Date clé Date importante Date significative Actualité Sport Culturel Crise Bataille Hors Québec Clergé Décès Élection Partielle
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Le 4 août 1701 Signature de la Grande paix de Montréal
La Grande Paix de Montréal
La Grande Paix est un événement diplomatique qui s'est déroulé à Montréal à l'été 1701. Les alliés autochtones des Français et les Iroquois s'y sont assemblés afin de signer un traité de paix pour mettre un terme à la guerre franco-iroquoise.
Ce conflit commence au début du XVIIe siècle lorsque Samuel de Champlain consolide des alliances avec certaines tribus autochtones. Le contrôle des réseaux de la traite des fourrures devient un enjeu de rivalité entre les différentes nations autochtones, chacune souhaitant apparaître en interlocuteur privilégié auprès des Européens. La guerre pour le contrôle des fourrures oppose bientôt les Hurons, les Montagnais et les Algonquins, alliés des Français, aux nations iroquoises de la puissante Ligue des cinq nations, soutenues par les Hollandais, puis par les colons anglais. Les Montagnais, les Hurons et les Algonquins demandent à Champlain de les assister dans leurs guerres contre les Iroquois. Celui-ci accepte de fournir son appui militaire et attaque les Iroquois sur leur territoire. Ces derniers répliquent en dirigeant leurs assauts contre les établissements français de la vallée du Saint-Laurent. Ils deviennent rapidement une menace importante tant pour les habitants de la colonie que pour leurs alliés autochtones. En 1649, les Iroquois réussissent à disperser les Hurons.
Cette guerre se poursuit tout au long du XVIIe siècle hormis durant les périodes de trêve. Une paix temporaire est signée en 1667, ce qui permet aux Français de circuler sans risque sur le territoire. Ils fondent alors une série de forts dans la région des Grands Lacs où ils rencontrent une multitude de nations autochtones avec qui ils nouent des alliances. Lorsque la guerre avec les Iroquois reprend en 1681, ces nations appuient les Français.
À la fin du XVIIe siècle, les Iroquois sont de plus en plus affaiblis, les Français n'ayant cessé de les attaquer sur leur propre territoire. Avec le traité de Ryswick de 1697 qui met un terme aux affrontements entre Anglais et Français, les Iroquois se retrouvent seuls à faire la guerre à ces derniers et à leurs alliés autochtones. Lorsque Louis Hector de Callière envoie une députation en Iroquoisie pour leur proposer une paix à l'été 1700, ils prennent cette proposition très au sérieux.
En juillet 1701, quatre des cinq nations iroquoises et les alliés autochtones des Français, venant principalement de la région des Grands Lacs, se rendent à Montréal pour discuter d'une paix. Le traité est signé le 4 août 1701 après deux semaines de pourparlers. Plus d'une trentaine de nations apposent leurs signatures. En appuyant ce traité, elles renoncent à se faire la guerre et se considèrent comme des alliés. Elles reconnaissent le gouverneur de la Nouvelle-France comme médiateur dans l'éventualité où un conflit les opposerait de nouveau. La Ligue iroquoise s'engage, quant à elle, à rester neutre dans l'éventualité d'une guerre opposant les Anglais aux Français. L'accord de paix de Montréal assure à la France la supériorité dans les questions autochtones et la liberté d'étendre sa présence militaire sur le continent au cours du demi-siècle qui suit. Le commerce et les expéditions de découverte peuvent reprendre en toute quiétude.
Ce traité met définitivement fin au conflit franco-iroquois.
Le 4 août 1701, 40 nations amérindiennes se rassemblent à Montréal. Leurs représentants signent ce jour-là le traité de Montréal. Cette cérémonie est un événement dont les Montréalais vont se souvenir pendant longtemps. En tout, près de 1,300 Amérindiens vivent pendant trois semaines dans leur petite bourgade d'environ 2,600 habitants. La cérémonie prend place en même temps que la foire annuelle des fourrures. Pour éviter les débordements, les autorités interdisent la vente d'alcool. Les dignitaires sont reçus en grande pompe par le gouverneur Louis-Hector de Callière, qui, ce jour-là, prononce un discours important: « Je ratifie aujourd'hui la paix que nous avons faite [...]. Je me saisy de nouveau de touttes vos haches, et tous vos instrumens de guerre, que je mets avec les miens dans une fosse sy profonde que personne ne puisse les reprendre pour troubler la tranquilité que je rétablis parmy mes Enfans. » Cette paix, qui assure à la France une hégémonie à l'ouest, signifie que les Iroquois et les peuples amérindiens des Pays-d'en-Haut vont cesser de se faire la guerre, que les uns et les autres pourront traquer librement les peaux de castor et circuler sans être embêtés. Aussi, les Iroquois s'engagent à rester neutres en cas de conflit entre la France et l'Angleterre. Une fois la signature apposée sur le document, on fume le calumet de la paix.
Couverture du manifeste Refus globalConsidéré comme un moment charnière de l'histoire culturelle du Québec, le lancement du manifeste collectif intitulé Refus global s'inscrit dans le mouvement d'affirmation de la modernité dans le domaine des arts québécois. Ce mouvement s'est amorcé au cours des années 1930 et a culminé avec la Révolution tranquille.
Le manifeste Refus global est un condensé des réflexions des automatistes, un groupe de jeunes artistes d'avant-garde formé à Montréal à compter de 1941 autour de Paul-Émile Borduas, peintre et professeur à l'École du meuble. Inspirés par le surréalisme français et plus particulièrement par l'écrivain André Breton, les membres de ce groupe rejettent toute forme d'académisme et conçoivent plutôt l'art comme l'expression du subconscient, libre des limites imposées par les règles disciplinaires, laissant toute la place à la spontanéité et à l'expérimentation. À partir de 1944, leurs œuvres sont montrées au public lors d'expositions collectives à Montréal, mais aussi à Toronto, New York et Paris.
À la suite de la publication à Paris en 1947 du manifeste Ruptures inaugurales par des artistes surréalistes, le groupe des automatistes sent le besoin de faire connaître ses positions par une manifestation écrite. Entre décembre 1947 et février 1948, les premières versions de Refus global sont rédigées par Borduas. Le manifeste en préparation circule chez les avant-gardes montréalaises et déclenche la parution du manifeste Prisme d'yeux signé par un groupe réuni autour d'Alfred Pellan. Pour financer la publication de Refus global, le photographe Maurice Perron fonde la maison d'édition Mithra-Mythe et organise une souscription auprès d'amis. Les textes du recueil sont dactylographiés par Pierre Gauvreau et sont imprimés sur une machine Gestetner. Ils sont par la suite assemblés de manière artisanale.
Le 9 août 1948, les automatistes lancent leur manifeste à la librairie d'Henri Tranquille, à Montréal. À cette occasion, les 400 exemplaires numérotés du tirage original sont mis en vente au coût d'un dollar chacun. Le recueil présente neuf textes différents, dont l'essai principal écrit par Paul-Émile Borduas qui donne son titre au collectif. Cet essai est cosigné par Madeleine Arbour, Marcel Barbeau, Muriel Guilbault, Pierre Gauvreau, Claude Gauvreau, Louise Renaud, Fernand Leduc, Thérèse Renaud-Leduc, Jean-Paul Riopelle, Françoise Riopelle, Jean-Paul Mousseau, Marcelle Ferron, Françoise Sullivan, Bruno Cormier et Maurice Perron. Il est accompagné de deux autres textes de Borduas, de trois « objets dramatiques » de Claude Gauvreau et de courts essais de Cormier et de Sullivan, de même que d'un texte pamphlétaire de Leduc. Douze planches d'illustrations et de photos complètent le document. La couverture est l'œuvre de Riopelle et de Claude Gauvreau.
Par le manifeste Refus global, Borduas et les automatistes revendiquent une plus grande liberté dans l'acte de création, mais aussi dans la manière d'exister. Le manifeste critique de manière virulente la société dominante et son conservatisme, de même que le contrôle exercé sur les esprits par les pouvoirs religieux et politique. Plus qu'un manifeste d'artistes, Refus global est un projet de société porté par des citoyens en quête d'un monde plus libre et ouvert aux manifestations des avant-gardes internationales.
Le manifeste n'obtient pas de succès en librairie, mais sa parution provoque une controverse. Le gouvernement, l'Église et plusieurs journaux condamnent le texte jugé scandaleux et subversif. Le prix à payer par certains signataires du manifeste est plutôt lourd. Borduas perd son poste de professeur à l'École du meuble et s'exile à New York, puis à Paris, où se retrouveront également les Riopelle, Leduc et Ferron.
Le manifeste est laissé dans l'oubli durant les années suivant sa publication. Il est redécouvert dans les années 1960 et 1970 et consacré parmi les œuvres marquantes du Québec.
Le 9 août 1948, dans une petite librairie montréalaise, de jeunes artistes lancent un manifeste intitulé Refus global. Le texte est écrit par leur mentor, Paul-Émile Borduas, un professeur de l'École du meuble. Artiste connu des milieux d'avant-garde, Borduas est un peintre abstrait très inspiré par les idées du mouvement surréaliste, né durant les années 1920. Les surréalistes croient aux mystères de l'inconscient et critiquent les dérives du monde moderne. À leurs yeux, c'est la technique et la froide raison qui sont responsables de la Grande guerre.
Borduas et son groupe fondent un mouvement: celui des « automatistes ». Leur manifeste est une charge sans merci contre le Québec traditionnel et le monde moderne. « Au diable le goupillon et la tuque! [...] Fini l'assassinat du présent et du futur à coups redoublés du passé. [...] Notre devoir est simple. Rompre définitivement avec toutes les habitudes de la société, se désolidariser de son esprit utilitaire. [...] PLACE À LA MAGIE! PLACE AUX MYSTÈRES OBJECTIFS! PLACE À L'AMOUR! »
Le manifeste est discuté par quelques intellectuels et journalistes. La réprobation des idées professées est quasi unanime. Le 21 octobre, Borduas est congédié de l'École du meuble « pour conduite et écrits incompatibles avec la fonction de professeur dans une institution d'enseignement de la province de Québec ». Cette décision du gouvernement Duplessis fait peu de vagues et passe presque inaperçue, comme le manifeste d'ailleurs. Ce n'est qu'au cours des années 1960 que Borduas deviendra l'un des martyrs de la « grande noirceur » duplessiste.
Le 1er août 1639 Arrivée des Ursulines en Nouvelle-France
L'arrivée des Ursulines, 1639 / Frank Craig - 1908-1911Les Ursulines arrivent en Nouvelle-France en 1639. Débarquées à Québec, elles y fondent la première école pour jeunes filles de la colonie. Au fil des siècles, leur présence s'étend dans plusieurs régions du Québec, où elles se vouent notamment à l'éducation féminine.
L'établissement des Ursulines en Nouvelle-France est le résultat du labeur de deux femmes, soit Marie-Madeleine de Chauvigny, veuve fortunée du chevalier de Gruel, seigneur de La Peltrie, et Marie Guyart, dite Marie de l'Incarnation, une ursuline du monastère de Tours. Cloîtrées et semi-contemplatives, les religieuses de l'ordre de Saint-Ursule s'appliquent à l'éducation des jeunes filles dans leurs monastères.
À la lecture des Relations des Jésuites, ces deux femmes décident dans les années 1630 de fonder une école pour filles en Nouvelle-France, précisément à Québec, pour se consacrer à l'évangélisation des Autochtones. Accompagnées de deux autres ursulines, Cécile de Sainte-Croix, de Dieppe, et Marie de Savonnières de la Troche, de Tours, Marie de l'Incarnation et madame de La Peltrie quittent le port de Dieppe en direction de la Nouvelle-France. Elles arrivent à Québec le 1er août 1639 en même temps que les Augustines de la Miséricorde de Jésus. Les Ursulines constituent ainsi l'une des deux premières communautés religieuses féminines à s'être établies en Nouvelle-France.
Les ursulines logent à leur arrivée dans la basse ville de Québec, dans une maison concédée par la Compagnie des Cent-Associés. Il s'agit de la première école destinée à l'éducation féminine en Amérique du Nord. Les religieuses y accueillent 18 pensionnaires françaises et autochtones, qui apprennent le catéchisme, la lecture, l'écriture et le calcul, mais aussi les travaux à l'aiguille.
En 1642, avec l'aide financière de leur bienfaitrice, madame de La Peltrie, les Ursulines s'installent dans leur nouveau monastère à l'emplacement qu'elles occupent toujours aujourd'hui, dans la haute ville de Québec. L'ouverture d'un noviciat en 1646 permet aux Ursulines d'accueillir dans leurs rangs des Canadiennes de naissance. En plus de se consacrer à l'éducation, les Ursulines pratiquent différentes formes d'art comme la broderie, la dorure, la peinture et les ouvrages de cire et de dentelle.
En 1697, à la demande de Mgr Jean-Baptiste de La Croix de Chevrières de Saint-Vallier, évêque du diocèse de Québec, trois ursulines de Québec fondent un monastère à Trois-Rivières. La communauté religieuse trifluvienne devient indépendante de celle de Québec en 1732.
Les Ursulines obtiennent la direction de la section féminine de l'école normale Laval en 1857. Elles mettent aussi sur pied des monastères et des écoles dans plusieurs régions du Québec, dont au Lac-Saint-Jean (1882), en Estrie (1884) et dans le Bas-Saint-Laurent (1906). En 1912, l'école des Ursulines obtient une affiliation de l'Université Laval. À partir de 1936, le cours classique et le cours commercial y sont offerts. À compter de 1969, l'enseignement couvre les cinq années des études secondaires. Les Ursulines s'installent également à l'extérieur du Québec, notamment au Nouveau-Brunswick (1945), au Pérou (1968) et au Japon (1936).
L'arrivée des Ursulines en Nouvelle-France est un moment décisif dans la scolarisation des jeunes filles. C'est le point de départ de l'œuvre éducatrice de ces religieuses, au cours de laquelle elles ont enseigné à plusieurs générations successives de jeunes filles et contribué à jeter les bases de l'enseignement au Québec. Elles ont aussi fondé des écoles dans diverses régions, favorisant ainsi le développement de nombreuses municipalités du Québec.
INTÉRÊT PATRIMONIAL
L’arrivée des Ursulines en Nouvelle-France a été désignée événement historique le 24 septembre 2014.
Cet événement historique est désigné pour les motifs suivants:
Arrivées en Nouvelle-France le 1er août 1639, les Ursulines constituent l'une des deux premières communautés religieuses féminines à s'être établies dans la colonie. Débarquées à Québec, elles y fondent la première école destinée aux jeunes filles en Amérique du Nord. Au fil des siècles, les Ursulines ouvrent de nouveaux monastères et de nouvelles écoles dans plusieurs municipalités. Les Ursulines de Québec obtiennent la direction de la section féminine de l'école normale Laval en 1857 et une affiliation de leur école avec l'Université Laval en 1912. L'arrivée des Ursulines en Nouvelle-France est un moment décisif dans la scolarisation des jeunes filles. C'est le point de départ de l'œuvre de ces religieuses qui ont enseigné à plusieurs générations d'étudiantes.
L'une des lectrices assidues des Relations s'appelle Marie Guyart, allias Marie de l'Incarnation (1599-1672). Cette veuve sent très tôt l'appel de Dieu mais attend que son fils ait atteint l'âge de 12 ans avant d'entrer en religion. L'heure venue, elle le confie à sa famille et choisit d'entrer chez les Ursulines, un ordre fondé en 1530, dédié à la vie contemplative et à l'éducation des jeunes filles. À la suite d'un rêve, dans lequel elle se voit dans « un grand et vaste pays, plein de montagnes et de vallées », écrira-t-elle dans son autobiographie, elle décide d'aller vivre en Nouvelle-France. Le 4 mai 1639, elle quitte le port de Dieppe et la France. Elle ne reverra jamais son pays. D'autre mystiques l'accompagnent. Des ursulines, bien sûr, mais aussi des sœurs hospitalières, qui vont fonder l'Hôtel-Dieu de Québec, et des laïques. Ces dévotes sont accueillies à Québec par Charles Huault de Montmagny, le gouverneur qui a succédé à Champlain.
Le 1er août 1639 Arrivée des Augustines en Nouvelle-France
L'arrivée des Augustines et des Ursulines à Québec d'après un tableau de A. Masselotte.Les Augustines de la Miséricorde de Jésus arrivent en Nouvelle-France en 1639. Débarquées à Québec, elles y fondent le premier hôpital de la colonie. Au fil des siècles, leur présence s'étend dans une dizaine de villes, où elles prodiguent activement des soins de santé et des soins spirituels à la population jusque dans les années 1960.
En 1637, conseillée par le père Paul Le Jeune, supérieur des missions des Jésuites en Nouvelle-France, Marie de Vignerot, duchesse d'Aiguillon et nièce du cardinal Richelieu, projette de fonder un hôpital à Québec. Les Augustines de Dieppe, communauté hospitalière cloîtrée fondée au Moyen Âge et responsable de l'Hôtel-Dieu de cette ville, acceptent de prendre en charge le futur établissement. C'est ainsi que le 1er août 1639, les trois premières Augustines de la Miséricorde de Jésus, soit Marie Guenet de Saint-Ignace, première supérieure de la communauté, Anne Le Cointre de Saint-Bernard et Marie Forestier de Saint-Bonaventure, arrivent à Québec, en même temps que les Ursulines. Les Augustines constituent ainsi l'une des deux premières communautés religieuses féminines à s'être établies en Nouvelle-France.
Après un bref séjour à Québec, les Augustines déménagent à Sillery, en 1640, où elles fondent le premier hôpital en Amérique, au nord du Mexique. Situé près de la maison des Jésuites, cet établissement est destiné à l'évangélisation des Autochtones, que les hospitalières espèrent convertir par leur charité et leurs soins. Les guerres franco-iroquoises forcent toutefois les religieuses à retourner à l'intérieur des remparts de Québec en 1644. Deux ans plus tard, elles ouvrent l'Hôtel-Dieu. Recevant de moins en moins d'Autochtones, les Augustines soignent surtout des colons, des soldats et des matelots qui débarquent à Québec. La communauté se « canadianise » rapidement après 1650, date à laquelle la première postulante née au pays prononce ses vœux.
Les Augustines de la Miséricorde de Jésus commencent à essaimer sur de nouveaux territoires au tournant du XVIIe siècle. En 1692, Mgr Jean-Baptiste de La Croix de Chevrières de Saint-Vallier, évêque de Québec, fonde l'Hôpital général de Québec. L'année suivante, les Augustines prennent en charge cette institution dédiée au soin des pauvres, des personnes âgées et des invalides. Les Augustines de l'Hôpital général de Québec seront autonomes de celles de l'Hôtel-Dieu à partir de 1701. Avec le temps, d'autres monastères et hôpitaux sont fondés dans diverses régions, notamment à Chicoutimi (Saguenay) (1884), à Lévis (1892), à Gaspé (1926) et à Dolbeau (Dolbeau-Mistassini) (1955). Ces établissements favorisent le développement de plusieurs municipalités du Québec. Les Augustines mettent aussi en place des écoles d'infirmières.
L'arrivée des Augustines en Nouvelle-France est un moment décisif dans l'amélioration des conditions de vie des habitants de la colonie. C'est le point de départ de l'œuvre hospitalière et spirituelle de ces religieuses, au cours de laquelle elles ont jeté les bases de la dispensation et de l'administration des soins de santé au Québec, et joué un rôle important dans le développement de la pharmacologie.
INTÉRÊT PATRIMONIAL
L’arrivée des Augustines en Nouvelle-France a été désignée événement historique le 24 septembre 2014.
Cet événement historique est désigné pour les motifs suivants:
Arrivées en Nouvelle-France le 1er août 1639, les Augustines de la Miséricorde de Jésus constituent l'une des deux premières communautés religieuses féminines à s'être établies dans la colonie. Elles fondent le premier hôpital en Amérique, au nord du Mexique, en 1640. Au fil des siècles, elles établissent, dans diverses régions, de nouveaux monastères et hôpitaux où elles prodiguent des soins de santé et des soins spirituels à la population. Elles mettent aussi en place des écoles d'infirmières et font progresser la pharmacologie. L'arrivée des Augustines constitue donc un moment décisif dans l'amélioration des conditions de vie des habitants de la Nouvelle France. C'est le point de départ de l'œuvre de cette communauté qui a contribué à la dispense et à l'administration des soins de santé au Québec.
Slogan j'achète en françaisLe 26 août 1977, l'Assemblée nationale vote la Charte de la langue française , aussi appelée « loi 101 ». Première loi linguistique à caractère obligatoire, elle reprend plusieurs éléments de la « loi 22 » qui avait été adoptée en juillet 1974 et en accroît la portée, et elle renforce de façon substantielle le statut de la langue française au Québec.
La Charte énonce solennellement les droits linguistiques fondamentaux. Elle fait du français la langue officielle de l'État québécois, de l'Assemblée nationale, des tribunaux et de l'administration publique québécoise ainsi que la langue exclusive dans la rédaction des lois du Québec, dans l'affichage public et dans la publicité commerciale. En matière de langue d'enseignement, obligation est faite aux immigrants de fréquenter l'école française.
Les entreprises de cinquante employés ou plus doivent adopter un programme de francisation, et un comité de francisation doit être créé dans les entreprises de plus de cent employés. Les conventions collectives ainsi que les raisons sociales doivent être en langue française. Sauf exceptions, seules les personnes ayant de la langue officielle une connaissance appropriée à l'exercice de leur profession peuvent se voir délivrer un permis par un ordre professionnel.
La contestation judiciaire marquera la vie de la Charte de la langue française. Au fil des ans, certaines dispositions seront invalidées, notamment celles portant sur l'unilinguisme français des lois et règlements ainsi que celles relatives à l'affichage public et à la publicité commerciale. Certaines dispositions sur la langue d'enseignement seront par ailleurs contestées, avec un succès mitigé.
La loi linguistique adoptée par le Parti québécois le 26 août 1977, communément appelé « loi 101 », est une véritable Charte de la langue française. Parmi les dispositions les plus audacieuses, et les plus critiquées, mentionnons les suivantes:
» Le français est la langue unique de la législation de la justice.
Non seulement les procès doivent-ils se tenir en français, mais les jugements doivent être rendus en français. Cette disposition contrevient à l'article 133 de l'Acte de l'Amérique du Nord britannique, qui prévoit une justice dans les deux langues au Québec.
» L'affichage commercial et public doit être uniquement en français.
L'anglais est proscrit de l'affichage. Tous les commerces sont tenus d'afficher uniquement en français, faute de quoi ils recevront des amendes. Les raisons sociales devront aussi être francisées.
» Seuls les enfants de la minorité anglophone auront accès à l'école anglaise.
Fini les tests linguistiques! Les écoles anglaises seront désormais accessibles qu'aux enfants dont les parents auront eux-mêmes fréquenté le réseau anglophone. Cette disposition s'applique aussi aux Canadiens anglais des autres provinces - à moins que cette province ne finance un réseau d'écoles françaises. Elle affecte surtout les immigrants arrivés après l'adoption de la loi 101. Ceux-ci sont désormais contraints d'envoyer leurs enfants dans le réseau français jusqu'à la fin du secondaire.
Pour appliquer les dispositions de la loi 101, deux organismes sont mis en place: l'Office québécois de la langue française et le Conseil supérieur de la langue française. Toutes les entreprises de 50 employés et plus sont tenues d'obtenir, dans les meilleurs délais, un certificat de francisation.
En 1641, Jeanne Mance arrive à La Rochelle et fait la rencontre de Jérôme Le Royer de La Dauversière, l'un des fondateurs de la Société de Notre-Dame de Montréal. Celui-ci l'invite à se joindre à l'association qui a comme objectif l'établissement d'une colonie missionnaire à Ville-Marie. La même année, Jeanne Mance s'embarque pour la Nouvelle-France. Elle passe l'hiver dans la région de Québec en compagnie, notamment, de Paul de Chomedey de Maisonneuve, chef du projet et futur gouverneur de l'île de Montréal.
En 1639, Jérôme Le Royer de la Dauversière, un modeste percepteur d'impôts, Jean-Jacques Olier, prêtre fondateur des Sulpiciens, et quelques mécènes fondent la Société Notre-Dame « pour la conversion des sauvages de la Nouvelle-France ». Les objectifs fixés par la Société sont strictement spirituels. On souhaite établir une colonie agricole, fonder un séminaire, former des missionnaires et convertir les Amérindiens. L'année suivante, le groupe fait l'acquisition de l'île du Mont-Royal. Le projet est soutenu par les Jésuites et reçoit la bénédiction de Richelieu. Pour mettre en œuvre l'opération, deux personnages clés sont recrutés; Paul de Chomedey de Maisonneuve et Jeanne Mance. Le premier est un militaire de carrière, complètement acquis à la dimension spirituelle de l'aventure. Austère et courageux, l'homme ne tirera aucun bénéfice personnel de cette expérience. La seconde est proche du Jésuite Charles Lalemant. C'est une laïque issue de la bourgeoisie dévote. C'est à elle que la riche philanthrope Angélique de Bullion confie une rondelette somme destinée à la construction d'un hôpital - le futur Hôtel-Dieu. Administratrice hors pair, Jeanne Mance tiendra les cordons de la bourse.
Le 23 août 1541 Fondation de la première colonie française en Amérique
Roberval et ses soldats en Nouvelle-France, 1542Au XVIe siècle, la France souhaite tirer profit des richesses transatlantiques et trouver une nouvelle route commerciale vers l'Asie. De retour de son deuxième voyage d'exploration dans le golfe du Saint-Laurent en 1536, Jacques Cartier ramène une petite quantité d'or ainsi que des informations prometteuses quant à un éventuel passage vers l'océan Pacifique. Conséquence de ces découvertes, en 1538, François 1er envisage un troisième voyage qui se distingue nettement des autres par sa vocation coloniale et qui fait de l'accès au royaume du Saguenay une priorité.
En 1540, Cartier est d'abord nommé par François 1er pour diriger une expédition. C'est finalement Jean-François de La Rocque de Roberval qui reçoit la commission royale ainsi que le titre de vice-roi du Canada. La commission prévoit un projet de colonie accompagnée d'un contingent militaire. On projette même d'accorder par bail des fiefs et seigneuries. Au cours de l'hiver 1541, Cartier et La Rocque de Roberval assemblent deux flottes et recrutent des colons. Parmi ces derniers se trouvent des artisans, des militaires, des paysans et des prisonniers. En prise avec un problème de surpopulation carcérale, le roi demande à ce que l'expédition comprenne des détenus.
En mai 1541, les cinq navires de Cartier sont prêts à appareiller. La Rocque de Roberval, de son côté, attend toujours la livraison de denrées et munitions. À la demande du roi, il autorise Cartier à partir seul. Cartier débarque à Stadaconé (Québec) le 23 août 1541 où il rencontre le nouveau chef iroquoïen et d'installe à cap Rouge, situé à l'extrémité ouest du cap aux Diamants. Là, il entreprend la construction de la colonie qu'il nomme Charlesbourg-Royal, constituée de deux forts situés en haut et en bas de la falaise. Au début du mois de septembre, Cartier dépêche deux navires de ravitaillement en France et prend part à une expédition vers Hochelaga (Montréal).
Durant son absence, les relations s'enveniment entre les Stadaconiens et les habitants de la colonie. Au printemps, après un dur hiver au cours duquel plusieurs colons sont morts, les navires de ravitaillement reviennent d'Europe sans nouvelles de La Rocque de Roberval. À la fin du mois de mai 1542, incapable de contenir l'hostilité des Stadaconiens et ayant subi de lourdes pertes humaines, Cartier ordonne le retour en France.
À la mi-juin, Cartier croise à Terre-Neuve La Rocque de Roberval. Il lui annonce avoir achevé les palissades des forts, planté du blé et diverses plantes et trouvé des métaux précieux. Il mentionne également les récents conflits avec les Stadaconiens. La Rocque de Roberval ordonne à Cartier de poursuivre l'entreprise coloniale, mais Cartier prend plutôt le chemin de la France.
Devant Stadaconé en juillet, La Rocque de Roberval investit les installations de Charlesbourg-Royal, qu'il renomme France-Roy. Son contingent est formé d'une centaine de soldats, d'environ 70 prisonniers, d'entre 30 et 40 artisans de divers métiers ainsi que de quelques paysans. Il y a une dizaine de femmes au total dans la colonie. Installé dans l'enceinte du fort d'en haut, La Rocque de Roberval supervise l'amélioration des défenses de l'établissement et organise des activités de prospection de métaux précieux qui s'avèrent infructueuses. L'hiver est difficile avec l'apparition de plusieurs cas de scorbut. Au début du mois de juin 1543, La Rocque de Roberval entreprend un voyage d'exploration en amont d'Hochelaga afin de récolter de riches minéraux et trouver un passage maritime vers l'Asie.
Peu après le retour de l'exploration de La Rocque de Roberval, des navires français arrivent, porteurs de lettres pour le commandant de la colonie. L'entrée en guerre de l'Angleterre aux côtés de l'Espagne contre la France contraint cette dernière à un repli militaire général. La Rocque de Roberval et ses colons sont rappelés en France, mettant fin à la première expérience coloniale française en Amérique du Nord.
Lorsque Cartier arrive à Stadaconé, les Amérindiens prennent des nouvelles de Donacona, mort autour de 1539. Les relations avec eux sont tendues, au point que Cartier décide de s'installer en amont, dans un endroit qu'il baptise Charlesbourg-Royal. Des membres de son équipage croient y découvrir des diamants et de l'or, des trouvailles qui excitent la cupidité de Cartier. Pressé de montrer ces diamants à la Cour, il prépare un retour précipité. Malheureusement, les diamants qu'il croit posséder ne sont en fait que des cailloux de quartz et de pyrite de fer... d'où l'expression célèbre, longtemps restée dans les mémoires: « Faux comme les diamants du Canada »!
Le 12 août 1967 Sanction de la loi créant la Bibliothèque nationale du Québec
La Bibliothèque nationale du Québec (BNQ) relèvera du ministère des Affaires culturelles. « Les collections et les biens de la bibliothèque Saint-Sulpice, située rue Saint-Denis, à Montréal, constituent son premier fonds documentaire ».
La BNQ deviendra une véritable mémoire collective pour les Québécois, le règlement sur le dépôt légal obligeant à partir de janvier 1969 les éditeurs à y déposer deux exemplaires de chaque ouvrage publié. « La Bibliothèque a pour mission d'acquérir, de conserver de façon permanente et de diffuser le patrimoine documentaire québécois publié, ainsi que toit les documents qui s'y rattache et qui présente un intérêt culturel. »
Le 28 août 1969 Annonce du départ de Jean Lesage de la vie politique
Le chef du Parti libéral du Québec, Jean Lesage, annonce qu'il quitte la direction de son parti et ne sera pas candidat lors des prochaines élections provinciales.
Premier ministre du Québec de 1960 à 1966, Jean Lesage annonce qu'il demeurera à la tête du Parti libéral jusqu'à ce qu'un nouveau chef soit désigné. Les spéculations à ce sujet vont bon train, les noms de Claude Wagner, Robert Bourassa, Jean Marchand et Pierre Laporte étant souvent mentionnés parmi les successeurs potentiels de Lesage qui dirigeait le Parti libéral depuis le 31 mai 1958.
Le 8 août 1970 Adoption d'une loi d'exception pour mettre fin à la grève des travailleurs de la construction
Les employés de la construction affiliés à la Confédération des syndicats nationaux (CSN) avaient quitté le travail pour obtenir une meilleure sécurité d'emploi et la parité salariale entre les travailleurs de Montréal et des régions.
Après trois semaines de conflit, le gouvernement libéral de Robert Bourassa fait adopter par l'Assemblée nationale une loi d'exception forçant les 25 000 grévistes à reprendre l'ouvrage. Ce projet de loi 38 a plusieurs objectifs: « assurer la reprise des travaux dans l'industrie de la construction dès lundi le 10 août; établir des conditions de travail applicables de façon provisoire aux salariés de la construction et (...) instituer un mécanisme prévoyant des négociations et le règlement du conflit. » Par cette mesure, le ministre du Travail, Pierre Laporte, ordonne aux employeurs de reprendre les travailleurs qui ont cessé leurs opérations le 13 juillet. De plus, les parties ont 30 jours pour régler leur différend. Si ce n'est pas le cas, elles devront exposer la situation en audience publique et ce sera au Conseil des ministres, dans les 30 jours suivants, à déterminer les conditions de travail des ouvriers de la construction.
Le 1er août 1972 Entrée en vigueur de la Loi de la protection du consommateur
La Loi 45 de la protection du consommateur, adoptée en juillet 1971 par l'Assemblée nationale, entre en vigueur aujourd'hui.
Cette loi, qui créait l'Office de la protection du consommateur (OPC), ne régit pas les transactions immobilières mais uniquement les transactions sur des biens meubles (produits et services).
Le 10 août 1982 Annonce de la démission de Claude Ryan comme chef du Parti libéral du Québec
Claude Ryan remet sa démission comme chef du Parti libéral du Québec. Il ne siégera désormais à l'Assemblée nationale que comme député d'Argenteuil. Ancien directeur du quotidien « Le Devoir », Ryan était à la tête du PLQ depuis 1978.
La défaite des Libéraux lors de l'élection générale d'avril 1981 marque un tournant décisif dans la carrière politique de Claude Ryan. Sa démission ouvre la porte à plusieurs spéculations, dont un retour possible de l'ex-premier ministre du Québec, Robert Bourassa. Le président du PLQ, Larry Wilson, affirme pour sa part que l'on confiera l'intérim à Gérard D. Lévesque, qui l'avait déjà assumé entre 1977 et 1978, avant de tenir une nouvelle course au leadership. Dans la déclaration qu'il livre aux journalistes, Ryan affirme que, plus qu'une question d'image ou de popularité, les tensions qui divisent le PLQ « (...) traduisent en fait des désaccords profonds sur bon nombre de sujets allant de la place du Québec dans l'ensemble canadien aux rôles respectifs du secteur public et du secteur privé dans l'économie, sans oublier les divergences relatives à la nature et au but de l'action publique et du pouvoir qui imprègnent fatalement toute notre action. » Ryan continuera néanmoins à œuvrer au sein du PLQ. Il occupera plusieurs ministères importants dans le cabinet de Robert Bourassa, notamment l'Éducation et les Affaires municipales, une fois que les Libéraux auront repris le pouvoir, en 1985.
Le premier ministre canadien Stephen Harper accueille le président américain George W. Bush et son homologue mexicain Felipe Calderon à Montebello, dans la région de l'Outaouais, pour un sommet de deux jours.
C'est la troisième rencontre annuelle tripartite (Canada, États-Unis, Mexique) qui se déroule depuis l'entente sur le Partenariat nord-américain pour la sécurité et la prospérité (PSP). Il s'agit d'un protocole signé en 2005 qui a pour but d'accentuer la collaboration des trois pays sur différents enjeux (santé publique, gestion des ressources naturelles, sécurité, etc.) afin d'améliorer leurs échanges commerciaux. Des discussions bilatérales se déroulent également entre les dirigeants, ce qui donne notamment l'occasion au premier ministre Harper et au président Bush d'échanger sur leurs visions divergentes relativement à la souveraineté canadienne sur l'Arctique. Comme c'est souvent le cas lors de ces sommets, des manifestants se réunissent pour s'exprimer publiquement sur une foule de questions litigieuses (le PSP, la mission canadienne en Afghanistan, la présence américaine en Irak, etc.) Une des principales sources de mécontentement est le caractère privé des discussions, particulièrement une rencontre à huis clos entre les dirigeants et une trentaine de chefs d'entreprise du Conseil nord-américain de la compétitivité. Selon les comptes-rendus de la presse, peu de nouveaux développements découlent de ce sommet qui se termine avec une autre polémique: l'identification au sein des manifestants d'agents de la Sûreté du Québec qui auraient joué le rôle d'agents provocateurs.
Source : Le Devoir, 20 août 2007, p. A1, A3 et A5 ; 23 août 2007, p. A5. La Presse, 20 août 2007, p. A5-A6 ; 22 août 2007, p. A1. http://www.radio-canada.ca/nouvelles/National/2007/08/20/004-Ouverture-sommet-PSP.shtml?ref=rss http://www.cyberpresse.ca/article/20070818/CPSOLEIL/70817264/5221/CPSOLEIL
canal de LachineLe canal de Lachine est inauguré le 24 août 1824 et ouvert à la navigation l'année suivante. Traversant le sud-ouest de Montréal, du lac Saint-Louis jusqu'au Vieux-Port, il permet de contourner les rapides de Lachine.
Depuis les premiers efforts de peuplement européen dans la vallée du Saint-Laurent, ces rapides constituent une barrière naturelle à la navigation. Ils sont considérés comme un obstacle au développement économique et à la pénétration au cœur du continent nord-américain. Seul un long portage permet de les contourner.
En 1819, des hommes d'affaires anglophones de Montréal se regroupent pour former la Compagnie des propriétaires du canal de Lachine. Dirigée par John Richardson, la société embauche l'ingénieur britannique Thomas Burnett. En 1821, l'entreprise est contrainte de céder la responsabilité des travaux au gouvernement bas-canadien puisqu'elle n'a pas été capable de lever les fonds nécessaires. Le gouvernement forme alors un organisme pour mener à bien le projet. La construction du canal de Lachine est financée en grande partie par une subvention impériale. Les travaux sont inaugurés le 17 juillet 1821 et se terminent en 1826. Le canal est néanmoins ouvert au trafic maritime dès 1825.
Parcourant une distance de 13,4 kilomètres, le canal a une largeur de 14,6 mètres et une profondeur de 1,4 mètre. À l'époque, seuls les voiliers de petites dimensions peuvent s'y aventurer et franchir les sept écluses sur son trajet étroit. L'ouverture du canal de Lachine accentue le rôle de Montréal comme plaque tournante des échanges en Amérique du Nord et lieu de rencontre du commerce transatlantique et de la navigation intérieure. Pour répondre à la croissance du trafic, le canal est rénové à deux reprises. De 1843 à 1848, son gabarit est doublé à 37 mètres de largeur et 2,8 mètres de profondeur pour rendre l'accès possible aux navires à vapeur. Ce chantier donne lieu à un conflit ouvrier important. L'agrandissement permet de capter de l'énergie hydraulique pouvant faire tourner la machinerie des usines à proximité des écluses. Beaucoup plus ambitieuse, la seconde phase de réfection se tient de 1874 à 1885 et porte les dimensions de la voie navigable à leurs niveaux actuels, soit une largeur 45 mètres et une profondeur moyenne de 4,3 mètres.
Plus qu'une simple voie navigable, le canal de Lachine crée un corridor industriel et contribue à l'urbanisation du sud-ouest de Montréal. Le canal attire des sociétés d'envergure dans la manutention des matières premières (blé, charbon, bois), la fabrication, l'entreposage et la navigation. Son rôle stratégique est renforcé par les liens étroits avec le transport ferroviaire dans la deuxième moitié du XIXe siècle.
Dans les années 1950 et 1960, le canal est de moins en moins utilisé. La taille des navires augmente alors que le gabarit du canal ne peut être élargi. Les manufacturiers, attirés par les opportunités du camionnage, vont progressivement s'établir en bordure des axes autoroutiers. À partir de 1959, la Voie maritime, avec ses écluses de 223 mètres et sa profondeur de 9,1 mètres, permet le contournement des rapides de Lachine par un lien fluvial plus moderne sur la rive sud. Le canal demeure d'abord ouvert pour une poignée entreprises, mais le secteur se désindustrialise. La navigation y cesse le 30 novembre 1970. Dans les décennies suivantes, les établissements industriels sont démolis ou convertis en résidences et bureaux. Depuis 1978, le canal de Lachine est géré par Parcs Canada et transformé en parc linéaire. Le 18 mai 2002, il est rouvert à la navigation récréotouristique.
La construction du canal de Lachine permet de développer la navigation du Saint-Laurent en amont de Montréal. Elle contribue par la suite à l'industrialisation de la métropole.
Construit par la Compagnie du Grand Tronc de chemin de fer du Canada, le pont Victoria traverse le fleuve Saint-Laurent entre le secteur montréalais de Pointe-Saint-Charles et la municipalité de la paroisse de Saint-Lambert. Il est inauguré le 25 août 1860 par le Prince de Galles, futur roi Édouard VII.
L'idée de relier Montréal à la rive sud émerge dans le cadre du développement ferroviaire. Les traversiers ne suffisent plus pour que Montréal conserve son rôle de plaque tournante des échanges, d'autant plus qu'ils ne fonctionnent pas en hiver.
Le projet de construction du pont Victoria est lancé en 1851 et on confie la réalisation des plans à l'ingénieur Thomas Keefer. Ce dernier remet une étude préliminaire au printemps 1852 et soulève des contraintes techniques, dont la force des eaux, le mouvement des glaces et les crues printanières. En 1853, le Grand Tronc reprend le projet avec le soutien financier du gouvernement. Les plans sont peaufinés par les ingénieurs Robert Stephenson, James Hodges et Alexander Ross. Les travaux, réalisés par la firme britannique Peto, Brassey & Betts, sont inaugurés le 24 mai 1854. On choisit l'option d'un pont tubulaire plutôt qu'à treillis pour ses gains en matériaux. Les ingénieurs se prononcent en faveur du tracé de Pointe-Saint-Charles à Saint-Lambert en raison de ses avantages topographiques et du raccordement prévu avec les installations de la compagnie ferroviaire.
Au moment de sa construction, le pont Victoria est le plus long pont tubulaire d'une seule voie au monde. Un système d'alternance permet aux trains de circuler à tour de rôle. Il s'étend sur 2,7 kilomètres et possède une hauteur de 18,3 mètres au maximum. Érigés en premier dans des caissons étanches, les piliers sont formés de blocs de calcaire. Ils adoptent une forme pointue pour briser les glaces. Le tube de circulation en fer, préfabriqué en Angleterre et assemblé sur le chantier, se divise en 25 travées pour diminuer la force exercée par le courant sur les piliers. Les approches sont érigées en remblai. Plus de 3000 ouvriers, surtout des immigrants irlandais et des Mohawks de Kahnawake, travaillent sur le chantier. Le pont est achevé le 24 novembre 1859 et testé une première fois le 12 décembre.
En 1860, le prince de Galles vient en Amérique du Nord britannique. C'est la première visite royale officielle. Le 25 août 1860, il inaugure le pont Victoria à Montréal, considéré alors comme la 8e merveille du monde. Sa venue donne lieu à des célébrations grandioses. Les bâtiments sont illuminés et de nombreux touristes se déplacent pour l'occasion. Une fois les cérémonies protocolaires achevées, le prince se rend sur le pont pour y déposer symboliquement une pierre de calcaire et enfoncer le dernier rivet du tube ferroviaire. L'inauguration a un écho sur la scène internationale en raison de la taille et du design de l'ouvrage.
Depuis son ouverture, le pont Victoria a été modifié pour s'ajuster aux réalités changeantes des transports. En 1898, la structure tubulaire est remplacée par un tablier à poutres en treillis. Cela permet l'ajout d'une seconde voie ferroviaire et de deux voies latérales. Une ligne de tramways est installée en 1901 sur le côté nord. En 1927, les sections latérales sont élargies pour permettre la circulation des automobiles. Lors de la construction de la Voie maritime du Saint-Laurent en 1958, une voie de contournement est aménagée du côté sud pour laisser passer les paquebots sans compromettre la circulation des voitures.
Le pont Victoria est le premier à franchir le Saint-Laurent. Sa construction renforce l'inscription de la métropole au cœur d'un vaste réseau de transport international.
Mackenzie King, Roosevelt et ChurchillLa première conférence de Québec, aussi connue sous le nom de code Quadrant, se déroule du 11 au 24 août 1943 dans la citadelle de Québec ainsi que dans le château Frontenac. Cette conférence bilatérale survient dans un contexte d'accroissement des rencontres stratégiques des forces alliées pendant la Seconde Guerre mondiale, après celles de Casablanca et de Washington. Elle rassemble le président américain Franklin D. Roosevelt, le premier ministre britannique Winston Churchill, leurs états majors respectifs ainsi que des délégués militaires de plusieurs pays alliés. Le gouverneur général du Canada, le comte d'Athlone, et le premier ministre, William Lyon Mackenzie King, sont présents en qualité d'hôte, mais ne prennent pas part aux discussions.
La tenue de la conférence a des répercussions sur la ville de Québec. Les médias sont tenus au secret et les communications sont étroitement surveillées et contrôlées. Des batteries antiaériennes et des patrouilles assurent la sécurité des airs tandis que les lieux de rencontre sont ceinturés par d'imposants périmètres de sécurité. Pour sa part, le château Frontenac est complètement vidé de ses hôtes et toutes les réservations sont annulées afin de pouvoir accueillir les participants de la conférence.
Le premier chef d'État qui arrive à Québec est Winston Churchill, le 10 août 1943. Il est accompagné de son épouse Clementine et de leur fille Mary. Le lendemain, Churchill et King sont reçus dans la salle du Conseil exécutif de l'Assemblée législative par le premier ministre Adélard Godbout et son cabinet. Les premières séances de la conférence s'amorcent le même jour entre les chefs d'états-majors combinés, qui sont responsables de la préparation de la stratégie militaire conjointe de la Grande Bretagne et des États-Unis. Le 17 août, en fin de journée, le président Roosevelt arrive dans la ville. Le jour suivant, les photos officielles de la conférence sont prises à la citadelle. Plusieurs de ces clichés passent à la postérité.
Ce n'est qu'une fois Churchill et Roosevelt réunis que se prennent des décisions à partir du travail effectué par les chefs d'états-majors combinés. Parmi les sujets abordés, il y a l'imminente capitulation de l'Italie qui soulève la question de l'ouverture d'un nouveau front en Europe. Conséquemment, et malgré les nombreux points abordés, les efforts sont concentrés sur la planification d'un débarquement en Normandie, nommé opération Overlord. Prévue pour le mois de mai 1944, son organisation est placée sous le commandement du général américain Dwight D. Eisenhower. Le projet Manhattan est également évoqué et il est décidé que l'Union des républiques socialistes soviétiques ne pourra pas être informée des développements du projet. Enfin, on s'entend pour intensifier la lutte contre le Japon.
Le 23 août, King participe avec Churchill à un défilé motorisé dans les rues de Québec. La rencontre se termine le 24 août avec une conférence de presse couverte par de nombreux journalistes. Ces derniers, ne pouvant avoir accès à ce qui s'est discuté derrière les portes closes, se rabattent sur la couverture des manifestations mondaines en marge des discussions. À la suite de la conférence, Roosevelt quitte pour Ottawa tandis que Churchill reste quelques jours supplémentaires à Québec.
La conférence de Québec de 1943 lance la préparation de l'opération Overlord et marque l'implication grandissante des États-Unis dans la poursuite de la guerre. La tenue de cette conférence, et celle de 1944, permettent à Québec de figurer parmi les villes qui ont eu le privilège d'accueillir une conférence interalliée au cours de la Deuxième Guerre mondiale.
Le 19 août 1809 Mise en service de l'«Accommodation», premier bateau à vapeur construit au Canada
Dessin de l'AccommodationLe 19 août 1809, le bateau à vapeur Accommodation est lancé du chantier d'Hart Logan juste à côté de la brasserie de John Molson (1763-1836). L'Accommodation devient le premier bateau à propulsion mécanique à naviguer sur le fleuve Saint-Laurent.
Sa construction commence en janvier 1809. John Bruce, constructeur de bateau, John Jackson, ingénieur, ainsi que l'ébéniste John Kay s'associent pour construire ce bateau à vapeur. Des coûts élevés forcent John Kay à se retirer de l'aventure dès le 22 mars 1809. Le brasseur John Molson le remplace le 6 juin 1809. Les composantes de la machine à vapeur de six chevaux-vapeur, coulées aux Forges du Saint-Maurice ont été usinées par George Platt à son atelier montréalais. Plusieurs Montréalais participent à sa construction : François Corbeil, William Boyce, Robert Pollock, William Griffin, Louis Tavernier pour n'en mentionner que quelques-uns et même un Québécois, John Goudie (1775-1824).
Le lancement de l'Accommodation, contrairement aux traditions maritimes, a été très discret. Les journaux n'en ont pas parlé. On ne sait pas quelles personnalités étaient présentes. Il faut dire que le navire n'était pas très long, seulement 25,9 mètres pour une largeur d'au plus 4,5 mètres. Il pouvait recevoir près de vingt passagers en cabine et probablement une petite cargaison.
Le voyage inaugural vers Québec s'effectue sur quatre jours entre le 1er et le 4 novembre 1809. Ainsi, en 66 heures, l'Accommodation rallia Québec. Ce premier voyage demeure lent même en tenant compte du fait que le vapeur est resté ancré plus de 30 heures après son escale à Trois-Rivières. Quoi qu'il en soit, ce premier voyage marque le début d'une nouvelle ère pour le transport maritime au Canada.
La première saison de navigation a été très courte, car, dès la fin novembre, il a fallu penser à mettre le navire en hivernage. Rapidement, Molson prend le contrôle de l'aventure. Jackson est alors remplacé comme ingénieur-mécanicien par James Clark. De plus, en novembre 1810, John Bruce, employé par les Molson comme capitaine, se décide à céder ses parts dans l'entreprise Molson pour près de 28 livres.
L'Accommodation subit une importante refonte au cours de l'année 1810 dans le but d'améliorer ses performances. Malheureusement, tous ces travaux ne régleront rien : l'Accommodation reste un navire poussif. Le 5 juin 1810, le navire entreprend sa seconde saison, qui se termine au début d'octobre. À la même époque, John Molson comprend les défauts de son navire et commence à penser à le remplacer. Il rencontre l'inventeur et promoteur Robert Fulton à New York à cet effet à la fin de l'été 1810. Puis, il se rend en Angleterre afin de rencontrer James Watt, l'inventeur du moteur à double action, pour acquérir un moteur vraiment performant pour son nouveau navire, le Swiftsure.
L'Accommodation effectue, en 1810, huit ou neuf aller-retour Montréal-Québec. Les départs sont si aléatoires que Molson craint d'annoncer les départs dans les journaux. Il a recours aux services du crieur public A. Kollmyer pour annoncer les départs à la dernière minute. Les avis sont partagés quant à la qualité du service; tous déplorent le manque de puissance du moteur. Lors de son passage sur l'Accommodation en octobre 1810, Samuel Bridge constate que la fumée dégagée par le moteur est intolérable. Par contre, messieurs les voyageurs Tudor Hall, Pilgrim et Tuzo sont enchantés par la qualité de l'hébergement et des divertissements offerts à bord. De son côté, William Riddell ne se gêne pas pour dénoncer un certain manque de classe et la mauvaise construction du vapeur.
À la fin de la saison 1810, l'Accommodation est conduit à ses quartiers d'hiver dans les îles de Boucherville. Le bateau disparaît des livres de compte de la compagnie en janvier 1811. Malgré les pertes encourues par Molson, l'expérience acquise avec l'Accommodation se révèle capitale pour la mécanisation de l'industrie canadienne.
Le 28 août 1992, à Charlottetown, les premiers ministres des dix provinces et des deux territoires, dont le premier ministre du Québec, Robert Bourassa, et le premier ministre fédéral, Brian Mulroney, de même que les présidents des quatre principales organisations nationales autochtones s'entendent sur d'importantes modifications à apporter à la Constitution canadienne.
L'entente de Charlottetown prévoit, entre autres :
- la reconnaissance du Québec en tant que société distincte;
- la transformation du Sénat en Chambre élue;
- une garantie d'un minimum de 25 % des sièges pour le Québec à la Chambre des communes;
- la possibilité pour le Québec de nommer trois juges de la Cour suprême;
- une juste compensation au gouvernement d'une province qui choisit de ne pas participer à un nouveau programme cofinancé mis sur pied par le gouvernement fédéral dans un domaine de compétence provinciale exclusive, si cette province met en œuvre un programme ou une initiative compatible avec les objectifs nationaux.
Avant d'être ratifiée par l'Assemblées législatives provinciales ainsi que la Chambre des communes et le Sénat, l'entente de Charlottetown a été soumise à la population, lors d'un référendum qui a eu lieu le 26 octobre 1992. Dans les faits, il y eut deux référendums : un au Québec, tenu dans le cadre de la Loi sur la consultation populaire, et un autre dans les autres provinces et les territoires, tenu sous l'égide de la Loi référendaire fédérale.
Dans les deux cas, la question posée était la suivante : « Acceptez-vous que la Constitution du Canada soit renouvelée sur la base de l'entente conclue le 28 août 1992? Oui ou non. » Au Québec, l'option du « non » l'emporta, avec 57 % des voix. Dans le reste du Canada, le « non » obtint 54 % des voix. Ces résultats sonnent le glas de l'entente conclue quelques mois plus tôt.
Le 24 août 1997 Déconfessionnalisation du système scolaire québécois
Depuis 1867, en vertu de l'article 93 de la Loi constitutionnelle de 1867, les écoles confessionnelles, au Québec et ailleurs au Canada, jouissent d'une protection constitutionnelle. L'article 93, qui édicte la compétence exclusive des provinces en matière d'éducation, consacre, par ailleurs, le droit identique des deux grandes religions qui existaient au pays en 1867 (catholicisme et protestantisme) à des écoles confessionnelles et à des structures pour les régir.
En 1997, le gouvernement du Québec et le gouvernement fédéral s'entendent pour soustraire ce premier de l'application des paragraphes 1 à 4 de l'article 93 et ainsi rendre juridiquement possible la déconfessionnalisation du système scolaire québécois.
C'est en empruntant la procédure de modification constitutionnelle prévue à l'article 43 de la Loi constitutionnelle de 1982, qualifiée de « procédure relative aux arrangements spéciaux » ou de « procédure bilatérale de modification constitutionnelle », que l'Assemblée nationale du Québec, la Chambre des communes et le Sénat ont été en mesure, par leur consentement mutuel, d'ajouter l'article 93A) au texte constitutionnel de l'article 93.
L'article 43 prévoit que les dispositions applicables à certaines provinces seulement peuvent être modifiées avec le seul accord de la Chambre des communes, du Sénat et de l'assemblée législative de la province concernée.
Les dirigeants de la Compagnie dramatique française, dont Julien Daoust est directeur et comédien, fondent le Théâtre National, situé sur la rue Sainte-Catherine, dans l'Est de Montréal. Il est le premier théâtre professionnel francophone du Canada.
L'objectif du Théâtre National est de favoriser les pièces francophones et de promouvoir les auteurs canadiens. Lors de son ouverture, on peut assister à une représentation en soirée moyennant la somme de 10 à 40 cents. Le Théâtre National a pour principaux concurrents le Monument National, inauguré en juin 1893, et le Théâtre des Variétés, qui a ouvert ses portes le 21 novembre 1898. En plus de présenter des pièces de théâtre, ces deux salles offrent également du vaudeville, du burlesque et des soirées musicales.
Source : http://pages.infinit.net/tweety/p.htm : Les théâtres permanents, 30 mars 2001.
Le 11 août 1903 Fondation du journal « L'union ouvrière nationale »
T. Beaupré, président de la Fédération canadienne des cordonniers, est propriétaire d'un nouveau journal: « L'union ouvrière nationale ».
Comme son nom l'indique, ce journal, publié par des unions nationales, vise la défense de celles-ci contre les unions internationales.
Source : Groupe de recherches sur l'histoire des mouvements politiques ouvriers de l'Université du Québec à Montréal, Chronologie des mouvements politiques ouvriers au Québec de la fin du 19e siècle jusqu'à 1919, Montréal, (s.e), 1976, p.45.
Le 12 août 1903 Tenue du Congrès des travailleurs catholiques à Saint-Malo
À cette occasion l'Abbé Lapointe prononce un sermon en faveur de la syndicalisation ouvrière.
Il propose aux ouvriers de se regrouper en association catholique pour ensuite demander la satisfaction de leurs revendications. Cette affirmation va dans l'esprit d'une campagne entreprise par l'Abbé Lapointe « sur le sens de la dignité et du devoir, sur le courage, l'ordre, l'esprit de famille, la prévoyance et l'épargne. »
Le 17 août 1903 Ouverture du congrès des chambres de commerce de l'Empire britannique à Montréal
Le congrès des chambres de commerce de l'Empire britannique se tient à Montréal, suivant le projet lancé par le Britannique Joseph Chamberlain. On y aborde la question des tarifs préférentiels et même celle de l'allégeance militaire des colonies à la métropole en cas de menace armée.
Sous la présidence honoraire du haut commissaire canadien à Londres, Lord Strathcona, impérialiste chevronné, le congrès des chambres des commerce rassemble 500 délégués de l'Empire britannique, à Montréal, du 17 au 20 août 1903. Rapidement, les pourparlers prennent une couleur politique plutôt qu'économique et s'engagent sur la question de l'impérialisme. Le vif débat sur le devoir des colonies de défendre inconditionnellement l'Empire, oppose principalement les loyalistes canadiens aux Canadiens français. On en arrive finalement à un compromis par lequel les colonies s'engagent à défendre l'Empire britannique, mais en y ajoutant une clause stipulant que le Canada décidera de lui-même de la nature de sa contribution. Le congrès se terminera le 20 août sur l'expression d'une préférence commerciale mutuelle entre l'Angleterre et ses colonies. Au banquet de clôture, le premier ministre canadien, Wilfrid Laurier, déclarera: « Les destinées de l'Empire seraient en danger que je ne céderais pas un pouce de notre indépendance. » Cette volonté attirera les critiques de la presse québécoise et du député libéral Henri Bourassa, ne faisant que raviver la brûlante question de l'indépendance et de l'autonomie du Canada par rapport à la métropole britannique.
Source : La Presse, 17 août 1903, p.1, 18 août 1903, p.1, 20 août 1903, p.8 et 12 et 21 août 1903, p.1.
Le 23 août 1903 Tenue de la première assemblée de la Ligue Nationaliste canadienne
La Ligue Nationaliste tient sa première assemblée afin de protester contre les résolutions impérialistes adoptées au cinquième congrès des chambres de commerce de l'Empire à Montréal. L'événement à lieu au théâtre national sous la présidence du journaliste Olivar Asselin.
Le premier et principal orateur de cette assemblée est Henri Bourassa . Il débute son discours en soulignant que le congrès des chambres de commerce de l'Empire, qui a eu lieu à Montréal, était destiné à préparer le terrain pour les politiques de la Grande-Bretagne. Selon Bourassa, les résolutions votées à cette occasion relativement à la participation obligatoire des colonies à la défense de l'Empire, serviront à imposer de nouvelles mesures impérialistes sous le prétexte que le monde du commerce, de l'industrie et de la finance de tout l'Empire les ont réclamées. Or, Bourassa rappelle les énormes efforts déployés à la défense de l'autonomie canadienne. Il souligne aussi que le premier devoir des Canadiens est envers le Canada. Selon lui, la Grande-Bretagne a retiré plus de services du Canada que le Canada n'en a retiré de l'Empire britannique. À cet égard, la solidarité impériale est inacceptable à ses yeux et les Canadiens doivent faire taire la voix de Rideau Hall (résidence du gouverneur générale du Canada) pour faire entendre celle du peuple. Bourassa ne désire pas de rupture avec la Grande-Bretagne, par contre, il prétend qu'entre la rupture et l'asservissement, il choisit sans contredit la rupture. Il termine son discours en ajoutant sous des applaudissements effrénés: « Plutôt l'indépendance que l'impérialisme! » Plusieurs autres discours à saveur nationaliste seront prononcés par la suite. Le lendemain, le journal « La Presse » manifestera son support à Bourassa en consacrant à l'assemblée de la veille sa page frontispice. En revanche, les loyalistes canadiens seront scandalisés. Un résumé du discours de Bourassa sera même câblé à Londres où il créera une certaine surprise.
Le 31 août 1903 Inauguration de l'Auditorium de Québec
Les citoyens de Québec inaugurent l'Auditorium, une salle de 1 600 sièges, par un concert de la Société symphonique de Québec. Celui-ci se déroule sous la direction de Jos Vézina avec la participation de la jeune cantatrice Eileen Milette. L'Auditorium sera le plus prestigieux théâtre de la ville pendant de nombreuses années.
Après l'incendie de l'Académie de musique, en 1900, la Haute-Ville de Québec n'a plus d'emplacement d'envergure pour la présentation d'événements culturels. C'est donc avec enthousiasme que la population assiste à l'inauguration de l'Auditorium, en 1903. Soulignons qu'au début du siècle, la Haute-Ville de Québec est avant tout anglophone. De 1903 à 1911, la majorité des productions présentées à l'Auditorium seront donc de langue anglaise, à l'exception de la troupe de théâtre de Paul Cazeneuve qui obtient un contrat de six mois à l'Auditorium afin de promouvoir le théâtre français. Comme la majorité des francophones de Québec habitent la Basse-Ville, ceux-ci préféreront encourager les petites troupes de leur quartier plutôt que de se rendre dans les quartiers huppés de la Haute-Ville, ce qui explique le peu de temps passé à l'Auditorium par la troupe de Cazeneuve. Plus tard, l'Auditorium deviendra Le Capitole. Il fera l'objet d'une importante restauration vers la fin du XXe siècle.
Un an après l'ouverture de son premier cinéma, Léo-Ernest Ouimet inaugure une deuxième salle de cinéma qui abrite 1200 sièges.
Peu de temps après l'ouverture du premier Ouimetoscope, un concurrent de Ouimet ouvre une salle de cinéma entièrement moderne, le Nationaloscope, située sur la rue Sainte-Catherine, à Montréal. Devant cet affront, Ouimet réagit. Il rase son cinéma et l'hôtel Klondike adjacent, et fait construire à cet endroit une immense salle de 1 200 places à l'architecture mi-moderne, mi-roccoco, où la porcelaine côtoie la dorure. Lors de la soirée d'inauguration, les spectateurs sont accueillis au son de la musique tzigane, le comble du modernisme en matière musical pour l'époque.
Le 13 août 1911 Tenue d'une assemblée contradictoire à Saint-Hyacinthe dans le cadre de la campagne électorale fédérale
L'assemblée doit être abrogée à la suite du tumulte suscité par les orateurs et par la double-attaque du ministre libéral fédéral, Rodolphe Lemieux, contre le député de la Ligue nationaliste à Québec, Armand Lavergne.
L'assemblée se déroule devant une foule immense (certains l'évaluent à 30 000 personnes, ce qui est stupéfiant puisque Saint-Hyacinthe ne compte à ce moment que 9 000 âmes!) Dans son discours, le ministre Rodolphe Lemieux s'acharne sur Henri Bourassa. Celui-ci n'est pas candidat, mais son ombre plane sur la campagne électorale puisqu'il donne un bon coup de main aux Conservateurs en multipliant les attaques contre les Libéraux de Laurier. Après ces attaques, Lemieux fait l'éloge de son chef, Wilfrid Laurier. Le ministre fait part de son inquiétude à ce que le nom de Laurier ne suscite plus aussi spontanément les cris d'appuis qu'autrefois. Le député nationaliste Armand Lavergne, qui est assis sur l'estrade, se moque des propos de Lemieux. C'est alors qu'il est bousculé par le ministre, ce qui fait réagir la foule. Un vent de panique souffle avant que Bourassa ne se lève et parvienne à dominer le tumulte. Il se livre à son tour à quelques attaques, y allant d'invectives destructrices contre le traité de réciprocité et contre la Loi sur la marine, qu'il pourfend au nom de son attachement à l'autonomie canadienne. Malgré l'éloquence du discours de Bourassa, la foule divisée se fait de plus en plus tapageuse, criant encouragements enthousiastes et insultes brutales aux tribuns. Lorsque Armand Lavergne prend la parole, le calme revient. Lavergne est vindicatif. Il s'attaque au gouvernement Laurier, puis s'en prend à Lemieux. Ce dernier explose. Il se précipite sur Lavergne, dérogeant ainsi à l'étiquette des assemblées contradictoires. Lemieux se retire sous les huées de la foule alors que le président de la séance n'a d'autre choix que de lever l'assemblée.
Le 18 août 1912 Inauguration de la première colonie de vacances au Québec
Désireux de poursuivre l'action sociale catholique, l'abbé Adélard Desrosiers a fait l'acquisition de terrains sur les berges du fleuve, ce qui lui permet d'inaugurer la colonie de vacances « Aux Grèves », près de Contrecœur.
L'abbé Desrosiers peut maintenant offrir des vacances bien encadrées aux enfants issus de familles démunies.
Source : La Presse, 100 ans d'actualités, 1999, p.
Le 22 août 1914 Adoption par le gouvernement canadien d'un Fonds patriotique canadien
La section montréalaise du Fonds patriotique canadien, dont les leaders sont Raoul Dandurand, Herbert B. Ames et Helen Reid, est mise sur pied le 10 août. Elle servira de cadre de référence à l'adoption d'un tel organisme au niveau national.
Cette œuvre charitable vise à « aider les personnes à la charge des soldats canadiens partis défendre la cause des Alliés en Europe. » De plus, elle innove en adoptant « la responsabilité des tiers » afin de remplacer le mari ou le fils absent. Le 24 août suivant, la section montréalaise comprend déjà 64 membres et adhérents à l'organisation canadienne. Par la suite, elle recevra 125 demandes d'aide.
Source : Canada, Chambre des communes, Débats, 22 août 1914, p.87-92.
Le 31 août 1918 Tenue d'un congrès national des syndicats catholiques
Ce congrès est organisé par le Conseil central national de Québec. Les délégués, opposés au syndicalisme « à l'américaine », y étudient la doctrine sociale de l'Église.
Quatre principes de bases sont adoptés: l'harmonie capital-travail, l'inégalité des classes sociales, la liberté du travail et l'autonomie nationale des syndicats.
Source : Groupe de recherches sur l'histoire des mouvements politiques ouvriers de l'Université du Québec à Montréal, Chronologie des mouvements politiques ouvriers au Québec de la fin du 19e siècle jusqu'à 1919, Montréal, (s.e), 1976, p.249.
Le 13 août 1919 Fondation de l'Union des cultivateurs de la province de Québec
Cette fusion met fin à la rivalité entre l'Union des agriculteurs de la province de Québec et l'Union des cultivateurs de la province de Québec, deux associations qui ont vu le jour en 1918.
Les tentatives d'organisation par les cultivateurs du Québec ne commencent à prendre forme que vers la fin de la Première Guerre mondiale. Leur succès reste tout de même mitigé puisque, en 1920, L'Union des cultivateurs de la province de Québec ne compte que 500 membres.
Source : Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert, Histoire du Québec contemporain : de la Confédération à la crise, 1867-1929, Montréal, Boréal Express, 1979, p.483-489. Groupe de recherches sur l'histoire des mouvements politiques ouvriers de l'Université du Québec à Montréal, Chronologie des mouvements politiques ouvriers au Québec de la fin du 19e siècle jusqu'à 1919, Montréal, (s.e), 1976, p.283.
Le 26 août 1919 Remaniement du cabinet du premier ministre Lomer Gouin
Le premier ministre du Québec, Lomer Gouin, en poste depuis 1905, procède à un remaniement ministériel mineur.
À la suite des retraits de Jules Allard (nommé protonotaire) et de Jérémie Décarie (nommé juge), Antonin Galipeault entre au cabinet comme ministre des Travaux publics et du Travail. Pour sa part, Athanase David devient secrétaire et registraire alors que Joseph-Édouard Perrault occupera le poste de ministre de la Colonisation, des Mines et des Pêcheries.
Le 9 août 1920 Création de la Faculté des sciences de l'Université de Montréal
La charte de l'Université de Montréal prévoit la création d'une faculté des sciences. À sa fondation, celle-ci offre des certificats d'études supérieures en chimie, physique, mathématique, biologie, botanique, minéralogie et géologie.
Le même automne, l'Université de Montréal inaugure également son École des sciences sociales, économiques et politiques.
Source : Luc Chartrand, Raymond Duchesne, Yves Gingras, Histoire des sciences au Québec, Montréal, Boréal, 1987, p.244.
Le 25 août 1924 Inauguration de l'hôpital Notre-Dame à Montréal
Après plusieurs décennies marquées par de nombreuses demandes de subventions, levées de fonds et révisions de plans, l'hôpital Notre-Dame voit finalement le jour sur le terrain du parc Lafontaine, à Montréal.
L'hôpital, situé originalement près du Champ de Mars, était devenu trop exigu pour assurer le développement des nouvelles techniques médicales et permettre la formation des futurs médecins. De plus, on souhaite y ajouter un département de radiologie et d'obstétrique. Plusieurs organisations bénévoles apportent une aide précieuse dans l'organisation du projet de construction du nouvel hôpital, dont les Dames patronnesses. De nombreuses personnalités assistent à l'inauguration de l'établissement, le 25 août, dont le premier ministre du Québec, Louis-Alexandre Taschereau , et l'archevêque coadjuteur de Montréal, Mgr Georges Gauthier.
Le 26 août 1926 Développement d'un service d'aide médicale aux colons
Le Service provincial d'hygiène autorise l'embauche d'une première infirmière, Éveline Bingnell, pour offrir les services médicaux à la population de quelques villages de la Basse-Côte-Nord. Cette expérience servira d'assises au futur Service médical aux Colons, mis sur pied en 1936.
Fort du succès connu en Basse-Côte-Nord par Éveline Bingnell et quelques infirmières engagées par la suite, le docteur Alphonse Lessard, du Service provincial d'hygiène, permettra la création du Service médical aux colons (SMC), en 1936. Il viendra suppléer au manque de médecins dans les nouveaux territoires ouverts à la colonisation dans les années 1930.
Source : Johanne Daigle, Nicole Rousseau, «Le service médical aux colons, gestion et implantation d'un service infirmier au Québec (1932-1943)», Revue d'histoire de l'Amérique française, vol.52, no.1, été 1998.
Le 30 août 1927 Dépôt du rapport du juge Louis Boyer sur le cinéma
D'abord commandé par le gouvernement qui veut faire la lumière sur l'incendie du Laurier Palace, une salle de cinéma qui a brûlé le 9 janvier 1927, ce rapport s'étend également sur la moralité du cinéma.
Document volumineux de quarante pages, le rapport Boyer tire les conclusions suivantes: « 1. Le désastre du « Laurier Palace » a été causé par le feu qui est le résultat de négligence d'un inconnu. 2. Les enfants de 16 ans même s'ils sont accompagnés ne devraient pas être admis. 3. Les spectacles du dimanche ne devraient pas être interdits. 4. La manière dont les lois ont été mises à exécution est généralement satisfaisante, mais il y aurait lieu à l'emploi de plus d'inspecteurs et la censure des affiches devrait être faite par le bureau de censure provincial et non par les autorités municipales. 5. Le cinéma, généralement n'est pas immoral. »
Le 3 août 1932 Annonce du départ de Henri Bourassa du journal « Le Devoir »
Henri Bourassa quitte la direction du quotidien « Le Devoir » qu'il avait lui-même fondé en 1910.
Bourassa démissionne de son poste à la suite d'une polémique qui oppose les porte-parole des deux principaux courants nationalistes du temps. Le courant qui défend exclusivement les droits des Canadien français est représenté par Lionel Groulx, alors que Bourassa, favorable à l'idée d'un Canada uni, prône le bilinguisme tout en continuant de prêcher l'ordre chrétien. La rupture est inévitable entre lui et les membres de « l'Action Nationale » qui s'orientent plutôt vers un christianisme social. Selon le biographe de Bourassa, Robert Rumilly, les positions de Bourassa étaient à l'origine des baisses de tirage que connaissait « Le Devoir », une situation qui remettait en question la survie même du journal. Après le départ de Bourassa, c'est Georges Pelletier qui sera nommé directeur-gérant du « Devoir ».
Source : Robert Rumilly, Henri Bourassa : la vie publique d'un grand Canadien, Montréal, Chantecler, 1953, p.727-736.
Le 25 août 1934 Célébration à Gaspé du 400e anniversaire de la découverte du Canada
Une fête grandiose et plusieurs spectacles ont lieu afin de commémorer l'événement. Le premier ministre du Québec, Louis-Alexandre Taschereau, et le premier ministre du Canada, Richard B. Bennett y participent.
Le 26 août 1936 Assermentation des ministres du cabinet du nouveau premier ministre Maurice Duplessis
À la suite des élections générales qui ont porté l'Union nationale de Maurice Duplessis au pouvoir, celui-ci procède à la formation de son cabinet.
Outre Duplessis aux postes de premier ministre et procureur général, le cabinet comprend Oscar Drouin (ministre des Terres et Forêts), Martin B. Fisher (trésorier), Henry L. Auger (ministre de la Colonisation), Onésime Gagnon (ministre des Mines, de la Chasse et des Pêcheries), Bona Dussault (ministre de l'Agriculture), John S. Bourque (ministre des Travaux publics), Albiny Paquette (secrétaire provincial), William Tremblay (ministre du Travail), François Leduc (ministre de la Voirie), Joseph Bilodeau (ministre des Affaires municipales, de l'Industrie et du Commerce) et Antonio Élie, Thomas J. Coonan et Gilbert Layton, ministres sans portefeuille.
Le 27 août 1936 Démission de Camillien Houde à la mairie de Montréal
Dix jours après l'élection de Maurice Duplessis comme premier ministre du Québec, Camillien Houde annonce qu'il quitte la mairie de Montréal.
Ce dernier argue que ses mauvaises relations avec Duplessis risquent de nuire à la ville de Montréal. Il dénonce également le peu d'ardeur du sentiment nationaliste au sein de l'Union nationale. Cette démission ouvre la voie à Adhémar Raynault, président de la Ligue des propriétaires de l'Est de Montréal, qui présentera sa candidature lors des prochaines élections.
Source : Charles V. Marsolais et al., Histoire des maires de Montréal, Montréal, VLB Éditeur, 1993, p.252.
Le 8 août 1938 Création de la Coopérative agricole du canton de Granby
Quatre-vingt huit agriculteurs des Cantons de l'Est unissent leurs forces pour former la Coopérative agricole du canton de Granby.
N'ayant aucun contrôle sur la qualité et le prix des produits offerts par les fournisseurs, les agriculteurs du canton de Granby décident de s'associer et de former une coopérative agricole. En 1941, la coopérative élargit sa production de moulée et de grains vers la transformation et la commercialisation laitière. L'ouverture de son centre de recherche lui permet d'innover dans le domaine agricole tout en s'assurant d'offrir des produits de qualité. Après plus de cinquante ans d'existence, Agropur, nom que prendra la coopérative, connaîtra une expansion spectaculaire. Sa production représentera plus de 40 % de la production laitière du Québec.
Source : Profils d'entreprises québécoises, Longueil, Éd. Biographiques Canadiennes-françaises, Ltéé., 1986, p.13. Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert, François Ricard, Histoire du Québec contemporain: le Québec depuis 1930, Montréal, Boréal, 1986, p.244-245.
Le 8 août 1939 Débuts d'Eddie Quinn comme promoteur au Forum de Montréal
Gérant du lutteur Yvon Robert pendant quelques années, l'Américain Eddie Quinn devient le « matchmaker » du Forum de Montréal. De 1939 au début des années 60, il présentera plusieurs centaines de programmes à Montréal et un peu partout en Amérique, faisant de lui une des figures sportives les mieux connus de la métropole.
Les années 40 et 50 sont considérées comme l'âge d'or de la lutte dans la province de Québec. Au cours de cette période qui lui est très profitable, Eddie Quinn fera également des incursions dans le domaine de la boxe, mais avec un bonheur inégal. Quinn décédera en 1964 au New Hampshire, peu de temps après avoir quitté le Québec où il a fait de la promotion jusqu'au début des années 60.
Source : Pierre Berthelet, Yvon Robert : le plus grand lutteur du Québec, Montréal, Trustar, 1999, 384 pages.
Le 6 août 1940 Arrestation du maire de Montréal, Camillien Houde
Le député provincial indépendant de Ville-Marie et maire de Montréal, Camillien Houde, est arrêté pour avoir incité publiquement les citoyens à ne pas participer à l'enregistrement national. Interné en Ontario, puis dans les Maritimes, il ne retrouvera sa liberté qu'en 1944.
Le 18 juin, le premier ministre du Canada, William Lyon Mackenzie King, annonçait la tenue entre le 19 et le 21 août d'un enregistrement national pour tous les hommes et femmes de 16 à 60 ans. Cette mesure, qui selon King ne vise qu'à assurer la protection du territoire canadien, soulève l'ire de plusieurs nationalistes canadiens-français, dont le maire de Montréal, Camillien Houde, qui se déclare: « contre l'enregistrement national qui est, sans équivoque, une mesure de conscription ». Pour Houde, le Parlement « n'a pas le mandat de voter la conscription. Et je demande à la population de ne pas s'y conformer, sachant parfaitement ce que je fais présentement et ce à quoi je m'expose. Si le gouvernement veut un mandat pour la conscription, qu'il vienne devant le peuple sans, cette fois, le tromper. » Le lendemain, le gouvernement réagit en le faisant interner.
Source : Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert, François Ricard, Histoire du Québec contemporain : le Québec depuis 1930, Montréal, Boréal, 1986, p.131-141. L'Encyclopédie du Canada: édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p.1206.
Le 1er août 1941 Cérémonies soulignant l'achèvement des travaux sur le pipe-line Portland-Montréal
Le premier ministre du Québec, Adélard Godbout, le ministre fédéral des Munitions, C.D. Howe, et des dignitaires américains sont à North Troy, au Vermont, pour souligner l'achèvement des travaux sur le pipe-line qui reliera la ville de Portland, au Maine, à Montréal.
Ce pipe-line de 236 milles, qui amènera de l'huile de Portland jusqu'aux raffineries de Montréal, coûtera environ 236 millions de dollars. Il sera complété le 19 août et entrera en fonction quelques mois plus tard.
Le 31 août 1941 Décret du Conseil privé autorisant la formation d'une division féminine dans l'armée canadienne
Cette division est connue sous le patronyme anglais de Canadian Women's Army Corp (CWAC). L'aviation est la première section de l'armée à accepter des femmes dans ses rangs. La marine ne l'imitera que le 31 juillet 1942.
Ces femmes doivent « avoir entre 21 ans et 45 ans, présenter un dossier médical satisfaisant, être citoyenne britannique et ne pas avoir d'enfants à charge. » Pour rejoindre l'aviation, elles doivent fournir quatre lettres de recommandations et un certificat de naissance. Malgré cette intégration, ces femmes ne peuvent pas aller au front ou être équipées d'un fusil. Il s'agit de tâches réservées aux hommes. Elles occuperont des postes plutôt administratifs et techniques comme ceux de sténographes, comptables, etc.
Source : Edwidge Munn, «Tolérée par nécessité : les canadiennes en uniforme (1939-1945)», Cap-aux-Diamants, n.43, Automne 1995, p. 46-49.
Le 8 août 1944 Première participation de l'Union des électeurs aux élections provinciales
L'Union des électeurs, un parti politique fondé en 1942 qui s'inspire de l'idéologie du crédit social, obtient des résultats modestes lors des élections générales de 1944 et 1948. Elle renoncera par la suite à l'action politique.
L'Union des électeurs naît de la Ligue du Crédit Social, mise sur pied en 1936 par l'un des fondateurs de l'Union, Louis Even. La ligue veut promouvoir les idées économiques d'un ingénieur britannique, le major Douglas, selon qui l'octroi d'un crédit au consommateur (crédit social) favoriserait l'économie. Influents dans l'Ouest canadien, les Créditistes connaîtront peu de succès au Québec. En fait, avec l'Union des électeurs, la ligue ne cherche pas tant à prendre le pouvoir qu'à exercer une pression sur le gouvernement. Lors de l'élection générale de 1948, elle obtient le support de 9 % des électeurs, mais ses dirigeants décideront par la suite de ne plus présenter de candidats lors des élections.
Source : Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert, François Ricard, Histoire du Québec contemporain, Le Québec depuis 1930, Montréal, Boréal, 1986, p.343. Howard A. Scarrow, Canada Votes : a Handbook of Federal and Provincial Election Data, New Orleans, Hauser Press, 1962, 238 pages.
Le 8 août 1944 Participation du Bloc populaire aux élections provinciales
Pour la première fois de son histoire, le Bloc populaire présente des candidats à une élection générale provinciale. Il obtient 15,2 % des voix et fait élire quatre candidats dont le chef, André Laurendeau.
Le Bloc populaire fait son apparition peu après le plébiscite de 1942 servant à désengager le gouvernement libéral de sa promesse de ne pas faire la conscription. En votant à 72 % contre la conscription, le Québec avait manifesté à cette occasion son refus de voir les siens conscrits obligatoirement pour participer à une guerre en sol étranger. Revendiquant l'indépendance du Canada face à l'Empire britannique, le Bloc populaire, créé en 1942, réunit plusieurs nationalistes canadiens-français de différentes appartenances politiques: des anciens de l'Action libérale nationale, des dissidents libéraux (fédéraux et provinciaux), des militants de la Ligue de la défense du Canada ainsi que des membres de la Société St-Jean-Babtiste et de l'Ordre de Jacques-Cartier. Jouissant de l'appui du journal « Le Devoir », le parti compte également sur l'appui de nationalistes de différentes générations: Henri Bourassa, Gérard Fillion, Georges Pelletier, André Laurendeau, Camillien Houde, Jean Drapeau, Roger Duhamel, le Dr Philippe Hamel, etc.. Après s'être affirmé sur la scène fédérale et lors d'élections partielles, le Bloc participe à sa première élection générale provinciale le 8 août 1944. Il obtient des résultats mitigés, n'enlevant que quatre députés malgré l'appui significatif de plus de 15 % de l'électorat. Miné par des divisions, le Bloc populaire ne présentera aucun candidat lors des élections générales de 1948.
Source : Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert, François Ricard, Histoire du Québec contemporain : le Québec depuis 1930, Montréal, Boréal, 1986, p.131-144. Susan Mann Trofimenkoff, Vision nationales : une histoire du Québec, Saint-Laurent, Trécarré, 1986, p.336-357. Howard A. Scarrow, Canada Votes : A Handful of Federal and Provincial Election Data, New Orleans, The Hauser Presse, 1961, 238 pages.
Après quatre années de détention à Petawawa, en Ontario, et dans les Maritimes, l'ancien maire de Montréal, Camillien Houde, est libéré. Devenu symbole de résistance pour des milliers de Québécois s'opposant à la conscription, il est reçu en héros lors de son retour à Montréal.
Les admirateurs de Camillien Houde l'attendent par milliers à la gare Windsor le 18 août. On lui érige une tribune d'où il prononce un discours à la foule. Houde est acclamé tout au long de son retour à la maison, d'où il s'adresse une fois de plus à ses partisans, sans pour autant divulguer ses plans. Au début de la Deuxième Guerre mondiale, quatre ans auparavant, Houde invitait la population à défier la Loi sur l'enrôlement obligatoire en refusant publiquement de s'enregistrer. Quelques mois après son retour, en 1944, il sera réélu par acclamation à la mairie de Montréal.
Le 30 août 1944 Assermentation des ministres du cabinet du nouveau premier ministre Maurice Duplessis
À la suite des élections générales remportées par l'Union nationale, le premier ministre Maurice Duplessis procède à la formation de son cabinet.
Outre Duplessis lui-même aux postes de premier ministre et procureur général, le cabinet comprend Bona Dussault (ministre des Affaires municipales), Onésime Gagnon (trésorier provincial), John S. Bourque (ministre des Terres et Forêts), Albiny Paquette (ministre de la Santé et du Bien-être social), Antonio Talbot (ministre de la Voirie), Roméo Lorrain (ministre des Travaux publics), Jonathan Robinson (ministre des Mines), Joseph-D. Bégin (ministre de la Colonisation), Camille Pouliot (ministre de la Chasse), Antonio Barrette (ministre du Travail), Paul Beaulieu (ministre de l'Industrie et du Commerce), Laurent Barré (ministre de l'Agriculture), Omer Côté (secrétaire provincial) ainsi qu'Antonio Élie, Tancrède Labbé, Marc Trudel, Patrice Tardif, Joseph-Théophile Larochelle, Joseph-Hormisdas Delisle et Thomas Chapais (ministres sans portefeuille). Chapais sera également leader du gouvernement au Conseil législatif.
Le 30 août 1944 Nomination de Laurent Barré au poste de ministre de l'Agriculture
Le premier ministre unioniste Maurice Duplessis fait de Laurent Barré, le premier président de l'Union catholique des cultivateurs, son ministre de l'Agriculture.
Barré gardera ce poste jusqu'à la défaite de l'Union nationale aux mains des Libéraux, en 1960. Ses premiers grands dossiers lors de son entrée en fonction sont l'électrification rurale, le drainage des terres et le crédit agricole.
Source : Bibliothèque de la Législature, Répertoire des parlementaires québécois, 1867-1978, Québec, 1980, 797 pages.
Le 28 août 1946 Annonce du ministre de la Santé du Québec sur l'épidémie de paralysie infantile au Québec
Pour enrayer la propagation de paralysie infantile, le ministre de la Santé du Québec, Albiny Paquette, recommande fortement aux Commissions scolaires et aux écoles de retarder la rentrée scolaire.
On a identifié 939 cas de paralysie infantile au Canada, dont 645 au Québec. C'est Montréal qui est le plus durement atteint avec 558 cas et 30 décès. Pour justifier sa décision de demander, et non de forcer, le report de la rentrée scolaire au 10 septembre, le ministre Paquette déclare: « Je crois que c'est le meilleur moyen de protéger les enfants contre la contagion, qui est toujours dangereuse dans une période d'épidémie. » Les pensionnats seront particulièrement sensibles à l'appel du ministre.
Le 23 août 1949 Mise sur pied des fondements des Jeunesses musicales du Canada
À l'initiative de Gilles Lefebvre, un regroupement des sociétés musicales de Grand-Mère, Mont-Laurier, Saint-Hyacinthe, Shawinigan, Sherbrooke et Trois-Rivières est constitué à Saint-Hyacinthe. Il sera, dès l'année suivante, à l'origine de la création des Jeunesses musicales du Canada (JMC).
L'abbé Joseph-Hector Lemieux, Anaïs Allard-Rousseau, Alice Desruisseaux-Boisvert et Lefèbvre sont les membres fondateurs des JMC. Cet organisme sans but lucratif voit au développement de jeunes musiciens et compositeurs canadiens. Les JMC organiseront des concerts d'artistes et d'ensembles canadiens et étrangers, des représentations de troupes d'opéra et de troupes de danse ainsi que des productions lyriques à travers le Canada. En 1951, elles établiront un camp permanent au mont Orford, dans les Cantons de l'Est, où elles atteindront une réputation d'envergure nationale, puis mondiale.
Source : Recherche effectuée dans le cadre du projet «Données sur l'histoire de la création musicale au Québec, 1940-2000 (chronologie et bibliographie)», un projet subventionné par le FCAR. Helmut Kalmann, Gilles Potvin et Kenneth Winters, dir., Encyclopédie de la musique du Canada, deuxième édition, Montréal, Fides, 1993 (1982), p. 542-543, 1686 à 1688, 1892.
Le 24 août 1950 Ouverture du Congrès international des caisses populaires et des « credit unions » à Lévis
Cinquante ans après la fondation de la première caisse populaire au Québec, le Mouvement Desjardins organise un congrès international à Lévis.
Le Mouvement Desjardins souligne son cinquantième anniversaire au Collège de Lévis en tenant un congrès de trois jours auquel participent plus de 1 800 convives et délégués venus d'outre-mer et du reste de l'Amérique du Nord. Plusieurs activités sont au programme qui est également marqué de nombreux hommages au fondateur, Alphonse Desjardins . On profite de cet événement pour inaugurer l'édifice Desjardins situé à Lévis.
Source : Le Devoir, 24 août 1950, p.3, Le Devoir, 25 août 1950, p.1.
Le 1er août 1951 Fondation du Théâtre du Nouveau-Monde
Le Théâtre du Nouveau Monde (TNM) est fondé par les comédiens Jean-Louis Roux, Jean Gascon, Guy Hoffmann, Georges Groulx, Robert Gadouas et Éloi de Grandmont. Le soir de la première, on y présente « l'Avare » de Molière dans une mise en scène de Jean Gascon.
Lors de sa création, la troupe du TNM n'a pas de salle permanente. Elle occupe d'abord les locaux du Gésu (1951-1958), puis de l'Orpheum (1958-1966), avant de monter sur les planches de la salle Port-Royal, à la Place des Arts (1966-1972). Ce n'est qu'en 1972 que la troupe du TNM achètera son théâtre permanent (l'ancienne Comédie-Canadienne), au coin des rues Sainte-Catherine et Bleury, à Montréal. Depuis sa création, la troupe du TNM a eu quatre directeurs artistiques, soit Jean Gascon (1951-1966), Jean-Louis Roux (1966-1982), Olivier Reichenbach (1982-1992) et Lorraine Pintal (1992-2000).
Source : Renée Legris, Jean-Marc Larrue, André-G Bourassa, Gilbert Davis, Le Théâtre au Québec 1825-1980, Montréal, VLB, 1988, p.101. www.tnm.qc.ca/historique, 20 avril 2001
Le 5 août 1952 Assermentation de trois ministres dans le cabinet du premier ministre Maurice Duplessis
Quelques semaines après l'élection générale du 16 juillet 1952, le premier ministre Maurice Duplessis fait entrer trois nouveaux ministres dans son cabinet.
Il s'agit d'Arthur Leclerc (Charlevoix), Jacques Miquelon (Abitibi-Est) et Wilfrid Labbé (Athabaska) qui sont nommés ministres d'État.
Le 3 août 1956 Nomination d'Aimé Marchand à la présidence de la Commission provinciale sur la pollution des eaux
Le juge Aimé Marchand est nommé président de la Commission provinciale sur la pollution des eaux. Quatre autres commissaires sont également nommés à cette occasion.
Source : Fernand Harvey et Peter Southam, Chronologie du Québec (1940-1971), Québec, Institut supérieur des sciences humaines, no 4, janvier 1972, p.3.
Le 30 août 1959 Cérémonie marquant la fin de l'utilisation des tramways à Montréal
Après près d'un siècle d'utilisation, le tramway est retiré une fois pour toutes du réseau de transport montréalais. Cette dernière randonnée est marquée par une célébration à laquelle assistent plusieurs dignitaires, dont le maire Sarto Fournier.
C'est le 26 novembre 1861 qu'était inaugurée la première ligne de tramways à Montréal. La disparition de ces véhicules, en 1959, s'accompagne d'une nette amélioration du réseau d'autobus montréalais. Sept ans plus tard, la métropole inaugurera son premier métro.
Source : Le Mémorial du Québec, tome VII, 1953-1965, Montréal, Les Éditions du Mémorial, 1979, p.152-161.
Le 9 août 1960 Fondation de l'Action socialiste pour l'indépendance du Québec
Ce nouveau mouvement est fondé par Raoul Roy, rédacteur de « La Revue socialiste ». Inspiré par la décolonisation, le fondateur de l'Action socialiste joue un rôle pionnier dans l'évolution du courant indépendantiste qui va se développer au cours des années 60.
Âgé de 45 ans, Roy a œuvré dans plusieurs domaines au fil des ans, notamment dans le journalisme. En plus de participer à la publication de « La Revue socialiste » en 1959, il sera l'auteur de nombreux ouvrages et articles portant sur la situation québécoise. À la même époque, l'Alliance laurentienne constitue en quelque sorte le pendant « de droite » de l'Action socialiste au sein du mouvement indépendantiste.
Source : Fernand Harvey et Peter Southam, Chronologie du Québec (1940-1971), Québec, Institut supérieur des sciences humaines, no 4, janvier 1972, p.44.
Le 3 août 1961 Visite du ministre des Richesses naturelles dans le Nord québécois
Le stand du ministère des Richesses naturelles lors de l'exposition de Rouyn, Archives Nationales du QuébecQuelques mois après sa nomination, le nouveau ministre des Richesses naturelles du Québec, René Levesque, effectue une visite dans le Nord québécois.
Au terme de cette visite de huit jours qui lui permet notamment de voir l'état des travaux du futur barrage Manic 5, Lévesque déclare que la province de Québec est à la veille d'un développement fantastique. L'année suivante, il pilotera le dossier de la nationalisation des compagnies d'électricité, un projet qui sera au cœur de la campagne électorale qui reportera les Libéraux au pouvoir au mois de novembre 1962.
Source : Fernand Harvey et Peter Southam, Chronologie du Québec (1940-1971), Québec, Institut supérieur des sciences humaines, no 4, janvier 1972, p.5.
Le 8 août 1962 Déclaration du ministre des Terres et Forêts sur la coupe de bois
Le ministre québécois des Terres et Forêts, le libéral Bona Arsenault, déclare que le bois coupé après le premier juin de chaque année ne sera plus considéré comme surplus.
Arsenault annonce aussi que son ministère n'interviendra pas pour négocier la vente de ce bois. À l'avenir, tout ce qui sera coupé après cette date sera compté pour l'année suivant.
Source : Fernand Harvey et Peter Southam, Chronologie du Québec (1940-1971), Québec, Institut supérieur des sciences humaines, no 4, janvier 1972, p.6.
Le 30 août 1962 Approbation du projet de nationalisation de l'électricité
Le comité politique de la Fédération libérale du Québec approuve le projet de nationalisation de l'électricité que le gouvernement libéral s'apprête à mettre de l'avant.
Une semaine plus tard, les ministres du cabinet de Jean Lesage se réunissent au Lac-à-l'Épaule pour débattre du projet. La faction favorable l'emporte et, le 19 septembre, le premier ministre annonce la tenue d'élections précipitées dont le thème central sera la nationalisation des compagnies d'électricité. Il déclare alors: « le gouvernement a décidé de demander au peuple du Québec un mandat péremptoire pour unifier les réseaux d'électricité de la province ».
Source : Clarence Hogue, André Bolduc, Daniel Larouche, Québec, un siècle d'électricité, Montréal, Libre expression, 1979, p.239-285.
Le 8 août 1963 Remaniement ministériel du cabinet de Jean Lesage
Le premier ministre du Québec, le libéral Jean Lesage, confie le ministère du Revenu à Eric Kierans, alors que celui-ci n'a jamais été élu.
Il faudra attendre l'élection partielle du 25 septembre pour que le nouveau ministre du Revenu soit élu dans Montréal-Notre-Dame-de-Grâce. Cette procédure est pour le moins inhabituelle à l'Assemblée législative: elle a été appliquée pour la dernière fois en 1930 par Louis-Alexandre Taschereau en faveur de Gordon Wallace Scott. Ce dernier sera toutefois battu lors des élections qui devaient lui permettre de siéger à l'Assemblée législative. Le remaniement fait par le premier ministre Lesage implique également René Hamel, qui devient procureur général, Carrier Fortin, qui devient ministère du Travail, et Georges-Émile Lapalme, ex-procureur général qui occupera désormais le poste de ministre des Affaires culturelles. Selon Claude Ryan, du journal « Le Devoir », ce remaniement « (...) est significatif à cause, dans un cas (Kierans), de la qualité du nouveau venu et, dans les trois autres cas, de l'importance du ministère. »
Source : Le Devoir, 9 août 1963, p.1. Bibliothèque de la Législature, Répertoire des parlementaires québécois, 1867-1978, Québec, 1980, 797 pages. http://www.assnat.qc.ca/fra/patrimoine/chronologie/chrono3.html
Le 1er août 1964 Ouverture de la station de radio CBOF en Outaouais
La station radiophonique francophone CBOF entre en ondes grâce à l'aide du gouvernement fédéral. Installée dans le Château Laurier, à Ottawa, CBOF sera axée sur la participation communautaire.
CBOF participera à la mise sur pied du festival franco-ontarien, du Salon du livre et du festival d'été de camp Fortune, ce qui contribuera à faire connaître la chanson francophone, dont celle du Québec, pendant près de 20 ans. En 1991, CBOF passera à la fréquence FM.
Source : Chad Gaffield, dir., Histoire de l'Outaouais, Coll. «Les régions du Québec», Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1994, p.715.
Le 25 août 1965 Création d'une Commission interministérielle
Le gouvernement du Québec crée une commission dont le mandat est de coordonner les relations que les divers ministères québécois entretiennent avec des organismes et des pays étrangers.
Le premier ministre Jean Lesage soutient que: « cette commission ne touchera qu'aux domaines de compétences provinciales et s'occupera d'affaires que nous avons à traiter avec des pays étrangers (...) » La commission sera composée du sous-ministre aux Affaires fédérales-provinciales, Claude Morin, qui assume la présidence, ainsi que des ministres de l'Industrie et du Commerce, de l'Éducation, des Affaires culturelles et de la Santé et du Travail.
Le 26 août 1965 Acquisition des industries Volcano et Forano par Marine Industries
La Société générale de financement (SGF) se départit des industries Volcano et Forano qui deviennent propriété de Marine Industries.
La SGF se portera ensuite acquéreur de 60 % des actions de Marine Industries. Selon les dires de René Paré, le président de la SGF, le groupe Marine-Volcano-Forano deviendra le plus puissant ensemble industriel contrôlé par des Québécois. Tous trois réunis, ils obtiennent un chiffre d'affaires de 50 millions par année, incluant un bénéfice net de 3 millions.
Le 20 août 1966 Tenue d'un congrès du Ralliement national
Un texte original du Bilan Québec rédigé par Marc-Étienne Baril, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
À la suite des élections provinciales du 5 juin 1966, les membres du Ralliement national se rassemblent dans un congrès post-mortem qui se déroule la fin de semaine des 20 et 21 août 1966, dans la municipalité de Victoriaville, au Centre-du-Québec. D’importantes décisions y sont prises pour l’avenir de cette formation politique.
Lors des élections provinciales de juin 1966, le RN obtient un résultat en deçà des attentes. En effet, cette formation politique obtient 3,2% des appuis. Le Ralliement National profite donc de la saison estivale pour restructurer plusieurs éléments à l’interne. Le point tournant de cette restructuration a lieu lors du congrès d’août 1966, alors que le chef René Jutras quitte ses fonctions en raison de problèmes de santé et de changements de priorités. L’autre personnage important du parti est l’ancien créditiste et co-chef Laurent Legault. Celui-ci quitte ses hautes fonctions, mais conserve un rôle dans le parti. Le grand objectif de ce congrès est de rendre le parti plus crédible aux yeux de la population. Durant les différents discours partisans prononcés durant ce congrès, un élément ressort du lot. Il s’agit du désir d’unir les deux grandes factions du parti. D’un côté, on retrouve les anciens créditistes, alors que de l’autre on trouve les indépendantistes. Le congrès voit aussi un autre chef accéder à la tête du parti. Le député créditiste fédéral de Lapointe, Gilles Grégoire, obtient le poste, et ce, par acclamation. L’exécutif est aussi renouvelé. Grégoire propose à l’auditoire d’unir les forces indépendantistes, c’est-à-dire de se joindre au RIN, considéré plus à gauche. L’arrivée de Grégoire à la chefferie soulève la controverse à l’intérieur de la formation créditiste fédérale. Son chef, Réal Caouette, déplore que Grégoire occupe la chefferie d’un parti indépendantiste québécois tout en étant député fédéral. Cette situation créé un malaise pour Caouette. Grégoire poursuit néanmoins son mandat. Finalement, le parti fusionnera en 1968 avec un autre regroupement indépendantiste qui porte le nom de Mouvement souveraineté-association. Cette fusion mettra au monde le Parti québécois.
Source : Le Nouvelliste, « Gilles Grégoire chef du Ralliement National », 46e année, No 247, 22 août 1966, page 1, consulté le 18 mai 2023, URL https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3179541; Gilles Daoust, « Élu président du RN, Grégoire tend la main au RIN », La Presse, 22 août 1966, page 1, consulté le 24 mai 2023, URL https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2698119
La Nation, « Le programme du Ralliement national », mai 1966, p. 4-8, Fonds Antoine Drolet. Assemblée nationale, consulté le 24 mai 2023, URL file:///C:/Users/18193/Downloads/qla_P4-S2-SS2-SSS3-D2.pdf; Normand, Janie, « L'indépendance à droite l'histoire politique du Regroupement national et du Ralliement national entre 1964 et 1968 », mémoire UQAM, octobre 2010, page 117 à 122, consulté le 18 mai 2023, URL https://archipel.uqam.ca/3667/1/M11645.pdf
« M. Grégoire, qui a lancé une invitation aux diverses formations indépendantistes de se réunir, a prononcé un discours foudroyant qui a soulevé l’enthousiasme des délégués qui venaient de toutes les parties de la province. Poursuivant son discours. M. Grégoire a déclaré que le Ralliement national ira son chemin même si son appel à l’unité des groupements n’est pas entendu. Le nouveau chef indépendantiste, qui est en même temps toujours député à Ottawa à [sic] déclaré que son mouvement ne fera pas de dénigrement vis à vis les autres formations politiques, ou encore vis à vis les Canadiens anglais. « Mais nous ferons voir notre point de vue. [sic] a-t-il dit, et nous prônerons notre idéal qui est positif. » [...] Le premier congrès annuel du Ralliement national a donné lieu à peu de résolutions éclatantes. La constitution du parti n’a pas subi de changements majeurs, sauf que pour la période d’organisation du parti, il n’y aura pas de chef, mais uniquement un président qui remplira à la fois les fonctions de président et de chef. »
Le Nouvelliste, « Gilles Grégoire chef du Ralliement National », 4e année, No 247, 22 août 1966, page 1, consulté le 18 mai 2023, URL https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/3179541
«...Le député fédéral Gilles Grégoire qui accepte la présidence d’un mouvement indépendantiste québécois, les perspectives d’une union possible RN-RIN et une théorie créditiste qui évolue de plus en plus vers le séparatisme, tels sont les points saillants des premières assises annuelles du Ralliement national qui se sont déroulées à Victoriaville en fin de semaine. L’adjoint parlementaire du chef du Ralliement des créditistes a finalement accepté dimanche, après avoir nié toute intention à cet effet durant les assises, la présidence provisoire du RN. M. Grégoire, qui terminera quand même son mandat au fédéral, n’a cependant pas fait le grand saut dans l’arène provinciale afin de recueillir uniquement ce qu’il a lui-même qualifié de “ demi-victoires ”. Il semble s’être assuré au moins d’une possibilité d’union de toutes les forces indépendantistes du Québec. »
Gilles Daoust, « Élu président du RN, Grégoire tend la main au RIN », La Presse, 22 août 1966, page 1, consulté le 24 mai 2023, URL https://numerique.banq.qc.ca/patrimoine/details/52327/2698119
Le 4 août 1969 Ouverture d'une conférence des premiers ministres provinciaux à Québec
Le premier ministre Jean-Jacques Bertrand représente le Québec à la dixième conférence des premiers ministres provinciaux qui a lieu à Québec.
La province de Terre Neuve boude cet événement qui portera sur la pollution, le développement urbain et la coopération interprovinciale. Bertrand soutient que: « Structurée et planifiée, la conférence annuelle des premiers ministres des provinces s'avèrera un mécanisme essentiel du Canada de demain, une occasion pour nous, d'échanger nos opinions, de concerter nos actions et d'orienter notre collaboration (...) Tant qu'il aura de l'information réciproque, action commune et collaboration amicale, le pays, les deux sociétés qui l'habitent, les États qui le forment et notre population dans son ensemble sauront efficacement résoudre les difficultés qui se présenteront et se fixer des objectifs communs. Si nous savons coopérer malgré nos différences, si nous savons nous aimer mutuellement, tenant compte du fait que notre pays est en même temps fait de deux sociétés et de dix États, je suis optimiste quant à l'avenir de notre fédération, quel que soit sa forme future. » À la suite de cette conférence, une résolution sur la pollution est adoptée, mais aucune décision commune n'est prise quant à l'éventualité d'un transfert aux provinces des responsabilités sur les Amérindiens.
Source : Le Devoir, 4 août 1969, p.1. 5 août 1969, p.1.
Le 8 août 1969 Publication du rapport du Comité d'étude sur les institutions financières
Dans le rapport de 300 pages qu'il remet au gouvernement, le Comité d'étude sur les institutions financières, présidé par l'économiste Jacques Parizeau, formule une série de recommandations.
Après trois ans et demi d'étude, le comité souhaite notamment l'instauration d'un régime de contrôle suivi et souple, dont la principale assise serait une nouvelle loi consolidée des institutions financières.
Source : Fernand Harvey et Peter Southam, Chronologie du Québec (1940-1971), Québec, Institut supérieur des sciences humaines, no 4, janvier 1972, p.11.
Le 22 août 1969 Adoption de mesures antiterroristes par le ministre de la Justice
Pour enrayer la vague d'attentats perpétrés par des groupes terroristes tels que le Front de libération du Québec (FLQ), le ministre québécois de la justice, Rémi Paul, annonce l'adoption d'un programme en dix points.
L'annonce de ce programme, qui prévoit la création de patrouilles spéciales et l'élargissement de la brigade antiterroriste, survient quelques jours après l'explosion d'une bombe dans les bureaux du ministère du Travail, à Sainte-Foy.
Le 2 août 1971 Refus du premier ministre du Québec d'assumer les coûts de l'intervention de l'armée en octobre 1970
Le premier ministre du Québec, Robert Bourassa, adresse une lettre à son homologue fédéral, Pierre Elliott Trudeau. Il y exprime l'intention de son gouvernement de ne pas défrayer les coûts de l'intervention militaire survenue sur son territoire pendant les événements d'octobre 1970.
Les militaires sont demeurés en sol québécois tout au long de cette période de crise, soit du milieu d'octobre 1970 jusqu'au début de janvier 1971, c'est-à-dire quelques jours après l'arrestation des principaux membres de la cellule « Chénier ».
Le 15 août 1971 Accord entre le gouvernement du Québec et la compagnie International Telephone and Telegraph
Après des négociations secrètes, le gouvernement du Québec et la multinationale américaine International Telephone and Telegraph (ITT) concluent un accord par lequel Québec concède à l'entreprise une forêt sur la Côte-Nord. La superficie de ce territoire équivaut à peu près à quatre fois celle d'un pays comme la Belgique.
L'entente comprend aussi des subventions pour permettre l'ouverture d'une usine de pâte à Port-Cartier. Ces conditions très favorables n'empêcheront pas l'usine de fermer ses portes peu après le début de son exploitation.
Source : Fernand Harvey et Peter Southam, Chronologie du Québec (1940-1971), Québec, Institut supérieur des sciences humaines, no 4, janvier 1972, p.13.
Le 10 août 1972 Tenue du premier tirage de la Loto-Perfecta
Plus de 22 000 personnes sont réunies à la piste de course Blue Bonnets, à Montréal, pour assister à la première épreuve utilisée pour déterminer le gagnant de la nouvelle loterie de Loto-Québec: la Loto-Perfecta.
La nouvelle formule développée par Loto-Québec est simple: pour gagner le gros lot, un parieur doit identifier dans l'ordre les numéros des quatre chevaux qui vont occuper les quatre premiers rangs lors d'une course organisée à Blue Bonnets. Celle-ci est retransmise à travers la province par le truchement de la télévision. Des lots moins importants sont prévus pour ceux qui auront choisi les quatre chevaux, mais pas nécessairement dans le bon ordre. Cette formule originale plaît au public qui achète pour 300 000 $ de billets (les ventes atteindront 700 000 $ en quelques mois). Loto-Québec prévoit d'ailleurs augmenter éventuellement à 2 000 le nombre de ses valideuses qui est actuellement de 300. Lors de cette première, la combinaison gagnante est le 4-8-5-6. Satisfait de la réponse du public, le ministre des Finances du Québec, Raymond Garneau, souligne que la Loto-Perfecta a été mise sur pied « dans le but de créer une source de revenu supplémentaire pour le gouvernement, et aussi, pour venir en aide aux hommes à chevaux ». (ils reçoivent une partie des recettes) La Loto-Perfecta sera reprise sur une base hebdomadaire, le jeudi soir, jusqu'en 1977.
Le 15 août 1972 Annonce de la découverte d'un important gisement de sel aux Îles-de-la-Madeleine
La Société québécoise d'exploitation minière (Soquem) découvre un gisement de sel aux Îles-de-la-Madeleine. Son exploitation par les Mines Seleine débutera en 1978 après d'importants travaux d'aménagements sous-marins.
Rappelons que cette mine est la seule au Québec à exploiter le sel et que son propriétaire, Mines Seleine, embauchera annuellement près de 200 travailleurs dans l'archipel des Îles-de-la-Madeleine.
Source : Bureau de la statistique du Québec, Annuaire du Québec : 1973, Québec, ministère de l'Industrie et du Commerce, 1973, p.570-582, 893.
Le 18 août 1972 Nomination d'un nouveau directeur à la Société de développement industriel
L'ex-président du Comité exécutif de la ville de Montréal, Lucien Saulnier, est nommé président directeur général de la Société de développement industriel (SDI). Il occupera ce poste jusqu'en 1975.
Le président sortant, Gérard Plourde, déclare que durant l'année se terminant le 31 mars 1972, la SDI a accordé 15,8 millions de dollars à 93 entreprises.
Source : Gouvernement du Québec, L'annuaire du Québec : 1973, Québec, ministère de l'Industrie et du Commerce, 1973, p.893.
Le 28 août 1972 Annonce d'investissements par Dominion Textile au Québec
La Dominion Textile annonce qu'elle investira 11 millions de dollars afin de moderniser l'équipement de ses usines québécoises.
C'est dans les usines de Sherbrooke, Drummondville et Magog que Dominion Textile concentrera ses efforts. Quelques centaines d'emplois seront créés, mais l'entreprise vise surtout à consolider ses assises en améliorant sa capacité concurrentielle. Plusieurs personnalités sont sur place lors de l'annonce, dont le ministre de l'Industrie et du Commerce, Jean-Luc Pépin, et le président de Dominion Textile, Ronald Perowne. En tout, cette entreprise compte 29 usines et fournit de l'ouvrage à plus de 11 000 personnes, la plupart des Québécois.
Le 10 août 1973 Annonce de l'achat du journal « Montréal-Matin » par « La Presse »
Le journal « La Presse » achète le « Montréal-Matin » pour environ cinq millions de dollars. Le « Montréal-Matin » devient ainsi le cinquième quotidien québécois de langue française à tomber sous le contrôle de Power Corporation.
Le « Montréal-Matin » est en compétition directe avec le « Journal de Montréal » pour le plus haut tirage parmi les quotidiens du matin. Le jour où il passe aux mains de « La Presse », Jacques Francoeur, président de la Société générale des publications, annonce qu'il a fait l'acquisition des intérêts de Power Corporation dans le « Dimanche-matin », « La Patrie », « Le Petit journal » et d'autres journaux dont le tirage collectif est de 75 000 copies. De son côté, FP Publications se porte acquéreur du « Montreal Star ».
Le 16 août 1973 Annonce du départ de la vie politique du ministre Claude Castonguay
Le ministre libéral des Affaires sociales, Claude Castonguay, annonce qu'il ne sera pas sur les rangs lors de la prochaine élection provinciale.
Castonguay, qui représente la circonscription de Louis-Hébert depuis 1970, déclare: « Les objectifs qui avaient été fixés à l'époque (1970), à mon sens, ont été atteints. » Au cours de son mandat, Castonguay a notamment été associé à mise sur pied du programme d'assurance-maladie, à la réforme de l'aide sociale et à la révision des lois de la santé.
Source : La Presse, 17 août 1973, p.1 et A6. Bibliothèque de la Législature, Répertoire des parlementaires québécois, 1867-1978, Québec, 1980, 797 pages.
Le 24 août 1974 Débuts de l'Université Concordia à Montréal
La fusion de l'Université Sir George Williams et du collège Loyola, tous deux situés à Montréal, mènent à la fondation d'une nouvelle institution québécoise de langue anglaise: l'Université Concordia.
Période de bouleversements dans le milieu scolaire québécois, ponctuée notamment par la création des cégeps et du réseau des universités du Québec, la fin des années 60 est également marquée par le début de négociations qui mèneront à une fusion entre l'Université Sir George Williams et le collège Loyola. L'existence de celles-ci arrive à terme en 1974 avec la création d'une nouvelle université anglophone qui portera le nom de Concordia (de la devise de la ville de Montréal « concordia salus »). Concordia compte deux campus, un au centre-ville de Montréal (l'ancien Sir George Williams) et un autre dans l'ouest (l'ancien Loyola). Troisième institution universitaire anglophone de la province, avec McGill et Bishop's, cette jeune institution mise notamment sur des programmes qui offrent le régime d'enseignement coopératif permettant à l'étudiant d'acquérir de l'expérience tout en poursuivant ses études. À la fin du XXe siècle, Concordia comptera environ 24 000 étudiants.
Le 19 août 1976 Fondation des Éditions du remue-ménage
Un groupe de militantes engagées au sein d'associations féministes fonde les Éditions du remue-ménage. Le choix de publication de cette maison couvre l'ensemble des préoccupations des femmes.
Louise Toupin, Raymonde Lamothe, Claire Brassard, Sylvie Dupont, Louise Vandelac, Catherine Germain, Nicole Lacelle et Lise Nantel participent au lancement de cette maison d'édition dont la première publication, la pièce « Môman travaille pas, a trop d'ouvrage », sort en mars 1976. Les Éditions du Remue-Ménage se donnent comme mandat « de nourrir de textes, d'idées et de mots les militantes et les personnes intéressées par la cause des femmes ».
Source : Isabelle Boisclair, L'Édition féministe au Québec, Pleine Lune et remue-ménage, 1975-1990, Mémoire de maîtrise ès arts, Université de Sherbrooke, 1994.
Le 21 août 1976 Nomination de Gabrielle Vallée à la tête de la Cour supérieure du Québec
L'avocate Gabrielle Vallée, l'une des premières Canadiennes à accéder à la magistrature, devient la première femme à assumer la direction de la Cour supérieure du Québec. Il s'agit d'une première en Amérique du Nord.
Âgée de 48 ans, Gabrielle Vallée siégeait à la Cour supérieure depuis 1973. Elle restera en fonction jusqu'à son décès, en 1984.
Source : Robert Pévost, Il y a toujours une première fois! Éphémérides des premiers événements québécois, Montréal, Stanké, 1984.
Le 19 août 1977 Rejet de la proposition du Québec sur la réciprocité dans l'enseignement offert aux minorités linguistiques
Les neuf provinces du Canada autres que le Québec, rejettent une proposition du gouvernement du Parti québécois qui offre l'enseignement en anglais à tout jeune Canadien originaire d'une province qui s'est engagée à donner un service semblable aux membres de sa minorité francophone.
Avec sa Charte de la langue française (Loi 101), adoptée en 1977, le gouvernement du Parti québécois réaffirmait sa volonté de ne permettre l'éducation en anglais qu'aux enfants dont un des deux parents aurait fait ses études dans cette langue au Québec (« clause Québec »). Seul compromis à l'endroit des enfants originaires du reste du Canada: la possibilité d'obtenir une éducation en anglais au Québec si leur province d'origine accepte d'offrir un service semblable à sa minorité francophone (« clause Canada »). Le 19 août, les provinces opposent un refus à cette proposition, répliquant avec la suggestion d'offrir « l'enseignement en français et en anglais, sous réserve que le nombre le justifie. » Le premier ministre du Québec, René Lévesque, exprime sa déception, alors que celui du Nouveau-Brunswick, Richard Hatfield, déclare: « On a rejeté le mécanisme, mais pas le but poursuivi par ces accords. »
Le 4 août 1978 Annonce de l'acquisition du Canadien de Montréal par les Brasseries Molson
Les Brasseries Molson font l'acquisition du Canadien de Montréal et prennent le contrôle du Forum pour la somme de 20 millions de dollars.
La transaction comprend également les Voyageurs de la Nouvelle-Écosse, le club école du Canadien qui évolue dans la Ligue américaine. La famille Molson, qui a déjà été propriétaire du Canadien entre 1957 et 1971, avait vendu l'équipe pour la somme de 15 millions de dollars aux frères Edward et Peter Bronfman. Selon les analyses des observateurs, la décision de cette brasserie de se porter à nouveau acquéreur du Canadien s'expliquerait par l'intérêt d'une brasserie rivale, Labatt, désireuse elle aussi de s'approprier la célèbre franchise montréalaise. Le président Morgan McCammon se contente de déclarer à la presse: « Nous croyons que l'acquisition du Canadien par les Brasseries Molson représente un placement dans une des meilleures concessions de sport au Canada. »
Le 30 août 1979 Nomination d'Yves Michaud au poste de délégué général du Québec à Paris
L'ex-journaliste Yves Michaud est nommé délégué général du Québec à Paris. Il entrera en fonction le 1er octobre.
Journaliste, puis député libéral à l'Assemblée nationale au cours des années 60, Michaud a participé à la fondation du quotidien indépendantiste « Le Jour » au début des années 70. Sa nomination au poste de délégué général à Paris survient trois ans après la victoire du Parti québécois lors de l'élection générale du 15 novembre 1976. Michaud restera en poste à Paris jusqu'en 1984.
Source : L'Encyclopédie du Canada : édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p.1590. Bibliothèque de la Législature, Répertoire des parlementaires québécois, 1867-1978, Québec, 1980, 797 pages.
Le 3 août 1982 Suspension du droit de grève aux employés du transport en commun de la Communauté urbaine de Montréal
Après avoir cessé le travail depuis quatre jours, les employés du transport en commun de la Communauté urbaine de Montréal voient leur droit de grève temporairement suspendu par le gouvernement du Parti québécois dirigé par René Lévesque.
L'annonce de cette mesure, qui prévoit des amendes en cas de désobéissance, est faite par le ministre du Travail et de la Main-d'œuvre, Pierre Marois. Elle incitera les travailleurs à reprendre l'ouvrage en attendant qu'un règlement survienne.
Le 24 août 1982 Nomination d'une première femme à un poste de déléguée générale du Québec
Le ministre des Affaires inter-gouvernementales du Québec nomme l'ingénieure Michèle Thibodeau-De Guire au poste de déléguée générale à Boston. Elle devient la première femme à obtenir un poste de cette envergure à l'étranger.
Deux ans plus tard, en 1984, Louise Beaudoin deviendra déléguée générale du Québec à Paris alors que Rita Dionne-Marsolais occupera un poste similaire à New-York. Le poste de délégué général est le plus haut niveau de représentation du Québec à l'étranger.
Source : Robert Prévost, Figures de proue du Québec, Montréal, Stanké, 2000, 477 p.
Le 18 août 1986 Annonce de l'acquisition de Canadair par Bombardier Ltée
La compagnie Bombardier annonce qu'elle fera l'acquisition de Canadair, le principal avionneur canadien, pour 120 millions de dollars. La transaction sera complétée en décembre.
Société de la couronne depuis 1976, Canadair a produit au fil des ans un éventail impressionnant d'appareils servant tant à l'aviation militaire que commerciale. Entre 1984 et 1986, la Corporation de développement des investissements du Canada décide de privatiser cette compagnie. Au total, 150 acheteurs furent informés de cette décision mais seulement cinq offres ont été déposées. Celle de Bombardier est retenue puisqu'elle présente les meilleures conditions financières, garantie de gestion et d'expansion de Canadair. À la suite de cette transaction, cette compagnie d'aéronautique verra ses effectifs passer de 4 000 à 13 000 employés avant la fin du XXe siècle.
Le 21 août 1986 Proposition de la Commission mondiale sur l'environnement pour la protection des réservoirs du Grand Nord
La Commission mondiale sur l'environnement propose que le ministère québécois de l'Environnement instaure un plan d'action contre la « menace sérieuse et imminente » que constitue, pour les autochtones, la contamination par le mercure des grands réservoirs de la baie James.
Kazu Koto, président de la Commission, invite le gouvernement québécois à initier un plan d'action capable de limiter l'étendue du problème dans les territoires nordiques. Il invite notamment le gouvernement canadien à renforcer ses normes relatives à la présence de mercure dans l'environnement. Conscientisé à ce problème, le ministre de l'environnement québécois, Clifford Lincoln, s'engage « dans un effort concerté et déterminant qui puisse freiner la dispersion du mercure en vue de juguler avec succès la menace sérieuse et imminente qui plane sur la santé des peuples autochtones et l'environnement de la Baie James. »
Le 17 août 1987 Création d'un premier club Optimiste féminin
Les clubs Optimistes du Canada se dotent d'une section entièrement féminine présidée par Nicole Dumont. Elle est située à Notre-Dame de l'île Perrot.
En 1989, Nicole Dumont deviendra lieutenant-gouverneur des huit clubs Optimistes de sa région (Vaudreuil et les environs), ce qui représente une première pour le club Optimiste, à prédominance masculine.
Source : Robert Prévost, Figures de proue du Québec, Montréal, Stanké, 2000, 477 p.
Le 22 août 1988 Signature d'une entente tripartite pour la dépollution du lac Champlain
Le premier ministre du Québec, Robert Bourassa, participe à la signature d'un accord tripartite visant à dépolluer le lac Champlain. Il est accompagné du gouverneur de l'État de New York, Mario Cuomo, et de son homologue du Vermont, Madeleine Kunin.
Le lac Champlain est un majestueux plan d'eau qui a une superficie de plus de 1 200 kilomètres carrés. Environ 3 %de ses 182 kilomètres sont situés en territoire québécois, ce qui justifie la présence du premier ministre Bourassa à cette signature. L'entente porte essentiellement sur des échanges d'information et la mise en commun de recherches et d'études entre les différents spécialistes des états impliqués.
Le premier ministre du Canada, Brian Mulroney, et son homologue québécois, Robert Bourassa, participent à l'inauguration officielle de TV5, une chaîne française qui diffuse des émissions dans 21 pays et peut rejoindre un auditoire potentiel de neuf millions de téléspectateurs.
La nouvelle chaîne, qui débute ses activités le 1er septembre, donnera au Québec l'occasion de faire connaître sa culture et son savoir-faire télévisuel dans d'autres pays. TV5 présente aussi des émissions françaises (variétés, affaires publiques, séries, etc.) aux téléspectateurs québécois. Qualifiée par le président français François Mitterand de « progrès indéniable pour la diffusion du français », la chaîne TV5 diffusera environ 60 heures de programmation par semaine. Elle n'est encore disponible au Québec que pour les foyers qui sont abonnés au câble.
Source : La Presse, 1er septembre 1988, p.B1 et E1. site internet du ministère des Relations internationales du Québec http://www.mri.gouv.qc.ca/francophonie/bref_historique.html
Le 30 août 1990 Annonce de l'harmonisation de la Taxe de vente du Québec avec la Taxe fédérale sur les produits et les services
Le ministre des Finances du Québec, Gérard D. Lévesque, annonce son intention d'harmoniser la Taxe de vente provinciale avec la nouvelle Taxe sur les produits et services (TPS) fédérale qui entrera en vigueur le 1er janvier 1991.
Cette taxe de 8 %, qui devrait être ramenée éventuellement à 7 %, s'applique sur une multitude de produits qui n'étaient pas affectés par l'ancienne taxe provinciale (journaux, vêtements, chaussures, etc.). La province de Québec devient la première à harmoniser sa taxe de vente avec la TPS fédérale.
Le 12 août 1991 Fusion créant le groupe de génie-conseil SNC-Lavalin
La firme SNC, fondée en 1947, fusionne avec Lavalin, dont l'existence remonte aux années 60, pour former une des plus importantes firmes d'ingénierie au monde. La transaction est évaluée à 90 millions de dollars.
SNC tient son nom d'Arthur Surveyer, Emile Nenniger et Georges Chênevert, les trois personnes qui sont à l'origine de sa création. Pour sa part, Lavalin est surtout identifiée à celui qui est son président-directeur général depuis 1972, Bernard Lamarre. Celui-ci a joué un grand rôle dans l'expansion de cette firme qui, au cours des années 70 et 80, a étendu son expertise à une foule de secteurs (transport, communication, énergie, infrastructures de toutes sortes) sur plusieurs continents. Parmi les plus grandes réalisations de Lavalin au Québec, soulignons le pont tunnel Louis-H Lafontaine, la tour du 1 000 de la Gauchetière, à Montréal, l'autoroute Ville-Marie et l'aluminerie de Bécancour. Lors de la fusion, le président de SNC, Guy Saint-Pierre, se fait rassurant auprès des employés de la nouvelle entreprise, tout en précisant: « Tous nos employés savent que nous sommes dans une industrie où, pour nourrir des bouches, il faut avoir de nouveaux contrats constamment ». Lavalin avait, à ce moment, environ 3 000 contrats en cours. Après la fusion de 1991, SNC-Lavalin concentrera principalement son action sur les projets internationaux. Bernard Lamarre y agira à titre de conseiller jusqu'en 1999.
Source : La Presse, 13 août 1991, p.A1. Denis Turcotte, dir., Reflets du Québec; des faits, des dates, des personnalités, Québec, éd. Association Québec dans le monde, 1990. L'Encyclopédie du Canada: édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p.2304.
Le 22 août 1991 Annonce d'une étude sur le projet Grande-Baleine
Réagissant aux pressions exercées sur le projet de développement hydroélectrique Grande-Baleine que son gouvernement veut mettre de l'avant, le ministre de l'Environnement, Pierre Paradis, annonce la tenue d'études environnementales. Elles retarderont la mise en chantier de ce projet colossal évalué à 12 milliards de dollars.
Selon Paradis: « Le gouvernement, finalement, s'est rendu à l'opinion des autochtones et de l'opinion internationale qui nous observe. Tous les experts environnementaux souhaitaient une approche plus globale », Le 9 septembre suivant, la Commission d'évaluation environnementale de Kativik jugera que les constructions sous-jacentes au complexe de Grande-Baleine ne réussissent pas à se justifier d'un point de vue environnemental. Elle dira donc non au réseau routier vers Grande-Baleine. Le lendemain, la Cour fédérale donnera raison aux Cris dans la poursuite qu'ils ont intentée contre l'administration fédérale de la Convention de la baie James et du Nord québécois. Elle ordonnera à celle-ci d'intervenir dans l'évaluation environnementale de Grande-Baleine.
Le 30 août 1991 Annonce de la fermeture de l'usine Cascades de Port-Cartier
La compagnie Cascades annonce la fermeture de son usine de pâte de Port-Cartier. Environ 200 travailleurs perdront leur emploi.
Cascades avait fait l'acquisition de cette usine d'ITT-Rayonnier en 1986. Mais à la suite de pertes importantes en 1990 et 1991, les activités avaient été interrompues le 7 mai 1991. L'annonce du 30 août vient confirmer les rumeurs qui circulaient depuis cette date.
Le 16 août 1992 Élection d'une première femme à la tête d'une nation autochtone au Canada
Les Hurons de Loretteville, en banlieue de Québec, élisent une femme, Jocelyne Gros-Louis, comme Grand Chef. Celle-ci prend la place de Max Gros-Louis, qui a dirigé pendant 26 ans les destinées de la nation huronne-wendat.
Première femme à diriger une nation autochtone au Canada, Jocelyne Gros-Louis est la fondatrice et directrice générale, depuis 1979, du Centre d'amitié autochtone de Québec. La nouvelle venue sur la scène politique a récolté 303 voix contre 284 pour l'actuel Grand Chef, qui a annoncé son retrait de la politique active. Mme Gros-Louis s'est dit très heureuse de sa victoire et se sent prête à relever le défi qui se présente, soit remplacer un homme qui a dirigé la réserve durant un quart de siècle. « Le défi est grand. Mais avec l'équipe que j'ai, on va être capable d'assumer la responsabilité. » Max Gros-Louis, quoique fortement déçu, ne voit pas cette défaite comme un désaveu de sa politique, puisque le vote était très partagé. Selon lui, ce qui fait la différence, c'est plutôt l'arrivée sur la réserve des femmes qui ont récupéré, au cours des dernières années, le statut d'indien qu'elles avaient perdu en épousant un blanc. Deux femmes occupent déjà un poste de Chef de bande au Québec mais c'est la première fois qu'une femme est élue Grand Chef d'une nation.
Le 29 août 1994 Débat télévisé entre les chefs des deux principales formations politiques du Québec
Le premier ministre du Québec, Daniel Johnson, fait face au chef du Parti québécois, Jacques Parizeau, dans le cadre d'un débat télévisé tenu quelques semaines avant l'élection générale du 12 septembre 1994.
Il s'agit du premier débat de ce genre entre deux chefs de formations québécoises depuis l'affrontement télévisé entre Jean Lesage et Daniel Johnson en 1962 (Robert Bourassa et Jacques Parizeau s'étaient affrontés en 1993, mais pour débattre de l'Accord de Charlottetown). Le modérateur est Jacques Moisan et les journalistes chargée d'interroger les chefs Stéphan Bureau, Jean-François Lépine et Anne-Marie Dussault. Les observateurs s'entendent généralement pour reconnaître que les échanges plutôt techniques entre les deux hommes ne leur ont pas permis d'influencer de façon significative l'allure de la campagne. Le chef de l'Action démocratique du Québec, Mario Dumont, manifeste pour sa part sa déception de ne pas avoir été invité à prendre part au débat.
Source : Le Devoir, 30 août 1994, p.A1. La Presse, 30 août 1994, p.1 et A2.
Le 19 août 1996 Dévoilement du nouveau logo de la station de télévision Télé-Québec
Pour marquer la nouvelle orientation qu'elle souhaite prendre, Télé-Québec, anciennement Radio-Québec, adopte un nouveau logo qui est dévoilé au cours d'une petite cérémonie à laquelle assistent plusieurs personnalités, dont la ministre de la Culture, Louise Beaudoin, et l'ex-premier ministre Jacques Parizeau.
Ce logo est formé d'un cercle rouge, de deux lignes vertes et d'un rectangle bleu. Selon ses concepteurs, il symbolise « l'interaction entre la télévision et le téléspectateur ». Il s'agit d'un nouveau départ pour la télévision d'État québécoise qui sera dorénavant connue sous le nom de Télé-Québec, et non de Radio-Québec, comme c'était le cas depuis 1968. Pour le président-directeur-général par intérim, l'ex-ministre libéral Michel Pagé, il s'agit d'une « nouvelle direction générale, un redéploiement dans neuf régions, une nouvelle approche marketing, des investissements technologiques en région et au siège social ». Télé-Québec, qui compte sur un budget annuel de 53,5 millions de dollars, rendra sa nouvelle programmation publique quelques jours plus tard. Elle misera sur une bonne couverture de l'actualité, notamment de l'actualité régionale, et sur le brio des animateurs Jean-Luc Mongrain et Anne-Marie Dussault, pour tenter de gagner la faveur des téléspectateurs. En tout, environ 50 % de la programmation est remaniée en vue de cette première saison de Télé-Québec.
Source : La Presse, 20 août 1996, p.B5, 23 août 1996, p.B5.. Le Devoir, 16 août 1996, p.B8, 23 août 1996, p.A10.
Le 22 août 1996 Annonce d'un appui financier par les deux paliers de gouvernement à Chemprox Chimie
Les gouvernements canadien et québécois annoncent qu'ils feront un prêt de 2,5 millions de dollars chacun à Chemprox Chimie, une entreprise de Bécancour. Le vice-premier ministre Bernard Landry et le secrétaire d'État responsable du Bureau fédéral de développement régional (Québec), Martin Cauchon, étaient sur place afin d'annoncer leur appui à l'entreprise.
Chemprox souhaite faire un investissement total de 49 millions de dollars afin d'augmenter la capacité de production de son usine. Cette entreprise produit du peroxyde d'hydrogène servant principalement dans le blanchiment de la pâte de papier. Elle espère par cet investissement augmenter son volume de production de 30 000 à 73 000 tonnes par année. Cette usine, qui existe depuis 1987, verra ses effectifs augmenter de 45 à 54 personnes. Chemprox appartient à parts égales à deux sociétés françaises: Air Liquide et Groupe Elf Atochem.
Source : Les Affaires, 31 août 1996, p.15. Le Devoir, 24 août 1996, p.B5.
Le 1er août 1997 Transfert d'entreprises aéroportuaires de Mirabel vers Dorval
Environ 130 entreprises rattachées aux activités de l'aéroport de Mirabel vont s'établir à Dorval. Ce transfert précède celui des vols internationaux réguliers de Mirabel au profit de l'aéroport de Dorval qui est prévu pour le début de l'automne.
La décision d'effectuer ce changement avait été rendue publique le 20 février 1996 par Jacques Auger, le président d'Aéroports de Montréal. Elle s'accompagne d'un important déplacement d'emplois et d'investissements qui s'élève à plusieurs millions de dollars.
Le 6 août 1997 Dévoilement de statistiques sur les retraites dans le domaine de la santé
Plus de 1 400 personnes, soit environ 9 % des employés du réseau de la santé du Québec, se sont prévalues du programme de départ à la retraite proposé par le gouvernement québécois.
Ces 1 400 employés viennent s'ajouter aux 8 400 enseignants qui ont accepté l'offre de « pré-retraite » faite par le gouvernement. Par ces mesures, le gouvernement espère réduire ses coûts de fonctionnement de plusieurs centaines de millions de dollars. À court terme, on pense que ces départs n'hypothéqueront pas la qualité des services. Selon Michel Beaudry, qui agit comme conseiller en ressources humaines à l'Association des hôpitaux du Québec (AHQ): « Même en replaçant les 5 000 personnes qui sont en disponibilité, on tombe à 9 000 départs nets. On pourrait même avoir à embaucher des jeunes. Mais il faudra voir, car tout cela est très difficile à évaluer en termes budgétaires ». La situation ne tardera toutefois pas à se détériorer dans les hôpitaux, le manque de personnel étant fréquemment identifié comme un des problèmes les plus urgents avec lequel doivent composer les établissements de santé.
Le 19 août 1997 Tenue de la Conférence des peuples de langues françaises à Jonquière
Cet événement se déroule du 19 au 21 août sous la présidence de Monique Vézina, une ex-ministre conservatrice devenue présidente du Mouvement national des Québécois.
Les 300 délégués, qui proviennent d'Europe et d'Amérique, discutent de la possibilité d'élargir cette conférence aux pays de la Francophonie dont le français n'est pas la langue maternelle. Ils discutent également de la création future d'un Forum international des jeunes pour la francophonie qui regroupera les 18-30 ans.
Source : Le Devoir, 23 août 1997, p.A10. Québec Info, « La Conférence des peuples de langue française», v.3, n.3, automne 1997.
Le 22 août 1997 Acquisition de Télévision Quatre-Saisons par le consortium Quebecor
Après avoir reçu l'approbation du Conseil de radiodiffusion et des télécommunications canadiennes (CRTC), le consortium Québecor fait l'acquisition de Télévision Quatre-Saisons (TQS).
La transaction est évaluée à 25 millions de dollars, plus une dizaine de millions en ajustements de fonds de roulement. Le président de Québecor, Pierre Péladeau, se réjouit des exigences formulées par le CRTC et promet aux téléspectateurs québécois « une télé pas compliquée et pas outrageusement dispendieuse ». Peu de temps auparavant, le groupe Quebecor avait pris le contrôle de Diffulivre inc., une société qui regroupait une quinzaine d'éditeurs dont Bordas et les éditions du Trécarré.
Source : Le Devoir, 22 août 1997, p.B9, 23 août 1997, p.C1.
Le 24 août 1997 Premières applications de la réforme Marois dans le domaine de l'éducation au Québec
La réforme élaborée par la ministre de l'Éducation du Québec, Pauline Marois, prévoit sept changements majeurs.
Parmi ces transformations, on peut souligner l'implantation de la maternelle à plein temps, la fusion éventuelle de 150 commissions scolaires pour en former 70 et le remplacement de plus de 8 000 enseignants. Ces mesures sèment la controverse dans le monde de l'éducation et font l'objet de beaucoup de débats dans la société.
Le 25 août 1997 Remaniement du cabinet du premier ministre Lucien Bouchard
Le premier ministre du Québec, Lucien Bouchard, procède à un important remaniement ministériel.
Les ministres concernés sont Paul Bégin (Environnement et Faune), Pierre Bélanger (Sécurité publique), Roger Bertrand (ministre délégué à l'Industrie et au Commerce), David Cliche (ministre délégué au Tourisme), Rita Dionne-Marsolais (ministre déléguée au Revenu), Jean-Pierre Jolivet (ministre délégué à la Réforme électorale et parlementaire et leader parlementaire du gouvernement), Serge Ménard (ministre de la Justice, Procureur général et ministre responsable de l'application des lois professionnelles), Robert Perreault (ministre d'État à la Métropole et ministre responsable de la région de Montréal), Jocelyne Caron (whip en chef du gouvernement) et André Boulerice (leader parlementaire adjoint du gouvernement).
Source : Le Devoir, 26 août 1997, p.A3-A4. http://www.assnat.qc.ca/fra/patrimoine/chronologie/chrono3.html
Le 25 août 1997 Annonce de la création de 20 000 places dans les garderies du Québec
Claudette Pitre-Robin, présidente de concertation interrégionale des garderies du Québec, et Nicole Boily, conseillère cadre au ministère de la Famille et de l'Enfance, ont conclu une entente créant 20 000 places en garderie à 5 $ pour les enfants de 4 ans.
Cette entente entre le ministère de la Famille et de l'Enfance et le réseau des Centres à la petite enfance assurera une place à 5 $ par jour pour 20 000 enfants de quatre ans dans les services de garde sans but lucratif, en milieu familial et dans les garderies privées. Madame Pitre-Robin ainsi que la Confédération des syndicats nationaux (CSN) se disent satisfaits par les mesures adoptées, cette dernière, par la voix de sa vice-présidente Claudette Carbonneau, espérant toutefois l'élaboration de solutions permanentes.
Le 4 août 1998 Signature de trois ententes entre le gouvernement du Québec et les Algonquins
Le gouvernement du Québec procède à la signature d'une entente relative à la gestion des ressources naturelles chez les Algonquins du Lac-Simon, de Kitcisakik et du lac Barrière.
Dans le cadre d'une tournée des territoires algonquins, le ministre Guy Chevrette signe trois entente favorisant la mise en valeur et le développement des ressources du milieu forestier (Lac-Simon et Kitcisakik), de même qu'une entente sur le développement de la communauté du lac Barrière.
Source : http://www.saa.gouv.qc.ca/cpress/cpress.html, Secrétariat aux affaires autochtones, gouvernement du Québec.
Le 4 août 1998 Début du projet de production éolienne en Gaspésie
L'obtention de fonds permet la mise en chantier d'un important projet d'énergie éolienne près de Cap-Chat et de Matane, au Bas-Saint-Laurent et en Gaspésie.
Les 133 éoliennes, qui auront une capacité de 100 mégawatts, permettront d'alimenter environ 10 000 foyers et feront de la péninsule gaspésienne le centre la production d'énergie éolienne au Canada. Hydro-Québec, dont au moins 2 % des ventes d'électricité aux États-Unis doit provenir de sources renouvelables, s'est engagé à acheter pendant 25 ans toute la production de ces parcs d'éoliennes à des conditions fort avantageuses pour les promoteurs.
Le 5 août 1998 Départ de Lise Bissonnette du quotidien « Le Devoir »
Lise Bissonnette quitte la direction du journal « Le Devoir » pour devenir la présidente de la future Grande bibliothèque du Québec qui sera érigée à Montréal.
Première femme à occuper le poste de rédactrice en chef d'un grand quotidien québécois, en 1982, Bissonnette était à la tête du « Devoir » depuis 1990. Rappelant le contexte difficile dans lequel elle était arrivée, elle confie aux journalistes: « Mon départ se produit à la fin d'un cycle de reconstruction, et je laisse la maison en ordre (...) Les gens n'auront pas de mauvaise surprise en ouvrant les livres. »
Source : Le Devoir, 6 août 1998, p.A1, A6. L'Encyclopédie du Canada : édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p.319.
Le 17 août 1998 Départ de l'architecte Phyllis Lambert du Centre canadien d'architecture
L'architecte montréalaise Phyllis Lambert quitte la direction du Centre canadien d'architecture. Elle conserve cependant la présidence du conseil d'administration de cet établissement muséal qu'elle a fondé en 1989.
L'universitaire et muséologue de renommée mondiale Kurt W. Forster succède à Lambert à la tête du Centre canadien d'architecture (CCA). Forster, qui a lui-même fondé et dirigé le Getty Center for the History of Art and the Humanities, de Santa Monica en Californie, entrera en fonction en mars prochain. Le nouveau directeur possède une feuille de route impressionnante. Né à Zurich en 1935, il a étudié au conservatoire et auprès du compositeur Bruno Moderna, à Milan, en plus de poursuivre des études supérieures en architecture, archéologie classique, philosophie et littérature. Après son doctorat, il a enseigné dans les plus célèbres universités américaines (Yale, Berkeley, Stanford, MIT et Harvard), en plus de diriger l'Institut suisse de Rome et le Centre d'étude Stanford de Berlin.
Le 17 août 1998 Levée des barricades érigées par les traditionnalistes Micmacs à Restigouche
Une entente entre le gouvernement du Québec et des représentants Micmacs de la réserve de Listuguj, à Restigouche, permet la levée de barricades qui empêchaient le passage des automobilistes sur une section de la route 132.
Le litige qui a incité les Micmacs à dresser leurs barricades, le 6 août, touchait la question des droits de coupe de bois sur les terres de la Couronne. Le règlement, auquel participe le ministre responsable des Affaires autochtones, Guy Chevrette, prévoit l'octroi d'une superficie de bois aux compagnies forestières micmacs, ce qui devrait leur permettre de créer quelques dizaines d'emplois.
Le 25 août 1998 Inauguration de la Commission scolaire de Montréal
La nouvelle Commission scolaire de Montréal (CSDM) remplacera désormais la Commission des écoles catholiques de Montréal (CECM) qui existait depuis 150 ans.
Ce changement fait suite à l'ouverture qui permet au gouvernement du Québec de se soustraire à l'article 93 de la Constitution qui porte sur le caractère confessionnel des commissions scolaires de Québec et Montréal. Cette réforme a mené à certaines modifications apportées au territoire de différentes commissions scolaires de la province. La Commission scolaire de Montréal compte 74 000 élèves.
Le 20 août 1999 Fermeture des magasins Eaton au Québec
Pour éponger un déficit de plus en plus important, la compagnie Eaton ferme ses neuf magasins du Québec et se met sous la protection de la loi de la faillite.
Cette fermeture entraînera le congédiement de milliers d'employés et la liquidation des inventaires de tous les magasins fermés. L'arrivée des grandes surfaces américaines, tel que Club Price, au début des années 90, serait en partie responsable du déclin des magasins à rayons de la chaîne Eaton, une entreprise dont la création remonte à 1869. On mentionne également les difficultés qu'ont éprouvées ses dirigeants à s'adapter comme l'ont fait d'autres magasins à rayons d'envergure depuis quelques années. Une demande sera acheminée au ministère de la Culture afin que l'édifice montréalais d'Eaton soit classé comme monument historique.
Le 26 août 1999 Annonce d'un règlement dans l'affaire du sang contaminé
La ministre de la Santé et des Services sociaux, Pauline Marois, annonce un programme d'intervention qui s'adresse aux 8 000 victimes de l'hépatite C infectées par la sang contaminé.
Ce programme prévoit que le gouvernement accordera une indemnisation de 80 millions $ aux victimes et qu'il injectera des montants supplémentaires pour le dépistage de nouvelles victimes. Selon les calculs, cette mesure devrait toucher environ 5 700 personnes. Plusieurs d'entre elles ne reçoivent aucune compensation dans le cadre du plan élaboré par le gouvernement fédéral. Plusieurs victimes jugent toutefois le montant versé nettement insuffisant et se promettent de continuer à exercer des pressions sur le gouvernement.
Source : Le Devoir, 26 août 1999, p.A4, 27 août 1999, p.A5.
Le 1er août 2000 Acquisition des installations du Mont-Orford par le groupe Intermonts
Le groupe Intermonts, acheteur des installations du Mont-Orford, dans la région des Cantons de l'Est, est composé de plus d'une douzaine d'investisseurs québécois. Ce groupe est dirigé par le propriétaire de la station de ski Owl's Head, Fred Korman.
Le prix de cette transaction qui se préparait depuis plusieurs mois, n'est pas dévoilé. Les actifs de la station du Mont-Orford étaient gérés par la firme KPMG, depuis la faillite de l'ancien propriétaire, Gestion Orford de Fernand Magnan, en avril 1998. Les nouveaux propriétaires ont quelques projets en vue pour le mont Orford, tels que la présentation d'événements culturels extérieurs, des projets hôteliers, etc.
Source : Les Affaires, 22 janvier 2000, p.4, 19 août 2000, p.7, 10 juin 2000, p.73. La Tribune, 3 août 2000, p.B3.
Le 21 août 2000 Annonce de l'achat de Clearnet par Telus
Un achat important a lieu dans le monde de la télécommunication alors que Telus, un spécialiste de la téléphonie sans fil dont le siège social se trouve en Colombie-Britannique, achète Clearnet Communication de Toronto. Le coût de la transaction s'élève à plus de 6,6 milliards de dollars.
Par cette transaction, Telus devient la troisième entreprise en importance en nombre d'abonnés après Rogers AT&T et Bell Mobilité. Cette entreprise comptera près de 1,8 millions d'abonnés au téléphone sans fil, contre 2,3 millions pour Rogers AT&T Canada. Cette transaction permettra à Telus de mettre un pied sur les deux plus grands marchés du Canada pour le sans-fil, soit l'Ontario et le Québec. Telus a aussi fait l'acquisition de 70 % de la compagnie QuébecTel de Rimouski en mars 1999 pour la somme de 584 millions de dollars. Les actionnaires de Clearnet conserveront 18,5 % des actions de Telus. Les revenus combinés de Telus et de Clearnet totaliseront 6,5 milliards de dollars. Telus compte 26 200 employés et Clearnet, 2 600.
Source : Les Affaires, 26 août 2000, p.38. La Presse, 22 août 2000, p.A1.
Le 1er août 2001 Annonce de la vente de Christina à des intérêts étrangers
Les dirigeants de cette entreprise familiale qui œuvre dans la confection de maillots de bain depuis 1952, annoncent sa vente à des intérêts israéliens.
Le nouveau propriétaire de Christina est Africa Israel Investments, une entreprise dont la plupart des activités sont centrées sur le tourisme, les produits industriels, le textile et l'immobilier. Africa Israel Investments est également propriétaire depuis 1997 de Gottex qui se spécialise dans la confection de maillots de bain haute gamme. Cette transaction permettra à l'entreprise israélienne de prendre une part plus importante du marché. Christina, dont les ventes se font surtout au Canada, a un chiffre d'affaires d'environ 70 millions de dollars. L'entreprise montréalaise engage près de 200 personnes dont l'emploi ne serait pas menacé par cette transaction. Julien Balit, d'origine syrienne, était le fondateur de Christina, entreprise à qui il donna le nom de sa fille. Une particularité de Christina est le fait qu'on y dessinait, fabriquait et distribuait les maillots de bain, en plus d'y fabriquer aussi le fil du tissu qu'elle utilisait. L'entreprise était dirigée depuis quelques années par Robert Balit, le fils de Julien. Robert Balit, qui n'avait pas de relève, a vu dans la vente une occasion de remettre le flambeau entre d'autres mains. Le cousin de Robert Balit, Steven Balit, vice-président au marketing chez Baltex, une entreprise concurrente, affirme que son cousin « a saisi une excellente opportunité. Il pourra entrer dans la cinquantaine et profiter de la vie. »
Source : Les Affaires, 14 juillet 2001,p.6. La Presse, 17 août 2001, p.D2.
Le 2 août 2001 Annonce de mises à pied chez Air Canada
La hausse du carburant, le ralentissement économique et la popularité des transporteurs à escompte affectent grandement Air Canada. Ses dirigeants annoncent donc une suppression additionnelle de personnel. Ils font également savoir que l'entreprise a enregistré des pertes de 108 millions de dollars au cours du deuxième trimestre.
Air Canada doit amputer son personnel de 7 500 postes en deux ans, dont 3 500 sur une base volontaire, et réduire le salaire de ses employés qui ne sont pas syndiqués. Au cours des trois derniers trimestres, la compagnie a accumulé des pertes de 550 millions de dollars et ses dirigeants n'entrevoient pas de reprise avant un an. Ces compressions permettront à Air Canada de faire une économie de main-d'œuvre de près de 135 millions de dollars. La réduction de salaire de 5 % de la haute direction et de 3,5 % pour les cadres permettra aussi de faire des économies. Enfin, Air Canada procédera au remaniement de sa flotte qui passera de 243 à 12 appareils plus petits et plus performants. Avec cette réforme, les dirigeants de la compagnie sont confiants de rentabiliser leurs activités dès 2002.
Le 5 août 2001 Fin des célébrations du 300e anniversaire de la Grande Paix de Montréal
De nombreux représentants des Premières Nations sont attendus à Montréal pour célébrer le 300e anniversaire du traité de la Grande Paix de Montréal signé le 4 août 1701 entre autochtones et Français.
Des centaines de participants (artisans, artistes, marchands et autres) prennent part aux festivités qui clôturent une saison d'activités marquée sous le sceau du rapprochement entre les nations amérindiennes. Selon Francine Lelièvre, qui agit comme co-présidente de l'événement, le rassemblement prévu ne se veut pas une reconstitution historique du 4 août 1701, mais bien une occasion de célébrer « la diversité des cultures autochtones vivantes, ce qui a réussi dans les traditions à traverser le temps » En tout, les activités commémorant le Grande Paix de Montréal auront coûté environ 3 millions de dollars.
Source : Le Devoir, 3 août 2001, p.A1, 4 août 2001, p.A3.
Le 15 août 2001 Élection de Brent Tyler à la présidence d'Alliance Québec
L'avocat Brent Tyler est choisi comme président intérimaire par le Conseil d'administration d'Alliance Québec. Il remplace Anthony Housefather dont le mandat venait à échéance en mai 2002, mais qui a décidé de se lancer en politique municipale.
Brent Tyler, qui a déjà annoncé sa candidature à la présidence officielle de l'organisme au printemps prochain, a obtenu 21 voix contre 15 pour la vice-présidente Jo-Ann Frandrich, qui s'est ralliée sans peine au vainqueur. Celui-ci promet une bataille sur deux fronts: celui des tribunaux et celui du financement. Dans toutes les causes qui seront défendues, Tyler portera à la fois le chapeau de président d'Alliance Québec et d'avocat de l'organisme. Selon le Barreau du Québec, il n'y a pas ici de réel conflit d'intérêts même si la prudence sera de mise. Le membership d'Alliance Québec est de 2 400 membres alors qu'il était de 5 000 membres sous l'ancien président, William Johnson. Alliance Québec est un groupe de pression qui voit à la promotion et à la défense des intérêts des anglophones du Québec.
Le 20 août 2001 Dépôt du rapport de la Commission Larose sur la situation et l'avenir du français au Québec
Gérald Larose dépose le rapport de la commission qui porte son nom et qui était chargée d'enquêter sur l'avenir et la situation de la langue française dans la province de Québec. Ce document de 285 pages compte 149 propositions.
La Commission Larose, formée en juin 2000, avait déjà fait connaître son rapport préliminaire en juin 2001. Il propose entre autres de réunir en un seul organisme toutes les institutions gouvernementales qui servent à la défense du français. Les commissaires recommandent également à Québec de constitutionnaliser les droits linguistiques, mais ils s'inscrivent en faux contre la création d'un ministère de la Langue ou sur l'obligation pour les étudiants de fréquenter un cégep francophone. Après avoir parcouru 272 mémoires, les membres de la commission en viennent à la conclusion qu'il est souhaitable de faire « des propositions qui rassemblent les Québécoises et les Québécois, tous statuts et langues confondus, plutôt que de consacrer leurs divisions. » À cet égard, le président Larose déclare: « Nous avons moins de difficultés avec la communauté anglophone d'ici qu'avec l'anglo-américanisme (...) Le pari que nous faisons, c'est que les anglophones du Québec peuvent être une formidable interface pour faire rayonner cette société française en Amérique du Nord. »
Le 21 août 2001 Obtention de l'Agence mondiale anti-dopage par la ville de Montréal
Un groupe de représentants de gouvernements, de fédérations sportives, d'athlètes et de la Commission médicale du Comité international olympique (CIO), choisit Montréal comme emplacement permanent de l'Agence mondiale anti-dopage (AMA). Montréal succède ainsi à Lausanne qui était hôte de l'AMA depuis sa création, en 1999.
Ce vote fait suite à une longue campagne menée par les gouvernements pour attirer à Montréal cette agence qui a pour but « d'harmoniser au niveau planétaire les procédures et les réglementations de lutte contre le dopage dans le sport de compétition. » Les principales rivales de Montréal dans cette lutte étaient quatre villes européennes: Vienne, Stockholm, Bonn et Lausanne, cette dernière ne s'inclinant qu'au dernier tour. Le Dr Christiane Ayotte, directrice du Laboratoire de contrôle du dopage à l'INRS-Institut Armand-Frappier, a joué un rôle important dans l'obtention de cette agence dont le premier domicile sera la Tour de la Bourse. Cette nouvelle est reçue avec beaucoup de satisfaction au Canada, les gouvernements québécois et canadien ayant appuyé avec beaucoup de force la candidature de Montréal pour l'obtention de l'AMA. C'est le cas du ministre d'État au sport amateur, Denis Coderre, et du ministre délégué au Tourisme, au Loisir et au Sport, Richard Legendre. Ce dernier déclare: « Le leadership de Montréal en matière de lutte contre le dopage au cours des dernières années a également confirmé la volonté de Montréal de ne pas être uniquement un siège social mais aussi un siège proactif dans cette lutte. »
Le 11 août 2002 Dénouement du congrès de la Commission jeunesse du Parti libéral du Québec
Plus de 600 délégués participent au 20e congrès de la Commission jeunesse du Parti libéral du Québec (PLQ) qui se déroule à Trois-Rivières. Ils en profitent pour discuter des enjeux qu'ils souhaitent voir leur parti défendre lors de la prochaine élection générale.
Plusieurs propositions sont formulées dans une foule de domaines, dont l'éducation, les jeunes libéraux exprimant notamment le vœu que l'on procède à la création d'un Ordre professionnel des enseignants. La décentralisation de l'État, un code d'éthique pour les ministres et de nombreux autres thèmes sont également débattus, mais c'est le discours du chef Jean Charest, le 11 août, qui retient l'attention de la presse le lendemain. Défiant les jeunes libéraux de « réinventer » le Québec, celui-ci propose une importante remise en question du rôle de l'État qui, selon lui, démarquera sa formation de ses deux principaux rivaux, le Parti québécois (PQ) de Bernard Landry et l'Action démocratique du Québec (ADQ) de Mario Dumont. Selon Charest: « L'État nous a jadis fait bondir en avant. Il est en train de nous ralentir. Il faut revoir et réécrire sa mission. L'État tentaculaire et obèse, qui se substitue à l'entreprise, aux banques et à l'initiative individuelle, c'est terminé ! » Un conseil général spécial du PLQ prévu pour la fin septembre permettra d'en savoir plus long sur la place réservée aux propositions des jeunes libéraux dans le programme du parti.
Source : La Presse, 11 août 2002, p.1 et A3, 12 août 2002, p.1 et A3. Le Devoir, 12 août 2002, p.1 et A3.
Le 13 août 2002 Annonce du soutien du Fonds de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec à l'industrie du taxi
Le Fonds de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ) annonce qu'il viendra en aide à l'industrie du taxi en créant une société en commandite. Le budget initial est fixé à 50 millions de dollars. Cet investissement permettra aux chauffeurs locataires de se procurer leur propre permis de taxi. Une aide importante sera également apportée aux chauffeurs-propriétaires qui veulent refinancer leur permis.
Le coût élevé des permis (environ 100 000 dollars) et la modernisation de la flotte sont autant de facteurs qui ont amené le Fonds de la FTQ à mettre sur pied cette nouvelle société. Cette aide apportée par la FTQ sera suffisante pour les deux prochaines années, mais après il faudra prévoir d'autres sommes. L'aide de partenaires sera nécessaire afin de continuer à soutenir l'industrie. Le site internet de Radio-Canada rapporte que, selon le rapport annuel 2000-2001 de la Commission des transports du Québec, « il y a 18 000 chauffeurs de taxi dans la province, dont 68 % sont locataires ». Aussi, l'industrie du taxi est concentrée dans les grands centres urbains, la région de Montréal détenant plus de 72 % des permis de taxi émis dans la province. Les chauffeurs de taxi membres de cette association professionnelle ne sont pas syndiqués. Baptisée Fintaxi, cette nouvelle association débutera ses activités à l'automne 2002.
Source : Le Devoir, 14 août 2002, p.A1. Radio-Canada : http://www.radio-canada.ca/nouvelles FTQ : http://www.ftq.qc.ca
Le 25 août 2002 Tenue d'un référendum à Murdochville sur une éventuelle fermeture de la ville
La petite ville de Murdochville en Gaspésie tient une consultation auprès de ses habitants pour déterminer du sort de la ville. La population vote à 65 % pour la fermeture définitive de Murdochville.
Murdochville compte près de 1 000 habitants, dont 799 sont aptes à se rendre aux urnes. Le camp du « oui » récolte 434 votes contre 238 pour le camp du « non ». Depuis la fermeture de la mine souterraine, en 1999, et de la fonderie Mines Gaspé de Noranda, au printemps 2002, où près de 300 personnes ont perdu leur emploi, les citoyens de Murdochville ont perdu espoir de relancer l'économie de leur ville. Certains projets ont été élaborés afin de relancer la région, mais aucun ne s'est concrétisé. Le maire de la ville, Marc Minville, se dit heureux des résultat du référendum: « Ça faisait longtemps qu'on travaillait pour essayer de développer Murdochville et ça n'a pas fonctionné. Il y a eu un référendum pour la fermeture de la ville, parce qu'il n'y avait pas d'autre issue. On est rendus à l'étape où la population demande à être indemnisée pour aller travailler à l'extérieur. Le résultat du vote est excellent. » Le maire se donne jusqu'à juillet 2003 pour fermer la municipalité.
Source : Cyberpresse : http://www.cyberpresse.ca/reseau/actualites/0208/act_102080130382.html La Presse, 27 août 2002, p.A1, A10. Le Devoir, 26 août 2002, p.A1.
Le 27 août 2002 Production d'une dernière voiture à l'usine General Motors de Boisbriand
Environ 1 200 ouvriers de General Motors sont forcés au chômage par la fermeture de l'usine d'assemblage automobile de Boisbriand, dans les Basses-Laurentides.
La nouvelle ne constitue pas une surprise puisque General Motors avait fait l'annonce de cette fermeture plusieurs mois auparavant. La possibilité d'un revirement de dernière minute était toutefois souhaitée par certains travailleurs. Depuis 1991, l'usine de Boisbriand a servi à l'assemblage de près d'un million de voitures de marque Chevrolet Camaro et Pontiac Firebird, deux modèles qui ne répondaient plus aux exigences des consommateurs nord-américains. La nouvelle de cette fermeture met un terme à une longue saga débutée au milieu des années 60 avec la construction de cette usine qui, à l'origine, fabriquait des modèles Belair et Biscayne.
Source : Le Devoir, 26 août 2002, p.A3, 29 août 2002, p.B1. La Presse, 28 août 2002, p.D2.
Le 13 août 2003 Dépôt d'une demande d'Hydro-Québec en vue d'une hausse des tarifs d'hydroélectricité
La société d'État Hydro-Québec fait savoir qu'elle a déposé une demande à la Régie de l'énergie en vue d'une augmentation tarifaire de près de 6 % qui serait effectuée en deux étapes, en octobre 2003 et en avril 2004. Il s'agirait d'une première augmentation depuis que le gouvernement du Québec a adopté une politique de gel des prix de l'électricité, en 1998.
La Régie aura le dernier mot sur cette demande d'augmentation qui fait suite à un changement de politique du gouvernement, maintenant dirigé par les libéraux de Jean Charest. Le président d'Hydro-Québec, André Caillé, défend cette hausse en déclarant: « On ne veut pas de chocs tarifaires et pour éviter que ça arrive, il faut le plus tôt possible refléter le coût réel de l'approvisionnement dans les tarifs. » Même si Cayer le nie, plusieurs consommateurs d'électricité prétendent qu'Hydro-Québec ne cherche qu'à refiler à ses clients une partie des objectifs que lui a fixés le gouvernement en terme de profitabilité. Comme pour leur faire écho, le même jour, le gouvernement annonce également que la tarification du programme de garderies sera révisée à la hausse prochainement. Le 11 septembre, la Régie de l'énergie opposera un refus à la demande d'augmentation prévue pour octobre 2003. Trois mois plus tard, en décembre, elle autorisera cependant une hausse de 3 %, ouvrant la porte aux spéculations relativement à une autre augmentation, à peu près similaire, qui entrerait en vigueur le 1er avril 2004.
Source : La Presse, 14 août 2003, p.1 et A4; 16 décembre 2003, p.1 et A6. Le Devoir, 14 août 2003, p.1 et A8, B1 et B4.
Le 27 août 2003 Annonce de la vente par Bombardier de sa division de produits récréatifs
Le géant industriel Bombardier confirme qu'il a officiellement cédé sa division de produits récréatifs à un groupe composé de la firme américaine d'investissement privé Bain Capital, de membres de la famille Bombardier et de la Caisse de dépôt et placement du Canada. Le montant de la vente s'élèverait à 1,225 milliards de dollars.
En fin de compte, la transaction sera complétée en décembre pour 960 millions de dollars. Au sein de la famille Bombardier, on retrouve Laurent Beaudoin, un ex-président de l'entreprise qui agit toujours comme président de son conseil d'administration. La division de produits récréatifs, dont les revenus ont atteint 2,3 milliards de dollars en 2002-2003, comprend entre autres la fabrication de motoneiges, bateaux, moto-marines, moteurs de bateaux et Véhicules tout-terrain (VTT). La nouvelle de cette acquisition apporte un soulagement aux nombreux employés de l'entreprise, dont les 3 200 qui œuvrent au Québec. Pour le maire de Valcourt, Denis Allaire: « Nous, tout ce qui nous restait à faire c'était de rassurer le monde en attendant (...) La famille Bombardier a voulu acheter principalement pour que ça reste à Valcourt. Ces gens veulent continuer à développer, à sortir de nouveaux produits (...) Pour nous à la municipalité, c'est rassurant car nos attentes sont reconduites avec les nouveaux acquéreurs. Nous en avons eu la confirmation. » Un nouveau nom sera éventuellement donné à la compagnie alors que Bombardier continuera pour sa part à se concentrer sur la fabrication d'équipement de transport. Sa décision de se départir de cette division fait partie d'un plan de rééquilibre financier mis sur pied au printemps 2003 par son président Paul Tellier.
Source : Le Devoir, 28 août 2003, p.1 et A8. La Tribune, 28 août 2003, p.1, A4-A5, B5; 19 décembre 2003, p.B3.
Le 2 août 2004 Annonce de l'accréditation syndicale des employés d'un magasin Wal-Mart
Quatre mois après avoir été évincés de justesse, les employés du magasin Wal-Mart de Jonquière obtiennent leur accréditation syndicale de la Commission des relations de travail du Québec.
Cette réponse fait suite à une requête déposée devant la Commission le 6 juillet 2004. Elle survient quelques mois après une tentative de syndicalisation qui s’est soldée par un échec. Les 145 employés du magasin ne sont qu’une goutte d’eau dans l’empire Wal-Mart qui procure du travail à 1,5 millions de Nord-Américains. L’annonce fait tout de même du bruit puisqu’il s’agit de la première succursale syndiquée de la compagnie. Ses dirigeants considèrent d’ailleurs la possibilité d’aller en appel alors que les porte-parole syndicaux espèrent pour leur part entreprendre bientôt une négociation en vue d’une première convention collective. Les nouveaux syndiqués font partie des Travailleurs unis de l’alimentation et du commerce affiliés à la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ). Le 9 février, Wal-Mart annoncera la fermeture de son magasin de Jonquière pour le 6 mars 2005, une décision qu'elle explique par des problèmes de rentabilité mais qui est généralement interprétée comme un message à ses employés qui seraient, eux aussi, tentés par la syndicalisation.
Source : Le Devoir, 3 août 2004, p.B3; 10 février 2005, p.1 et A8. La Presse, 3 août 2004, p.A1-A2; 4 août 2004, p.A3; 10 février 2005, p.1 et A2-A3; 11 février 2005, p.A9.
Le 4 août 2004 Dépôt d'une étude sur l'impact de la bactérie clostridium.difficile dans un hôpital de Sherbrooke
Dans une étude publiée par le « Journal de l'Association médicale canadienne », le docteur Jacques Pépin, un spécialiste en maladies infectieuses, estime à environ une centaine le nombre de patients décédés au Centre hospitalier universitaire de Sherbrooke (CHUS) qui auraient été affectés par la bactérie clostridium.difficile.
Le chiffre provoque une vive réaction, même si on s’entend pour dire que les décès ne sont pas tous attribuables à la bactérie et que le CHUS n’est pas le seul hôpital aux prises avec ce problème. Selon Pépin, « c’est clair que la maladie est plus sévère et donc que la souche elle-même est probablement plus sévère ». L’étude, réalisée entre janvier 2003 et juin 2004, identifie comme principaux facteurs de risques l’âge des patients et les conditions sanitaires des établissements de santé. Les dirigeants d’hôpitaux réagissent un peu partout à travers la province afin de calmer les inquiétudes. Tout en reconnaissant la gravité de la situation, le ministre de la Santé, Philippe Couillard, se veut également rassurant: « On ne pourra pas du jour au lendemain rénover tous nos hôpitaux (…) On y va par priorité. Il faut maintenant agir avec des méthodes simples. [...] On doit dire aux gens ce qui doit être fait pour éviter la propagation. Mais il y aura d’autres efforts qui seront faits. » Au mois d'octobre, le ministre se fera plus insistant, l'épidémie de c.difficile avec laquelle doivent composer certains hôpitaux du Québec étant considérée par des spécialistes comme une des pires sur tout le continent.
Source : Le Devoir, 5 août 2004, p.1 et A8; 6 août 2004, p.A3. La Presse, 5 août 2004, p.1 et A2; 6 août 2004, p.1 et A2-A3; 21 octobre 2004, p.1 et A2; 22 octobre 2004, p.1, A2-A3 et A6. La Tribune, 5 août 2004, p.1; 6 août 2004, p.1, A2-A3 et A7.
Le 23 août 2006 Annonce d'une transaction d'envergure impliquant la papetière Domtar
Le président et chef de la direction de Domtar, Raymond Royer, annonce que son entreprise fusionnera avec la division des papiers fins de l'entreprise américaine Wayeraeuser. Cette transaction fera de Domtar le plus important producteur de papiers fins en Amérique du Nord.
Même si Domtar conserve son nom, elle sera dorénavant incorporée aux États-Unis, dans l'État du Delaware, et ses opérations seront dirigées à partir de la Caroline du Nord. Raymond Royer, qui restera à la tête de l'entreprise jusqu'en 2008, précise toutefois que la fusion ne suscitera pas de pertes d'emplois au Québec et que le siège social de Domtar demeurera à Montréal. Malgré certaines inquiétudes, les observateurs s'entendent d'ailleurs pour affirmer que l'entente, évaluée à plus de 3 milliards de dollars, aura des conséquences positives sur la capacité de Domtar à rivaliser avec ses principaux compétiteurs dans le domaine des papiers fins. On utilise notamment ceux-ci pour les livres et les photocopies. Des interrogations persistent néanmoins quand à l'avenir de Tembec et d'Abitibi-Consolidated, deux autres entreprises québécoises sérieusement éprouvées par la situation difficile que vit l'industrie des pâtes et papiers.
Source : La Presse, 24 août 2006, cahier Affaires, p. 1 et 2; 25 août 2006, p. A3 Le Devoir, 24 août 2006, p. B1; 25 août 2006, p. C3.
Le 24 août 2006 Annonce d'une transaction importante par le groupe Jean Coutu
Le groupe Jean Coutu (GJC) annonce qu'il se départit de ses pharmacies en sol américain qui passent aux mains de son concurrent Rite Aid. Le GJC demeurera associé à cette entreprise de la Pennsylvanie dont il sera le principal actionnaire.
Des rumeurs qui circulent depuis quelque temps se concrétisent alors que le GJC annonce officiellement les modalités de cette transaction s'élevant à 3,8 milliards de dollars canadiens. Elle constitue un virage majeur pour le GJC qui avait causé des remous en avril 2004 en se portant acquéreur de plus de 1500 pharmacies appartenant à Eckerd. Cette expérience américaine s'avère toutefois peu concluante pour Jean Coutu qui décide, en août 2006, de vendre à son concurrent Rite Aid, entreprise dont il devient le principal actionnaire. Rite Aid s'impose par le fait même comme le troisième géant dans le domaine des services pharmaceutiques aux Etats-Unis. Même si la transaction constituerait une perte de 140 millions pour GJC, les marchés financiers l'accueillent de façon favorable. À court terme, on observe même une remontée à la bourse des actions de cette entreprise québécoise.
Source : La Presse, 24 août 2006, p. A1; 25 août 2006, p. A2-A3, cahier Affaires, p. 1, 3; Le Devoir, 25 août 2006, p. A7.
Le 7 août 2007 Soirée de fermeture du Spectrum de Montréal
Le Spectrum de Montréal, une salle de spectacle qui attire des vedettes établies ainsi que des artistes de la relève depuis 25 ans, ferme ses portes.
André Ménard, Alain Simard et quelques amis fondent en 1982 une nouvelle salle de spectacle à Montréal, à l'angle des rues Bleury et Saint-Catherine. À partir de son ouverture, le 17 octobre 1982, le Spectrum de Montréal accueillera des centaines d'artistes, dont quelques-uns des plus grands noms de la scène québécoise (Richard Séguin, Marjo, Claude Dubois, Jean Leloup, etc.) et internationale (The Police, Tina Turner, U2, Miles Davis, Peter Gabriel, etc.) La diversité des musiciens présentés contribue à la notoriété de la salle où, pendant la deuxième moitié des années 1980, furent également tournées plusieurs émissions de la série humoristique « Samedi de rire ». Florent Marchet-Michel Faubert donnent un dernier spectacle dans le cadre des Francofolies, le 4 octobre, alors que, le lendemain, une soirée d'adieu réunit des centaines de nostalgiques. Michel Rivard, recordman pour le nombre de spectacles au Spectrum de Montréal, clôture la soirée. Malgré une pétition auprès des autorités municipales, l'immeuble qui abritait la salle sera démoli et remplacé par un complexe commercial et une tour à bureaux.
Source : La Presse, 4 août 2007, Cahier Arts et spectacles, p. 1-3 ; 6 août 2007, Cahier Arts et spectacles, p. 3 ; 7 août 2007, Cahier Arts et spectacles, p. 3 ; Le Devoir, 4 août 2007, p. E1 ; 6 août 2007, p. B8 ; 7 août 2007, p. B8. http://www.radio-canada.ca/arts-spectacles/PlusArts/2007/08/01/001-spectrum-spectacle-adieu.asp?ref=rss
Le 10 août 2007 Inauguration officielle de la Route verte
Douze ans après son lancement, on procède à l'inauguration officielle de la Route verte, une véloroute qui, lorsqu'elle sera terminée, sera la plus longue du genre en Amérique du Nord.
C'est à l'initiative de Vélo-Québec que ce projet, inspiré de structures comparables en Europe et aux Etats-Unis, voit le jour en juin 1995. Avec la collaboration du gouvernement du Québec, on tisse un réseau de pistes cyclables qui traverse la province afin de permettre les déplacements en vélo sur une grande distance. Le projet de plusieurs dizaines de millions de dollars a des visées récréatives et touristiques, mais on estime aussi qu'il pourrait générer d'importantes retombées économiques. Sur le plan industriel, par exemple, soulignons que le Québec est le plus grand manufacturier de vélos au pays. D'une longueur d'environ 4000 kilomètres, la Route verte, qui n'est complétée qu'à 90%, reliera éventuellement 16 régions et plus de 320 municipalités. Elle est inaugurée officiellement à Québec en présence de la ministre des Transports, Julie Boulet, et de son homologue du Tourisme et du Développement économique, Raymond Bachand.
Source : La Presse, 11 août 2007, p. A18 . http://www.routeverte.com/rv/ http://www.radio-canada.ca/nouvelles/societe/2007/08/10/002-route-verte-inaugure.shtml
Le 24 août 2007 Présentation d'un premier forum dans le cadre de la Commission Bouchard-Taylor sur les accommodements raisonnables
Après quelques mois de réflexion, la Commission de consultation sur les pratiques d'accommodement reliées aux différences culturelles tient un premier forum de discussion. Il marque le début d'une série d'audiences qui se prolongeront tout au long de l'automne 2007.
En 2006 et 2007, des cas d'accommodements raisonnables liés à la pratique religieuse sont portés à la connaissance du public par les médias. Ils suscitent une controverse qui propulse ce débat à la une de l'actualité politique québécoise. La notion d'accommodement raisonnable est apparue en Cour suprême en 1985. Ce terme juridique s'applique pour des individus et sert à corriger « le tir lorsqu'une règle neutre discrimine ou exclut une personne », tout en précisant qu'il ne doit pas entraver « indûment l'exploitation de l'entreprise de l'employeur » de ladite personne ou lui imposer des frais excessifs. Selon les sondages, ce sujet constitue une préoccupation pour la population, particulièrement lorsque l'accommodement a un caractère religieux. Le débat prend même une dimension plus large et déborde sur la question de l'identité québécoise et celle de la capacité du Québec à intégrer les immigrants. Ces thèmes sont abordés lors de la campagne électorale provinciale du printemps 2007. Au chef de l'Action démocratique du Québec (ADQ), Mario Dumont, qui reproche au gouvernement d'être trop conciliant envers les revendications de certains groupes ou individus, le premier ministre Jean Charest réplique en annonçant la création d'une Commission de consultation chargée d'enquêter sur le sujet. Il en confie la présidence à deux intellectuels: l'historien Gérald Bouchard et le sociologue Charles Taylor. Le premier forum tenu dans le cadre de cette Commission se déroule à Montréal le 24 août 2007. Des jeunes font alors connaître leurs réflexions, exprimant même leurs positions sur différents cas d'accommodements. Il s'agit de la première étape des travaux de la Commission qui, d'ici novembre 2007, tiendra d'autres forums ainsi que 17 rencontres dans les différentes régions de la province.
Source : La Presse, 15 août 2007, p. A1 et A7 ; 18 août 2007, p. A6 ; 27 août 2007, p. 2 ; Le Devoir, 21 août 2007, p. A1 ; 27 août 2007, p. A6 ; Le Soleil, 11 août 2007, p. 14. http://www.accommodements.qc.ca/index.html
Le 24 août 2007 Ouverture du Forum social québécois
Le « Québec de demain » est au centre des discussions tenues dans le cadre du premier Forum social québécois (FSQ), un événement que son porte-parole qualifie de « plus gros rassemblement de la gauche dans l'histoire du Québec ».
Des sommets comme celui de Porto Alegre, en 2005, constituent une inspiration pour les concepteurs du FSQ. Ces rassemblements des forces de gauche, qui se veulent en quelque sorte une réaction aux grands sommets économiques comme celui de Davos, donnent à leurs participants l'occasion de réfléchir et d'échanger sur une foule de sujets à caractère social, politique et économique. Entre le 24 et le 26 août, près de 5000 personnes sont réunies à Montréal pour prendre part à la première édition du FSQ qui, par hasard, survient quelques jours après le sommet entre le Canada, les États-Unis et le Mexique à Montebello. Des centaines d'ateliers de discussion et d'activités permettent aux participants de débattre de thèmes variés comme la lutte à la pauvreté, la protection de l'environnement, les droits des autochtones, le gaspillage des ressources naturelles, la réforme du mode de scrutin ainsi que la présence de troupes canadiennes en Afghanistan.
Source : Le Devoir, 23 août 2007, p. 17; 25 et 25 août 2007, p. A4; 27 août 2007, p. A2. La Presse, 22 août 2007, Cahier Affaires, p. 1.
Le 11 août 2010 Annonce d'un remaniement ministériel par le premier ministre du Québec, Jean Charest
Deux jours après l'annonce du départ de la vie politique du ministre de la Sécurité publique, Jacques Dupuis, le premier ministre Jean Charest procède à un remaniement de son cabinet. Même si plusieurs changements sont apportés, ils concernent essentiellement des ministres déjà en poste qui sont réaffectés à de nouvelles fonctions.
Malgré une sortie de crise plutôt positive sur le plan économique, l'année 2010 s'avère difficile pour le gouvernement libéral: renvoi du ministre Tony Tomassi, controverses entourant la tenue de la Commission Bastarache, insistance de l'opposition pour la tenue d'une enquête sur la corruption dans le secteur de la construction, etc. Les sondages reflètent le mécontentement de la population, alimentant les rumeurs de bouleversements possibles au sein du conseil des ministres. Le 9 août, le ministre de la Sécurité publique et leader parlementaire du gouvernement, Jacques Dupuis, annonce son départ de la vie politique. Au même moment, un ex-ministre libéral, Jean-Marc Fournier, dévoile son intention de succéder à Dupuis lors de l'élection partielle qui se tiendra dans la circonscription de Saint-Laurent. Puis, le 11 août, le premier ministre annonce un remaniement de son cabinet, qu'il qualifie de « redéploiement » étant donné que la plupart des ministres concernés demeurent au sein du cabinet, mais avec de nouvelles responsabilités. Parmi les changements les plus importants, soulignons l'accession de Michelle Courchesne à la présidence du Conseil du trésor, alors que Line Beauchamp quitte l'Environnement pour succéder à Courchesne à l'Éducation. Lise Thériault devient pour sa part ministre du Travail alors que Pierre Arcand accède au portefeuille du Développement durable, de l'Environnement et des Parcs. À son retour à l'Assemblée nationale, Jean-Marc Fournier assumera les postes de leader parlementaire et de ministre de la Justice. Une rumeur persistante s'avère non fondée alors que Yves Bolduc demeure à la Santé. Les partis d'opposition ne manquent pas de souligner que ce jeu de la « chaise musicale » n'implique que des visages connus, reflétant à leurs yeux l'impuissance du gouvernement à se renouveler.
Source : Le Devoir, 10 août 2010, p. 1 et al.; 12 août 2010, p. 1 et al. La Presse, 10 août 2010, p. 1 et al., 12 août 2010, p. 1 et al. http://www.radio-canada.ca/nouvelles/Politique/2010/08/11/002-remaniement_officiel.shtml
Le 7 août 2013 Annonce de la fermeture de l'usine Rio Tinto Alcan de Shawinigan
Le contexte international et le vieillissement de l'aluminerie de Shawinigan sont évoqués par les dirigeants de Rio Tinto Alcan pour justifier la fermeture complète de celle-ci en décembre 2014. Environ 425 employés seront mis à pied, la grande majorité dès l'automne 2013.
L'usine de Shawinigan avait ouvert ses portes pour la première fois dans le contexte de la Deuxième Guerre mondiale. Elle est la propriété d'Alcan lorsque celle-ci passe aux mains de Rio Tinto et devient Rio Tinto Alcan en 2007. Ce passage aux mains du numéro 1 mondial de l'aluminium suscite certaines inquiétudes. Un conflit de travail à Alma et des baisses de production à Shawinigan marquent d'ailleurs les années suivantes, ouvrant la porte aux spéculations sur l'avenir de cette usine. Des rumeurs circulent avant que, le 7 août 2013, la nouvelle d'une éventuelle fermeture ne soit rendue publique. Les dirigeants de Rio Tinto Alcan la justifient en évoquant la baisse des coûts de production sur la scène mondiale et la vétusté des technologies utilisées à Shawinigan. Cette fermeture se fera en deux étapes. D'abord, l'essentiel des opérations cessera à l'automne 2013, provoquant le départ d'environ 365 travailleurs. Le centre de coulée permettra ensuite le maintien d'une soixantaine d'emplois jusqu'à la fermeture complète de l'usine, en décembre 2014. Cette échéance hâtive surprend quelque peu. La région de la Mauricie a déjà été éprouvée par l'annonce de l'arrêt des opérations à la centrale nucléaire Gentilly 2. De plus, d'autres alumineries québécoises se préoccupent de l'évolution du contexte mondial et de la stratégie que compte adopter Rio Tinto Alcan dans les années à venir. Pour sa part, le maire Michel Angers, précise que son administration travaille déjà activement sur un projet de reconversion du site.
Lors d'un congrès se déroulant à Toronto en présence d'environ 4 000 délégués, un nouveau syndicat, l'Union for Canada (Unifor), voit le jour. Réunissant les Travailleurs canadiens de l'automobile (TCA) et le Syndicat des communications, de l'énergie et du papier (SCDEP), il devient, avec ses 300 000 membres, le plus grand syndicat évoluant dans le secteur privé au Canada.
Le mouvement syndical est en recul au Canada où, entre 1997 et 2012, le taux de syndicalisation est passé de 33,7% à 31,5% des employés. Afin de lui redonner un élan, deux de ses piliers, les TCA et le SCEP, joignent leurs forces au sein d'Unifor. Ce syndicat veut, selon ses dires, développer « une approche moderne et inclusive pour mieux servir leurs membres et participer de manière plus efficace dans leurs milieux de travail et leurs communautés ». Un de ses objectifs consiste en effet à recruter des gens dans des conditions précaires ou des non syndiqués. Représentant 300 000 travailleurs dans une vingtaine de secteurs - manufacturier, pêcherie, industrie du bois, etc. - , Unifor est lancé le 31 août 2013, lors d'un congrès qui se tient à Toronto. Jerry Dias, un vétéran des TCA, en devient le premier président en obtenant 87% des voix. La section québécoise sera dirigée par Michel Ouimet de la Fédération des travailleurs et travailleuses du Québec (FTQ). Trois autres Québécois siègent également sur l'exécutif d'Unifor. Le 1er septembre, les représentants du nouveau syndicat marchent dans les rues pour commémorer la fête du travail. Ceux-ci souhaitent relancer le mouvement syndical et s'engager dans la lutte pour les programmes sociaux qu'ils jugent menacés par le gouvernement conservateur de Stephen Harper. À un autre niveau, ils militent également contre la venue au Canada de Verizon, un géant américain des télécommunications qui pourrait avoir un impact sur l'emploi dans ce secteur.
Le 20 août 2015 Annonce de la démission de la députée de Saint-Henri-Sainte-Anne à l'Assemblée nationale, Marguerite Blais
Après avoir représenté la circonscription de Saint-Henri-Sainte-Anne à l'Assemblée nationale depuis 2007, Marguerite Blais annonce son départ prochain de la vie politique. Quelques jours plus tard, elle est imitée par un de ses confrères, lui aussi du Parti libéral du Québec (PLQ), Gilles Ouimet du comté de Fabre.
Après sa première victoire électorale sous la bannière libérale, en 2007, Marguerite Blais est nommée ministre responsable des Aînés par le premier ministre Jean Charest. Elle conserve ce poste jusqu'à la défaite de son parti aux législatives de septembre 2012. Lorsque le PLQ reprend le pouvoir, en 2014, le premier ministre Philippe Couillard ne lui offre cependant aucune poste dans son cabinet. Le 20 août 2015, quelques mois après le décès de son conjoint, elle annonce sa démission prochaine et son retrait de la vie politique. Quelques jours plus tard, c'est au tour d'un ex-bâtonnier du Québec, le député de Fabre Gilles Ouimet, d'annoncer lui aussi qu'il quitte ses fonctions de député. Dans les deux cas, des raisons personnelles et familiales sont évoquées. Blais parle aussi de la quête de défi qui l'anime, une quête que son poste de député ne suffisait pas à satisfaire. Ouimet n'élabore pas sur le sujet, mais les analystes pensent que, comme pour sa consœur, son absence du cabinet a eu une influence sur sa décision. Le montant des allocations de départ versées aux députés démissionnaires suscite la grogne. Il en va de même du coût des élections partielles, estimé à environ un demi-million de dollars par scrutin. Des voix s'élèvent pour demander au gouvernement de resserrer les critères permettant de toucher ces primes. Le 26 août, l'Assemblée nationale est secouée par l'annonce d'une autre députée, Sylvie Roy de la Coalition avenir Québec (CAQ). Déplorant le peu de confiance de son chef, François Legault, cette politicienne, connue pour sa ténacité à revendiquer une commission d'enquête sur la corruption dans la construction, quitte la CAQ et siégera désormais comme indépendante. La nouvelle affecte le parti qui a perdu plusieurs têtes d'affiche depuis 2014 (Jacques Duchesneau, Christian Dubé, etc.). Elle met aussi en évidence la déception de plusieurs élus face au rôle limité auquel sont limités les simples députés, tant à l'Assemblée nationale qu'à la Chambre des communes.
Le 31 août 2018 Front commun pour la défense de la gestion de l’offre
Un texte original du Bilan Québec rédigé par un, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Alors que la campagne électorale québécoise bat son plein et que les négociations pour l’Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) approchent de leur échéance, les chefs politiques québécois réaffirment leur appui au système de la gestion de l’offre. Celui-ci touche directement les producteurs canadiens de lait, d’œufs et de volailles.
En vigueur depuis les années 1970, le système de la gestion de l’offre permet de stabiliser la situation des producteurs agricoles du Canada dans des domaines ciblés. Des quotas sont instaurés afin d’assurer une stabilité des prix. De plus, des restrictions douanières sont implantées dans le but de limiter la concurrence étrangère. Cette politique est dans la mire de certains partenaires commerciaux du Canada, dont les États-Unis, qui y voient une entrave à la circulation de leur production agricole. En 2016, le républicain Donald Trump se fait élire à la présidence des États-Unis en promettant de revoir l’ALENA, un accord encadrant les échanges de son pays avec le Canada et le Mexique. Des négociations sont entreprises avec le gouvernement libéral de Justin Trudeau. Les agriculteurs s’inquiètent de la possibilité que le système de gestion de l’offre serve de compromis dans ces discussions concernant une foule de produits. On estime à plus de 6000 le nombre de fermes québécoises qui seraient affectées par ces modifications, touchant plus de 200 000 emplois. À l’approche de l’échéance fixée par Trump pour en venir à une entente, les chefs des principaux partis politiques du Québec, qui sont en campagne électorale, expriment leur volonté de défendre la gestion de l’offre. Le 31 août, le premier ministre du Québec, le libéral Philippe Couillard, le péquiste Jean-François Lisée et Manon Massé de Québec solidaire sont à Longueuil, au siège social de l’Union des producteurs agricoles, pour réitérer ce soutien. Le chef de la Coalition Avenir Québec, François Legault, n’est pas présent, mais il communique lui aussi une position ferme en faveur du statu quo. En fin de compte, le nouvel Accord États-Unis-Mexique-Canada, conclu le 1er septembre, fera passer le plafond des produits laitiers importés de 3,25 % à 3,6 % du marché canadien.
Source : Le Soleil, 1er septembre 2018; Le Devoir, 30 août 2018, p. A1 et A4; La Presse, 29 août 2018; https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1127097/alena-washington-ottawa-accord-libre-echange-aeumc-canada-etats-unis
«...il est difficile de séparer la gestion de l’offre de la politique. Donald Trump s’est d’abord attaqué à la gestion canadienne de l’offre de l’industrie laitière au cours d’une visite au Wisconsin l’an dernier, où des agriculteurs locaux se seraient plaints de ne pas pouvoir vendre leurs produits au Canada. La question a depuis pris une vie propre, le président présentant à maintes reprises la gestion de l’offre comme un exemple de ce qu’il prétend être les pratiques commerciales injustes du Canada envers les États-Unis. Exactement pourquoi M. Trump s’est arrimé si solidement à cette question reste discutable: certains suggèrent qu’il l’utilise comme une excuse pour imposer des tarifs à l’acier canadien, tandis que d’autres disent que ses attaques résonnent avec les électeurs dans des parties clés des États-Unis. Les conservateurs de Stephen Harper ont envisagé en 2015 d’éliminer la gestion de l’offre des produits laitiers dans le cadre d’un accord PTP qui a stimulé l’appétit de l’industrie américaine, a déclaré Christopher Sands, le directeur du Centre d’études canadiennes de l’Université Johns Hopkins. Mais les libéraux ont suivi les traces de la plupart des autres gouvernements fédéraux et refusé de bouger...»
Julien Arsenault (avec la collaboration de Lee Berthiaume et Martin Leblanc), « Front commun pour défendre la gestion de l’offre », Le Soleil, 1er septembre 2018.
«...La classe politique québécoise fait bloc derrière les producteurs de lait, d’oeufs et de volailles alors qu’un blitz de négociations entre le Canada et les États-Unis en vue d’un nouvel Accord de libre-échange nord-américain (ALENA) s’est amorcé à Washington. Philippe Couillard a même évoqué mercredi des " conséquences politiques sérieuses " à toute concession du Canada aux États-Unis sur la gestion de l’offre même si celle-ci permettait de boucler une nouvelle entente de libre-échange. " La population du Québec, en majorité, est opposée à une concession sur la gestion de l’offre. S’il y en a qui pensent qu’ils peuvent passer à travers le Québec, j’insiste juste pour dire que, oui, ils tiennent le crayon, mais il y aura des conséquences politiques sérieuses à poser un geste semblable ", a déclaré le premier ministre sortant en marge d’une annonce électorale, à Rivière-du-Loup, mardi. Lesquelles ? " Just watch me ! " a-t-il ajouté, usant, pour cette frappe préventive, de la formule-choc lancée par l’ex-premier ministre canadien Pierre Elliott Trudeau en pleine crise d’Octobre. La dernière ligne droite des négociations Canada-États-Unis constitue un test pour le chef du PLQ. »
Marco Bélair-Cirino, « ALENA : tous pour la gestion de l’offre », Le Devoir, 30 août 2018, p. A1 et A4.
Le 23 août 2018 Annonce du départ de Maxime Bernier du Parti conservateur
Un texte original du Bilan Québec rédigé par William Thériault, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Le 23 août 2018, le député, ex-ministre et candidat à la chefferie conservatrice Maxime Bernier claque la porte au Parti conservateur du Canada (PCC). En querelle ouverte avec le chef Andrew Scheer, Bernier affirme que le PCC « a abandonné ses principes de base » et qu’il fondra lui-même un « véritable parti conservateur ». Ses collègues y voient une manifestation d’égocentrisme mal placée.
Le 27 mai 2017, Maxime Bernier (49,05 %) a perdu de justesse la course à la chefferie du PCC, au 13e tour contre Andrew Scheer (50,95 %). Le 19 juin 2018, Bernier a été exclu du cabinet fantôme de Scheer, après avoir allégué dans un livre à paraître que celui-ci avait recruté des « faux conservateurs » pour gagner la course. Le 23 août 2018, Bernier annonce donc son retrait du parti à Ottawa, en même temps que la tenue du congrès du PCC à Halifax. Le député de Beauce, en poste depuis 2006, accuse Scheer d’avoir « abandonné les conservateurs » et de ne pas avoir de vision. « Toute la stratégie du parti repose sur la politique identitaire, le racolage de divers groupes d’intérêts et l’achat de votes avec des promesses exactement comme le font les libéraux », accuse celui qui a aussi été ministre de l’Industrie, des Affaires étrangères et ministre d’État aux Petites entreprises, Tourisme et Agriculture sous le gouvernement de Stephen Harper, entre 2006 et 2015. Bernier se dit en désaccord avec les positions du PCC sur la gestion de l’offre, la renégociation de l’Accord de libre-échange nord-américain, l’immigration et la péréquation. En contrepartie, Scheer considère que « depuis qu’il a perdu la course à la chefferie, Maxime ne cesse de démontrer qu’il cherche plus à faire valoir son image personnelle qu’à défendre les principes conservateurs ». « Aujourd’hui, Maxime a fait un choix. Il a décidé d’aider Justin Trudeau », ajoute-t-il devant les journalistes. Le 14 septembre 2018, Maxime Bernier lancera le Parti populaire du Canada (PPC), se positionnant contre le « multiculturalisme à l’extrême » et le « culte de la diversité à tout prix ». Le PPC récoltera 1,6 % du vote populaire en 2019 et près de 5 % en 2021, sans élire un seul député.
Source : Radio-Canada, 27 mai 2017, url https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1036226/chef-parti-conservateur-canada, Radio-Canada, 12 juin 2018, url https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1106692/maxime-bernier-retrait-cabinet-fantome-parti-conservateur-andrew-scheer, La Presse, 23 août 2018, url https://www.lapresse.ca/actualites/politique/politique-canadienne/201808/23/01-5193996-maxime-bernier-quitte-les-conservateurs-pour-former-son-propre-parti.php, Radio-Canada, 23 août 2018, url https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1119598/politique-parti-conservateur-congres-halifax-maxime-bernier-andrew-scheer, Le Journal de Montréal, 23 août 2018, url https://www.journaldemontreal.com/2018/08/23/parti-conservateur-les-heures-de-bernier-seraient-comptees, Le Devoir, 15 septembre 2018, url https://www.ledevoir.com/politique/canada/536810/maxime-bernier-lance-son-parti-populaire-du-canada.
«...« Je ne crois pas que c’est sérieux. Je crois que c’est une blague », a lancé Jason Kenney, chef du Parti conservateur albertain et collègue de longue date de Maxime Bernier, lors du congrès conservateur à Halifax. Parmi l’ancienne famille politique de celui qui se surnomme lui-même « Mad Max », nombreux sont ceux qui l’ont accusé de ne penser qu’à son ego et ont minimisé ses chances de réussite. « Maxime pense peut-être qu’il est une vedette, mais il est moins populaire que les belles chaussettes de Justin Trudeau », a ironisé le stratège conservateur Tim Powers. À Ottawa, Maxime Bernier a tourné le dos au Parti conservateur en adressant des critiques vitrioliques à celui qui l’a battu lors de la course à la chefferie en 2017. « Ce que nous obtiendrons si Andrew Scheer devient premier ministre ne sera qu’une version plus modérée du désastreux gouvernement Trudeau », a lancé l’ex-député conservateur en point de presse. Selon l’élu de Beauce, le Parti conservateur est « trop corrompu, intellectuellement et moralement, pour être réformé ». M. Bernier est en porte-à-faux avec son ancienne formation depuis plusieurs mois en raison de ses critiques contre la gestion de l’offre, dont il réclame l’abolition, et de ses récents tweets contre le « multiculturalisme extrême ». »
Guillaume St-Pierre et Maxime Huard, « Bernier ridiculisé par des conservateurs », Le Journal de Montréal, 23 août 2018.
«...Le ton avait été donné lors de sa démission du Parti conservateur ; Maxime Bernier a renchéri en présentant officiellement sa nouvelle formation, le Parti populaire du Canada. Le temps de la rectitude politique est terminé, a-t-il clamé. L’élu beauceron veut débattre d’immigration et défendre ses convictions libertariennes sans se soucier des bien-pensants qui jugent ces sujets tabous. « Pendant trop longtemps, la politique canadienne a été prise en otage par des groupes de pression, des cartels, des lobbies, des organisations internationales, par les intérêts d’entreprises ou de syndicats, et les intérêts de politiciens et bureaucrates d’Ottawa déconnectés des citoyens ordinaires », a martelé l’ancien député conservateur en dévoilant le nom et le logo de sa nouvelle formation (The People’s Party en anglais). Les « anciens partis » s’adonnent à du « racolage pour cibler divers groupes », a-t-il dénoncé, et ce faisant divisent les Canadiens « en petites tribus ». »
Marie Vastel, « Un Parti populaire pour les gens ordinaires », Le Devoir, 15 septembre 2018.
Le 20 août 2016 Remaniement ministériel du gouvernement libéral de Philippe Couillard
Un texte original du Bilan Québec rédigé par Naomie Do, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Au lendemain de la démission du ministre des Transports, de la Mobilité durable et de l’Électrification des transports, Jacques Daoust, le premier ministre Philippe Couillard annonce son cinquième remaniement ministériel depuis le début de l’année. C’est le député Laurent Lessard qui remplacera Daoust.
Les deux hommes conviennent que la situation était intenable pour Daoust, le travail de son ministère étant au ralenti à la suite de la controverse dans le dossier Rona. Le 20 août 2016, Couillard nomme le député de Frontenac, Laurent Lessard, à titre de nouveau ministre des Transports. Alors que Lessard était responsable du ministère des Forêts, de la Faune et des Parcs, c’est Luc Blanchette, l’ex-ministre délégué aux Mines, qui reprend son ministère. Malgré le départ de Daoust, l’opposition continue de mettre de la pression pour que lui et son ancien chef de cabinet, Pierre Ouellet, témoignent devant une commission parlementaire, même si la demande est refusée depuis juin dernier. La porte-parole de Québec solidaire, Manon Massé reproche d’ailleurs à Couillard de ne pas avoir profité de son discours lors du remaniement pour répondre aux questions. Selon elle : « Si M. Couillard voulait vraiment la vérité [...], il aurait appelé Pierre Ouellet dans les dernières 24 heures et lui aurait demandé qui a donné le OK à la vente [pour ensuite partager l’information avec la population] ». Sylvain Gaudreault, le chef intérimaire du Parti Québécois, et François Bonnardel, le leader parlementaire de la Coalition Avenir Québec, démontrent également leur mécontentement face à cette situation.
Source : Le Soleil, 20 août 2016, p. 5, 21 août 2016, p. 8; https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/798557/philippe-couillard-remaniement-conseil-ministres-jacques-daoust; https://www.ledevoir.com/politique/quebec/478195/remaniement-ministeriel-laurent-lessard-devient-ministre-des-transports; https://lactualite.com/actualites/alerte-remaniement-ministeriel-laurent-lessard-devient-ministre-des-transports/; https://ici.radio-canada.ca/info/videos/1-7582175/remaniement-a-quebec?isAutoPlay=1
«…La démission de Jacques Daoust — « l’agneau sacrifié » — est loin de mettre le couvercle sur la marmite de la vente de RONA pour les partis d’opposition. Il est impossible aux yeux des péquistes, des caquistes et des solidaires que le chef de cabinet de M. Daoust ait pris sur lui d’avaliser la liquidation du bloc d’actions d’Investissement Québec. […] Quiconque est minimalement sensibilisé à la politique active rejette la théorie d’une décision unilatérale du chef de cabinet de M. Daoust, affirme le caquiste François Bonnardel. Surtout que le quincaillier RONA avait été visé par une offre d’achat hostile deux ans auparavant, note-t-il. »
Le 19 août 2016 Démission du ministre Jacques Daoust
Un texte original du Bilan Québec rédigé par Naomie Do, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
L’ex-grand patron d’Investissement Québec et actuel ministre des Transports, de la Mobilité durable et de l’Électrification des Transports, Jacques Daoust, se retrouve dans l’eau chaude à la suite du dossier Rona. Le 19 août 2016, il annonce sa démission, peu de temps après que le premier ministre Philippe Couillard eut refusé de lui renouveler sa confiance.
Le dossier Rona fait référence à une controverse suivant la vente de cette entreprise québécoise en février 2016. Lors de celle-ci, Daoust, ministre de l’Économie jusqu’en janvier 2016, assure n’avoir jamais été au courant de l’intention des administrateurs de vendre les 11 millions d’actions d’Investissement Québec (IQ) dans Rona. Cependant, le ministre remettait sa démission 24 heures après la révélation d’un échange de courriels dans lesquels on voyait son ancien directeur de cabinet, Pierre Ouellet, donner l’autorisation de la vente des actions d’IQ de Rona à la multinationale Lowe’s. Dans sa déclaration, Daoust tient à réitérer son innocence dans cette histoire: « j’ai toujours dit la vérité, et mes déclarations dans le dossier de la vente des actions de Rona ont été rigoureusement exactes. [...] Je n’avais pas été informé des intentions des administrateurs de la vente [...], je n’ai pas donné d’autorisation à celle-ci et je n’avais pas à le faire en raison des règles en vigueur chez Investissement Québec. » Cependant, en juin 2016, la vérificatrice générale du Québec rend un rapport public dans lequel on croit comprendre qu’IQ ait senti le besoin de consulter le ministre Daoust avant de vendre ce qu’il restait des actions du quincaillier. Même si le premier ministre Couillard a refusé de renouveler sa confiance en son ministre, soulevant que des questions très sérieuses devront trouver réponse, les députés de l’opposition croient tout de même que le premier ministre était déjà au courant depuis longtemps. Jacques Daoust remettra sa démission comme député le 19 août.
«…Le ministre démissionnaire avait au moins un grand défaut. Et ses réponses, dans les deux dernières crises auxquelles il s’est heurté — celle de l’opacité du ministère des Transports et celle des actions de Rona —, l’ont démontré clairement. Il cultivait une conception très faible de la responsabilité ministérielle. Encore vendredi matin, il martelait au micro de Paul Arcand qu’il ne démissionnerait pas. Son ministère a potentiellement pris des décisions controversées ? « Le ministère, c’est l’administratif, c’est pas moi. » Réponse inacceptable, évidemment. Comme sa réaction dans l’affaire Annie Trudel, du nom de cette analyse, embauchée par Robert Poëti, qui s’était plainte, dans une lettre, d’avoir fait face à des résistances troublantes, voire illicites. La lettre ? « Pas vue », avait soutenu M. Daoust. La faute ? Au chef de cabinet. Et aussi à la sous-ministre. M. Couillard avait alors choisi de croire à cette version et avait feint d’ignorer le principe de responsabilité ministérielle. C’est M. Ouellet et Mme Dominique Savoie qui furent sacrifiés. »
Le 2 août 1937 Déclenchement d'une grève à la Dominion Textile
Cette grève a été déclenchée le 2 août 1937 par les employés de la compagnie Dominion Textile. Elle touche les usines de Montréal, Valleyfield, Sherbrooke, Magog, Drummondville et Saint-Grégoire-de-Montmorency. La grève a pris fin le 27 août 1937.
Source : Jacques Rouillard, Histoire du syndicalisme québécois: des origines à nos jours, Montréal, Boréal, 1989, p.193 à 195.
En brisant une porte de l'écluse du canal Lachine, le vapeur Dundum est à l'origine d'un débordement qui va causer des inondations à Ville Saint-Paul, Saint-Henri et au quartier Sainte-Cunégonde.
Le lendemain, des réparations seront apportées aux portes endommagées par le choc. La situation se normalisera rapidement aux abords du canal.
Le 24 août 1908 Visite à Montréal d'un leader ouvrier britannique
Venu participer au congrès du Congrès des métiers et du travail de Montréal (CMTC), le leader ouvrier britannique Keir Hardie prononce un discours au Monument National à Montréal.
Dès son arrivée, Hardie explique les motifs de sa visite au Canada: « Je suis venu ici pour différentes raisons. D'abord, j'avais un peu besoin de petites vacances après avoir beaucoup travaillé. C'est pour cela que ma femme et ma fille sont avec moi. Ma visite a cependant un autre but plus pratique. Je suis délégué officiellement par les unions ouvrières de Grande-Bretagne au prochain congrès du travail qui se tiendra à Halifax le 21 septembre prochain, congrès où doivent se faire représenter toutes les unions ouvrières du Canada (...) Mon voyage jusqu'à maintenant n'a aucune signification politique. Mon désir est avant tout d'expliquer aux Canadiens, aux ouvriers canadiens d'abord, quels travaux ont été accomplis par le parti ouvrier dans la Grande-Bretagne. J'espère que notre exemple stimulera les chefs ouvriers d'ici. Chacun y mettra du sien, le mouvement social va de l'avant et vous pourrez marcher sur nos traces, accomplir à votre tour ce que nous avons fait. »
Le 24 août 1916 Manifestation anticonscriptionniste sur la Place d'Armes, à Montréal
L'étirement de la guerre et la crainte de la conscription sont à l'origine d'une échauffourée sur la Place d'Armes, à Montréal.
Les esprits s'échauffent, transformant une assemblée de recrutement en manifestation anticonscriptionniste. Les soldats recruteurs se retirent alors que l'échauffourée vient près de dégénérer en émeute. La séance de recrutement sera suspendue pour éviter le pire. Une enquête aura lieu sur les incidents de la Place d'Armes. Dans le journal « Le Devoir », Omer Héroux écrira à ce sujet: « (...) les querelles ont été le résultat surtout de paroles injurieuses jetées à des civils par des soldats trop excités. »
Le 9 août 1917 Explosion d'une bombe à Cartierville
Un engin explosif saute près de la résidence d'été de Hugh Graham, à Cartierville. Graham est le propriétaire du journal le « Montreal Star ».
L'explosion, qui survient à 3 heures 30 du matin, fait beaucoup de dégâts mais ne cause aucune blessure. Il y avait neuf personnes dans la maison à ce moment. L'incident, dont sera tenu responsable Élie Lalumière, fondateur de la Ligue des constitutionnels, est relié aux positions du journal de Graham qui s'affiche en faveur de la conscription. Le patriotisme de Graham lui a valu le titre de baron Atholstan de Huntingdon.
Source : La Presse, 9 août 1917, p.1 et 10 août 1917, p.1 et 13. L'Encyclopédie du Canada: édition 2000, Montréal, Stanké, 1999, p. 1088.
Le 22 août 1920 Destruction du pont Victoria par un incendie
Un incendie ravage le pont Victoria, à Montréal, obligeant ses usagers à avoir recours au transport maritime pour traverser le fleuve Saint-Laurent.
L'incendie a lieu dans la nuit du samedi au dimanche. L'alarme est déclenchée vers 2h30 du matin et le feu ne sera maîtrisé que vers 14 heures. La voie sur laquelle les automobiles circulent est complètement inaccessible. Par conséquent, pendant une semaine, le « Longueuil » effectuera des navettes régulières pour satisfaire la clientèle. L'incendie du pont relancera néanmoins la question de la construction d'une seconde structure pour relier Montréal à la Rive-Sud. La population et les politiciens presseront le gouvernement d'intervenir en ce sens.
Le 1er août 1930 Arrivée d'un dirigeable géant dans le ciel de Saint-Hubert
Journée ensoleillée à Saint-Hubert, le 5 août, alors que les visiteurs affluent pour voir le R-100. Le R-100, dirigeable géant de la Grande-Bretagne, effectue la traversée de l'Atlantique et arrive au mât d'ancrage construit par le gouvernement canadien, à Saint-Hubert, près de Montréal.
Près de 40 000 personnes sont rassemblées à l'aéroport de Saint-Hubert afin d'assister à l'arrivée du R-100. Plus de 600 militaires assurent la sécurité sur le site. Un mat de 60 mètres de hauteur est installé afin de permettre au dirigeable d'accoster. Depuis son départ d'Angleterre, le R-100 a parcouru 3 845 milles en un peu moins de 79 heures. Il restera à Montréal pendant deux semaines, attirant plus de 500 000 curieux dont 3 000 qui ont le privilège de visiter l'intérieur du R-100. Après une escale à Montréal, le R-100 se dirigera vers Toronto où l'accueil sera tout aussi enthousiaste. Lors de cette tournée, le concepteur du R-100 prédit qu'il y aura bientôt un dirigeable qui fera la navette une fois par semaine entre Montréal et l'Angleterre. De nombreux problèmes avec ces dirigeables à hydrogène forceront toutefois les compagnies à abandonner leur construction.
Le 6 août 1931 Déclenchement d'une grève à la Montreal Light, Heat and Power
Déclenché par l'Union canadienne des électriciens des lignes et leurs aides, cet arrêt de travail ne concerne par les salaires mais le désir du syndicat d'être reconnu par la compagnie.
Cette grève affecte 175 hommes, mais la compagnie compte tout de même maintenir ses services puisqu'elle conserve suffisamment de travailleurs qui refusent de faire la grève. La compagnie veut traiter directement avec ses employés et déclare ne pas tolérer la présence d'une organisation extérieure. Elle affirme également qu'elle paie les meilleurs salaires dans la province pour les diverses classes d'ouvriers affectées, soit de 52 à 77 cents de l'heure, plus les extras.
Le 17 août 1936 Collision meurtrière entre un train et un camion près de Louiseville
Un convoi de fret du Canadien Pacifique frappe un camion ayant à son bord une trentaine de personnes revenant d'une assemblée politique. Le bilan de cette collision survenue à une traverse, près de Louiseville, est désastreux : 22 morts et sept blessés.
Plusieurs indices font porter la responsabilité de l'accident sur Edmond Houle, le conducteur du camion. À partir des récits de nombreux témoins, le journaliste de « La Presse » fait la description suivante du choc: « Le camion fut touché à 2 pieds des roues gauches arrière (...) Comme un bolide, le camion fut soulevé jusqu'à la hauteur de la locomotive. Accomplissant un tour complet sur lui-même, virevoltant, il alla s'écraser, de l'autre côté de la voie, jusqu'au fond du remblai. » Un incendie éclate par la suite, ne laissant que quelques survivants. Un d'entre eux, Albert Lacombe, décrit la scène sans complaisance: « De tous côtés on voyait des cadavres déchiquetés. Des sauveteurs ramassaient ici et là des membres épars, tandis que d'autres s'empressaient auprès des blessés [...] »
Source : La Presse, 15 août 1936, p.1 et 39; 17 août 1936, p.1 et 12; 18 août 1936, p.13 et 19.
Le 2 août 1937 Déclenchement d'une grève à la Dominion Textile
Cet arrêt de travail paralyse les filatures de la Dominion Textile à Montréal, Valleyfield, Sherbrooke, Magog, Drummondville et Saint-Grégoire-de-Montmorency. Les travailleurs, qui sont affiliés à la Confédération des travailleurs catholiques du Canada (CTCC), réclament une baisse des heures de travail, de meilleurs salaires et la reconnaissance de leur union. Les interventions du premier ministre Maurice Duplessis et la médiation du cardinal de Québec, Mgr Rodrigue Villeneuve, marqueront ce conflit qui se terminera le 27 août.
En 1937, les effets de la crise économique se font encore sentir : le chômage demeure élevé et l'économie tarde à se redresser. C'est dans ce contexte difficile qu'une grève éclate en août dans six filatures de la Dominion Textile. Cette entreprise, qui est alors le plus gros employeur manufacturier du Québec (50 000 ouvriers), contrôle les deux tiers de l'industrie du coton au Canada. Ses employés, en majorité des femmes, travaillent de 55 à 60 heures par semaine pour un salaire hebdomadaire d'environ 15 $. Cette situation, et la montée de l'organisation syndicale, plus particulièrement la CTCC, dans les usines, crée un contexte favorable à une négociation des conditions de travail. D'autant plus que la Commission royale d'enquête sur l'industrie textile (1937) vient de mettre en lumière l'exploitation dont sont victimes les ouvrières du textile. La CTCC se croit ainsi en bonne posture pour presser la Dominion Textile de signer un contrat avec elle en tant que représentante des ouvriers. Après la tenue d'un vote de grève, que les travailleurs appuient à 95 %, un arrêt de travail est déclenché le 2 août. Les principales revendications sont une augmentation salariale, la diminution des heures de travail (de 60 heures à 50 heures) et la reconnaissance du syndicat. Après deux semaines de grève, l'entreprise tente de rouvrir trois de ses filatures, ce qui provoque de la violence sur les lignes de piquetage. La conflit semble s'enliser dangereusement lorsque le cardinal de Québec, Mgr Rodrigue Villeneuve, lance un appel pour que la compagnie et les grévistes acceptent la médiation du premier ministre Maurice Duplessis, même si ce dernier a déjà manifesté ouvertement sa réprobation à l'endroit de la stratégie adoptée par les leaders syndicaux. La situation commence à devenir précaire pour les ouvriers qui sont sans revenus depuis 25 jours. La Dominion Textile s'empresse d'accepter l'offre de médiation. La situation critique des grévistes se répercute à la table des négociations car la compagnie fait peu de concessions. La semaine est abaissée à 50 heures, le salaire est majoré de 5 % et les machines seront arrêtées lors des repas. Mais le syndicat ne sera pas officiellement reconnu par l'employeur. L'année suivante, la Dominion Textile refusera de renouveler la convention collective signée en 1937.
Source : Jacques Rouillard, Histoire du syndicalisme québécois: des origines à nos jours, Montréal, Boréal, 1989, p.193 à 195.
Le 3 août 1942 Incendie au stade Ontario à Montréal
Un incendie éclate dans le stade Ontario, coin Ontario et De Lorimier, à Montréal, alors qu'environ 1 000 personnes assistent à un programme d'amateurs.
La panique gagne rapidement les spectateurs qui, en se ruant vers le sorties, causent trois morts et une vingtaine de blessés. Les dommages matériels seront pour leur part négligeables.
Le 13 août 1946 Émeute à la Dominion Textile à Valleyfield
À l'été 1946, une grève éclate dans cinq filatures de la Dominion Textile, à Montréal et Valleyfield, dont les ouvriers sont affiliés aux Ouvriers unis du textile d'Amérique (OUTA). Le conflit se règle le 26 juillet à Montréal mais se poursuit à Valleyfield où, le 13 août, une confrontation entre grévistes et policiers tourne à l'émeute.
L'affrontement oppose les grévistes et les policiers qui surveillent l'entrée et la sortie des briseurs de grève. Plusieurs meneurs syndicaux, dont Madeleine Parent, Kent Rowley et Trefflé Leduc, sont arrêtés. Environ 1 000 personnes bloquaient l'entrée de la Montreal Cottons Limited. Le syndicat exige une augmentation du salaire, une diminution de la semaine de travail et la signature d'un contrat de travail. Selon M.G.B. Gordon, président de la compagnie: « Par l'usage de la force et de la violence, et à peu près sans rencontrer d'opposition de la part des autorités municipales, ce groupe sans scrupule qui avait pour chefs des communistes de Montréal a réussi à exclure de la filature pour dix semaines, plus de deux milles employés. » Le conflit se soldera le 5 septembre, à Valleyfield, par des gains pour les travailleurs mais Kent Rowley devra tout de même purger une peine d'emprisonnement de six mois pour « conspiration séditieuse ».
Le 22 août 1948 Incendie à la gare Bonaventure de Montréal
Un violent incendie ravage des hangars et 130 wagons stationnés dans la cour de triage de la gare Bonaventure, à Montréal.
Près de 250 pompiers combattent les flammes qui s'élèvent haut dans le ciel et attirent des milliers de curieux. L'incendie ne fait pas de morts mais cause pour plus d'un million de dollars de dégâts.
Photo PASCAL GIRARD/AGENCE QMIAu début du mois d’août, un tireur en série a semé la peur dans la région métropolitaine en abattant gratuitement trois hommes choisis au hasard en l’espace de seulement 24 heures.
Dans la soirée du 2 août, Abdulla Shaikh, 26 ans se rend en voiture dans l’arrondissement de Saint-Laurent, à Montréal, où il abat froidement André Fernand Lemieux, père du boxeur David Lemieux, dans un abribus. L’homme de 64 ans meurt sur le coup.
Trois kilomètres plus loin et à peine une heure plus tard, un autre homme est tué par balle. Mohamed Salah Belhaj, 48 ans est atteint par balle à la tête alors qu’il se rend au travail.
Après ce deuxième meurtre, tous les policiers de Montréal sont sur les dents: ils comprennent que les deux meurtres sont l’œuvre d’un seul et même homme qui tue au hasard.
Leurs craintes sont fondées, puisque dès le lendemain soir, le suspect abat gratuitement d’une balle dans la tête le jeune Alex Lévis-Crevier, 22 ans, qui se promène en planche à roulettes dans une rue de Laval.
L’auteur des trois meurtres est finalement localisé quelques heures plus tard, dans un motel de Montréal. Au petit matin, des policiers lourdement armés pénètrent de force dans la chambre d’Abdulla Shaikh. Ce dernier ouvre le feu, mais est rapidement abattu par les forces de l’ordre.
On ne connaîtra jamais avec précision les motivations qui l’ont mené à commettre tous ces meurtres.
Le 12 août 2022 Le nord-est prend des allures de Far-West
En 2022, particulièrement durant la période estivale, les fusillades étaient devenues monnaie courante dans le nord-est de la métropole. Un conflit entre membres de gang de rues, exacerbé sur les réseaux sociaux, a littéralement dégénéré dans les rues de la métropole.
À un certain point, des gens innocents ont été pris pour cibles. Dans la seule journée du 12 août, trois fusillades ont éclaté dans le nord-est de la métropole et plus de 80 coups de feu ont été tirés. Les personnes visées par ces attaques n’étaient aucunement liées au monde criminel.
Réagissant à cette vague de fusillades qui insécurisait une population entière, le SPVM a créé en septembre le projet ARRET, qui vise à lutter contre la violence armée dans les rues de la métropole.
PHOTO AGENCE QMI, THIERRY LAFORCEDeux meurtres retentissants commis en public en l’espace de seulement 30 minutes ont secoué la métropole au cours de l’été.
Le premier crime a été commis en début d’après-midi, dans le terrain de stationnement bondé du Centre Rockland. Maxime Lenoir, un importateur de cocaïne de 44 ans qui brassait des affaires avec le redoutable cartel mexicain de Sinaloa, a été tué par balles devant plusieurs témoins.
À peine 30 minutes plus tard, Diego Fiorita, 50 ans était attablé dans une pizzéria de la rue Saint-Denis lorsqu’il a été assassiné de plusieurs projectiles d’arme à feu. Les deux meurtres ne seraient aucunement reliés entre eux. À ce jour, seuls les présumés assassins de Maxime Lenoir ont été arrêtés.
Le 22 août 1950 Déclenchement d'une grève nationale des chemins de fer au Canada
Cette grève nationale amène le gouvernement fédéral à convoquer une session d'urgence et à voter une loi spéciale, le 30 août. Cette mesure mettra un terme au conflit.
Une fois le projet de loi voté, les employés devront se remettre au travail dans les 48 heures qui suivent. De plus, en attendant le règlement complet du différend, les employés se voient accorder une augmentation de salaire provisoire de quatre cents l'heure. Cependant, si un règlement n'est pas survenu 15 jours après la sanction de la loi, le gouvernement se réserve le droit de choisir un arbitre. Le gouvernement donne de plus l'assurance qu'aucun employé ne perdra son emploi parce qu'il a participé à la grève. Durant le conflit, le premier ministre Louis Saint-Laurent avait déclaré à ce sujet que « les faits démontrent que nos employés de chemin de fer sont et ont toujours été des Canadiens imbus de leurs responsabilités et de leurs devoirs envers la société ». À la surprise de tous, les employés reprennent d'ailleurs le travail la journée même, à la seule exception de la Colombie-Britannique.
Le 14 août 1951 Déclenchement d'une grève à l'Imperial Tobacco
Plus de 3 000 travailleurs de l'Imperial Tobacco, membres du Syndicat international du tabac, entrent en grève. Cet arrêt de travail, qui paralyse quelques usines, dont celle de Saint-Henri, se terminera le 24 septembre.
Les 3 000 employés des succursales de l'Imperial Tobacco de Montréal et de Granby retournent au travail le 24 septembre après avoir négocié un accord avec le ministre du Travail, Antonio Barrette. L'accord comprend une augmentation de sept cents, un nouveau contrat de travail pour deux ans, la semaine de travail de 40 heures, aucune discrimination syndicale et la formation d'un comité de conciliation pour la durée de la convention sous l'autorité du ministre provincial du Travail.
Le 21 août 1953 Déclenchement d'une grève dans les mines d'or de Noranda
Quelques 1 600 mineurs de la compagnie Noranda, affiliés aux United Workers of America (UWA), cessent le travail pour revendiquer de meilleurs salaires et la reconnaissance de leur syndicat.
Les employés de la Noranda se joignent à la grève qui touche trois mines de la région de Timmins, en Ontario. Les mineurs réclament une augmentation du salaire de base de 22 cents l'heure et une diminution de la semaine de travail à 44 heures. Le litige porte également sur la question de la sécurité syndicale puisque la compagnie refuse d'accorder une cotisation volontaire que le syndicat réclame depuis deux ans. La grève se terminera le 3 février 1954 avec l'acceptation des offres patronales.
Un DC-4 de la Maritime Central Airways s'écrase dans une clairière à Issoudun, une vingtaine de kilomètres au sud-ouest de Québec.
Cet écrasement emporte dans la mort les six membres de l'équipage et 73 passagers. Il s'agit à ce moment de la pire tragédie aérienne de l'histoire au Canada. Malgré la tenue d'une enquête ordonnée par le ministre fédéral des Transports, les causes de cette catastrophes ne seront jamais déterminées avec précision.
Le 29 août 1964 Arrestation du chef de l'Armée révolutionnaire du Québec
L'arrestation de François Schirm, le chef du mouvement terroriste connu sous le nom d'Armée révolutionnaire du Québec (ALQ), a lieu lors du vol raté d'une armurerie.
Cette tentative de vol, qui se déroule à l'International Firearms, rue Bleury, à Montréal, se solde par la mort du gérant du magasin, Leslie MacWilliams. Condamné à perpétuité en 1968, Schirm sera libéré sous condition en 1978.
Source : Marc Laurendeau, Les Québécois violents : un ouvrage sur les causes et la rentabilité de la violence d'inspiration politique au Québec, Montréal, Boréal Express, 1974, 240 pages.
Le 22 août 1966 Rencontre à Montréal de seize syndicats pour dénouer la crise du rail
Cette grève non autorisée par le syndicat n'affecte pas le transport.
Quatre points litigieux opposent les employés et les compagnies de chemins de fer. 1) Le premier implique les 51 000 employés itinérants (télégraphistes, signaleurs, commis et employés de gares) affiliés dans onze syndicats internationaux qui demandent une hausse de salaire de 53 cents. 2) Le deuxième implique 22 500 employés non itinérants (plombiers, machinistes, électriciens, forgerons et chaudronniers) affiliés à sept syndicats. Ces derniers réclament une hausse de 57 cents et des avantages qui porteraient l'augmentation à 72 cents. 3) Le troisième différend est lié aux 20 500 employés des chemins de fer nationaux qui réclament une hausse de salaire de 90 cents. 4) Le quatrième item litigieux est une demande d'augmentation de salaire de 90 cents aux employés des deux chemins de fer.
Le 27 août 1966 Arrestation de dix membres du Front de libération du Québec
Un vol dans un cinéma de Montréal mène à l'arrestation de dix membres du Front de libération du Québec (FLQ).
Parmi les gens arrêtés, on retrouve Pierre Vallières et Charles Gagnon qui seront accusés d'être responsables de la mort de Thérèse Morin et Jean Corbo lors d'explosions survenues plus tôt en 1966.
Le 29 août 1967 Manifestation en faveur d'un meilleur système d'aide sociale
Plus de 500 assistés sociaux, prêtres, animateurs sociaux, et gens de toutes religions et races, se rassemblent devant le bureau chef du bien-être social de Montréal, rue du Champ-de-Mars. Ils demandent une meilleure administration du système d'aide sociale et une reconnaissance des assistés sociaux en tant que citoyens à part entière.
Le groupe, qui exige une réponse immédiate à toute demande d'enquête, a d'autres revendications comme une large diffusion des textes de lois et des mécanismes de l'assistance publique. Il réclame également la présence d'enquêteurs et de fonctionnaires formés à une politique commune et en mesure de répondre adéquatement aux questions, ainsi qu'une justification de toute coupure et toute suspension. Enfin, les manifestants demandent que le service du bien-être social de Montréal fasse pression auprès du gouvernement québécois afin que ce dernier augmente immédiatement le montant des prestations de façon à ce qu'elles soient ajustées à la hausse croissante du coût de la vie. Sept mouvements de citoyens non-identifiés sont à l'origine de la manifestation. « Le Devoir » écrit dans son compte rendu des activités que, pour la première fois, « les locataires de la rue Champ-de-Mars, accrochés à leurs balcons ou aux fenêtres, ont vu le spectacle, sans précédent à Montréal, d'assistés sociaux non plus patientant devant le bien-être social, mais réclamant avec force, slogans et pancartes, que soient changées les méthodes de l'administration à leur égard et que soient haussées les prestations notamment pour les médicaments. »
La violence éclate à Cabano, une ville située à une cinquantaine de kilomètres de Rivière-du-loup. La population veut ainsi protester contre le chômage élevé de la région et les engagements non-respectés par la Auteuil Lumber.
Source : Fernand Harvey et Peter Southam, Chronologie du Québec (1940-1971), Québec, Institut supérieur des sciences humaines, no 4, janvier 1972, p.99.
Le 28 août 1971 Manifestation nationale d'envergure par les gais et lesbiennes
Une douzaine de groupes homosexuels, dont le Front de libération homosexuel (FLH) de Montréal, se rassemblent sur la Colline parlementaire, à Ottawa, et déposent un mémoire intitulé « We demand ».
Lors de cette première manifestation nationale, quelques centaines de personnes qui n'appartiennent pas au mouvement viennent spontanément appuyer les contestataires. Un peu partout au pays, des marches de solidarité s'organisent, notamment à Toronto, avec le Toronto Gay Action, et à Vancouver, avec le Gay Alliance Toward Equality. Les marcheurs demandent à ce que des amendements soient apportés au Code criminel afin qu'aucune forme de discrimination n'y subsiste à l'endroit des gais et lesbiennes.
Source : Archives deslesbiennes etdesgais du Canada : Chronologie 1964-1982. www.web.net/archives/what/papers/docs/flitchro/6471.htm (12 juin 2001)
Le 14 août 1972 Mouvement de grève généralisé au Québec
En plus des grands conflits de travail dans les secteurs public et parapublic, l'année 1972 est marquée par plusieurs arrêts de travail qui affectent le secteur privé. Parmi ces arrêts de travail, soulignons celui qui paralyse la Gordon Pew, aux Îles-de-la-Madeleine, ainsi que celui des employés de Seven-Up, à Québec. Un vote de grève est également obtenu par l'Union internationale des opérateurs de machines lourdes.
Par un vote unanime, les 250 syndiqués de l'Union internationale des opérateurs de machines lourdes déclarent la grève aux compagnies de location. Les négociations ont été rompues le 1er août et les principaux points de litige sont: l'ancienneté, les bureaux d'embauche, les clauses de délégués syndicaux et la garantie d'un salaire de 40 heures lorsque l'opérateur est appelé à travailler une heure. Si la grève se poursuit jusqu'à la Fête du travail, entre 8 000 et 10 000 mises à pied auront lieu dans le secteur de la construction. « Pour contrer cette stratégie patronale qui pourrait éventuellement paralyser la construction au Québec et entraîner des centaines de mises à pied, l'Union des opérateurs se dit prête à remplir les demandes des entrepreneurs généraux qui feront appel à des compagnies de l'extérieur pour louer les grues. »
Le 28 août 1972 Interruption des opérations de la centrale nucléaire de Gentilly
La centrale nucléaire de l'Hydro-Québec, à Gentilly, cessera de fonctionner pendant 8 à 9 mois à compter d'octobre. Cette décision est provoquée par une pénurie d'eau lourde au Canada.
Le 7 août 1974 Déclenchement d'une grève dans le transport en commun à Montréal
Le transport en commun à Montréal est paralysé à la suite d'une grève des employés d'entretien et de garage. Un an plus tard, ce sera au tour des chauffeurs d'autobus et des opérateurs de métro de débrayer, causant ainsi une nouvelle paralysie du système de transport en commun de Montréal.
Le syndicat déclenche la grève parce que la Commission de transport de la communauté urbaine de Montréal (CTCUM) refuse de reprendre les 73 employés suspendus à la suite de leur refus de travailler pendant une journée de congé férié. Il s'agit de la quatrième grève qui paralyse le métro en cette année 1974.
Source : Le Devoir, 6 août 1974, p.1 et 6, et 7 août 1974, p.1 et 6.
Le 23 août 1974 Condamnation de Yvon Duhamel à la suite du saccage à la baie James
L'agent d'affaires de la Fédération des travailleurs du Québec (FTQ), Yvon Duhamel, est condamné à dix ans de prison pour les coûteux dégâts matériels causés au chantier LG-2 de la baie James le 21 mars 1974.
Duhamel est accusé d'avoir causé pour deux millions de dollars de dommage. Il écopera d'une peine de 10 ans de prison.
Le 25 août 1975 Entente pour un retour au travail à la United Aircraft de Longueuil
Après plus de 20 mois de grève, les travailleurs de la United Aicraft entérinent un protocole de retour au travail. Cet arrangement met fin à ce qui est considéré comme un des plus longs et des plus violents conflits de travail de l'histoire du Québec.
En novembre 1974, le ministre du travail Jean Cournoyer avait invité les parties syndicale et patronale à s'expliquer publiquement devant une commission parlementaire. Après plusieurs offres refusées, un rapport du médiateur, remis en mai 1975, proposait une indexation des salaires et la réintégration des grévistes. La compagnie accepta le rapport avec quelques modifications et les employés acceptèrent l'offre de la compagnie à 86 %. Quelques semaines plus tard, le protocole de retour au travail est finalement accepté, ce qui mettra un terme à cette grève historique sans que les travailleurs aient obtenu la retenue syndicale obligatoire (formule Rand), une de leurs principales revendications.
Source : Jacques Rouillard, Histoire du syndicalisme québécois, Montréal, Boréal, 1989, p.454-457.
Le 29 août 1975 Accident mortel sur le chantier du stade olympique
Une poutre du futur stade Olympique s'écrase, tuant un géomètre, et faisant quatre autres blessés. C'est le premier accident mortel survenu sur le chantier olympique.
Au moment de l'effondrement, les travailleurs procédaient au réglage géométrique et mécanique de la poutre. Cet incident, qui survient au cœur d'une période particulièrement tendue au sein des syndicats, incite plusieurs groupements à réclamer une enquête sur la sécurité du chantier olympique.
Le retour au travail des paramédicaux marque la fin des conflits ouvriers qui perturbent les hôpitaux depuis environ deux mois (employés généraux, infirmières, etc.). Les conditions salariales étaient au cœur de différend.
Le 25 août 1976 Déclaration de solidarité de ministres libéraux
Les ministres libéraux Oswald Parent et Jean Bienvenue se déclarent solidaires de la décision de la Fédération des commissions scolaires catholiques du Québec de laisser les écoles fermées à la rentrée si aucun accord n'intervient d'ici là avec la Centrale de l'enseignement du Québec (CEQ).
Par ailleurs, le gouvernement et la fédération annoncent d'ultimes propositions globales aux négociateurs de la CEQ. Le 1er septembre, les résultats de la consultation des enseignants par la CEQ indiqueront que les offres patronales ont été acceptées à 68,5 %.
Le 6 août 1977 Enlèvement du directeur de crédit de la Caisse populaire de Sherbrooke-est, Charles Marion
« L'affaire Marion » retiendra l'attention des médias du Québec pendant les 82 jours que durera la captivité de Charles Marion. Directeur de crédit à la Caisse populaire de Sherbrooke-Est, celui-ci a été enlevé par deux hommes, le 6 août 1977, à son chalet de Stoke, dans les Cantons de l'Est.
L'enlèvement de Charles Marion et la demande de rançon qui suit déclenchent une des plus célèbres affaires criminelles de l'histoire du Québec. Une série de rebondissements vont marquer les 82 prochains jours, dont quelques tentatives ratées de verser la rançon demandée par les ravisseurs. Charles Marion sera finalement retrouvé le 27 octobre, près de l'aéroport de Sherbrooke. Sa libération a été obtenue en retour d'une rançon de 50 000 $. « L'affaire » ne trouvera cependant son dénouement que l'année suivante, avec l'arrestation et l'incarcération des ravisseurs.
Source : La Tribune, 9 août 1977, p.1, 20 octobre 1977, p.1, 8-9 et 22.
Un autobus ayant à son bord une quarantaine de passagers plonge dans le lac d'Argent, à Eastman, dans les Cantons de l'Est. Seulement six personnes survivent à cette tragédie qui fait 41 morts.
Les passagers, pour la plupart des personnes handicapées originaires d'Asbestos, revenaient d'assister à une pièce au théâtre de la Marjolaine, à Eastman. On compte seulement sept survivants, dont le chauffeur Denis Martel qui est bouleversé par les événements: « Je me suis vite rendu compte qu'il n'y avait plus d'air dans les conduits à frein (...) J'ai demandé aux gens de bien s'agripper car nous allions amerrir (...) Nous sommes demeurés une quinzaine de minutes sans savoir si nous allions basculer ou demeurer sur place. Les gens criaient, hurlaient tellement ils étaient pris de panique devant la situation. » La plupart des victimes seront exposées quelques jours plus tard dans le centre récréatif d'Asbestos. Il s'agirait de la pire tragédie routière jamais survenue au Québec.
Source : La Tribune, 5 août 1978, p.1 et cahier spécial, 7 août 1978, p.1-2, 9-14, 8 août 1978, p.1 et 9, 9 août 1978, p.1 et 15. La Presse, 5 août 1978, p.1 et 7 août 1978, p.1 et A3.
Le 7 août 1986 Reprise des négociations dans les secteurs public et parapublic
Les négociations amorcées en mars entre le gouvernement québécois et les représentants syndicaux des 360 000 salariés de l'État reprennent lentement.
Le 26 août, le président du Conseil du trésor, Paul Gobeil, affirmera qu'à défaut d'une entente négociée sous peu, le gouvernement pourrait décréter de nouvelles conventions collectives.
Le 24 août 1987 Début de la grève des employés du rail
Près de 48 000 employés de chemins de fer entrent en grève. Cet arrêt de travail paralyse le transport de fret et de marchandise et force le gouvernement canadien à nommer un médiateur.
Après quelques jours, le différend entre les employés et la direction du Canadien National et du Canadien Pacifique n'est toujours pas réglé. Les principaux points litigieux sont la sécurité d'emploi et les contrats en sous-traitance. Le gouvernement progressiste-conservateur de Brian Mulroney décide donc de faire adopter une loi spéciale par la Chambre des communes, le 27 août, pour forcer le retour au travail. Après une manifestation houleuse à Ottawa, le 28, les ouvriers reprendront finalement l'ouvrage le 29.
Source : La Presse, 24 août 1987, p.1 et A2, 25 août 1987, p.1 et A2-A3, 28 août 1987, p.1 et A2, et 30 août 1987, p.A6.
Le 24 août 1988 Incendie dans un entrepôt de biphényles polychlorés à Saint-Basile-le-Grand
Un incendie dans un entrepôt de biphényles polychlorés (BPC) de Saint-Basile-le-Grand remet en cause les méthodes utilisées pour entreposer ce genre de produit chimique.
Par souci de protéger la santé de la population, 3 000 habitants de la région seront évacués. Pauline Allard, une citoyenne de la ville, dénonce le fait que « personne n'est venu nous parler. Seules la radio et la télé nous informent. Tout le monde est vague quant aux risques pour notre santé et au moment où on pourra rentrer chez nous. » Après l'enquête préliminaire, on apprendra que l'incendie est de nature criminelle. Une accusation sera portée contre Alain Chapleau, un employé de la municipalité de Saint-Basile-le-Grand qui aurait allumé le feu.
Le 27 août 1991 Tornade dans la région de Maskinongé
Une violente tornade s'abat sur la région de Maskinongé. Elle fait 15 blessés et ravage près de 90 immeubles.
Cette tornade, que l'on surnommera les « 27 secondes de terreur », laisse dans son sillage 15 blessés, 100 personnes sans abri, 90 immeubles ravagés et, miraculeusement, aucune victime. Son intensité est évaluée à F3, c'est-à-dire des vents de 180 à 330 kilomètres/heure. Estelle Beaulieu, un des témoins de la tornade, avouera: « Le toit est parti. J'ai pensé mourir tellement j'ai eu peur. Mon logement était à ciel ouvert ». Moins de trois ans plus tard, une tornade de même intensité frappera la ville d'Aylmer, dans l'Outaouais, creusant un corridor de destruction de 8 kilomètres de longueur par 300 mètres de largeur dans une zone résidentielle. On dénombre alors 15 blessés, 284 immeubles endommagés et plus de 5 millions de dollars de dégâts.
Source : http://www.qc.ec.gc.ca/atmos/climato/siecle/Climat_Siecle.htm La Presse, 29 août 1991, p.A5.
Valery Fabrikant, un chargé de cours du département de génie mécanique de l'Université Concordia, abat deux personnes et en blesse trois autres avec une arme qu'il avait dissimulée dans son attaché-case.
Deux blessés succomberont à leurs blessures dans les semaines qui suivront. Cet acte de violence rappelle aux Québécois le drame survenu à l'École Polytechnique, en 1989. Au cours des dernières années, Fabrikant avait eu maille à partir avec plusieurs de ses collègues à qui il reprochait notamment d'utiliser les travaux de leurs étudiants pour obtenir des contrats d'organismes gouvernementaux. Le 11 août 1993, Fabrikant sera condamné par un jury à une peine de prison à perpétuité. Au cours de ce long procès, qui a débuté le 8 mars 1993, Fabrikant assumera lui-même sa défense.
Source : La Presse, 25 août 1992, p.A1 et A3, 21 août 1993, p.1 et A2.
Le 13 août 1993 Saisie de drogue sur un navire ancré dans le port de Sorel
La Sûreté du Québec effectue une importante saisie de drogue sur le navire M.V. Alexandra Kingston, ancré dans le port de Sorel. Selon les estimations des policiers, les 30 tonnes de haschisch retrouvées auraient une valeur de 600 millions de dollars.
Le navire, qui battait pavillon Saint-Vincent, a reçu sa cargaison de haschisch à Mombassa, au Kenya. Après de nombreuses escales en Afrique, en Europe et dans les Caraïbes, il a finalement abouti à Sorel le 30 juillet dernier. La drogue camouflée à bord du M.V. Alexandra Kingston était destinée au marché de l'Est du Canada. Ce coup d'éclat de la Sureté du Québec, qui a nécessité 17 perquisitions, mènera à une dizaine d'arrestations.
Le 24 août 2001 Atterrissage d'urgence d'un appareil d'Air Transat aux Açores
Le pilote Robert Piché fait la manchette de journaux après avoir réussi à faire atterrir d'urgence un appareil Airbus d'Air Transat aux Açores. Plus de 300 personnes prenaient place à bord de cet avion qui faisait le vol entre Toronto et Lisbonne.
Quatre jours plus tard, le 28, Robert Piché expliquera aux journalistes les péripéties de ce vol, marqué par une fuite de carburant et l'interruption de deux moteurs, un fait pour le moins inusité. Les responsables d'Air Transat resteront pour leur part peu bavards quant aux causes de ces problèmes, une enquête étant en cours à ce sujet. Du jour au lendemain, le pilote Piché se voit élevé au rang de héros, une situation qui sera à l'origine d'une controverse mineure quelques jours plus tard quand quelques révélations sur son passé seront rendues publiques.
Source : Le Devoir, 27 août 2001, p.A2, 29 août 2001, p.A1.
Le 4 août 2003 Inondations dévastatrices dans la région des Bois-Francs
Des orages violents qui déversent près de 140 millimètres de pluie en quelques heures causent d'importants dégâts à certains secteurs de la région des Bois-Francs.
Des infrastructures -routes, ponts, etc.- et des résidences privées sont dévastées par la pluie qui force l'évacuation de quelques familles par hélicoptère. Cette aide arrive à point dans certains cas, dont celui de Pierre Mercier qui passe plusieurs heures agrippé à un arbre. Aucun décès n'est toutefois signalé. Parmi les villes et villages les plus éprouvés on retrouve Tingwick et Chesterville, dont le maire, Luc Laroche, déclare à la presse « Les fossés étaient devenus des rivières avec l'eau provenant des montagnes environnantes. J'ai vu des tranchées d'une quinzaine de mètres de largeur et de huit à neuf mètres de profondeur. » Le ministre de la Justice du Québec, Marc Bellemarre, promet une intervention rapide des pouvoirs publics. De passage sur les lieux, le premier ministre Jean Charest annoncera peu de temps après qu'une dizaine de millions de dollars serviront à dédommager des pertes qui ne sont pas couvertes par les assurances. Des villages de la Beauce, également affectés par des inondations, auront eux aussi droit à une aide du gouvernement.
Source : La Tribune, 5 août 2003, p.1, 6 août 2003, p.1, D1-D8, et 7 août 2003, p.1, A2-A3.
Le 25 août 2005 Dévoilement du « scandale Norbourg »
Des irrégularités commises par la firme de placements Norbourg incitent l'Autorité des marchés financiers (AMF) à demander l'arrêt de ses activités. Un trou évalué à 70 millions de dollars aurait été constaté entre les états financiers de cette jeune entreprise et ses actifs sous gestion.
Le « scandale Norbourg » suscite la colère de milliers d'investisseurs qui ignorent s'ils pourront récupérer une partie des sommes placées dans les Fonds Norbourg et Évolution. L'attention des médias se tourne rapidement vers le président de la firme, Vincent Lacroix, un ancien analyste de la Caisse de dépôt et de placement du Québec qui est au centre de la controverse. Lors d'une entrevue télévisée, celui-ci promet de collaborer à l'enquête en cours. Malgré les perquisitions effectuées par les policiers dans les bureaux de Norbourg, le mystère plane cependant sur les ramifications du scandale et sur l'endroit où les sommes ont été déplacées. Par ailleurs, on apprend dans les jours qui suivent que le montant détourné pourrait atteindre 130 millions de dollars. Fondée en 1998 par Vincent Lacroix, Norbourg employait 450 personnes. Sa croissance fulgurante et une série d'acquisitions énigmatiques avaient attiré l'attention de certains analystes sur ses opérations. Mais l'annonce du 25 août cause une surprise énorme. L'AMF, dont on questionne la vigilance, est également la cible de plusieurs critiques.
Source : La Presse, 26 août 2005, p. A1-A4; 27 août 2005, p. A1-A6. Le Devoir, 26 août 2005, p. a et A10; 27 août 2005, p. 1 et A8; 2 octobre 2005, p. 1 et A12.
Le 31 août 2005 Hausse fulgurante du prix de l'essence
Une conjoncture défavorable entraîne l'explosion du coût de l'essence. Le 2 septembre 2005, il atteint un sommet inégalé alors que, dans plusieurs villes du Québec, le litre d'essence régulière se vend à 1,47 $.
La montée du prix du baril d'essence a des répercussions sur le prix à la pompe au cours de l'été 2005. L'annonce de l'ouragan Katrina, qui menace d'affecter les opérations pétrolières dans le golfe du Mexique, a un impact direct sur les fluctuations à la hausse qui s'accentuent à la fin du mois d'août. Le 31 août, un sommet de 1,34 $ le litre est atteint. Puis, le 2 septembre, prélude au congé de la Fête du travail, il est porté à 1,47 $. Cette majoration soulève la grogne des consommateurs, mais aussi des entreprises pour qui le carburant constitue une dépense importante. Pressés d'intervenir, les gouvernements affichent beaucoup de prudence. Après le passage de l'ouragan, dont les conséquences sur les ressources pétrolières sont restées mineures, les prix à la pompe baisseront de façon significative pour s'établir autour de 1 $ le litre. En janvier, le cynisme des consommateurs sera toutefois ravivé par l'annonce de profits records pour les grandes entreprises pétrolières.
Source : La Presse, 28 août 2005, Cahier Affaires, p. 2; 30 août 2005, Cahier Affaires, p. 6; 1e septembre 2005, Cahier Affaires, p. 1 et 3; 4 septembre 2005, p. A8. Le Devoir, 1e septembre 2005, p. A1, A3, A8 et B1; 4 septembre 2005, p. C1-C3.
Le 6 août 2006 Manifestation à Montréal en faveur de la paix au Liban
Une importante manifestation est organisée à Montréal dans le but d'exiger l'adoption d'un cessez-le-feu immédiat et de mettre fin au conflit qui ravage le Liban. Une dizaine de milliers de personnes y prennent part, dont de nombreuses figures de proue du monde politique et du mouvement syndical.
Le conflit qui oppose l'armée israélienne au mouvement Hezbollah depuis juillet suscite de vives émotions au Canada. Le débat atteint de nouvelles proportions avec l'intervention du premier ministre canadien Stephen Harper qui qualifie la réplique israélienne de mesurée. Cette prise de position provoque de fortes réactions, notamment au Québec où la population se montre particulièrement sensible au sort des civils libanais qui sont au cœur du conflit. Au début du mois d'août, le premier ministre québécois Jean Charest demande un cessez-le-feu immédiat, requête qui est également au centre d'une manifestation d'envergure qui se tient à Montréal le 6 août 2006. À cette occasion, une dizaine de milliers de personnes défilent dans les rues du plateau Mont-Royal. De nombreuses personnalités politiques prennent part à l'événement, dont le chef du Parti québécois, André Boisclair, le chef du Bloc québécois, Gilles Duceppe, la porte-parole de Québec solidaire, Françoise David, le député libéral Denis Coderre, et bien d'autres. Des slogans radicaux, scandés par certains manifestants, ainsi que la présence de drapeaux du Hezbollah, créent toutefois une polémique houleuse. Des critiques formulées à l'endroit des participants à la marche, particulièrement ceux qui sont issus du monde politique, les amènera à préciser leurs positions sur le conflit.
Source : La Presse, 5 août 2006, p. A6; 7 août 2006, p. A4; 17 août 2006. Le Devoir, 7 août 2006, p. A1 et A8, 8 août 2006, p. A2.
Le 9 août 2007 Précipitations importantes en Gaspésie
Une chute de pluie d'une rare intensité cause des dégâts matériels significatifs en Gaspésie en plus de provoquer la mort de deux personnes et l'évacuation de 200 autres.
Selon les estimations, entre 50 et 110 millimètres de pluie seraient tombés en une dizaine d'heures sur certains secteurs de la Gaspésie. Les précipitations, qui débutent au cours de la nuit, provoquent des dégâts matériels importants. Des rivières quittent leur lit, des ponts cèdent, des maisons sont emportées à la dérive et une partie de la région est même isolée temporairement avant que le lien routier ne soit rétabli. La situation s'améliore rapidement mais les dommages sont considérables. A lui seul, le village de Rivière-au-Renard, par exemple, exigera des travaux majeurs. Il y a déjà eu des précipitations importantes en Gaspésie, mais il semble que celles du 9 août aient battu tous les records. Le premier ministre du Québec, Jean Charest, et la ministre des Affaires municipales, Nathalie Normandeau, se déplacent afin de rassurer les citoyens. Un programme d'urgence est mis en place. Il prévoit des compensations pour les « dommages non assurables aux résidences et aux biens essentiels ». Des inquiétudes persistent néanmoins quant aux conséquences de ce désastre sur la situation de plusieurs familles de la région qui considèrent même la possibilité de quitter leurs propriétés.
Source : Le Soleil, 10 août 2007, p. 2-3 ; 11 août 2007, p. 6-7. La Presse, 10 août 2007, p. 1 et A10 ; 11 août 2007, p. A7 ; 12 août 2007, p. A5.
Le 10 août 2008 Déclenchement d'incidents violents à Montréal-Nord
Une altercation entre des policiers et un groupe de jeunes dans un parc de Montréal-Nord se solde avec la mort par balles de Freddy Villanueva. L'annonce du décès de ce jeune homme est à l'origine d'une manifestation pacifique qui sera toutefois suivie par une flambée de violence.
Le samedi 9 août, une altercation éclate entre deux policiers et un groupe de jeunes réunis dans un parc de Montréal-Nord. Alors qu'ils interpellent l'un d'entre eux, Dany Villanueva, les agents se retrouvent dans une situation problématique alors que le groupe s'oppose à l'intervention et qu'un des agents est agressé. Des coups de feu sont tirés par une policière. Trois personnes sont atteintes, dont une mortellement. Il s'agit de Freddy Villanueva, le frère de Danny, un jeune homme de 18 ans qui faisait partie du groupe impliqué. Différentes versions sont avancées pour expliquer le fil des événements, ce qui entraînera le déclenchement d'une enquête menée par la Sûreté du Québec. L'annonce du décès bouleverse cependant la famille du disparu et la population de Montréal-Nord. Une manifestation pacifique se déroule le 10 août. Mais plus tard, au cours de la soirée et de la nuit, la situation se détériore alors que des actes de violence sont perpétrés dans le quartier (incendies, vandalisme, etc.). Malgré la présence de centaines de policiers, dont un est la cible d'un coup de feu, Montréal-Nord est sérieusement éprouvée par cette démonstration de colère qui révèle des tensions profondes au sein de la communauté, notamment la méfiance d'une partie de la population noire, qui se dit victime de profilage racial, à l'endroit du corps policier. La famille de Freddy Villanueva en appellera au calme et le maire de Montréal, Gérald Tremblay, rencontrera les médias. Il exprimera son intention de voir les représentants de l'ordre respectés, ainsi que sa détermination à ce que l'enquête fasse toute la lumière sur cette histoire. Par leur violence, les événements de Montréal-Nord soulèvent de nombreuses problématiques -relations entre policiers et jeunes, pauvreté et chômage dans certains secteurs de Montréal, prolifération des gangs de rue, etc.- sur lesquelles les médias se penchent de façon significative dans les jours qui suivent.
Source : La Presse, 11 août 2008, 12 août 2008, 13 août 2008; Le Devoir, 12 août 2008, 13 août 2008. http://www.radio-canada.ca/regions/Montreal/2008/08/11/001-emeute-Mtl-nord-reax_n.shtml http://www.radio-canada.ca/regions/Montreal/2008/08/10/001-mtl-nord-mort-police_n.shtml
Le 27 août 2009 Dévoilement d'un jugement dans une cause opposant Claude Robinson à Cinar
Après 14 ans d'attente, Claude Robinson, un créateur qui poursuit l'entreprise Cinar pour le vol d'un de ses projets, voit sa patience récompensée par un jugement qui lui est entièrement favorable. La Cour d'appel exige en compensation le versement à Robinson de 5,2 millions de dollars, en plus d'autres frais additionnels.
« L'affaire Robinson » éclate au cours des années 1990. Elle démarre lorsque Robinson, qui avait proposé en 1986 à Cinar un projet d'émission pour enfants centrée autour du personnage Robinson Curiosité, se rend compte par hasard que son idée a été exploitée à son insu pour une autre série (Robinson Sucroë). Il entreprend alors des démarches pour voir son droit d'auteur reconnu, un processus qui se complique face à Cinar, un géant dirigé par Micheline Charest et Ronald Weinberg qui dispose de ressources importantes. Pendant qu'une longue bataille judiciaire s'engage, Cinar est au centre de diverses controverses qui minent sa crédibilité et attirent l'attention des autorités. Après plusieurs rebondissements, Robinson obtient finalement gain de cause devant la Cour d'appel du Québec. Dans un jugement très sévère à l'endroit de ceux qui dirigeaient Cinar à l'époque - l'entreprise sera renommée - , elle reconnaît la légitimité de la position de l'auteur, fustige ceux qui l'ont dépouillé de son idée et fixe à 5,2 millions de dollars - dont 2,3 millions en réparations et dommages - , en plus de frais additionnels, la somme qui devra être versée à Robinson. La possibilité d'un appel est toutefois envisagée.
Source : Le Devoir, 26 août 2009; 27 août 2009, p. 1 et al.; La Presse, 27 août 2009, p. 1 et al. http://www.radio-canada.ca/regions/Montreal/2009/08/26/002-Robinson-Cinar.shtml
Le 18 août 2014 Manifestation contre le projet de loi 3 à l'hôtel de ville de Montréal
Le gouvernement libéral de Philippe Couillard étudie un projet de loi sur la réforme des régimes de retraite des employés municipaux qui suscite la grogne dans les rangs syndicaux. Le 18 août 2014, à deux jours des débuts d'une Commission parlementaire sur ce projet de loi, des manifestants expriment leur mécontentement dans l'hôtel de ville de Montréal.
En avril 2013, l'ex-président du Mouvement Desjardins, Alban D'Amours, dépose un rapport sur la situation des régimes de retraite des travailleurs québécois. Il répond à une pression croissante exercée sur les municipalités par la gestion des fonds de retraite de leurs employés municipaux, notamment par des facteurs comme le vieillissement de la population et la baisse des rendements boursiers observée depuis quelques années. Les grandes villes, comme Montréal et Québec, enjoignent le gouvernement provincial d'agir sur le plan législatif afin de réduire le fardeau des villes et d'assurer la survie du régime à long terme. Le déficit actuariel anticipé de celui-ci se chiffre à 3,9 milliards de dollars, dont 2 milliards seulement pour Montréal. En juin 2014, deux mois après son élection, le gouvernement libéral de Philippe Couillard dépose le projet de loi 3 « favorisant la santé financière et la pérennité des régimes de retraite à prestations déterminées du secteur municipal ». Il prévoit, entre autres, la suppression de l'indexation et un remboursement égal (50% travailleurs-50% employeurs) du déficit des caisses de retraite accumulés. Cette loi s'appliquerait aux 170 régimes en vigueur au Québec, une situation que certaines municipalités, dont la situation est plus équilibrée, ne voient pas d'un bon œil. Le maire de Montréal, Denis Coderre, et celui de Québec, Régis Labeaume, se disent très satisfaits. Pour leur part, les syndicats s'opposent farouchement à ces dispositions qui pénalisent directement leurs membres. Le 18 août, une manifestation organisée devant l'hôtel de ville de Montréal dégénère. Des participants pénètrent à l'intérieur, font des dégâts et retardent la tenue de la séance du conseil. Cette attitude est dénoncée le lendemain, de même que celle des policiers qui ne sont pas intervenus. Eux aussi sont dans la mire du projet de loi 3, ce qui, selon des analystes, expliquerait leur passivité. Le ton de confrontation persiste à la Commission parlementaire qui se met en branle le 20 août, deux jours après cette manifestation. Le ministre des Affaires municipales, Pierre Moreau, défend son projet de loi alors que les représentants syndicaux font valoir le rôle de la crise de 2008 dans la situation des régimes de retraite. Ils dénoncent la suppression de l'indexation, rappellent que leurs membres ont déjà fait des concessions dans le passé et s'opposent au principe de l'application d'une éventuelle loi 3 à tous les régimes, sans distinction. Advenant une fermeture du gouvernement à la négociation, certains soulignent que la paix sociale pourrait être perturbée à l'automne.
Le 15 août 2015 Mariage entre Pierre Karl Péladeau et Julie Snyder
Le mariage entre le chef du Parti québécois (PQ), Pierre Karl Péladeau, et l'animatrice et productrice de télévision Julie Snyder défraie les manchettes. L'événement, qui se déroule à Québec, attire des centaines de curieux désireux d'apercevoir les mariés ainsi que les nombreuses personnalités du monde artistique et politique qui se déplacent pour l'occasion.
Fils de l'homme d'affaires Pierre Péladeau, Pierre Karl Péladeau devient une personnalité en vue lorsqu'il accède à la présidence du groupe Québecor, en 1991. Pour sa part, Julie Snyder gravite dans l'univers de la télévision, soit comme animatrice vedette ou productrice, depuis près de trois décennies. Le couple a deux enfants, Thomas et Romy, avant de connaître une brève séparation en 2014. L'entrée de Pierre Karl Péladeau en politique active la même année, au sein du PQ, contribue à accentuer l'attention médiatique à l'endroit du couple qui se réconcilie. Le 15 mai 2015, Péladeau devient le chef de la formation et, par le fait même, le chef de l'opposition officielle à l'Assemblée nationale du Québec. L'annonce du mariage de ces deux célébrités pour le 15 août 2015, à Québec, est à l'origine d'un branle-bas médiatique d'envergure. La presse écrite et électronique consacre beaucoup d'espace à l'événement qui attire des centaines de curieux aux abords de la chapelle laïque du Musée de l'Amérique francophone, où la cérémonie a lieu. Celle-ci est célébrée par le maire de Québec, Régis Labeaume. Plusieurs personnalités du monde artistique défilent devant les curieux - Jean-Pierre Ferland, Michel Drucker, Marie-Mai, etc. - , alors que les mariés prennent un bain de foule avant d'entrer dans la chapelle. La présence de nombreux politiciens identifiés à la cause indépendantiste, dont les ex-premiers ministres Bernard Landry et Pauline Marois, ainsi que la décision des mariés d'arriver à la chapelle dans des véhicules écologiques - lui en vélo, elle en voiture électrique - , avec le fleurdelisé bien en vue, donnent à l'événement une coloration politique, ce que ne manquent pas de souligner les observateurs dans les jours qui suivent. Certains parlent aussi de « politique-spectacle » pour décrire le faste entourant cette journée, un phénomène dont personne ne se risque toutefois à mesurer les répercussions sur le plan politique.
Le 19 août 2019 Annonce de la faillite du Groupe Capitales Médias
Un texte original du Bilan Québec rédigé par un.e, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Évoquant des baisses de revenus importantes, le président du Groupe Capitales Médias (GCM), Martin Cauchon, annonce qu’il quitte son poste et que son entreprise se place sous la protection de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité. Cette nouvelle survient à peine 4 ans après la fondation du GCM, formé de six journaux régionaux.
L’expansion des GAFA (Google, Apple, Facebook, Amazon) se fait en partie au détriment des revenus publicitaires des médiats dits traditionnels, dont la presse écrite. Le GCM est créé en 2015 afin de regrouper six médias régionaux menacés : Le Soleil (Québec), Le Quotidien (Saguenay), Le Nouvelliste (Trois-Rivières), Le Droit (Ottawa), La Tribune (Sherbrooke) et La Voix de l’Est (Granby). Son président est Martin Cauchon, un ex-politicien fédéral qui acquiert ces journaux du groupe Gesca, filiale de Power Corporation et de la famille Desmarais. Le fait que Cauchon, un proche des Desmarais, soit peu familier avec le monde de la presse et que les modalités de la transaction restent secrètes soulève des interrogations. Certains y voient un espoir de relance, d’autres un sursis permettant à Gesca de se délester d’un fardeau. Quatre ans plus tard, et avec une dette évaluée à 27 millions de dollars, le GCM se place sous la protection de la Loi sur la faillite et l’insolvabilité. Seul un prêt gouvernemental, soit 5 millions provenant d’Investissement Québec, permettra aux journaux de boucler 2019. Pendant que l’on cherche un repreneur, Stéphane Lavallée assurera la transition à la présidence que Cauchon quitte. Environ 350 emplois sont préservés temporairement. L’ex-président fait un bilan satisfaisant des quatre dernières années, mais des interrogations subsistent. Plusieurs se demandent par exemple ce qui adviendra des fonds de retraite et des importants déficits actuariels accumulés, alors que le président Cauchon aurait encaissé des salaires importants. La question plus large est celle du rôle que l’État peut jouer dans la survie de la presse écrite, à la lumière des chutes de revenus et de celles anticipées. Des hypothèses sont soulevées pour les six journaux concernés. C’est finalement une formule coopérative qui sera retenue en décembre 2019.
Source : https://www.journaldemontreal.com/2019/12/06/500000-par-annee-pour-cauchon; La Presse+, 20 août 2019, p. 1 et 2; Le Devoir, 20 août, p. A1-A2; p. A6; Métro, 19 août 2019; Les Affaires, 19 août 2019.
«...En annonçant le financement intérimaire de Québec, le ministre de l’Économie, Pierre Fitzgibbon, a dit que le gouvernement ne pouvait vivre avec l’idée de voir six médias disparaître d’un seul coup. Née en 2015 après le rachat des journaux auprès de Gesca, GCM publie aussi Le Quotidien à Saguenay, Le Nouvelliste à Trois-Rivières, La Tribune à Sherbrooke et La Voix de l’Est à Granby. " La raison pour laquelle j’interviens aujourd’hui, c’est que la survie du Groupe Capitales Médias était mise en cause, étant rendue insolvable, a dit le ministre. Il était impossible pour nous, au gouvernement, d’envisager une fermeture de ces six journaux. " La ministre de la Culture, Nathalie Roy, a dit que le droit du public à " une information de qualité est nécessaire ". Invité à dire combien de temps GCM pourrait survivre avec un financement intérimaire de 5 millions, M. Fitzgibbon a répondu que " notre programme, c’est de se rendre au 31 décembre 2019 ". Et que, dans les faits, cela correspond à l’horizon et à la somme que M. Cauchon avait lui-même prévu demander à Québec. »
François Desjardins, « Capitales Médias sous respirateur artificiel », Le Devoir, 20 août 2019, p. A1-A2.
«...Ce développement survient une semaine avant le début des travaux de la commission parlementaire qui se penchera, du 26 au 30 août, sur l’avenir des médias d’information. Le gouvernement proposera ensuite un programme d’aide aux médias écrits à la fin du mois de septembre ou au début d’octobre. [...] Le vice-président de la Fédération professionnelle des journalistes du Québec (FPJQ), Jean-Thomas Léveillée, a insisté sur la crise que traversent les médias depuis plusieurs années. Les médias - particulièrement les médias écrits - sont en péril et ça fait des années qu’on le dit, a-t-il dit en entrevue à Radio-Canada. La seule bonne nouvelle aujourd’hui, c’est qu’on constate que les gouvernements s’en soucient beaucoup, a-t-il ajouté, soulignant la nécessité de mettre en place des solutions qui permettront la survie des médias à plus longue échéance. Maintenant, il faudra des mesures à long terme et pas seulement des mesures d’urgence qui vont permettre de se rendre, dans ce cas-ci, à la fin de l’année. »
Sophie-Hélène Lebeuf, « Aide d’urgence de Québec à Capitales Médias, qui est au bord de la faillite », Ici Radio-Canada, 19 août 2019.
«...Est-ce à l’État de combler le manque à gagner pour l’érosion des revenus de publicité ? Ne faut-il pas envisager aussi une participation accrue des lecteurs ? En définitive, c’est à eux que s’adressent les médias impliqués dans le journalisme de qualité. Le gouvernement peut faire mieux : en privilégiant les programmes équitables pour tous, en assurant l’équité fiscale dans le commerce électronique, en renouant avec la publication des avis publics dans la presse écrite, et en réinjectant ses investissements publicitaires dans les médias d’ici avant d’engraisser les entreprises du GAFA. Mais en ce qui a trait à l’information locale, les élites politiques, économiques et les lecteurs des régions concernées doivent faire partie de la solution. Si l’information locale est si importante qu’on le dit, pourquoi ne s’approprient-ils pas davantage l’enjeu de la survie de la presse locale ? Selon toute vraisemblance, les six quotidiens de Capitales Médias seront vendus, en bloc ou séparément, par le redresseur nommé par Québec, Stéphane Lavallée. C’est un moment charnière dans la crise des médias. »
Brian Myles, « Sortir de la crise dans l’équité », Le Devoir, 20 août 2019, p. A6.
Un texte original du Bilan Québec rédigé par un.e, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
La négligence d’un camionneur entraîne un carambolage sur l’autoroute 440, à la jonction de l’autoroute 15. Il fait 4 morts et une dizaine de blessés. Six ans plus tard, le conducteur, Jagmeet Grewal, recevra une peine exemplaire de 10 ans pour « négligence criminelle ayant causé la mort ».
Les bouchons sont fréquents sur l’autoroute 440, à la sortie de l’autoroute 15 à Laval. Les centaines de milliers de véhicules qui passent à cet endroit créent un effet d’entonnoir que des automobilistes cherchent à contourner par des dépassements risqués ou en doublant la file par l’accotement. Le 5 août 2019, un camionneur de 58 ans, Jagmeet Grewal, approche de l’une de ces files. Au lieu de ralentir ou de freiner, il garde son allure et heurte une voiture immobilisée. L’effet d’entraînement touche 9 véhicules en tout, dont deux poids lourds, des collisions provoquant un incendie. Quatre personnes meurent à cette occasion, et une dizaine d’autres subissent des blessures. La situation du chauffeur du camion défraie les manchettes. Celui-ci aurait déjà perdu son permis pour véhicules lourds en 2014, mais l’aurait retrouvé à la suite d’une erreur administrative de la Société de l’assurance automobile du Québec. De plus, Grewal aurait menti à l’entreprise qui l’emploie, notamment sur son diabète de type 2. En mai 2025, il est reconnu coupable de « négligence criminelle ayant causé la mort ». Il reçoit alors une peine exemplaire de 10 ans de prison. Pour sa part, le gouvernement du Québec réagit en modifiant la configuration de la sortie concernée dans le but d’éviter les refoulements à cet endroit et de sécuriser la circulation.
Source : https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/2049917/jagmeet-grewal-jugement-accident-440; https://www.journaldemontreal.com/2025/05/15/quatre-morts-dans-un-carambolage-monstre-sur-la-440--le-camionneur-fautif-a-lombre-pour-10-ans; https://www.truckstopquebec.com/jagmeet-grewal-accident-mortel-440-80197/; Le Journal de Montréal, 7 août 2019, p. 4.
«...La source policière consultée par La Presse a émis l’hypothèse que plus d’un facteur aurait contribué à l’accident, et qu’une distraction causée par l’utilisation du cellulaire pourrait en faire partie. La SQ est aussi toujours en attente du rapport suivant la reconstitution de l’accident, de vidéos des caméras de surveillance du secteur et d’images de témoins qui auraient pu avoir capté la scène. Ils doivent encore recueillir les témoignages de gens qui ont assisté à la tragédie. Pour l’heure, les policiers ont rencontré le conducteur de l’un des deux camions impliqués dans l’accident. Il aurait dit avoir été surpris par la vitesse à laquelle le tout s’était produit. La configuration des lieux revient également parmi les autres facteurs ayant contribué au drame [...] Au lendemain de la tragédie, l’atmosphère était encore lourde aux alentours de l’endroit où le carambolage est survenu. Dans les commerces et les bureaux environnants, les employés tentaient de reprendre le cours normal de leur quotidien. Mais leur esprit était ailleurs. »
Mayssa Ferah, Daniel Renaud, Raphaël Pirro, Sara Champagne, Mathieu Perreault, « Une sortie « extrêmement dangereuse »», La Presse+, 7 août 2019, p. 2 et 4.
«...depuis le 1er août seulement, 25 plaintes concernant ce secteur précis ont été déposées à Transports Québec. En attendant les conclusions de l’enquête, M. Bonnardel (le ministre des Transports) a annoncé que la ligne blanche menant à la voie de desserte sera prolongée pour éviter que les automobilistes s’y glissent trop à la dernière minute. " Il faut changer le comportement des automobilistes ", a-t-il insisté. " Malheureusement, la solution du ministre n’est pas la bonne ", mentionne Pierre Yergeau, formateur en camionnage chez Formation Nord Sud. " Il y a une erreur de configuration dans ce secteur-là et il faut la corriger ", plaide-t-il [...] La configuration des lieux ne serait toutefois pas le seul élément pouvant expliquer le carambolage mortel de lundi. La distraction d’un des chauffeurs concernés pourrait avoir provoqué l’accident. Plusieurs médias rapportaient mardi que les policiers tentent d’obtenir un mandat pour avoir accès à des données cellulaires. »
Améli Pineda,« Accident sur la 440 : Bonnardel veut modifier le marquage au sol », Le Devoir, 7 août 2019, p. A1-A2.
Le 29 août 2020 Déboulonnage d’une statue de John A. Macdonald à Montréal
Un texte original du Bilan Québec rédigé par un.e, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Dans la foulée d’un mouvement de contestation faisant suite au meurtre de George Floyd, le 25 mai 2020, des statues érigées à la mémoire de certains personnages historiques sont déboulonnées. Des Québécois y font écho le 29 août 2020 en faisant subir un sort analogue à une statue de l’ancien premier ministre John A. MacDonald à Montréal.
Des passants filment la violence subie à Minneapolis, aux États-Unis, par l’Afro-Américain George Floyd aux mains de quatre policiers. Sa mort subséquente, le 25 mai 2020, provoque la colère et un sentiment de révolte. Une de ses formes est la décision de descendre de leur socle des statues de personnages historiques jugées inacceptables, par exemple celles de Christophe Colomb ou de leaders confédérés du XIXe siècle. Ce mouvement atteint le Canada. Le 29 août 2020, des Montréalais déboulonnent une statue du premier premier ministre du pays (1867-1973, 1878-1891), John A. Macdonald, trônant sur la place du Canada. On juge inacceptables des décisions et des politiques répressives adoptées par ce dernier pendant ses mandats à l’endroit des Premières Nations. Œuvre de l’artiste George Edward Wade érigée en 1895, la statue est descendue sans ménagement de son socle, des images qui font le tour du pays. Un sort semblable sera réservé à des monuments du genre dans d’autres villes canadiennes. Il s’agit d’une journée mouvementée car une manifestation a lieu le 29 août pour exiger le définancement de la police. Dès le lendemain, un débat s’amorce quant à la pertinence de restaurer ces statues avec une plaque explicative ou de les retirer à jamais. Les opinions sont partagées. Pour le moment, la Ville de Montréal la conservera dans un entrepôt. Le 23 août 2023, un comité formé pour se pencher sur cette question arrivera à la conclusion que la statue ne doit pas être réinstallée là où elle était, sur la place du Canada.
Source : https://ici.radio-canada.ca/espaces-autochtones/2006911/statue-john-macdonald-montreal-autochtones; https://artpublicmontreal.ca/oeuvre/monument-a-sir-john-a-macdonald/; La Presse+, 30 août 2020, p. 2 et 4; Le Devoir, 1er septembre 2020, p. A6.
«...Dans les faits, c’est la mairesse de Montréal qui doit trancher : Valérie Plante a annoncé l’amorce d’une réflexion, ce qui s’impose dans les circonstances, en évoquant la possibilité d’accompagner le monument d’autres oeuvres et d’éléments de mise en contexte. Si on peut réinterpréter l’histoire, en faire différentes lectures, ce que les générations qui se succèdent ne se privent pas de faire, on ne peut l’occulter. Paradoxalement, le déboulonnage des statues est une tentative d’effacer un passé déplaisant qu’on ne peut toutefois refaire, même en se drapant d’une virginité morale et intemporelle, façon facile de se donner bonne conscience. Le " plus meilleur pays du monde " a un père fondateur bien encombrant dont plusieurs traits sont détestables, dont celui d’être un homme de son temps. Le problème avec Macdonald, c’est qu’il est partout, sur les frontons des écoles et autres bâtiments publics, dans le nom d’instituts, de chaires et même d’un prix d’une société historique. Impossible pour le Canada de s’en débarrasser. Aussi, mieux vaut assumer son histoire si on veut changer le présent. »
Robert Dutrisac, « La brebis galeuse », Le Devoir, 1er septembre 2020, p. a6.
«...Ça fait suite à des mouvements de l’histoire récente aux États-Unis, certes, mais bien avant, il y a toute une tradition à Montréal et au Canada de contestation des figures et des symboles. Si on pense à la statue de Macdonald, le mouvement souverainiste l’avait déjà décapitée dans les années 60. Elle a été ciblée à plusieurs reprises comme figure de l’impérialisme canadien contre les Canadiens français, mais aussi, plus récemment, contre les Premières Nations [...] Il y a une réticence des autorités à déboulonner une statue, puisque c’est très clivant. Il va toujours y avoir, aussi, des gens qui vont le voir comme un affront collectif. Jusqu’ici, la Ville de Montréal prend de bonnes décisions pour promouvoir la réconciliation ; on peut penser à la rue Amherst qui est devenue la rue Atateken. Après, il semble y avoir un paradoxe dans le fait que la Ville n’a pas agi jusqu’à maintenant dans le cas de Macdonald, si ce n’est pour la nettoyer quand elle était vandalisée. Maintenant qu’elle est par terre, peut-être que la réflexion devra aller plus loin. »
Henri Ouellette-Vézina, « Pourquoi MacDonald, pourquoi maintenant ? », La Presse+, 30 août 2020, p. 2 et 4.
Un texte original du Bilan Québec rédigé par un.e, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Des vents violents secouent différentes régions du Québec, causant d’importants dégâts. L’impact est particulièrement brutal à Lachute, dans les Laurentides, où plus de 300 infrastructures sont touchées par des vents atteignant autour de 175 km/h, ce que les enquêteurs d’Environnement Canada qualifient de tornade de catégorie EF1.
Plusieurs régions sont frappées par des vents intenses provoquant notamment des pannes de courant. Le quartier Notre-Dame-de-Grâce, sur l’île de Montréal, est affecté. Les dommages sont nombreux, notamment des arbres déracinés dont les branches s’abattent un peu partout. L’endroit le plus touché est cependant Lachute, dans les Laurentides. Un « entonnoir nuageux » se forme le 22 août 2017 vers 18 heures, prenant la population de 13 000 habitants par surprise. Sous la force des vents, des cabanons sont soulevés et le revêtement extérieur de certaines maisons emporté, notamment des toits. D’une courte durée de temps, le phénomène, considéré par les experts d’Environnement Canada comme une tornade de catégorie EF1 (premier échelon sur une échelle de 5), aurait atteint 175 km/h. Plusieurs habitations ne peuvent être utilisées pour le moment, alors que la moitié des Lachutois est privée d’électricité. Les secours arrivent rapidement, tant de la part d’Hydro-Québec, de la Croix-Rouge que de de la Sûreté du Québec qui sécurise les zones évacuées. Le ministre de la Sécurité publique, Martin Coîteux, assure pour sa part les victimes que le gouvernement québécois leur apportera une aide. D’autres régions ont été éprouvées par ce choc, dont Notre-Dame-de-Grâce. Dans ce cas, on parle plutôt d’une microrafale. Plus de 100 000 abonnés d’Hydro-Québec auraient tout de même été privés de courant à travers la province à cette occasion.
Source : https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1051802/lachute-notre-dame-de-grace-tornade-microrafale-vents-orages-pannes-electricite-hydro-quebec; La Presse+, 23 août 2017, p. 1 et 2; Agence QMI, 23 août 2017, p. 4.
Le 2 août 2017 Ouverture du Stade olympique à des demandeurs d’asile
Un texte original du Bilan Québec rédigé par un.e, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
La menace du président Donald Trump de retirer à des immigrants haïtiens leur permis de résidence temporaire aux États-Unis semble inciter plusieurs d’entre eux à se rendre au Canada. Cette immigration illégale déborde les services canadiens qui doivent aménager de nouvelles structures d’accueil, mobilisant même le stade Olympique à cette fin.
Le phénomène de l’immigration illégale n’est pas neuf au Québec. À l’été 2017, il atteint toutefois de nouvelles proportions. Aux incitatifs habituels s’ajoute la possibilité que le président républicain Donald Trump mette à exécution sa menace de retirer à des immigrants haïtiens leur permis de protection temporaire. Des centaines d’entre eux, ainsi que d’autres, entrent au Canada de façon clandestine. Un des passages de transition est le chemin Roxham, situé entre le village de Champlain, dans l’État de New York, et celui de Saint-Bernard-de-Lacolle, au Québec. Le gouvernement y aménage des installations d’accueil, avec du personnel, en attendant que leur dossier soit étudié. Le flot important, qui atteint un sommet de 400 personnes dans la seule fin de semaine du 22 et 23 juillet, déborde toutefois les capacités. D’autant plus que l’on anticipe l’arrivée d’autres immigrants en août. En tout, le Québec compte alors plus de demandeurs d’asile que pour l’année 2016 au complet. Afin de répondre à cette situation d’urgence, le gouvernement fait du Stade olympique de Montréal un centre d’hébergement. Il y a d’autres centres au Québec, mais l’utilisation de cette structure imposante marque l’imaginaire. Un premier groupe arrive le 2 août 2017. La mise en place de l’aide défraie les manchettes pendant que le nombre d’immigrants continue de croître, atteignant un cap de près de 10 000 au cours de l’été. Cette situation crée des tensions, le Québec devant composer avec des problèmes de logement et une pression accrue sur les systèmes de santé et d’éducation. Une bannière affichant l’opposition à cette immigration illégale est d’ailleurs érigée devant le stade, avant d’être retirée. L’usage de celui-ci pour cette fin cesse dès septembre 2017. La question migratoire demeurera néanmoins à la une de l’actualité tout au long de l’année.
Source : https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1048396/montreal-stade-olympique-ouvre-portes-migrants-haitiens-etats-unis; Le Soleil, 3 août 2017; Le Devoir, 3 août 2017, p. A1-A8.
«...Francine Dupuis, qui supervise un programme du gouvernement du Québec pour aider les demandeurs d’asile à trouver leurs repères, a déclaré que les chiffres étaient sans précédent. Mme Dupuis a indiqué que l’organisme avait songé à plusieurs endroits pour héberger temporairement les demandeurs d’asile, et que la banque de chambres d’hôtel ne suffisait plus. Le stade s’est imposé par son ampleur, mais Mme Dupuis rappelle que l’endroit servira de refuge pendant seulement un mois ou deux - en attendant de trouver autre chose. [...] La plupart des migrants arrivés au stade olympique mercredi semblaient être des ressortissants haïtiens. L’administration de Donald Trump envisage de mettre un terme au programme qui a accordé à des Haïtiens le « statut de protection temporaire » à la suite du terrible tremblement de terre de 2010. Si ce programme n’était pas reconduit, jusqu’à 60 000 Haïtiens risqueraient d’être renvoyés dans leur pays. Le directeur du Centre communautaire multiethnique de Montréal-Nord, Guillaume André, qui était au stade olympique mercredi, a soutenu que « depuis que Trump est arrivé au pouvoir, c’est un problème - pour tous les immigrants, pas seulement la communauté haïtienne ». »
Sidhartha Banerjee, « Le Stade olympique devient refuge pour des migrants », Le Soleil, 3 août 2017.
«...Des personnes d’au moins une dizaine de nationalités ont franchi la frontière canadienne pour demander l’asile dans les dernières semaines. Mais devant cet autre centre d’hébergement de l’est de Montréal, les jeunes Haïtiens sont en majorité. Des gens en voiture s’arrêtent pour récupérer des membres de leur famille élargie. " Je vais essayer de trouver des draps ", " et moi, des jouets pour les enfants " : quelques membres de la communauté haïtienne se mobilisent déjà pour montrer leur soutien. " On reçoit des appels de plus en plus pour savoir ce qui se passe et savoir quoi faire pour aider ", confirmait plus tôt Marjorie Villefranche à la Maison d’Haïti. " L’urgence sera de les loger ", insiste Jean David Prophète, instigateur de la journée de la diaspora haïtienne. Les personnes ainsi réunies remettent aussi les choses en perspective : la situation n’est pas sans rappeler les arrivées massives de Haïtiens durant le règne de George W. Bush. " Après plusieurs années aux États-Unis, retourner en Haïti, c’est retourner dans un pays qu’on ne reconnaît plus ", dit une dame d’origine haïtienne qui ne souhaite pas être nommée. »
Sarah R. Champagne, « Des réfugiés au Stade Olympique – Les demandeurs d’asile affluent à la frontière », Le Devoir, 3 août 2017, p. A1-A8.
Le 23 août 2016 Verdict de meurtre non prémédité pour Richard Henry Bain
Un texte original du Bilan Québec rédigé par Naomie Do, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Le soir de la victoire électorale du Parti québécois, le 4 septembre 2012, la cheffe péquiste Pauline Marois est rapidement redirigée à l’arrière de la scène du Métropolis, peu après que Richard Henry Bain ait tiré sur Denis Blanchette, un technicien de scène. Le 23 août 2016, le verdict tombe : il est reconnu coupable de meurtre non prémédité et de trois tentatives de meurtre.
Après 11 jours de délibérations, les membres du jury ont déposé leur verdict. Richard Henry Bain est non seulement coupable du meurtre de Denis Blanchette, mais également des trois tentatives de meurtre sur Pauline Marois, Stéphane Champagne, un policier de la Sûreté du Québec, et Dave Courage, un technicien de scène qui a d’ailleurs été atteint à la hanche par la même balle qui a tué Denis Blanchette. Bain serait entré par l’arrière du Métropolis, à Montréal, cagoulé et vêtu d’une robe de chambre bleue. Il aurait tiré directement sur les techniciens de scène avant que son arme soit enrayée. Il aurait ensuite allumé un incendie avant de fuir les lieux, pourchassé par les policiers. Le procès sur l’attentat, qui a duré un total de 34 jours, aurait impliqué 38 témoins pour la Couronne, dont des policiers, des victimes, une toxicologue et un psychiatre. La défense présente pour sa part huit témoins, dont les frères de Bain, des collègues de travail et professionnels de la santé. Alors que la défense plaide pour la non-responsabilité criminelle due à des troubles de santé mentale, la Couronne avance que le motif de l’attentat est la colère générée par la victoire du Parti québécois, le 4 septembre 2012. Le psychiatre de la Couronne aurait même affirmé que Bain n’était pas dans un état de psychose ou d’épisode maniaque, contrairement à ce qu’il semblait dire lors de son témoignage. Le jury a tout de même opté pour un verdict réduit de meurtre non prémédité, alors que Bain était à l’origine accusé de meurtre prémédité, l’accusation la plus grave.
Source : https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/799036/richard-henry-bain-verdict-proces; https://www.lapresse.ca/actualites/justice-et-affaires-criminelles/proces/201608/23/01-5013284-richard-henry-bain-reconnu-coupable-de-meurtre-non-premedite.php; https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/797433/richard-bain-jury-deliberation https://www.lapresse.ca/actualites/justice-et-faits-divers/2022-12-02/attentat-du-metropolis/la-police-blamee-par-la-cour.php; https://ici.radio-canada.ca/ohdio/premiere/emissions/medium-large/segments/entrevue/36991/5-ans-attentat-metropolis-dave-courage; Le Soleil, 24 août 2016, p. 3.
«...La douleur physique, ce n’est rien. Ça fait cinq ans. Je sais que j’ai mal, je suis conscient que je vais avoir mal longtemps. Ce sont les tours que ça joue à ma tête [qui sont les plus difficiles], déclare Dave Courage. Je dois me [répéter] que personne n’est en train de monter un complot contre moi, que le bruit que j’ai entendu n’était pas un coup de feu. Il faut que j’aille examiner, il faut que je voie que ce n’était pas un coup de feu. »
Dave Courage dans Ohdio, Radio-Canada, 5 septembre 2017.
«...Harold Lebel, député de Rimouski, croit qu’il n’a pas été assez dit que l’attentat du Métropolis a été motivé par la haine des souverainistes. Il ne veut pas en faire un cheval de bataille, mais c’est sa conviction profonde. « Les gens ont été gênés de le dire de peur d’envenimer les relations au Québec », dit-il. [...] « C’est bizarre de penser que ce gars-là est venu pour tirer sur Mme Marois et sur nous autres parce que nous étions des “séparatistes”. Moi, je suis un gars du Bas-du- Fleuve. Si je suis souverainiste, c’est pas parce que j’haïs les Anglais. Se faire tirer dessus à cause de nos opinions politiques...»
Le 26 août 1920 Conquête d'une médaille d'or olympique à la boxe par Bert Schneider
Le boxeur mi-moyen Bert Schneider remporte la médaille d'or à la boxe aux Jeux Olympiques d'Anvers. Peu de temps après cette victoire, il entreprendra une carrière chez les professionnels.
Au cours de sa marche vers le titre, Schneider, un natif de Cleveland qui avait neuf ans lorsque ses parents ont déménagé au Canada, défait le Sud-Africain Thomas, le Norvégien Steen, l'Américain Colberg et, en finale, le Britannique Alexander Ireland. Ce combat est d'ailleurs très contesté puisque, au bout des trois rondes réglementaires, l'arbitre demande à Schneider et Ireland de se livrer une ronde supplémentaire pour déterminer un gagnant. C'est finalement Schneider qui sera déclaré vainqueur.
Source : David Wallechinsky, The Complete Book of the Olympics, New York, The Viking Press, 1984, p.175.
Le 5 août 1923 Tentative du nageur Omer Perreault de traverser la Manche
Après quelques tentatives infructueuses, le nageur québécois Omer Perreault vient à quelques milles de devenir le troisième homme à franchir la Manche à la nage.
Aucun athlète n'est parvenu à traverser la Manche à la nage devant témoins depuis 1911. À l'été 1921, un athlète canadien-français du nom d'Omer Perreault tente sa chance. Il s'avoue vaincu le 14 septembre 1921, mais revient à la charge en 1922 et 1923. Le 5 août 1923, il nage une douzaine d'heures et ne renonce à sa tentative qu'à quelques milles de la côte anglaise. La déception de Perreault est grande puisque dans les jours qui suivent, Henry Sullivan, puis Enrique Tirabocchi, viennent finalement à bout de compléter l'épuisante traversée.
Source : La Presse, 6 août 1923, p.13, 7 août 1923, p.8.
Le 10 août 1930 Dénouement d'une course homme contre chevaux au stade De Lorimier
Le promoteur Armand Vincent organise une activité originale qui attire une dizaine de milliers de spectateurs au stade De Lorimier. Il s'agit d'une course de 24 heures opposant des chevaux à des équipes de coureurs.
Cette course, qui débute le 9 août, se termine le 10 avec la victoire du duo composé du Finlandais Ollie Wanttinen et de l'Australien McNamara. Les deux hommes couvrent environ 225 milles au cours de cette épreuve de 26 heures, devançant le cheval Little Brother, monté par Russell Kingsley, qui termine huit milles derrière. Quatre chevaux abandonnent la compétition qui met également en vedette des athlètes aguerris comme Édouard Fabre, Johnny Salo et Jole Ray.
Le 2 août 1932 Obtention d'une médaille d'argent par Hilda Strike aux Jeux Olympiques de Los Angeles
Stella Walsh, Hilda Strike et Wilhelmina von Bremen aux Jeux olympiques de 1932Seulement quelques centimètres séparent la Québécoise Hilda Strike de la championne du 100 mètres féminin des Jeux Olympiques de Los Angeles, la Polonaise Stella Walsh.
À l'âge de 21 ans, Hilda Strike se retrouve en finale du 100 mètres aux Jeux Olympiques de Los Angeles. La lutte s'annonce belle entre Strike, gagnante d'une demi-finale, et la Polonaise Stella Walsh (Stanislawa Walasiewicz), vainqueur de l'autre demi-finale. Walsh, une athlète au gabarit imposant, est la première femme à courir les 100 verges sous la barre des 11 secondes. Les deux femmes se livrent une chaude lutte et égalent le record du monde en 11 secondes et neuf dixièmes. Mais la médaille d'or est octroyée à Walsh qui a devancé la Canadienne par quelques poussières. Deux jours plus tard, le 4 août, Strike est la dernière relayeuse du 4 fois 100 mètres canadien qui franchit la ligne d'arrivée avec un temps de 47 secondes, un dixième de seconde derrière les Américaines. Avec ses deux médailles d'argent, Hilda Strike est la première grande vedette féminine de l'athlétisme québécois. Elle participera à d'autres compétitions avant d'accrocher ses crampons pour de bon quelques années plus tard. En décembre 1980, un nouvel éclairage sera apporté sur sa performance du 2 août. L'autopsie qui survient après le décès de la Polonaise Stella Walsh, gagnante de la médaille d'or en 1932, permettra en effet d'apprendre que celle-ci avait des chromosomes males, une situation ambigüe qui fera dire à certains qu'en 1932, Hilda Strike aurait peut-être bien été, la femme la plus rapide au monde.
Source : David McDonald, À la gloire des Canadiennes: les meilleures athlètes du Canada, Roxdale, John Wiley and Sons, 1981, p.37-42.
Le 28 août 1932 Victoire de Zénon Saint-Laurent lors de la course en vélo Québec-Montréal
Le cycliste montréalais Zénon Saint-Laurent couvre la distance de 200 milles entre Québec et Montréal en un temps de 9 heures et 57 minutes.
Il s'agit d'une deuxième victoire consécutive pour Saint-Laurent dans cette épreuve. Il y a 29 coureurs qui prennent le départ de cette compétition qui débute devant le Château Frontenac. Treize seulement la termineront.
Le 25 août 1938 Annonce de l'interruption des activités des Maroons de Montréal de la Ligue nationale de hockey
L'équipe des MaroonsLe président des Maroons de Montréal, Tommy Gorman, annonce que l'équipe cessera ses activités pendant une saison. Les joueurs de Maroons pourront toutefois participer à la saison 1938-39 en s'alignant avec d'autres formations de la Ligue nationale de hockey (LNH).
Les Maroons ont connu une campagne désastreuse en 1937-38, ne remportant que 12 victoires en 48 rencontres. Leurs propriétaires étudient la possibilité de déménager l'équipe à Saint-Louis, mais cette proposition est refusée par la LNH. La direction des Maroons décide donc d'interrompre les activités de l'équipe pour un an et de permettre aux joueurs d'offrir leurs services à d'autres formations. Le président Tommy Gorman manifeste cependant le désir de donner la «première option» au Canadien de Montréal. Le président du Tricolore, Ernest Savard, affiche sa satisfaction en déclarant: « C'est notre intention de chercher à nous assurer les services de trois à quatre joueurs des Maroons et naturellement nous avons les yeux sur les meilleurs. » De fait, le Tricolore alignera en 1938-39 quelques ex-Maroons dont Herb Cain, Cy Wentworth et Stew Evans. En mai 1939, les Maroons annonceront qu'ils renoncent à effectuer un retour dans la LNH, une décision qui mettra fin à l'existence de cette franchise qui avait été fondée en 1924.
Source : La Presse, 26 août 1938, p.20, 15 mai 1939, p.21.
Le 19 août 1947 Annonce d'une transaction par le Canadien de Montréal
Le directeur gérant du Canadien de Montréal, Frank Selke, annonce qu'il a cédé le joueur de centre Buddy O'Connor et le défenseur Frank Eddols aux Rangers de New York en retour de Joe Bell, Hal Laycoe et George Robertson.
O'Connor avait marqué 78 buts en six saisons à Montréal. Mais Selke pense qu'il pourrait faire mieux à New York, allant même jusqu'à affirmer: « Buddy O'Connor n'était qu'un joueur sur le Canadien alors qu'il sera une vedette avec les Rangers. » En fin de compte, seul Hal Laycoe, un solide défenseur de 25 ans, aura un impact à Montréal où il restera jusqu'en 1951. Bell et Robertson feront un passage sans éclat avec le Tricolore alors que Frank Eddols ne fera guère mieux avec les Rangers.
Le 3 août 1949 Présentation du combat de boxe entre Johnny Greco et Laurent Dauthuille
Une foule record d'environ 20 000 personnes se rend au stade De Lorimier pour assister au match qui oppose le Français Laurent Dauthuille à Johnny Greco. Dauthuille l'emportera par knock-out au cinquième round.
Devenu un favori du public montréalais depuis son arrivée au Québec, Dauthuille a déjà livré quelques combats dans la métropole, défaisant notamment le « Bronx Bull », Jake LaMotta, le 21 février 1949. Le 13 septembre 1950, il obtiendra un autre combat contre LaMotta, cette fois pour le titre mondial des poids moyens, à Détroit. Menant largement aux points après 14 rounds, Dauthuille ne pourra résister à la poussée de LaMotta qui l'expédiera au plancher avec seulement quelques secondes à faire au combat. Le Français n'obtiendra plus jamais de combat pour le titre mondial.
Le 21 août 1955 Première traversée du lac Memphrémagog à la nage par Billy Connor
Nageur au lac MemphrémagogUn mois après la tentative infructueuse de Lorenzo Lamontagne, le Magogois Billy Connor devient le premier athlète à traverser le lac Memphrémagog à la nage. Connor réussit l'exploit après 18 heures et 35 minutes d'efforts.
Relancée par la réussite de Marilyn Bell au lac Ontario en septembre 1954, la nage de longue distance prend un nouvel élan. En juillet 1955, Jacques Amyot est devenu le premier homme à traverser le lac Saint-Jean. Puis, en juillet et août 1955, Lamontagne et Connor font leur tentative au Memphrémagog, un lac d'une longueur approximative de 26 milles dont une partie est située aux États-Unis. Après Connor, personne ne réussira à traverser le Memphrémagog jusqu'à ce qu'une grande compétition internationale soit mise sur pied à cet endroit, en 1979. Le premier vainqueur de cette nouvelle épreuve d'endurance sera l'Argentin Claudio Plitt.
Le 3 août 1958 Victoire de Greta Andersen à la traversée à la nage du lac Saint-Jean
Greta Andersen complète la traversée à la nage du lac Saint-Jean en un temps record de 8 heures et 17 minutes. Elle devient par le fait même la première femme à remporter cette épreuve qui en est à sa quatrième édition.
La Danoise de 29 ans devance deux nageurs du Québec, Helga Jensen et Réjean Lacourcière, ainsi que Joan Florentin des États-Unis et Gérard Caouette qui peine pendant 14 heures et 47 minutes avant de terminer l'épreuve. Il y avait 12 athlètes au départ, à la plage Vauvert. La tenue de cette édition est entourée d'une petite controverse. D'abord prévue pour le samedi 2 août, la course a finalement été reportée au 3, une décision prise dans des circonstances qui ont incité Jacques Amyot, premier vainqueur du lac Saint-Jean en 1955, à ne pas participer à la compétition. Greta Andersen, qui succède au docteur Paul Desruisseaux, recevra une bourse de 1 000 $ pour son exploit.
Source : Le Soleil, 4 août 1958, p.17; 5 août 1958, p.13.
Le 6 août 1960 Victoire de Régent Lacoursière à la traversée à la nage du lac Saint-Jean
Réjean LacoursièreAprès avoir terminé au deuxième rang l'année précédente, le Montréalais Régent Lacoursière remporte la traversée à la nage du lac Saint-Jean. Il réussit l'exploit en 9 heures 30 minutes et 12 secondes.
La victoire de Lacoursière lui mérite une bourse de 1 500 $ versée par le Club athlétique de Roberval. Une foule nombreuse attend les nageurs à cet endroit, mais seulement quatre d'entre eux terminent l'épreuve. Parmi eux on retrouve Robert Cossette, un athlète de Chicoutimi. La traversée du lac Saint-Jean à la nage a été réalisée pour la première fois en 1955 par Jacques Amyot.
Le 17 août 1960 Conquête du championnat canadien à la boxe par Robert Cléroux
Robert ClérouxLe boxeur Robert Cléroux remporte le championnat canadien des poids lourds à la boxe en défaisant George Chuvalo par décision partagée en douze rounds. Près de 14 000 spectateurs assistent à l'affrontement qui se déroule au stade De Lorimier.
Cléroux, un des rares poids lourds québécois du XXe siècle à s'illustrer dans les classements mondiaux, n'a subi qu'une seule défaite en une vingtaine de combats lorsqu'il devient champion canadien. Il n'a toutefois pas la partie facile puisque seulement deux juges sur trois lui donnent un avantage sur Chuvalo. Le 23 novembre 1960, Cléroux et Chuvalo se feront face à nouveau, ce dernier reprenant son titre par décision. Les deux hommes croiseront le fer une dernière fois le 8 août 1961. Cléroux remportera la victoire au terme d'un combat terne. Malgré ses efforts, le nouveau champion canadien ne réussira jamais à obtenir un match pour le titre mondial. Il se retirera une première fois en 1963 avant d'effectuer un retour en 1968.
Le 5 août 1961 Présentation d'une partie de football entre les Alouettes de Montréal et les Bears de Chicago
Les Alouettes de Montréal de la Ligue canadienne de football (LCF) et les Bears de Chicago de la Ligue nationale de football (LNF) se disputent une partie hors concours au stade Molson de Montréal. Les Bears remportent la victoire par la marque de 34 à 16.
Cette confrontation entre les deux ligues intrigue les amateurs de football, les équipes américaines étant généralement considérées plus fortes que celles qui évoluent dans le circuit canadien. C'est ce que reconnaît l'entraîneur des Alouettes, Perry Moss, lorsqu'il déclare quelques jours avant la rencontre: « Nous allons peut-être perdre 50-0 ou 80-0, peut-être que le pointage sera serré, je ne crois pas que ce soit important. Ce qui importe, c'est de prouver à la plupart de nos joueurs, qui n'ont jamais fait face au calibre de la NFL, qu'eux aussi sont des êtres humains; qu'eux aussi commettent des erreurs. » La partie se déroule avec 12 joueurs sur le terrain, comme c'est la coutume au Canada. Quant aux règles, elles sont celles de la LCF en première demie -notamment avec trois essais- et celles de la NFL en deuxième demie. Les 16 393 spectateurs présents ont droit à un match rude, les « Monstres du Midway » faisant honneur à leur réputation. Les Alouettes ne tirent toutefois de l'arrière que 13 à 9 au troisième quart avant que les hommes du légendaire George Halas ne prennent le contrôle en fin de partie, transformant une joute serrée en une victoire décisive de 34 à 16.
Source : La Presse, 4 août 1961, p.23; 5 août 1961, p.35-37; 7 août 1961, p.25.
Le 7 août 1966 Victoire de la hollandaise Judith de Nys à la traversée du lac Saint-Jean
Après 8 heures, 38 minutes et 57 secondes d'efforts soutenus, Judith de Nys devient la deuxième femme à remporter la traversée à la nage du lac Saint-Jean. La première à réaliser l'exploit avait été Greta Anderson en 1958.
Il s'agit d'une douce revanche pour de Nys qui, en 1964, lors de sa première présence au lac Saint-Jean, avait été incapable de conserver le premier rang à cause de problèmes de direction avec ses rameurs. Lors de l'édition de 1966, la Hollandaise devance l'Américain Tom Bucy et le Québécois Réjean Lacoursière par plus de quinze et vingt minutes respectivement. Cette victoire lui rapporte 4 200 $, dont 3 500 $ pour première place et 500 $ pour avoir été la première femme à l'arrivée, à Roberval.
Le 16 août 1969 Ouverture des premiers Jeux du Canada à Halifax
Jeux du Canada, HalifaxPlus de 2 500 athlètes, dont 250 du Québec, participent aux premiers Jeux du Canada qui se déroulent à Halifax, en Nouvelle-Écosse.
Ces Jeux, qui se terminent le 25 avril, coûtent environ 1 million de dollars. Le Québec y fait belle figure, remportant une troisième position aux médailles et une quatrième au système des points. En tout, ses athlètes ramènent 40 médailles, dont neuf d'or. Parmi ceux qui se distinguent, soulignons les noms de Jean Perreault, en ski nautique, Robert Bédard et Andrée Martin, en tennis, et Gilles Durand, en cyclisme. C'est l'Ontario qui récolte la première position au classement des provinces.
Source : La Presse, 16 août 1969, p.15 et 25 août 1969, p.27.
Le 13 août 1971 Ouverture des premiers Jeux du Québec à Rivière-du-Loup
Jeux du Québec à Rivière-du-LoupPlus de 3 000 jeunes sont réunis à Rivière-du-Loup pour la première des Jeux du Québec. Cette compétition d'envergure provinciale rassemble des athlètes qui se sont distingués dans différentes disciplines sportives.
En décembre 1968, une nouvelle initiative est mise sur pied pour stimuler la participation sportive des jeunes: la création des Jeux du Québec. Les Jeux du Québec se déroulent en deux temps. Des finales régionales sont d'abord tenues pour sélectionner les athlètes qui défendront les couleurs des quinze régions représentées (le nombre changera avec les années). Ces athlètes sont ensuite conviés à une grande finale provinciale qui a lieu pour la première fois à Rivière-du-Loup, entre le 13 et le 22 août 1971. Comme aux Jeux Olympiques, une grande cérémonie d'ouverture, à laquelle assiste le premier ministre Robert Bourassa, inaugure les compétitions. Comme c'est également la cas aux Olympiques, les athlètes habitent à proximité des sites de compétition, ce qui entraîne un important déploiement logistique (transport, nourriture, hébergement). Plus de 3 000 jeunes prennent part à cette première édition. Vingt-trois disciplines sont au programme, dont le tennis, l'athlétisme, le ski nautique, la natation, la crosse, le golf, etc. Même si l'accent est mis sur la participation, l'élite est récompensée par la remise de médailles d'or, d'argent et de bronze. Une distribution de points permet également d'établir un classement entre les régions. À Rivière-du-Loup, c'est la région de Québec, suivie de celle du Saguenay-Lac-Saint-Jean, qui décroche les grands honneurs. En 1972, Montréal sera l'hôte des premiers Jeux du Québec d'hiver. Par la suite, cette grande fête sportive se répétera à tous les ans, mais dans des régions différentes. Dans la liste des villes hôtesses, on retrouvera des noms comme Trois-Rivières, Jonquière, Sherbrooke et Amos. Au début des années 80, la fréquence changera: les Jeux n'auront maintenant lieu qu'à tous les deux ans.
Source : Collectif, Le Mémorial du Québec, Tome VIII, 1966-1976, Le Québec accueille ses premiers Jeux, Montréal, Éd. du Mémorial, 1979, p.228-233.
Le 13 août 1974 Présentation des championnats mondiaux de cyclisme à Montréal
Pour la première fois de son histoire, la ville de Montréal accueille les championnats du monde de cyclisme, une compétition de 12 jours qui réunit à la fois amateurs et professionnels, ainsi que spécialistes de la piste et de la compétition sur route.
Une cinquantaine de pays sont représentés dans les différentes épreuves. Dans un premier temps, la compétition est axée sur les épreuves de piste. Le champion français Daniel Morelon déçoit quelque peu dans le sprint, alors que chez les amateurs, le Tchécoslovaque Anton Tkac remporte les grands honneurs. Deux ans plus tard, les deux hommes se retrouveront face à face à Montréal lors des Jeux Olympiques. Les épreuves sur route retiennent ensuite l'attention. Les Suédois gagnent la course de 100 kilomètres en équipe, alors que l'équipe canadienne, formée de quatre Québécois (Robert Van Den Eynde, Serge Proulx, Gilles Durand, Marc Blouin), cause une agréable surprise en enlevant la 17e position. Le climax de ces championnats survient le 25 août avec la tenue de l'épreuve de 262 kilomètres sur route à laquelle participent les grands noms du cyclisme professionnel (Eddy Merckx, Felice Gimondi, Raymond Poulidor, Bernard Thèvenet, Freddy Maertens, etc.). Ceux-ci testeront le circuit de 12,5 kilomètres du Mont-Royal, parcours qui sera vraisemblablement celui retenu pour la compétition sur route des Jeux Olympiques de 1976. Parsemé de côtes abruptes et de descentes prononcées, ce tracé est à ce point difficile qu'il fait dire au grand champion belge Merckx: « C'est un assassinat! » En tout, 70 concurrents sont au départ. Il n'en restera que 18 à l'arrivée dont les deux premiers, Merckx et le Français Raymond Poulidor qui fait la vie dure au Belge avant de céder dans le dernier droit après 6 heures et 52 minutes de travail. Soulignons qu'en 1974, Merckx a déjà triomphé lors des Tours d'Italie, de Suisse et de France. Du côté féminin, la Française Geneviève Gambillon enlève la course de cinq tours. Un succès de participation couronne ces deux semaines de compétition. Le vélodrome installé à l'Université de Montréal a attiré un bon nombre de spectateurs alors que la course sur route aurait été suivie par 200 000 personnes.
Source : La Presse, 24 août 1974, p.B1, 26 août 1974, p.1, A6 et B1. Le Devoir, 14 août 1974, p.10.
Le 1er août 1975 Tenue d'une compétition internationale de gymnastique à Montréal
Un an avant la tenue des Olympiques, plusieurs compétitions d'envergure sont organisées à Montréal pour permettre à l'organisation des Jeux de se roder et familiariser les amateurs avec les disciplines qui seront au programme à cette occasion.
Une de ces compétitions attire à Montréal quelques-uns des meilleurs gymnastes au monde. Le 1er août, 8 000 spectateurs s'entassent au Forum pour assister à une compétition internationale de gymnastique qui met notamment en vedette la roumaine Nadia Comaneci et la soviétique Nelli Kim. Cette dernière donnera des prestations de haut niveau, enlevant trois des quatre finales au programme, l'autre, les barres asymétriques, étant remportée par Comaneci. L'année suivante, les deux seront de retour à Montréal. Cette fois, c'est la jeune roumaine qui aura le dernier mot.
Le 24 août 1979 Ouverture de la Coupe du monde d'athlétisme au stade Olympique de Montréal
Trois ans après la tenue des Jeux Olympiques, Montréal est l'hôte de la Coupe du monde d'athlétisme. Cette compétition internationale de trois jours a lieu dans l'enceinte du stade Olympique.
Les grands noms de l'athlétisme international (Edwin Moses, Evelyn Ashford, Mirutz Yifter) et les meilleurs athlètes canadiens, dont la spécialiste du saut en hauteur, Debbie Brill, sont à Montréal pour participer à cette Coupe du monde. L'Américaine Evelyn Ashford, qui remporte le 100 mètres et pulvérise la marque mondiale sur 200 mètres, est honorée du titre d'athlète féminine de la compétition. Chez les hommes, le titre revient à l'Éthiopien Mirutz Yifter, auteur d'un doublé sur 5 000 et 10 000 mètres. Une autre belle performance est celle de l'Américain Larry Myricks qui réalise le deuxième meilleur saut en longueur de l'histoire avec 8 mètre 52. Au cours des deux premières journées de compétition, le public est peu nombreux. Le dimanche, les 30 000 amateurs présents ont toutefois droit à une bonne dose de suspense alors que la Canadienne Debbie Brill remporte le saut en hauteur avec un bond de 1 mètre 95. En tout, environ 70 000 spectateurs se sont déplacés pour assister à cette Coupe du monde qui est remportée par l'équipe américaine.
Le 25 août 1979 Tenue du premier Marathon international de Montréal
Marathon international de MontréalEnviron 9 000 coureurs participent à la première édition du Marathon international de Montréal (MIM). Le départ de la course se fait sur le pont Jacques-Cartier alors que l'arrivée a lieu sur l'Île Sainte-Hélène.
Le lendemain, un petit groupe de coureurs d'élite, au sein duquel on retrouve le double champion du marathon de Boston, Bill Rodgers, parcourt la même distance. On y retrouve d'autres athlètes de calibre international, dont le gagnant, Kebede Balcha, qui couvre la distance en 2 heures 11 minutes et 35 secondes malgré un temps chaud. Du côté féminin, la gagnante est Jacqueline Gareau, une athlète québécoise qui franchit les 26 milles en un peu plus de 2 heures et 40 minutes. Au cours des années 80, le MIM attirera un nombre grandissant de coureurs, parfois jusqu'à 12 000. Puis, vers la fin de la décennie, sa popularité chutera graduellement. Il disparaîtra éventuellement au cours des années 90.
Le 26 août 1980 Annonce de l'acquisition des frères Statsny par les Nordiques de Québec
Marian, Peter et Anton StastnyLe président des Nordiques de Québec, Marcel Aubut, annonce que son équipe vient de mettre sous contrat les frères Peter et Anton Stastny, deux membres de l'équipe nationale de Tchécoslovaquie qui ont quitté leur pays pour jouer au hockey professionnel en Amérique.
Cette nouvelle survient à un moment où les hockeyeurs des pays de l'Europe de Est doivent quitter leur pays à leurs risques pour joindre les rangs de la Ligue nationale de hockey (LNH). Un autre Stastny, Marian, viendra rejoindre ses deux frères peu de temps après. La présence de ces trois joueurs, qui évolueront parfois sur la même ligne d'attaque, aura un impact déterminant sur les succès des Nordiques. À sa première saison dans la LNH, Peter Stastny, qui est âgé de 25 ans (il est né le 18 septembre 1956) récoltera 39 buts et 70 mentions d'assistance et sera élu recrue de l'année. Pour sa part, Anton connaîtra une saison de 39 buts et 46 passes. Peter, un des meilleurs joueurs de la LNH au cours des années 80, restera associé aux Nordiques de Québec jusqu'en 1990.
Source : Benoît Cléroux, Les Nordiques de Québec : toute l'histoire de 1972 à 1995, Montréal, Éditions de l'Homme, 2001, 415 pages.
Le 6 août 1984 Obtention de deux médailles d'or pour le Canada aux Jeux de Los Angeles
Sylvie Bernier sur la plus haute marche du podium à Los Angeles, entourée des Américaines Christine Seufert (gauche) et Kelly McCormick (droite)La plongeuse québécoise Sylvie Bernier remporte une médaille d'or lors de sa première participation aux Jeux olympiques. Cinq jours plus tard, le kayakiste Alwyn Morris gagne aussi une médaille d'or olympique.
Après leurs insuccès de 1972 et 1976 et le boycott de 1980, les athlètes canadiens vivent des moments plus réjouissants à l'été 1984, aux Jeux de Los Angeles. Le boycott des pays du bloc communiste tient à l'écart plusieurs athlètes qui figurent avantageusement dans leurs disciplines respectives. La porte est ouverte pour les Canadiens qui obtiennent 44 médailles, dont 10 d'or, la plus importante récolte de l'histoire de leur pays. Plusieurs Québécois se distinguent. Le 2 août, le poids moyen Jacques Demers gagne l'argent en haltérophilie, une première pour un Québécois dans ce sport depuis Gérard Gratton aux Jeux d'Helsinki, en 1952. Le 6 août 1984, l'attention des médias se tourne vers la piscine où se déroule la finale du plongeon au tremplin de trois mètres. Les Américains s'intéressent particulièrement aux performances de Kelly McCormick, la fille de Pat McCormick, championne en plongeon aux Jeux de 1952 et 1956. C'est toutefois une jeune femme de Sainte-Foy, Sylvie Bernier , qui prend les commandes de la compétition. Bernier, qui plonge depuis une douzaine d'années, possède un palmarès imposant. Sa participation à toutes les compétitions importantes -Jeux panaméricains, universitaires, du Commonwealth, championnats du monde- lui a donné une expérience dont elle tire profit à Los Angeles. Elle se forge une avance que ni les Américaines, ni les Chinoises, favorites pour l'emporter, ne parviennent à menacer. Première Canadienne de l'histoire à remporter une médaille d'or olympique en plongeon, Sylvie Bernier devient une vedette instantanée au Québec. Cinq jours plus tard, le kayakiste montréalais Alwyn Morris remporte une autre médaille pour le Canada. Après avoir gagné le bronze la veille sur 500 mètres avec son compatriote Hugh Fraser, Morris accède cette fois à la plus haute marche du podium. Toujours avec Fraser, il termine premier à l'épreuve du 1 000 mètres (K-2). Les photos de Morris, sourire aux lèvres et plume à la main, feront la une des journaux et la fierté de milliers de Canadiens d'origine amérindienne.
Source : Cahier sports: La Presse, 6 août 1984, p.6. 11 août 1984, p.C1-C2.
Le 13 août 1994 Déclenchement d'un arrêt de travail majeur dans le baseball professionnel
En plus de mettre un terme aux activités du baseball majeur pour 1994, le déclenchement d'un arrêt de travail interrompt la saison la plus productive de l'histoire des Expos de Montréal.
La nomination de Felipe Alou au poste d'entraîneur chef des Expos de Montréal, le 22 mai 1992, marque le début d'une ère nouvelle. Après une saison de 94 victoires en 1993, les Expos atteignent un sommet en 1994 en remportant 74 de leurs 114 premières rencontres. Cette fiche leur confère le premier rang de la division Est de la Ligue nationale, six parties devant les Braves d'Atlanta. Tout semble aller pour le mieux quand, le 34 août, un conflit de travail entre les propriétaires d'équipes et l'Association des joueurs met un terme à la saison. L'artilleur montréalais Ken Hill résume la situation de la façon suivante: « La dernière chose que nous voulions était le déclenchement de la grève. C'est une grande déception pour toute l'équipe. En revanche, je retourne aujourd'hui dans la région de Boston avec le sentiment d'accomplir le bon geste. Nous devons prendre position. L'unité des joueurs ne fait aucun doute. Nous supportons sans réserve la position de notre Association. » Pour la première fois depuis 1903, il n'y aura pas de Série mondiale. Cette situation cause un préjudice irréparable aux Expos qui, pour la première fois depuis 1981, entrevoient la possibilité de participer aux séries de fin de saison. Le bras de fer entre les partenaires du baseball majeur est suivi de près à Montréal où l'on souhaite l'adoption de mesures permettant d'enrayer l'escalade salariale entreprise depuis le milieu des années 70. En 1992, le salaire moyen d'un joueur des ligues majeures s'établit à 1 million de dollars. Les Expos s'inquiètent de cette croissance. Celui qui est à la tête de la société en commandite qui est propriétaire de l'équipe depuis juin 1991, Claude Brochu, espère qu'une éventuelle formule de partage des revenus tiendra compte des capacités financières des formations moins fortunées. Son souhait n'est que partiellement exaucé. Lorsque le baseball reprendra ses activités, en avril 1995, les Expos orienteront leur stratégie sur deux axes: se délester de leurs joueurs les plus coûteux (Larry Walker, John Wetteland, Ken Hill, etc.) et tenter d'obtenir la construction d'un nouveau stade à Montréal. Cette approche fera l'objet de nombreuses discussions. L'injection de fonds publics que nécessite le nouveau stade fera passer le baseball des pages sportives aux pages financières et politiques. À l'heure des déficits gouvernementaux et des coupures dans les programmes sociaux, la question de la survie des Expos deviendra un véritable débat de société sur lequel tous, amateurs de baseball ou non, auront une opinion.
Le 3 août 1996 Victoire de Bruny Surin aux Jeux d'Atlanta avec l'équipe canadienne du relais quatre fois 100 mètres
Donovan Bailey, Bruny Surin, Robert Esmie et Glenroy Gilbert célèbrent leur victoire au 4 x 100 m des Jeux olympiques d'AtlantaLe Canada devance les États-Unis en finale du relais quatre fois 100 mètres des Jeux Olympiques d'Atlanta. Cette victoire met en évidence le Québécois Bruny Surin et l'Ontarien Donovan Bailey, recordman mondial du 100 mètres.
Double champion du monde en salle, sur 60 mètres (1993, 1995), deuxième sur 100 mètres lors des championnats du monde d'athlétisme, en 1995, Bruny Surin est un des athlètes québécois les plus en vue à la veille des Jeux Olympiques d'Atlanta, en 1996. Malheureusement, il connaît des Jeux difficiles. Évincé de la finale de sa spécialité, le 100 mètres, il se contente d'être spectateur lorsque son compatriote Donovan Bailey remporte cette épreuve en un temps record de 9,84 secondes. Surin retrouve ses moyens lors de la finale du relais quatre fois 100 mètres (3 août 1996) qu'il court aux côtés de Robert Esmie, Glenroy Gilbert et Donovan Bailey. Troisième relayeur du Canada, il fait un parcours sans faute avant de remettre le témoin à Bailey qui concrétise la victoire canadienne en 37,69 secondes. D'autant plus convaincante qu'elle est obtenue aux États-Unis, devant la puissante équipe américaine, cette victoire spectaculaire constitue indiscutablement un des plus grands moments de l'histoire de l'olympisme canadien. Appelé à commenter l'événement, Surin exulte: « Tu te rends compte on les a battus. C'est la première fois que je cours devant 85 000 personnes silencieuses. On leur (les Américains) a fermé la gueule pour une fois! [...] »
Le 11 août 1996 Présentation de la finale des internationaux du Canada au nouveau stade du parc Jarry
Les premiers internationaux de tennis du Canada présentés au nouveau stade du parc Jarry sont couronnés de succès. En tout, 114 432 billets ont été vendus au cours de cette semaine pendant laquelle les plus grandes joueuses de tennis au monde se sont affrontées à Montréal.
La construction de ce nouveau complexe, que l'on appelle aussi stade Du Maurier, a nécessité des déboursés de l'ordre de 24 millions de dollars. Le court central, dont la capacité est passée à 10 500 sièges, est entouré de onze autres courts extérieurs et de huit courts intérieurs. Les efforts du directeur du tournoi, Richard Legendre, sont récompensés lors de la finale alors que Monica Seles défait Arantxa Sanchez Vicario 6-1 et 7-6 devant un foule ravie.
Le 18 août 2002 Victoire de la Française Amélie Mauresmo lors d'un tournoi de tennis présenté au stade DuMaurier
La Française Amélie Mauresmo cause une surprise en défaisant facilement l'Américaine Jennifer Capriati en deux sets, 6-4 et 6-1, en finale du tournoi pour la coupe Rogers - AT&T présenté au parc Jarry de Montréal.
La gagnante, qui empoche 282 000 $ pour ses efforts, reconnaîtra après la rencontre: « Franchement, je ne pensais pas aller si loin. Je ne venais pas ici pour gagner le tournoi; je venais pour me préparer au US Open. C'est une grosse victoire pour moi. » Ce triomphe de Mauresmo couronne une semaine de tennis marquée par la canicule, le retrait prématuré de la favorite, l'Américaine Serena Williams, et une assistance record pour les femmes de 163 941 spectateurs. En 2003, c'est Toronto qui accueillera les meilleurs joueuses de tennis au monde, alors que Montréal sera l'hôte d'un tournoi masculin d'envergure internationale.
Source : La Presse, 18 août 2002, p.S3, 19 août 2002, p.S3-S5.
Le 25 août 2002 Tenue d'une course de la série Cart sur le circuit Gilles-Villeneuve, à Montréal
L'Écossais Dario Franchitti clôture une fin de semaine mémorable en remportant la première épreuve du circuit automobile Cart à se dérouler sur le circuit Gilles-Villeneuve, dans l'île Notre-Dame.
En tout, environ 172 000 spectateurs assistent aux trois jours de l'événement (qualifications et course), un record pour une épreuve Cart présentée au Canada. La présence de deux pilotes québécois au sein de l'écurie Player's, Patrick Carpentier et Alexandre Tagliani, explique en partie cet engouement. Contraint à l'abandon au 28e tour, Carpentier ne peut cependant se faire justice devant ses partisans. Ralenti par des problèmes à sa boîte de vitesses, Tagliani doit pour sa part se contenter du 11e rang, loin derrière le meneur. L'infortune des pilotes québécois n'obscurcit toutefois pas le succès de l'événement qui reviendra à Montréal en septembre 2003.
Le 22 août 2004 Conquête d'une médaille d'or par Chantal Petitclerc aux Jeux Olympiques d'Athènes
Chantal PetitclercChantal Petitclerc, une athlète handicapée spécialiste des courses en fauteuil roulant, remporte la plus grande victoire de sa carrière en décrochant la première place de l'épreuve de 800 mètres présentée dans le cadre des Jeux Olympiques d'Athènes.
Même si elle ne compte pas au classement officiel des médailles, cette victoire apporte un peu de consolation aux Canadiens qui ont vu leurs athlètes connaître des débuts difficiles à ces Jeux de la 28e olympiade. Au cours de la première semaine de compétition, la récolte du Canada s’est limitée à trois médailles, deux d’argent et une de bronze. La journée du 22 août est toutefois marquée par deux brillantes performances, dont celle de Petitclerc, qui couvre la distance de 800 mètres en 53,66 secondes, juste devant l’Autrichienne Eliza Stankovich qui termine au second rang. L’autre est l’œuvre du gymnaste albertain Kyle Shewfelt qui enlève l’or lors des exercices au sol. Il sera imité quelques jours plus tard par sa compatriote Lori-Ann Muenzer qui accédera à la plus haute marche du podium en remportant l’épreuve cycliste de vitesse sur piste. Chantal Petitclerc sera de retour en Grèce dans quelques semaines pour prendre part aux Jeux paralympiques, des compétitions handisport que se disputent des milliers d’athlètes provenant de différents pays du globe.
Source : La Presse, 23 août 2004, Sports p.1-2; 25 août 2004, Sports p.5.
Le 29 août 2004 Dénouement des Jeux Olympiques d'été présentés à Athènes
Des cérémonies grandioses marquent la fin des Jeux Olympiques d'Athènes. Au cours de cette quinzaine, les athlètes canadiens ont remporté 12 médailles, soit trois d'or, six d'argent et trois de bronze.
Il s’agit d’un résultat légèrement inférieur à celui des Jeux olympiques de Sydney, en 2000, alors que le Canada avait remporté 14 médailles, dont trois d’or. Cette récolte à la baisse et l’absence de médaillés canadiens dans des disciplines comme la natation et l’athlétisme relancent le débat sur le programme olympique et le financement que le gouvernement devrait accorder au développement des athlètes d’élite. Les trois Canadiens qui ont eu accès à la plus haute marche du podium sont Kyle Shewfelt (gymnastique), Lori-Ann Muenzer (cyclisme) et Adam van Koeverden (kayak). Chez les Québécois, le plongeur Alexandre Despatie, au tremplin de trois mètres, et Marie-Hélène Prémont, une spécialiste du vélo de montagne, ont été les seuls à récolter l’argent. Enfin, toujours chez les Québécois, soulignons les médailles de bronze d’Émilie Heymans, en plongeon synchronisé avec Blithe Hartley, et de la kayakiste Caroline Brunet. Âgée de 35 ans, cette dernière annonce sa retraite de la compétition après une impressionnante carrière au cours de laquelle elle a remporté une kyrielle de titres mondiaux et trois médailles olympiques, dont l’argent à Atlanta, en 1996, et à Sydney, en 2000. Selon Brunet: « Ça fait longtemps que je sais que c’est la fin après les Jeux. J’ai hâte de passer à autre chose. »
Source : La Presse, 30 août 2004, p.1 et A2, Cahier Sports S1 à S11.
Le 4 août 2007 Présentation d'une course Nascar à Montréal
Une épreuve Nascar de la série Busch est présentée pour la première fois à Montréal. L'événement s'avère un succès alors que près de 70 000 personnes assistent à la victoire de Kevin Harvick devant le favori de la foule, le Québécois Patrick Carpentier.
D'une grande popularité aux Etats-Unis, le circuit Nascar (National Association for Stock Car Auto Racing) comprend plusieurs niveaux. Après la série Nextel, la série Busch est la deuxième plus forte. La présentation d'une de ses épreuves en sol québécois constitue un événement important. Habituellement, les courses se déroulent sur une piste ovale, mais à Montréal, c'est sur le circuit Gilles-Villeneuve, également utilisé pour la formule 1, que les pilotes doivent rivaliser. Assez familier avec les particularités du Nascar (voitures plus nombreuses et plus lourdes, contacts fréquents et système de points différent de la formule 1), le public répond bien aux attentes des organisateurs. Environ 130 000 spectateurs assistent aux deux jours de compétition. N'est pas étranger à ce succès populaire la présence de pilotes québécois qui luttent pour les premières positions. C'est le cas d'Andrew Ranger en Nascar Canadian Tire, qui n'est devancé, et de justesse, que par Kerry Micks. Patrick Carpentier fait également vivre de fortes sensations aux amateurs dans l'épreuve de la série Busch en talonnant le vainqueur, Kevin Harvick, jusque dans le dernier droit. A la lumière de cette première, les observateurs considèrent plausible l'hypothèse d'un retour du circuit Nascar à Montréal sur une base annuelle.
Source : La Presse, 4 août 2007, Sports p. 2-3 ; 5 août 2007, Sports p. 1-3.
Le 8 août 2008 Participation des athlètes canadiens aux Jeux olympiques d'été de Beijing
Adam van KoeverdenLes Jeux olympiques de Beijing sont un retentissant succès pour la Chine dont l'organisation et les athlètes épatent le monde entier. Les compétitions permettent également à plusieurs Canadiens de se distinguer dans les différentes disciplines au programme, notamment l'aviron, le kayak et le plongeon.
Des centaines de millions de téléspectateurs assistent en direct, le 8 août 2008, à des cérémonies d'ouverture spectaculaires qui reçoivent des critiques enthousiastes. Après des mois d'anticipation, marqués par le périple tumultueux de la flamme olympique, des appels au boycott et les protestations en faveur des droits des Tibétains, les Jeux olympiques se mettent en branle. Pour les Canadiens, la première semaine de compétition s'avère peu fructueuse. Blanchis du tableau des médailles pendant quelques jours, ils réussissent néanmoins à se distinguer dans différentes disciplines, particulièrement pendant la deuxième semaine au cours de laquelle ils obtiennent plusieurs médailles. En tout, le Canada récolte 18 médailles, un total supérieur à celui obtenu à Athènes en 2004, dont 3 d'or. Elles sont l'œuvre de la lutteuse Carol Huynh, d'Éric Lamaze en sport équestre et du huit masculin en aviron. Chez les Québécois, les plongeurs Alexandre Despatie et Émilie Heymans effectuent aussi de brillantes performances, terminant deuxièmes derrière les athlètes chinois, grands favoris du public. La spécialiste du taekwondo Karine Sergerie s'illustre également avec l'argent dans la catégorie des 67 kilos. Le Canada reste à court de son total record de Los Angeles en 1984 -influencé largement par le boycott des pays du bloc communiste- , mais l'impact de nouvelles mesures de financement et la jeunesse de plusieurs membres de la délégation laissent présager un avenir intéressant. Sur le plan international, les grandes figures de ces Jeux sont le nageur américain Michael Phelps, huit fois médaillé d'or, ainsi que le sprinter jamaïcain Usain Bolt, qui a établi trois records du monde. Les grands gagnants des Jeux sont toutefois les Chinois qui terminent en tête du classement des médailles d'or avec 51, en plus de présenter au monde une image positive de leur pays.
Source : La Presse, 25 août 2008, p. A1-A3 et Cahier Sports; http://pekin.radio-canada.ca/pekin/olympiques/2008/08/24/003-cloture-pekin.shtml# et autres sites
Le 30 août 2009 Présentation de courses Nascar à Montréal
Privés de la présentation d'un Grand Prix de formule 1 pour la première fois depuis 1987, les amateurs de course automobile de Montréal tournent leur intérêt vers le circuit Nascar qui fait courir les foules au circuit Gilles-Villeneuve.
Des courses Nascar ont été présentées à Montréal depuis 2007, mais celles qui se déroulent en août 2009 revêtent un cachet particulier. D'une part, c'est la première année depuis 1987 au cours de laquelle le Grand Prix de formule 1 du Canada n'est pas présenté. De l'autre, Nascar permet à cinq pilotes québécois de se mettre en évidence, ce qui est de nature à capter l'attention des médias et du public. L'un d'entre eux, Andrew Ranger, s'illustre dès le matin du 30 août en terminant deuxième dans la série Canadian Tire. Le plat de résistance est toutefois l'épreuve de la série Nationwide qui se tient l'après-midi. Au terme d'une course fertile en rebondissements, marquée par des averses et de nombreuses neutralisations, Ranger brille à nouveau avec une troisième place. Le vétéran Jacques Villeneuve obtient pour sa part la quatrième position alors que Patrick Carpentier occupe même la tête, à un moment donné, avant d'être contraint à l'abandon. Le public est également en mesure d'apprécier le travail de deux autres Québécois -Alexandre Tagliani, Jean-François Dumoulin. L'engouement généré par cette course, remportée par l'Américain Carl Edwards, s'accompagne d'une autre bonne nouvelle puisque les rumeurs d'un retour de la formule 1 à Montréal en 2010 se font de plus en plus persistantes.
Source : La Presse, 31 août 2009, p. S1-3; http://www.radio-canada.ca/sports/sports_motorises/2009/08/30/005-nascarnationwide_course.shtml
Le 2 août 2013 Présentation des Jeux d'été du Canada à Sherbrooke
Jeux d'été du Canada à SherbrookeAprès plusieurs années de préparation, Sherbrooke, dans les Cantons-de-l'Est, devient la première ville québécoise de l'histoire à accueillir les Jeux d'été du Canada. Plus de 4 200 participants prennent part à cet événement de deux semaines qui mobilise plus de 6 000 bénévoles.
Après Québec, hôtesse des premiers Jeux du Canada d'hiver de l'histoire, en 1967, aucune ville québécoise n'a présenté cet événement au cours du XXe siècle. Il faut attendre la XXIVe édition de ces Jeux qui se déroulent aux deux ans, en alternance entre ceux d'été et d'hiver, pour que Sherbrooke ne soit choisie par le comité de sélection. Surnommée la Reine des Cantons-de-l'Est, cette ville de près de 160 000 habitants possède plusieurs installations sportives de qualité, utilisées notamment lors de compétitions d'envergure comme les Championnats du monde jeunesse d'athlétisme, en 2003. La présence de deux universités (Sherbrooke, Bishop's) est également un atout de taille mis à profit dans la présentation des épreuves ainsi que l'hébergement des athlètes. Le défi est majeur: environ 4 200 participants, répartis dans 20 disciplines, seront de la partie. Des personnalités influentes sont sollicitées pour le relever, comme la présidente Monique F. Leroux du Mouvement Desjardins, le président du Conseil d'administration et du Comité exécutif Tom Allen, le directeur général Luc Fournier, etc. Surtout, plus de 6 000 bénévoles doivent mettre la main à la pâte pour permettre la tenue de ces Jeux qui ont également un volet culturel. Les organisateurs s'engagent aussi à faire de cette quinzaine le premier événement sportif d'envergure au Canada à être « responsable » sur le plan environnemental. Les cérémonies d'ouverture et de fermeture ainsi que les compétitions, qui se déroulent du 2 au 17 août, suscitent un vif intérêt. Plusieurs athlètes se démarquent avec plusieurs médailles, dont les Ontariens Katie Vincent (canoë-kayak) et Brandon McBride (athlétisme) ainsi que l'Albertaine Sage Watson (athlétisme). Les Québécois ont aussi un coup de cœur pour leurs représentants, notamment Sarah-Jane Caumartin (canoë-kayak), Léandre Bouchard (vélo de montagne), Éloïse Bélanger (plongeon) de même que l'équipe de soccer masculine qui récolte l'or. L'Ontario termine au premier rang du classement des médailles - 213 médailles, dont 95 d'or - , devant la province hôtesse - 172 médailles, 53 d'or. L'excellence de l'organisation sherbrookoise est saluée à maintes reprises. Elle est récompensée, entre autres, par l'amélioration de plusieurs sites et équipements sportifs. Un fonds de 1 million de dollars profitera aussi au développement du sport d'excellence dans la région. Enfin, des retombées économiques importantes sont attendues, ces Jeux, télédiffusés d'un océan à l'autre, ayant constitué un moment fort de la saison touristique en Estrie.
Source : La Tribune, 19 août 2013, p. 1 et al. ; http://www.radio-canada.ca/regions/estrie/2013/08/17/007-bilan-derniere-journee-competition-jeux-du-canada-sherbrooke.shtml http://www.jeuxducanada2013.ca/
Le 21 août 2015 Congédiement de l'entraîneur des Alouettes de Montréal, Tom Higgins
Tom HigginsDeux franchises sportives professionnelles montréalaises entreprennent un tournant alors que les Alouettes de Montréal congédient leur entraîneur, Tom Higgins, le 21 août 2015, et que l'Impact de Montréal fait de même le 29 août, en remerciant Frank Klopas de ses services.
Tom Higgins arrive à Montréal en février 2014, après une longue carrière comme entraîneur et directeur de l'arbitrage de la Ligue canadienne de football (LCF). L'équipe doit alors se remettre de la retraite de son quart étoile, Anthony Calvillo. Malgré une saison difficile, Higgins est de retour en 2015. Le 21 août, il est toutefois congédié et remplacé par le directeur général Jim Popp. Higgins avait compilé une fiche de 12 victoires et 14 défaites en deux saisons. Pour sa part, Popp a dirigé les Alouettes à trois autres reprises depuis 2001, remplaçant successivement Rod Rust, Don Matthews et Dan Hawkins. Derniers dans la section Est, les Montréalais craignent d'être exclus des séries, une éventualité qui les incite aussi à remercier l'entraîneur des receveurs de passes, Turk Schonert, le 5 septembre. Quelques semaines après l'embauche du joueur étoile Didier Drogba, c'est au tour de l'Impact de Montréal, de la Major League Soccer (MLS), de limoger son entraîneur Frank Klopas le 29 août. Depuis l'arrivée de ce dernier, au début de 2014, l'équipe avait un palmarès de 16 victoires, 16 défaites et 26 parties nulles. L'Impact connaît une séquence difficile en août 2015, avec une victoire à ses sept dernières rencontres. Cette série noire convainc les dirigeants de confier les rênes de l'équipe à Mauro Biello, qui était entraîneur adjoint à ce moment. Celui-ci n'a aucune expérience comme entraîneur chef. À l'image des Alouettes, l'Impact espère par cette décision secouer l'équipe et lui permettre d'accéder aux séries de fin de saison.
Le 21 août 2016 Performances des athlètes québécoises aux Jeux olympiques d’été de Rio de Janeiro
Un texte original du Bilan Québec rédigé par un, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Le Canada obtient 22 médailles, dont 4 d’or, lors des Jeux olympiques d’été se déroulant à Rio de Janeiro du 5 au 21 août 2016. Le Québec contribue modestement à cette récolte, profitant surtout des performances de ses athlètes féminines qui se distinguent dans différentes disciplines, sans toutefois atteindre la plus haute marche du podium.
Les athlètes du Québec font habituellement très belle figure aux Jeux olympiques d’hiver, mais sont plus discrets lors des Jeux d’été. C’est encore le cas en 2016. Malgré leur brio, leurs représentantes dans les sports d’équipe, comme Karen Paquin, Bianca Farella (rugby à 7), Rhian Wilkinson et Josée Bélanger (soccer), doivent se contenter de la médaille de bronze. Même résultat pour les nageuses Katherine Savard et Sandrine Mainville qui obtiennent également le bronze dans les épreuves à relais, soit respectivement le 4 fois 100 et le 4 fois 200 mètres. La plongeuse Meaghan Benfeito se classe 3e à la tour de 10 mètres, et décroche le même rang en plongeon synchro avec sa partenaire Roseline Filion. La seule exception à la règle est le vétéran Éric Lamaze, qui gagne le bronze dans l’épreuve de saut d’obstacles, venant à un contact de conquérir l’or. Il s’agit de la seule médaille masculine québécoise à Rio.
Le 25 août 1901 Première exposition de Marc-Aurèle Suzor-Côté
Un des futurs grands maîtres de l'art visuel au Québec, Marc-Aurèle Suzor-Côté, présente sa première exposition à Montréal.
C'est à la galerie Scott and Son de la rue Notre-Dame que la première exposition de Suzor-Côté a lieu. Elle s'avère un véritable succès alors que tous les tableaux sont vendus. Après l'exposition, Suzor-Côté prend la parole lors d'un banquet présidé par le premier ministre Wilfrid Laurier qui réunit famille et admirateurs du peintre : « devenu peintre, c'est vrai... Mais il me reste beaucoup à faire (...) devenir artiste (...) J'ai travaillé cependant sérieusement, avec toute l'application dont un peintre est capable quand il aime son art, en est pénétré et qu'il en fait le but de sa vie. » Suzor-Côté ne restera que quelques mois au Canada, repartant dès le début de 1902 pour la France.
Le 10 août 1952 Début des émissions jeunesse à Radio-Canada
La télévision de Radio-Canada propose à ses jeunes auditeurs une série d'émissions qui marqueront l'enfance de plusieurs générations de Québécois. Une d'entre elles, « Pépinot et Capucine » prend l'antenne au mois d'août 1952.
En plus de « Pépinot et Capucine », de 1952 à 1958, Radio-Canada présentera également à ses jeunes téléspectateurs des émissions comme « La Boîte à surprise », de 1956 à 1968, et « Bobino », de 1957 à 1985. La popularité de ces émissions qui ont diverti des milliers d'enfants, sera une des marques de commerce de Radio-Canada pendant de nombreuses années.
Source : Jean-François Beauchemin, Ici Radio-Canada : 50 ans de télévision française, Montréal, Éd. de l'Homme, 2002, 254 pages. http://radio-canada.ca/60ans, 15 mars 2001.
Le 21 août 1952 Début du tournage du film « I confess » à Québec
Le cinéaste britannique Alfred Hitchcock commence à tourner les extérieurs du film « I confess » dans la Vieille Capitale. Cette production cinématographique sera distribuée par la Warner Brothers en 1953.
« I confess », ou « La loi du silence », est une adaptation d'une pièce de Paul Anthelme. Elle raconte l'histoire d'un jeune prêtre placé dans une situation conflictuelle après avoir reçu la confession d'un de ses paroissiens qui lui avoue avoir commis un meurtre. Ce film met en vedette des artistes de renommée internationale comme Montgomery Clift, Anne Baxter et Karl Malden. Des acteurs québécois comme Gilles Pelletier et Ovila Légaré y jouent également des rôles secondaires.
Source : Donald Spoto, La face cachée d'un génie: la vraie vie d'Alfred Hitchcock, Paris, Albin Michel, 1989, p.359-367.
Le 11 août 1954 Première présentation de la télésérie « Toi et moi »
Jeannette Bertrand entourée de Réal Giguère et de Jean Lajeunesse de la télésérie « Toi et moi »Tous deux scénaristes de cette série humoristique, Janette Bertrand et Jean Lajeunesse feront rire bien des foyers québécois avec « Toi et moi ».
Succession de courts sketchs humoristiques, « Toi et moi » décrit les tracas quotidiens de la vie familiale qu'éprouvent Jean et Janette, ainsi que leurs deux enfants. Entre 1954 et 1956, Radio-Canada présentera 231 épisodes de cette série.
Source : Jean-Yves Croteau, Répertoire des séries, feuilletons et téléromans québécois de 1952 à 1992, Québec, Les Publications du Québec, 1993, 692 pages.
Le 5 août 1960 Premier spectacle à Québec du chansonnier Gilles Vigneault
Le chansonnier Gilles Vigneault se produit en spectacle pour la première fois à Québec à l'occasion de l'ouverture de la « Boîte à chansons », fondée par Gérard Thibault.
C'est aussi en 1960 que Gilles Vigneault s'associe avec le pianiste Gaston Rochon, qui sera son principal arrangeur et musicien pendant de nombreuses années. Une tournée à travers le Québec lui permettra de se faire connaître avant de se lancer à l'assaut des grandes scènes montréalaises en 1961. Rappelons que Gilles Vigneault écrivait déjà pour d'autres chanteurs, notamment le folkloriste Jacques Labrecque, qui a enregistré et popularisé « Jos Montferrant » et « Amenez-en d'la pitoune » à partir de 1958.
Source : Robert Thérien, Isabelle D'Amours, Dictionnaire de la musique populaire au Québec 1955-1992, Québec, Institut québécois de recherche sur la culture, 1992, 580 pages.
Le 3 août 1961 Début de la Semaine internationale de musique actuelle à Montréal
Pierre Mercure (1927-1966)La programmation, qui est axée sur la nouveauté et sur l'intégration des arts, favorise deux courants musicaux dominants de l'époque: les expérimentations technologiques européennes et nord-américaines de musique électroacoustique et les milieux new-yorkais de la danse et de la musique expérimentale.
La Semaine internationale de musique actuelle est présentée dans le cadre des Festivals de Montréal. Le compositeur Pierre Mercure en est le principal dirigeant. Plusieurs personnalités internationales y sont invitées comme John Cage, David Tudor, Karlheinz Stockhausen, Christian Wolf, Iannis Xenakis, Pierre Schaeffer et Yoko Ono. Les concerts sont donnés au théâtre de la Comédie-Canadienne et au Redpath Hall de l'Université McGill. On y entend les créations montréalaises du « Poème électronique » de Edgar Varèse, de « Incandescence » et « Structures métalliques II » de Pierre Mercure, de « L'étude sur son bref » de Gilles Tremblay et d'« Anerca » de Serge Garant. La Semaine internationale de musique actuelle se terminera le 8 août 1961. Lyse Richer en tracera le bilan suivant: « Désorientés devant l'obligation de modifier profondément leur conception de l'écoute sonore, ni l'auditoire ni la presse n'accueillirent chaleureusement ce festival. Il en demeure cependant qu'il a amené au Canada des sonorités nouvelles, des compositeurs méconnus, des créateurs provocants. »
Source : Recherche effectuée dans le cadre du projet «Données sur l'histoire de la création musicale au Québec, 1940-2000 (chronologie et bibliographie)», un projet subventionné par le FCAR. (citation extraite de) Lyse Richer, «Semaine internationale de musique actuelle / International Week of Today's Music», Encyclopédie de la musique du Canada, deuxième édition, Helmut Kalmann, Gilles Potvin et Kenneth Winters, dir., Montréal, Fides, 1993 (1982), p.3064.
Le 23 août 1963 Création du Concours international de musique de Montréal
Concours international de musique de MontréalLe Concours international de musique de Montréal permet à de jeunes musiciens de se mesurer aux plus grands interprètes du monde.
Le concours, qui fait une place au chant, au violon ou au piano, s'adresse aux jeunes de 16 à 30 ans (20 à 35 ans pour les chanteurs). Le Concours international de musique de Montréal, qui se déroule chaque printemps à la Place des Arts, permettra à plusieurs futurs musiciens internationaux de se faire connaître.
Source : Denis Turcotte, dir., Reflets du Québec; des faits, des dates, des personnalités, Québec, éd. Association Québec dans le monde, 1990.
Le 11 août 1965 Présentation du premier concert du Quatuor à cordes Orford
Quatuor à cordesLe premier concert du Quatuor à cordes Orford a lieu au Centre d'arts des Jeunesses musicales du Canada à Orford, dans les Cantons de l'Est. Le répertoire de cet ensemble puise autant dans la musique classique que la musique contemporaine.
Fondé en juin au Centre d'arts Orford, l'ensemble déménagera à Toronto à l'automne de la même année. Il est composé du violoniste Andrew Dawes, du violoniste Kenneth (John) Perkins, de l'altiste Terence Helmer et du violoncelliste Marcel Saint-Cyr. Durant sa longue carrière, l'ensemble interprétera et créera plusieurs oeuvres de compositeurs canadiens dont celles de Robert Bauer, John Beckwith, Brian Cherney, Samuel Dolin, Robert Fleming, Srul Irving Glick, Alan Heard, Jacques Hétu, Oskar Morawetz, Marjan Mozetich, Jean Papineau-Couture, André Prévost et Charles M. Wilson. Il effectuera des tournées au Canada, en Europe et en Union Soviétique. Il visitera également l'Océanie, l'Asie et l'Amérique du Sud. Il se produira à l'Exposition universelle de Montréal, en 1967, aux Jeux Olympiques de Montréal de 1976, au festival Musicanada et se présentera plus d'une fois au Carnegie Recital Hall de New York. En 1974, l'ensemble remportera le premier prix du Concours de quatuors à cordes de l'Union Européenne de radiodiffusion. Suivront d'autres récompenses dont le prix Molson, ainsi que plusieurs prix du Centre de musique canadienne et des Juno soulignant la qualité de ses enregistrements. Il deviendra le quatuor résident de l'Université de Toronto en 1982 et cessera ses activités en 1991.
Source : Recherche effectuée dans le cadre du projet «Données sur l'histoire de la création musicale au Québec, 1940-2000 (chronologie et bibliographie)», un projet subventionné par le FCAR. Helmut Kalmann, Gilles Potvin et Kenneth Winters, dir., Encyclopédie de la musique du Canada, deuxième édition, Montréal, Fides, 1993 (1982), p.543, 2807-2810 et 2994.
Le 15 août 1968 Début du tournage du film « Kid sentiment »
Ce long-métrage qui tient à la fois de la fiction et du documentaire, est réalisé par Jacques Godbout et produit par Clément Perron. Parmi ses interprètes, on retrouve Andrée Cousineau, François Guy et Michèle Mercure.
Un bel après-midi d'été, Louis et François, deux adolescents d'un quartier bourgeois de Québec, vont draguer sur la terrasse Dufferin. Ils rencontrent deux belles filles, Andrée et Michèle, et les ramènent chez François, dont les parents sont absents, dans l'espoir de coucher avec elles. Ils font un peu de musique, dansent, boivent un peu, mais ne communiquent guère. Comme presque rien ne se passe, le réalisateur arrête le film et cause directement avec ses comédiens sur l'image de la jeunesse qu'ils doivent fournir. La fiction reprise, la relation devient plus tendre entre les protagonistes et c'est finalement le temps de passer au lit. Mais dans la salle de bain, les filles discutent et s'amusent pour faire patienter les gars. Quand elles décident de les rejoindre, ils dorment.
Source : Yves Lever, Le cinéma de la Révolution tranquille, de «Panoramique» à «Valérie», Montréal, Bibliothèque nationale du Québec, 1991, p.286.
Le 28 août 1968 Présentation de la pièce « Les Belles-Sœurs » de Michel Tremblay
Une partie de la distribution des Belles-sœurs en 1968, où l'on voit Denise Proulx, Rita Lafontaine et Denise FiliatraultÉcrite trois ans auparavant par Michel Tremblay, la pièce « Les Belles-Sœurs » est jouée le 28 août 1968 au Théâtre du Rideau Vert. Mise en scène par André Brassard, cette pièce est la première à utiliser le joual, ce qui cause une polémique. Cette controverse n'empêche cependant pas « Les Belles-Sœurs » de connaître un succès durable au Québec et d'être traduite, par la suite, en plusieurs langues.
Cette célèbre pièce de Michel Tremblay se déroule en deux actes dans la cuisine de Germaine Lauzon. On y voit quinze femmes de milieu modeste, passant de la fille-mère à la prostituée. Germaine participe à un concours dont le prix consiste à remporter un million de timbres-primes qui permettra à la gagnante d'obtenir des objets gratuitement. Lorsque Germaine rafle le prix, elle invite ses amies et sa famille à venir coller des timbres-primes. Au cours de cette soirée et à travers chacune de ces femmes, l'auteur nous donne un aspect du quotidien, et de ses frustrations, dans cet univers bien particulier. Vient s'ajouter l'éternel désir d'en sortir par tous les moyens, de passer, sinon en réalité, du moins par le rêve, dans un autre monde que celui qui est le leur. Malgré les effets humoristiques de la pièce, « Les Belles-Sœurs » reste un drame centré autour d'un groupe de femmes, incapables d'échapper à leur condition. Cette œuvre suscitera une forte polémique lors de sa présentation puisqu'on la considérée comme la première pièce écrite en joual.
Source : Michel Tremblay, Les Belles-Soeurs, Coll. «Théâtre», Montréal, Leméac, 1972, 151 p. L'Encyclopédie du Canada : Montréal, Stanké, 2000, p.2528.
Le 2 août 1970 Tenue d'un festival de musique pop à Manseau
Festival pop de Manseau, 1970Dans la foulée du festival de Woodstock et devant l'engouement des Québécois pour les grands rassemblements, les productions Woods organisent un festival pop à Manseau, dans les Bois-Francs.
En exploitant le thème de la « fête de la paix et de l'amour », les organisateurs de l'événement, les frères Filiatreault et Claude Lahaie, seront accusés de vouloir utiliser les valeurs chères au mouvement pacifiste pour faire un « coup d'argent ». Les organisateurs laissent d'ailleurs planer le mystère sur l'identité des artistes présents, ce qui augmente le scepticisme. Dès l'ouverture des guichets, un comité de prévention tente de dissuader les jeunes de se laisser embarquer dans ce que certains considèrent comme une fumisterie. Malgré les avertissements, 7 000 jeunes achètent leur billet à 15 $. Le jour du spectacle, la pluie est au rendez-vous et seuls quelques groupes amateurs sont présents. En fin de compte, le festival promis n'a pas lieu à cause d'un violent orage.
Le 13 août 1974 Ouverture de la Superfrancofête à Québec
L'ensemble du site des plaines d'Abraham, lors de la Superfrancofête, en août 1974Le Festival international de la jeunesse francophone, la Superfrancofête, a lieu à Québec et à Sainte-Foy du 13 au 24 août 1974. L'événement, qui permet de créer des liens entre les citoyens de la communauté francophone internationale, met en vedette plusieurs artistes de renom.
Lors de la soirée d'ouverture du Festival International de la Jeunesse francophone, Félix Leclerc, Gilles Vigneault et Robert Charlebois sont réunis sur scène dans le cadre du spectacle « J'ai vu le loup, le renard, le lion ». Devant plus de 100 000 personnes originaires de plusieurs pays francophones, ils lancent un message d'amitié et de paix: « Quand les hommes vivront d'amour, il n'y aura plus de misère (...) » Moins harmonieuse est la réception faite aux premiers ministres Pierre Elliott Trudeau et Robert Bourassa qui sont la cible de huées. Ce dernier est particulièrement dans la mire des opposants à la Loi 22 que l'Assemblée nationale a adoptée au mois de juillet. Quelques anicroches mineures vont survenir au cours des 12 journées qui vont suivre. Mais dans l'ensemble l'humeur est à la fête. Un important menu d'activités meuble chaque journée, des événements étant organisés à différents points de la ville mettant en évidence le talent d'artistes, d'artisans et même d'athlètes, puisqu'une compétition d'athlétisme est présentée dans le cadre de la Superfrancofête. Avec un budget d'environ 2,5 millions de dollars, les organisateurs auraient réussi à faire déplacer plus de 800 000 spectateurs, dont 100 000 lors de la soirée de clôture le 24 août. Le mélange des cultures et des rythmes a fait de la Superfrancofête une aventure mémorable pour les habitants de la Vieille Capitale qui garderont de cette atmosphère festive un souvenir inoubliable.
Source : Le Soleil, 12 août 1974, p.1 et 3, 13 août 1974, p.36, 14 août 1974, p.1-3, 62-63, 24 août 1974, p.1 et 27 août 1974, p.3.
Le 10 août 1975 Ouverture de la « Chant'août » à Québec
Ouverture de la « Chant'août » à Québec, 1975Une gigantesque fête de la musique, la « Chant'août », se tient à Québec. Environ 525 artistes y participent.
Au nombre des artistes, on retrouve notamment Monique Leyrac, Claude Léveillée et André Gagnon. Steve Faulkner et Plume Latraverse s'y produisent en duo pour la dernière fois, alors que Sylvain Lelièvre y donne un mini-récital où il se révèle aux 12 000 personnes présentes. La « Chant'août » sera aussi le point de départ de la fructueuse carrière de Fabienne Thibault. Cet événement, salué par les uns et décriés par les autres, donne l'occasion à plusieurs jeunes auteurs-compositeurs-interprètes d'attirer l'attention des maisons de disques.
Source : Site de la Chanson du Québec: http://www.chansonduquebec.com/
Le 19 août 1977 Début du Festival canadien des films du monde à Montréal
Le Festival canadien des films du monde, présidé par Serge Losique, deviendra en 1978 le Festival des films du monde. Cet événement qui, à sa première année, ne comprend pas un volet compétitif, attire chaque année des milliers de cinéphiles.
Le festival débute le 21 août 1977 au cinéma Parisien et à la Place des Arts. Près de 50 000 personnes assistent à cette première édition qui comprend quelques centaines de courts et longs métrages. Comme c'est la coutume lors de ces festivals, de nombreuses personnalités du monde cinématographique se déplacent pour prendre part à l'événement. Au cours des jours qui suivent, la presse a notamment l'occasion de rencontrer les comédiennes Ingrid Bergman et Gloria Swanson, ainsi que les réalisateurs Howard Hawks et Jean-Luc Goddard. À partir de 1978, le Festival des films du monde (FFM) décernera le Grand prix des Amériques et plusieurs prix dans les catégories habituelles de compétition cinématographique.
Le 26 août 1982 Première du documentaire « Jouer sa vie »
Joueurs d'échecsCe documentaire en couleur est réalisé par Gilles Carle et Camille Coudari et produit par Hélène Verrier.
La première de cette enquête sur le monde international des joueurs d'échecs a lieu dans le cadre du Festival des films du monde. « Jouer sa vie » retrace également l'histoire du jeu d'échecs au cours des siècles. On y analyse sa nature mathématique, la forme d'intelligence qu'il commande, et les grandes épreuves internationales « officielles », abondamment commentées par un monde d'adeptes passionnés. Le film sortira en salles à Montréal le 10 septembre. « Jouer sa vie » remportera le premier prix du documentaire au London Film Festival.
Source : Site de l'Office national du film: http://cmm.onf.ca/ http://www.litterature.org/notice.asp?numero=889
Le 28 août 1983 Première du film « Bonheur d'occasion »
Ce long-métrage de fiction en couleur inspiré du roman de Gabrielle Roy est réalisé par Claude Fournier et produit par Marie-José Raymond, Robert Verrall, Dorothy Courtois-Lecour et W. Paterson Ferns. Parmi les interprètes, on retrouve Mireille Deyglun, Marilyn Lightstone et Michel Forget.
Dans les années 80, Claude Fournier ralentit son rythme de production, délaisse la comédie, le film pour adultes et les thèmes à mode pour s'attaquer à des sujets ayant plus d'épaisseur. C'est ainsi qu'il adapte le roman de Gabrille Roy « Bonheur d'occasion », basé sur l'histoire plutôt sombre de Florentine Lacasse (Mireille Deyglun). Il tourne simultanément la version française et la version anglaise, de même que le film et la série pour la télévision. La première du film a lieu au Festival des films du monde de Montréal, où il se mérite le Prix de la presse internationale.
Source : Michel Coulombe et Marcel Jean, Le dictionnaire du cinéma québécois, Montréal, Boréal, 1988, 530 p.
Le 21 août 1984 Première du film « La femme de l'hôtel »
Ce long-métrage de fiction en couleur est réalisé par Léa Pool et produit par Bernadette Payeur et Marc Daigle. Parmi les interprètes, on retrouve Louise Marleau, Paule Baillargeon et Marthe Turgeon.
Ce film est construit autour de trois personnages féminins : une cinéaste (Paule Baillargeon) noue des liens d'amitié avec une femme étrange (Louise Marleau), en proie à l'errance, et s'inspire de sa vie pour mettre en scène son personnage (Marthe Turgeon), une artiste chanteuse en pleine crise existentielle. « La femme de l'hôtel » amorce de façon dynamique une réflexion sur le cinéma et la vie, sur le travail de création. Il est accueilli avec enthousiasme par la critique et le public et remporte sept prix dont le prix Carlsberg de la presse internationale au Festival des films du monde où il est présenté en première, le prix L.-E.-Ouimet-Molson, le Génie de la meilleure actrice pour Louise Marleau et le prix du public pour la fiction, à Créteil (France).
Source : Michel Coulombe et Marcel Jean, Le dictionnaire du cinéma québécois, Montréal, Boréal, 1988, 530 p.
Le 27 août 1984 Première du film « Le crime d'Ovide Plouffe »
Ce long-métrage de fiction en couleur est réalisé par Denys Arcand et produit par Justine Héroux, Gabriel Boustani et Denis Héroux. Parmi les interprètes, on retrouve Gabriel Arcand, Véronique Jannot et Jean Carmet.
Ce film est une adaptation d'un roman de Roger Lemelin qui s'est largement inspiré de la célèbre affaire Albert Guay pour construire son récit. Comme le couple que forment Ovide Plouffe et sa femme Rita est au bord de la rupture, la mère Plouffe leur suggère de partir ensemble en voyage. Mais à la dernière minute, Ovide décide de laisser Rita partir seule. Lorsque l'avion dans lequel elle avait pris place explosera en plein vol, Ovide sera accusé et emprisonné. On apprendra par la suite l'identité des véritables coupables. La première du film « Le crime d'Ovide Plouffe » a lieu au Festival des films du monde de Montréal. Il sortira en salle deux jours plus tard. Après neuf semaines, les revenus aux guichets s'élèveront déjà à 176 000 $. Le film méritera le prix du meilleur acteur (Gabriel Arcand) à la remise des prix Génies. Une adaptation télévisée est également en préparation. Elle est l'œuvre de Gilles Carle.
Source : Michel Coulombe et Marcel Jean, Le dictionnaire du cinéma québécois, Montréal, Boréal, 1988, 530 p.
Ce long-métrage de fiction en couleur est réalisé par Giles Walker et produit par Giles Walker, David Wilson et Andy Thomson. Parmi les interprètes, on retrouve Stefan Wodolsawsky, Christine Pak et Sam Grana.
Deuxième volet d'une trilogie sur le féminisme et la condition masculine, « 90 Days » est centré sur un homme réservé (Stefan Wodoslawsky) qui se choisit une épouse coréenne par catalogue. Plus conventionnel que « The Masculine Mystique » qui laissait place à l'improvisation, le film, que l'on classe comme une comédie fantaisiste, remportera un bon succès auprès du public.
Source : Michel Coulombe et Marcel Jean, Le dictionnaire du cinéma québécois, Montréal, Boréal, 1988, p.476.
Ce long-métrage de fiction en couleur, inspiré du roman d'Yves Beauchemin, est réalisé par Jean Beaudin et produit par Justine Héroux, Denis Héroux et John Kemeny. Parmi les interprètes, on retrouve Serge Dupire, Monique Spaziani et Jean Carmet.
Co-produit avec la France, « Le Matou », qui est tourné avec un budget de plus de six millions de dollars, raconte la lutte que mènent un jeune homme (Serge Dupire) et sa femme (Monique Spaziani) pour faire prospérer un casse-croûte. Le film recevra le prix Air Canada et le Prix du jury au Festival des films du monde de Montréal, ex-aequo avec « On ne meurt que deux fois » de Jacques Deray. Il obtiendra également le Grand prix du public La Laurentienne lors du Festival international du film de Québec.
Ce long-métrage de fiction en couleur est réalisé par Claude Gagnon et produit par Yuri Yoshimura, Claude Gagnon et Shiro Sasaki. Parmi les interprètes, on retrouve Luc Matte, Denis Lacroix et Allison Odjig.
« Visage pâle » raconte la lutte qui se joue entre un ancien joueur de hockey et une fière Amérindienne. Le film recevra le prix Carlsberg de la presse internationale lors du Festival des films du monde de Montréal.
Source : Michel Coulombe et Marcel Jean, Le dictionnaire du cinéma québécois, Montréal, Boréal, 1988, 530 p.
Ce long-métrage de fiction en couleur est réalisé par Arthur Lamothe et produit par Nicole Lamothe. Parmi les interprètes, on retrouve Jacques Godin, Ariane Frédérique et Marthe Mercure.
« Équinoxe » raconte l'histoire d'un homme (Jacques Godin) qui, après des années de prison et d'exil, retourne au pays de sa jeunesse où il a été trahi. Gilles Vigneault remportera un Prix Génie pour sa chanson « Les îles de mon enfance », écrite spécifiquement pour ce film.
Source : Michel Coulombe et Marcel Jean, Le dictionnaire du cinéma québécois, Montréal, Boréal, 1988, p.267.
Le 27 août 1986 Première du film « Sitting in Limbo »
Ce long-métrage de fiction en couleur de l'Office national du film (ONF) est réalisé par John N. Smith et produit par David Wilson et John N. Smith. Parmi les interprètes, on retrouve Pat Dillon, Fabian Gibbs et Sylvie Clarke.
Dans un style proche du documentaire, « Sitting in Limbo » raconte la vie à Montréal d'un jeune couple issu de la communauté jamaïcaine. Remarqué par la critique, le film recevra plusieurs récompenses.
Source : Michel Coulombe et Marcel Jean, Le dictionnaire du cinéma québécois, Montréal, Boréal, 1988, p.438.
Le 25 août 1987 Première du film « Train of Dreams »
Ce long-métrage de fiction en couleur est réalisé par John N. Smith et produit par Sam Grana et Sally Bochner. Parmi les interprètes, on retrouve Jason St.Amour, Marcella Santa Maria et Fred Ward.
Le héros du film, Tony, un jeune marginal qui doit composer avec de graves problèmes de comportement et d'affirmation de soi, se retrouve dans un centre correctionnel pour jeunes. La vie, loin d'être plus calme au centre, se révèle aussi rude que celle de la rue. « Train of Dreams » est le premier long métrage de langue anglaise à remporter le prix L.-E.-Ouimet-Molson. De plus, au Festival de Paris, en 1989, Jason St.Amour remportera le Prix d'interprétation masculine pour son rôle dans ce film.
Source : Michel Coulombe et Marcel Jean, Le dictionnaire du cinéma québécois, Montréal, Boréal, 1988, 530 p.
Le 26 août 1987 Première du film « Marie s'en va-t-en ville »
Ce long-métrage de fiction en couleur est réalisé par Marquise Lepage et produit par François Bouvier. Parmi les interprètes, on retrouve Frédérique Collin, Geneviève Lenoir et Denis Levasseur.
Premier film de Marquise Lepage, « Marie s'en va-t-en ville » raconte l'histoire d'une jeune fille qui, après avoir été agressée par son frère aîné, quitte sa famille et débarque à Montréal où elle rencontre une prostituée vieillissante. La jeune fille s'accrochera à elle, s'incrustant dans son quotidien. « Marie s'en va-t-en ville » se méritera le Prix du meilleur film étranger au Festival de Belfort, en France, et Frédérique Collin, une des deux comédiennes principales, recevra le Prix de la meilleure interprétation féminine au Festival de Gijon en Espagne.
Source : Michel Coulombe et Marcel Jean, Le dictionnaire du cinéma québécois, Montréal, Boréal, 1988, p.302
Le 31 août 1987 Première présentation du téléroman « Semi-détaché »
Alpha Boucher et Roberto Medile dans « Semi-détaché »La comédie « Semi-détaché » raconte les amours et les querelles de deux familles, les Lecavalier et les Cavalieri, qui partagent un semi-détaché à Saint-Léonard.
De 1987 à 1989, Télé-Métropole présente 64 épisodes de la série humoristique « Semi-détaché ». Ce téléroman réalisé par Roger Legault et Jean-Louis Sueur met notamment en vedette Alpha Boucher et Roberto Medile.
Source : Jean-Yves Croteau, Répertoire des séries, feuilletons et téléromans québécois, Québec, Les publications du Québec, 1993, p.332-333.
Le 31 août 1987 Première présentation du téléroman « La maison Deschênes »
Le téléroman « La maison Deschênes » raconte diverses intrigues qui se déroulent dans le milieu de la haute couture.
De 1987 à 1989, Télévision Quatre-Saisons présente 389 épisodes de la série « La maison Deschênes ». Ce téléroman qui est diffusé sur une base quotidienne, du lundi au vendredi, est réalisé par François Côté, Rachel Guertin, Pierre Savard et Pierrette Villemaire. Parmi les nombreux comédiens qui y participent, soulignons les noms de Léo Ilial et Andrée Lachapelle.
Source : Jean-Yves Croteau, Répertoire des séries, feuilletons et téléromans québécois, Québec, Les publications du Québec, 1993, p.216-217.
Le 30 août 1988 Première du documentaire « Alias Will James »
Ce documentaire en couleur de la série « l'Américanité » de l'Office national du film (ONF) est réalisé par Jacques Godbout et produit par Éric Michel.
« Alias Will James » est une enquête sur Ernest Dufault, un Québécois qui, avec la complicité tacite de sa famille, s'est fait connaître aux États-Unis en se faisant passer pour un Américain, et en signant, du pseudonyme Will James, des romans exaltant sur le monde des cowboys. Voleur de chevaux, vagabond, artiste et écrivain, Will James est encore aujourd'hui, dans le Far West américain, un personnage mythique. Le film remportera le FIPA d'argent dans la catégorie « Films documentaires, création et essais » au Festival international de programmes audio-visuels de Cannes.
Source : Site de l'Office national du film: http://cmm.onf.ca/
Le 30 août 1989 Première du film « Les noces de papier »
Ce long-métrage de fiction en couleur est réalisé par Michel Brault et produit par Danièle Bussy et Aimée Danis. Parmi les interprètes, on retrouve Geneviève Bujold , Manuel Aranguiz et Dorothée Berryman.
Son visa de séjour étant échu, Pablo, un réfugié chilien, est poursuivi par l'immigration canadienne et risque d'être renvoyé dans son pays d'origine. Sensible au désarroi de son client, Annie, une avocate engagée, lui arrange un mariage en blanc afin de régulariser sa situation. Un inspecteur a cependant des doutes sur cette union et, déterminé à démasquer la supercherie, traquera les nouveaux époux. « Les noces de papier » se méritera de nombreux prix à travers le monde, notamment le Prix de la meilleure mise en scène au Festival international cinématographique de Flandre, en Belgique.
Source : Site de l'Office national du film: http://cmm.onf.ca/ La Presse, 1er septembre 1989, p.C2.
Le 24 août 1990 Première du film « La liberté d'une statue »
Ce long-métrage de fiction en noir et blanc est réalisé par Olivier Asselin et produit par Martin Paul-Hus. Parmi les interprètes, on retrouve Lucille Fluet, Ronald Houle et Serge Christiansen.
Une jeune fille qui se croit élue aspire à un destin héroïque. Elle erre dans le désert jusqu'au jour où elle provoque la résurrection d'un mort. Premier film d'Olivier Asselin, « La Liberté d'une statue » obtient de nombreuses récompenses, dont la Mention spéciale du Jury du Festival des films du monde de Montréal, où il est présenté en première, et le Prix du meilleur long métrage de l'Association québécoise des critiques de cinéma.
Source : Sous la direction de Pierre Jutras, Annuaire du cinéma québécois: 1990, Montréal, Cinémathèque québécoise, 1991, p. 75.
Le 28 août 1990 Première du film « Une histoire inventée »
Ce long-métrage de fiction en couleur est réalisé par André Forcier et produit par Claudio Luca, Robin Spry, Lise Abastado et Jamie Brown. Parmi les interprètes, on retrouve Jean Lapointe, Louise Marleau et Charlotte Laurier.
Gaston, un trompettiste sur le déclin, revient à Montréal. Son retour plonge Florence, qui l'adore en vain, dans le ravissement. Toutefois, Gaston lui reste indifférent. Il tombe même amoureux de sa fille, Soledad, et tente de la consoler de l'infidélité de son amoureux, Tibo. « Une histoire inventée », présenté au Festival des films du monde de Montréal, remportera le Prix Air Canada pour le long métrage le plus populaire du Festival et le Prix du meilleur long métrage canadien.
Source : Site de l'Office national du film: http://cmm.onf.ca/
Le 27 août 1992 Première du film « Les malheureux magnifiques »
Ce court métrage est réalisé par Mireille Goulet. Parmi les interprètes, on retrouve Denys Arcand, Michel Brault et André Forcier.
Premier film à être présenté à la seizième édition du Festival des films du monde, « Les malheureux magnifiques » est marqué par une dizaine d'apparitions de cinéastes québécois, de Robert Favreau à André Forcier, en passant par Claude Gagnon et Jean Beaudry.
Le 28 août 1994 Présentation du film « Le petit musée de Velasquez » dans le cadre du Festival des films du monde de Montréal
Ce long-métrage de fiction en couleur est réalisé par Bernard Hébert et produit par Michel Ouellette. Parmi les interprètes, on retrouve Markita Boies, Louise Lecavalier et les danseurs de La La La Human Steps.
Film sans paroles, « Le petit musée de Velasquez » est une adaptation libre de huit pièces chorégraphiques du dernier spectacle de la troupe de danse contemporaine La La La Human Steps. Les danseurs y remontent les siècles pour se confronter à l'univers de Diego Velasquez, le grand peintre de la Renaissance espagnole.
Le 23 août 1997 Présentation du film « Clandestins » dans le cadre du Festival des films du monde de Montréal
Ce long-métrage de fiction en couleur est réalisé par Denis Chouinard et Nicolas Wadimoff et produit notamment par Jean-Roch Marcotte et Werner Schweizer. Parmi les interprètes, on retrouve Ovidiu Balan, Anton Kouznetsov et Moussa Maaskri.
Un groupe d'immigrants illégaux tentent de quitter clandestinement la France. Avec l'aide d'un passeur, ils réussissent à se glisser dans un conteneur qui est déposé au fond de la cale d'un cargo qui fait route vers le Canada. Deux hommes, deux femmes et deux enfants, coincés dans 25 mètres carrés, qui ne se connaissent pas encore. Les jours passent, les esprits s'échauffent et les provisions s'épuisent. À l'extérieur, l'équipage veille: aucun clandestin ne sera toléré à bord. Soudainement, au beau milieu de l'océan, les moteurs s'arrêtent. Dans le conteneur, la tension se transforme en violence. Sans eau ni nourriture, les clandestins n'ont qu'une issue: sortir.
Source : La Presse, 23 août 1997, p.D17. Site de Téléfilm Canada: http://www.telefilm.gc.ca/
Le 21 août 1998 Début de la tournée mondiale de Céline Dion
La chanteuse Céline Dion donne à Boston le premier spectacle d'une tournée mondiale qui se poursuivra jusqu'à l'année 2000.
La notoriété de Céline Dion atteint de nouveaux sommets au cours de cette tournée intitulée « Let's Talk About Love. ». Le 27 décembre, la revue française «Paris-Match» la choisit comme femme de l'année. Puis, le 24 février 1999, elle obtient le Grammy de la meilleure interprétation féminine et celui du meilleur enregistrement. Plus tôt dans l'année, Dion avait également été récompensée aux American Music Awards et au People's Choice Award.
Source : La Presse, 22 août 1998, p.D14, 23 août 1998, p.A11, B5. L'Encyclopédie du Canada : édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p.733.
Le 28 août 1998 Célébration du trentième anniversaire de la pièce « Les Belles-Sœurs » de Michel Tremblay
Maude Guérin dans une scène des « Belles sœurs »Plusieurs comédiennes ayant tenu un rôle au cours des nombreuses représentations de la pièce « Les Belles-sœurs » (Denise Filiatrault, Janine Sutto, Michelle Rossignol, etc.), s'unissent pour rendre hommage à l'auteur Michel Tremblay.
L'occasion est le trentième anniversaire de cette pièce qui a été jouée pour la première fois au Théâtre du Rideau-Vert en 1968. Depuis, « Les Belles-Sœurs » ont fait l'objet de nombreuses adaptations en langues étrangères, notamment en anglais, en italien et en yiddish.
Source : Le Devoir, 29 août 1998, p.A3. L'Encyclopédie du Canada : édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p.2528.
Le 31 août 1998 Présentation du film « 2 secondes » dans le cadre du Festival des films du monde de Montréal
Ce long-métrage de fiction est réalisé par Manon Briand et produit par Roger Frappier. Parmi les interprètes, on retrouve Charlotte Laurier, Dino Tavarone, Yves Pelletier.
À cause de quelques secondes d'hésitation au départ d'une course de descente à vélo de montagne, une jeune femme, Laurie, se retrouve à la retraite. Elle revient à Montréal, à ne pas savoir quoi faire. Mais elle a toujours un vélo dans la tête, la vitesse dans le sang. Elle s'installe chez son frère et tente de calmer son besoin de vitesse en devenant messagère à vélo au centre-ville. Un petit ennui mécanique la conduira jusque dans une vieille boutique tenue par un vieux bougon, Lorenzo, un vieil Italien grincheux, ex-champion cycliste, qui se terre au fond de son atelier pour monter des roues. Lorenzo déteste Laurie instantanément: cette fille-là lui ressemble trop. Or, Laurie est tenace. Au-delà de leur passion pour le vélo, c'est un débat sur la vie qui s'amorce entre eux. Au Festival des films du monde de Montréal, le film recevra plusieurs prix: mise en scène, meilleur film canadien, meilleur premier film et film canadien le plus populaire.
Source : Site de Téléfilm Canada: http://www.telefilm.gc.ca/ Le Devoir, 1er septembre 1998, p.A1, 8 septembre 1998, p.A1, 16 octobre 1998, p.B13.
Le 27 août 1999 Première nord-américaine du film « When the Day Breaks »
Ce film d'animation en couleur de l'Office national du film (ONF) est réalisé par Wendy Tilby et Amanda Forbis et produite par David Verrall. Il est présenté en première nord-américaine dans le cadre du Festival des films du monde de Montréal.
Après avoir été témoin de la mort accidentelle d'un étranger, Ruby, qui pensait pourtant vivre une journée comme les autres, cherche une affirmation dans la ville qui l'entoure et la trouve en des endroits surprenants. « When the Day Breaks » obtiendra la Palme du court métrage à Cannes ainsi que le Grand Prix d'Annecy.
Source : La Presse, 27 août 1999, p.B4, B5. Site de l'Office national du film: http://cmm.onf.ca/
Le 22 août 2002 Ouverture de la vingt-sixième édition du Festival des films du monde de Montréal
La projection du film « La turbulence des fluides », le deuxième de la réalisatrice Manon Briand, marque la soirée d'ouverture du Festival des films de monde de Montréal (FFM), une célébration du cinéma dont l'existence remonte à fin des années 70.
En plus de Briand, la comédienne Pascale Bussières et le coproducteur Luc Besson assistent à cette présentation qui attire des centaines de curieux au théâtre Maisonneuve de la Place des Arts. Plusieurs invités sont sur place dont le président Serge Losique ainsi que le réalisateur iranien Majid Majidi, triple récipiendaire du Grand Prix des Amériques, qui présidera le jury chargé d'évaluer les 26 longs métrages en compétition. Le FFM s'étalera sur une période de dix jours.
Source : La Presse, 23 août 2002, p.C1. Le Devoir, 23 août 2002, p.A1 et B7.
Le 19 août 2003 Lancement en français du roman « L'histoire de Pi » de Yann Martel
La traduction, et le lancement en français du roman « La vie de Pi » (The Life of Pi) de l'auteur québécois Yann Martel, retient l'attention de la presse. Après avoir figuré sur la liste des prix du gouverneur-général du Canada en 2001, ce livre a obtenu le prestigieux Man Booker Prize en 2002.
Natif d'Espagne, Martel est un fils de diplomate qui a beaucoup voyagé autour du monde avant de se consacrer à l'écriture. Dans « La vie de Pi », il raconte l'histoire d'un adolescent qui se retrouve sur un radeau en compagnie d'une hyène, d'un orang-outan, d'un zèbre et d'un tigre. Depuis qu'il a remporté le Man Booker Prize, ce roman, le deuxième de Martel, a été traduit en plusieurs langues et s'est vendu à des millions d'exemplaires à travers le monde. Il ne faudra que quelques jours avant que le tirage de 14 000 exemplaires ne soit épuisé, ce qui constitue un succès retentissant dans le monde de l'édition québécoise. Une adaptation cinématographique devrait être réalisée éventuellement.
Source : La Presse, 20 août 2003, p.C1, Le Devoir, 23 octobre 2002, p.1, 27 août 2003, p.C2.
Le 27 août 2003 Première du film « Gaz Bar Blues »
Ce long-métrage de fiction réalisé par Louis Bélanger met notamment en vedette Serge Thériault, Sébastien Delorme, Danny Gilmore, Maxime Dumontier et Gilles Renaud.
La première de « Gaz Bar Blues » se déroule dans le cadre de la 27e édition du Festival des films du monde (FFM) de Montréal. Ce long-métrage raconte l'histoire d'un propriétaire de station-service et de ses trois garçons. Après les succès de « Séraphin: un homme et son péché » et « La grande séduction », la critique réserve un accueil sympathique à « Gaz Bar Blues », seule production québécoise en compétition au FFM. Le 7 septembre, le film de Louis Bélanger obtiendra trois prix, dont le Grand Prix spécial du jury et celui du film canadien le plus populaire.
Source : Le Devoir, 28 août 2003, p.1 et A8. La Presse, 8 septembre 2003, p.A1.
Le 10 août 2007 Première du film « 3 p'tits cochons »
Ce premier film réalisé par Patrick Huard met en vedette Claude Legault, Guillaume Lemay-Thivierge et Paul Doucet.
Trois frères réunis au chevet de leur mère malade en profitent pour échanger sur leur vie intime. La sexualité occupe une part importante de ces discussions, les trois frères se livrant à des réflexions sur leurs couples qui seront mis à l'épreuve. Plusieurs comédiennes font également partie de l'importante distribution (France Castel, Mahée Paiement, Isabelle Richer, Julie Perreault, Sophie Prégent) de ce film, le premier réalisé par le comédien et humoriste Patrick Huard. Dès sa sortie, « Les 3 p'tits cochons » captent l'intérêt du public qui en fait le film le plus vu au Québec lors de la fin de semaine du 10 au 12 août 2007.
Source : La Presse, 4 août 2007, cahier Cinéma, p. 2, 11 août 2007, Cahier cinéma, p. A6 ; Le Devoir, 11 août 2007, p. e8; http://www1.radio-canada.ca/arts-spectacles/cinema/2007/08/07/003-trois_petits_cochons.asp
Le 25 août 2014 Présentation du documentaire « Nation, huis clos avec Lucien Bouchard »
À partir de témoignages livrés au journaliste Yves Boisvert par Lucien Bouchard, le réalisateur Carl Leblanc présente un documentaire de 90 minutes sur la vie politique de cet ex-premier ministre du Québec. Intitulé « Nation, huis clos avec Lucien Bouchard », il est télédiffusé à Télé-Québec avant d'être lancé en salle.
De ses premiers engagements en politique, au cours des années 1960, jusqu'à sa démission du poste de premier ministre du Québec, en 2001, Lucien Bouchard discute des moments marquants de sa carrière. Il le fait sous forme d'entrevue, répondant aux questions du journaliste Yves Boisvert de La Presse. Le documentaire se veut un condensé de 22 heures de discussions, réparties sur 5 jours. Plusieurs moments forts des trente dernières années sont abordés, dont le passage de Bouchard en politique fédérale avec les progressistes-conservateurs de Brian Mulroney, l'échec de l'accord du lac Meech, la création du Bloc québécois et le référendum de 1995. Bouchard évoque des épisodes peu connus, comme les circonstances de son adhésion au Parti québécois ainsi que les zones grises entourant le déroulement des négociations avec Ottawa advenant une victoire souverainiste le 30 octobre 1995. Il fait également lecture du discours qu'il aurait prononcé à cette occasion en cas de majorité du Oui, discours demeuré secret jusque-là. Le documentaire rejoint également l'actualité dans la mesure où l'ex-premier ministre se dit favorable à la disparition du Bloc québécois. Selon lui, cette formation, qu'il a fondée et dirigée jusqu'en 1996, diluerait aujourd'hui « le pouvoir politique du Québec dans la confédération ». Le Bloc vit à ce moment une des pires crises de son histoire avec la décision du député de Richmond-Arthabaska, André Bellavance, de siéger désormais comme indépendant. Celui-ci avait été candidat au leadership contre l'éventuel vainqueur, Mario Beaulieu, dont l'approche crée des tensions. Le départ de Bellavance signifie que seulement deux bloquistes, Louis Plamondon et Claude Patry, continuent de représenter cette formation à la Chambre des communes.
Le 19 août 2019 Débuts de Patrick Masbourian à l’émission radiophonique « Tout un matin »
Un texte original du Bilan Québec rédigé par un.e, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Après les quatre années d’Alain Gravel à la barre de l’émission radiophonique « Gravel le matin », Ici Radio-Canada Première a maintenant un nouvel animateur matinal en la personne de Patrick Masbourian. Celui-ci dirige « Tout un matin » pour la première fois le 19 août 2019.
La lutte pour les indices d’écoute des émissions radiophoniques du matin dans le grand Montréal est aussi celle de leurs animateurs, qui ont souvent un statut de vedette. Au fil des ans, les Jacques Proulx, Joël Le Bigot, Normand Brathwaite, René Homier-Roy et quantité d’autres ont imprégné les ondes de leur style et de leur personnalité. Au XXIe siècle, la référence radiophonique au Québec est Paul Arcand. Ce dernier trône au sommet pendant plusieurs années, que ce soit à CKAC ou au 98,5 avec « Puisqu’il faut se lever ». En 2019, Ici Radio-Canada Première met fin à l’émission « Gravel le matin », avec le journaliste Alain Gravel. Pour lui succéder, la directrice générale de Radio, Audio et Grand Montréal de Radio-Canada, Caroline Jamet, annonce en mai que le choix s’est arrêté sur Patrick Masbourian. Âgé de 49 ans, celui-ci est un vétéran de la scène médiatique québécoise, ayant œuvré, tant à la radio qu’à la télévision, dans des émissions comme « La fin du monde est à 7 heures », « La revanche des Nerdz » ou « Les éclaireurs ». Ce vent de renouveau dans l’émission de 5 heures 30 à 9 heures sera suivi par un autre changement alors que Pénélope McQuade remplacera Catherine Perrin de 9 heures à 11 heures 30. L’équipe de collaborateurs de Masbourian se précise au cours des mois qui suivent, de même que le titre de l’émission, « Tout un matin », dont la première a lieu le 19 août 2019. Derrière 98,5 et Radio-Canada, d’autres chaînes retiennent aussi l’attention des auditeurs : Énergie, Rouge, CKOI, etc. Depuis octobre 2018, la radio numérique QUB, du groupe TVA, constitue également une innovation que les analystes ont à l’œil.
Source : https://presse.radio-canada.ca/radio/8918/Un-Nouveau-Rendez-Vous-Matinal-Avec-PATRICK-MASBOURIAN/; La Presse+, Arts et Être, p. 1 et 2; Le Devoir, 8 mai 2019, p. B2; Journal de Montréal, 8 mai 2019, p. 37.
«...Du réveil à l’heure du souper, en excluant Midi Info de Michel C. Auger, les X contrôleront entièrement les ondes d’ICI Radio-Canada Première. Eux qui ont longtemps galéré, cumulant divers boulots à la radio ainsi qu’à la télé, ces X arrachent définitivement leur étiquette de « no future ». Comme quoi la persévérance et le travail acharné, ça paie. Au privé, le collègue Patrick Lagacé, 47 ans, lui aussi un X, comme son acolyte Isabelle Maréchal, hérite d’un mandat costaud au 98,5FM en prenant le relais de Paul Houde à la fin du mois d’août. Impossible d’échapper aux X à la radio parlée. Les X sont les nouveaux baby-boomers [...] Le ton de la matinale se voudra chaleureux, inclusif et familial. La diversité est au cœur des préoccupations de l’animateur. « On veut être le reflet du Montréal de 2019-2020 », indique Patrick Masbourian, qui souhaite aussi raccrocher les milléniaux à son émission. »
Hugo Dumas, « La génération X contrôle les ondes d’ICI Première », La Presse+, Arts et Être, p. 1 et 2.
«...Le nouvel animateur, d’origine arménienne, a insisté sur le fait que la diversité -- " pas juste de noms et de couleurs " -- sera un des mandats de cette nouvelle émission. M. Masbourian veut aussi mettre l’accent sur le lien avec l’auditoire, et développer un ton " chaleureux, inclusif ", avec une " variété de tons ". Un intérêt envers un public cible plus jeune a aussi été souligné. Si beaucoup de fils restent à être attachés, l’animateur a quand même envie de brasser certains paradigmes, tout en conservant l’ADN d’ICI Première. Évoquant le " triangle " que forment les sports, la culture et la revue de presse, Masbourian aimerait ajouter une quatrième chaise qui serait " un reflet plus juste des préoccupations " des auditeurs. Il a notamment parlé de finances, de santé, de famille. " Il faut aussi repenser l’offre culturelle ", a-t-il dit, soumettant l’idée d’inviter des spécialistes des arts comme on invite des experts sur les enjeux politiques et sociaux. »
Philippe Papineau, « Patrick Masbourian remplacera Alain Gravel », Le Devoir, 8 mai 2019, p. B2.
le pont de Québec écroulé.Très haut au-dessus du fleuve Saint-Laurent, par une chaude journée d'août 1907, un travailleur du nom de Beauvais pose des rivets dans la grande travée sud du pont de Québec. En fin de journée, il remarque qu'un rivet qu'il a installé moins d'une heure auparavant s'est cassé net. Juste au moment où il hèle son contremaître pour lui rapporter ce fait inquiétant, il entend un grincement de métal qui se tord. Sous leurs pieds, une poutre en porte-à-faux géante s'effondre dans l'eau avec une telle force que les habitants de Québec, à 10 km de là, croient qu'il s'agit d'un tremblement de terre.
Sur les 86 travailleurs qui se trouvent sur le pont ce 29 août 1907, 75 périssent. Beaucoup sont des Indiens Caughnawaga de la région, d'excellents monteurs de hautes charpentes métalliques. Certains sont écrasés par l'acier tordu, d'autres par la chute. D'autres encore se noient avant que les bateaux de secours les rejoignent. Le destin, ou peut-être un simple coup de chance, décide qui survivra à la catastrophe. Le pointeur Huot, qui s'apprêtait à signaler la fin de la journée de travail, s'enfuit à toutes jambes lorsqu'il sent le tablier s'écrouler sous lui et pose le pied sur la terre ferme au moment même où la dernière poutre éclate derrière lui. Beauvais tombe avec le pont, mais parvient à se dégager des débris et s'en tire avec une jambe cassée. Un mécanicien plonge avec sa locomotive, mais est sauvé par un bateau de secours. Des touristes qui viennent juste de quitter le pont se retournent avec horreur quand ils entendent le vacarme.
Le 3 août 1990 Érection de barrages par des citoyens de Châteauguay
Quelques semaines après le début de la crise d'Oka, des citoyens de Châteauguay en colère décident d'établir des barrages sur les routes 15 et 132.
Cette action mène à une intervention policière qui se soldera par quelques arrestations. Le 12 août, 150 personnes participeront à une initiative du groupe Solidarité-Châteauguay et effectueront un blocus sur le pont de Saint-Louis-de-Gonzague. Cela mènera à un affrontement entre les contestataires, les agents de la Sûreté du Québec et ceux de la Gendarmerie royale du Canada. Objets de toutes sortes et gaz lacrymogène sont échangés au cours de cette altercation qui fera plusieurs blessés et quelques arrestations.
Source : La Presse, 4 août 1990, p.1 et A2, 12 août 1990, p.1 et A2.
Le 17 août 1990 Demande d'intervention des Forces armées canadiennes par le premier ministre du Québec
Un mois après l'assaut de la Sûreté du Québec contre les barricades érigées par les Mohawks à Oka, le premier ministre du Québec, Robert Bourassa, demande aux Forces armées canadiennes de relever la Sûreté du Québec.
Dix jours plus tard, le 27, le premier ministre annonce que les négociations avec les représentants de la tribu sont rompues et que l'armée entreprendra le démantèlement des barricades. Le lendemain, le 28, des citoyens de La Salle en colère bombardent d'objets les voitures d'autochtones qui quittent Kahnawake devant la menace de l'armée. Personne ne sera blessé gravement. Mais le mois suivant se déroule dans un climat de tension, la crainte d'une confrontation entre les soldats et le groupe des Warriors suscitant une vive appréhension dans l'opinion publique. Le 6 septembre, le ministre des Transports du Québec, Sam Elkas, annoncera finalement l'ouverture du pont Mercier et des routes 132, 138 et 207.
Source : La Presse, 29 août 1990, p.1 et A2, et 6 septembre 1990, p.1 et A2.
Les batailles de Laprairie sont des événements de la guerre entre les Français et les Anglais se déroulant en Amérique du Nord à la fin du XVIIe siècle. Ces deux affrontements ont lieu en 1691 à Laprairie, au sud de Montréal. Le premier oppose un détachement de l'armée française, dirigé par Louis-Hector de Callière, à une compagnie de milice menée par Peter Schuyler et secondée par un groupe d'Autochtones. Le second met en présence la même troupe de Schuyler et un groupe de miliciens, de soldats et d'Autochtones, sous le commandement de Philippe Clément du Vuault de Valrennes.
Au début des années 1690, les Français mènent une série de raids en Nouvelle-Angleterre. Pour mettre un terme à ces incursions, l'Angleterre projette d'envahir la Nouvelle-France. Parti d'Albany à l'été 1691 pour se diriger vers Ville-Marie, le colonel Schuyler commande un groupe de 400 miliciens composé d'Anglais et d'Autochtones.
À la tête d'un détachement de l'armée française, Callière se trouve au fort Laprairie, un avant-poste qui sert de refuge aux colons au cours des attaques provenant des colonies anglaises. Il projette de mener un raid contre les Anglais, mais il n'en a pas l'occasion.
Le matin du 11 août 1691, les miliciens dirigés par Schuyler attaquent le fort Laprairie, alors très mal gardé. Cette attaque surprend l'armée française, qui perd au moins 18 hommes. Lorsque les troupes anglaises se retirent et prennent le chemin menant à la rivière Richelieu, elles rencontrent à mi-chemin les renforts dirigés par Clément du Vuault de Valrennes, qui leur infligent de lourdes pertes dans une bataille qui dure plus d'une heure. À partir de ce moment, la milice d'Albany ne fit plus de tentatives pour envahir la Nouvelle-France, laissant aux Iroquois le fardeau de la guerre.
Lors de la guerre de la Ligue d'Augsbourg qui oppose notamment la France à l'Angleterre de 1688 à 1697, le champ de bataille européen se transpose rapidement en sol nord-américain. Mis au courant les premiers, les Anglais de New York poussent leurs alliés autochtones à attaquer la Nouvelle-France. En guerre ouverte depuis près de 80 ans, les Iroquois considèrent comme une menace l'expansion territoriale des Français vers l'ouest de même que leur système d'alliance. Il en va de la protection de leur territoire et du développement de leurs intérêts commerciaux, car la présence française empêche l'accès à de nouvelles sources de castors. En Nouvelle-France, personne n'est au courant de ce conflit. De nombreux colons, vivant en paix depuis une vingtaine d'années, sont éloignés des places fortifiées. C'est le cas des 375 habitants de Lachine, à l'ouest de Montréal.
Le matin du 5 août 1689, 1 500 guerriers iroquois attaquent la petite colonie de Lachine. Ils tuent 24 colons, en capturent plus de 60 et démolissent 56 des 77 habitations. Durant les années suivantes, certains captifs réussissent à s'échapper tandis que d'autres sont relâchés lors d'échanges de prisonniers. On demeure sans nouvelles de 42 d'entre eux, probablement adoptés par les Iroquois. Au cours de la décennie, plusieurs localités de la région de Montréal sont le théâtre de tels massacres qui prennent fin de façon définitive avec la Grande Paix de Montréal en 1701.
Durant la nuit du 4 au 5 août 1689, près de 1,500 guerriers iroquois traversent le Saint-Laurent dans son segment le plus large de la région de Montréal, celui du lac Saint-Louis. Sur l'autre rive, les habitants du canton de Lachine dorment paisiblement. À cause des pluies diluviennes, ils n'entendent pas l'ennemi rôder autour de leurs maisons. À la levée du jour, l'attaque est lancée. Elle est terrible et sans pitié. Après avoir tué les hommes qui défendent vaillamment leurs maisons et leur famille, les Iroquois incendient les fermes. Les prisonniers sont victimes des pires tortures, les ventres des femmes enceintes sont ouverts, de très jeunes enfants sont embrochés, rôtis, mangés... Durant les jours et les semaines qui suivent, les Iroquois « firent tout ce que la rage peut inspirer à une nation féroce, et qui se croit outragée », écrit le baron de La Hontan. Le gouverneur Frontenac, qui vient tout juste de remplacer le marquis de Denonville à la tête de la colonie, entend jusqu'à plus soif les effroyables récits de cette nuit d'horreur. « Il serait difficile de vous représenter, écrit-il à son ministre, la consternation générale que je trouvai parmi tous les peuples et l'abattement qui était dans la troupe. » Selon les contemporains, 100 personnes sont massacrées, et 56 des 77 maisons sont brûlées.
Le 4 août 1914 Début de la Première Guerre mondiale en Europe
L'invasion de la Belgique par l'armée allemande incite le gouvernement britannique à déclarer la guerre aux puissances centristes (Allemagne, empire austro-hongrois). Le champ de bataille se déplace rapidement en France et sur le front russe ou de durs combats seront engagés dès les semaines qui suivront le début du conflit.
Le Canada, colonie britannique, suit immédiatement l'exemple de l'Angleterre. Le chef de l'Opposition, Wilfrid Laurier, apporte son appui au premier ministre Robert Borden, déclarant: « Il est de notre devoir (...) de faire connaître à la Grande-Bretagne et aux amis et ennemis de la Grande-Bretagne qu'il n'y a au Canada qu'un seul cœur et un seul esprit et que tous les Canadiens soutiennent la mère-patrie (...) » En peu de temps, la modeste armée canadienne (environ 3 000 hommes) et ses ressources seront engagées du côté des Alliés. Le 6 août, le premier ministre Robert Borden procède à la levée de contingents de volontaires qui veulent s'engager pour combattre en Europe. Le journal « Le Devoir », d'abord favorable à l'effort de guerre, s'affichera graduellement contre une intervention des troupes canadiennes à l'extérieur du pays. C'est le début d'un long débat et d'un effort soutenu qui prendra une ampleur insoupçonnée au cours des quatre années qui vont suivre.
Source : L'Encyclopédie du Canada: édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p.1981-1982. G.W.L. Nicholson, Histoire officielle de la participation de l'armée canadienne à la Première Guerre mondiale, Ottawa, Imprimeur de la Reine, 1963, 671 pages. (citation dans) Don Gilmour, Achille Michaud, Pierre Turgeon, Le Canada: une histoire populaire de la Confédération à nos jours, Saint-Laurent, Fides, 2001, p.92.
Le 19 août 1942 Débarquement de troupes canadiennes à Dieppe
Les soldats des Fusiliers Mont-Royal débarquent à Dieppe, sur les côtes de la Manche, en Haute-Notmandie, sous le commandement du lieutenant-colonel Dollard Ménard. Les pertes causées par cet assaut que l'on surnomme opération « Jubilee », seront énormes pour les Canadiens.
L'échec est cinglant alors que quelques heures après le débarquement, les Canadiens retournent en Angleterre avec 586 blessés, laissant derrière 907 morts et 1 946 hommes capturés par l'ennemi. Un capitaine du Royal Hamilton Light Infantry décrit la scène du débarquement de la façon suivante: « Nous nous sommes effondrés au bout de 25 verges sur la côte française, devant un obstacle de fil barbelé. Les balles sifflaient de partout. Les Allemands lancèrent une attaque au mortier. Autour de moi, les soldats mourraient et leurs corps s'empilaient les uns sur les autres. C'était terrifiant. » Le lieutenant-colonel Ménard raconte pour sa part: « En mettant le pied sur la plage, j'ai aperçu une poignée de soldats étendus sur le sol, la tête tournée vers les parapets, comme s'ils attendaient l'ordre de bouger. Effectivement, je voulais qu'ils passent à l'action, mais ils ne bougeaient pas. Alors j'ai rampé jusqu'à l'un d'eux, je l'ai secoué, lui ai parlé, mais il ne répondait pas. Il était mort. J'ai recommencé avec quelques autres, en vain. Ils étaient tous morts. » L'échec de Dieppe, une initiative controversée que plusieurs considèrent comme une opération-suicide, soulèvera beaucoup de questions au Canada. Le haut-commandement allié tirera toutefois de nombreux enseignements de cette action qui lui seront profitables dans la préparation du grand débarquement de juin 1944.
Source : L'Encyclopédie du Canada : édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p.728. (citation dans) Don Gilmour, Achille Michaud, Pierre Turgeon, Le Canada: une histoire populaire de la Confédération à nos jours, Saint-Laurent, Fides, 2001, p.199-201.
Le 15 août 1943 Participation du régiment de Hull à l'opération « Pacifique »
Le régiment de Hull participe à l'opération « Pacifique », une des dernières entreprises avant la reddition japonaise et la fin de la Deuxième Guerre mondiale.
Les Canadiens forment à peu près 20 % des forces armées alliées qui participent à cette opération, dont le régiment de Hull qui fait partie de la 13e brigade de la 8e division canadienne. Au cours de l'opération, ceux-ci s'emparent de Kiska, dans les Aléoutiennes, près du Japon. En réalité, la prise s'avère plutôt facile puisque les Japonais se retirent sans se battre. Entre 6 000 à 10 000 d'entre eux ont quitté l'île avant le débarquement des alliés. Cette prise est stratégique puisqu'elle permet aux Américains de s'installer sur les dernières bases avancées de l'ennemi.
Source : Pierre Vennat, Les héros oubliés. L'histoire inédite des militaires canadiens-français de la deuxième guerre mondiale (tome 2) : de septembre 1942 à la veille du Jour J., Montréal, Éditions du Méridien, 1997, p.207-222. C.P. Stacey, L'Armée canadienne 1939-1945, Ottawa, Imprimeur du Roi, 1949, 364 p.
Le 10 août 1990 Annonce de la participation canadienne à l'effort international contre l'Irak
Le gouvernement progressiste-conservateur de Brian Mulroney accepte que le Canada envoie trois navires de guerre dans le golfe Persique afin d'appuyer l'effort international pour contenir l'agression irakienne au Koweït.
Les trois navires, qui arriveront dans le golfe Persique en septembre, sont deux destroyers et un navire de ravitaillement. Ils transportent à leur bord un millier de soldats. Le premier ministre Mulroney déclare à cette occasion : « La communauté internationale doit tout faire pour s'assurer que les pays respectent le droit international (...) aucun pays civilisé ne peut se dérober à ses responsabilités à l'égard de la communauté mondiale pour ce qui est du maintien de la paix et de l'ordre international. » Les navires quitteront Halifax le 24 août. Trois semaines plus tard, le 14 septembre, le gouvernement annoncera l'envoi d'un escadron dans la région du Golfe.
Source : Janin Desmarais, mémoire de maîtrise à déposer sur la politique extérieure canadienne lors de la guerre du Golfe (titre indéterminé), Université de Sherbrooke. La Presse, 11 août 1990, p.1 et A2.
Le 20 août 1998 Renvoi relatif à la sécession du Québec
À la suite du résultat serré du référendum tenu au Québec quelques mois plus tôt, le gouvernement fédéral s'adresse, le 30 septembre 1996, à la Cour suprême pour qu'elle se prononce sur certaines questions relatives à l'accession du Québec à la souveraineté. Dès l'amorce du renvoi, le gouvernement du Québec a annoncé qu'il n'y participerait pas, considérant que la question de la souveraineté du Québec devait être tranchée par la population du Québec, et non par les tribunaux.
Dans son avis rendu public le 20 août 1998, la Cour suprême conclut qu'en droit interne canadien, la sécession requiert une modification constitutionnelle devant avoir lieu à la suite d'une négociation et qu'une sécession unilatérale, définie comme une sécession effectuée sans négociations préalables conformes à certains principes que la Cour a déterminés, serait illégale.
Selon la Cour, l'expression non ambiguë d'une majorité claire de Québécois de leur désir de ne plus faire partie du Canada donnerait toutefois une légitimité aux efforts du gouvernement du Québec en vue de réaliser la sécession par des voies constitutionnelles. Une telle volonté québécoise entraînerait également une obligation constitutionnelle de négocier pour le gouvernement fédéral et les autres provinces. Enfin, la Cour considère que le droit international ne confère pas au Québec un droit positif à la sécession, en spécifiant cependant qu'il ne l'interdit pas non plus. Ainsi, la Cour n'écarte pas la possibilité d'une sécession de facto, dont le succès ultime dépendrait de sa reconnaissance par la communauté internationale.
Le 13 août 1907 Début d'une tournée provinciale par Henri Bourassa
Les rumeurs annonçant l'entrée de Henri Bourassa en politique provinciale se font persistantes. Les différends entre les libéraux qui le supportent, et ceux qui sont restés fidèles au premier ministre Wilfrid Laurier, incitent Bourassa à faire le tour de la province pour annoncer la création d'un troisième parti politique provincial: le Parti nationaliste.
La Ligue nationaliste annonce pour le 5 août 1907 une assemblée de Bourassa dans le comté de Québec-est, celui de Laurier. Les Libéraux restés loyaux au premier ministre interprètent ce geste comme de la provocation. Sous la conduite d'Alexandre Taschereau et de Georges Parent, ils lancent pierres, bouteilles et tomates aux partisans de Bourassa qui tentent néanmoins de faire entendre leur « homme » devant les 15 000 auditeurs rassemblés. La scission au sein du parti libéral fédéral devient plus évidente que jamais. Devant cette action des partisans de Laurier, un grand nombre de paroisses invitent Bourassa, devenu l'homme de l'heure, en lui garantissant la liberté de parole. La Ligue nationaliste profite de cette occasion pour organiser une grande tournée provinciale. La première assemblée a lieu le 13 août, à Sainte-Martine. Bourassa expose alors un véritable programme politique. Il critique la gestion des terres, des forêts, des mines et des ressources hydrauliques, critiques qui ne sont pas sans ressembler à celles des Conservateurs provinciaux. En deuxième lieu, Bourassa demande que l'on réforme l'administration de la justice, qu'il juge trop coûteuse en matière de législation du travail, d'instruction publique et de colonisation. Les réformes proposées ne retiennent ni l'attention des mouvements ouvriers, ni celle des mouvements de laïcisation de l'éducation, parce qu'elles sont perçues comme trop modérées. Bien que le programme présenté laisse présager l'entrée de Bourassa en politique provinciale, celui-ci n'annonce rien. Le 18 août, une autre assemblée a lieu à Saint-Hyacinthe. Cette fois, il s'agit d'une assemblée contradictoire, c'est-à-dire que Bourassa et ses partisans feront face à des Libéraux restés fidèles à Laurier dans une joute oratoire. Deux éloquents tribuns, Aimé Beauparlant et Télesphore-Damien Bouchard , font face à Bourassa. Vertement attaqué, un Bourassa en verve réplique à ses adversaires. Par la suite, il se rend à Rigaud, Monréal, l'Assomption, Louiseville, Longueuil, Rimouski, Rivière-du-Loup, Lévis, Mégantic, Pont-Château, Iberville, Ormstown, Shawinigan et Trois-Rivières, où il tient un discours enflammé devant des foules importantes (parfois plus de 10 000 personnes). Il fait des percées auprès des jeunes et dans le clergé, ce qui inquiète les Libéraux. Le 30 août, Bourassa annoncera la création d'un troisième parti politique provincial dont il serait fort probablement le chef.
Source : Robert Rumilly, Henri Bourassa; la vie publique d'un grand canadien, Montréal, Chanteclerc, 1953, p.218-269.
Le 18 août 1914 Tenue d'une session spéciale du Parlement canadien
Lors d'une session spéciale de la Chambre des communes, les deux principales formations politiques canadiennes, le Parti conservateur et le Parti libéral, font cause commune et acceptent le principe de la participation canadienne à la guerre en Europe.
Au cours de cette session, des crédits sont votés à la Grande-Bretagne. Une somme de 50 millions de dollars est débloquée jusqu'au 31 mars 1915. Elle a pour but d'assurer: « la défense et la sécurité du Canada; la conduite des opérations militaires dans ou hors du Canada; la continuation des communications commerciales, industrielles et des relations d'affaires soit au moyen d'assurance, soit au moyen d'indemnité contre le risque de guerre; l'exécution de toutes mesures jugées nécessaires ou utiles par le Conseil des ministres vu l'existence de l'état de guerre. » Le gouvernement impose également des droits spéciaux sur certaines marchandises afin de lever des fonds. Enfin, le gouvernement adopte la Loi des mesures de guerre qui confère des pouvoirs d'urgence au Cabinet.
Source : Le Devoir, 18 août 1914, p.3 et 8, 19 août 1914, p.3 et 20 août 1914, p.4.
Le 18 août 1914 Imposition de la Loi des mesures de guerre par le gouvernement canadien
La Loi des mesures de guerre, que fait adopter le gouvernement conservateur de Robert Borden, accorde au gouvernement fédéral des pouvoirs spéciaux lui permettant de gouverner par décret lorsqu'il perçoit la menace « d'une guerre, d'une invasion ou d'une insurrection, réelle ou appréhendée ». L'État reçoit également des pouvoirs accrus en matière de détention, d'exclusion et de déportation d'immigrants.
Au cours de la guerre, plusieurs étrangers seront détenus et les associations ethniques interdites. Pendant cette période, l'immigration chutera considérablement et les sentiments xénophobes seront renforcés un peu partout à travers le pays. Ce sont surtout les immigrants d'origine allemande et austro-hongroise qui feront les frais de la Loi des mesures de guerre. Le durcissement de ces mesures se fera de façon progressive. La première étape consistera d'abord à exiger l'enregistrement de tous les étrangers au Canada et de leur imposer un couvre-feu. Ces mesures seront particulièrement strictes pour les ressortissants allemands, envers qui on manifeste une certaine méfiance. Si au début des hostilités le gouvernement de Robert Borden semble prêt à adopter une position assez tolérante à l'égard des immigrants, l'opinion publique canadienne ne suivra pas. En 1916, on verra naître à Toronto la Ligue Anti-allemande. Certaines organisations demanderont aussi au gouvernement fédéral d'imposer une taxe d'entrée de 500 $ aux immigrants allemands dans le but de limiter leur présence. La ville de Berlin, en Ontario, qui abrite une communauté allemande assez importante, changera son nom pour celui de Kitchener (en l'honneur de Lord Kitchener, le ministre de la Guerre de la Grande-Bretagne) en 1916. La censure des journaux publiés dans une langue étrangère deviendra beaucoup plus importante que celle effectuée à l'endroit de la presse anglophone ou francophone. Le 25 septembre 1918, le gouvernement interdira même la publication de tout document dans une langue « ennemie » sans une permission écrite du secrétaire d'État. En 1917, la Chambre des communes adoptera l'Acte des élections en temps de guerre. Elle retire le droit de vote aux personnes immigrantes provenant de pays ennemis, ou qui parlent une langue étrangère ennemie, et qui auraient été naturalisées britanniques après le 31 mars 1902. En fin de compte, seulement 8 579 personnes originaires de pays en guerre contre le Canada ont été détenues sur une possibilité de 80 000 (les listes du gouvernement fédéral regroupent 80 000 étrangers étant considérés comme provenant d'États ennemis). Le gouvernement fédéral ne semble pas non plus avoir eu recours de façon importante aux déportations.
Source : Le Devoir, 18 août 1914, p.3 et 8, et 19 août 1914, p.3.
Le 28 août 1917 Promulgation de la Loi sur le service militaire obligatoire par le gouverneur général du Canada
Pressé d'accentuer l'effort de guerre du Canada, le gouvernement conservateur de Robert Borden a fait adopter la Loi sur le service militaire obligatoire (Military Service Act) par la Chambre des communes, 101 voix contre 44, le 24 juillet. Ce sont surtout des Libéraux, dont le chef Wilfrid Laurier, qui s'opposent à cette mesure. Celle-ci reçoit un accueil plutôt favorable dans l'ensemble du pays, sauf au Québec, où elle sera à l'origine de plusieurs manifestations houleuses.
Le 11 juin, deux mois avant la promulgation de la loi, le premier ministre Borden déclarait: « Il faut obtenir des renforts ou les divisions vont s'émietter; il n'y a pas d'autre alternative. Les renforts actuellement disponibles ne dureront que quelques mois (...) la question qui se pose aujourd'hui devant la Chambre et le pays est celle-ci: le Canada accepte-t-il de diminuer son effort dans la période la plus critique de la guerre où il s'agit de son héritage, de sa constitution et de sa liberté. Je suis sûr que la réponse de la Chambre et du pays sera la même, à savoir que le Canada ne peut et ne doit lâcher prise. » Avec l'accord du Sénat, qui sera obtenu le 29 août, la nouvelle loi pourra entrer en vigueur. Elle sera bientôt suivie par une proclamation ordonnant aux célibataires de 20 à 34 ans de s'enrôler. Des sanctions sont prévues pour punir ceux qui désobéiront à la nouvelle loi. Cela n'empêchera pas une violente manifestation de se dérouler à Montréal, deux jours plus tard. Plusieurs policiers se rendront sur les lieux pour calmer les récalcitrants. Le lendemain, une autre altercation causera un décès.
Source : Le Devoir, 25 juillet 1917, p.1-2, 29 août 1917, p.2. Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert, Histoire du Québec contemporain: de la Confédération à la crise (1867-1929), Montréal, Boréal Express, 1979, p.598-600. Louise Charpentier, René Durocher, Christian Laville et Paul-André Linteau, Nouvelle histoire du Québec et du Canada, Montréal, Boréal Express, 1985, p.269.
Le 7 août 1919 Élection de William Lyon Mackenzie King au poste de chef du Parti libéral du Canada
Lors d'un congrès qui se déroule à Ottawa, le Parti libéral du Canada procède à l'élection de son nouveau chef. Celui-ci remplacera Wilfrid Laurier, décédé le 17 février. Laurier était à la tête du Parti libéral depuis 1887.
Ce congrès au leadership, une première en politique canadienne, se déroule sur plusieurs jours. Le 6 août, veille du vote, trois candidats, William Lyon Mackenzie King, George P. Graham et D.D. Mackenzie, prononcent des discours pour tenter d'influencer une dernière fois les délégués. Le lendemain, King domine le premier tour de scrutin avec 344 votes. Il est suivi par William S. Fielding qui a le support de 297 délégués. Les deux hommes ont tous deux été membres du cabinet de Wilfrid Laurier dans le passé, le premier comme ministre du Travail, le second comme ministre des Finances. La participation de Fielding au gouvernement d'Union, favorable à la conscription, joue cependant contre lui auprès des délégués du Québec qui appuient massivement King. Ce dernier obtient finalement la victoire au troisième tour de scrutin, récoltant 476 voix contre 438 pour son adversaire. Désireux d'apaiser les tensions causées par ce résultat serré, le successeur de Laurier livre un discours unificateur à ses troupes: « Je veux espérer que ma nomination va marquer le commencement d'une ère de paix, de concorde et de fraternité entre les deux grandes provinces centrales du Canada, de même qu'entre les deux grandes races qui les habitent et d'une façon générale entre toutes les parties et tous les groupes qui forment la grande nation canadienne. » Avec King à leur tête, les Libéraux reprendront le pouvoir lors de l'élection générale du 6 décembre 1921.
Source : Le Devoir, 6 août 1919, p.1, 7 août 1919, p.1-2 et 8 août 1919, p.1-2.
Le 11 août 1921 Assermentation de Julian Hedworth George Byng au poste de gouverneur général du Canada
Commandant du corps d'armée canadien pendant la Première Guerre mondiale, Byng succède au duc de Devonshire au poste de gouverneur général du Canada.
Après un mandat sans histoire, une controverse qui opposera le gouverneur général au premier ministre William Lyon Mackenzie King en 1926, l'affaire King-Byng, obscurcira les derniers mois du passage de Byng au Canada. L'opposition de Byng à la dissolution de la Chambre des communes demandée par King causera en effet de grands remous, ce qui n'empêchera pas la tenue d'élections générales qui permettront aux Libéraux de reprendre le pouvoir en 1926.
Source : Le Devoir, 11 août 1921, p.1. L'Encyclopédie du Canada: édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p.382.
Le 1er août 1932 Fondation du Co-operative Commonwealth Federation à Calgary
Au plus fort de la crise économique qui affecte le monde occidental, des délégués provenant des milieux ouvriers et d'associations agraires se réunissent à Calgary pour fonder une nouvelle formation politique d'inspiration socialiste: le Co-operative Commonwealth Federation (CCF). Le CCF constituera, selon le vœu de ses concepteurs, « un organisme de liaison pour les groupes qui désirent l'avènement de l'État coopératif. »
C'est à James Shaver Woodsworth, le député travailliste de la circonscription de Winnipeg Nord-Centre à la Chambre des communes, qu'est confiée la présidence provisoire du CCF. Deux candidats pressentis pour le même poste, M.J. Coldwell et George H. Williams, se retireront afin d'éviter toute opposition au nouveau chef. Pour « établir un système d'économie sociale pour la production, la distribution et l'échange de toutes les marchandises et de tous les services », le CCF prône la socialisation du système bancaire, des « utilités » publiques et des ressources naturelles. Des mesures sociales sont également proposées comme l'adoption de pensions de vieillesse, d'une assurance contre les mauvaises récoltes ou d'un programme d'assurance-chômage, afin d'assurer « les mêmes avantages économiques et sociaux à tous sans distinction de sexe, de race ou de religion. » Enfin, le CCF presse le gouvernement de s'impliquer afin de donner du travail aux chômeurs. Peu de délégués de l'Est du pays sont présents à ce congrès de Calgary, mais on espère remédier à la situation d'ici la tenue du premier congrès annuel de la nouvelle formation.
Source : Le Devoir, 1er août 1932, p.3, 2 août 1932, p.3. Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert, François Ricard, Histoire du Québec contemporain : le Québec depuis 1930, Montréal, Boréal, 1986, p.103-105. L'Encyclopédie du Canada: édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p.623-624.
Le 7 août 1940 Adoption par la Chambre des communes de la Loi de l'Assurance-chômage
Le gouvernement libéral de William Lyon. Mackenzie King fait adopter la loi de l'assurance-chômage, un mois après le passage de l'amendement constitutionnel qui la rend possible (10 juillet 1940).
L'entrée en vigueur de la loi est prévue pour juillet 1941, malgré l'opposition des milieux nationalistes du Québec qui y voient une intrusion fédérale dans la juridiction des provinces. L'attitude conciliante du premier ministre québécois Adélard Godbout dans ce dossier est d'ailleurs fort contestée. Soulignons que cette loi est adoptée dans un contexte de plein-emploi, les industries fonctionnant à plein régime à cause de la demande engendrée par l'effort de guerre.
Le 17 août 1940 Tenue d'une rencontre entre le président américain Franklin D. Roosevelt et le premier ministre canadien William Lyon Mackenzie King
Le président américain Franklin D. Roosevelt et le premier ministre canadien William Lyon Mackenzie King se rencontrent à Ogdensburg, dans l'État de New York, pour discuter des mesures à prendre afin d'assurer la sécurité de l'Amérique du Nord.
La position précaire de la Grande-Bretagne facilite un rapprochement entre Américains et Canadiens. Cette situation mène à la création d'un comité permanent de défense commune entre les deux pays. Cette décision, qui marque un tournant dans l'évolution des relations extérieures canadiennes, n'est pas sans susciter certaines appréhensions, comme celles du diplomate Lester B. Pearson, futur premier ministre du Canada, pour qui « il faut éviter de tomber dans les deux extrêmes, que ce soit l'asservissement ou la susceptibilité maladive (...) Arriver à un partenariat acceptable avec les États-Unis sera un défi constant pour le Canada ».
Source : Le Devoir, 17 août 1940, p.1. 19 août 1940, p.1-2.
Le 20 août 1940 Sanction de la Loi sur l'enrôlement obligatoire
En vertu de la Loi sur l'enrôlement obligatoire, tous les hommes de plus de 21 ans, aptes à devenir militaires, seront enregistrés.
Dès le dépôt de la Loi sur l'enrôlement, les « enregistreurs » circulent à travers le Canada pour faire passer les examens médicaux qui détermineront l'aptitude de chacun à prendre les armes. Si le gouvernement impose l'enregistrement obligatoire, il promet de n'envoyer que les volontaires outre-mer. Mais les besoins en hommes se feront de plus en plus pressants sur les champs de bataille, amenant le premier ministre William Lyon Mackenzie King à tenir un plébiscite, le 27 avril 1942, par lequel il demandera aux Canadiens de le délier de sa promesse de ne pas tenir la conscription.
Source : Susan Mann Trofimenkoff, Visions nationales : une histoire du Québec, Saint-Laurent, Trécarré, 1986, p.336-357. Sous la direction de Craig Brown, Histoire générale du Canada, Montréal, Boréal, 1990, p.553-564. Bernard Saint-Aubin, King et son époque, Coll. «Jadis et naguère», Montréal, La Presse, 1982, 409 pages.
Le 2 août 1944 Adoption d'une loi fédérale prévoyant la création d'un programme d'allocations familiales
Le gouvernement libéral dirigé par William Lyon Mackenzie King fait adopter par la Chambre des communes un projet d'allocations familiales pour les mères de familles canadiennes.
Le gouvernement du Québec, dirigé par Maurice Duplessis , dénonce ce projet comme une intrusion fédérale dans un champ de compétence provinciale. Pour sa part, le clergé s'en prend à la décision du gouvernement de faire adresser les chèques d'allocation au femmes. Selon la morale de l'époque, donner les allocations aux mères c'est attaquer l'autorité du père. Voyant que le fédéral est sur le point de céder sous les pressions de plusieurs groupes politiques, cléricaux ou intellectuels, Thérèse Casgrain use de son influence auprès du premier ministre MacKenzie King et réussit à le convaincre, de même que ses opposants québécois, que les mères de famille peuvent recevoir les allocations en vertu du « mandat domestique » décrit dans le Code civil comme étant celui des femmes. La Loi sur les allocations familiales entrera en vigueur en juillet 1945.
Source : Collectif Clio, L'histoire des femmes au Québec depuis quatre siècles, Montréal, Quinze, 1982 p.373-376. Susan Mann Trofimenkoff, Visions nationales : une histoire du Québec, Saint-Laurent, Trécarré, 1986, p.355-356. Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert, François Ricard, Histoire du Québec contemporain : le Québec depuis 1930, Montréal, Boréal, 1986, p.303-307.
Le 15 août 1944 Sanction d'une Loi nationale sur l'habitation
Le gouvernement libéral de William Lyon Mackenzie King fait adopter une Loi nationale sur l'habitation qui remplace l'ancienne législation qui datait de 1935.
Le 15 août 1944 Sanction de la Loi fédérale sur les prêts destinés aux améliorations agricoles
Le gouvernement libéral de William Lyon Mackenzie King fait adopter une loi qui a pour but de fournir des prêts aux cultivateurs pour le défrichement des terres, la construction ou la modification des bâtiments de ferme, l'achat d'instruments aratoires, l'électrification, etc.
Le même jour, la Chambre des communes adopte également une loi dont le but est de stabiliser les prix agricoles pour des produits comme le bœuf, le porc, le mouton, les œufs, le beurre, le formage, le blé, l'avoine et l'orge. Le prix de soutien, basé sur la moyenne des prix au cours de la décennie précédente, devient obligatoire. Il ne peut tomber en bas de 80 % de cette moyenne, mais peut la dépasser.
Source : Fernand Harvey et Peter Southam, Chronologie du Québec (1940-1971), Québec, Institut supérieur des sciences humaines, no 4, janvier 1972, p.16.
Le 6 août 1945 Réclamation par le gouvernement fédéral de l'exclusivité des trois champs de taxation
À la deuxième session de la conférence fédérale-provinciale sur la reconstruction, Ottawa réclame l'exclusivité des trois champs de taxation (revenu, corporations, successions) abandonné par les provinces lors de la guerre. Il s'engage en retour à payer un subside « per capita » aux provinces.
Lorsque les représentants des gouvernements se rencontreront de nouveau à la fin du mois de novembre (26 au 29), les provinces rejetteront les réclamations d'Ottawa qui demande l'extension des pouvoirs de guerre pour une autre année. On s'entend néanmoins pour former un comité économique sur les relations fédérales-provinciales.
Source : Le Devoir, 6 août 1945, p.1 et 3, 7 août 1945, p.3 et 8 août 1945, p.2. Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert, François Ricard, Histoire du Québec contemporain : le Québec depuis 1930, Montréal, Boréal, 1986, p.248-255, p.353-361.
Le 14 août 1946 Suppression de l'enregistrement obligatoire
Dès l'annonce de la fin de la Deuxième Guerre mondiale, le premier ministre William Lyon Mackenzie King déclare que seuls les volontaires participeront désormais à l'effort de guerre canadien dans le Pacifique.
Ce n'est cependant qu'en 1946 que le ministre du Travail supprimera l'obligation de s'enregistrer au sein de l'armée. Peu de temps après cette décision, un arrêté ministériel accordera l'amnistie aux déserteurs. On estime à plus de 15 000 les déserteurs canadiens, dont une majorité proviennent du Québec.
Source : Bernard Saint-Aubin, King et son époque, Coll. «Jadis et naguère», Montréal, La Presse, 1982, 409 pages.
Le 7 août 1948 Élection de Louis Saint-Laurent au poste de chef du Parti libéral du Canada
Député à la Chambre des communes depuis 1942, Louis-Saint Laurent succède à William Lyon Mackenzie King à la tête du Parti libéral du Canada au terme d'un congrès de trois jours qui se déroule à Ottawa. King dirigeait les Libéraux depuis 1919.
Malgré ses 66 ans, Saint-Laurent, qui est secrétaire d'État aux Affaires extérieures dans le cabinet de Mackenzie King, est considéré avant le début du congrès comme l'homme le plus susceptible de devenir le nouveau chef du Parti libéral. Neuf candidats sont pressentis pour cette course au leadership, mais six d'entre eux, dont Paul Martin, Brooke Claxton et Lionel Chevrier, se retirent avant le tenue du vote. Le ministre de l'Agriculture, James Gardiner, ainsi que Charles C. Power, sont sur les rangs pour affronter Saint-Laurent. Un tour suffit à ce dernier pour obtenir une nette majorité. En tout, 848 délégués, sur les 1 227 qui se sont prévalus de leur droit de vote, se prononcent en faveur du nouveau chef. Originaire de Compton, Saint-Laurent deviendra éventuellement le deuxième francophone, après Wilfrid Laurier, à occuper le poste de premier ministre du Canada. Au cœur d'un de ses discours, il aborde la question des relations entre le gouvernement central et les provinces, un thème débattu au cours de ce congrès: « Le parti libéral proclame la défense des droits constitutionnels des provinces, mais il proclame aussi la collaboration entre les autorités fédérales et provinciales, puisqu'il croit que sans la défense des droits des provinces et la collaboration entre tous les gouvernements et tous les Canadiens, le Canada aura moins de force et d'unité. » Louis Saint-Laurent restera à la tête des Libéraux jusqu'en 1958.
Source : Le Devoir, 9 août 1948, p.1 et 10. L'Encyclopédie du Canada: édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p.2209.
Le 21 août 1950 Ouverture de la conférence des procureurs généraux des provinces
Cette conférence, qui a lieu à Ottawa, a pour but d'élaborer le contenu d'une nouvelle constitution canadienne.
L'objectif principal de cette conférence est de déterminer une méthode satisfaisante pour tous, permettant aux Canadiens d'amender la constitution. Le ministre de la Justice décrit de la façon suivante le but poursuivi: « ce que nous cherchons, c'est une méthode par laquelle le Canada reprendra tous ses pouvoirs en matière constitutionnelle ». L'année précédente, le Canada avait obtenu le pouvoir d'amendement en matière de juridiction fédérale seulement. Cette année, les participants travaillent sur les sections qui concernent la juridiction conjointe, provinciale et fédérale. D'autres réunions auront lieu en septembre, novembre et décembre avant que les procureurs généraux décident d'interrompre indéfiniment l'examen de ce projet. Les pourparlers à ce sujet ne seront repris qu'en 1960, à la demande du premier ministre du Québec, Jean Lesage.
Le 10 août 1953 Réélection des libéraux de Louis Saint-Laurent à la Chambre des communes à Ottawa
Les libéraux de Louis Saint-Laurent remportent les élections générales avec 48,9% des voix. Ils font élire 171 députés à la Chambre des communes contre 51 pour leurs plus proches rivaux, les progressistes-conservateurs de George Drew.
Le scrutin de 1953 ressemble à bien des égards à celui de 1949. Les libéraux dominent aisément au niveau des voix et ont un avantage encore plus prononcé en terme de sièges puisqu'ils font élire 64% des députés avec 48,9% des votes exprimés. Le Québec s'avère encore une forteresse libérale, le parti de Louis Saint-Laurent y recueillant 66 sièges sur une possibilité de 75, avec l'appui de 61% des électeurs. Sur le plan national, les progressistes-conservateurs terminent deuxièmes devant la Co-operative Commonwealth Federation (CCF) et les Créditistes qui font élire respectivement 23 et 15 députés. Il s'agit d'une cinquième victoire consécutive pour les libéraux lors des élections générales. Ceux-ci détiennent à ce moment la majorité des sièges à la Chambre des communes depuis 18 ans.
Source : Pierre Drouilly, Atlas des élections fédérales au Québec, 1867-1988, Montréal, VLB, 1989, 400 pages. Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert, François Ricard, Histoire du Québec contemporain: Le Québec depuis 1930, Montréal, Boréal Express, 1979, p.347-350. L'Encyclopédie du Canada, Montréal, Stanké, 2000, p. 1808-1810 et 2209. Howard A. Scarrow, Canada Votes: a Handbook of Federal and Provincial Election Data, New Orleans, The Hauser Press, 1962, p.145-159.
Le 11 août 1960 Élection de Hazen Argue au poste de chef du Co-operative Commonwealth Federation
Lors d'un congrès qui se déroule à Regina, Hazen Argue succède à M.J. Coldwell au poste de chef du Co-operative Commonwealth Federation (CCF). Coldwell, en fonction depuis 1942, reçoit des membres le titre de chef honoraire.
L'accession au leadership de Argue, qui est élu par acclamation, est reléguée au second plan par une résolution visant à la création d'une nouvelle formation politique unissant le CCF et les forces syndicales du pays, notamment le Congrès du travail du Canada (CTC). Prévue pour l'an prochain, la mise sur pied de ce parti progressiste domine les conversations et suscite un élan d'enthousiasme au sein des délégués. Le président du CTC, Claude Jodoin, endosse pleinement l'idée. Il déclare à la presse: « Prétendre qu'il n'y a pas de place pour l'action politique dans le syndicalisme, c'est prétendre qu'il n'y a pas de place pour la vie dans le syndicalisme ». C'est en août 1961 que cette nouvelle formation, à qui l'on donnera le nom de Nouveau Parti démocratique, verra le jour.
Source : Le Devoir, 10 août 1960, p.1 et 7, 12 août 1960, p.1-3, 8. La Presse, 12 août 1960, p.1-2.
Le 3 août 1961 Tenue du congrès de fondation du Nouveau Parti démocratique
Lors d'un congrès qui se déroule à Ottawa, des membres du Co-operative Commonwealth Fédération (CCF) et des représentants du monde syndical fondent une nouvelle formation politique sociale-démocrate qui œuvrera sur la scène fédérale: le Nouveau Parti démocratique (NPD).
Lors de son discours d'ouverture, le président de l'assemblée, Stanley Knowles, parle d'une « nouvelle ère » pour décrire la contexte dans lequel apparaît ce nouveau parti. De nombreuses résolutions sont étudiées au cours de ces quatre journées, en plus de la constitution du nouveau parti qui est adoptée le 1er août 1961. Celle-ci fait l'objet d'une contestation de la part de Michel Chartrand, leader de l'aile québécoise du parti, qui voudrait que l'on reconnaisse de façon particulière la nation canadienne-française en retirant le mot « national » de la constitution et en le remplaçant par le mot « fédéral ». Cette demande sera acceptée par les délégués le 3 août. Une résolution précise cependant que le nouveau parti: « (...) proclame formellement sa foi dans un régime fédéral, le seul qui puisse assurer l'épanouissement conjoint des deux nations qui se sont primitivement associées en vue de former la société canadienne ainsi que l'épanouissement des autres groupes ethniques qui se sont plus tard établis au Canada. » Le même jour, le nom Nouveau Parti démocratique est également adopté par la nouvelle formation, évitant toute référence directe au mot « socialisme ». Enfin, la course au leadership entre Tommy Douglas, le premier ministre de la Saskatchewan, et Hazen Argue, chef national du défunt CCF, tourne à l'avantage de Douglas qui obtient 1 391 votes contre 380 pour son rival. Michael Oliver, un professeur de l'Université McGill, est pour sa part élu à la présidence du parti alors que le syndicaliste Gérard Picard œuvrera comme président-adjoint.
Source : Le Devoir, 1er août 1961, p.1-2, 10, 2 août 1961, p.1 et 10, 3 août 1961, p.1-2, 4 août 1961, p.1-2, 10. L'Encyclopédie du Canada: édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p.747-748 et 1721. Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert et François Ricard, Histoire du Québec contemporain: le Québec depuis 1930, Montréal, Boréal, 1986, p.661.
Le 14 août 1961 Tenue d'une conférence interprovinciale à Charlottetown
La conférence sera sous la présidence du premier ministre ontarien, Leslie Frost. Il y est question d'établir un système interprovincial de perception de la taxe de vente. Les représentants du Québec profitent également de l'occasion pour s'entretenir avec ceux de Terre-Neuve en ce qui concerne la question de la frontière avec le Labrador établie en 1927.
Les premiers ministres des provinces veulent instaurer un système universel de perception de la taxe de vente afin de mettre fin aux manigances des contribuables qui profitent de certaines brèches pour éviter de la payer. Ceux-ci achètent de la marchandise dans une province et l'expédie dans une autre pour éviter la taxe de vente dans l'une ou l'autre des provinces et parfois même les deux. Pour sa part, le premier ministre du Manitoba, Duff Roblin, ne croit pas en cette défaillance du système en vigueur: « Il faudrait que l'on me démontre qu'il existe un problème avant que je puisse risquer une opinion quant à l'opportunité de mettre sur pied un système interprovincial de perception de la taxe de vente. »
Le 4 août 1962 Tenue d'une recontre des premiers ministres provinciaux à Victoria
Les premiers ministres provinciaux se réunissent à Victoria pour entreprendre deux journées d'entretiens sur des sujets d'intérêt mutuel. La présidence de la rencontre est assumée par le premier ministre du Québec, Jean Lesage.
Source : Fernand Harvey et Peter Southam, Chronologie du Québec (1940-1971), Québec, Institut supérieur des sciences humaines, no 4, janvier 1972, p.58.
Le 11 août 1969 Signature d'une entente fédérale-provinciale sur des programmes d'habitation
D'après cette nouvelle entente signée par Québec et Ottawa, le gouvernement fédéral prêtera une somme de 124,9 millions de dollars au gouvernement du Québec pour la réalisation de programmes d'habitation.
Source : Fernand Harvey et Peter Southam, Chronologie du Québec (1940-1971), Québec, Institut supérieur des sciences humaines, no 4, janvier 1972, p.86. Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert, François Ricard, Histoire du Québec contemporain : le Québec depuis 1930, Montréal, Boréal, 1986, p.449-451.
Le 26 août 1969 Adoption d'importantes modifications au Code criminel canadien
Le gouvernement libéral dirigé par Pierre Elliott Trudeau fait adopter par la Chambre des communes un amendement modifiant le Code criminel canadien. Il décriminalise notamment l'homosexualité entre adultes consentants majeurs (21 ans et plus) ainsi que l'avortement thérapeutique.
L'avortement devient possible lorsqu'effectué dans un hôpital par un médecin et prescrit au préalable par un comité qui doit démontrer le danger pour la mère de poursuivre la grossesse. Le médecin qui le pratiquera bénéficiera désormais de l'immunité. Avant cet amendement, la pratique de l'avortement pouvait mener à une peine allant de deux ans de prison à l'emprisonnement à perpétuité. À un autre niveau, précisons qu'avant l'amendement du Code criminel, un adulte reconnu « coupable » d'homosexualité était passible d'une peine allant jusqu'à 14 ans de prison.
Source : L'Encyclopédie du Canada : édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p.238, 620. Archives des lesbiennes et gais du Canada ; Chronologie 1964-1982. www.web.net/archives/what/papers/docs/flitchro/6471.htm (12 juin 2001)
Le 15 août 1971 Annonce d'un gel des prix et des salaires aux États-Unis
Le président des États-Unis, Richard Nixon, annonce un gel des prix et des salaires d'une durée de 90 jours et une surtaxe de 10 % sur les importations.
Ces mesures auront des répercussions sur l'économie canadienne puisque les États-Unis constituent le plus important partenaire commercial du Canada. Au cours du mois d'août, une délégation canadienne se rendra d'ailleurs à Washington et tentera, sans succès, d'obtenir que le Canada soit exempté de la surtaxe américaine de 10 %. En septembre, Ottawa décidera finalement de créer un fonds spécial qui servira à défrayer les deux tiers de la surtaxe américaine.
Le 19 août 1972 Ouverture de la première Fierté gaie
Le groupe Toronto Gay Action organise la première manifestation annuelle de la Fierté gaie avec des activités visant à accroître la visibilité de cette communauté.
Un autre volet de l'événement touche l'éducation et les revendications des droits des gais et des lesbiennes un peu partout au Canada. La Fierté gaie, qui sera célébrée annuellement, dure pendant près d'une semaine, soit du 19 au 27 août.
Source : Archives des lesbiennes et des gais du Canada : Chronologie 1964-1982. www.web.net/archives/what/papers/docs/flitchro/6471.htm (12 juin 2001)
Le 12 août 1985 Acquisition de Gulf Canada par Pétro-Canada
Quatre ans après avoir fait l'acquisition de Pétrofina, Pétro-Canada se porte acquéreur de quatre raffineries et de 1 800 stations-service de Gulf Canada situées en Ontario et dans l'Ouest du pays.
Le coût de cette transaction, dont l'annonce est faite par la ministre de l'Énergie, Pat Carney, s'élèverait à 886 millions de dollars. Elle ferait de Pétro-Canada la première pétrolière au Canada. Au Québec et dans les Maritimes, Gulf Canada vend ses stations à Ultramar Canada, une société britannique.
Le 12 août 1992 Entente en vue de la signature d'un accord de libre-échange nord-américain
Le Canada s'entend avec le Mexique et les États-Unis pour créer une zone de libre-échange nord-américaine. Cette entente, qui doit d'abord être ratifiée par les gouvernements des trois pays, doit entrer en vigueur le 1er janvier 1994.
Le 7 octobre 1992, le premier ministre du Canada, Brian Mulroney, le président américain, George Bush, et le président du Mexique, Carlos Salinas de Gartari, participent aux cérémonies entourant la signature du traité, à San-Antonio, au Texas. Des périodes allant de cinq à quinze ans sont prévues pour éliminer les barrières tarifaires en vigueur. Les modalités de l'entente laissent déjà deviner une belle bataille politique au Canada. Les Progressistes-conservateurs de Brian Mulroney, favorables à l'accord, auront à faire face aux Libéraux, aux Néo-démocrates et aux centrales syndicales qui se promettent de tout faire pour empêcher la réalisation de ce traité. Cela n'empêchera pas les Torys d'obtenir une majorité à la Chambre des communes (140-124), lors du vote qui a lieu le 27 mai 1993. Pour leur part, les économistes tenteront d'analyser les conséquences de l'entente sur les différents secteurs de l'économie. L'accord de libre-échange norad-américain (Alena) créerait une zone de libre-échange de 350 millions de personnes.
Source : La Presse, 13 août 1992, p.A2, B1 à B5, 8 octobre 1992, p.C3, 28 mai 1993, p.A7. L'Encyclopédie du Canada: édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p.1412-1413.
Le 28 août 1992 Signature d'une entente finale afin de dénouer l'impasse dans le dossier constitutionnel
Les onze premiers ministres canadiens réunis à Charlottetown pour une ronde de négociations intensives, concluent une entente constitutionnelle unanime.
Cette entente, que l'on baptisera « accord de Charlottetown », comprend de nombreuses dispositions qui feront l'objet d'un référendum pancanadien à l'automne. Si elle est adoptée par la population, le Québec sera reconnu dans la Constitution comme une société distincte par la langue, la culture et le droit civil. L'attention se tourne maintenant vers Québec où le Parti libéral du Québec (PLQ) débattra de l'entente obtenue. Une chaude lutte est envisagée puisque plusieurs membres influents de cette formation, dont Jean Allaire et le président de l'aile jeunesse, Mario Dumont, ont manifesté une opposition à l'entente. Le premier ministre sortira finalement gagnant de l'épreuve, le PLQ adoptant une résolution par laquelle il appuie « son chef Robert Bourassa dans sa démarche constitutionnelle et reconnaisse que le projet d'entente constitutionnelle provisoire négocié entre le premier ministre du Québec et ses partenaires canadiens, bien qu'en deçà du programme du Parti, représente un progrès réel. » Le PLQ sortira néanmoins déchiré de l'épreuve.
Source : La Presse, 29 août 1992, p.A1-A2, B2, B4, B6, 30 août 1992, p.A2. L'Encyclopédie du Canada : édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p.11-12.
Le 8 août 1997 Réunion des premiers ministres à Saint-Andrews
Réunis au Nouveau-Brunswick, les premiers ministres provinciaux s'entendent pour convoquer les premiers ministres de toutes les provinces à une « conférence constitutionnelle » à laquelle ni le gouvernement fédéral, ni l'Opposition officielle, ni les représentants des Premières nations ne seront invités.
Au cours de la réunion de Saint-Andrews, Bouchard déplore le refus des autres premiers ministres de reconnaître au Québec un droit de retrait avec compensation financière dans le cadre d'une éventuelle union sociale canadienne. Au moment de discuter de la pertinence de la tenue d'une telle conférence, le premier ministre du Québec choisit même de se retirer. À ses yeux: « Il est préférable que je n'y sois pas. D'autant plus que, personnellement, et je le dis en toute déférence pour ceux qui entreprennent l'exercice, je crois que d'entreprendre une nouvelle consultation, ça va simplement nous faire entendre des répétitions de tout ce qui a été dit durant les consultations innombrables et infinies qui ont [...] coûté pas moins de 26 millions. »
Source : Le Devoir, 8 août 1997, p.A1, 9 août 1997, p.A1.
Le 18 août 1997 Règlement d'un litige important avec les Mohawks d'Oka
Le gouvernement fédéral conclut une entente avec les Mohawks d'Oka. Pour une somme de 230 000 $, il leur cède un terrain de 12 000 mètres carrés qui permettra de doubler la superficie de leur cimetière.
Le gouvernement fédéral avait préalablement fait l'acquisition de ce terrain auprès de la municipalité d'Oka. Cette entente marque une étape dans les négociations avec les autochtones, ce projet de règlement faisant l'objet de discussions depuis environ deux ans. Il sera éventuellement envoyé à Québec pour être approuvé. Rappelons qu'un litige sur la propriété d'un terrain de golf avoisinant le cimetière des Mohawks d'Oka avait été à l'origine d'un long et épineux conflit à l'été 1990.
Le 20 août 1998 Dévoilement du verdict des juges de la Cour suprême concernant le droit du Québec à la sécession
En réponse aux questions soumises par le gouvernement fédéral en 1996, la Cour suprême présente les conclusions de son jugement sur le droit à la sécession du Québec.
Selon les juges, une démarche unilatérale d'indépendance est contraire au droit international et à la Constitution canadienne. Le jugement précise toutefois qu'advenant une majorité claire en faveur de la sécession, le reste du Canada serait obligé de négocier avec le Québec. Un de ses passages les plus commentés est justement celui qui souligne que: « Les droits des autres provinces et du gouvernement fédéral ne peuvent retirer au gouvernement du Québec le droit de chercher à réaliser la sécession, si une majorité claire de la population du Québec choisissait cette voie, tant et aussi longtemps que, dans cette poursuite, le Québec respecte les droits des autres. » Loin de mettre fin au débat, le jugement laisse au contraire plusieurs questions en suspens. Un de ses extraits souligne par exemple: « Il reviendra aux acteurs politiques de déterminer en quoi consiste « une majorité claire en réponse à une question claire », suivant les circonstances dans lesquelles un futur référendum pourrait être tenu. » Ce manque de précision permet aux analystes, tant du côté souverainiste que fédéraliste, de tirer des conclusions différentes du jugement.
Le 21 août 2001 Défense du dossier canadien du bois d'oeuvre devant l'Organisation mondiale du commerce
Le 10 août dernier, le département du Commerce américain venait à la conclusion que les exportateurs canadiens devaient payer des droits compensatoires de 19 % sur le bois d'oeuvre canadien. À la suite de cette annonce, le ministre du Commerce international, Pierre Pettigrew, confirme la décision du Canada de contester cette décision devant l'Organisation mondiale du commerce (OMC).
Pour sa part, le premier ministre du Canada, Jean Chrétien, déclare que les États-Unis ne pourront plus compter sur les ressources énergétiques canadiennes s'ils continuent à taxer ainsi le bois d'œuvre. Le 23 août 2001, le Canada gagnera deux petites victoires devant l'OMC. Tout d'abord, l'OMC confirmera que le refus d'exportation n'est pas une subvention. Puis, le Canada obtiendra qu'un groupe spécial de l'OMC soit constitué afin d'entendre sa contestation d'une disposition de la loi américaine qui interdit aux États-Unis d'appliquer intégralement des décisions de l'OMC dans les cas de recours commerciaux. En octobre de la même année, le Canada passera à la deuxième étape judiciaire et demandera à l'OMC de mettre sur pied un groupe spécial chargé d'étudier la plainte et de trancher le litige dans l'affaire du bois d'œuvre. Cette requête sera acceptée. Peu influencés par cette mesure, les Américains décideront au mois de novembre 2001 d'ajouter des droits antidumping de 12,9 % en plus des 19,3 % de droits compensatoires. Dès mars 2002, le Canada contestera également cette dernière mesure devant l'OMC.
Source : Le Devoir, 11 août 2001, p. A1, 24 août 2001, p.A2, Cyberpress.ca : Mardi 21 août 2001, La Presse, 27 octobre 2001, p.E6, 2 novembre 2001, p.D6, 7 mars 2002, p.D7.
Le 8 août 2002 Nomination d'une juge de la Cour d'appel du Québec à la Cour suprême du Canada
La juge Marie Deschamps est la troisième Québécoise à être nommée à la Cour suprême du Canada. Admise au Barreau en 1975, Madame Deschamps avait préalablement été nommée juge de la Cour supérieure de Montréal en 1990, puis de la Cour d'appel du Québec en 1992.
Pendant qu'elle a été en fonction à la Cour d'appel du Québec, Marie Deschamps est l'un des trois juges qui ont rejeté la requête du boxeur Dave Hilton qui demandait une réduction de sa peine de sept à quatre ans après avoir été accusé d'agression sexuelle sur des mineures. Elle est aussi celle qui refusa le transfert de Maurice Boucher, un membre influent des bandes de motards criminalisées, de la prison Tanguay à la prison de Bordeaux. La juge Deschamps se dit heureuse de sa nomination: « C'est LA cour au Canada où se discutent les grands enjeux légaux et sociaux, alors c'est un accomplissement. Il y a des questions de droit passionnantes. » Spécialiste des litiges commerciaux et administratifs, la juge Deschamps succède à la juge Claire L'Heureux-Dubé, en poste à la Cour suprême depuis quinze ans. Madame L'Heureux-Dubé était devenue en 1987 la première québécoise francophone à siéger au sein du plus haut tribunal au pays.
Source : Cyberpresse, «La juge québécoise Marie Deschamps à la Cour suprême», 8 août 2002, http://www.cyberpresse.ca/reseau/actualites/0208/act_102080125333.html La Cour suprême du Canada, http://www.scc-csc.gc.ca/aboutcourt/judges/curformpuisne/index_f.html
Le 19 août 2002 Commémoration du débarquement de Dieppe
Le 19 août, la ville de Dieppe, dans le Nord de la France, souligne le soixantième anniversaire du débarquement de Dieppe au cours duquel 913 Canadiens ont perdu la vie en 1942. Plusieurs anciens soldats, survivants de cette bataille, assistent à la cérémonie qui a lieu dans le port de l'endroit.
Harold G. Scharfe, 80 ans, ancien du Essex Scottisch Regiment, se souvient de Dieppe et témoigne: « C'est le plus mauvais moment de ma vie dont je me rappelle ». M. Michaud, 82 ans, ajoute que « ce qui a été fait, c'était à faire et on l'a fait. Les jeunes générations feraient la même chose pour nous. » Les cérémonies commémoratives se sont poursuivies par une visite au cimetière des Vertus où sont enterrés 907 soldats canadiens. En fin de matinée, les anciens combattants ont défilé dans les rues de la ville en uniforme, sous les ovations chaleureuses des Dieppois.
Source : Le Devoir, 20 août 2002, p.A2. http://www.cyberpress.ca, Le lundi 19 août 2002.
Le 21 août 2002 Annonce de la démission éventuelle du premier ministre du Canada, Jean Chrétien
Le premier ministre du Canada, Jean Chrétien, met fin à un long suspense en annonçant qu'il quittera ses fonctions en février 2004. En poste depuis l'élection générale du 25 octobre 1993, Chrétien était le premier premier ministre canadien à obtenir trois mandats consécutifs de la population depuis Wiliam Lyon Mackenzie King, au cours des années 40.
Pendant les mois qui ont précédé cette annonce, le leadership de Chrétien a été sérieusement remis en question, notamment par son ex-ministre des Finances, Paul Martin, généralement considéré par les analystes comme le candidat le plus susceptible de lui succéder. Le premier ministre y fait allusion dans sa déclaration, affirmant qu'il a « longuement réfléchi au moyen d'y (le Parti libéral) ramener l'unité » avant d'en arriver à la conclusion qu'il devait partir. Élu à la Chambre des communes en 1963, Jean Chrétien a occupé des fonctions ministérielles pour la première fois en 1967, répondant à l'appel du premier ministre Lester B. Pearson qui en a fait un ministre sans portefeuille. Il occupe par la suite plusieurs ministères dans le gouvernement de Pierre Elliott Trudeau avant de quitter la politique entre 1986 et 1990, année où il devient chef du Parti libéral. L'annonce du premier ministre suscite des réactions positives de la part des membres de son cabinet, un d'entre eux, le ministre de l'Industrie Allan Rock, soulignant qu'on « a maintenant une idée claire pour le parti et pour le gouvernement ». La décision de Chrétien de ne céder son poste que dans 18 mois risque cependant de susciter des réactions différentes, tant de la part de l'opposition parlementaire que des dissidents libéraux qui souhaitaient un départ plus hâtif du premier ministre.
Le 24 août 2004 Nomination de deux nouveaux juges à la Cour suprême du Canada
Ce sont deux juges de la Cour supérieure de l'Ontario, Louise Charron et Rosalie Abella, qui succèdent à Louise Arbour et Frank Iacobucci sur le plus haut tribunal au pays. Ces deux nominations portent à quatre le nombre de femmes qui siègent à la Cour suprême du Canada, un sommet historique.
On s’attend à ce que la sélection de Charron et Abella, qui ont déjà rédigé des jugements favorables aux droits des gais et lesbiennes, ait une influence sur la position que la Cour suprême prendra bientôt sur la question des mariages entre conjoints de même sexe. Ces nominations seront étudiées par un comité spécial formé de députés et de spécialistes du droit, une première que le ministre de la Justice, Irwin Cotler, qualifie de « moment historique ». L’opposition aimerait cependant que l’on pousse le processus un peu plus loin, notamment le Bloc québécois qui voudrait que les provinces puissent avoir un rôle accru dans ces nominations.
Source : Le Devoir, 25 août 2004, p.A1 et A8. La Presse, 25 août 2004, p.A3 et A5.
Le 4 août 2005 Annonce de la nomination de Michaëlle Jean au poste de gouverneure générale du Canada
Le premier ministre Paul Martin rend publique la nomination de Michaëlle Jean au poste de gouverneure générale du Canada. Elle succédera à Adrienne Clarkson en septembre. Première personne de couleur à accéder à cette fonction, Michaëlle Jean s'est fait connaître comme journaliste aux réseaux français et anglais de Radio-Canada.
Une native d'Haïti, Madame Jean est arrivée au Québec en 1968 avec ses parents qui fuyaient le régime dictatorial de François Duvalier. Après des études à l'Université de Montréal, elle œuvre de 1978 à 1987 au sein du Regroupement provincial des maisons d'hébergement et de transition pour femmes victimes de violence conjugale. Journaliste à Radio-Canada, elle se fait connaître comme animatrice d'émissions d'informations et lectrice du journal télévisé de Radio-Canada, un travail qu'elle effectue encore au moment de sa nomination. Même si le poste de gouverneure générale suscite beaucoup de réserve chez les Québécois, la nomination de Michaëlle Jean, dont les sondages confirment la popularité, est bien accueillie. Les critiques les plus vives se font surtout entendre des milieux nationalistes à l'endroit du premier ministre Martin, accusé d'opportunisme politique, et du mari de la future gouverneure générale, le cinéaste Jean-Daniel Lafond, dont le passé souverainiste fait l'objet d'une controverse. En revanche, la communauté haïtienne réserve un accueil chaleureux à Michaëlle Jean qui sera assermentée dans ses fonctions le 27 septembre 2005.
Source : La Presse, 4 août 2005, p. 1, A6-A7; 5 août 2005, p. 1, A2-A3. Le Devoir, 4 août 2005, p. 1 et A2; 5 août 2005, p. 1, A3 et A10.
Le 13 août 2006 Ouverture d'une conférence internationale sur le SIDA à Toronto
Une vingtaine de milliers de scientifiques, intervenants d'Organisations non gouvernementales, d'activistes et de personnalités politiques sont réunis à Toronto afin de prendre part au XVIe congrès international sur le sida qui se déroule du 13 au 18 août 2006.
Vingt-cinq ans après la découverte des premiers cas de syndrome immunodéficitaire acquis (SIDA), cette maladie meurtrière continue de faire des ravages, particulièrement en Afrique. On estime que deux tiers des 38 millions de personnes qui ont le SIDA ou le virus du VIH habitent sur ce continent. La grande majorité d'entre elles seraient des femmes. Malgré l'accomplissement de certains progrès, les experts profitent de cette importante tribune, couverte par des milliers de journalistes, pour sensibiliser la population aux embûches qui persistent: le nécessaire travail d'éducation, le manque de personnel traitant, le coût élevé des soins, l'aide insuffisante des pays développés, etc. Des personnalités de marque assistent à l'événement, dont l'ex-président américain Bill Clinton et le multimilliardaire Bill Gates qui vient de faire une importante contribution au Fonds mondial de lutte contre le Sida. L'absence du premier ministre du pays hôte, le conservateur Stephen Harper, suscite toutefois de nombreuses réactions au Canada. Devant l'urgence de la situation, particulièrement la propagation de la maladie chez les enfants, la nécessité de « Passer aux actes », le thème de la conférence, est exprimée avec ferveur par plusieurs intervenants. C'est le cas notamment de l'envoyé spécial du Canada aux Nations unies en Afrique, Stephen Lewis, qui déclare lors de la cérémonie de fermeture: « Le Fonds mondial de la lutte contre le sida, la tuberculose et le paludisme a besoin d'un milliard pour l'année prochaine. Il est inconcevable que les promesses non tenues des riches compromettent ce fonds ». La mort d'environ 25 millions d'êtres humains serait attribuable au SIDA depuis sa découverte, au début des années 80.
Source : Le Devoir, 12 août 2006, p. A5, B1; 14 août 2006, p. A6, 15 août 2006, p. A1, 19 août 2006, p. A2, B1. La Presse, 14 août 2006, p. A2-A3; 18 août 2006, p. A4-A5; 19 août 2006, p. A10.
Le 24 août 2020 Élection d’Erin O’Toole comme chef du Parti conservateur du Canada
Un texte original du Bilan Québec rédigé par Emanuel Urias Cordonero Urbina, étudiant.e en formation de l’École de politique appliquée
Le 24 août 2020, Erin O’Toole, député conservateur de Durham depuis 2012, est élu chef du Parti conservateur du Canada (PCC), devenant ainsi chef de l’opposition officielle. L’ex-militaire réussit un véritable tour de force en l’emportant face au favori Peter MacKay, un poids lourd du PCC. Au terme d’une course marquée par des problèmes techniques et un discours percutant d’Andrew Scheer, celui-ci promet d’unifier le parti et d’en élargir les horizons.
Le 12 décembre 2019, deux mois après la défaite électorale du PCC, le chef Andrew Sheer annonce qu’il quitte ses fonctions. Le 24 août 2020, Erin O’Toole prend les rênes du PCC. Au troisième tour de scrutin, il l’emporte avec 57 % des voix contre 43 % pour Peter MacKay. Les autres candidats en lice sont Leslyn Lewis, éliminée au deuxième tour, et Derek Sloan, écarté dès le premier. Sa performance s’explique notamment par le fort appui du Québec et en Alberta, où il termine en tête, et sa capacité à rallier les franges à droite de l’électorat du PCC, les pro-vie et libertariens. Initialement, le choix du nouveau chef est prévu le 27 juin 2020, mais la pandémie de COVID-19 force un report et la tenue d’un vote par correspondance. Cet ajustement contribue au retard considérable dans l’annonce des résultats en raison des défaillances des machines de comptage. Environ 7000 bulletins de vote sont endommagés, nécessitant un recomptage manuel, ce qui entraîne des réactions moqueuses des partis d’opposition sur les réseaux sociaux. Prévue le 23 août, la diffusion des résultats commence vers une heure du matin le 24 août. Après les hommages rendus par le parti au chef sortant Andrew Scheer, celui-ci prononce un discours de départ virulent. Il s’en prend aux médias et aux universitaires de «gauche», les accusant de diffuser de fausses informations. Il exhorte par ailleurs les membres et sympathisants du PCC à cesser d’être une majorité silencieuse. Après l’annonce des résultats, O’Toole prononce son discours de victoire. Il veut unifier le PCC et se présente comme le «champion» ainsi que le défenseur des valeurs conservatrices à l’échelle nationale. Il en profite également pour accuser le gouvernement libéral et Justin Trudeau d’avoir favorisé la corruption et d’être responsables de l’affaiblissement du pays. Sa victoire marque un recentrage du parti.
Source : Radio-Canada, 23 juin 2020, URL https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1728625/parti-conservateur-resultat-erin-toole-peter-mackay-derek-sloan-leslyn-lewis; La Presse, 24 août 2020, URL https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2020-08-23/erin-o-toole-devient-chef-du-parti-conservateur.php; Le Journal de Montréal, 24 août 2020, URL https://www.journaldemontreal.com/2020/08/24/erin-otoole-devient-le-nouveau-chef-du-parti-conservateur-du-canada; leQuotidien, 23 août 2020, URL https://www.lequotidien.com/2020/08/23/erin-otoole-nouveau-chef-du-parti-conservateur-du-canada-57a9756b98a63cdb6165c2f60816d260/; L’encyclopédie canadienne, 15 mai 2025, URL https://thecanadianencyclopedia.ca/fr/article/parti-conservateur; La Presse, 25 août 2020, URL https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2020-08-25/de-scheer-a-o-toole-le-dilemme-conservateur.php; La Presse, 25 août 2020, URL https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2020-08-25/o-toole-souhaite-rencontrer-legault-en-premier.php; Le Devoir, 25 août 2020, URL https://www.ledevoir.com/politique/canada/584733/victoire-sans-equivoque-pour-un-chef-en-manque-de-notoriete; La Presse, 25 août 2020, URL https://www.lapresse.ca/actualites/politique/2020-08-24/premieres-reactions-a-l-arrivee-d-erin-o-toole-a-la-tete-du-pcc.php
«...je caricature, mais je reste ce faisant dans le même registre que M. Scheer : on vit à Cuba! J’ai l’air d’être exaspéré, mais croyez-moi, je ne le suis pas, en tout cas pas autant que certains conservateurs qui, au nom de l’unité, ne diront pas publiquement que leur chef a dit des conneries avant de partir. [...] Dans une langue seconde qu’il baragouine, nous avons pourtant tous compris au débat de TVA que M. Scheer est hostile à l’avortement. Cette hostilité l’a également plombé hors Québec, de même que sur les questions « morales ». Il n’est pas inutile de rappeler cette frilosité de M. Scheer sur les questions morales comme l’avortement maintenant qu’un nouveau chef arrive à la barre du Parti conservateur… Erin O’Toole est un catholique qui a dit son opposition à l’avortement, une position personnelle, a-t-il assuré, comme d’autres avant lui. Il ne remet pas en question le droit à l’avortement… Mais il permettrait un vote libre de ses députés sur la question, a-t-il assuré, comme d’autres avant lui. Et c’est une question qui est réglée pour les Canadiens, a assuré M. O’Toole… Comme d’autres avant lui...»
Patrick Lagacé, « De Sheer à O’Toole , le dilemme conservateur», La Presse, 25 août 2020.
«...Ancien pilote militaire et avocat, Erin O’Toole a été élu à la Chambre des communes en Ontario en 2012. Pendant la course à la chefferie, il a publié un programme touffu. Certaines de ses positions étaient plutôt progressistes. Par exemple, il a suggéré de doubler l’Allocation canadienne pour enfant d’une mère si elle se réfugie dans un centre pour femmes violentées. Il s’est engagé par ailleurs à s’assurer que le Québec ne soit pas sous-représenté à la Chambre des communes, « quel que soit son poids démographique », mais sans fournir de détails. Mais M. O’Toole a aussi navigué en eaux plus troubles en empruntant certains codes aux conspirationnistes pour dénoncer le rôle de la Chine dans la pandémie. Il s’est aussi attaqué aux médias traditionnels et a soutenu The Independent Press Gallery of Canada, regroupement de publications en ligne farouchement campées à droite, telles que True North et The Post Millennial, dont un des responsables a travaillé avec Stephen Harper et a créé le groupe Ontario Proud, visant à faire élire Doug Ford. M. O’Toole s’est engagé à obliger la Tribune de la presse parlementaire canadienne à accepter dans ses rangs ces publications...»
Hélène Buzzetti, « Victoire sans équivoque pour un chef en manque de notoriété », Le Devoir, 25 août 2020.
«...Dans un élan plus diplomatique, Justin Trudeau a téléphoné à son nouveau vis-à-vis, lundi midi, pour le féliciter. Une conversation «assez positive», a-t-on rapporté au bureau du premier ministre. [...] Le chef bloquiste Yves-François Blanchet a félicité son nouvel homologue dans un gazouillis sur [...]Twitter. Et il s’est montré impatient de voir la suite. « Les positions conservatrices seront ainsi clarifiées et alimenteront des débats utiles afin que les Québécois fassent des choix dans la perspective du temps qu’il reste au gouvernement Trudeau », a-t-il ajouté. [...] Elizabeth May, l’élue du Parti vert qui a longtemps dirigé sa formation, a choisi de tendre la main. « Essayons de mettre la partisanerie de côté », a-t-elle écrit sur Twitter. « Les Canadiens veulent un bon gouvernement pendant la pandémie », a-t-elle insisté. Le chef néo-démocrate a adopté le même ton. « En ces temps difficiles, j’espère que nous pourrons travailler ensemble à la Chambre des communes sur ce qui est le plus important : se battre pour les gens », a écrit Jagmeet Singh. Le chef du Parti populaire du Canada, Maxime Bernier, a convoqué la presse, à Ottawa, en avant-midi [...] Il a ouvert les portes de son parti aux «vrais conservateurs» déçus qui voudraient quitter le navire après l’élection d’Erin O’Toole...»
Lina Dib & Catherine Lévesque, «Réactions politiques à l’arrivée du nouveau chef conservateur», La Presse, 25 août 2020.
Le 6 août 1913 Nomination de Mgr François-Xavier Brunet comme évêque du diocèse de Mont-Laurier
Deux mois après la fondation du diocèse de Mont-Laurier, François-Xavier Brunet en est nommé le premier évêque. Il demeurera en poste jusqu'au 7 janvier 1922.
François-Xavier Brunet naît le 26 novembre 1868 à Saint-André d'Argenteuil. Il est ordonné prêtre le 23 septembre 1893 et devient, le 6 août 1913, le premier évêque du diocèse de Mont-Laurier. Sacré le 28 octobre 1913, Mgr Brunet restera en poste jusqu'à son décès, le 7 janvier 1922. Il aura comme successeur Mgr Joseph-Eugène Limoges.
Source : André Chapeau et al., Les évêques catholiques du Canada/Canadian R.C. Bishops 1658-1979, Centre de recherche en histoire religieuse du Canada, Université Saint-Paul, 1980, p.42.
Le 5 août 1916 Nomination de Patrick Thomas Ryan comme évêque du diocèse de Pembroke
Cathédrale Saint-Columbkille de PembrokePatrick Thomas Ryan succède à Mgr Narcisse Zephirin Lorrain comme évêque du diocèse de Pembroke. Il demeurera en poste jusqu'au 15 avril 1937.
Patrick Thomas Ryan naît le 5 décembre 1864 à Curragah. Ordonné prêtre le 21 décembre 1897, il devient évêque titulaire de Clazomenae et auxiliaire de l'évêque de Pembroke, le 3 mai 1912. Le 5 août 1916, il succède à Mgr Narcisse Zephirin Lorrain comme évêque de Pembroke. Il demeurera en poste jusqu'à son décès, le 15 avril 1937. Mgr Charles Leo Nelligan lui succédera.
Source : André Chapeau et al., Les évêques catholiques du Canada/Canadian R.C. Bishops 1658-1979, Centre de recherche en histoire religieuse du Canada, Université Saint-Paul, 1980, p.54.
Le 17 août 1928 Nomination de Mgr Charles-Antonelli Lamarche comme évêque du diocèse de Chicoutimi
Charles-Antonelli Lamarche succède à Mgr Michel-Thomas Labrecque comme évêque du diocèse de Chicoutimi. Il demeurera en poste jusqu'au 29 janvier 1940.
Charles-Antonelli Lamarche naît à Saint-Roch-de-l'Achigan, le 26 octobre 1870. Il fait ses études classiques au Collège de l'Assomption de 1882 à 1890. Après avoir été ordonné prêtre à Montréal, le 16 juillet 1893, il étudie à Rome, au Collège de la Propagande, où il obtient un doctorat en théologie. En septembre 1895, il devient vicaire à Saint-Joseph de Montréal. Par la suite, il occupe le poste d'aumônier au couvent des Dames du Sacré-Cœur à Sault-au-Récollet (1897-1902) et à la Maison-Mère des Sœurs des Saints-Noms de Jésus et de Marie, à Hochelaga (1902). Aumônier chez les Sœurs de la Congrégation Notre-Dame, à Villa-Maria, de 1902 à 1910, il est par la suite curé de La Visitation de Sault-au-Récollet (1910-1917), de Saint-Jean d'Iberville (1917-1922) et de Saint-Stanislas de Kostka (1922-1928). Le 17 août 1928, il est nommé évêque du diocèse de Chicoutimi. Son sacre a lieu le 18 octobre 1928. Mgr Charles-Antonelli Lamarche demeurera en poste jusqu'à son décès, le 29 janvier 1940. Mgr Georges-Arthur Melançon lui succédera.
Source : André Simard, Les évêques et les prêtres séculiers au diocèse de Chicoutimi 1878-1968, Chicoutimi, Chacellerie de l'évêché, 1968, p.38 à 42.
Le 15 août 1930 Pose de la première pierre de la basilique de l'Oratoire Saint-Joseph
Basilique de l'Oratoire Saint-JosephCette pose de la première pierre, qu'il ne faut pas confondre avec la pierre angulaire, bénie en 1924, marque le début de ce projet d'envergure que l'on ne prévoit pas pourvoir terminer avant plusieurs années.
Source : La Presse, 16 août 1930, p.37. L'Encyclopédie du Canada: édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p.1769.
Le 1er août 1935 Mandement du cardinal Jean-Marie-Rodrigue Villeneuve sur les devoirs électoraux
Ce texte publié dans la « Semaine religieuse de Québec » à l'approche des élections provinciale et fédérale, rappelle aux fidèles leur devoir dans de telles circonstances.
Le 16 août 1937 Nomination de Mgr Charles Léo Nelligan comme évêque du diocèse de Pembroke
Charles Léo Nelligan succède à Mgr Patrick Thomas Ryan comme évêque du diocèse de Pembroke. Il demeurera en poste jusqu'au 19 mai 1945.
Charles Leo Nelligan naît le 20 août 1894 à Tignish. Ordonné prêtre le 7 juin 1925, il est nommé évêque de Pembroke le 16 août 1937. Son sacre aura lieu le 28 octobre suivant. Mgr Charles Leo Nelligan demeurera en poste jusqu'à sa démission, le 19 mai 1945. Il deviendra alors évêque titulaire de Phoenice. Son successeur au diocèse de Pembroke sera Mgr William Joseph Smith. Mgr Charles Leon Nelligan décédera le 31 mars 1974.
Source : André Chapeau et al., Les évêques catholiques du Canada/Canadian R.C. Bishops 1658-1979, Centre de recherche en histoire religieuse du Canada, Université Saint-Paul, 1980, p.54.
Le 28 août 1937 Ouverture d'un grand jamboree sur l'île Sainte-Hélène
Île Sainte-HélèneUn grand rassemblement de scouts d'une durée de trois jours se déroule sur l'île Sainte-Hélène. Plus de 1 500 membres du mouvement sont présents pour l'événement qui attire aussi quelques dizaines de milliers de visiteurs.
Manœuvres, exercices et cérémonies ponctuent ces trois jours d'activités au cours desquels des scouts du Québec et même de la Nouvelle-Angleterre établissement leur campement sur l'île Sainte-Hélène. Parmi les personnalités présentes à ce jamboree on retrouve le maire de Montréal, Adhémar Raynault, l'aumônier général de la Fédération des Scouts catholiques de la province de Québec, Mgr Eugène Laflame, et l'archevêque de Québec, le cardinal Rodrigue Villeneuve. Ce dernier profite de son discours pour lancer à ses jeunes auditeurs: « Il me paraissait opportun de consacrer par ma présence l'encouragement que nous donnons à vos chefs pour l'avènement d'un scoutisme plus fécond et pour la défense des intérêts catholiques du Québec (...) Soyez des patriotes, mais avant tout des catholiques et des Canadiens français. Ne négligeons jamais les intérêts nationaux. Servez-vous de vos groupements pour les faire valoir et les faire défendre. Soyez des fils soumis de l'Église et de celui qui la représente sur terre, le Souverain Pontife. » Ce jamboree serait le premier du genre à se tenir au Canada depuis 1934.
Source : La Presse, 28 août 1937, p.54, 30 août 1937, p.11-12.
Le 31 août 1940 Nomination de Mgr Joseph Charbonneau comme archevêque de Montréal
Joseph Charbonneau succède à Mgr Georges Gauthier comme archevêque de l'archidiocèse de Montréal. Il demeurera en poste jusqu'au 9 février 1950.
Joseph Charbonnau naît à Lefaivre le 31 juillet 1892. Il fait des études chez les Pères de la Compagnie de Marie, au séminaire de Sainte-Thérèse-de-Blainvielle et au Grand Séminaire de Montréal, avant d'être ordonné prêtre, le 24 juin 1916. Il occupe des fonctions de vicaire dans plusieurs villes (Pointe-Gatineau, Buckingham, Hawkesbury et Lefaivre), enseigne la philosophie au Grand Séminaire de Montréal, de 1921 à 1923, et se rend à Rome pour y faire des études en philosophie et en droit canonique. En 1925, il revient à Ottawa pour y assumer des fonctions de directeur du séminaire diocésain et de vicaire général. Le 22 juin 1939, il est nommé évêque du diocèse de Hearst. Sacré le 15 août de la même année, il demeure à ce poste jusqu'au 21 mai 1940 avant de devenir coadjuteur de Montréal. Le 31 août suivant, il succède à Mgr Georges Gauthier comme archevêque de Montréal. Mgr Charbonneau restera en poste jusqu'en 1950. Il annoncera sa démission le 9 février. Son successeur sera Paul-Émile Léger . Mgr Joseph Charbonneau décédera le 9 novembre 1959.
Le 14 août 1964 Consécration de la pierre angulaire de la basilique Notre-Dame-du-Cap
Sanctuaire Notre-Dame-du-CapCe lieu de pèlerinage situé au Cap-de-la-Madeleine, a été fondé par le curé Luc Désilets, le 7 mai 1883. Sa basilique, inaugurée en 1964, constituera un attrait additionnel pour les milliers de personnes qui s'arrêtent à Notre-Dame-du-Cap annuellement et qui en font le troisième lieu de pèlerinage en importance au Québec.
La première chapelle du Cap-de-la-Madeleine fut érigée par Pierre Boucher de Grosbois et de Boucherville en 1659. Elle le sera à nouveau, en 1661, sur le site actuel de la basilique. Cette dernière est consacrée le 14 août 1964 par l'évêque de Trois-Rivières, Mgr Georges-Léon Pelletier.
Source : Denis Turcotte, dir., Reflets du Québec; des faits, des dates, des personnalités, Québec, éd. Association Québec dans le monde, 1990. L'Encyclopédie du Canada: édition 2000, Montréal, Stanké, 2000, p.415.
Le 17 août 1968 Nomination de Mgr Charles-Henri Lévesque comme évêque de Sainte-Anne-de-la-Pocatière
Charles-Henri Lévesque est nommé évêque du diocèse de Sainte-Anne-de-la-Pocatière. Il restera en poste jusqu'à son décès, le 24 novembre 1984. Son successeur sera Mgr André Gaumond.
Charles-Henri Lévesque naît à Saint-André de Kamouraska le 29 décembre 1921. Il fait des études classiques au Collège de Sainte-Anne et des études théologiques au Grand Séminaire de Québec où il obtient un baccalauréat en philosophie et une licence en théologie. Ordonné prêtre le 13 juin 1948, il occupe le poste de maître de salle et de professeur d'histoire et de lettres au Collège de Sainte-Anne (1949-1951). À la fondation du diocèse de Sainte-Anne-de-la-Pocatière, il devient secrétaire de Mgr Bruno Desrochers. De 1952 à 1955, il entreprend des études en Droit Canonique à l'Angelicum, à Rome, où il obtient un doctorat. En 1956, de retour d'Europe, on le nomme secrétaire de l'évêché et chancelier du diocèse. Le 27 décembre 1956, il devient chanoine honoraire et, le 1er mars 1957, membre du Chapitre diocésain. Le 18 février 1960, il est nommé Camérier secret. Le 18 octobre 1965, on le nomme évêque de Guzabeta et auxiliaire de l'évêque de Sainte-Anne. Son sacre survient le 27 décembre de la même année. Le 17 août 1968, Charles-Henri Lévesque succède à Mgr Bruno Desrochers comme évêque du diocèse de Sainte-Anne-de-la-Pocatière. Il restera à ce poste jusqu'à son décès, le 24 novembre 1984. Son successeur sera Mgr André Gaumond.
Source : François Gagnon, Les évêques et le clergé du diocèse de St-Anne-de-la-Pocatière 1951-1974, Ottawa, Bibliothèque nationale du Québec, 1974, p.24.
Le 25 août 1939 Décès de Albert Siebert, l'entraîneur du Canadien de Montréal
Peu de temps après avoir été nommé entraîneur du Canadien de Montréal, Albert « Babe » Siebert se noie dans le lac Huron. Avant de succéder à Cecil Hart derrière le banc du Tricolore, Siebert avait fait une longue carrière comme joueur dans la Ligue nationale de hockey (LNH).
Entre 1925 et 1939, Siebert s'est distingué avec quelques équipes, notamment les Maroons de Montréal, complétant la célèbre ligne des « S » aux côtés de Nels Stewart et Hooley Smith. Devenu défenseur, il évolue par la suite avec le Canadien de 1936 à 1939. En 1937, il obtient même le trophée Hart remis au joueur le plus utile à son équipe dans la LNH. Des problèmes de dos l'avaient toutefois amené à mettre un terme à sa carrière et à considérer la carrière d'entraîneur, poste qu'il occupait au moment de sa noyade. Le 29 octobre 1939, une soirée « Babe » Siebert sera organisée au Forum. Les recettes d'une rencontre opposant le Canadien à une sélection d'étoiles de la LNH permettra de remettre plusieurs milliers de dollars à la famille du disparu.
Source : La Presse, 26 août 1939, p.56, 30 octobre 1939, p.16.
Le 10 août 1997 Décès tragique de la comédienne MARIE-SOLEIL TOUGAS et du cinéaste JEAN-CLAUDE LAUZON
Marie-Soleil Tougas (1970-1997) et Jean-Claude Lauzon (1953-1997)Après avoir heurté une montagne, le Cessna dans lequel prenaient place la comédienne Marie-Soleil Tougas et le cinéaste Jean-Claude Lauzon explose et prend feu. Cette tragédie émeut le Québec et plonge dans le deuil la communauté artistique québécoise.
Lauzon, un des jeunes talents les plus en vue du cinéma québécois, n'a réalisé que deux longs métrages, mais très marquants. En 1987, son « Zoo la nuit », qui récolta 13 Génies, explorait une relation père-fils vibrante. Elle apporta une notoriété à Lauzon qui a également obtenu de bonnes critiques pour « Léolo », son deuxième long métrage réalisé au début des années 1990. Pour sa part, la jeune comédienne Marie-Soleil Tougas était identifiée au réseau TVA, où elle était entrée encore enfant, et où elle fut la vedette de plusieurs téléromans, dont « Peau de banane » et « Chop Suey ». Tougas était également co animatrice de l'émission « Fort Boyard ».
Source : Le Devoir, 11 août 1997, p. A8 et 12 août 1997, p. A1.
Le 24 août 2007 Décès de la mairesse de Québec, ANDRÉE BOUCHER
La nouvelle du décès subit de la mairesse de Québec, Andrée Boucher, à l'âge de 70 ans, suscite de nombreuses réactions. Avant d'être élue à Québec, en 2005, Mme Boucher avait également été mairesse de Sainte-Foy pendant plus de 16 ans.
Intégrité, franchise et ténacité sont des mots qui reviennent souvent pour décrire la personnalité d'Andrée Boucher, une des femmes politiques les mieux connues de la province. Supporteurs et opposants de la mairesse sont également unanimes à souligner le dévouement entier à ces concitoyens manifesté par cette femme qui a occupé des fonctions publiques pendant près de deux décennies. D'abord connue comme la mairesse de Sainte-Foy de 1985 à 2002, Andrée Boucher a également été vice-présidente de l'Union des municipalités du Québec de 1999 à 1999. Son approche directe et son franc-parler contribuent à sa notoriété à l'extérieur de sa ville, particulièrement pendant le débat sur les fusions municipales qui précède l'intégration de Sainte-Foy dans la ville de Québec. Défaite lors de l'élection à la mairie de Québec, en 2001, elle reviendra à la charge quatre ans plus tard. Sans équipe ni campagne médiatique, elle remporte une victoire facile et devient la première femme à occuper la mairie de la Vieille Capitale. À quelques mois du début des célébrations commémorant le 400e anniversaire de la fondation de Québec, la mort subite de cette femme qui « ne laissait personne indifférent » laisse un vide dans la vie politique de sa ville. Des élections pour lui trouver un successeur auront lieu à l'automne 2007.
Source : Le Soleil, 25 août 2007, p. 1-A18 ; 26 août 2007, p.1-5 ; Le Devoir, 25 er 26 août 2007, p. 1 et A8 ; La Presse, 25 août 2007, p. A10-A11. http://www.radio-canada.ca/regions/Quebec/2007/08/24/007-boucher_choc.shtml?ref=rss
L'Union nationale de Maurice Duplessis remporte les élections générales avec 38,0% des voix. Elle fait élire 48 députés à l'Assemblée législative contre 37 pour ses plus proches rivaux, les libéraux d'Adélard Godbout.
Les élections de 1944 suivent un mandat chargé au cours duquel les libéraux ont adopté plusieurs lois importantes, accordant le droit le vote aux femmes et créant la société d'État Hydro-Québec. Ils subissent néanmoins la défaite, et ce malgré le fait qu'ils obtiennent 39,3% des voix, soit 1,3% de plus que le parti victorieux, l'Union nationale. Cet échec relègue le premier ministre sortant, Adélard Godbout, au rôle de chef de l'opposition. Pour le gagnant, Maurice Duplessis, il s'agit d'un retour au pouvoir après un premier mandat qui a eu lieu de 1936 à 1939. Soulignons en terminant la performance d'un autre parti, le Bloc populaire. Née en réaction à la conscription, cette formation dirigée par André Laurendeau obtient 14,4% des voix et fait élire quatre candidats, dont Laurendeau lui-même.
Source : Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert, François Ricard, Histoire du Québec contemporain: le Québec depuis 1930, Montréal, Boréal, 1986, p.141-143. Susan Mann Trofimenkoff, Visions nationales : une histoire du Québec, Saint-Laurent, Trécarré, 1986, p.336-357.
Circonscriptions : 91
Électeurs inscrits : 1,865,396
Abstentions : 519,885
Votes valides : 1,329,959
Taux de participation: 72,13%
Union nationale : 505,661 votes obtenus, 38,0%, 48 élus
Premier ministre: Maurice Duplessis (1944-1959)
Parti Libéral : 523,316 votes obtenus, 39,3%, 37 élus
Les unionistes de Maurice Duplessis remportent les élections générales avec 56,9 % des voix. Ils font élire 76 députés à l'Assemblée législative contre 14 pour leurs plus proches rivaux, les libéraux d'Adélard Godbout.
La réunion des forces d'opposition au gouvernement libéral dans une seule formation, l'Union nationale, en juin 1936, mène à la première défaite électorale des libéraux depuis la fin du XIXe siècle. Chef du Parti libéral depuis la démission de Louis-Alexandre Taschereau, Adélard Godbout n'a eu que quelques mois pour tenter de faire oublier les déboires des siens devant le Comité des comptes publics. Pour sa part, le chef de l'Union nationale, Maurice Duplessis, a réussi à miner la crédibilité du régime en place, tout en manœuvrant habilement pour satisfaire à la fois les revendications de ses conservateurs et celles de plusieurs éléments progressistes de l'Action libérale nationale. Cette stratégie lui permet d'obtenir un succès inespéré en enlevant 76 comtés sur 90. Puisque les libéraux gagnent les 14 autres sièges en jeu, cela signifie que seulement deux partis seront représentés à l'Assemblée législative lors de l'ouverture de la session parlementaire, le 7 octobre 1936.
Source : Sous la direction de Craig Brown, Histoire générale du Canada, Montréal, Boréal, 1990, p.541-549. Susan Mann Trofimenkoff, Visions nationales : une histoire du Québec, Saint-Laurent, Trécarré, 1986, p.315-335. Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert, François Ricard, Histoire du Québec contemporain: Le Québec depuis 1930, Montréal, Boréal Express, 1986, p.122-125.
Circonscriptions : 90
Électeurs inscrits : 746,414
Abstentions : 172,159
Votes valides : 569,325
Taux de participation: 78,23%
Union nationale : 323,812 votes obtenus, 56,9%, 76 élus
Premier ministre: Maurice Duplessis (1936-1939)
Parti Libéral : 224,374 votes obtenus, 39,4%, 14 élus
Les libéraux de Louis-Alexandre-Taschereau remportent les élections générales avec 54,9% des voix. Ils font élire 79 députés à l'Assemblée législative contre 11 pour leurs plus proches rivaux, les conservateurs de Camillien Houde.
C'est en pleine crise économique que le premier ministre Taschereau déclenche les élections qui vont lui donner sa troisième victoire consécutive. Comme le reste du monde, le Québec est touché par le chômage et les faillites. Taschereau préconise un retour à la terre pour résorber la misère. De son côté, le maire de Montréal, Camillien Houde, organise l'opposition conservatrice. Celle-ci propose un programme agressif: politique axée sur la famille, prêt agricole à 2 %, contrôle des trusts, pensions sociales, allocations familiales et salaire minimum. Les libéraux remportent la victoire, malgré une bonne performance des conservateurs qui recueillent 43,5% des votes et 11 sièges. C'est la dixième victoire consécutive des libéraux qui ont remporté toutes les élections générales provinciales disputées depuis le début du XXe siècle.
Source : Paul-André Linteau, René Durocher, Jean-Claude Robert, François Ricard, Histoire du Québec contemporain: le Québec depuis 1930, Montréal, Boréal, 1987, p.119-125. L'Encyclopédie du Canada, Montréal, Stanké, 2000, p. 1810 et 2385.
Circonscriptions : 90
Électeurs inscrits : 641,324
Abstentions : 147,439
Votes valides : 489,695
Taux de participation: 77,01
Parti Libéral : 268,732 votes obtenus, 54,9%, 79 élus
Premier ministre: Louis-Alexandre Taschereau (1920-1936)
Parti Conservateur : 213,223 votes obtenus, 43,5%, 11 élus
Le 17 août 1911 Tenue d'une élection partielle dans la circonscription de Sherbrooke
La nomination de Pantaléon Pelletier au poste d'agent général du Québec à Londres entraîne la tenue d'une élection partielle dans la circonscription de Sherbrooke. Elle est remportée par le libéral Calixte-Émile Therrien.
Aucun adversaire ne s'étant manifesté, Therrien obtient la victoire par acclamation. Homme d'affaires établi à Sherbrooke, ce libéral âgé de 48 ans sera réélu à deux autres reprises, en 1912 et 1916.
Source : La Tribune, 17 août 1911, p.1. Bibliothèque de la Législature, Répertoire des parlementaires québécois, 1867-1978, Québec, 1980, 797 pages.
Le 17 août 1922 Tenue d'une élection partielle dans la circonscription de Labelle
La nomination du député Honoré Achim au poste de magistrat de district entraîne la tenue d'une élection partielle dans la circonscription de Labelle. Elle est remportée par le Parti libéral, formation politique qui possède déjà la majorité à l'Assemblée législative du Québec.
Désiré Lahaie, qui est maire de Buckingham depuis 1918, l'emporte avec une majorité de 531 votes, 3 503 contre 2 972, sur son plus proche adversaire, le conservateur Jean-Claude Langlois. Il s'agit d'une baisse par rapport à la majorité de 803 votes que Honoré Achim avait obtenue lors de l'élection générale provinciale de 1919. La circonscription de Labelle, située dans le région de l'Outaouais, reste néanmoins aux mains des libéraux qui la détiennent depuis sa fondation, en 1912. Appelé à commenter les résultats, le chef conservateur Arthur Sauvé déclare: « Ce n'est pas la politique du gouvernement qui a triomphé dans Labelle, c'est l'organisation formidable que le gouvernement a dirigée contre nous. » Le premier ministre Louis-Alexandre Taschereau tire une autre conclusion: « La réponse de l'électorat est donc un éloquent endossement de ces deux mesures (loi des liqueurs et nouvelle loi des voiries). »
Source : Le Devoir, 17 août 1922, p.1; 18 août 1922, p.1 et 3.
Le 17 août 1981 Tenue d'une élection partielle dans la circonscription fédérale de Joliette
Lors de cette élection partielle, le Progressiste-conservateur Roch Lasalle récolte 41,9 % des suffrages, ce qui lui permet de devancer son plus proche rival, le libéral Michel Denis, par 24 542 voix contre 11 477.
Le 17 mars 1981, Roch Lasalle avait démissionné de son poste de député à la Chambre des communes afin de mener l'Union nationale lors de l'élection provinciale du 13 avril 1981. Impuissant à se faire élire à l'Assemblée nationale, il décide de se présenter à nouveau au fédéral sous la bannière conservatrice dans sa circonscription de Joliette. Sa popularité est telle qu'il est réélu avec une bonne majorité.
Le 13 août 1990 Élection partielle dans la circonscription fédérale de Laurier-Sainte-Marie
Ces élections partielles ont été déclenchées en raison du décès du député de Laurier-Sainte-Marie, Jean-Claude Malépart survenu le 16 novembre 1989. Elles permettent à Gilles Duceppe, le premier député élu de l'histoire du Bloc québécois, de faire son entrée à la Chambre des communes.
Lors de cette élection, Duceppe récolte 66,9 % des suffrages. Son plus proche rival est Denis Coderre du Parti libéral qui obtient pour sa part 19,1% des voix. Louise O'Neill (NPD) obtient 7,2 % et Christian Fortin (PC) 4,5 % des votes. Cette victoire décisive constitue, de l'avis de plusieurs, une manifestation du mécontentement des Québécois après le rejet de l'accord constitutionnel du lac Meech. Duceppe affirme à ce sujet: « Les Québécois ont fini par comprendre que le Canada anglais ne dirait jamais oui à quelque demande que ce soit venant du Québec. Le comté de Laurier-Sainte-Marie a compris lui aussi. »
Source : La Presse, 14 août 1990, p.1. Bibliothèque du Parlement, http://www.parl.gc.ca/
Le 12 août 1991 Tenue d'élections partielles au Québec
Pour la première fois en 33 tentatives depuis 1976, le Parti québécois remporte une élection partielle alors que le candidat péquiste dans le comté de Montmorency, Jean Filion, obtient une victoire décisive sur son adversaire libéral, Claude Desjardins.
Première élection complémentaire provinciale depuis l'échec de l'Accord du Lac Meech, ce scrutin constituait un test crucial pour le Parti québécois. Au terme de sa campagne centrée sur la souveraineté, le candidat péquiste a facilement coiffé son adversaire libéral. Le taux de participation (54 %) a atteint un niveau très élevé pour une élection complémentaire estivale. Selon le chef du Parti québécois, Jacques Parizeau: « Le message est que les gens sont écœurés et fatigués de l'administration de ce gouvernement, et ils veulent la souveraineté ». Pour leur part, les Libéraux attribuent ce revers à une manifestation de la population contre la Taxe sur les produits et services (TPS). Le 20 janvier 1992, le Parti québécois remportera sa seconde élection partielle alors que Pierre Bélanger sera élu dans Anjou.
Source : Site de l'Assemblée nationale: http://www.assnat.qc.ca/ ; La Presse, 13 août 1991 p. A1.
Le 14 août 2006 Tenue d'élections partielles dans deux circonscriptions du Québec
Les victoires d'André Boislcair et de Marie Malavoy lors des élections partielles du 14 août 2006 permettent au Parti québécois (PQ) de conserver les circonscriptions de Pointe-aux-Trembles et Taillon.
André Boisclair, qui dirige le PQ depuis le 15 novembre 2005, remporte plus de 70 % des voix, un score qui s'explique en grande partie par la décision du Parti libéral du Québec (PLQ) et de l'Action démocratique du Québec (ADQ) de ne pas lui opposer de candidats. Le Parti Vert et Québec solidaire terminent au deuxième et au troisième rang, mais loin derrière Boisclair qui effectuera un retour à l'Assemblée nationale après deux années d'absence. La lutte est plus intéressante dans Taillon, circonscription rendue vacante par le départ de la vie politique de l'ex-ministre péquiste Pauline Marois, en mars 2006. C'est finalement une autre péquiste, Marie Malavoy, qui obtient la victoire avec 43,6% des voix. Elle devance deux autres femmes, la libérale Véronique Mercier (31,3%) et Manon Blanchard (7,2%) de Québec solidaire qui terminent respectivement deuxième et troisième. L'attention se tourne maintenant vers l'Assemblée nationale où André Boisclair aura l'occasion de croiser le fer avec le premier ministre Jean Charest en attendant le déclenchement d'élections générales qui doivent avoir lieu en 2007.
Source : Le Devoir, 14 août 2006, p. 3; 15 août 2006, p. A1 et A8, 16 août 2006, p. A3. La Presse, 14 août, p. A1, A6-A7; 15 août 2006, p. A1, A5 et A6.