes les bassesses pour mieux nous fourrer.
Nous vivons dans une société d’esclaves terrorisés, terrorisés par les grands patrons, Steinberg, Clark, Bronfman, Smith, Neapole, Timmins, Geoffrion, J. L. Lévesque, Hershorn, Thompson, Nesbitt, Desmarais, Kierans (à côté de ça, Rémi Popol la garcette, Drapeau le dog, Bourassa, le serin des Simard, Trudeau la tapette, c’est des peanuts !)
Terrorisés par l’Église capitaliste romaine, même si ça paraît de moins en moins (à qui appartient la Place de la Bourse ?), par les paiements à rembourser à la Household Finance, par la publicité des grands maîtres de la consommation, Eaton, Simpson, Morgan, Steinberg, General Motors… ; terrorisés par les lieux fermés de la science et de la culture que sont les universités et par leurs singes-directeurs Gaudry et Dorais ET PAR LE SOUS-SINGE Robert Shaw.
Nous sommes de plus en plus nombreux à connaître et à subir cette société terroriste et le jour s’en vient où tous les Westmount du Québec disparaîtront de la carte.
Travailleurs de la production, des mines et des forêts ; travailleurs des services, enseignants et étudiants, chômeurs, prenez ce qui vous appartient, votre travail, votre détermination et votre liberté. Et vous, les travailleurs de la General Electric, c’est vous qui faites fonctionner vos usines ; vous seuls êtes capables de produire ; sans vous, General Electric n’est rien !
Travailleurs du Québec, commencez dès aujourd’hui à reprendre ce qui vous appartient ; prenez vous-mêmes ce qui est à vous. Vous seuls connaissez vos usines, vos machines, vos hôtels, vos universités, vos syndicats ; n’attendez pas d’organisation-miracle.
Faites vous-mêmes votre révolution dans vos quartiers, dans vos milieux de travail. Et si vous ne le faites pas vous-mêmes, d’autres usurpateurs technocrates ou autres remplaceront la poignée de fumeurs de cigares que nous connaissons maintenant et tout sera à refaire. Vous seuls êtes capables de bâtir une société libre.
Il nous faut lutter, non plus un à un, mais en s’unissant, jusqu’à la victoire, avec tous les moyens que l’on possède comme l’ont fait les Patriotes de 1837-1838 (ceux que Notre sainte mère l’Église s’est empressée d’excommunier pour mieux se vendre aux intérêts britanniques).
Qu’aux quatre coins du Québec, ceux qu’on a osé traiter avec dédain de lousy French et d’alcooliques entreprennent vigoureusement le combat contre les matraqueurs de la liberté et de la justice et mettent hors d’état de nuire tous ces professionnels du hold-up et de l’escroquerie : banquiers, businessman, juges et politicailleurs vendus…
Nous sommes des travailleurs québécois et nous irons jusqu’au bout. Nous voulons remplacer avec toute la population cette société d’esclaves par une société libre, fonctionnant d’elle-même et pour elle-même, une société ouverte sur le monde.
Notre lutte ne peut être que victorieuse. On ne tient pas longtemps dans la misère et le mépris un peuple en réveil.
Vive le Québec libre ! Vive les camarades prisonniers politiques ! Vive la révolution québécoise ! Vive le Front de Libération du Québec !
Le 10 octobre 1970 Crise d'octobre (enlèvement du ministre de l'Immigration, du Travail et de la Main-d'œuvre, Pierre Laporte)
Le Front de libération du Québec (FLQ) enlève le ministre de l'Immigration, du Travail et de la Main-d'œuvre, Pierre Laporte, à sa résidence de Saint-Lambert. Le rapt survient vingt minutes après une conférence de presse pendant laquelle le ministre de la Justice, Jérôme Choquette, annonce qu'il refuse les conditions des ravisseurs du diplomate James Richard Cross, kidnappé cinq jours plus tôt.
L'enlèvement de Pierre Laporte est revendiqué par la cellule « Chénier » du FLQ, alors que celui de Cross avait été l'œuvre des membres de la cellule « Libération ». Le lendemain, les terroristes font parvenir au premier ministre du Québec, Robert Bourassa, une lettre écrite par Laporte. Le corps du ministre sera retrouvé sept jours plus tard, le 17 octobre, dans le coffre d'une voiture abandonnée près de l'aéroport de Saint-Hubert.
Source : Le Devoir, 13 octobre 1970, p.1.
Le soir du 10 octobre, Jérôme Choquette, le ministre de la Justice du gouvernement québécois, annonce à la télévision qu'aucun « prisonnier politique » ne sera libéré. On promet cependant un sauf-conduit pour Cuba aux ravisseurs de James Richard Cross. Vers 18 h 20, la cellule Chénier enlève Pierre Laporte, le vice-Premier-ministre du Québec. Pour le FLQ, c'est une très grosse prise. Ce deuxième enlèvement créé l'impression que les felquistes sont très bien structurés et vraiment prêts à aller jusqu'au bout pour renverser le régime.
Le 8 octobre 1918 Adoption de mesures exceptionnelles pour contrer l'épidémie de grippe espagnole au Québec
Une terrible épidémie de grippe s'abat sur l'Amérique à partir du mois d'octobre 1918. Amenée au Canada par des soldats revenus d'Europe, elle se propage rapidement et force les autorités à adopter des mesures d'hygiène exceptionnelles.
Le service d'hygiène impose la fermeture des écoles, des cinémas, des théâtres et de tous les lieux publics. Un témoin de l'époque, Marguerite Leclerc, raconte à ce sujet: « On a toujours pensé que la grippe espagnole avait été apportée par des militaires revenant de la guerre. Cette maladie a semé la mort, elle a laissé des ravages dans tous les milieux. C'est effrayant! J'ai vu des chariots passer la nuit avec des corps entassés qu'on menait directement au cimetière. Le glas sonnait presque jour et nuit. C'était la panique générale. On nous défendait de côtoyer les gens et d'aller dans les lieux publics. Les écoles étaient fermées. Plusieurs mois après, à la moindre alerte, on s'imaginait que la grippe revenait. » Malgré ces mesures d'urgence, la grippe espagnole fera 13 000 victimes au Québec avant la fin de 1919. En tout, plus de 400 000 Américains et près de 43 000 Canadiens succomberont à cette terrible maladie.
Source : L'Encyclopédie du Canada (tome II), Montréal, Stanké, 1987, p.860. Denise Rioux, La grippe espagnole à Sherbrooke et dans les Cantons de l'Est, Coll. «Histoire des Cantons de l'Est», Sherbrooke, Université de Sherbrooke, 1993, 132 p.
Le 10 octobre 1918 Prolifération de grippe espagnole au Québec
Cette épidémie atteint son paroxysme entre le 10 et le 20 octobre. Elle fera 500 morts à Québec et 3 500 à Montréal.
Cette maladie impitoyable s'introduit dans la ville de Québec par les ports où arrivent les blessés de la guerre en Europe. Elle se répand à une vitesse si phénoménale que l'hôpital civique est vite débordé. Par conséquent, le Bureau de santé ouvrira des hôpitaux temporaires dans plusieurs quartiers de la ville de Québec.
Source : Réjean Lemoine, «La grippe espagnole de 1918 à Québec», Cap-aux-Diamants, v.1, n.1, printemps 1985, p.39.
Le 14 octobre 1970 Déclaration d'un groupe de citoyens favorables à une négociation avec le Front de libération du Québec
Une dizaine de citoyens influents tiennent une conférence de presse pour demander au gouvernement libéral de Robert Bourassa de négocier avec le Front de libération du Québec (FLQ) afin d'obtenir la libération du diplomate James Richard Cross et du ministre Pierre Laporte.
Parmi les membres les plus connus du groupe, soulignons les noms de Claude Ryan (directeur du journal « Le Devoir »), René Lévesque (chef du Parti québécois), Camille Laurin, Jacques Parizeau, Louis Laberge (Fédération des travailleurs du Québec), Marcel Pepin (Confédération des syndicats nationaux), Yvon Charbonneau (Corporation des enseignants du Québec), Jean-Marc Kérouac, Matthias Rioux, Fernand Daoust et Alfred Rouleau (La Sauvegarde et Assurance-vie Desjardins). Le groupe, qui redoute que la rigidité du gouvernement fédéral n'entraîne une détérioration de la situation, presse le gouvernement du Québec de trouver une solution à l'impasse avec le FLQ. Perçue par certains politiciens comme une tentative maladroite pour former un gouvernement de remplacement en cas de crise, cette initiative suscitera une certaine controverse.
Le 17 octobre 1970 Découverte du corps du ministre Pierre Laporte
Découverte du corps de Pierre Laporte
Le corps du ministre de l'Immigration, du Travail et de la Main-d'œuvre, Pierre Laporte, est retrouvé dans le coffre d'une voiture abandonnée près de l'aéroport de Saint-Hubert.
L'annonce de l'assassinat de Pierre Laporte marque le paroxysme de la Crise d'Octobre. Dans les jours qui suivent, des mandats d'arrêt sont émis contre les membres du Front de libération du Québec (FLQ) (Paul Rose, Jacques Rose, Francis Simard, Bernard Lortie) soupçonnés d'avoir participé à son enlèvement. Leur arrestation surviendra quelques mois plus tard.
Bataille de la Châteauguay
La bataille de la Châteauguay est un épisode de la guerre de 1812 entre les États-Unis et l'Empire britannique. Cette bataille se déroule le 26 octobre 1813 en bordure de la rivière Châteauguay, au Bas-Canada, et oppose les 3 000 soldats américains commandés par le général Wade Hampton (1754-1835) au détachement de 300 miliciens canadiens, comprenant quelques Autochtones, dirigés par Charles-Michel d'Irumberry de Salaberry (1778-1829), lieutenant-colonel des Voltigeurs canadiens.
En 1813, les Américains adoptent une nouvelle stratégie militaire pour s'emparer des colonies de l'Amérique du Nord britannique. Après s'être concentrés sur la région des Grands Lacs, ils décident d'attaquer Montréal pour couper le ravitaillement du Haut-Canada. Pour ce faire, les soldats du général Hampton doivent se frayer un chemin vers Montréal par la rivière Châteauguay, tandis que ceux du général James Wilkinson (1757-1825) doivent passer par la haute vallée du Saint-Laurent.
Le 21 octobre 1813, les hommes du général Hampton commencent à traverser la frontière du Bas-Canada. Positionné à Châteauguay, de Salaberry reçoit l'ordre du général Louis de Watteville (1776-1836), son supérieur, de se déplacer d'urgence sur la rivière Châteauguay pour intercepter les envahisseurs. Au cours des jours qui suivent, les deux armées prennent position en prévision d'un affrontement.
La bataille de la Châteauguay s'amorce au matin du 26 octobre 1813, près du lieu devenu Allan's Corner. La bataille s'engage lorsque les troupes américaines attaquent les retranchements des miliciens canadiens. Tirant profit des tactiques de Salaberry et d'un positionnement stratégique favorable, les Canadiens réussissent à confondre les Américains et à les repousser. Après quelques heures de combat, Hampton ordonne à ses troupes de se replier. Les Américains déplorent une cinquantaine de victimes tandis que les Canadiens comptent seulement quatre morts. Pensant faire face à un ennemi plus important en nombre, les Américains rentrent dans leur pays dans les jours suivants.
La bataille de la Châteauguay constitue une victoire importante de la milice canadienne lors de la guerre de 1812. Elle a sauvé Montréal d'une attaque d'envergure. Cet engagement passa immédiatement dans la légende et devint un objet de fierté au Bas-Canada.
À la hauteur d'Allan's Corner, un affrontement rude qui dure quatre heures a lieu le 26 octobre. Même s'il n'est à la tête que de 29 officiers et 481 soldats, Salaberry donne l'impression de diriger une armée beaucoup plus importante. Pour mieux camoufler ses effectifs réels, il fait construire un monticule au détour de la rivière. Les 3,000 soldats américains engagés dans la bataille par le commandant Wade Hampton battent rapidement en retraite et abandonnent le projet d'occuper Montréal. Pour cette brillante victoire, Salaberry reçoit une médaille commémorative.
Défense de Québec par M. FrontenacEn Europe, au printemps 1689, la guerre éclate entre la France et la Ligue d'Augsbourg, une coalition de pays que l'Angleterre rejoint l'année suivante. Le conflit se transporte rapidement en Amérique où la France lance une attaque contre les colonies de la Nouvelle-Angleterre. Les troupes de Frontenac (Louis de Buade) incendient plusieurs villages et sèment la terreur dans les régions de Boston et d'Albany. Sans tarder, les Anglais réclament la destruction de Québec et les habitants des différentes colonies font front commun contre la Nouvelle-France.
Au Massachusetts, les autorités coloniales envoient le major général William Phips pour s'emparer de l'Acadie. Ce dernier prend possession de Port-Royal en mai 1690 et rentre à Boston où une autre expédition est aussitôt mise en branle. Il est prévu que Phips se rende à Québec par la voie des eaux pendant qu'un autre détachement de l'armée se dirige vers Montréal. Cette manœuvre terrestre est abandonnée en raison du manque de vivres et de la présence de maladie.
À la mi-août, Phips entre dans le fleuve Saint-Laurent avec 34 navires partis de Boston ayant à leur bord plus de 2 000 hommes. Le 16 octobre, il mouille devant Québec et envoie un émissaire à Frontenac lui demandant de lui rendre la ville. C'est alors que le gouverneur rétorque : « Je n'ai point de réponse à faire à votre général que par la bouche de mes canons ». Le siège de Québec débute le 18 octobre.
À cette époque, les fortifications de Québec s'étendent depuis la rivière Saint-Charles jusque sur le cap aux Diamants. La Haute-Ville est bien protégée par un mur entrecoupé de batteries d'artillerie tandis que la Basse-Ville est défendue par deux batteries riveraines équipées de canons lourds. Ajoutée à cela, une ligne de remblais ponctués de 11 redoutes couvre le côté ouest de la ville. En matière d'effectifs, Frontenac a sous ses ordres une armée de 3 000 hommes.
Une partie des troupes anglaises débarquent à Beauport (Québec) et sont repoussées par les soldats français. Dans le port, les vaisseaux anglais bombardent la ville de 1 500 coups de canon, mais ceux-ci font peu de dommages. Les batteries françaises ripostent notamment en réutilisant les boulets anglais. Après quatre jours de combat, les navires anglais ont épuisé leurs munitions. Les nouvelles tentatives de débarquement du côté de Beauport ont échoué et de nombreux miliciens sont malades. Le bilan du siège fait état de centaines de victimes du côté des Anglais contre une demi-douzaine du côté des Français. Phips abandonne l'idée d'une conquête et, après un échange de prisonniers, repart vers la Nouvelle-Angleterre le 24 octobre. Pendant le voyage de retour, quatre de ses navires font naufrage.
Le 3 octobre 1914 Départ d'un premier contingent canadien pour prendre part à la guerre en Europe
Deux mois après le déclenchement de la Première Guerre mondiale, un premier contingent canadien est envoyé en Europe. Il est composé de 32 000 hommes, dont 5 733 volontaires de la province de Québec, qui prennent place sur 32 navires qui sont escortés par sept croiseurs britanniques.
Neuf jours plus tard, le 14 octobre, on assiste à l'organisation du 22e bataillon composé de Canadiens français. L'arrivée de la première Division canadienne en France aura lieu à Saint-Nazaire, le 11 février 1915.
Source : G.W.L. Nicholson, Histoire officielle de la participation de l'armée canadienne à la Première Guerre mondiale, Ottawa, Imprimeur de la Reine, 1963, 671 pages. Don Gilmour, Achille Michaud, Pierre Turgeon, Le Canada: une histoire populaire de la Confédération à nos jours, Saint-Laurent, Fides, 2001, p.92.
Le 30 octobre 1917 Participation des Canadiens à l'offensive de Passchendaele, en Belgique
Des soldats britanniques et canadiens se lancent à l'attaque à Passchendaele, en Belgique, une offensive qui coûtera plusieurs milliers de vies humaines.
Un terrain particulièrement accidenté et des conditions très défavorables mènent au désastre de Passchendaele, une bataille qui se solde par la mort d'environ 16 000 soldats canadiens. En une semaine, les troupes alliées ne progressent que de quelques kilomètres, ce qui amène le responsable de l'attaque, le maréchal britannique Douglas Haig, à y mettre fin. Un témoin de ce sanglant affrontement, le soldat Arthur-Joseph Lapointe, décrit ainsi les champs de bataille: « Dans une tranchée inondée, des cadavres d'Allemands, le ventre démesurément gonflé, flottent dans une eau bourbeuse. Ça et là, des morts ensevelis dans la boue laissent émerger un bras ou une jambe. Des figures macabres apparaissent, noircies par un long séjour sur le sol. Partout où ma vue se porte, elle ne rencontre que des cadavres informes roulés dans un linceul de boue. » Au terme de la bataille, Winston Churchill dira de Passchendaele: « Cette aventure fut un gaspillage pitoyable et sans précédent de bravoure et de vies humaines. »
Le 11 octobre 1900 Annonce d'une candidature ouvrière aux élections fédérales
Fridolin Roberge, président du Conseil fédéré des métiers, annonce qu'il fera la lutte au ministre libéral des Travaux publics, Israël Tarte, lors de l'élection générale du 7 novembre.
Dans les journaux, on peut lire au sujet de Roberge, « le candidat ouvrier (...) compte obtenir 800 à 1 000 voix dans la division Sainte-Marie. Si réellement M. Roberge obtient un tel suffrage, on ne sait ce qui est réservé à la cause libérale ». Le 7 novembre, son rival, Israël Tarte, remportera toutefois largement l'élection avec 3 188 des voix, contre 1 917 pour un dénommé Charpentier et 184 pour Roberge. Battu de façon décisive, celui-ci perdra son emploi de machiniste à cause de son implication politique.
Le 16 octobre 1902 Retour d'Europe du premier ministre canadien, Wilfrid Laurier
Depuis son départ pour l'Angleterre, le 21 juin 1902, le Premier ministre Wilfrid Laurier a notamment assisté au couronnement d'Edouard VII et à une conférence coloniale à laquelle participaient plusieurs premiers ministres.
Après une visite en France et en Italie, Laurier rentre au pays le 16 octobre. Des foules enthousiastes se déplacent pour le recevoir à Québec, puis à Montréal. Après plusieurs mois sur le Vieux Continent, le premier ministre est cependant épuisé.
Source : Robert Rumilly, Histoire de la province de Québec: Israël Tarte, Montréal, Éd. Bernard Valiquette, 1944, p.163-166.
Le 22 octobre 1903 Décision de l'arbitre britannique, Lord Alverstone, relativement à la délimitation des frontières de l'Alaska
Wilfrid Laurier, premier ministre du Canada du 11 juillet 1896 au 6 octobre 1911 (1841-1919)
La Commission internationale chargée de délimiter les frontières de l'Alaska prend une décision qui soulève l'ire des Canadiens.
Le Canada envoie à Londres, siège de la Commission internationale chargée de déterminer les frontières de l'Alaska, une délégation d'avocats réputés. Leur mission est de défendre les intérêts canadiens dans ce litige. Cette présence ne suffit pas à empêcher l'arbitre britannique de se ranger du côté des positions américaines, ce que les Canadiens perçoivent comme une volonté anglaise de préserver l'amitié américaine au détriment de leurs intérêts. Les délégués canadiens refusent d'ailleurs de signer le traité et sont appuyés publiquement et vigoureusement par le ministre canadien de l'intérieur, Clifford Sifton. Plusieurs journalistes expriment à leur tour le sentiment que la position canadienne dans ce litige était condamnée avant même d'être entendue. Dans le journal « Le Soleil », on peut lire le 22 octobre 1903: « Le Canada a tout perdu, ou à peu près tout, devant le tribunal de l'Alaska. Le représentant de l'Angleterre s'est rangé du côté des Américains, contre les commissaires canadiens. Cela ne nous étonne guère, car l'Angleterre n'a jamais hésité à nous sacrifier pour maintenir la paix avec les États-Unis. Cela durera tant que le Canada n'aura pas le droit de faire ses propres traités. Ce droit de faire nos propres traités figure en tête du programme du parti libéral depuis l'entrée de M.Laurier (...) en 1877, c'est-à-dire il y a 26 ans. Espérons que M.Laurier réussira un de ces jours à obtenir cette concession. » Les journaux canadiens, tant anglophones que francophones, s'accordent pour affirmer que, par ce traité, l'Angleterre a acheté l'amitié américaine. De plus, les journaux félicitent les délégués canadiens de n'avoir pas signé le traité en question. L'opinion publique s'en prend à l'Angleterre plutôt qu'aux États-Unis. Il n'en faut pas plus pour que le député de Labelle, Henri Bourassa propose aux Communes le 23 octobre, que le Canada traite lui-même directement ses affaires internationales. Bourassa va même jusqu'à demander à ce qu'il y ait un agent canadien à Washington (type de consulat). Le premier ministre canadien, Wilfrid Laurier, ajoutera plus tard qu'il est grand temps que le Parlement impérial concède au Canada le droit de conclure ses propres traités. Dans la tourmente, les impérialistes canadiens subissent un rude coup. Laurier adopte même certains articles importants de la Ligue Nationaliste canadienne d'Olivar Asselin.
Le 8 octobre 1906 Tenue d'une conférence interprovinciale à Ottawa
Les premiers ministres provinciaux tentent d'arracher des subsides plus élevés au gouvernement fédéral dirigé par Wilfrid Laurier .
Au cours du banquet d'ouverture, le premier ministre Wilfrid Laurier déclare: « La constitution n'est pas parfaite, et si les premiers ministres des provinces sont à Ottawa aujourd'hui, c'est pour nous le rappeler. Demain, le gouvernement du Dominion saura ce que les visiteurs désirent et comment la constitution peut être rendue meilleure. Si la constitution doit être améliorée, elle doit avoir la sympathie de tous les Canadiens ». Au terme de la conférence, le premier ministre québécois, Lomer Gouin , annonce avoir réussi à obtenir une augmentation substantielle des subsides (500 000$ par année) pour sa province. Tous les premiers ministres, sauf celui de la Colombie-Britannique qui souhaitait un traitement de faveur étant donné sa position géographique, repartent de la conférence satisfaits.
Le 26 octobre 1908 Réélection des libéraux de Wilfrid Laurier à la Chambre des communes à Ottawa
Les libéraux de Wilfrid Laurier remportent les élections générales avec 50,6% des voix. Ils font élire 135 députés à la Chambre des communes contre 85 pour leurs plus proches rivaux, les conservateurs de Robert Borden.
C'est la quatrième victoire consécutive pour le Parti libéral du Canada et le premier ministre Wilfrid Laurier. Au Québec, les libéraux dominent largement les conservateurs, remportant 57,3% des voix et 54 sièges sur une possibilité de 65. Ces résultats sont à peu près comparables à ceux du scrutin de 1904.
Source : Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert, Histoire du Québec contemporain: de la Confédération à la crise, Montréal, Boréal Express, 1979, p.574-600. Pierre Drouilly, Atlas des élections fédérales au Québec, 1867-1988, Montréal, VLB Éditeur, 1989, 400 p. Howard Scarrow, Canada Votes: A Handbook of Federal and Provincial Election Data, New Orleans, The Hauser Press, 1962, p.26.
Le 13 octobre 1911 Nomination du duc de Connaught au poste de gouverneur général du Canada
Le duc de Connaught, troisième fils de la reine Victoria, est nommé gouverneur général du Canada. Il occupera ce poste jusqu'en 1916.
Militaire de carrière, le duc de Connaught assume au Canada la fonction symbolique de « commandant en chef de la milice canadienne ». Il est le premier membre de la famille royale à occuper ce poste. Ses interventions seront à l'origine de tensions entre lui et les élus canadiens, particulièrement au cours de la Première Guerre mondiale.
Source : Le Devoir, 13 octobre 1911, p.1,3 et 6, 14 octobre, p.2.
Le 27 octobre 1913 Tenue d'une conférence interprovinciale à Ottawa
Afin de remplir leurs obligations grandissantes, le Québec et l'Ontario font front commun pour demander au gouvernement fédéral une subvention additionnelle, égale à 10 % du revenu de la douane, et des contributions indirectes du fédéral. Aucune décision formelle n'est prise à ce sujet.
Deux thèmes sont à l'ordre du jour, soit les subsides versés par le gouvernement fédéral et la question de la représentation des provinces à la Chambre des communes. Cette dernière intéresse beaucoup les provinces maritimes puisque le changement de la carte électorale prévu pour 1914 va priver ces dernières de quatre circonscriptions. De fait, leur nombre de représentants ne cesse de diminuer à chaque recensement depuis vingt ans. Par conséquent, l'Île-du-Prince-Édouard, la Nouvelle-Écosse et le Nouveau-Brunswick réclament non seulement de conserver leurs circonscriptions, mais de retourner au nombre établi lors de la Confédération. De leur côté, les provinces de l'Ouest sont peu réceptives aux demandes des maritimes. Le Québec, quant lui, ne veut aucune modification à l'Acte d'Amérique du Nord britannique (AANB), puisqu'il compte un nombre fixe de représentants, soit 65.
Le 12 octobre 1917 Annonce de la formation d'un cabinet d'Union à Ottawa
Le premier ministre du Canada, le conservateur Robert Borden, annonce la formation d'un cabinet d'Union qui permettra à des Libéraux d'occuper des fonctions ministérielles.
À la suite de cette décision, prise dans le contexte de la conscription, le cabinet Borden regroupera 13 Conservateurs et 9 libéraux (ou indépendants) et 1 travailliste. Les élections de décembre donneront à ce gouvernement, qui rallie les forces conscriptionnistes du pays, une solide majorité. Elles accentuent toutefois les divisions qui déchirent les Libéraux puisque leur chef, Wilfrid Laurier, a refusé de joindre les rangs du gouvernement d'Union, déclarant: « À l'heure présente, je me trouve séparé de collègues qui me sont aussi chers que des frères (...) J'obéis à ma conscience, ils obéissent à la leur, mais cette situation indique que nous sommes en présence d'une scission qui, si elle n'est pas enrayée, peut bouleverser le pays le pays de fond en comble. »
Source : La Presse, 12 octobre 1917, p.1 et 19. L'Encyclopédie du Canada: édition 2000, Montréal, Stanké, 1999, p.1080. (citation dans) Don Gilmour, Achille Michaud, Pierre Turgeon, Le Canada: une histoire populaire de la Confédération à nos jours, Saint-Laurent, Fides, 2001, p.110-111.
Le 29 octobre 1917 Adoption par la Chambre des communes de la Loi créant le Bureau de l'Immigration et de la Colonisation
Cette loi élève l'ancienne succursale de l'Immigration du département de l'Intérieur en un département complètement indépendant.
Cette loi survient dans un contexte bien particulier puisque, advenant une fin prochaine à la guerre, le gouvernement d'Union dirigé par Robert Borden anticipe une immigration à la hausse.
Source : Valerie Knowles, Strangers at our Gates, Canadian Immigration and Immigration Policy, 1540-1997, Toronto, Dundurn Press, 1997, P.101-103.
Le 21 octobre 1918 Assermentation de Charles Fitzpatrick au poste de lieutenant-gouverneur du Québec
Après avoir été ministre de la Justice dans le cabinet de Wilfrid Laurier et juge en chef à la Cour suprême du Canada, Charles Fitzpatrick succède à Pierre-Évariste Leblanc au poste de lieutenant-gouverneur du Québec.
De 1890 à 1896, Fitzpatrick siège à l'Assemblée législative du Québec sous la bannière libérale. Il passe les dix années suivantes (1896-1906) à la Chambre des communes, où il occupe les fonctions de Solliciteur général puis de ministre de la Justice, à partir de 1902, au sein du cabinet du premier ministre Wilfrid Laurier. Nommé juge en chef à la Cour suprême en 1906, il quitte ses fonctions en 1918 pour devenir le douzième lieutenant-gouverneur de l'histoire de la province de Québec. il restera en poste jusqu'en octobre 1923.
Le 27 octobre 1919 Tenue d'élections partielles dans plusieurs circonscriptions fédérales
Sept sièges sont vacants, mais on procède à seulement cinq scrutins puisque le nouveau chef du Parti libéral du Canada, William Lyon Mackenzie King, et le nouveau ministre des Finances du gouvernement unioniste, Henry Drayton, n'ont aucune opposition dans leur comtés respectifs.
Sur les cinq sièges restants, trois sont remportés par des candidats des Fermiers-Unis (Victoria-Carleton, Glengarry-Stormont et Assiniboia). Ce message de l'électorat aux « vieux partis » est relevé par la presse qui fait également mention de la victoire du ministre de l'Agriculture, le Dr Simon Fraser Tolmie, dans Victoria, et du libéral Ernest Lapointe, dans Québec-Est. Ce dernier, qui deviendra éventuellement le bras droit du premier ministre William Lyon Mackenzie King, obtient 5 606 votes contre seulement 1 801 pour le candidat libéral-ouvrier, F.-X. Gadbois.
Source : Le Devoir, 27 octobre 1919, p.1; 28 octobre 1919, p.1 et 2.
Le 1er octobre 1923 Ouverture d'une Conférence impériale à Londres
Tous les premiers ministres de l'Empire britannique se réunissent à Londres pour une durée de six semaines afin d'assister à une conférence qui se déroule sous la présidence du premier ministre britannique, Stanley Baldwin.
En arrivant à Londres pour participer à cette conférence, le premier ministre canadien, W.L. Mackenzie King, est surpris de constater que plusieurs journaux anglais ont publié des articles dirigés contre lui, son gouvernement et la province de Québec. Les principaux sujets abordés lors de la conférence sont les relations franco-anglaises et les réparations allemandes.
Source : Le Devoir, 1er octobre 1923, p.1, 2 octobre 1923 p. 8.
Le 31 octobre 1923 Assermentation de Louis-Philippe Brodeur au poste de lieutenant-gouverneur du Québec
Après avoir été ministre dans le cabinet de Wilfrid Laurier et juge à la Cour suprême du Canada, Louis-Philippe Brodeur succède à Charles Fitzpatrick au poste de lieutenant-gouverneur du Québec.
Brodeur occupera cette fonction d'octobre 1923 jusqu'à sa mort, le 2 janvier 1924.
Source : Bibliothèque de la législature, Répertoire des parlementaires québécois, 1867-1978, Québec, 1980, p.83-84, 598.
Le 2 octobre 1926 Assermentation de Lord Willingdon au poste de gouverneur général du Canada
Lord Willingdon succède au baron Byng de Vimy au poste de gouverneur général du Canada. Ancien député libéral en Angleterre, Willingdon est choisi par le premier ministre William Lyon Mackenzie King à partir d'une liste qui lui a été soumise par le roi George V.
Après son assermentation qui se déroule dans la ville de Québec, Willingdon devient le premier gouverneur général à remplir uniquement la fonction de représentant du roi. Il deviendra, après son départ du Canada, en 1931, vice-roi des Indes (1931-1936).
Le 11 octobre 1926 Démission d'Arthur Meighen du poste de chef du Parti conservateur du Canada
Après la défaite subie par les Conservateurs lors de l'élection générale du 14 septembre 1926, Arthur Meighen annonce qu'il quitte son poste de chef.
Les sénateurs, les députés et les candidats vaincus du Parti conservateur se réunissent à Ottawa pour accepter la démission de Meighen. Ils hésitent entre la tenue d'une convention ou la nomination de Richard B. Bennett à la tête du parti. Ils décident finalement de faire de Hugh Guthrie, un député qui siège à la Chambre des communes depuis 1900, leur chef par intérim. L'idée d'un congrès au leadership, le premier de l'histoire du parti, sera officiellement retenue le 26 octobre. Celui-ci aura lieu un an plus tard, le 10 octobre 1927. Guthrie sera sur les rangs à ce moment, mais il sera défait par Bennett qui deviendra le nouveau chef conservateur.
Source : Le Devoir, 12 octobre 1926, p.1-3, 27 octobre 1926, p.4.
Le 11 octobre 1927 Élection de Richard B. Bennett au poste de chef du Parti conservateur du Canada
Pour la première fois de son histoire, le Parti conservateur (ou libéral-conservateur) tient un grand congrès au leadership afin d'élire celui qui succédera à Hugh Guthrie, chef intérimaire de cette formation depuis le départ d'Arthur Meighen, en octobre 1926.
Sur les rangs lors de ce congrès qui se déroule à Winnipeg, on retrouve Guthrie, Robert Manion, C.H. Cahan, Richard B. Bennett, Robert Rogers et Sir Henry Drayton. La veille du vote, environ 8 000 personnes sont réunies pour écouter les discours des candidats. Dès le premier tour, Bennett, qui fut ministre des Finances dans le cabinet de Meighen, en 1926, prend les devants avec 584 votes. Jamais menacé, il concrétise sa victoire au tour suivant, obtenant une majorité avec 780 votes, soit 460 de plus que Guthrie, son plus proche rival. Homme d'affaires prospère, Bennett livre un discours plein de généralités et de bons sentiments dans lequel il déclare notamment : « Vous avez décidé pour moi que dorénavant tant que j'aurai santé et force je doive employer mon talent et mon temps, les qualités que je puis avoir, la fortune que Dieu a été assez bon de me donner, dans l'intérêt de mon pays par l'intermédiaire du grand parti auquel j'ai le privilège d'appartenir. » En plus de choisir un chef, les Conservateurs profitent de ce congrès pour adopter plusieurs résolutions qui touchent entre autres l'immigration et la canalisation du Saint-Laurent. Bennett mènera les Conservateurs à la victoire lors de l'élection générale du 28 juillet 1930. Il restera à la tête du parti jusqu'en 1938.
Source : Le Devoir, 12 octobre 1927, p.1, 3 et 7, 13 octobre 1927, p.1 et 10.
Le 1er octobre 1930 Ouverture d'une conférence impériale à Londres
Cette conférence dirigée par le premier ministre britannique Ramsay MacDonald réunit tous les dirigeants de l'Empire, dont le premier ministre canadien, Richard B. Bennett.
MacDonald réitère en premier lieu la question du triple problème de l'Empire: les relations constitutionnelles et politiques, le commerce et les relations avec les puissances étrangères. À ce niveau, les participants tentent de déterminer de quelle façon les représentants britanniques peuvent, par leur influence collective, promouvoir le désarmement et l'établissement d'un organisme multilatérale de gestion pacifique des conflits entre nations. Dans son discours, le premier ministre canadien souligne pour sa part l'importance de la situation économique mondiale: « Nous nous réunissons à une heure de dépression industrielle, de fléchissement des prix, du ralentissement du commerce et de la diminution des revenus, à une heure où le chômage ne fait qu'augmenter. Cette situation est mondiale et si certains pays ne sont affectés que partiellement, tous les pays ont intérêt à y chercher remède. »
Le 14 octobre 1935 Élection des libéraux de William Lyon Mackenzie King à la Chambre des communes à Ottawa
Les libéraux de William Lyon Mackenzie King remportent les élections générales avec 44,9% des voix. Ils font élire 173 députés à la Chambre des communes contre 40 pour leurs plus proches rivaux, les conservateurs de Richard Bennett.
Le contexte de la crise économique joue contre le gouvernement sortant. Les appuis aux conservateurs passent de 48,7%, en 1930, à 29,6%, ce qui fait chuter leur représentation de 137 à 40 députés à la Chambre des communes. Le vent est particulièrement favorable aux libéraux au Québec. Ils obtiennent les faveurs de 54,4% des électeurs, ce qui leur permet d'obtenir 55 des 65 sièges à l'enjeu dans cette province. Le scrutin de 1935 est également marqué par les performances des tiers partis qui obtiennent près de 22% des votes exprimés, une nette progression par rapport aux 6% récoltés en 1930. Leur percée la plus importante survient dans l'Ouest du pays alors que le Crédit social (CS), le Co-operative Commonwealth Federation (CCF) et le Parti de la Reconstruction font élire 25 candidats, dont 17 pour le CS (aucun au Québec).
Source : Pierre Drouilly, Atlas des élections fédérales au Québec, 1867-1988, Montréal, VLB Éditeur, 1989, 400 p. Sous la direction de Craig Brown, Histoire générale du Canada, Montréal, Boréal, 1990, p.541-549. Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert et François Ricard, Histoire du Québec contemporain: le Québec depuis 1930, Montréal, Boréal, 1986, p.125-129. Howard Scarrow, Canada Votes: A Handful of Federal and Provincial Elections Data, New Orleans, The Hauser Press, 1961, p.88-101.
Le 29 octobre 1940 Démission de James S. Woodsworth du poste de chef du Co-operative Commonwealth Federation
Seul chef du Co-operative Commonwealth Federation (CCF) depuis sa création, James S. Woodsworth remet sa démission lors d'un congrès qui se déroule à Winnipeg.
Une page de l'histoire du CCF se tourne alors que Woodsworth évoque des raisons de santé et des divergences d'opinion sur la participation du Canada à la guerre -il s'y oppose- pour justifier son départ. Les dirigeants du parti avaient déjà refusé la démission de Woodswoth, mais cette fois sa décision est irrévocable. Nommé président honoraire du CCF, Woodsworth restera une figure marquante du parti jusqu'à sa mort, en mars 1942. Son poste laissé vacant en 1940, c'est M.J. Coldwell, le leader du CCF à la Chambre des communes, qui deviendra à ce moment le chef du parti.
Source : Le Devoir, 29 octobre 1940, p.7, 30 octobre 1940, p.4.
Le 24 octobre 1941 Adoption de la Loi sur le contrôle des salaires en temps de guerre
Le gouvernement libéral de William Lyon Mackenzie King établit le contrôle des prix et des salaires pour freiner la hausse du coût de la vie en temps de guerre. À l'avenir, les excédents de profits seront taxés et des mesures de rationnement mises de l'avant. Parmi les denrées soumises au rationnement, mentionnons l'essence, le sucre et la viande.
L'industrie de guerre rapporte gros au Canada. Le Québec n'est pas en reste avec un développement qui atteint 500 % en quatre ans, particulièrement dans les secteurs liés à l'armement. Le taux de chômage passe de 9 % en 1939 à 0,6 % en 1944. Les femmes seront directement touchées par le formidable essor des industries de guerre. Sollicitées par les campagnes du gouvernement sur l'effort de guerre, elles répondront en grand nombre à l'appel dans les usines de munition, de construction d'avion et d'uniformes militaires, là ou les salaires sont bons et le travail reconnu comme une participation à la cause des alliés.
Source : Sous la direction de Craig Brown, Histoire générale du Canada, Montréal, Boréal, 1990, p.553-564. Susan Mann Trofimenkoff, Visions nationales : une histoire du Québec, Saint-Laurent, Trécarré, 1986, p.336-357.
Le 2 octobre 1948 Élection de George Drew au poste de chef du Parti progressiste-conservateur du Canada
Battus par les Libéraux aux élections de 1935, 1940 et 1945, les Progressistes-conservateurs réunis à Ottawa choisissent George Drew pour succéder à John Bracken à la tête de leur parti.
Premier ministre de l'Ontario depuis les années 20, Drew remporte une victoire facile dès le premier tour de scrutin. Les 827 votes qu'il obtient suffisent largement à lui donner la majorité, ses deux adversaires, John Diefenbaker et Donald Fleming, ne récoltant respectivement que 311 et 104 votes. Dans ses discours, Drew aborde des thèmes comme le respect des valeurs traditionnelles et l'autonomie provinciale, un principe cher aux délégués québécois dont on souhaite tirer profit lors des prochaines élections. Drew profite également de son discours de clôture pour prononcer quelques mots en français. Malgré l'enthousiasme suscité par cette victoire, George Drew sera impuissant à ramener les Progressistes-conservateurs au pouvoir. Il subira deux défaites électorales (1949 et 1953) avant de quitter son poste au milieu des années 50.
Source : Le Devoir, 2 octobre 1948, p.3, 4 octobre 1948, p.1 et 3.
Le 11 octobre 1949 Adoption d'une loi fédérale faisant de la Cour Suprême le tribunal de dernière instance au Canada
La Chambre des communes abolit par le fait même le droit d'appel au Conseil privé de Londres, consacrant la primauté du Cour suprême sur l'interprétation des lois au pays. Désormais, la Cour suprême comptera également neuf juges, dont trois qui doivent provenir du Québec.
L'année 1949 marque donc un point tournant pour la Cour suprême du Canada dont le mandat consiste à « Faire progresser la cause de la justice par l'audition et la décision, comme arbitre ultime, de questions juridiques d'importance fondamentale. »
Source : Fernand Harvey et Peter Southam, Chronologie du Québec (1940-1971), Québec, Institut supérieur des sciences humaines, no 4, janvier 1972, p.54.
Le 6 octobre 1955 Dénouement d'une conférence fédérale-provinciale
Le premier ministre du Canada, Louis Saint-Laurent, et les représentants des provinces ne peuvent s'entendre sur un nouveau partage fiscal ou sur la création d'un plan national d'assurance-santé.
Le premier ministre Saint-Laurent parle de rencontrer de nouveau ses homologues provinciaux avec des propositions plus détaillées. Pour la plupart, ceux-ci restent insatisfaits. La conférence se termine avec la formation de comités d'étude et une ouverture à l'endroit de futures rencontres.
Le 14 octobre 1957 Obtention du prix Nobel de la paix par Lester B. Pearson
Le Canadien Lester B. Pearson reçoit le prix Nobel de la paix pour avoir contribué à l'établissement de la force de paix de l'Organisation des Nations unies (ONU) au Proche-Orient, après la crise de Suez.
Premier Canadien à remporter le prix Nobel de la paix, Pearson était ministre des Affaires extérieures dans le cabinet de Louis Saint-Laurent au moment de la crise de Suez. De nombreux témoignages de félicitations proviennent d'un peu partout dans le monde pour souligner cet honneur qui vaut à son récipiendaire une somme de 40 000 $. Pearson considère pour sa part que ce prix constitue un « hommage au Canada ». Le 10 décembre, il recevra le prix Nobel à Oslo, en Norvège, en présence de nombreux dignitaires. Le lendemain, il prononcera un discours à l'Université d'Oslo traitant des « quatre aspects de la paix ».
Source : La Presse, 15 octobre 1957, p.17, 9 décembre 1957, p.1, 10 décembre 1957, p.1 et 8, et 11 décembre 1957, p.1 et 58.
Le 16 octobre 1957 Formation d'une Commission royale d'enquête sur les ressources énergétiques du Canada
Le gouvernement progressiste-conservateur de John Diefenbaker institue une Commission d'enquête sur les questions énergétiques. Il en confie la présidence à Henry Borden, président de la Brazilian Traction, Light, Heat and Power Corp.
Il s'agit d'une des premières mesures du gouvernement minoritaire dirigé par le Progressiste-conservateur John Diefenbaker qui a reçu un fort support de l'électorat de l'Ouest du pays. Les recommandations de la Commission Borden, dont les rapports seront déposés le 22 octobre 1958 et le 20 juillet 1959, mèneront à l'élaboration d'une Politique nationale du pétrole et à la création de l'Office national de l'énergie. Elles apportent également une solution temporaire aux demandes des producteurs de l'Ouest du pays qui veulent s'assurer d'une part du marché canadien.
Le 15 octobre 1959 Tenue d'une conférence des ministres provinciaux des finances à Ottawa
Le nouveau premier ministre du Québec, Paul Sauvé, assiste à cette conférence. La demande provinciale d'une augmentation immédiate des paiements en vertu du partage fiscal est rejetée par le gouvernement fédéral.
Source : Fernand Harvey et Peter Southam, Chronologie du Québec (1940-1971), Québec, Institut supérieur des sciences humaines, no 4, janvier 1972, p.57. Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert, François Ricard, Histoire du Québec contemporain : le Québec depuis 1930, Montréal, Boréal, 1986, p.337-340.
Le 22 octobre 1959 Début des audiences de la Commission royale d'enquête fédérale sur les transports
La Commission MacPherson sur les transports a été instituée le 13 mai 1959 par le gouvernement progressiste-conservateur dirigé par John Diefenbaker. Elle étudie la politique des transports et s'intéresse particulièrement aux inégalités dans la tarification du transport des marchandises. Le rapport de la Commission, qui sera déposé en trois volumes entre mars 1961 et juillet 1962, inspirera l'adoption d'une nouvelle Loi nationale sur les transports.
L'enquête étudie particulièrement les problèmes de transport ferroviaire dans les prairies. Cette commission a pour mandat « de faire enquête sur les besoins des collectivités en matière d'infrastructure ferroviaire et l'attitude probable des producteurs et des exploitants d'élévateurs face à l'évolution de la conjoncture, aux fins de présenter les recommandations sur la vocation (...) du réseau ferroviaire. » Les recommandations devront permettre de prendre les décisions suivantes: « 1-L'affectation de certaines lignes au réseau de base devant être protégé jusqu'à l'an 2000; 2- Le maintien du service de certaines lignes pendant une période déterminée, afin de permettre la réalisation des perfectionnements prévus; 3- Le maintien en service de certaines lignes pendant une période à déterminer, pour faciliter l'adaptation régionale et permettre la réalisation des programmes connexes d'infrastructure; 4- L'insertion de certaines lignes ou tronçons (...) dans un réseau plus rationnel; 5- La levée de l'interdiction d'abandon de certaines lignes à une date devant être déterminée (en vertu) de la Loi des chemins de fer. »
Source : Commission royale d'enquête sur les transports, Mémoire du gouvernement de la province de Québec, s.l., s.n., 1960, 102 p.
Le 6 octobre 1960 Tenue de pourparlers à Ottawa sur le rapatriement de la constitution
Des discussions constitutionnelles ont lieu à Ottawa entre le ministre fédéral de la Justice et les procureurs généraux des provinces.
Le premier ministre du Québec, Jean Lesage, avait réclamé la reprise de ces pourparlers, interrompus en 1950, au cours de la conférence fédérale-provinciale de juillet 1960. Le Québec s'isole des autres provinces en acceptant la proposition fédérale de ramener la Constitution au Canada avant de l'amender. Lesage affirme que: « Québec entend protéger les droits et pouvoirs que lui accorde la Constitution. Cependant nous n'avons pas l'intention de nous maintenir dans l'isolement, ce qui serait à la fois peu réaliste pour une province et nuisible pour le reste du pays. »
Le 23 octobre 1961 Tenue à Ottawa d'un congrès sur les ressources naturelles
Ce congrès, qui se déroule sous la direction du premier ministre du Canada, John Diefenbaker, a pour objectif de faire le bilan de l'état des ressources naturelles du pays.
Le gouvernement canadien reconnaît la souveraineté des provinces sur les ressources naturelles, mais il formule trois propositions afin de faciliter la coopération fédérale-provinciale dans ce domaine. D'abord, tenir tous les trois ou quatre ans une telle conférence pour examiner de nouveaux projets. Ensuite, créer un Comité national des ressources naturelles. Enfin, mettre sur pied un Comité consultatif national sur l'utilisation des terres et des ressources hydrauliques. De son côté, le premier ministre du Québec, Jean Lesage, déclare à Montréal que son gouvernement entend conserver le droit exclusif que lui reconnaît la Constitution de posséder et de mettre en valeur les richesses naturelles de son territoire.
Le 14 octobre 1964 Accord de principe sur une procédure d'amendement à la Constitution
Les représentants des dix provinces réunis à Ottawa s'entendent sur une procédure d'amendement permettant de rapatrier la Constitution canadienne qui est à Londres. Cet accord de principe, sur lequel le Québec reviendra par la suite, porte le nom de formule « Fulton-Favreau » (du nom de l'ex-ministre conservateur de la Justice, David Fulton, et de l'actuel ministre libéral de la Justice, Guy Favreau).
Trois conférences se déroulent simultanément à Ottawa. Les procureurs généraux provinciaux fixent le texte de la procédure d'amendement de la Constitution canadienne. Pour leur part, les ministres des Finances tracent le mandat de la commission intergouvernementale qui sera chargée d'étudier le régime fiscal fédéral-provincial. Enfin, les premiers ministres se réunissent pour réviser et sanctionner les décisions des précédentes conférences ministérielles. En bout de ligne, le Québec sera la seule province à repousser cette formule d'amendement constitutionnel. Selon le professeur Claude Bélanger, le gouvernement libéral de Jean Lesage lui reproche de ne pas accorder à sa province les pouvoirs nécessaires à son développement (fiscalité, immigration, etc.) et de contenir une formule d'amendement qui rend le Québec trop dépendant de la volonté des provinces anglophones.
Source : Fernand Harvey et Peter Southam, Chronologie du Québec (1940-1971), Québec, Institut supérieur des sciences humaines, no 4, janvier 1972, p.60. Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert, François Ricard, Histoire du Québec contemporain : le Québec depuis 1930, Montréal, Boréal, 1986, p.667-672.
Le 3 octobre 1966 Création du département de la Main-d'oeuvre et de l'Immigration au gouvernement fédéral
La création de ce ministère démontre la volonté du gouvernement d'arrimer les besoins de l'immigration à ceux de l'économie canadienne.
Le manque de travailleurs spécialisés au Canada joue un rôle important dans la décision du gouvernement libéral de Lester B. Pearson de créer ce ministère.
Source : Freuda Hawkins, Canada and Immigration, Public Policy and Public Concern, Montréal, McGill-Queen's University Press, 1972, p.167-173. Valerie Knowles, Strangers at our Gates, Canadian Immigration and Immigration Policy, 1540-1997, Toronto, Dundurn Press, 1997, p.156-160.
Le 24 octobre 1966 Tenue d'une réunion des premiers ministres à Ottawa
Les premiers ministres s'entendent sur un nouveau régime fiscal qui prévoit un supplément de 150 millions de dollars en péréquation en plus d'un montant semblable pour l'éducation.
À la suite du rapport Bladen qui indique que le nombre d'étudiants va passer de 179 000 à 460 000 d'ici 1975 et que l'aide gouvernementale à l'enseignement passera de 355 millions à 1,7 milliards de dollars, le gouvernement fédéral décide d'augmenter son support à l'enseignement supérieur et au recyclage de la main-d'œuvre. Selon le premier ministre canadien Lester B. Pearson: « l'éducation relève des juridictions provinciales. (Par contre) Ottawa veut s'acquitter de sa responsabilité primordiale en matière de développement économique, (le gouvernement fédéral) doit prendre l'initiative nécessaire pour assurer la formation d'une main-d'œuvre productive. Les provinces ont besoin d'aide pour assumer les coûts croissants qu'entraîne le maintien d'un niveau adéquat d'éducation. Ceci ne signifie pas que le gouvernement fédéral puisse ou doive imposer aux provinces ses propres vues quant aux montants à dépenser pour l'éducation ou quant à la manière de le dépenser. »
Le 12 octobre 1968 Ouverture du congrès du Crédit social à Sherbrooke
Quelques centaines de militants venus de partout au pays participent au congrès du Crédit social qui se déroule à Sherbrooke, dans les Cantons de l'Est.
Des ouvertures sont faites afin de permettre aux Canadiens des autres provinces de se sentir plus à l'aise à l'intérieur du parti. On accepte le nom Social Credit Rally comme version anglaise de Crédit social, des pages en anglais seront désormais incluses dans l'organe officiel « Regards » et on souhaite également la présence d'anglophones au sein de l'exécutif. À un autre niveau, les Créditistes souhaitent recueillir assez d'argent pour permettre au chef Réal Caouette de faire une émission télévisée qui fera connaître le Crédit social. Ce dernier se propose d'ailleurs de se rendre à Toronto pour participer à un congrès de Créditistes ontariens. Il déclare à cet égard: « Nous voulons un parti du Crédit social qui englobe le Canada d'un océan à l'autre. » Rappelons que, lors de la dernière élection générale, seul le Québec a élu des députés créditistes à la Chambre des communes. Au moment du congrès, ils sont au nombre de 14.
Le 22 octobre 1968 Publication des conclusions de la Commission d'enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme
Une série d'articles parus dans le journal « La Presse » entre le 22 et le 26 octobre révèle les conclusions de la Commission d'enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme. Elle aborde notamment la question de l'inégalité économique qui sépare anglophones et francophones au Québec.
Le mandat de la Commission consistait à « recommander les mesures à prendre pour que la Confédération canadienne se développe d'après le principe de l'égalité entre les deux peuples qui l'ont fondée. » Elle devait ensuite « faire rapport sur le rôle dévolu aux institutions (...) en vue de favoriser (...) une compréhension plus répandue du caractère biculturel de notre pays. » La Commission, qui à sa création, était co-présidée par André Laurendeau et Davidson Dunton, conclut que « pour que soit maintenu le caractère biculturel du Canada, il faut que chaque communauté puisse bien préserver sa langue maternelle dans toutes les parties du pays où elle est établie, il en résulte des obligations particulières à l'endroit des minorités. (...) Dans le cas d'une minorité, l'enseignement est encore plus important, car l'école peut créer un milieu culturel qui serait irréalisable ailleurs au sein de la communauté. »
Source : Gouvernement du Canada, Rapport de la Commission royale d'enquête sur le bilinguisme et le biculturalisme: l'éducation, Imprimeur de la Reine, Ottawa, 1968, 379 p.
Le 9 octobre 1969 Ouverture du congrès national d'orientation du Parti progressiste- conservateur
Lors de son congrès national d'orientation tenu à Niagara Falls, le Parti progressiste-conservateur rejette la proposition de son chef Robert Stanfield pour un revenu annuel garanti.
Source : Fernand Harvey et Peter Southam, Chronologie du Québec (1940-1971), Québec, Institut supérieur des sciences humaines, no 4, janvier 1972, p.39.
Le 13 octobre 1970 Reconnaissance de la République populaire de Chine par le gouvernement canadien
En reconnaissant officiellement la République populaire de Chine comme le gouvernement légitime de la Chine, le gouvernement libéral dirigé par Pierre Elliott Trudeau pose un geste autonomiste qui contribuera à rompre l'isolement de la Chine communiste de Mao Zedong sur la scène internationale.
Cet événement survient plus de 20 ans après l'avènement au pouvoir des Communistes, un bouleversement majeur qui avait incité les nations occidentales à reconnaître le gouvernement de Taïwan, là où s'était réfugié le leader nationaliste Tchang Kaï-Chek, comme le véritable gouvernement de la Chine. Cette annonce du Canada, qui survient environ deux ans avant la visite du président américain Richard Nixon en Chine, constitue un des plus grands coups d'éclats de l'histoire de la diplomatie canadienne. En octobre 1973, le premier ministre Trudeau se rendra d'ailleurs à Beijing pour rencontrer le leader chinois, Mao Zedong.
Le 9 octobre 1971 Ouverture du congrès du Crédit social à Hull
Réal Caouette remporte le congrès au leadership du Crédit social en défaisant son plus proche rival, Philippe Cossette, par plus de 400 voix.
Après la démission de l'ancien chef Robert Thompson, Caouette avait été nommé à la tête des Créditistes en attendant la tenue d'un congrès au leadership. Caouette possède une bonne emprise sur le parti, mais deux candidats, Philippe Cossette et Fernand Bourret, se présentent contre lui. Il remporte néanmoins une victoire très facile et espère que cet élan lui permettra d'augmenter la représentation créditiste à la Chambre des communes lors de l'élection générale qui devrait avoir lieu en 1972.
Source : Fernand Harvey et Peter Southam, Chronologie du Québec (1940-1971), Québec, Institut supérieur des sciences humaines, no 4, janvier 1972, p.40.
Le 14 octobre 1971 Annonce par le gouvernement fédéral de mesures visant à combattre le chômage
Pour contrer le chômage, le gouvernement libéral de Pierre Elliott Trudeau présente une série de mesures dont les coûts sont évalués à un milliard de dollars.
Le gouvernement prévoit notamment augmenter les dépenses publiques et réduire les impôts pour stimuler l'économie canadienne au cours des années à venir. Cette annonce fait suite au dévoilement de données par Statistiques Canada révélant que le taux de chômage au pays a dépassé la barre des 7 %, un sommet depuis janvier 1961.
Source : Fernand Harvey et Peter Southam, Chronologie du Québec (1940-1971), Québec, Institut supérieur des sciences humaines, no 4, janvier 1972, p.14.
Le 15 octobre 1971 Annonce de l'établissement de liens diplomatiques entre le Canada et le Vatican
Le Canada et l'État du Vatican annoncent officiellement leur intention de nouer des relations diplomatiques et d'échanger des ambassadeurs.
Cette nouvelle survient quatre ans après que le premier ministre du Canada, Pierre Elliott Trudeau, eut exprimée au pape Paul VI son désir d'établir des relations diplomatiques officielles entre Ottawa et le Vatican. Le premier représentant du Canada auprès du Vatican sera John Robbins, un ex-fonctionnaire qui a aussi occupé le poste de recteur de l'Université Brandon.
Source : Fernand Harvey et Peter Southam, Chronologie du Québec (1940-1971), Québec, Institut supérieur des sciences humaines, no 4, janvier 1972, p.40. L'Encyclopédie du Canada: édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p.2157. Jean Hamelin et Nive Voisine, Histoire du catholicisme québécois: le XXe siècle, tome 2, de 1940 à nos jours, Montréal, Boréal Express, 1984, p.346-347.
Le 30 octobre 1972 Réélection des libéraux de Pierre Elliott Trudeau à la Chambre des communes à Ottawa
Les libéraux de Pierre Elliott Trudeau remportent les élections générales avec 38,5% des voix. Ils font élire 109 députés à la Chambre des communes contre 107 pour leurs plus proches rivaux, les progressistes-conservateurs de Robert Stanfield.
Il faut attendre le dépouillement de tous les votes avant de confirmer la victoire des libéraux qui ne devancent les progressistes-conservateurs que par deux sièges et 3,5% du vote populaire. Avec respectivement 31 et 15 députés, le Nouveau Parti démocratique (NPD) et le Crédit social détiennent le sort du prochain gouvernement entre leurs mains. Le Crédit social obtient d'ailleurs le deuxième rang au Québec au niveau des sièges (15) et des voix (24,4%). Il n'est devancé que par le Parti libéral qui, dans cette province, récolte 56 sièges sur 73 et 49,1% des voix. Le gouvernement minoritaire que dirige Pierre Elliott Trudeau conservera le pouvoir jusqu'à l'été 1974. Les élections générales du 8 juillet permettront alors aux libéraux d'obtenir à une majorité à la Chambre des communes, comme ce fut le cas entre 1968 et 1972.
Source : Pierre Drouilly, Atlas des élections fédérales au Québec, 1867-1988, Montréal, VLB Éditeur, 1989, 400 p. Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert, François Ricard, Histoire du Québec contemporain: le Québec depuis 1930, Montréal, Boréal, 1987, p.659-662. Craig Brown (sous la direction de), Histoire générale du Canada, Montréal, Boréal, 1990, p.644-652.
Le 30 octobre 1972 Élections de trois Québécoises à la Chambre des communes, à Ottawa
Les libérales Monique Bégin, Albanie Morin et Jeanne Sauvé sont les premières Québécoises à occuper le poste de député à la Chambre des communes, à Ottawa.
La députée de la circonscription de Saint-Michel, Monique Bégin, occupera des fonctions importantes dans le cabinet du premier ministre Pierre Elliott Trudeau. Elle sera notamment ministre du Revenu (1976-1977) et ministre de la Santé nationale et du Bien-être social (1977-1984). La députée d'Ahuntsic, Jeanne Sauvé, détiendra également des portefeuilles importants avant de devenir la première femme à occuper le poste d'orateur de la Chambre des communes (1980-1984), puis de gouverneur général du Canada (1984-1990). Parlant de ses débuts en politique, Monique Bégin dira: « Étant l'une des rares femmes en politique, j'ai eu dès le début le sentiment d'être dans un lieu interdit où j'étais exceptionnellement tolérée. »
Source : L'Encyclopédie du Canada : édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p.283-284 et 2237. (citation extraite de) Don Gilmour, Achille Michaud, Pierre Turgeon, Le Canada: une histoire populaire de la Confédération à nos jours, Saint-Laurent, Fides, 2001, p.273.
Le 13 octobre 1975 Discours du premier ministre Pierre Elliott Trudeau sur l’inflation
Un texte original du Bilan Québec rédigé par Naomie Do, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
À la suite du ralentissement économique de 1975, le Canada vit une période d’austérité qui incite le premier ministre libéral, Pierre Elliott Trudeau, à prendre action en faisant un discours sur l’inflation. Il y annonce le contrôle des salaires et des prix. Cette mesure gouvernementale vise à limiter l’augmentation des prix et des salaires de 1975 à 1978, à la suite de l’inflation élevée qu’ont connue les Canadiens en 1974-1975.
Vers la fin des années 1960, les Canadiens vivent une période économique difficile où l’inflation connait une augmentation progressive. Les années 1970 sont suivies d’un ralentissement important de la croissance économique à la suite du choc pétrolier en 1973. Dans la foulée de la guerre du Kippour, les pays exportateurs de pétrole prennent la décision d’augmenter les prix et de réduire leur production. Cela impacte directement le Canada, dépendant de l’importation pétrolière. D’autres événements importants expliquent la récession vécue au pays, tels que l’inflation déjà élevée, soit à 11 % en 1974, et le choc économique mondial. En 1974, alors que le Parti libéral est réélu à la majorité, le premier ministre, Pierre Elliot Trudeau, fait face à l’inflation, qui devient rapidement la priorité des Canadiens. Il prend la parole le 13 octobre 1975, afin de prononcer un discours télévisé sur ce sujet. Dans ce discours, les Canadiens retrouvent un programme de restrictions d’une durée de trois ans, qui sera le plus sévère depuis la Seconde Guerre mondiale. Parmi ses demandes, le premier ministre explique que cette lutte implique tous les Canadiens qui se doivent de « mettre un frein aux exigences croissantes qu’ils ont à l’égard des ressources du pays, pour que le Canada puisse vivre selon ses moyens ». En effet, Trudeau mettra en place de nombreux programmes et lois, comme la loi anti-inflation fédérale ou encore la mise sur pied du Bureau d’examen et de contrôle des prix et des salaires, qui s’appliquent plus particulièrement aux employés fédéraux, d’entreprises et aux firmes de l’industrie du bâtiment. Celui-ci rappelle cependant aux Canadiens que c’est une lutte qui prendra du temps et des sacrifices de la part de tous, et que la patience sera de mise.
Source : La Presse, 14 octobre 1975, Cahier A, p. A1 et C2; Le Devoir, 14 octobre 1975, p. 1.
Fraser Institute, Canadians relearning hard economic lessons of 70’s and 80’s», 14 juin 2022, https://www.fraserinstitute.org/blogs/canadians-relearning-hard-economic-lessons-of-70s-and-80s#:~:text=The%20gradually%20rising%20inflation%20of,about%20by%20OPEC%20in%201973; Radio-Canada, Le choc pétrolier de 1973 : la fin d’une époque, 27 janvier 2022, https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/aujourd-hui-l-histoire/segments/entrevue/388277/choc-petrolier-petrole-1973-opep; Ronald G. Wirick, Contrôle des salaires et des prix, L’Encyclopédie canadienne, 7 février 2006, http://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/wage-and-price-controls; Taylor C. Noakes, Politique pétrolière et gazière au Canada, 1947-1980, L’Encyclopédie canadienne, 22 mai 2020, https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/politique-petroliere-et-gaziere-au-canada-1947-a-1980; Reg Whitaker, Pierre Elliott Trudeau, L’Encyclopédie Canadienne, 11 juillet 2013, https://www.thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/pierre-elliott-trudeau
McCall-Newman, Christina, Les rouges: portrait intime du parti libéral, Les éditions de l’homme, Montréal, 1983, 528 p.; Economic Council of Canada, The Inflation Dilemma, Ottawa, Minister of Supply and Services Canada, 1976. 189p.; Walter Block et George Lermer, Breaking the Shackles: Deregulating Canadian Industry, The Fraser Institute, , Vancouver, 1989, 400p.
« S’il faut applaudir le gouvernement pour avoir enfin décidé de lutter contre l’inflation autrement qu’en paroles, il n’en faut pas moins voir à ce que ce ne soit pas une simple velléité. Cette lutte, en effet, repose finalement sur un accroissement important de la production et de la productivité dans un grand nombre de secteurs. Les quelques mesures dévoilées hier par M. Trudeau seront insuffisantes pour atteindre ce but. L’accroissement de la construction domiciliaire, par exemple, est impossible sans la baisse du taux d’intérêt que la Banque du Canada vient de hausser. Et si le fédéral ne prend pas d’autres mesures simultanées et complémentaires, l’inflation ne sera que temporairement ralentie. Le Canada deviendra ainsi le 14e pays à avoir lutté sans succès durable contre le fléau inflationniste. Cette lutte, a dit M. Trudeau, sera longue et ardue. Elle devra surtout être énergique et cohérente si l’on veut en assurer la crédibilité et entraîner l’adhésion des citoyens. Car il en va de l’intérêt de tous de supprimer ce fléau, ou du moins de l’atténuer considérablement. »
Ivan Guay, La Presse, 14 octobre 1975, Cahier A, p. A4.
Le 1er octobre 1976 Tenue d'une conférence constitutionnelle des premiers ministres
Les dix premiers ministres provinciaux réunis à Toronto ne parviennent pas à arriver à un consensus pour définir les conditions préalables au rapatriement de la constitution.
Les premiers ministres ne réussissent pas à s'entendre sur des questions cruciales comme la formule d'amendement et le partage des pouvoirs. Les provinces demandent plus d'autonomie en matière d'immigration et souhaitent adopter un modèle semblable au Québec et à l'Ontario. Elles veulent aussi que les droits linguistiques soient confirmés tels que définis lors de la conférence de Victoria, en 1971. À un autre niveau, les premiers ministres réclament plus d'autonomie en matière de taxation des ressources naturelles.
Source : Les Affaires, 11 octobre 1976, p.1 et 8. Le Devoir, 1er octobre 1970, p.1 et 6.
Le 19 octobre 1976 Visite officielle au Japon du premier ministre du Canada, Pierre Elliot Trudeau
À cette occasion, le premier ministre Pierre Elliott Trudeau signe une importante convention économique ainsi qu'un accord culturel avec son homologue japonais Takeo Miki.
Le gouvernement canadien insiste aussi auprès du Japon afin qu'il importe plus de produits canadiens et qu'il investisse dans les sables bitumineux de l'Alberta. Depuis 1975, le Japon se situe, après les États-Unis, au deuxième rang des partenaires commerciaux les plus importants du Canada.
Source : Les Affaires, 25 octobre 1976, p.1 et 30. La Presse, 20 octobre 1976, p.A2.
Le 2 octobre 1981 Adoption d’une motion par l’Assemblée nationale du Québec concernant le rapatriement unilatéral de la Constitution canadienne
Un texte original du Bilan Québec rédigé par Marc-Olivier Jacob, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Le gouvernement fédéral de Pierre Elliott Trudeau, le premier ministre du Canada, veut rapatrier unilatéralement la Constitution afin d’y inclure, entre autres, la Charte canadienne des droits et libertés. Pour faire suite à la décision de la Cour suprême, qu’il est légal de rapatrier et de modifier la Constitution sans le consentement des gouvernements provinciaux, les députés québécois adoptent une motion condamnant ce rapatriement. Elle est adoptée par 111 votes contre 9.
Il s’agit de la deuxième motion votée par l’Assemblée nationale du Québec sur ce sujet. En effet, le 21 novembre 1980, 11 mois plus tôt, le gouvernement du premier ministre péquiste du Québec, René Lévesque, a tenté de rallier les libéraux de Claude Ryan, chef de l’opposition officielle, afin de faire adopter à l’unanimité une motion condamnant le rapatriement unilatéral tel qu'envisagé initialement par le gouvernement fédéral. Les libéraux ont refusé leur consentement, mais la motion a été adoptée par 63 votes contre 21. Le 28 septembre 1981, la Cour suprême du Canada tranche qu’il est légal pour le gouvernement fédéral de rapatrier et de modifier la Constitution du Canada sans le consentement des gouvernements provinciaux. En revanche, celle-ci spécifie que de le faire dans les champs de compétences provinciales est une violation de la convention constitutionnelle. La 1er octobre 1981, Pierre Elliott Trudeau affirme que la décision de la Cour suprême devrait faciliter l’approbation de ce projet par la première ministre britannique Margaret Tchatcher et son gouvernement. Déterminé « à se battre jusqu’au bout » contre le projet de Trudeau, René Lévesque invite les Québécois à s’unir contre le rapatriement de la Constitution. Le 30 septembre 1981, il convoque les députés en session spéciale d’urgence à l’Assemblée nationale du Québec afin d’adopter une nouvelle motion. Le chef du Parti libéral du Québec, Claude Ryan, demande à ses députés de voter en faveur de la motion et de respecter la ligne de parti. Neuf députés libéraux affirment cependant vouloir voter contre cette motion, et ce, malgré de possibles sanctions du chef pouvant aller jusqu’à l’expulsion du caucus. Les neuf députés libéraux en question sont élus dans des circonscriptions majoritairement anglophones à Montréal. Le 2 octobre 1981, la motion est adoptée.
Source : Samson, Jean-Jacques, « NON à toute perte de pouvoir », Le Soleil, 29 septembre 1981, p. A-1 et 2; Picard, Jean-Claude, « L’Assemblée débattra une motion de résistance au projet Trudeau », Le Devoir, 30 septembre 1981, p.1 et 10; Sans auteur, « Trudeau espère convaincre Tchatcher », La Presse, 1er octobre 1981, p.A-2; Vincent, Pierre, « Ryan contre le projet Trudeau », La Presse, 1er octobre 1981, p.A-18, consulté le 27/05/2023; Picard, Jean-Claude, « Le tiers des libéraux ne voteraient pas la motion », Le Devoir, 2 octobre 1981, p.1 et 8, consulté le 27/05/2023; Sans auteur, « La motion d’opposition ou projet Trudeau », La Presse, 2 octobre 1981, p.A-6, consulté le 27/05/2023; Picard, Jean-Claude, « La motion est adoptée par 111 voix contre neuf à l’Assemblée », Le Devoir, 3 octobre 1981, p.1 et 20, consulté le 28/05/2023, Picard, Jean-Claude, « Ryan ne sévira pas contre les neuf dissidents », Le Devoir, 3 octobre 1981, p. 1 et 20, consulté le 28/05/2023, Assemblée nationale du Québec, « Résolution de l’Assemblée nationale du Québec concernant le rapatriement unilatéral de la Constitution canadienne, 2 octobre 1981 », Gouvernement du Québec, Ministère des affaires intergouvernementales, 2 octobre 1981, consulté le 28/05/2023
Beaudoin, Gérald A. et Robert Sheppard. "Renvoi sur le rapatriement". L’Encyclopédie Canadienne, 4 mai 2020, consulté le 26/05/2023; Sans auteur, « Enquête Lévesque », Production Hyperzoom, 30 mai 2018, consulté le 28/05/2023, URL https://www.youtube.com/watch?v=iD8pwc2BCE0; Sans auteur, « Enquête Trudeau », Production Hyperzoom, 30 mai 2018, consulté le 28/05/2023, URL https://www.youtube.com/watch?v=Nye-NO8mF3A; Massicotte, Louis, « L'introuvable unanimité québécoise », La Presse, 5 avril 2012, consulté le 28/05/2023, URL https://www.lapresse.ca/debats/votre-opinion/201204/04/01-4512556-lintrouvable-unanimite-quebecoise.php; Morin, Claude, « Lendemains piégés : Du référendum à la nuit des longs couteaux », Boréal, Montréal, 400 p.
« Les provinces ainsi menacées se regroupent et définissent à l’unanimité leurs perspectives communes de la relance de la révision constitutionnelle. Ce front commun créé en 1976 s’est maintenu jusqu’à aujourd’hui, même si sa dimension et ses perspectives ont évolué. Il s’est d’ailleurs manifesté avec une intensité dramatique réelle en septembre 80. À la fin de la conférence constitutionnelle, les dix gouvernements provinciaux ont présenté unanimement une formule de compromis qui fut rejetée par Pierre Elliott Trudeau. […] D’autres facteurs pourraient être invoqués. Ceux qui précèdent suffisent cependant pour établir la dimension étroite, partisane et irresponsable de l’argument qui vise à tenir les provinces responsables de l’échec de la négociation constitutionnelle. En effet, cet échec réel est le résultat de très nombreux facteurs incluant, à certains moments, les attitudes des provinces. Cependant, il faut compter le refus de reconnaître l’évolution du pays, les as pirations du Québec, le caractère fédéral du régime et la volonté unanime puis largement majoritaire des provinces comme déterminant dans ce blocage. Ce refus est celui d’un homme qui préside depuis 13 ans les travaux de l’entreprise complexe et pleine de risques de reconstruction de ce pays. »
Roy, Jean-Louis, « La recherche des coupables », Le Devoir, 3 octobre 1981, p.20, consulté le 28/05/2023.
Le 16 octobre 1981 Adoption de la Loi sur la Société canadienne des postes
Le gouvernement libéral de Pierre Elliott Trudeau fait adopter la Loi sur la Société canadienne des postes. À l'avenir, le ministère des Postes sera transformé en une société d'État.
À la fin du XXe siècle, la Société canadienne des postes comptera un peu plus de 50 000 employés et des recettes annuelles d'environ 6 milliards de dollars.
La bourse s'écroule à Wall Street et perd plus de 500 points. Cette chute a des répercussions sur la Bourse de Montréal qui subit l'une des baisses les plus importantes des dernières années.
Les titres de Régime épargne-action (REA) affichent une baisse d'autant plus dramatique qu'ils ont connu, pendant quelques années, un accroissement de valeur supérieur à la moyenne du marché boursier. Selon Pierre Lussier, directeur de recherche chez Tassé et associés: « l'arrêt de la coopération qui existait entre les États-Unis, le Japon et l'Allemagne en vue de soutenir le dollar américain a miné la confiance. Alors que le Japon et l'Allemagne devaient baisser leur taux d'intérêts pour favoriser les exportations américaines, ils ont exactement fait le contraire. De plus, le marché obligataire produit un rendement supérieur à celui du marché boursier. »
Le 4 octobre 1989 Annonce d'importantes coupures chez Via Rail
Le ministre fédéral des Transports, Benoit Bouchard, annonce que d'importantes coupures de personnel seront effectuées chez Via Rail à compter du 15 janvier 1990. Au Québec seulement, 994 postes seront coupés.
Au total, 2 761 personnes seront mises à pied à travers le Canada, c'est-à-dire 38 % des 7 300 employés de Via Rail. Les indemnités de cessation d'emploi coûteront 140 millions de dollars à la compagnie au cours des cinq premières années et certains employés congédiés appartenant à la « Fraternité des cheminots » recevront leur plein salaire jusqu'à l'âge de la retraite. Via Rail ne conservera que 51 % de son réseau actuel, fermant des liaisons telles que Montréal-Sherbrooke et le transcontinental appelé « Le Canadien », qui va de Montréal à Vancouver. Grâce à ces coupures, le gouvernement fédéral entend faire des économies de 1 milliard de dollars en cinq ans. Malgré ces économies, le gouvernement conservateur de Brian Mulroney se fait accuser par les Libéraux et les Néo-démocrates de vouloir détruire un des éléments importants de l'unité nationale en procédant à la mise au rancart de la moitié des services fournis par Via Rail. Le chef libéral John Turner souligne que la Colombie-Britannique est entrée dans la Confédération, en 1871, à la condition qu'elle soit reliée au reste du pays par le train. Selon lui, « Nous assistons aujourd'hui à un bris d'une garantie constitutionnelle donnée à cette province ». À Québec, tant dans les rangs libéraux que péquistes, on accuse le ministre Bouchard de faire porter tout le poids des coupures sur le Québec, soit la moitié des emplois concernés par la restructuration. Chez les Libéraux québécois, on va même jusqu'à demander aux Conservateurs de Mulroney de faire la preuve que le fédéralisme peut encore servir le Québec.
Le 30 octobre 1989 Motion visant à faire résilier l'appui de Terre-Neuve à l'accord du lac Meech
Le premier ministre de Terre-Neuve, Clyde Wells, annonce son intention de soumettre à la législature de sa province une motion visant à faire résilier son approbation à l'accord du lac Meech.
Lors de la première journée d'une conférence des premiers ministres, le 9 novembre, le premier ministre du Québec, Robert Bourassa, se retire de la salle au moment où Clyde Wells explique les raisons de son opposition à l'accord du lac Meech. Par ce geste, il veut montrer que le gouvernement du Québec refuse tout dialogue avec Terre-Neuve. Le 4 avril 1990, Wells présentera néanmoins à la législature de sa province une motion visant à retirer l'appui manifesté préalablement à l'accord du lac Meech. Cette décision soulèvera l'ire de nombreux politiciens, dont le ministre fédéral de l'Environnement, Lucien Bouchard. Précisons que c'est Brian Peckford qui était premier ministre de Terre-Neuve au moment où le projet constitutionnel du lac Meech a fait l'objet d'une entente, en 1987.
Source : Le Devoir, 7 avril 1990, p.1 et 12. L'Encyclopédie du Canada : édition 2000, Montréal, Stanké, 1999, p.12-13.
Le 23 octobre 1990 Adoption d'une motion par la Chambre des communes condamnant l'invasion du Koweït par l'Irak
Le gouvernement progressiste-conservateur de Brian Mulroney fait adopter par la Chambre des communes une motion appuyant les résolutions formulées par le Conseil de sécurité de l'Organisation des Nations Unies. Celles-ci condamnent l'invasion du Koweït par l'Irak survenue le 2 août 1990.
La motion du gouvernement, qui a fait l'objet de quelques modifications depuis son dépôt, le 24 septembre, se lit comme suit: « Que la Chambre condamne l'invasion du Koweït par l'Irak et, stimulée par le consensus international sans précédent exigeant le retrait immédiat et sans condition des forces irakiennes du Koweït et le rétablissement complet du gouvernement légitime du Koweït, proclame ouvertement son appui aux résolutions pertinentes du Conseil de sécurité des Nations Unies qui ont été adoptées depuis le 2 août, et à l'envoi de membres, de navires et d'appareils des Forces armées canadiennes pour prendre part à l'effort militaire multinational dans la région de la péninsule arabique, et accepte, étant donné le sérieux de la situation, l'engagement du gouvernement de déposer une nouvelle résolution devant la Chambre dans l'éventualité du déclenchement mettant en cause les Forces armées canadiennes dans la région de la péninsule arabique. » Les députés libéraux votent en faveur de la résolution malgré certaines réserves, dont un blâme sévère à l'endroit du gouvernement qui n'a pas cru bon de rappeler la Chambre au mois d'août pour débattre de la pertinence d'envoyer des troupes canadiennes dans le Golfe. Pour leur part, les députés Néo-Démocrates votent contre la motion, se méfiant du rapprochement trop évident démontré par le gouvernement canadien à l'endroit des positions américaines.
Source : Janin Desmarais, mémoire de maîtrise à déposer sur la politique extérieure canadienne lors de la guerre du Golfe (titre indéterminé), Université de Sherbrooke.
Le 2 octobre 1991 Adoption d'une Loi spéciale pour régler la grève des fonctionnaires fédéraux
La Loi sur le retour au travail des fonctionnaires fédéraux est adoptée par le Sénat et proclamée immédiatement, ce qui force le retour au travail des grévistes.
Le gouvernement fédéral met fin à la grève de quelque 70 000 fonctionnaires en proclamant une loi de retour au travail quelques minutes à peine après son adoption par le Sénat. La loi prévoit des amendes de 1 000 $ par jour pour chaque employé qui déciderait de ne pas aller travailler. Les leaders syndicaux auraient droit à 50 000 $ d'amende par jour alors que, pour leurs centrales, cette somme pourrait atteindre 100 000 $. En plus du retour au travail, la nouvelle loi décrète un gel des salaires pour l'année et une augmentation de 3 % en 1992. Le projet de loi C29 a été présenté à la Chambre des communes il y a deux semaines, le 16 septembre. Cela faisait alors une semaine qu'avait commencé le mouvement de grève qui s'est vite généralisé. Le gouvernement ne pouvant légiférer sur la façon dont les fonctionnaires travaillent, l'exécutif syndical, présidé par Daryl Bean, a donné son appui à ceux et celles qui décideront de continuer leurs moyens de pression à l'intérieur de leurs fonctions.
Source : La Presse, 4 octobre 1991 p. A4, 3 octobre 1991 p. B1
Le 26 octobre 1992 Tenue d'un référendum national sur les accords de Charlottetown
À l'issue d'une campagne référendaire faite à la grandeur du Canada, l'entente constitutionnelle de Charlottetown est rejetée par six provinces sur dix, dont le Québec. Sur l'ensemble du Canada, le « Non » l'emporte avec une claire majorité de 54,8 % tandis que le « Oui » ne recueille que 45,2 % du vote.
À la suite de l'échec de l'entente du lac Meech, la crise constitutionnelle s'aggrave. Le premier ministre du Québec, Robert Bourassa, menace de tenir un référendum sur la souveraineté si les exigences québécoises ne sont pas satisfaites. Le gouvernement fédéral et son ministre responsable des Affaires constitutionnelles, Joe Clark, travaillent sur de nouvelles propositions dès l'été 1991 et aboutissent à l'Accord de Charlottetown. Celui-ci diffère de Meech sur plusieurs aspects. Il comprend notamment des clauses sur la reconnaissance d'une autonomie gouvernementale pour les Autochtones ainsi qu'une réforme du Sénat. Après de longues négociations, les premiers ministres canadiens présentent le projet final, baptisé « Accord de Charlottetown », en août 1992. Pour ce qui est du Québec, on présente certaines garanties sur la représentation à la Chambre des communes et à la Cour suprême. On propose également une réforme du Sénat, la passation de certains champs de compétence secondaires aux provinces ainsi que la reconnaissance du droit des Autochtones à l'autonomie gouvernementale. Dans les milieux nationalistes québécois, on estime que c'est trop peu et que l'entente est beaucoup moins avantageuse que celle du lac Meech. Celle-ci est soumise à un référendum pancanadien le 26 octobre 1992, mais plus de 54 % des Canadiens et des Canadiennes la rejettent. Au Québec, 83 % des électeurs participent au référendum. Ils appuient le « Non » dans une proportion de 56,6 %. Cette option recueille une majorité dans presque toutes les régions de la province sauf l'Ouest de Montréal et l'Outaouais qui supportent le « Oui ». Sur le plan canadien, cinq autres provinces -Nouvelle-Écosse (51,2 %), Manitoba (61,6 %), Saskatchewan (55,3 %), Alberta (60,2 %), Colombie-Britannique (68,3 %)- votent majoritairement «Non» alors que l'Ontario (50,1 %), Terre-Neuve (63,2 %), l'Île-du-Prince-Édouard (73,9 %) et le Nouveau-Brunswick (61,8 %) se prononcent en faveur de l'accord. Ces résultats reflètent la profonde division qui règne au Canada dans le domaine constitutionnel. Déçu par les résultats, le premier ministre Bourassa déclare: « Notre priorité redevient l'économie et les finances publiques. Je suis convaincu que nous pouvons continuer à faire avancer le Québec. »
Source : La Presse, 27 octobre 1992, p.A2 et autres.
Le 25 octobre 1993 Élection des libéraux de Jean Chrétien à la Chambre des communes à Ottawa
Les libéraux de Jean Chrétien font élire 178 députés à la Chambre des communes contre 54 pour leurs plus proches rivaux, le Bloc québécois de Lucien Bouchard.
Après avoir succédé à John Turner à la tête du Parti libéral (PLC), Jean Chrétien mène les siens à une victoire décisive lors des élections générales du 25 octobre 1993. Les principaux appuis du PLC proviennent surtout des Maritimes et de l'Ontario puisqu'au Québec le Bloc québécois, une nouvelle formation dirigée par l'ancien ministre progressiste-conservateur Lucien Bouchard, réussit à enlever 54 des 75 sièges en jeu. Cette récolte fait du Bloc Québécois l'opposition officielle à Ottawa. Cette tournure des événements cause certaines inquiétudes au Canada car le Bloc, qui ne présente des candidats qu'au Québec, milite ouvertement en faveur de la souveraineté de cette province. Dans les provinces de l'Ouest, c'est le Reform Party, un parti de droite dirigé par Preston Manning, qui a la faveur de l'électorat. Les 52 députés qu'il fait élire le place nettement en avant des libéraux dans ces provinces. Ils permettent également aux réformistes de distancer largement les progressistes-conservateurs de Kim Campbell qui ne réussissent à faire élire que deux députés à la grandeur du pays. C'est la baisse de popularité la plus importante jamais enregistrée par cette formation politique qui avait pourtant remporté les élections générales de 1984 et 1988. Pour Pierre-Claude Nolin, organisateur des conservateurs au Québec, cette débandade s'explique essentiellement par: « la récession mondiale et l'échec du l'Accord du lac Meech ».
Source : La Presse, 26 octobre 1993, p.A1, A3-A5 et autres. L'Encyclopédie du Canada : édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p.495.
Le 14 octobre 1995 Élection d'Alexa McDonough à la tête du Nouveau Parti démocratique
À l'âge de 51 ans, Alexa McDonough succède à Audrey McLaughlin à la direction nationale du Nouveau Parti démocratique (NPD). McDonough a dirigé le NPD en Nouvelle-Écosse de 1980 à 1994.
Le congrès, qui se déroule à Ottawa, prend une tournure inhabituelle alors que le meneur au premier tour, Svend Robinson, concède la victoire à McDonough avant la tenue du second tour. Robinson considérait à ce moment que les voix du troisième candidat, Lorne Nystrom, feraient éventuellement pencher la balance en faveur de McDonough. Celle-ci fera son entrée à la Chambre des communes l'année suivante, après l'élection générale de juin 1997 qui permettra au NPD de faire élire 21 candidats.
Le 7 octobre 1997 Obtention de réparations par l'ex-premier ministre Brian Mulroney
L'ex-premier ministre du Canada, Brian Mulroney, reçoit une somme de 2 millions de dollars en compensation pour les diffamations dont il a été victime à la suite de l'achat d'avions Airbus par son gouvernement, en 1988.
La somme défrayée par la Gendarmerie royale du Canada comprend les dépenses occasionnées par la défense de Mulroney ainsi qu'un montant compensatoire. Cette entente survient après que l'ex-premier ministre ait menacé la GRC de poursuites pour des montants beaucoup plus élevés que ceux prévus par le règlement final.
Le 14 octobre 1998 Annonce d'un excédent budgétaire par le gouvernement fédéral
Le ministre fédéral des Finances, Paul Martin, annonce que l'exercice financier en cours se soldera par un excédent budgétaire.
Cette annonce survient quelques mois après le dépôt d'un budget excédentaire, le premier en 28 ans pour le gouvernement canadien. Le ministre s'empresse cependant de tempérer l'optimisme des Canadiens: « Il ne faut pas se faire d'illusions. On doit s'attendre à d'autres perturbations importantes au cours des mois qui viennent. La tempête qui souffle sur les marchés financiers n'est pas terminée et elle se fera sentir au Canada, même si nous sommes bien préparés et même si nous ne sommes pas au cœur de la tourmente. » Lors du dépôt du budget, l'année suivante, le ministre Martin répondra à une des demandes des provinces en augmentant les montants prévus pour la santé. Il promet également aux contribuables des baisses d'impôt pour les années à venir.
Le 19 octobre 1999 Dévoilement d'un jugement de la Cour d'appel favorable au respect du principe d'équité salariale
À la suite d'un jugement de la Cour fédérale d'appel, le gouvernement fédéral doit verser une somme rétroactive de 4 à 5 milliards de dollars à ses anciens fonctionnaires pour respecter le principe d'équité salariale.
Cette décision de la Cour d'appel va dans le sens du verdict rendu par le Tribunal des droits de la personne en août 1998. Le syndicat des fonctionnaires se réjouit de la position des juges alors que la présidente du Conseil du Trésor, Lucienne Robillard, annonce qu'elle attendra avant de faire connaître sa décision finale.
Le 20 octobre 1999 Tenue d'une mission économique du premier ministre Lucien Bouchard en Californie
Le premier ministre du Québec, Lucien Bouchard, entreprend une tournée économique et culturelle en Californie. Il est accompagné des représentants de l'industrie québécoise du « trois dimensions ».
Cette mission économique rapportera à la compagnie Hybride Technologies de Saint-Sauveur un contrat de 5 millions de dollars avec un producteur de Los Angeles.
Source : Le Devoir, 22 octobre 1999, p.A4, 23 octobre 1999, p.A3.
Le 23 octobre 2000 Signature d'une entente entre Ottawa et Kahnesatake
À la suite d'une entente entre le gouvernement fédéral et les autorités de Kahnesatake, cette communauté devient la seule qui n'est plus sous la juridiction des Affaires indiennes et du Nord Canada.
Un système législatif sera mis sur pied dans la communauté Mohawk, imposant aux autochtones le respect des lois et des juges mohawks qui seront nommés afin de faire respecter ces lois. Le grand chef du conseil de bande, James Gabriel, s'attaquera prioritairement au chômage, qui se situe entre 50 et 60 %. Gabriel affirme: « Nous sommes partis de loin. Jamais rien n'a été fait ici pour améliorer le sort des membres de la communauté, c'est pour cette raison que nous avons connu de la difficulté avec les anciens. Dorénavant, nous allons avoir nos lois et notre système judiciaire pénal et civil (...) Actuellement, nous ne sommes pas capables de communiquer par courriel et si nous voulons amener chez nous des commerces et des industries, il est primordial qu'ils puissent utiliser l'Internet. Je pense bien pouvoir conclure une entente avant les prochaines élections ici. »
Le 18 octobre 2002 Participation du gouvernement québécois au Sommet de Beyrouth
Une visite au Liban de la ministre des Relations internationales, Louise Beaudouin, a précédé d'un mois le neuvième Sommet de l'Organisation internationale de la Francophonie qui se tient à Beyrouth du 18 au 20 octobre 2002. C'est la première fois que cette rencontre se déroule dans un pays arabe.
Ce sommet a été reporté d'un an à cause des attentats terroristes du 11 septembre 2001 aux États-Unis. Pour le premier ministre du Québec, Bernard Landry: « sans minimiser le politique, la base de la solidarité francophone doit se transmettre dans l'action, dans l'entraide. Et par les gestes. Le politique doit soutenir la coopération. (...) Il faut que la coopération soit dominante. » Le Sommet de la Francophonie constitue une occasion pour le Québec de resserrer ses liens avec le Liban. Il y a dans cette province 150 000 citoyens qui sont d'origine libanaise. Parmi les grands thèmes qui sont abordés au cours de cette rencontre, soulignons l'appui à une éventuelle convention internationale sur la diversité culturelle, la question du désarmement de l'Irak, la lutte au terrorisme et l'adoption d'une déclaration fixant les critères minimums de la démocratie et du respect des droits de l'homme par les pays de la Francophonie.
Source : Le Devoir, 19 septembre 2002, p.A4, 18 octobre 2002, p.A1, 19 octobre 2002, p.A1, 21 octobre 2002, p.A1. Québec Info, « Le Québec au Sommet de Beyrouth», v.9, n.1, hiver 2003, p.12-13.
Le 16 octobre 2003 Annonce de la fusion de deux formations politiques canadiennes
Le chef du Parti progressiste-conservateur (PPC) du Canada, Peter MacKay, et celui de l'Alliance canadienne, Stephen Harper, échangent une poignée de main annonçant la fusion éventuelle de leurs deux formations en une seule: le Parti conservateur du Canada.
Perçue depuis le début des années 1990 comme un obstacle majeur au renversement du gouvernement libéral, la division de la droite canadienne entre deux partis apparaissait encore comme une entreprise hasardeuse il y a peine quelques semaines. L'annonce de cette fusion ne fait d'ailleurs pas que des heureux. L'ancien chef conservateur, Joe Clark, et le député André Bachand sont parmi ceux qui expriment des réticences quant à sa pertinence. Les membres des deux partis seront appelés à se prononcer sur cette fusion le 12 décembre, étape qui devrait mener à une course au leadership au mois de mars suivant. « Nos épées seront dorénavant pointées vers les libéraux et non pas l'un vers l'autre », affirme Harper. La nouvelle formation aura cependant fort à faire pour combler le retard qui la sépare du Parti libéral du Canada (PLC) que Paul Martin dirigera vraisemblablement lors de la prochaine élection générale prévue pour 2004. Les spéculations vont maintenant bon train relativement à l'identité de celui qui dirigera le Parti conservateur. Les noms de Mackay et Harper sont mentionnés, ainsi que celui de l'ex-premier ministre de l'Ontario, Mike Harris, que plusieurs perçoivent comme le seul capable de favoriser une percée du PC dans cette province.
Source : Le Devoir, 16 octobre 2003, p.1 et A8; 17 octobre 2003, p.A3.
Le 28 octobre 2005 Signature d'une entente inter-gouvernementale sur les garderies
Le premier ministre canadien Paul Martin, son homologue québécois, Jean Charest, et plusieurs ministres sont réunis à Montréal pour annoncer une entente sur les garderies. Elle prévoit le versement à Québec de 1,12 milliards de dollars sur une période de cinq ans.
Cette annonce règle un vieux litige entre Ottawa et Québec. Le Québec ayant son propre programme de garderies, son gouvernement demandait notamment à ce que, en conformité avec le respect de ses compétences, les sommes prévues par le programme fédéral lui soient versées sans conditions. Le premier ministre Martin accepte cette exigence, déclarant : « Il est reconnu que le système québécois mise sur des principes de qualité, d'inclusion universelle, d'accessibilité, de développement, qui sont les objectifs que nous poursuivons. » Les deux premiers ministres, ainsi que quatre autres ministres des deux gouvernements, sont sur place pour cette annonce qui est faite quelques semaines avant le déclenchement des élections fédérales. L'objectif de Québec est d'atteindre 200 000 places en garderies d'ici peu.
Source : La Presse, 29 octobre 2005, p. A1. Le Devoir, 30 octobre 2005, p. A2.
Le 14 octobre 2008 Réélection des conservateurs de Stephen Harper à la Chambre des communes à Ottawa
Le Parti conservateur canadien (PCC) de Stephen Harper remporte les élections générales avec 37,6% des voix. Les conservateurs font élire 143 députés à la Chambre des communes contre 76 pour leurs plus proches rivaux, les libéraux de Stéphane Dion.
Le premier ministre Harper déclenche des élections générales environ deux ans et demi après l'arrivée au pouvoir du PCC, en février 2006. Cette décision survient alors que la menace d'une récession d'envergure plane sur l'économie canadienne. Le gouvernement espère que le scrutin lui permettra d'obtenir une majorité de sièges à la Chambre des communes, une situation qui lui donnerait les coudées franches face aux formations d'opposition. Même si le chef du Parti libéral du Canada (PLC), Stéphane Dion, mise sur un audacieux plan environnemental pour convaincre les électeurs, le PCC a le vent en poupe au début de la campagne. Le scénario d'un gouvernement conservateur majoritaire est toutefois miné par le succès du Bloc québécois (BQ), une formation de centre gauche, favorable à l'indépendance du Québec, qui fait élire 50 députés dans cette province. Malgré une majorité en Ontario, la province la plus populeuse du pays, les conservateurs doivent donc se contenter d'un autre gouvernement minoritaire avec 143 sièges sur 308. Les libéraux chutent pour leur part à 72 sièges avec seulement 26,2% des voix, un résultat décevant qui entraînera une remise en question du leadership de Dion. L'autre grand parti pancanadien, le Nouveau Parti démocratique (NPD), une formation de gauche, obtient pour sa part la deuxième meilleure représentation de son histoire avec 37 sièges. La constitution d'un autre gouvernement minoritaire, le troisième en quatre ans, fait l'objet de plusieurs analyses. Il en va de même du taux de participation de 58%, le plus faible observé pour des élections générales canadiennes.
Source : La Presse, 15 octobre 2008; Le Devoir, 15octobre 2008. http://elections.radio-canada.ca/elections/federales2008/2008/10/15/037-harper-plan-mercredi.shtml http://www.radio-canada.ca/nouvelles/carnets/2008/10/15/107385.shtml?auteur=2094
Le 30 octobre 2008 Assermentation du nouveau cabinet du premier ministre Stephen Harper
Quelques jours après la réélection du gouvernement conservateur, le premier ministre Stephen Harper annonce la composition de son nouveau cabinet. Cinq députés du Québec en font partie, dont le nouveau ministre des Affaires étrangères, Lawrence Cannon.
On retrouve plusieurs visages connus au sein de ce conseil des ministres. C'est le cas par exemple du ministre des Finances, Jim Flaherty, et du ministre de la Défense, Peter MacKay, qui conservent leurs portefeuilles respectifs. Le nouveau ministre du Patrimoine et des Affaires culturelles, James Moore, reçoit un accueil positif, de même que la nouvelle titulaire de l'important ministère de la Santé, Leona Aglukkaq, une députée élue au Nunavut. En tout, 38 ministres forment le cabinet au sein duquel une grande place est accordée à l'Ontario, province qui accorde un soutien grandissant aux conservateurs. En revanche, le Québec, qui n'a élu que 10 conservateurs, est faiblement représenté. Parmi ses têtes d'affiche, on retrouve Lawrence Cannon, aux Affaires étrangères, ainsi que Christian Paradis. Présenté comme une étoile montante du parti, celui-ci cumulera les fonctions de ministre des Travaux publics, de ministre responsable de Montréal et de lieutenant politique pour le Québec. Denis Lebel, Jean-Pierre Blackburn et Josée Verner siègeront également au conseil des ministres qui compte 11 femmes. Un des premiers défis du nouveau gouvernement est posé par la menace de crise économique qui se précise sur l'économie mondiale et qui risque d'affecter le Canada bientôt.
Source : Le Devoir, 31 octobre 2008, p. 1, A4-A5, A10. La Presse, 31 octobre 2008, p. A2-A7, A17. http://www.cyberpresse.ca/le-soleil/actualites/politique/200810/29/01-34259-christian-paradis-prend-du-galon-a-ottawa.php http://www1.radio-canada.ca/regions/Montreal/2008/10/30/008-Cabinet-harper-paradis_n.shtml
Le 1er octobre 2010 Installation du nouveau gouverneur général du Canada, Donald Johnston
Le premier ministre Stephen Harper choisit Donald Johnston, un intellectuel qui a fait carrière dans le domaine de l'éducation, pour succéder à Michaëlle Jean au poste de gouverneur général du Canada.
À l'expiration du mandat de cinq ans de la gouverneure général Michaëlle Jean, le premier ministre Stephen Harper se tourne vers un ancien professeur de droit originaire de l'Ontario, Donald Johnston, pour lui succéder. Âgé de 69 ans, celui-ci a une longue feuille de route dans le domaine de l'éducation, ayant occupé, entre autres, le poste de recteur de l'université McGill et de l'université de Waterloo. Parfaitement bilingue, Johnston se dit préoccupé par la situation de l'éducation, promettant de consacrer ses énergies à l'égalité des chances et au développement de l'excellence, des thèmes abordés dans son allocution portant sur un « appel au service » de ses compatriotes. Présente à cette occasion, Michaëlle Jean reçoit un accueil chaleureux des parlementaires présents. Accueillie froidement par les nationalistes québécois lors de sa nomination, celle-ci a eu un mandat chargé, marqué notamment par la controverse entourant la demande de prorogation des travaux du Parlement obtenue par le gouvernement Harper à la fin de 2008. Après son départ, Mme Jean occupera le poste d'envoyée spéciale de l'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture (UNESCO) en Haïti, pays natal de l'ex-gouverneure générale qui a été dévasté par un effroyable tremblement de terre en janvier 2010.
Source : La Presse, 2 octobre 2010, p. A4; Le Devoir, 2 octobre 2010, p. A2. http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2010/10/01/002-johnston-ceremonie-gouverneur.shtml
Le 12 octobre 2010 Retrait de la candidature du Canada pour un siège au Conseil de sécurité des Nations unies
Après deux tours de scrutin qui laissent présager une défaite, le Canada retire sa candidature en vue de l'obtention d'un siège au Conseil de sécurité des Nations unies. Cet échec suscite de nombreuses réactions au pays.
Depuis 1948, le Canada a été élu lors de ses six candidatures pour un des sièges non-permanents disponibles sur le Conseil de sécurité des Nations unies. Sur les cinq sièges ouverts en 2010, trois sont déjà comblés alors que ceux que possédaient la Turquie et l'Autriche sont en jeu. Chaque pays a droit à deux votes et, lors du premier tour, l'Allemagne se qualifie avec 128 votes, contre 122 pour le Portugal et 114 pour le Canada. Le Portugal n'atteint pas les deux tiers requis au second tour, mais ses 113 votes, contre les 78 du Canada, convainquent les Canadiens, pourtant confiants au départ, de se retirer de la course. De fait, le Portugal aurait remporté le troisième tour avec une majorité sans équivoque de 150 votes contre 32. Cet échec suscite de nombreuses réactions. Plusieurs observateurs, et même un sondage d'opinion, tendent à imputer ce résultat à la perte d'influence du Canada sur la scène internationale, conséquence de certaines politiques adoptées par le gouvernement conservateur de Stephen Harper (position sur les changements climatiques, diplomatie moins active sur le terrain, appui sans réserve à Israël lors de l'intervention au Liban à l'été 2006, etc.) Le Portugal aurait d'ailleurs profité du vote des pays arabes qu'il avait courtisés activement. Le premier ministre Harper brosse pour sa part un bilan moins sombre de la situation, reprochant au chef de l'opposition, Michael Ignatieff, d'avoir tenu des propos qui auraient été de nature à nuire aux chances du Canada.
Source : Le Devoir, 13 octobre 2010, p.1 et al.; La Presse, 13 octobre 2010, p. 1 et al. http://www.radio-canada.ca/nouvelles/International/2010/10/12/007-canada-onu-siege.shtml
Le 2 octobre 2012 Annonce de la candidature de Justin Trudeau au poste de chef du Parti libéral du Canada
Mettant fin à une rumeur persistante, le député de Papineau, Justin Trudeau, annonce qu'il participera à la course au leadership du Parti libéral du Canada (PLC). La candidature du fils de l'ex-premier ministre Pierre Elliott Trudeau suscite beaucoup d'intérêt au sein du PLC, relégué à la deuxième opposition depuis les élections du 2 mai 2011.
Seulement quelques candidats ont manifesté leur intention d'être dans la course au leadership du PLC - Alex Burton, Deborah Coyne, etc. - , lorsque Justin Trudeau annonce officiellement son désir de succéder à Bob Rae. Ce dernier assume l'intérim à la tête du PLC depuis le départ de Michael Ignatieff, en mai 2011. Âgé de 40 ans, le député de Papineau, en poste depuis 2008, suscite de fortes attentes auprès des libéraux. En plus de Rae, ceux-ci ont eu quatre autres chefs - Jean Chrétien, Paul Martin, Stéphane Dion, Michael Ignatieff - au cours de la dernière décennie, décennie qui a aussi été marquée par une baisse importante au niveau des intentions de vote et des sièges à la Chambre des communes. Le 2 octobre 2012, Justin Trudeau tient un discours émotif, rappelant son profond attachement au Canada, mais sans entrer dans le détail des politiques qu'il compte proposer. Cet aspect est souligné par plusieurs observateurs qui s'interrogent sur les orientations qu'il compte donner au PLC. Le peu d'expérience de Trudeau, qui n'a occupé aucun poste ministériel, soulève également des questions. Sa popularité semble cependant grande chez les libéraux. De plus, la notoriété de son nom contribue à créer de l'intérêt autour de la course au leadership du parti, et ce, même si aucun rival de renom n'a confirmé sa candidature. D'ailleurs, un de ceux qui étaient pressentis pour entrer dans la lutte, le député de Beauséjour Dominic Leblanc, annonce rapidement qu'il ne sera pas sur les rangs et que son support est acquis à Trudeau. Un « effet Trudeau » se manifeste dans un sondage, paru le 14 octobre, qui place le PLC au deuxième rang sur la scène nationale, juste derrière les conservateurs de Stephen Harper.
Le 5 octobre 2012 Nomination de Richard Wagner au poste de juge à la Cour suprême
Le départ de la juge Marie Deschamps laisse un poste vacant à la Cour suprême du Canada. Il est comblé par Richard Wagner, un juge à la Cour d'appel du Québec dont la nomination est bien accueillie par les partis politiques fédéraux.
Après avoir siégé à la Cour suprême depuis 2002, la juge Marie Deschamps quitte ses fonctions le 7 août 2012. Comme la loi le prévoit, le premier ministre Stephen Harper se tourne vers un autre Québécois pour lui succéder. Il s'agit de Richard Wagner, un ex-juge à la Cour supérieure du Québec qui siège à la Cour d'appel depuis 2011. Le choix d'un nouveau juge à la Cour suprême crée parfois des remous au sein de la classe politique, mais cette nomination est bien reçue par tous les partis. Cette décision éloigne toutefois le plus haut tribunal au pays de la parité, puisque désormais celui-ci comptera 6 hommes et 3 femmes. Bien connu au sein de la magistrature, Wagner a été, entre autres, dans l'œil des médias lors de la condamnation de Vincent Lacroix, impliqué dans le scandale financier Norbourg. Soulignons par ailleurs que le nouveau juge à la Cour suprême est le fils de Claude Wagner, un ex-ministre de la Justice dans le gouvernement de Jean Lesage ainsi qu'un candidat défait au leadership des libéraux provinciaux, en 1970, et des progressistes-conservateurs, en 1976.
Le 18 octobre 2013 Entente de principe commerciale historique entre le Canada et l'Union européenne
Le premier ministre canadien Stephen Harper et le président de la Commission européenne, Jose Manuel Barroso, sont réunis à Bruxelles, en Belgique, afin de signer une entente commerciale historique. Si elle est ratifiée, elle éliminera presque totalement les tarifs douaniers sur les exportations entre le Canada et l'Union européenne.
Le premier ministre Harper qualifie de « gain historique pour le Canada » cette entente de principe, souhaitée par certains depuis longtemps, qui est l'aboutissement de quatre années de négociations. Advenant sa ratification, celle-ci prévoit la suppression de la presque totalité des tarifs douaniers entre le Canada et l'Union européenne (UE), un marché d'environ un demi-milliard de consommateurs. Des retombées économiques de plusieurs milliards de dollars sont escomptées ainsi que la création de dizaines de milliers d'emplois au Canada. Le gouvernement québécois, les partis d'opposition, tant à Québec qu'à Ottawa, ainsi que les milieux d'affaires se réjouissent de la signature de cet Accord économique et commercial global (AECG) dont un des plus ardents promoteurs a été l'ex-premier ministre Jean Charest. Des avantages sont espérés au Québec qui compte pour 35% des exportations canadiennes avec l'UE. On évoque aussi la possibilité que le Canada serve de porte entrée aux États-Unis pour des entreprises européennes, quoique des négociations sont également en cours entre Américains et Européens sur une entente commerciale d'envergure. D'autres volets touchés par l'AECG sont la reconnaissance professionnelle réciproque et l'élimination des limites à l'accès aux appels d'offre publics. Le secteur qui suscite les plus fortes réactions est celui de l'agriculture. Les Européens s'inquiètent d'une éventuelle invasion des viandes en provenance du Canada, alors que les producteurs québécois regardent avec crainte une entrée plus significative des fromages européens. Le gouvernement envisage à cet égard de verser des compensations pendant une phase transitoire. Avant d'entrer en vigueur, cette entente de principe devra être ratifiée par le Parlement canadien et ceux des provinces, ce qui ne devrait pas poser problème, ainsi que les législatures des 28 pays de l'UE et par Bruxelles, ce qui pourrait s'avérer plus compliqué.
Le 7 octobre 2014 Adoption à la Chambre des communes d'une motion sur une mission de combat canadienne contre l'État islamique
À l'image des États-Unis et d'autres pays, le Canada accroît son intervention contre l'État islamique, actif en Irak et en Syrie. Il enverra des avions de chasse Cf-18 et d'autres appareils de surveillance en mission pour une durée maximale de 60 jours, mais aucune action terrestre n'est envisagée.
L'État islamique (EI) est une organisation djihadiste armée qui occupe une part importante du nord de l'Irak et de l'est de la Syrie où ses dirigeants proclament un califat en juin 2014. L'EI n'est pas reconnu sur la scène internationale, mais il continue de progresser et d'accroître son influence, incitant des pays à réagir. C'est le cas des États-Unis et d'autres pays, comme le Royaume-Uni et la France. Des conseillers militaires sont déployés et des frappes aériennes se multiplient. La pression de participer à cette initiative s'accentue sur le gouvernement canadien, dirigé par les conservateurs de Stephen Harper. Elle vient notamment des États-Unis, mais aussi d'une indignation croissante dans la population à la suite d'exécutions filmées de civils occidentaux par l'EI. Des menaces sont également proférées par l'EI à l'endroit des Canadiens. Une motion est déposée devant la Chambre des communes. Elle propose une mission de combat d'une durée maximale de 6 mois, impliquant des avions de chasse CF-18 ainsi que d'autres appareils de surveillance. À la soixantaine de conseillers canadiens déjà en place, appuyant les troupes irakiennes, se joindraient environ 600 autres militaires impliqués dans ces missions. La motion fait l'objet d'un débat en octobre. Les néo-démocrates de Thomas Mulcair et les libéraux de Justin Trudeau s'opposent à cette motion, demandant davantage de détails et redoutant un enlisement. Mulcair propose plutôt un rôle humanitaire pour le Canada. Dans les grandes lignes, Trudeau abonde dans le même sens. Ils ont l'appui de leurs députés ainsi que celui de l'ex-premier ministre Jean Chrétien qui intervient dans les journaux. Seul le libéral Irwin Cotler s'abstient. En revanche, d'autres politiques comme le sénateur Roméo Dallaire, un lieutenant-général à la retraite, plaident pour une intensification de l'action contre l'EI incluant même une intervention au sol. Fort de sa majorité, le gouvernement conservateur fait adopter la motion le 7 octobre à 157 voix contre 134.
Le 22 octobre 2014 Fusillade au Parlement d'Ottawa
Après avoir abattu un militaire de faction au Monument commémoratif de guerre du Canada, un homme du nom de Michael Zehaf-Bibeau sème l'émoi au Parlement d'Ottawa où il s'introduit avec une arme de chasse. Il en résulte une fusillade au cours de laquelle celui-ci est tué à son tour.
Le 7 octobre, les parlementaires canadiens approuvent une intervention aérienne contre l'État islamique (EI), une organisation armée radicale qui a instauré un califat sur une partie de la Syrie et de l'Irak. Quelques semaines auparavant, l'EI avait demandé à des musulmans de tuer des citoyens provenant de pays ayant manifesté le désir de le combattre. C'est le cas des États-Unis et de la France ainsi que du Canada. Le 20 octobre, un membre des Forces armées canadiennes, Patrice Vincent, est tué lorsqu'il est frappé dans un stationnement de Saint-Jean-sur-Richelieu par la voiture de Martin Couture-Rouleau que ce dernier a dirigée vers Vincent et l'un de ses collègues. Récemment converti à l'islam, Couture-Rouleau se serait radicalisé selon la Gendarmerie royale du Canada (GRC) qui avait saisi son passeport. Il sera tué à son tour après une poursuite policière. Deux jours plus tard, le matin du 22 octobre, les Canadiens apprennent avec stupéfaction qu'un autre homme, Michael Zehaf-Bibeau, est entré au Parlement d'Ottawa avec une arme de chasse, peu après avoir tué un militaire, le capitaine Nathan Cirillo, de faction au monument commémoratif de la guerre du Canada. Une fusillade éclate dans les corridors, à proximité de salles où des parlementaires sont réunis pour des sessions de travail. Le sergent d'armes Kevin Vickers abat finalement Zehaf-Bibeau. Les tensions perdurent toutefois puisque plusieurs sont sous l'impression que celui-ci a un complice, ce qui n'est pas le cas. On apprendra par la suite que Zehaf-Bibeau, un natif de Montréal, avait un passé trouble chargé de criminalité et de consommation de drogue. Converti à la région musulmane, il avait combattu en Libye, d'où son père est originaire, contre le régime de Mouammar Khadafi. Au moment de l'attentat, il attendait d'ailleurs qu'on lui retourne son passeport afin qu'il quitte le pays pour la Libye ou le Moyen-Orient. La GRC ne peut établir de liens entre les attentats de Saint-Jean-sur-Richelieu et Ottawa. Le premier ministre Stephen Harper et le ministre de la Sécurité publique Steven Blaney qualifient pour leur part ces actes de terroristes. Plusieurs débats font suite à ces attentats, notamment sur des questions comme les mesures de sécurité à adopter au Parlement, la responsabilité des corps policiers dans la couverture des individus jugés dangereux ou encore la législation à adopter pour permettre aux policiers de prévenir ce genre d'actions.
Le 5 octobre 2015 Annonce d'une entente de principe sur le Partenariat transpacifique
Le Canada s'entend avec 11 autres pays sur les modalités d'un Partenariat transpacifique (PTP) qui créerait, s'il est ratifié par tous les États impliqués, la plus grande zone de libre-échange au monde. Au cœur d'une campagne électorale mouvementée, le premier ministre du Canada, Stephen Harper, présente cette entente comme un gain majeur pour l'économie de son pays.
Quatre pays (Brunei, Chili, Nouvelle-Zélande, Sigapour) signent le PTP en 2005. D'autres s'ajoutent aux négociations au fil des ans, dont le Canada en 2011. Le PTP a pour objectif de diminuer ou de supprimer les droits de douanes et les tarifs sur une foule de produits. Il est aussi perçu comme une forme de contrepoids à l'influence de la Chine dans cette région du monde. De longues négociations, échoppant sur différents points, se poursuivent en 2015. Elles aboutissent à Atlanta, le 6 octobre, alors que les représentants des 12 pays participants en viennent à une entente. Le premier ministre du Canada, Stephen Harper, se réjouit de la nouvelle qui survient à deux semaines des élections générales. Selon lui, il s'agit d'une excellente nouvelle pour les consommateurs. De plus, le Canada étant un pays exportateur, plusieurs secteurs s'attendent à profiter de cette entente qui permet un meilleur accès aux marchés étrangers, particulièrement le Japon (porc, bois d'œuvre, aluminium, etc.). En revanche, le PTP ouvre une brèche dans le système de gestion de l'offre, en vigueur depuis les années 1970 dans la production du lait, des œufs et de la volaille. Désormais, les pays adhérant au PTP auront accès à 3,25% de la production canadienne. Cette éventualité suscite la crainte des éleveurs, une situation particulièrement sensible au Québec et en Ontario où sont concentrées les exploitations axées sur ces produits. L'Ontario s'inquiète aussi de l'ouverture faite aux pièces d'autos étrangères, les syndicats pronostiquant déjà la perte de milliers d'emplois. Afin de compenser les pertes envisagées, le gouvernement s'engage à verser aux producteurs touchés 4,3 milliards sur 15 ans. Un peu plus d'un milliard sur 10 ans sera également octroyé pour aider le secteur automobile. Les autres partis en campagne réagissent à ce PTP. Avec des nuances, le libéral Justin Trudeau se montre plutôt favorable. Gilles Duceppe du Bloc québécois se dit pour sa part déçu des concessions faites au niveau de la gestion de l'offre et inquiet de la protection accordée à la culture. Enfin, Thomas Mulcair du Nouveau Parti démocratique affiche une position tranchée en affirmant qu'un éventuel gouvernement néo-démocrate refuserait l'entente si l'offre ne protège pas la gestion de l'offre. Pour que le PTP entre en vigueur, il faudra d’abord que les Parlements des pays signataires le ratifient d'ici deux ans.
Le 19 octobre 2015 Élection des libéraux de Justin Trudeau à la Chambre des communes à Ottawa
Le Parti libéral du Canada (PLC), dirigé par Justin Trudeau, cause une énorme surprise en obtenant 184 sièges et 39,4 % des voix, ce qui lui permet de former un gouvernement majoritaire. Il devance nettement son plus proche adversaire, le Parti conservateur (PCC) du premier ministre sortant Stephen Harper qui récolte 99 sièges et 31,9 % des suffrages.
Au pouvoir depuis 2006, le premier ministre Stephen Harper déclenche le 2 août 2015 une campagne électorale qui durera 78 jours, ce qui en fait la plus longue au Canada depuis le XIXe siècle. Le Nouveau Parti démocratique (NPD) de Thomas Mulcair, une formation de gauche qui tient un discours plus centriste, notamment l'engagement à maintenir l'équilibre budgétaire, domine dans les sondages. Le NPD veut aussi implanter un service de garderies à l'échelle nationale, un peu à l'image de celui existant au Québec. Le PCC de Harper et le Parti libéral du Canada (PLC) du chef Justin Trudeau, le fils de l'ex-premier ministre Pierre Elliott Trudeau, le devancent toutefois dans les dernières semaines. Le PCC fait campagne sur une gestion budgétaire serrée et sa capacité à assurer la sécurité des Canadiens, chez eux et par son engagement contre l'État islamique au Moyen-Orient. Le PLC, un parti de centre, mise de son côté sur une fiscalité plus généreuse pour la classe moyenne et envisage un déficit au cours des trois premières années de mandat afin de stimuler l'économie en misant sur les infrastructures. D'autres enjeux marquent aussi la campagne, comme la controverse entourant le sénateur Mike Duffy, celle du port du niqab lors des assermentations des nouveaux Canadiens ou la signature du Partenariat transpacifique, le 5 octobre. L'Ontario apparaît comme le champ de bataille le plus convoité, avec 121 des 338 sièges en jeu, mais plusieurs luttes à 3, et même à 4 au Québec, sont prévues à travers le Canada. Cette situation incite les observateurs à anticiper la formation d'un gouvernement minoritaire. Toutefois, le PLC se détache rapidement le soir du 19 octobre. Avec 184 sièges, les libéraux forment un gouvernement majoritaire, ce qui constitue une surprise. Plusieurs interprètent ce résultat comme un désaveu à l'endroit du gouvernement sortant, le PCC de Stephen Harper, qui fait élire 99 députés. La plus grande déception est celle du NPD qui chute tout au long de la campagne et récolte 44 sièges avec 19,7 % des voix. Le Bloc québécois (BQ), favorable à l'indépendance du Québec, gagne pour sa part 10 sièges. Le chef Gilles Duceppe, qui avait effectué un retour à la politique active le 9 juin, est cependant défait dans la circonscription de Laurier-Sainte-Marie. Stephen Harper quittera ses fonctions de chef du PCC. Les spéculations débutent sur l'identité de son successeur ainsi que sur la composition du premier cabinet Trudeau. Chef du PLC depuis 2013, celui-ci deviendra, à 43 ans, le deuxième plus jeune premier ministre de l'histoire du Canada.
Le 29 octobre 2015 Attribution du prix Sakharov à Raif Badawi
Le blogueur saoudien Raif Badawi se voit décerner le prix Sakharov 2015 par le Parlement européen. Cette prestigieuse récompense souligne la lutte du jeune homme de 31 ans, emprisonné en Arabie saoudite, pour « la liberté d’expression » et « le respect des droits fondamentaux » dans une situation exceptionnelle.
Raif Badawi anime le forum de discussion Free Saudi Liberals sur l’Internet. Les débats portent sur les questions politiques et religieuses. Des propos sur la liberté d’expression et sur certaines pratiques restrictives à celle-ci en Arabie saoudite attirent l’attention des autorités sur Badawi. Il est arrêté le 17 juin 2012 et interné dans une prison de la ville de Djeddah pour insultes contre l’Islam. Il est condamné en juillet 2013 à 600 coups de fouet et 7 ans de prison, peine qui, portée en appel, est aggravée le 7 mai 2014, soit 1000 coups de fouet et 10 ans d’emprisonnement. Le cas Badawi devient une cause célèbre à travers le monde, particulièrement au Canada où son épouse et ses trois enfants, victimes de menaces, se sont réfugiés. Une première séance de flagellation de 50 coups devant la mosquée Djuffali, le 9 janvier 2015, entraîne un accroissement des pressions internationales. Des manifestations se déroulent à Sherbrooke, où l’épouse de Badawi est établie. Des pétitions sont également signées et adressées à des hommes politiques comme le premier ministre canadien Stephen Harper. Les séances subséquentes de flagellation son temporairement suspendues, d’abord pour des raisons de santé, mais le blogueur demeure en prison. De plus, la Cour suprême saoudienne confirme le verdict du 7 mai 2015. Déjà récipiendaire de plusieurs prix, Raif Badawi est honoré une nouvelle fois le 29 octobre 2015. Cette fois, il reçoit le prix Sakharov, du nom d’un célèbre physicien et défenseur des droits humains, qui avait obtenu le prix Nobel de la Paix en 1975. Décerné par le Parlement européen, le Sakharov souligne l’engagement de « personnes qui ont apporté une contribution exceptionnelle à la lutte pour les droits de l’homme dans le monde ». Le président du Parlement, l’Allemand Martin Schulz, demande également au roi d’Arabie saoudite de libérer immédiatement Badawi dont le prix sera remis à Strasbourg en décembre. Dans les jours qui suivent, rien ne se précise toutefois pour le blogueur que certains pressentent même comme un candidat au prix Nobel de la Paix.
Le 3 octobre 2020 Élection d’Annamie Paul au poste de cheffe du Parti vert
Un texte original du Bilan Québec rédigé par un.e, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Pour la première fois depuis août 2006, le Parti vert du Canada tient un vote afin de trouver un successeur à Elizabeth May, qui a annoncé qu’elle quittait le poste de cheffe le 4 novembre 2019. C’est une avocate et activiste de 47 ans de Toronto, Annamie Paul, qui remporte la victoire le 3 octobre 2020, défaisant Dimitri Lascaris au 8e tour de scrutin.
Elizabeth May est à la tête des Verts canadiens depuis 2006. Le parti progresse sous sa direction, notamment lors des élections générales de 2019, récoltant plus de 1 million de voix pour la première fois de son histoire (6,55 %). Avec 3 députés, soit elle-même, Paul Manley et Jenica Atwin, le Parti vert obtient également sa plus forte représentation à la Chambre des communes. May annonce toutefois qu’elle quitte la direction de sa formation le 4 novembre 2019, tout en continuant de siéger comme députée. Jo-Ann Roberts assurera l’intérim. Huit candidats sont sur les rangs pour lui succéder. Le vainqueur sera déterminé entre le 26 septembre et le 3 octobre 2020, lors d’un vote en ligne et postal de type préférentiel. Celle qui arrive en tête du financement est une avocate spécialisée en droit international de Toronto âgée de 47 ans, Annamie Paul. Bien que considérée comme une centriste, cette activiste se propose de renforcer le filet social des Canadiens. Après 8 tours de scrutin, elle remporte finalement la victoire avec 50,6 % des voix, contre l’avocat Dimitri Lascaris perçu comme plus à gauche. Annamie Paul devient la première femme noire, de religion juive, à diriger une des principales formations politiques canadiennes. Le temps presse car elle prend part le 26 octobre à l’élection partielle dans Toronto Centre visant à remplacer le ministre des Finances libéral démissionnaire, Bill Morneau. Celui-ci avait facilement défait Paul lors des élections générales de 2019 dans cette circonscription. Cette fois, cette dernière fait mieux. Avec 32,7 %, elle talonne la libérale Marci Ien (42 %). L’élan des Verts se brisera cependant par la suite, conséquence de controverses menant à la remise en question du leadership d’Annamie Paul. Elle quittera son poste en novembre 2021, peu après une mauvaise performance de son parti aux élections générales du 20 septembre.
Source : La Presse canadienne dans Le Soleil, 4 octobre 2020; Le Devoir, 5 octobre 2020, p. A2; Ici Radio-Canada, 5 octobre 2020.; Le Journal de Québec, 6 octobre 2020, p. 14; https://thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/annamie-paul; https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1738465/chefferie-partie-vert-canada
«...La course à la chefferie du Parti vert est passée largement inaperçue, pandémie oblige. Mais le résultat de samedi a permis de constater que son membrariat est divisé d’un point de vue idéologique. Annamie Paul a fait campagne plutôt au centre, mais le candidat arrivé à la deuxième place après lui avoir livré une chaude lutte, le Montréalais Dimitri Lascaris, se présentait comme un " écosocialiste " désireux de camper le parti radicalement à gauche. Le parti est-il déchiré ? Mme Paul ne le pense pas. Elle voit là une force du mouvement vert. " C’est une très bonne chose pour la démocratie s’il y a des tensions entre les différentes voix [dans le parti], dit-elle en entrevue. C’est un peu plus compliqué, mais c’est clair que ça produit de meilleures politiques au final. " Samedi, Mme Paul a indiqué qu’elle aurait deux priorités : s’attaquer aux changements climatiques et réparer le filet social qu’elle estime être " incomplet et fragile ". »
Hélène Buzzetti, « Pas de faveur du NPD pour la nouvelle cheffe du Parti vert », Le Devoir, 5 octobre 2020, p. A2.
«...C’est le visage d’un parti progressiste et dynamique que la première femme noire à être élue à la tête d’un parti fédéral a voulu montrer aux Canadiens lundi lors de la conférence de presse visant à la présenter officiellement aux médias [...] Mme Paul a évidemment rappelé l’importance de continuer la lutte contre les changements climatiques, la crise existentielle de notre époque, affirmant que les verts étaient les seuls à proposer des cibles de réduction des gaz à effet de serre valables et qualifiant d’« insuffisantes » les politiques environnementales des autres partis fédéraux. Elle a aussi souligné les différentes politiques sociales mises de l’avant par le Parti vert au cours des dernières années : revenu minimum garanti, accès universel à l’éducation postsecondaire, assurance médicaments et décriminalisation de toutes les drogues, notamment. Nous devons faire face à deux grands défis : le filet de sécurité sociale ne nous soutient plus. [...] Et la crise climatique, nous avons seulement une dizaine d’années pour nous y attaquer. »
Isabelle Maltais, « Devant des partis à court d’idées, il faut choisir le Parti vert, dit Annamie Paul », Ici Radio-Canada, 5 octobre 2020.
Le 23 octobre 2017 Élection de Richard Hébert du Parti libéral du Canada dans Lac-Saint-Jean
Un texte original du Bilan Québec rédigé par un.e, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Deux ans après le retour au pouvoir du Parti libéral du Canada (PLC), les démissions des conservateurs Rona Ambrose et Denis Lebel entraînent la tenue de deux élections partielles. Dane Lloyd du Parti conservateur (PC) l’emporte dans Sturgeon-River, Parkland (Alberta), alors que Richard Hébert du PLC est victorieux dans Lac Saint-Jean.
Denis Lebel a une longue feuille de route derrière lui. Après avoir été maire de Roberval, de 2000 à 2007, il se fait élire à Ottawa en 2007 lors d’une partielle, sous la bannière du PCC dans la circonscription de Roberval-Lac Saint-Jean. Il est réélu en 2008, 2011 et en 2015 dans cette circonscription devenue alors Lac Saint-Jean. Lebel occupe des fonctions de ministre, dont celui des Affaires intergouvernementales, pendant le passage au pouvoir du premier ministre Stephen Harper. Deux ans après la défaite de son parti, Lebel annonce le 19 juin 2017, à l’âge de 63 ans, son départ de la politique. Une chaude lutte s’engage pour sa succession. Le premier ministre Justin Trudeau ainsi que les chefs des partis d’opposition viennent faire campagne pour appuyer leur candidat. C’est le libéral Richard Hébert, maire de Dolbeau-Mistassini depuis 2013, qui remporte la victoire avec 38,6 % des voix. Il devance le conservateur Rémy Leclerc (25 %), Marc Maltais du Bloc québécois (23,2 %) et la néo-démocrate Gisèle Dallaire (11,7 %). Ce gain est le premier des libéraux dans cette circonscription depuis l’ère de Pierre Elliott Trudeau. Les conservateurs sauvent toutefois la mise dans Sturgeon-River, Parkland, avec la victoire écrasante de Dane Lloyd. Il succède à un autre membre du PCC, l’ex-cheffe par intérim Rona Ambrose qui avait accédé à ce poste après la démission de Stephen Harper.
Source : Le Quotidien, 25 octobre 2017; La Presse+, 24 octobre 2017, Ici Radio-Canada, 23 octobre 2017, Le Devoir, 25 octobre 2017, p. A3; https://www.elections.ca/res/rep/off/ovr_2017c/45/table12F.html
«...Durant la campagne, M. Hébert avait notamment affirmé que les électeurs de Lac-Saint-Jean avaient davantage voté pour Denis Lebel que pour le Parti conservateur pendant la dernière décennie. Bon prince, il affirmait qu’il aurait de grands souliers à chausser, s’il remportait la victoire, prenant toutefois soin de dire que « je sens que mes pieds allongent » au fur et à mesure que la campagne avançait. La popularité indéniable de Justin Trudeau aura certes été un facteur dans cette élection partielle. Les libéraux détiennent maintenant 41 des 78 sièges que compte le Québec à la Chambre des communes. À deux ans des prochaines élections fédérales, les stratèges libéraux jugent essentiel de faire d’autres gains dans la Belle Province pour compenser les pertes inévitables dans les provinces atlantiques, où ils ont rayé de la carte électorale leurs adversaires en 2015 en remportant les 32 sièges de cette région – un exploit qui peut difficilement être répété au prochain scrutin. »
Joël-Denis Bellavance, « Un baume sur les plaies libérales », La Presse+, 24 octobre 2017.
«...Après un mois particulièrement houleux pour les libéraux de Justin Trudeau, l’élection complémentaire de lundi dans la circonscription de Lac-Saint-Jean risquait d’ajouter aux malheurs d’un gouvernement à mi-mandat qui semblait en perte de vitesse. Mais la victoire éclatante du candidat libéral dans ce berceau du nationalisme québécois vient encore une fois de contredire tous ceux qui sous-estimaient le pouvoir de séduction du fils de Pierre Trudeau. Malgré un taux de participation de seulement 41 %, quatre fois plus d’électeurs de Lac-Saint-Jean ont voté libéral lundi que lors de l’élection fédérale de 2011, quand le score du candidat du PLC (alors sous le leadership de Michael Ignatieff) tournait autour des 4 %. Avec 38,6 % des votes, on ne peut pas parler d’un balayage du candidat libéral Richard Hébert. Mais il s’agit quand même d’un revers symbolique pour tous les partis d’opposition. Ils avaient beau souligner les faiblesses du gouvernement, surtout en ce qui concerne le conflit avec les États-Unis dans le dossier du bois d’oeuvre et son plan hasardeux de légaliser la marijuana, leurs critiques ne collaient pas au premier ministre vedette. »
Konrad Yakabuski, « Les Québécois préfèrent les Trudeau », Le Devoir, 25 octobre 2017, p. A3.
Le 2 octobre 2017 Cérémonie d’installation de Julie Payette comme gouverneure générale du Canada
Un texte original du Bilan Québec rédigé par un, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
La scientifique Julie Payette succède à David Johnston et devient le 29e personne à occuper le poste de gouverneur général du Canada. Lors de la cérémonie d’installation, qui se déroule à Ottawa, elle met l’accent sur l’importance des valeurs communes propres aux Canadiennes et aux Canadiens.
David Johnston était en poste depuis 2010. La nomination de Payette est faite sous le gouvernement libéral de Justin Trudeau et accueillie favorablement par les principaux partis représentés à la Chambre de communes. La femme de 53 ans a une feuille de route éloquente dans le domaine scientifique. Après de longues études, elle a été sélectionnée par l’Agence spatiale canadienne parmi plusieurs candidats afin de former de futurs astronautes. Son vol dans l’espace, le 27 mai 1999, et ses passages à bord de la navette spatiale internationale sont des premières pour une Québécoise. Sa formation d’ingénieure sert la native de Montréal qui devient également astronaute en chef de l’Agence spatiale canadienne. En plus d’être musicienne, Julie Payette parle plusieurs langues. On procède à son installation comme gouverneure générale le 2 octobre 2017. Au cours de cet événement se déroulant dans la capitale, on assiste à une cérémonie d’accueil autochtone, puis à l’assermentation et à une allocution, avant que la nouvelle cheffe de l’État ne se rende déposer des fleurs au Monument commémoratif de guerre. Quatrième femme à assumer le poste de gouverneure générale du Canada, Julie Payette profite de l’occasion pour souligner l’importance qu’elle accorde à promouvoir les valeurs communes canadiennes. Le premier ministre Trudeau la décrit comme: « Une femme dont le savoir, la détermination et la curiosité l’ont menée à non seulement réaliser ses propres rêves, mais également à nourrir ceux de tout un pays et de toute une génération. » Julie Payette quittera ses fonctions dans la controverse en janvier 2021.
«...Son rôle étant avant tout protocolaire, Julie Payette n’a pas étoffé les thèmes du mandat qu’elle espère mener comme l’avaient fait ses prédécesseurs. La diversité, l’accès à l’éducation, le sport et l’importance d’une science fondée sur des données probantes ont été évoqués au passage. Mais c’est surtout cet appel à la coopération qu’a martelé la 29e gouverneure générale. La main doit cela dit aussi être tendue aux peuples autochtones, a-t-elle insisté, en prononçant quelques mots en algonquin. " C’est une bonne idée qu’on ait enfin décidé d’écouter à nouveau leur sagesse, a-t-elle souligné. La réconciliation doit s’accomplir, pour le bien-être de nos communautés et pour l’avenir de nos enfants. " Mme Payette avait d’ailleurs invité cinq chefs autochtones, plutôt qu’un seul comme ce fut le cas lors de la cérémonie d’installation de l’ancien gouverneur général David Johnston. »
Marie Vastel, « Julie Payette se pose à Rideau Hall », Le Devoir, 3 octobre 2017, p. A3.
«...Les Canadiens avaient raison de réagir avec admiration à la suite des premiers gestes de la nouvelle gouverneure générale, Julie Payette, lundi. Par sa prestance et son inspiration, elle a repris là où ses plus récents prédécesseurs avaient mené la fonction. Ingénieure de formation, astronaute et plus récemment administratrice et formatrice, Mme Payette a emprunté dès l’adolescence un chemin qui rendait admiratifs la plupart des gens. [...] elle a été astronaute en chef de l’Agence spatiale canadienne, directrice du Centre des sciences de Montréal, et communicatrice à l’émission de télévision Découverte. Parallèlement, elle est une pianiste accomplie, et peut s’exprimer en six langues. Sans inclure l’algonquin, dont elle a épicé son premier discours à titre de gouverneure générale. Cela s’inscrivait parfaitement dans son propos sur la réconciliation. Certains diront que ce thème ne faisait que reprendre une des idées maîtresses du gouvernement de Justin Trudeau. C’est vrai, mais cela n’en diminue pas la portée ni le message. »
Pierre Jury, « Inspirante Julie Payette », Le Droit, 4 octobre 2017, p. 12.
Le 30 octobre 2016 Conclusion d’un accord de libre-échange Canada-UE
Un texte original du Bilan Québec rédigé par Naomie Do, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Le 30 octobre 2016, le Canada et l’Union européenne (UE) concluent l’Accord économique et commercial global (AÉCG) après sept ans de négociations. Justin Trudeau, premier ministre du Canada, et les présidents du Conseil européen et de la Commission européenne, Donald Tusk et Jean-Claude Juncker, se rencontrent lors du Sommet UE-Canada à Bruxelles pour signer l’AÉGC et son complément, l’Accord de partenariat stratégique (APS).
L’UE est le deuxième partenaire commercial du Canada. Les deux signent cette entente de libre-échange de 7 ans ayant pour but d’éliminer 99 % des frais de douanes entre les deux entités et qui sera mise en application provisoire à partir de 2017. L’AÉCG vise à offrir des possibilités de croissance et un accès préférentiel aux entreprises canadiennes sur le marché de l’UE. Malgré l’officialisation de la signature, l’accord est seulement appliqué de manière provisoire et partielle, puisqu’il faut que les 28 États membres de l’UE l’approuvent et le ratifient pour qu’il devienne définitif. Cela pourrait être un défi puisque certaines régions de la Belgique, comme la Wallonie, y sont réticentes. Le premier ministre Trudeau est accompagné d’une délégation, soit la ministre fédérale du Commerce international, Chrystia Freeland, le premier ministre du Québec, Philippe Couillard, ainsi que des négociateurs et anciens premiers ministres, tels que Jean Charest et Pierre Marc Johnson. On estime que l’accord pourrait faire augmenter le commerce entre le Canada et l’UE de 20 %, en plus de créer 16 000 emplois au Québec et d’apporter 2,3 milliards de dollars dans l’économie québécoise. Il toucherait près de 500 millions d’Européens et 35 millions de Canadiens.
«...Tout positif, le CETA ? Ce n’est pas l’avis de tous. Dans un rapport-bilan publié en janvier, l’ONG écologiste Veblen estime que l’accord entre l’UE et le Canada a été « clairement négatif » pour l’environnement, car il a eu pour effet de « booster » les échanges dans des secteurs « intensifs en émissions de gaz à effet de serre » comme les combustibles fossiles, les engrais, les produits plastiques, les véhicules, les produits chimiques, le fer, l’acier, l’aluminium et le nickel, les transports et le tourisme. Selon Mathilde Dupré, codirectrice de l’Institut Veblen, « plusieurs modifications indispensables auraient dû être apportées au CETA pour le rendre climato-compatible...» »
Jean-Christophe Laurence, La Presse, 21 mars 2024.
«...Bien que le blocage de la Wallonie ait retenu l’attention, la Communauté francophone, la Communauté germanophone et la Région de Bruxelles-Capitale s’opposent aussi à l’AECG. Au final, c’est bien la Belgique qui refuse pour le moment de signer le traité. On peut certes s’interroger sur les raisons d’un tel refus tardif. La situation ne manque pas d’étonner vue du Canada, puisque la participation des provinces aux négociations de l’AECG a été remarquable. Il demeure que le Canada ne pouvait pas ignorer l’existence de ces difficultés juridiques dans l’UE et la Belgique. »
Charles-Emmanuel Côté, Le Devoir, 29 octobre 2016.
Le 9 octobre 1913 Nomination de Mgr Joseph-Guillaume-Laurent Forbes comme évêque du diocèse de Joliette
Joseph-Guillaume-Laurent Forbes succède à Mgr Joseph-Alfred Archambault comme évêque du diocèse de Joliette. Il demeurera en poste jusqu'au 29 janvier 1928.
Joseph-Guillaume-Laurent Forbes naît le 19 août 1865 à l'Île Perrot. Il fait des études commerciales au Plateau de Montréal et son cours classique au Collège de Montréal où il obtient une licence en théologie. Ordonné prêtre le 17 mars 1888, il œuvre comme missionnaire chez les Indiens de Caughnawaga pendant quinze ans. Avant d'arriver à Joliette, il occupe les postes de curé de Sainte-Anne-de-Bellevue, en 1903, et de curé de Saint-Jean-Baptiste de Montréal, en 1911. En 1913, il succède à Mgr Joseph-Alfred Archambault comme évêque de Joliette. Sacré le 9 octobre 1928, il demeurera en poste jusqu'au 29 janvier 1928. Promu archevêque d'Ottawa, il aura comme successeur Mgr Joseph-Arthur Papineau. En 1935, Mgr Joseph-Guillaume-Laurent Forbes sera assistant au trône pontifical. Gravement malade, il décédera le 22 mai 1940.
Source : Paul-François Sylvestre, Les évêques franco-ontariens (1833-1986), Hull, Asticou, 1986, p. 82.
Le 4 octobre 1931 Parution de l'encyclique « Nova Impendant » sur le chômage
Repas au refuge Meurling pendant la crise économiqueDevant la dégradation de la situation économique mondiale, le pape Pie XI demande aux fidèles de se lancer dans une nouvelle croisade afin de secourir les millions de personnes sans travail, victimes de la détresse économique qu'il attribue à la course aux armements.
« La faim, le besoin et le fléau de l'oisiveté », affirme t-il, « ont pour cause en grande partie la course aux armements qui inspire les rivalités nationales et qui aboutit à un énorme gaspillage de ressources. C'est l'enfance innocente qui souffre le plus dans une misère sordide, elle est condamnée à voir disparaître la vie, joie et bonheur. » Pie XI demande aux hommes religieux de tous les continents d'éclairer les esprits et de toucher les cœurs par l'entremise de la prédication et de la presse.
Le 31 octobre 1949 Audience particulière d'hommes d'affaires québécois avec le pape Pie XII
Quelques propos tenus par le pape Pie XII à cette occasion sont rapportés par Maurice Chartrand dans l'édition d'août 1950 de la revue « Commerce ».
Lors de cette visite, le pape déclare aux hommes d'affaires: « Votre présence auprès de Nous est un témoignage de l'esprit qui vous anime dans l'usage des biens de ce monde. Vous vous en considérez avec raison comme les dépositaires plutôt que comme les maîtres pour les administrer au profit des moins favorisés plutôt que pour vous-mêmes. »
Source : (la revue) Commerce (1899-1999) fête ses 100 ans, décembre 1998, p.36.
Le 1er octobre 1950 Début de l'émission radiophonique le « Chapelet en famille »
Mgr Paul-Émile Léger (1904-1991)C'est à l'instigation de l'archevêque de Montréal, Mgr Paul-Émile Léger, que Ferdinand Biondi, directeur des programmes à la station de radio CKAC, accepte de créer l'émission quotidienne le « Chapelet en famille ».
La réponse des citoyens est inespérée. Chaque soir, des familles complètes s'agenouillent devant le « transistor » afin de réciter le chapelet. L'émission connaîtra un succès énorme et demeurera en ondes pendant de nombreuses années. Le 9 décembre 1950, « Le Devoir » révèle que 154 487 familles, soit 65 % de la population totale du diocèse, se sont engagées à réciter quotidiennement le chapelet. En l'espace de deux mois, la station reçoit plus de 1 000 lettres de félicitations, dont une centaine par semaine adressées à l'archevêque. Lors de la célébration du premier anniversaire de la récitation du chapelet en ondes, plus de 10 000 personnes se rendent à la place d'Armes pour la cérémonie.
Le 11 octobre 1962 Ouverture du concile Vatican II à Rome
Ouverture du concile Vatican IIDeux milles évêques du monde entier répondent à l'invitation du pape Jean XXIII et participent à l'ouverture du concile Vatican II, le premier tenu par l'Église catholique depuis 1870.
Le concile nécessitera quatre sessions qui s'étendront de 1962 à 1965. L'instigateur de ce grand rassemblement oecuménique, le pape Jean XXIII, n'en verra pas le dénouement puisqu'il décédera en juin 1963. Son successeur, Paul VI, sera à la tête de l'Église lorsque le concile prendra fin officiellement, en décembre 1965. Vatican II jette les bases d'un renouveau de l'Église catholique. Selon Jean Hamelin, les représentants du Québec, dont le cardinal Paul-Émile Léger, membre de la commission chargée de préparer le concile, en reviennent avec « une définition nouvelle de l'Église et de leur mission pastorale ». Des changements importants seront entrepris, notamment au niveau de la célébration liturgique, avec l'introduction de la langue vernaculaire, du rituel des sacrements et du calendrier liturgique. Survenant en pleine période de bouleversements sociaux au Québec (réforme de l'éducation, sécularisation des institutions, libéralisation des mœurs, etc.), dont une baisse marquée de la pratique religieuse, Vatican II constitue une étape charnière dans l'évolution de l'Église.
Source : Jean Hamelin et Nive Voisine, Histoire du catholicisme québécois, le XXe siècle: tome 2, de 1940 à nos jours, Montréal, Boréal Express, 1984, p.269-349.
Le 4 octobre 1966 Création du Conseil presbytéral de Nicolet
Ce conseil, le premier du genre au Québec, « s'occupe du ministère des prêtres, veille à leur encadrement et se préoccupe des besoins de l'œuvre pastorale et du bien du diocèse. »
Les diocèses de Sherbrooke et Québec emboîteront le pas à Nicolet dès le début de 1967. Au cours des années qui vont suivre, ils seront imités par à peu près tous les autres diocèses de la province, sauf Hauterive, Rimouski et Sainte-Anne-de-la-Pocatière.
Source : Jean Hamelin et Nive Voisine, Histoire du catholicisme québécois: le XXe siècle, tome 2, de 1940 à nos jours, Montréal, Boréal Express, 1984, p.287-288.
Le 5 octobre 1968 Nomination de Mgr Gilles-Napoléon Ouellet comme évêque du diocèse de Gaspé
Cathédrale de GaspéGilles-Napoléon Ouellet est nommé évêque du diocèse de Gaspé. Il demeurera en poste jusqu'en 1973.
Gilles-Napoléon Ouellet naît à Bromptonville le 14 août 1922. Il devient membre de la Société des Missions étrangères, puis est ordonné prêtre le 30 juin 1946. Au terme d'études à Rome, il obtient en 1950 un doctorat en Droit canonique. En septembre de la même année, il part pour la mission de Davao, aux Philippines. En 1958, il devient supérieur général de la Société des missions étrangères pour un mandat de dix ans. Il est ordonné évêque de Gaspé le 5 octobre 1968. Le 27 avril 1973, il succédera à Mgr Louis Lévesque comme archevêque de Rimouski, poste qu'il occupera jusqu'au 16 octobre 1992.
Source : André Chapeau et al., Les évêques catholiques du Canada/Canadian R.C. Bishops 1658-1979, Centre de recherche en histoire religieuse du Canada, Université Saint-Paul, 1980, p.68. // www.dioceserimouski.com
Le 31 octobre 1968 Nomination de Mgr Gaston Hains comme évêque du diocèse d'Amos
Gaston Hains est nommé évêque du diocèse d'Amos. Il demeurera en poste jusqu'au 12 avril 1978.
Gaston Hains naît à Drummondville le 10 septembre 1921. Il étudie à Saint-Hyacinthe et à l'Institut catholique de Lille où il termine un doctorat en Sciences sociales et politiques en 1952. De retour dans son diocèse, il devient aumônier diocésain d'Action catholique et de l'apostolat laïc. Le 31 octobre 1968, il succède à Mgr Joseph-Louis-Aldée Desmarais comme évêque d'Amos. Il restera à ce poste pendant près de vingt ans et remettra sa démission le 12 avril 1978. Son successeur sera Mgr Gérard Drainville. Après avoir démissionné, Mgr Gaston Hains redeviendra simple curé de paroisse. Il décédera le 5 juillet 1986.
Source : www3.sympatico.ca/dioceseamos/accueil.html // (sans auteur). Le diocèse d'Amos fête ses 50 ans. Diocèse d'Amos, Amos, 1989, p. 15-16.
Le 17 octobre 1969 Nomination de Mgr Guy Bélanger comme évêque du diocèse de Valleyfield
Guy Bélanger est nommé évêque du diocèse de Valleyfield. Il demeurera en poste jusqu'au 15 octobre 1975.
Guy Bélanger naît le 24 janvier 1928 à Valleyfield. Ordonné prêtre le 19 mai 1951, il succède à Mgr Percival Caza comme évêque du diocèse de Valleyfield, le 17 octobre 1969. Son sacre a lieu le 23 novembre suivant. Mgr Guy Bélanger demeurera en poste jusqu'à son décès, le 15 octobre 1975. Son successeur sera Mgr Robert Lebel.
Source : André Chapeau et al., Les évêques catholiques du Canada/Canadian R.C. Bishops 1658-1979, Centre de recherche en histoire religieuse du Canada, Université Saint-Paul, 1980, p.98.
Le 22 octobre 1973 Nomination de Mgr Bertrand Blanchet comme évêque du diocèse de Gaspé
Bertrand Blanchet est nommé évêque de Gaspé. Il demeurera en poste jusqu'au 16 octobre 1992.
Bertrand Blanchet naît à Saint-Thomas de Montmagny le 19 septembre 1932. Il fait des études classiques au Collège de Saint-Anne-de-la-Pocatière et des études en théologie au Grand Séminaire de Québec. Le 20 mai 1956, il reçoit l'ordination sacerdotale à Saint-Thomas de Montmagny. De 1956 à 1959, il est professeur au Collège de Saint-Anne-de-la-Pocatière et, de 1964 à 1973, il reprend l'enseignement au même endroit et au Cégep de La Pocatière. De 1959 à 1964, il étudie la biologie à l'Université Laval et il obtient une maîtrise en sciences. Détenteur d'un doctorat en sciences forestières, il succède à Mgr Gilles-Napoléon Ouellet comme évêque de Gaspé. Son ordination survient le 8 décembre 1973. Mgr Bertrand Blanchet demeurera en poste jusqu'au 16 octobre 1992. Il sera alors nommé archevêque de Rimouski. Son successeur à Gaspé sera Mgr Raymond Dumais.
Source : bureau de l'Assemblée des évêque à Montréal (514) 274-4323 // www.dioceserimouski.com
Le 31 octobre 1982 Canonisation de Marguerite Bourgeoys à Rome
Fondatrice de la congrégation Notre-Dame de Montréal, Marguerite Bourgeoys est une des figures les plus connues de l'histoire de la Nouvelle-France. Sa canonisation par le pape Jean-Paul II, en 1982, fait d'elle la première sainte canadienne.
Née en 1653 à Troyes en Champagne, cette femme s'embarque pour l'Amérique en 1653. Elle fonde à Ville-Marie (Montréal) la Congrégation de Notre-Dame. Marguerite Bourgeoys est décédée à Montréal, en 1700, après une vie consacrée à l'éducation des jeunes femmes de la Nouvelle-France. Lors de sa canonisation à Rome, 20 000 fidèles assistent à la cérémonie. Marguerite Bourgeoys avait été béatifiée par le pape Pie XII le 12 novembre 1950.
Source : Le Devoir, 30 octobre 1982, p.6. 1er novembre 1982, p.1 et 14.
Le 31 octobre 1990 Nomination de Mgr Roger Ébacher à la tête de l'archidiocèse de Gatineau-Hull
Roger Ébacher est nommé évêque du diocèse de Hull. Lorsque celui-ci sera élevé au rang d'archidiocèse de Gatineau-Hull, le 31 octobre 1991, il en deviendra l'archevêque. Il occupe toujours ce poste à la fin du XXe siècle.
Roger Ébacher naît à Amos, le 6 octobre 1936. Ordonné prêtre le 27 mai 1961, il est par la suite professeur au Séminaire d'Amos et directeur diocésain de la pastorale, en plus d'être administrateur du Collège d'Amos ainsi que curé de Villemontel et de la cathédrale d'Amos (1961-1979). Roger Ébacher est aussi vicaire épiscopal, ainsi qu'animateur de zone et vicaire général. Le 30 juin 1979, il est nommé évêque du diocèse de Hauterive (aujourd'hui Baie-Comeau). Son ordination survient le 31 juillet 1979. Le 6 avril 1988, il succède à Mgr Adolphe Proulx comme évêque du diocèse de Hull. Puis, le 31 octobre 1990, il est nommé premier archevêque du nouvel archidiocèse de Gatineau-Hull. Mgr Roger Ébacher occupe encore ce poste à la fin du XXe siècle.
Le 31 octobre 1991 Fondation de l'archidiocèse de Gatineau-Hull
L'archidiocèse de Gatineau-Hull est créé. Il a comme suffragant les diocèses d'Amos, de Mont-Laurier et de Rouyn-Noranda. Hull était un diocèse depuis le 27 avril 1963.
Le 31 octobre 1991, l'archidiocèse de Gatineau-Hull est créé à la suite de l'apparition de la nouvelle province ecclésiastique de l'Ouest du Québec. Le diocèse de Hull existait depuis le 27 avril 1963. Il avait alors été détaché du diocèse d'Ottawa, en Ontario.
Source : Collaboration spéciale : service à l'information de l'archidiocèse de Gatineau-Hull
Le 16 octobre 1992 Nomination de Mgr Bertrand Blanchet à la tête de l'archidiocèse de Rimouski
Bertrand Blanchet succède à Mgr Gilles Ouellet à la tête de l'archidiocèse de Rimouski. Il occupe encore ce poste à la fin du XXe siècle.
Bertrand Blanchet naît à Saint-Thomas de Montmagny, le 19 septembre 1932. Il fait ses études classiques au Collège de Saint-Anne-de-la-Pocatière et étudie la théologie au Grand Séminaire de Québec. Le 20 mai 1956, il reçoit l'ordination sacerdotale à Saint-Thomas de Montmagny. De 1956 à 1959, il est professeur au Collège de Saint-Anne-de-la-Pocatière, puis, entre 1964 à 1973, il reprend l'enseignement au même collège et au Cégep de La Pocatière. De 1959 à 1964, Bernard Blanchet étudie la biologie à l'Université Laval où il obtient une maîtrise en sciences. En 1975, il obtient un doctorat en sciences forestières. Devenu évêque de Gaspé, le 22 octobre 1973, il succède à Mgr Gilles Ouellet et devient archevêque de Rimouski, le 16 octobre 1992. Mgr Bertrand Blanchet occupe encore le poste d'archevêque de Rimouski à la fin du XIXe siècle.
Des milliers de fidèles en provenance du Québec sont réunis sur la place Saint-Pierre, à Rome, pour assister à la canonisation du frère André (Alfred Bessette). Il est le deuxième Québécois, après Marguerite d'Youville, en 1990, à être proclamé saint.
Alors qu'il n'est qu'un simple portier au Collège Notre-Dame, le frère André - Alfred Bessette (1845-1937) - , de la congrégation de Sainte-Croix, développe une réputation de guérisseur qui lui vaut une importante notoriété, au Québec comme à l'extérieur de la province. Sa popularité entraîne plusieurs agrandissements de l'oratoire Saint-Joseph, où les fidèles viennent le rencontrer avec l'espoir d'être guéris d'une maladie ou d'une infirmité quelconque. Avec le temps, ce bâtiment devient un des plus célèbres de la métropole, attirant des centaines de milliers de visiteurs à chaque année. Il n'est d'ailleurs pas encore complété lorsque le frère André décède, en 1937. Des centaines de milliers de fidèles se déplacent alors pour lui rendre un dernier hommage. Le frère André demeure une figure populaire même après sa mort. Des livres, ainsi qu'un film lui sont consacrés, et son cœur est même conservé à l'oratoire Saint-Joseph. Après avoir été déclaré vénérable, en 1978, il est béatifié en 1982. L'Église catholique romaine documente ensuite deux cas de miraculés attribués au frère André, les deux après sa mort, ce qui mène à l'annonce de sa canonisation en 2010. Le 17 octobre, des milliers de Québécois, dont plusieurs admirateurs du frère André, ainsi que des dignitaires politiques, sont réunis sur la place Saint-Pierre pour assister à une cérémonie au cours de laquelle le pape Benoit XVI rend officielle la canonisation du saint frère André. Même si la fréquentation dans les églises a considérablement chuté depuis les années 1930, l'événement a un grand retentissement au Québec où les médias présentent de nombreux reportages portant sur la vie du « thaumaturge du Mont-Royal ». Celui-ci devient la deuxième personne native du Québec après Marguerite d'Youville (1701-1771), fondatrice des Sœurs de la charité de Montréal, à être canonisée. L'événement est célébré à Montréal où la crypte de l'oratoire Saint-Joseph est bondée pour l'occasion. Un grand rassemblement est même tenu au stade Olympique de Montréal, le 30 octobre.
Source : La Presse, 18 octobre 2010, p. 1 et 4; Le Devoir, 18 octobre 2010, p. 1 et al. http://www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2010/02/19/001-frere_andre.shtml http://www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2010/02/19/002-frere-andre-biographie.shtml
Le 21 octobre 2012 Canonisation de Kateri Tekakwitha
Vingt-deux ans après sa béatification, Kateri Tekakwitha devient la première autochtone nord-américaine à être canonisée. Née d'un père mohawk et d'une mère algonquine, celle que l'on surnomme le « lys des Agniers (Mohawks) » a vécu entre 1656 et 1680.
La guérison du jeune Jake Finkbonner, victime d'une fascite nécrosante - la bactérie mangeuse de chair - en 2006, est le détonateur derrière l'accession de Kateri Tekakwitha à la sainteté. Née en 1656 dans ce qui deviendra éventuellement les États-Unis, cette jeune Amérindienne avait décidé de se convertir au christianisme, une décision qui lui attire la persécution. Elle vient par la suite s'établir à Kahnawake où elle est enterrée après sa mort, en 1680. Des fidèles de plusieurs pays du monde vouent un véritable culte à Tekakwitha et font pression pour qu'elle soit reconnue par le Vatican. En 1980, on procède à sa béatification. Puis, le 21 octobre 2012, une cérémonie de canonisation, officiée par le pape Benoît XVI, est célébrée à Rome. Cela fait d'elle la première autochtone d'Amérique du Nord à accéder à la sainteté. Cette canonisation marque aussi une étape dans les relations entre l'Église catholique et les autochtones, relations qui ont souvent été tendues dans le passé.
Le 10 octobre 1725 Décès de PHILIPPE de RIGAUD de VAUDREUIL, gouverneur de la Nouvelle-France
Commandant des troupes françaises au Canada à compter de 1687, Philippe de Rigaud, marquis de Vaudreuil, accomplit la plus grande partie de sa carrière en Nouvelle-France. Il devient un personnage très apprécié dans la colonie, dont il épouse la cause en se mariant à une Canadienne et en y élevant une famille qui se distinguera par ses états de service. Il succède à Louis-Hector de Callière à titre de gouverneur de Montréal en 1698, puis comme gouverneur général de la Nouvelle-France en 1703, fonction qu’il exercera jusqu’à son décès en 1725.
Vaudreuil est gouverneur intérimaire de Montréal lors du raid des Iroquois contre Lachine, le 5 août 1689. Son inexpérience explique en partie ce désastre, qui fait des dizaines de victimes dans la population civile. Durant la décennie suivante, il dirige plusieurs expéditions contre les Iroquois. Alors qu’il est gouverneur de Montréal, il fait interdire la vente de boissons enivrantes aux Amérindiens en 1702, ce qui lui vaut l’appui des Sulpiciens, seigneurs de l’île. De sa nomination comme gouverneur général jusqu’en 1713, la guerre de la Succession d’Espagne fait craindre une offensive des colonies américaines et rend encore plus délicate la question des alliances avec les Amérindiens. Il met donc la colonie en état de résister à une attaque et soutient la « petite guerre » d’escarmouches menée à la frontière par les Abénaquis et les Indiens domiciliés.
La signature du traité d’Utrecht, en 1713, ouvre une ère de paix pour la colonie, mais l’empire français d’Amérique est plus vulnérable que jamais. Le gouverneur de Vaudreuil propose diverses mesures pour raffermir la position géopolitique de la Nouvelle-France. Elles visent à augmenter la population et à rétablir le réseau de commerce des fourrures. La traite est considérée comme un moyen de consolider les alliances avec les Amérindiens, et les postes établis à l’ouest de la région des Grands Lacs et dans le haut Mississippi possèdent une double vocation, militaire et économique. Dans la vallée du Saint-Laurent, les Abénaquis restent les alliés les plus sûrs des Français à la frontière avec la Nouvelle-Angleterre.
Le marquis de Vaudreuil est inhumé dans la chapelle des Récollets, à Québec. S’il a eu des démêlés avec quelques-uns de ses collègues, il laisse le souvenir d’un homme dévoué à sa patrie d’adoption.
Philippe de Rigaud de Vaudreuil a été désigné personnage historique le 12 septembre 2013.
Le 30 octobre 1894 Décès de HONORÉ MERCIER,Premier ministre du Québec
Né à Saint-Athanase, près d'Iberville, le 15 octobre 1840, fils de Jean-Baptiste Mercier, cultivateur, et de Marie-Catherine Timineur (Kemeneur).
Étudia au Collège Sainte-Marie à Montréal. Étudia le droit auprès de Mes Laframboise et Papineau, à Saint-Hyacinthe, et auprès de Joseph-Adolphe Chapleau. Admis au Barreau du Bas-Canada en 1865. Créé conseil en loi de la reine le 31 mai 1878.
Rédacteur au Courrier de Saint-Hyacinthe du 11 juillet 1862 jusqu'à sa démission, le 4 mai 1864. Retourna au Courrier du 27 février au 23 mai 1866 comme membre du comité de rédaction. Fonda également à Montréal, en 1883, le quotidien Le Temps, avec Félix-Gabriel Marchand et Toussaint-Antoine-Rodolphe Laflamme, député à la Chambre des communes de 1872 à 1878.
Exerça sa profession d'avocat à Saint-Hyacinthe de 1865 à 1881 et s'associa à Jean-Baptiste Bourgeois de 1874 à 1879 et à Odilon Desmarais en 1876. S'établit à Montréal en 1881 où il fut associé à Cléophas Beausoleil, député à la Chambre des communes de 1887 à 1899, et à Paul Martineau. Fut associé à partir de 1892 à Lomer Gouin et Rodolphe Lemieux, député à la Chambre des communes puis sénateur. Participa à la fondation de la Compagnie d'aqueduc de Saint-Hyacinthe en 1874.
Membre fondateur de la section de Montréal du Parti national et secrétaire de cette formation en 1872. Élu député libéral à la Chambre des communes dans Rouville en 1872. Ne s'est pas représenté en 1874. Défait dans Saint-Hyacinthe aux élections fédérales de 1878. Assermenté solliciteur général dans le cabinet Joly le 30 avril 1879, occupa cette fonction jusqu'au 31 octobre 1879. Élu député libéral à l'Assemblée législative dans Saint-Hyacinthe à l'élection partielle du 3 juin 1879. Réélu sans opposition en 1881. Chef de l'opposition libérale de 1883 à 1887. Fondateur et chef, en 1885, d'un nouveau Parti national regroupant libéraux et conservateurs. Réélu dans Saint-Hyacinthe en 1886. Son siège devint vacant lors de son accession au cabinet. Réélu sans opposition à l'élection partielle du 12 février 1887. Élu sans opposition dans Bonaventure en 1890. Réélu en 1892. Premier ministre de la province du 29 janvier 1887 au 21 décembre 1891. Président du Conseil exécutif du 29 janvier 1887 au 30 juin 1890. Procureur général du 29 janvier 1887 au 8 mai 1888. Commissaire de l'Agriculture et de la Colonisation du 8 mai au 7 décembre 1888 et du 30 juin 1890 au 21 décembre 1891.
Prononça de nombreuses conférences dont plusieurs furent publiées. Président de l'Union catholique de Saint-Hyacinthe. Bâtonnier du Barreau de Montréal en 1885 et en 1886, puis bâtonnier du Barreau de la province de Québec en 1886 et en 1887. Créé officier de la Légion d'honneur de France et grand-croix de l'Ordre de Saint-Grégoire-le-Grand en 1888. Récipiendaire d'un doctorat en droit honoris causa de l'Université Laval en 1890, et des universités de Fordham (New York) et de Georgetown. Chevalier de l'Ordre du Saint-Sépulcre et commandeur de l'Ordre de Léopold II de Belgique.
Décédé en fonction à Montréal, le 30 octobre 1894, à l'âge de 54 ans. Inhumé à Montréal, dans le cimetière Notre-Dame-des-Neiges, le 2 novembre 1894.
Avait épousé dans la cathédrale de Saint-Hyacinthe, le 29 mai 1866, Léopoldine Boivin, fille de Narcisse Boivin, marchand, et d'Élisabeth Maillette; puis, au même endroit, le 9 mai 1871, Virginie Saint-Denis, fille de Jean-Baptiste Saint-Denis, marchand, et d'Hermine Boivin.
Père d'Honoré Mercier (fils). Beau-père de Lomer Gouin. Grand-père d'Honoré Mercier (petit-fils), de Gaspard Fauteux et de Paul Gouin, ainsi que de Léon Mercier Gouin, sénateur de 1940 à 1976.
Miné par la maladie, Alphonse Desjardins ne peut mener à terme son projet de fédérer les caisses populaires. Dans son testament, il demande à ses successeurs de mettre tout en œuvre pour y parvenir. Le père des caisses populaires s'éteint le 31 octobre 1920.
En 1918, Alphonse Desjardins veut créer une unité entre les 140 caisses populaires du Québec. Selon lui, un regroupement en fédération « rendrait de très précieux services à toutes les caisses. Elle (fédération) servirait de foyer de renseignement sur la marche à suivre et surtout sur l'esprit qui devra toujours dominer dans l'administration ». Ce projet n'est pas vu d'un très bon œil par les gérants des caisses populaires qui craignent de perdre leur autonomie au profit d'une caisse centrale. Le 16 septembre 1918, Desjardins organise une réunion avec cinq membres influents du mouvement, dont le vice-président des caisses ainsi que l'abbé Philibert Grondin. Ce groupe se donne pour objectif de réaliser trois projets. Le premier est d'établir une caisse centrale qui aurait pour fonction de maintenir l'équilibre des caisses. Le second consiste à créer un Conseil supérieur de la coopération d'épargne et de crédit. Le projet de fédération des caisses est le troisième objectif de cette réunion. Cette fédération aurait pour but de surveiller, d'inspecter et de faire de la propagande dans les caisses existantes, ainsi que de fonder d'autres caisses populaires. Le décès d'Alphonse Desjardins , le 31 octobre 1920, interrompra la réalisation de ce projet. Ce n'est qu'en 1932 que verra le jour la Fédération de Québec des unions régionales des caisses populaires Desjardins.
Source : Pierre Poulin, Histoire du Mouvement Desjardins: Desjardins et la naissance des caisses populaires, tome 1, Montréal, Québec/Amérique, 1990, p.261. Réal Bertrand, Alphonse Desjardins, coll. «Célébrités canadiennes» Outremont, Lidec, 1983, p.55.
Le 20 octobre 1972 Décès de la journaliste JUDITH JASMIN
Judith Jasmin meurt à la suite d'une longue maladie. Journaliste pendant près de 30 ans, elle a été la première femme à faire la couverture d'événements internationaux pour Radio-Canada.
À travers ses reportages, Judith Jasmin permet aux Québécois de découvrir le monde et des phénomènes tels que les guerres, la famine, le racisme, etc. De 1966 à 1970, elle est correspondante aux Nations Unies, puis à Washington. De retour au Québec, se sachant condamnée par la maladie, elle accepte un poste d'animatrice à l'émission d'information « Format 60 » à Radio-Canada.
Source : Simonne Monet-Chartrand, Pionnières québécoises et regroupements de femmes d'hier à aujourd'hui, Montréal, éd. du remue-ménage, 1990, p.349-351. L'Encyclopédie du Canada : édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p.1309.
Le poète Gérald Godin décède au terme d'une longue lutte contre le cancer. Militant souverainiste de la première heure, Godin avait été élu pour la première fois en 1976 sous la bannière du Parti québécois.
Écrivain, journaliste, enseignant, Godin a touché à plusieurs cordes avant de tenter l'aventure de la politique en 1976. À cette occasion, il défait le premier ministre du Québec, Robert Bourassa, dans le comté de Mercier. Par la suite, le député-poète s'était particulièrement distingué à titre de ministre des Communautés culturelles et de l'Immigration où il avait œuvré au rapprochement entre nationalistes Québécois et membres des différentes communautés ethniques. La vie et l'engagement politique de Gérald Godin aux côtés de sa conjointe, la chanteuse Pauline Julien, ont fait l'objet d'un documentaire filmé.
Source : La Presse, 13 octobre 1994, p.A1, B1-B2. L'Encyclopédie du Canada: édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p.1073.
Le 2 octobre 1996 Décès de l'ancien premier ministre du Québec, ROBERT BOURASSA
L'ex-premier ministre du Québec, Robert Bourassa, s'éteint au terme d'une longue maladie. Il avait 63 ans.
Bourassa, qui avait démissionné de son poste en 1994, a gouverné le Québec pendant une quinzaine d'années. Pour honorer la mémoire de celui qui était considéré comme le « père » du projet de la baie James, l'Assemblée nationale du Québec suspend ses travaux alors que la Chambre des communes lui rend un hommage officiel. Parmi les nombreux témoignages faits à l'endroit du défunt, retenons celui de l'éditorialiste du « Devoir », Lise Bissonnette, qui écrit: « Robert Bourassa a épousé les aspirations de son peuple mais, en les portant, il a surtout épousé ses hésitations. Ainsi aura-t-il été un accompagnateur plutôt qu'un guide, un témoin de nos avancées et de nos reculs plutôt qu'un chef. Il aura pourtant réussi à se gagner, malgré tant de réserves, une forme d'amitié collective qui ne tenait pas seulement au courage extraordinaire qu'il aura démontré durant son combat discret avec un mal terrible, depuis 1990. » Michel Bélanger, qui fut co-président de la Commission sur l'avenir constitutionnel du Québec en 1990, met l'emphase sur une autre caractéristique du défunt: « C'est probablement le premier de nos hommes politiques qui avait vraiment une formation économique et qui avait un intérêt personnel pour ces questions. Mais sa première préoccupation était politique, elle était sociale, elle n'était pas économique. Bourassa ne choisissait pas entre la théorie souverainiste et la théorie fédéraliste, mais il se demandait dans la pratique, où est-ce que le Québec peut aller le plus loin? »
Source : Le Devoir, 3 octobre 1996, p.A1, A4-A8. L'Encyclopédie du Canada: édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p.348-349.
Le 1er octobre 1998 Décès de la chanteuse PAULINE JULIEN
La chanteuse Pauline Julien se donne la mort après avoir lutté pendant plusieurs mois contre une rare maladie dégénérative.
Pauline Julien a fait une carrière d'interprète qui l'a amenée à se produire sur plusieurs grandes scènes nord-américaines et européennes. Passionnée et engagée, elle a consacré une partie de sa vie à défendre l'idée de l'indépendance du Québec en compagnie du poète et député Gérald Godin, avec qui elle a partagé 32 années de sa vie. De nombreuses personnalités réagiront à l'annonce du décès de Julien, dont le premier ministre Lucien Bouchard qui décrit la défunte comme « une femme de grande passion, une poétesse qui, certainement, ne nous a pas vraiment quittés car elle habitera la mémoire québécoise pour tout le temps ».
Source : Le Devoir, 2 octobre 1998, p.A12. L'Encyclopédie du Canada : édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p.1334-1335.
Le 9 octobre 2013 Décès du financier PAUL DESMARAIS
Un des hommes les plus riches du Canada, le financier Paul Desmarais, s'éteint à l'âge de 86 ans. La presse nationale fait grand état du parcours d'exception de celui qui fut un modèle de réussite pour plusieurs entrepreneurs canadiens-français au cours des 50 dernières années.
Parti dans les années 1950 d'une entreprise de transport en difficulté que possédait sa famille, Paul Desmarais, un natif de Sudbury, en Ontario, se hisse au fil des ans au rang des plus grands financiers canadiens. À la tête du conglomérat Power Corporation, dont le siège social est à Montréal, celui-ci devient une référence pour les hommes d'affaires québécois et canadiens, un symbole de réussite à une époque où les modèles sont encore rares chez les francophones. En 2013, Power Corporation a un actif consolidé total évalué à 500 milliards de dollars. Considéré par ses pairs comme un visionnaire, Desmarais fait des affaires partout dans le monde, établissant des contacts en Europe, mais aussi en Chine où il fait figure de précurseur. Les ramifications de l'empire financier que devient Power Corporation s'étendent à une foule de domaines, notamment l'industrie, les transports, les assurances, l'énergie ou les communications. Une de ses filiales, Gesca, possède plusieurs journaux, dont le quotidien montréalais La Presse. L'influence de Paul Desmarais, un ardent fédéraliste, est considérable dans le milieu des affaires ainsi que dans le monde politique, bien que ses interventions dans les médias soient rares. Cette attitude incite des observateurs à le qualifier de « politicien de l'ombre ». Son opposition au projet souverainiste est toutefois bien connue, lui attirant le ressentiment des nationalistes québécois. Malgré cela, à l'annonce de sa mort, des personnalités de tous les horizons politiques saluent sa mémoire et reconnaissent son brio sur le plan financier. À un autre niveau, les membres de la famille Desmarais sont réputés pour leur appui au monde des arts, leur mécénat ayant contribué à l'avancement de plusieurs carrières. Le nom Desmarais reste associé de près à Power Corporation puisque les fils du disparu, Paul fils et André, sont à la tête de sa direction.
Source : La Presse, 10 octobre 2013, p. 1 et al., http://www.lapresse.ca/le-soleil/affaires/actualite-economique/201310/09/01-4698213-paul-desmarais-1927-2013-parcours-dun-geant-du-monde-des-affaires.php http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Economie/2013/10/09/007-paul-desmarais-ascension.shtml http://www.ledevoir.com/economie/actualites-economiques/389537/deces-de-paul-desmarais
Le 1er octobre 2018 Victoire de la COALITION AVENIR QUÉBEC
Près de sept ans après son retour en politique, François Legault réalise son rêve de devenir premier ministre et chasse les libéraux du pouvoir. « Ce soir, les Québécois ont fait l’histoire. Ils ont fait confiance à un nouveau parti pour relancer le Québec », s’est réjoui le chef caquiste, qui dirigera un gouvernement majoritaire.
« Aujourd’hui, il y a beaucoup de Québécois qui ont mis de côté un débat qui nous divisé depuis 50 ans », a déclaré M. Legault, en prononçant son discours de la victoire devant des centaines de militants euphoriques rassemblés à Québec.
« Aujourd’hui, il y a beaucoup de Québécois qui ont fait la démonstration que c’est possible de faire travailler ensemble des adversaires d’hier, pour le Québec demain », a-t-il continué.
Le premier ministre élu a affirmé sa volonté de gouverner dans un « esprit de rassemblement », notamment pour les familles et les aînés.
Il a aussi tendu la main aux Québécois anglophones, un électorat que les libéraux ont su conserver dans leur giron. « Travaillons ensemble pour faire un Québec plus fort à l’intérieur du Canada et je veux vous assurer que mon gouvernement sera votre gouvernement », a dit le chef de la CAQ, fort de son éclatante victoire.
La vague caquiste a déferlé partout au Québec, du Saguenay-Lac-Saint-Jean à l’Outaouais, en passant par l’Abitibi. Toutes les vedettes caquistes comme Sonia Lebel ou Ian Lafrenière ont été élues. La CAQ a même réussi à faire élire deux députés sur l’île de Montréal, dans Pointe-aux-Trembles et Bourget.
Les libéraux de Robert Bourassa remportent les élections générales avec 54,7% des voix. Ils font élire 102 députés à l'Assemblée nationale contre six pour leurs plus proches rivaux, les péquistes de René Lévesque[/biolien].
Le déclenchement prématuré des élections générales profite au premier ministre Robert Bourassa qui mène le Parti libéral à une éclatante victoire. Seuls le Parti québécois, avec six sièges, et le Ralliement créditiste, avec deux, parviennent à empêcher les libéraux de monopoliser les 110 circonscriptions du Québec. Le scrutin de 1973 marque un net recul pour l'Union nationale (UN) qui, en plus de chuter à 4,9% des intentions de vote, ne parvient pas à faire élire un seul candidat. Il s'agit d'une première pour l'UN depuis sa fondation en 1936. Enfin, le Parti québécois (PQ) de René Lévesque obtient maintenant le support de 30,2% de l'électorat, une progression qui ne lui permet cependant pas de faire une percée importante à l'Assemblée nationale puisque sa représentation passe de sept à six députés. Lévesque lui-même est défait dans Dorion, un sort que partagent plusieurs têtes d'affiche du parti, dont Jacques Parizeau et Claude Morin.
Source : Le Devoir, 30 octobre 1973, p.1,7.
Circonscriptions : 108
Électeurs inscrits : 3,763,911
Abstentions : 738,163
Votes valides : 2,970,978
Taux de participation: 80,38%
Parti Libéral : 1,623,734 votes obtenus, 54,6%, 102 élus
Premier ministre: Premier ministre: Robert Bourassa (1970-1976)
Parti Québécois : 897,809 votes obtenus, 30,2%, 6 élus
Parti créditiste : 294,706 votes obtenus, 9,9%, 2 élus
Les libéraux d'Adélard Godbout remportent les élections générales avec 54,1% des voix. Ils font élire 70 députés à l'Assemblée législative contre 15 pour leurs plus proches rivaux, les unionistes de Maurice Duplessis.
Avec le déclenchement de la guerre en Europe, le thème de la conscription est au centre de la campagne. Le 30 septembre, le chef libéral Adélard Godbout déclare: « Je vous affirme avec toute la force dont je suis capable que le gouvernement d'Ottawa ne décrétera jamais la conscription militaire tant que vous laisserez la politique libérale diriger vos destinées. » Ce à quoi il ajoute: « Je m'engage sur l'honneur, en pesant chacun de ces mots, à quitter mon parti et même à le combattre, si un seul Canadien français, d'ici la fin des hostilités en Europe, est mobilisé contre son gré sous un régime libéral, ou même un régime provisoire auxquels participeraient nos ministres actuels dans le cabinet de M.King. » Le 4 octobre, à Trois-Rivières, le premier ministre Duplessis lui réplique: « Un vote pour Maurice Duplessis, c'est un vote pour l'autonomie...contre la conscription. » Incapable de satisfaire les attentes exprimées en 1936, l'Union nationale subit néanmoins une chute importante dans les intentions de vote qui passent de 56,9%, en 1936, à 39,1%. Les libéraux profitent pour leur part de l'impopularité des unionistes et du support de leurs collègues fédéraux, qui s'élèvent contre une éventuelle conscription pour service outre-mer, pour rallier 54,1% des électeurs.
Source : Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert, François Ricard, Histoire du Québec contemporain: le Québec depuis 1930, Montréal, Boréal, 1987, p.119-125. Susan Mann Trofimenkoff, Visions nationales : une histoire du Québec, Saint-Laurent, Trécarré, 1986, p.336-357. (citations des hommes politiques dans) Gérard Cachat, À la recherche de mes racines, Montréal, Lidec, 1984, p.586.
Circonscriptions : 86
Électeurs inscrits : 753,310
Abstentions : 170,500
Votes valides : 563,297
Taux de participation: 75,74%
Parti Libéral : 301,382 votes obtenus, 53,5%, 69 élus
Premier ministre: Joseph-Adélard Godbout (1939-1944)
Union nationale : 217,413 votes obtenus, 38,6%, 14 élus
Le 21 octobre 2019 Réélection du Parti libéral du Canada de Justin Trudeau
Un texte original du Bilan Québec rédigé par Mélyann Guévremont, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Les élections fédérales sont déclenchées le 11 septembre 2019, comme prévu par la loi sur les élections à date fixe, après un mandat de quatre ans du gouvernement libéral dirigé par le premier ministre Justin Trudeau. Quarante-et-un jours plus tard, celui-ci conserve son poste alors que le Parti libéral du Canada (PLC) réussit à former un gouvernement minoritaire.
Pendant une campagne où libéraux et conservateurs ont été au coude-à-coude, Justin Trudeau et son gouvernement ont dû défendre le bilan de leurs années au pouvoir. L’achat de l’oléoduc Trans Mountain a été ramené à l’avant-plan par certains adversaires qui le considèrent nuisible à la lutte aux changements climatiques. Justin Trudeau a aussi été attaqué sur sa mauvaise gestion de l’affaire SNC-Lavalin et des pressions induites sur sa ministre de la Justice, Jody Wilson-Raybould. L’enjeu de la laïcité a également été beaucoup discuté au Québec. Les partis sont divisés sur l’appui du gouvernement fédéral à une potentielle contestation de la récente Loi 21 sur ce sujet. La victoire majoritaire échappe de peu au PLC qui gagne 157 sièges sur 338 et 33,1 % du vote. Le Parti conservateur du Canada (PCC) arrive deuxième en nombre de sièges, avec 121 députés, mais gagne le vote populaire (34,3 %). Le Bloc québécois, avec son nouveau chef Yves-François Blanchet, crée la surprise en triplant la taille de sa députation, passant de 10 à la dissolution du Parlement à 32 au lendemain des élections. Ces gains se sont surtout faits au détriment du PLC, ce qui a pu contribuer au statut minoritaire du gouvernement. Le Nouveau Parti démocratique fait sa pire performance depuis 2004 en remportant seulement 24 sièges, alors que le parti Vert fait son meilleur score en gagnant 3 sièges. Le Parti populaire du Canada, nouvelle formation à droite sur l’échiquier politique, échoue à faire élire un député. La présence de son chef, Maxime Bernier, aux débats officiels a d’ailleurs été critiquée. La défaite du PCC pousse le nouveau chef, Andrew Scheer, à quitter la direction du parti quelques semaines plus tard. Bien que minoritaire, Justin Trudeau gouverne sans former de coalition. Ce deuxième mandat ne durera que 23 mois et sera marqué par la gestion de la pandémie de COVID-19 dès mars 2020.
Source : Élections Canada, URL https://www.elections.ca/res/cir/maps2/images/parlimap_43_e.pdf; Journal de Montréal, 16 septembre 2019, URL https://www.journaldemontreal.com/2019/09/16/maxime-bernier-finalement-invite-aux-debats-des-chefs; Radio-Canada, 8 octobre 2019, URL https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1336823/quebec-contestation-judiciaire-bloc-quebecois-yves-francois-blanchet; 22 octobre 2019, URL https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1355328/elections-resultats-quebec-province-bloc-quebecois-npd; La Presse, 22 octobre 2019, URL https://www.lapresse.ca/elections-federales/2019-10-21/un-gouvernement-liberal-minoritaire-dans-un-pays-divise
«...Vue du Québec, la réélection de Justin Trudeau est un moindre mal. Il poursuivra dans l’adoption de politiques publiques progressistes, n’en déplaise à ses adversaires qui lui reprochent son hypocrisie symbolisée par l’achat d’un pipeline en pleine transition énergétique. Les libéraux sont dépensiers à outrance et empilent les déficits en période de prospérité, mais leur cadre financier reste moins débonnaire que celui du NPD et du Parti vert. [...] Le chef du NPD, Jagmeet Singh, est bien sympathique, mais personne ne le prend au sérieux lorsqu’il affirme que Justin Trudeau « flashe à gauche et tourne à droite ». Ce dépensier a doublé le NPD sur la gauche. Même en scrutant le NPD et le PLC de près, dans leur incarnation actuelle, on ne peut trouver de divergences fondamentales empêchant leur rapprochement. »
Brian Myles, « Un Bloc fort dans un Canada libéral », Le Devoir, 20 octobre 2019.
«...De la part des deux grands partis, il n’y a eu ni grands enjeux discutés ni grandes politiques proposées. L’environnement, qui aurait dû être le débat de l’heure, s’est avéré une patate chaude tant pour les libéraux que les conservateurs — ainsi que pour le Bloc, d’ailleurs. La question de la laïcité, seul véritable point de tension durant la campagne, a été introduite sous la rubrique « pas touche ». Autre débat raté, les partis politiques fédéraux étant priés de s’abstenir. Autrement, ni la question de l’éthique gouvernementale, ni celle de la discrimination raciale, encore moins celle des Autochtones n’ont été abordées. L’avortement ? Le mariage gai ? Des figures de style plutôt que de véritables enjeux. L’immigration, qui cause des remous pas seulement au Québec, mais partout au pays, est restée entièrement à l’ombre de nos jeunes politiciens en fleurs. L’heure était à la dépolitisation de la scène politique. »
Francine Pelletier, « Trois Canada », Le Devoir, 23 octobre 2019.
«...le Canada sort de ces élections plus divisé que jamais depuis une génération. Il fallait avoir du culot pour prétendre, comme Justin Trudeau l’a fait hier dans son discours, que « les Canadiens ont rejeté les divisions ». Il fallait aussi être particulièrement inélégant et revanchard pour commencer à parler dès le début du discours d’Andrew Scheer, contrairement aux coutumes. Ça commence mal la collaboration… [...] La colère des Prairies et la montée du nationalisme québécois rendent le jeu politique encore plus périlleux pour un premier ministre qui s’est montré faible et pas particulièrement compétent. L’Alberta et la Saskatchewan ont renoué encore plus agressivement avec le sentiment « d’aliénation de l’Ouest ». Et au Québec, les libéraux ont été incapables de proposer une vision qui tienne compte de la réalité « nationale ». Tout se passe comme si l’entourage de Justin Trudeau avait rangé au rayon des « vieilles chicanes » la différence québécoise. »
Yves Boisvert, « La victoire-défaite de Trudeau », La Presse, 22 octobre 2019.
Le 24 octobre 1901 Tenue d'élections partielles au Québec
Le Parti libéral de Simon-Napoléon Parent sort vainqueur de quatre élections partielles tenues à travers le Québec.
Le 24 octobre, Jean-Cléophas Blouin est élu sans opposition dans Lévis. Une semaine plus tard, le 31 octobre, Joseph Laferté, Cyrille-Fraser Delâge et Hormisdas Pilon, tous candidats du Parti libéral, sont élus respectivement dans Drummond, Québec-Comté et Vaudreuil. Soulignons que le Parti libéral détient la majorité à l'Assemblée législative depuis 1897.
Le 31 octobre 1901 Tenue d'élections partielles dans trois circonscriptions du Québec
Le Parti libéral du Québec conserve les trois sièges à l'enjeu en remportant la victoire dans les circonscriptions de Québec-comté, Vaudreuil et Drummond.
La nomination au Conseil législatif de Némèse Garneau rend nécessaire la tenue d'une élection partielle dans Québec-comté. Elle est remportée par Cyrille-Fraser Delâge qui obtient 1 794 votes contre 1 119 pour le libéral indépendant C.-Eugène Dubord et 43 pour le libéral Narcisse Dion. La lutte est plus contestée dans Vaudreuil alors que Hormisdas Pilon doit se contenter d'une majorité de 53 voix, 835 contre 782, sur son adversaire conservateur Honoré Thauvette. Enfin, Joseph Laferté, un homme d'affaires âgé de 50 ans, enlève facilement la circonscription de Drummond en défaisant le conservateur François-Napoléon Garceau par plus de 800 votes, 1 157 contre 326. Ces trois victoires confirment l'emprise que les libéraux de Simon-Napoléon Parent détiennent déjà sur l'Assemblée législative du Québec où ils sont majoritaires depuis 1897.
Le 29 octobre 1903 Tenue d'une élection partielle dans la circonscription de Brome
Le décès de Henry Thomas Duffy force la tenue d'une élection partielle dans la circonscription de Brome. Elle se solde par la victoire du libéral John Charles McCorkill.
McCorkill est un avocat de 49 ans qui a été député à l'Assemblée législative de 1897 à 1898 et conseiller législatif de 1898 à 1903. Nommé Trésorier de la province le 6 octobre 1903 par le premier ministre Simon-Napoléon Parent, il obtient une victoire décisive sur le conservateur David Manson lors de l'élection partielle qui se tient dans la circonscription de Brome le 29 octobre 1903. McCorkill reçoit en effet 1566 votes contre 1228 pour son adversaire. Le comté de Brome, qui était aux mains des libéraux depuis 1897, continuera donc d'être représenté par le parti ministériel. McCorkill assumera le poste de Trésorier provincial jusqu'au 31 août 1906.
Le 7 octobre 1905 Tenue d'une élection partielle dans la circonscription de Montréal no. 4
Le décès du député libéral James Cochrane entraîne la tenue d'une élection partielle dans la circonscription de Montréal no. 5. Elle est remportée par le libéral George Washington Stevens, fils.
Aucun adversaire ne s'étant manifesté, Stephens est élu sans opposition. Cet avocat de 39 ans est le fils de George Washington Stevens qui a siégé à l'Assemblée législative de 1881 à 1886 et de 1892 à 1900. La carrière du fils sera beaucoup plus courte que celle du père. Nommé à la présidence de la Commission du havre de Montréal en 1907, il ne sera pas sur les rangs lors des élections générales de 1908.
Source : Bibliothèque de la Législature, Répertoire des parlementaires québécois, 1867-1978, Québec, 1980, 797 pages.
Le 14 octobre 1905 Tenue d'une élection partielle dans la circonscription de Saint-Sauveur
La démission de l'ex-premier ministre du Québec, Simon-Napoléon Parent, entraîne la tenue d'une élection partielle dans la circonscription de Saint-Sauveur. Elle est remportée par le libéral Charles-Eugène Côté.
Côté, qui est âgé de 38 ans, se présente comme libéral-ouvrier. Il remporte une victoire décisive sur Joseph-Abel Rochette qu'il devance par 1 770 votes contre 982. Après le dévoilement des résultats, Côté est paradé par ses partisans dans les rues de Saint-Sauveur et Saint-Malo. Le nouveau député siégera à l'Assemblée législative du Québec jusqu'en 1909.
Le 14 octobre 1908 Tenue d'une élection partielle dans la circonscription de Lac Saint-Jean
Le décès du député Théodore-Louis-Antoine Broët entraîne la tenue d'une élection partielle dans la circonscription de Lac Saint-Jean. Elle est remportée par le libéral Jean-Baptiste Carbonneau.
Aucun autre candidat ne s'étant manifesté, c'est par acclamation que Carbonneau remporte la victoire. Ancien agent d'immigration pour le gouvernement provincial, Carbonneau, qui est âgé de 44 ans, obtiendra une autre victoire pour le Parti libéral dans la circonscription de Lac Saint-Jean lors des élections générales de 1912.
Source : Bibliothèque de la Législature, Répertoire des parlementaires québécois, 1867-1978, Québec, 1980, 796 pages.
Le 26 octobre 1908 Tenue d'une élection partielle dans la circonscription de Rouville
La nomination du député libéral Albert Girard au poste de protonotaire à la Cour supérieure de Montréal entraîne la tenue d'une élection partielle dans la circonscription de Rouville. Elle est remportée par le libéral Joseph-Edmond Robert.
L'importance de cette élection partielle est quelque peu éclipsée par la tenue des élections générales fédérales qui se déroulent la même journée. Un cultivateur de 43 ans, Albert Girard, permet aux libéraux de garder le comté de Rouville. Il l'emporte facilement en obtenant 1 481 votes contre 1 292 pour son adversaire, le conservateur Georges Arès. Soulignons qu'à ce moment ce sont les libéraux de Lomer Gouin qui détiennent la majorité à l'Assemblée législative du Québec. Girard y siégera jusqu'en 1922.
Source : Bibliothèque de la Législature, Répertoire des parlementaires québécois, 1867-1978, Québec, 1980, 796 pages.
Le 16 octobre 1912 Tenue d'une élection partielle dans la circonscription de Verchères
La démission du député libéral Amédée Geoffrion entraîne la tenue d'une élection partielle dans la circonscription de Verchères. Elle est remportée par un autre libéral, Joseph-Léonide Perron.
Perron, un avocat âgé de 40 ans, est élu sans opposition. Il siège déjà à l'Assemblée législative où il représente la circonscription de Gaspé depuis 1910. Nommé conseiller législatif en 1916 par le premier ministre Lomer Gouin, Joseph-Léonide Perron occupera notamment les postes de ministre de la Voirie (1921-1929) et de ministre de l'Agriculture (1928-1929) au sein du gouvernement.
Source : Bibliothèque de la Législature, Répertoire des parlementaires québécois, 1867-1978, Québec, 1980, 796 pages.
Le 11 octobre 1920 Tenue d'élections partielles au Québec
Le Parti libéral du Québec, qui détient la majorité à l'Assemblée législative, remporte une série d'élections partielles.
Édouard Hamel est élu sans opposition dans Portneuf sous la bannière du Parti libéral. Une semaine plus tard, le 19 octobre, deux autres élections partielles se soldent par des victoires libérales alors que Nérée Morin et Arthur Ricard sont élus dans Kamouraska et Saint-Maurice.
Source : http://www.assnat.qc.ca/fra/patrimoine/chronologie/chrono2.html Bibliothèque de la Législature, Répertoire des parlemenatires québécois, 1867-1978, Québec, 1980, 797 pages.
Le 22 octobre 1923 Tenue d'élections partielles dans quatre circonscriptions du Québec
Les Libéraux de Louis-Alexandre Taschereau, qui forment la majorité à l'Assemblée législative, sortent gagnants de ces élections partielles.
Carlton James Oliver, David Laperrière, Stanislas-Edmond Desmarais et Hector Authier sont élus respectivement dans Brome, Yamaska, Richmond et Abitibi.
Le 31 octobre 1927 Tenue d'élections partielles dans deux circonscriptions du Québec
Quelques mois après les élections générales qui ont reporté les Libéraux de Louis-Alexandre Taschereau au pouvoir, on procède à des élections partielles dans deux circonscriptions.
Pierre Gagnon et Pierre Gauthier, tous deux candidats du Parti libéral, sont élus respectivement dans Kamouraska et Portneuf.
Le octobre 1928 Élection du candidat conservateur Camillien Houde à l'Assemblée législative
Au cours de cette élection partielle qui se déroule dans la circonscription de Sainte-Marie, Houde reçoit 3 526 voix, soit 584 de plus que l'ensemble de ses adversaires : le libéral Ernest Langlois, avec 2 746 voix, ainsi que les candidats Lagarde et Giroux qui obtiennent respectivement 146 et 48 votes.
« Oui la bête est morte (en parlant du Parti libéral) », clame Camillien Houde qui est maire de Montréal depuis le 2 avril 1928. Apprenant qu'il était élu par une majorité substantielle d'environ 775 voix, celui-ci n'a pu cacher sa joie aux milliers d'électeurs enthousiastes massés en face de son comité central, rue Papineau. Houde, qui a été député de Sainte-Marie de 1923 à 1927, avait subi la défaite lors de l'élection générale de 1927. Le chef du Parti conservateur du Québec, Arthur Sauvé, commente cette victoire en déclarant : « L'élection de Sainte-Marie a donné à l'hon. M. Taschereau (le premier ministre libéral Louis-Alexandre Taschereau) la réponse qu'il s'était méritée depuis longtemps. » Le vote est ponctué de nombreuses irrégularités qui sont à l'origine d'interventions policières. Parallèlement à cette élection, une autre partielle, cette fois dans Québec-Est, se solde à l'avantage des Libéraux. En juillet 1929, Houde succédera à Arthur Sauvé à la tête des Conservateurs.
Le 28 octobre 1929 Tenue d'une élection partielle dans la circonscription de Richelieu
La nomination de Jean-Baptiste Lafrenière à la présidence de la Commission provinciale du crédit agricole entraîne la tenue d'une élection partielle dans la circonscription de Richelieu. Elle est remportée par le libéral Joseph-Célestin-Avila Turcotte.
La campagne donne lieu à des échanges assez durs entre les chefs, le premier ministre Louis-Alexandre Taschereau et le conservateur Camillien Houde. Les libéraux gardent néanmoins la mainmise sur cette circonscription qu'ils représentent à l'Assemblée législative depuis 1897. Turcotte obtient 2 426 votes contre 1 451 pour le conservateur Hervé Larivière et 258 pour le libéral indépendant Ulric Girouard. Faisant allusion aux incidents qui ont ponctué la campagne, le premier ministre Taschereau déclare à l'annonce des résultats: « Le verdict d'hier est la réponse d'une population honnête à une campagne d'injures et de diffamations, qui est toute la politique de M.Houde. »
Source : Le Devoir, 28 octobre 1929, p.1 et 3; 20 octobre 1929, p.1 et 3.
Le 20 octobre 1930 Tenue d'élections partielles au Québec
C'est Robert Taschereau, le fils du premier ministre du Québec, Louis-Alexandre Taschereau, qui est élu député de Bellechasse à cette occasion.
Deux semaines plus tard, soit le 4 novembre, de nouvelles élections partielles permettent à J.-M.-Paul Sauvé, du Parti conservateur, de succéder à son père, l'ancien chef de l'Opposition Arthur Sauvé, dans Deux-Montagnes. Ce dernier a décidé de se porter candidat aux élections fédérales. Le même jour, le libéral Louis-Joseph Thisdel est élu dans Maskinongé et le trésorier Gordon W. Scott, qui n'était pas élu, est battu dans Huntingdon par le conservateur Martin B. Fisher.
Le 6 octobre 1941 Tenue d'élections partielles dans deux circonscriptions du Québec
À la suite du décès des députés Alexis Bouthillier et James Walker Ross, tous deux du Parti libéral, le gouvernement procède à des élections partielles dans deux circonscriptions.
Le libéral Dennis James O'Connor et J.-Paul Beaulieu de l'Union nationale sont élus respectivement dans Huntingdon et Saint-Jean-Napierville. Il s'agit d'un moment historique puisque c'est lors de ces élections partielles que les femmes votent pour la première fois au niveau provincial. Rappelons qu'à ce moment, ce sont les Libéraux d'Adélard Godbout qui détiennent la majorité à l'Assemblée législative.
Le 15 octobre 1958 Tenue d'élections partielles dans deux circonscriptions du Québec
À la suite de la démission du député de Roberval, Paul Spence, le 19 août dernier, et de celle du ministre de la Santé, Albiny Paquette, le lendemain, le gouvernement procède à des élections dans ces deux circonscriptions.
Pierre Bohémier et Jean-Joseph Turcotte, tous deux candidats de l'Union nationale, sont élus respectivement dans Labelle et Roberval. Rappelons qu'à ce moment cette formation détient une majorité à l'Assemblée législative.
Le 5 octobre 1964 Tenue d'élections partielles dans quatre circonscriptions du Québec
Le Parti libéral de Jean Lesage, au pouvoir depuis 1960, remporte les quatre élections.
Claude Wagner, Francis O'Farrell, Jacques Bernier et Pierre-W. Maltais sont élus respectivement dans Montréal-Verdun, Dorchester, Matane et Saguenay. Quelques semaines plus tard, Wagner, qui est Solliciteur général depuis le 31 août, sera nommé Procureur général du Québec. Ces quatre victoires libérales, notamment celle dans Dorchester, comté représenté auparavant par un député de l'Union nationale, risque d'entraîner une remise en question du leadership du chef unioniste Daniel Johnson par « l'aile droite » du parti. Le député de Trois-Rivières, Yves Gabias, et le conseiller législatif Gérald Martineau sont perçus comme deux des principaux opposants à Johnson qui déplore les dépenses faites par les Libéraux avant les partielles pour s'attirer les faveurs de l'électorat. Pour sa part, le premier ministre Jean Lesage se réjouit de la situation, déclarant: « La présence de quatre nouveaux députés libéraux à l'Assemblée législative sera un stimulant pour le gouvernement. »
Source : http://www.assnat.qc.ca/fra/patrimoine/chronologie/chrono3.html Le Devoir, 6 octobre 1964, p.1-2. Bibliothèque de la Législature, Répertoire des parlementaires québécois, 1867-1978, Québec, 1980, p.797.
Le 8 octobre 1969 Tenue d'élections partielles dans quatre circonscriptions du Québec
L'Union nationale de Jean-Jacques Bertrand, au pouvoir depuis 1966, remporte les quatre élections.
François-Édouard Beliveau, Jean Cournoyer, Jean-Jacques Croteau et Gilles Gauthier sont élus respectivement dans Vaudreuil-Soulanges, Saint-Jacques, Sainte-Marie et Trois-Rivières. Dans Vaudreuil-Soulanges, il s'agit d'un gain pour les Unionistes qui conservent leur majorité à l'Assemblée législative. L'automne s'annonce toutefois chaud pour le gouvernement avec le passage du projet de loi 63 qui soulèvera la grogne chez les francophones.
Source : http://www.assnat.qc.ca/fra/patrimoine/chronologie/chrono3.html Bibliothèque de la Législature, Répertoire des parlementaires québécois, 1867-1978, Québec, 1980, 797 pages.
Le 11 octobre 1972 Tenue d'élections partielles dans deux circonscriptions du Québec
Le Parti libéral de Robert Bourassa, au pouvoir depuis 1970, remporte les deux élections. Michel Gratton et Donald Gallienne sont élus respectivement dans Gatineau et Duplessis.
Dès le lendemain de ces élections partielles, le Parti Unité-Québec (connu auparavant sous le nom d'Union nationale) et le Parti québécois contestent l'élection dans Gatineau et demandent un recomptage. Le juge Arthur Laramée déclarant nuls les bulletins de vote utilisés, l'élection partielle est reprise le 15 novembre. Michel Gratton sera à nouveau élu.
Source : Bibliothèque de la Législature, Répertoire des parlementaires québécois, 1867-1978, Québec, 1980, 797 pages. http://www.assnat.qc.ca/fra/patrimoine/chronologie/chrono3.html
Le 16 octobre 1978 Élections partielles dans les circonscriptions fédérales de Saint-Hyacinthe, Lotbinière et Westmount
Lors de l'élection partielle tenue dans le comté de Saint-Hyacinthe, Marcel Ostiguy du Parti libéral obtient la victoire avec 53,5 % des votes. Son plus proche rival, le progressiste-conservateur Charles-Auguste Gauvin, se contente pour sa part de 41,2 % des votes.
Dans la circonscription de Westmount, Donald J. Johnston (PLQ) récolte 59,9 % des voix alors que le progressiste-conservateur Bernard J. Finestone plafonne à 32,7 %. Enfin, dans le comté de Lotbinière, la victoire va au libéral Jean-Guy Dubois qui obtient 53,5 % des votes, ce qui lui permet de devancer le créditiste Richard Janelle (45,3 %).
Source : Bibliothèque du Parlement, http://www.parl.gc.ca
Le 6 octobre 1997 Tenue d'élections partielles dans quatre circonscriptions du Québec
Le décès de Denis Perron, le député péquiste de la circonscription de Duplessis, et les démissions des députés de Kamouraska-Témiscouata et Bourassa qui souhaitent se présenter aux prochaines élections fédérales, entraînent la tenue d'élections partielles.
Ces élections doivent aussi combler la circonscription de Bertrand. Celle-ci a été laissée vacante à la suite du jugement de la Cour d'appel, confirmant celui de la Cour du Québec, décrétant que le député libéral élu, Robert Thérien, s'était rendu coupable de manœuvres électorales frauduleuses et qu'en conséquence, l'élection du 12 septembre 1994 devait être annulée. À la suite des élections partielles du 6 octobre, les libéraux Denis Chalifoux, Michèle Lamquin-Éthier et Claude Béchard sont élus respectivement dans Bertrand, Bourassa et Kamouraska-Témiscouata. Pour sa part, Normand Duguay est élu député du Parti québécois dans la circonscription de Duplessis.
Source : Le Devoir, 7 octobre 1997, p.A8. http://www.assnat.qc.ca/fra/patrimoine/chronologie/chrono3.html
Le 1er octobre 2001 Tenue d'élections partielles dans quatre circonscriptions du Québec
Le résultat de ces élections constitue toute une surprise. En effet, le Parti québécois y perd deux de ses bastions (Jonquière, Laviolette) et ne remporte la victoire dans les deux autres circonscriptions (Blainville, Labelle) que par des marges plutôt minces.
La libérale Françoise Gauthier est élue dans Jonquière, ancien fief de Lucien Bouchard, alors que la libérale Julie Boulet enlève de son côté la circonscription de Laviolette, considérée comme un autre bastion du Parti québécois. Dans Labelle, c'est par un vote serré que Sylvain Pagé est élu député du Parti québécois, alors que dans Blainville, c'est Richard Legendre, le ministre délégué au Tourisme, aux Loisirs et au Sport, qui remporte la victoire. L'élection de Legendre fait de lui le ministre ayant siégé le plus grand nombre de jours au Conseil des ministres sans avoir été élu, soit 207 jours. Conscient que ces résultats constituent un désaveu à l'endroit du gouvernement dont il fait partie, le ministre péquiste Gilles Baril déclare à la presse: « Le gouvernement et le Parti québécois doivent faire leur examen de conscience, leur mea-culpa. Le vrai tribunal, c'est toujours les élections et le message est clair. Il faudra qu'on se rapproche de la population et qu'on soit plus à l'écoute des citoyens. Le message est entendu. » La répartition des sièges à l'Assemblée nationale est maintenant de 72 pour le Parti québécois, 50 pour les Libéraux et un pour l'Action démocratique du Québec. Il reste cependant deux sièges vacants, ceux de Saguenay et d'Anjou, qui ne seront comblés qu'au printemps 2002.
Source : Le Devoir, 2 octobre 2001, p.A1. http://www.assnat.qc.ca/fra/patrimoine/chronologie/chrono3.html
Le 20 octobre 2014 Tenue d'une élection partielle dans la circonscription de Lévis
Le départ de Christian Dubé, quelques mois après sa réélection dans Lévis sous la bannière de la Coalition Avenir Québec (CAQ), entraîne la tenue d'une élection partielle. Elle est remportée par le candidat caquiste, François Paradis.
Le départ de Christian Dubé, qui est nommé vice-président de la section Québec à la Caisse de dépôt et de placement du Québec, entraîne la tenue d'une première élection partielle depuis la victoire des libéraux de Philippe Couillard, le 7 avril 2014. Il s'agit d'une perte importante pour la CAQ puisque Dubé agissait, entre autres, à titre de porte-parole de ce parti en matière de finances. La formation de François Legault réussit toutefois à trouver un candidat bien connu pour lui succéder. Il s'agit de François Paradis, une personnalité médiatique qui a œuvré notamment comme animateur à la télévision. Face à lui, on retrouve 10 autres candidats dont Janet Jones, une conseillère municipale de Lévis, pour le Parti libéral du Québec (PLQ), ainsi qu'Alexandre Bégin pour le Parti québécois (PQ) et Yv Bonnier Viger pour Québec solidaire (QS). C'est François Paradis qui l'emporte avec 46,8% des voix, contre 32,5% pour Janet Jones. Sur le point d'amorcer une course au leadership, le PQ chute à 8,3%, un net recul par rapport aux 16,6% obtenus par Sylvie Girard quelques mois auparavant. Ce résultat signifie que la représentation des partis demeure la même à l'Assemblée nationale. Un peu plus de 46% des électeurs de Lévis se sont déplacés pour s'exprimer lors de cette partielle.
Le 2 octobre 2017 Élection de Geneviève Guilbault de la Coalition avenir Québec dans Louis-Hébert
Un texte original du Bilan Québec rédigé par un, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
La Coalition avenir Québec (CAQ) frappe un grand coup le 2 octobre 2017 alors que sa candidate, Geneviève Guilbault, remporte facilement l’élection partielle dans Louis-Hébert. Cette circonscription de la ville de Québec était représentée depuis 2003 par le libéral Sam Hamad, un ex-ministre qui avait quitté la politique en avril 2017.
Lors de sa dernière réélection, en 2014, Hamad avait obtenu une victoire décisive, avec 49,2 % des voix. Cette fois, la lutte s’annonce serrée. La campagne est d’ailleurs mouvementée, les candidats des deux principaux partis dans les sondages, Normand Sauvageau de la CAQ et Éric Tétrault du Parti libéral (PLQ), étant amenés à se retirer de la course. La CAQ opte ensuite pour Geneviève Guilbault, une femme de 34 ans qui a déjà été attachée de presse au cabinet du ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis. Elle a notamment dirigé les communications au bureau du coroner lors des tragédies de l’Isle Verte et de Lac Mégantic. Face à elle, le PLQ présente Ihssane El Ghernati, une ex-attachée politique du ministre Hamad. Les autres partis sont loin derrière lors de cette partielle portant sur des thèmes provinciaux, comme la gestion de l’économie et l’intégrité du gouvernement. Un enjeu plus local est également abordé: le traitement à accorder à l’usine de peinture industrielle Anacolor de Cap-Rouge, qui tarde à réagir à des avis de non-conformité. Plus de 52 % des électeurs se rendent aux urnes le 2 octobre 2017, un pourcentage élevé pour une partielle. Le verdict est sans équivoque: avec 51 % des voix, Guilbault devance nettement la candidate libérale (18,7 %) et le péquiste Normand Beauregard (16,3 %). Il s’agit d’une rebuffade pour le gouvernement libéral et d’une victoire éclatante pour la CAQ, son chef François Legault parlant même d’une « majorité au-delà de nos espérances ». Plusieurs députés de cette formation se déplacent d’ailleurs dans Louis-Hébert pour célébrer l’événement. Avec le recul, plusieurs analystes vont percevoir ce gain caquiste comme un coup de semonce annonçant le succès du parti aux élections générales de septembre 2018.
Source : https://www.assnat.qc.ca/fr/deputes/guilbault-genevieve-16885/biographie.html; https://www.electionsquebec.qc.ca/resultats-et-statistiques/resultats-partielles/2017-10-02/653/; Le Devoir, 3 octobre 2017, p. A1 et A8; Presse+, 3 octobre 2017, p. 11; Le Soleil, 5 octobre 2017; https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1059093/election-partielle-circonscription-louis-hebert-sam-hamad
«...C’est là où le bât blesse pour les libéraux : la campagne électorale dans Louis-Hébert a été tellement médiatisée qu’elle a créé une vedette pour la Coalition avenir Québec, une vedette qui incarne le changement. C’est justement ce dont François Legault a besoin en vue des prochaines élections générales : des candidats jeunes et articulés qui vont faire rêver de changement à un électorat désillusionné. Plus vous avez de Geneviève Guilbault et de Simon Jolin-Barrette dans votre équipe, plus il devient facile d’en attirer d’autres. Et je tiens de bonnes sources que c’est précisément ce sur quoi François Legault travaille depuis quelques mois. Les libéraux sont bien conscients de la situation. Ce n’est pas pour rien que Philippe Couillard promet de « transformer » le Québec depuis quelques semaines. Après 15 ans de pouvoir presque ininterrompu, ils subissent le sort de tous les gouvernements en place depuis longtemps et qui sont confrontés au désir de changement de leur population. Mais le premier ministre a beau promettre de transformer le Québec, il n’est plus perçu comme un agent de changement. »
Gilbert Lavoie, « L’effet d’entraînement », Le Soleil, 5 octobre 2017.
«...le retrait forcé de son propre candidat a finalement été une bénédiction pour la CAQ. Geneviève Guilbault, qu’on destinait plutôt à Charlesbourg, une circonscription en principe plus favorable, s’est révélée une candidate nettement plus inspirante que celui dont elle a pris la relève. François Legault l’a présentée d’entrée de jeu comme une future membre de son cabinet et elle semble bien avoir l’envergure nécessaire. Non seulement Mme Guilbault a mené une très bonne campagne, mais elle a reçu l’appui inattendu de l’ancienne vice-première ministre libérale Nathalie Normandeau, qui a appelé à voter pour la CAQ [...] Le recrutement de candidats de prestige demeure le principal défi de François Legault. Jusqu’à présent, les vedettes que la CAQ avait réussi à recruter en sont arrivées à la conclusion qu’il leur serait plus facile de réaliser leurs ambitions en passant au PLQ. L’amère défaite de Jocelyne Cazin à l’élection partielle dans Chauveau, en juin 2015, avait semblé leur donner raison. La victoire dans Louis-Hébert permettra maintenant à la CAQ de faire valoir qu’elle peut aussi constituer un intéressant tremplin. »
Michel David, « La gifle de Louis-Hébert », Le Devoir, 3 octobre 2017, p. 3.